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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 15:11

http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/80/P%C3%A8re_Peinard_-_Pilori.jpgDans l'Angleterre du XVIIIe siècle, les atteintes à la propriété privée étaient punies avec une extrême sévérité. On a vu des jeunes femmes pendues pour avoir dérobé des colliers sans grande valeur.

 

Dans la Grande-Bretagne de Mr Cameron, les voleurs connaîtraient peut-être ce sort si les travaillistes n'avaient pas aboli la peine de mort dans les années soixante.

 

Le gosse de riche aux bonnes joues pleines de céréales et de porridge a décidé de punir très fort les voleurs de poules. Jouissant de pouvoir enfin juger avec la sévérité de leurs lointains prédécesseurs, les magistrats lui ont emboîté le pas. C'est ainsi qu'une mère de deux enfants, qui dormait chez elle pendant les émeutes, a été condamnée à une peine de cinq mois de prison pour avoir accepté des shorts volés par quelqu'un d'autre. Un jeune homme de vingt-trois ans a écopé de six mois de prison pour avoir volé pour quatre euros d'eau minérale dans un supermarché. Un homme de quarante-trois ans est en attente de jugement pour avoir volé des marchandises d'une valeur d'un euro et cinquante centimes.

 

Il y a peu, des députés britanniques ont été à peine effleuré par le bras de la justice alors qu'ils s'étaient rendus coupables de détournements de bien sociaux. Ils avaient, par exemple, fait payer par la collectivité des réfections dans leurs maisons de campagne. Coût pour la collectivité : des centaines de milliers d'euros.

 

La seule chose qui peut nous consoler, c'est de penser que si le Bébé Cadum de Downing Street et les siens tapent aussi fort, c'est qu'ils ont peur.

 

 

Illustration tirée du Père Peinard.

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 06:00

http://archives-fr.novopress.info/wp-content/uploads/2009/12/Doigt-dhonneur.jpgChristine Lagarde sera peut-être jugée coupable d'un délit qui la dépasse. Si c'est le cas, elle n'avait qu'à pas y aller.

 

Il y a un problème qu'on n'évoque guère, dans cette affaire : ce n'est pas Lagarde qui a jugé, qui a fixé le montant de la somme insensée à verser à Tapie, mais un tribunal arbitral privé constitué de trois personnes.

 

Deux d'entre elles sont bien connues : Jean-Denis Bredin et Pierre Mazeaud. Un radical-socialiste (comme Tapie, un temps) et un gaulliste de droite. Deux personnes blanchies sous le harnais. Deux consciences : Bredin fut un grand avocat, Mazeaud, président du Conseil Constitutionnel.

 

Pour rendre ce petit service entre amis, ces deux hommes à qui la vie a tout donné (Mazeaud fut le premier Français à gravir l'Everest) ont demandé et obtenu 300000 euros chacun.

 

La République est bonne fille, parfois.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 15:16

http://image.toutlecine.com/photos/l/e/0/le-violeur-a-la-rose-1-g.jpgUne jeune fille, une enfant, est assassinée dans des conditions effroyables.

 

Jouant (comme à la Bourse) sur l'émotion légitime que connaît tout individu normalement constitué, notre kleiner Mann reçoit pendant une heure les parents (d'accueil) de l'enfant. Le père génétique, qui avait fait le déplacement à ses frais, est écarté de la visite élyséenne car il ne s'est pas occupé de sa fille quand elle était petite. Un conseiller du président lui promet une visite ultérieurement. Devant les caméras, le père nourricier se répand en leçons de morale, appelant à une sévérité extrême contre les tortionnaires d'enfants.

 

 

Aujourd'hui, le père d'accueil est soupçonné d'avoir violenté plusieurs jeunes filles, dont la soeur de la petite martyr.

 

Moralité : il faut toujours se méfier des extrémistes : des présidents de la République qui font appel à ce qu'il y a de purement instinctuel en nous, de pas encore civilisé, et aussi aux citoyens lambda pour qui un crime ne saurait être expliqué.

 

Si cet individu est coupable, il aura, involontairement, appelé la lumière sur sa pauvre personne. Un peu comme Patrick Henry il y a quarante ans. Henry avait tué un enfant pour des raisons purement vénales. Très rapidement, les policiers avaient compris qu'il était l'assassin. Comme ils n'avaient pas de preuve, ils l'avait relâché après la garde à vue réglementaire, en sachant pertinemment qu'Henry les conduirait au cadavre du petit garçon dont il faudrait bien qu'il se débarrasse. On avait vu au Journal de 20 heures l'asassin pérorer contre les auteurs de crimes abominables et exiger la peine de mort, à la limite sans procès. En sauvant la tête de son client, Me Badinter condamnait la peine de mort à mort.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 10:15

http://soldierisnothistory.free.fr/contents/images/DSCN3097.JPGLes grands médias des immenses journalistes n’en ont pas parlé. Merci donc au site aviseurinternational (link) d’avoir relevé que Fillon et Guéant autorisaient désormais les tirs à balles réelles sur les manifestants.

 

Un décret a été publié en ce sens par le Journal Officiel du 1er juillet 2011. Au cours d’une manifestation, la police peut désormais utiliser une arme de guerre, un fusil à répétition de précision calibre 7.61 x 51 mm, l’« ultima ratio ». Il s’agit d’une arme destinée aux tireurs d’élite. Beaucoup plus létale que le taser.

L’article 3 du décret précise :

« En application du V de l’article R.431-3 du code pénal (…) est susceptible d’être utilisée pour le maintien de l’ordre public, à titre de riposte en cas d’ouverture de feu sur les représentants de la force publique, celle mentionnée ci-après :
Fusil à répétition de précision de calibre 7,62x51mm et ses munitions. »

Le GIGN l’utilise déjà et l’a baptisé ultima ratio d’après la devise que Louis XIV faisait graver sur ses canons : ULTIMA RATIO REGUM, la raison ultime des rois. L’arme serait donc le dernier argument de notre kleiner Mann en cas de révolte populaire.

Le premier site ayant publié cette information est un site boursier (link). S’agit-il d’une bonne nouvelle pour le CAC 40 ? Les « investisseurs » préparent-ils la guerre civile ?

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:00

Je livre ci-dessous le contenu d'une lettre ouverte envoyée par Sophie Rostain à Nicolas Sarkozy, publiée précédemment par Mediapart. Je me permets de renvoyer à cette note précédente, car tout se tient (link)

http://static.nacional.hr/img/487f3f6a3e17ad69730c06c23713d3b8_large.jpg

 

Monsieur le Président,

 

 

Au détour de la Toile, j'ai vu une photographie de votre épouse, future maman de votre enfant. « Elle est belle, hein, ma femme ? » La phrase m'est revenue en tête. Je ne sais pas si, comme le buzz le prétend, vous apostrophez toujours ainsi vos interlocuteurs. En France, c'est bien connu, on ne prête qu'aux riches....

 

 

Ce que j'ai vu sur cette photographie me plaît : une femme enceinte, un ventre bien rond, des seins que l'on imagine généreux de cette vie nouvelle qu'ils nourriront bientôt.

 

 

J'ai regardé cette photo. Je me suis regardée. Un cancer du sein, un second m'ont donné cette silhouette nouvelle, plate. « Maintenant, tu es comme un petit garçon » m'avait dit une sotte, un matin, quelques jours après la troisième et ultime opération. Non, je suis une femme sans sein, c'est tout.

 

 

Dans votre œil, je sais bien ce que je suis, Monsieur le Président : l'une de ces « victimes d'un accident de la vie » dont vous aimez tant parler. Un de ces « héros » qu'une campagne de l'Institut national du Cancer met en scène jusqu'à l'écœurement depuis des années. En apparence, je suis de ces héroïques qui traversent l'épreuve du cancer et en sortent renforcés, raffermis dans leur amour de la vie...

 

 

Comme vous les aimez, ces victimes. Vous en avez plein la bouche. Vous promettez, la main sur le cœur, de leur faire une place honnête, de les extraire de ce bas-côté de la vie où la maladie et plus encore la peur des autres, cet entourage qui ne peut masquer ses angoisses et les déverse à chaque phrase, les ont jetées. La rumeur dit que vous ne buvez pas. À vous entendre, on comprend pourquoi. Vos discours vous enivrent plus que ne le ferait un whisky de 25 ans d'âge. Vous êtes votre propre drogue.

 

 

L'alcool fort de la pitié, la drogue de l'empathie...

 

 

Je ne connais rien de pis. Même le coquetèle chimiothérapeutique qui coula dans mes veines en 2006 et 2007 fut moins toxique.

 

 

Jusqu'aujourd'hui, je me contentais de maugréer dans mon coin contre votre manière mortifère de couper la société en deux, les victimes d'un côté, les coupables de l'autre.
Mais, en juin dernier, il y a eu un énième affront fait aux femmes. À ces milliers de femmes qui ont subi, subissent et subiront une mastectomie, simple ou double et qui, - elles sont la majorité-, refuseront de se faire "reconstruire" : un projet de loi vise à ne plus rembourser les prothèses externes que tous les deux ans, et encore, à hauteur de 120 euros.

 

 

Une prothèse externe, c'est un machin que l'on achète, quelques mois après son opération...

 

... Il pleuvait sur Brest, ce jour-là. Rue de Siam, j'entrais dans une pharmacie et, pour la première fois depuis le commencement de cette aventure cancérologique, je tremblais. Une première opération m'avait enlevé le sein gauche. J'allais choisir une prothèse dont la forme, la tenue modifieraient ma silhouette. La jeune femme qui m'accueillit dans une petite pièce, à l'écart, me détailla les unes, les autres, pour finalement s'arrêter sur la meilleure d'entre elles, fabriquée par une entreprise pour qui le confort des femmes, le respect de leur intégrité physique ne sont pas un vain mot. L'Amoena Contact© est une prothèse parfaite, qui adhère bien au corps, respecte la cicatrice. Elle est reconnue par les professionnels comme par les femmes. Elle coûte 160 euros qui sont intégralement remboursés par la sécurité sociale, signe de sa qualité. Les autres prothèses ne sont remboursées qu'à concurrence de 69,75 euros.

 

 

J'ai soupesé ce faux sein. Il était lourd. Le poids de la maladie ? D'une couleur rosâtre censée s'harmoniser à toutes les peaux, donc à aucune. J'ai demandé à la jeune femme s'il existait en d'autres couleurs. Tant qu'à faire du faux, allons z'y gaiement. Elle m'a regardée, incrédule. Euh, il en existe en noir, bien sûr... Le noir du deuil de mon sein ? Non merci. Moi, j'en voudrais un bleu. D'un beau bleu Klein. Oui, je jouais avec cette idée de sein, oui, j'avais envie de le peindre, de me l'approprier...

 

 

J'ai posé le faux sein sur mon torse d'amazone. J'ai enfilé mon chemisier. C'était étrange, trois mois après mon opération, de retrouver une silhouette en apparence normale. Je sentais sur ma peau le poids de ce faux sein dont un petit morceau dépassait du soutien-gorge. Décidément, ce rose... J'ai demandé si je pourrais nager avec ce sein. Non. Il ne collerait plus à la peau, glisserait. Je me suis vue à la piscine, nageant et soudain, voyant flotter à côté de moi mon faux sein... Je me suis promis de m'offrir une prothèe de nageuse pour Noël, et j'ai acheté ce sein, mon premier faux sein, ainsi que le soutien-gorge qui permet de le porter, celui-ci entièrement à ma charge puisque la sécurité sociale ne rembourse que la prothèse.

 

N'en remboursait... Le projet de loi que votre ministre a osé présenter devant l'Assemblée nationale prévoit de ne plus rembourser les prothèses que tous les deux ans, à concurrence de 120 euros.

 

 

Les femmes victimes du cancer n'auront qu'à se débrouiller si la prothèse s'avachit, si l'évolution de leur corps, de la cicatrice exigent une nouvelle prothèse. Elles n'auront qu'à se débrouiller pour trouver les 160 euros d'une dignité retrouvée, d'une silhouette « normalisée ».

 

Le mépris qu'affiche publiquement ce projet de loi, peu de journaux l'ont relevé. Ils étaient occupés par d'autres seins, d'autres corps. Ceux d'une femme de ménage et d'un homme politique, plus appêtissants, certes, que le corps mutilé d'une « héroïne ordinaire ».

 

 

Moi-même, j'ai été alertée par une blogueuse hors-pair, Hélène Bernardeau, qui crabahute depuis des années. Certains députés, alertés par les femmes concernées, ont posé des questions à la Ministre. Pour l'instant, elles sont restées sans réponse.

 

 

Monsieur le Président, cet été, je suis partie en vacances. Mon corps réclamait une pause. Dans mes bagages, je n'ai pas emporté de prothèse. J'ai choisi, au lendemain de la troisième opération, en septembre 2007, de garder cette silhouette. Une maladie articulaire rend tout contact appuyé sur mon sternum douloureux. Je ne suis donc pas concernée par ce projet de loi, penserez-vous. Oh que si ! Malgré moi, j'appartiens désormais à la cohorte des femmes dont les seins sont malades, atrophiés, mutilés, disparus. Je vis très bien avec ma nouvelle silhouette, pas du tout en victime, pas plus en héroïne. Sur la plage, je ne fais plus attention aux regards qui, peut-être, se posent sur mon torse étrangement plat. Je suis une femme sans sein, parmi d'autres femmes, grosses, maigres, belles, moches, enceintes... Comme votre femme qui un jour, a eu cette phrase si juste que je cite de mémoire : « Une femme n'est jamais belle pour un homme mais contre une autre femme. »

 

 

Cette décision que je n'ai eu aucun mal à prendre, votre projet de loi va l'imposer à des dizaines de milliers de femmes qui ne pourront assumer financièrement l'achat annuel de leur(s)prothèse(s). Combien ne sont pas prêtes ? Combien de mari, d'amant, ne sont pas prêts à voir leur femme changer de silhouette ? Combien de fils, de fille ne sont pas prêts à voir leur maman perdre cette tendresse, fût-elle d'artifice.

 

La courte période où j'ai vécu avec une prothèse, mon fils aimait nicher sa tête au creux de mon épaule. Il ne retrouvait certes pas la chaleur d'avant, mais c'était doux, tendre. Il a eu du mal à se faire à la dureté de mon torse...

 

 

- C'est trop dur, là, maman...

 

- Ne t'inquiètes pas, on va inventer, on sait faire... Tu trouveras ta place...

 

Il a trouvé sa place, lentement, parce que mon torse plat ne m'a pas été imposé. J'ai décidé de ne jamais plus porter de prothèse, en toute conscience.

 

 

Vous avez, monsieur le Président, le mot victime plein la bouche. Vous vous roulez avec une complaisance que je laisse le soin aux psychanalystes d'interpréter, dans une conception terrifiante du monde : on naît cancéreux, suicidaire, pédophile, avez-vous dit un jour, rejouant devant un philosophe ébahi la thèse d'un Alexis Carel...

 

 

Naguère, vos discours me faisaient bondir.

 

 

Aujourd'hui que ce projet de loi a passé devant l'Assemblée nationale, ils me font vomir. Vous et vos séides n'avez que mépris pour les pauvres, les faibles. Que les femmes se débrouillent pour trouver les 160 euros de leur dignité. Si elles le veulent vraiment, elles trouveront, pensez-vous certainement, fidèle à ce qui vous tient lieu de pensée, on peut si l'on veut. Sinon, elles ne sont que des assistées... Je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler le montant de l'allocation adulte handicapé (A.A.H.) qui est parfois le seul revenu des femmes après leur cancer. Les 160 € de la prothèse n'entrent pas dans le budget qu'elle impose, tout juste au-dessus du seuil de pauvreté. Et malheur aux femmes à qui la caisse d'allocations familiales retiendra, sans explication, comme elle l'a fait pour moi le mois passé, 535,35 euros sur les 727,61 euros de l'allocation. Il faut faire la chasse aux allocataires fraudeurs, a dit un de vos fidèles... On le fait déjà, sans explication.

 

 

Que les femmes se débrouillent !

 

 

Moi, j'imagine une femme, à peine sortie de son cancer, fatiguée, si fatiguée, demander à un ami, un oncle, un cousin, de lui prêter les 160 euros de sa prothèse...Non ! je n'imagine pas ! Parce que cette misère sur laquelle ouvre votre projet de loi est proprement inhumaine.

 

 

Nos voisins anglais distribuent gratuitement la prothèse externe dans leurs hôpitaux. Les Allemands, Espagnols, Italiens appliquent une fourchette de remboursement annuelle comprise entre 130 et 220 euros.

 

 

La France, elle, qui se targue pourtant bien souvent d'être LE modèle à suivre, assassine lentement des femmes que la maladie a déjà atteintes et qui tentent, jour après jour, de ne pas crever.

 

 

(à suivre)

 

 

 

 

NOTE DU 13 AOÛT : Je viens de relire l'article de Rue89, seul site à ma connaissance à avoir relayé l'information : et, au temps pour moi, j'ai commis une erreur dans le résumé que j'ai fait du projet de loi. En fait, les 120 euros seront le PRIX LIMITE DE VENTE imposé aux fabricants. En clair, Amoena et Anita, les deux seules firmes à bosser sérieusement sur les prothèses, devront baisser de 40 euros (pour Amoena) leur prix de vente... Or, ces entreprises consacrent du temps, de l'argent à la mise au point des prothèses. Les 160 euros de l'Amoena Contact ne sont pas volés aux patientes ; ils sont le prix de leur dignité, de leur confort quotidien. À terme, continueront-elles à travailler ? Ne vont-elles pas être tentées d'arrêter leurs recherches ? Les femmes en seraient les premières victimes.

 

 

Ce projet de loi a été pondu par le Ministère de la Santé après lecture d'un rapport d'Évaluation sur les implants mammaires, prothèses d'expansion tissulaire et prothèses externes(mai 2009) de la Haute autorité de Santé (H.A.S.), celle-là même qui avait naguère analysé les dépenses des affections longue durée (A.L.D.) en concluant que les affections sévères et lourdes et longues coûtaient plus cher à la Sécu que les petites maladies... Et préconisé la suppression de la prise en charge à 100% des ALD, l'instauration d'un bouclier sanitaire de 500 à 800 euros à la charge de tous les assurés.

 

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 13:19
Merci au Grand Soir de reproduire cet article d'Il Manifesto sur Cameron le petit voyou aux riches parents.
Marco D’ERAMO


Dans une ville anglaise une bande de jeunes défonce une vitrine, s’enfuit dans la nuit, et se dirige en courant vers le jardin botanique. La police les suit, en embarque quelques uns dans leurs fourgonnettes et les met au trou.

Le problème c’est que nous ne parlons pas d’un épisode survenu ces jours-ci. Et que les jeunes arrêtés ne sont pas des casseurs sous-prolétaires. Non, l’épisode a lieu il y a 24 ans à Oxford et les 10 jeunes gens étaient tous membres du Bullingdon Club, une association étudiante oxfordienne de 150 ans d’âge, fameuse pour ses frasques estudiantines, ses cuites et pour considérer la vandalisation de boutiques et restaurants comme le fin du fin de la distraction. Restaurateurs, commerçants et dénonciations à la police, tout est remis en ordre avec quelques généreuses indemnisations qu’on va puiser dans les grassouillets portefeuilles paternels. Quelques heures plus tôt, les dix jeunes gaillards s’étaient fait tirer le portrait sur les marches d’un grand escalier, tous en uniforme du club, habit de soirée à 1.000 livres sterling (1.150 euros) pièce. Emergent du groupe un jeune David Cameron et un, tout aussi imberbe, Boris Johnson.

Il se trouve qu’aujourd’hui Cameron est premier ministre conservateur (britannique NdT) et Johnson maire conservateur du Grand Londres. Et que l’un comme l’autre tonnent contre les vandales qui détruisent les propriétés privées. Que l’un et l’autre invoquent la ligne dure, la main de fer. Cameron veut avoir recours à l’armée et censurer les réseaux sociaux ; Johnson veut augmenter les effectifs de police. Sans même la moindre compréhension pour qui ne fait rien d’autre, dans le fond, qu’émuler leur geste d’autrefois.

Mais évidemment, c’est justement le propre de la mentalité d’un fils à papa de considérer que les autres ne peuvent pas -et ne doivent pas- se permettre ce qu’on lui a permis, à lui, par droit de naissance et d’extraction sociale.

JPEG - 64.7 ko
(1) Sebastian Grigg, (2) David Cameron, (3) Ralph Perry-Robinson, (4) Ewen Fergusson, (5) Matthew Benson, (6) Sebastian James, (7) Jonathan Ford, (8) Boris Johnson, (9) Harry Eastwood
 

David Cameron est né en 1966 d’un père agent en bourse et d’une mère fille d’un baronet : l’actuel premier ministre tient à faire savoir qu’il est le descendant illégitime du roi Guillaume IV et de sa maîtresse Dorothée, et qu’il est donc un lointain parent de la reine Elisabeth II. Snob typique, Cameron fut envoyé à sept ans à Heatherdown, école élémentaire fréquentée aussi par les princes Andrew et Edward, école dont l’attitude de classe était sans équivoque : les jours d’excursion, les toilettes portables étaient désignées par « Ladies », « Gentlemen » et « Chauffeurs ». Et quand Margaret Thatcher fut élue premier ministre, l’école célébra ça par une partie de cricket improvisée entre élèves contre enseignants. Au lycée, Cameron fut envoyé dans la plus prestigieuse école privée d’Angleterre, Eton (frais annuels de scolarité : 27.000 livres sterling, environ 31.000 euros), le creuset de la classe dominante (Boris Johnson fut aussi son camarade de classe à Eton) : c’est drôle comme en Grande-Bretagne les écoles privées s’appellent public schools. Là le vilain garçon Cameron fut surpris en train de se rouler un joint et, en punition, dut recopier 500 lignes de latin. Après Eton, ce fut naturellement l’université à Oxford, et son club, le Bullington. En snob parfait, Cameron a ensuite épousé Samantha Gwendoline Sheffield, dont le père est un baronnet propriétaire terrien, et dont le parrain est vicomte. Samantha Gwendoline travaille dans la célèbre maison de produits de luxe Smyrne de Bond Street et a reçu le prix de Meilleure désigner d’accessoires par le British Glamour Magazine.

Quand ils se sont rangés de leurs bombes estudiantines, les fils à papa font d’habitude une belle carrière : Boris Johnson devient directeur du Spectator (même si sa carrière trébuche dans ses aventures d’homme à femmes invétéré, bien que marié). Cameron devient directeur des Corporate Affairs chez Carlton Communication, une société de media ensuite absorbée par Granada plc pour former ITV plc.

Quand, en 2006, Cameron emporte le congrès Tory et devient leader du parti conservateur, il n’a que 38 ans. Et c’est tout naturellement que, dans le gouvernement ombre qu’il forme (le premier ministre à l’époque était Tony Blair), trois des membres sont d’anciens élèves de Eton (Old Etonians). Mais dans le groupe de ses collaborateurs les plus proches, 15 au moins sont des Old Etonians. Et il en va de même quand, en mai 2010, Cameron gagne (à moitié) les élections et devient premier ministre à la tête d’une coalition avec les néo-libéraux conduits par Nick Clegg : ici aussi le noyau dur du gouvernement est constitué d’aristocrates, d’etonians ou oxfordians, comme l’actuel Chancelier de l’Echiquier (c’est-à-dire ministre de l’économie) George Gideon Osborne, lui aussi noble, héritier de la baronnie Osborne, lui aussi diplômé d’Oxford, et lui aussi, ça alors, ancien membre du Club Bullingdon.

Comme on disait avant : bon sang ne saurait mentir. La classe (sociale, NdT) non plus.

Marco D’Eramo

Edition de vendredi 12 août 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 15:06

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/ressources/images/normales/d/do/041105douane-usa-can_n.jpgRue 89 a récemment publié ce témoignage d'Eva Roelens, refoulée (ainsi que sa fille) aux États-Unis alors que ses papiers semblaient parfaitement en règle. Sans savoir ce qu'on lui reprochait. Ce qui m'a le plus intéressé dans ce témoignage, c'est la réaction du ministère des Affaires étrangères français : on veut rien savoir, c'est pas notre problème. L'attitude de nos diplomates est confondante de lâcheté. C'est fou, ce que ça se ramollit du côté du Quai d'Orsay ! En diplomatie, il n'y a qu'une seule règle : la réciprocité. Si, dans les aéroports européens, aux rendait la pareille à deux ou trois touristes étatsuniens, leur gouvernement y réfléchirait à deux fois avant de se comporter de manière aussi arrogante et totalitaire. Pourquoi ce pays, qui se place le plus souvent en dehors des règles du droit international, peut-il s'arroger la possibilité de fliquer le monde entier de manière unilatérale ?

 

Rappelons également que, depuis 2008, les douaniers étatsuniens peuvent saisir le contenu des ordinateurs ou téléphones portables, des CD et de tout support informatique des voyageurs contrôlés, sans avoir à se justifier, et même si ces personnes n'ont commis aucune infraction selon les lois du pays. 

 

Bonnes vacances en Floride !

 
Kafka à Miami : refoulés sans explication des Etats-Unis, par Eva Roelens, pour Rue 89.

 


Mardi dernier 2 août, mon mari, ma fille de 21 ans et moi sommes partis en vacances au Etats-Unis avec cinq amis, pour un voyage que nous préparions depuis un an (non seulement le voyage en lui-même mais également les papiers, nouveaux passeports biométriques, ESTA [le système électronique de visa américain, ndlr] payé et accordé… le tout bien en règle).Arrivés à Miami en escale, après avoir passé normalement le contrôle des passeports (tampon « admitted » faisant foi), nous avions déjà récupéré les valises pour prendre la correspondance pour San Francisco, quand nous avons été appelés par haut-parleurs. Deux agents du Service de l'immigration nous ont expliqué alors qu'il y avait un contrôle d'identité de routine à faire.Après avoir essayé de le résoudre par téléphone pendant que nous étions déjà en train d'attendre tous ensemble la correspondance, les agents nous ont finalement demandé de les suivre. Et nous nous sommes retrouvés dans les locaux de l'immigration avec une centaine d'autres personnes.Nous avons atterri à Miami vers 14h00, nous devions prendre le vol pour San Francisco à 16h10. En fait, nous avons passé tout l'après-midi du mardi 2, toute la nuit - sans dormir ou à peine, avec un lit pliant pour trois - et toute la journée du lendemain dans les locaux de l'immigration avant d'être conduits par des policiers au pied d'un avion pour prendre un vol de retour à Paris le mercredi 3 à 18h00.

« Nous ne pouvons pas vous en dire plus »

Tout cela sans aucune explication au-delà de « vous n'êtes pas éligibles pour le programme ESTA, nous ne pouvons pas vous en dire plus », l'ESTA étant l'autorisation d'entrée qui remplace le visa.Nous n'avons pas été maltraités, même si l'attitude de certains policiers était bien plus sèche, voire autoritaire, que d'autres, et que des allusions à des menottes et une menace d'isolement nous ont été faites à deux occasions au nom de leur protocole. Je n'ose même pas dire que nous avons été interrogés tellement les questions qui nous ont été posées, séparément d'ailleurs, étaient anodines.Nous avons eu droit à des prises d'empreintes des dix doigts, à l'encre et de manière électronique, ainsi qu'à des photos.A plusieurs reprises, des chefs et des policiers nous ont assuré qu'ils regrettaient mais qu'ils ne pouvaient pas nous dire quoi que ce soit, et ce manque d'explications à propos de ce qui nous arrivait a même surpris la police de l'air et des frontières française, qui nous attendait à Roissy et qui nous a tout de suite rendu nos téléphones portables ainsi que nos passeports, désormais marqués de codes écrits à la main.A leur grande surprise, les policiers français n'ont trouvé dans les enveloppes aucune note de la part de leurs collègues de Miami.

Au ministère des Affaires Etrangères, « ce n'est pas leur problème »

Pendant notre enfermement à l'aéroport, mon mari (espagnol, journaliste à l'AFP) a quand même réussi à contacter l'AFP qui a informé tout de suite le ministère des Affaires Etrangères espagnol. Le consulat d'Espagne à Miami a pu contacter les services de l'immigration où ils ont eu la même réponse : « pas éligibles pour l'ESTA pour des raisons que nous ne pouvons pas vous dévoiler ».Arrivée à Paris, entre larmes, humiliation, sentiments d'injustice et de colère, j'ai appelé le ministère des Affaires Etrangères pour tenter de parler à quelqu'un qui pourrait m'aiguiller sur une quelconque explication, je me suis entendue répondre que ce n'était pas leur problème et me suis vue raccrocher au nez.Nous avons maintenant des passeports biométriques tout neufs, faits pour l'occasion, mais marqués avec des codes dont nous ignorons la signification et la portée. Drôle de situation qui a des conséquences immédiates bien réelles. Notre fille doit aller travailler en octobre dans un festival de cinéma à Morelia, au Mexique. Elle s'était trouvée un billet pas cher avec escale… à Miami.Bien entendu, nous allons annuler ce billet et lui en acheter un autre, malgré les frais que cela entraîne. Nous ne pouvons même pas imaginer la laisser faire escale seule aux Etats-Unis.Si je me permets de vous informer, encore sous le choc de ces vacances de rêve brisées, c'est parce que nous nous sentons démunis, nous ne savons vraiment pas vers qui nous tourner. Nous avons été humiliés, traités comme des délinquants. Nous trouvons insupportable de ne pas avoir droit à la moindre explication. Et ce n'est pas faute de l'avoir demandée tout au long de cet épisode kafkaïen.Je n'ai pas envie de laisser passer cette histoire. Au nom de quelle impunité avons-nous été traités de la sorte ?
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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 06:20

http://www.notrefamille.com/cartes-postales-photos/cartes-postales-photos-Allees-d-Etigny-AUCH-32000-5710-20071002-s5d3i3j1y1r9x2h3e6z8.jpg-1-maxi.jpgJ'ai déjà dit tout le mal que je pensais de certaines initiatives prises par la municipalité d'Auch (link). Lorsque le nouveau maire est entré en fonction, j'ai demandé à quelques vieux auscitains – qui avaient voté pour lui – quel type d'homme il était. "C'est un technocrate", me fut-il répondu. "C'est donc un homme de droite", ai-je rétorqué.

 

Je rappelle que les nouveaux édiles ont consacré un budget considérable pour rénover la place de l'Hôtel de ville en remplaçant la charmante fontaine d'antan par des jets d'eau prétentieux. Les seules bénéficiaires de cette rénovation inutile étant les bistrotiers qui disposent de beaucoup plus d'espace pour s'étaler. Daguin, l'empereur de la TVA à 5,5% pour les restaurateurs, est d'Auch.   (J'ai vu Daguin ce matin au marché d'Auch. Il s'empiffrait de tomates en compagnie de sa femme. Pardon : il goûtait. Pardon : il faisait un test comparatif. Comme d'hab'). Malheureusement, l'organisation de la misère étant aujourd'hui ce qu'elle est, les terrasses ne sont pas surpeuplées.

 

Pendant ce temps, des dizaines de rues sont défoncées, au point que certains riverains sont contraints de remblayer devant chez eux avec les moyens du bord pour ne pas être inondés.

 

J'ai été sidéré par la dernière initiative du maire. Entre le Palais de Justice et l'Hôtel de ville, se trouve un des plus agréables parkings de France, délicieusement ombragé l'été. Depuis toujours, ce parking est gratuit. Tout comme un parking souterrain voisin dont l'ancienne municipalité socialiste n'a pa confié les clés à Vinci. Le maire a décidé de rendre payantes une cinquantaine de places (sur 3 ou 400). Places situées près de l'Hôtel de ville, donc près du centre.

 

Il faut avoir un cerveau de technocrate de droite, il faut être atteint de sarkozyte aigüe, il faut avoir une conscience de classe louis-philipparde pour concevoir une telle mesquinerie. A Auch, le stationnement n'est quasiment jamais saturé. Ces places payantes rapporteront trois sous, ce qui servira peut-être à couvrir les frais des jets d'eau prétentieux de la place. On notera également que les personnes âgées pour qui la marche est pénible seront amenées, par la force des choses, à utiliser les places payantes.

 

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 15:02

http://www.mon-diplome.fr/Diplome/700-6954-Dipl%C3%B4me%20de%20distribution%20de%20gouttes%20au%20grabataires.jpgIl n'y a pas que nos provinces profondes que le kleiner Mann et son gang du Fouquet's ont transformé en désert médical. Les grandes villes pâtissent également d'une politique de la santé qui fait la part belle aux actionnaires privés et aux médecins libéraux.

 

Bernard est un grand malade. Il souffre d'un myélome avancé. Est-ce parce que, agriculteur intensif, il a ingéré, quarante ans durant des produits toxiques que nous retrouvons ensuite dans nos assiettes ? Je ne sais, mais le mal est là. Compliqué d'un oedème aux poumons qui implique une assistance respiratoire permanente et nécessite des ponctions nécessaires et épuisantes.

 

A 75 ans, Jean-Pierre n'a plus du tout le moral. Il "préfère crever", dit-il. Et ce n'est pas la manière dont les établissements hospitaliers toulousains s'occupent de son cas qui incitent à lui redonner le moral. En début de semaine, il a dû subir une ponction lombaire dans un grand hôpital de Toulouse. Le lendemain était prévu sa ponction pulmonaire quinzomadaire. Dans un autre hôpital.

 

On aurait pu penser que le premier établissement l'aurait gardé une nuit puis l'aurait fait transporter dans le second par ambulance. Que nenni ! Dans la France du kleiner Mann et de ses amis, on ne s'encombre pas de vieilles personnes au seuil du grand voyage. On ne les achève pas encore mais mais on accélère le passage vers l'au-delà. Après sa ponction lombaire,  Bernard fut contraint de rentrer chez lui, par ses propres moyens (dans sa voiture conduite par son épouse, elle-même malade), puis de repartir le lendemain pour la capitale de Midi-Pyrénées.

 

Petit détail : Bernard habite à 90 kilomètres de Toulouse.

 

Pour couronner le tout, Bernard subira dans 48 heures un scanner à Agen. Dans une clinique privée.

 

PS : au quotidien, heure après heure, Bernard souffre beaucoup. Aucun des établissements hospitaliers qu'il fréquente ne lui a proposé un puissant analgésique. Bernard se soigne à l'aspirine.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 15:29
Les Français sont fortement sollicités pour envoyer des dons aux populations frappées par la famine dans la cornehttp://a35.idata.over-blog.com/389x322/3/60/72/23/Images-articles-2/Charite.gif de l’Afrique.

 

Bonne nouvelle : Mamie Zinzin vient de leur faire parvenir un chèque. Un très gros chèque.

 

Un chèque équivalent à tout l’argent que son obligé le Président lui a fait gagner ces cinq dernières années en ristournes fiscales.

 

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le Président a, de son côté, décidé d’aller passer une semaine dans un centre du SAMU social.

 

Sans talonnettes, pour se mettre bien au niveau des réalités.

 

(Paru en première exclusivité sur le site du Grand Soir).

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