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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 05:02

Un article de Jean Lévy sur ce que le banquier éborgneur et la classe dirigeante trament réellement derrière leur politique de Gribouille.

 

Soyons clairs : en ce concerne la pandémie, le vaccin est, sans nul doute le moyen le plus efficace de lutte contre le vrus covid 19. Le mouvement populaire, qui se développe depuis le 14 juillet dans les rues de nos villes  vise non pas les vaccins, mais l'obligation faite aux citoyens de présenter  un pass sanitaire pour jouir d'une vie normale.

En cas de défaut, il leur est  interdit de participer aux activités multiples de la cité.

Cette discrimination est incompatible avec les libertés individuelles reconnues à chacun.

La campagne de vaccination entreprise par les pouvoirs public depuis des mois se heurte à l'improvisation des pouvoirs publics. Délais exigés pour les rendez-vous, des vaccins pas toujours disponibles, l'absence incroyable d'un vaccin français, l'embargo mis à l'encontre de ceux produits en Russie et en Chine pour des raisons idéologiques, la proximité entre les sphères du pouvoir et les intérêts financiers des labos, tout cela a créé un doute sur  les capacités des autorités politiques à mettre fin à l'épidémie.

D'autre part, la volonté du pouvoir macronien d'utiliser la peur engendrée par la diffusion du virus, pour museler le peuple français et détruire ses forces de résistance a été manifeste depuis le début de l'épidémie. A la télé, sur les chaînes publiques, à longueur d'émission, des toubibs patentés livraient au public les infos les plus anxiogènes : il fallait faire admettre au public les mesures de restriction des libertés prises par Macron et son clan.

Pendant ce temps-là, les hôpitaux et leur personnel soignant étaient débordés : faute de lits massivement supprimés pour cause de rentabilité, d'infirmiers non recrutés, ce fut le chaos dans les services hospitaliers : des malades transportés en TGV vers des services en province réputés moins chargés...

Et de nous répeter que nous en avions pour longtemps. Et de nous avertir que les vaccins, ceux mis au point en Russie et en Chine, n'avaient pas d'efficacité prouvée et qu'il fallait pour longtemp, s'en méfier. 

Après nous avoir dit que le masque était inutile, car la France en manquait cruellement faute d'avoir renouveler les stocks, changement de musique : c'était devenu le plus sûr moyen de lutter contre la propagation de la maladie avec une mobilisation des entreprises artisanales, alors que la seule usine, qui en fabriquait en France, fermait ses portes sans veto du gouvernement.

Et puis les labos étasuniens, allemands et britanniques ont lancé leurs vaccins. Et ce fut la ruée pour en commander par dizaines et dizaines de millions de doses, par l'ntermédiaire de l'Union européenne. Plus question de délais pour les tester. 

Et ce fut l'alternance des périodes de strict couvre-feu, chacun chez soi enfermés, du télé travail à volonté...Une sombre nuit était tombé sur la France.

Puis ce fut  l'embellie de l'été dernier, avant de replonger dans l'obscurité des interdits. Ca allait de mal en pis. et les autorités parlaient de bloquer à nouveau l'économie. Et d'un jour sur l'autre, tout a changé : le MEDEF à dit non pour maintenir les dividendes et les hauts taux de profit. Bien sûr, Macron a  changé son fusil d'épaule. Retour à l'usine, au bureau, à l'atelier. Les écoliers, comme leurs mamans, doivent travailler.

Le ton était donné !

Comment dans ces conditions faire confiance au gouvernement, et à Macron, principalement ?

On conteste tout venant d'eux. Et malheureusement le vaccin, comme si c'était eux qui l'avaient inventé.

Ne nous trompons pas de cible. Ce n'est pas le vaccin, c'est le "pass" à Macron  qu'il faut viser.

Jean LEVY

 

PS (BG) Les députés du banquier éborgneur ont adopté un amendement habilitant les préfets à autoriser l'accès sans pass sanitaire à des centres commerciaux “ dès lors qu'aucun autre établissement commercial permettant l'acquisition de biens de première nécessité alimentaire ou médicaux n'est accessible à proximité ”. Tantôt oui, tantôt non. Ce gouvernement à la solde des banques se contrefiche de notre santé. Il est dans une logique de pépettes, d'aboule le fric.

 
Ce n'est pas le vaccin qu'il faut viser, c'est le “ pass ” sanitaire
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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 05:37

 

172 décès au travail recensés au 1er semestre 2019 : le patronat tue en  silence - La Rotative

 

On dénombrait récemment, en France, plus de 800 000 accidents du travail dans l’année, entraînant la mort de plus de 700 travailleurs et travailleuses. Ce fait social massif continue pourtant d’être traité sous l’angle du fait divers et local. 

 

Hier, un ouvrier tombait d’un toit en Moselle ; il y a cinq jours, un ouvrier était transporté en urgence absolue vers un hôpital de Haute-Savoie après avoir été piégé sous un coffrage de béton de 850 kilos ; la veille, un ouvrier installé sur une nacelle était gravement blessé à Quimper ; quelques jours plus tôt, en Maine-et-Loire, un technicien de maintenance a eu le bras happé par une machine. 

 

On pourrait poursuivre cette funeste liste sans fin. C’est, justement, ce que Matthieu Lépine, professeur d’histoire et auteur du blog Une Histoire populaire, entreprend depuis 2019 avec son compte Twitter « Accidents du travail : silence des ouvriers meurent ». Un travail aussi minutieux qu’essentiel, qui s’élève contre le silence médiatique et politique.

 

 

Les accidents du travail sont principalement abordés par la presse locale et régionale, et la plupart du temps dans la rubrique « faits divers ». Pourquoi ?

 

Je me pose cette question tous les jours. Il y a de façon quasi-générale dans les médias une banalisation de la question des accidents du travail. On peut tenter d’y répondre à partir de différents angles. D’abord, la méconnaissance du sujet chez bon nombre de journalistes : je repense à BFM illustrant un article par l’image d’une personne marchant sur une peau de banane… 

 

Ensuite, vient l’idée selon laquelle un accident serait une fatalité — et donc l’absence de réflexion qui en découle sur les causes et les conséquences. L’absence, aussi, tout simplement, de volonté de se pencher sur le sujet. Des journalistes m’ont déjà rapporté que leur rédaction ne trouvait pas le sujet « assez sexy en plein été » ou « qu’il ne correspondait pas vraiment à leur ligne éditoriale ». 

 

Finalement, face à la saturation de l’information et l’appât du buzz, peu de place pour les accidents du travail. Le fait qu’une grande partie des groupes de presse soient aux mains de quelques industriels est un facteur qu’il faut peut-être prendre en compte.

 

Ce n’est pourtant pas un problème marginal…

« Lorsqu’un policier ou un militaire décède dans le cadre de sa mission, l’ensemble de la presse s’empare du sujet. »

C’est même un phénomène d’ampleur. En 2019, l’Assurance maladie a reconnu 880 885 accidents du travail, dont 655 715 ayant entraînés un arrêt. Parmi les victimes, 733 sont décédées. On arrive même à 1 264 décès si on y ajoute les accidents de trajet et les maladies professionnelles. Des chiffres qui ne prennent en compte que les travailleurs relevant du régime général… Combien de suicides liés au travail, par ailleurs ? Il s’agit d’un fait social.

 

Qu’entendez-vous par là ?

 

Ça questionne l’organisation du travail et, plus globalement, les politiques menées sur cette question. Que des journalistes puissent réduire ça à de simples faits divers relève presque, pour moi, d’une faute professionnelle.

 

L’ouvrier Éric Louis raconte dans le livre On a perdu Quentin le décès de ce cordiste de 21 ans et le traitement médiatique qui s’en est suivi. Il écrit : « Sous la rubrique faits divers, je me tape le récit très succinct, au milieu duquel brille une publicité. Le nom de Quentin n’est même pas cité. Contrairement à celui du directeur de l’usine. »

 

Lorsqu’un policier ou un militaire décède dans le cadre de sa mission, l’ensemble de la presse s’empare du sujet. Très rapidement, la photo de la victime est dévoilée ainsi que son nom. Les circonstances de son décès sont développées et, parfois, un hommage national lui est même rendu. Un ouvrier, un agriculteur, un chauffeur-routier ou un marin-pêcheur n’ont le droit qu’à quelques lignes dans la presse locale. Et encore… Ils construisent nos logements, nous nourrissent, nous soignent, transportent nos marchandises mais n’ont droit à aucune reconnaissance. 

 

Les articles de presse sur les accidents du travail ressemblent davantage à des brèves. En fin de journée, les journalistes font souvent « la tournée » des hôpitaux, commissariats, casernes de pompiers, pour se renseigner. C’est ainsi qu’ils glanent notamment des informations sur les accidents du travail. On connaît ainsi le lieu, parfois le métier et l’âge de la victime, mais peu de détails sur les circonstances. Et il ne faut pas chercher à aller plus loin. Il m’est arrivé plusieurs fois de contacter des journalistes par mail ou via les réseaux sociaux pour avoir des compléments d’informations.

Et que vous disent-ils ?

 

La plupart du temps, je n’ai eu aucune réponse. Lorsqu’on m’a répondu, c’est toujours pour me dire « On ne sait pas », « On va se renseigner ». Renseignements que j’attends encore ! Depuis quelque temps, j’interpelle directement certains médias locaux lorsqu’une information est portée à ma connaissance mais qu’aucun d’entre eux ne s’en est fait le relai. 

 

Souvent, si l’accident concerne un chantier ou une entreprise importante, ils s’emparent de la question rapidement. J’ai ainsi pu nouer quelques contacts avec certains journalistes. 

 

Mais loin de moi l’idée de mettre tout le monde dans le même paquet : c’est aussi parce qu’il existe ces brèves que je peux faire mon travail de recensement. Et je remarque que quelques médias, comme par exemple Actu.fr, me servent régulièrement de source. 

 

Ce qui me désole, c’est de voir que certains semblent penser qu’ils ont rempli leur mission en se limitant à ça. Je ne dis pas que le sujet des accidents du travail doit prendre une place démesurée dans les colonnes des journaux ou sur les plateaux des chaînes d’information en continu. 

 

Mais tout de même, on parle de plus de 800 000 victimes par an et d’au moins 730 décès. C’est probablement moins « vendeur » qu’un nouveau débat sur le voile ou la viande hallal…

 

Avez-vous la possibilité d’aller au-delà des articles de presse que vous pouvez trouver — en contactant l’entreprise, les syndicats, les proches ou la victime ?

« On me répond souvent : On ne va pas faire un article dès qu’un ouvrier meurt ! 

Je crois que tout est dit. »

Malheureusement, entre mon travail, ma vie de famille et le temps passé sur le recensement, il reste peu de place pour l’investigation. Le travail de recensement est déjà une tâche de longue haleine. C’est chronophage, et même morbide. Si on venait à faire le tri dans mes recherches sur Google, des entrées comme « mort », « meurt », « décédé » ou « tue » seraient assurément en tête. Une fois les articles recensés, il faut les lire, faire le tri dans les informations données et parfois même comparer des sources aux informations contradictoires. Défricher, en somme. J’aimerais pouvoir pousser mes recherches. Le travail d’investigation est certainement plus intéressant — c’est justement un travail de journaliste. 

 

J’ai cependant pu nouer un certain nombre de contacts depuis maintenant deux ans et demi. Avec des travailleurs, des formateurs en prévention des risques, des inspecteurs du travail, des médecins du travail, des chercheurs ou même des avocats. Des contacts avec des familles de victimes ont également pu s’établir. 

 

À plusieurs reprises j’ai été sollicité, notamment par des mères de jeunes travailleurs décédés. Leur motivation était toujours la même : ne pas voir leur enfant tomber dans l’oubli, donner de la visibilité à son histoire, lui rendre hommage. Se faire le relai de ces histoires, c’est un devoir qu’on doit aux victimes mais aussi à leurs proches. C’est ainsi que j’ai pu faire le portrait de RomainHugoLudovicAdrienTeddy… Souvent de jeunes, voire de très jeunes victimes. La dignité, la combativité de ces mères m’ont toujours époustouflées. Leurs témoignages sont poignants et de véritables leçons de courage. Il ne faut pas oublier qu’un accident du travail est généralement un drame, une vie brisée, une famille meurtrie à jamais. 

 

Pourquoi ces personnes n’auraient pas droit au même traitement que les policiers ou les militaires ? On me répond souvent : « On ne va pas faire un article dès qu’un ouvrier meurt ! » Je crois que tout est dit.

 

Ce travail de recension des accidents ne pourrait-il pas être porté par les syndicats ?

 

Ils jouent leur rôle sur le terrain. Ils accompagnent notamment les victimes ou leurs familles dans les démarches et procédures. Solidaires recense par exemple les suicides au travail. Mais je crois malheureusement qu’ils n’ont pas le temps de se lancer dans un tel chantier. 

 

Entre la casse du code du travail, la réforme des retraites, celle de l’assurance-chômage, les combats ne manquent pas ces dernières années. Il est évident qu’avec les données qui leurs sont remontées depuis le terrain, leur travail de recensement serait certainement plus exhaustif que le mien. 

 

Peut-être faudrait-il créer un collectif ? D’ailleurs, il existe des observatoires sur tous les sujets en France mais rien ou si peu sur les accidents du travail… Est-ce finalement le rôle des syndicats ? Là où les syndicats ont un rôle important à jouer, c’est dans les entreprises, notamment auprès des plus jeunes qui manquent parfois de recul face aux risques. Un travail de prévention, de formation, qui peut être porté par les syndicats, mais qui doit l’être aussi par l’entreprise, me semble important. 

 

Par ailleurs, sans vouloir faire une fixette sur les médias, je crains malheureusement que Solidaires ou la CGT n’aient pas la même audience que BFM ou CNews. Le combat se situe aussi au niveau de la prise de conscience globale. Au final, peu de personnes connaissent l’ampleur du sujet, la réalité des chiffres, la réalité des drames qui se nouent chaque jour sur nos chantiers ou dans nos usines. 

Dans l’imaginaire de beaucoup de gens, et même dans celui de certains politiques, « On ne meurt plus au travail ». Il y a vraiment un effort d’éducation à faire auprès du grand public sur ce sujet.

 

 

Vous avez affirmé qu’à travers le traitement médiatique du sujet, ce qui ressort « c’est le récit de la fatalité1 », quand ce n’est pas un supposé manque de responsabilité de la victime qui est mis en cause. Comment mettre en branle ce récit afin de questionner la responsabilité des entreprises et de l’organisation sociale du travail ? 

 

Selon l’article L. 4121–1 du code du travail, « l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Dans ce cadre, l’employeur ne doit pas seulement diminuer le risque, mais doit l’empêcher ». C’est un devoir pour l’employeur d’assurer la santé et la sécurité de ses employés. C’est important de le rappeler car les gens ont tendance à l’oublier, notamment avec l’uberisation du travail. 

 

À l’évidence, il est plus simple pour certains de se cacher derrière la fatalité, car ça évite d’avoir à se remettre en question. Mais c’est le rôle de l’employeur de vérifier la conformité des machines ou la formation de ses employés. Si un ouvrier se met en danger d’une façon ou d’une autre, c’est son rôle de lui rappeler les règles de sécurité. Si un jeune employé se retrouve sans encadrement, c’est son rôle d’y remédier. 

 

De plus en plus, on entend dire que les salariés doivent être acteurs de leur propre sécurité. Derrière cette idée se cache la volonté de déresponsabiliser les employeurs. Le traitement inique des livreurs des plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo nous apporte un aperçu de ce que certains rêvent de généraliser à l’ensemble du monde du travail2On pousse des livreurs à aller toujours plus vite en prenant toujours plus de risque avec un matériel qu’ils ont dû se fournir eux-mêmes sans qu’il n’y ait aucun contrôle dessus. Et si malheureusement un accident survient, la plateforme décline toute responsabilité car le livreur est un travailleur (soi-disant) indépendant… Voilà en partie ce qui se cache derrière cette promotion à tout-va de l’auto-entreprenariat. C’est l’un des enjeux majeurs des années à venir.

 

Connaît-on les principales causes des accidents du travail ?

« C’est tellement plus simple de se dire qu’il s’agit d’une fatalité ! Plus simple pour les entreprises mais aussi pour les décideurs politiques. »

On les connaît. La surcharge de travail, le manque de formation, les cadences, les contraintes physiques, les manquements aux règles de sécurité… On sait que certains salariés comme les jeunes, les intérimaires ou les sous-traitants sont plus exposés que les autres. 

 

Mais c’est tellement plus simple de se dire qu’il s’agit d’une fatalité ! Plus simple pour les entreprises mais aussi pour les décideurs politiques. Il ne faut tout de même pas oublier que depuis une dizaine d’années, le code du travail, l’inspection du travail ou la médecine du travail ont été particulièrement mis à mal. Comment penser que la suppression des Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) n’a eu aucune conséquence sur la prévention des risques professionnels ?

 

 

Un rapport de 2018 de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail recensait que presque 45 % des accidents du travail concernaient des ouvriers et des ouvrières. Sur les accidents graves et mortels sur lesquels vous vous penchez, êtes vous en mesure de tirer des grandes tendances entre accidentés du travail et classes sociales, genre, etc. ?

 

Après deux ans et demi de recensement, il y a des tendances assez claires qui se dégagent. Le BTP est le secteur où les accidents graves sont les plus récurrents. Les ouvriers et artisans du bâtiment représentent par exemple un tiers des victimes d’accidents graves ou mortels que j’ai recensées en 2020. On retrouve énormément de chutes, mais aussi des chocs avec des engins de chantier ou encore des effondrements de charges diverses. 

 

Le monde agricole arrive ensuite avec les agriculteurs et les ouvriers agricoles. Dans ce secteur, ce sont les accidents de tracteur ou liés à des machines agricoles qui sont les plus récurrents. Un milieu déjà particulièrement touché par les suicides. L’industrie a aussi son lot de drames. On compte beaucoup d’agents de maintenance des machines ou d’ouvriers intérimaires parmi les victimes. 

 

Les chauffeurs routiers ne sont malheureusement pas en reste. On constate notamment beaucoup de malaises cardiaques dans le secteur des transports. Le surpoids ou le tabagisme touchent tout particulièrement ces travailleurs du fait de leur sédentarité. 

 

Les bûcherons ou les marins-pêcheurs reviennent enfin régulièrement. C’est important de le noter, notamment au regard des effectifs dans ces secteurs. On est sur deux métiers où les risques peuvent être énormes.

 

 

Vous avez des chiffres en tête ?

 

Sur les années 2019 et 2020, j’ai recensé parmi les morts au travail 168 ouvriers ou artisans du BTP, 106 agriculteurs ou ouvriers agricoles, 90 chauffeurs routiers, 76 ouvriers de l’industrie, 43 militaires dont gendarmes, 32 bûcherons ou élagueurs, 32 marins ou encore 21 agents de police. On parle beaucoup de ces derniers en ce moment. 

 

Loin d’être une profession sans risques, on remarque cependant que les métiers de la police arrivent loin derrière les secteurs du BTP, de l’agriculture ou de l’industrie. Et je ne parle là que des accidents les plus graves. 

 

Concernant le bâtiment, le recours aux travailleurs sans-papiers reste important, notamment en Île-de-France où les chantiers pullulent. Des patrons peu scrupuleux profitent de leur précarité et de leurs situations administratives pour les employer dans des conditions inhumaines (absence de matériel de protection, prise de risques, non-assistance aux blessés…). 

 

La mort récente de Bary Keita, ouvrier malien de 27 ans, sur un chantier à Pantin (Seine-Saint-Denis) est dramatiquement venue nous le rappeler. Dans la même veine, le traitement des livreurs dont j’ai déjà parlé est tout aussi insupportable. Déjà trois morts depuis le début de l’année : Mohammed (Deliveroo), Ahmed (Uber Eats) et Chahi (Uber Eats). Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des sans-papiers parmi eux.

 

Vous pointiez dans une interview que les travailleurs et les travailleuses du secteur des services à la personne sont très touchés par les accidents du travail, mais encore moins visibles. Comment l’expliquer ?

« Il faut comprendre que pour une famille qui souffre déjà de perdre un proche, les procédures judiciaires sont un véritable chemin de croix. »

C’est même l’un des seuls milieux où les accidents du travail sont en constante augmentation. Certes, il ne s’agit pas de blessures graves comme dans le BTP par exemple. Mais là n’est pas la question. Douleurs articulaires ou musculaires sont le quotidien des salariés de ce secteur. Venir en aide à des personnes physiquement dépendantes, parce qu’âgées ou handicapées, est loin d’être une partie de plaisir pour le corps. 

 

Ces travailleuses — car ce sont essentiellement des femmes — sont par ailleurs souvent isolées, ce qui renforce le risque. En cas d’accident, il faut se débrouiller toute seule. Par ailleurs, les déplacements motorisés sont fréquents dans une journée pour une aide à domicile et les accidents de la route restent l’une des premières causes d’accident du travail. L’isolement joue assurément dans l’invisibilité de ces personnels. Si demain une infirmière à domicile se déchire l’épaule en relevant un patient, l’information ne fera pas le tour de la presse locale. On ne pense pas à ces travailleuses lorsqu’on pense « accident du travail ». 

 

Le traitement médiatique est de toute façon à deux vitesses. Récemment, Audrey Adam, assistante sociale de 36 ans, est morte assassinée au domicile d’un homme qu’elle accompagnait au titre de sa mission. Cette information a été totalement éclipsée par le déchainement politique et médiatique autour de l’assassinat du policier Éric Masson.

 

Depuis 1996, dix ouvriers sont morts suite à un accident à l’usine d’ArcelorMittal de Dunkerque. Si l’inspection du travail pointe la responsabilité de l’entreprise, le parquet de Dunkerque a classé sans suites ces accidents. Les condamnations d’entreprises sont rares : sur quel front mener ce combat si les employeurs ne sont presque jamais inquiétés ?

 

Je ne sais pas si ce sont les procès qui sont rares, les condamnations ou les deux. Ce qui est certain c’est que ces dernières sont dérisoires. La récente condamnation de Renault Cléon à 300 000 euros d’amende pour homicide involontaire, après la mort du technicien de maintenance Jérôme Deschamps en 2016, est assez exceptionnelle. 

 

À titre de comparaison, après la mort d’Hugo Bardel en 2018, un apprenti bûcheron de 22 ans, l’entreprise a été reconnue coupable d’homicide involontaire par imprudence et s’est vue condamnée à un total de 70 000 euros d’amendes à ce stade des procédures. Amendes assorties d’une interdiction de recruter un apprenti pendant une période deux ans. Pourquoi ne pas interdire définitivement à une entreprise reconnue coupable de la mort d’un de ses apprentis d’en recruter à nouveau ? 

 

La question judiciaire est extrêmement importante. Il faut comprendre que pour une famille qui souffre déjà de perdre un proche, les procédures judiciaires sont un véritable chemin de croix. Elles sont longues et complexes et ne débouchent parfois sur rien ou si peu, comme le montre le cas des ouvriers d’ArcelorMittal (où les victimes sont d’ailleurs principalement des intérimaires ou des sous-traitants). Sur le site Cristal Union de Bazancourt on dénombre trois cordistes morts en cinq ans. Sept ans après la mort d’Arthur Bertelli (23 ans) et Vincent Dequin (33 ans) les entreprises Cristal Union et Carrard services ont été chacune condamnée à 100 000 euros d’amende, leurs dirigeants à huit mois et un an de prison avec sursis. C’était il y a maintenant 9 ans et le procès en appel n’a toujours pas eu lieu. Pour les familles c’est un calvaire.

 

 

Le combat est donc à mener sur plusieurs fronts. Dans les entreprises, il n’est pas rare que des salariés soient mis sous pression lorsqu’il s’agit de compléter leur déclaration d’accident du travail, surtout s’ils sont précaires ou proches de la retraite. Le travail syndical d’accompagnement est primordial face aux pressions patronales. Uber Eats et consort ont trouvé la parade en feignant de ne pas employer les livreurs. 

 

Encore une fois, les plateformes ne risquent rien judiciairement si un livreur meurt pendant une course, sinon pour leur image — mais un livreur ne pèse pas bien lourd face aux campagnes de naming ou de sponsoring menées par Uber Eats (Ligue 1, Top chef…). Le combat doit aussi être politique et médiatique. 

Malheureusement on a bien compris que la question des accidents du travail ne serait pas l’enjeu central de la prochaine campagne présidentielle. Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a déjà été dit sur l’invisibilisation des victimes dans les médias… C’est assez incroyable que la prise de conscience sur ce sujet passe notamment par un compte Twitter comme le mien.

 

Fin avril dernier, vous aviez diffusé des photos de plaques commémoratives et de monuments aux morts en hommage aux accidentés du travail : quand émergent-ils et sous quelles impulsions ?

« La déconnexion entre les représentants politiques et le monde du travail est importante. »

C’est au hasard de mes recherches que je suis tombé un jour sur une plaque rendant hommage à Hector Loubouta, un jeune de 19 ans employé en contrat d’insertion, décédé en 2002 sur un chantier à Amiens. De fil en aiguille, j’ai recensé un, puis deux, puis à présent un grand nombre d’éléments mémoriels dans le genre. Il peut s’agir de plaques, de stèles, de noms de rues, de stations de métro ou d’aires d’autoroute, voire d’œuvres ou d’édifices plus imposants. 

 

On en trouve un peu partout sur le territoire. Peut-être que tous les jours vous passez devant sans vous en rendre compte. Dans les anciennes cités minières, à l’entrée des fosses, des monuments commémoratifs ont souvent été élevés. On y découvre parfois des informations stupéfiantes comme sur cette stèle à la mémoire des mineurs de Bully, dans le Pas-de-Calais, où, parmi les victimes, les noms de Henri (9 ans), Léandre (10 ans), Alexandre (11 ans), Clément (11 ans), Joseph (11 ans), Flore (13 ans) ou Marie-Charlotte (13 ans) ne peuvent laisser indifférents. Dans les cimetières des villes portuaires, une place spéciale est aussi souvent dédiée aux marins morts en mer. Il y a un travail immense à faire sur la question mémorielle. En tant qu’historien, j’espère pouvoir avoir un jour le temps de m’y atteler.

 

Le thème de l’insécurité est de nouveau porté par plusieurs acteurs politiques. Pourquoi la gauche anticapitaliste ne s’empare-t-elle pas davantage de la question de la sécurité au travail ?

 

La déconnexion entre les représentants politiques et le monde du travail est importante. Inutile de revenir sur les propos d’Emmanuel Macron pour qui le travail ne peut pas être pénible ou sur ceux d’Aurore Bergé pour qui on ne meurt plus au travail. D’ailleurs, « dans notre civilisation on ne meurt pas en travaillant », selon Olivier Babeau, ancien conseiller du premier ministre François Fillon. Des absurdités qui nous sont rabâchées dès qu’il est question de revenir sur le temps de travail. 

 

Fabien Roussel a surpris beaucoup de monde en s’engouffrant à son tour sur le thème de la sécurité. Je n’accuserai cependant pas le Parti communiste ou encore la France insoumise de se désintéresser de la sécurité et de la santé au travail. En 2017, Jean-Luc Mélenchon était d’ailleurs le seul candidat à évoquer à chacun de ses meetings le nombre de morts au travail. À l’évidence, on ne peut pas se limiter à ça. 

Je crois malheureusement que tout ce que j’ai évoqué précédemment sur la prise de conscience ou même la banalisation s’applique aussi à une grande partie de la gauche.

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 04:59

Par PMO pour Le Grand Soir.

 

La technocrature jette le masque

Vers un esprit sain dans un corps sain

 

On se croyait seuls depuis lundi soir, dans le silence de l’été, comme tant d’autres sans doute, « abasourdis », « sidérés » par la « brutalité » du coup de force sanitaire du Chef d’En Marche, champion de la classe technocratique. Des messages de désarroi nous parvenaient de gens « pris par surprise », contraints d’annuler des événements, des réunions, des voyages, des vacances, contraints de subir des injections sous peine d’exclusion sociale, fichés, dénoncés à la vindicte officielle – celles de l’État et des forces qui le soutiennent, CSP +++ et Bac +++, de droite et de gauche « en même temps », bourgeois technocrates du Figaro et technocrates bourgeois du Monde. En attendant quoi ? D’être harcelés à domicile par les brigades sanitaires ? On se croyait seuls en voyant ce million de récalcitrants céder à la contrainte, souvent la rage au cœur, et se précipiter sur les sites de vaccination, à peine terminé le discours du Médecin-Président, afin d’éviter les représailles.

 

Mais aujourd’hui nous ne sommes plus seuls. Partout dans le pays, à Annecy, Toulon, Perpignan, Grenoble, Chambéry, Paris, Toulouse, Montpellier, Lyon, Marseille, Rouen, Nantes, Caen, Bastia, Avignon, Saint-Etienne, Lille, Bordeaux, La Rochelle, Douarnenez, Avignon, des manifestations spontanées, sans partis ni syndicats, ont scandé « Liberté ! ». A Grenoble comme ailleurs, les 200 manifestants repoussés par les forces de l’ordre de la place où avait lieu le défilé militaire, ont ainsi célébré dignement le sens de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

 

En annonçant l’obligation du « pass sanitaire » aux plus de 12 ans pour visiter les lieux culturels, les cafés-restaurants, les hôpitaux, les centres commerciaux et pour se déplacer en train ou en car, Emmanuel Macron relègue la France dans le cercle des pays qui font des droits fondamentaux la rançon de leur incompétence butée : Israël, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Pakistan sont les seuls à imposer un passeport sanitaire pour l’accès à certains lieux.

 

Le président français prévient déjà que « nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français », c’est-à-dire rejoindre le Tadjikistan, le Turkménistan et le Vatican. Ce n’est pas du Tintin, c’est notre futur proche.

 

Et ailleurs ? La cour constitutionnelle espagnole a retoqué l’obligation vaccinale en Galice, en raison de la « limitation des droits fondamentaux » que celle-ci impliquait. Angela Merkel a été catégorique : « Nous n’avons pas l’intention de suivre la voie que la France vient de proposer ». Le Conseil d’Europe a voté le 27 janvier 2021 une résolution – non contraignante juridiquement – préconisant de « s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est PAS obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement. »

 

Gouverner, c’est mentir. Macron, fin avril 2021 : « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. »

 

La technocratie n’a pas plus de parole que de principes. La fin (l’efficacité et la puissance) justifie les moyens (la machination du monde et des hommes).


La méthode (« une incitation maximale », selon Gabriel Attal, la voix de son maître) rappelle, entre mille précédents, la suppression des cabines téléphoniques plaçant les réfractaires au téléphone portable devant un fait accompli intenable. Nulle loi ne vous oblige à acheter un portable, naturellement. On ne vous oblige pas, mais vous êtes obligés.

 

Depuis un an et demi, les barrières tombent. État d’urgence sanitaire ; gouvernement par décrets sur décisions à huis-clos du « conseil de défense sanitaire » ; atteintes à la législation nationale (autorisation de pose d’antennes-relais hors cadre règlementaire) et européenne (dérogation à certaines règles sur les essais cliniques et sur l’usage d’OGM pour les vaccins) ; atteinte au secret médical, création de fichiers de malades (SI-Dep), de cas contact (Contact Covid), de vaccinés (SI Vaccin Covid), intégrant des données personnelles de santé sans l’autorisation des personnes ; traque numérique via TousAntiCovid ; site « anti fake news » du gouvernement recommandant les médias officiels, sans oublier le déferlement des techniques manipulatoires du nudge, telle cette « autorisation de déplacement dérogatoire » assortie d’amendes.

 

Le mépris du peuple et de la démocratie est tel qu’entre mars 2020 et mars 2021, le Conseil d’État, saisi par des citoyens, des associations, des organisations professionnelles, a suspendu 51 mesures du gouvernement ou de collectivités locales. Interdiction de manifester, usage de drones par la police, de caméras thermiques dans les écoles, obligation de port du masque partout, interdiction de sorties des résidents d’Ehpad : si on les avait oubliées, ces décisions que le Conseil d’État a suspendues « pour préserver des libertés auxquelles il était porté une atteinte excessive » rappellent la pente sur laquelle la technocratie nous entraîne, dans sa volonté de tout contrôler, tout centraliser, tout asservir au primat de l’efficacité et de sa puissance.

 

Nul ne sait aujourd’hui comment le Conseil d’État jugera le projet de loi destiné à imposer la vaccination, sous le masque d’un « pass sanitaire » triant les bons et les mauvais citoyens. La Cnil elle-même, chambre d’enregistrement des atteintes aux libertés, s’émeut d’un risque « d’accoutumance » à ce tri. De fait, l’injonction à l’injection fonctionne. Entre les lamenti des représentants des cafés-restaurants et du monde de la culture, craignant pour leur chiffre d’affaires et les complications pratiques, plus d’un million de Français ont cédé en quelques heures. Les vacances, comme prévu, quitte à se plier à la contrainte. Qu’accepteront-ils la prochaine fois ?

 

Nous ne sommes pas contre la vaccination. Nous avons reçu notre lot d’injections depuis notre enfance et dans nos voyages. Et sans doute, la plupart des récalcitrants ne seraient pas opposés à la vaccination si l’industrie pharmaceutique et l’État qui la soutient n’avaient multiplié depuis des décennies ce qu’ils nomment des « scandales sanitaires », et qui sont en fait des crimes industriels (sang contaminé, Mediator, thalidomide, etc).

 

Nous sommes contre la contrainte, comme ce quadragénaire vacciné, qui refuse de présenter son « passeport » pour bénéficier d’un droit légitime. Ou comme cette patronne de bistrot, qui se fera vacciner « à contrecœur » mais pour qui « il est humainement impossible de refuser de servir un client, quel qu’il soit ». Que vaudra son humanité quand elle risquera 45 000 € d’amende et de la prison ferme ?

 

Les statisticiens et les organisateurs nous abreuvent de ratio « bénéfice/risque », quand nous, les humains, sentons que le recours à la vaccination relève d’un équilibre entre intimité et responsabilité, entre choix des modes de soin et solidarité collective, impliquant un rapport personnel à la maladie, à la mort et au vivant, et un regard critique sur la technoscience et l’industrie. Chacun doit y penser par lui-même et dans la confrontation des idées. La santé publique n’est pas le domaine réservé des biocrates.

 

Ainsi devrait-on discuter les causes des « maladies de civilisation » – de la civilisation industrielle – qui tuent infiniment plus que le coronavirus. Le Covid-19 a tué en France, à ce jour, 0,17 % de la population (111 000 personnes). Chaque année, le cancer tue 0,23 % des Français (plus de 150 000). L’État n’interdit ni les pesticides, ni les productions cancérigènes de l’industrie chimique et du nucléaire, ni les industries polluant l’air ; leurs industriels ne risquent ni la prison ni des amendes colossales. Il est plus facile de s’en prendre à des patrons de cafés ou de cinémas. La technocratie, dans sa folie de toute-puissance, détruit en même temps la nature et la liberté.

 

« Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; [...] en un mot, rendez à la liberté individuelle tout ce qui n’appartient pas naturellement à l’autorité publique, et vous aurez laissé d’autant moins de prise à l’ambition et à l’arbitraire » (Robespierre, le 10 mai 1793).

 

Quand la voix de la Terreur elle-même nous met en garde contre l’ambition et l’arbitraire, nous avons quelques raisons de l’entendre. Nous savons que cette « crise sanitaire » constitue un exercice pour la technocratie dirigeante : toutes les contraintes instituées ne disparaîtront pas, elles seront aggravées avec chaque nouvelle crise (climatique, écologique, sociale, etc), de façon à lui fournir un confort de pilotage maximal.

 

Nous en appelons à tous pour maintenir nos engagements, nos réunions, notre vie civique, sociale, culturelle, de façon paisible et déterminée. Nous ne devons pas perdre ce que nos aïeux ont gagné en 1789.

 

Refusons le chantage et l’intimidation.

 

Renforçons notre immunité individuelle et collective, luttons contre le virus de la contrainte.

 

Pièces et main d’œuvre
Grenopolis, 14 juillet 2021


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Je m'absente 2 jours mais le blog continue !

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 04:57

Ci-dessous, de larges extraits d'un article de Laurie Debove (lareleveetlapeste.fr).

 

L’argent pourrait tout à fait être redistribué des plus grandes fortunes vers les populations précarisées. Les choix économiques du gouvernement conduisent de nombreux observateurs et défenseurs des droits humains à parler d’une « guerre sociale » à l’œuvre dans le pays, de façon insidieuse.

 

Le Président de la République a fait hier un discours attendu sur les suites de la stratégie gouvernementale concernant le coronavirus. Mais alors que pro et anti-vaccins s’écharpent sur l’efficacité réelle de la méthode, ce discours est surtout le reflet d’une politique autoritaire ouvertement assumée. A l’œuvre : un recul grave des libertés pour la population française, muselée par des états d’urgence à répétition depuis quelques années, mais aussi une guerre sociale qui ne dit pas son nom, au profit des grandes fortunes de France.

 

Diviser la population pour mieux régner

 

L’air sérieux, le ton grave et plein d’assurance, Emmanuel Macron, le Président de la République, s'est prononcé sur les suites de la gestion de la crise sanitaire

A moins d’un an des présidentielles, le fonctionnaire en chef se félicite de leurs résultats après un an de pandémie, une vie totalement bouleversée accompagnée de conséquences psychiatriques et psychologiques énormes pour la population. Mais de ce dernier aspect, pas un mot.

 

Le Président de la République a fait hier un discours attendu sur les suites de la stratégie gouvernementale concernant le coronavirus. Mais alors que pro et anti-vaccins s’écharpent sur l’efficacité réelle de la méthode, ce discours est surtout le reflet d’une politique autoritaire ouvertement assumée. A l’œuvre : un recul grave des libertés pour la population française, muselée par des états d’urgence à répétition depuis quelques années, mais aussi une guerre sociale qui ne dit pas son nom, au profit des grandes fortunes de France.

 

Malgré cela, l’arrivée du variant Delta est l’argument avancé pour accélérer la campagne de vaccination de la population française, en la rendant obligatoire pour tous les professionnels de santé d’ici au 15 septembre, ainsi que l’extension du pass sanitaire à l’essentiel des activités sociales – les cinémas le 21 juillet, les bars et restaurants début août, etc. Et ce dès l’âge de 12 ans.

 

Pour les soignants, finis les applaudissements, l’heure est aux représailles

Les récalcitrants seront punis et « ne pourront plus travailler et ne seront plus payés » à compter du 15 septembre, ainsi que l’a expliqué le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran.  Et cela alors que nos équipes de santé sont déjà épuisées par la crise et les heures supplémentaires qu’elles traversent, et le manque de moyens en pleine pandémie.

 

« En pleine montée du variant Delta, le Président supprime la gratuité des tests pour les non assurés et non résidents. Une décision absurde qui va à l’encontre de la santé publique et de l’accès des plus précaires au dépistage. » s'est alarmé Médecins du Monde.

 

Une mesure qui annonce la couleur sur la suite de son discours. Les deux-tiers restants du temps de parole du Président de la République étaient consacrés à réaffirmer les réformes sociales à venir, malgré, rappelons-le, « une croissance à 6% en 2021 », et elles visent directement les populations les plus précaires : les réformes des retraites et de l’assurance-chômage.

Ces deux projets de réforme, par leur caractère particulièrement menaçant, avaient ainsi provoqué la mobilisation de millions de manifestants dans les rues en 2019 et 2020. Tout récemment, le Conseil d’État avait même suspendu la modification du mode de calcul de l’allocation chômage au motif que la situation économique est trop incertaine et que ces calculs « pénaliseront de manière significative les salariés » en contrats courts.

 

Pour cause, ces mesures vont plonger des centaines de milliers de personnes dans une grande précarité : 41% des allocataires de l'assurance-chômage auraient perdu en moyenne 13% de leurs revenus dans l'année à venir.

 

La recommandation de la plus haute administration française n’a visiblement pas fait écho au sein de la majorité puisque le Président veut la mettre en place au 1er octobre, « quoi qu’il en coûte ». Le mythe de l’assistanat social a bon dos pour justifier des réformes criminalisant les plus pauvres.

 

 

« Mensonge du président hier soir : non, on ne gagne pas plus au chômage qu’en travaillant. 50% des chômeurs indemnisés gagnent moins de 1040€ par mois. Et environ 50% des chômeurs ne sont pas indemnisés. Les autres sont indemnisés en proportion de leur salaire antérieur. 5% seulement des chômeurs indemnisés touchent plus de 2000€, effectivement plus que quelqu’un qui travaille au SMIC mais en lien avec leur niveau de cotisation antérieur. » a décrypté le sociologue Nicolas Framont

 

Même politique concernant les retraites : le gouvernement veut faire travailler les français plus longtemps, au grand dam des économistes qui rappellent que l’espérance de vie en bonne santé est de 64,6 ans pour les femmes et 63,7 ans pour les hommes (selon l’INSEE).

 

« Reporter l’âge de départ à la retraite, c’est en moyenne réduire à portion congrue le temps de retraite en bonne santé. » a relevé l'économiste Maxime Combes.

 

A eux seuls, les chiffres sont éloquents. En un an, selon Challenges, les 500 plus grandes fortunes françaises ont augmenté leur patrimoine de 300 milliards d’euros. A elles seules, ces 500 personnes détiennent donc 47 % du PIB contre 6% il y a 25 ans.En même temps, en 2020, une grande partie de la population s’est paupérisée : la France compte désormais 300 000 sans-abris, avec 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et 6 millions de chômeurs.

 

« Le système des retraites sera à l’équilibre après 2050, dans presque tous les scénarios du COR sans nouvelle réforme. Si cela ne suffit pas pour vous rassurer, un fonds abondé uniquement par les gains en 2020 des 500+ riches français permet de garantir l’équilibre avant 2050. », précise l'économiste Lucas Chancel.

 

L’argent pourrait donc tout à fait être redistribué des plus grandes fortunes vers les populations précarisées. Les choix économiques du gouvernement conduisent de nombreux observateurs et défenseurs des droits humains à parler d’une « guerre sociale » à l’œuvre dans le pays, de façon insidieuse.« Ces dernières années, il n’y a pas eu de « crise » économique mais une accélération de la guerre sociale. Un transfert massif d’argent public vers les poches des ultra-riches. Il y avait 50 milliardaires français en 2011, 95 en 2020 et 109 cette année. Le nombre de milliardaires a doublé pendant que le nombre de pauvres explosait ! Ces sommes colossales pourraient largement couvrir les manques des hôpitaux, la sécurité sociale, les retraites, ou encore la précarité étudiante. Pourtant pendant ce temps, la santé, l’éducation et autres services publics vitaux sont dévastés, et le gouvernement veut continuer à nous dépouiller. Nous vivons donc bien une guerre sociale totale. On ne peut pas comprendre la brutalisation de la société et l’augmentation des violences policières sans observer cette augmentation des inégalités. La police nationale est la milice du capital. Elle fait régner un ordre de plus en plus injuste par une violence toujours plus terrible.  », décrypte le média indépendant Nantes Révoltée.

Ainsi que le rappelle le député François Ruffin : « Non le modèle social de la France ne repose pas sur le mot « travail ». Il repose sur l’idée que celui qui est riche paie pour celui qui ne l’est pas. C’est l’idée de protéger les plus fragiles par un système de solidarité. Voilà la vérité. »

Pass sanitaire et réformes sociales : des mesures liberticides et une guerre sociale inavouée
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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 04:57
 

Les droits politiques, élections libres, presse libre, garanties juridiques, sont-elles les conditions de l’existence de tous les autres droits ?

 

L’article en lien d’André Lacroix à lire ici sur Le Grand Soir montre bien l’inanité de ce préjugé libéral. C’est, au contraire, l’absence des droits réels (travailler, se loger, se nourrir, se faire soigner, recevoir une éducation, etc) qui vide de leur sens les droits juridiques des individus.

 

Mais il faut aller plus loin.

 

Ces droits sont-ils vraiment des droits ?

 

Au vu de la désertion des urnes et de l’anémie de la presse d’opinion réduite à se vendre à des milliardaires ou à quémander les aides publiques (y compris les soi-disant journaux de référence qui se gargarisent de leur déontologie) on dirait bien que les principaux intéressés, les citoyens ordinaires des "démocraties libérales", n’en sont pas très convaincus !

 

Je ne crois pas que l’abstention massive soit une forme de protestation, et c’est dommage car dans ce cas la révolution serait au coin de la rue, mais c’est le signe de l’épuisement du récit idéologique libéral/républicain qui justifie le consentement des opprimés depuis deux siècles au moins. C’est donc la promesse de grands bouleversements, mais à plus long terme.

 

Voter tout les cinq ans pour des menteurs qui ne proposent aucune alternative et qui ne rendent jamais de comptes. Lire les articles suscités par les propriétaires des médias ou écrits pour leur plaire. Participer aux débats hystériques et superficiels qui animent la vie « démocratique ». Participer à des guerres non déclarées sans même le savoir. Donner son avis sur des questions sans intérêt pour le peuple. Donner aux délinquants organisés toutes les protections juridiques imaginables et livrer la société à la violence. Les droits de l’homme n’ont jamais été des droits que pour les élites bourgeoises et aristocratiques.

 

Le débat (relativement) libre qui se développe est effectivement une expression des contradictions de la bourgeoisie (celle traditionaliste de Fillon contre celle dépravée de Macron). Il n’exprime pas la contradiction centrale de la société, la contradiction capital-travail.

 

Toute la culture politique bourgeoise, c’est à dire la culture politique tout court qui est enseignées dans les IEP et ressassée dans les médias n’est qu’une dénégation du rôle des classes sociales et du pouvoir de l’argent.

 

Les mêmes qui nient l’existence du travail gratuit des salariés (définition précise de l’exploitation) affirment à qui veut les entendre que les patrons de presse rendent un service gratuit à la liberté d’informer et à la culture.

 

Le contrôle de la politique par le capital est sous-évalué, considéré à la fois comme un mythe et comme un lieu commun, et minimisé à l’extrême quand il est reconnu (le tout souvent dans les mêmes publications). Il paraît que « ce qui explique tout n’explique rien ». Mais la vérité, c’est qu’il n’y a plus rien à expliquer. Les débats contradictoires internes à la bourgeoisie sont le jeu du pouvoir bourgeois et sa manière de réguler les ambitions. C’est dans cette succession des vagues éphémères de l’idéologie, « toujours la même histoire » où les hordes de parasites se bousculent au sommet d’une structure réelle inchangée, en invoquant des prétextes à leur course de rats qui ne valent pas mieux que les débats byzantins sur le sexe des anges (et tous les autres débats picrocholins réhabilités dans la culture post-moderne).

 

La contradiction entre l’argent et la citoyenneté ne date pas d’hier, elle est centrale dès la démocratie grecque de l’Antiquité, et pourtant elle n’est jamais considérée avec sérieux.

 

Pourtant, parfois, un de ces hommes puissants qui pensaient pouvoir tout acheter tombe de son piédestal. Quand un riche pourri tombe, qu’est ce que cela signifie ? Et aujourd’hui qu’est ce que ça signifie quand ça se produit en Occident, et quand ça se produit en Chine ?

 

Les deux systèmes procèdent à des purges, dont le but est de signifier par un exemple haut placé un changement de ligne.

 

On prendra comme exemple le producteur tout-puissant Weinstein à Hollywood en 2019, et Bo Xilai, le dirigeant du PC de Chongquing en 2013.

 

Weinstein est purgé dans le cadre des contradictions insolubles du « Nouvel âge du capitalisme » qui veut concilier l’individualisme absolu, massif, sans frein et sans règles avec la promesse d’un capitalisme compatissant, repentant, écologiste, féministe, gay-friendly. Ce nouvel âge post soixante-huitard est arrivé à sa vérité, quand l’amour libre se dégrade en harcèlement de rue, et quand les comédiennes refusent d’être assimilées aux « travailleuses du sexe ». A long terme, sur le plan des mœurs, les élites occidentales basculent d’une génération à l’autre du cynisme du Marquis de Sade à l’hypocrisie de la reine Victoria, et retour.

 

Bo Xilai est purgé dans le cadre de la prise de conscience par le parti chinois que la corruption détruit sa légitimité, et ouvre les portes à une restauration néo-colonialiste. Il signifie aussi le basculement progressif au profit du socialisme des rapports de force internes au PCC.

 

Dans les deux cas des comportements qui étaient connus et tolérés, ou acceptés avec résignation deviennent soudain insupportables. La ligne a changé.

 

Mais qui décide de cette ligne ? en Chine on le sait, c’est le Parti communiste, mais en Occident ?

 

L’explication implicite qui a cours est que cela se décide « tout seul » et qu’il y a une espèce de météo idéologique dont les plus futés sauront anticiper les variations. Ce qui est vrai c’est que les décideurs ne sont pas totalement éclairés sur les motivations de leurs décisions sur chaque question séparée, mais ils ne perdent pas le nord dans leur adhésion opportuniste aux valeurs changeantes, qui conservent un noyau invariant : la nécessité absolue de préserver la société de classe et la propriété.

 

Contrairement aux apparences crées par la propagande, qui est dissimulée mais structurelle dans la culture occidentale, le citoyen soviétique était beaucoup plus libre que nous. Lorsque des représentants sont choisis dans un pays socialiste, c’est au cours d’un processus où les mandants, avant de voter, sélectionnent eux-mêmes leurs candidats, connaissent réellement leurs élus et peuvent leur faire confiance. Les 100% du "score soviétique" qui provoquent les ricanements universels des bien-pensants ne sont pas l’effet d’une pression policière, mais d’un long travail de la conscience collective qui vise à construire l’unité du peuple. Les citoyens du socialisme tiennent leur pays réellement entre leurs mains, et les opposants au socialisme veulent le donner à d’autres, en échange de promesses d’abondance marchande, comme nous le faisons honteusement à chaque "élection libre".

 

L’idée d’un parlement où toutes les voix autorisées à s’affronter s’affrontent est essentielle au libéralisme, mais ce n’est en rien une idée démocratique. Les voix qui s’affrontent sont aristocratiques sous l’ancien régime, et oligarchique sous le régime bourgeois. La démocratie prolétarienne imagine plutôt des mandataires rigidement déterminés dans l’utilisation de leur mandat impératif par leur mandants. Il n’y a rien là, il est vrai, d’excitant pour l’imagination : car nous avons été habitués à l’idée que la politique doit être un spectacle passionnant et surprenant et plein d’intrigues, de complots et de rebondissements, et c’est précisément ce qu’il faut éviter si on veut une politique prolétarienne. Le parlement socialiste est une délégation du pays, une structure de conseil, et un organisme qui rédige et qui promulgue les lois. Ce n’est pas un spectacle mais un rouage essentiel de l’État prolétarien.

 

Le parlement bourgeois est une arène et, comme les arènes romaines, elle n’est pas faite pour éveiller la conscience ni pour le bien public. La vie politique bourgeoise est remplie d’une mauvaise énergie et d’une vitalité morbide que Balzac a décrit parfaitement dans sa Comédie Humaine.

 

Du reste les parlements bourgeois ont perdu beaucoup de leur lustre et de la passion politique qui les animaient depuis que le pouvoir s’est déplacé hors des cadres nationaux, vers la "gouvernance" d’institutions opaques internationales ou transnationales. Mais dans une société bourgeoise, l’élection des mandataires politiques investis d’un pouvoir officiel et présenté comme effectif reste la seule expression de la vie politique qui semble éveiller un peu l’intérêt du public.

 

Le retour des élections est donc un cycle pseudo-naturel qui doit enfermer dans un cercle fermé les potentialités révolutionnaires de la société. Participer au vote c’est accepter par avance la légitimité bourgeoise où les pauvres sont invités à choisir leurs maîtres parmi les riches. Ne pas y participer, c’est se vouer à l’inexistence. Y figurer uniquement pour témoigner, à la manière trotskyste, c’est travailler à consolider l’édifice.

 

On ne peut pas briser ce cercle par une simple victoire électorale, mais il faut participer aux élections et les gagner, afin de pouvoir créer la situation historique qui rendra possible de briser ce cercle. Au temps des Trente Glorieuses, des partis communistes pouvaient dans quelques pays du monde (France, Italie, Chili, etc) atteindre le pouvoir par la voie électorale, et il était entendu que cette éventualité devait être décisive, sans retour possible. Bien évidemment le vote seul n’aurait pas suffit.

 

L’élection est le langage qu’il faut employer et la scène symbolique qu’il faut occuper, pour pouvoir surmonter le régime qui les a mis en place. Vouloir mener une autre politique sans participer aux élections dans un État bourgeois, ce serait comme tenter de parler au peuple en espéranto.

 

On ne fait pas « la politique autrement ». Autrement, c’est toujours la même chose : « jusqu’à ce jour on vous a toujours menti, mais moi je vous le promets je ne suis pas comme les autres » ; c’est qu’il faudrait les croire !

 

Signe de l’épuisement du modèle démocratique libéral, il est de plus en plus fréquent qu’on tente par voie judiciaire d’interdire la participation aux élections aux défenseurs d’une véritable alternative. On a le doit d’être verbalement « anticapitaliste », mais bientôt on n’aura plus le droit de relever d’une idéologie dite totalitaire, et d’être « communiste ».

 

Ou sinon, si on n’est pas un communiste, mais qu’on représente tout de même un certain danger politique pour les possédants, on sera traîné, préventivement ou a posteriori, devant les tribunaux pour corruption, sachant qu’aucun candidat ne peut gagner une élection importante en Occident sans financement illégal. Médias et Justice interviendront sélectivement pour éliminer ou pour intimider tous les sociaux-démocrates un peu radicaux qui se présenteraient aux électeurs avec quelque chance de victoire.

 

On a le droit de se présenter si on représente le prolétariat, mais pour perdre. Au moins dans les circonstances habituelles, et de célébrer en grande pompe les souvenirs des défaites sur le mode pleurnichard. Mais parfois, et souvent de la manière la plus inattendue, surgit une fenêtre de tir à la faveur des rivalités internes et de la baisse du niveau de culture du personnel politique bourgeois, et c’est le moment qu’il ne faut pas manquer.

 

Malheureusement beaucoup qui font profession de changer le monde regardent précisément ailleurs à ce moment là !

 

GQ 14 juillet 2021

PS 15 juillet :

 

En 1989 et 1990 en Europe de l’Est, des foules civiques organisées de l’extérieur sont descendues dans les rues pour exiger le pluralisme à l’occidentale et ont obtenu en échange la fin du système socialiste et un effondrement de leur niveau de vie. Cette génération enthousiaste des libertés politiques et du parlementarisme s’est évaporée comme par enchantement dès 1992, et chacun s’est rué à la poursuite des opportunités offerte par la toute nouvelle société libérale : mendicité, émigration, prostitution, drogue, criminalité organisée, exploitation, chômage, cléricalisme et chasse aux sorcières.

 

"l’Empire du moindre mal" tente de rééditer aujourd’hui le même coup à Cuba, une fois de plus, après avoir échoué à Hong Kong et en Biélorussie l’année dernière, et en Bolivie et au Venezuela l’année précédente.

 

 

Publié par Le Grand Soir

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 05:25

 

 

Vieille habitude d’un acteur de Mai 68 : toujours dire d’où l’on parle. Je suis vacciné. Les miens (les miennes) sont vaccinés. Trois membres de ma famille nucléaire sur quatre ont eu le covid. On peut dire, prudemment, que nous ne sommes plus vraiment des personnes à risque, ni pour nous-mêmes, ni pour les autres.

 

Cela n’empêche pas d’être lucide. L'efficacité des vaccins varie de 40 à 90%. Les effets collatéraux à long terme sont inconnus. L’évaluation d’un vaccin – par ceux qui l’ont fabriqué puis par les personnalités scientifiques extérieures chargées de cette tâche – dure trois ans minimum. Nous en sommes loin. Les fabricants le savent parfaitement puisqu’ils ont demandé, et obtenu en parfaite dérogation au droit coutumier, d’être dégagés de toute responsabilité en cas de catastrophe que leurs produits auraient provoquée. Il n’y aura pas de procès Pfizer comme on a pu connaître des procès de la thalidomide. Il serait par ailleurs souhaitable que l’on se demandât dans les plus brefs délais pourquoi c’est justement dans les pays qui ont le plus vacciné que la pandémie a flambé de nouveau le plus violemment.

 

L’obligation du vaccin et autre “ pass ” (quand c'est en globish, ça fait plus secure), les sanctions délirantes qui l’accompagnent – un restaurateur refusant de soumettre ses clients à un contrôle risque 45 000 euros d’amende ! – s’inscrit dans une stratégie plus large du banquier éborgneur qui sait aujourd’hui même qu’il risque de ne pas pouvoir se représenter lors de la prochaine élection présidentielle : terroriser le peuple pour lui faire admettre la fin de nombreuse pratiques démocratiques et achever son mandat par des reculs sociaux considérables comme la “ réforme ” des retraites – alors que le COR ne cesse de dire qu’elles ne sont pas en danger, et la “ réforme ” de l’assurance chômage qui va s’attaquer, pour les installer durablement dans la misère, aux plus vulnérable des Français. Le banquier éborgneur fait partie de cette chaîne de présidents (Sarkozy, Hollande) qui n’ont été placés à l’Élysée par l’oligarchie financière que pour faire le sale boulot pendant un seul mandat. Il semble que le prochain maillon sera Xavier Bertrand qui a d’ailleurs annoncé, alors qu’on ne lui demandait rien, qu’il ne ferait pas de second mandat s’il était élu.

 

Les mesures que le banquier éborgneur demande à sa majorité d’entériner concernant la vaccination n’existent que dans deux autres pays au monde : le Turkménistan (une dictature où la torture est une pratique banale) et le Tadjikistan (un pays où les élections sont truquées, ou bien des enfants sont obligés de travailler pour ne pas crever de faim et où les femmes peuvent être violentées et discriminées).

 

Il n’y a pas que les vaccins dans la vie, sauf si l’on souhaite complaire à Big Pharma. Il y a plusieurs médicaments qui ont fait leurs preuves – au moins autant que les vaccins – comme ceux préconisés par  Raoult et d'autres.

 

Mais telle n’est pas la tactique du gendarme éborgneur et de son « conseil de défense sanitaire ». Il est très parlant que, de même que la doxa a imposé l’expression « distanciation sociale » en lieu et place de « distanciation sanitaire », le banquier éborgneur se soit entouré d’un conseil de « défense », convoqué normalement lors d’attentats terroristes, pour piloter sa politique anti-covid.

 

La composition de ce conseil est à la discrétion entière du président de la République.  Y siègent, outre lui-même, le Premier ministre, le ministre de la Santé, le ministre de la Défense, le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Économie et celui du Travail. Peuvent se joindre des responsables des grandes institutions publiques du domaine de la santé. Ce conseil s’est déjà réuni une quarantaine de fois. Au moins une fois par semaine.

 

Cette institution date de 1958. L’article 15 de la Constitution prévoit que le président de la République, chef des armées, préside les conseils et les comités supérieurs de la défense nationale. Un décret de décembre 2009 a modifié les missions de cette instance, la faisant devenir Conseil de défense et de sécurité nationale. Elle définit donc les orientations en matière de programmation militaire, dissuasion, planification des réponses aux crises majeures, renseignement, sécurité économique et énergétique, sécurité intérieure. Sous le banquier, le conseil s’est d’abord réuni dans le salon vert de l’Élysée, puis dans le bunker du palais présidentiel à 70 mètres sous terre ! Il se tient désormais dans le salon Murat, une vaste pièce où se réunit le Conseil des ministres.

 

Les réunions de ce conseil sont classées secret-défense. Les portables y sont interdits et toutes les notes prises sont estampillées secret-défense. Certaines sont conservées dans des coffres-forts. Les autres sont brûlées. Selon certains juristes, la justice pourrait déclassifier ces notes en cas de poursuite d’un ministre devant la Cour de justice de la République. Rares ont été les politiques ayant dénoncé cette opacité. Jean-Luc Mélenchon a critiqué un « conseil qui ne rend compte à personne et qui n’informe personne des décisions qu’il a prises. » Pour Xavier Bertrand, ce conseil «  donne l’impression que le Conseil des ministres n’existe plus, le conseil de défense décidant de tout. »

 

Bref, entre nous et le Turkménistan, la marge rétrécie. Le vernis libéral-libertaire masque de moins en moins le néo-fascisme en marche. Nous vivons désormais dans un pays où, comme le dit François Ruffin, tout le monde devient le flic de tout le monde.

 

 

PS 1 : AF30, un de mes correspondants les plus assidus, me livre la réflexion suivante :

 

Je ne connais pas les motivations des uns et des autres, de ceux qui sont pour et de ceux qui sont contre 

mais ce que je sais ce sont mes motivations et encore confusément. 


Je reçu ma première dose ce 13 juillet. C'est dire que j'y suis allé à reculons.  


La raison principale de cette résistance personnelle est résumée par une photo montage qui montre un troupeau de moutons portant le masque et qui demandent : " alors !!!...ils sont près ces vaccins???....."


Dans toute cette affaire je ne peux m'empêcher d'y voir en vraie grandeur une manipulation des populations. 
Il ne s'agit pas de cette thèse simpliste et lassante sur le complotisme dont on nous rebat sans cesse les oreilles. Le complot, c'est l'arme des faibles. Ici ce n'est que le résultat d'un effet de système qui n'en a pas besoin. Une mécanique qui fonctionne par l'effet de sa propre dynamique. Un effet découlant du précédent et engendrant le suivant.


Le chemin est balisé et chaque mouton ouvre la voie à celui qui le suit et a pour seul horizon le cul de celui qui le précède.


Mais admettons que tout cet argumentaire est ridicule il y aurait cependant et possiblement une adhésion naturelle et donc majoritaire à cette vaccination si cette solution n'était pas isolée de toute autre disposition. Si nous constations une véritable politique de santé globale, une relocalisation de la recherche, une recherche publique puissante, une politique de l'hôpital différente il est alors certain que ce débat serait inexistant. 


Nous constatons tout le contraire car la vaccination ne s'inscrit pas dans une politique globale de la santé publique mais comme la solution pour les libéraux de faire non seulement l'économie de tout le reste mais aussi de continuer à gaver les intérêts privés.


La preuve et la caricature de cette logique est la situation monstrueusement inégalitaire entre les populations du Sud et nous. 

 

 

PS 2 : le covid n'a pas fait que des malheureux. Détenant 9 % du capital de Moderna Therapeutics, société étasunienne très performante dans la course aux vaccins anti-Covid, son PDG français Stéphane Bancel a fait une entrée directement à la 23e place de la liste des 42 milliardaires français. Le 18 mai 2020, lorsque le cours de l'action atteint 80 dollars, sa part de Moderna vaut 2,5 milliards de dollars. En avril 2021, l’action atteint 134 dollars et selon le nouveau classement Forbes, sa fortune est estimée à 3,5 milliards d’euros. Le mois suivant, sa fortune s'élève à 4,3 milliards de dollars

Le banquier éborgneur et la dictature sanitaire
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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 05:02
Les zozos et la vaccination
Les zozos et la vaccination
Les zozos et la vaccination
Les zozos et la vaccination
Les zozos et la vaccination

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 05:04

Récemment, sur ma page Facebook, je me demandais si, pour enrayer et vaincre la pandémie, il ne faudrait pas vacciner toute la population, à l'exception des enfants. Après tout, la variole a été éradiquée dans nos contrées parce que le vaccin était obligatoire. De même pour la polio. 

Un de mes correspondants les plus réguliers et constructifs, Nicolas Matiussi, enseignant toulousain, m'a envoyé le commentaire suivant :

 

 
La vaccination obligatoire pose bien des problèmes.
 
 
Et comme d’habitude, les problématiques sont mal posées.
 
 
Alors posons tout sur la table.
 
 
Ce gouvernement a au moins le sens politique élémentaire de voir que cette obligation serait incohérente avec sa politique.
 
 
1- rendre obligatoire le vaccin voudrait dire qu’une trop grande partie de la population refuse le vaccin. Donc il faut d’abord s’interroger sur ces causes et trouver des moyens de les convaincre.
 
 
2 la défiance. Autour de moi j’ai des gens très anti vaccin et pas pour des raisons irrationnelles. Ils ont souvent lu des textes qui circulent et qui sont manipulatoires. Mais comme toute manipulation, ils ont une base de faits (ensuite déformés).
 
 
3 le choix. Pour éviter ce genre d’opposition, il faut répondre à une attente légitime, celle de choisir son vaccin. Or le gouvernement et toute sa clique associée ne cesse de renforcer la défiance en critiquant les vaccins russes, chinois et cubain! Or le vaccin le plus utilisé dans le monde est chinois !
 
 
Or le vaccin cubain est gratuit (donc on ne finance pas une multinationale en le prenant).
 
 
Sinon on favorise l’idée que l’on force les gens à avoir un vaccin sans réel recul le tout au profit de big pharma. 
 
 
3- la politique nationale. La France qui a une longue histoire avec les vaccins, qui a des protocoles et un État derrière, qui historiquement, ont su produire des vaccins nationaux qui ont gagné la confiance du peuple.
 
 
Or pourquoi devrait on se vacciner si l’Etat lui même n’a pas jugé utile d’en fabriquer un ?
 
 
Les médias et autres parlent de patriotisme pour se vacciner et éviter un nouveau moment dur pour l’économie alors qu’il s’en remet à l’étranger.
 
 
4-l’UE. Cette dernière a encore montré en quoi elle a été un frein et non une protection. Il a fallu mendier des subsides que les politiques impulsées par l’UE sur l’hôpital ont rendu nécessaires. Pour qu'ensuite cette UE redemande les « réformes » qui ont amené notre pays dans sa situation de pays de seconde zone. De plus en prenant la main sur les vaccins, elle a ralenti le processus, aidé big pharma et exclu des vaccins pourtant disponibles.
 
 
Or on demande au peuple de se soumettre par l’obligation vaccinale sans qu’il puisse vraiment décider alors que l’UE a été plus un problème qu’une solution.
 
 
5- Pas besoin de rendre la vaccination obligatoire. Un simple remboursement partiel d’hospitalisation en cas de forme grave, suffira. Laisser la liberté mais attaquer le porte feuille a toujours été une politique perfide mais efficace.
 
 
Ainsi posé, sur la question d’une souveraineté nationale et populaire autour des vaccins avec un volontarisme politique, des explications et de donner le sentiment d’avoir un destin commun sur lequel on agit, suffira pour traiter le problème. Et un remboursement partiel suffira pour les derniers récalcitrants.
 
 
 
 
On en est loin hélas.
 
 
Illustration : jeune Bangladaise atteinte de la variole en 1973.
Vacciner
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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 05:16

C'est au Xinjiang, en 2016. Je demande à ces dames si je peux les photographier, puis j'oublie la photo parmi des dizaines d'autres. Or, que nous dit-elle ?

 

- Les Ouïghoures vont se boire un thé et manger des gâteaux, sans les hommes.

 

- Elles sont décontractées, rieuses, un peu moqueuses.

 

- Elles ont des habits colorés, diversifiés. Elles ont une coiffe traditionnelle, ou un foulard discret ou rien sur la tête.

 

- Elles sont 6 et on voit 5 Smartphones, le sixième est caché, mais on aperçoit le fil du rechargement. 

 

ET MAINTENANT,  EN 2025 OU 2030 : SUPPOSONS QUE LES "FREE OUÏGHOURS"' CONTRE QUI JE BATAILLE ONT GAGNE :

 

-Elles n'ont plus le droit d'aller au café ou au salon de thé.

 

- Elles n'ont pas de portable.

 

- Si elles sortent de chez elles, c'est accompagné d'un homme. Elles sont en Burka. Elles ne rient pas de toutes leurs dents à un étranger. Elles sont déjà arrière-grand-mères.

 

- La moitié de la population (les femmes), ouïghoures ou pas, est écrasée par la charia, par la loi des hommes, par les fanatiques religieux.

 

C'EST CEL A QUI SE JOUE ET JE SUIS FIER DE  L'AVOIR VU ET HURLE dans un livre, un peu seul, assez incompris, beaucoup diffamé, traîné dans la boue par les médias (jusqu'à me dire "rouge-brun" =nazi).  

Mais j'ai fait ce que je devais et "la historia me absolvera".

 

Et tant pis pour ceux qui croient au génocide, aux viols, aux stérilisations, aux prélèvements d'organes sur les enfants, à l'esclavage dans les champs de coton et qui ont cru aux ADM de Saddam Hussein.

Quand Maxime Vivas faisait le joli-cœur avec des dames Ouïghoures
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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 05:13
 

La déclaration de Darmanin est passée à peu près inaperçue. C’est dommage, parce qu’elle mérite au contraire une large publicité. Commentant le fiasco de la distribution de la propagande électorale confiée à la société Addexo, il a manifesté avoir recommandé au Premier ministre de faire modifier la loi pour permettre à l’Etat de reprendre en main la distribution des documents électoraux en contradiction avec la directive européenne sur la libéralisation des services postaux, qui rend obligatoire l’appel d’offres.

Autrement dit, notre ministre de l’Intérieur découvre tout à coup que les agents publics, ces «derniers de cordée » qui ne foutent pas une rame et qui, contrairement aux vrais travailleurs, sont protégés par un statut de privilège, font finalement le travail mieux que ce secteur privé dont on vante la flexibilité, l’adaptabilité, la capacité à relever tous les défis, et tout cela pour moins cher. Curieux, non ? Où sont passés nos libéraux, nos partisans de la concurrence et du marché ?

Tous ceux qui ont eu à passer des marchés de sous-traitance connaissent parfaitement les limites du système. La réalité, c’est que dès lors qu’un marché fonctionne dans un contexte d’asymétrie d’information, il pousse à la fois les prix et la qualité vers le bas. C’est logique : pour gagner des marchés, il vous faut offrir un meilleur prix que vos concurrents. Et dans une activité qui repose sur des technologies connues et dominées par tous les acteurs, il est difficile d’avoir un avantage concurrentiel autrement qu’en dégradant la qualité du résultat, d’utiliser des matériaux au rabais, de prendre des travailleurs précaires et les rémunérer à minima. Et le client n’a pas l’information qui lui permettrait de prendre en compte la qualité du service dans le choix. Et tout ça n’est pas nouveau : c’était parfaitement connu depuis le XVIIème siècle. Voici ce que Vauban écrivait à Louvois, concernant les travaux des fortifications :

« Il y a quelques queues d’ouvrages des Années dernières qui ne sont point finies et qui ne finiront point, et tout cela Monseigneur, par la confusion que causent les fréquents Rabais qui se font dans vos Ouvrages car il est certain que toutes ces ruptures de Marchés, manquements de parole et renouvellements d’Adjudications ne servent qu’à vous attirer comme Entrepreneurs tous les misérables qui ne savent où donner de la tête, les fripons et les ignorants,et à faire fuir tous ceux qui ont de quoi et qui sont capables de conduire une Entreprise. Je dis plus qu’elles retardent et renchérissent considérablement les ouvrages qui n’en sont que plus mauvais, car ces Rabais et bons Marchés tant recherchés sont imaginaires, d’autant qu’il est d’un Entrepreneur qui se perd comme d’un homme qui se noie qui se prend à tout ce qu’il peut : or, se prendre à tout ce qu’on peut en matière d’entrepreneur, c’est ne pas payer les Marchands chez qui il prend les matériaux, mal payer les ouvriers qu’il emploie, friponner ceux qu’il peut, n’avoir que les plus mauvais parce qu’ils se donnent à meilleur marché que les autres, n’employer que les plus méchants matériaux, chicaner sur toutes choses et toujours crier miséricorde contre celui-ci et celui-là. »

Une entreprise qui veut avoir le contrat a un choix cornélien : soit elle propose une offre « à minima » et a une chance de gagner le contrat – et de mécontenter le client ensuite, soit elle donne un devis lui permettant de faire un travail de qualité, et elle n’aura pas le contrat. Que pensez-vous qu’il fera ? Avoir le contrat et le foirer est toujours moins pénalisant que ne pas l’avoir. Conséquence : tout le monde sous-évalue les prix, pour ensuite offrir un service de qualité inférieure, le client est mécontent et changera de fournisseur dès qu’il a l’occasion… pour se retrouver dans la même situation, puisque toutes les entreprises font de même.

Pourquoi les agents publics feraient-ils mieux à l’heure de distribuer les plis que les agents du privé? Pour une raison que les néolibéraux oublient souvent : les incitations positives sont souvent bien plus efficaces pour obtenir un travail de qualité que les incitations négatives. Or, le public est bien plus capable de fournir des incitations positives. La stabilité liée au statut fait que la réputation devient un bien précieux et l’attachement à l’organisation une réalité. C’est pourquoi la logique de l’honneur opère pleinement. Les retraités d’EDF qui ont repris le collier pour rétablir en urgence le réseau électrique endommagé par la tempête de 1999 ne l’ont pas fait parce qu’ils attendaient une récompense matérielle, et encore moins par peur d’être virés. C’est la logique de l’honneur qui a joué à plein. 

Mais comment actionner la logique de l’honneur dans un environnement ou au contraire la stabilité n’est pas garantie ni même une valeur ? Comment un intérimaire qui sait qu’il est aujourd’hui ici et demain ailleurs pourrait se sentir identifié aux objectifs de l’organisation qui l’emploie ? Pourquoi chercherait-il à se bâtir une réputation de bon travailleur, puisqu’à la fin de son contrat il sera mis sur le carreau quand même ? Le privé est donc réduit, pour motiver son personnel à faire un travail de qualité, aux incitations matérielles. Mais dans une logique d’appel d’offres, les marges de manœuvre dans ce sens sont très faibles, puisque la concurrence pousse impitoyablement les prix (et les marges) vers le bas. Et puis, contrairement à une légende bien établie, les incitations matérielles coûtent bien plus cher que les incitations symboliques, comme le montre l’étude d’EDF sur l’évaluation du « tarif agent » (1).

Mais la sortie de Darmanin est amusante pour une raison différente. Sa proposition est de modifier la loi pour permettre de réserver la distribution à l’opérateur public, ce qui suppose de violer une directive européenne. Et pas n’importe laquelle : la directive sur la concurrence dans les services postaux. Quand on sait que la « concurrence libre et non faussée » est l’un des piliers de la construction européenne, on réalise le niveau du sacrilège commis par le ministre de l’Intérieur. Jean-Luc Mélenchon propose dans son programme de « désobéir » aux directives européennes qui ne nous conviennent pas. On remarque dans cette affaire que cette idée de « désobéissance » se retrouve même chez les ministres d’un gouvernement qui se positionne clairement du côté eurolâtre.

Darmanin-le-désobéissant ne semble pas réaliser que ce qu’il propose le conduit évidemment à une collision non seulement avec Bruxelles, mais aussi avec le juge français tenu d’appliquer le principe constitutionnel qui proclame la supériorité des traités par rapport aux lois même postérieure, et l’abondante jurisprudence qui inclut dans cette règle les actes dérivés des traités, tels que les règlements ou les directives européens. La modification législative que propose Darmanin ne pourrait qu’être annulée par le juge constitutionnel, et les actes pris pour son application par le juge administratif.

Si les déclarations de Darmanin sont intéressantes, c’est parce qu’elles montrent que le vernis libéral et européiste craque sérieusement. Que nos hommes politiques ont bien compris que l’adhésion inconditionnelle aux principes libéraux et européens nous conduit dans le mur, et surtout que l’opinion publique n’est plus prête à admettre les arguments de résignation du style «on ne peut rien faire, c’est écrit dans la directive »…

Descartes

(1) Les agents au statut des industries électriques et gazières (IEG) bénéficient d’une réduction de 90% de leurs factures d’électricité, réduction dite « tarif agent ». Il y a quelques années, EDF a conduit un sondage dans la perspective d’un « rachat » de ce tarif, qui serait remplacé par une simple prime. La question posée était « à combien évaluez vous l’avantage du tarif agent » (sous-entendu, « combien faudrait-il vous verser pour que vous acceptiez d’y renoncer »). Le résultat est surprenant : alors qu’en moyenne le « tarif agent » coute quelque 350 € par an et par agent, les agents l’évaluent a presque le double. Ce qui montre qu’il est plus intéressant pour l’entreprise en termes d’incitation de maintenir l’avantage que de verser une prime.

 

 

PS (BG) : Je fais une recherche sur Addexo. La recherche s'avère infructueuse. Vous m'en direz tant !

Quand Darmanin suit l'exemple de Vauban
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