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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 06:33

Par Francis Journot, pour Le Grand Soir

 

L’exemple du textile, secteur emblématique du phénomène de délocalisation, est révélateur de la proximité entre certaines entreprises, organisations professionnelles, patronales et pouvoir politique.

Les premières délocalisations du textile habillement ont débuté il y a plus de 30 ans mais la chute du secteur s’est précipitée au cours des dix dernières années.

En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des industries textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors le poste de ministre de l’Economie, déclarait "Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants : la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution" (L’expansion 28/11/02).

CONFLITS D’INTÉRÊTS

Après avoir coulé l’industrie textile française et déposé de bilan de son entreprise en 2006, Guillaume Sarkozy, devenait Président du conseil d’administration ainsi que Directeur général du groupe Malakoff-Médéric fusionné en juin 2008, et bénéficiait 6 mois plus tard, à la faveur de la mise en place du dispositif "mutuelle obligatoire employeur ", des souscriptions des contrats d’assurance des 50 000 employés de Pôle emploi et des 120 000 employés de la Sécurité sociale.

En juillet 2009, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, le taux de TVA de la restauration était réduit de 19.6 % à 5.5 % et offrait ainsi un cadeau annuel de 2.4 milliards d’euros aux CHR (cafés hôtels restaurants).

Encore fort opportunément, 18 mois plus tard, c’était justement le groupe d’assurance dirigé par Guillaume Sarkozy, qui remportait le marché des CHR et engrangeait 800 000 contrats d’assurance.

En octobre 2010, le député André Guérin (PCF) brocardait le projet de partenariat contre nature de Malakoff-Médéric avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP assurances), 1er assureur de personnes en France mais également filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), "Groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique".

Le frère ainé du président de la république, devait assurer la fonction de Président du conseil de surveillance de ce nouveau fonds d’investissement spécialisé dans la retraite par capitalisation et fondé à capter une part importante d’une épargne évaluée, selon le Conseil d’orientation sur les retraites, entre 40 à 110 milliards d’euros en 2020.

Le projet a été rejeté par l’Autorité de contrôle prudentiel, mais le 17 décembre 2010, Guillaume Sarkozy affirmait aux salariés de Malakoff-Médéric, que le projet de coentreprise pourrait être de nouveau présenté en juin 2012 pour un lancement au 1er janvier 2013.

Depuis plusieurs années, Nicolas Sarkozy prépare les français à une diminution de leur prise en charge par les régimes de retraites par répartition au bénéfice de l’assurance retraite par capitalisation. Gageons que le groupe dirigé par Guillaume Sarkozy sera le principal bénéficiaire de cette politique de fossoyage de l’assurance retraite et maladie, menée aujourd’hui au nom de l’austérité.

Francis JOURNOT

Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !

www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-france.com

sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique. 

URL de cet article 15689 
http://www.legrandsoir.info/quand-l-austerite-fait-le-bonheur-de-guillaume-sarkozy.html
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 15:56

http://www.actuchomage.org/images/stories/dossiers/chomage1.jpgParce qu’il est aux abois, le kleiner Mann a décidé de mordre. Ce qui n’empêche pas un discours de contrition feinte comme quand il prétend regretter la nuit au Fouquet’s le soir de sa victoire à l’élection présidentielle. Le problème n’est pas le Fouquet’s. Cette célébration aurait très bien pu avoir lieu chez Gégène, à Joinville-le-Pont (Pon ! Pon !). Le problème, c’est la mise en coupe réglée du pays, l’organisation méthodique de l’appauvrissement du peuple au profit de quelques centaines de personnes, dont quelques dizaines eurent droit au champagne de la « brasserie populaire » chère au motodidacte Estrosi.

Pour faire pleure Margot dont les yeux sont bien secs, Sarkozy a juré qu’il ne « laisserait pas tomber les gens de Lejaby ». Notons l’expression « les gens de ». Légèrement méprisante, à tout le moins distante, niant les personnes dans ce qu’elles sont vraiment : des travailleuses, des citoyennes, des femmes en souffrance. Et puis, cette promesse du Don Quichotte du soutien gorge affriolant rappelle furieusement celle faite par un kleiner Mann qui n’avait même pas peur de Mittal aux ouvriers de Gandrange : « nous ne les laisserons pas tomber ».

Sans malheureusement prétendre à l’exhaustivité, force est de trouver accablant le bilan industriel de Sarkozy et de sa bande. Près de 900 usines ont été fermées en trois ans dans notre pays. Des dizaines d’autres ont été partiellement ou presque totalement délocalisées. Des projets intéressants se sont cassé le nez, comme cette grande raffinerie d’huile de palme envisagée près de Narbonne.

Reportons-nous aux travaux de Trendeo (link), cet Observatoire de l’investissement peu hostile à la classe dirigeante.

« Depuis le 1er janvier 2009, Trendeo a enregistré plus de 20 000 annonces d’investissement et de désinvestissement dans tous les secteurs et toutes les régions de l’économie française. Cela correspond à plus de 480 000 emplois créés et 572 000 emplois supprimés. Depuis 2009, le secteur de l’industrie manufacturière détruit plus d’emplois qu’il n’en crée, pour un nombre de près de 100 000 emplois industriels perdus sur trois années. Alors que dès 2010 l’économie française prise globalement a recommencé à créer des emplois, l’industrie continue d’en supprimer. Le rythme de ces suppressions se réduit néanmoins. » En trois ans, Trendeo a répertorié 870 décisions d’extension de sites industriels. Mais aussi 1170 annonces de réduction des effectifs.

Certes, le délitement du tissu industriel français a commencé bien avant Sarkozy, en fait dès le premier choc pétrolier de 1973. Mais la tendance s’est accélérée depuis la crise financière de 2008. 400 usines ont fermé en 2009, 200 en 2011. Les médias se sont polarisés sur une poignée de drames, à chaque fois parce que les travailleurs concernés avaient fait du bruit : Arcelor-Mittal, Continental, Molex à Villemur-sur-Tarn. Mais à côté de ces médiatisations, combien de fermetures discrètes ! Prenons, par exemple, Crown Emballage, une usine de Brive-la-Gaillarde qui fabrique des boîtes de conserves pour Bonduel. La fermeture pour 2012 vient d’être annoncée aux 40 salariés. Selon la CGT, les marges bénéficiaires s’échelonnent de 11 à 28%, ce qui n’est pas suffisant pour les actionnaires !

L’industrie automobile a subi une véritable saignée ces dernières années. Selon Trendeo, 30000 emplois ont été perdus en France. Seuls le secteur aéronautique, l’agroalimentaire et le luxe sont demeurés créateurs nets d’emplois. D’autres pertes préoccupantes ont eu lieu dans la pharmacie, la haute technologie, la chimie. La classe dirigeante et ses relais médiatiques ne se sont pas privés de mettre en cause le « coût » du travail pour expliquer ce marasme.

Selon Trendeo, 2012 s’annonce très problématique. La timide reprise des embauches constatée fin 2010 s’est interrompue. De nouveau, l’industrie détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée. On l’a vu par exemple chez PSA qui annonce à très court terme plusieurs milliers d’emplois en moins qui ne préjugent en rien de « dégraissage » à moyen terme. À Toulouse, Freescale (ex Motorola) vient d’annoncer que 821 des 1300 salariés seraient prochainement licenciés, ce qui n’a pas provoqué la compassion de notre kleiner Mann. Ni sa colère devant le fait que les licenciements ont été repoussés pour permettre aux clients de constituer des stocks avant l’arrêt définitif de la production. Dans le Calvados, le groupe étatsunien Honeywell (35 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 2,5 milliards de bénéfices) prévoit la fermeture de l’usine pour 2013, avec plus de 300 licenciements à la clé. Cette entreprise qui fabrique des plaquettes de freins a été rendue volontairement obsolète par ses dirigeants français sur ordre de la maison-mère, ce qui « justifie » la fermeture. Il y a là un drame en perspective pour Condé-sur-Noireau, cette ville de 5000 habitant, située dans ce que les habitants appellent « la vallée de la mort » car le bassin qui va de Condé à Flers est pollué par l’amiante depuis des dizaines d’années.

On ne saurait clore ce bref et très incomplet état des lieux sans parler des “ compactages ” d’usine. Il s’agit d’une technique discrète, utilisant principalement les départs volontaires, réduisant les capacités de production. Par exemple, en cinq ans, l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois est passée de deux lignes de production à une. Celle de Rennes n’en a conservé qu’une pour les 508 et les C5 (avec une petite ligne pour la C6). Tout cela pour réduire les capacités de production de 300000 véhicules par an. Renault/Flins a perdu une ligne lorsque la fabrication de la Twingo a été délocalisée en Slovénie. Le site de Sandouville devrait aussi perdre une ligne incessamment. C’est en toute discrétion, sans grèves, sans manifs’ que la production automobile en France a chuté d'un million de véhicules en quatre ans.

Les quatre journalistes qui ont servi la soupe au président auraient pu parler de tout cela. Deux d’entre eux s’étaient vu précédemment attribuer la Légion d’Honneur. L’un sur proposition de Jean-Pierre Raffarin, l’autre sur proposition du kleiner Mann en personne (link). Lors de son entretien avec ces quatre bien élevés, Sarkozy, qui s'y connaît donc fort bien en désindustrialisation, a affirmé : « Le Royaume-Uni n'a plus d'industrie. » Ce qui est faux et ce qui a bien fait rire nos voisins d'outre-Manche qui l'appellent Le Snub (jeu de mot sur snob et “ to snub ” = faire un affront) depuis qu'il a refusé de serrer la main de Cameron lors d'un des 43 sommets de la dernière chance à Bruxelles.

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 07:22

 

 

 

http://xzunigo.free.fr/images/mission.locale.1.gifDavid Pujadas, qui a interrogé François Hollande sur son poids pendant de longues minutes, ce qui était d’un intérêt considérable dans une perspective historique, réussira, soyons-en certain, à retourner sa veste en cas de victoire du socialiste. Il ne pourra plus proposer des analyses sarkozyennes comme celle-ci, concernant les causes du chômage dans notre pays :

 

« Voici, sans aucun doute, l’une des racines du chômage structurel qui handicape la France : l’échec scolaire et ses 2 à 300 000 élèves qui sortent du système scolaire sans diplôme. »

 

Je propose ici la réponse du M’PEP à cette saillie du petit maigre de France 2 :

 

 

Est-il bien vrai que les causes structurelles du chômage ont un rapport avec le niveau de qualification de la population ? Le rôle premier de l’école est-il de fabriquer des personnes employables ? L’exclusion fabriquée par le système scolaire français n’est-il pas pour partie le résultat de son pilonnage par les politiques libérales et par l’idéologie libérale ?

 

 Le « chômage des jeunes » : un arbre médiatique pour cacher la forêt du réel

Les libéraux et leurs médias répètent à l’envi qu’il y a un problème de « chômage des jeunes », de « chômage des seniors », de « chômage des personnes handicapées », etc. Pour monsieur Sarkozy, pour monsieur Hollande et pour l’ensemble des libéraux, la cause du chômage chez les jeunes serait l’inadaptation du système scolaire au marché de l’emploi. Pour le chômage des « seniors », la faute s’en trouverait dans le coût de l’embauche (c’est-à-dire le coût du travail). Ce discours vise à faire diversion sur les causes réelles du chômage en tant que phénomène structurel et donc sur les remèdes à y apporter. En trouvant des boucs émissaires, ils tentent :

0.de porter de nouveaux coups à la République à travers son école et le code du travail des salariés.

0.de faire oublier 40 ans de chômage structurel de masse.

0.de taire le fait que le chômage est inscrit dans la stratégie patronale pour re-discipliner un salariat qui était de plus en plus organisé depuis la fin du XIXe siècle.

0.de ne pas dire que le chômage est lié à la mise en place d’une monnaie forte (l’euro) qui a pour but de préserver le capital des plus riches de toute baisse provoquée par l’inflation.

0.de présenter le chômage comme un phénomène apolitique, alors qu’il est le produit du « marché de l’emploi » spécifique à la société capitaliste, qui, comme son nom l’indique, rabaisse le travail humain au rang d’une vulgaire marchandise.

Quels que soient les chiffres du chômage dans notre pays depuis quarante ans, la part des 25 ans et des plus de 50 ans parmi les chômeurs a toujours été plus importante pour une raison qui tient à l’essence même du « marché du travail » : une logique de concurrence. Les jeunes qui arrivent sur ce marché ont moins d’expérience à faire valoir que les demandeurs d’emploi qui ont un CV mieux garni. Quant aux plus anciens, ils coûtent plus cher et sont moins malléables. Dans la même logique de concurrence, les femmes et les personnes handicapées, jugées moins productives, connaissent un chômage plus fort.

Si le chômage était résiduel, un discours visant à faire baisser le chômage des plus jeunes s’entendrait parfaitement. Dans la situation d’un chômage structurel de masse, cela n’a pas le même sens. Le chômage affecte l’ensemble de la société, l’ensemble du monde du travail. Il affecte même indirectement les gens qui ont un emploi. C’est donc au chômage dans son ensemble et à ses causes qu’il faut s’attaquer. Le M’PEP propose une stratégie pour mettre fin au chômage en un seul mandat et propose que le droit à l’emploi devienne un droit opposable car c’est un droit constitutionnel. Lire à ce sujet :

http://www.m-pep.org/spip.php?article1035

Il y a en réalité une surqualification des demandeurs d’emploi

Selon certaines sources le niveau de connaissance d’un bachelier d’aujourd’hui serait comparable à celui d’un ingénieur de 1950. Le niveau général de connaissance et de qualification de l’ensemble de la population scolaire aurait considérablement augmenté depuis l’après-guerre, avec des nuances en fonction des domaines. Et c’est globalement une des grandes réussites du système scolaire. Le niveau des besoins en qualification des entreprises a suivi une courbe bien moins pentue. A tel point que de très nombreuses personnes en France sont sous-employées par rapport à leur niveau de qualification. Le décrochage scolaire ne signifie donc pas que ceux qui sortent sans qualification ont un niveau de connaissance et de compétence égal à zéro. Cela signifie qu’ils n’ont pas atteint le niveau de qualification qui leur permet de faire jeu égal avec les autres dans la compétition pour l’emploi.

Cette compétition bénéficie grandement aux employeurs qui peuvent embaucher pour le même salaire sur un poste donné une personne sans qualification ou une personne qualifiée. Ils peuvent mettre en concurrence les niveaux de qualification et tirer le coût du travail vers le bas. Dans la situation de chômage de masse que nous connaissons depuis 40 ans, les diplômes ne garantissent plus l’accès à l’emploi, ce qui aggrave la situation de ceux qui n’en n’ont pas. La compétition mondialisée des économies sert de justification à cet immense gâchis.

Au total, la mise en concurrence des travailleurs européens entre eux et avec le reste du monde provoque l’augmentation du chômage. En effet, les entreprises embauchent là où les salaires sont les moins élevés.

 Y a t-il une inadaptation des qualifications par rapport au marché de l’emploi ?

On entend dire régulièrement que certains secteurs du marché du travail ne trouvent pas assez de personnes à employer et qu’il y aurait donc un décalage problématique entre la formation scolaire et les besoins des entreprises. Cet argument est avancé par le patronat pour développer une dépendance toujours plus grande des salariés vis-à-vis du monde de l’entreprise. On a même vu une régionalisation de certains diplômes pour coller aux besoins de grandes entreprises locales. L’idéal pour le patronat serait que l’entreprise assure une formation et une qualification internes, spécifique à un poste, mais que le coût en soit assumé par la collectivité. C’est bien sûr l’exact contraire qu’il faut défendre au nom d’une école républicaine : une qualification qui assure à toute personne une grande autonomie et une haute polyvalence. Quant à l’adaptation au poste, le coût doit rester entièrement à la charge de l’entreprise.

Il est exact que certaines filières de formations manquent de candidats. Mais ce phénomène est à la marge et n’est pas significatif parmi les causes du chômage. Dans ce cas, il faut interroger le niveau des salaires et les conditions de travail. Certains métiers, dont celui d’ouvrier, ont été volontairement dévalorisés par l’idéologie libérale pour effacer la culture ouvrière (et ses valeurs) de l’imaginaire collectif. Rien d’étonnant par conséquent que les jeunes d’aujourd’hui méprisent parfois certains corps de métiers ou en ignorent même l’existence.

 L’élitisme du système éducatif

Le « décrochage scolaire », c’est-à-dire la sortie du système scolaire sans qualification, trouve sa source dans les causes générales de l’échec scolaire. Le premier facteur de l’échec scolaire est l’origine sociale des élèves. Cela a toujours été le cas pour la raison que l’école n’a jamais eu pour objectif, contrairement à ce qu’on lit et à ce qu’on entend très fréquemment, de permettre « l’ascension sociale » des personnes. Seuls 1% des enfants d’ouvriers accèdent aux grandes écoles depuis l’après-guerre. Et une quantité négligeable de ces 1% en sortent diplômés (la plupart ne parviennent pas au terme du cursus).

L’école française a toujours été élitiste. C’est d’ailleurs dans sa capacité à faire émerger des élites qu’elle est la plus réputée. La reproduction sociale des élites et de la pyramide sociale par l’école est une constante du système scolaire. Dans un système élitiste, il ne peut pas y avoir un égal accès aux diplômes ! Pour mettre fin à l’échec scolaire, il faut sortir des logiques élitistes – ce qui n’empêcherait aucunement la sélection par la qualification.

« L’égalité républicaine ne peut exister dans un pays où les lois civiles, les lois de finance, les lois de commerce rendent possible la longue durée des grandes fortunes. » Condorcet, 1787.

 Le productivisme appliqué de manière croissante à l’enseignement

On ne peut que s’inquiéter de l’augmentation du nombre d’élèves en échec scolaire, même si les chiffres existants se contredisent. Cependant, ce phénomène semble assez probable, pour la raison qu’il y a une aggravation de la compétition dans l’accès aux qualifications liée à l’aggravation de la compétition dans l’accès à l’emploi. Plus l’accès à l’emploi est difficile, plus l’école se comporte de manière sélective si elle est dans une recherche d’adaptation aux besoins du patronat. Or, c’est bien dans ce sens que se font les réformes successives.

0.Le principe des « niveaux de compétences » se substitue peu à peu au principe des diplômes et de métier. D’où ce concept provient-il ? Les grandes entreprises capitalistes ont besoin d’un personnel facilement mobile et interchangeable au sein de l’Union européenne. On sait déjà que la dérégulation inscrite dans les traités de libre-échange met les travailleurs européens en concurrence les uns avec les autres, et par conséquent, font augmenter le chômage et tirent les droits sociaux vers le bas. Mais il reste que les diplômes nationaux freinent cette mise en concurrence internationale en raison de leur imparfaite équivalence. Le principe de « validation de niveaux de compétences » harmonisés à l’échelle européenne est le résultat du travail de lobbying des grandes entreprises européennes en direction de la commission européenne chargée des systèmes scolaires nationaux (longtemps présidée par la socialiste Édith Cresson).

0.Le « recentrage sur les fondamentaux », c’est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent complété par un infernal dispositif d’évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l’enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d’apprendre. Tels sont les effets du remplacement d’une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l’enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l’explosion des maladies « professionnelles » (dans le cas de l’école : les « dys » - dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.), symptômes de l’inadaptation au système. La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l’inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire.

0.« L’assouplissement » de la carte scolaire, s’inscrit dans une logique de concurrence généralisée basée sur les résultats : concurrence des établissements, des enseignants et des élèves.

 Le changement des missions du système scolaire se fait dans une optique antirépublicaine

Bien qu’élitiste, le système scolaire républicain avait historiquement une mission émancipatrice : donner aux individus les moyens intellectuels de comprendre le monde dans lequel ils vivent, leur permettre de s’insérer dans ce monde et disposer d’outils conceptuels pour intervenir sur ce monde. Même si cette perspective était loin d’être parfaitement réalisée, les libéraux n’ont eu de cesse de la remplacer par la fabrication de futurs salariés dociles et adaptés aux besoins de la sphère productiviste-marchande. Ainsi, les changements successifs des programmes scolaires ont introduit des principes antirépublicains :

0.la notion de minimum scolaire (« socle commun ») visant prioritairement les élèves des milieux défavorisés a été développée dans le même temps que les moyens de l’aide (en personnel qualifié) aux élèves étaient dramatiquement réduits, traduisant un renoncement radical d’avec une école égalitaire ;

0.l’enseignement obligatoire de l’anglais et de la culture anglo-saxonne dès les petites classes, en lieu et place d’une initiation à la diversité des langues vivantes et à l’ouverture sur le monde. L’anglais est la langue utilisée par le système économique marchand dans une optique colonialiste. Aujourd’hui, c’est la langue de la mondialisation libérale, celle des patrons des grandes firmes transnationales. C’est par conséquent celle que les salariés doivent maîtriser pour permettre à l’entreprise de conquérir de nouveaux marchés extérieurs. Celle qu’ils doivent maîtriser pour être « transplantables » d’un pays à l’autre et pour être plus facilement interchangeables. Il y a aujourd’hui plus de mots en anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots en allemand durant l’Occupation.

La vassalisation des enseignants et la caporalisation du pouvoir au sein des établissements. En 1951 le pouvoir politique a mis en place un statut des enseignants dans le but de leur permettre de remplir leur mission laïque et de les protéger des pressions religieuses, politiques et marchandes. Ce statut est régulièrement attaqué, comme l’est l’ensemble des statuts de la fonction publique. L’annonce faite récemment de la mise en place d’une évaluation des enseignants par leur chef d’établissement (en lieu et place d’un personnel spécifique extérieur à l’établissement) est le résultat d’une volonté d’installer un caporalisme en lieu et place de toute forme collégiale de prise de décision ; les hôpitaux et les universités connaissent une semblable dérive.

 L’affaiblissement des principes de service public d’éducation

La suppression massive des moyens affectés à l’école (80 000 postes supprimés depuis 2005) fait augmenter les effectifs dans les classes et amenuise dramatiquement les moyens de l’aide aux enfants rencontrant des difficultés. C’est le résultat du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux inscrits dans la RGPP (révision générale des politiques publiques). Cette loi est une traduction dans le droit national des traités européens visant à l’affaiblissement des services publics au bénéfice des services marchands. Pour preuve, il suffit de voir comment fleurissent les grandes sociétés privées de soutien scolaire et de connaître les lois mises en place ces dernières années pour faire financer les écoles privées par l’argent public.

 La surveillance sociale

L’Éducation nationale a grandement augmenté ses outils de gestion statistique de la population scolaire grâce à l’informatisation. Tous les élèves ont désormais, dès l’âge de trois ans, un matricule qui ne les quittera plus et auquel sont associés des fichiers rassemblant des données toujours plus nombreuses et précises sur leur parcours scolaire. Des fichiers dont la compatibilité avec les logiciels de la police, de la justice, des services sociaux et de certaines grandes entreprises sont avérés. Des fichiers dont la gestion est d’une telle opacité que même les services désormais vassalisés de la CNIL n’ont pas pu faire autrement que de les dénoncer... dans un silence médiatique assourdissant.

Il y a peu de place pour le hasard dans le système médiatique. Vingt-quatre heures après les propos de monsieur Pujadas, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de faire travailler davantage les enseignants sans que cela coûte plus cher à l’État, en prétextant l’urgence de l’échec scolaire. Et des réformes du système scolaire pour faire baisser le « chômage des jeunes ». Il faut bien comprendre que dans la logique du système libéral européen, l’école ne sera JAMAIS assez adaptée aux besoins du patronat.

L’école ne doit pas servir à formater un simple travailleur-marchandise. Elle doit former le citoyen complet, cultivé, ouvert sur le monde et aux autres. Ce sont ces citoyens, par leurs exigences issues de leur formation, qui détermineront les biens et services à produire en fonction de l’intérêt général national et international. Ce n’est évidemment pas l’économie marchande, fondée sur la recherche du profit privé maximal à court terme, qui doit indiquer les qualifications dont elle a besoin

 

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 15:11

 

Nicanor Haon, coordinateur du projet Boats 4 People, témoigne pour Médiapart de l'expulsion à laquelle il a assisté le mercredi 18 janvier, dans un vol Paris-Tunis, et de son impuissance à l'empêcher.

http://bxl.indymedia.org/system/photo/2011/01/14/912/7570_une-expulsion.jpg


Mercredi 18 janvier, 7h05. J'embarque sur le vol Air France 2184 pour Tunis, au terminal 2F de l'aéroport Charles-De-Gaulle. Quatre personnes de la police aux frontières, accompagnées d'un agent d'une autre direction de la police nationale, gardent la porte de l'avion. L'un d'eux nous filme avec une camera fixée à son épaule.

Je prends place au fond de l'avion. Sur la dernière rangée, deux policiers en civil à forte carrure serrent un jeune homme d'une vingtaine d'années. Au milieu de l'allée, un homme en uniforme de l'équipage Air France croise les bras, immobile face au jeune qui tente de se débattre et crie: «Je m'en fous je resterai pas ici, j'ai avalé deux lames de rasoir, je m'en fous je vais crever je sortirai pas vivant de cet avion!!» Les policiers se resserrent contre lui quelques secondes puis le jeune se remet à crier: «J'ai avalé deux lames monsieur!!»

Quelques passagers se retournent un instant puis retournent à leur téléphone portable ou leur journal. Nous sommes en milieu de semaine, l'avion est rempli au tiers, dont la majorité des passagers à l'avant. Le choix de ce vol par la police n'est sûrement pas un hasard. 

Ce jeune n'a sûrement rien fait d'autre que de se trouver en France sans papiers, et j'essaye d'attirer l'attention des personnes assises autour de moi sur cette situation, et sur le fait qu'il semble avoir tenté de mettre fin à ses jours. À ce moment-là, quelqu'un commence à dire assez fort: «Les expulsions c'est tout à fait normal monsieur, il y a des règles, si les gens sont illégaux et bien on les renvoie, sinon c'est l'anarchie !!! Ici c'est une démocratie je vous signale!» Je me demande quelle conception de la démocratie peut avoir quelqu'un qui justifie l'enfermement et le déplacement forcé de personnes pour faute administrative ainsi que l'indifférence face à des situations d'une telle violence.

Je me lève et commence à aller parler aux gens un peu plus loin. Plusieurs me répondent qu'il y a maintenant des renvois sur presque tous les vols et que la situation est devenue banale. Je me dirige alors vers l'avant de l'appareil, et annonce à tout le monde que je vais aller parler au commandant de bord, car l'avion est en train de transporter quelqu'un qui est expulsé vers la Tunisie, entravé par des policiers français, et qui ne cesse de crier. Certains me regardent d'un air blasé, l'un se lève presque, mais pour me dire «vous savez, on n'y peut rien de toute façon...» Au fond de l'avion, on entend le jeune qui continue de crier...

Le commandant accepte de me voir et m'attire dans un coin pour me dire qu'il ne fera rien tant que la sécurité des personnes n'est pas menacée. Je lui demande, un peu hors de moi, s'il n'y a «pas assez de bordel». Il me répond agacé: «oui». Je retourne donc dans la cabine et ne trouve d'autre chose à faire que de me joindre aux cris du jeune, entrecoupés par les policiers qui tentent de le faire taire. Mon téléphone n'a ni crédit ni batterie, je ne peux appeler personne. Mes nerfs commencent à lâcher mais je continue de crier, au milieu de l'allée, qu'Air France est responsable de cette situation scandaleuse et inhumaine. L'équipage, qui garde le sourire depuis le début, me dit qu'il faut me calmer, qu'il n'y a aucun problème et que si je suis choqué, ils acceptent de me changer de siège pour me mettre à l'avant de l'avion. Je l'ignore, mais le personnel est simplement en train de répondre à l'argumentaire selon lequel la compagnie ne respecte pas, en termes de confort, son contrat avec le client qui a payé pour voyager dans un avion de passagers et non un fourgon cellulaire volant (1).

Dépassé par plusieurs échanges au cours desquels on me répond avec le même type d'argument commercial, je finis, hors de moi, par aller prendre mes bagages en disant que je refuse voyager avec une compagnie qui expulse des personnes. On me fait descendre de l'avion, et on m'indique la sortie de la zone internationale. J'ai un fort sentiment d'impuissance.  

En sortant de la zone internationale, je me rappelle avec stupeur qu'en quittant l'avion, j'ai oublié mon sac à dos sous mon siège. Je croise par hasard, au même instant, l’hôtesse qui a enregistré mes bagages de soute, à qui j'explique, épuisé, mon oubli. Elle appelle dans la précipitation la porte d'embarquement pour signaler à l'avion de revenir car, dit-elle, c'est une question de sécurité et l'avion est obligé de retourner au terminal pour débarquer le sac. Or, l'avion est sur la piste et allait décoller. C'est la panique, les deux employées sur place courent de la porte au comptoir, passent des coups de téléphone. L'une m'explique avec calme mais fermeté que cette opération est en train de coûter plusieurs milliers d'euros à la compagnie. J'imagine une situation dans laquelle une telle perte financière se produirait à chaque fois qu'un avion sert pour une expulsion. Cela en sus d'une petite heure de retard.

Il est huit heures et quart, l'avion finit par revenir à une autre porte, l’hôtesse m'accompagne jusqu'à l'appareil en me mettant en garde contre la colère du commandant de bord. Je le vois d'ailleurs sortir du cockpit et se diriger vers la porte d'un air furieux, mais devant lui un autre membre de l’équipage me rend mon sac et la porte est aussitôt refermée par le personnel technique. L'hôtesse me dirige une nouvelle fois vers la sortie. Lorsque je lui signale que l'on ne connaît rien du sort des étrangers renvoyés en Tunisie, elle me répond: «Oui, je sais, nous renvoyons aussi des personnes dans des pays où ils risquent la peine de mort», tout en gardant le même visage stoïque. 

Phénomène étrange, je dois repasser le contrôle des passeports comme si j'arrivais en France. Au niveau des guichets, une dizaines d'hommes dorment à même le sol, en marge des files d'attente et près de la porte d'un bureau de police. Des personnes sûrement en procédure pour être conduites en zone d'attente (2). Je reprends doucement mon souffle et commence à me dire que, hormis une heure de retard et quelques milliers d'euros, je n'aurais pas eu grand impact sur le départ de ce vol d'expulsion. Le jeune au fond de l'avion sera remis aux autorités tunisiennes. Comme combien d'autres et dans quelles conditions? Impossible de le savoir. 

À ce jour, le gouvernement tunisien ne donne aucune information concernant les personnes expulsées vers son territoire depuis la France ou d'autres pays. Cela, qu'il s'agisse de Tunisiens ou de personnes d'autres nationalités. De plus, aucune organisation de la société tunisienne n'a accès aux lieux d'enfermement des étrangers ni aux données les concernant. 

De mon côté, il semble que j'ai eu de la chance de ne pas être mis en garde à vue. Le délit d'«entrave à la circulation d'un aéronef», pour lequel ont été poursuives de nombreuses personnes qui se sont montrées solidaires de personnes expulsées, prévoit un emprisonnement de cinq ans et une amende de 18 000 euros. Il semble qu'Air France ait gardé dans mon dossier de réservation un résumé des raisons pour lesquelles j'ai demandé à être débarqué de ce vol. Par ailleurs, le fait que la police aux frontières filme l'ensemble des passagers à l'entrée des avions qui transportent des expulsés n'annonce rien de rassurant.

(1) A ce propos, lire la première partie du guide du Réseau Education Sans Frontières notamment la page 31.

(2) La zone d'attente est un lieu d'enfermement où sont conduites les personnes à qui l'entrée en France est refusée. Pour plus d'informations voir le site de l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 06:48

http://a6.idata.over-blog.com/2/48/74/19/Dessins-de-presse-2/dessins-de-presse-3/Dessins-4/Large-copie-2.jpgPour Paul Ariès, il faut évidemment battre Sarkozy, mais sans se faire trop d’illusions : « À ceux qui nous accusent de ne pas soutenir le Parti socialiste et de créer un risque d’éparpillement des voix et donc un nouveau 21 avril, à ceux qui nous reprochent de ne pas partir la fleur au fusil avec les candidats de la « vraie gauche » (oui, mais laquelle ?), nous répondrons que la responsabilité ultime leur en incombe. C’est à eux de donner envie de voter pour un projet. Ne reprochez pas au peuple sa lassitude. Tout le reste est, comme disait Marx, du Trade-Unionisme… »

 

Pour Jean Gadrey, il est possible de « faire payer les riches » : « En trente ans de rapport de forces en leur faveur, les dominants ont fait basculer de leur côté, sous des formes multiples, d’énormes montants de richesses économiques, privant de ce fait l’État et les collectivités locales de recettes très importantes. »

 

En spécialiste de George Orwell, Jean-Claude Michéa, dans “ Le trésor perdu du socialisme ”, analyse la contribution essentielle de l’auteur de 1984 à l’étude des valeurs morales dont font preuve les peules, le sens commun et la décence ordinaire, parmi d’autres.

 

Yvon Quiniou met en garde contre “ la menace du social-libéralisme ”. Pour le PS, plus question de changer de société. Mais est-il seulement encore question de changer la société ?

 

Pour Jacques Testart (link), la droite est l’ennemi du peuple. Il cite en conclusion de son article l’humoriste Christophe Alévêque :  « A quoi sert de violer les gens quand on peut les baiser ? » (Politis, 22 décembre 2011). Des élections périodiques comme nec plus ultra de la démocratie et des concertations comme dérivatifs entre deux périodes électorales, voilà la recette d’un système qui s’oppose aux intérêts des gens sans les violenter ! »

 

Yann Fiévet relie les notions d’affaires de clan et de clan des affaires : « L’heure n’est pas encore venue de dire si le sarkozysme n’aura été qu’une parenthèse dans l’histoire politique de la France. En revanche, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que de tous les présidents de la cinquième République M. Nicolas Sarkozy est celui qui est allé le plus loin dans l’étroite imbrication de la vie politique et du monde des affaires. »

 

Pour Florent Bussy et Catherine Hanot, « le narcissisme et le divertissement l’ont emporté sur la constitution de soi par la culture » (“Facebook, le portable et l’école ou la culture du narcissisme ”).

 

Selon Raoul-Marc Jennar, les gauches sont concernées par le procès des dirigeants khmers qui ont réduit leur peuple en esclavage.

 

Paul Ariès (“ À cause du peuple ! ”) revisite le concept deleuzien du « peuple qui manque » et celui du socialisme « en souffrance » inspiré de Lyotard.

 

Philippe Pignard se demande où en est le NPA : « La vague d’espoir qu’avait faite naître sa fondation semble bien loin. La faiblesse électorale n’est qu’un symptôme de quelque chose de plus lourd. »

 

Dans “ Communisme et société ”, Pierre Zarka (philosophe, ancien directeur de L’Humanité), se demande ce qu’il en est de la gauche en tant que contre-société.

 

Tulay Umay se demande sur quelles images de la femme a été fondée la décision parlementaire visant à criminaliser la prostitution.

 

Le pasteur Stéphane Lavignotte se demande quant à lui si les questions LGBT sont importantes pour la gauche, si le respect des LGBT est une question de respect des droits humains.

 

Un article intéressant de Juliette Volcler sur la “ domestication sonore ” : « Les dispositifs sonores coercitifs se multiplient sur les champs de bataille ou dans les rues des villes. Ils viennent compléter l’arsenal dit non létal qui, sous des airs inoffensifs, étend le champ de la répression. »

 

Jérôme Piolat (“ Le génie collectif ”), constatant que l’Amérique latine est le seul continent où le socialisme se conjugue toujours au présent, revient sur le Chiapas, cette guérilla apparue au moment où l’on pensait que le temps des guérillas semblait révolu.

 

Le sophiste Laurent Paillard explique avec humour pourquoi il ne faut pas dire « TVA sociale » mais « protectionnisme financé par les pauvres ».

 

Enfin Claude Quémar (président du Collectif pour l’annulation de la dette du tiers-monde) exige un “ audit citoyen de la dette publique ”.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 15:25

 

jpeg.jpgJe ne vais pas revenir sur le martyre d’Alfred Nakache, ce grand nageur français des années trente et quarante, déporté à Auschwitz où il parvint à survivre en s’obligeant à nager chaque jour dans de l’eau glacée et boueuse sous le regard narquois des SS (link).


Plus prosaïquement, je me suis aperçu, en me promenant sur Wikipédia, que les deux derniers présidents de la Fédération française de natation (FFN) avait été condamnés à des peines de prison et, pour l'un, à une forte amende. En 2009, Henri Sérandour meurt d’une embolie pulmonaire consécutive à un cancer de la prostate. Trois ans plus tôt, le Tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à trois mois de prison avec sursis et 20000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêt. Il avait été accusé d’avoir favorisé le travail de sa femme (ancienne championne de brasse) en fournissant à la société Pléyades, spécialisée dans la communication, où elle travaillait, deux marchés concernant une fresque photographique et la rénovation du site internet du Comité national olympique et sportif français (COSNF). Il reçut un blâme du Comité international olympique (CIO) mais continua à présider le comité français et la Fédération française de natation.


En 2009, Francis Luyce (toute mon adolescence, ma génération, un ch’ti comme moi !) fut condamné par le Tribunal correctionnel de Paris à deux mois de prison avec sursis, également pour prise illégale d’intérêt pour avoir privilégié une société dans laquelle travaillait son fils lors de l'attribution d'un marché concernant les contrats d'adhésion à la fédération et le système de fidélisation.


Le pire, dans cette histoire, c’est que la natation, en tant que discipline de masse (plus de 200000 licenciés) est un des sports qui brasse le moins d’argent (12 millions d’euros annuels).


Petit rappel en passant. En 2005, le même tribunal avait condamné Guy Drut (médaillé olympique sur 110 mètres/haies, un ch’ti, lui aussi, décidément !) à quinze mois de prison avec sursis et 50000 euros d’amende pour avoir bénéficié d’un emploi fictif dans l’affaire des marchés publics d’Île-de-France. Il fut évincé du Comité international olympique, mais Jacques Chirac lui accorda sa grâce présidentielle afin que la France ne soit pas absente de cette instance prestigieuse.

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 06:45

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/theatre/salle-de-spectacle/spectacle/on-va-tous-mourir/15519697-4-fre-FR/On-va-tous-mourir_theatre_fiche_spectacle_une.jpgEn allemand, vivre comme un coq en pâte se dit vivre comme dieu en France. Tout cela est bien gentil, mais comment meurt-on outre-Rhin ? Selon L’Humanité (link), l’espérance de vie des pauvres a reculé de deux ans entre 2001 et 2010. Dans l’ancienne République Démocratique Allemande, cette espérance à chuté de près de quatre ans (78/74 ans). Il y a dix ans, les pauvres mouraient plus vieux en Allemagne de l’Est qu’en Allemagne Fédérale. Selon le quotidien communiste,

Le lien est patent entre ce recul dûment enregistré de l’espérance de vie des plus pauvres et la formidable 
entreprise d’écrasement des coûts salariaux, qu’ont constitué les réformes antisociales mises en œuvre durant la décennie par Gerhard Schröder puis par l’actuelle chancelière. Les mesures adoptées ont conduit à de terribles déclassements et ont fait grossir d’autant plus vite le nombre de travailleurs pauvres qu’il n’existe pas de salaire minimum légal outre-Rhin.

Ces réformes votées par les socio-démocrates, les Verts et la droite allemande font saliver François Hollande pour qui « elles ont trop tardé en France ». De fait, elles n’ont fait qu’augmenter le nombre de travailleurs pauvres en créant toujours plus de précarité. Par ailleurs, le report de l’âge de la retraite augmente – comme en France où c’est un peu moins visible pour l’instant – le nombre de travailleurs quittant la vie active en chômage complet ou partiel. Seul un quart des Allemands âgées de 60 à 64 ans occupait en mars 2011 un emploi soumis à cotisations sociales. En Allemagne ou ailleurs, relever l’âge de la retraite, c’est, automatiquement, réduire les retraites. C’est aussi épuiser les travailleurs qui occupent les emplois les plus pénibles. Inversement, c’est parce qu’en France, il y a trente ans, on a baissé l’âge de la retraite que l’espérance de vie a continué à grimper plus vite qu’ailleurs en Europe, en particulier pour les hommes.

 

 

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 15:59

http://sosenfants.info/photos/tg-yope1.jpgSur certains taxis en Afrique de l’Ouest, on peut lire « Pauvre a tort ! » Cette devise signifie une chose et son quasi contraire : le pauvre a tort d’être pauvre parce qu’il vaut mieux être riche et, d’un autre côté, il n’est qu’un « salaud de pauvre », comme le disait le personnage joué par Gabin dans La traversée de Paris. Pour l’hyperbourgeoisie, les 4 millions de bénéficiaires de la CMU ont tort, tout comme les 9 millions de personnes atteinte d’une affection de longue durée.

Lorsque le gang du Fouquet’s réduit des millions de Français à la grande pauvreté, il les prive de leur bien le plus précieux : la santé. Au risque de lasser, il faut reprendre les statistiques qui signifient le malheur.

Se soigner coûte de plus en plus cher. Chaque année, il reste désormais à la charge d’un jeune 255 euros à débourser pour se soigner. Pour un adulte, il s’agit de 570 euros. Pour une personne âgée (celle, justement, qui a voté dans l’enthousiasme Sarkozy en 2007) 910 euros.

Comme la santé se déglingue à cause du chômage, de la pauvreté, de la nourriture « pas chère », le budget consacré aux soins pèse aujourd’hui plus lourd qu’il y a deux ans pour 68% des Français. 47% des Français demandent désormais un devis avant d’engager des soins. En 2010, la moitié des Français ont été contraints de repousser l’achat de lunettes ou de lentilles, ou d’y renoncer. 35% des Français ont décalé une consultation chez le dentiste, ou y ont renoncé. 26% ont décalé ou abandonné l’achat de médicaments. 15% ont remis à plus tard une visite à un généraliste, ou y ont renoncé.

92% des consultations chez le généraliste donnent lieu à prescription contre 50% aux Pays-Bas. Cette différence importante est simplement due au fait qu’en France les médecins sont payés à l’acte. Comme, par ailleurs, ils sont débordés et ne peuvent recevoir leurs patients très longtemps, ils ont tendance à prescrire plus qu’il ne faut pour se prémunir et pour rassurer le patient.

Pendant que le nombre des Français sans soin augmente, le montant des dépassements des praticiens est passé de 900 millions d’euros en 1990 à 2,5 milliards en 2010 (21100 euros en moyenne par médecin ; 80000 euros pour les chirurgiens. Comme l’assurance maladie ne prend pas en charge ces surcoûts), il revient aux malades de raquer.

 

PS : Même la page d'accueil d'Orange.fr, qui n'est pas une officine gauchiste, a repris cette info ! Pas bon signe pour le kleiner Mann, tout ça.

 

Source Sofinscope et Céline Waldberg pour Métro.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 07:11
Ma pharmacienne, qui est de gauche (si, si !), vient de m’expliquer le petit cafouillis suivant. Certains malades doivent prendre un cachet par jour pendant un ou plusieurs mois. Hormis février, les mois comportent 30 ou 31 jours. La sécurité sociale a exigé de plusieurs laboratoires qu’ils fournissent des boîtes de 28 cachets. Ce qui signifie que les patients sont sans médicaments pendant deux à trois jours. Des pilules contraceptives faisant partie de ce paquet social, biture de relations sexuelles trois jours par mois. Ce qui repose, il est vrai.

Pendant un an, ma pharmacienne, qui est de gauche (encore si, si !), est passée en force : elle a renouvelé les ordonnances de ses clients au bout de 28 jours. Elle vient d'être contrainte de mettre un terme à ces scandaleuses largesses car le médecin-conseil de la Sécu vient de lui infliger une amende de 8600 euros.

 

http://www.tresorslegendaires.com/image_506.jpg

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 16:17

 

 

71125161Morano.jpg

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