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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 15:41

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Je reproduis ici un récent article d'Évariste pour Res Publica (27 octobre). Du grain à moudre, comme souvent avec cet analyste.


Par Évariste

Une étude récente menée par Julien Audemard*, doctorant en sciences politiques, université de Montpellier-I et David Gouard, doctorant en sciences politiques à l’université de Montpellier nous permet de revenir sur l’angle mort dans la pensée de la gauche française et internationale : la marginalisation majoritaire de la classe populaire.

 
Malgré notre insistance à analyser la séquence Romano Prodi — Valter Veltroni en Italie dont les primaires ont rassemblé plus 4 millions pour la première primaire et plus de 3 millions pour la seconde pour aboutir in fine à un des plus grands désastres en Italie avec l’effondrement de la gauche italienne et la victoire sans partage de Silvio Berlusconi à la tête d’une majorité droite néolibérale — extrême droite. On nous répond que l’Italie n’est pas la France. Quel argument ! La primaire française vient de rassembler près de 3 millions de votants sur une consultation appelée uniquement par le PS et ses alliés et non par la gauche tout entière comme en Italie. Mais il est clair, que de nombreux électeurs Front de Gauche et écologistes ont participé à cette consultation et qu’Arnaud Montebourg et Martine Aubry en ont bénéficié.

 
Les critiques de la primaire qui arguent que seuls 6 % de l’électorat ont voté à ces primaires ont tort. Si les 6 % étaient représentatifs de l’électorat de gauche, nous ne verrions pas pourquoi critiquer cette consultation « restreinte ». Dans ce cas, nous aurions une fiabilité de l’information bien supérieure à un sondage sur 900 personnes.

 
Mais là où le bât blesse, c’est que ces 3 millions de votants sont en très grande distorsion par rapport à l’électorat de la gauche. Et de ce point de vue, l’exemple italien est à méditer. L’étude menée par nos deux doctorants nous le prouve.

 
Pour mieux comprendre cette étude, rappelons (« répéter, c’est enseigner » !) que la classe populaire (ouvriers et employés) représente 53 % de la population, les couches moyennes intermédiaires salariées 24 %, les cadres salariés 15 % et les couches moyennes non salariées environ 3 %.

 
Or l’étude montre qu’au premier tour, 75 % des votants étaient diplômés de l’enseignement supérieur et 70 % occupaient un poste de cadre ou de profession intermédiaire. La classe populaire représentant à peine 20 %. Si on rapproche 70 % des 39 % (24+15) et 53 % de 20 %, on a vite compris que les votants de la primaire ne sont pas représentatifs de l’électorat de gauche. Rappelons par exemple que l’électorat socialiste a voté à plus de 60 % non au traité constitutionnel européen et que la majorité de la gauche a voté non au traité constitutionnel européen.

 
De plus, les jeunes ont boudé la consultation (« la proportion de votants de 18-25 ans était deux fois moins importante que ce qu’elle représente sur les listes électorales ») contrairement aux seniors de plus de 60 ans. Ce qui fait dire aux auteurs de l’étude que l’électeur type de François Hollande est le cadre quinquagénaire et que les votants de la primaire ne sont pas représentatifs de l’électorat de gauche. Les votants de la primaire sont en fait des couches moyennes, intellectuelles et urbaines au moment la nouvelle géosociologie des territoires constate l’augmentation de la classe populaire dans les zones périurbaines et rurales.


Et ce qui est encore plus grave, c’est le fatalisme sociologique du PS, mais aussi de l’ensemble de la gauche. Le parti socialiste en pointe, mais y compris la gauche écologiste et la gauche d’alternative n’arrivent pas à sortir de ce fatalisme sociologique. Tout au plus, nous entendons les jérémiades des responsables et militants qui se lamentent sur le fait que la classe populaire et les jeunes ne viennent pas aux initiatives organisées pour les couches moyennes. Quand est-ce qu’une prise de conscience aura lieu qui entraînera ces derniers à comprendre qu’ils doivent changer de stratégie ! Parlons clair. Ne proposer que des lignes politiques différentes au peuple sans que les militants et les responsables comprennent qu’il faut aussi changer de stratégie, de façon de faire de la politique, de comportement politique et social, « c’est se tirer une balle dans le pied » pour espérer courir plus vite ! De plus en plus d’organisations politiques, syndicales, associatives et mutualistes, ne vivent qu’en cercle fermé, vicié, sans lien avec l’extérieur de leur organisation, avec comme seuls liens internes, la litanie des ressentis, des compassions et des invectives délivrées sur les listes électroniques de discussions internes. Et personne n’intervient en leur disant : « and so what », « et alors », quelle efficacité a cette addiction électronique ? En fait, tout cela procède du mépris du peuple et là il y a un travail culturel de grande ampleur à entreprendre. La vérité nous oblige à dire que certains syndicats et notamment certaines parties (mais pas toutes !) de la CGT ou à un degré moindre de Solidaires essaient d’inventer de nouvelles pratiques sociales. Mais elles sont souvent raillées par ceux qui se délectent dans les ressentis, les compassions et les invectives gratuites du net !


Organiser un travail culturel pour une transformation sociale et politique, voilà la priorité sans laquelle nous pouvons nous préparer aux futures déceptions et désillusions. De nombreux responsables et militants — et pas seulement de la gauche sociale libérale et écologique — espèrent ne pas avoir besoin de faire le travail de terrain auprès « des masses populaires » et ainsi « gagner du temps » en se comportant avec leurs leaders politiques charismatiques comme des croyants dans une messe évangélique. Pour sortir de ce noeud gordien, il semble impératif de prioriser les initiatives d’éducation populaire tournées vers l’action de toutes natures (conférences publiques, cycles d’université populaire, conférences gesticulées, ciné-débat, irruption de la musique et du théâtre dans la mobilisation, etc.) qui obligent les responsables et les militants d’avoir au moins un contact partiel au peuple et de sortir du cocon « nombrilaire » dans lequel ils se sont enfermés. C’est à ce prix que les responsables et militants prendront compte des messages des « Indignés » et autres manifestants des « printemps latino-américains, arabes, ou sud-européens ». Que les responsables et militants des organisations françaises politiques, syndicales, associatives ou mutualistes prennent garde, s’ils n’engagent pas aujourd’hui leur propre révolution culturelle, sur leurs lignes, mais aussi sur leurs stratégies et pratiques sociales, il se développera en France des mouvements sociaux en dehors de leurs propres pratiques. La nature a horreur du vide. Mais nous savons que la seule spontanéité ne résout pas les problèmes du monde.

 

*Jeunesse et milieux populaires, grands absents de la primaire, Par JULIEN AUDEMARD Doctorant en sciences politiques, université de Montpellier-I, DAVID GOUARD Doctorant en sciences politiques, université de Montpellier-I

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 14:52

 

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 00:00

    Propos recueillis par Vladimir de Gmeline pour Marianne.fr, 29 octobre 2011

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Bernard Cassen, président d’honneur d’ATTAC et secrétaire général de Mémoire des luttes, analyse les mesures progressistes prises par les gouvernements d'Amérique latine, qui s’installent entre la gauche et le centre gauche. Victime de campagnes de désinformation et de dénigrement par les grands médias, le continent le plus stable du monde selon Cassen, où « l’intégration passe moins par l’économique que par le politique », insiste-t-il, devrait servir d'exemple à l'Europe.

 

L’Amérique du Sud est en train de sortir du libéralisme ?

C’est un bien grand mot. Même si le socialisme du XXIème siècle est revendiqué comme objectif, il y a plutôt une convergence vers un modèle de type social-démocrate (celui de l'Europe des années d'après-guerre), sans remise en cause globale et immédiate du capitalisme et de l’économie de marché. Ce qui prime est la volonté d'éliminer la pauvreté et de réduire les inégalités, même si on est très loin d’y être arrivé complètement, de redistribuer les richesses, de récupérer les ressources naturelles, le tout s'accompagnant d'une prise de distance vis à vis du libre-échange. L’Amérique latine s’installe entre la gauche et le centre gauche.

A partir du début des années 2000, l’objectif prioritaire des luttes de tous les mouvements sociaux latino-américains a été de mettre un coup d’arrêt au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA ou ALCA en espagnol et en portugais), de l'Alaska à la Terre de Feu, impulsé par Washington. Ce projet aurait en effet permis aux Etats-Unis d’institutionnaliser des relations totalement asymétriques et de recoloniser ainsi le reste de l’hémisphère. Le libre-échange est en effet un outil au service des forts et au détriment des faibles. Le projet a finalement été enterré en 2005 sous la pression conjointe de Hugo Chavez, de Lula et de Nestor Kirchner.

De nouvelles structures d'intégration, essentiellement politiques, ont ensuite vu le jour, sans que les Etats-Unis soient conviés à en faire partie : en 2008, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) dotée de surcroît d'un Conseil de défense. C’est une « première » depuis le Traité de Rio de 1947, dit Traité américain d’assistance réciproque (TIAR), qui n’était ni plus ni moins qu’un instrument permanent d’intervention de Washington. D’un point de vue géopolitique, il s’agit de renforcer le mouvement vers une pluri-polarité du monde.
Quant à la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) qui regroupera tous les pays de ces deux zones (dont Cuba), elle sera officiellement mise en place en décembre prochain à Caracas.

Par ailleurs, en décembre 2004, a été lancée par Cuba et le Venezuela une construction inter-étatique radicalement nouvelle : l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), à laquelle se sont ensuite incorporés la Bolivie, le Nicaragua, l'Equateur et trois petits Etats anglophones (La Dominique, Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-et-les Grenadines). Le Honduras, qui en était également membre, en a été retiré par les putschistes qui ont renversé le président Manuel Zelaya en juin 2009.

Quelle est l'originalité de l’ALBA ?

Ce n'est pas une zone de libre-échange, mais un espace politique et économique organisé, fondé sur la solidarité, la complémentarité et la prise en compte des asymétries.
Sa finalité est avant tout sociale : la lutte contre la pauvreté, le chômage, l’exclusion, pour l'accès gratuit et universel à l’éducation et la santé, pour la préservation de l’environnement. En favorisant le commerce intra-zone, parfois sous forme de troc, et en réduisant au maximum l'utilisation du dollar comme monnaie d’échange. D'où la création d'une monnaie commune virtuelle des pays de l'ALBA (comme l'était, en Europe, l'ECU avant l'euro) : le SUCRE.

L’Amérique latine est-elle unie idéologiquement ? N’y a-t-il pas deux pôles : d’un côté les pays de l’ALBA, justement, et, de l’autre, le Brésil ?

Par ignorance ou pour tenter d'isoler les gouvernements les plus engagés dans la transformation sociale et le refus de l'ingérence de Washington (en premier lieu le Venezuela), les grands médias prétendent qu’il y aurait « deux gauches » qui s'opposent en Amérique latine : d’un côté une gauche radicale, celle de Chavez, Correa et Morales, et, de l’autre, une gauche « raisonnable », représentée par le Brésil de Lula puis de Dilma Roussef, l'Uruguay, le Pérou d'Ollanta Humala et l'Argentine de Cristina Fernandez, veuve de Nestor Kirchner, triomphalement réélue à la présidence le 23 octobre (si tant est que l'on puisse ainsi classer le péronisme).

En fait, on constate un continuum entre les gauches de ces pays, chacune ayant sa spécificité. Elles s’emboîtent les unes dans les autres. Leurs dirigeants se rencontrent ou se parlent en permanence et sont animés d'une volonté commune : celle de construire la Grande patrie latino-américaine pensée par Simon Bolivar, d'oeuvrer à la justice sociale et de se débarrasser de la tutelle du grand voisin du Nord.

Bien sûr il existe des conflits historiques, comme entre la Bolivie et le Chili, mais que nul ne songe plus à trancher par les armes. Plus prosaïquement, se présentent des contentieux économiques qui se règlent au fur et à mesure : entre le Brésil et l’Argentine sur les importations ; entre l’Argentine et l’Uruguay sur la construction d’une usine de pâte à papier qui présentait des risques de pollution du fleuve Uruguay, etc.

Au plan politique, on peut parler d’une véritable convergence. En Colombie, le nouveau président, Juan Manuel Santos, a pris le contrepied de son prédécesseur Alvaro Uribe en se réconciliant avec le Venezuela. Il se comporte comme un membre de la grande famille latino-américaine et non plus comme un relais régional des Etats-Unis. L’autre Etat pro-américain, le Pérou, est également passé au centre-gauche avec l’élection de Ollanta Humala. Il y a un seul gouvernement ouvertement de droite, celui du Chili, dirigé par l’homme d’affaires Sebastian Pinera, qui a annoncé qu’il voulait gérer le pays comme une entreprise : c’est un échec lamentable !

Cette réussite n’est-elle pas très dépendante d’un fort protectionnisme, et de ressources énergétiques et en matières premières importantes ?

Ce protectionnisme n’est pas si fort, et en tout cas pas plus que celui des Etats-Unis ! Mais il n’y a effectivement plus de course aux traités de libre-échange ! Ensuite, il faut reconnaître que la politique d’aide aux plus démunis en Argentine est financée par le boom des exportations agricoles, notamment du soja, et elle n’est tenable que si ces exportations se maintiennent à un très haut niveau. Quant à la manne pétrolière du Venezuela, évidemment, le pays en vit, mais, contrairement à ses prédécesseurs, Chavez en a fait bon usage pour le financement de programmes sociaux de très grande envergure. Il en a également fait profiter les pays d’Amérique central et de la Caraïbe, via le projet PetroCaribe. Combien de dirigeants diraient comme lui : « Le hasard a fait que le pétrole est ici, mais il appartient à l’Amérique du Sud » ?

Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. En Amérique latine, et en premier lieu au Brésil, la richesse est toujours scandaleusement mal répartie. Et pourtant Lula a quitté le pouvoir avec 80% d’opinions favorables. Que s’est-il passé ? Dans son bilan, il a évoqué les 30 millions de personnes sorties de la pauvreté et l’émergence des classes moyennes. Mais s’il a été plébiscité par les classes populaires et moyennes, il l’a aussi été par les couches les plus riches qui, sous ses deux mandats, sont devenues encore plus riches ! La forte croissance a fait grossir le gâteau, mais n’a pas modifié la répartition des tranches.

Comment ont évolué les rapports entre les Etats-Unis et l’Amérique latine ?

A l’orée de son premier mandat, George Bush – qui baragouine l’espagnol -, avait annoncé son intérêt pour le sous-continent, ce qui n’était pas de bon augure. Les circonstances ont fait qu’il s’est trouvé mobilisé ailleurs après le 11 septembre. Le malheur des uns…

Il faut cependant mettre à son « actif », l’appui au coup d’Etat avorté du 11 avril 2002 au Venezuela, comme à l’ « actif » d’Obama l’appui de fait au coup d’Etat de juin 2009 au Honduras contre le président élu Manuel Zelaya. La politique des Etats-Unis en Amérique latine est restée pratiquement identique d’un président à l’autre. Mais elle a trouvé en face d’elle un continent de plus en plus soudé pour lui résister. En témoignent, comme nous l’avons vu plus haut, l’échec de la ZLEA, la création de l’ALBA, de l’UNASUR et de la CELAC.

Aujourd’hui, la priorité des priorités de Washington est de déstabiliser le Venezuela dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2012 à laquelle Chavez sera à nouveau candidat. Les services américains financent les opposants au gouvernement bolivarien, organisent contre lui des campagnes de presse, parfois grotesques, mais qui trouvent des relais complaisants dans les grands médias, plus particulièrement en Espagne et en France.

Dans les mois qui viennent, il faut s’attendre à une intensification de la désinformation contre Chavez. A cet effet, les agents de la CIA implantés dans les ambassades américaines sont à la manoeuvre un peu partout en Europe. Un de leurs objectifs est de créer un « cordon sanitaire » autour du gouvernement vénézuélien pour l’isoler non seulement de la droite, mais aussi des forces de gauche en Europe. Sont aussi visés les mouvements de solidarité avec le Venezuela et l’Amérique latine.

L’Amérique latine pourrait-elle servir d’exemple à l’Europe ?

Bien sûr ! Ce qui frappe en Amérique latine, c’est que l’intégration passe moins par l’économique que par le politique. C’est la volonté politique qui prime, l’exemple de l’ALBA étant à cet égard significatif. C’est aujourd’hui le continent le plus stable du monde, on devrait donc s’y intéresser ! Or ce qui est sidérant, c’est le peu d’intérêt que la majorité de la gauche européenne lui porte, pour partie en raison du matraquage médiatique hostile. A cet égard, les agissements de la CIA et du département d’Etat ont porté leurs fruits. Le terrain est d’autant plus facile à occuper pour la propagande américaine que peu nombreux sont les dirigeants de gauche qui ont un minimum de culture « latine » et qui parlent espagnol ou portugais.

Ceux qui ont une bonne connaissance de l’Amérique latine et qui en tirent vraiment les enseignements sont Alain Lipietz (mais il n’a plus de responsabilités nationales chez les Verts EE) et surtout Jean-Luc Mélenchon. Le candidat présidentiel du Front de gauche y a fait plusieurs voyages d’études, il parle bien l’espagnol, et le titre de son livre Qu’ils s’en aillent tous ! est un clin d’œil au mouvement social argentin du début des années 2000 avant l’arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner. A un degré moindre, j’ajouterai Olivier Besancenot qui se réfère souvent au Che et qui a fait des visites à Cuba et au Venezuela.

Et, chez les socialistes, Arnaud Montebourg ?

Posez-lui la question ! Je note que, dans son entourage proche, Christiane Taubira, élue de la Guyane, est très sensibilisée aux questions latino-américaines. Par ailleurs, Montebourg a cité la modalité du référendum révocatoire prévue par la Constitution vénézuélienne comme un exemple à suivre pour une VIème République.
Au sein de la gauche du PS, Benoît Hamon et le maire du 14ème arrondissement de Paris, Pascal Cherki, sont également très attentifs à ce qui se passe en Amérique latine. En revanche, je n’ai jamais entendu François Hollande ou Martine Aubry s’exprimer sur le sujet.

Pourquoi ce manque d’intérêt ?

Je crois que l’Amérique latine donne mauvaise conscience aux dirigeants sociaux-démocrates : il y a dans cette région du monde des processus de transformation sociale qu’ils n’auraient peut-être pas le courage de mettre en place en France. Au mieux, ils ne veulent pas voir ce qui se passe là-bas, ils regardent ailleurs. Au pire, ils reprennent à leur compte les campagnes de désinformation et de dénigrement des grands médias.

L’Amérique latine est aujourd’hui la seule région du monde où, certes de manière parfois désordonnée, des gouvernements mettent en œuvre des mesures réellement progressistes, créent les conditions de la participation populaire, rompent avec les dogmes néolibéraux, mettent le projet politique au poste de commandement et instaurent, dans le cas de l’ALBA, des formes de relations internationales fondées sur la solidarité et non pas la concurrence.

Ces expériences mériteraient logiquement d’être étudiées et soutenues par tous les mouvements de gauche en Europe. Ce n’est pas – ou pas encore - le cas. Sans doute parce qu’elles constituent un vivant reproche pour tous ceux qui ont renoncé à changer la société autrement qu’en paroles.
*Bernard Cassen (à gauche, forcément) en 1968. L'auteur de ce blog et deux copines. 
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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 16:00

SOURCE : Le Nouvel Observateur, 26/10/2011

http://media.paperblog.fr/i/72/720413/actualites-mdd-4-denise-fabre-nouvelle-egerie-L-2.jpeg

Licenciée pour un ticket de caisse ?

 

Anne-Marie, caissière au Cora de Mondelange en Moselle depuis dix ans est sans doute sur le point d'être licenciée. La lettre recommandée qu'elle a reçue de la direction du magasin le 25 octobre n'est rien d'autre qu'une convocation pour un entretien préalable le 7 novembre prochain dans le cadre d'une procédure de licenciement pour faute grave. Anne-Marie est-elle partie avec la caisse ? Non. Comme le révélait le "Républicain Lorrain" jeudi 26 octobre, elle a simplement ramassé un ticket de caisse.

"Une pression terrible"

Le 24 septembre dernier, "j'ai vu que, sur un ticket oublié par une cliente à une caisse automatique, figurait une offre promotionnelle de Mac Do, explique-t-elle au 'Nouvel Observateur'. J'ai donc ramassé le ticket et découpé le bon". Mais lorsque Anne-Marie termine sa journée de travail, elle est convoquée par la direction et accompagnée jusque dans le bureau par un agent de sécurité. S'en suivent deux heures d'entretien "dans une petite pièce avec une pression terrible", selon Denis Pesce, secrétaire de l'union CGT de la Moselle qui suit le dossier. Finalement, l'enseigne Cora porte plainte pour vol et c'est, cette fois-ci, par la gendarmerie qu'Anne-Marie est convoquée. Mais l'affaire ne s'arrête pas là : portée devant le Procureur de la République, celui-ci lui a adressé un rappel à la loi estimant que ce ticket est bien la propriété de Cora. Si cette mesure la protège d'éventuelles poursuites judiciaires, elle lui signifie également son tort au regard de la loi. "C'est grave, estime Denis Pesce, car cette décision du Procureur peut aider la direction à faire aboutir la procédure de licenciement ".

Une "chasse aux sorcières"

Mais pour la CGT, cette histoire tient bien moins à une histoire de ticket de caisse qu'à une "véritable chasse aux sorcières". Dans la grande distribution les syndicats sont assez peu implantés, mais au Cora de Mondelange la CGT a recueilli 85% des suffrages aux dernières élections, explique la CGT. C'est d'ailleurs le seul syndicat présent sur le site avec une dizaine de délégués pour environ 300 employés au total. Depuis deux ans, date de l'arrivée d'un nouveau directeur de magasin, les élus sont victimes d'un "contexte de répression syndical", assure Denis Pesce.  Et Anne-Marie, élue CGT au Comité d'entreprise et suppléante du délégué du personnel, en fait partie. "En deux mois, nous avons reçu 39 lettres recommandées", souligne le syndicaliste. "C'est une volonté déterminée de dégager la CGT", confirme Anne-Marie émue. L'hôtesse de caisse affirme être en dépression depuis le début de cette histoire. "Il m'a anéantie au point que je me sens coupable", ajoute-t-elle.

Aucun dialogue social

Dans un communiqué publié mercredi, la CGT commerce dénonce des "méthodes d'un autre âge" et une "politique de réductions des coûts" ainsi que l'absence de "dialogue social" dans l'établissement. Toujours selon le syndicat, "l’union départementale CGT de Moselle et la fédération Commerce CGT qui ont participé à une réunion de soutien aux salariés de cet établissement hier ont eu la mauvaise surprise d’être accueillies par un huissier mandaté par Cora pour constater d’éventuels débordements lors de cette réunion".

Jointe par "le Nouvel Observateur", la direction du Cora de Mondelange a simplement répondu qu'une procédure étant en cours, il n'était pas possible de la commenter. De son côté, le groupe Cora a posté un message sur sa page Facebook, affirmant "comprendre" les réactions indignées des internautes, ajoutant : "Nous sommes actuellement en contact avec la direction de l’hypermarché Cora de Mondelange afin de clarifier cette situation."

Quant à Anne-Marie, elle doit attendre son entretien du 7 novembre qui déterminera de la suite. Mais la salariée étant une élue syndicale, si la procédure se poursuit, elle devra être soumise à un inspecteur du travail puis au comité de l'établissement qui arrêtera alors la décision finale.

Anne Collin - Le Nouvel Observateur

 

NB : On a appris le 27/10/2011 que Cora, pour finir, ne porterait pas plainte contre son employée. Cela n'enlève rien à ses méthodes et au climat qui règne dans ce genre d'entreprise. Et on peut se demander ce qu'il se serait passé sans l'article du NO. Notons pour finir que cette employée représentait la CGT au Conseil d'entreprise et que tout est bon pour intimider les délégués syndicaux.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 06:25

http://homepage.mac.com/margueritteg1/iblog/B473334831/C453561/E20090318162039/Media/2009-02-13T204936Z_01_APAE51C1LUV00_RTROPTP_3_OFRWR-RUSSIE-MILLIARDAIRES-20090213.JPGCette question tourne depuis un petit moment sur internet : notre kleiner Mann paye-t-il des impôts ?

 

Je me méfie toujours de ce type de questionnement car il fleure bon le poujadisme, l’antiparlementarisme, le touspourriisme. Mais comme on a vu à maintes reprises Sarkozy ne pas payer son dû (voire un récent numéro de “ Complément d’enquête ” de Benoît Duquesne sur France2), ou encore s’approprier des stylos de grand prix lors de signatures de traités, on peut se demander s’il n’y a pas chez lui ce qu’on appelle en psychologie une conduite, non pas, dans ce cas d’espèces (sic) une tendance kleptomane mais un comportement du type « je pique et je n’en ai rien à cirer ».

 

Je fournis ici des éléments chiffrés précis que je ne suis pas en mesure de vérifier. Sarkozy ne payerait pas d’impôts sur le revenu et fonciers depuis douze ans. Or, ses revenus seraient les suivants :

 

 

- Indemnité mensuelle de Président de la République: 24.874, 55 Euros

- Retraite de député ( à vie ): 9.298,21 Euros

- Retraite de ministre (à vie et convertible après son décès en rente  viagère pour ses héritiers): 8.776,34 Euros

- Retraite de maire de Neuilly (à vie ): 6.241, 92 Euros

soit un total mensuel de :  49.191,02 Euros

 

Même si, tout à fait légalement, 30 % de ces revenus ne sont pas imposables, il resterait à Notre Président un  revenu imposable mensuel de : 34.435,71 Euros

 

Sarko ne payerait aucun impôt malgré des réclamations qui lui seraient faites depuis 1995.

 

Par ailleurs, Notre Président a déclaré pour l'ISF un patrimoine de 1.576.394 Euros, juste avant l'élection présidentielle.

 

Or il serait propriétaire :

 

- outre de trois assurances-vie totalisant 897.654 Euros

- de 1 appartement de 340 m² à Neuilly

- 3 studios de rapport dans le 6ème arrondissement de Paris

- 1 résidence d'été de 11 pièces et 13.000 m² de terrain à côté d'Ajaccio.

- 1 appartement pour les sports d'hiver au-dessus de Chamonix (120 m²)

- Sans compter quelques jolies collections de tableaux non assujetties à l' I.S.F..

 

Qu’en est-il de tout cela ?

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 18:53

http://www.politique.net/img/jean-michel-aphatie.jpgOn connaît ma sympathie, mon empathie, bref mon admiration sans borne pour Aphatie (link) ou (link).

 

Malheureusement, je vais être obligé, cette fois-ci, de le traiter plus bas que terre. J'en suis navré, d'autant que je suis amené à me déchaîner à l'occasion d'une plainte déposée contre lui par Christiane Laborde.

 

Il n'est pas facile de prendre la défense de Françoise Laborde, journaliste de droite, ancienne étudiante de Raymond Barre, nommée au CSA par Sarkozy et qui, en bonne châtelaine (elle possède, dans le Madiran, un château monastère, link) défend les intérêts de la grande bourgeoisie.

 

Il y a peu, au Journal de Canal+ où il sévit quotidiennement, le vociférateur du Béarn, de sa voix de fausset et du ton haineux qui sont familiers aux auditeurs de RTL, a déversé son ire contre les vedettes de la politiques ou d'ailleurs qui signent des livres écrits par des nègres. En bon poujadiste démago, il découvrait ce que tout le monde sait depuis des siècles et qui n'a strictement aucune importance. Aphatie livra donc à la vindicte populaire plusieurs noms de politiques et autres people aidés dans leurs entreprises d'écriture, mais il prit bien soin d'oublier le plus connu d'entre eux. Qui aida, notre kleiner Mann à écrire, notamment, les deux pavés Libre et Georges Mandel, le moine de la politique ? En voilà une question qu'elle eût été bonne !

 

Parmi les sujets du scandale, Aphatie cita donc Françoise Laborde, sur la foi d'un entrefilet erroné publié par un hebdomadaire de droite qui, c'est bien connu, ne se trompe jamais. Or il se trouve que Françoise Laborde, comme sa soeur d'ailleurs, est l'autrice de plusieurs ouvrages, politiques, d'un intérêt relatif mais au moins aussi intéressants que les éditos d'Aphatie, et surtout d'ouvrages très personnels, où elle nous livre sa souffrance avec finesse et pudeur. Elle a également préfacé un livre sur la maladie d'Alzheimer. Ce que n'a pas encore fait notre bouledogue piailleur.

 

Que faire pour ce pauvre homme ? Je suggère la création du FLAOP, le Front de Libération de l'Aphathie Obsessionnel et Poujadiste. Pour le libérer de lui-même, mais ce sera dur.

 

     

 

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:40

Daniel Lauton me fait passer l'information suivante qui prouve que Cavanna avait raison, il y a 45 ans de cela, lorsqu'il proclamait que "la publicité rend con, la publicité nous prend pour des cons" :

 

Carrefour « offre » une voiture à un gagnant.

 

Cette voiture est payée par qui ?

 

Par une goutte du trop perçu sur les achats des clients, comme tous les « cadeaux » imaginés par les commercieux.

 

Or vous n’êtes venus dans une grande surface ni pour payer une voiture à quelqu’un, ni pour jouer à une loterie.

 

Mais pleins de gens dépourvus de tout esprit critique vont vérifier s’ils ont gagné, dans un décor infantile.

 

Comme quoi, être pris pour des cons, cela rend con… Carrefour a gagné !

 

 

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:49

Dessin de Louison pour Marianne :

 


 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:32

http://leblogdesmontres.fr/wp-content/gallery/divers-2/nicolas-sarkozy-breitling.jpgEl Trigo (le blé ?), lecteur de Mediapart, évoque avec bon sens la hauteur de la dette française. Comme dit l'autre, tout est relatif. Surtout quand on part du principe élémentaire que le dogme (de Bérégovoy par exemple) du franc (de l'euro,  du rouble etc.) fort profite à ceux qui ont de l'argent et pénalise ceux qui n'en ont pas et qui veulent en emprunter. Même chose pour le dogme d'une inflation à 2% (d'où vient ce chiffre magique ?). Augmenter l'inflation de 1 ou 2% abaisserait considérablement la dette du pays, redonnerait un peu d'air aux salariés et un peu plus de pouvoir dans l'entreprise aux travailleurs. Ce qu'il y a de bien avec cette courte analyse, c'est qu'elle nous donne le nom des affameurs. Petite question : combien vaudrait une Breitling avec une inflation à 4% ?


Pensera-t-on à regarder de près la place des interêts de la dette dans la dette. En gros, en 2006, le montant de la dette (environ 1400 milliards il me semble) était quasi égal à l'ensemble des intérets versés depuis 1973. La loi Rothschild,... qui oblige l'état à emprunter aux banques et pas à la banque centrale. A supposer que sur la période l'État ait emprumpté à 3 %, alors qu'il aurait pu emprunter auprès de la banque centrale, disons, à 1 % pour simplifier, on a un écart illégitime de 66%, soit 930 milliards environ... La dette de la France aurait alors été en 2006 de 470 Milliards, soit 20 % de PIB, soit sensiblement ce qu'elle était en 1973... La seule cause objective de l'augmentation considérable de la dette est donc cette loi illégitime, voire odieuse, imaginée par le tandem Pompidou/Giscard pour satisfaire les envies de Rotschild & Co.

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 06:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/41/South_metope_30_Parthenon_BM.jpg/220px-South_metope_30_Parthenon_BM.jpgLe gouvernement grec entend modifier le statut de l'Observatoire National d'Athènes pour le convertir en une institution privée.


 

Le danger est que des services tels que le Réseau sismique national et le service pour la protection du public contre les risques naturels dans la région vont partir en capilotade.

 

L'Observatoire National d'Athènes est, depuis 170 ans, le plus ancien centre de recherche dans la région des Balkans.

 Il accueille cinq instituts :

(1) Astronomie et astrophysique,

(2) Géodynamique,

(3) Recherche Environnementale & Développement Durable,

(4) Applications spatiales et télédétection,

(5) Physique des astroparticules.

 

Aujourd'hui, la Grèce alloue moins de 0,6% de son PIB à la recherche (moyenne de l’UE : 1,85%). Partant du fait que le financement privé pour la recherche fondamentale en Grèce est extrêmement réduit, le retrait du financement de l'Etat va mettre en péril la pluridisciplinarité de l'Observatoire. Les scientifiques et les techniciens seront conduits au chômage, tandis que des télescopes, des laboratoires et des grandes infrastructures utilisées pour prévenir les risques naturels seront inutilisés.

 

 http://www.gopetition.com/petitions/support-the-historic-national-observatory-of-athens.html

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