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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 16:00

http://yahoo.bondyblog.fr/wp-content/uploads/2011/11/salah_hamouri-13187.jpgJ'ai appris, par Internet, que le Franco-palestinien Salah Hamouri,  arbitrairement emprisonné en Israël depuis 7 ans (suite à un attentat  qu'il était censé avoir préparé contre un rabbin, préparation dont  l'accusation n'a jamais apporté les preuves - et attentat qui n'a jamais  eu lieu non plus) serait libéré dimanche prochain, soit le 18 décembre,  près d'un mois après la date qui avait été initialement annoncée.

 

La seule remarque que je ferai est que, par contraste avec Guilad  Shalit, le Franco-israélien détenu par le Hamas, dont l'annonce de la  libération avait été reprise par tous les médias plusieurs jours avant  qu'elle n'ait eu lieu, aucun média de masse (en tout cas ni France Inter  ni France 2) n'a repris cette information. Comme si le sort de ce jeune  homme était moins digne d'intérêt que celui de Guilad Shalit (de même  âge que lui) ou comme si l'angoisse de ses parents et de ses proches avait été moins grande.

 

Dans cet ordre d'idée, je note aussi que le président de la République  n'a pas jugé utile d'annoncer à grand son de trompe (comme il l'avait  fait pour Guilad Shalit) qu'il s'était personnellement engagé pour la  libération de Salah Hamouri, ni qu'il avait reçu à l'Elysée Denise  Hamouri, la mère du prisonnier (ce que, d'ailleurs, il n'a pas fait).

 

Ce contraste de comportement des médias entre les deux jeunes gens me  semble révélateur d'une hiérarchie des sentiments entre Israël et la  Palestine. On ne peut se défendre de l'idée que, pour les médias, les  Palestiniens ne sont pas vus sur un pied d'égalité avec les Israéliens,  mais comme des nomades, des errants, des marginaux, des pauvres, des  tire-laine, des Barbares (ceux de l'empire romain) ou des Peaux-Rouges, bref des gens sans légitimité.

 

Philippe Arnaud

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 07:10

http://parispascher.typepad.fr/guide/images/2008/05/06/chirac_par_lafp.jpgLa condamnation d’un ancien chef de l’État a été présentée par les médias comme une « première ». Ce n’est pas exact. Le jugement visant Chirac fait suite à ceux de Louis XVI et de Pétain. Certes, ces deux grandes figures de notre histoire nationale furent condamnées à mort tandis que Chirac ne l’a été qu’à une peine infamante de délinquant ordinaire. Mais tout de même.

 

Il n’est pas inutile de replacer cette condamnation dans son contexte historique, c’est-à-dire l’époque déjà lointaine qui a vu Chirac s’emparer de la mairie de Paris. En ce temps-là, Paris n’a pas de maire. Le « maire de Paris » est une invention de la Révolution française. Napoléon, qui se méfie de la capitale, supprime la fonction. La ville sera désormais dirigée par un préfet assisté d’un conseil honorifique. Une loi de 1859 crée les vingt arrondissements actuels. Le président de la République désigne, pour chaque arrondissement, un maire et deux adjoints, nommés pour trois ans et révocables. 1964 voit la création du département de Paris. La capitale dispose alors d’un président de Conseil municipal dépourvu des pouvoirs normalement attribués aux autres maires de France. Les maires d’arrondissement exercent l’essentiel des fonctions locales (les pouvoirs de police exceptés), sous l’autorité du préfet, représentant de l’État.

 

Parce qu’il est « moderne », mais surtout parce qu’il voit là le moyen de renforcer son pouvoir contre le RPR, le président Giscard d’Estaing décide en 1975 de faire voter une loi qui alignera Paris sur le droit commun des municipalités françaises. Ce texte législatif prévoit que le maire de Paris jouira à la fois des pouvoirs dévolus aux présidents de Conseil généraux et aux maires, à l’exception des pouvoirs de police. Les premières élections municipales sont prévues pour le 25 mars 1977.

 

À ce moment précis de notre histoire, la République française est dirigée par le faux noble Giscard d’Estaing (de la Tour Fondue ?), le comte d’Ornano et le prince Poniatowski. Le Premier ministre Raymond Barre (qui a succédé à Chirac, entré en conflit avec Giscard), simple fonctionnaire dont le père a fait un passage en prison avant d’être acquitté suite à une opération frauduleuse, fait figure de petit Chose (à noter que la mère de Raymond Barre s’appelait Déramond – Œdipe, quand tu nous tiens…). Et ce, même s’il avait pour cousin lointain Bertrand  du Guesclin et s’il a passé toute son enfance dans cette somptueuse demeure de La Réunion :


 http://aigrsc.free.fr/personnages_reunionnais/maison_natale_de_dierx_et_raymond_barre.jpg

 

 

Giscard demande au comte Michel d’Ornano (descendant de Marie Walewska, maîtresse de Napoléon, puis épouse du Corse Philippe d’Ornano) de se porter candidat à la mairie de Paris. D’Ornano est un parachuté puisque maire de Deauville. Giscard le voit élu dans un fauteuil. Las ! Il est battu dans le XVIIIe arrondissement par la liste Jospin /Delanoe, tandis que Chirac qui s’était présenté, lui l’élu de la Corrèze, sur les conseils de ses mentors Garraud et Juillet, rafle la mise.

 

La lutte pour la « bataille de Paris » est épique. Les coups les plus bas fusent : petites phrases assassines, sondages bidons. D’Ornano est présenté comme un aristo « élevé dans un pantalon de flanelle », Chirac mettant en avant le retour aux sources d’un titi né à Paris. La pauvre Françoise Giroud, qui avait soutenu Mitterrand pendant des années, a soudain rejoint Giscard avant d'être embarquée dans la galère d’Ornanienne.

 

http://static.lexpress.fr/medias/1249/639649_sans-titre.jpg

Entre Giroud et Mitterrand, le déjà célèbre François-Marie Banier 

 

 

Bref, Giscard est déstabilisé par cette élection.

 

À l’époque, je résidais à Abidjan. Les Français de Côte d’Ivoire étaient majoritairement de droite, avec un RPR très dur et très vulgaire. Le vote lepéniste étant insignifiant, les gens d’extrême droite votant RPR. Un de mes collègues enseignants, ni dur ni vulgaire, avait la carte du RPR comme militant de base. Mais il avait des rapports épisodiques avec les huiles du parti. J’avais été surpris par la décision de Chirac de s’engager dans le combat risqué pour la mairie de Paris. J’avais demandé à mon ami pourquoi son chef avait pris cette décision. Le militant de base au courant de bien des choses m’avait répondu : « Paris sera une pompe à fric ; il faut que le fric soit pour nous et pas pour les Giscardiens. »

 

J’aime quand l’actualité ravive mes souvenirs anciens.

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 16:41

L’adjointe au maire de Dijon, vice-présidente PS du Conseil régional de Bourgogne, propose que les vétérinaires puissent exercer sur des humains pour pallier la pénurie de médecins.


« Pourquoi leur interdire un geste d’urgence pour sauver un humain ? » plaide-t-elle. Mais le geste d’urgence n’est interdit à personne et surtout pas au premier secouriste qui passe. Il ne s’agit pas de ça et elle le sait.


Les pauvres, les ploucs dont l’hôpital de proximité a été fermé se contenteront du vétérinaire, comme leur chien. Ceux du château bénéficieront toujours de la compétence d’un professeur de médecine et de l’hôpital américain de Neuilly.


Et n’en restons pas là : appendicite aigüe ? Vite, chez Bébert le boucher. Hop ! Enlevez c’est pesé !


Théophraste R. (chef du tri : patates/rutabagas, café/orge, au Grand Soir).

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 14:46

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/tele/news-tele/michel-debre-le-dernier-des-gaullistes-france-3-ile-de-france-et-lcp-diffusent-un-documentaire-inedit-sur-l-homme-politique/32224814-1-fre-FR/Michel-Debre-le-dernier-des-Gaullistes-France-3-Ile-de-France-et-LCP-diffusent-un-documentaire-inedit-sur-l-homme-politique_image_article_paysage_new.jpgJe précise sans plus attendre que je n’ai aucune sympathie politique, ni personnelle, pour Rachida Dati, loin de là. J’ai toujours éprouvé une réelle aversion pour ceux qui, venant d’en-bas d’en-bas (comme on dit à Abidjan), se rallient sans état d’âme à la caste des dominants dont ils épousent en un tournemain les valeurs et dont ils deviennent des exécutants obligés et zélés. Ce qui est exactement le cas de Rachida Dati.

 

 

Je précise par ailleurs que je me fiche complètement de savoir si la bourgeoisie parisienne sera représentée au Parlement par l’actuel Premier ministre ou par la récente égérie de la « diversité ».

 

Avec le tact qui le caractérise, l’homme politique et urologue Bernard Debré vient de publier dans son blog (link), en date du 13 décembre 2011, une très vive admonestation à Rachida Dati, lui demandant de démissionner de tous ses mandats, après lui avoir fait la morale. La lettre est suivie de commentaires, tous hostiles à l’ancienne confidente du kleiner Mann.

 

En mai dernier, je m’étais permis de relever dans ce blog (link) à quel point l’ancien soutien de Balladur (ohé, Donnedieu de Vabres !) savait frapper un opposant politique en situation de faiblesse (DSK, en l’occurrence). Il faut croire que j’avais vu juste car lorsqu’on tape « le blog de Bernard Debré » sur Google, ma note figure en tête de gondole.

 

Je cite la lettre de ce médecin hospitalier, grand défenseur de la médecine libérale :

 

"Ta lettre est dramatique en ce qu'elle révèle de ta personnalité profonde, non pas de révoltée mais de petite fille gâtée par la vie. Je parle de la vie publique.

Il faut, devant tes caprices, s'incliner ou disparaître. Jusque là, je te le signale, tu as été élue sans effort, sans compétition. En réalité, tu as été nommée, purement et simplement ! Essaie de conserver un minimum de gratitude.

Mais ton acharnement, qui n'a d'égal que ton ego (c'est bien peu dire), est devenu insupportable, s'il n'était pas pathétique.

Maintenant que tu as craché ton venin, il faut que tu en tires les conséquences. Donne ta démission du poste de député européen que tu méprises tant et où l'on ne te voit jamais. D'ailleurs, ne l'as-tu pas dit toi-même dès le début de ton mandat ? A l'époque, tu ne l'as choisi que pour faire ta promotion. Tu n'as pas, semble-t-il, brillé au Parlement européen.

Donne aussi ta démission de la mairie du VIIe arrondissement. Les électeurs pensaient voter pour l'UMP et non un 'rachidadatisme' outrancier".

 

« Petite fille gâtée par la vie ». Voyons voir. Née dans une banlieue de Chalon-sur-Saône de parents maghrébins, deuxième de onze frères et sœurs, Dati est partie de rien pour, à moins de quarante ans, être la première femme issue de l’immigration à occuper des fonctions régaliennes au sommet de l’État français. Comme elle était très ambitieuse et très pressée, elle n’eut de cesse de frapper à des portes prestigieuses : entre autres celles des dirigeants de Matra, du sulfureux Albin Chalandon et de Simone Veil, la vieille dame préférée des Français. Dès lors que ses dents rongeaient le parquet, il lui était impossible de faire autrement.

 

Lorsqu’on s’appelle Debré, on ne rencontre pas ces problèmes vulgaires car, justement, on est un héritier « gâté par la vie ». Un des arrière-grands-pères de Bernard Debré (Simon) fut le premier rabbin de Neuilly (Wikipédia nous informe qu'à la fin de sa vie, en 1937, il obtint l'agrandissement de la synagogue dont l'architecte, comme un fait exprès, fut son fils Germain). Son grand-père Robert est considéré comme l’un des fondateurs en France de la pédiatrie moderne. Son père Michel fut haut fonctionnaire, Premier ministre puis ministre régalien.

 

Les Debré sont alliés aux La Panouse, au grand architecte Lemaresquier, et cette famille  a compté en son sein le brillant mathématicien Laurent Schwartz, premier Français médaille Fields. Bernard Debré eut pour oncle l’un des grands peintres non figuratifs de notre pays.

 

Attachons-nous au parcours politiques de Michel et Bernard, pas vraiment rectilignes pour de grands donneurs de leçons.

 

Officier de cavalerie, Michel Debré est fait prisonnier en juin 40. Il s’évade et intègre, non pas un mouvement de résistance, mais le Conseil d’État. Il est alors favorable au général Weygand, militaire d’extrême droite, antidreyfusard acharné, fidèle lecteur de l’antisémite Libre Paroled’Édouard Drumond. Contre Reynaud, Weygand prône l’armistice et fait condamner De gaulle à mort par un tribunal militaire. En 1941, Michel Debré est, au Maroc, un fonctionnaire important du régime de Vichy. Il prête serment au maréchal Pétain avant de retourner comme maître des requêtes au Conseil d’État en 1942.

 

Il s’engage dans la Résistance en février 1943, quatre mois après l’invasion de la zone libre. Durant l'été 1943, il se rapproche de De Gaulle qui lui demande d’établir la liste des préfets (ohé, Papon !) qui remplaceront ceux de Vichy. Il devient lui même préfet (commissaire de la République) à Angers en août 1944. À partir d'un projet du socialiste Jean Zay formulé avant-guerre, il rédige les statuts de l’ENA.

 

Il est battu aux élections législatives de 1946 en Indre-et-Loire avant d’être élu sénateur dans ce département de 1948 à 1958.

 

De Gaulle en fait son Premier ministre puis remplace ce farouche partisan de l’Algérie française par le banquier Georges Pompidou (quand je pense qu'il existait des "gaullistes de gauche" !). En 1963, Debré est à nouveau battu en Indre-et-Loire. Il jette son dévolu sur La Réunion, où il est élu dans un fauteuil. Soutenu par les socialistes locaux, il est l’opposant principal du communiste Paul Vergès, partisan de l’indépendance de l’île.

 

Debré prend alors une mesure absolument scandaleuse. Je cite Wikipédia : « Considérant que la démographie de l'île est une menace pour son développement, Michel Debré organise durant les années 60 la migration de 37000 Réunionais vers la métropole en moins de vingt ans. Il crée pour ce faire le BUMIDOM et le CNARM. Dans le même état d'esprit, il fait procéder au déplacement vers l'Hexagone de plus de 1 600 enfants réunionnais (entre 1963 et 1982) arrachés à leur famille en vue de repeupler certains départements métropolitains en cours de désertification, notamment la Creuse. Au professeur Denoix qui s'insurgeait de ces pratiques, il répond dans une lettre : « L'entreprise doit être poursuivie avec d'autant plus de constance qu'elle peut être combinée avec un admirable mouvement d'adoption que nous n'arrivons pas toujours à satisfaire. »

Pour nous en tenir aux développements récents de la carrière de Bernard Debré, notons qu’il est élu en 2004 dans le quartier très prolétarien du nord du XVIe arrondissement. Candidat de droite sans étiquette, il l’emporte contre l’impétrant de l’UMP. Il s’inscrit alors au groupe UDF de l’Assemblée Nationale – comme apparenté (Bernard est un homme libre) –, puis passe à l’UMP – toujours comme apparenté. Il adhère en 2007 à l’UMP comme adhérent direct.

 

Si Dati perd face à Fillon, je ne verserai pas une seule larme, même de crocodile. Mais je me souviendrai de la lettre médiocre du mandarin. 

 

PS : je ne voudrais pas passer pour plus féministe que je suis (même si c'est moi qui fais la vaisselle à la maison), mais je crois pouvoir dire que si Rachida s'était appelée Rachid, l'acharnement eût été moindre. Et si elle s'était appelée Jean-Louis ?


PPS : Chez les Debré, les hommes meurent entre 90 et 100 ans. On n'en a pas fini avec Bernard et son jumeau...


PPPS : Reconnu coupable de recel d'abus de confiance par le tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, François Debré, frère de Bernard, a été condamné le 15 décembre 2011 à une peine de deux mois de prison avec sursis. Il faut dire qu'il était en bonne compagnie, avec le chauffeur de Marc Blondel et les Havane de Marc Blondel. Qui a dit que FO, qui fut créé avec l'argent de la CIA, n'était pas un syndicat indépendant ?


PPPPS : Bernard Debré, qui voit des "soviets partout" dans l’hôpital public, rencontre parfois des résistances, forcément soviétiques, dans ce même hôpital public. L’important pour ce combattant de l’armée des ombres, c’est qu’il ait essayé. En témoigne ce petit article publié par Libération au mois de mai dernier :


Bernard Debré, privé de consultanat


On le sait, Bernard Debré est professeur d’urologie, chef de service à l’hôpital Cochin, mais aussi député, conseiller municipal. Ces derniers temps, il est aussi trés abvard. Il n’a jamais été à cours d’un cliché sur l’hôpital, sur la crise du monde de la santé, ou encore sur Dominique Strauss Kahn. Notre homme a pris l’habitude de parler à tort et à travers. Certes, il est très critiqué par ces collègues hospitaliers, -en raison aussi d’un secteur privé ahurissant-, mais les dites critiques restent confinées au petit milieu.

 

Bernard Debré est né en 1944, l’âge de partir à la retraite. Mais voilà, comme tout mandarin, il a le droit de continuer encore quelques années sous le statut de consultanat. Et c’est ce qui devait être voté récemment par la commission médicale de Cochin-Hotel Dieu. Normalement, un vote de routine. Mais une petite voix s’est élevée dans la commission pour dire : « Mais quand même il passe son temps à cracher sur nous, sur l’hôpital, et en plus il faudrait voter pour son consultanat ».Cette petite voix a provoqué son effet : 19 personnes ont voté contre, et son consultanat lui a été refusé. Ce qui est rarissime.

 

Mais que l’on se rassure… Ce « grand médecin » a des réseaux, il va sûrement arriver à les faire fonctionner. En attendant, il va répéter que c’est en raison de ses prises de position courageuses sur l’hôpital qu’on cherche à le censurer.

 

Eric Favereau

 

J'ajouterai à ce qui vient d'être narré que, parce qu'il est viscéralement de droite, Debré ne peut pas intégrer la chose suivante : si en tant qu'homme de sciences il appartient au dessus du panier, en tant qu'être humain il ne vaut pas plus qu'un autre être humain. Qu'il relise la dernière phrase des Mots de Sartre.


 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 15:40

http://a7.idata.over-blog.com/500x421/0/12/70/58/080908/king-bling-sarkozy.jpgCi-dessous, Gérard Filoche nous parle d'un pompier amateur qui qui a mis le feu et a ruiné la France.

Comment et de combien Sarkozy nous a endetté ?

Sarkozy = 196 milliards de recettes en moins en 2009 et 5 années de pertes de recettes non compensées [et ses semelles?]. 



En France, nous n’avons pas de problème de dette, nous avons un problème Sarkozy. C’est un problème, non pas de dépenses en trop, mais de recettes en moins. 

On nous raconte des fables : « l’état ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne », « on dépense trop », « on vit au-dessus de nos moyens », « on doit réduire les dépenses publiques » Autant de bêtises absolues véhiculées par des incompétents aux ordres. Autant de clichés pour tromper les gogos qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez. 

La vérité est que c’est l’État qui fixe lui-même (à la différence d’un ménage) ses propres moyens et c’est la droite qui a vidé consciemment les caisses publiques en diminuant les impôts des ménages les plus riches et des sociétés. La vérité c’est que les dépenses publiques ont baissé de 1996 à 2008, et que ce n’est naturellement pas la source de l‘énorme dette voulue, provoquée, organisée par Sarkozy. La source principale des 23 points supplémentaires de dettes causés par Sarkozy provient de la baisse des recettes, pas de la hausse des dépenses. 

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires (« Entreprises et niches fiscales et sociales », octobre 2010) : les 3 principales niches fiscales (elles concernent toutes les trois l’impôt sur les sociétés et avantagent les grands groupes), créées par la droite avant 2007, sont : 

- Régimes des sociétés mères et filiales : coût de 34,9 milliards d’euros pour l’année 2009. 
- Régime d’intégration fiscale : coût de 19,5 milliards d’euros pour l’année 2009. 
- Niche dite “Copé” (taxation à taux réduit des plus-values à long terme provenant de cession de titres de participation : 8 milliards d’euros en 2009. 
Pour ces trois niches fiscales : un manque à gagner de 62,4 milliards d’euros. 

Si l’on ajoute le coût (selon la Cour des comptes) des 3 niches fiscales ajoutées par Sarkozy : 
- Heures supplémentaires : 4,5 milliards d’euros. 
- TVA réduite sur la restauration : 3,5 milliards d’euros. 
- Passage du bouclier fiscal à 50 % des revenus déclarés : 0,7 milliards d’euros. 

Soit 8,7 milliards d’euros pour ces trois niches fiscales. 

Au total pour les 6 niches fiscales : 71 milliards d’euros. A comparer avec le plan de rigueur de 8 milliards d’euros. 

Il faudrait ajouter à cela la baisse de l’impôt sur le revenu due à la diminution du nombre de tranches (de 13 avant 1986 à 5 aujourd’hui), au passage de la tranche supérieure de 65 % (avant 1986) à 41% aujourd’hui. 
Coût pour les finances publiques : 15 milliards d’euros en 2009. 

Il ne faudrait pas oublier la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (avant même les niches fiscales) : de 50 % à 34,6 % aujourd’hui. 
Coût pour les finances publiques : 20 milliards d’euros en 2010 (Rapport de la Cour des comptes 2010). 
Au total : 71 + 35 = 106 milliards d’euros en une année. 

Niches sociales : 42 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales en 2009 (Rapport du Sénateur de droite Jean-Jacques Jégou au nom de la commission des finances du Sénat – 2010) 

Intérêts payés aux détenteurs de la dette publique : 48 milliards d’euros en 2009. 

Au total : 106 + 42 + 48 = 196 milliards d’euros en 2009 alors que le déficit public (État, Sécurité sociale, Collectivités territoriales, organismes centraux) s’élevait à 145 milliards d’euros. 

Le rapporteur UMP, Gilles Carrez de la commission des Finances de l’AN estimait (en 2010) que les années 2000 étaient : « 10 années de pertes de recettes non compensées ». 

Sans parler des années 2002-2006, ou Sarkozy fut responsable au budget ou à l’industrie,  il y a 5 années entièrement de la faute de Sarkozy : sans sa politique catastrophique, nous aurions probablement encaissé 1000 milliards de plus en cinq ans et ne serions pas dans la difficulté apparente actuelle dont il se sert comme instrument de chantage et de peur contre nous toutes et tous. 

Ne cherchez pas pourquoi ça va mal partout, dans les écoles, les hôpitaux, les banlieues, l’emploi, la croissance, nos salaires baissés, Sarkozy a tout étouffé, tout détourné, tout provoqué. Délibérément. Savamment. 

(avec Jean-Jacques Chavigné)


Vendredi 9 Décembre 2011
Gérard Filoche
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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 15:34

http://www.jakouiller.com/share/paysans%20Inde.jpgEn mai dernier, je publiai la note suivante dans ce blog (link).

Selon Marie-Thérèse Ferrisi (Mediapart), le drame que vivent les paysans indiens est toujours aussi aigu :

 

Ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh. Un phénomène récurrent, puisque les chiffres officiels font état de 1000 suicides mensuels... depuis plus de quinze ans. En cause, l'endettement des paysans lié à l'achat de semences OGM miraculeuses... qui se révèlent catastrophiques.

 Depuis le milieu des années 80, l'Inde a accepté d'ouvrir totalement son marché en contrepartie de l'aide du Fonds Monétaire International. Une révolution économique s'en suivit, qui en fit un terrain d'expérimentation mondial en matière agricole. Depuis lors, les paysans sont livrés aux promesses des vendeurs de semences magiques : les rendements devaient être exceptionnels, et les insectes et parasites rangés dans les tiroirs de l'histoire. Les variétés traditionnelles ont même été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales. Mais pour toucher le Graal, il fallait débourser 10 fois plus pour la même quantité de semences. Le prix de la gloire. Et les paysans se sont massivement endettés.

Sauf que les semences OGM de coton Bt (de Monsanto, faut-il le préciser ?) sont tombées malades, infestées par le vers (vorace) de la capsule. Les semenciers avaient juste oublié de préciser que les plantes n'étaient pas résistantes aux maladies locales et qu'il fallait donc épandre des tonnes de pesticides en plus. Ils avaient aussi omis d'indiquer que les variétés en question buvaient deux plus d'eau et dégradaient les sols à grande vitesse. Du coup, les sécheresses ont été amplifiées et les rendements réduits à peau de chagrin. Les paysans se retrouvent à sec, paralysés par leurs dettes et sans le sou pour acheter les semences de l'année suivante, puisque les plantes OGM - dotés d'une technologie révolutionnaire affectueusement nommée " Terminator " - sont calculées pour que les grains ne puissent pas se replanter... D'où de nouvelles dettes. Etc.

« Certains des fermiers qui se sont suicidés avaient réalisé jusqu'à cinquante pulvérisations d'herbicide et de pesticide sur leurs champs de coton, mais cela n'a pas empêché leur récolte de dépérir », affirme le professeur Nanjundaswamy, fondateur du Mouvement pour la Défense des Fermiers du Karnataka (Karnataka Rajya Ryota Sangha – KRRS). Autre conséquence, l'utilisation de ce coton génétiquement modifié aurait « éliminé par pollinisation nombre de nos plantes indigènes qui possédaient par exemple des qualités de résistance à la sécheresse et à certains parasites propres à l'Inde, résistance que n'ont pas les plantes hybrides », affirme le même spécialiste. Pour les défenseurs des OGM, les vraies raisons de cette catastrophe sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le « désespoir agraire ».

En 2006, le ministère indien de l'agriculture déclarait que la moitié des foyers paysans étaient endettés. Selon les ONG, le taux de suicide parmi les fermiers pauvres atteint actuellement des records. 150 000 d'entre eux se seraient donnés la mort depuis 1993. Entre 60% et 75% de la population indienne (contre 10% pour la France et 2% pour les États-Unis), qui compte plus d'un milliard d'habitants, vit de l'agriculture, qui représente un quart du Produit intérieur brut indien.

 Source: les mots ont un sens

http://www.wikistrike.com/article-suicide-collectif-de-1500-fermiers-indiens-ruines-a-cause-des-ogm-91316545.html

 http://www.lesmotsontunsens.com/inde-coton-bt-ogm-resistance-maladie-7281

 http://www.mondialisation.ca/PrintArticle.php?articleId=3852

 

 

Un correspondant me fait passer ceci :

Petite info : le professeur Nanjundaswamy, fondateur du Mouvement pour la Défense des Fermiers du Karnataka est décédé en 2004 d’un cancer à l’âge de 68 ans.


http://www.guardian.co.uk/news/2004/feb/06/guardianobituaries.globalisation

 

 

Il semble qu’une de ses filles ait repris le flambeau :


Chukki Nanjundaswamy is a Daughter of Prof.M.D.Nanjundaswamy who was called as a Champion of Farmers Rights and a Green Shawled Hero. He was actually a Socialist Leader. He was the only man who Re-Raided the Government Banks which was Exploiting Poor farmers by Raiding their houses. He was the first Person in the world to fight against WTO (world trade organisation), GM(Genetically modified Seeds and Crops), Genetic Engineering, GATT,Dunkel Draft.KFC (Kentucky Fried Chicken). He had also protested against Miss World 96. He was a big support for the Coconut Farmers to tap Neera (Coconut Sap) when there was a disease (NUSI) for the Coconut Trees in Karnataka. He was the first person to fight for the Scientific Price Policy and the Scientific Electricity Policy.

 

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 09:17

 

 

 

Source : Le Grand Soir

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 15:25

http://www.nouvelordremondial.cc/wp-content/uploads/2008/04/carlyle-group-olivier-sarkozy.jpgJe viens de lire rapidement un livre sur l'affaire Strauss-Kahn : DSK, la descente aux enfers, Democratic Books [sic], Paris, 2011. Un peu décevant. L'autrice, une proche de DSK, hésite constamment entre la distance et l'hagiographie. J'y ai cependant relevé ce passage intéressant :


"Frank George Wisner [récemment conseiller spécial – pour ne pas dire fauteur de troubles – d'Obama en Égypte] a servi sous Cyrus Vance Senior [le père du procureur], qui était son patron au Département d'État. Il s'est remarié en 1977 avec Christine de Ganay [grande noblesse française, alliée aux Schneider, aux Montesquiou etc], deuxième épouse de Pal Sarkozy, le père de Nicolas. Nicolas Sarkozy a ainsi un beau-père de la main gauche en Frank G. Wiesner. Lequel a succédé à un autre homme intéressant à la tête de la Planification politique au département de la défense : Paul Wolfowitz, viré de la Banque mondiale pour népotisme.


On murmure par ailleurs que Wisner aurait appuyé la nomination de Bernard Kouchner comme ministre  des Affaires étrangères. Et la candidature de DSK au FMI.


Wisner est codirecteur du groupe financier du groupe Carlyle (90 milliards de dollars de capitaux propres, spécialisé dans la prise de contrôle des firmes d'armements et des médias), qui compte parmi ses investisseurs Olivier Sarkozy, le demi-frère du président. À côté de Carlyle, le KGB est un club de dominos pour retraités."

 

Les deux demi-frères sont proches. Nicolas a marié Olivier à Neuilly. Cela n’empêchait pas Olivier, en novembre 2011 (link), de déclarer que la zone euro était à moins de trois mois de son effondrement. S’il est plus visionnaire que son demi-frère, ça va bouillir ! La poignée de personnes que je viens de mentionner dirige et écrase le monde, avec quelques dizaines d'autres. En dehors de tout champ démocratique. Ils n'ont qu'un objectif dans la vie : leur enrichissement et celui de leur caste, plus encore que de leur classe.


Il est possible que DSK ait fait l'objet d'une balance de la part du gouvernement français. Si c'est le cas, on se demande ce qu'a bien pu faire notre pauvre Do pour déplaire de la sorte à tous ces gens qui, en plus de leurs formidables atouts, sont d'effrayants experts dans l'art de la manipulation ?

 

Pour la bonne bouche :

 

 

Investisseurs, Affiliés et Employés de Carlyle

Membres de Carlyle Group

 

hamilton-bush-baker.jpg
Hamilton, George Bush Junior, James Baker

George H. Walker Bush, Ex-président des États-Unis d’Amérique et père de l’actuel président américain. Retiré du groupe en Octobre 2003.
George W. Bush Junior, Directeur d’une des premières acquisitions de Carlyle qui était un business sur la nourriture pour les vols d’avion commerciaux, que Carlyle a vendu pour cause de perte d’argent en 1992. George Bush Junior quitte Carlyle pour devenir Gouverneur du Texas en 1992.
James Baker, Ancien secrétaire à  la Défense. Retiré du groupe en 2005.
John Major, Ancien Premier Ministre Britannique conservateur. Retiré du groupe en 2005.
Karl Otto Pöhl, Ex-président de la Bundesbank
Arthur Levitt, Ex-président de la Securities and Exchange Commission sous le reigne du Président Clinton
Fidel Ramos, Ex-président des Philippines
Henri Martre, Transfuge de Matra Aérospatiale
Merrill Lynch, Société Financière Américaine
- Fonds de pension de General Motors
George Soros, Financier
Frank C. Carlucci, Secrétaire à  la Défense Américaine de 1987 à  1989 sous Reaggan. Président de Carlyle et de Emeritus de 1989 à  2005. Retiré du groupe en Mars 2005.
Richard Darman, Directeur du U.S. Office of Management and Budget sous le reigne de George H. W. Bush, Conseiller Sénior et Président de Carlyle de 1993 jusqu’à  aujourd’hui
Allan Gotlieb, Ambassadeur Canadien aux USA (1981-89) et membre du Canadian Advisory Board de Carlyle
Liu Hong-Ru, Président du Securities Regulatory Commission du gouvernement Chinois
William Kennard, Président du U.S. Federal Communications Commission (FCC) sous le reigne du président Bill Clinton
Peter Lougheed, Premier ministre de l’Alberta (1971-85)
Frank McKenna, Ambassadeur Canadien aux USA
Mack McLarty, Chef de Staff sous le Président Clinton, Président du Kissinger McLarty Associates, Conseiller Sénior de Carlyle de 2003 jusqu’à  aujourd’hui
Anand Panyarachun, Premier Ministre de Thailande (2 fois)
Fidel Ramos, Président des Philippines
Dan Senor, Consultant Politique
Thaksin Shinawatra, Premier Ministre de la Thailande (2001 – 2006)
Luis Téllez Kuenzler, Economiste Méxicain

La liste de personnages influents qui travaillent, ont travaillé, ou ont investi dans ce groupe laisse les théoriciens de conspiration incrédules. Cela inclut avant tout autre, John Major: Ancien Premier Ministre du Royaume-Uni avant Tony Blair; Fidel Ramos: Président des Philippines; Park Tae Joon: Ancien Premier Ministre Sud Coréen; Le Prince d’Arabie Saoudite, Al-WalidColin Powell, le Secrétaire d’Etat durant l’administration Bush Junior de 2000 à  2004; James Baker III: ancien Secrétaire d’Etat; Caspar Weinberger: Secrétaire d’Etat à  la Défense; Richard Darman: Directeur du Budget de la Maison Blanche; Le Milliardaire George Soros et quelques membres de la famille Ben Laden.

Vous pouvez aussi ajouter Alice Albright la fille de Madeleine AlbrightArthur LewittWilliam Kennard. Et aussi les Européens: Karl Otto Poehl: Président du Bundesbank; Henri Martre (qui est maintenant décédé); Etienne D’Avignon (Davignon) qui est président de la Belgian Generale Holding Company avant d’avoir été vice-président de la Commission européenne de 1981 à 1985 et président de l’Institut Royal des Relations internationales (Belgique).


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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 16:08
Merci au Grand Soir d'avoir publié ce texte délicieux de Vincent Moret.

C’était avant :

Primo, dès le réveil, j’avalais un cachet d’aspirine, geste quotidien qui réduit de près de 60% des risques du cancer colorectal.


Ensuite je ne m’attardais pas dans les lieux d’aisance où prolifèrent les bactéries et autres effluves fécales. Enfant, j’y paressais en lisant. Mais c’est fini, grâce au Monde fr. qui m’en a dissuadé par un article bien senti (pardon) sous le titre :" Lire aux toilettes est-il bon pour la santé ?". Une étude israélienne conclut par un ni oui ni non : « Un chouïa de constipation en moins pour les lecteurs mais un tantinet d’hémorroïdes en plus ».




Puis, je buvais un bol de café (la caféine permet de réduire les risques de développer un cancer de la peau) en mangeant une tartine de pain complet. Attention, les cosses des céréales sont farcies de toxines ! Donc, un pain complet bio.


A midi, un plat de quinoa qui peut alterner avec le riz, mais c’est moins bon au goût. Je le faisais passer avec de l’eau de source la moins minéralisée possible. J’en changeais la marque. J’en avais toute un bataillon à la cave (dont j’avais viré le vin, avec ses sulfites). En cas de rupture de stock, je buvais l’eau du robinet, mais filtrée et dynamisée en la secouant.


Ah oui, l’eau minérale craint la lumière ! Je la transvasais dans des bouteilles en verre, bleu marine de préférence, sur lesquelles j’écrivais Santé, Calme, Bonheur, Purification, Paix. Je faisais ça depuis que j’avais rencontré le dalaï-lama en classe affaire dans un avion. Il est intellectuellement puissant ce mec, heu, Sa Sainteté. Et poilant. Il dit par exemple (dans un anglais déplorable) : « Si vous méditez chaque jour (pas si vous m’éditez, hein ? Hommmf, hommph !) vous aimerez votre ennemi, hommmf, hommph, hiiiii !) ».


J’avais essayé le coup des étiquettes guérisseuses et ça marchait ! L’expérience contraire aussi. Inscrivez : Marine Le Pen, Ornella Guyet, Indymédia, Rébellyon, Sarkozy, Conspihorsdenosvies et l’eau prend un goût de … enfin, vous m’avez compris. Vous pouvez la jeter.


Au supermarché, je vérifiais les dates de péremption des boites de conserve quand je faisais la folie d’en acheter. Je fouillais au fond du rayon où sont planquées les plus récentes (ils sont malins, mais moi aussi, il y va de ma vie).


Bien entendu j’utilisais des huiles d’olive bio première pression à froid plutôt que des huiles ordinaires deuxième pression à chaud ou troisième, à ébullition.


Pour sucrer, j’avais opté pour du rapadura, un sucre « intégral » (comme le nu du même nom, mais en moins excitant) qui contient à foison des vitamines et oligo-éléments. Je me marrais en sourdine quand je voyais des types dissoudre dans leur tasse du sucre blanc, ce poison pour les dents, le foie et tout le Saint-frusquin.


J’ingurgitais aussi du brocolis modifié, incomparable contre le cancer de la prostate.


Quand j’avais mal à la tête et que je craignais un AVC, hop du chocolat. Quand mon taux de cholestérol montait, viré le chocolat.


Je n’allumais plus la télé depuis que je savais qu’une heure de télé, c’est 20 minutes de vie en moins.


Je me tenais à l’écart des antennes relais, des villes bourrées de CO2 et de la campagne arrosée de pesticides agricoles. J’évitais la montagne où les rayons ultraviolets ne pardonnent pas. Et terminée la mer, ce cloaque réceptacle des fleuves poubelles.


J’étais peinard dans ma cave. Je n’avais pourtant pas renoncé à mon téléphone portable, hier cancérigène, aujourd’hui acquitté. En attendant que le Parquet fasse appel, et en application du principe de précaution, je ne le gardais pas dans ma poche mais je le rangeais sous le tas de charbon.


J’avais transformé le four à micro-ondes en bocal à poisson rouge (pas terrible, en vérité). Comme les nouvelles lampes à économie d’énergie vous envoient, à l’allumage, un faisceau de saloperies invisibles qui vous déclenchent vite fait une leucémie ou une raréfaction des spermatozoïdes, je les allumais astucieusement, planqué derrière un paravent de plomb, ma main gantée prolongée par un long bâton.


Quand je sortais de mon bunker, je passais au large des centrales nucléaires, des fumeurs, des téléphoneurs et, d’une manière générale : des boutiques qui vendent de la farine blanche ou des peintures acryliques, de la laine de verre, de l’éverit, des gâteaux à l’huile de palme, du soja transgénique, de l’aspartame, du steak aux hormones, du poulet non gersois, des barbecues et des merguez (qui finissent volontiers carbonisées), du poisson d’élevage, des croissants au beurre, et même des chamalows.


Quoi d’autre ? Pas de climatisation dans ma voiture et pas de chauffage dans ma chambre (cinq couvertures, un édredon, un bonnet de nuit, fenêtre légèrement entrouverte, même en février, c’est plus sain).


Couché tôt, levé tôt, sport quotidien (principalement recherche du téléphone quand il sonne, sous le tas de charbon et toilette consécutive au gant de crin en sautant sur un pied parce que ça fait mal et on se les gèle, en plus), courte sieste sur un matelas en toile de jute garni de boulets de charbon en guise de noyaux de pêches.


Bien sûr, pas de clope, pas d’apéro. Pas de pratique de la fellation qui provoque le cancer de la bouche (mais là, j’étais déjà abstinent à 100%, inutile de me vanter comme si c’était un sacrifice).


Bref, tout ce qui m’occupait me hissait dans le rang des petits malins, des débrouillards qui ont repéré l’emplacement des canots de sauvetage du Titanic et qui savent bien compter (il en manque !), des individualistes, des égocentriques, des adeptes du slogan publicitaire : « Profitez-en ! », des attentifs aux avertissements : « Série limitée », « … dans la limite des places disponibles », « Gratuit pour les cent premières demandes »…


En fait, je m’accommodais assez bien des naufrages à condition d’avoir une bouée autour de la taille, un gilet de sauvetage sur le dos tandis que le canot dans lequel je m’étais assis était hélitreuillé, survolant les imprévoyants qui pataugeaient dans l’eau glacée. Sentiment de culpabilité : néant. Ce n’est pas moi qui pilotais le bateau et je n’avais pas sifflé l’iceberg.


Vous aurez remarqué que pas une fois je n’ai encore écrit ici « planète », « survie de l’humanité », « frères humains » ou autres fariboles.


Ma pomme d’abord. C’est ainsi que nous ont appris à penser les politiques et leurs relais journalistiques et commerciaux : la troïka des semeurs de graines Monsanto dans les cerveaux, pour que poussent des champs d’asociaux égoïstes.


Et puis…


Et puis je me suis rendu compte que je ne cessais de culpabiliser au moindre écart de régime alimentaire, que je recherchais des indices établissant ma responsabilité au moindre mal de ventre ou crampe au mollet, que je me voyais en ennemi de moi-même, que je résistais en permanence à mes penchants, toujours crispé, agrippé au Vivre Sainement comme au rebord de la falaise surplombant des récifs acérés, que je traversais ma vie comme on passe un interminable examen médical. Pis, je m’étais abonné à des revues pour une Vie Saine qui ne me parlaient que de maladies.


Je menais en permanence une lutte désespérée contre le possible déséquilibre qui fait chuter du fil de fer de la santé dans l’abîme de la déliquescence. Je commençai à pratiquer des autodiagnostics pertinents qui décelèrent chez moi un début de sclérose en plaque, l’amorce de la maladie de Parkinson, un blocage des reins, une tendance à la dégénérescence du nerf optique et quelques autres saloperies sournoises que je tentais de tenir à distance par la fréquentation frénétique des Bio-cops, magasins dont le vert de la devanture me guérissait déjà à moitié avant même que je pousse la porte d’entrée (passons sur la rechute légère au moment de payer. « Madre mia ! Pourquoi c’est si cher alors qu’ils n’achètent pas de pesticide, d’insecticide, d’engrais chimique ? »).


Une angoisse durable s’empara de moi quand je m’aperçus que les craintes permanentes pour ma santé avaient chassé un ingrédient indispensable à sa conservation : le rire, qui vaut un beef et qui dispense néanmoins d’élever des vaches péteuses troueuses de la couche d’ozone).


Par mimétisme ou sélection naturelle, mes amis étaient aussi gais que Buster Keaton et Jean Daniel réunis. Leurs femmes amorçaient un phénomène d’homogénéisation : chaussures plates, bagues en métal argenté, bracelet en bois d’arbre, parka Gore-tex, cheveux grisonnants tirés en arrière et tenus par un catogan, visage ridé dès la trentaine, peau asséchée par des frictions au savon noir et des toilettages à l’eau froide, début de couperose, goût pour l’humour remplacé par celui pour le rutabaga (qui facilite le transit intestinal).


La vie filait sans que je me régale. Le spectre de l’Inquisition traînait dans les parages pour sanctionner le moindre écart. J’avais peur.


Un soir, au cours d’un dîner végétarien, j’avais cessé d’écouter la conversation qui ronronnait sur la nostalgie des lavoirs à linge et des soirées où l’on chantait gaiement en patois en égrainant du maïs et en buvant du cidre fait à la ferme. A vrai dire, je m’étais assoupi, ce qui explique que je fis une désastreuse confusion sur ce qui se disait, d’où mon inopportune intervention : « Vous m’em… avec vos témoins de Jéhovah. Je me demande comment vous pouvez encore y croire et passer vos soirées à en parler ! »


Oubliant ses cours de zen-attitude, ma femme s’était alors levée de son tapis en raphia, rouge de colère, imitée par un petit pâlichon, maigre comme une bicyclette. Elle a claqué la porte et elle est partie (Ou ça ? On était chez nous, dans notre véranda en briques de terre, au toit isolé par du chanvre). L’autre type, copie de Gandhi, l’a suivie et depuis, ils survivent ensemble en grignotant des graines qui se coincent entre les dents et des germes de plantes exotiques et amères. Et ils b… heu, ils pratiquent l’acte de don de soi réciproque dans un grand lit Futon posé au centre de leur chambre en un endroit précis qui rassemble les ondes positives et évite les autres. Et ils se finissent à la tisane du Népal.


Et alors…


Et alors, j’ai craqué ! J’ai craqué au moment même ou elle passait la porte en enfilant son gilet en lamelles de bambous birmans. Ciao ! J’ai décidé de commencer à jouir en attendant la mort, décision saluée par un peu convenable « Eh merde et chiottes sèches ! ».


Et je me suis mis à la lecture du Grand Soir, qui semble ne rien avoir contre le bio et l’écologie, mais qui fait la grimace à l’approche des intégristes Verts autocentrés et qui vire au rouge vif quand il entend dire que l’écologie n’est ni de droite ni de gauche », que le tri sélectif, c’est pareil à Neuilly ou à La Courneuve, on ne va pas tout politiser.


Si, justement, il faut tout politiser. C’est le seul moyen de ne pas tomber dans l’intégrisme eugéniste sectaire, le « moi-d’abord » peinturluré à la chlorophylle.


Allez, hop ! envoyez un havane, por favor. Y viva Fidel ! (1)


Vincent Moret.


(1) Pour bien comprendre que je reste dans le sujet en criant ici « Viva Fidel ! », il faut savoir que l’association WWF (World Wide Fund for Nature), première organisation mondiale de protection de la nature, affirme que Cuba est le seul pays remplissant des conditions pour un développement durable. Son rapport (2006) indique que si les choses continuent de la même manière, en 2050 l’humanité consommerait les ressources et l’énergie de deux planètes Terre.
WWF a élaboré un graphique avec deux variables : l’indice de développement humain (établi par l’ONU, il mesure la satisfaction des besoins vitaux) et l’« empreinte écologique », indiquant l’énergie et les ressources per capita consommées dans chaque pays.

Il en résulte que Cuba est la seule nation avec des indices permettant de dire qu’elle « possède les critères minimum de durabilité ». Mais pas un mot à Cohn-Bendit, à José Bové et à Eva Joly.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 15:43

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/83/Metro-Paris-Rame-MF77-ligne.jpgLes remarques qui suivent portent sur un sujet qui a été traité par le  journal télévisé de France 2 du 6 décembre, une première fois à 13 h, et une seconde  fois à 20 h. Il était assez important pour être annoncé en début de  journal et traité parmi les premiers. De quoi s'agissait-il ?

 

Il s'agissait, comme l'indiquait le titre, d'un "rapport accablant de la  Cour des Comptes sur le comité d'entreprise (CE) de la R.A.T.P., l'un  des plus riches de France." On y apprend que "les dirigeants du CE  organisaient des soirées très coûteuses dans un château appartenant à la  C.G.T." On y apprenait aussi que "le CE a financé la C.G.T." Et que le "CE assure un financement occulte et parallèle des syndicats".

 

Puis le journaliste élargit le scandale, en l'étendant au CE de  E.D.F./G.D.F.,  qui aurait assuré le "financement de la C.G.T. et du  Parti communiste". Il y est aussi question du CE d'Air France.

 

Enfin, on écoute : "Cela n'est pas mieux à la S.N.C.F." et "Cela touche  au financement des syndicats".

 

A 13 h, la journaliste, Elise Lucet, reçoit même le député Nouveau  Centre Nicolas Perruchot (du Loir-et-Cher) qui a rédigé un gros rapport  sur le sujet, rapport qui est passé au broyeur, du fait que le Parti  socialiste et le Parti communiste ont voté contre, et que l'U.M.P. s'est  abstenue. Et Elise Lucet demande au député : "En somme, pour le  financement des syndicats, c'est l'omerta ?".

 

Remarques.

 

1. Dans tous les cas, les entreprises concernées sont des entreprises  publiques (R.A.T.P., E.D.F./G.D.F., Air France, S.N.C.F.). Or, ce sont  ces mêmes entreprises qui sont sans cesse dans le collimateur du  patronat, de l'U.M.P. (et de tous les partis de droite), des journaux  tels que Le Figaro ou Le Point, comme étant des services inefficaces,  qui peuvent, à leur gré, paralyser la France (ou la région parisienne  pour la R.A.T.P.), et où les salariés sont payés comme des nababs, ont  des retraites somptueuses... et ne fichent rien ! [D'où l'idée,  instillée depuis des années dans l'esprit du public, comme de l'eau qui  tombe goutte à goutte sur une pierre et finit par la creuser, qu'il  faut, au minimum démembrer ces entreprises, au maximum les privatiser  pour leur ôter leur capacité de nuire].

 

2. Derrière les entreprises publiques, d'autres entités sont visées : les syndicats, et spécialement la C.G.T. L'idée qui est diffusée est que  ces syndicats, loin de répondre à leur vocation originelle (qui est de  défendre les salariés), sont au contraire de grosses machines parasites,  qui pompent les cotisations (et les subventions) pour vivres comme des satrapes. Il s'ajoute même à cette idée de parasitisme celle de mafia  puisqu'il y est question d'omerta (la loi du silence de la mafia) qui  terroriserait jusqu'aux pouvoirs publics et aux partis de droite. [D'où  l'idée que les syndicats sont des pieuvres, des vampires, et pas  seulement dans les services publics].

 

3. Pourquoi ce sujet, traité ainsi, suscite-t-il une impression de  fausseté ? Fausseté dans le sens où, derrière le scandale dénoncé, on  pressent qu'autre chose est visé, que l'on jette le bébé avec l'eau du  bain. Parce qu'il vient après des semaines d'autres journaux télévisés  où il fut question de fraudes à la Sécurité sociale, de fraudes aux  allocations-chômage ou au R.S.A., suggérant – plus qu'à demi-mot – que  ce qu'il fallait, ce n'était pas tant remédier à ces fraudes que de  carrément supprimer la Sécurité sociale, les allocations-chômage et le  R.S.A.

 

La CGT a répondu à la Cour des comptes. C'est ici (link). Aucun média n'en a fait état. Et pourtant, ce n'est pas inintéressant.



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