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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 15:27
Ci-dessous, un article publié par Le Grand Soir le 5 septembre 2011.
Julien Terrié

Depuis quelques années, les agents hospitaliers du « meilleur CHU de France » [3] subissent violemment les restructurations et la mise en place des mécanismes facilitant la casse de l’Hôpital Public. Le paiement à l’acte, l’intéressement des praticiens hospitaliers aux résultats financiers de leur service, les dépassements d’honoraires à l’hôpital, l’installation du privé lucratif dans les locaux hospitaliers compromettent un accès aux soins égalitaire et de qualité. Ils sont aussi la source d’une profonde perte de sens des métiers de soignants ou para-soignants (techniciens sur les machines biomédicales, travailleurs sociaux, secrétaires, administratifs ou ouvriers dont l’action a un impact sur les usagers). Les actes de résistance au passage de l’« hôpital excellence » à l’« hôpital entreprise » sont nombreux. Individuels ou collectifs, ils sont à la base de l’élaboration de notre stratégie syndicale.



« Le CHSCT, c’est permettre aux salariés d’améliorer eux-mêmes leurs conditions de travail »

Gérard Brégier [2]

La souffrance au quotidien

La tarification à l’activité [4] est devenue le mode de financement quasi exclusif des hôpitaux depuis 2008. Sous l’impulsion directe de Nicolas Sarkozy, ce mode de financement entraîne une recherche de taylorisation des soins, souvent par des méthodes de lean-managering [5].

Alors que le « prendre soin » constitue une source de sens et d’engagement professionnel fondamental dans tous les métiers hospitaliers, les petites actions qui conditionnent la qualité du soin [6] ne sont plus valorisées par la hiérarchie, et ne sont plus prises en compte pour l’attribution des effectifs ou le remplacement des absences. Le sous-effectif par rapport à la charge de travail réelle est devenu la « règle d’or » de l’austérité à l’hôpital.

La situation de souffrance du personnel hospitalier prend alors de multiples formes : épuisement physique dû au non-respect de la réglementation du temps de travail, souffrance éthique due à la sensation de mal faire son travail [7], ce qui signifie en milieu hospitalier, être maltraitant…

L’acte de soin et de prendre soin résiste par des actes individuels [8] au modèle de prestation marchande et aux exigences de l’évaluation comptable, mais le plus souvent, c’est une « explosion » silencieuse que l’on observe derrière la façade des services « qui tournent bien » : démissions, requalifications, accidents de travail, maladies professionnelles, épuisements professionnels, « burn-out » allant même jusqu’au suicide [9]. Fort heureusement, les résistances collectives ne sont pas absentes, il faut citer notamment les services des urgences de Rangueil et les urgences psychiatriques du CHU en grève illimitée et de tout le personnel respectivement depuis le 20 mai et le 12 juillet 2011, contre les symptômes de l’Hôpital Entreprise.

Ce cocktail explosif est encore aggravé par des pratiques managériales brutales, parfois violentes : culpabilisations pour venir travailler sur les repos, « mobilité » des agents entre services au mépris du bon fonctionnement, notations humiliantes, entretiens individuels jugeant le « savoir-être » des agents et non le « savoir-faire », encouragement à la démission, licenciement de contractuels…

Le CHSCT : où comment passer à la résistance collective

Avec la certitude que les réponses collectives à toutes ces situations sont les plus efficaces, nous avons donné plus de poids dans notre action syndicale à l’instance CHSCT, qui, à l’Hôpital, possède des droits plus élargis que dans les autres fonctions publiques.

L’instance CHSCT possède un pouvoir contraignant dans la prévention des risques liés aux conditions de travail, et une relative souplesse dans son fonctionnement (le Code du travail dit « le CHSCT décide de son fonctionnement »). Il est un lieu privilégié pour passer des résistances individuelles aux résistances collectives.

Concrètement, la préparation des CHSCT prend la forme d’Assemblées Générales et de groupes de réflexion de salariés pour aller au cœur des pratiques professionnelles : on dégage ainsi des revendications venant d’« en bas » et facilement appropriables. Nous faisons ensuite participer le maximum d’agents en réunion de CHSCT, dans un triple objectif : présentation des difficultés et solutions par les agents eux mêmes, prise de conscience de la réalité des actions de la direction, de leur déni de la souffrance des agents, et connaissance des démarches combatives de nos équipes syndicales.

Quant aux actions entreprises, il s’agit essentiellement de dépôt de droits d’alerte pour Danger Grave et Imminent, de convocations de réunions CHSCT extraordinaires, d’enquêtes après accidents et visites impromptues. Toujours faites dans l’optique de mobiliser les agents, celles-ci sont très souvent accompagnées de dépôt de préavis de grève. Nous recourrons par ailleurs au vote d’expertises indépendantes sur les conditions de travail, que la direction du CHU de Toulouse est dans l’obligation de financer. Afin de les empêcher, la direction engage à chaque fois une procédure du Tribunal de Grande Instance. Nous gagnons systématiquement les procès, qui confirment la plupart du temps le danger grave et imminent pour les agents, et renforcent la légitimité des préconisations des expertises, qui deviennent des plateformes de revendications. Il reste encore de grandes batailles : les condamnations du délit d’entrave au CHSCT (systématique chez nous) et de la faute inexcusable de l’employeur sur des accidents de travail et maladies professionnelles.

Parce que le CHSCT remet en cause le droit « sacré » de l’employeur sur l’organisation du travail, ce ne sont pas seulement des améliorations que nous avons gagnées au cours de ces derniers mois, mais une prise de conscience collective et la conquête de dignité chez les agents, propices à une résistance durable. Vers, nous y oeuvrons, un mouvement des indignés de la Santé au CHU de Toulouse.

Julien Terrié

Secrétaire Général adjoint de la CGT du CHU de Toulouse

www.cgtchutoulouse.fr

[1] Comité d’Hygiène et Sécurité et des Conditions de Travail où siègent des représentants du personnel, la médecine du travail, l’inspection du travail, la direction du CHU et des représentants de la CRAM dans chaque entreprise de plus de 50 salariés.

[2] Ingénieur sécurité auteur d’un guide pour les membres CHSCT

[3] Le CHU de Toulouse est régulièrement élu meilleur CHU de France, sur des critères discutables, par le magazine Le Point dans son dossier annuel.

[4] C’est-à-dire la réciprocité entre l’équilibre du budget (voire les bénéfices) et une quantité d’actes de soins.

[5] « lean » = « amaigrir » : méthodes managériale pour faire plus avec moins d’agents et de moyens.

[6] Comme les explications des actes aux malades, les protocoles complexes pour éviter certains risques dus aux soins, attitudes pour éviter les violences parfois venant des usagers, etc…

[7] Principe même de « l’injonction contradictoire », qui consiste ici à faire plus avec moins de monde et moins de moyens.

[8] Grâce à des désobéissances « éthiques », des stratégies d’adaptation et à un « bricolage » instauré par les agents eux-mêmes qui vont jusqu’à mettre leur vie privée de côté pour soigner correctement.

[9] Selon l’Institut National de Veille Sanitaire, ce sont les professions de la santé et du social qui totalisent le plus de suicides.

URL de cet article 14575 
http://www.legrandsoir.info/resister-a-l-hopital-entreprise.html
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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 19:05

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 15:01

Cette information est à confirmer, mais si elle est avérée, ce qui suit est absolument scandaleux.

 

Une prime pour les remplaçants de grévistes à la RATP ?


FRANCE INFO - HIER, 15:38


La RATP envisage de donner 100 euros par mois aux volontaires qui acceptent de ne pas faire grève. Une prime annuelle de 1.200 euros attribuée à ses cadres et ses agents de maîtrise d’exploitation. Un projet qui scandalise les syndicats.


France Info - La RATP envisage de donner une prime aux cadres qui acceptent de remplacer les grévistes

La RATP envisage de donner une prime aux cadres qui acceptent de remplacer les grévistes
©Reuters/Benoit Tessier

La RATP soupçonnée par les syndicats de vouloircasser la grève

 
L’entreprise ferroviaire envisage de proposer à certains cadres une prime de 100 euros par mois pour être “mobile”. 

 
Ces salariés, qui n’ont pas l’habitude de conduire des trains seraient formés pour pallier, en cas de besoin,l’absence des conducteurs150 agents seraient concernés par cette prime.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 14:46
Un article très intéressant de Samuel Moleaud publié sur overblog et repris par Le Grand Soir :




Les entreprises croulent sous les charges, les gens sont bombardés d’impôts et de prélèvements, l’État leur pompe tout ce qu’ils gagnent. Le pouvoir d’achat baisse ainsi que se freine la croissance économique, la dette publique devient insoutenable et donc l’État ne peut plus s’occuper du secteur public. Il doit faire face à une crise de la dette, et doit geler ses dépenses publiques. Il faut que cela change, et il revient à chaque citoyen de se serrer la ceinture pour sortir de la crise. La solution est de rembourser la dette et de réduire le volume des dépenses publiques. Dans les discours politiques, c’est la « règle d’or » gouvernementale que l’on esgourde quand les citoyens commencent à comprendre le pot-aux-roses (1).


Outre le discours simpliste qui vise à adapter les orientations idéologiques de la politique économique en la réduisant à l’adage ’politiques, gaute et droiche tous pourris’, ou ’l’impôt sert à déshabiller Pierre pour habiller Paul’, cet article voudrait montrer à quel point le système fiscal actuellement en vigueur est injustement en train de poindre vers la privatisation de l’État au profit des riches. La situation est internationale et décomplexée : les riches, censés payer plus d’impôts que les moins riches, parviennent à contribuer moins que les autres. L’impôt est alors délégitimé, car il n’est plus redistributif, progressif (notamment l’impôt sur le revenu), il charge les ménages modestes. Les agents économiques favorisés bénéficient des mesures dérogatoires d’allègement d’impôts pendant que les « petits » n’ont pas les moyens de souscrire un contrat auprès d’un cabinet de conseil financier pour diminuer leur taux d’imposition. Les « niches fiscales » (que N. Sarkozy et F. Fillon prétendent vouloir combattre) ne bénéficient alors qu’à ceux qui ont des hauts revenus.


Il est récurrent d’entendre que la France est une bureaucratie lourde gangrénée par des prélèvements obligatoires qui coulent le portefeuille des contribuables comme une encre tombe en chute libre au fond de l’océan. Pire, nous serions dans une fonction dérivée d’un soviétisme adapté au marché, comme si les gouvernements se succédant étaient victimes de ceux du passé. Victimes d’un pseudo gaullisme social qui aurait marqué la France au fer rouge d’un simulacre de politiques sociales écrasantes, inopérantes, inflationnistes et économiquement peu attractives.


L’impôt est pourtant à la base du fonctionnement d’un État démocratique, car il permet de financer l’économie nationale, les services publics et d’opérer une redistribution des richesses pour freiner les inégalités. Le prélèvement est dit « obligatoire », puisque s’il était facultatif, nombre de contribuables ne paieraient pas et cela aggraverait les comportements individualistes. Parallèlement, impôts et prélèvements obligatoires sont ceux qui permettent de financer l’action publique. Or depuis les années 1990, le vent est à la baisse des impôts : chacun veut bénéficier de services publics de qualité mais chacun reproduit électoralement la légitimité du discours néolibéral qui individualise les comportements, favorise les exonérations fiscales, et donc réduit l’action publique.


Pour un gouvernement, l’impôt progressif ou proportionnel, direct ou indirect, est la résultante idéologique des choix de société. En effet, depuis environ une quinzaine d’années, le système fiscal est devenu un enjeu politique majeur aux abords des joutes électorales, en même temps qu’il se transformait structurellement en passoire géante faisant glisser dans les profits du secteur privé des milliards de deniers publics nécessaires à l’État pour financer l’économie nationale et les services publics.


Or le meilleur instrument pour redynamiser la croissance économique, (afin de permettre une juste répartition des richesses), est d’augmenter les dépenses publiques, avec un système fiscal équitable pour éviter la concentration du capital. En période de crise, l’économie dite déprimée ralentit l’emploi et l’investissement. L’État-Providence se doit alors de venir en aide aux plus démunis (allocations chômage, RSA, allocations familiales, etc.). Certes il le fait, mais l’aide allouée aux « pauvres » n’est qu’une miette de pain au regard du manque à gagner crée par les hauts revenus. Lorsque l’État prend en charge la gestion des besoins sociaux, des entreprises de service public et des banques, il peut se permettre de vendre un service moins onéreux qu’une entreprise privée, puisque la logique de l’État n’est pas le profit. En résultante, l’usager finance par l’impôt les services publics que l’État lui met à disposition.


Au lieu de cela, l’assiette fiscale de l’État se réduit et repose de plus en plus sur les ménages les plus modestes. Le gouvernement fait porter sur la population le prix d’une crise que les banques ont générées, et il se félicite de laisser des milliers de jeunes diplômés au chômage sans renouveler un fonctionnaire sur deux. Il précarise l’emploi public, et incite les plus riches à défiscaliser, de sorte que nombre de contribuables reçoivent un chèque du Trésor Public à parfois six chiffres chaque année : « En 2009, 979 contribuables au patrimoine supérieur à 16 millions d’euros ont ainsi reçu en moyenne 376 134 euros, soit 30 ans de SMIC… » (2). Certes, le bouclier fiscal (la loi Travail, Emploi, Pouvoir d’Achat) a été supprimé, le gouvernement met des pansements sur les jambes de bois en annonçant une taxation des transactions financières (européennes et non mondiales) et une lutte contre les niches fiscales. Mais dans le même temps, l’impôt sur la fortune est supprimé, et les mesures dérogatoires qui permettent de réduire l’impôt sur le revenu et sur les sociétés persistent. De plus, les gouvernements préconisent souvent une hausse de la TVA et des prélèvements indirects à la consommation (taxe sur le pétrole, sur l’alcool, le tabac).


Les impôts, quels sont-ils ?

Il existe plusieurs formes d’impôts. Je ne les citerai pas tous, mais je parlerai de ceux qui pèsent le plus dans l’économie nationale. Les impôts directs se distinguent des indirects. L’impôt indirect, comme par exemple la TVA, ne tient pas compte des différences de revenus : pour un même produit, il prélève le même montant à tous les consommateurs. A l’inverse, une taxe comme l’impôt sur le revenu est directe, elle « s’adresse » directement à celui qui paye, varie selon les revenus, et est, en théorie, progressive : plus on gagne d’argent, plus on est censé payer de l’impôt sur le revenu.


Voyons les impôts indirects. Ce type d’impôt est indirect car la personne qui le paye à l’État répercute le montant de l’impôt sur le prix de vente au consommateur ou à l’usager. De ce fait, un môme de dix ans qui dépense son argent de poche en bonbons, est un contribuable, et paye la TVA que le Trésor Public collecte auprès de l’artisan boulanger. Cet impôt indirect à la consommation constitue 50% des recettes fiscales de l’État. Prélevée sans distinction, la TVA ne connaît pas les différences de revenus : elle ne connaît pas les classes sociales, et prélève le même montant à un pauvre ou à un riche qui achètent le même produit. Elle pèse donc plus lourdement sur le budget des ménages précaires (les revenus aisés, eux, ont la possibilité d’épargner après collecte de la TVA par l’État). En 2005, « les 10% des ménages disposant des revenus les plus faibles consacrent 8.1% de leur revenu au paiement de la TVA pendant que les 10% des ménages disposant des revenus les plus élevés ne consacrent que 3.4% de leur revenu à la TVA »(3).En clair, plus le revenu augmente, plus la part dépensée à la consommation diminue.


Les droits d’accise sont des impôts indirects, perçus sur la consommation par les services de douanes. On distingue la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ou les taxes sur le tabac et les alcools. La TIPP est un impôt indirect qui représente 7% des recettes fiscales de l’État (4).


Pour ce qui concerne les impôts directs, le plus connu est l’impôt sur le revenu : c’est un impôt direct prélevé en fonction de la tranche du salaire des contribuables. Il est souvent présenté comme le plus contraignant, or il ne représente même pas 20% des recettes de l’État (5). En principe, plus on gagne d’argent, plus on paye d’impôt sur le revenu. Son principe est la progressivité, et permet la redistribution des richesses. Sauf que depuis les années 2000, cet impôt a vu le passage de sept à cinq tranches de revenus, F. Fillon proposait même de limiter cette taxe du revenu à trois tranches seulement ! Vu que tous les contribuables n’ont évidemment pas le même salaire, ce sont donc les hauts revenus qui bénéficient le plus des baisses de l’impôt sur le revenu, d’autant qu’ils peuvent ensuite thésauriser une partie de leurs déductions fiscales. En tout état de cause, selon Attac, si l’impôt sur le revenu était calculé selon le barème de 1999, le manque à gagner de l’État serait de quinze milliards d’euros rien que pour l’année 2006, et les sommes exonérées s’accumulent d’année en année. En définitive sur tous les impôts confondus, les niches fiscales (déductions, réductions, exonérations, crédits d’impôt) représentaient une « perte » de 75 milliards d’euros en 2010 (6).


Le second impôt majoritairement connu en France est l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IS), et représente 16% des recettes fiscales nettes de l’État. Il est direct, mais non progressif, en ce qu’il comporte des taux fixes : un taux est fixé à 15% pour les PME et les SARL. La majorité des autres sociétés payent un taux de 33.3% sur l’excédent brut d’exploitation des sociétés. Mais il est amené à être réduit dans le cadre de la politique d’harmonisation fiscale des institutions communautaires, qui sous l’effet de la concurrence fiscale et sociale, entraîne des stratégies de prédation pour faire payer aux modestes contribuables les effets des allégements fiscaux des « bases immobiles » (gros épargnants, multinationales…). Les mesures dérogatoires de l’impôt sur les sociétés s’élevaient, en 2007, à un coût budgétaire de 27 milliards d’euros. Partout en Europe, cet impôt baisse structurellement depuis vingt ans. Celles-ci concernent les grandes entreprises qui, au courant du fait, ayant les capacités de financement, délocalisent vers des pays à fiscalité plus attractive (profitable). En dépit/vertu de ces mesures, plus la taille de l’entreprise croît, plus le taux implicite d’imposition se réduit de 28% (entreprises individuelles) à 13% (entreprises de plus de 2000 salariés), à 8% (pour les entreprises du CAC40).


En clair, l’impôt devient proportionnel, moins redistributif, indirect et injustement constitué. Qui plus est, avec la suppression de la première tranche de l’impôt de solidarité sur la fortune en 2011, 300 000 personnes vont ainsi être exemptées de l’ISF (7). Mais un manque à gagner plus lourd a concerné les collectivités territoriales, lorsque le gouvernement a supprimé la taxe professionnelle : au profit des collectivités, cet impôt était payé par les entreprises, et rapportait aux premières 50% de leurs recettes fiscales. Cette mesure a donc entraîné pour les entreprises un allègement de 12.3 milliards d’euros l’an passé (toujours selon Attac). La contrepartie ? Une hausse des impôts locaux des ménages (taxe d’habitation, taxe foncière) du chômage et de la précarité.


Si l’on considère, tableau du budget de l’État en 2008 à l’appui (8), la somme des recettes fiscales indirectes, nous avons : TVA : 135 milliards d’euros, TIPP : 16.5 milliards d’euros. Cela représente 151.5 milliards d’euros perçus à titre d’impôt indirect. En revanche, l’impôt sur le revenu a rapporté 60.5 milliards, et l’impôt sur les sociétés, 54 milliards d’euros. L’impôt sur la fortune, quant à lui, représentait 5.5 milliards d’euros. Soit, une somme de 120 milliards d’impôts directs, correspondant à une part de 44.1% des recettes fiscales de l’État en 2008. Comment le déficit public, si cher à nos gouvernants et journalistes, peut-il être réduit si l’État se finance par l’emprunt sur les marchés financiers et sur l’impôt indirect à la consommation des ménages durement frappés par la précarité et la crise économique ? La stratégie est-elle de décrédibiliser le système fiscal progressif en faisant passer l’idée collective que l’État coûte trop cher et qu’il faut privatiser en masse, ou plutôt est-elle de combattre les requins de la finance qui ne payent plus leurs impôts correctement ? La réponse est en première partie de la question…


En fait, si l’on tient compte de l’évolution des impôts directs ci-dessous, il est clair que la stratégie qui prédominait jusqu’alors consistait à réduire les impôts directs (Impôt sur le revenu des personnes physiques, sur les bénéfices des sociétés, sur la fortune et le patrimoine) et le coût du travail, pour parallèlement se financer par une hausse des impôts indirects (TVA, TIPP, etc.). Selon les tenants de la politique fiscale néolibérale actuellement à l’ouvrage, ce sont les impôts indirects qui permettraient de mieux financer la Sécurité Sociale. Forcément, une hausse de l’impôt indirect met le peuple à l’amende sur sa consommation, et une baisse structurelle de l’impôt direct augmente la capacité financière des franges très aisées (épargnants, gros actionnaires, grosses entreprises qui défiscalisent).


Depuis 2002, l’orientation de la politique économique néolibérale des gouvernements successifs (ne pas taxer les profits et permettre des niches fiscales pour conserver l’électorat) pousse l’État à emprunter des milliards d’euros par an pour financer l’économie nationale. Cela signifie que l’État ne se finance plus directement en imposant les plus riches contribuables, mais via l’emprunt sur les marchés financiers, et sur la consommation des contribuables moyens, nommés « bases immobiles » (ménages modestes, qui subissent une fiscalité indirecte contraignante et les privatisations). Ainsi, l’État gonfle son déficit et sa dette publique, et ne peut plus faire jouer le fameux effet multiplicateur keynésien (la hausse des dépenses publiques servirait à réinjecter massivement les fonds dans l’économie réelle, si ceux-ci ne sont pas épargnés. La hausse des dépenses implique donc une hausse significative de la demande). Il ne fait plus d’effet de relance de la consommation par la demande globale, ce qui incite les entreprises à substituer du capital au travail, surtout si les taux d’intérêts sont élevés. La souveraineté de l’État devient donc la propriété des créanciers financiers. Autrement dit, ce sont les marchés financiers étrangers de la zone euro qui détiennent les dettes publiques. Ces dettes souffrent aussi de manques à gagner colossaux en raison du placement par les multinationales de bénéfices bruts vers les paradis fiscaux au lieu d’être soumis à l’impôt sur les sociétés.


Finalement, la solution n’est pas du côté de la réduction des dépenses publiques, ni du côté de la règle d’or proposée par les grands coqs de l’Europe mortifère (France-Allemagne), si tant est que cette règle puisse tenir compte des différentes spécificités nationales et des diverses assiettes fiscales… Car grossièrement, ce sont encore les pauvres qui vont payer pour rééquilibrer les finances déstabilisées par les riches. On avait déjà vu cela lorsque le peuple devait porter le poids du refinancement gratuit des banques par les États… On entend que les impôts sont liberticides, pompent les travailleurs comme une sangsue suce le sang d’une proie, mais, à moins que les peuples indignés ne s’organisent mondialement en autogestion socialiste, l’impôt direct et progressif, est le prix du tandem égalité-liberté d’accès aux services publics.


En conclusion, si la politique fiscale de l’État continue à favoriser les classes sociales les plus riches par l’entremise des niches fiscales et des défiscalisations outrancières, c’est que cela constitue un argument de taille : dire que la dette publique augmente, que les recettes fiscales diminuent sans en expliquer la cause, permet de délégitimer la gestion des entreprises de première nécessité (éducation, santé, transports, etc.) par l’État, de privatiser, en somme. Cela permet aussi de conserver un électorat de riches qui œuvreront au service des riches. Le gouvernement des riches, pour les riches et par les riches : chic, les néolibéraux ont réinventé la démocratie.


Samuel Moleaud

http://sam-articles.over-blog.com

Sources :

(1) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/ne-galvaudons...

(2) Attac, Pour un « Big Bang fiscal », Le bord de l’eau, 2010, p71.

(3) Ibid., p74.

(4) Ibid, p58.

(5) Ibid, p58.

(6) Ibid. pp 61-63.

(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_de_solidarit%C3%A9_s...

(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9l%C3%A8vements_obligato...

URL de cet article 14498 
http://www.legrandsoir.info/impots-et-fiscalite-comment-les-riches-detruisent-l-etat.html
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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 06:25

http://photos.thefirstpost.co.uk/assets/library/090528giap364--124342526322369300.jpgComme beaucoup, je pensais qu’il était mort. Il a eu 100 ans le 25 août dernier.

 

 

Pour les plus jeunes (même au Vietnam, peut-être), son nom ne dit pas grand chose. Il est le seul général ayant vaincu à la fois l'armée française et l'armée américaine. Il fut le vainqueur de la bataille de Dien Bien Phu en 1954, prélude à la défaite de la France dans sa guerre coloniale contre l’Indochine. Ce très grand soldat ne fréquenta aucune académie militaire.

 

Fils de mandarin, il commence à militer contre la colonisation française dès l’âge de 14 ans. Il devient professeur d’histoire en 1937 et adhère au parti communiste en 1939.

 

Il dirige les opérations contre l’armée des États-Unis dans les années soixante. En 1975, il participe à la réunification du Vietnam.

 

Il coule des jours paisibles à Hanoï.

 

Peu de temps avant l’offensive victorieuse du Têt en 1968, Giap avait déclaré au Monde que si l’armée des États-Unis n’avait pas encore eu le dessus, alors elle ne pourrait jamais dompter la résistance du peuple vietnamien. « Les États-Unis font la guerre avec l’arithmétique. Ils interrogent leurs ordinateurs, ils font des additions et des soustractions et ils agissent à partir de çà. Mais ici l’arithmétique n’est pas valide : si elle l’était, ils nous auraient déjà exterminés ».

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 15:16

http://static.skynetblogs.be/media/132788/dyn002_original_325_325_pjpeg_2658759_5d9e9632b3b71855b789977ec8a37b69.jpgDans son récent discours sur les mesures de rigueur à venir, François Fillon a lourdement insisté sur la taxe exceptionnelle dont les très riches allaient devoir s'acquitter.

 

Il n'a pas évoqué une combine très discrète qu'il a mise en place pour saigner un peu plus les pauvres et les moins pauvres.

 

À l'époque où il était aux affaires, Michel Rocard avait inventé la CSG, cette contribution particulièrement injuste visant principalement les salariés. Son bouillonnant cerveau avait jugé que les contribuables ne seraient taxés "que" sur 97% de leurs revenus. Pourquoi 97% ? Mystère !

 

Le châtelain Fillon, qui avait proclamé haut et fort qu'il n'augmenterait pas la CSG, n'a pas pu s'empêcher, pour se faire pardonner d'avoir effleuré le porte-monnaie des riches, de frapper les pauvres là ou ça fait mal. Il a décidé de ramener l'abattement Rocard de 3% à 2%. Bénéfice : 600 millions d'euros, à comparer avec les 200 millions extorqués aux très riches.

 

Seuls Daniel Schneidermann, La Tribune, Le Monde et Libération ont évoqué très discrètement ce tour de passe-passe qui permet, parmi quelques autres, de s'en prendre au pouvoir d'achat des salariés et des retraités.

 


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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 15:08
Bernard CASSEN

Inventeur du concept en 1996, Bernard Cassen, secrétaire général de Mémoire des luttes, et président d’honneur d’Attac, explique pourquoi les mots doivent parfois attendre leur heure et pourquoi celle de la démondialisation est venue. Contrairement à ce que prétendent certains dirigeants d’Attac, la démondialisation n’est pas antinomique avec l’altermondialisme.



Face à un phénomène nouveau, les mots se bousculent pour le désigner jusqu’à ce que l’un d’entre eux finisse par s’imposer. C’est ce qui est arrivé, en français, avec le terme « altermondialisme ». Il est entré dans le champ politique en 2001-2002. Il désigne la nébuleuse mondiale d’organisations et de réseaux qui se sont reconnus peu ou prou dans le slogan des Forums sociaux mondiaux, « Un autre monde est possible », repris de l’association Attac (créée en juin 1998) qui l’avait elle-même emprunté au titre d’un article d’Ignacio Ramonet dans Le Monde diplomatique de mai 1998. Il est intimement lié aux moments de haute visibilité médiatique qu’ont été les Forums, depuis celui de Porto Alegre de 2001, et les grandes manifestations contre l’OMC, le FMI, la Banque mondiale, etc., depuis Seattle en décembre 1999.

« Altermondialisme » a succédé à « anti-mondialisme », concrétisant le passage d’une posture de simple refus de la mondialisation libérale à la mise en avant de politiques alternatives. Une façon de démentir le fameux TINA ( There is no alternative) de Margaret Thatcher.

En janvier 2008, la revue Utopie critique et Mémoire des luttes ont proposé le concept de « post-altermondialisme » pour désigner les articulations possibles entre mouvements sociaux, partis et gouvernements progressistes sur des objectifs précis, comme la lutte contre le changement climatique. Le Sommet de Cochabamba, convoqué par le président bolivien Evo Morales en 2010, en a constitué un bon exemple. Le post-altermondialisme ne s’oppose pas à l’altermondialisme : il en est seulement un des prolongements possibles.

UN CONCEPT NOUVEAU, ET QUI DÉRANGE

Et voilà qu’un nouveau concept de la même lignée vient de faire irruption dans le lexique politique français : celui de « démondialisation ». Il est développé dans au moins trois livres récents : celui de Georges Corm, Le Nouveau Gouvernement du monde (La Découverte, 2010) ; celui de Jacques Sapir, La Démondialisation (Seuil, 2011) ; et celui d’Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation, préfacé par Emmanuel Todd (Flammarion, 2011). Ces deux derniers auteurs font remonter le concept au Philippin Walden Bello, figure de proue des Forums sociaux mondiaux, dans son livre publié en 2002 Deglobalization : Ideas for a New World Economy.

En fait, il avait déjà été proposé par l’auteur de ces lignes dans un article publié en novembre 1996 « Et maintenant… démondialiser pour internationaliser », publié dans le n° 32 (novembre 1996) de « Manière de voir », publication bimestrielle du Monde diplomatique. A l’époque, il n’avait pas pris pied dans le débat public. Les mots aussi doivent attendre leur heure… Et celle de la démondialisation semble venue…

Si l’on en doutait, il suffit de voir la virulence des réactions que ce concept a suscitées dans des secteurs que l’on attendait (les libéraux de toute obédience), mais aussi dans d’autres que l’on n’attendait pas (certains altermondialistes d’Attac). La raison est la même dans les deux cas : dans la mesure où Arnaud Montebourg en a fait l’un des mots d’ordre de sa campagne des « primaires » du Parti socialiste en vue de la désignation de son candidat à l’Elysée, le thème de la démondialisation cesse d’être confiné aux débats au sein de la gauche critique pour s’installer dans le panorama électoral national et acquérir ainsi une légitimité et une « respectabilité » politiques dépassant le cercle des convaincus.

On peut se demander si ce n’est pas la raison pour laquelle, dans une tribune publiée le 6 juin 2011 sur le site Médiapart et intitulée « Démondialisation et altermondialisme sont deux projets antagoniques », neuf membres du Conseil scientifique d’Attac - en fait les principales figures de la direction de l’association -, ont cru pouvoir affirmer, sur un ton polémique et sentencieux, que la démondialisation était « un concept superficiel et simpliste ». En n’hésitant pas, au passage, à mettre en scène la grosse – et scandaleuse - ficelle d’une prétendue convergence avec les thèses du Front national.

Sans jamais les nommer ou les citer, ils s’en prenaient, en les travestissant, aux thèses de Jacques Sapir, Arnaud Montebourg et Emmanuel Todd. Ce qui leur a valu deux répliques d’un nouvel intervenant dans le débat, Frédéric Lordon : l’une dans son blog du Monde diplomatique, « Qui a peur de la démondialisation » ; l’autre dans le numéro d’août 2011 du mensuel : « La démondialisation et ses ennemis ».

DERRIÈRE UN MOT, UNE ORIENTATION STRATÉGIQUE

Contrairement à ce qu’affirment les dirigeants d’Attac, altermondialisme et démondialisation ne sont pas des concepts antagoniques, mais appartiennent à la même famille. Dans le premier cas, il s’agit d’un faisceau de revendications et de propositions très diverses (en raison même de l’hétérogénéité des protagonistes) et dont le principal dénominateur commun, tel qu’on peut le reconstituer de l’extérieur, est l’impératif de l’accès universel aux droits .

La démondialisation, elle, est une orientation stratégique visant, par l’action aussi bien politique (élections, institutions et gouvernements) que citoyenne (luttes des mouvements sociaux notamment), à reprendre concrètement à la sphère économique et financière les énormes pouvoirs que l’instance politique lui a délibérément abandonnés, et qui sont à la source de la crise systémique actuelle du capitalisme. Sans cette orientation, pratiquement aucune des propositions altermondialistes n’a la moindre chance d’aboutir.

L’objectif de la démondialisation est simple à formuler, mais autrement difficile à atteindre : tendre à ce que le périmètre de la prise de décision démocratique coïncide le plus possible avec celui de la capacité de régulation des flux économiques et financiers. Ce qui pose la question du statut de l’espace national.

LE NATIONAL : UN LEVIER ET PAS UN « REPLI »

Même s’il faut s’efforcer de se donner des objectifs convergents pour des mobilisations sociales à l’échelle régionale (européenne pour nous) et mondiale, ce périmètre est seulement national pour l’instant. Il faut en exploiter toutes les potentialités en utilisant les failles ou les faiblesses de l’adversaire. Et cela sans se laisser impressionner par la dénonciation de l’ « unilatéralisme », poncif d’une partie de l’extrême-gauche et du mouvement altermondialiste, et qui revient à reporter tout changement de cap en France aux calendes européennes ou mondiales, c’est-à-dire à un futur dont on sait qu’il n’adviendra pas. Après tout, le 29 mai 2005, les citoyens français n’ont pas attendu que les autres le fassent pour voter « non ».

Toutes les expériences de rupture concrètes de ces dernières années ont montré que ce n’est pas aux niveaux mondial ou régional, mais bien au niveau national, qu’il a été possible de faire bouger les lignes et même de remporter des victoires. Cela, soit par les actions de gouvernements soutenus par les mouvements sociaux (comme en Amérique latine), soit par la pression sur des Etats de mouvements populaires capables de mobiliser les populations (comme dans le monde arabe).

Les trois moteurs de la mondialisation libérale – également promus par les traités européens au statut de « libertés fondamentales » - sont la liberté de circulation des capitaux, la liberté des investissements et la le libre-échange des biens et des marchandises. Et cela non seulement au sein de l’UE, mais aussi entre l’UE et le reste du monde. Ce sont donc ces trois moteurs qu’il faut brider et soumettre au contrôle démocratique.

Le néolibéralisme a défini son terrain d’intervention : c’est la planète tout entière, sans frontières d’aucune sorte. La question est de savoir si, pour le combattre, il convient de se placer sur ce même terrain ou s’il faut en choisir d’autres et, au lieu d’une guerre de tranchées au niveau mondial, mener une guerre de mouvement, voire une guérilla aux échelons inférieurs. Tout dépend du rapport de forces.

C’est précisément pour le verrouiller à leur avantage que les organisations multilatérales comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, l’OCDE, ainsi que les institutions européennes, sans oublier les G7, 8 ou 20, ont été créés. Elles savent n’avoir strictement rien à craindre d’une confrontation avec leurs adversaires à ce niveau. Elles peuvent même se payer le luxe de « dialoguer » publiquement avec eux, comme certains de leurs membres l’on fait lors de la téléconférence-débat « Porto Alegre contre Davos » organisée lors du premier Forum social mondial en 2001, et à laquelle participa notamment le méga-spéculateur George Soros en personne.

En revanche, les habitués de Davos ne prendront jamais ce risque au niveau « régional », par exemple européen – imagine-t-on un dialogue télévisé entre Carlos Ghosn et le comité d’entreprise européen de Renault ?- et encore moins au niveau national, c’est-à-dire là où des capacités militantes peuvent être réellement mises en mouvement . Les forces du capital ont parfaitement compris qu’une contestation sociale dans un Forum mondial perdait rapidement de sa puissance au fur et à mesure qu’elle d’éloignait de son « épicentre », jusqu’à n’avoir pratiquement plus d’existence lorsqu’elle arrivait au niveau national.

A l’inverse, l’expérience nous enseigne que des luttes sociales et politiques dans un pays donné peuvent avoir un effet de « contagion » dans d’autres, et ainsi se régionaliser et s’internationaliser. C’est ce que montrent les soulèvements arabes partis de la situation en Tunisie, et les manifestations de masse contre les inégalités en Israël qui s’inspirent directement de l’expérience des Indignés de la Puerta del Sol, eux-mêmes – et la boucle est bouclée – réplique des occupations de places publiques à Tunis et au Caire…

Le « national » n’est donc en aucune manière un substitut de l’ « international » ou de l’ « européen ». Loin de constituer un « repli », il en est au contraire la condition préalable dans une stratégie du faible au fort. On ne comprend pas que de telles évidences, par ailleurs validées par les faits, échappent à l’entendement des « anti-démondialisation » se réclamant de la gauche critique, en particulier au sein d’une partie de l’altermondialisme.

La démondialisation n’est nullement un concept figé, mais dynamique, pouvant se traduire par une série de mesures politiques pratiques, telles, entre autres, celles proposées par les auteurs cités plus haut , et qui ne se réduisent pas à la nécessité d’un protectionnisme européen. Son « carburant » est l’exigence démocratique visant à récupérer la souveraineté populaire dans le périmètre où elle peut s’exercer réellement pour réguler les flux économiques et financiers.

En théorie, deux solutions extrêmes sont possibles : ou bien « renationaliser » ces flux, afin qu’ils répondent à une volonté politique nationale exprimée par le suffrage universel - lorsqu’il existe -, ou bien élargir à la totalité de la planète l’espace public démocratique, afin d’exercer un contrôle effectif sur ce qui est déjà mondialisé. On voit bien qu’aucune de ces positions n’est tenable dans son intégralité. D’un côté, en effet, il existe nombre de domaines - ne serait-ce que celui de la lutte contre le changement climatique - qui échappent par nature au bornage des frontières, et, de l’autre, un gouvernement mondial doté de toutes les compétences d’un actuel exécutif national n’est pas envisageable à terme historique prévisible. C’est donc sur l’ensemble des solutions, extrêmes et intermédiaires, qu’il convient, au cas par cas, de jouer.

Ces solutions intermédiaires peuvent prendre deux formes. On peut, à partir des Etats constitués, construire de l’international, c’est-à-dire mettre en commun, graduellement, des fragments de souverainetés nationales sur des questions faisant l’objet d’une délégation librement décidée, limitée, contrôlée - et révocable dans des conditions fixées à l’avance.

L’autre terme de l’alternative consiste à faire évoluer les cadres étatiques vers des ensembles de souveraineté populaire plus vastes. Il ne faut cependant pas confondre cette idée avec celle de regroupements régionaux fondés sur le libre-échange et la « concurrence libre et non faussée ». Ce qui fait la différence, c’est l’existence ou non de mécanismes de régulation politique à fondements démocratiques, susceptibles de faire contrepoids au marché.

L’Union européenne (UE), qui aurait théoriquement pu entrer dans cette catégorie, est au contraire un agent actif de la mondialisation libérale, une véritable machine à libéraliser. Donc un terrain majeur pour une contre-offensive démondialisatrice.

UN « GRENELLE » DE L’UE POUR FAIRE SAUTER LE VERROU EUROPÉEN

Dans la mesure où les décisions européennes surplombent et encadrent toutes les autres, et que 75 % des textes qui nous régissent ne sont que des transpositions d’actes législatifs décidés par les instances de l’Union, la question européenne se situe en première ligne de toute démarche de démondialisation. Dans la perspective des élections présidentielle et législatives, le citoyen doit savoir quelles marges d’action tel parti ou tel candidat voudront bien se donner pour mettre en œuvre un véritable programme de transformation sociale, donc incompatible avec le traité de Lisbonne.

En cas de verrouillage par les institutions européennes, sont-ils oui ou non disposés à prendre des décisions unilatérales de rupture ou au moins, afin d’imposer une négociation, à menacer de les prendre à une date proche et annoncée à l’avance ? Le tollé à attendre de la Commission, de la Cour de justice et de la plupart des dirigeants de l’UE pourrait être rapidement compensé, et au-delà, par le ralliement de nombreux mouvements sociaux d’autres pays, qui feraient à leur tour pression sur leurs gouvernements. Tout ce qui fait de l’UE un agent actif de la mondialisation libérale devrait être mis sur la table : liberté de circulation des capitaux ; libre-échange ; appartenance à la zone euro, plans de « sauvetage » ; pouvoirs de la Commission et de la Cour de justice de Luxembourg ; statut de la Banque centrale européenne ; dumping social, fiscal et écologique ; primauté de la concurrence, etc. Pour aller, vers une sorte de « Grenelle » (version 1968) au niveau européen.

On objectera, non sans raison, que cela ferait entrer l’UE dans une zone de turbulences sans précédent, et dont les débouchés ne sont pas garantis à l’avance. Ce qui, en revanche, est garanti à l’avance en l’absence de correction de trajectoire à 180 degrés de la construction européenne, c’est l’austérité à perpétuité, l’explosion des inégalités et de la précarité, la dislocation accélérée du tissu social, la poussée de l’extrême-droite et de la xénophobie. Les libéraux n’ont aucun état d’âme à ce sujet et ils ont déjà fait leur choix, avec comme seul garde-fou la crainte de troubles sociaux majeurs. Par pusillanimité, par confusion mentale entre nation et nationalisme et par européisme béat, la majorité de la gauche social-démocrate et une partie de la gauche critique semblent bien parties pour faire le même, mais par défaut. Elles libèrent ainsi un vaste espace pour les forces qui refusent de se laisser enfermer dans le piège d’une alternance factice.

(Pour la rédaction de ce texte, j’ai utilisé certains éléments d’interventions, articles et ouvrages antérieurs. En particulier ma conclusion à « Manière de voir » n° 32, novembre 1996 ) ; une communication au colloque du M’PEP « Que faire de l’Union européenne » du 11 juin 2011 ; et un article publié dans Politis du 7 juillet 2011.)

Bernard Cassen, secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac.

http://www.marianne2.fr/La-demondialisation-suite-logique-de...

 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 06:27

http://static1.purepeople.com/articles/5/37/13/5/@/260710-jacques-chirac-passe-ses-vacances-a-156x133-2.jpg

 

Ainsi donc, Jacques Chirac et Madame sont en vacances à Saint-Tropez.


 

À l’Hôtel des Flots Bleus ?


Vous n’y pensez pas. Chez l’un des meilleurs amis du couple, François Pinault. Ce n’est tout de même pas la faute du Chi s’il a pour ami l’un des deux ou trois hommes les plus riches de France, tout de même ! Cet industriel breton a sauvé sa carrière politique en rachetant une petite entreprise corrézienne en 1981 quand Chirac était au fond du trou et risquait d’être battu aux cantonales (link).


Quand Chirac est aux affaires, il profite des palais de la République avec les frais de bouche afférents.


Quand il met fin à sa carrière, il loge dans un appartement parisien (valeur : 8 millions d’euros) appartenant à la plus riche famille du Liban (10 milliards de dollars alors que le PIB du pays est de 22 milliards), qui a construit sa fortune en utilisant des moyens auxquels même les nouveaux oligarques russes n’auraient pas pensé.


Le premier qui dit que ces grands capitalistes doivent quelque chose à Chirac ou que Chirac est leur débiteur prend deux claques.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 15:00
Le Grand Soir a pris la peine de traduire ce très utile article de Naomi Klein pour le Guardian (trad. : Viktor Dedaj). Quoi qu'en pense Cameron, il y a pillage et pillage. Ou pilleurs et pilleurs : les amateurs, qui volent du jus d'orange ou des téléphones portables, et les professionnels, qui volent à une immense échelle et de manière institutionnelle.

On nous rabâche que les émeutes en Grande-Bretagne n’avaient rien de politique – mais les émeutiers savent que leurs élites, eux, volent en plein jour.



Je n’arrête pas d’entendre des comparaisons entre les émeutes à Londres et celles d’autres villes européennes – bris de vitrines à Athènes, voitures incendiées à Paris. Il est certain qu’il y a des similitudes : une étincelle provoquée par la violence policière, une génération qui se sent abandonnée.

 

Mais les évènements à Londres ont été marqués par des destructions massives, le pillage était un phénomène marginal. Il y a eu cependant d’autres pillages massifs ces dernières années, et peut-être devrions-nous en parler aussi. Il y a eu Bagdad au lendemain de l’invasion par les Etats-Unis – une vague d’incendies et de pillages qui ont vidé les bibliothèques et les musées. Les usines aussi ont été touchées. En 2004 j’ai visité une usine qui fabriquait des réfrigérateurs. Les employés avaient pris tout ce qui avait de la valeur, puis ils y ont méthodiquement mis le feu jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une structure métallique tordue.

 

A l’époque les gens à la télé trouvaient que le pillage était un geste hautement politique. Ils disaient "voici ce qui arrive lorsqu’un régime n’a plus de légitimité populaire". Après avoir assisté pendant des années à Saddam Hussein et ses fils se servir pour n’importe quoi et n’importe qui, de nombreux Irakiens ordinaires ont pensé qu’ils avaient eux-aussi le droit de se servir à leur tour. Mais Londres n’est pas Bagdad, et le premier ministre britannique, David Cameron, n’a rien d’un Saddam, il n’y donc aucune leçon à en tirer.

 

Bon, alors que diriez-vous d’une démocratie ? L’Argentine, vers 2001. L’économie était en chute libre et des milliers d’habitants des quartiers défavorisés (qui étaient jadis des zones industrielles prospères, avant l’arrivée du néolibéralisme) ont pris d’assaut les supermarchés détenus pas des sociétés étrangères. Ils sont ressortis avec des chariots remplis de produits qu’ils n’avaient plus les moyens d’acheter – vêtements, matériel électronique, viande. Le gouvernement a instauré « un état de siège » pour rétablir l’ordre. Les gens n’ont pas apprécié et ils ont renversé le gouvernement.

Le pillage massif en Argentine fût baptisé « el saqueo » - le pillage. Ce qui est politiquement significatif parce que c’est exactement ce terme qui fut employé pour décrire ce que les élites du pays avaient fait en bradant les biens de la nation lors d’opérations de privatisations à l’évidence corrompues, en planquant leur argent dans des paradis fiscaux pour ensuite faire payer le peuple par des mesures brutales d’austérité. Les Argentins avaient bien compris que le « saqueo » des centres commerciaux n’aurait pas eu lieu sans le « saqueo » plus large du pays, et que les véritables gangsters se trouvaient au pouvoir. Mais l’Angleterre n’est pas l’Amérique latine, et ses émeutes ne sont pas politiques, du moins c’est ce que l’on nous rabâche. En Angleterre, ce sont juste des gamins paumés qui profitent d’une situation pour s’emparer de ce qui ne leur appartient pas. Et la société britannique, nous dit Cameron, a horreur de ce genre de comportement.

Tout cela est dit avec le plus grand sérieux. Comme si les sauvetages massifs des banques n’avaient jamais eu lieu, suivis par des distributions record et indécentes de primes aux dirigeants. Suivies par des réunions d’urgence du G8 et G20, où les dirigeants ont décidé, collectivement, de ne pas punir les banquiers ni de prendre des mesures pour éviter que cela ne se reproduise. Au lieu, ils sont rentrés dans leurs pays respectifs pour imposer des sacrifices aux plus vulnérables. En licenciant des fonctionnaires, en réduisant le nombre d’enseignants, en fermant des bibliothèques, en augmentant les frais de scolarité, en dénonçant les accords sociaux, en se précipitant pour privatiser les biens publics et diminuer les retraites – choisissez parmi ce qui précède pour l’adapter à votre situation locale. Et qui voit-on à la télévision nous faire la leçon sur la nécessité de renoncer à ces « avantages acquis » ? Les banquiers et les gestionnaires de hedge-funds, évidemment.

 

C’est le « saqueo » global, le temps du Grand Larcin. Alimenté par un sentiment maladif de droit sacré, le pillage se déroule en plein jour, comme s’il n’y avait rien à cacher. Cela dit, ils ont quand même quelques craintes. Début juillet, dans le Wall Street Journal, un sondage indiquait que 94% des millionnaires craignaient « des violences dans les rues ». Il s’avère que cette crainte n’est pas complètement injustifiée.

 

Bien sûr, les émeutes à Londres n’avaient rien de politique. Mais ceux qui volaient de nuit savaient parfaitement bien que leurs élites commettent leurs larcins en plein jour. Les « saqueos » sont contagieux. Les Conservateurs ont raison lorsqu’ils disent que les émeutes n’ont rien à voir avec les réductions budgétaires. Mais elles ont beaucoup à voir avec ce que ces réductions représentent : être coupé du monde. Se retrouver coincé dans une sous-classe sociale qui ne cesse de s’élargir et voir les rares portes de sortie – un vrai travail, une éducation à portée de bourse – se refermer rapidement les unes après les autres. Les réductions budgétaires sont un message. Un message envoyé à des pans entiers de la société pour leur dire : vous êtes coincés là où vous êtes, comme ces immigrés et ces réfugiés repoussés à nos frontières qui deviennent de plus en plus infranchissables.

 

La réponse de Cameron aux émeutes est de matérialiser cette exclusion par des mesures concrètes : expulsion des habitations à loyers modérés, coupures des outils de communication et des peines de prison scandaleuses (cinq mois pour une femme qui a accepté un short volé). Une manière d’enfoncer le clou : disparaissez, et en silence.

Au « sommet de l’austérité » du G20 l’année dernière à Toronto, les protestations ont dégénéré et de nombreuses voitures de police ont brûlé. Rien à voir avec Londres 2011, mais pour nous les Canadiens, ce fut un choc. Mais la grande controverse qui a suivi fut le montant des dépenses effectuées par le gouvernement pour la « sécurité » du sommet, 675 millions de dollars (et avec tout ça ils ont eu du mal à éteindre les feux). A l’époque, nombre d’entre nous ont fait remarquer que tout ce nouvel arsenal coûteux que la police venait d’acquérir – canons à eau, canons soniques, gaz lacrymogènes et balles de caoutchouc – n’était pas uniquement destiné aux manifestants dans les rues. A long-terme, il était destiné à contrôler les pauvres qui, dans la nouvelle ère d’austérité, n’auront plus grand chose à perdre.

C’est là où Cameron s’est trompé : on ne peut pas réduire le budget de la police en même temps que tout le reste. Parce que lorsqu’on vole aux gens le peu qui leur reste pour protéger les intérêts de ceux qui ont largement plus qu’il ne leur en faut, il faut s’attendre à une résistance – que ce soit sous la forme de protestations organisées ou des pillages spontanés. Et ça, ce n’est pas de la politique, c’est de la physique.

 

Naomi Klein

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 06:06

Cette fable court sur internet, en Espagne, parmi les indignados.

http://www.coloriages-enfants.com/rubrique-animaux/images/coloriages/anes/coloriages-anes-03.jpgUn homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.


Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.


Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.


Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.

Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?

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