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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:30

http://s2.lemde.fr/image/2006/09/08/600x300/811211_3_052d_dominique-strauss-kahn-and-lionel-jospin.jpgSelon un récent sondage, 17% des ouvriers seraient prêts à voter pour Dominique Strauss Kahn. S’il faut accorder quelque crédit à cette enquête d’opinion, la situation est d’autant plus grave que, dans le même temps, plus de 30% de cette partie du corps électoral pencherait du côté de Marine Le Pen, et que, toujours dans ce même temps, l'abstention chez les ouvriers peut monter, dans certains scrutins, jusqu'à 70%. Ce qui est gravissime.


Avec une pointe d’ironie, je me demandais récemment si « Lionel Jospin avait existé » (Lionel Jospin a-t-il existé ?). Pour ce qui est de Dominique Strauss-Kahn, la réponse est assurée. Alors que Lionel aura peut-être laissé quelques traces dans le sable de l’Île de Ré, Dominique restera pour l’histoire le meilleur féal et obligé socialiste du patronat. Raison pour laquelle les grands médias l’ont d’ores et déjà choisi comme leur candidat favori pour 2012. « Yes, we Strauss-Kahn », martèlent-ils en chœur.


Comme ceux qui, tel Laurent Joffrin, supplient DSK de démissionner de son poste de Washington et feignent d’avoir oublié dans quelle eau ce gros poisson nage habituellement, je propose une petite piqûre de rappel, en priant les lecteurs de bien vouloir excuser ces métaphores aussi plates.


En février 1993, DSK est ministre (socialiste, ne l’oublions pas, c’est tellement important !) de l’Industrie et du Commerce extérieur. Un beau matin, il invite au siège de Publicis, dont le P D-G est son ami Maurice Lévy, une bonne partie du gratin du CAC 40 : trente-cinq grands patrons dont Lindsay Owen-Jone (L’Oréal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), François Michelin, Francis Mer (Usinor). Chacun de ces patrons va verser une cotisation de 200000 francs pour faire vivre le Cercle de l’Industrie qui, la défaite socialiste étant quasiment programmée pour 1995, va permettre à DSK d’assurer ses marques pour l’avenir.


Je cite ici la page Wikipédia qui explique ce qu'est ce cercle :


« Un lieu de dialogue et d’échanges destiné aux grandes entreprises industrielles. Le Cercle de l'industrie rassemble une vingtaine de présidents de grandes entreprises françaises intervenant dans tous les secteurs industriels ainsi que des hommes politiques.
Les entreprises membres du Cercle de l’industrie représentent en 2004 un chiffre d’affaires cumulé d’environ 600 milliards d’euros et 2 millions d’emplois dans le monde. La majorité d’entre elles sont cotées au CAC 40.
Le Cercle de l’industrie se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique, la promotion de l'image et des intérêts de l'industrie auprès des institutions publiques nationales et européennes. Le Cercle de l’industrie participe à la réflexion sur la définition et l’articulation d’une nouvelle politique industrielle et d’une amélioration de la gouvernance économique en Europe. Il s’implique dans les propositions et débats des institutions européennes en la matière. »


Les entreprises membres de ce cercle sont : Air France Kl, Air Liquide, Alcan Engineered Products, Alcatel-Lucent, Alstom, Areva, Arkema, EADS, EDF, France Telecom, GDF Suez, Lafarge, Lagardère, SCA L’Oréal, Michelin, PSA Peugeot, Citroën, Publicis Groupe SA, Rhodia, Safran, Saint-Gobain, Sanofi Aventis, SNCF, Thales, Total, Valeo, Veolia Environnement, Vivendi.


Parmi les membres de ce cercle, DSK côtoie Henri Proglio, un ami de Sarkozy, Gilles Carez, qui aime tant les ouvriers et les fonctionnaires, Jean-Pierre Fourcade qui, déjà sous Giscard, avait été un ministre furieusement libéral, mais aussi Didier Migaud, futur – et néanmoins socialiste – président de la Cour des comptes.


On sent bien, dès 1993, que Dominique, ministre de l’Industrie et du Commerce, a judicieusement complété son carnet d’adresses. Avec ce qui lui a servi à élargir le cercle de ses relations, l’ami des ouvriers a créé une redoutable machine de guerre au service du patronat et de la politique libérale de Bruxelles. Pour l’aider et lui rendre la vie plus douce : une secrétaire et un chauffeur lui sont payés.


Les membres du cercle se réunissent régulièrement, invitent des commissaires européens, des responsables de l’OMC. Ce formidable groupe de pression fera ainsi repousser à 2013 (en bon français : les calendes grecques) la taxe carbone, scellant sans coup férir la mort du Grenelle de l’environnement, cette poudre aux yeux “ hulotienne ” qui aura occupé les médias pendant quelques mois.


En cette même année 1993, Dominique décide de devenir lui-même patron, ce qui est bien normal pour un fonctionnaire agrégé de l’Université. Il crée DSK Consultants, groupe de pression “ bruxellois ”, une société anonyme familiale. Contre de lourds émoluments, il fournit des conseils à plusieurs grandes entreprises. Pour « mieux connaître la vie des entreprises », dit-il. Des railleurs font alors observer qu’il aurait pu, à cette fin, se rapprocher des travailleurs en les défendant devant les prud’hommes, en aidant des cabinets d’avocats proches des syndicats. Difficile pour un responsable politique (socialiste) qui, lors de la victoire (socialiste) de 1997, avait constitué son cabinet de ministre des Finances dans les locaux de Cap Gemini, entreprise transnationale d’informatique et de gérance, dirigée par son ami Paul Hermelin (salaire annuel : un peu plus de deux millions d’euros), directeur de son cabinet de ministre de l’Industrie en en 1997.


Alors que les socialistes avaient juré qu’ils ne privatiseraient pas les services publics « en les transformant en objets de profits », DSK, à peine installé dans son fauteuil de ministre, accepte la suggestion de Michel Bon, PDG de France Télécom d’ouvrir le capital de l’entreprise. Dès lors (Delors, de l'or ?), le pli est pris : Jospin accepte les « respirations », les « adaptations nécessaires ». Do crée une Commission des privatisations, rebaptisée Commission des transferts. La presse patronale, Les Échos, par exemple, se frotte les mains. Le grand Bon, qui avait hérité d’une entreprise d’État largement bénéficiaire, rachète Orange, ainsi que d’autres entreprises de moindre envergure, pour cinquante milliards d’euros. La dette de France Télécom est alors la deuxième au monde. L’entreprise doit rembourser entre cinq et quinze milliards d’euros par an. L’action chute de 219 à 7 euros en deux ans. France Télécom est au bord du gouffre. Son nouveau PDG, Thierry Breton (futur ministre de droite) fait payer aux salariés 15 milliards d’économies « en interne ». La vague de suicides aura débuté sous un gouvernement de gauche.


Dominique et Lionel vont privatiser une autre entreprise d’État florissante : l’Aérospatiale. Do refile Airbus à Matra qui n’avait jamais construit un seul avion civil. Do et Lio décident que l’État, toujours actionnaire minoritaire, seront « interdit de gestion ». Une autre bonne nouvelle pour les ouvriers. En quelques années, l’action “ Airbus ” va gagner 70%. Mais en 2006 (Do et Lio ne sont plus au pouvoir), la direction de l’entreprise décrète le plan Power 8 visant la suppression de 10000 emplois en Europe. Ce qui ne serait pas arrivé si l’entreprise était restée dans le giron du service public.


Alors que le gouvernement socialiste offre à certains salariés français le petit cadeau empoisonné des 35 heures, il gratifie  le capital d’avantages nettement plus substantiels. Il va ainsi alléger la fiscalité des stock-options (en bon français : options sur titres). Créées dans les années soixante-dix, ces options sont une rémunération versée par une entreprise, généralement cotée en bourse, une possibilité d’achat dont l’actif sous-jacent est l’action de l’entreprise concernée. Ce système permet aux dirigeants et à certains employés d’acheter des actions à une date et à un prix fixés à l’avance. Dire qu’il s’agit d’une trouvaille immorale est gentil. L’important est que ces options incitent les bénéficiaires à agir pour faire monter, artificiellement, le cours de leur entreprise. En 1997, Do et Lio allègent, par le biais de bons de souscription, les stock-options pour les entreprises de haute technologie, puis pour d’autres entreprises. Le taux passera de 40 à 26% alors que le gauchiste Alain Juppé l’avait relevé de 26 à 40% !). Succédant à Do, Lolo (Fabius) poursuivra cet allègement selon le principe que plus un détenteur a les moyens financiers de conserver ses stock-options plus la fiscalité l’avantagera. 12000 personnes profiteront d’un cadeau qui coûtera 45 milliards de francs au pays. Qui a dit que les socialistes n’étaient pas les meilleures gestionnaires du capitalisme ?


Côté banque, la promesse d’un « grand pôle public financier » sera vite remisé aux oubliettes. Do et Lio vont faire « respirer » les Caisses d’Épargne, le CIC, le Crédit Lyonnais et le Crédit Foncier de France. Les Caisses d’Épargne se lancent dans la spéculation et les Français renfloueront les pertes de Natixis, créé sous la droite. 18 milliards vont s'évaporer en deux ans.


Alors que Lio avait exclu l’instauration de fonds de pension durant la campagne de 1997, Do les replace au centre du débat en décembre  de la même année. En 1982, il avait publié un livre avec son ami, le féroce Denis Kessler, en faveur des assurances-vie. Do se prépare à créer des “ fonds partenariaux ”, à l’image des fonds chers aux retraitées écossaises. Sa mise en examen dans l’affaire de l’UNEF bloquera le projet. Gageons que s’il est élu en 2012, cette marotte lui trottera à nouveau dans sa tête pas de linotte.


Les 6 avril 1999, Lio déclare devant la Fondation Saint-Simon (fondée par des gens de gauche très anticommunistes du style de François Furet, l’historien qui dérévolutionna la Révolution française) qu’il a évolué et que la réalité est plus complexe qu’il ne croyait. Durant la campagne présidentielle de 2002, il ne prononce jamais le mot ouvrier, ni le mot socialiste. En fait, une seule fois, pour dire que son programme « n'est pas socialiste ».


Il paraît que plus de la moitié des Français pensent que Do est le seul homme politique capable de changer les choses. Bien sûr qu’il en est capable. Peut-être pas dans le sens qu’ils croient.

 

 

 

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 07:02

Surtout Viktor Dedaj, l’un des responsables de ce site.

Quelques minutes après l’annonce de la mort de Ben Laden, Viktor écrit ceci :

Bush.jpgDernière minute : le cadavre calciné découvert dans les décombres ne serait pas celui de Ben Laden mais celui d’Elvis Presley. Ben Laden a donc existé.

 

Ce à quoi je réponds :

Non, Viktor : Ben Laden et Elvis vivent dans un monastère tibétain. Avec Michael Jackson. Et Marilyn, bien vieille.

Yellow (un pseudo ?) dégaine :

Meuh non...c’est celui de Paul Wolfowitz...

 

Viktor Dedaj se déchaîne alors :

Pakistan : nouvelle bavure US. La maison d’un ancien agent de la CIA bombardée par accident. Le commandant des forces US présente ses excuses à la famille et explique "Selon nos informations, il s’agissait d’un mariage afghan. La famille de la victime recevra bien entendu les 400 dollars d’indemnisation prévus dans ce genre d’incident".

Aggravation des tensions internationales : La famille Ben Laden menace de ne pas participer au prochain garden-party de la famille Bush. Le conseil de sécurité de l’ONU a été convoqué pour examiner une résolution établissement une "no-fly zone" pour les assiettes et autres noms d’oiseaux.

 

Très troublé, je pose une question :

A-t-on des nouvelles de Ben Indesit ?

badmotherfinger (un pseudo ?) prend l’initiative, peu sensible à la déconnade :

Il y a quelques jours, un câble Wikileaks paru dans plusieurs journaux révélait qu’Al Qaida menaçait le monde d’un cataclysme nucléaire en cas de capture ou d’assassinat de Ben Laden. Je me méfie comme de la peste des média-mensonges. Que se cache-t-il derrière cette manipulation des masses. D’autant plus que tous les merdias [oh !] parlent d’éventuelles représailles... Un homme averti en vaut deux !

Yellow repart du bon pied :

Et qu’est-ce qu’ils ont fait de la mobylette que le mollah Omar lui avais offert pour s’échapper ? peut être qu’il l’on embarqué a Guantánamo... ?

 

Viktor Dedaj n’a pas tout dit :

Mort de Ben Laden : le "Mickael Jackson" du terrorisme étant mort, Kadhafi demande qu’on l’appelle "Prince".

Dernière minute : dans une cassette vidéo retrouvée par hasard et intacte dans les décombres, Ben Laden revendique l’attentat contre lui-même.

Kadhafi déclare : "Bon, c’est vrai qu’avec l’assassinat de mes enfants et petits-enfants par l’OTAN, je pensais remonter dans les sondages. Mais Oussama m’a encore grillé. Il a toujours eu un sens inné du timing."

Scènes de liesse aux Etats-Unis. Le maire de Dallas déclare "Kennedy est enfin vengé". Le milieu du show-biz se prépare à enregistrer une chanson commémorative "We Are The World Trade Center"

Le pire a été évité : les autorités américaines déclarent avoir découvert dans les décombres un passeport au nom d’Oussama Ben Laden et un manuel d’apprentissage de vol de la Navette Spatiale.

 

Amel Chergui observe :

Quelle nouvelle époustouflante ! Les médias nous laisse même plus le temps de récupérer notre souffle.

À peine sortie de l’émotion du mariage à la brioche, on nous annonce la énième mort de....qui déjà ?

Finalement, elle avait raison Cindy Sheehan, c’est vraiment un mariage et plusieurs enterrements.

 

Viktor Dedaj reprend la main :

"Mollah Omar m’a tuer"

 

Fethi GHARBI fait preuve d’un cynisme scandaleux :

Époustouflants ces yankees ! Voila qu’ils tuent des épouvantails maintenant !

La grande question : qui donc vont-ils ressusciter ?

 

Sam (un oncle ?) ose une remarque de bon sens :

Au fond de l’océan... il va être encore plus difficile à retrouver qu’avant !

 

Iyhel (un pseudo ?) affiche son mauvais esprit :

Tout ça dénote quand même une absence flagrante de sens du timing : une élimination le 11 septembre prochain, dix ans après, ça aurait été quelque chose...

 

Catherine (un pseudo ?) étale sa culture ouvrière :

 Obama a eu sa fête du 1er Mai .

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 06:41

Quand des fonctionnaires résistent !

 

Isabelle de Léon est convoquée ce vendredi à la direction régionale de Pôle emploi, pour les Midi-Pyrénées, pour un entretien disciplinaire. Comme d'autres agents, elle a refusé de suivre la formation « entretien d'inscription et diagnostic » qui « forme » les agents à « l'obligation de contrôler la validité des papiers d'identité, de conserver leurs copies, et de signaler les documents suspects » de demandeurs d'emploi. Ci-dessous la lettre qu'elle adresse à son directeur général.

 

 

 

Logo Pole EmploiMonsieur le directeur général,

 

J'inscris cette démarche de conscience dans le cadre d'une double responsabilité : en tant que citoyenne et comme agent d'Etat engagée dans une mission de service public.

En effet, j'ai été recrutée sur concours pour travailler à l'ANPE en 2007, j'ai signé un ordre de mission en tant qu'agent d'Etat acceptant une mission au sein du service public de l'emploi, c'est d'ailleurs l'une de mes motivations essentielles que j'ai évoquée lors de l'entretien finalisant le concours de recrutement.

Cet aspect n'est pas anodin puisque depuis, l'Agence nationale pour l'emploi a disparu pour faire place à Pôle emploi, objet juridique toujours indéterminé, regroupant l'ex-ANPE et l'ex-Assedic.

Je sors de mon devoir de réserve et je tiens à alerter le public

Je suis agent d'Etat et non pas agent d'un gouvernement, qu'en tant que tel je n'ai signé aucun engagement avec Pôle emploi, mais bien apposé ma signature au bas d'un ordre de mission de service public, c'est à cet engagement que je me sens en DEVOIR. […]

La réunion de services complémentaires (recherche d'emploi et indemnisation) dans un même lieu ne met pas en danger le service public de l'emploi. Ce qui le met en danger c'est la volonté délibérée et affichée de modifier et de fusionner les deux systèmes et les deux métiers et d'en finir avec le statut d'agent public.

Il est important, en effet, de découpler l'accompagnement des demandeurs vers l'emploi de l'indemnisation : un principe déontologique fondamental. Comment sinon établir une relation basée sur la confiance, l'échange, et le respect de la libre adhésion ?

C'est à ce titre que je sors de mon devoir de réserve et que je tiens à alerter, non seulement, le public, mais aussi les pouvoirs publics.

Au nom de la solidarité, je refuse de vérifier les papiers d'identité

Si la première réforme, la fusion, a été déjà l'amorce d'une transformation radicale, la deuxième vague de réforme au travers de l'entretien d'inscription et de diagnostic (EID) marque une nouvelle étape dans la déstructuration du service public de l'emploi.

Alors que nos syndicats et des audits commandés ne font que confirmer ces constats alarmants, notre direction générale, sourde et sûrement « impuissante », vient en réponse, rajouter de nouvelles difficultés. Que dire pour achever ce tableau désolant de l'obligation de contrôler la validité des papiers d'identité, de conserver leurs copies, et de signaler les documents suspects ?

N'est-ce pas là un symbole éloquent de ce que notre hiérarchie attend de « ses troupes », nommées à longueur de réunion « collaborateurs » et destinées à « liquider les droits » de « clients » ?

C'est au nom de la liberté que je choisis de ne pas appliquer vos consignes sur l'EID, c'est au nom de l'égalité que je défends le service public, c'est au nom de la fraternité que je refuse de fermer l'avenir à des secteurs de la population que vous semblez avoir décidé d'abandonner pour préserver ceux qui n'en ont pas besoin.

C'est au nom de la solidarité que je refuse de vérifier la validité des papiers d'identité car je suis au service du public, des demandeurs d'emploi et des chômeurs, et non pas là pour les contrôler, les suspecter et les dénoncer.

Interpeler chaque agent d'Etat, fonctionnaire, citoyen

Dans l'ordre des responsabilités, je prends les miennes, et je suis consciente de ce que j'engage. A vous, maintenant, de prendre les vôtres.

Rendre publique cette position personnelle m'a coûté et me coûtera certainement, elle n'a comme objectif que d'interpeler l'établissement, mais aussi chaque agent d'Etat, chaque fonctionnaire, chaque citoyen, pour sortir de ce discours d'impuissance qui nuit à notre avenir commun.

Je vous prie, monsieur le directeur général, de bien vouloir prendre en compte mon positionnement.

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 12:46

Décidément, notre kleiner Mann n'en rate pas une.

 

À l'annonce de la mort de Ben Laden, il a déclaré : "Justice est faite".

 

Le problème est que la justice du talion n'existe pas en France et que la peine de mort a été abolie il y a trente ans.

 

Ne parlons pas de justice mais du règlement, par la violence, d'un problème qui concernait un pays autre que le nôtre.

 

http://83.img.v4.skyrock.net/83d/kohlms/pics/1713013798.gif

 

Selon Viktor Dedaj, c'est ainsi qu'il faut lire l'événement :

"Pakistan : nouvelle bavure US. La maison d’un ancien agent de la CIA bombardée par accident. Le commandant des forces US présente ses excuses à la famille et explique "Selon nos informations, il s’agissait d’un mariage afghan. La famille de la victime recevra bien entendu les 400 dollars d’indemnisation prévus dans ce genre d’incident."

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 08:32

tombeben.jpg 


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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 15:35
La vulve de Claudius,…
Par Jean FEIX


… ou comment la plainte d’un citoyen facilement vertueux pour les autres aboutit au lynchage médiatique d’un artiste...

 

censureImplanté au Mas-d’Azil depuis une bonne dizaine d’années, Claudius de Cap Blanc s’est installé dans des locaux de l’ancienne usine de meubles pour y exposer une impressionnante collection d’objets, parfois compliqués, mais fabriqués par lui-même, qui répondent à un seul critère : dire quelque chose à l’esprit et suggérer de l’émotion. Le tout est agrémenté de textes qui témoignent d’une recherche culturelle de très haut niveau. Ajoutons que cet artiste et philosophe a acquis une notoriété indiscutable après plusieurs passages à la télévision et une place importante que lui consacrent les documents figurant jusqu’à aujourd’hui dans tous les syndicats d’initiative et des vidéos sur internet.

 

Mais l’individu a aussi un caractère bien trempé, ne tolère aucune contrainte dans l’expression de son art, indiquant que, si quelqu’un est gêné, il peut ne pas regarder ce qu’il considère choquant.

 

Un de ces derniers travaux l’a amené à glorifier la féminité en retrouvant et retravaillant dans la nature des pierres présentant un ovale caractéristique et une fente médiane symbole de la vulve, et, en cela, il rejoint des peintres bien connus qui trônent, à juste titre, dans les musées internationaux. Ainsi, la féminité est glorifiée par des peintres comme Gustave Courbet avec son tableau « L’origine du Monde » qui montre un sexe féminin en majesté, et qui a été considéré comme choquant De la même manière, on peut se sentir choqué par les délires scatologiques de Salvador Dali, exposés à Cadaques ou les exagérations sexuelles de Picasso en fin de vie à Barcelone. Mais qui oserait ?

 

Si des gens ont peu goûté ce genre d’expression artistique qui existe depuis les temps préhistoriques, leurs auteurs n’ont pas pour autant été sanctionnés, ils en ont même obtenu des éloges.

 

Ne voilà-t-il pas que suite à la visite d’un touriste à la vertu à fleur de peau, parvient une protestation adressée au Syndicat d’initiative du Mas, à propos de cette exposition dans les locaux de l’Affabuloscope où le pudibond en question a vu une vidéo sur le site de Claudius qui glorifie la vulve par certains montages un peu « hards » et ce, au milieu de toute une série d’écrits philosophiques et culturels.

 

Immédiatement les responsables locaux prennent une décision pour le moins étrange : supprimer sur tous les organes porteurs des propositions d’animation, en l’occurrence sur Internet, tout ce qui traite et présente ce lieu d’exposition. Ce qui revient à couper et interdire l’information de l’existence de l’Affabuloscope et donc de priver cet artisan des visites qui constituent son seul gagne-pain. Et, tant qu’ils y étaient, ces « responsables » de la transmission de la culture et du patrimoine, interviennent auprès des autres offices du tourisme du département pour que soit partout appliquée la même sanction.

 

Non mais ! Au nom de la vertu, de la défense des bonnes mœurs, « ce pelé, ce galeux » devra comprendre qu’on ne choque pas impunément des citoyens, irréprochables, eux !

 

Et, cerise gâtée sur le gâteau frelaté, on traite notre artiste « d’obsédé sexuel », ce qui n’est pas rien et mériterait un procès en diffamation.

 

A une époque où les modestes travailleurs ont de plus en plus de mal à survivre, à un moment où les gens qui nous gouvernent pressurent tant qu’ils peuvent les « petits », ce genre de méfait qui empêche un modeste artisan de gagner ses minces revenus, il est lamentable de constater que le phénomène d’exclusion fonctionne à tous les niveaux de la société. Et, si on tente d’exclure Claudius, c’est peut-être aussi parce qu’il n’est pas très souple, indépendant, pas « à la botte » comme tant d’autres, pas soumis aux règles de la « bonne société », société qui, par ailleurs, n’empêche pas ses propres enfants de se gorger de pornographie à la télévision, sur internet et par le biais des portables, en cette époque décadente qui voit s’épanouir la vulgarité plus que le bon goût, le « bling-bling » plus que le savoir-vivre.

 

L’étroitesse d’esprit de ces Tartuffe des soi disant Ligues de Vertus devra cesser de se manifester et surtout de pousser quiconque leur déplait à la ruine.

 

Jean FEIX

 

http://www.affabuloscope.fr/

 

Article paru dans LE PATRIOTE DE L’ARIEGE Avril 2011

 

Une pétition de soutien à Claudius circule dans le département

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 15:06

Encore un salarié de France Télécom broyé par le presse-Orange.

 

ora.jpgExtraits d'un article de Libération :


Un salarié de France Télécom-Orange de 57 ans s’est suicidé, mardi matin, en s’immolant par le feu sur le parking d’un site près de Bordeaux.

 

«Nous sommes bouleversés d’apprendre le décès d’un salarié de l’agence professionnelle de Bordeaux qui a mis fin à ses jours en s’immolant par le feu, ce matin, sur le parking de l’agence entreprise de Mérignac», affirme la direction du groupe. «Les secours arrivés sur place n’ont pu que constater le décès de ce salarié», précise-t-elle, ajoutant avoir monté une cellule psychologique.

«Beaucoup de changements imposés mal vécus»

 «Fonctionnaire à France Télécom depuis 30 ans, il a changé souvent de poste. pendant la période de cinq ans de (Didier) Lombard (ex-PDG d’Orange), il y a eu beaucoup de changements imposés mal vécus», a expliqué à l’AFP François Deschamps, responsable CFE-CGC/Unsa de la région sud-ouest. «Cette mobilité imposée lui avait fait vendre sa maison, il avait écrit à plusieurs reprises à sa direction et il n’avait pas eu de réponse à ma connaissance, comme beaucoup d’autres», a ajouté le responsable syndical qui a précisé que ce salarié laissait une femme et quatre enfants.

 

 

Dans mon ancien blog, j'ai publié plusieurs articles sur France Télécom. Entre autres, celui-ci, il y a trois ans :

Le suicide ordinaire à France Télécom

Un grand auteur anglais écrivant à l’époque des totalitarismes estimait que l’individu ressemblait à une guêpe sectionnée en deux, à qui le moi pensant et ressentant avait échappé.

Depuis quelques dizaines d’années, l’école a, à son corps défendant, coupé l’homme de sa conscience, de son histoire individuelle, de l’Histoire qui se fait. La fin des humanités – diminution des cours de français, d’histoire, de latin – fige l’humain dans l’immédiateté, empêche le retour sur soi, le recul, mais aussi la projection vers l’avant. Il devient très difficile de percevoir les conséquences à terme de chaque acte politique posé par la classe dominante. On a pu observer que les universitaires dans leur majorité n’ont pas compris que chaque petit bout de loi, chaque petit bout de décret les concernant visait à privatiser l’Université et à les transformer en marchandises dans le vaste marché concurrentiel de la “ connaissance ”.

Un peu d’histoire :

En 1988, pour répondre à une directive européenne (donc hors du champ démocratique et politique français), la direction générale des télécommunications (une administration) devient France Télécom. En 1991, France Télécom est assujettie aux règles de droit commercial et non plus administratif, avant de devenir société anonyme, l’État conservant 51% du capital. Pas question de privatisation, juré-craché. À partir de 1997, l’actionnariat privé prend progressivement le contrôle de l’entreprise (73% actuellement). À l’occasion de la requalification de la dette, France Télécom doit rembourser, de 2002 à 2005, entre 5 et 15 milliards d’euros annuellement. Le cours de l’action plonge à 7 euros en 2002 alors qu’il était à 219 euros en 2000 (elle est à moins de 20 euros aujourd’hui).

Les résultats de la privatisation furent catastrophiques, l’entreprise se lançant dans des investissements excessivement hasardeux. En 2001 et 2002, FT perdit près de 30 milliards d’euros. De 2006 à 2008, en revanche, elle accumula près de 15 milliards de bénéfices. Pour le grand bonheur des actionnaires. Au détriment des travailleurs, mais aussi des clients. Cela dit, l’endettement financier net de FT fin 2008 s’élevait encore à 38 milliards d’euros.

Ces bouleversements furent systématiquement accompagnés par la CFDT. Chez les militants CGT, la lucidité ne fut pas toujours au rendez-vous. Dans un centre du Sud-Ouest que je connais bien, sur 150 salariés, une poignée seulement refusa de prendre des actions FT. Parmi ceux qui se laissèrent tenter par l’aventure capitalistique, on comptait des membres de la CGT.

Depuis que la privatisation est effective, l’entreprise ne recrute plus de fonctionnaires. Ceux-ci sont désormais moins de 80000. Les autres travailleurs sont recrutés en CDI dans le droit – fluctuant – des pays où France Télécom est implantée. Ils subissent par conséquent un moins disant social particulièrement rude.

Les suicides à France Télécom ne datent malheureusement pas d’hier. Pour s’informer pleinement sur la question, on pourra lire le livre de Dominique Decèze La machine à broyer : de France Télécom à Orange ; quand les privatisations tuent (publié en 2008), ou encore l’ouvrage de Christophe Dejours et Florence Bègue, Suicide et travail : que faire ?

La dernière personne qui s’est suicidée dans les locaux de FT l’a fait au cours d’une réunion. La question est : que peut-il bien se passer dans ces réunions ? L’entreprise peut, par exemple, décider, parce qu’elle est à court d’espèces sonnantes et trébuchantes pour ses actionnaires, de vendre tel local important et de rester dans ce même local dont elle était propriétaire, mais cette fois-ci à titre de locataire. Elle peut également décider, toujours au cours de ce type de réunion psychodrame, de changer de poste des travailleurs qui donnaient parfaitement satisfaction là où ils étaient (14000 mutations entre 2006 et 2008). Entre 2000 et 2002, 57 salariés se sont suicidés. Vous en souvenez-vous ? Jean-Pierre Pernaut fit systématiquement de ces drames l’ouverture de son JT de 13 heures ! Cette année, nous en sommes à 23. Une suicidée de l’été dernier notait dans sa lettre d’adieu que FT était la seule cause de son suicide : « Urgence permanente, surcharge de travail, absence de formation, désorganisation totale de l’entreprise. Management par la terreur ! » Si les mots ont un sens, et ils en ont un, nous sommes là en plein fascisme.

Pour terminer, j’évoquerai la situation d’un de mes proches, employé de France Télécom depuis près de trente ans, qui ne s’est pas suicidé mais qui vit depuis bientôt dix ans un véritable calvaire. Je le ferai, on le comprendra, avec les précautions d’usage.

Il avait 45 ans lorsque survint la privatisation effective de l’entreprise qu’il prit comme une véritable trahison. Militant CGT depuis toujours, il s’efforça de résister. Le rouleau compresseur patronal, le rapport de forces ne lui permirent que des actions symboliques. Ainsi, durant les réunions, il s’obstinait à parler d’usagers et non de clients. À cette forte tête, on apprit donc la vie. On commença par placer au-dessus de lui son subordonné immédiat, qui plus est plutôt incompétent. Technicien d’intervention sur le terrain, il se vit dépouiller de sa voiture de service. Puis, de son téléphone portable. Après quelques mois durant lesquels il se demanda si tout cela était du lard ou du cochon, on le confina dans un minuscule bureau, sans téléphone, sans ordinateur, sans rideau. Chaque jour, pendant plusieurs mois, on lui confia les deux mêmes missions : aller chercher à la machine à café une boisson pour son supérieur. Il finit naturellement par craquer, d’autant qu’à la même période, lui qui était humilié, méprisé et dévalorisé, voyait ses enfants démarrer brillamment dans la vie professionnelle. Il est depuis en congé psychiatrique. Je n’ai pas eu le courage de lui demander ce qu’il percevait en salaire ou indemnité.

Ce n’est pas faire preuve de poujadisme que de dire que les sommes d’argent considérables empochées par François Bon, Thierry Breton et les grands actionnaires de l’entreprise ont une relation dialectique pleine et entière avec les défenestrations de victimes broyées et l’existence misérable menée par des dizaines de milliers de travailleurs.

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 07:07


Le Guide de la Révolution libyenne est une tit'bit', comme le grand Mammamouchi du Grand Soir, Théophraste R., nous le rappelle avec raison. Pour notre kleiner Mann, il y aurait beaucoup mieux à faire que de jouer au petit soldat en Cyrénaïque.

 

http://www.info-palestine.net/IMG/jpg/1_Bedouin_028.jpgLa répression est particulièrement féroce, des centaines de citoyens sont portés disparus. La torture est pratiquée jusqu’à la mort. Les militaires ont investi les hôpitaux. Des chirurgiens, pédiatres, obstétriciens, des infirmiers, ont été arrêtées et détenus. Des interrogatoires auraient eu lieu en salle d’opération.

 

Appuyés depuis février par plus de 80 % de la population, les insurgés réclament une réforme constitutionnelle.

Par malheur, on trouve dans ce pays un port, qui abrite la cinquième flotte US, plusieurs bases et le centre de commandement des armées US au Moyen Orient.

 

C’est pourquoi il n’y aura pas de « printemps arabe » au Bahreïn : seulement des massacres et une invasion armée par l’Arabie saoudite à la demande des USA pour mater le peuple.

 

Nicolas Sarkozy n’y enverra pas nos troupes pour sauver des vies civiles et installer la Démocratie.

 

Nos compatriotes continueront à ignorer ce qui s’y passe et même le nom du roi et de la Capitale de ce petit pays.

 

Théophraste R. (démocrate ici, démocrate partout).

 

PS : Le roi s’appelle Hamad ibn Isa Al Khalifa et la Capitale Manama. Il faut tout faire, ici, pendant que nos médias nous enfument avec la Libye et autres pays pas conformes.

URL de cette breve :
http://www.legrandsoir.info/+Pendant-l-enfumage-les-massacres-continuent+.html
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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 06:03

Nouvelobs.com (qui m’a censuré, mais ceci est une autre histoire) a eu récemment la bonne idée de demander à ses lecteurs de gauche qui n’avaient pas voté Jospin en 2002 s’ils regrettaient leur décision.

 

Comme je n'ai aucun regret, j’ai justifié mon choix en deux lignes. Je voudrais en dire un peu plus ici et me souvenir d'un passé récent.


Lorsque Jospin a déclaré, plutôt gêné, que son projet (les responsables de gauche n’ont plus de programme mais des projets) n’était pas socialiste, j’ai eu quelque peine à déglutir, sans pour autant être surpris. Durant ses cinq années au pouvoir, l’ancien trotskiste dur avait constamment manifesté son allégeance à ce qu’on appelle pour simplifier « l’Europe libérale », l’Europe inféodée aux désirs de “ gouvernance ” du grand actionnariat, des banques, en un mot des marchés. Par une casuistique bien à lui – qui finit par l’entraîner au fond du trou – Jospin avait déclaré être pour l’économie de marché, mais contre une « société de marché ». Ce vieux renard lambertiste savait pertinemment que ces deux expressions étaient parfaitement synonymes.

 

Avant cela, en 1997, la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde – malgré sa promesse pendant la campagne des législatives – avait troublé la campagne législative de 1997. L’annonce du “ plan social ” de Michelin à l’automne 1999 provoqua de fortes ondes de choc dans la gauche plurielle et dans l’opinion qui lui était favorable. On comprit dès lors qu’il n’y avait pas plus de volontarisme jospinien que de beurre en broche. Chirac en profita pour manifester (en toute démagogie) sa solidarité avec les ouvriers de Michelin. Le 13 septembre 1999, le Premier ministre socialiste avouait l’impuissance de l’État face aux restructurations et aux drames sociaux. Quinze ans auparavant, Laurent Fabius avait opéré les mêmes choix drastiques contre les sidérurgistes. Entre 1980 et 1990, les “ restructurations ” coûtèrent 100000 emplois directs à la sidérurgie française, et au moins 100000 indirects. Une casse que l’on évalua alors à 100 milliards de francs. Alors que la sidérurgie était devenue nationale en 1981, l’Europe des marchés avait imposé les exigences du plan du vicomte belge Davignon : arrêt des aides publiques, réduction de la production, suppression de 250000 emplois à l’échelle de l’Europe.

 

A beaucoup d’enseignants de gauche, mais aussi de droite, le ministre de l’Éducation nationale que Jospin avait choisi donnait la nausée. Cet Allègre qui, en tant qu'enseignant, faisait ses cours quand il avait le temps, voulut, on s’en souvient, « dégraisser le mammouth », faire du Sarkozy avant Sarkozy. Il me fut donné de rencontrer, dans une circonstance privée, sa secrétaire d’État, Ségolène Royal à qui je prédis que Jospin ne pourrait gagner l’élection présidentielle contre les enseignants, à cause d’un ministre qui n’avait aucune considération pour eux. Par solidarité gouvernementale, j'imagine, elle ne souhaita pas engager le débat.

 

La raison majeure pour laquelle des citoyens de gauche se détournèrent de Jospin fut son programme massif de privatisations, en novlangue jospinienne, des « respirations ». En avril 1997, une déclaration commune PS-PC promettait l’arrêt des privatisations pour France Télécom, Thomson et Air France. Entre 1997 et 2001, Jospin et son gouvernement (ohé Aubry, DSK etc. !) privatisèrent ou ouvrirent aux capitaux privés France Télécom, Thomson Multimédia, le GAN, le CIC, les AGF, la Société marseillaise de crédit, RMC, Air France, le Crédit lyonnais, Eramet, Aérospatiale-Matra, EADS, la Banque Hervet. Jospin et les siens surclassèrent une droite qui but du petit lait.

 

Jospin se tira (et nous tira) une balle dans le pied en inversant le calendrier des législatives et de la présidentielle. Quoi qu’on pense, le système politique français qui découle de la constitution de la Cinquième république n’est pas présidentiel mais législatif. Faire voter les électeurs pour la présidentielle en premier revenait à personnaliser davantage le pouvoir, à voter de moins en moins pour un programme mais pour une personne, à marginaliser toujours plus le Parlement.

 

Durant la campagne électorale, une image me choqua particulièrement : dans un bureau, Jospin, debout s’entretenait avec Séguéla, avachi sur une chaise. La campagne du candidat (avec des slogans aussi légers que « Présider autrement une France plus juste ») émanait du cerveau d’une sorte de parrain, d’un publicitaire sarkozyste dans l’âme et non de celui de militants socialistes. Et puis, il y eut – degré zéro de la politique – cette attaque personnelle minable contre Chirac, « fatigué, vieilli, victime de l’usure ». Dans sa tête de tueur, Chirac était frais comme un gardon. Fillon eut beau jeu de qualifier Jospin de « trotskiste haineux et sectaire ».

 

Je n'avais pas voté pour les socialistes depuis 1985 mais j'étais prêt à leur redonner une petite chance. J'ai voté pour un candidat de la gauche de gauche. Ce que je referai cette fois encore. J'ajoute que je ne me suis pas laissé avoir au second tour de 2002, n’ayant pas rejoint la cohorte bêlante des votes de gauche pour Chirac. Il n'y avait mathématiquement aucun danger d'une victoire de Le Pen.

 

Dans le fond, Jospin n'a pas existé. La preuve : il n'aura laissé aucune trace dans l'histoire. Dans le sable des plages de l'Ile de Ré, peut-être.

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 06:07

Ci-dessous un article que je n'avais pas l'intention de publier de nouveau. Paru en avril 2010 dans mon blog censuré et dans Le Grand Soir, ce texte consacré à Manuel Valls suscita de nombreuses réactions allant dans mon sens.


http://static.lexpress.fr/medias/359/1-manuel-valls_401.jpg

 

L'actualité vallsienne m'amène à reproposer ce texte : le député vient en effet de publier un livre titré Sécurité. Il n'en est pas encore à Fliquons les pauvres, mais ça ne saurait tarder. C'est tout lui, cette thématique. Rue 89 parle de "rodomontades viriles", d'un discours d'ordre, d'autorité, un discours "monorépressif qui passe bien à la télé".


Valls, l'homme à qui on offre des fleurs et qui ne les prend pas ?

 

 

Le dirigeant socialiste Manuel Valls s’est prononcé contre la grève des cheminots qui « coûte 20 millions d’euros tous les jours ».

Valls vient de publier un livre intitulé Pouvoir. On pourrait épiloguer sans fin sur ce titre. Mais ne nous livrons pas à de la psychanalyse de comptoir.

Valls propose de réformer les retraites de concert avec la droite. Dans le consensus. Et dans la « pédagogie ». Il faut continuer à remettre en cause les régimes spéciaux, aligner le public sur le privé. Sans nivellement par le bas. Ah bon ? Proposer un système de retraite « à la carte ». Il faudra cotiser 43 annuités. Pas de tabou ! Ne pas « s’accrocher à des acquis dépassés ».

Revenons aux cheminots qui n’ont pas vraiment apprécié l’injonction de Valls. Ces travailleurs luttent, entre autre chose, contre la privatisation de la SNCF (qui a commencé il y a des années de manière subreptice et pas vraiment franche) et donc contre la fin de leur statut d’employés d’une entreprise de l’État.

À Valls, des militants cégétistes du Nord-Pas-de-Calais viennent de répondre ceci (repris par le site Bella Ciao) :

« En cette journée d’action de grève chez les Cheminots, certaines personnes bien intentionnées nous ressortent : « C’est une GREVE CORPORATISTE ».

Alors :

Si empêcher de mettre 1000 camions en plus par jour sur les routes, c’est corporatiste,

Si améliorer la sécurité des transports en empêchant de faire reculer les conditions sociales et de travail des cheminots, c’est corporatiste,

Si dénoncer la politique de la SNCF qui est à l’inverse du "développement durable" et du grenelle de l’environnement, c’est corporatiste

Si demander à avoir plus de moyens humains et matériels pour donner un service de qualité aux usagers, c’est corporatiste,

Si dénoncer les dérives possibles en matière de Sécurité, c’est corporatiste

Si dénoncer que la SNCF met un maximum de moyens sur le TGV et pas sur le TER, alors que c’est le TER qui est du ressort du Service Public, c’est corporatiste,

Si, si, si ....... nous pourrions donner des exemples comme ceux là par dizaines, alors si c’est cela être corporatiste, OUI les Cheminots sont corporatistes du Service Public au service du public.

Les Cheminots, comme beaucoup d’autres salariés, sont soucieux de l’avenir des acquis sociaux, de la planète et des hommes et des femmes qui y habitent, ils sont des penseurs d’avenir !!!

Alors OUI, la CGT appelle à Agir pour ne pas Subir, parce que les moyens existent, les Françaises et les Français et parmi eux les cheminots valent plus que les banques. Alors que le gouvernement a trouvé les moyens en injectant des milliards pour sauver les banques, pourquoi n’aurait-on pas les moyens pour sauver nos acquis sociaux ? Lorsque l’on voit le nombre de suicides, de dépressions que suscite la soit disante crise, dont nous ne sommes en rien responsable, oui les salariés ont raison de lutter, non les cheminots ne sont pas des égoïstes qui luttent pour des privilèges, ceux qui ont des privilèges se sont les patrons du CAC 40 qui ont vu leurs salaires croître à la vitesse du TGV, pendant que celui des cheminots se smicardisait ! »

Le blog Indépendance des chercheurs rétorque, quant à lui, ceci :

« Le 8 avril, les médias commentent le désaveu public adressé par le dirigeant et élu du Parti Socialiste Manuel Valls à la grève des cheminots. Valls, qui fut l’un des participants à la rencontre de Bilderberg d’il y a deux ans, se plaint hypocritement du “ coût ” de la grève mais se montre beaucoup moins bavard sur celui de la casse des services publics. Sous la “ gauche plurielle ”, Manuel Valls fut notamment chargé de la communication et de la presse au cabinet du Premier ministre Lionel Jospin, en pleine frénésie de privatisations, de définition de stratégies de démantèlement des services publics et de planification de la casse sociale. Cette politique, commencée il y a environ ving-cinq ans, poursuivie depuis par tous les gouvernements et renforcée par la mise en place progressive des structures marchandisées de l’Union Européenne, menace l’ensemble des services publics. Elle correspond également à l’application de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) depuis 1994. Le samedi 10 avril, une assemblée générale de défense de l’éducation publique, de la maternelle à l’université, est prévue à Paris, au centre Censier. »

Tout pouvant arriver en politique (Sarkozy était dans les choux il y a moins de dix ans), Manuel Valls sera peut-être le prochain Président de la République française. Quand on l’écoute à la radio, ce qui frappe à l’oreille, c’est qu’il a le phrasé de François Hollande. Mais il a un gros avantage sur lui : huit ans de moins. Ils sont unis dans leur amour pour le social-libéralisme (ne jamais oublier que, dans cet expression, le mot important, le substantif, c’est libéralisme).

On vient toujours de quelque part. Si j’en crois Wikipédia (je n’ai pas d’autres lumières le concernant), Valls vient d’un milieu – catalan certes – mais aisé. Son père était artiste-peintre, sa mère enseignante. Un de ses grands-pères, nous dit-on, « cacha des prêtres persécutés par les trotskistes et les anarchistes ». Ce grand-père était peut-être « républicain et catholique », les prêtres persécutés étaient forcément franquistes, anti-républicains, en faveur de l’ordre du sabre et du goupillon.

Toujours selon Wikipédia, Valls se dit « blairiste », du nom de Anthony Blair, un Premier ministre travailliste qui est allé, dans bien des domaines, plus loin dans la casse du monde du travail que la conservatrice Margaret Thatcher. Il se dit également (collons-nous des étiquettes anglo-saxonnes, ça fera plus joli) « clintonien », du nom de William Clinton, un Président des États-Unis qui a fortement contribué a repousser le Parti démocrate toujours plus vers la droite, un parti dont Valls voudrait que le sien s’inspirât davantage pour entrer dans la modernité.

En bon présidentiable, Valls sait faire la girouette. Il fut proche de Rocard, puis de Jospin. Lors du débat de 2005 concernant le Traité constitutionnel européen, dernier vrai débat contradictoire que la France ait connu, il se déclara en faveur du non, puis du oui après le vote interne au parti. Il fut du nombre des élus PS qui trahirent le vote du peuple français en ratifiant le Traité de Lisbonne en 2007 lors du Congrès du Parlement français. Valls est, par ailleurs, un obsédé de la sécurité (« Policing the poor », comme on dit outre-Manche). Son ancienne épouse travailla pour la société d’Alain Bauer, AB Associates, spécialisée dans les problèmes de délinquance, de sécurité, de « veille stratégique », d’« assistance à la gestion de crise ». Conseiller de la police de New York (ce qui n’est pas donné à tout le monde) et de Sarkozy, Bauer fut membre de l’Unef à la même époque que Valls, membre du Parti socialiste, et surtout président du Grand Orient de France, où Valls fit un passage éclair (toujours la girouette).

Si Valls accède un jour à la seule fonction digne de lui à ses yeux, nous serons bien gardés.

 

Je joins quelques commentaires et une de mes réponses :

 

11/04/2010 à 03:18, par Anonyme

Mon père était cheminot (conducteur électricien) ; il a fait la résistance et a participé à la libération de Paris. Si il vivait, il serait fou et furieux de voire ce qui se passe. Je me rapelle ce qu’il disait sur Léon Blum. Ce dernier aurait déclaré : "-Nous socialiste nous sommes et resterons les défenseurs loyaux du capital." Ca n’a pas changé. Ceux sont les mêmes, c’est à dire ces bons bourgeois, qui se sont débrouillés à la Révolution de 1789, pour se servir du peuple pour abolir la noblesse et pour s’installer à la place de cette dernière, laisant ainsi le peuple de sa victoire. De ce fait la Révolution n’est toujours pas achevée. Nous avons besoin de gens sérieux et honnêtes qui se battent pour le peuple et non pas de gens qui ne recherchent que la soif du pouvoir et d’intérêts personnels.Des "moi, je, moi, je, nous n’en voulons plus.Voter pour un individu c’est grave ! Voter pour un idéal, c’est aspirer à un monde meilleur, c’est avancer en toute conscience vers une société plus juste et ça, c’est au peuple à le vouloir. Tous ensemble oui, un individu seul, il n’est que de passage.

 

11/04/2010 à 10:42, par El Viejo Topo

Valls est à l’image de beaucoup de dirigeants du PS, "un gérant loyal du capitalisme" disait Blum. Son histoire personnelle a peu d’intérêt. Son avenir "à gauche" encore moins.

Par contre, la question qu’il faut se poser si l’on veut changer cette société, c’est : peut-on éternellement faire l’impasse sur des positionnements sociaux-libéraux du PS qui n’ont rien d’individuels mais représentent le fond d’une politique.

Kouchner a trahi, Besson a trahi, Allègre a trahi, Charasse a trahi.

Le soir du 2° tour des présidentielles, Royal déclarait sur le SMIG le contraire de ce qu’elle avait affiché pendant sa campagne.

Aubry et Hollande montrent le bout de l’oreille sur les retraites.

Le "camarade" Lamy dirige l’OMC et le "camarade" Strauss-Kahn le FMI avec les orientations que l’on connait.

Parcours individuels ou réalité politique ?

Pour pouvoir être victorieux, le rassemblement pour le socialisme passe aussi par la dénonciation politique de l’imposture social-démocrate.

El Viejo Topo.

 

11/04/2010 à 11:20, par Samuel Métairie

Qu’un homme politique membre du parti "socialiste" soit issu d’un milieu aisé,ce n’est pas une sinécure. Ces gens n’ont pas de convictions, ils s’inscrivent juste dans un dispositif institutionnel (parti) où ils seront susceptibles d’acquérir le plus de parts de marché. La politique de métier est une activité réservée à la classe bourgeoise ou aristocratique qui cumule tous les capitaux (économique, social, symbolique selon Bourdieu). Par exemple, des jeunes au MJS se disent socialistes alors qu’ils sont sapés comme des militants UMP, avec iphone, ipod ou je ne sais quoi d’autres technologies du capitalisme dans les poches, partent au Maroc ou en Argentine pour soulager leur conscience d’occidental. Bref, je pense que les gens qui aspirent à monter en grade dans les partis pour trouver le pouvoir, sont des affameurs voire des criminels en puissance.

Comme vous dites, c’est la "gauche" qui a le plus privatisé. Le réel socialisme il est dans la tête des gens, pas dans la politique de métier. Quand j’entends les gens, des jeunes, des étudiants, des ouvriers, des smicards, des travailleurs pauvres etc dire que tel ou tel homme est si, ça, cela, il y a comme un dogme idéologique rempli de raccourcis : l’objectif est de faire croire que les politiciens et leurs suffrages changeront les choses, c’est un processus d’asservissement intellectuel du peuple. Je pense que les gens sont d’accords sur le fond, personne n’ira dire qu’il laisserait les gens crever de faim en face d’eux, tous diraient qu’il faut partager. Qu’importe leur profession et leur distinction de classe sociale, sur le fond, peu accepteront d’affamer de sang froid un des leurs. Et pourtant, tout le monde vote pour reproduire ces schémas de domination. C’est l’institution qui est meurtrière, inhumaine. Quand le pouvoir et l’autorité sont distantes, là cela ne dérange plus, car tout est déresponsabilisé, délégué à d’autres puissances, et le crime devient ainsi plus supportable. Alors NPA, FG, PS, Modem, UMP, FN ... il n’y a que la forme du discours qui change, mais pas le fond. Par dessus cela, il y a biensur le rôle de la propagande qui vise à maintenir ces dispositions idéologiques au fin fond des cerveaux du citoyen lecteur-auditeur...qui vise à l’empêcher de réfléchir.

 http://sam-articles.over-blog.com

13/04/2010 à 10:51, par délégué 59

J’ai rencontré Valls il y a 25 ans, il était alors auprés de M.Rocard et déjà entouré de son ami sécuritaire et de son ami publicitaire. C’était un jeune loup aux dents longues rayant les parquets, il énervait déjà beaucoup ce présomptueux... Depuis il a fait du chemin l’ambitieux. Il a déménagé et changé de département pour s’assurer un mandat de maire et un mandat de député en succédant sans grand risque à un élu socialiste. Quel dommage que son immense talent n’ai pas été mieux utilisé pour conquérir sur la droite ces même mandats, cela aurait peut-être été trop risqué, cela aurait aussi pris du temps et Valls n’aime pas l’échec(il a laché Rocard et Jospin, ces losers)et surtout il est pressé. Je ne sais si je le connais bien, mais ce que je sais de lui est qu’il est autoritaire, qu’il a une haute estime de lui-même, est-il de gauche, cela je ne l’ai jamais su, mais il est opportuniste. Si l’on est attaché aux valeurs de la gauche, la vraie, pas celle des socio-libéraux dont il fait parti en apparence, alors cet homme politique n’est pas fiable, mais cela commence à bien se savoir !

 

Mr Gensane je m’élèverai toujours et fermement- car c’est grave et dégradant - sur une étude de personnalité par membres de la vie privée interposés. Cela risque de décrédibiliser votre analyse politique, fort intéressante. Dans tant de familles il y a tant de divergences et surtout : Vie privée : c’est privé. Et pas monolithique sur les idées.stop. svp. on en a marre. on perd son temps.


23/04/2010 à 16:46, par Bernard Gensane

Chère Noémie, Je ne suis pas obsédé par la vie privée : il vaut mieux lire Le Capital qu’une biographie de Marx, Hamlet qu’une vie de Shakespeare (l’idéal étant de lire les quatre).

Seulement, en politique, la vie privée et la vie publique, c’est neuf fois sur dix la même chose. Ceux qui arrivent par leur seul mérite sont rarissimes. Vous avez soudain X ou Y, un type ou une typesse, qui apparaît en pleine lumière, soit comme figure médiatique, soit comme potentat politique, soit les deux. Cette apparition vient toujours de loin : une, deux, voire trois générations. Il n’y a jamais de hasard, mais une éducation, des traditions familiales et de classe, des réseaux, des appuis. Valls veut entraîner son parti dans une démarche schizophrène : pour simplifier, militer dans un parti qui s’appelle "socialiste", mais en reniant complètement le socialisme. Reconnaissons que, pour authentiquement réactionnaire qu’elle soit, cette tâche n’est pas simple a priori et nécessite énergie et talent.

J’ai longtemps imaginé (mon nom est d’origine catalane, côté français) que la famille de Valls avait souffert du franquisme. Si tel était le cas, elle s’en serait vite remise. Bref, il faut toujours savoir à qui l’on a affaire : en l’occurrence, un obsédé de la sécurité, un ennemi de la classe ouvrière, issu d’un peuple qui a contribué, comme aucun autre en Europe aux idées et aux pratiques anarchistes.

Ce n’est pas banal...

 

Et, pour finir, un petit poème d'Emmanuel Renahy :

 

Valls Valsera

A la Rose, à la Rose

Valls Valsera

A la Rose s’en prendra …

Pour la casser …en mille …morceaux.

 

 

 

 

 

 

 


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