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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 14:43

http://lesdemocrates.fr/wp-content/uploads/avatars/60773/8e18b60dd6c75269fc15f36c9dbe1e3d-bpfull.jpgAprès la récente annonce de l'anosognosie de Jacques Chirac, voici qu'un des membres célèbres et charismatiques de l'UMP, une autre gloire nationale, qui plus est un être jeune et sportif, vient peut-être d'être atteint lui aussi d'un trouble de mémoire.

 

En déplacement en Belgique, le tout récent Secrétaire d'État aux Français de l'Étranger, notre célébrissime David Douillet himself, a inauguré le gymnase du Lycée français de Bruxelles, la classe bilingue du Lycée français d'Anvers.

Au milieu de Français tous acquis à la grande cause UMPiste 2012 dont certains sont des exilés fiscaux qui profitent allègrement de scolariser gratuitement leurs enfants dans des établissements prestigieux et coûteux avec les impôts des esclaves smicards français restés en France depuis l'application de la généreuse idée de Nicolas Sarkozy. En fait, selon le « Canard enchaîné », ce serait quand Cécilia, partie à New York, lui a adressé la facture du Lycée Français pour leur fils Louis (15 000 dollars), que notre monarque aurait eu cet élan de générosité avec les deniers publics.

Mais, voyez-vous, ce qui me fait dire que M. Douillet souffre de troubles mnésiques, c'est que, quand ce grand protecteur est venu visiter les Français expatriés de Belgique, eh bien il a oublié d'aller voir les plus faibles, les plus fragiles de ces Français : les 6500 personnes handicapées (enfants et adultes) et les 1600 personnes âgées françaises qui n'ont eu d'autre choix que d'être exilées en Belgique, puisque leur pays s'en débarrasse ainsi honteusement depuis des années. (Ces chiffres datent de 2008, et sont extraits du dernier rapport officiel à ce sujet, le rapport Gallez.)

Sans doute que peu de ces personnes et leurs familles contraintes à l'éloignement par manque de places en France votent UMP...

Ou bien, me vient un doute : David Douillet, récemment nommé à son poste, est-il au courant de la présence de ces damnés de la France ? Se pourrait-il qu'on l'ait envoyé en Belgique sans lui en faire part ? Qu'on ait OUBLIÉ de lui dire ? Et dans ce cas, les victimes de l'épidémie d'Alzheimer qui frappe l'UMP, ne seraient-elles pas plutôt Mmes Bachelot et Montchamp, MM. Châtel et Sarkozy, qui eux, connaissent la situation ?

J'informe M. Douillet (car moi, je n'ai pas ma carte à l'UMP et n'ait donc pas encore été atteinte par l'épidémie) qu'étant dans le secteur associatif du handicap, de l'enfance et de la dépendance, en Belgique et en France puisque je suis Française en Belgique, que les demandes pour placer les enfants en Belgique ont explosé en cette rentrée où, malgré les effets d'annonce, nombre d'enfants handicapés n'ont pas su trouver de place en France. Des échos me sont parvenus des quatre coins de France, par les associations et les parents. Naturellement, je me retrouve, en tant qu'associative belgo-française, sollicitée de toutes parts. Et j'aimerais bien un coup de main. J'aurais bien besoin de votre aide, Monsieur Douillet, car mes journées n'ont que 24 heures, et c'est bien insuffisant pour endiguer ce flot de malheurs. Je prends quand même le temps d'écrire ce billet pour vous appeler à l'aide.

Veuillez m'excuser s'il a commencé sur le ton de l'ironie, mais l'humour est parfois la forme polie du désespoir.

Alors, Monsieur Douillet, la prochaine fois que vous passerez en Belgique, n'oubliez pas les compatriotes qui ont le plus besoin de vous. Et même, réparez cet oubli, prenez contact avec moi : vous savez me trouver.

Épidémie d’Alzeihmer à l’UMP, par Isabelle Resplendino pour Médiapart

 

J'ai bien entendu votre phrase pourtant, à 1'24'' de cette vidéo sur votre visite en Belgique : « C'est la culture française, la francophonie qui resplendit, qui continue à vivre et grandir avec nos enfants, avec les enfants du monde »

Alors, Monsieur Douillet, lisez les mots d'une Française en Belgique, Mme Resplendino, qui porte aujourd'hui vers vous la voix de nos enfants et adultes atteints de handicap et de nos aînés.

 

Le blog d'Isabelle est ici : link


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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 07:28

 

 

la-france--iinterdit-d-autoriser.jpg

 

tropicalboy aide grèce et moi.jpg

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 19:38

Philippe Arnaud nous est revenu de vacances de son Bourbonnais préféré en pleine forme. Je suis sûr que, la prochaine fois, il ira à Thonon-les-Bains.

 

http://phototheque.1000wallpapers.com/galleries/Ville/az/Thonon+les+bains/large/Thonon+les+bains+2.jpgAu journal télévisé de France 2, ce jour à 13 h, un sujet était consacré  à la décision de la municipalité de Thonon-les-Bains (divers droite) de  ne plus accepter dans les cantines scolaires les enfants dont les  parents sont chômeurs. Ce que n'ont pas relevé les journalistes  (j'imagine la tête de leurs rédacteurs et les coups de fil passés, en  "haut lieu", à la direction de France Télévision...), c'est la relation  entre cette décision et d'autres faits, survenus depuis l'installation  de Nicolas Sarkozy, et qui vont tous dans le même sens (liste ci-après  non exhaustive).

 

- La taxation des indemnités d'accidents du travail. Cette loi est,  incontestablement, une loi de classe. Car qui a des accidents du travail ? Les ouvriers ! C'est-à-dire ceux qui travaillent dans le bâtiment ou  les industries (avec des outils ou des engins qui brûlent, coupent,  percent, écrasent, électrocutent, asphyxient, irradient...) ou ceux qui œuvrent dans les transports. C'est-à-dire, en clair, ceux qui sont les  moins payés. En outre, on suppose que les salariés n'ont pas des accidents du travail par plaisir (sauf dans l'opinion des incurables de  droite pour lesquels tout est bon aux salariés pour tirer au flanc) et  qu'aucune somme ne compense la douleur ou un membre perdu.

 

- Le licenciement d'employés ou de salariés de la grande distribution,  accusés de s'être servis parmi les aliments jetés à la poubelle (pour  cause de péremption). La même mésaventure est arrivée à des employés du  cabinet d'avocats d'affaires parisien Gide-Loyrette-Nouel (et, d'après  ce que je lis sur Internet, il s'agissait de salariés handicapés)  "coupables" de s'être servis des restes d'un buffet organisé par le  cabinet. [Ce cabinet est le plus gros cabinet d'affaires français].

 

Ces faits ne sont pas, à strictement parler, comparables, puisque  certains émanent de décisions d'autorités publiques (le Parlement et un  conseil municipal), et d'autres d'entreprises privées (des magasins de  grande distribution ou un cabinet d'avocats). Néanmoins, ils ont en  commun de révéler, de la part des chefs d'entreprise, des riches et des  autorités politiques de droite, une mentalité véritablement hostile aux  pauvres.

 

Ce point mérite qu'on s'y arrête un instant. Jusqu'à maintenant, ce que  l'on savait, c'est que la droite - et, plus encore celle de Sarkozy -  c'était le gouvernement des riches (et même des très riches, comme l'ont  bien écrit Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot). On savait les  (somptueux) cadeaux fiscaux aux Bettencourt, Dassault, Arnault, Pinault,  on savait les goûts compulsifs de cette bourgeoisie pour le clinquant  (se rappeler la déclaration édifiante de Séguéla sur les Rolex). Mais  cette préférence sciemment, impudemment assumée pour la richesse n'était  pas forcément corrélative d'une haine, d'un mépris pour la pauvreté et  d'une dureté impitoyable envers celle-ci.

 

On pourrait penser, en effet, que les riches, les idéologues de droite,  les entrepreneurs, les actionnaires manifesteraient une espèce de  bienveillance condescendante envers la pauvreté, qu'ils considèreraient  les menus larcins de la "France d'en bas" comme des peccadilles sur  lesquelles on passe l'éponge - ne serait-ce que pour ne pas réveiller  une conscience de classe (souvent) léthargique...

 

Eh bien, non, il n'en est rien ! Tout se passe, au contraire, comme si,  enhardis par les échecs des derniers grands mouvements sociaux (sur les  retraites, par exemple), sur l'absence d'opposition résolue et efficace  aux plans de rigueur partout à l'oeuvre en Europe (de la Grèce au  Portugal et de l'Italie au Royaume-Uni), la droite et les riches, sûrs  de leur impunité, en revenaient sans complexe à la période "bénie" des  siècles passés où l’on condamnait aux galères pour le vol d'un pain...

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 06:00
Nous avons tous la mémoire courte, à tout le moins sélective. C'est la vie. Merci à ceux qui nous la rafraîchissent et nous la recadrent !

Un siècle de violences armées passées sous l’éteignoir médiatique
Le Grand Soir

Liste partielle des interventions de l’armée états-unienne depuis 1890.

 

Elle n’inclut pas : présence obligatoire de la police militaire lors de manifestations. Mobilisations de la Garde nationale. Déploiements de la force navale au large des côtes nationales. Renforcement du personnel des ambassades. Emploi de personnel n’émargeant pas au Département de la Défense (tels les DEA). Exercices militaires. Mobilisations sans but de combattre. Stationnement permanent de forces armées. Actions couvertes alors que les Etats-Unis n’y ont pas joué un rôle de commandement et de contrôle. Emploi de petites unités de libération d’otages. La plupart des recours à des troupes interposées. Pilotage par des Etats-Uniens d’appareils étrangers. Assistance lors de désastres à l’étranger. Entraînement militaire et programmes de supervision n’impliquant pas participation directe à des combats. Programmes d’action civique et de nombreuses autres activités militaires.



Lieu Dates Moyens, actions
Dakota Du Sud 1890- ? Troupes, 300 Indiens Lakota massacrés à Wounded Knee
Argentine 1890 Troupes, protection des intérêts à Buenos Aires
Chili 1891 Troupes et Marines, affrontements avec rebelles nationalistes
Haïti 1891 Troupes, répression d’une révolte de travailleurs noirs dans l’île de Navassa revendiquée par les Etats-Unis
Idaho 1892 Troupes, l’armée réprime une grève dans les mines d’argent
Hawaii 1893- ? Marine, troupes, royaume indépendant renversé, annexion du territoire
Chicago 1894 Troupes, dislocation d’une grève du rail, 34 tués
Nicaragua 1894 Troupes, occupation pendant plusieurs mois de Bluefields
Chine 1894-1895 Marine, troupes. Les Marines débarquent en pleine guerre sino-japonaise
Corée 1894-1896 Troupes, Marines cantonnés à Séoul durant la guerre
Panama 1895 Troupes, les Marines de la Navy débarquent dans la province colombienne
Nicaragua 1896 Troupes, les Marines débarquent dans le port de Corinto
Chine 1898-1900 Troupes, la rébellion des Boxers combattue par des armées étrangères
Philippines 1898-1910 (- ?) Marine, troupes, territoire ravi à l’Espagne, 600.000 Philippins tués.
Cuba 1898-1902 (- ?) Marine, troupes, territoire ravi à l’Espagne, la Navy y occupe toujours une base
Puerto Rico 1898- ? Marine, troupes, territoire ravi à l’Espagne, l’occupation se poursuit
Guam 1898- ? Marine, troupes, territoire ravi à l’Espagne, toujours base militaire
Minnesota 1898- ? Troupes, l’armée défait les Indiens Chippewa à Leech Lake
Nicaragua 1898 Troupes, les Marines débarquent dans le port de San Juan del Sur
Samoa 1899- ? Troupes, bataille pour la succession du trône
Nicaragua 1899 Troupes, les Marines débarquent dans le port de Bluefields
Idaho 1899-1901 Troupes, l’armée occupe la région minière de Coeur d’Alene
Oklahoma 1901 Troupes, l’armée mate une révolte d’Indiens Creek
Panama 1901-1914 Marine, troupes, sécession vis-à-vis de la Colombie
Panama 1903 annexion zone du Canal (+ 1914-99)
Honduras 1903 Troupes, les Marines interviennent dans la révolution
République Dominicaine 1903-04 Troupes, protection des intérêts états-uniens dans la révolution
Corée 1904-1905 Troupes, les Marines débarquent dans la guerre russo-japonaise
Cuba 1906-1909 Troupes, les Marines débarquent en pleine élection démocratique
Nicaragua 1907 Troupes, « Diplomatie du dollar », instauration d’un protectorat
Honduras 1907 Troupes, les Marines débarquent au cours de la guerre contre le Nicaragua
Panama 1908 Troupes, les Marines interviennent au cours d’une contestation électorale
Nicaragua 1910 Troupes, les Marines débarquent à Bluefields et Corinto
Honduras 1911 Troupes, protection des intérêts états-uniens durant la guerre civile
Chine 1911-1941 Marine, troupes, occupation permanente avec escarmouches
Cuba 1912 Troupes, protection des intérêts états-uniens à La Havane
Panama 1912 Troupes, les Marines débarquent durant des élections mouvementées
Honduras 1912 Troupes, Marines, protection des intérêts économiques états-uniens
Nicaragua 1912-1933 Troupes, bombardements, 20 ans d’occupation, combats contre diverses guérillas
Mexique 1913 Marine, les sujets états-uniens sont évacués pendant la révolution
République Dominicaine 1914 Marine, combats contre les rebelles pour Santo Domingo
Colorado 1914 Troupes, dislocation par l’armée d’une grève de mineurs
Mexique 1914-1918 Marine, troupes, série d’interventions contre les nationalistes
Haïti 1914-1934 Troupes, bombardements, occupation de 19 ans après révoltes
République Dominicaine 1916-1924 Troupes, 8 ans d’occupation par les Marines
Cuba 1917-1933 Troupes, occupation militaire, protectorat économique
Première Guerre Mondiale 1917-1918 Marine, troupes, torpillage navires, guerre contre l’Allemagne
Russie 1918-1922 Marine, troupes, cinq débarquements pour combattre les bolcheviks
Panama 1918-1920 Troupes, « devoir de police « durant troubles après élections
Yougoslavie 1919 Troupes, les Marines interviennent au profit de l’Italie contre les Serbes en Dalmatie
Honduras 1919 Troupes, les Marines débarquent au cours d’une campagne électorale
Guatemala 1920 Troupes, deux semaines d’intervention contre unionistes
Virginie Occidentale 1920-1921 Troupes, bombardements, l’armée intervient contre des mineurs
Turquie 1922 Troupes, combats contre les nationalistes à Smyrne (Izmir)
Chine 1922-1927 Marine, troupes, déploiements au cours des révoltes nationalistes
Honduras 1924-25 Troupes, deux débarquements durant troubles électoraux
Panama 1925 Troupes, les Marines répriment une grève générale
Chine 1927-1934 Troupes, les Marines stationnent un peu partout dans le pays
Salvador 1932 Envoi de navires de guerre durant la révolte de Faribundo Marti
Washington DC 1932 Troupes, l’armée met un terme à la protestation en faveur des primes pour les vétérans de la Première Guerre Mondiale
Seconde Guerre Mondiale 1941-1945 Marine, troupes, bombardements, bombardements nucléaires, 3 années de combats contre l’Axe ; plus de 200.000 victimes lors des premiers bombardements nucléaires
Detroit 1943 Troupes, l’armée mate une rébellion noire
Iran 1946 Menace nucléaire, les troupes soviétiques se voient intimer l’ordre de quitter le Nord (Azerbaïdjan iranien)
Yougoslavie 1946 Réponse navale après qu’un appareil états-unien est abattu
Uruguay 1947 Menace nucléaire, déploiement de bombardiers (étalage de puissance)
Grèce 1947-1949 Commandement des opérations, direction des forces d’extrême droite durant la guerre civile
Chine 1948-1949 Troupes, les Marines évacuent les ressortissants états-uniens avant la victoire communiste
Allemagne 1948 Menace nucléaire, des bombardiers à capacité nucléaire surveillent le pont aérien vers Berlin
Philippines 1948-1954 Commandement des opérations, la CIA dirige la guerre contre la rébellion des Huk
Puerto Rico 1950 Commandement des opérations, rébellion en faveur de l’indépendance écrasée à Ponce
Corée 1950-1953 Troupes, marine, bombardements, menaces nucléaires, les EU et la Corée du Sud combattent la Chine et la Corée du Nord, c’est l’impasse, menace de bombe atomique en 1950 et contre la Chine en 1953. Bases états-uniennes toujours en Corée du Sud
Iran 1953 Commandement des opérations, la CIA renverse la démocratie et installe le Shah au pouvoir
Vietnam 1954 Menace nucléaire, offre de bombes aux Français pour qu’ils l’utilisent durant leurs opérations militaires
Guatemala 1954 Commandement des opérations, bombardements, menace nucléaire, la CIA dirige l’invasion des exilés après que le nouveau gouvernement a nationalisé les terres appartenant à des compagnies états-uniennes ; bases de bombardiers au Nicaragua
Egypte 1956 Menace nucléaire, les troupes soviétiques sont priées de se tenir à l’écart de la crise de Suez ; les Marines évacuent les étrangers
Liban 1958 Troupes, marine, occupation navale contre les rebelles
Irak 1958 Menace nucléaire, Irak est mis en garde contre une invasion du Koweït
Chine 1958 Menace nucléaire, la Chine est priée de ne pas débarquer sur les îles taiwanaises
Panama 1958 Troupes, des protestations contre le drapeau se muent en confrontations
Vietnam 1960-1975 Troupes, marine, bombardements, menaces nucléaires, combats contre la révolte au Sud Vietnam et contre le Nord Vietnam ; 1 à 2 millions de tués au cours de la plus longue des guerres états-uniennes, menaces de bombes atomiques en 1968 et 1969
Cuba 1961 Commandement des opérations, la CIA dirige une invasion d’exilés, cuisant échec
Allemagne 1961 Menace nucléaire, alerte durant la crise du Mur de Berlin
Cuba 1962 Menace nucléaire, marine, blocus naval durant la crise des missiles ; c’est presque la guerre contre l’URSS
Laos 1962 Commandement des opérations, mise sur pied d’une armée durant la guerre de guérilla
Cuba 1962- ? Plusieurs milliers d’attentats organisés à partir du territoire des Etats-Unis par les organisations para-militaires anti-cubaines (nda)
Panama 1964 Troupes, des Panaméens sont abattus alors qu’ils réclament la restitution du canal
Indonésie 1965 Commandement des opérations, un million de morts dans le coup d’Etat militaire orchestré par la CIA
République Dominicaine 1965-1966 Troupes, bombardements, les Marines débarquent durant une campagne électorale
Guatemala 1966-1967 Commandement des opérations, les Bérets verts interviennent contre les rebelles
Detroit 1967 Troupes, l’armée intervient contre des Noirs, 43 tués
Etats-Unis 1968 Troupes, après l’assassinat de Martin Luther King, 21.000 soldats dans différentes villes
Cambodge 1969-1975 Bombardements, troupes, marine. Quelque 2 millions de morts en sept ans de bombardements, de famine et de chaos politique
Oman 1970 Commandement des opérations, les Etats-Unis dirigent l’invasion de la marine iranienne
Laos 1971-1973 Commandement des opérations, bombardements, les Etats-Unis dirigent l’invasion sud-vietnamienne, bombardements massifs (carpet-bombing) des campagnes
Dakota Du Sud 1973 Commandement des opérations, l’armée dirige le siège de Wounded Knee contre les Indiens lakota
Moyen-Orient 1973 Menace nucléaire, alerte mondiale durant la guerre du Moyen-Orient
Chili 1973 Commandement des opérations, coup d’Etat soutenu par la CIA contre président marxiste élu (Salvador Allende)
Cambodge 1975 Troupes, bombardements au gaz, capture de navire, 28 morts dans un accident d’hélico
Angola 1976-1992 Commandement des opérations, la CIA aide les rebelles soutenus par l’Afrique du Sud
Iran 1980 Troupes, menace nucléaire, bombardement avorté, raid pour délivrer les otages de l’ambassade ; 8 soldats meurent dans un accident d’hélicoptère. Les Soviétiques avertis de ne pas s’impliquer dans la révolution
Libye 1981 Avions de combat de la Marine, deux appareils à réaction libyens abattus durant des manœuvres
Salvador 1981-1992 Commandement des opérations, conseil des troupes, survols, aide à la guerre contre les rebelles, des soldats brièvement impliqués dans une prise d’otages
Nicaragua 1981-1990 Commandement des opérations, marine, la CIA dirige les invasions d’exilés (contras), largues de mines portuaires contre la révolution
Liban 1982-1984 Marine, bombardements, troupes, les Marines expulsent l’OLP et soutiennent les phalangistes, la marine bombarde et arrose d’obus les positions musulmanes et syriennes
Honduras 1983-1989 Troupes, des manœuvres assistent la construction de bases à proximité des frontières
Grenade 1983-1984 Troupes, bombardements, invasion quatre ans après la révolution
Iran 1984 Avions de combat, deux avions de combat iraniens abattus au-dessus du golfe Persique
Libye 1986 Bombardement, marine, frappes aériennes pour renverser le gouvernement nationaliste
Bolivie 1986 Troupes, l’armée assiste des raids dans la région de la cocaïne
Iran 1987-1988 Marine, bombardements, les Etats-Unis interviennent aux côtés de l’Irak dans la guerre
Libye 1989 Avions de combat de la marine, deux avions de combat libyens abattus
Iles Vierges 1989 Troupes, St. Croix : émeutes noires après l’assaut
Philippines 1989 Avions de combat, couverture aérienne fournie au gouvernement contre éventuel coup d’Etat
Panama 1989-90 Troupes, bombardement, le gouvernement nationaliste est destitué par 27.000 soldats, les dirigeants sont arrêtés, 2000 morts et plus
Liberia 1990 Troupes, les étrangers sont évacués durant la guerre civile
Arabie Saoudite 1990-1991 Troupes, avions de combat, l’Irak est contré après son invasion du Koweït ; 540.000 hommes stationnés à Oman, au Qatar, à Bahreïn, dans les Emirats Unis, en Israël
Irak 1990- ? Bombardements, troupes, marine, blocus de l’Irak et des ports jordaniens ; 200.000 morts et plus lors de l’invasion de l’Irak et du Koweït, zone d’interdiction de vol sur le Nord kurde, sur le Sud chiite, destruction à grande échelle des équipements militaires irakiens
Koweït 1991 Marine, bombardements, troupes, la famille royale du Koweït est réinstallée sur le trône
Los Angeles 1992 Troupes, l’armée et les Marines sont déployés contre les émeutes anti-policières
Somalie 1992-1994 Troupes, marine, bombardements, l’occupation des Nations unies durant la guerre civile : sous la direction des Etats-Unis, raids contre une faction de Mogadiscio
Yougoslavie 1992-1994 Marine, blocus de l’Otan contre la Serbie et le Monténégro
Bosnie 1993-1995 Avions de combat, bombardements, zone d’interdiction de vol surveillée durant la guerre civile ; avions abattus, bombardements des Serbes
Haïti 1994-1996 Troupes, marine, blocus contre le gouvernement militaire, les troupes réinstallent le président Aristide trois ans après le coup d’Etat
Croatie 1995 Bombardements de la Krajina, les aérodromes serbes attaqués avant l’offensive
Zaïre (Congo) 1996-1997 Troupes, Marines dans les camps de réfugiés Hutu, dans la zone où commence la révolution
Liberia 1997 Troupes, soldats sous le feu durant l’évacuation des étrangers
Albanie 1997 Troupes, soldats sous le feu durant l’évacuation des étrangers
Soudan 1998 Attaques par missiles d’une usine pharmaceutique supposée être une usine névralgique ‘terroriste’ de fabrication de gaz. Plus de 30.000 civils tués. Les Etats-Unis bloquent l’enquête de l’ONU au Conseil de sécurité des Nations unies
Afghanistan 1998 Attaques par missiles contre les anciens camps de la CIA utilisés par les intégristes musulmans supposés avoir attaqué des ambassades
Irak 1998- ? Bombardements, missiles, quatre jours de frappe aériennes intensives après que les inspecteurs de l’armement soupçonnent les Irakiens de faire obstruction
Yougoslavie 1999- ? Bombardements, missiles, lourdes frappes aériennes de l’OTAN après que la Serbie refuse de se retirer du Kosovo
Yémen 2000 Marine, attentat suicide à la bombe contre le navire USS Cole
Macédoine 2001 Troupes, les troupes de l’OTAN se déplacent et désarment en partie les rebelles ALBAnais de l’UCK
Etats-Unis 2001 Attentats New York, Washington. Avions de combat, marine, réponse aux attentats sur détournements
Afghanistan 2001- ? Invasion, traque infructueuse des taliban et de Ben Laden. Mise en place d’un gouvernement fantoche, construction de bases militaires.
Irak 2003- ? Invasion et occupation militaire, mise en place d’un gouvernement fantoche, construction de bases militaires

Sources principales :Archives du Congrès(23 juin 1969), 180 débarquements, par la Section Histoire de l’U.S. Marine Corps, Ege & Makhijani dans Counterspy (Juillet-août 1982), et Daniel Ellsberg dansProtest & Survive. « Exemples de recours aux Forces états-uniennes à l’étranger, 1798-199 »par Ellen C. Service des Recherches de la Bibliothèque du Congrès. Compilation par Zoltan Grossman. 1705 Rutledge, Madison, WI 53704 Phone/Fax (608)246-2256.

In « Les Etats-Unis de mal empire » Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj, Maxime Vivas, éditions Aden, 2005.

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 14:59

Par Ignacio Ramonet pour Mémoire des Luttes

 

http://www.blocml.be/clarteactualite/clarteactu02/img/sel2.jpg"Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis"
André Gide

 

Ce furent d’abord les Arabes, puis les Grecs, ensuite les Espagnols et les Portugais, suivis des Chiliens et des Israéliens ; et enfin, le mois dernier, dans le bruit et la fureur, les Britanniques. Une épidémie d’indignation soulève les jeunes du monde. Semblable à la vague qui, dans les années 1967-1968, de la Californie à Tokyo en passant par Paris, Berlin, Madrid et Prague, avait secoué la planète et bouleversé sinon la politique du moins les mœurs des sociétés occidentales.


Aujourd’hui c’est différent. Le monde a changé en pire. Il vit une grande régression. Nombre d’espérances se sont évanouies. L’ascenseur social est fracassé. Pour la première fois depuis un siècle, en Europe, les nouvelles générations risquent d’avoir un niveau de vie inférieur à celui de leurs parents. Le modèle néolibéral de globalisation brutalise les peuples, humilie les citoyens et dépouille les jeunes de l’espoir d’une vie décente. La crise financière, ainsi que les "solutions" proposées pour la combattre, à base d’austérité et de rigueur contre les classes modestes et moyennes, aggravent le malaise général. Les Etats démocratiques sont en train de renier leurs propres valeurs. On se demande d’ailleurs comment peuvent-ils, en même temps, conduire des guerres lointaines - Irak, Afghanistan, Libye - au nom de ces mêmes valeurs démocratiques qu’ils renient chez eux...


Dans de telles circonstances, à quoi pourraient servir la soumission et l’obéissance ? De plus en plus fréquentes, les explosions d’indignation et de révolte sont ressenties comme naturelles, normales... Partout, on sent monter colères et violences.


Ces explosions toutefois n’adoptent pas les mêmes formes partout. Ainsi, la fougueuse détonation anglaise du début août dernier s’est différenciée, par son niveau élevé de véhémence, des autres protestations juvéniles essentiellement non-violentes (même si des affrontements ponctuels ont pu se produire ici ou là, à Athènes, Santiago du Chili ou ailleurs).

http://cathedrale-vannes.cef.fr/images/stories/divers_images/sel_de_la_terre.jpgAutre différence essentielle : les émeutiers anglais, en raison peut-être de leur appartenance de classe, n’ont pas été en mesure de verbaliser leur mécontentement. Ils n’ont pas su non plus mettre leur exaspération au service d’une cause politique. Ou s’en servir pour dénoncer une injustice concrète. Dans leur éphémère et brutale guérilla urbaine, ils ne s’en sont même pas pris systématiquement aux banques... Comme si leur rage d’exclus et de dépossédés ne pouvait être apaisée que par les "merveilles" des vitrines... Au fond, comme tant d’autres "indignés" du monde, ces révoltés exprimaient leur désespoir d’être les oubliés d’un système incapable désormais de leur offrir une place dans la société ou un avenir digne.


Au Chili et en Israël, les étudiants étaient en première ligne. Particulièrement irrités contre l’obsession néolibérale de privatiser les services publics. Cette privatisation représente, à leur yeux, un vol manifeste du patrimoine des pauvres. Ceux qui ne possèdent rien, disposent au moins de l’école publique, de l’hôpital public, des transports publics, etc. qui sont gratuits ou presque, subventionnés par la collectivité. Quand un gouvernement les privatise, non seulement il dépouille tous les citoyens d’un bien qui leur appartient (il a été payé avec leurs impôts) mais il vole plus particulièrement les pauvres dont c’est le seul et unique patrimoine. Une double injustice. Et l’une des racines de la colère actuelle.


Pour justifier la fureur des insurgés de Tottenham, un témoin dénonça : "Le système ne cesse de favoriser les riches et d’écraser les pauvres. Il coupe dans les budgets des services publics. Les gens meurent dans les salles d’attente des hôpitaux publics après avoir attendu un médecin pendant des heures et des heures... [1]"


Au Chili, depuis trois mois, des dizaines de milliers d’étudiants, soutenus par une importante partie de la société, réclament la déprivatisation de l’éducation (privatisée sous la dictature du général Pinochet, 1973-1990). Ils exigent que le droit à une éducation publique et gratuite soit inscrit dans la Constitution. Et expliquent que "l’éducation n’est plus un mécanisme de mobilité sociale. Au contraire. C’est un système qui reproduit les inégalités sociales" [2].


Au cri de "Le peuple veut la justice sociale !", à Tel-Aviv, le 6 août dernier, quelque 300 000 personnes ont manifesté en faveur du mouvement des jeunes "indignés" qui exigent un changement des politiques publiques conduites par le gouvernement néolibéral de Benyamin Netanyahou [3]. "Quand une personne qui travaille - déclara une étudiante - n’arrive même pas à acheter de quoi se nourrir correctement c’est que le système ne fonctionne pas. Ce n’est pas un problème individuel, c’est un problème de gouvernement [4]."


Depuis les années 1980 et la mode de l’économie reaganienne ("reaganomics") dans tous ces pays - et singulièrement dans ceux de l’Union européenne (UE) fragilisés aujourd’hui par la crise de la dette souveraine -, les recettes des gouvernements (de droite et de gauche) ont été les mêmes : réduction drastique de la dépense publique avec des coupes particulièrement importantes dans les budgets sociaux. Résultat de cette politique : une hausse spectaculaire du chômage des jeunes (21% au sein de l’UE ; 42% en Espagne !). Soit l’impossibilité pour toute une génération d’entrer dans la vie active. Le suicide d’une société.

Au lieu de réagir, les gouvernements, effrayés par les récentes chutes des Bourses, insistent à vouloir satisfaire les marchés. Quand leur priorité devrait être, au contraire, de désarmer les marchés [5]. Contraindre ceux-ci à se soumettre à une réglementation stricte. Jusqu’à quand peut-on accepter que la spéculation financière impose ses critères à la représentation politique ? Quel sens a donc la démocratie ? A quoi sert le vote des citoyens si, en fin de compte, ce sont les marchés qui tranchent ?


Au sein même du modèle capitaliste, les alternatives réalistes ne manquent pas. Défendues et vérifiées par des économistes reconnus. Voici, par exemple, deux idées. Pourquoi la Banque centrale européenne (BCE) ne devient-elle pas une véritable banque centrale ? Elle pourrait prêter de l’argent (sur la base de conditions précises) aux Etats de l’eurozone, leur permettant ainsi de financer leurs dépenses. En l’état actuel des choses, on le sait, la BCE ne peut le faire. Ce qui contraint les Etats à se tourner vers les marchés au prix du versement d’intérêts exorbitants. Si cette simple mesure était adoptée, finie la crise de la dette souveraine.


Seconde idée : exiger immédiatement la Taxe sur les transactions financières (TTF). Une simple taxe de 0,1% sur tous les échanges en Bourse et sur les marchés monétaires, permettrait à l’UE d’encaisser des recettes estimées entre 30 à 50 milliards d’euros. De quoi financer aisément les services publics, restaurer l’Etat providence et offrir enfin un futur radieux aux nouvelles générations.


On le voit, les solutions techniques existent. Quid de la volonté politique ?


 

 

[1]  Libération, 15 août 2011.

[2]  Le Monde, 12 août 2011.

[3]  Selon une enquête d’opinion, les revendications des "indignés" israéliens sont soutenues par 88% des citoyens (Libération, op. cit.).

[4]  Le Monde, 16 août 2011.

[5]  Cf. Ignacio Ramonet, "Désarmer les marchés", Le Monde diplomatique, décembre 1997.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 06:07
Chacun sait que Lee Harvey Oswald a tué tout seul, comme un grand, le président des États-Unis John Kennedy. Nous sommes tous d'accord pour accepter la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Sauf que, de partout, fusent des remises en cause de ces conclusions officielles, à tout le moins de sérieux questionnements.

Le Grand Soir vient de reprendre un article du Manifesto sur certaines bizarreries immédiatement consécutives à l'effondrement des tours jumelles.
Manlio DINUCCI


Que penseriez-vous si la police, après une explosion suspecte qui aurait fait écrouler une maison en tuant les gens qui y habitaient, avant toute chose enlevait et détruisait tout ce qui reste ? C’est ce qu’ont fait, il y a dix ans, les autorités étasuniennes : elles ordonnèrent d’enlever immédiatement les structures en acier des tours écroulées le 11 septembre à New York. Aucun doute, dans la version officielle, que la cause ne fût l’incendie provoqué par l’impact des avions détournés par les terroristes. Les trois cent mille tonnes d’acier des tours furent en grande partie recyclées dans des fonderies asiatiques, sauf 24 tonnes données à la société Northrop Grumman (un des plus gros contractuels militaires du Pentagone) pour construire un navire-symbole, le New-York : le premier d’une nouvelle génération d’unités d’assaut amphibie pour la guerre globale au terrorisme, justifiée par l’attaque contre les tours jumelles qu’on a montrée en mondovision directe.


Par contre, pas un gramme d’acier ne fût donné aux ingénieurs spécialistes de structures qui avaient demandé à examiner les colonnes et travées, pour en re-assembler quelques sections, afin de déterminer avec certitude la cause de l’écroulement. « Une telle décision -déclara Frederick Mowrer de l’Université du Maryland, professeur d’ingénierie pour la protection contre les incendies- compromet toute enquête sur les écroulements. Je juge très inquiétante la rapidité avec laquelle ont été enlevées et recyclées des preuves potentiellement importantes » (The New York Times, 25 décembre 2001). Aucune tour de ce type, en fait, ne s’est jamais écroulée à cause d’un incendie. Le carburant des avions n’aurait pas pu développer une chaleur capable de fondre les massives colonnes d’acier et, de plus, ce carburant a brûlé en majeure partie à l’extérieur des tours si bien que, à l’intérieur du point d’impact, on voit des gens indemnes. La dynamique de l’écroulement des Tours jumelles et de la tour 7 (qui n’a même pas été touchée par les avions) - soutiennent différents experts - rappelle une démolition contrôlée, provoquée par des explosifs situés à l’intérieur. Pour avoir soutenu ceci, le professeur Steven Jones, enseignant de physique, a été expulsé de l’Université Brigham Young (Utah). Il ne s’est cependant pas désisté. Avec une équipe dont font partie aussi des scientifiques d’autres pays, il a publié en 2009, sur la revue The Open Chemical Physics Journal (qui soumet à une révision scientifique tous ses articles à publier), une étude fondée sur l’analyse d’échantillons de poudre prélevés à Ground Zero. Ceux-ci révèlent la présence de thermite, une substance non explosive qui produit une réaction chimique à une température de 2.500 degrés Celsius, en capacité de fondre l’acier, en le coupant comme un couteau chauffé coupe le beurre. On voit sur une photo une colonne d’acier tranchée net, en diagonale, avec des coulures semblables à celles d’une bougie. Et, comme la thermite n’a pas besoin d’air pour brûler, la réaction continua pendant plusieurs jours à développer de la chaleur sous les décombres, alors que les pompiers les refroidissaient par des jets d’eau continus.


C’est sur ces preuves et d’autres, toutes scientifiques, que se fonde l’étude du professeur Steven Jones qui a mis au défi les scientifiques soutenant la version officielle de réfuter la sienne. Ces derniers ont cependant refusé de la lire, en disant qu’ils n’avaient pas le temps de le faire. Mais la version officielle est en train de s’écrouler de la façon dont se sont écroulées les tours : comme un château de cartes.


Manlio Dinucci

Edition de mardi 6 septembre 2011 de Il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 15:27
Ci-dessous, un article publié par Le Grand Soir le 5 septembre 2011.
Julien Terrié

Depuis quelques années, les agents hospitaliers du « meilleur CHU de France » [3] subissent violemment les restructurations et la mise en place des mécanismes facilitant la casse de l’Hôpital Public. Le paiement à l’acte, l’intéressement des praticiens hospitaliers aux résultats financiers de leur service, les dépassements d’honoraires à l’hôpital, l’installation du privé lucratif dans les locaux hospitaliers compromettent un accès aux soins égalitaire et de qualité. Ils sont aussi la source d’une profonde perte de sens des métiers de soignants ou para-soignants (techniciens sur les machines biomédicales, travailleurs sociaux, secrétaires, administratifs ou ouvriers dont l’action a un impact sur les usagers). Les actes de résistance au passage de l’« hôpital excellence » à l’« hôpital entreprise » sont nombreux. Individuels ou collectifs, ils sont à la base de l’élaboration de notre stratégie syndicale.



« Le CHSCT, c’est permettre aux salariés d’améliorer eux-mêmes leurs conditions de travail »

Gérard Brégier [2]

La souffrance au quotidien

La tarification à l’activité [4] est devenue le mode de financement quasi exclusif des hôpitaux depuis 2008. Sous l’impulsion directe de Nicolas Sarkozy, ce mode de financement entraîne une recherche de taylorisation des soins, souvent par des méthodes de lean-managering [5].

Alors que le « prendre soin » constitue une source de sens et d’engagement professionnel fondamental dans tous les métiers hospitaliers, les petites actions qui conditionnent la qualité du soin [6] ne sont plus valorisées par la hiérarchie, et ne sont plus prises en compte pour l’attribution des effectifs ou le remplacement des absences. Le sous-effectif par rapport à la charge de travail réelle est devenu la « règle d’or » de l’austérité à l’hôpital.

La situation de souffrance du personnel hospitalier prend alors de multiples formes : épuisement physique dû au non-respect de la réglementation du temps de travail, souffrance éthique due à la sensation de mal faire son travail [7], ce qui signifie en milieu hospitalier, être maltraitant…

L’acte de soin et de prendre soin résiste par des actes individuels [8] au modèle de prestation marchande et aux exigences de l’évaluation comptable, mais le plus souvent, c’est une « explosion » silencieuse que l’on observe derrière la façade des services « qui tournent bien » : démissions, requalifications, accidents de travail, maladies professionnelles, épuisements professionnels, « burn-out » allant même jusqu’au suicide [9]. Fort heureusement, les résistances collectives ne sont pas absentes, il faut citer notamment les services des urgences de Rangueil et les urgences psychiatriques du CHU en grève illimitée et de tout le personnel respectivement depuis le 20 mai et le 12 juillet 2011, contre les symptômes de l’Hôpital Entreprise.

Ce cocktail explosif est encore aggravé par des pratiques managériales brutales, parfois violentes : culpabilisations pour venir travailler sur les repos, « mobilité » des agents entre services au mépris du bon fonctionnement, notations humiliantes, entretiens individuels jugeant le « savoir-être » des agents et non le « savoir-faire », encouragement à la démission, licenciement de contractuels…

Le CHSCT : où comment passer à la résistance collective

Avec la certitude que les réponses collectives à toutes ces situations sont les plus efficaces, nous avons donné plus de poids dans notre action syndicale à l’instance CHSCT, qui, à l’Hôpital, possède des droits plus élargis que dans les autres fonctions publiques.

L’instance CHSCT possède un pouvoir contraignant dans la prévention des risques liés aux conditions de travail, et une relative souplesse dans son fonctionnement (le Code du travail dit « le CHSCT décide de son fonctionnement »). Il est un lieu privilégié pour passer des résistances individuelles aux résistances collectives.

Concrètement, la préparation des CHSCT prend la forme d’Assemblées Générales et de groupes de réflexion de salariés pour aller au cœur des pratiques professionnelles : on dégage ainsi des revendications venant d’« en bas » et facilement appropriables. Nous faisons ensuite participer le maximum d’agents en réunion de CHSCT, dans un triple objectif : présentation des difficultés et solutions par les agents eux mêmes, prise de conscience de la réalité des actions de la direction, de leur déni de la souffrance des agents, et connaissance des démarches combatives de nos équipes syndicales.

Quant aux actions entreprises, il s’agit essentiellement de dépôt de droits d’alerte pour Danger Grave et Imminent, de convocations de réunions CHSCT extraordinaires, d’enquêtes après accidents et visites impromptues. Toujours faites dans l’optique de mobiliser les agents, celles-ci sont très souvent accompagnées de dépôt de préavis de grève. Nous recourrons par ailleurs au vote d’expertises indépendantes sur les conditions de travail, que la direction du CHU de Toulouse est dans l’obligation de financer. Afin de les empêcher, la direction engage à chaque fois une procédure du Tribunal de Grande Instance. Nous gagnons systématiquement les procès, qui confirment la plupart du temps le danger grave et imminent pour les agents, et renforcent la légitimité des préconisations des expertises, qui deviennent des plateformes de revendications. Il reste encore de grandes batailles : les condamnations du délit d’entrave au CHSCT (systématique chez nous) et de la faute inexcusable de l’employeur sur des accidents de travail et maladies professionnelles.

Parce que le CHSCT remet en cause le droit « sacré » de l’employeur sur l’organisation du travail, ce ne sont pas seulement des améliorations que nous avons gagnées au cours de ces derniers mois, mais une prise de conscience collective et la conquête de dignité chez les agents, propices à une résistance durable. Vers, nous y oeuvrons, un mouvement des indignés de la Santé au CHU de Toulouse.

Julien Terrié

Secrétaire Général adjoint de la CGT du CHU de Toulouse

www.cgtchutoulouse.fr

[1] Comité d’Hygiène et Sécurité et des Conditions de Travail où siègent des représentants du personnel, la médecine du travail, l’inspection du travail, la direction du CHU et des représentants de la CRAM dans chaque entreprise de plus de 50 salariés.

[2] Ingénieur sécurité auteur d’un guide pour les membres CHSCT

[3] Le CHU de Toulouse est régulièrement élu meilleur CHU de France, sur des critères discutables, par le magazine Le Point dans son dossier annuel.

[4] C’est-à-dire la réciprocité entre l’équilibre du budget (voire les bénéfices) et une quantité d’actes de soins.

[5] « lean » = « amaigrir » : méthodes managériale pour faire plus avec moins d’agents et de moyens.

[6] Comme les explications des actes aux malades, les protocoles complexes pour éviter certains risques dus aux soins, attitudes pour éviter les violences parfois venant des usagers, etc…

[7] Principe même de « l’injonction contradictoire », qui consiste ici à faire plus avec moins de monde et moins de moyens.

[8] Grâce à des désobéissances « éthiques », des stratégies d’adaptation et à un « bricolage » instauré par les agents eux-mêmes qui vont jusqu’à mettre leur vie privée de côté pour soigner correctement.

[9] Selon l’Institut National de Veille Sanitaire, ce sont les professions de la santé et du social qui totalisent le plus de suicides.

URL de cet article 14575 
http://www.legrandsoir.info/resister-a-l-hopital-entreprise.html
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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 19:05

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 15:01

Cette information est à confirmer, mais si elle est avérée, ce qui suit est absolument scandaleux.

 

Une prime pour les remplaçants de grévistes à la RATP ?


FRANCE INFO - HIER, 15:38


La RATP envisage de donner 100 euros par mois aux volontaires qui acceptent de ne pas faire grève. Une prime annuelle de 1.200 euros attribuée à ses cadres et ses agents de maîtrise d’exploitation. Un projet qui scandalise les syndicats.


France Info - La RATP envisage de donner une prime aux cadres qui acceptent de remplacer les grévistes

La RATP envisage de donner une prime aux cadres qui acceptent de remplacer les grévistes
©Reuters/Benoit Tessier

La RATP soupçonnée par les syndicats de vouloircasser la grève

 
L’entreprise ferroviaire envisage de proposer à certains cadres une prime de 100 euros par mois pour être “mobile”. 

 
Ces salariés, qui n’ont pas l’habitude de conduire des trains seraient formés pour pallier, en cas de besoin,l’absence des conducteurs150 agents seraient concernés par cette prime.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 14:46
Un article très intéressant de Samuel Moleaud publié sur overblog et repris par Le Grand Soir :




Les entreprises croulent sous les charges, les gens sont bombardés d’impôts et de prélèvements, l’État leur pompe tout ce qu’ils gagnent. Le pouvoir d’achat baisse ainsi que se freine la croissance économique, la dette publique devient insoutenable et donc l’État ne peut plus s’occuper du secteur public. Il doit faire face à une crise de la dette, et doit geler ses dépenses publiques. Il faut que cela change, et il revient à chaque citoyen de se serrer la ceinture pour sortir de la crise. La solution est de rembourser la dette et de réduire le volume des dépenses publiques. Dans les discours politiques, c’est la « règle d’or » gouvernementale que l’on esgourde quand les citoyens commencent à comprendre le pot-aux-roses (1).


Outre le discours simpliste qui vise à adapter les orientations idéologiques de la politique économique en la réduisant à l’adage ’politiques, gaute et droiche tous pourris’, ou ’l’impôt sert à déshabiller Pierre pour habiller Paul’, cet article voudrait montrer à quel point le système fiscal actuellement en vigueur est injustement en train de poindre vers la privatisation de l’État au profit des riches. La situation est internationale et décomplexée : les riches, censés payer plus d’impôts que les moins riches, parviennent à contribuer moins que les autres. L’impôt est alors délégitimé, car il n’est plus redistributif, progressif (notamment l’impôt sur le revenu), il charge les ménages modestes. Les agents économiques favorisés bénéficient des mesures dérogatoires d’allègement d’impôts pendant que les « petits » n’ont pas les moyens de souscrire un contrat auprès d’un cabinet de conseil financier pour diminuer leur taux d’imposition. Les « niches fiscales » (que N. Sarkozy et F. Fillon prétendent vouloir combattre) ne bénéficient alors qu’à ceux qui ont des hauts revenus.


Il est récurrent d’entendre que la France est une bureaucratie lourde gangrénée par des prélèvements obligatoires qui coulent le portefeuille des contribuables comme une encre tombe en chute libre au fond de l’océan. Pire, nous serions dans une fonction dérivée d’un soviétisme adapté au marché, comme si les gouvernements se succédant étaient victimes de ceux du passé. Victimes d’un pseudo gaullisme social qui aurait marqué la France au fer rouge d’un simulacre de politiques sociales écrasantes, inopérantes, inflationnistes et économiquement peu attractives.


L’impôt est pourtant à la base du fonctionnement d’un État démocratique, car il permet de financer l’économie nationale, les services publics et d’opérer une redistribution des richesses pour freiner les inégalités. Le prélèvement est dit « obligatoire », puisque s’il était facultatif, nombre de contribuables ne paieraient pas et cela aggraverait les comportements individualistes. Parallèlement, impôts et prélèvements obligatoires sont ceux qui permettent de financer l’action publique. Or depuis les années 1990, le vent est à la baisse des impôts : chacun veut bénéficier de services publics de qualité mais chacun reproduit électoralement la légitimité du discours néolibéral qui individualise les comportements, favorise les exonérations fiscales, et donc réduit l’action publique.


Pour un gouvernement, l’impôt progressif ou proportionnel, direct ou indirect, est la résultante idéologique des choix de société. En effet, depuis environ une quinzaine d’années, le système fiscal est devenu un enjeu politique majeur aux abords des joutes électorales, en même temps qu’il se transformait structurellement en passoire géante faisant glisser dans les profits du secteur privé des milliards de deniers publics nécessaires à l’État pour financer l’économie nationale et les services publics.


Or le meilleur instrument pour redynamiser la croissance économique, (afin de permettre une juste répartition des richesses), est d’augmenter les dépenses publiques, avec un système fiscal équitable pour éviter la concentration du capital. En période de crise, l’économie dite déprimée ralentit l’emploi et l’investissement. L’État-Providence se doit alors de venir en aide aux plus démunis (allocations chômage, RSA, allocations familiales, etc.). Certes il le fait, mais l’aide allouée aux « pauvres » n’est qu’une miette de pain au regard du manque à gagner crée par les hauts revenus. Lorsque l’État prend en charge la gestion des besoins sociaux, des entreprises de service public et des banques, il peut se permettre de vendre un service moins onéreux qu’une entreprise privée, puisque la logique de l’État n’est pas le profit. En résultante, l’usager finance par l’impôt les services publics que l’État lui met à disposition.


Au lieu de cela, l’assiette fiscale de l’État se réduit et repose de plus en plus sur les ménages les plus modestes. Le gouvernement fait porter sur la population le prix d’une crise que les banques ont générées, et il se félicite de laisser des milliers de jeunes diplômés au chômage sans renouveler un fonctionnaire sur deux. Il précarise l’emploi public, et incite les plus riches à défiscaliser, de sorte que nombre de contribuables reçoivent un chèque du Trésor Public à parfois six chiffres chaque année : « En 2009, 979 contribuables au patrimoine supérieur à 16 millions d’euros ont ainsi reçu en moyenne 376 134 euros, soit 30 ans de SMIC… » (2). Certes, le bouclier fiscal (la loi Travail, Emploi, Pouvoir d’Achat) a été supprimé, le gouvernement met des pansements sur les jambes de bois en annonçant une taxation des transactions financières (européennes et non mondiales) et une lutte contre les niches fiscales. Mais dans le même temps, l’impôt sur la fortune est supprimé, et les mesures dérogatoires qui permettent de réduire l’impôt sur le revenu et sur les sociétés persistent. De plus, les gouvernements préconisent souvent une hausse de la TVA et des prélèvements indirects à la consommation (taxe sur le pétrole, sur l’alcool, le tabac).


Les impôts, quels sont-ils ?

Il existe plusieurs formes d’impôts. Je ne les citerai pas tous, mais je parlerai de ceux qui pèsent le plus dans l’économie nationale. Les impôts directs se distinguent des indirects. L’impôt indirect, comme par exemple la TVA, ne tient pas compte des différences de revenus : pour un même produit, il prélève le même montant à tous les consommateurs. A l’inverse, une taxe comme l’impôt sur le revenu est directe, elle « s’adresse » directement à celui qui paye, varie selon les revenus, et est, en théorie, progressive : plus on gagne d’argent, plus on est censé payer de l’impôt sur le revenu.


Voyons les impôts indirects. Ce type d’impôt est indirect car la personne qui le paye à l’État répercute le montant de l’impôt sur le prix de vente au consommateur ou à l’usager. De ce fait, un môme de dix ans qui dépense son argent de poche en bonbons, est un contribuable, et paye la TVA que le Trésor Public collecte auprès de l’artisan boulanger. Cet impôt indirect à la consommation constitue 50% des recettes fiscales de l’État. Prélevée sans distinction, la TVA ne connaît pas les différences de revenus : elle ne connaît pas les classes sociales, et prélève le même montant à un pauvre ou à un riche qui achètent le même produit. Elle pèse donc plus lourdement sur le budget des ménages précaires (les revenus aisés, eux, ont la possibilité d’épargner après collecte de la TVA par l’État). En 2005, « les 10% des ménages disposant des revenus les plus faibles consacrent 8.1% de leur revenu au paiement de la TVA pendant que les 10% des ménages disposant des revenus les plus élevés ne consacrent que 3.4% de leur revenu à la TVA »(3).En clair, plus le revenu augmente, plus la part dépensée à la consommation diminue.


Les droits d’accise sont des impôts indirects, perçus sur la consommation par les services de douanes. On distingue la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ou les taxes sur le tabac et les alcools. La TIPP est un impôt indirect qui représente 7% des recettes fiscales de l’État (4).


Pour ce qui concerne les impôts directs, le plus connu est l’impôt sur le revenu : c’est un impôt direct prélevé en fonction de la tranche du salaire des contribuables. Il est souvent présenté comme le plus contraignant, or il ne représente même pas 20% des recettes de l’État (5). En principe, plus on gagne d’argent, plus on paye d’impôt sur le revenu. Son principe est la progressivité, et permet la redistribution des richesses. Sauf que depuis les années 2000, cet impôt a vu le passage de sept à cinq tranches de revenus, F. Fillon proposait même de limiter cette taxe du revenu à trois tranches seulement ! Vu que tous les contribuables n’ont évidemment pas le même salaire, ce sont donc les hauts revenus qui bénéficient le plus des baisses de l’impôt sur le revenu, d’autant qu’ils peuvent ensuite thésauriser une partie de leurs déductions fiscales. En tout état de cause, selon Attac, si l’impôt sur le revenu était calculé selon le barème de 1999, le manque à gagner de l’État serait de quinze milliards d’euros rien que pour l’année 2006, et les sommes exonérées s’accumulent d’année en année. En définitive sur tous les impôts confondus, les niches fiscales (déductions, réductions, exonérations, crédits d’impôt) représentaient une « perte » de 75 milliards d’euros en 2010 (6).


Le second impôt majoritairement connu en France est l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IS), et représente 16% des recettes fiscales nettes de l’État. Il est direct, mais non progressif, en ce qu’il comporte des taux fixes : un taux est fixé à 15% pour les PME et les SARL. La majorité des autres sociétés payent un taux de 33.3% sur l’excédent brut d’exploitation des sociétés. Mais il est amené à être réduit dans le cadre de la politique d’harmonisation fiscale des institutions communautaires, qui sous l’effet de la concurrence fiscale et sociale, entraîne des stratégies de prédation pour faire payer aux modestes contribuables les effets des allégements fiscaux des « bases immobiles » (gros épargnants, multinationales…). Les mesures dérogatoires de l’impôt sur les sociétés s’élevaient, en 2007, à un coût budgétaire de 27 milliards d’euros. Partout en Europe, cet impôt baisse structurellement depuis vingt ans. Celles-ci concernent les grandes entreprises qui, au courant du fait, ayant les capacités de financement, délocalisent vers des pays à fiscalité plus attractive (profitable). En dépit/vertu de ces mesures, plus la taille de l’entreprise croît, plus le taux implicite d’imposition se réduit de 28% (entreprises individuelles) à 13% (entreprises de plus de 2000 salariés), à 8% (pour les entreprises du CAC40).


En clair, l’impôt devient proportionnel, moins redistributif, indirect et injustement constitué. Qui plus est, avec la suppression de la première tranche de l’impôt de solidarité sur la fortune en 2011, 300 000 personnes vont ainsi être exemptées de l’ISF (7). Mais un manque à gagner plus lourd a concerné les collectivités territoriales, lorsque le gouvernement a supprimé la taxe professionnelle : au profit des collectivités, cet impôt était payé par les entreprises, et rapportait aux premières 50% de leurs recettes fiscales. Cette mesure a donc entraîné pour les entreprises un allègement de 12.3 milliards d’euros l’an passé (toujours selon Attac). La contrepartie ? Une hausse des impôts locaux des ménages (taxe d’habitation, taxe foncière) du chômage et de la précarité.


Si l’on considère, tableau du budget de l’État en 2008 à l’appui (8), la somme des recettes fiscales indirectes, nous avons : TVA : 135 milliards d’euros, TIPP : 16.5 milliards d’euros. Cela représente 151.5 milliards d’euros perçus à titre d’impôt indirect. En revanche, l’impôt sur le revenu a rapporté 60.5 milliards, et l’impôt sur les sociétés, 54 milliards d’euros. L’impôt sur la fortune, quant à lui, représentait 5.5 milliards d’euros. Soit, une somme de 120 milliards d’impôts directs, correspondant à une part de 44.1% des recettes fiscales de l’État en 2008. Comment le déficit public, si cher à nos gouvernants et journalistes, peut-il être réduit si l’État se finance par l’emprunt sur les marchés financiers et sur l’impôt indirect à la consommation des ménages durement frappés par la précarité et la crise économique ? La stratégie est-elle de décrédibiliser le système fiscal progressif en faisant passer l’idée collective que l’État coûte trop cher et qu’il faut privatiser en masse, ou plutôt est-elle de combattre les requins de la finance qui ne payent plus leurs impôts correctement ? La réponse est en première partie de la question…


En fait, si l’on tient compte de l’évolution des impôts directs ci-dessous, il est clair que la stratégie qui prédominait jusqu’alors consistait à réduire les impôts directs (Impôt sur le revenu des personnes physiques, sur les bénéfices des sociétés, sur la fortune et le patrimoine) et le coût du travail, pour parallèlement se financer par une hausse des impôts indirects (TVA, TIPP, etc.). Selon les tenants de la politique fiscale néolibérale actuellement à l’ouvrage, ce sont les impôts indirects qui permettraient de mieux financer la Sécurité Sociale. Forcément, une hausse de l’impôt indirect met le peuple à l’amende sur sa consommation, et une baisse structurelle de l’impôt direct augmente la capacité financière des franges très aisées (épargnants, gros actionnaires, grosses entreprises qui défiscalisent).


Depuis 2002, l’orientation de la politique économique néolibérale des gouvernements successifs (ne pas taxer les profits et permettre des niches fiscales pour conserver l’électorat) pousse l’État à emprunter des milliards d’euros par an pour financer l’économie nationale. Cela signifie que l’État ne se finance plus directement en imposant les plus riches contribuables, mais via l’emprunt sur les marchés financiers, et sur la consommation des contribuables moyens, nommés « bases immobiles » (ménages modestes, qui subissent une fiscalité indirecte contraignante et les privatisations). Ainsi, l’État gonfle son déficit et sa dette publique, et ne peut plus faire jouer le fameux effet multiplicateur keynésien (la hausse des dépenses publiques servirait à réinjecter massivement les fonds dans l’économie réelle, si ceux-ci ne sont pas épargnés. La hausse des dépenses implique donc une hausse significative de la demande). Il ne fait plus d’effet de relance de la consommation par la demande globale, ce qui incite les entreprises à substituer du capital au travail, surtout si les taux d’intérêts sont élevés. La souveraineté de l’État devient donc la propriété des créanciers financiers. Autrement dit, ce sont les marchés financiers étrangers de la zone euro qui détiennent les dettes publiques. Ces dettes souffrent aussi de manques à gagner colossaux en raison du placement par les multinationales de bénéfices bruts vers les paradis fiscaux au lieu d’être soumis à l’impôt sur les sociétés.


Finalement, la solution n’est pas du côté de la réduction des dépenses publiques, ni du côté de la règle d’or proposée par les grands coqs de l’Europe mortifère (France-Allemagne), si tant est que cette règle puisse tenir compte des différentes spécificités nationales et des diverses assiettes fiscales… Car grossièrement, ce sont encore les pauvres qui vont payer pour rééquilibrer les finances déstabilisées par les riches. On avait déjà vu cela lorsque le peuple devait porter le poids du refinancement gratuit des banques par les États… On entend que les impôts sont liberticides, pompent les travailleurs comme une sangsue suce le sang d’une proie, mais, à moins que les peuples indignés ne s’organisent mondialement en autogestion socialiste, l’impôt direct et progressif, est le prix du tandem égalité-liberté d’accès aux services publics.


En conclusion, si la politique fiscale de l’État continue à favoriser les classes sociales les plus riches par l’entremise des niches fiscales et des défiscalisations outrancières, c’est que cela constitue un argument de taille : dire que la dette publique augmente, que les recettes fiscales diminuent sans en expliquer la cause, permet de délégitimer la gestion des entreprises de première nécessité (éducation, santé, transports, etc.) par l’État, de privatiser, en somme. Cela permet aussi de conserver un électorat de riches qui œuvreront au service des riches. Le gouvernement des riches, pour les riches et par les riches : chic, les néolibéraux ont réinventé la démocratie.


Samuel Moleaud

http://sam-articles.over-blog.com

Sources :

(1) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/ne-galvaudons...

(2) Attac, Pour un « Big Bang fiscal », Le bord de l’eau, 2010, p71.

(3) Ibid., p74.

(4) Ibid, p58.

(5) Ibid, p58.

(6) Ibid. pp 61-63.

(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_de_solidarit%C3%A9_s...

(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9l%C3%A8vements_obligato...

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http://www.legrandsoir.info/impots-et-fiscalite-comment-les-riches-detruisent-l-etat.html
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