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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 06:10

Selon Le guardian, il s'agit tout simplement de Jean-Luc Mélenchon !

 

Jean-Luc Mélenchon: the poetry-loving pitbull galvanising the French elections

 

Angelique Chrisafis joins charismatic hard-left firebrand Jean-Luc Mélenchon on the presidential campaign trail

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon delivers a campaign speech in Grigny, near Paris. Photograph: Bertrand Langlois/AFP/Getty Images

 

http://www.guardian.co.uk/world/2012/apr/06/jean-luc-melenchon-campaign-interview?newsfeed=true

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 13:30

http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2010/11/12/guillaume-pepy_zoom.jpgSuite à mon article sur Richard Descoings où j’avais relevé les pratiques scandaleuses de ce haut fonctionnaire (link), quelques correspondants (les coquins !) m’ont laissé entendre que j’aurais pu parler de sa vie privée. Ce n’était pas possible pour deux raisons : je ne connaissais rien de cette vie et, de toute façon, je n’en parle jamais, sauf si le privé empiète sur le public.

 

Lorsque j’étais enfant, on disait que Paul Reynaud, l’un des hommes politiques (de droite) les plus importants de la IIIe République, avait une « maîtresse », la comtesse de Portes, qui faisait et défaisait les gouvernements. D’une part, ce n’était pas, à proprement parler, sa « maîtresse » mais sa compagne au sens où l’un comme l’autre était libre de tout engagement et, par ailleurs, c’était fortement exagéré, cette dame n’ayant jamais joué le rôle occulte et diabolique que certains milieux machistes (ils l’étaient tous, à l’époque, dans la classe dirigeante) salivaient de lui voir tenir. La comtesse mourut en 1940 dans un accident de voiture alors que le couple allait vraisemblablement convoler en justes noces. La configuration « maîtresse de » renvoyait à la catégorie « maîtresse royale », quand les grandes familles nobles s’efforçaient de mettre dans le lit du roi de jeunes personnes de leur choix pour influer sur le cours des choses. Madame de Portes ne fut ni une « dinde », comme le pensait De Gaulle, ni une égérie, comme voulurent le croire les politiques lors de la débandade de 1939-40, ni une traîtresse à la patrie, comme l’affirma un peu vite Jean-Jacques Servan-Schreiber (link). Simplement le grand amour de Paul Reynaud. Après la guerre, Reynaud se remaria, eut trois enfants, le dernier à l’âge de 76 ans, un garçon qui eut ma belle-mère comme institutrice en 1960 dans une école communale de la République d’un des coins les plus chics du VIIe arrondissement (moi aussi, je peux faire du people).

 

Revenons à Descoings. Je constate qu’après l’avoir adulé de manière aussi moutonnière qu’irraisonnée, les médias se sont tus quarante-huit heures après sa mort. C’est donc qu’il y avait un problème.

 

Il se susurra alors des phrases sibyllines du genre : « Compte tenu de l'amitié très proche qui lie M. Pepy à la famille Descoings, et alors qu'il se trouvait à Montréal depuis mardi matin pour des raisons professionnelles, il lui a été demandé de se rendre à New York pour accueillir l'épouse et les enfants de M. Descoings, qui doivent arriver mercredi dans l'après-midi ».

 

 

Je ne sais si le patron de la SNCF et Descoings étaient amants et je m’en contrefiche. En revanche, j’ai été très troublé par les réactions des étudiants filmées à chaud par les télés dans les heures qui ont suivi la mort dramatique du directeur de Sciences-Po. On se serait cru face à l’abattement d'adhérents d’une secte, d'adorateurs en déshérence de gourou. On pouvait ressentir, chez certains étudiants masculins, la douleur de jeunes hommes ayant perdu, plus qu’un père ou un grand frère, l’objet d’un amour socratique. On vit des jeunes filles déposer des petits billets dans une démarche rappelant celle de jeunes Britanniques exprimant de la même manière leur élan vers la princesse Diana.

 

Cet épisode m’a beaucoup intéressé car il témoignait d’un absolu mélange des genres : le président d’un établissement d’enseignement supérieur décédant dans un hôtel new yorkais dans un modus  pas vivendi de star de rock, le président d’une des grandes entreprises françaises (son « ami très proche ») appelé en urgence à la rescousse par sa femme se trouvant être son inférieure hiérarchique grassement payée par lui-même, des étudiants à la fois fanatisés et conscients de constituer l’élite politique et économique de demain, des médias gangrenés par l’idéologie dominante, incapables de prendre la moindre distance par rapport à un prédateur que l’éthique n’étouffait pas.

 

Un épisode très dérangeant de plus dans le grand film de la Sarkozie.

 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 12:04

http://static.blogstorage.hi-pi.com/photos/paolo.artblog.fr/images/gd/1200841873/LACHETE.jpgMaintenant que les gens des médias sont légalement contraints d’accorder les mêmes conditions d’antenne à tous les candidats à la présidentielle, ce qui les gêne en termes de production d’audience, ils ont tendance à se lâcher et à exprimer aux « petits » candidats leur hostilité politique. Et là, forcément, leur lâcheté éclate. On les voit donc montrer les dents face à ces candidats en les traitant avec condescendance ou morgue, en polémiquant bassement.

 

On a vu hier soir le poujadiste Aphatie (link et link) traiter Cheminade comme un moins que rien au Grand Journal de Denisot sur Canal+ (link)

 

On pensera ce qu’on voudra de Cheminade, qui est une personnalité assez complexe (pas plus que le kleiner Mann), mais on ne perd jamais son temps à écouter cet homme qui a beaucoup réfléchi, qui a une grande expérience de la vie et dont le corpus idéologique en vaut bien un autre. En revanche, on peut fort bien se passer de l’immense et haineux Aphatie qui n’a pas produit trois idées intéressantes en dix ans.

 

Hier, sur France Inter, la bande à Cohen s’en prenait au petit Dupont-Aignan (link). Elle traita comme un moins que rien ce candidat qui, à l’évidence, aura beaucoup de mal à rassembler plus de  1% de l’électorat. On entendit même l’hystérique européiste Bernard Guetta, grand bégayeur devant l’éternel (j’ai toujours dit que c’est dans la tête qu’il bégayait), asséner un « vos solutions sont mauvaises », comme si le rôle d’un journaliste du service public était de polémiquer avec les candidats, de les juger, bref de ramener leur fraise en nous serinant pour la 3000ème fois les deux idées recuites qu’ils nous infligent depuis des décennies.

 

Hier, comme à son habitude de grand téméraire avec les petits et de grands flagorneur avec les grands, El Kabbach se montra particlulièrement odieux avec Eva Joly (link) alors que, trois jours plus tôt, il avait servi la soupe à Guéant (link).

 

J’en profite pour dire que j’ai bien aimé la dernière initiative de François Hollande. Il vient en effet de refuser d’accorder un entretien à l’ancien secrétaire général de l’UNEF (à l’époque où ce syndicat était très à gauche), à savoir Etienne Mougeotte, patron du Figaro ( link). Et pourtant, l’historique quotidien est un parangon d’objectivité. Rue 89 rappelle quelles furent ses dernières Unes :

  • ce mardi : « Autorité, sécurité, immigration, les atouts de Sarkozy face à Hollande » ;
  • lundi : « Sarkozy et Hollande mobilisent les indécis » ;
  • samedi : « Rien n’est joué à quinze jours du premier tour » ;
  • vendredi : « Sarkozy accuse Hollande de nier la crise » ;
  • jeudi : « Hollande décidé à lever 50 milliards d’impôts nouveaux ».

Je me demande par parenthèse si Hollande n’a pas pris cette décision en solidarité avec Mélenchon. En effet, Mougeotte avait planifié quatre « grands » entretiens, avec Sarkozy, Hollande, Le Pen et Bayrou. Trois candidats de droite et d’extrême droite et un candidat d’une gauche présentable pour les lecteurs du journal de Dassault. Plus sérieusement, je pense que Hollande a eu raison pour le motif suivant : autant la presse doit être libre, autant le personnel politique l’est également. Sa liberté inclut le droit de refuser les sollicitations qui ne lui plaisent pas, mais surtout le formatage imposé par les médias. La pensée unique étant ce qu’elle est, la forme, dans les médias, est dix fois plus importante que le fond. Et c’est par la forme que les médias manipulent, façonnent et s’imposent aux politiques. Dans cet ordre d’idée, Mélenchon a refusé de participer au Petit Journal de Barthès, pour les deux raisons suivantes :

-        il lui reproche, pour le fond, de s’être moqué de pauvres gens,

-        il n’a pas envie, pour la forme, de rire de lui-même, la campagne présidentielle se situant à un autre niveau.

      

En ce matin gris et orageux, écrire ce billet m'a fait du bien.

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 05:27

Des économistes britanniques (peut-être pas des fans de Cameron), réfléchissent au problème. Qui n'en est d'ailleurs pas un !

 

Travailler moins pour améliorer le bien-être de tous et consommer différemment. C’est ce que préconise un groupe de réflexion britannique.


En France

Le taux de chômage a atteint 10 % en moyenne au dernier trimestre 2009. En métropole, il s’établit à 9,6 % (2,7 millions de personnes), du jamais-vu depuis 1999. Plus généralement, note l’INSEE, 3,4 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaiteraient le faire. Les plus durement touchés sont les jeunes. Dans la tranche des 15-24 ans, 25,3 % des hommes et 22,3 % des femmes sont au chômage. Par ailleurs, le chômage technique ou partiel a concerné 144 000 personnes.

 http://www.barreau-evreux.avocat.fr/images/ContratTravail.JPG

Imaginez que la semaine de travail de 21 heures soit la norme. Comment occuperiez-vous une froide journée d’hiver ? Vous pourriez rester plus longtemps au lit, vous auriez plus de temps à passer avec vos enfants, plus de temps pour lire, pour voir votre mère, pour voir vos amis, pour réparer la gouttière, pour faire de la musique, pour préparer le déjeuner, pour vous promener dans le parc. Ou bien est-ce que vous vous demanderiez simplement comment faire pour payer vos factures ?

L’économiste John Maynard Keynes [1883-1946] imaginait une semaine de 15 heures au début du XXIe siècle, parce qu’il pensait que nous n’aurions plus besoin de travailler autant pour satisfaire nos besoins matériels. Mais la liste de ce dont nous estimons avoir besoin s’est considérablement allongée. Et, au lieu de raccourcir, la semaine de travail a fait de même. [La durée légale du travail en Grande-Bretagne est limitée à 48 heures hebdomadaires, plafond fixé par une directive européenne. Les 21 heures correspondent grosso modo à la moyenne actuelle, incluant les temps partiels.]

En France, l’expérience des 35 heures a donné des résultats mitigés

Aujourd’hui, la New Economics Foundation [NEF, Fondation pour une nouvelle économie] propose une semaine de travail beaucoup plus courte – l’objectif est d’arriver à 21 heures – pour faire face à trois crises majeures du XXIe siècle. Tout d’abord, la menace du changement climatique signifie que nous devons réduire drastiquement nos émissions de CO2, en achetant moins de produits gourmands en énergie et en revoyant l’idée que nous nous faisons de nos besoins. Ensuite, du fait de la crise économique mondiale, des millions de personnes sont au chômage ou sous-employées alors que de plus en plus de gens sont surchargés de travail et ont du mal à concilier vie professionnelle et vie familiale. Enfin, le creusement des inégalités socio-économiques a accentué les clivages dans la société, avec des niveaux de bien-être très bas, en particulier chez les enfants.


Alors que certains travaillent, gagnent et consomment trop, d’autres ont à peine de quoi vivre. Une semaine de travail beaucoup plus courte nous aiderait, les uns et les autres, à mener une vie plus satisfaisante en répartissant plus équitablement les activités rémunérées et non rémunérées au sein de la population.

Nous pouvons apprendre des Français, chez qui l’expérience de la semaine de 35 heures, mise en place il y a dix ans, a donné des résultats mitigés. C’est parmi les femmes ayant des enfants en bas âge et les salariés bénéficiant de revenus élevés qu’elle a été le mieux accueillie. D’autres travailleurs, en particulier dans les tranches de revenus les plus faibles, ont eu le sentiment de ne pas pouvoir maîtriser suffisamment leur temps, étant donné que la répartition des 1 600 heures de travail annuelles était fixée par leur employeur. Mais, lorsque le président Sarkozy a supprimé le plafond des 35 heures, la plupart des employeurs ont maintenu les accords existants.

 

http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/1060.jpg


La NEF ne préconise pas un changement soudain ou imposé, mais une lente évolution sur une décennie, voire plus. Les augmentations de salaire pourraient être progressivement troquées contre des horaires plus courts. On aurait le temps d’adapter les incitations offertes aux employeurs, de décourager les heures supplémentaires, de réduire les charges, d’accroître la flexibilité dans un sens qui convienne aux salariés et de développer la formation pour pallier la pénurie de compétences. On aurait aussi le temps d’instaurer un salaire minimum plus élevé et un impôt plus progressif, de faire évoluer les attentes des gens et de s’adapter à un mode de vie pauvre en émissions de carbone, qui requière plus de temps et moins d’argent.

Dans le cadre de cette transition, les services publics doivent être préservés et améliorés de manière que chacun ait accès à l’éducation, aux soins de santé et à d’autres prestations essentielles et se sente relativement protégé des aléas de la vie.

La perception de ce qui est normal peut parfois changer subitement, comme on l’a vu avec l’interdiction de fumer dans les cafés et les restaurants. L’opinion publique peut basculer de l’aversion à l’acceptation, notamment quand se conjuguent de nouvelles données, un nouveau contexte, un sentiment de crise et une campagne forte.

Comme nous le soulignons dans le rapport “21 Hours”, nous avons déjà des données solides, un contexte qui a évolué et un profond sentiment de crise. La campagne, elle, démarre ici. 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 05:23

http://94.citoyens.com/files/2012/04/Lise-London-Photo-Sofia-Moro-El-Pais.jpgJe reproduis ci-dessous un hommage à Lise London de José Fort (paru dans Le Grand Soir), résistante de la première heure (déportée à Buchenwald), militante antitotalitaire, ancienne des Brigades internationales. Toute sa vie, elle fut une rebelle. À son sujet, L'Humanité rapporte ceci :


“ Elle est envoyée par le PCF à Moscou en 1934 au siège du Kominterm où elle rencontre pour la première fois Dolorès Ibarruri, la future Pasionaria, qui deviendra secrétaire générale du Parti communiste espagnol en 1942, puis présidente en 1960. Elle a dix-huit ans et s'étonne déjà des «purges», d'un référendum à main levée contre le droit à l'avortement. Elle résiste à la bêtise bureaucratique et sera blâmée. ”


Elle était la veuve d'Artur London. Simone Signoret l'incarna magnifiquement dans L'Aveu.


 

Ce jour-là, dans la cuisine de son appartement proche de la place de la Nation à Paris, Lise London me tendait une tasse de café affirmant tout de go : « En paraphrasant De Gaulle, je déclare que la vieillesse est un naufrage. » C’était il y a quinze ans. Lise London nous a quittés la semaine dernière à l’âge de quatre-vingt-seize ans. Elle ne manquait pas d’humour. Lorsqu’on l’interrogeait sur son engagement communiste, elle répliquait goguenarde : « C’est mon jour des citations. Comme Aragon, j’affirme que chaque matin je me repose la question de mon choix politique et … je ré adhère au PCF. » Son engagement est resté intact jusqu’à sa mort.

On ne « récupère » pas une grande dame comme Lise London. On la respecte. Si on a l’autorisation, on l’embrasse, fort si possible, et on écoute s’égrener une page d’histoire que les moins de cinquante ans ne connaissent pas. La vie miséreuse dans les années trente des immigrés espagnols à la recherche de travail du côté de Vénissieux, la découverte du monde des salariés, les premiers contacts avec des responsables communistes, l’engagement dans les Brigades Internationales parties défendre la République espagnole, l’action contre l’occupant nazi, la déportation à Ravensbrück, la tragédie d’une famille communiste face au totalitarisme stalinien. Lise London, c’est tout çà. Pas seulement.


Lise, c’est aussi et surtout une histoire d’amour. Une passion pour Artur London, l’homme qu’elle a aimé à en perdre la raison, l’homme qu’elle a défendu bec et ongles contre l’ignominie stalinienne, l’homme qu’elle a sorti de prison, qu’elle a soigné, qu’elle a protégé et à qui elle a donné envie de vivre et de se battre à nouveau, l’auteur de « l’Aveu » anéanti par tant de cruautés retrouvant la force de témoigner et de combattre pour son idéal de toujours, le socialisme. Une telle femme ne peut laisser indifférent. Artur avait bien de la chance même si parfois la « Mégère de la rue Daguerre », du nom de la rue où eu lieu la première manifestation contre les nazis à Paris, affichait un caractère explosif à décoiffer le plus placide de ses admirateurs. Madame n’était pas du genre « facile ».


Elle était curieuse de tout. Passés à la question, ses visiteurs ne sortaient jamais indemne de la rencontre. Elle était d’une gentillesse savoureuse et savait aussi distribuer durement les coups. Elle ne prétendait pas dispenser le bon savoir et encore moins la correcte attitude mais ne faisait jamais l’économie de la critique surtout à l’égard de ses camarades égarés. Les communistes français en savent quelque chose. Et au moment où cette grande dame nous quitte, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle nous laisse quelques messages. Celle qui a tant souffert à Ravensbrück plaçait au premier rang de ses énergies la lutte contre le fascisme. Lors de la grande manifestation du 1 er mai 2002 alors que Le Pen frappait à nos portes, Lise London rejoignait, aidée de sa canne, le défilé refusant l’aventure brune. Celle qui avait enduré dans sa chair le stalinisme et qui n’avait pas déserté son engagement de jeunesse invitait les nouvelles générations à douter, à ouvrir les yeux, à ne pas s’enfermer dans des certitudes, à lutter contre la perversion des idéaux communistes. « Soyez-vous-mêmes », lançait-elle aux jeunes rencontrés dans les écoles lors de multiples débats. Femme courage comme elle l’a démontré en Espagne contre les franquistes, à Paris contre les nazis, à Prague contre les staliniens, elle refusait la fatalité de l’ordre établi et clamait sa volonté de rester actrice de l’Histoire. L’ancienne petite immigrée de Vénissieux, la capitaine de la Résistance, la solidaire du camp de concentration, l’opposante aux totalitarismes, est restée jusqu’à sa mort une combattante contre l’injustice. Toutes les injustices.


José Fort

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 14:36

 

http://www.evenement-bf.net/images/163_total.gifJe reproduis ici de larges extraits d'un article d'Emmanuel Lévy pour Marianne.fr.

Édifiant.

 

La France un paradis fiscal pour les grandes entreprises ? Les Français, qui payent désormais leur litre de SP95 jusqu’à 2€, ont découvert stupéfaits la douceur du ciel fiscal hexagonal pour les grandes sociétés à travers le scandale Total : le plus riche, le plus rentable, le plus important des groupes français ne paye pas un centime d’impôt sur les sociétés en France ! 
Malgré 5 ans à l’Elysée et neuf mois à Bercy en 2004, Nicolas Sarkozy dit n’avoir constaté cette aberration qu’en début d’année… « J'ai découvert quelque chose de pas normal : ces grands groupes maximisent les avantages fiscaux et une partie d'entre eux ne payent pas du tout d'impôts sur les bénéfices.» Le candidat-président a donc annoncé qu’à la faveur de sa réélection, il créerait un impôt sur les bénéfices « minimum » pour les groupes du CAC 40. Deux à trois milliards d’€ seraient ainsi ponctionnés. Même volonté d’agir chez François Hollande. Le programme du candidat PS prévoit à la fois un impôt sur les sociétés croissant avec la taille des sociétés, et la limitation d’une des niches fiscales la plus utilisée par les grands groupes : la déductibilité des frais financiers, autrement dit leur capacité d’imputer le coût de leur immenses emprunts sur leur bénéfices. Cette réforme rapporterait 3 milliards d’euros.

  

Pourtant, de nombreux rapports, à commencer par celui du Conseil des prélèvements obligatoires, avaient largement décrit la lente dérive de l’impôt sur les sociétés, son méticuleux détricotage. Ses travaux avaient montré que, miné par les niches, les montages des cabinets d’avocats fiscalistes, l’impôt sur les sociétés des entreprises du CAC 40 s’était réduit comme peau de chagrin. Avec un taux moyen de 8 %, le poids fiscal des sociétés du CAC 40 était quatre fois inférieur à celui de la PME soumise au régime commun d’imposition à 34,3 %.Michel Taly, ex-directeur de la législation fiscale (un des plus hauts postes à Bercy), le dit sans détour depuis qu’il est avocat au cabinet Arsene Taxand : « Pour les grands groupes, la France est aussi un paradis fiscal. Depuis 1987 et la mise en place de la fiscalité de groupe et son cumul avec la législation sur les holdings, les entreprises peuvent défiscaliser une part importante du coût de leur dette. Là où les autres pays ont mis des barrières, Bercy laisse un nombre croissant d’entreprises réduire fortement leurs bénéfices imposables et donc la facture de leur impôt grâce à cette technique. C’est vrai pour les LBO [les rachats d’entreprise par endettement], mais aussi pour n’importe quel holding. Voilà qui explique pourquoi l’impôt sur les sociétés est moins élevé en France en points de PIB par rapport aux autres pays. » 

 

 

A l’automne 2001, le rapport parlementaire rédigé par Gilles Carrez, rapporteur général UMP du budget à l’Assemblée, est entré dans le détail de cette situation scandaleuse. Ensemble, « les plus grandes entreprises, celles de plus de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, paient entre 15 et 20 % de l’impôt sur les sociétés, alors qu’elles réalisent entre 50 et 70 % du chiffre d’affaires », note le rapport. 
Une fois déduits les nombreux crédits d’impôt auxquels elles ont accès, on s’aperçoit que, sur 40 entreprises, 17 ne paient pas un centime au Trésor. Il reste donc 23 contribuables. Mais, là encore, Gilles Carrez identifie un autre effet d’optique. Deux groupes se distinguent. Les gros contributeurs et les autres. Et quelle est la singularité de ce groupe de gros contributeurs composés d’EDF, France Télécom, GDF et Renault ? L’État en est actionnaire. 

Ensemble, ces quatre entreprises fournissent 40 % de l’impôt sur les sociétés. Le rapport indique que « l’impôt sur les sociétés annuel moyen des autres groupes est inférieur à 2 milliards d’euros ». Les patrons de Total et consort affirment en chœur : nous ne faisons pas ou peu de bénéfices en France. Il faut les croire sur parole, puisque leurs rapports annuels se gardent bien de décrire la géographie des bénéfices. En revanche on connaît celle du chiffre d’affaires. Et, persévérant, Gilles Carrez a fait le calcul : les 36 groupes (avant remboursement du crédit impôt recherche) ont acquitté en moyenne en impôts 0,4 % de leurs 500 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés en France ! C’est très peu, et cela laisse entendre qu’en France on ne fait peu ou pas de profits. 

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:18
Ci-dessous, un très bon reportage de Maxime Vivas pour Le Grand Soir sur le meeting du Front de Gauche à Toulouse
Maxime VIVAS

Organiser un meeting, c’est facile : vous trouvez un micro, une sono, vous collez des affiches et vogue la galère. Sauf que ce n’est pas ça.

Organiser un meeting de gauche dans une ville socialiste, là, ça roule tout seul. Sauf que...

Le plus dur, en fait, c’est d’organiser un meeting et de se dire deux heures avant qu’ils vont être trop nombreux.

Et puis il y a les médias dont on se demande parfois, à les lire, s’ils étaient bien là ou s’ils en ont envoyé un seul, les autres recopiant ses notes.

En tout cas, voici le récit d’une journée d’une petite souris qui a vu, entendu, et qui raconte.

LGS



Quand les Espagnols de la « retirada » eurent fait de Toulouse « la Capitale de la République espagnole », ils prirent l’habitude de se réunir en palabres sur la place Wilson bordée d’immeubles de briques qui tournent autour de la statue de Goudouli, poète occitan, dans l’hypercentre de Toulouse.

Les Toulousains, poètes, au moins depuis que l’Académie des jeux floraux décerna son premier prix à un adolescent nommé Victor Hugo (à Paris, d’aucuns, crurent longtemps qu’il était Toulousain), surnommèrent la place« l’enclave de Llivia », nom d’une terre espagnole de 13 km2 plantée en plein milieux des Pyrénées Orientales.

Ce préambule pour réunir quelques ingrédients du parfum du meeting du 5 avril à Toulouse : l’Espagne, partout l’amour de la République, l’évocation des combats solidaires, la fraternité des hommes, loin du sentiment que nous éprouvons parfois et qui nous pousse à paraphraser Villon : « En Sarkozie, suis en terre lointaine ». Sarkozie du Fouquet’s, de l’Atlantisme, de l’égoïsme et de l’argent.

Le meeting devait commencer à 19 H, place du Capitole, par un spectacle des « Grandes Bouches » suivi d’interventions : Nicole Borvo, sénatrice communiste, Christian Piquet (Gauche unitaire) venu du NPA et Myriam Martin, également du NPA dont elle est une dirigeante nationale et la tête de liste habituelle dans la région.

Jean-Luc Mélenchon était annoncé pour 20H.

L’après-midi la température était douce, place du Capitole. Et même, on avait chaud. La pluie était annoncée, mais le soleil brillait dans un beau ciel bleu. Parfois, les Toulousains ironisent sur la Météo (dont ils sont fiers qu’elle soit installée à Toulouse) en répétant la phrase sarcastique des vieux : « Ils auraient plus vite fait de mettre la main dehors » (sous-entendu : pour voir s’il pleut, avant de nous le dire).

A 15 H, la Salle du Sénéchal, à deux pas de là s’est remplie. Jean-Luc Mélenchon, ? Pour une répèt ?

Il était déjà venu dans cette salle le 9 octobre 2008 pour disserter sur le thème de « Choc de civilisations et laïcité ». La salle alors était comble ; la presse avait annoncé 300 personnes.

Arnaud Montebourg la connaît aussi. Il y a parlé le 26 septembre 2011 comme candidat aux primaires du PS. La salle était comble ; la presse avait annoncé 500 personnes. Après, il avait voulu haranguer les passants, place du Capitole, mais il n’y avait pas un chat. Passons, c’est juste pour dire...

Bon, là, la salle était remplie aussi, mais par des volontaires pour assurer « le service d’ordre et la sécurité ». Pas de gros bras, mais des gens du peuple, des amateurs : jeunes vieux, femmes, hommes décidés à aider au bon déroulement de la soirée. L’organisateur les a répartis en groupes avec un « chef de groupe » qui sera muni d’une oreillette pour communiquer avec les autres groupes. A chacun fut fourni un brassard rouge. L’organisateur a indiqué à chaque groupe l’endroit où il devra se trouver. Il n’était pas Toulousain, ne connaissait pas le nom des rues qui débouchent place du Capitole et il palliait ses lacunes par des gestes qui finirent par faire rire des volontaires-bénévoles : « Quelle rue ? Celle où il y a une boulangerie ? Celle où on a vu un chien passer ? ».

Bon, ils ont fini par s’entendre et la suite prouvera qu’il le fallait. La consigne n’était pas sarkoziste, genre : « Avec tes gros biscottos, tu me fous à plat ventre les récalcitrants ». C’était : « Les gens derrière les barrières vont peut-être s’énerver, ils voudront avancer. C’est normal. Soyez patients, polis, calmes ». Le message passait bien.

Faisant les cent pas entre cette salle et la place du Cap’, Jean-Christophe Sellin, élu municipal, responsable départemental du PG et chef d’orchestre du concert politique de ce soir, avait tout l’air de se faire du souci.

Les tractations se passaient moyennement bien avec la mairie et, deux jours avant, François Delapierre, Directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon avait publié un vigoureux communiqué de presse visant à recadrer les choses.

Une scène de 9 x 7 mètres avait été prévue sur la place, devant l’entrée du Capitole, lequel devait abriter dans sa cour intérieure un PMA (poste médical avancé). C’était aussi un bon emplacement qui permettrait à Jean-Luc Mélenchon d’accéder au micro sans risque d’être étouffé par la foule compacte. Et puis, pour les médias, c’était super, cet édifice symbolique au fronton marqué « Capitolium ».

Les autorités locales l’auraient bien vue ailleurs, cette tribune. Où ? Devant le mythique café « Mon caf ’ » au décor Belle Époque ? (démoli), devant la célèbre librairie Castèla ? (liquidée). Devant le marchand de journaux qui recevait la livraison du Monde le jour même de sa parution ? (fermé) ? Devant le Mcdo ? (ouvert).

Les organisateurs, prudents, avaient demandé aux militants d’être sur les lieux dès 6 H du matin pour veiller à ce que la scène trône au bon endroit.

16H. Au milieu de la place, on confectionnait des pancartes et banderoles à même le sol, près du bronze de l’immense croix occitane encastrée dans le pavement de la place et représentant les 12 signes du zodiaque. L’oeuvre avait été commandée à Moretti par le maire d’alors : Dominique Baudis. Les autochtones avaient trouvé qu’elle coûtait très cher et les laïques qu’elle n’avait rien à faire là. La branche portant le signe du bélier est dirigée vers l’entrée de la mairie. Le maire était bélier. C’était une attention délicate, tout de même.
Confection des pancartesLes voitures de presse, bardées de matériel et surmontées de paraboles étaient en place depuis le matin. Tout près, un chapiteau abritait les journalistes. Une table leur offrait des douceurs peu dispendieuses : jus de fruits, eau, thé, gâteaux secs salés et ships. Les journalistes étaient à l’oeuvre, concentrés sur leurs ordinateurs portables. Je me demandais ce qu’ils écrivaient. La trame où il suffira, pour aller vite, parce que c’est la règle, de greffer quelques mots de l’orateur et des infos sur la foule ? Beaucoup étaient très jeunes, souvent des jeunes filles. Pigistes ? CDD ?Chapiteau de la presseJean-Luc Mélenchon parle de « précariat », mot fait avec « précaire » et « prolétariat ». Il propose de mettre fin à cet état. Combien de ces jeunes-gens nous feront un compte-rendu où se lira en filigrane que leur préférence, ou celle de leur employeur, va à d’autres candidats qui ne leur permettront pas de se sortir de cet servage moderne ? En les lisant sur Internet, j’ai eu la réponse.

L’après-midi avançait, la foule commençait à affluer, maintenue à l’écart derrière des barrières. Elle patientera, bon enfant, plusieurs heures. La récompense sera au bout : les premiers rangs.

Chez les organisateurs, la nervosité ne baissait pas. On pouvait les comprendre, à ce moment-là. Car il était évident que la place du Capitole est trop petite et que, s’ouvrant chichement sur des rues étroites du Toulouse historique, elle pouvait se transformer en nasse. Or, la mairie freinait pour donner son autorisation définitive à l’ouverture au public de la place Wilson « par mesure de sécurité » . Deux écrans géants y avaient été installés malgré tout par le Front de gauche, des barrières posées, mais il n’était pas dit que cela pourrait servir. Pire, encore : il avait été envisagé par les organisateurs d’installer des écrans dans l’Avenue Alsace-Lorraine, large artère rectiligne qui sépare les deux places. Paf ! elle fut décrétée « axe rouge » par la Préfecture (qui obéit à qui ? A S... Sar.., Sark...). En clair, elle était réservée au passage des pompiers.

18 H. La foule devenait plus nombreuse. Des personnalités arrivaient, cernées ou pas par les médias. On pouvait voir Pierre Laurent (PCF), Christian Piquet (G.U), Pierre Lacaze, (adjoint communiste au maire socialiste Pierre Cohen), responsable fédéral du PCF, un autre communiste, Charles Marziani, du Conseil régional, Corinne Darleux-Morel qui est « Madame Ecologie » du PG (dont je vous recommande le blog (www.lespetitspoissontrouges.org/ ), des militants du NPA qui ont fait le choix de l’union... Trois heures avant...Le ciel virait au gris. La rumeur disait que la place Wilson serait finalement autorisée. Elle le sera effectivement, par bonheur.

La société de transport Tisséo (bus, métro, dont le président est le député-maire) avait déployé des moyens humains importants pour réguler les entrées et sorties de métro : Capitole, Jean-Jaurès, Jeanne d’Arc, Esquirol et Marengo (la gare SNCF).

18H45. Sous un ciel qui charriait des nuages pansus, la place du Capitole était bondée, rougie par des nuées de drapeaux. Beaucoup de jeunes, à croire qu’on avait réquisitionné une fac. Le concert allait commencer un peu en avance. Le réseau téléphonique saturait, les communications passaient mal.

Les « Grandes Bouches » ont fait chanter la place avec des chants qui parlent à l’intelligence politique, suivis des interventions de Nicole Borvo, Christian Piquet, et Myriam Martin (qui se dit étonnée de parler devant une telle foule).

Les rues débouchant sur la place du Capitole étaient à présent fermées.On pouvait sortir mais plus entrer. Il était temps. Les rues adjacentes se remplissaient, la place Wilson débordait.

Vous avez prévu trop petit, les amis. Ne l’avais-je pas prédit bien avant ? Mais qui me lit, moi, scribouillard, grand Maître de mon Personal Computer ? Passons. Oubliez ça et revenons à l’essentiel.

Alors qu’une pluie fine s’était mise à tomber, Jean-Luc Mélenchon arriva. Un quart d’heure plus tôt que prévu. A cause d’un risque de déluge ? De la situation dangereuse créée par l’entassement sur deux places et dans près d’une dizaine des rues dont certaines ne méritent que le nom de ruelles ?

En tout cas, retenez seulement ceci avant d’aller voir (pour le discours) la vidéo sur le blog du Jean-Luc Mélenchon : il arriva et, en deux phrases, d’emblée, après avoir salué son auditoire, il souleva la foule, fit jaillir d’enthousiastes vivats (avec un « t », j’y tiens) par un « salud a vosostros d’Espana tambien » (ovation), « y con respeto a la bandera gloriosa de la Republica ! » (ovation).

Le peuple de Toulouse se la jouait enclave de Llivia. Ollé ! Se la jouait même doublement, par cette impression d’apporter une douce étrangeté rougeoyante en ces terres où la mairie, le conseil général, le conseil régional et la plupart des communes avancent au pas d’un PS qui n’a renoncé à sa ferveur militante envers DSK que grâce aux injonctions d’une lointaine femme de chambre de couleur (comme quoi, aux States, tout n’est pas mauvais).

Jean-Luc Mélenchon parlait-il devant 70 000 personnes répartis sur deux places et dans les ruelles du centre ville ? 40 000 a compté la Préfecture (celle qui a décrété l’ « axe rouge »).

Quand le réseau téléphonique consentait à fonctionner, on recevait des appels d’amis qui étaient rentrés chez eux : trop de monde, trop serrés, et la pluie qui grossissait ses gouttes.

Le discours de Jean-Luc Mélenchon a été plus bref que prévu et s’est terminé sur un cri d’amour et d’espoir (tu entends ça, Marine ?) : « Nous sommes au mois de Germinal, les bourgeons gonflés de vie s’annoncent déjà et dans cette France belle et rebelle, vienne le temps des cerises et des jours heureux ». Ovation, chant de l’Internationale et de la Marseillaise, et puis, en suivant, le bouquet : les nuages, longtemps patients, ont ouvert leur ventre d’un seul coup et vidé de solides paquets d’eau froide sur 70 000 têtes (dont 40 000 seulement furent mouillées selon la police).

Juste après, notez bien.

Pas une seconde avant.

Comme quoi, ils sont forts au Front de gauche ! Ou bien, ou bien, ou bien, Dieu, dont on a tout dit, et même qu’il n’existe pas (mais jamais que c’est un pétochard), Dieu a voulu faire savoir pour qui il va voter. Bon ne prenez pas ça au pied de la lettre, non plus. Quoique...

Maxime Vivas

NB. Pour ceux qui savent transformer leurs colères en rire, voir sur le site du Nouvel-obs un article signé « Lucien Pambou Professeur d’Economie » : « Mélenchon, l’homme qui ne voulait pas présider, mais faisait peur à Sarkozy et Hollande ».

« Professeur d’Economie », ça en jette, ça valorise.

Sauf si l’on apprend que le monsieur est un élu UMP d’Alfortville (94). Un modeste qui, ayant affiché son diplôme, répugne à nous bassiner avec l’usage qu’il en fait.

URL de cet article 16316 
http://www.legrandsoir.info/dans-les-coulisses-du-meeting-de-jean-luc-melenchon-a-toulouse.html
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 08:35

 

http://www.francesoir.fr/sites/default/files/imagecache/article_image/melenchon_place_du_capitole_toulouse.jpgSelon les habitués des grandes manifs’ toulousaines (dont je suis), nous étions bien 45000 au meeting du Front de Gauche de ce jeudi 5 avril. Chiffres de la Préfecture. 150 cars (5 en provenance du Gers, ils dormaient les Gersois ?). Sous un ciel gris et une pluie menaçante. J’ai bien dit : « meeting du FDG » et non meeting de Mélenchon. Il y a désormais chez lui ce souci (cette « problématique » comme on dit dans les grands médias) de ne pas personnaliser sa démarche à outrance. Son discours de 30 minutes fut précédé par des interventions riches et variées d’autres responsables du FDG. Il fut sobre quant à la forme, mais radical quant au contenu. Il ne parla pas de Le Pen, et quasiment pas de Hollande. Il fut, comme à l’habitude, pédagogique. Grave aussi. Il s’affirma comme le seul vrai opposant à Sarkozy. Il demanda au kleiner Mann des « comptes » sur le « malheur » qu’il a répandu depuis cinq ans, sur sa manière « vulgaire » de présider notre République.

 

La réplique au raz-de-marée de la Bastille a bien eu lieu Place du Capitole. Pas de bobos, quoi qu’en disent les médias parisiens. Une assistance très variée. Beaucoup d’ouvriers, d’employés, d’enseignants. Énormément de moins de 25 ans. Juste derrière moi, un couple d’octogénaires (nés en 1926). Socialistes depuis toujours. Ils étaient venus faire nombre pour « gauchir le discours de Hollande », persuadés comme tous les participants que le seul vote utile de gauche au premier tour est celui pour Mélenchon.

 

Dans cette ambiance parfois lyrique, mais toujours sérieuse, quelques slogans décalés. L’un d’entre eux m’a rajeuni de quarante ans, quand une jeune femme superbe s’était dépoitraillée devant Royer, le père-la-rigueur de Tours (link)  :

 

SI TU VEUX VOIR MES NICHONS

VOTE MÉLENCHON

 

 

 

PS : Un billet très subtil de François Morel ce matin sur les ondes de France Inter : link  

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 05:47

 

Ci-dessous de larges extraits d'un article de Thierry Pech pour Alternatives économiques.


http://www.impots-utiles.com/impots-utiles-fiscalite-economie-images/niches%20fiscales.gif

Les vrais comptes des niches fiscales

 

 

Les allégements et autres exonérations d'impôts accordés par l'Etat coûtent deux fois plus cher qu'on ne le dit et  accroissent les injustices.

 

En ces temps de rigueur budgétaire, les niches fiscales seront au coeur des débats parlementaires de l'automne, lors  de l'examen de la prochaine loi de finances. Sur la sellette : quelque 500 mesures dérogatoires qui permettent aux  contribuables (souvent les plus aisés) et aux entreprises (souvent les plus grandes) de réduire leurs impôts. Et ce n'est  pas rien : le manque à gagner pour les comptes publics s'élève à 65 milliards d'euros, selon le projet de loi de finances  2011 (PLF), soit un quart des recettes fiscales nettes de l'Etat. Mais cette addition est loin d'être complète.

 

Pour s'en rendre compte, il faut fouiller dans les documents budgétaires, et plus précisément dans L'évaluation des voies et moyens (tome II) annexée au projet de loi de finances. Les dernières pages de ce document dressent en effet la liste des dizaines de dépenses fiscales – le nom technique des niches - qui ont été " déclassées ". Derrière cette appellation se cachent de nombreux dispositifs dont on ne tient tout simplement plus compte dans le recensement officiel. Ces mesures volontairement mises de côté restent cependant en vigueur. Au total, depuis 2006, cette technique a permis de soustraire à l'inventaire au moins 80 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat, soit environ 35 % de ses recettes fiscales nettes. Si on y ajoute les 65 milliards liés aux niches dûment répertoriées, le coût global pour l'Etat avoisinerait donc 145 milliards d'euros, soit plus de 95 % de son déficit annuel !

 

 

Cette pratique du déclassement (voir encadré) n'est pas nouvelle, mais elle a été particulièrement soutenue ces cinq dernières années. En 2006, elle avait notammentpermis de mettre de côté d'un coup pour plus de 60 milliards de dépenses fiscales. Parmi ces avantages fiscaux qu'un simple jeu d'écritures a glissés sous letapis, on trouve toutes sortes de mesures. Certaines sont très anciennes, comme " l'exonération de taxe intérieure de consommation sur les combustibles utilisés par les aéronefs ", créée en 1928. D'autres, au contraire, sont récentes : c'est le cas d'une bonne partie des exonérations et réductions de droits sur les successions et les donations. D'autres, enfin, n'ont jamais pu être déclassées car elles n'ont jamais été classées : c'est le cas du fameux bouclier fiscal récemment aboli.

 

 

Quelles sont les justifications des opérations de déclassement ? Elles peuvent résulter de l'application du droit conventionnel (international ou européen) ou du souci d'éviter des " frottements fiscaux " (par exemple, des formes de double imposition économique). Mais, le plus souvent, elles reposent sur l'idée que la dépense fiscale concernée est désormais " assimilable au barème de l'impôt ", c'est-à-dire qu'elle a rejoint la " norme fiscale ". Cet argument ne fait en réalité que repousser la question, car en matière fiscale, souligne la juriste Katia Weidenfeld,

« la norme est souvent difficile à définir, l'impôt obéissant à un principe de particularisation ».

 

Il est quasiment impossible de mesurer l'évolution des dépenses fiscales de l'Etat sur les dix dernières années en se fondant sur la liste des mesures classées, alors que c'est a priori une de ses raisons d'être. D'autant que les opérations de chiffrage prévisionnel des différentes niches restent sujettes à caution : d'après le PLF 2011 lui-même, le chiffrage est " bon " ou " très bon " pour 259 mesures, mais il ne fournit qu'un ordre de grandeur pour 207 autres et s'avère irréalisable pour 38. Il arrive même qu'une mesure soit déclarée non chiffrable en 2010 ou 2011, alors que son coût était évalué avec une fiabilité " bonne " les années précédentes (c'est par exemple le cas du " régime des sociétés mères et filiales ")...

 

 

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les dépenses fiscales déclassées ne concernent pas seulement de " petites " niches : si l'on intègre les dispositifs déclassés au palmarès des dépenses fiscales les plus coûteuses en 2011, on retrouve sept niches déclassées parmi les douze premières. Cet exercice révèle en outre que les entreprises bénéficient tout autant des dépenses fiscales que les ménages. Les artifices du déclassement ont en effet accrédité l'idée – fausse – selon laquelle les niches fiscales auraient d'abord une vocation sociale et qu'il serait donc difficilement envisageable de les réduire dans des proportions importantes.

 

 À l'ombre des niches fiscales, par Katia Weidenfeld, coll. Pratique du droit, Economica, 2011.

 

Thierry Pech, Alternatives Economiques n° 305 - septembre 2011 


 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 13:12

 

http://t2.ftcdn.net/jpg/00/26/01/23/400_F_26012328_hL8SO6kvus6ODfZDSZyj4kvNnjl4SKfz.jpgLe Nouvel Observateur a parfaitement le droit de soutenir François Hollande. Il a parfaitement le droit de se montrer critique vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Mais quand il le fait par le biais de l’Institut de l’entreprise, il choisit son camp, camarade.

 

Ce groupe de réflexions fut créé en 1975 par trois patrons de choc : François Ceyrac, à l’époque chef du patronat français, Jean Chenevier, un ingénieur des mines qui fit toute sa carrière chez British Petroleum, et François Dalle, ami du jeune André Bettencourt, alors cagoulard et éditorialiste dans un hebdomadaire de la Propaganda Staffel (link). Dalle fit de L’Oréal la multinationale que l’on sait. Wikipédia rappelle le conflit très violent qui opposa Dalle à l’homme d’affaires Jean Frydman en 1989.  Celui-ci révéla le passé d’André Bettencourt et celui de plusieurs autres dirigeants de L'Oréal sous l'Occupation, contraignant André Bettencourt à se retirer des affaires en 1995, officiellement pour raison d'âge, et à exprimer ses regrets pour ce qu'il qualifia d'« erreur de jeunesse ». Ensuite, Frydman accusa alors Dalle de l’avoir  « démissionné » du conseil d'administration de Paravision, filiale audiovisuelle de L’Oréal dont il détenait 25% des actions. Le motif de cette éviction aurait été de satisfaire aux exigences de la Ligue arabe qui boycottait toute entreprise en relation directe ou indirecte avec Israël. L'accusation tourna en affaire d'État. Le 20 novembre 1991, François Dalle fut inculpé (mais pas condamné) pour faux en écriture et discrimination raciale.

 

Ceci posé, on note que l’Institut de l’entreprise est globalement très libéral. Par exemple, le 11 janvier 2012, il donna une bonne idée à Sarkozy : le transfert des cotisations sociales vers la fiscalité pesant sur les ménages. L'Institut ne prononce pas le mot de TVA sociale mais c'est bien de cela qu'il s'agissaitt. « Ce serait un coût nul pour les finances publiques et un signal déterminé pour en faveur d'une nouvelle politique de l'offre ».

 

Voilà donc à qui le Nouvelobs (.com) fait appel pour, en 24 heures, marteler la prétendue inanité du programme économique de Mélenchon, programme dont on sait fort bien qu’il fut élaboré par une équipe dirigé par Jacques Généreux, pas plus manchot qu’un autre en matière d’économie. Cette saillie anti-Mélenchon nous vient de la plume de Thierry Philippon, qui dirige le service économique de l’hebdomadaire et qui, tout en nuances, qualifie le programme du Front de gauche de « détonnant et déconnant ». Un programme « irréaliste » qui « isolerait la France au sein des pays développés avec un taux de dépenses publiques qui atteindrait un record absolu. »

 

L'Institut de l'entreprise chiffre donc dix mesures du programme de Mélenchon, L’humain d’abord. Création d’un pôle 100% public de l’énergie : tant de milliards d’euros. Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein, tant de milliards d’euros. Remboursement intégral des dépenses de santé, tant de milliards d’euros.

Un séisme épouvantable qui laisse de côté le fait que Jacques Généreux et son équipe ont explicité à chaque fois comment ils entendaient financer ces dépenses. Complètement affolé, Philippon alerte les patrons : « Un rapide calcul permet d'ailleurs de comprendre les risques qui pèsent sur les entreprises : la marge des sociétés françaises, c’est-à-dire ce qu’elles gagnent avant de payer les frais financiers, les impôts, ou les dividendes s’élevait à 293,6 milliards en 2011. Le projet de Jean-Luc Mélenchon amputera leurs ressources d’un quart. » Ah, tout de même, un quart, autant dire un bras ! C’est vrai, quoi ! On peut hésiter : la réalisation du programme de Mélenchon impliquerait cet énorme sacrifice d’une réduction de 25% des dividendes, après le payement des impôts et des salaires. Une question toute bête à Philippon : de combien sont amputées les ressources de ceux qui mangent aux Restos du cœur ?

 

On sent bien que le NouvelObs est en service commandé. Mais il pourrait le faire plus discrètement, et surtout sans mentir, comme lorsqu’il évoque les deux dernières propositions du programme du Front de gauche. Je cite :

« Nous taxerons la spéculation financière et immobilière avec la création d’une taxe “ contribution logement ” de 10 % sur les revenus financiers. »

Coût (selon l’Institut de l’entreprise) : entre 8,7 et9,9 milliards d’euros.

«  Nous en finirons avec les 30 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations sociales patronales, dont on a pu constater l’inefficacité pour l’emploi, et avec les exonérations fiscales. »

Coût (selon l’Institut de l’entreprise) 28 milliards d’euros.

Le problème est que ces deux mesures ne coûtent rien, mais RAPPORTENT. Tout comme l’instauration (dont ne parle pas Philippon et son Institut chéri) de 14 tranches d’imposition, dont une à 100% au dessus de 36000 euros par an, ou encore une traque un peu sérieuse de l’évasion fiscale (600 milliards d’euros par an). Rappelons que les évadés fiscaux (environ 100000), qui volent les Français, sont des entreprises ou des particuliers dont les revenus mensuels sont de 10000 euros et au-delà. La plus grosse partie de l'évasion commence par la Suisse, puis se dirige vers d'autres paradis plus lointains et tropicaux. Des montages assez simples – comme la création de sociétés-écran – sont réalisés avec l'aide, donc la complicité, de banquiers. Le kleiner Mann, qui progresse tous les jours, a récemment découvert la gigantesque évasion fiscale de l'entreprise Total. Qui nous a fait la totale, en l'occurrence. Attention, Philippon : Mélenchon va t'étrangler avec les moustaches de Christophe de Margerie !

 

PS : À l'occasion de la publication par le kleiner Mann de son programme économique (le 5 avril), I-TV demanda longuement leur avis à deux économistes de l'Institut des entreprises. Le pluralisme télévisuel nous étonnera toujours.

 

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