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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 06:22

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/05/14/ea7663be-4070-11de-8924-4a6383e854a5.jpgDeux siècles après l’abolition de l’esclavage, une abominable pratique revient : la traite de personnes. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime que, dans le monde, plus de 12 millions d’êtres humains sont soumis à l’exploitation de leur force de travail contre leur gré et dans des conditions inhumaines.

S’agissant de femmes, la plupart d’entre elles sont victimes d’exploitation sexuelle, tandis que beaucoup d’autres sont spécifiquement asservies dans le service domestique. C’est aussi le cas de personnes jeunes et en bonne santé qui, sous divers prétextes, se retrouvent piégées, privées de leur liberté, et dont les corps servent de matière première pour alimenter le trafic illégal d’organes humains.

Mais la traite s’étend de plus en plus à la capture de personnes qui subissent une exploitation de leur force de travail dans des secteurs de la production particulièrement demandeurs de main d’œuvre bon marché : l’hôtellerie, la restauration, l’agriculture et le bâtiment.

A ce thème précis, la traite des travailleurs-esclaves, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a consacré, à Vienne (Autriche), les 20 et 21 juin dernier, une Conférence internationale avec la participation d’autorités politiques, d’institutions internationales, d’ONG et de nombreux experts [1].

Bien que le fléau soit mondial, plusieurs intervenants y ont souligné que le chancre du travail esclave se répand au sein même de l’Union européenne. Le nombre de cas révélés par les medias, de plus en plus nombreux, ne constitue en fait que la pointe de l’iceberg. Les organisations syndicales et les ONG estiment qu’il y a, actuellement, en Europe, des centaines de milliers de travailleurs soumis à l’exécration de l’esclavage [2].

En France, en Espagne, en Italie, aux Pays Bas, au Royaume Uni, au Danemark et dans d’autres États de l’Union européenne, de nombreux migrants étrangers, attirés par le mirage européen, se retrouvent dans la nasse de réseaux mafieux qui les contraignent à travailler dans des conditions semblables à celles de l’esclavage d’ antan. Un rapport de l’OIT a révélé que, en Italie du sud par exemple, quelque 1 200 manœuvres étaient forcés de travailler plus de 12 heures par jour dans des serres agricoles, sans contrat de travail et pour des salaires de misère. Ils vivaient confinés dans des conditions concentrationnaires, sans autorisation de sortie et surveillés militairement par des milices privées.

Ces "camps de travail forcé" se multiplient. On a découvert, par exemple, dans une autre région, des centaines de migrants polonais exploités de la même façon, parfois à mort. Essentiellement pour la collecte de tomates. Leurs "maîtres" les maintenaient dans une totale clandestinité. Ils avaient confisqué leurs documents et n’hésitaient pas à les maltraiter pour obtenir un rendement plus élevé. Plusieurs travailleurs sont d’ailleurs morts d’épuisement ; d’autres sont décédés sous les coups. Certains, par désespoir, ont fini par se suicider.

Cette situation concerne des milliers de migrants sans papiers, victimes de négriers modernes dans l’ensemble des pays de l’UE [3]. Selon plusieurs syndicats, le travail clandestin dans le secteur agricole européen représente presque 20% de l’ensemble de l’activité [4].

Le modèle économique dominant porte une lourde responsabilité dans la prolifération de la traite des travailleurs esclaves. En effet, la mondialisation néolibérale - qui s’est imposée au cours des trois dernières décennies au moyen de thérapies de choc aux effets dévastateurs pour les catégories les plus fragiles de la population - a favorisé une compétition féroce entre le capital et le travail. Au nom du libre-échange, de grands groupes multinationaux fabriquent et vendent dans le monde entier. Avec une particularité : ils produisent là où la main d’œuvre est la moins chère, et vendent là où le pouvoir d’achat est le plus élevé. De cette façon, le nouveau capitalisme érige la compétitivité en principale force motrice des sociétés, et établit, de fait, la mercantilisation du travail et des travailleurs.

En délocalisant leurs centres de production à l’échelle mondiale, les entreprises multinationales mettent en concurrence les salariés de toute la planète. Sans distinction. Avec un objectif principal : minimiser les coûts de production et faire baisser les salaires. Au sein de l’Union européenne, cela déstabilise le marché du travail, ronge les acquis sociaux des travailleurs et dégrade les salaires.

La mondialisation, qui offre de si formidables opportunités à quelques uns, représente pour la plupart des autres, en Europe, une compétition sans limites et sans scrupules entre les salariés, les petites entreprises et les modestes exploitants agricoles du Vieux Continent, et leurs équivalents mal payés et exploités de l’autre bout du monde. C’est ainsi que se met en place, à l’échelle planétaire, un immense dumping social.

En termes d’emploi, le bilan est désastreux. Ainsi, en France, au cours des deux dernières décennies, ce dumping a causé la destruction de plus de deux millions d’emplois dans le seul secteur industriel. Sans parler des pressions à la baisse sur l’ensemble des salaires.

Dans un tel contexte de concurrence déloyale, certaines activités qui connaissent, en Europe, une carence de main d’œuvre chronique ont tendance à faire appel à des travailleurs en situation irrégulière. Cela encourage l’importation de migrants sans papiers, introduits dans les pays de l’Union par des réseaux de trafiquants clandestins qui peuvent les contraindre au travail esclave. Plusieurs rapports officiels évoquent clairement la "vente" de travailleurs agricoles migrants [5].

Dans le secteur du bâtiment, des travailleurs extracommunautaires, sans papiers, se trouvent sous le contrôle de bandes spécialisées dans la traite de personnes, et sont "loués" à des entreprises allemandes, italiennes, britanniques o grecques. Ces travailleurs esclaves sont parfois forcés par les bandes que les exploitent à rembourser leurs dépenses de voyage, d’alimentation et de logement dont le total est en général supérieur au salaire qu’ils perçoivent. De sorte que, assez vite, par le biais du système de la dette, ils deviennent la "propriété" de leurs exploiteurs [6].

Malgré l’existence d’un important arsenal juridique qui sanctionne de tels crimes, et les multiples déclarations publiques de hauts responsables qui condamnent ce fléau, il faut constater que la volonté politique de mettre fin à ce cauchemar est faible. En réalité, les grands patrons de l’industrie et du bâtiment ainsi que les grands exploitants agricoles poussent sans cesse les pouvoirs publics à fermer les yeux sur les activités criminelles des réseaux d’importation de migrants illégaux. Les travailleurs sans papiers constituent une main d’œuvre abondante, docile et très peu chère. Une réserve presque inépuisable dont la présence sur le marché du travail européen contribue à calmer les ardeurs revendicatives des travailleurs et des syndicats.

Le patronat européen a toujours été partisan d’une immigration massive. Et toujours pour la même raison : faire baisser les salaires. Les rapports de la Commission européenne et ceux de Business Europe (le patronat européen) réclament, depuis des décennies, toujours plus d’immigration [7]. Las patrons n’ignorent pas que plus l’offre de main d’œuvre bon marché est abondante, plus les salaires sont tirés vers le bas.

C’est pourquoi ce ne sont plus seulement les négriers modernes qui exploitent les travailleurs esclaves ; désormais se met en place une sorte de "traite légale". Pensons, par exemple, à ce qui s’est passé en février dernier en Italie dans le secteur de l’industrie automobile. Le groupe Fiat a placé ses salariés italiens devant le chantage suivant : ou bien ils acceptaient de travailler plus, dans de pires conditions et avec des salaires réduits, ou alors les usines seraient délocalisées en Europe de l’est.

Confrontés à la perspective du chômage, et terrorisés par les conditions existantes en Europe de l’est où les ouvriers sont prêts à travailler même les week-ends pour des salaires de misère, 63% des travailleurs de Fiat votèrent en faveur de leur propre exploitation... [8]

Au sein de l’Union européenne, et dans le contexte actuel de crise et de généralisation de politiques d’austérité, beaucoup de patrons rêvent de se livrer à cette même "traite légale". En vertu des facilités que leur offre la mondialisation, ils menacent leurs salariés de les mettre en concurrence sauvage plus directement encore, s’ils n’acceptent pas des conditions d’exploitation plus dures, avec la main d’œuvre surexploitée de pays lointains.

Peut-on éviter cette régression sociale ? Oui. En questionnant radicalement le fonctionnement actuel de la mondialisation. Et en commençant sans plus attendre à démondialiser.

 

Publié sur le site de Mémoires des luttes : http://www.medelu.org/

 

 

Notes

[1] Sous le titre : « Prévenir la traite des êtres humains à des fins d’exploitation au travail : travail décent et justice sociale  », la Conférence fut organisée par la Représentante spéciale et Coordinatrice de la lutte contre la traite des êtres humains, Maria Grazia Giammarinaro, et son équipe, dans le cadre de l’Alliance contre la traite des personnes. http://www.delegfrance-osce.org/spip.php ?article419

[2] Lire le rapport : Combating trafficking as modern-day slavery : a matter of rights, freedom and security, 2010 Annual Report, OSCE, Viena, 9 décembre 2010.www.osce.org/cthb/74730

[3] Cf. Christophe Ventura, Immigrés dans les rets de la mafia calabraiseLe Monde diplomatique, novembre 2010.

[4] Lire le rapport : The Cost of coercion, OIT, Genève, 2009.http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/press-and-media-centre/press-releases/WCMS_106219/lang—en/index.htm

[5] Cf. Roger Plant, Forced Labour : Global Perspectives and Challenges, Dublin, octobre 2009. http://www.ilo.org/sapfl/Informationresources/Speeches/lang—en/WCMS_114405/index.htm

[6] Cf. Ne jamais travailler seulSyndicats et ONG unissent leurs forces pour combattre le travail forcé et la traite des êtres humains en Europe, Confédération syndicale internationale, Bruxelles, février 2011. http://www.ituc-csi.org/ne-jamais-travailler-seul.html

[7] Lire, par exemple, Walter Nonneman, European Immigration and the Labor Market , Migration Policy Institute, Washington, 2007.

[8] Cf. Pascual Serrano, "Fiat, el grand salto hacia atrás", Le Monde diplomatique en español, Valence, février 2011.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 15:00

 

D’un côté l’Europe et le FMI affament les Grecs, de l’autre leur gouvernement achète des armes à tour de bras. La Grèce est aujourd’hui le quatrième importateur au monde dans ce domaine. Ses principaux fournisseurs sont les États-Unis, la France et l’Allemagne. Ainsi, la France a vendu à la Grèce des mirages pour 1,6 milliards d’euros (sans parler de frégates et d’hélicoptères). L’Allemagne lui a vendu six sous-marins pour 5 milliards d’euros. Les États-Unis ont, quant à eux, poussé les Grecs à se surarmer en continuant à armer les Turcs.

 

 L’Allemagne donneuse de leçons (pas qu’en matière de concombres avariés) contribue depuis des années à la croissance de la dette publique grecque. La mauvaise gestion de l’État, les détournements de l’aide en provenance de l’Union Européenne (certaines sources parlent d’un tiers de cette aide qui disparaît vers des comptes numérotés) ne sont pas un mythe. Ils servent surtout à polariser la culpabilité sur le pays seul.

 

De 2000 à 2010, les banques ont prêté 150 milliards d’euros à la Grèce dont 10 milliards pour des achats d’armes. Les banques françaises détiennent 15% de la dette publique grecque. La Grèce consacre proportionnellement deux fois plus d’argent que la France pour sa défense nationale. On peut dire que ce pays n’a été “ aidé ” par les pays puissances occidentales qu’à la condition expresse d’honorer tous ses engagements pris en matière d’achats d’armements.

 

Les prêts énormes consentis à la Grèce sont totalement disproportionnés par rapport à la vraie richesse du pays. L’argent prêté par les banques étatsuniennes et européennes a été puisé dans les fonds avancés par les États au moment de la crise des subprimes aux fins de recapitalisation. En prêtant à la Grèce, les banques privées ont donc sciemment mis en danger  l’eurozone.

 

Jusqu’en 2009, la Grèce a payé ses fournisseurs. Après 2009, elle a voulu renégocier ses dettes et renoncer à certaines commandes signées. C’est alors que l’Allemagne a haussé le ton. Et c’est pourquoi votre fille est malade.

 

 

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:05

Pas de culture, pas de futur, pas de poubelles.

 

 Je reprends ici un article d’Agnès Catherine Poirier (Télérama n° 3207) sur les effets des réductions budgétaires drastiques en Grande-Bretagne.

 

Concrètement, que signifient, pour les Britanniques, les Français, les Grecs etc., des amputations budgétaires de X milliards d’euros ? Outre-Manche, une bibliothèque municipale sur cinq va fermer. Dans le quartier de Camden, au nord de Londres, histoire d’habituer les lecteurs du coin, la bibliothèque n’est plus ouverte que trois après-midi par semaine. L’idée, dans ce domaine comme dans d’autres, est d’inciter les gens à se prendre en charge, de travailler bénévolement pour leur bien-être. Dans la « Big Society » chère au milliardaire David Cameron, les chômeurs de longue durée seront appelés, pour conserver leurs allocations chômage, à épousseter les étagères des bibliothèques au lieu de perdre leur temps à chercher un vrai travail rémunéré.

 

Dans telle banlieue excentrée londonienne, les éboueurs, qui ne passaient qu’une fois par semaine, ne passeront plus qu’une fois par quinzaine. À la grande joie des rats.

 

S’il est réélu, notre kleiner Mann pourra s’inspirer des idées de son ami David. Je lisais récemment dans une brochure de propagande UMP qu’il ne restait plus que trois pays gouvernés par les socialistes en Europe : l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Ouaf ! Cela dit, on ose espérer que ces dirigeants ne sont pas des phares de pensée pour la Martine, le François et la Ségolène.

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 06:27

On l’a dit et répété : être maître des mots, c’est tenir le monde dans sa main. Comme de nombreux concepts qui nous pourrissent aujourd’hui la vie, celui de “ dépendance ”, tel que Sarkozy et le classe dirigeante française l’affectionnent, vient de l’anglais. « A dependant » est une personne à charge. Cette acception date de la fin du XVIe siècle. On ne parle plus des vieux (années cinquante), des croulants (années soixante), des seniors (années quatre-vingt), mais des dépendants.

 

Attention : ce terme est un SCUD. Tiré par la grande bourgeoisie européenne dans une attaque concertée contre les peuples dans le cadre d’expériences locales à visées continentales. Naomi Klein  nous a remarquablement expliqué dans La stratégie du choc ; le capitalisme du désastre (link) l’utilisation par la classe dominante de la sidération, de la technique du coup de massue pour tuer un papillon afin d’imposer dans l’angoisse des mesures au seul profit de l’actionnariat et de la finance internationale. Depuis des années, le Royaume-Uni sert de laboratoire en vue de la privatisation totale des universités, l’enseignement supérieur étant devenu une annexe du ministère du Commerce. La Grèce sert de laboratoire pour la privatisation brutale de l’État.

 

Les instances européennes ont chargé la France du dossier de la dépendance (link). Il n’y avait aucune urgence à cela, ni démographique, ni même comptable (la seule urgence étant d’enrichir le frère et les amis de Notre Président : Malakoff-Médéric). Le rôle des relais idéologiques de notre kleiner Mann est de nous persuader de la légitimité et de l’urgence de transférer vers le privé tout ce qui relève de la protection sociale publique. Un exemple récent : Le Monde a publié un encart publicitaire pleine page de l’association d’extrême droite Sauvegarde Retraites (link). L’objectif principal de cette association est de tirer à boulets rouges et sans relâche sur les retraités « privilégiés » de la Fonction publique française, quand elle ne félicite pas Obama pour avoir suspendu l’alimentation des caisses de retraite de ses propres civil servants.

 

Comme l’expriment les indignados espagnols, on nous pisse dessus, puis on dit qu’il pleut. On privatise la Poste, on diminue de manière drastique le nombre de fonctionnaires de cette ancienne administration, et l’on “ découvre ” qu’il manque huit millions d’euros pour payer les retraites des postiers. Donc qu’il faut faire appel au privé. Autre exemple : jusqu’à tout récemment, la taxe sur les poids lourds était perçue par les douaniers. Sarkozy vient de décider, en réinventant les fermiers généraux, qu’elle serait perçue par une société privée. Il va donc supprimer des postes de douaniers, ce qui obérera leur caisse de retraite.

 

On bourre le crâne des Français avec l’antienne mensongère des caisses vides et de l’armée de centenaires voraces et increvables, tueuse du bien-être de nos enfants. Comme pour la RGPP et la “ réforme ” des services de santé, l’idéologie à l’œuvre est la fin de la solidarité, nécessaire à l’épanouissement des opérateurs privés. Souvenons-nous de la pitoyable prestation de Jean Rochefort pour Amaguiz (link). Ce qu’impliquait cette pub, c’était bel et bien la fin d’une collectivité solidaire dans la souffrance. Je veux une assurance pour les cors aux pieds, rien de plus car, pour le reste, je pète la forme. Pensons également au slogan récent « Les oreilles n’ont pas de lunettes » : je paie pour ma myopie et mort aux sourds. C’est pourquoi l’on voit désormais de jeunes salariés (y compris des enseignants) refusant de payer pour les enfants qu’ils n’ont pas (encore).

 

L’idéologie dominante nous présente désormais le gain d’espérance de vie comme une catastrophe dont le seul remède serait la prise en charge uniquement par les intéressés et leurs familles et le désengagement de l’État.

 

Le rapport parlementaire Rosso-Debord s’est donc attaqué à la prise en charge de la perte d’autonomie. Ce texte préconise trois “ réformes ” d’importance :

 

-         l’exclusion du champ de l’Aide Personnalisée à l’Autonomie (APA) de 44% des bénéficiaires actuels, c’est-à-dire des personnes qui ne sont relativement autonomes qu’à l’intérieur de leur logement. L’APA provient du tristement célèbre Lundi de Pentecôte et de la contribution des départements.

 

-         le recours sur succession à partir de 100000 euros de patrimoine (un petit appartement), ce qui réduit l’APA à un simple prêt pour une grande majorité des bénéficiaires.

 

-         La souscription d’une assurance dépendance obligatoire à partir de 50 ans (ce qui est en contradiction avec la logique du discours de la “ réforme ” des retraites selon lequel, à 60 ans, on est encore un jeunot qui a de belles années de travail devant lui). N’en déplaise à Charlotte Rampling qui a prêté (vendu) son concours à une publicité pour Allianz, les assureurs privés exigent un délai de carence d’un an au minimum durant lequel ils n’interviennent pas quand l’assuré devient dépendant (et a peut-être la bonne idée de passer l’arme à gauche).

 

 

En refusant d’aider les moins atteintes des personnes âgées, la classe dirigeante sera responsable de l’aggravation de leur état de santé. Les économies seront donc à très court terme, mais pas la souffrance physique et mentale des intéressés. La classe dirigeante établit par ailleurs que la dépendance n’est qu’un problème lié à l’âge dont les personnes âgées doivent seules supporter le coût. Il faut garder à l’esprit que le handicap et la perte d’autonomie, comme la maladie peuvent frapper à n’importe quel âge. Leur prise en charge doit rester à la charge de la solidarité nationale dans le cadre de la Sécurité sociale. Il faut noter que la rente assurancielle privée actuellement prévue est de 1000 euros par mois maximum en cas de dépendance totale contre 1224 euros pour l’APA qui, de plus, offre une aide personnalisée, même en cas d’autonomie partielle.

 

La perte d’autonomie coûte 25,7 milliards d’euros, la Sécurité sociale maladie 15,6 milliards, les aides publiques sont de 10,1 milliards. Reste à la charge des malades environ 8,4 milliards d’euros. Au lieu d’être apportée par la solidarité nationale, la moitié des 10 milliards d’aides publiques vient des départements, donc des impôts locaux (qui ne sont pas justes), ce qui instaure l’inégalité entre départements riches ou pauvres.

 

Pour l’instant, le gouvernement a reculé sur la suppression de l’aide aux moins atteints et sur l’obligation d’une assurance privée. Il est resté sur ses positions quant au recours sur succession et à l’alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs (au nom de l’équité, bien sûr). Plusieurs personnalités de droite ont proposé un deuxième lundi de Pentecôte (assuré, comme le premier, par les salariés uniquement). Pourquoi s’arrêter en si bon chemin : au temps de seigneurs, les serfs donnaient un jour sur dix à leur bon maître. Cela s’appelait la corvée, que les révolutionnaires ont abolie le 4 août 1789.

 

En 2009, les assurances privées chères à Rochefort et Rampling ont gagné 275,4 millions d’euros grâce à la dépendance. Un début prometteur. Ces compagnies sont actuellement à la tête d’un magot de 3 milliards d’euros qui ont échappé en toute légalité à la solidarité nationale.

 

Pour terminer, deux chiffres qui n’ont rien à voir, mais tout se tient : en 2009, les niches fiscales ont représenté 50 milliards d’euros, et l’évasion du même nom 75 milliards.

 

 

Note réalisée à l'aide de travaux de la FSU et de la CGT

 

  http://bernard-gensane.over-blog.com/

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 06:00

Pierre Just Marny est incarcéré depuis 45 ans. Est-ce parce qu’il est Antillais qu’il n’a pas fait l’objet d’une mesure d’élargissement alors que, par exemple, Lucien Léger (l’assassin d’un enfant de 11 ans, qui avait défié la police et la justice en annonçant d’autres crimes à venir) fut libéré après 41 ans de prison en 2005 ?

 

Marny est condamné en 1963 à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour une affaire de vol. Il profite d’une permission pour s’enfuir et se mettre à la recherche de ses anciens complices qu’il soupçonne de l’avoir balancé.

Le 2 septembre 1965, il tue trois personnes et en blesse quatre entre Schœlcher et Fort-de-France. Il est interpellé le 8 septembre. Il s’enfuit de la prison de Fort-de-France le 10 octobre. Il est repéré le 19 octobre. Il reçoit des gendarmes une rafale de balles dans l’abdomen. Une partie de la population de l’île se soulève en sa faveur. Trois jours d’émeute occasionnent un mort et quarante blessés.

Le 27 septembre 1969, la cour d’assises de la Seine le condamne à perpétuité. Il tente de s’évader et blesse gravement un gardien. Il est alors placé en unité psychiatrique spéciale à Montfavet où il restera jusqu’en février 2007 avant d’être replacé en détention normale en Martinique. Ses codétenus accueillent triomphalement un homme diminué car presque aveugle.

L’association Agir Sans Voir a proposé de le prendre en charge si une mesure de libération conditionnelle lui était accordée.

La justice lui a accordé une permission exceptionnelle de quatre heures pour se rendre dans sa famille.

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 06:16

Venance Konan est un journaliste et écrivain ivoirien. C'est un esprit libre. Dans le texte qui suit, il explique sa grand désillusion à l'égard de Laurent Gbagbo. Il n'a jamais été un adversaire acharné de l'ancien universitaire, mais il s'est à jamais éloigné de lui à cause de faits qu'il n'a cessé de dénoncer, au péril de sa vie, en exerçant son métier de journaliste.


 

Laurent Gbagbo, qu’as-tu fait de ta présidence? 

 

Laurent, ta tragédie, notre tragédie, c’est que tu n’as pas pris la mesure du rôle que le destin t’avait confié en te portant à la tête de la Côte d’Ivoire. Tu n’as vu du pouvoir que le côté jouissif. 


Je suis venu, Laurent. Je suis venu à notre rendez-vous. Je te trouve plus détendu, plus reposé. Plus apaisé, je dirais. Je sais que tu avais demandé comme faveur à Guillaume Soro de ne pas te garder dans la même maison que Simone. Je te comprends. Tu voulais échapper à son envoûtement. Tu avais effectivement l’air d’avoir été envoûté, tant ton comportement des ces derniers mois était irrationnel.

Mais tu sais que je ne crois pas beaucoup à l’histoire du gentil Laurent qui aurait été ensorcelé par la méchante Simone (link). Simone et toi formiez les deux côtés de la même pièce. Tu n’aurais jamais réussi à être le leader de l’opposition ivoirienne sans elle. Et tu ne serais pas non plus parvenu au sommet de l’État sans elle. Vous formiez une paire inséparable. Tout ce qui s’est passé, vous l’avez voulu ensemble. Et tu étais autant un « socialiste non pratiquant », comme tu te définissais toi-même, qu’un chrétien non pratiquant. Sinon tu n’aurais pas épousé une seconde femme – musulmane de surcroît. On est d’accord?

Laurent, le jeudi dernier, le 14 avril, j’ai participé à une vidéoconférence avec des politiciens à Kinshasa. Un député congolais a dit qu’il trouvait scandaleuses les images qu’il avait vues de toi et de Simone, presque déshabillés, humiliés (link), avilis. Il a dit qu’en Afrique, on ne déshabille pas en public le chef, même s’il ne l’est plus, et encore moins sa femme. Je lui ai dit qu’il avait totalement raison, et que j’avais aussi eu honte en voyant ces images ici, en France, où tu m’as contraint à me réfugier (link). Tu t’en souviens ? Non ? Laisse tomber, tu sais que je ne suis pas rancunier.

J’ai cependant précisé à ce député que celui qui a déshabillé le chef, violenté et humilié sa femme, tué le ministre Désiré Tagro, c’est toi, Laurent. C’est toi le responsable de toute cette tragédie. Tu croyais vraiment que tu allais te battre contre le monde entier et en sortir vainqueur ? C’est Simone et ses pasteurs qui t’avaient dit cela ? Et tu y as cru ? Toi aussi, Laurent ! Je comprends pourquoi tu ne peux plus la voir en peinture. Tu sais bien que n’eut été la mansuétude de tes actuels geôliers – mansuétude que tu n’aurais certainement pas eue – toi et les tiens seriez des hommes et des femmes morts aujourd’hui. Mais tu es toujours vivant, et c’est là l’essentiel.

Laurent, lorsque tu es arrivé au pouvoir, tu avais dit que tu voulais le désacraliser. Nous t’avions dit que c’était une erreur, car le pouvoir a justement un côté sacré qu’il faut toujours préserver. Je t’avais dit que tu avais tort de t’arrêter dans la rue pour manger de la banane braisée que vendent nos femmes sur les trottoirs. Tu voulais faire « peuple ». Mais en fin de compte, tu as bien désacralisé le pouvoir. Or c’était toi qui l’incarnais. Tu t’es donc désacralisé. Es-tu étonné que ta carrière politique s’achève ainsi, sur cette image de toi en maillot de corps, t’essuyant les aisselles avec une serviette, et de ta femme, qui fut la plus puissante de notre pays, échevelée, brutalisée et humiliée par des soudards?

Laurent, quelle histoire ! Quelle histoire ! Que s’est-il donc passé pour que toi, qui nous fis rêver lorsque nous étions étudiants, toi qui fus l’un des pères de notre démocratie, tu finisses ainsi ? As-tu remarqué que personne dans le monde ne te plaint ? Personne. Sauf pour des questions de principes, comme le député congolais qui estimait qu’un chef, même déchu, devait être traité avec des égards. Laurent, tu as tout le temps maintenant de méditer sur ton passage à la tête de notre pays. Je vais t’y aider.

Laurent, ta tragédie, notre tragédie, c’est que tu n’as pas pris la mesure du rôle que le destin t’avait confié en te portant à la tête de la Côte d’Ivoire. Tu n’as vu du pouvoir que le côté jouissif. Et toute la formidable habileté politique que tes adversaires sont obligés de te reconnaître n’aura servie qu’à préserver ton pouvoir, juste pour en jouir. Juste quelques exemples parmi mille, Laurent.

Quel besoin avais-tu au moment où tu disais que ton pays était en guerre, de t’exhiber devant les caméras de la télévision dans une Mercedes Maybach, présentée en Côte d’Ivoire comme la voiture la plus chère du monde, de te promener sur un yacht sur la lagune Ebrié en compagnie des certains de tes ministres, de nous dire que tu as été soigner tes dents au Maroc, d’emmener Jack Lang rue Princesse, la rue de nos perditions, nous qui étions la lie de ta société?

Réalises-tu aujourd’hui que tu te conduisais comme un nouveau riche, comme un « brouteur », c’est-à-dire un de ces jeunes gens qui escroquent des naïfs sur Internet et vont flamber leurs gains dans les maquis et boîtes de nuit, s’achètent des habits très chers, des voitures de luxe, tout juste pour épater les copains et copines ? Tu n’avais pas compris, Laurent, que le pouvoir est avant tout servitude. Oui ; être au pouvoir, c’est être au service d’un peuple, d’une vision. Quelle était donc ta vision, Laurent ?

Tu ne parlais que de ton projet de société qui se résumait à l’assurance maladie universelle pour les Ivoiriens, à la décentralisation, et à l’école gratuite. C’était un peu court comme vision, Laurent. C’est beaucoup plus tard, lorsque tu as été confronté aux difficultés que tu as sorti de ton chapeau la lutte pour la dignité de ton peuple, pour sa vraie indépendance. Mais si tant est que c’était ta vision, qu’as-tu fait pour la transformer en réalité ? Ce n’est pas à toi l’enseignant que j’apprendrai que pour donner sa dignité à un peuple, pour le libérer de la domination, il faut le mettre au travail, lui enseigner des valeurs simples telles que la probité, le goût du travail.

Qu’as-tu fait de l’école, Laurent ? Tu sais bien que tu ne peux parler d’indépendance tant que tu n’as pas un peuple bien formé, bien outillé pour appréhender le monde qui l’entoure, sa technologie, sa science. Qu’as-tu fait de l’école ? Tu l’as livrée à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, la Fesci, qui l’a saccagée. Cet ancien syndicat estudiantin s’est transformé en une mafia  qui tuait, rackettait, violait, et tu la protégeais (link).

Je comprends ta logique Laurent. C’est en manipulant l’école que tu as pu faire trembler le pouvoir d’Houphouët-Boigny, le « père » de la Côte d’Ivoire, qui a régné de 1960 à 1993, que tu as fini par faire tomber ceux d’Henri Konan Bédié et de Robert Guéï (link). Tu sais que ta véritable opposition ne pouvait venir que de l’école. Alors tu as donné carte blanche à la Fesci pour qu’elle étouffe toute contestation venant de l’école. Elle a donc tué ceux des étudiants qui voulaient créer des syndicats concurrents. Te souviens-tu du jeune Habib Dodo, pendu par ses camarades sur le campus (link), sans qu’aucun de tes procureurs si prompts à poursuivre les journalistes qui selon eux offensaient dans leurs écrits ton auguste personne ne trouve matière à ouvrir une enquête ?

Tu as également donné carte blanche aux jeunes désœuvrés pour qu’ils étouffent aussi toute contestation qui viendrait de la rue. En 2001 déjà, lorsque des femmes ont pris les rues du Plateau pour aller se plaindre du coût élevé de la vie, elles ont été battues par ceux que l’on appelle les « Sorbonnards ». Et ces derniers avaient été reçus par ton Premier ministre Affi N’Guessan, qui les a félicités pour le bon travail qu’ils avaient accompli.

Tu as donc tué l’école pour protéger ton pouvoir. Par quoi l’as-tu remplacée ? Par ce que vous appeliez des « agoras » et des « parlements », et que vous aviez installés dans tous les quartiers, dans toutes les villes. A quoi servaient-ils? A quadriller tous les quartiers et repérer tous tes opposants, et à distiller la haine, les mensonges. Et puis tu as laissé se développer les maquis, les bars, les lieux de débauche. Quelle ville de ton pays n’avait pas sa « rue Princesse », ces rues occupées par des maquis bruyants, où les jeunes filles n’ont pas d’autre choix que d’aller se prostituer ? Bon nombre de tes proches étaient d’ailleurs propriétaires de ces lieux. Ainsi, plutôt que de former ta jeunesse pour qu’elle se prenne en charge, pour qu’elle se libère, tu as choisi de l’abrutir. Et tu y es parvenu.

Ayant fermé toutes les sources de contestation de ton pouvoir, tu t’es livré à ses délices. D’abord l’argent. Parlons-en. Tu te plaignais du temps de Bédié qu’il se soit octroyé des fonds de souveraineté à hauteur de 15 milliards de francs CFA par an (22,8 millions d’euros). Toi tu as commencé à 27 milliards, pour dépasser les 70 milliards à la fin de ton règne (106,7 millions d’euros). Les fonds de souveraineté, ce sont les fonds que le chef d’Etat chez nous pouvait s’octroyer sans avoir à en justifier l’utilisation.

Et puis tu as laissé tous tes proches voler autant qu’ils pouvaient. Vous appeliez cela « la mise à niveau ». Il fallait que vous soyez aussi riches que ceux qui avaient gouverné le pays pendant plus de trente ans. Et ça, pour vous enrichir, vous vous êtes bien enrichis. En narguant le peuple. L’argent du cacao, du pétrole, de la drogue, de tous les trafics possibles – rien ne vous a échappé. Interrogé sur l’enrichissement impudique des tiens, tu avais répondu à la télévision :

« La roue tourne. Il y avait des gens qui n’avaient rien et qui sont devenus brusquement riches. C’est pareil aujourd’hui. Mais il n’y a pas que mes proches qui volent. »

Te souviens-tu de ces paroles, Laurent ? Je ne parlerai pas de la luxure dans laquelle toi et les tiens vous vautriez et qui faisaient les gorges chaudes dans les maquis d’Abidjan, de la dépravation des mœurs que tu cautionnais, les concours vendus aux plus offrants, l’impudicité érigée en mode de gouvernement, l’enrichissement de certains de tes proches sur les mortels déchets toxiques. Es-tu vraiment étonné que tout cela se termine de cette façon ?

Finalement, qu’as-tu laissé comme trace au bout de tes dix ans de pouvoir ? Tu n’as pas construit une seule école, une seule université, un seul hôpital. Juste des monuments hideux que ton peuple s’est empressé de détruire dès que tu as chuté. Je sais, tu as toujours dit que c’était la faute à la guerre. Parlons donc de cette guerre.

Je t’ai toujours dit que l’une des premières responsabilités du chef d’un État est d’en assurer la sécurité. C’est d’ailleurs pour cela que l’on met à sa disposition une armée. Qu’as-tu fait pour éviter cette guerre, Laurent ? Allons à sa racine. Tu es arrivé au pouvoir dans ton pays au moment où il était déchiré entre le Nord et le Sud. Certains soldats nordistes qui avaient fait le coup d’Etat avec Robert Guéï étaient pourchassés par ce dernier. Tout ce que l’on te demandait, à toi, le nouveau président de la Côte d’Ivoire, c’était de les réconcilier.

Qu’avais-tu à maintenir les poursuites engagées par Guéï ? Qu’avais-tu à empêcher Alassane Ouattara d’être candidat aux législatives ? Pourquoi as-tu laissé tes gendarmes et policiers tuer et violer les partisans de Ouattara ? Pourquoi n’as-tu pas entériné les conclusions du Forum de réconciliation (link) que tu avais toi-même convoqué, et qui te demandait de donner un certificat de nationalité à Ouattara et de revoir la Constitution ? Pourquoi as-tu continué la chasse aux Nordistes, à refuser de leur reconnaître leur citoyenneté ivoirienne ?

Alors, pourquoi viens-tu jouer à l’étonné lorsque des gens de ce Nord prennent les armes contre toi ? En février 2001, tu avais subi une première attaque que tu avais réussi à repousser. Comment peux-tu te laisser surprendre en septembre 2002, quand tout le monde en Côte d’Ivoire savait qu’il y avait des déserteurs de ton armée qui se préparaient au Burkina Faso ? Ton ministre de l’Intérieur de l’époque, Boga Doudou n’avait-il pas dit qu’il savait exactement dans quels bars ils allaient boire, à quels feux rouges ils s’arrêtaient ? Blaise Compaoré t’a-t-il, oui ou non, dit de trouver le moyen de faire rentrer chez toi tous les déserteurs de ton armée qui se trouvaient chez lui ?

Alors dis-nous, une bonne fois pour toutes : comment as-tu pu te laisser surprendre ? Je suis désolé Laurent, mais cette guerre que tu as toujours invoquée pour justifier tous tes abus, tous tes manquements, toutes tes carences, c’est toi qui l’as voulue. Ne l’aurais-tu pas voulue par hasard pour te débarrasser de tes adversaires politiques ? Robert Guéï est mort. Ouattara et Bédié n’ont eu la vie sauve que par miracle. Ne l’aurais-tu pas aussi utilisée pour nettoyer ton propre camp ? Il faudrait qu’un jour tu nous dises la vérité sur la mort de Robert Guéï et Boga Doudou.

Tu justifias tout par la guerre, Laurent. Et pourtant, c’est au cours de cette guerre que Simone et toi vous êtes construit vos palais dans vos villages respectifs, que tu as entrepris d’en construire de nouveaux à Yamoussoukro, aux côtés de ceux qu’Houphouët-Boigny avait laissés et que tu avais abandonnés, que tu étalais ta richesse, que tu offrais des dizaines de rutilantes voitures aux membres de ta famille à la veille de la nouvelle année.

Parlons aussi du sang, Laurent. Il a commencé à couler le jour où tu es devenu président de la République. Et il n’a jamais autant coulé que lors de ces quatre derniers mois de ton pouvoir usurpé. Entre ce début et cette fin, combien de morts, Laurent ? Le charnier de Yopougon, les victimes de tes escadrons de la mort, les personnes assassinées par ton Cecos, ton Centre de commandement des opérations de sécurité, les opposants tués en mars 2004, les victimes de la rébellion, les victimes de tes bombardements sur Bouaké et Korhogo, les morts du carrefour de la Radio télévision ivoirienne… Laurent, auraient-ils donc raison, ces Ivoiriens qui disent que tu tenais ton pouvoir d’une sorte de génie maléfique qui avait toujours besoin de boire du sang ?

Je te laisse, Laurent. Je te laisse à ta conscience. Interroge-la, maintenant que tu es en train de retrouver la paix de ton âme. Elle te dira peut-être ce que tu devrais faire pour obtenir le pardon de ton peuple et de l’Histoire. Tiken Jah Fakoly a dit que les Ivoiriens ne sont pas méchants, mais qu’on les a rendus méchants. C’est toi qui les as rendus méchants. Maintenant qu’ils vont redevenir eux-mêmes, ils pourraient peut-être te pardonner. C’est à toi de savoir quoi faire. Puisque Simone est loin de toi maintenant.


 

http://www.slateafrique.com/auteur/203

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 06:38

http://a34.idata.over-blog.com/300x171/0/51/92/21/baleine_bleue.jpg

 

QUEL EST LE PLUS GROS OBJET QU'UNE BALEINE BLEUE PEUT AVALER ?

 

Je vous aide :

 

- Un champignon de l'Oregon

 

- Une Twingo

 

- Un pamplemousse

 

- DSK

 

Raté : le pamplemousse, bien sûr. La gorge de la baleine est plus petite que le pavillon de son oreille et légèrement plus grande que son nombril. Donc plus petite que la plume de ma tante.

 

Huit mois par an, les baleines bleues ne mangent pratiquement rien. Elles se font péter la sous-ventrière durant quatre mois (trois tonnes de nourriture par jour). Des petits crustacés, le krill (d'un mot néerlandais signifiant "friture"), qui a la bonne idée de se balader en bancs de 100.000 tonnes.

 

Jonas repassera. Il aurait pu être avalé par un cachalot mais n'aurait pas survécu bien longtemps à cause de l'acidité de l'estomac de la bête.

 

Les plus gros exemplaires de baleine bleue ont un poids équivalent à celui de 2700 humains. Leur langue pèse aussi lourd qu'un éléphant. Leur cœur a la taille d'une berline. Le cri de la baleine peut être entendu à 15000 kilomètres de distance par d'autres baleines. Le baleineau prend 3,5 kg chaque heure.

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 06:00

http://www.la-grece.com/img/1234259262-1.jpeg« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison. 
Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes. »

« Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

« Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la 22Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

« Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !
« Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète ! »

« Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les99 dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ? »
« Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.
"Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. » Le Comité Consultatif du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’Etincel » Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis. Athènes, 26 Mai 2011.

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 15:11

http://www.aebk.com/IMG/jpg/im-autoroute.jpg5% d’automobilistes ne paient pas aux péages d’autoroute. Une récente émission de Canal+ nous en montrait une paire à l’œuvre. C’est apparemment fort simple : il suffit de bien se coller à la voiture qui précède et, s’il n’y a pas de forces de l’ordre en vue, on passe tranquillement.

 

Moralement, cette conduite (sic) n’est pas acceptable : ce sont les payeurs qui payent pour les resquilleurs qui peuvent toujours, s’ils estiment que les péages sont trop chers, emprunter les nationales.

 

Ce qui est intéressant, c’est que les deux conducteurs de l'émission de Canal+ plaçaient le problème sur le plan politique en disant qu’ils n’avaient aucun scrupule à frauder des sociétés privées alors qu’ils en auraient à frauder l’État, donc la collectivité.

 

Les autoroutes ont été privatisées par Jospin et Villepin. Jospin qui on le sait, n’a jamais existé (link) et Villepin qui, incessamment sous peu, n’existera plus. Ce qui est lamentable, c’est que, lorsqu’ils étaient étudiants, ces deux hommes ont appris à respecter l’État, pas à le brader. Ce qui est encore plus lamentable, peut-être, c'est que ces politiques ont cédé aux injonctions des hauts fonctionnaires des Finances. Cela fait belle lurette que ces grand commis de l'État sont en fait des fous furieux du libéralisme dont ils ne peuvent être les victimes parce qu'ils sont protégés par leur statut. Villepin a bradé les autoroutes aux intérêts privés (même Raffarin était contre), faisant perdre des dizaines de milliards d'euros à la collectivité. Ce, sous l'autorité de Chirac, que les journalistes carpettes nous présentent désormais comme un homme de gauche !

 

Parce qu’il est immoral, injuste et meurtrier, le capitalisme libéral engendre la fraude à tous les niveaux : chez les pauvres qui essaient de grappiller des allocs, des aides auxquelles ils n’ont pas forcément droit (mais qu’est-ce que le droit dans ce cas ?), chez les riches à qui sont ouverts des boulevards pour frauder des milliards, et chez les classes moyennes qui ont enfin compris que l’hyperbourgeoisie a programmé leur perte, il y a trente ans de cela.

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 06:00

http://minesdecharbon.20minutes-blogs.fr/photos/02/00/841598279.jpgEn date du mars 2011, la Cour d’appel de Versailles a estimé que « les licenciements de MM. Daniel Amigo, Roger Blisson, Georges Carbonnier... étaient discriminatoires ». 3000 mineurs avaient été condamnés à trois mois de prison ferme et 6000 francs d’amende (représentant six mois de salaire) en 1948 pour fait de grève et « entrave à la liberté du travail ». Charbonnage de France ayant disparu, l’État a été condamné à verser aux plaignants 30000 euros chacun.

 

Contre 15000 grévistes accusés de « communisme », ainsi que d’avoir fomenté une grève « insurrectionnelle » (c’était le début de la guerre froide), le ministre de l’Intérieur socialiste Jules Moch envoya 60000 CRS, dont certains armés de mitraillette. À l’époque âgé de 21 ans, Daniel Amigo fut brisé par ce combat : il se retrouva à la rue sans possibilité de nouvel emploi, les employeurs ayant des consignes pour ne pas reprendre les grévistes. Cette grève fut réprimée avec presque autant de dureté que celle de 1941 par les occupants allemands. « On a été traités comme des malpropres, comme si on avait tué et volé, déclarait récemment Daniel Amigo au micro de Daniel Mermet (“ Là-bas si j’y suis ”, link).

 

Pourquoi cette grève ? En septembre 1947, le ministre socialiste de la production industrielle Robert Lacoste (qui s'illustrera par la suite en Algérie) avait promulgué des décrets que le Conseil des Prud’hommes de Carvin avait déclaré illégaux. Ces décrets supprimaient le salaire garanti et redonnaient aux patrons le droit de déclarer un mineur silicosé ou pas. Lacoste avait été condamné à rembourser les mineurs du puits 10 de Leforest qui s’étaient mis en grève. C’est pour faire appliquer ces décrets illégaux par la force, par la violence, que Moch déchaîna les CRS qui tuèrent le mineur Jansek à coups de crosse. C’est de ce moment précis que date le slogan « CRS SS ». L’État était devenu terroriste. Alors que des Papon étaient blanchis, les mineurs, qui avaient payé un lourd tribu pendant la Résistance, étaient qualifiés de traîtres par le pouvoir.

 

Au micro de Mermet, Norbert Gilmez témoigna : « Ma femme ne supporte plus cette histoire. Notre vie a été gâchée... Elle était enceinte de cinq mois quand nous fûmes expulsés de la cité 7, à Mazingarbe. J'ai vendu ma bicyclette, je me suis couvert de dettes chez les commerçants. Beaucoup d'entre nous peinaient à retrouver du travail, parce que les employeurs de la région refusaient de prendre un licencié de 1948. »

 

Les mineurs obtinrent de nombreux soutiens : le socialiste italien Pietro Nenni, la reine de Belgique (!), les prêtres de la région, des sportifs comme le champion d’Europe de boxe d’Hénin-Liétard Charles Humez.

 

Votée par 90% des travailleurs, la grève était garantie par la Constitution. Mais les socialistes voulaient briser un puissant bastion ouvrier où l’influence communiste était primordiale, ainsi que le syndicalisme chrétien, d’ailleurs. Il n’y aura plus de grande grève de mineurs jusqu’en 1962.

 

L’arrêt de la Cour de Versailles a rendu leur dignité à ces hommes, à leurs femmes, à leurs veuves.

 

Le pouvoir sarkozyste ne pouvait pas en rester là. “ Là-bas si j’y suis ” nous apprend que Christine Lagarde, si empressée à donner 210 millions (sans les intérêts) à l’ami du président de la République par le biais d’une justice parallèle, venait de faire appel en cassation.

 

PS : Déjà en 1906, lors de la catastrophe de Courrières (1100 morts) le pouvoir avait envoyé les dragons contre les mineurs mécontents. Les ingénieurs avaient reçu la consigne de sauver les installations avant les mineurs, puis les patrons avaient donné l'ordre de reprendre le travail alors que des mineurs pouvaient encore être sauvés. Certains le furent 24 jours après le coup de grisou, par des mineurs allemands munis, eux, de masques à oxygène !

 

PPS (qui ne concerne pratiquement que moi) : en écoutant l'émission de Mermet, un participant me remet en mémoire le grand boxeur Charles Humez. Quand nous étions gosses, sa fille était une de mes copines. Je fais une recherche sur Humez. Je tombe sur une page qui raconte sa vie par le menu (link). Une photo m'interpelle tout particulièrement : le champion se fait rafistoler après un match par son médecin, le docteur Deltombe, notre médecin de famille. Le bon docteur avait fait accoucher ma mère, chez nous, de son troisième enfant, en lui racontant des blagues de carabin toute la nuit. Le bébé (4,5 kilos), était passé comme une savonnette.

 

PPPS : Toujours à propos de Charles Humez (qui était vraiment, comme on disait chez nous, "un bon garchon), un fidèle lecteur m'écrit ceci :

 "Dans ton papier sur les mineurs réhabilités soixante-trois ans après, tu évoques Charles Humez. Il fut pour moi une idole. Je le savais du pays minier, ancien mineur mais je ne gardais pas souvenir qu'il était d'Hénin-Liétard. Charles Humez, vainqueur aux Golden Gloves, ces prix Nobel de la boxe amateur où les Français primés se comptent sur les doigts de la seule main du menuisier qui en a perdu trois (doigts) à la scie électrique. Charly et son combat contre le métis anglais Randolph Turpin! Charly, champion d'Europe des poids moyens qui étaient alors la catégorie reine, Cerdan oblige. Quand ma mère était receveuse des postes à Martainneville, dans la Somme, sur la route Abbeville-Blangy, j'ai appris par des "péqueux" que Charles Humez louait à l'année un étang de pêche à Mareuil-Caubert. J'y suis allé en pélerinage en 1964. Un des rares boxeurs de l'époque à n'avoir pas dilapidé le pognon que lui avait rapporté sa centaine de combats professionnels. Il en a quand même payé l'addition : mort à cinquante-deux balais, sans doute de l'accumulation des coups reçus, car le bougre ne faisait pas dans la dentelle : les bagarres de westerns, sauf que ce n'était pas du chiqué. Un mythe, pour certains des crapauds de mon âge."

 

De fait, Humez était né à Méricourt (8 km d'Hénin) et il est mort à Bois-Bernard (5 km d'Hénin). Mais sa carrière sportive se déroula dans ma ville natale, où il fut formé d'abord par un épicier, puis par Louis Sion, un ancien boxeur aux 400 combats. Humez s'entraînait dans une petite salle aménagée au-dessus d'un bar du centre ville. Ajoutons que Charles fut un valeureux Résistant de 17 ans.

 

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