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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 15:02

http://www.mon-diplome.fr/Diplome/700-6954-Dipl%C3%B4me%20de%20distribution%20de%20gouttes%20au%20grabataires.jpgIl n'y a pas que nos provinces profondes que le kleiner Mann et son gang du Fouquet's ont transformé en désert médical. Les grandes villes pâtissent également d'une politique de la santé qui fait la part belle aux actionnaires privés et aux médecins libéraux.

 

Bernard est un grand malade. Il souffre d'un myélome avancé. Est-ce parce que, agriculteur intensif, il a ingéré, quarante ans durant des produits toxiques que nous retrouvons ensuite dans nos assiettes ? Je ne sais, mais le mal est là. Compliqué d'un oedème aux poumons qui implique une assistance respiratoire permanente et nécessite des ponctions nécessaires et épuisantes.

 

A 75 ans, Jean-Pierre n'a plus du tout le moral. Il "préfère crever", dit-il. Et ce n'est pas la manière dont les établissements hospitaliers toulousains s'occupent de son cas qui incitent à lui redonner le moral. En début de semaine, il a dû subir une ponction lombaire dans un grand hôpital de Toulouse. Le lendemain était prévu sa ponction pulmonaire quinzomadaire. Dans un autre hôpital.

 

On aurait pu penser que le premier établissement l'aurait gardé une nuit puis l'aurait fait transporter dans le second par ambulance. Que nenni ! Dans la France du kleiner Mann et de ses amis, on ne s'encombre pas de vieilles personnes au seuil du grand voyage. On ne les achève pas encore mais mais on accélère le passage vers l'au-delà. Après sa ponction lombaire,  Bernard fut contraint de rentrer chez lui, par ses propres moyens (dans sa voiture conduite par son épouse, elle-même malade), puis de repartir le lendemain pour la capitale de Midi-Pyrénées.

 

Petit détail : Bernard habite à 90 kilomètres de Toulouse.

 

Pour couronner le tout, Bernard subira dans 48 heures un scanner à Agen. Dans une clinique privée.

 

PS : au quotidien, heure après heure, Bernard souffre beaucoup. Aucun des établissements hospitaliers qu'il fréquente ne lui a proposé un puissant analgésique. Bernard se soigne à l'aspirine.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 15:29
Les Français sont fortement sollicités pour envoyer des dons aux populations frappées par la famine dans la cornehttp://a35.idata.over-blog.com/389x322/3/60/72/23/Images-articles-2/Charite.gif de l’Afrique.

 

Bonne nouvelle : Mamie Zinzin vient de leur faire parvenir un chèque. Un très gros chèque.

 

Un chèque équivalent à tout l’argent que son obligé le Président lui a fait gagner ces cinq dernières années en ristournes fiscales.

 

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le Président a, de son côté, décidé d’aller passer une semaine dans un centre du SAMU social.

 

Sans talonnettes, pour se mettre bien au niveau des réalités.

 

(Paru en première exclusivité sur le site du Grand Soir).

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 15:01

http://www.alternelec.com/web_images/compteur-electrique.jpgDepuis qu'EDF a été virtuellement privatisée, elle est atteinte de la maladie du libéralisme pourrissant et nécrosant. Ses employés souffrent de maux mystérieux et inguérissables. Je voudrais en donner ici deux exemples vécus.

 

Un de mes voisins constate que sa consommation a considérablement baissé d'une année sur l'autre, selon le compteur EDF (- 80%). Il est très surpris car il n'a pas changé ses habitudes de consommation. Puisque l'erreur lui est favorable, il demande à l'entreprise de moins en moins nationale (elle vient de vendre une partie de ses avoirs stratégiques à un fonds d'investissements chinois) de lui ristourner la différence puisqu'il est mensualisé et qu'EDF lui applique plus ou moins le même forfait d'année en année. Au téléphone, l'employée aquiesce. Honnête citoyen, mon voisin lui fait observer qu'il doit y avoir un problème quelque part, vraisemblablement au niveau du compteur. Il suggère donc à EDF de venir enquêter chez lui. Comme il ne sent pas l'employée très réceptive à cette proposition, il lui fait observer qu'EDF perd beaucoup d'argent. Réponse de la dame :

 

 - Si vous le voulez, on peut venir, mais je vous préviens, si le compteur fonctionne normalement, nous vous facturerons le déplacement et l'intervention.

 

Réponse de mon voisin : "Je n'ai pas envie de payer, ne vous dérangez pas".

 

Merveilleuse pratique d'une entreprise en voie de privatisation qui essaie de taxer ses clients de quelques dizaines d'euros tout en en perdant des centaines !

 

Un de mes amis est technicien à EDF. Technicien ancienne manière : travailleur conscientisé, syndiqué, soucieux du service public. Dernièrement, son chef lui demande de se rendre chez un boulanger dont le four est électrique. Son installation disjoncte très régulièrement et il demande à son fournisseur d'électricité de lui augmenter son ampérage. Mon ami se rend chez le boulanger et il ne lui faut pas trois minutes pour se rendre compte que l'ampérage est suffisant mais qu'une prise du magasin est défectueuse. A l'époque d'EDF ancienne manière, le technicien aurait suggéré le remplacement de la prise (trois euros), et puis basta !

 

Avec EDF nouvelle manière, l'employé a ordre de traiter ce qui lui est demandé, et rien d'autre.

 

En fin de compte, le boulanger s'est retrouvé avec un ampérage plus fort, donc une facture plus élevée, et une prise qui va continuer à faire disjoncter l'installation.

 

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Sarkozite (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:25

par Ignacio Ramonet, pour Mémoire des Luttes

http://3.bp.blogspot.com/_T2cGWxY2PlU/TLxatPfxUXI/AAAAAAAAApg/RYd4YlV_oPo/s1600/loi+de+finance+projet+2011+2010+fiscalité+entreprises+particuliers+nouveautes+nouvelles+recettes+fiscales+etat+assemblee+gouvernement.jpg

 

Les europhiles les plus béats le répètent à l’envi : si nous ne disposions pas de l’euro, disent-ils, les conséquences de la crise seraient bien pires. Ils divinisent un euro "fort et protecteur". C’est leur doctrine. Ils la défendent fanatiquement. Mais il faudrait expliquer aux Grecs (et aux Irlandais, aux Portugais, aux Espagnols, aux Italiens et à tant d’autres citoyens européens frappés par les politiques d’austérité) ce que seraient des "conséquences bien pires"... Socialement, la situation n’est-elle pas déjà insupportable ? Ne sent-on pas monter, au sein de l’eurozone, une hostilité de plus en plus radicale à l’égard de la monnaie unique et de l’Union européenne (UE) elle-même ?

Les citoyens indignés contre la situation actuelle ne manquent pas d’arguments. Car l’euro, monnaie de 17 États et de leurs 330 millions d’habitants, est en effet un instrument au service d’un objectif précis : la consolidation des dogmes [1] sur lesquels est fondée l’UE. Ces dogmes - que le Pacte de stabilité (1997) ratifie et que la Banque centrale européenne (BCE) sanctionne - sont au nombre de trois : stabilité des prix, équilibre budgétaire et renforcement de la concurrence. Nulle préoccupation sociale, aucun engagement à réduire le chômage, zéro volonté de garantir la croissance et, bien entendu, pas le moindre désir de défendre l’Etat providence. Bien au contraire.

A l’occasion de la crise actuelle, les gens commencent à comprendre que les normes de l’UE ainsi que celles de l’euro ont été deux attrapoires pour les faire entrer dans un piège néolibéral dont l’issue n’est guère aisée. Ils se retrouvent désormais prisonniers des marchés, comme l’ont explicitement voulu les dirigeants politiques (de droite et de gauche) qui, depuis trois décennies, bâtissent l’UE. Ces politiques ont systématiquement organisé l’impuissance des Etats dans le dessein d’accorder davantage d’espace et de marge de manœuvre aux marchés et aux spéculateurs.

C’est d’ailleurs dans cet esprit (et sous la pression de l’Allemagne) que la BCE a été déclarée "totalement indépendante" des gouvernements [2]. Ce qui signifie que, contrairement à ce que son nom indique, la BCE n’est pas une Banque centrale, et qu’elle se retrouve en dehors du périmètre de la démocratie. Afin que ni les citoyens, ni les gouvernements élus ne puissent modifier ses options libérales.

Ces caractéristiques (impuissance des dirigeants politiques, indépendance de la BCE) sont en partie responsables de l’incapacité européenne à résoudre le drame de la dette grecque. L’autre raison est que, sous son apparente unité, l’UE (et dans ce cas précis la zone euro) se trouve profondément divisée en deux camps presque irréconciliables. D’un côté : l’Allemagne et son aire d’influence (Benelux, Autriche et Finlande) ; de l’autre : la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce.

L’origine de la dette grecque (comme celle de la dette des autres pays "périphériques") est bien connue. Lorsque la Grèce fut admise au sein de la zone euro [3], les institutions financières et les investisseurs internationaux considérèrent immédiatement que ce petit Etat présentait, malgré son évidente fragilité et ses ressources limitées, toutes les garanties pour recevoir des crédits massifs et bon marché. Une pluie de propositions de financement à des taux ridicules s’abattit sur Athènes. Formulées, en particulier, par des banques allemandes et françaises qui poussèrent les gouvernements grecs à s’endetter à faible coût et à long terme pour acheter notamment du matériel militaire allemand et français... [4]

Lorsque la crise financière (dite "des subprimes") éclate en 2008, elle s’étend rapidement à l’ensemble du secteur bancaire européen. Les établissements financiers manquent très vite de liquidités et réduisent drastiquement le crédit. Ce qui menace d’asphyxier l’ensemble de l’économie. Pour éviter cela, les Etats décident d’aider massivement les banques. Et parviennent à les sauver. Mais pour ce faire, ils ont dû emprunter auprès des marchés internationaux (puisque la BCE leur refuse tout prêt). C’est alors qu’interviennent les agences de notation ; elles sanctionnent l’endettement excessif des Etats (réalisé pour sauver les banques !)... Immédiatement, les taux d’intérêt des crédits aux Etats les plus endettés explosent... Commence alors la phase actuelle de la crise.

La dette grecque est insignifiante en elle même si l’on se souvient que le PIB de la Grèce représente moins de 3% de celui de la zone euro. Techniquement, le problème aurait pu être réglé il y a plus d’un an sans difficulté. Mais le gouvernement conservateur allemand, qui faisait face alors à des élections locales difficiles (et finalement perdues), estima qu’il ne serait pas moralement juste que les Grecs, accusés de "corruption" et de "laxisme", s’en tirent si facilement. Il fallait donc les punir afin que leur mauvais exemple ne soit pas imité.

Une aide trop rapide à Athènes, déclara Angela Merkel, "aurait un effet négatif, d’autres pays en difficulté pourraient cesser de faire des efforts" [5]. Cette attitude explique pourquoi, avec l’aide de ses alliés, Berlin ne cessa de tergiverser à propos de l’aide à Athènes. Laissant filer les mois. Délai dont profitèrent les marchés, alléchés par le désaccord européen, pour attaquer la Grèce. Finalement, Berlin finit par accepter un premier (et incomplet) plan d’aide, à une condition : que le Fonds monétaire international (FMI) y soit associé. Pourquoi ? Pour deux raisons. D’abord, parce que les institutions européennes ne disposent pas d’un bourreau suffisamment sévère pour intimider les Etats. Et ensuite parce que, depuis quarante ans, la spécialité du FMI consiste à exiger des pays endettés la mise en place de politiques antisociales. Ses recettes (appliquées sans pitié en Amérique latine dans les années 1970 et 1980) sont toujours les mêmes : hausse des taxes à la consommation, réductions brutales des budgets publics, strict contrôle des salaires, privatisations massives... [6]

Le gouvernement Papandreu fut donc contraint d’accepter un féroce plan d’ajustement, refusé par les citoyens révoltés. Mais, aux yeux des marchés, le mal était fait. Car cette affaire démontrait, une fois encore, une évidence : le rythme de la politique européenne est trop lent, alors que celui des marchés est immédiat. Les spéculateurs comprirent que l’Union européenne restait un géant sans cerveau politique, et que l’euro n’était qu’une "monnaie forte" à structure faible (il n’y a pas d’exemple dans l’histoire, d’une monnaie qui ne soit pas encadrée par une autorité politique). Les marchés attaquèrent alors l’Irlande, et devant une réaction européenne derechef lente et maladroite, ils raflèrent à nouveau la mise. Puis ils attaquèrent le Portugal, et idem. Ils attaquèrent ensuite l’Espagne et l’Italie, et les gouvernements de ces pays s’empressèrent eux-mêmes de s’auto-infliger les impopulaires recettes du FMI...

Dans toute l’Europe se répand ainsi la "doctrine de l’austérité expansive", que ses propagandistes présentent comme une sorte d’élixir économique universel, alors qu’il provoque partout de terribles désastres sociaux. Pis, ces politiques de rigueur aggravent la crise, elles étouffent les entreprises de toutes tailles en renchérissant le crédit, et enterrent toute perspective de récupération rapide de l’économie. Elles entrainent les Etats dans une spirale d’autodestruction, leurs recettes se réduisent, la croissance stagne, le chômage augmente, les nocives agences de notation baissent la note de confiance, les intérêts de la dette souveraine s’élèvent, la situation générale empire et les pays redemandent de l’aide... [7] Aussi bien la Grèce que l’Irlande et le Portugal - les trois seuls Etats aidés par l’UE (par le biais notamment du Fonds européen de stabilisation financière) et par le FMI - ont été précipités dans ce tragique toboggan par ceux que Paul Krugman appelle les "fanatiques de la douleur" [8].

Le Pacte de l’euro, proposé en mars dernier, aggrave les choses. Car il s’agit, en réalité, d’un tour de vis supplémentaire pour renforcer la rigueur. Il prévoit plus de "compétitivité", encore des réductions des dépenses publiques, de nouvelles mesures de "discipline fiscale", et pénalise surtout - et encore une fois - les salariés. Il menace aussi de sanctionner les Etats qui ne respecteraient pas le Pacte de stabilité [9]. Et propose même la mise sous tutelle de la dette publique, c’est-à-dire une limitation de la souveraineté. "Les pays européens doivent être moins libres d’émettre de la dette", a affirmé, par exemple, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE. Certains eurocrates vont plus loin, ils proposent que tout gouvernement n’ayant pas respecté le Pacte de stabilité se voit retirer la responsabilité de diriger ses propres finances publiques...

Tout ceci est absurde et néfaste. Il en résulte une société européenne appauvrie au profit des banques, des grandes entreprises et de la spéculation internationale. Pour l’instant, les protestations légitimes des citoyens européens visent leurs propres gouvernants, marionnettes dociles des marchés. Quand se décideront-ils à concentrer leur colère contre le vrai responsable, c’est-à-dire le système qui n’est autre que l’Union européenne elle-même ?

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 15:30

http://www.motifake.com/image/demotivational-poster/0811/opulence-demotivational-poster-1225987301.jpgAvant de partir en congé – mais prennent-ils jamais des vacances ? – les collaborateurs du Monde Diplomatique nous ont concocté un superbe numéro.

On vient de voir que Barack Obama avait été contraint d'accepter les mesures imposées par les Républicains pour combler les déficits. Serge Halimi l’avait prévu (« Chantage à Washington ») : « Relative à la réduction de la dette américaine, la querelle qui oppose le président Barack Obama et la majorité républicaine au Congrès dissimule l’essentiel : cédant au chantage de ses adversaires, M. Obama a concédé d’emblée que plus des trois quarts de l’effort budgétaire des dix prochaines années, soit 3 000 milliards de dollars, proviendraient de coupes dans les budgets sociaux. La droite américaine aurait pu se satisfaire de ce triomphe, mais elle veut toujours plus. Y compris quand son intransigeance risque d’entamer sa popularité.

En décembre 2010, cédant une première fois à sa pression, le président des Etats-Unis avait prolongé de deux ans les baisses d’impôts très inégalitaires décidées par son prédécesseur George W. Bush. Quatre mois plus tard, parlant cette fois comme Ronald Reagan, M. Obama s’est réjoui de « la réduction annuelle des dépenses la plus importante de notre histoire ». Il a ensuite enchaîné les cycles de négociations avec les parlementaires républicains, annonçant : « Je suis prêt à me faire taper sur les doigts par mon parti pour arriver à un résultat. » Résultat : de nouveaux reculs de la Maison Blanche… »

 

Robert W. McChesney et John Nichols expliquent comment, aux États-Unis, médias, pouvoir et argent achèvent leur fusion : « Au Royaume-Uni, le scandale créé par les agissements du groupe de M. Rupert Murdoch a révélé les liens délétères entre journalisme, police et politique. Aux Etats-Unis, où le milliardaire possède de nombreuses chaînes de télévision, le rôle du complexe médiatico-financier dans la vie institutionnelle s’est encore accru récemment… ». Pendant ce temps, Greg Grandin revient sur le rêve amazonien de Henry Ford : « Au début du XXe siècle, l’industriel américain Henry Ford impose sa vision du monde à la construction automobile, avec l’ambition d’étendre « rationalisation » et « standardisation » à toutes les activités humaines. En créant Fordlandia, au cœur de l’Amazonie, il met son rêve en pratique. »

Magnifique article de Frédéric Lordon sur la nécessaire démondialisation (par parenthèse, un concept inventé dans les années 90 par Bernard Cassen, alors directeur du Diplo : « Perchées sur le fil de la dette, les économies occidentales flageolent de crise en crise. Réunions et sommets « exceptionnels » où se joue le sort d’un pays, d’un continent, constituent désormais l’ordinaire des responsables politiques. Depuis trois ans, ces derniers ont endossé le rôle de voiture-balai de la finance. Mais une autre piste s’ouvre, suscitant déjà craintes et controverses : qui a peur de la démondialisation ? Au commencement, les choses étaient simples : il y avait la raison – qui procédait par cercles (avec M. Alain Minc au milieu) –, et puis il y avait la maladie mentale. Les raisonnables avaient établi que la mondialisation était la réalisation du bonheur ; tous ceux qui n’avaient pas le bon goût d’y croire étaient à enfermer. « Raison » cependant confrontée à un léger problème de cohérence interne puisque, se voulant l’idéal de la discussion conduite selon les normes de la vérité et du meilleur argument, elle n’en aura pas moins interdit le débat pendant deux décennies et n’aura consenti à le laisser s’ouvrir qu’au spectacle de la plus grande crise du capitalisme. »

 

Alain Gresh raconte l’horreur en Syrie où les balles ont tué la peur : « De récents affrontements entre sunnites et alaouites à Homs ont illustré les tensions confessionnelles et les risques de guerre civile. Pourtant, la majorité des manifestants rejette ces dérives et réclame la démocratie. Le pouvoir syrien affirme vouloir de profondes réformes, mais sa crédibilité est minée par la violence de la répression. »

On se divertit avec Allan Popelard et Paul Vannier qui nous expliquent pourquoi Marrakech est plus high society que la Gascogne (j’avais personnellement des doutes !) : « Le référendum du 1er juillet dernier sur la Constitution marocaine a permis au roi Mohammed VI de donner au moins, dans le contexte des révoltes arabes, l’illusion d’une démocratisation. Mais le sort de Marrakech, transformée en « nouveau Saint-Tropez » de la jet-set parisienne, illustre le creusement des inégalités sociales.

Jean-Arnault Dérens nous parle de la “ Yougonostalgie ” : « Vingt ans après le tragique éclatement de la Yougoslavie, la nostalgie de l’ancien Etat commun se ravive dans les républiques héritières. Que représente ce sentiment, où se mêlent le regret d’un Etat puissant, respecté sur la scène internationale, et les souvenirs idéalisés d’un socialisme « à visage humain. »

Tony Wood nous emmène au pays du capitalisme réel : la Russie, bien sûr : « À l’approche des élections russes de mars 2012, les grandes manœuvres politiques ont commencé au Kremlin. Moribonde au début des années 1990, la Russie a opéré depuis une décennie un spectaculaire redressement économique et diplomatique sur fond d’autoritarisme et de corruption. A l’heure du bilan, deux visions de la transition postsoviétique s’affrontent. » Pendant ce temps-là, selon Cédric Gouverneur, calcutta est bien « délaissée » : « Entourée de Bidonvilles en expansion continue, la capitale bengalie a moins profité de la croissance économique que New Delhi ou Bombay. La mégapole conforte une certaine image de dénuement, au risque de se caricaturer elle-même. »

Laurent Bonelli nous brosse un historique des luttes armées depuis une quarantaine d’années : « Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les puissances occidentales ont érigé la guerre contre le terrorisme en priorité stratégique sans que l’on sache vraiment ce que recouvre le terme. Quoi de commun en effet entre les groupes révolutionnaires nés dans les années 1970, les réseaux d’Al-Qaida et les luttes armées pour l’indépendance ? Les témoignages de militants éclairent les logiques de la violence politique. »

Même l’École Normale Supérieure de la Rue d’Ulm est contaminée par le capitalisme financier, pour lequel sa directrice à les yeux de Chimène (Mathias Roux) : « Créée après guerre, l’ENA devait former des grands commis de l’Etat ; bicentenaire, l’Ecole normale supérieure avait pour mission de produire un corps enseignant d’élite baigné de valeurs humanistes. Devenues des instruments de reproduction de la classe dirigeante française, ces deux institutions prestigieuses tentent de s’imposer comme un sas vers le monde des affaires. »

Qu’est-ce qu’un réactionnaire, s’interroge Évelyne Pieillier ? « Longtemps, on put le définir comme celui qui préfère l’ordre ancien au progrès, et le classer à droite. Mais les réfractaires aux réformes libérales sont eux aussi taxés d’immobilisme, alors même que les anime un idéal de progrès... Confusions, équivoques, que les propos des antimodernes et autres conservateurs énervés peuvent éclairer à leur manière. »

Grand (aux deux sens du terme) reportage d’Olivier Cyran. Écologie de droite, cave canem ! Voir l’exemple des grands écolos allemands (Joschka Fischer en tête) qui ont vendu leur âme aux financiers : « Longtemps, le parti des Verts allemands a semblé vouloir faire de la politique autrement, loin des Parlements. Héritiers de la contestation des années 1960, les Grünen ont lutté contre le nucléaire, expérimenté de nouvelles formes de vie collective. Forts de résultats électoraux encourageants, leurs dirigeants tentent de concilier écologie, économie et jeu institutionnel. A Hambourg, le compromis donne des résultats surprenants. »

Un article inattendu mais très édifiant de benoît Duteurtre sur ce « Charming Paris » qui devient un parc à thème : « À la boulangerie du quartier, la plupart des touristes s’expriment en « globish ». Sitôt entrés dans la boutique, ils bredouillent quelques mots d’anglais pour commander leur sandwich. Plus loquaces, certains Américains se lancent dans de longues phrases, avec toute l’assurance de représentants de la culture dominante. Quand je me trouve dans la file d’attente, j’ose parfois leur signaler qu’en France on utilise généralement le français - la politesse consistant à demander : « Parlez-vous anglais ? » Certains me regardent, l’air ahuri, et je comprends leur étonnement. Car tout semble fait aux alentours pour leur éviter semblables préoccupations. Les cafés déguisés en bistrots typiques affichent sur des ardoises les prix de leurs appetizers et de leur French merlot. Quant aux autobus qui passent toutes les cinq minutes, pour déplacer les visiteurs d’un monument à l’autre, ils ont également opté pour l’affichage en anglais. Bref, le voyageur venu découvrir la double destination « Paris-Eurodisney » peut avoir l’impression d’évoluer, à deux pas de Notre-Dame, dans une annexe du parc de loisirs mondialisé. »

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 06:00

par Bernard Cassen pour Mémoire des luttes

http://eco.rue89.com/files/20081027Dettes.jpg

Dans la sphère financière comme dans les autres, ce sont les dirigeants politiques et les médias qui, par un tri sélectif des données factuelles disponibles, les font accéder au statut de « problèmes ». Dans le même temps, ils en délimitent unilatéralement par avance les « solutions ». La question de la dette publique constitue un cas d’école de cette manière de trancher un débat sans qu’il ait eu lieu.

Premier volet de la manipulation : dans une atmosphère confinant à la panique, cette question est érigée en sujet de préoccupation quasi obsessionnel. C’est le cas depuis mai 2010 dans l’Union européenne (UE) avec la mise en place du Fonds européen de stabilité financière ; c’est aussi le cas depuis peu aux Etats-Unis. Deuxième volet : dans la zone euro, une solution d’une simplicité biblique est mise en avant. Elle consiste à affirmer que, pour résorber les déficits, il faut tailler massivement dans les dépenses publiques et privatiser tout ce qui peut l’être. Et cela quelles que soient par ailleurs les divergences entre gouvernements de l’UE, et entre certains d’entre eux (Allemagne, Pays-Bas) et la Banque centrale européenne (BCE) sur la nécessité ou non d’une « restructuration » - c’est-à-dire d’une annulation au moins partielle - des dettes souveraines ou d’une mise à contribution des banques qui ont réalisé des bénéfices colossaux grâce à la spéculation sur ces dettes.

Le simple bon sens enseigne pourtant qu’un déficit représente seulement la différence entre des recettes et des dépenses. Cette différence peut certes être comblée par la diminution des dépenses, mais elle peut l’être tout autant par un accroissement des recettes fiscales. Or cette solution n’est jamais évoquée qu’à la marge car elle remettrait en question les politiques néolibérales menées depuis trois décennies par les gouvernements, qu’ils se réclament de la droite ou de la gauche. Ces politiques ont abouti à diminuer la part des revenus du travail dans la richesse produite et à augmenter d’autant les revenus du capital. En d’autres termes, à creuser les inégalités partout dans le monde.

De 1982 à 2005, la part des 1 % les plus riches dans l’ensemble des revenus est passée de 8, 4 % à 18, 3 % aux Etats-Unis, et de 6,9 % à 14, 3 % au Royaume-Uni. Dans la zone euro, les chiffres sont moins spectaculaires, mais néanmoins significatifs : de 9,4 % à 11, 1 % en Allemagne ; de 7, 1 % à 8, 2 % en France [1]. Ce formidable transfert de la richesse au profit de ceux qui étaient déjà des privilégiés s’est opéré par la baisse constante de l’imposition des hauts revenus et des bénéfices des entreprises, d’ailleurs souvent camouflés dans des paradis fiscaux. Les déficits budgétaires entraînés par l’insuffisance délibérée de ces recettes fiscales permettent aux plus riches de gagner sur les deux tableaux : d’un côté, ils paient moins d’impôts, et, de l’autre, grâce aux économies qu’ils réalisent ainsi, ils peuvent acquérir des titres de la dette publique dont les intérêts sont payés par le contribuable.

Les déficits publics pourraient facilement être comblés par une série de mesures simples : taxation des revenus du capital à la même hauteur que celle des revenus du travail ; lutte sérieuse contre la fraude fiscale ; taxation de toutes les transactions financières ; interdiction des flux financiers avec les paradis fiscaux, taxation des produits et services en provenance des pays ne respectant pas des normes sociales et environnementales minimales. On peut toujours rêver d’un Sommet européen qui prendrait ces décisions…

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 15:00
http://www.travelnet.travel/modules/AxialRealisation/img_repository/files/images/guides/syrie/Syrie.jpgJe n'en sais évidemment rien, mais j'ai été fortement interpellé par un artcicle de Pierre Piccinin paru aujourd'hui dans Le Grand Soir. L'auteur vient de séjourner dans le pays. Son témoignage doit être pris au sérieux. Alors, bien sûr, on peut penser à Fabrice à Waterloo. Mais comme, par ailleurs, on nous a raconté tellement de balivernes sur ce qui se passe en Libye...



Durant ce mois de juillet 2011, je me suis rendu en Syrie, dans le but d’y vérifier une hypothèse relative aux origines de la contestation.


J’ai pu circuler en toute liberté et indépendance dans tout le pays, de Deraa à Damas et de Damas à Alep, en croisant tout le Djebel druze, au sud, en passant par Homs, Hama, Maarat-an-Nouman, Jisr-al-Shugur, en longeant la frontière turque et en inspectant les points de passage vers la Turquie, par lesquels, comme on sait, les réfugiés ont quitté la Syrie, puis de Alep à Deir-ez-Zor, tout à l’est du pays, en traversant le désert syrien suivant plusieurs itinéraires…


J’ai ainsi pu vérifier que, d’une part, le mouvement issu de la société civile aspirant à la démocratisation du régime s’essouffle et que, d’autre part, il existe d’autres mouvances d’opposition, parfois violentes et dont les objectifs ne sont pas identiques à ceux des démocrates pacifiques.


C’est notamment le cas de la fraction islamiste de la communauté sunnite, organisée autour des Frères musulmans, qui ambitionnent l’instauration d’une république islamique en Syrie, ce qui terrifie les Chrétiens et la plupart des autres minorités, dès lors favorables au statu quo actuel et au parti Baath, garant de la laïcité de l’État.


Mais, outre cette vérification de mon hypothèse, j’ai aussi été confronté, de facto, à une constatation qui m’a stupéfait, alors que je m’attendais à trouver un pays en révolution : l’image de la Syrie qui est proposée dans les médias occidentaux, image d’un pays en en plein chaos régulièrement ébranlé par des manifestations gigantesques rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes, ne correspond en aucun cas à la réalité observable sur le terrain.


En effet, déjà minoritaire à l’origine, la contestation démocratique des débuts s’est progressivement étiolée, notamment du fait de la répression exercée par le gouvernement, et se limite aujourd’hui à quelques quartiers périphériques des grandes villes, où se rassemblent épisodiquement quelques centaines de personnes seulement, quelques milliers parfois, le plus souvent le vendredi, à la sortie des mosquées, non sans une certaine influence islamiste, très présente dans ces quartiers défavorisés. Ces manifestations n’ont que peu de conséquence sur le régime.


A côté de ce mouvement démocratique, la contestation se traduit aussi dans l’action de bandes armées, principalement à Homs, en une forme de guérilla urbaine, dont il est bien difficile de déterminer l’origine et les objectifs. Ces jeunes, cagoulés et violents, peu nombreux, ne constituent pas non plus une réelle menace pour le gouvernement.


Par contre, une contestation plus ample se poursuit à Hama, fief des Frères musulmans, la seule ville de Syrie, quasiment en état de siège, où ont encore lieu de grandes manifestations.


Hama avait été le centre d’une violente révolte, en 1982, qui avait été écrasée par Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, Bashar al-Assad. Le bilan de la répression avait été estimé entre dix et quarante mille morts.


Lorsque la contestation a commencé, en février dernier, les Frères ont relancé leur mouvement à Hama et le régime, craignant une insurrection similaire à celle de 1982, a directement ouvert le feu contre un mouvement qui, cette fois, s’est révélé, à ce stade, non-violent (à Hama du moins).


Les habitants de Hama ont dès lors fortifié les entrées de la ville, dont l’armée s’est aujourd’hui retirée et qu’elle a encerclée de blindés prêts à intervenir en cas de débordement. Le gouvernement, de toute évidence, a choisi d’éviter le bain de sang, par crainte des réactions de la communauté internationale, et, la contestation s’essoufflant partout ailleurs, a opté pour le pourrissement.


Le vendredi 15 juillet, je suis entré dans Hama, sans être arrêté aux barrages routiers. Dans la ville, déserte, c’est le chaos : voitures et autocars calcinés, gravats, rues fermées par des barricades de fortunes, immondices qui ne sont plus enlevés… L’ordre y est maintenu par des groupes de jeunes en moto qui sillonnent les boulevards.


Très vite, j’ai été entouré par ces jeunes, inquiets de me voir prendre des photographies. Quand j’ai montré mon passeport belge, la situation s’est détendue : « Belgîcaa !, Belgîcaa ! » ; seul observateur étranger sur place (le régime refuse l’entrée dans le pays aux journalistes), j’ai été encadré par ces jeunes qui m’ont fait toute une fête ; j’ai pu me déplacer parmi les manifestants, puis accéder à un haut immeuble, d’où j’ai pris une série de clichés d’ensemble.


Sur la place Asidi, au bas de la grande avenue al-Alhamein, la prière terminée, des milliers de personnes sont sorties des mosquées et ont déboulé de tous les quartiers de la ville. Au cri de « Allah akbar », elles ont invectivé le régime. « Voulez-vous de Bashar ? » ; « Non ! ». Un long cortège a ensuite fait le tour de la place, déployant un drapeau syrien de plusieurs dizaines de mètres. L’armée n’est pas intervenue ; il n’y a pas eu de violence. J’ai ensuite eu l’occasion de m’entretenir avec ces jeunes, qui m’ont demandé de témoigner de leur mouvement.


Le soir même, rentré dans ma chambre d’hôtel, quelle ne fut pas ma surprise de lire la dépêche de l’AFP, qui annonçait un million de manifestants à travers la Syrie, ce 15 juillet, considéré comme la journée ayant connu la plus forte mobilisation depuis le début de la contestation, dont 500.000 à Hama.


A Hama, ils n’étaient, en réalité, pas 10.000.


Cette « information » est d’autant plus absurde que la ville de Hama ne compte que 370.000 habitants. D’autres dépêches ont suivi, tout aussi absurdes : 450.000, puis 650.000 manifestants à Deir ez-Zor, une ville de 240.000 habitants. Je m’y suis rendu ; la ville est l’une des plus calmes du pays.


Certes, les chiffres sont toujours différents, d’une source à l’autre ; ils varient parfois très sensiblement ; et les estimations ne sont pas toujours aisées.


Mais, dans ce cas-ci, il ne s’agit plus d’estimations difficiles ou de variantes ; dans ce cas, il s’agit « d’intox », de désinformation, de propagande. 500.000 manifestants peuvent ébranler le régime ; 10.000 n’ont que peu de conséquence.


Et toutes les « informations » qui sont diffusées sur la Syrie depuis des mois sont du même ordre.


Comment ces 10.000 manifestants ont-ils pu ainsi miraculeusement se multiplier en 500.000 dans les dépêches de l’AFP ?


La source de l’AFP ? Celle qui revient et revient, systématiquement, depuis des mois, dans tous les médias. Celle qui est devenue, peu à peu, quasiment la seule source sur les événements qui touchent la Syrie. C’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (l’OSDH).


Je me suis immédiatement intéressé à cet OSDH. Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour découvrir que, derrière cette étiquette aux apparences honorables, comme peuvent l’être des associations telles qu’Amnesty International ou la Ligue des droits de l’homme, se cache une organisation politique, basée à Londres, dont le président, Rami Abdel Ramane, opposant de longue date au régime baathiste, est très connu en Syrie où l’on sait les rapports étroits qu’il entretient avec les Frères musulmans, dont il serait lui-même membre.


C’est cette même organisation, l’OSDH, qui multiplie les vidéos sur Youtube, montrant des « dizaines de milliers de manifestants », dans toutes les grandes ville de Syrie, alors que, si l’on examine ces vidéos, on ne peut compter que quelques dizaines de personnes, filmées en plans rapprochés, qui, certes, donnent une impression de masse, mais ne trompent pas l’œil critique.


Ainsi, depuis plusieurs mois, c’est une réalité imaginaire que les médias diffusent à propos de la Syrie, une réalité revue et corrigée par une source unique sur laquelle personne, semble-t-il, n’a jugé utile de s’interroger.


Cette image d’une Syrie en pleine révolution et d’un parti Baath au bord du gouffre ne correspond en aucun cas à la réalité du terrain, où le pouvoir contrôle la situation et où la contestation s’est considérablement réduite.


Mais, au-delà de cette désinformation relative au cas syrien, il y a plus grave : de manière générale, les leçons de Timisoara, de la Guerre du Golfe ou des événements de Yougoslavie n’ont toujours pas porté. Et les médias, même les plus fiables, continuent de se laisser prendre au piège des dépêches hâtives, sans prendre davantage le temps d’en vérifier ni le contenu, ni l’origine, au risque de servir à leurs lecteurs une réalité virtuelle et de leur construire un monde imaginaire...


Pierre PICCININ

 
Professeur d’histoire et de sciences politiques
(de retour de Syrie)

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 06:28

http://www.buzz-buzz-blog.fr/wp-content/uploads/2011/07/jade_foret_arnaud_lagardere_jpg2.jpgNous avons été récemment abreuvés d'images soigneusement autorisées du couple présidentiel se promenant à Brégançon, lui torse nu et en short, elle exhibant son gros ventre de femme enceinte de six mois.

 

Je ne pensa pas être plus bégueule que la moyenne, mais je dirais que ce type de représentation me choque passablement. Nous n'avons pas à subir la vue des grosses et courtes jambes du président de la République et les progrès du foetus Sarkozy/Bruni. Non seulement cela ne nous intéresse pas, mais cela leur appartient et n'a pas à encombrer notre champ de vision.

 

"Obscène" vient d'un mot latin qui signifie "de mauvais présage". Il y a dans le sens moderne de ce mot l'idée, bien sûr, de quelque chose de très choquant, mais aussi le fait que la personne qui choisit ce comportement le fait avec un réel cynisme. Flaubert a dit quelque part que ce qui est obscène manque de vérité. Sur la plage de Brégançon, nous sommes en présence de quelque chose de faux : le couple qui se montre ainsi voudrait nous faire croire que la vie c'est "ça", tout simplement "ça". Mais la vie, ce n'est pas des futurs parents entourés de centaines de policiers et gendarmes et de dizaines de photographes dûment convoqués por proposer un moment prétendument intime, normal, banal. La famille Kennedy nous avait elle aussi présenté, il y a cinquante ans déjà, des images "naturelles" de réunion de famille en villégiature. Il ne fallut que quelques années pour que l'on sache que ce clan souriant était traversé de tempêtes névrotiques inouïes, de rivalités carnassières, de mensonges consubstantiels.

 

Sarkozy a un vieil ami qui vient de le surclasser en la matière : Arnaud Lagardère, héritier de l'Empire du même nom. Sur internet, on a abondamment vu cet individu en la compagnie lascive d'un mannequin trente ans plus jeune que lui, une femme belge qui tente de faire son trou dans le milieu du show business. Agé de cinquante ans, Lagardère est, comme on dit dans la presse que l'on peut mettre entre toutes les mains, un "célibataire endurci". Comme ses amis Richard Gasquet et Bertrand Delanoë.

 

Sur la vidéo qui a indigné le personnel d'EADS (vous savez, ce fleuron de l'industrie nationale française que Jospin et DSK ont refilé pour partie à la famille Lagardère en 1999), Arnaud et Jade surjouent leur tout récent bonheur...

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 15:08

http://medias.68mai08.org/affiches/bourrage_des_cranes_A4c.jpgDe l'aveu même de ses dirigeants, TF1, donc Jean-Pierre Pernaut, vend des cerveaux vides à Coca Cola. TF1, et Jean-Pierre Pernaut, sont capables de faire plier toute institution qui les dérange. Ils viennent d'intimer à You Tube l'ordre de retirer une vidéo édifiante consacrée à la rhétorique de Pernaut. Un tel acte de censure n'est évidemment pas très malin de leur part. Très bien fait, le montage de You Tube corroborait ce que l'on savait déjà sur le vidage de cerveaux par les JT de l'immense journaliste. Cette censure ne peut que renforcer la critique et rendre les téléspectateurs non moutonniers encore plus lucides.

 

Ci-dessous, l'article de RUE 89 consacré à ce prurit scandaleux.

 

CiDiffusé par Rue89, le montage peu flatteur décrypte l'idyllique JT de TF1. La chaîne a obtenu son retrait de la plateforme de vidéos.

Mi-juillet, Bastien Hugues décryptait pour Rue89 la rançon du succès du JT de Jean-Pierre Pernaut. Ce sont les sempiternels reportages cartes postales, le vocabulaire positif et l'air débonnaire du présentateur qui rassurent les téléspectateurs.

Une stratégie que le journaliste a mis en lumière de manière flagrante dans un montage posté sur le site de partage de vidéos YouTube. La vidéo est désormais impossible à visionner après que TF1 en a exigé le retrait.

Pour ceux qui n'ont pas encore pu visionner la prose redondante de « JPP », il n'est pas encore trop tard : la vidéo est toujours disponible sur Dailymotion, qui n'a pas encore privé les internautes de ce montage qui redonne le sourire. (Voir la vidéo)

Dans la nuit du 26 au 27 juillet, Bastien Hugues a reçu une notification de YouTube l'avertissant que sa vidéo avait été retirée. Selon le site de partage, TF1, qui estime que la vidéo porte atteinte à ses droits d'auteur, en a formulé la demande.

Audrey Lefevre, avocate spécialiste du droit d'auteur, précise qu'il s'agit de « droits voisins », une disposition créée par les parlementaires en 1985. Depuis cette date, les producteurs audiovisuels peuvent autoriser ou interdire l'exploitation de leurs contenus par autrui. Elle explique :

« C'est certainement à ce titre que TF1 a considéré la vidéo comme une diffusion illicite des JT de Jean-Pierre Pernaut. Ce n'est pas parce que de nombreuses vidéos sont sur YouTube que c'est forcément légal. »

Une vidéo qui entre dans le champ de la parodie

L'avocate, qui a regardé la vidéo pour Rue89, précise cependant que YouTube aurait pu débattre de ce retrait. Selon elle, un article du code de propriété intellectuelle (CPI), le L211-3, peut permettre d'empêcher la vidéo d'être enlevée du site.

 

Le texte précise en effet que les bénéficiaires des droits ne peuvent interdire « la parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre ».

Le montage, dans lequel la star du 13 heures répète inlassablement les mots « superbe » ou « très joli » plusieurs dizaines de fois au fil des extraits de JT, pourrait entrer dans cette catégorie.

Le site internet Numerama évoquait lui aussi cette possibilité le 27 juillet.

« Un contenu critique et pédagogique plus qu'une parodie »

Remonté, Bastien Hugues a décidé de contester le retrait de sa vidéo auprès de YouTube, mais la plateforme a refusé de remettre la vidéo en ligne. Motif : « Les informations que vous nous avez fournies sont insuffisantes. »

Selon le journaliste, un deuxième argument permet pourtant de contester le retrait de la vidéo :

« Plus qu'une parodie, ma vidéo est un montage journalistique, au contenu critique et pédagogique. Ce qui lui permet aussi d'échapper aux droits d'auteurs. »

Le L211-3 précise en effet que « les bénéficiaires des droits […] ne peuvent interdire […] les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'œuvre à laquelle elles sont incorporées ».

Selon Audrey Lefevre, son évocation est possible, étant donné que la vidéo est une succession de petites citations de Jean-Pierre Pernaut.

La censure d'une vidéo peu flatteuse ?

Cette bataille juridique intéresse peu Bastien Hugues. Ce qui le révolte, c'est qu'il s'agit avant tout pour lui de la censure par TF1 d'une vidéo peu flatteuse à l'égard de son présentateur :

 

« Cette vidéo a été visionnée plus de 170 000 fois sur YouTube. Si c'est réellement une question de droits d'auteur, pourquoi ne pas avoir demandé le retrait plus tôt ?

La chaîne savait qu'en la supprimant en plein buzz, elle allait attirer l'attention. »

TF1 agirait donc discrètement, une fois que l'attention des internautes est plus faible. Joint à maintes reprises par Rue89, le directeur de la communication de la chaîne Frédéric Ivernel n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

Bastien Hugues déplore les méthodes employées par TF1 dans cette histoire :

« Quand nous rédigions notre article [le papier est cosigné de Raphaël Godet, ndlr], on a contacté Jean-Pierre Pernaut, qui a refusé de nous parler alors qu'on lui donnait la possibilité de s'exprimer.

Maintenant, TF1 passe par YouTube et refuse toujours de communiquer. »

TF1 avait déjà demandé 100 millions d'euros à YouTube

Ce n'est pas la première fois que TF1 conteste la diffusion de ses contenus sur YouTube. En 2008, elle a attaqué l'hébergeur, lui réclamant 100 millions de dommages et intérêts. L'affaire, toujours en cours, a sans doute incité YouTube à ne pas discuter le retrait de la vidéo de Bastien Hugues.

En 2010, un procès similaire qui opposait la chaîne espagnole Telecinco à YouTube a donné raison à ce dernier. Le juge a considéré que le droit européen sur le commerce électronique s'appliquait aussi aux sites d'hébergement.

Une décision qui équivaut à l'émergence d'une juridiction européenne, selon Numerama. Ce qui donnerait un certain avantage à YouTube sur TF1.

En retirant la vidéo de Bastien Hugues, il n'est pourtant pas impossible que YouTube ait joué la carte de la prudence. Le jugement espagnol précisait :

« L'unique obligation [de l'hébergeur] est justement de collaborer avec les détenteurs de droits pour, une fois l'infraction identifiée, procéder au retrait immédiat des contenus. »

Contacté par Rue89, YouTube a déclaré « ne pas commenter le retrait des vidéos » de son site.

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:51

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn_indesign/2011-05/2011-05-25/article_2505-FRA-DSK.jpgOuh-là, là !!!

 

Que va-t-il nous balancer sous ce titre accrocheur ?

 

Une petite remarque en passant. Pour les crimes sexuels dont il est accusé, DSK risque 74 ans de prison et des dommages et intérêts phénoménaux.

 

Pour le massacre qu'il a reconnu, Anders Breivik risque 21 ans de prison, à la rigueur 30 si son acte est requalifié en crime contre l'humanité.

 

M'est avis que, dans un cas, nous sommes en présence d'une justice civilisée, et d'ans l'autre d'une justice qui l'est un peu moins.

 


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