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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 05:39

http://www.sudouest.fr/images/2011/10/12/nicolas-sarkozy-lors-de-son-deplacement-dans-la-creuse_529423_460x306.jpgLe moyen le plus efficace pour devenir riche n'est pas de jouer en bourse, de stocker des lingots ou de jouer à l'euromillion : c'est de ne pas dépenser son argent. Ce qu'a fort bien compris notre kleiner Mann. Lors de sa récente escapade en Creuse (escapade en Creuse, escapade heureuse), notre président a, selon La Montagne, offert une tournée générale dans un café. Par parenthèse, le Petit Journal de Canal+ nous a expliqué comment et pourquoi cette visite avait été préparée par les services de l'Élysée, comment les questions posées par notre président au cabaretier n'avaient rien de spontané mais avaient été répétées et mémorisées par lui.

 

Bref, notre kleiner Mann lance un flamboyant : "Profitez-en, c'est ma tournée". Après avoir bu, il règle la note de 6 euros 60 par des paroles verbales du genre "C'est un bel endroit, on a envie de s'y installer".

 

Puis il vante son bilan, en particulier la baisse de la TVA, obtenue par le restaurateur Daguin contre la promesse de ne pas voter Le Pen en 2007, une baisse qui a contribué, chacun le sait, à la création de 4 millions d'emplois dans la restauration...

 

Bref, il n'y a pas de petits profits.

 

 

* Ah, ce poing virilement asséné sur le comptoir du troquet bien de chez nous.

 

PS : Dans un prochain article, je poserai une question qui tourne depuis cinq ans sur la toile : le kleiner Mann paye-t-il des impôts ?

 


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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 15:00

http://sarkopitheque.files.wordpress.com/2007/09/francafrik21.jpgLe 9 février 1994, le juge Philippe Courroye (qui n’est pas gauchiste) ouvre une information contre X pour abus de biens sociaux et recel. Cette information concerne les journaux News et Dauphiné News de Grenoble, lancés quelques semaines avant les élections municipales de 1989 pour soutenir le conseil municipal de droite. En mars 1989, Alain Carignon est réélu maire de Grenoble et les journaux disparaissent laissant un passif de 10 millions de francs. La Lyonnaise des eaux (future Vivendi), qui vient de remporter la gestion des eaux de Grenoble récemment privatisée, entre dans le capital de l'entreprise de presse et en éponge les dettes.

Le 19 juillet 1994, Alain Carignon démissionne de son poste de ministre de la Communication du gouvernement avant d’être mis en examen. Il est condamné le 9 juillet 1996 par la Cour d’appel de Lyon à 5 ans de prison (dont 1 an avec sursis), 5 ans d'inéligibilité, et 400000 francs d'amende pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins. Du lourd. Il passera 29 mois en prison, une durée exceptionnelle pour un homme politique.

 

En septembre 1997, alors qu'il est incarcéré, Alain Carignon est mis en examen pour « faux, usage de faux et abus de biens sociaux » dans l'enquête sur société Grenoble Isère développement (GID), une société d’économie mixte proche du Conseil général de l’Isère dont Carrignon est resté président. Le 13 juillet 1999, il est condamné par le Tribunal correctionnel de Grenoble à dix-huit mois de prison avec sursis et 80000 francs d'amende pour « abus de biens sociaux et usage de faux ».

 

Carrignon revient (avec difficulté) en politique en 2002, après avoir purgé l'intégralité de sa peine. Il intègre, logiquement, le nouveau parti de droite, l’UMP, en prenant la tête de la fédération du parti en Isère.

En novembre 2006, Alain Carignon est désigné à 80%, par les militants UMP de la 1ere circonscription de l’Isère comme candidat pour les législatives de 2007. Cette désignation est validée par la Commission nationale de l'UMP, aux dépens du député sortant Richard Cazenave. Pendant sa campagne, Carrignon est soutenu par Valérie Pécresse et Donnedieu de Vabre (condamné en février à une amende de 15000 euros pour avoir participé, sur instruction du président du Parti républicain, à l'opération d'utilisation des fonds spéciaux de Matignon pour l'acquisition par le Parti républicain de son siège social). De nombreuses personnalités UMP (dont Alain Juppé, condamné en 1998 à 18 mois de prison avec sursis pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux et prise illégale d’intérêt) s'opposent à son retour en politique.

Le 10 juin 2007, Carignon arrive en deuxième position du premier tour des élections législatives, avec 21,45 % des bulletins exprimés, devant Richard Cazenave (19,62 %) qui perd ainsi son siège de député, mais largement derrière la socialiste Geneviève Fioraso (32,02 %). Carignon est logiquement battu au deuxième tour par son opposante socialiste qui obtient 63,03 % des suffrages.

Le 10 janvier 2009, le chef de file de ses opposants, Michel Savin, est élu président de l'UMP Isère.

 

Alain Carignon conseille depuis Brice Hortefeux et notre kleiner Mann à titre officieux.

 

Le président de la République française choisit désormais ses conseillers là où il peut. Et puis le cardinal La Balue est mort…

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 15:08

Pierre Verhas (link), qui s'y connaît en belgitude, donne ici un historique très intéressant sur la faillite de Dexia (on notera, pour la petite histoire, que Jean-Luc Dehaene n'a pas maigri...) :

 

La saga Dexia est un véritable thriller digne des plus grandes productions hollywoodiennes. Toutes les « ingrédients » s’y retrouvent : deux petites banques qu’on décide de marier pour le meilleur – elles connaîtront le pire –, une nouvelle monnaie qui ouvre un marché jamais égalé de 300 millions de personnes, des managers jeunes et ambitieux voulant transformer le nain en géant. Et, bien sûr, tous les moyens sont bons. Cependant, ils ont oublié la fable de la grenouille plus grosse que le bœuf. Tout cela serait risible, si cela ne provoquait des drames sociaux et l’éventuelle faillite des pouvoirs régionaux et locaux français et belges.

 

Dexia est exemplaire de la faillite du néolibéralisme.

 

Dexia est un enfant de l’Europe néolibérale. Elle fut fondée par un haut fonctionnaire français du nom de Pierre Richard (à ne pas confondre avec l’acteur…) bardé de diplômes, cabinetard sous les gouvernements Chirac puis Balladur, irrésistiblement attiré par les sirènes du privé, bref, le parfait petit soldat du capitalisme triomphant.

 

 Pierre_Richard.jpg

Pierre Richard ou la folie des grandeurs

 

Pierre Richard commença sa « carrière » de banquier au Crédit local de France qu'il avait créé en 1986 en le séparant de la Caisse de dépôts et de consignation. En octobre 1987 il en fut président du directoire, puis PDG en décembre 1993, à la suite de la privatisation dont il fut le maître d’œuvre, sous Balladur.

 

Privatisation ? 1993 ? Il y a un lien : les débuts de l’Acte unique, la fameuse « Europe 1992 » lancée par le président de la Commission européenne de l’époque, Jacques Delors (père de Martine Aubry), qui instaura la libéralisation par la fin des barrières douanières, la libre circulation des capitaux, des biens et des services et, dans une moindre mesure, des hommes.

 

 jacques-delors.jpg

Jacques Delors : le père de l'Acte unique ou de l'Europe néo-libérale

 

Une vague de privatisations envahit toute l’Europe. Le grand marché fondé par l’Acte unique suscite toutes les convoitises et particulièrement celles des banques. Dans l’Europe d’alors qui ne comptait pas encore les pays de l’Est, il fut procédé à la privatisation de toutes les banques par la suppression du secteur public de crédit. Ensuite, les grands groupes bancaires lancèrent des OPA sur les banques privatisées qui étaient bien entendu de trop petite taille pour s’imposer dans le marché unique. Les banques qui avaient choisi le « stand alone » connurent très vite des déboires.

 

Dexia est née de l’alliance en 1996 du Crédit communal de Belgique (CCB) et du Crédit local de France (CLF). En outre, le CCB et le CLF, bien que désormais banques privées, finançaient toujours les pouvoirs locaux. Une banque privée qui gère l’argent public !

 

Il y avait une différence fondamentale entre le CCB et le CLF. Le CCB, avec son nombreux réseau d’agences en Belgique, était une banque de dépôts provenant des entreprises et des particuliers, qui prêtait aux communes pour leurs investissements. Le CLF empruntait sur le marché financier pour ensuite prêter aux communes. Cette pratique a été étendue avec la création de Dexia et sous la férule de Pierre Richard.

 

Un "11 septembre" bancaire

 

Vint ensuite la mégalomanie. Richard voulut transformer sa banque franco-belge en une grande institution financière internationale. Il déclara à l’époque, juste avant l’introduction de l’Euro (le Monde du 6 octobre 2011) : « L’euro sera un tremblement de terre pour les banques. Les établissements de taille moyenne vont disparaître et on va assister à de gigantesques restructurations. »

 

 Dexia_siege_1.jpg

Dexia : un "11 septembre" bancaire ?

 

Le séisme a eu des effets bien plus destructeurs que ce que prévoyait Pierre Richard !

 

Il fit racheter par Dexia de petites banques étrangères, notamment en Turquie et aux Etats-Unis. De plus, il ajouta au groupe Dexia l’activité de banque commerciale et la gestion d’actifs. Tout cela pour un coût de 8 milliards.  D’autre part, les régions et les municipalités furent « invitées » à souscrire à des produits « structurés », c’est-à-dire des crédits aléatoires purement spéculatifs, ce qu’on appelle des « actifs toxiques ». En Belgique, Dexia alla même jusqu’à promettre des taux de 13 % sur ces fameux actifs. C’est l’euphorie : Dexia qui pesait 5 milliards d’euros en Bourse en 1996 passe à 17 milliards en octobre 2000. Mais il y a un hic…

 

Il faut recapitaliser. Là, la partie belge commence à rechigner. Cela va trop loin. Richard est remplacé par le Belge Axel Miller, mais reste toujours au Conseil d'administration.

 

 Axel_Miller.jpg

Axel Miller ne plaisait pas aux Français.

 

Arrive la crise des subprimes en 2008.  Les gouvernements belge et français ont dû puiser 3 milliards d’Euros chacun dans la caisse et donner des garanties pour sauver et puis maintenir Dexia à flot. Axel Miller passe à la trappe – Sarkozy voulait sa peau – et est remplacé par le duo composé du Français Pierre Mariani, comme administrateur délégué et de l’ancien Premier ministre belge, Jean-Luc Dehaene, nommé Président du Conseil d’administration.

 

Le clan Sarkozy

 

 

 mariani_Dehaene.jpg

Le tandem Mariani - Dehaene est mené par Mariani.

 

Pierre Mariani est un proche de Sarkozy. Il fut son directeur de cabinet lorsqu’il était ministre du budget sou Balladur. C’est donc un homme de la « caste ». Tout va pour le mieux dans la meilleure Sarkozie … A part qu’en réalité, Dexia a besoin de 260 milliards d’euros. Tout cela n’empêche cependant pas Dexia de poursuivre sa dérive. Dehaene a vieilli. Il est député européen, administrateur de plusieurs sociétés, entre autres le brasseur belgo-brésilien INBEV, etc, en plus de Dexia. C’est beaucoup pour un seul homme. Il se laisse manifestement manipuler par Mariani qui fait la pluie et le beau temps. Les Belges comptent pour du beurre. Il est vrai que les Français ne leur pardonnent pas l’éviction de Richard… L’Europe se construit ! Cependant, comme l’écrit Mediapart : « La nouvelle direction, co-détenue par le Belge Jean-Luc Dehaene et le Français Pierre Mariani, n'a eu, tout ce temps, que le rôle de syndic de faillite, chargé d'éteindre en douceur toutes les dérives du passé. Comme toutes les autres banques, comme les Etats européens, elle a cherché à s'acheter du temps. Les marchés boursiers, longtemps aveugles sur l'état de santé réelle de la banque, ne s'y sont pas trompés. Depuis 2008, l'action Dexia n'a jamais dépassé les 5 euros. »

 

 

 Dehaene.jpg

Jean-Luc Dehaene : Dexia, le mandat de trop ?

 

2008 n’est pas encore terminé qu’une autre crise se profile à l’horizon : celle des dettes souveraines et particulièrement celle de la Grèce. Et, cela va sans dire, Dexia se retrouve dans la tourmente. Et, bien entendu, comme l’Europe n’a édicté aucune règle pouvant servir de garde-fous, les banques ont continué à faire n’importe quoi et Dexia en particulier. Résultat : la crise bancaire est toujours là. Tout cela a fini par inquiéter les dirigeants européens. Aussi, ont-ils décidé de faire un audit de la situation des banques en juillet 2011. La Commission européenne a imposé ce qu’on a appelé les « stress tests », c’est-à-dire un test de solvabilité, à toutes les banques de la zone Euro. Le résultat est risible. Il ne manque que 2,5 milliards d’euros répartis entre neuf banques européennes pour leur permettre de faire face à une situation économique plus grave. Dexia, bien entendu, a passé ce « grand oral » haut la main : avec un ratio de plus de 11% de fonds propres, elle paraissait même être une des mieux capitalisées du système bancaire européen. Sinistre plaisanterie. On peut même se poser la question de l’honnêteté et de l’objectivité de cette mascarade.

 

Cependant, la facture est là. Dexia se trouve être insolvable. « Libération » dénonce le 17 septembre la pratique des prêts à risques aux collectivités locales. Dexia n’a en rien freiné ses recours à des produits « dérivés » ou « actifs toxiques. Dès lors, comme le dénonce ATTAC France, le problème central est le devenir de ces actifs toxiques de Dexia.  Alors, où va-t-on ? C’est le démantèlement de Dexia qui est à l’ordre du jour. Le gouvernement français essaye de refiler Dexia France à la Banque postale et à la Caisse de dépôt et de consignation de reprendre les actifs. Celles-ci refusent. Du côté belge, il a été décidé de nationaliser Dexia banque. Bref, on en revient à l’ancien Crédit communal de Belgique…

 

Quant aux actifs toxiques, c’est la bouteille à encre. L’idée est de les séparer des actifs « sains » et de les mettre dans une banque résiduelle ou « bad bank » (chaque crise génère son néologisme). Dexia s’est débarrassé d’une partie de ces « pommes pourries » après 2008, mais en a ajouté d’autres en achetant, entre autres des obligations d’Etat grecques en grande quantité, puisqu’elles assuraient un rendement plus important que les autres. Autrement dit, que ce soit avec les produits dérivés ou les titres de dettes souveraines, Dexia a poursuivi sa stratégie spéculative envers et contre tout.

 

Finalement (jusqu'à quand ?), un accord est intervenu dimanche 9 octobre entre Fillon et Leterme. La Belgique rachète Dexia banque Belgique pour 4 milliards d'Euros, le gouvernement français crée Dexia - agence municipale pour 0,7 milliards d'Euros qui sera sans doute reprise par La Caisse des Dépôts et des Consignations et la Banque Postale. Enfin, des garanties pour 90 milliards d'Euros (!) sont données pour la «bad bank», dont la Belgique assurera 60,5 %. Sarkozy s'en tire à bon compte : en principe, ce serait aux Français à garantir ce qu'ils ont généré : en effet, les actifs toxiques ont été décidés et achetés au niveau français. Les administrateurs belges étaient aux abonnés absents... ou n'ont rien voulu voir, ou se sont faits tout simplement rouler. Le lendemain de l'accord, Dehaene démissionne. Cela commence bien pour le futur (?) gouvernement Di Rupo... Faire passer l'austérité après cette sinistre plaisanterie sera quelque peu difficile !

 

 

Leterme_Reynders.jpg     

 Yves Leterme et Didier Reynders se sont faits rouler !

 

Tout cela prouve l’échec du « grand marché » tel qu’il a été conçu.L'écroulement de Dexia, qui se targuait d'incarner la grande Europe en construction, celle du marché unique et du marché tout court, pourrait marquer la même rupture. Sa faillite renvoie à l'aveuglement et au déni des autorités européennes depuis le début de la crise de 2008. Les Etats européens, qui n'ont cessé de temporiser, sont rattrapés par la réalité. Il leur faut maintenant trouver une réponse dans l'urgence.

 

Le fameux adage « too big to fail » est désormais démenti avec Dexia. La folie des grandeurs de Pierre Richard et de ses successeurs a conduit Dexia à sa perte. C’est la faillite, il n’y a pas d’autre mot.

 

Pour un secteur public européen du crédit

 

Nationaliser Dexia banque, comme vient de le faire la Belgique, et sans doute d’autres organismes financier – car on peut être certains que d’autres banques vont suivre – ne suffit pas. Cela revient à socialiser les pertes pour privatiser ensuite les bénéfices lorsque les choses seront quelque peu redressées.

 

Il est indispensable d’organiser un secteur public européen du crédit. C’est la seule manière de contrôler ces géants aux pieds d’argile. Et, en passant, sanctionner sévèrement les responsables de ce gâchis qui ruinent les Etats, l’économie et génèrent la misère. Les banquiers ont diversifié leur métier : ils sont devenus assureurs, investisseurs, spéculateurs. Qu’ils en reviennent à leur métier de base : la banque et qu’ils le fassent convenablement. Il est indispensable d’organiser un contrôle public et strict des activités bancaires et boursières en faisant de la Commission bancaire et de la Commission de la Bourse de véritables polices avec des magistrats spécialisés. Et enfin, on commence à l'évoquer, séparer une fois pour toutes les activités de banques de dépôt, des activités commerciales et spéculatives. En clair, sauver l'économie réelle en rejetant une fois pour toutes la financiarisation.

 

Mais, tout cela ne suffit pas. C’est un système qu’il faut revoir. Il sera évoqué dans un prochain article.

 

Pierre Verhas

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 05:52

http://image.evene.fr/img/livres/g/9782080688996.jpgLes lecteurs de ce blog connaissent bien Philippe Pichon (link), ce policier hors normes, écrivain, défenseur acharné des libertés publiques. J'ai le plaisir de  reprendre ici un article qu'il a publié tout récemment dans Mediapart.

Mis à la retraite d’office en mars 2009 pour avoir transmis à la presse, l'année précédente, les fiches Stic de Johnny Hallyday et Jamel Debbouze, le commandant Philippe Pichon, âgé de 42 ans, plaide pour une plus grande liberté d'expression des policiers. Le tribunal administratif de Melun, saisi pour excès de pouvoir, doit trancher le 20 octobre sur l'avenir professionnel de celui qui a osé dénoncer les errements du plus gros fichier de police comme de sa hiérarchie.

 

Ma dénonciation des dysfonctionnements du fichier Stic est un acte soigneusement pesé. C'est aussi, à sa manière, un acte moralement justifié par la fidélité à des principes supérieurs: j'étais conscient de l'importance du droit des fonctionnaires à la liberté d'expression et de critique sur des questions d'intérêt général, et de leur droit de signaler les conduites ou actes illicites constatés par eux sur leur lieu de travail. Une libre discussion des problèmes d'intérêt public est essentielle en démocratie et l'institution policière a plus à craindre de ceux qui se taisent que de ceux qui s'expriment publiquement. Il faut que les «instructions hiérarchiques» sortent de l'ombre et que les «méthodes à l'ancienne» regagnent les vestiaires.

 

Ce n'est donc pas un acte indiscriminé, aveugle, arbitraire. Juridiquement, j'estime que cette divulgation ciblée n'est pas illégale: elle répondait à une pression hiérarchique permanente pour obtenir des résultats chiffrés (et non de l'efficacité), fut-ce en dehors de la légalité, pour servir des intérêts particuliers. Dans ma carrière, c'est d'ailleurs un acte exceptionnel et sélectif. Je ne me sens pas du tout l'âme d'un rebelle. Je suis plutôt du genre conformiste.

 

J'ai assumé mon geste dans un livre (1), puis dans un discours public. Dans cette affaire, aucune partie civile ne s'est constituée; il n'y a aucune victime. Je n'ai porté tort qu'à la mauvaise gestion du fichier Stic et à quelques méthodes hautement discutables. Comme la «petite» corruption ordinaire parfois présente dans les commissariats, et la coutume des «services rendus» de chefs policiers à des élus. J'assume ma dénonciation de l'illégalité du fichier Stic mais ne lui reconnaît pas de dimension fautive au sens que les codes pénal et administratif donnent à cette notion. Ma hiérarchie était parfaitement informée des «fuites» à venir dans la presse, mais elle ne m'a pas cru capable d'une telle cohérence dans ma démarche.

 

Je crois que mon attitude se révèle parfaitement compatible avec la loyauté, la neutralité et l'impartialité dues aux administrés, une «charge de police» s'exerçant d'abord au service du public plutôt qu'à celui du carnet d'adresses de chefs dont au moins un, à Coulommiers, dans sa geste, ses propos et ses décisions, entachait gravement la considération et l'image de la police nationale auprès des citoyens, en agissant comme policier «de proximité UMP». Le recensement de «dissidents» à la municipalité et l'organisation par l'Association des policiers de Coulommiers (dont ce chef était le président), à Noël 2007, de l'arbre des enfants, dans une boîte à partouze de la circonscription, restent à cet égard des «moments forts» de la vie locale.

 

En agissant ainsi, j'ai tenté de m'adresser au sens de la justice de la majorité de la communauté citoyenne et j'ai déclaré que, selon une opinion mûrement réfléchie et précédant les recommandations de la Cnil, les principes mêmes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont actuellement plus respectés au sein du ministère de l'intérieur.

 

C'est rapportée à la sphère juridique, et non à sa dimension morale, pourtant généralement bien acceptée, que la justification de mon geste présente le plus d'intérêt: y a-t-il un droit à l'«exception citoyenne» pour un agent de la fonction publique d'État? Y a-t-il violation du secret professionnel si le secret est illégal?

 

Car, quand la police nationale viole les droits des citoyens, la désobéissance est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, de la part d'un fonctionnaire républicain, le plus indispensable des devoirs.

 

Il y a là, dans ce sens, un article très fort du Code pénal, c'est l'article 122-4. Lorsqu'un fonctionnaire reçoit un ordre manifestement illégal, il lui appartient d'y opposer un refus d'obéissance.

 

Mon geste se situe là, entre l'affirmation d'un droit de résistance à l'ordre illégal –quelque peu théorique, on le sait tous– et la reconnaissance d'un droit à l'«exception citoyenne» encore juridiquement mal assis.

 

La question de la légalité de «l'exception citoyenne» est donc clairement posée avec «mon» procès.

 

«L'exception citoyenne» n'est pas un élément justificatif légal mais une sorte d'«état de nécessité éthique» pour emprunter cette belle formule à mon conseil, Me William Bourdon.

 

Aucun changement de société n'a été fait sans un véritable acte, sans véritable action d'alerte.

 

Je ne prône pas la «désobéissance civile» comme moyen d'échapper à l'État de droit. Je ne suis pas un anarchiste. C'est tout l'inverse. Je revendique la possibilité d'un État plus transparent et souhaite un exercice plus mature de la démocratie.

 

J'ai agi au nom d'une exigence morale supérieure. J'ai agi en respectant la présomption des innocents qui sont aussi des citoyens, en maintenant un équilibre entre police et éthique.

 

La liberté d'expression et le droit de critique d'un policier à propos de la révélation des graves dysfonctionnements au sein de son institution sont nécessaires dans une société démocratique, au nom d'un intérêt supérieur, parce que c'est le marché des idées qui engendre ce qu'est réellement la vérité.

 

Et, en effet, si le secret est inviolable, alors la vérité, elle-même, n'est pas négociable. La gestion du Stic, défaillante à l'excès, a en quelque sorte elle-même «démonétisé» le secret devenu suspect.

 

J'espère que le «peuple français», au nom duquel on rend ordinairement la justice indépendante, me donnera raison, constatant à la suite de La Bruyère que «toute révélation d'un secret honteux est la faute de celui qui l'a confié» (Les Caractères, De la cour).

 

(1) «Fichier Stic, une mémoire policière sale», avec Frédéric Ocqueteau, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2010.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 14:48
Théophraste R. est émerveillé par le savoir-faire de la SNCF

 

J’ai été soumis naguère à une batterie de tests « psychotechniques » comportant de pièges comme : « Lors d’accidents ferroviaires, le nombre de morts est plus élevé dans les wagons de queue. La SNCF compte réagir en les supprimant. Etes-vous d’accord ? ».

Ridicule ? Pas forcément aux yeux de la SNCF d’aujourd’hui. « Les contrôleurs se faisant agresser dans les wagons, il a été décidé que les contrôles se feront de plus en plus sur le quai ».

Pas bête ! Et avis aux voyageurs qui savent désormais qu’il y aura de moins en moins d’agents de la SNCF dans les trains pour les protéger en cas d’agression.

A moins que…. Poursuivons dans cette logique : « Les voyageurs se faisant surtout agresser dans des wagons, la SNCF a décidé de les garder à quai ».

Théophraste R. (ex-usager devenu « client »).

 

 

Un admirateur de Théophraste R. lui adresse les remarques suivantes :

 

Il y a plusieurs problèmes.

- la pauvreté s’étant accrue, le nombre de voyageurs qui ne peuvent voyager que sans billet augmente 
- pour les voyageurs qui peuvent payer, la réglementation parfois incompréhensible (tarifs selon les heures, tarifs évolutifs selon les heures ou les jours ou les trains pour les titulaires de cartes à tarif réduit) en fait tomber de plus en plus dans l’infraction.

- la quasi obligation de prendre les billets par Internet oblige une catégorie de la population peu familiarisée avec l’outil à faire des queues interminables au guichet. On en voit qui quittent la file d’attente, qui renoncent pour ne pas rater le train et...

- la SNCF a instauré un système de primes pour les contrôleurs "efficaces". Elles peuvent atteindre 700 euros par mois.

Enfin, on m’a rapporté le cas suivant : une voyageuse prend le train dans une toute petite gare non dotée d’un distributeur automatique. Une affiche invite à prendre le billet dans le train en allant voir immédiatement le contrôleur. Elle le fait, il lui délivre un billet au tarif normal, mais assorti d’un supplément (qui n’est pas une pénalité, mais...) : "Billet établi dans le train" (ou quelque chose comme ça).

La SNCF livrée aux technocrates assoiffés de carrière, de bénéfices, nourris au dogme de la "Concurrence pure et non faussée", c’est un cauchemar !

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 06:20

 

 

Par Na!

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 05:53

http://static.lexpress.fr/medias/1545/791230_singer-paul-mccartney-and-his-bride-nancy-shevell-are-showered-in-confetti-as-they-leave-after-their-marriage-ceremony-at-old-marylebone-town-hall-in-london.jpgObservateur assidu des réalités d'outre-Manche, Jean-Louis Legalery a rendu compte pour Mediapart de la manière dont la presse britannique s'est vaguement intéressée aux primaires socialistes. Une petite incise en passant : moi qui suit la carrière de Paul McCartney depuis 49 ans, j'ai été bouleversifié par la manière, ô combien réaliste, dont Legalery décrit l'ancien Beatle.

Les media britanniques sont restés de marbre face à l’engouement suscité par le premier tour des primaires socialistes françaises. Pas même flegmatiques, presque indifférents, rien en « une »  des versions imprimées, encore moins sur les sites. Il y avait mieux à se mettre sous le stylo ou plutôt sous le clavier. D’abord le deuxième mandat qui commence pour le premier ministre polonais de centre droit ; et puis surtout le troisième mariage de Sir Paul McCartney, qui est partout avec son régécolor de péripatéticienne albanaise, et sa réception dans la propriété du quartier de St John’ Wood, à deux pas d’Abbey Road, forcément. Donc il faut aller fouiller dans les pages intérieures pour trouver quelque chose sur les primaires.

 Dans le Guardian, on a choisi la dérision en insistant sur le score sans surprise de Mr. Normal  - difficile de ne pas penser à Mr. Bean-  sobriquet de François Hollande, décrit, et, là, c’est nettement plus désopilant, a wisecracking rural MP, entendez par là, un député rural débrouillard*, nos amis grands-bretons ont une curieuse image de la ruralité et de la débrouillardise. Le portrait de Martine Aubry n’est guère plus flatteur, a former stern labour minister, a kind of Angela Merkel on the left, ce qui signifie, une ex-ministre du travail austère, une sorte d’Angela Merkel de gauche :

 http://www.guardian.co.uk/world/2011/oct/10/francois-hollande-french-socialist-primary

 L’Independent, quant à lui, a retenu, en pages intérieures aussi, le nombre de votants important, en mettant l’accent sur cet événement par un choix lexical approprié, voters  stampede, ce qui signifie la ruée des électeurs. L’article évoque aussi the cautious Mr. Hollande :

http://www.independent.co.uk/news/world/europe/

 Le très conservateur Telegraph s’étonne de la chute de Ségolène Royal et reprend les mêmes termes que le Guardian, Mr. Normal et the Angela Merkel on the left.

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/France/8816915/Francois-Hollande-to-take-on-Martine-Aubry-for-right-to-face-Nicolas-Sarkozy.html

On ne citera pas la presse du sinistre Rupert Murdoch qui est à l’information que le hamburger est à la gastronomie, d’autant que seule la « une » du Times est accessible, et, donc, on terminera avec le site de BBC News, qui, last but not least, s’étonne du succès de cette consulation :

http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-15232383

 Un petit regret en conclusion, quel dommage que l’excellent et désopilant Private Eye ne s’intéresse pas plus souvent à la France, si l’on en juge par la dernière « une » consacrée à la candidature de Poutine :

 http://www.private-eye.co.uk/

 

*wisecracking signifie plutôt blagueur, qui fait des vannes.

 

 

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 06:00

 

 

 

cestça.jpg

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 05:59

http://static.skynetblogs.be/media/156683/dyn007_original_473_464_pjpeg_2565708_aa6f2f290ac73c471c49d20988e15fb1.jpgLes établissements universitaires toulousains sont dirigés par des enseignants de droite ou du Sgen et assimilé, ce qui revient, peu ou prou, au même.


Comme la LRU permet tout et oblige à tout, les éminences universitaires de la ville rose ont décidé que les quatre journées d'information pour le grand public qui se tiennent annuellement se termineraient le 11 novembre. Pour une meilleure "visibilité", je suppose.


De nombreux universitaires, français ou pas, se sont immédiatement empressés d'accepter cela. Tiens, tiens...


Au même titre que le 1er janvier, le 1er mai, le 8 mai et le 14 juillet, le 11 novembre est férié. Et pourquoi, je vous prie ?


La Première Guerre mondiale a fait plus de 10 millions de morts, jusqu'à l'armistice signé le 11 novembre 1918. Le 11 novembre est aussi appelé le "jour du souvenir". Il permet éventuellement de nous souvenir qu'1,3 million de Français sont morts (10% de la population active masculine) et que 4,2 millions furent blessés. Les gens de ma génération ont tous en mémoire le spectacle banal de "gueules cassées" et de veuves de guerre, marchant dans les rues, dans la peine et la souffrance. Depuis la Première Guerre mondiale, chaque ville, chaque village compte un monument aux morts. Une poignée d'entre eux, dont celui de Gentioux dans la Creuse ou d'Équeurdreville dans la Manche, étant d'inspiration pacifiste.


C'est le 11 novembre 1919 que fut observée, pour la première fois en France, une minute de silence en hommage aux "morts pour la France".


Depuis 1920, le président de la République française ravive la flamme de la tombe du soldat inconnu lors d'une cérémonie officielle. Le 11 novembre est également férié dans d'autres pays, comme la Belgique et le Canada.


Dans l'université sarkozyenne, succursale du CAC 40, rien de cela ne compte.

 

http://www.surleplateau.com/wordpress/wp-content/uploads/2008/11/11-11-2008-gentioux-5212-644x483.jpg

 

Il faut dire que je suis un peu biaisé dans mon ire : deux de mes arrière-grands-parents avait six enfants en 1914. En 1942, il leur en restait deux. Deux étaient morts durant les combats de 14-18, un avait succombé à la grippe espagnole et le dernier avait péri exécuté dans un camp de concentration pour faits de résistance.

Les aïeuls des universitaires toulousains ont dû passer entre les gouttes.


 

 



 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 06:23

Ci-dessous une analyse d'ATTAC sur la faillite de Dexia et ses conséquences :

 

http://last48hours.com/wp-content/uploads/2011/05/Le-capitalisme.jpg

Dexia : le contribuable repasse à la caisse

La banque franco-belge Dexia est en situation de faillite, les gouvernements français et belges ont apporté en urgence leurs garanties aux dépôts et organisent la disparition de la banque. Dexia avait pourtant brillamment réussi l’épreuve des stress tests en juillet. Avec son ratio de 11 % de fonds propres elle semblait être bien capitalisée. Dés lors quelle valeur accorder aux propos lénifiants du Premier ministre sur la santé des banques françaises si une banque de cette importance peut s’effondrer du jour au lendemain ? Quelle est la situation réelle de nos banques ?


Le parcours de Dexia illustre les turpitudes du néolibéralisme bancaire et les errements de l’Etat. Jusqu’à la fin des années 80, le Crédit Local de France, partie intégrante du secteur public car alors filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), assurait en toute sécurité les crédits aux collectivités locales. Sa privatisation et son entrée en Bourse , puis la fusion avec le Crédit Communal de Belgique belge pour former Dexia en 1996, ont ouvert la voie à une recherche frénétique de profits dans des opérations hasardeuses. Dexia n’a raté ni les subprimes américains, ni la spéculation sur les produits dérivés, ni l’arnaque des prêts « toxiques » aux collectivités locales. En septembre 2008, pris dans la tourmente des subprimes, le groupe a été sauvé in extremis par les gouvernements français et belges qui ont allongé plus de 6 milliards d’euros. Sauvetage sans conditions au seul profit des actionnaires, qui ont continué à engrangé les profits, alors que les actifs douteux ont été maintenus au bilan et se sont accrus de 23 milliards euros, qui sont autant de dettes publiques pour les 
États européens. Aujourd’hui sauvetage acte 2, dont le prix pour le contribuable risque d’être salé.

Le problème central est le devenir des actifs de Dexia dont une grande partie est suspectée d’être toxique. Le gouvernement ne voulant pas faire apparaitre un accroissement de la dette publique, demande à la Banque Postale et à la CDC d’entrer dans la danse en les alléchant avec l’activité prêt aux collectivités locales. Mais ni la Banque postale, ni surtout la CDC, déjà sollicitée en 2008 par l’État pour acheter des actions de Dexia à 9,90 euros qui valent aujourd’hui moins d’un euro, ne veulent devenir une bad bank. Celles-ci réclament une garantie de l’
État, qui sera appelé à éponger les pertes.

Cette situation est directement liée à l’irresponsabilité de l'État français, qui suite à la crise de 2008 a renfloué de façon spectaculaire les principaux groupes bancaires sans jamais exiger en contrepartie de droit de regard sur leurs affaires. Dexia – et bien d’autres – ont pu continuer leurs pratiques à hauts risques, sachant que l’
État – et les contribuables – seront toujours là pour éponger les pertes.  Nous n'avons donc ni droit de regard, ni droit de cité dans les affaires bancaires, alors même que nous assumons leurs faillites. Les banques et leur gestion doivent être l'affaire de tous. Aussi, Attac et Les Amis de la Terre ont lancé au printemps une interpellation citoyenne des banques. Partout en France, les agences bancaires se sont vues remettre des questionnaires leur demandant de rendre des comptes précis sur les principaux aspects de leurs activités. De ces réponses, nous avons tiré un rapport d'analyse, que nous publierons à la fin du mois. Politiques de crédit aveugles, gestion humaine catastrophique, irresponsabilité environnementale, absence de démocratie interne, ce que nous y découvrons du monde bancaire permet de confirmer l’idée que seule une mise sous contrôle des banques par l’État et les citoyens peut résoudre l’ampleur de la crise actuelle.

Le 15 octobre, dans le cadre des actions du mouvement des indignés, nous invitons tous nos comités locaux et adhérent-e-s à agir, à montrer leur indignation, de manière unitaire, en dénonçant les banques et le déni de démocratie que représente la soumission des politiques aux intérêts financiers fauteurs de crise. 


Attac France,
Paris, le 7 octobre 2011
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