Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 14:47
Je reproduis ci-dessous un article du Grand Soir, signé par Paul Delmotte, professeur de sciences politiques en Belgique, sur l'acte de guerre qui a consisté à exécuter Ben Laden.

 

J'en profite pour rappeler que le 28 janvier 2002, Dan Rather, journaliste à CBS, avait annoncé que le 10 septembre 2001, la vieille des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, Oussama ben Laden avait bénéficié d'une dialyse du rein dans un hôpital militaire du Pakistan.  Il était déjà l'instigateur d'actes terroristes extrêmement meurtriers mais il était encore dans les petits papiers de la CIA et de la famille Bush. 

 





Tout d’abord, une précision qui semble bien nécessaire à propos d’un sujet perçu avec tant de manichéisme. Ossama Ben Laden porte bien la responsabilité première du crime contre l’Humanité commis par ses comparses le 11 septembre 2011 aux États-Unis. De même que ceux qui lui ont été attribués par la suite à Londres et à Madrid. Par ailleurs, et bien que se réclamant d’une interprétation ultra-rigoriste de l’islam, l’homme et ses partisans ont causé la mort de plus de musulmans que de « croisés et de juifs » comme il se plaisait à décrire Occidentaux et Israéliens, dans sa vision du monde que l’on pourrait qualifier de « racialo-religieuse ».


Ceci étant précisé, peut-on clamer, comme l’a fait Barack Obama, que « justice est faite » ?

Il me semble qu’une réponse instructive à cette question consiste à en poser une autre. Comment auraient réagi des millions de personnes si un commando – au choix irakien, afghan ou pakistanais – avait, hier, assassiné G.W.Bush à la Maison blanche ou Tony Blair au 10, Downing Street ? Ou si demain, Barack Obama – grand ordonnateur d’attaques de drones qui font des centaines de victimes civiles dans les Zones tribales pakistanaises – était abattu dans cette même Maison blanche ?


Car ces trois hommes ont, eux aussi, du sang sur les mains. Et très vraisemblablement plus encore que celui qu’a fait verser Ben Laden. Verrions-nous avec la même compréhension des foules irakiennes, pakistanaises ou afghanes, leurs victimes, danser dans les rues pour célébrer leur disparition ? Aurions-nous la même mansuétude pour ce qui est bel et bien un assassinat et un acte de vengeance politiques perpétrés dans une guerre opposant un terrorisme d’État à un terrorisme de groupe ? Comme le disent des amis flamands : « la guerre est du terrorisme avec un gros budget »… Assassinat parce que depuis belle lurette, divers responsables étasuniens ont déclaré qu’il n’était pas question de capture ou d’un procès de Ben Laden. Rien ne permet à l’heure actuelle de gloser sur les conditions de l’opération du 1er mai à Bottabad. Ni de jurer que cet homme de 57 ans et que l’on dit fort malade depuis des années, a vraiment « résisté » à l’assaut de dizaines d’hommes, surarmés mais apparemment incapables de l’immobiliser ; ou s’il s’est agi d’une exécution pure et simple, suivie de la disparition d’un cadavre qui aurait peut-être pu « parler ». Tout comme un Ben Laden vivant et passant en justice aurait pu s’avérer fort embarrassant : n’était-il pas un produit de la CIA ?


Or, constatons que ce type d’acte – qui jure avec tous les principes et valeurs de respect de la personne humaine que nous nous honorons de chérir et que nos dirigeants se targuent de faire appliquer de par le monde – « passe » sans trop de problèmes dans les consciences : il y a là, je le crains, une dangereuse évolution.


Certes, nous ne déplorerons pas la mort de Ben Laden. Comme ne le pleurera pas une grande majorité d’Arabes et de musulmans qui n’oublie pas les « victimes collatérales » des attentats d’Al-Qaïda. Et qui n’a jamais apprécié ni sa vision ni ses méthodes que d’aucuns pourtant ont voulu nous présenter comme une émanation de l’islam. Car, il faut le rappeler encore et encore : ce n’est pas l’islam qui « fabrique » les Ben Laden, mais un ordre du monde inique et humiliant pour la majorité des déshérités. Un ordre que des millions d’êtres humains ont voulu, depuis le XIXe siècle – et voudront peut-être demain – combattre et jeter bas en misant sur la fraternité entre les êtres humains. Ce n’était certes pas là la vision de Ben Laden, mais sa rage meurtrière découlait probablement de constats similaires, même s’il en voyait la « solution » dans sa religion.


Or, ce monde inique et humiliant est toujours bien en place.


Et ce sont ceux-là qui en bénéficient le plus et se dédient à le maintenir et à le conforter qui nous disent que « justice est faite » !


Paul DELMOTTE
Professeur de Politique internationale
IHECS- Bruxelles

 

J'ajoute deux autres points de vue. Celui de Comaguer (Le Grand Soir) :

 

 

Le Président des Etats-Unis a endossé face au monde la tenue de l’exécuteur d’une sentence qui n’a été prononcée par aucune juridiction, c’est-à-dire celle du tueur.

 

Un motif à lui seul suffisant pour lui retirer le Prix Nobel de la paix en observant que depuis qu’il a obtenu ce blanc-seing médiatique son comportement agressif n’a fait que croitre : non fermeture de Guantanamo, effectifs supplémentaires en Afghanistan, forces spéciales et bombardements en Libye…

 

La Cour Pénale Internationale si elle ne veut pas définitivement passer pour une juridiction mineure et servile et comme un outil supplémentaire de domination impériale ne peut qu’inculper un chef d’Etat qui revendique l’assassinat d’un personnage dont il fait disparaitre aussitôt la dépouille- ce qui interdit définitivement toute enquête contradictoire sur l’identité réelle du mort - sur le territoire d’un pays étranger.

 

Obama a encore dévoilé plus profondément son idéologie lorsque, parlant récemment de Kadhafi, il a déclaré, faisant sien le langage des lyncheurs du KU KLUX KLAN : « Le nœud se resserre progressivement autour de son cou ». Le dit nœud ne s’est pour l’instant resserré qu’autour du cou de son fils mais le KKK a encore soif de sang.

 

Et celui de Jean-Marie Muller, philosophe et militant pacifiste :


Dans un texte écrit au début de la seconde guerre mondiale et intitulé Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, Freud écrit : "Lorsqu’une décision aura mis fin au sauvage affrontement de cette guerre, chacun des combattants victorieux retournera joyeux dans son foyer, retrouvera sa femme et ses enfants, sans être occupé ni travaillé par la pensée des ennemis qu’il aura tués dans le corps à corps ou par une arme à longue portée ." Ainsi l’homme civilisé n’éprouve-t-il aucun sentiment de culpabilité vis-à-vis du meurtre de ses ennemis. Freud fait remarquer qu’il n’en était pas ainsi de l’homme primitif. "Le sauvage, note-t-il, n’est nullement un meurtrier impénitent. Lorsqu’il revient vainqueur du sentier de la guerre, il n’a pas le droit de pénétrer dans son village ni de toucher sa femme avant d’avoir expié ses meurtres guerriers par des pénitences souvent longues et pénibles ." Freud conclut en soulignant que l’homme primitif faisait ainsi preuve d’une "délicatesse morale qui s’est perdue chez nous hommes civilisés ".

 
Le sage chinois Lao Tseu exprime, dans le chapitre 31 du Tao Té King, la même obligation de prendre le deuil pour celui qui a dû, sous la contrainte de la nécessité, recourir à la violence contre son adversaire :

 
Aussi brillantes qu’elles soient, les armes ne sont jamais qu’instruments de malheur ;
Ceux qui vivent les ont justement en horreur.
C’est pourquoi l’homme du Tao point ne s’en mêle. (...)
Pour le noble, il n’est point d’armes qui soient heureuses ;
L’instrument du malheur n’est point son instrument.
Il y recourt contre son gré, si nécessaire,
Aimant par-dessus tout la quiétude et la paix ;
Même dans la victoire, il ne se réjouit ;
Car pour s’en réjouir, il faut aimer tuer,
Et celui qui se plaît au massacre des hommes,
Que peut-il accomplir dans le monde des hommes ? (...)
Deuil et lamentation pour le massacre des hommes,
Rite funèbre pour donner rang au vainqueur.


Ces considérations de Lao Tseu et de Freud sur l’obligation du deuil pour l’homme meurtrier de son adversaire ne doivent pas être regardées avec la désinvolture amusée que l’on prête volontiers aux anecdotes édifiantes relatives aux us et coutumes d’un temps révolu. Il convient non seulement de les prendre au sérieux, mais il faut les prendre à la lettre. L’homme véritablement "civilisé", s’il s’est trouvé pris au piège de la nécessité qui l’a contraint à tuer son adversaire, n’a pas le goût de fêter une quelconque victoire, il ne cherche pas à se disculper par une quelconque justification, mais il veut prendre le deuil de celui qui est mort de ses mains. Les assertions de Lao Tseu et de Freud sont irrécusables : après le meurtre de l’ennemi, la "civilisation" exige le port du deuil, tandis que la "sauvagerie" incite à fêter la victoire.
Certes, il serait probablement déraisonnable d’attendre du peuple américain qu’il prenne le deuil de la mort de Ben Laden. Il faut tenir cependant avec Lao Tseu que, « pour s’en réjouir, il faut aimer tuer".

 

 

Partager cet article
Repost0
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 06:38

http://mobile.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L292xH253/Bilan_Libertes_2007-2-d14d1.gifLa LRU, qui institutionnalise la "liberté", l'"autonomie" des universités, autorise tout et son contraire. Ainsi, elle permet aux autorités universitaires, comme l'explique ici l'universitaire Stephen Noble, de violer tranquillement la loi sur l'informatique et les libertés de janvier 1978.

 

Récemment, j'ai découvert, avec grande surprise, que certaines universités en France exigent que les candidats aux postes de Maître de conférences et de Professeur des universités envoient leurs dossiers par le biais d'une connexion électronique -- soit par l’intermédiaire d'un serveur dédié, soit par courrier électronique -- et ce à l'exclusion de tout autre mode d'envoi (par exemple, à l'exclusion du dossier dit "papier"). Cette situation m'a paru invraisemblable, car, concrètement, cela veut dire que les universités obligent les candidats à numériser une pièce d'identité et à envoyer cette pièce d’identité numérisée via une connexion électronique.

Il s'avère que la situation est en fait grave, même plus grave qu'on ne le croyait initialement : aujourd’hui, selon la Commission des informations et des libertés (C.N.I.L.), le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche ainsi que certaines universités en France sont en situation 
d'infraction pénaleNi plus, ni moins. Les raisons en sont les suivantes.

Premièrement, 
en vertu de l'article 22 de la loi sur l’informatique et les libertés du 6 janvier 1978, "les traitements automatisés de données à caractère personnel" doivent faire "l'objet d'une déclaration auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés". Or, selon la C.N.I.L., il s'avère que ni le serveur "Galaxie" ni le serveur spécialisé de certaines universités n'ont fait l'objet d'une déclaration auprès de la Commission.

Deuxièmement, aujourd'hui en France 
l'imposition d'un traitement informatique de données à caractère personnel est illégale. Les textes de référence sont la Délibération de la C.N.I.L. n° 02-017 du 21 mars 2002 ainsi que la Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 24 octobre 1995. Cette Directive prévoit notamment ceci dans son paragraphe 30 : "[...] pour être licite, un traitement de données à caractère personnel doit en outre être fondé sur le consentement de la personne concernée [...]".


La situation est d'autant plus grave que, encore selon la C.N.I.L., une jurisprudence établie par la Cour de cassation en date du 6 avril 2004 (
Arrêt n° 944) pourrait très bien s'appliquer. Cette jurisprudence a établi le principe selon lequel une décision qui s'appuie sur une procédure qui n'a pas fait l'objet d'une déclaration auprès de la C.N.I.L., et qui aurait dû faire l'objet d'une telle déclaration, est illégale. Concrètement, pour la communauté universitaire aujourd'hui, ceci implique que toute procédure qui passe par l’intermédiaire de "Galaxie" (recrutement, qualification...) pourrait faire l'objet d'un recours afin d'être annulée.

Vous aurez sans doute déjà mesuré l'importance de ces faits. Il semble que, dans l'enseignement supérieur, la situation soit sans précédent.

Mais, comme dit initialement, mon intérêt a été attiré sur ce sujet par le fait qu'on exige l'envoi d'une pièce d'identité numérisée via une connexion électronique. 
Aujourd'hui, le phénomène qu'on appelle "usurpation d'identité" existe bel et bien, ce phénomène est de plus en plus répandu, et les personnes qui en sont victimes ont les pires ennuis. L'existence d'un nombre important d'ordinateurs personnels et de serveurs contenants des pièces d'identité numérisées, tous connectés à Internet, dans les locaux des universités où la sécurité électronique peut parfois laisser à désirer, serait une aubaine pour des personnes avec des intentions néfastes. Aujourd'hui en France, la loi vous protège : il est illégald'exiger l'envoi d'une pièce d'identité numérisée par Internet.


Cette situation et ces informations concernent, bien entendu, l'ensemble de la communauté universitaire. C'est pourquoi il serait peut-être opportun d'en parler à vos collègues, afin de les en avertir et de s'opposer à l’imposition de cette pratique.

 

Stephen Noble

Partager cet article
Repost0
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 15:15
Le Grand Soir vient de publier cet article de Leyde E. Rodríguez Hernandez. Ayant assisté à l'émission dont il analyse le contenu, je puis dire que les faits se sont déroulés tels qu'ils sont relatés.

 

On s'en souvient peut-être, j'ai publié sur mon blog censuré par nouvelobs.com, puis sur le site du Grand Soir, un article intitulé “ Jean-Michel Aphatie, obsessionnel et poujadiste ” (link). J'ai également repris ce texte dans ce même blog (Florilège (32) ). Sur le site du Grand Soir, mon texte a eu un succès inespéré. Des milliers de lecteurs l'ont lu, au point que lorsque l'on tape “Aphatie” sur Google, l'article est référencé en tête de gondole, la plupart du temps avant même la fiche wikipédia et le blog personnel du bateleur. On a les petits bonheurs qu'on peut : j'imagine que le journaliste à l'ego surdimensionné doit être vert quand il tape son nom sur ce moteur de recherche.

 

L'important, à la lecture de l'article qui suit, est de vérifier à quel point de nombreux hommes politiques se font tout petits devant ces rois des médias. Jack Lang a 72 ans. Il fut ministre pendant des années. Avant cela, il fut un universitaire de pointe et un homme de théâtre exceptionnel (et un grimpeur de roche de premier ordre). Face à une telle personnalité, Aphatie ne peut opposer, comme je l'ai écrit, que ses obsessions, son poujadisme, ses analyses rudimentaires, ses cris d'orfraie, son manque de courtoisie, en un mot sa névrose. Malgré cela, c'est Lang qui plia et qui pliera encore.

 

À sa manière, plus ou moins habile et policée, Jean-Luc Mélenchon a inversé ce rapport de forces scandaleux. On peut dire que Ségolène Royal et une toute petite poignée d'hommes et femmes politiques sont également sur la bonne voie.

 

 


Leyde E. Rodríguez HERNANDEZ


Du balcon de la résidence parisienne, l’agréable soleil printanier – torride dans l’après-midi pour la majorité des Français – me servit de motivation tropicale pour un article basé sur un fait réel qui se renouvelle avec différents acteurs politiques et journalistes à la télévision française.

 

Le mercredi 20 avril 2011, monsieur Jack Lang, député du Parti Socialiste, était l’invité d’une émission de grande audience « Le Grand Journal » de Canal Plus pour débattre sur divers thèmes en rapport avec la politique interne française. Mais, à la surprise de nombreux téléspectateurs, le journaliste de Canal Plus, Jean-Michel Aphatie, entonna son extravagante rengaine anti-cubaine pour interroger Lang sur son thème de prédilection : « Fidel Castro est-il un dictateur de la pire espèce ? » Et Aphatie commenta « A cause de ses prisonniers politiques et des personnes qui peuvent à peine respirer alors qu’il ne reste que quelques communistes, » dans un contexte où on voyait des images de Fidel accompagne du président cubain Raùl Castro Ruz à la réunion plénière du VI° Congrès du Parti Communiste de Cuba.

 

Il faudrait demander à Aphatie pourquoi, avec un si grand nombre de thèmes en France et dans l’agenda de la politique mondiale, il faut toujours qu’il pose la même question à ceux qu’il interroge, comme si son répertoire se résumait à une interpellation, comme si on le payait pour répéter sans arrêt le mot « dictature ». Devant cette situation extravagante, on pourrait suggérer aux lecteurs de chercher le nom d’Aphatie dans la liste du « Projet d’Argent pour Cuba », centre de paiement pour les journalistes de divers pays afin qu’ils fassent des interviews contre le gouvernement cubain. Ainsi donc, dorénavant, il faudrait savoir si Aphatie apparaît déjà sur cette liste ou s’il aspire à y être à cause de la réduction croissante du « pouvoir d’achat » dans son entourage. La route de l’argent, en ce qui concerne Aphatie, serait une recherche intéressante qui aiderait à mettre à jour la cause de son attitude vicieuse envers Cuba car jusqu’à maintenant, trois hypothèses fondamentales me sont venues à l’esprit : C’est un mercenaire au service des grandes puissances ; il est aveuglément et sans limites attaché à l’idéologie anti-communiste ; ou il s’agit d’une pathologie mentale complexe non encore diagnostiquée.

 

Mais poursuivons. A la brutale torture de l’antipathique Aphatie qui répétait comme une ritournelle : « Dictature, dictature, dictature », comme une seconde voix dans un ensemble musical, Lang tenta placer quelques mots qu’il orienta peut être « inconsciemment » dans le sens de son interviewer, ce qui l’amena à prendre une position indigne jusqu’à ce qu’il plie comme un faible roseau au bord d’un fleuve, chose qui arrive toujours sous les rafales des ouragans.

 

Le bruit de cette rengaine subliminale dans la bouche d’Aphatie troubla l’intelligence de Lang qui avoua à son inquisiteur qu’il avait évidemment raison : « Fidel Castro est un dictateur, un oppresseur qui a imposé à son peuple un régime politique. » A partir de là, Lang et Aphatie s’entendirent comme larrons en foire jusqu’à ce que Lang rappelle les belles paroles du Siècle des Lumières français : « Castro est un despote éclairé qui a réussi de grandes choses dans la culture, le cinéma, l’éducation et la santé. » Ainsi, dans un système cruel et oppressif, on peut obtenir de telles conquêtes sociales, celles-là même qui existent aujourd’hui à Cuba et on travaille intensément pour qu’elles s’étendent et se perfectionnent.

 

Mais Lang avait dans sa plaidoirie contre Fidel une vérité révélée et c’était le moment de la publier : « Oui, évidemment, Cuba est une dictature ». Et il le dit avec la transparence de l’eau bénite qui coule dans la belle Seine. Evidemment, pour montrer aussi qu’il est un candidat idoine et idéal au nouveau poste de « défenseur » des Droits de l’Homme.

 

Lang batifola avec le qualification médiatique de dictateur et de dictature respectivement appliquées à Fidel et à Cuba et il voulut nuancer ses critères en vue d’une impartialité apocryphe lorsqu’il mit au crédit d’ Obama (Barack) la volonté de dialogue et de changement de politique envers Cuba, ignorant la position limpide du gouvernement cubain au sujet de ce problème qui lui avait été expliquée en 2009 par le président Raùl en qualité d’émissaire spécial du président Nicolas Sarkozy à La Havane pendant des heures de conversation qui l’honorèrent et l’émurent . Il faudrait demander à Jack Lang si bien informé pourquoi il a ignoré les appréciations sur ce thème de James Carter, ex-président étasunien qui a visité l’Ile, eu des réunions avec Fidel et Raùl et de longues rencontres avec des secteurs et des institutions de la société civile cubaine et de ce qu’on appelle « dissidence » chapeautée par Washington. Ces omissions ont détruit tout équilibre dans ses jugements hâtifs sur Cuba.

 

Durant ce programme, le dieu Chronos courrait rapidement. Aphatie avait déjà pratiquement remporté le débat lorsque Lang se moqua du temps : il prit la tenue d’un gladiateur intrépide et en une seconde, se désolidarisa d’un « embargo anormal » que les cubains considèrent comme un blocus économique, commercial et financier parce qu’il représente un ensemble d’actions agressives pendant un demi-siècle pour détruire tout un pays, c’est à dire un véritable génocide mais qui, dans l’esprit d’un Français, est un simple « embargo » qui ne devrait pas exister après la « Guerre Froide ». Il apparaît ainsi que les stratégies, les méthodes et les procédés de cette période néfaste dans les relations internationales ne s’appliquent pas aujourd’hui dans la politique internationale et dans les « guerres chaudes » que les impérialistes occidentaux pratiquent avec la participation de l’OTAN en Afrique et au Moyen-Orient. Oui, pour de mesquins intérêts géopolitiques et économiques dans leur but de domination globale.

 

Enfin, Jack Lang fut méconnaissable dans le studio de Canal Plus où il assuma une posture irrespectueuse envers le leader et fondateur de la première Révolution socialiste qui parle espagnol, et qui est aussi autochtone que l’immense Palmier Royal et continuera à l’être. Malheureusement, ce facteur de civilisation fut souligné par Lang, connaisseur avisé des questions socioculturelles.

 

Personne, aussi bien que le romancier Gabriel García Marquez, Prix Nobel de Littérature, simple ambassadeur de la culture universelle, n’a pu capter le Fidel authentique comme il l’a fait dans son article intitulé : « Le Fidel Castro que je connais » duquel je veux partager un fragment avec les lecteurs :

 

« Fidel est l’anti dogmatique par excellence (…) Lorsqu’il parle avec les gens de la rue, la conversation a le ton expressif et la franchise crue du la réalité. On l’appelle Fidel. On l’entoure sans problèmes, on le tutoie, on discute avec lui, on le contredit, on rouspète, c’est un réseau de communication immédiate où bouillonne la vérité. C’est alors qu’on découvre l’être humain insolite que l’éblouissement de sa propre image ne laisse pas voir. C’est le Fidel Castro que je crois connaître : un homme austère aux illusions insatiables avec une éducation formelle à l’ancienne, aux paroles prudentes et aux manières pleines de finesse et incapable de concevoir aucune idée qui ne soit pas originale. Il rêve que ses scientifiques trouvent le remède définitif contre le cancer et il a créé une politique extérieure d’efficacité mondiale dans une île 84 fois plus petite que son ennemi principal. »

 

Face à ces paroles du célèbre romancier, le show Aphatie-Lang est un spectacle bas et risible qui frôle le pire style de Miami basé sur la terreur médiatique sur et contre Cuba. Ce qui en sort, à l’évidence, est que Lang ne connaît pas le vrai Fidel, le connaître réellement ne l’intéresse pas non plus parce que c’est un révolutionnaire radical, anti-capitaliste et anti-impérialiste.

 

La seule chose qui intéresse Lang, c’est la démocratie bourgeoise et les institutions capitalistes imposées au monde par les riches puissances occidentales par le feu et le sang.

 

Le seul vrai combat de Lang, c’est le combat pour obtenir le poste français bien rémunéré de « défenseur des droits » en compétition aussi avec d’autres excellents paladins des « droits de l’homme et de la démocratie occidentale ». Je pense aussi à Bernard Kouchner qui – à la différence de Lang – allègue des raisons intimes et entremêle les sentiments du cœur pour manifester sa haine viscérale de Fidel considéré comme un « dictateur scélérat » dans ses diatribes anti cubaines assidues à la radio française. Dans les deux cas, même avec le mensonge médiatique ils ne pourraient pas atteindre l’illusion de s’octroyer la charge convoitée.

 

Tandis que la lutte pour la responsabilité justicière de « défenseur des droits » continue, Lang étourdi d’opportunisme et sous le fouet impitoyable de son bourreau Aphatie, aurait pu encore se trouver frappé comme le public par l’émission phare de Canal Plus ou, pourquoi pas, absorbé dans l’analyse philosophique et sémantique de ce texte insondable : « Cuba : c’est tout et ce n’est pas tout. Cuba : ce n’est rien et ce n’est pas rien. Cuba : c’est ce qui est et ce n’est pas ce qui n’est pas. Oui, c’est non et non, c’est oui où j’ai dit, je dis, maintenant, je dis Diego. »

 

Ainsi, les lésions cérébrales que laisse Aphatie chez les personnalités politiques qui sont fréquemment invitées au grand spectacle de Canal Plus, sont probablement graves. Certainement, messieurs, ceci est, selon moi, le journalisme de la pire espèce sur Cuba, en France, que par son impact et ses séquelles sur les esprits de millions de personnes, nous pourrions appeler « Le grand journal de la terreur ».

 

Croyez-moi, j’ai de la pitié pour Jack Lang, un homme qui aime la culture et professe le rêve du « Charme cubain ».

 

(traduction Gaston Lopez) Rebelion.

Partager cet article
Repost0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 06:50

http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2010/12/SarkozyServierliste.jpgEn juillet 2009, notre kleiner Mann promeut Jacques Servier dans l’Ordre de la Légion d’honneur : grand croix (le top du max). Il prononce à cette occasion une allocution médiocre (tant au niveau du fond que de la forme) et poujadiste, sûrement pas écrite par sa plume Guaino. Extraits :

 

Je me souviens de notre première rencontre en 1983. C'était déraisonnable, c'est là que je vois que vous êtes enthousiaste, vous pensiez déjà à l'époque que je serais président de la République. Incorrigible Jacques Servier !

 

Vous êtes un personnage hors du commun. Votre ascèse et votre sobriété forcent le respect de tous. Mais je ne veux pas faire votre portrait, comme on croque quelqu'un à distance. Je vous connais trop bien pour cela. (...)

 

Vous avez fait de votre groupe une fondation. Raymond (Soubie)et moi, on y a joué un rôle. Grâce à ce statut, tous les résultats du groupe sont réinvestis dans la recherche. Aucun dividende n'est distribué. Tous les médicaments Servier sont issus de la recherche du groupe et vous parvenez, avec les 20 000 collaborateurs du groupe, à inscrire ce site dans la durée, à le faire fonctionner année après année. (...)

 

Vous avez fait du groupe Servier une fondation et vous avez voulu protéger les femmes et les hommes de votre entreprise plutôt qu'attirer les capitaux. Vous nous rappelez que les capitaux n'ont d'autre destination que de servir les projets que chacun d'entre nous porte en lui. L'homme n'a pas à être soumis aux caprices du capitalisme et encore moins aux caprices de la spéculation.

 

Jacques, vous êtes un entrepreneur comme la France en compte peu. (...) En tant qu'entrepreneur, vous avez été souvent sévère à l'endroit de l'administration française. Vous critiquez l'empilement des mesures, des normes, des structures et vous avez raison.

 

La nation vous est reconnaissante de ce que vous faites. Vous êtes une publicité vivante pour les médicaments Servier parce que, franchement, l'âge n'a absolument aucune prise sur vous. Je dirais même que par une certaine coquetterie, vous rajeunissez, Jacques. C'est extrêmement énervant !

 

J'espère que chacun aura compris que c'est un grand Français que je vais décorer au nom de la République française."

 

Un an plus tard, le scandale du médiator éclate.

 

Fin des années 90, début 2000, Jacques Servier était venu consulter Sarkozy au sujet de son projet de fondation. L’idée était la suivante : au lieu de faire hériter ses enfants, son groupe deviendrit la propriété d’une fondation de droit néerlandais et serait protégé de toute menace d’OPA. Pourquoi les Pays-Bas ? Ce pays bénéficie d’un droit particulièrement favorable pour le statut des fondations, notamment en matière fiscale. Le groupe a d’ailleurs toujours refusé de communiquer ses bénéfices. Sarkozy et Soubie ont donc aidé Servier à échapper à l'impôt.

 

Il est impossible de ne pas parler de conflit d’intérêts et de connivence entre Sarkozy et Servier. Le médiator a coûté plus d’un milliard d’euros à la Sécurité sociale. Cette dette colossale est, comme bien d’autres, dans le domaine de la santé et ailleurs, à la charge des Français.

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 10:25

Par Alan Woods, pour La Riposte

 

Le terrorisme d’Etat est beaucoup plus meurtrier que n’importe quel groupe terroriste. Ce sont les Etats qui déclarent la guerre, qui larguent des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, qui construisent des camps de concentration tels que Guantanamo, qui manipulent l’opinion publique à travers leurs médias. Ce sont les Etats qui saignent les budgets de la santé, de l’éducation et des retraites – tout en donnant des milliards aux banquiers.

 http://files.myopera.com/pfelelep/blog/109109085-5-ans-de-guerre-contre-le-terrorisme.jpg

 

Le terrorisme individuel repose sur l’idée que de petits groupes d’hommes armés et déterminés peuvent renverser l’ordre établi. C’est une illusion. L’Etat a suffisamment de ressources pour détruire n’importe quel petit groupe armé. Les dégâts provoqués par des attentats terroristes sont superficiels. En fait, les attentats ne font que renforcer les régimes en place, en leur donnant l’excuse dont ils ont besoin pour contre-attaquer à une vaste échelle. C’est ce qu’ont clairement montré les événements qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001.

Partager cet article
Repost0
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 06:48

Rien n’est écrit, même dans les petits papiers de Yaveh. Mais je ne serais pas surpris si les municipalités d’Auch et de Toulouse passaient la main à la droite lors de la prochaine échéance.

 

Commençons par Auch. À sa tête, un maire socialiste (le Gers a une très longue tradition de gauche), gestionnaire, technocrate. Il a décidé de réaménager complètement la Place de l’Hôtel de Ville. Y avait-il urgence ? Nullement. Les voitures y circulaient assez bien, autour d’une vieille fontaine pleine de charme. Dans le projet du Maire, la vieille fontaine est remplacée par une fontaine aussi neuve que prétentieuse, le macadam par un dallage en marbre, glissant (nous sommes dans une ville de retraités, salut les cols du fémur !) et salissant. Mais, surtout, les cafetiers vont pouvoir (peuvent déjà, alors que les travaux ne sont pas terminés) augmenter considérablement la surface de leur terrasse. Au détriment de la circulation. N’oublions pas que nous sommes dans la patrie de Daguin, ce restaurateur, vigoureux militant, qui avait menacé en 2007 Nicolas Sarkozy de faire voter la profession pour Le Pen si elle n’obtenait pas rapidement une TVA à 5,5%. Cette mesure radicale allait faire baisser les prix et permettrait aux employeurs de recruter à tour de bras. On sait ce qu'il advint de cette promesse.

 

Pendant ce temps-là, les quatre cinquièmes des chaussées d’Auch sont défoncées. Quand on les pratique à vélo comme c’est mon cas, on est très sensible aux creux et aux bosses, aux craquelures et aux remblaiements sauvages. Hé oui ! Certains riverains sont contraints de remblayer par eux-mêmes devant chez eux, sinon l’eau s’infiltre dans leur cave.

 

3167.jpgBref, ce maire technocrate a décidé de faire plaisir au petit commerce. Rue Bazillac, un restaurateur a obtenu – contre espèces sonnantes et trébuchantes, j’espère – le droit d'installer une terrasse qui occupe une bonne partie de la chaussée. La rue n'est pas spécialement touristique. Cette sorte de pont de Remagen du pauvre la rend hideuse. La circulation des voitures, sans être effrénée, est néanmoins régulière. Se restaurer en cet endroit, en pleine chaleur, parmi les pots d'échappement, implique que l'on soit un adepte de la cuisine marocaine plutôt déterminé.

 

Bon courage, les Auscitains.

 

Lorsque la gauche toulousaine a fait campagne pour déloger l’équipe fatiguée de droite, elle a promis la gratuité des transports en commun, à court ou moyen terme. On sait bien qu’un tel objectif n’est pas simple à atteindre. Le fait est que rien n’a bougé depuis. Lorsqu’on prend le bus à Toulouse, on côtoie des étudiants épuisés par les petits boulots mal rétribués qu’ils sont obligés d'accomplir pour pouvoir fréquenter la fac. Ils payent leur billet. On côtoie également des épouses de sous-prolétaires, encombrées de deux ou trois enfants, qui payent également leur billet. Enfin, des retraités à trois ou quatre mille euros par mois pour qui, legs de l’ancienne municipalité, le transport est gratuit.

 

La municipalité de gauche a décidé de poursuivre le grand projet, lancé par la droite, de plusieurs lignes de tramway. Une est déjà achevée, qui remplit parfaitement son office. Une autre est en cours de réalisation. Et c’est là que plusieurs bâts blessent. Le projet d’une ligne menant vers la commune de Saint-Orens (vers l’Est) et passant devant le Stadium (fréquenté par des dizaines de milliers de personnes chaque semaine) a été, pour le moment, du moins, abandonné. Le superbe projet d’une ligne allant jusqu’à l’aéroport de Blagnac a été également remisé. Par crainte des chauffeurs de taxi. Quoi qu’en pense mon cher et fidèle lecteur jmichel, s’il est un groupe de pression efficace en France, ce n’est pas celui des conducteurs « privilégiés » – dit-il – de la SNCF, mais bien celui des chauffeurs de taxi. Il y a trois ans, une journée de grève (à 90%, quand ils agissent, ils n’y vont pas main morte), avait fait plier Sarkozy qui leur avait accordé plus que ce qu’ils réclamaient.

 

En revanche, la municipalité a décidé de faire passer le tramway Avenue de Muret, entre la Place de la Croix-de-Pierre et la Place du Fer-à-Cheval. Alors là, on se perd en conjectures. Dans cette portion d’environ un kilomètre, la circulation des voitures est (était) fluide, un peu lente aux heures de pointe, évidemment. Deux lignes de bus (un bus toutes les sept ou huit minutes) desservaient cette avenue menant vers le centre ville. Pour ce kilomètre maudit, les travaux vont nécessiter des investissements considérables et l’on sait aujourd’hui que cette portion ne sera jamais rentable. À l’heure actuelle, l’avenue a été mise en sens unique. Les bus n’y passent plus. Je n’insiste pas sur les conditions insensées de circulation pour les voitures (quarante-cinq minutes pour faire un kilomètre aux heures de pointe). Les travaux vont durer environ deux ans.

 

Il va être difficile de garder notre calme citoyen et de faire preuve d’équanimité.

 

Photo : BG (dr).

Partager cet article
Repost0
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 15:22

Par Bernard Cassen, pour Mémoire des Luttes

A Bruxelles, chez les membres de la Commission et les fonctionnaires, on déteste les référendums : d’abord parce qu’ils sont organisés dans le cadre national, donc en porte-à-faux avec la logique supranationale de la construction européenne, et ensuite parce qu’ils sont une expression directe de la souveraineté populaire, sans le filtre des institutions de la démocratie représentative avec lesquelles beaucoup d’accommodements sont possibles. Ils rappellent – qu’on le déplore ou que l’on s’en réjouisse – que les peuples continuent à exister sur le Vieux Continent. Du moins pour l’avenir prévisible, la notion de « peuple européen » reste encore largement une fiction.

Vadrot---copie.jpg

L’Union européenne (UE) a donc un sérieux problème avec certains des peuples qui la composent. Non pas parce que ces derniers seraient par principe hostiles à l’idée d’Europe, mais parce qu’ils rejettent le carcan des politiques menées par les institutions qui agissent en son nom. Quand l’occasion se présente de donner leur sentiment lors d’un référendum, ils ne s’en privent pas. C’est ainsi que, en 1972, la Norvège refusa d’adhérer à ce qui était encore la Communauté économique européenne (CEE) ; que, en 1992, le Danemark rejeta le traité de Maastricht ; que, en 2005, la France et les Pays-Bas dirent « non » au traité constitutionnel européen ; que, en 2001, l’Irlande vota contre le traité de Nice et, en 2008, contre le traité de Lisbonne. Chaque fois, sauf pour la Norvège, un tour de passe-passe permit ultérieurement de transformer les « non » en « oui ».

Un nouveau cas d’école du respect ou du non respect de la souveraineté populaire en Europe se présente avec le refus des Islandais, exprimé par 60 % d’entre eux lors du référendum du 9 avril dernier, de faire payer par l’ensemble des citoyens le coût des ravages provoqués par leurs banquiers. Une des banques de l’île, Icesave, privatisée en 2003, avait attiré des épargnants en leur proposant des rendements de l’ordre de 7 %, c’est-à-dire très au-dessus des taux du marché. En fait, il s’agissait d’une escroquerie du type des « pyramides de Ponzi », dont Bernard Madoff fut un des plus éminents praticiens : les intérêts des placements anciens sont payés par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Jusqu’à ce que le système s’écroule… Ce qui fut le cas en 2008.

A cette date, 400 000 comptes avaient été ouverts chez Icesave, pour la plupart d’entre eux par des Britanniques et des Néerlandais. Pour ne pas précipiter une panique bancaire les gouvernements de Londres et de La Haye s’engagèrent à indemniser leurs ressortissants concernés (pour des montants respectifs de 2,6 milliards et de 1,2 milliard d’euros) et, avec la bénédiction de la Commission européenne et du Fonds monétaire international, ils envoyèrent la facture aux autorités de Reykjavik ! Cette transformation caricaturale d’une dette privée en une dette publique, acceptée par le gouvernement et le Parlement islandais, fut rejetée une première fois par 93 % des électeurs lors du référendum organisé en mars 2010, avant de l’être à nouveau en avril 2011.

L’Islande n’est pas membre de l’UE, mais le gouvernement a officiellement déposé sa candidature pour y adhérer en juillet 2009. A moins d’être désavoué lors des élections législatives anticipées prévues le 9 mai prochain, il est prêt montrer sa respectabilité « européenne » en versant, d’une manière ou d’une autre, les 3,8 milliards d’euros que lui réclament le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Indépendamment du veto que ces deux pays peuvent opposer à l’adhésion de l’Islande, on peut se demander si beaucoup d’autres États membres de l’UE souhaiteront qu’elle s’élargisse à un peuple qui ne craint pas de voter et de revoter « non » à un référendum…

 

 

Photo BG (dr) : de gauche à droite : Bernard Cassen, Anthony Sampson et Claude-Marie Vadrot (jeunes).

Partager cet article
Repost0
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 17:45

http://img.clubic.com/photo/00107215.jpgMême Eichmann, responsable de la mort de plusieurs millions de Juifs, eut droit à un procès.

 

- Bon, d'accord, mais quelle est votre thèse ?

 

- Y'a pas de thèse, c'était juste pour dire un truc en passant.

 

- Pourriez-vous développer un peu ?

 

- Comme disait Orwell, on ne répond pas à la barbarie par la barbarie, ou on devient barbare soi-même. Surtout quand on se prend pour Joss Randall.

 

 

Partager cet article
Repost0
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:30

http://s2.lemde.fr/image/2006/09/08/600x300/811211_3_052d_dominique-strauss-kahn-and-lionel-jospin.jpgSelon un récent sondage, 17% des ouvriers seraient prêts à voter pour Dominique Strauss Kahn. S’il faut accorder quelque crédit à cette enquête d’opinion, la situation est d’autant plus grave que, dans le même temps, plus de 30% de cette partie du corps électoral pencherait du côté de Marine Le Pen, et que, toujours dans ce même temps, l'abstention chez les ouvriers peut monter, dans certains scrutins, jusqu'à 70%. Ce qui est gravissime.


Avec une pointe d’ironie, je me demandais récemment si « Lionel Jospin avait existé » (Lionel Jospin a-t-il existé ?). Pour ce qui est de Dominique Strauss-Kahn, la réponse est assurée. Alors que Lionel aura peut-être laissé quelques traces dans le sable de l’Île de Ré, Dominique restera pour l’histoire le meilleur féal et obligé socialiste du patronat. Raison pour laquelle les grands médias l’ont d’ores et déjà choisi comme leur candidat favori pour 2012. « Yes, we Strauss-Kahn », martèlent-ils en chœur.


Comme ceux qui, tel Laurent Joffrin, supplient DSK de démissionner de son poste de Washington et feignent d’avoir oublié dans quelle eau ce gros poisson nage habituellement, je propose une petite piqûre de rappel, en priant les lecteurs de bien vouloir excuser ces métaphores aussi plates.


En février 1993, DSK est ministre (socialiste, ne l’oublions pas, c’est tellement important !) de l’Industrie et du Commerce extérieur. Un beau matin, il invite au siège de Publicis, dont le P D-G est son ami Maurice Lévy, une bonne partie du gratin du CAC 40 : trente-cinq grands patrons dont Lindsay Owen-Jone (L’Oréal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), François Michelin, Francis Mer (Usinor). Chacun de ces patrons va verser une cotisation de 200000 francs pour faire vivre le Cercle de l’Industrie qui, la défaite socialiste étant quasiment programmée pour 1995, va permettre à DSK d’assurer ses marques pour l’avenir.


Je cite ici la page Wikipédia qui explique ce qu'est ce cercle :


« Un lieu de dialogue et d’échanges destiné aux grandes entreprises industrielles. Le Cercle de l'industrie rassemble une vingtaine de présidents de grandes entreprises françaises intervenant dans tous les secteurs industriels ainsi que des hommes politiques.
Les entreprises membres du Cercle de l’industrie représentent en 2004 un chiffre d’affaires cumulé d’environ 600 milliards d’euros et 2 millions d’emplois dans le monde. La majorité d’entre elles sont cotées au CAC 40.
Le Cercle de l’industrie se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique, la promotion de l'image et des intérêts de l'industrie auprès des institutions publiques nationales et européennes. Le Cercle de l’industrie participe à la réflexion sur la définition et l’articulation d’une nouvelle politique industrielle et d’une amélioration de la gouvernance économique en Europe. Il s’implique dans les propositions et débats des institutions européennes en la matière. »


Les entreprises membres de ce cercle sont : Air France Kl, Air Liquide, Alcan Engineered Products, Alcatel-Lucent, Alstom, Areva, Arkema, EADS, EDF, France Telecom, GDF Suez, Lafarge, Lagardère, SCA L’Oréal, Michelin, PSA Peugeot, Citroën, Publicis Groupe SA, Rhodia, Safran, Saint-Gobain, Sanofi Aventis, SNCF, Thales, Total, Valeo, Veolia Environnement, Vivendi.


Parmi les membres de ce cercle, DSK côtoie Henri Proglio, un ami de Sarkozy, Gilles Carez, qui aime tant les ouvriers et les fonctionnaires, Jean-Pierre Fourcade qui, déjà sous Giscard, avait été un ministre furieusement libéral, mais aussi Didier Migaud, futur – et néanmoins socialiste – président de la Cour des comptes.


On sent bien, dès 1993, que Dominique, ministre de l’Industrie et du Commerce, a judicieusement complété son carnet d’adresses. Avec ce qui lui a servi à élargir le cercle de ses relations, l’ami des ouvriers a créé une redoutable machine de guerre au service du patronat et de la politique libérale de Bruxelles. Pour l’aider et lui rendre la vie plus douce : une secrétaire et un chauffeur lui sont payés.


Les membres du cercle se réunissent régulièrement, invitent des commissaires européens, des responsables de l’OMC. Ce formidable groupe de pression fera ainsi repousser à 2013 (en bon français : les calendes grecques) la taxe carbone, scellant sans coup férir la mort du Grenelle de l’environnement, cette poudre aux yeux “ hulotienne ” qui aura occupé les médias pendant quelques mois.


En cette même année 1993, Dominique décide de devenir lui-même patron, ce qui est bien normal pour un fonctionnaire agrégé de l’Université. Il crée DSK Consultants, groupe de pression “ bruxellois ”, une société anonyme familiale. Contre de lourds émoluments, il fournit des conseils à plusieurs grandes entreprises. Pour « mieux connaître la vie des entreprises », dit-il. Des railleurs font alors observer qu’il aurait pu, à cette fin, se rapprocher des travailleurs en les défendant devant les prud’hommes, en aidant des cabinets d’avocats proches des syndicats. Difficile pour un responsable politique (socialiste) qui, lors de la victoire (socialiste) de 1997, avait constitué son cabinet de ministre des Finances dans les locaux de Cap Gemini, entreprise transnationale d’informatique et de gérance, dirigée par son ami Paul Hermelin (salaire annuel : un peu plus de deux millions d’euros), directeur de son cabinet de ministre de l’Industrie en en 1997.


Alors que les socialistes avaient juré qu’ils ne privatiseraient pas les services publics « en les transformant en objets de profits », DSK, à peine installé dans son fauteuil de ministre, accepte la suggestion de Michel Bon, PDG de France Télécom d’ouvrir le capital de l’entreprise. Dès lors (Delors, de l'or ?), le pli est pris : Jospin accepte les « respirations », les « adaptations nécessaires ». Do crée une Commission des privatisations, rebaptisée Commission des transferts. La presse patronale, Les Échos, par exemple, se frotte les mains. Le grand Bon, qui avait hérité d’une entreprise d’État largement bénéficiaire, rachète Orange, ainsi que d’autres entreprises de moindre envergure, pour cinquante milliards d’euros. La dette de France Télécom est alors la deuxième au monde. L’entreprise doit rembourser entre cinq et quinze milliards d’euros par an. L’action chute de 219 à 7 euros en deux ans. France Télécom est au bord du gouffre. Son nouveau PDG, Thierry Breton (futur ministre de droite) fait payer aux salariés 15 milliards d’économies « en interne ». La vague de suicides aura débuté sous un gouvernement de gauche.


Dominique et Lionel vont privatiser une autre entreprise d’État florissante : l’Aérospatiale. Do refile Airbus à Matra qui n’avait jamais construit un seul avion civil. Do et Lio décident que l’État, toujours actionnaire minoritaire, seront « interdit de gestion ». Une autre bonne nouvelle pour les ouvriers. En quelques années, l’action “ Airbus ” va gagner 70%. Mais en 2006 (Do et Lio ne sont plus au pouvoir), la direction de l’entreprise décrète le plan Power 8 visant la suppression de 10000 emplois en Europe. Ce qui ne serait pas arrivé si l’entreprise était restée dans le giron du service public.


Alors que le gouvernement socialiste offre à certains salariés français le petit cadeau empoisonné des 35 heures, il gratifie  le capital d’avantages nettement plus substantiels. Il va ainsi alléger la fiscalité des stock-options (en bon français : options sur titres). Créées dans les années soixante-dix, ces options sont une rémunération versée par une entreprise, généralement cotée en bourse, une possibilité d’achat dont l’actif sous-jacent est l’action de l’entreprise concernée. Ce système permet aux dirigeants et à certains employés d’acheter des actions à une date et à un prix fixés à l’avance. Dire qu’il s’agit d’une trouvaille immorale est gentil. L’important est que ces options incitent les bénéficiaires à agir pour faire monter, artificiellement, le cours de leur entreprise. En 1997, Do et Lio allègent, par le biais de bons de souscription, les stock-options pour les entreprises de haute technologie, puis pour d’autres entreprises. Le taux passera de 40 à 26% alors que le gauchiste Alain Juppé l’avait relevé de 26 à 40% !). Succédant à Do, Lolo (Fabius) poursuivra cet allègement selon le principe que plus un détenteur a les moyens financiers de conserver ses stock-options plus la fiscalité l’avantagera. 12000 personnes profiteront d’un cadeau qui coûtera 45 milliards de francs au pays. Qui a dit que les socialistes n’étaient pas les meilleures gestionnaires du capitalisme ?


Côté banque, la promesse d’un « grand pôle public financier » sera vite remisé aux oubliettes. Do et Lio vont faire « respirer » les Caisses d’Épargne, le CIC, le Crédit Lyonnais et le Crédit Foncier de France. Les Caisses d’Épargne se lancent dans la spéculation et les Français renfloueront les pertes de Natixis, créé sous la droite. 18 milliards vont s'évaporer en deux ans.


Alors que Lio avait exclu l’instauration de fonds de pension durant la campagne de 1997, Do les replace au centre du débat en décembre  de la même année. En 1982, il avait publié un livre avec son ami, le féroce Denis Kessler, en faveur des assurances-vie. Do se prépare à créer des “ fonds partenariaux ”, à l’image des fonds chers aux retraitées écossaises. Sa mise en examen dans l’affaire de l’UNEF bloquera le projet. Gageons que s’il est élu en 2012, cette marotte lui trottera à nouveau dans sa tête pas de linotte.


Les 6 avril 1999, Lio déclare devant la Fondation Saint-Simon (fondée par des gens de gauche très anticommunistes du style de François Furet, l’historien qui dérévolutionna la Révolution française) qu’il a évolué et que la réalité est plus complexe qu’il ne croyait. Durant la campagne présidentielle de 2002, il ne prononce jamais le mot ouvrier, ni le mot socialiste. En fait, une seule fois, pour dire que son programme « n'est pas socialiste ».


Il paraît que plus de la moitié des Français pensent que Do est le seul homme politique capable de changer les choses. Bien sûr qu’il en est capable. Peut-être pas dans le sens qu’ils croient.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 07:02

Surtout Viktor Dedaj, l’un des responsables de ce site.

Quelques minutes après l’annonce de la mort de Ben Laden, Viktor écrit ceci :

Bush.jpgDernière minute : le cadavre calciné découvert dans les décombres ne serait pas celui de Ben Laden mais celui d’Elvis Presley. Ben Laden a donc existé.

 

Ce à quoi je réponds :

Non, Viktor : Ben Laden et Elvis vivent dans un monastère tibétain. Avec Michael Jackson. Et Marilyn, bien vieille.

Yellow (un pseudo ?) dégaine :

Meuh non...c’est celui de Paul Wolfowitz...

 

Viktor Dedaj se déchaîne alors :

Pakistan : nouvelle bavure US. La maison d’un ancien agent de la CIA bombardée par accident. Le commandant des forces US présente ses excuses à la famille et explique "Selon nos informations, il s’agissait d’un mariage afghan. La famille de la victime recevra bien entendu les 400 dollars d’indemnisation prévus dans ce genre d’incident".

Aggravation des tensions internationales : La famille Ben Laden menace de ne pas participer au prochain garden-party de la famille Bush. Le conseil de sécurité de l’ONU a été convoqué pour examiner une résolution établissement une "no-fly zone" pour les assiettes et autres noms d’oiseaux.

 

Très troublé, je pose une question :

A-t-on des nouvelles de Ben Indesit ?

badmotherfinger (un pseudo ?) prend l’initiative, peu sensible à la déconnade :

Il y a quelques jours, un câble Wikileaks paru dans plusieurs journaux révélait qu’Al Qaida menaçait le monde d’un cataclysme nucléaire en cas de capture ou d’assassinat de Ben Laden. Je me méfie comme de la peste des média-mensonges. Que se cache-t-il derrière cette manipulation des masses. D’autant plus que tous les merdias [oh !] parlent d’éventuelles représailles... Un homme averti en vaut deux !

Yellow repart du bon pied :

Et qu’est-ce qu’ils ont fait de la mobylette que le mollah Omar lui avais offert pour s’échapper ? peut être qu’il l’on embarqué a Guantánamo... ?

 

Viktor Dedaj n’a pas tout dit :

Mort de Ben Laden : le "Mickael Jackson" du terrorisme étant mort, Kadhafi demande qu’on l’appelle "Prince".

Dernière minute : dans une cassette vidéo retrouvée par hasard et intacte dans les décombres, Ben Laden revendique l’attentat contre lui-même.

Kadhafi déclare : "Bon, c’est vrai qu’avec l’assassinat de mes enfants et petits-enfants par l’OTAN, je pensais remonter dans les sondages. Mais Oussama m’a encore grillé. Il a toujours eu un sens inné du timing."

Scènes de liesse aux Etats-Unis. Le maire de Dallas déclare "Kennedy est enfin vengé". Le milieu du show-biz se prépare à enregistrer une chanson commémorative "We Are The World Trade Center"

Le pire a été évité : les autorités américaines déclarent avoir découvert dans les décombres un passeport au nom d’Oussama Ben Laden et un manuel d’apprentissage de vol de la Navette Spatiale.

 

Amel Chergui observe :

Quelle nouvelle époustouflante ! Les médias nous laisse même plus le temps de récupérer notre souffle.

À peine sortie de l’émotion du mariage à la brioche, on nous annonce la énième mort de....qui déjà ?

Finalement, elle avait raison Cindy Sheehan, c’est vraiment un mariage et plusieurs enterrements.

 

Viktor Dedaj reprend la main :

"Mollah Omar m’a tuer"

 

Fethi GHARBI fait preuve d’un cynisme scandaleux :

Époustouflants ces yankees ! Voila qu’ils tuent des épouvantails maintenant !

La grande question : qui donc vont-ils ressusciter ?

 

Sam (un oncle ?) ose une remarque de bon sens :

Au fond de l’océan... il va être encore plus difficile à retrouver qu’avant !

 

Iyhel (un pseudo ?) affiche son mauvais esprit :

Tout ça dénote quand même une absence flagrante de sens du timing : une élimination le 11 septembre prochain, dix ans après, ça aurait été quelque chose...

 

Catherine (un pseudo ?) étale sa culture ouvrière :

 Obama a eu sa fête du 1er Mai .

Partager cet article
Repost0