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11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 06:01

 

Un an après son élection à la tête du parti travailliste, le bilan de Keir Starmer n'est ni reluisant ni encourageant. Il n'a ni vision, ni programme, ni projet, et il a été jusqu'à présent incapable de réconcilier les différentes factions de son parti (l'aile gauche pro-Corbyn et les modérés pro-Blair). Il n'a pas non plus su tirer profit de la panade dans laquelle se trouvait le parti conservateur.

Le parti travailliste ne s'est toujours pas remis de la victoire du Brexit. Pour contrecarrer les conservateurs qui avaient été la cheville ouvrière de la sortie de l'UE, pour complaire à l'électorat pro-européen des grandes villes, les travaillistes, en compagnie des libéraux, des verts, des nationalistes gallois et écossais, avaient proposé un nouveau référendum en 2019. L'électorat populaire rejeta cette proposition. Des villes tenues par les travaillistes dans le nord de la Grande-Bretagne depuis des dizaines d'années basculèrent du côté conservateurs. Le Labour perdit 6% des électeurs et 60 députés lors des élections législatives de 2019. d'autant qu'il n'avait pas fait oublier la polémique, totalement infondée, sur l'anti-sémitisme de Jeremy Corbyn. Rappelons que parce qu'il était un des  animateurs de la Campagne de solidarité pour la Palestine, Corbyn avait été traité par le Jewish Chronicle de négationniste, de terroriste et d'anti-sémite patenté.

 

D’abord, il fallait faire oublier que les travaillistes avaient désavoué le verdict des urnes en refusant de soutenir le Brexit. Pour se démarquer des conservateurs défendant un Brexit dur et capter l’électorat pro-européen des grandes métropoles, le parti avait en effet proposé un nouveau référendum aux électeurs en 2019. Un positionnement rejeté par l’électorat populaire, que le parti considérait comme lui étant acquis. Nombre de bastions historiques du Labour dans le nord de l’Angleterre basculèrent en faveur des conservateurs, menant les travaillistes à leur pire défaite depuis 1935.

 

Rapidement, Starmer s'est attaqué à la gauche de son parti. Il força Rebecca Long-Bailey (fille de docker, élue d'une circonscription ouvrière) à démissionner de son poste de ministre du cabinet fantôme. Elle avait, elle aussi été accusée d'antisémitisme. Elle avait partagé une interview de l'actrice Maxine Peake (ancienne membre du Parti communiste, avocate des services publics) dans laquelle elle comparait la technique policière du genou sur la nuque, responsable de la mort de George Floyd, à une technique des services de renseignement israéliens. Puis Starmer s'en est pris à Corbyn. Il lui reprocha d'avoir déclaré qu'une posture antisémite existait chez les travaillistes et lui retira sa carte de membre, que Corbyn récupéra après des réactions outrées des syndicats et de nombreux militants grâce au Comité national exécutif. 10% des membres de base du parti ne renouvelèrent pas leur adhésion après ce fâcheux incident. Le syndicat Unite (3 millions d'adhérents), proche de Corbyn, a fortement diminué sa contribution financière au parti (depuis sa création, le parti travailliste dépend largement des aides financières des syndicats). Peu de temps après, Richard Leonard, un autre proche de Corbyn fut expulsé du parti après une visioconférence où d'importants donateurs du Labour avaient demandé son départ.

 

Á cause de son manque d'ambition et de positionnement clair sur l'échiquier politique, le parti travailliste de Starmer ne gêne en rien la gestion des conservateurs. Il a refusé de soutenir les étudiants qui demandaient une baisse des frais de scolarité désormais faramineux et des loyers des résidences universitaires. Ces tuition fees avaient été introduits en 1998 par le gouvernement d'Anthony Blair. Ils sont d'environ 9 000 livres pour les étudiants britanniques et varient de 10 à 70 000 livres pour les étrangers non-européens. Une chambre d'étudiant coûte une centaine de livres par semaine en Irlande du Nord. Le double à Londres. Mais là où l'ancien avocat des droits humains Starmer a vraiment surpris, c'est quand il a demandé à son parti de s'abstenir lors du vote de la loi sur les agents de renseignement (“ Spy Cops Bill ”) qui accorde l'immunité aux espions commettant des actes criminels en mission.

 

Il n'y a plus de programme du parti travailliste mais mais des “ focus groups ” (groupe de recherche qualitative) qui, au coup par coup, sont chargés de réagir à l'agenda gouvernemental. Starmer : un nouveau Hollande ? Oui, parce qu'à force de reniements, de compromis et de compromissions, le parti travailliste est en train de perdre son aile gauche sans rien gagner au centre ou à droite.

Connaissez-vous Keir Starmer, le François Hollande britannique ?
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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 06:01

Je reprends ici un article du New York Times, reproduit par le site suisse l'1dex, sur la violence ordinaire, mais de plus en plus extrême, aux États-Unis.

 

Washington – Halloween a toujours été ma fête préférée. J’adorais accrocher des chauves-souris scintillantes et regarder des films d’horreur à minuit.
Mais pas cette année.
Le monde est trop effrayant. La politique est trop effrayante. L’horreur est trop réelle.
Quand j’étais enfant, le 31 octobre, mon frère aîné mettait un disque vinyle de La Nuit sur le Mont Chauve  de Moussorgski qu’il avait soigneusement nettoyé. Cette musique sinistre a été utilisée par Walt Disney dans le segment de son chef-d’œuvre animé Fantasia consacré à la célébration surréaliste du mal pendant la nuit du sabbat des sorcières.
Chernabog, le seigneur du mal et de la mort, enveloppé d’une cape sombre, se tient au sommet d’un pic déchiqueté, appelant fantômes, sorcières et vampires à tourbillonner hors de la montagne pour lui rendre hommage. J’étais tellement soulagé quand, à l’aube, les cloches de l’église ont sonné et les ont chassés.
Mais maintenant, les mauvais esprits rôdent tout autour de nous. Ils ne seront pas chassés.
L’Amérique semble hantée par la violence aléatoire et la cruauté occasionnelle chaque jour. À New York, les usagers du métro sont poussés sur les rails et des passants innocents sont abattus. Dans tout le pays, des fonctionnaires font face à des complots d’enlèvement, des visites armées à leur domicile, des agressions et des menaces de mort. Aucun endroit ne semble sûr, des parcs aux écoles en passant par le Capitole et les maisons des riches et des notables, censés être imprenables et gardés.
Dans certains États, les femmes – et les filles – qui cherchent à avorter sont traitées comme des criminelles. À Uvalde, au Texas, des enfants terrifiés qui appellent frénétiquement la police sont massacrés par un adolescent psychopathe armé d’un fusil de type AR-15, alors que 376 policiers s’attardent autour de l’école primaire en attendant… quoi ?
Vendredi, le New York Post a annoncé que quelqu’un que je connais, l’ancienne fonctionnaire d’Obama et ancienne présidente de New York City Transit, Sarah Feinberg, a reçu un coup de poing en plein visage à Chelsea par quelqu’un qui marchait dans la bande cyclable.
On apprend maintenant qu’un maniaque s’est introduit dans une maison au milieu de la nuit et a frappé un homme de 82 ans à la tête avec un marteau tout en exigeant de savoir où se trouvait sa célèbre épouse. Parfait pour un film d’Halloween. Sauf que cela s’est réellement produit.
L’une des histoires les plus macabres de l’attaque du 6 janvier contre le Capitole et la démocratie, montée en épingle par Donald Trump, est celle où la foule a parcouru les couloirs, martelant la porte du président de la Chambre des représentants avec des cris à glacer le sang : « Où est Nancy ? ».
La Présidente Pelosi n’était pas là, Dieu merci. Elle se blottissait avec d’autres hauts fonctionnaires dans un bunker sécurisé, lançant appel après appel pour une aide qui tardait à arriver.
Heureusement, elle était en sécurité à Washington avec son service de sécurité, lorsqu’un homme s’est introduit dans sa maison de Pacific Heights à San Francisco, tôt vendredi matin. Il a brisé la porte vitrée du patio et a attaqué son mari, qui s’est battu avec l’agresseur pour contrôler un marteau. Dans un écho émouvant du 6 janvier, l’homme a crié à Paul Pelosi : « Où est Nancy ? Où est Nancy ? » Quand la police est arrivée, l’homme a dit qu’il « attendait Nancy ».
M. Pelosi, un investisseur génial qui aime jouer dans des comédies musicales amateurs et qui est marié à Nancy depuis 59 ans, a appelé le 911, rapporte le Times, ce qui a amené la police à son domicile et lui a potentiellement sauvé la vie. Il a été frappé plusieurs fois aux mains et à la tête avec le marteau et a été emmené à l’hôpital pour être opéré d’une fracture du crâne ; il devrait se rétablir.
La police a déclaré que l’intrus était David DePape, un homme de 42 ans originaire de Berkeley, en Californie. CNN a rapporté que les proches de DePape ont confirmé qu’un compte Facebook crachant des conspirations trumpiennes sur des sujets allant du changement climatique au Covid était le sien. Dans ses messages, il mettait en doute la validité de l’élection de 2020, partageant les vidéos absurdes de Mike Lindell, pousseur d’oreillers et lèche-bottes de Trump. Et il a défendu les émeutiers de Trump qui ont pris d’assaut le Capitole.
Avec sa classe habituelle, Donald Trump a adressé un message de sympathie à la famille de Jerry Lee Lewis, « le tueur » du rock ‘n’ roll, décédé vendredi à l’âge de 87 ans, mais n’a rien dit de la journée sur la famille Pelosi.
Sur Twitter, Adam Kinzinger a exhorté les candidats et les élus du G.O.P. à s’exprimer contre l’attaque « horrible ». Il n’avait probablement pas en tête le type de prise de parole que le gouverneur Glenn Youngkin de Virginie a fait. Youngkin s’est moqué de la tentative d’assassinat : « Il n’y a de place pour la violence nulle part, mais nous allons la renvoyer pour qu’elle soit avec lui en Californie. »
Les démocrates ont eu un beau parcours, sur le changement climatique et la législation sur les armes à feu, et ont bénéficié d’un certain retour de bâton sur le prince noir de la Cour suprême, Samuel Alito. Maintenant, les Républicains semblent prêts à reconquérir la Chambre, et peut-être le Sénat, avec un éventail de candidats incompétents et hypocrites.
« Je ne peux pas croire que quelqu’un puisse voter pour ces gens », a déclaré Pelosi à Carl Hulse du Times lors d’une collecte de fonds.
Mais une humeur féroce s’est installée. Si vous pensez que Washington est monstrueux maintenant, attendez un peu.
Les Pelosi et une Amérique hantée
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3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 06:01

Un article exhaustif de Vladimir Marciac, déjà repris par plusieurs sites, auxquels je me joins très volontiers.

 

En Europe, le premier pays durement touché et surpris par la pandémie a été l’Italie. Elle a crié au secours auprès de l’Union européenne. Mais ce conglomérat de 27 pays qui fut si actif pour écrabouiller et humilier l’un des siens, la Grèce, qui était en difficulté économique, a été totalement inefficace pour aider l’Italie. L’Italie a alors demandé et obtenu l’aide de médecins cubains et vénézuéliens et du matériel médical chinois. Maurizio Massari, représentant permanent de l’Italie auprès de l’Union européenne a déploré que « pas un seul pays de l’Union européenne n’ait répondu à sa demande d’équipement médical ». C’est ainsi qu’un pays de l’Union européenne a été secouru par des pays diabolisés par les États-Unis et l’Union européenne.

 

La pandémie, on va le voir, a été mieux combattue dans les pays communistes que dans les pays capitalistes.


Dans le camp occidental, le Coronavirus a vite pris des couleurs politiques avec, dans le collimateur, la Chine. La Chine serait responsable du virus (Donald Trump l’appelle « le Wuhan virus », le « China virus » ou le « Chinese virus ») soit par accident (manque de précaution dans les manipulations en laboratoire), soit par la consommation d’animaux comme les chauves-souris et les pangolins, soit par machiavélisme anti-occidental. Elle aurait tardé à avertir les organisations sanitaires internationales, comme l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et, si elle a su le combattre avec une remarquable efficacité, c’est grâce à l’autoritarisme du gouvernement.


La vérité est que les premières alertes à Wuhan dans les derniers jours de décembre 2019 ont été traitées dans les premiers jours de janvier 2020 et que, le 12 janvier, le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a communiqué à l’OMS la séquence génomique du nouveau coronavirus identifié (2019-nCoV).


Rappelons que lors de la pandémie de grippe porcine en 2009 des foyers avaient été repérés aux Etats-Unis fin mars, que le virus avait été identifié le 14 avril et que les autorités étasuniennes avaient averti l’OMS le 18 avril.

 

En outre, s’il s’agit d’ouvrir un débat, il faut savoir que les États-Unis disposent d’un laboratoire bactériologique à Fort Derrick dans le Maryland et de nombreux laboratoires de recherche bactériologique dans plusieurs pays du monde le monde. Les Russes en ont découvert en Ukraine.


La question est donc posée pour savoir si la participation de plusieurs centaines de militaires étasuniens aux Jeux mondiaux militaires de Wuhan en octobre 2019, n’est pas à l’origine de la contamination de Wuhan, par un virus échappé de Fort Derrick. Cinq sportifs étasuniens ont eu des symptômes de maladie infectieuse, (fièvre, toux). Ils ont été rapatriés par un avion militaire, sans explication.


Il faut que l’OMS mène des enquêtes à Fort Detrick pour rechercher les origines du nouveau coronavirus.

Politique du « zéro Covid »

Dans l’incapacité de faire face à la pandémie, les dirigeants français ont eu besoin de lancer une offensive pour camoufler les fautes, les erreurs, les mensonges qui ont accompagné chez nous la lutte contre la pandémie. Tout ce que faisait la Chine pour enrayer l’épidémie et notamment les confinements, les restrictions des voyages, était anti-démocratique, dictatorial. Chez nous, le passe sanitaire, les contrôles policiers des convives dans les restaurants et en terrasse des cafés, les interdictions aux non vaccinés de prendre le train, d’aller au cinéma, le confinement, les sanctions pécuniaires élevées, tout cela était parfaitement démocratique, même si les mesures et contre-mesures rendaient cette gestion loufoque et inadapté pour un« zéro Covid » qui ne fut jamais un objectif gouvernemental.

 

Pour bien comprendre comment un pays développé comme la France, le pays de Louis Pasteur qui inventa le premier vaccin atténué (contre la rage), a si mal géré la lutte contre le Covid, il faut prendre en considération trois facteurs :


1- erreurs prévisionnelles de la gestion des stocks : des centaines de millions de masques ont été détruits dans les mois qui ont précédé la pandémie,
2- sur ordres répétés de l’Union européenne, la France a supprimé par dizaines de milliers des lits d’hôpitaux sous les présidences de Sarkozy, Hollande, Macron (même pendant l’épidémie !).
3- le gouvernement a choisi de préserver son économie avant de préserver sa population. L’option « zéro Covid » n’a jamais été retenue. Au contraire, la Chine été critiquée pour l’avoir choisie.

 

S’ajoutent à ces trois causes du fiasco, des terribles erreurs dans l’appréciation de la dangerosité du virus. Mais, là aussi, il ne faut pas perdre de vue que les autorités ont essayé (mission impossible), d’enrayer l’épidémie sans que l’économie en souffre. C’est la raison pour laquelle des mesures contradictoires, incompréhensibles, ont été imposées. Par exemple, l’accès aux cinémas où aux restaurants étaient interdits, mais les citoyens pouvaient s’entasser dans les trains et métros (pour aller travailler). Par exemple, les écoles n’ont pas été fermées (ou trop tard, ou pas toutes) afin que les parents (les travailleurs) ne soient pas bloqués chez eux pour garder les enfants. Par exemple on pouvait boire un café dans un bar, mais à condition de ne pas s’asseoir ! Par exemple les masques, dont la vente avait été un temps, interdite en pharmacie, sont devenus obligatoires.

 

De plus, le vaccin Pfizer était réputé efficace et sans danger. Nos ministres, des publicités dans les médias, les journalistes de la télé disaient que les Français vaccinés étaient préservés et non contagieux. Cette affirmation s’étant révélée fausse, une deuxième dose est devenue obligatoire, puis une troisième. A présent, on sait que le vaccin Pfizer ne protège pas de la maladie (il peut en atténuer les effets, mais on n’a aucun recul sur les effets secondaires à long terme) et qu’un vacciné peut-être contagieux et contracter le virus. Le gouvernement a essayé de préconiser une quatrième dose, mais sans sanctionner ou brimer les Français, car ils ne sont trop nombreux à ne plus être d’accord.

 

Des milliers d’aide-soignants, de pompiers, d’autres encore, qui avaient refusé le vaccin étasunien par crainte d’altération possible de leur ADN et des effets indésirables parfois graves, ont été congédiés et privés de tout salaire. Des artistes, des intellectuels ont eu des mots de mépris ou de menaces contre les réfractaires. Le Président a déclaré publiquement et sans élégance grammaticale qu’il avait envie « d’emmerder » les non vaccinés. On a dressé les Français les uns contre les autres. Les vaccins chinois ou cubains n’ont pas été admis. Or, souvent, ce n’est pas la vaccination qui était refusée, mais la vaccination par un vaccin de « big pharma ». On a manqué de lits pour les réanimations. Les services d’urgences ont été débordés. On conseilla aux malades de rester chez eux et de prendre du Doliprane (Paracétamol).

Les Français ont gardé en mémoire les mensonges successifs suivants :

Le 21 janvier 2020, Agnès Buzyn, ministre de la santé, a affirmé que « les risques de contamination en France ne peuvent être exclus, mais qu’ils « sont très faibles ». Elle a rassuré : « Notre système de santé est bien préparé ».


Le 23 janvier 2020, alors que la province de Hubei et ses principales villes étaient mises en quarantaine, le professeur Didier Raoult, microbiologiste français de réputation internationale, spécialiste des maladies infectieuses, a déclaré : « Il y a trois Chinois qui meurent et ça fait une alerte mondiale. L’OMS s’en mêle, on en parle à la télévision et à la radio. Tout cela est fou, il n’y a plus aucune lucidité ».


Le 16 février, Agnès Buzyn, ministre de la santé a abandonné son poste de combat contre la pandémie pour se présenter aux élections municipales à la mairie de Paris, sous les couleurs du Président Macron, en remplacement d’un autre candidat compromis dans une affaire de moeurs. Elle obtiendra 13,3% des voix.

 

Retour sur le traitement du Covid en France, en Chine et aux États-Unis

 

Le 28 février, après avoir observé ce qui s’est fait en Chine, l’OMS a prévenu que seule une mobilisation de « tout le gouvernement et de toute la société » permettra de vaincre l’épidémie. Le même jour, Olivier Véran, le ministre de la Santé qui à remplacé Agnès Buzyn, a recommandé « désormais d’éviter les poignées de main », en précisant cependant que « le port du masque est inutile pour les personnes qui ne sont pas malades ».


Le 29 février, le Premier ministre Édouard Philippe a détourné un « conseil des ministres exceptionnel » prétendument consacré au Covid-19 pour y préparer en cachette l’annonce surprise devant un Hémicycle quasiment vide (un samedi !) de l’utilisation de l’article 49-3 (c’est-à-dire sans vote des députés) afin d’imposer la réforme des retraites, sujet qui devient donc plus important et urgent que la pandémie.


Le 7 mars, le Président de la République et sa femme se sont rendus au théâtre (sans masque) pour que les Français voient qu’il faut vivre normalement. Le Président a déclaré : « La vie continue. Il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie ».


Le 11 mars, le Président chinois a indiqué que l’épidémie est jugulée en Chine.


Le 13 mars, le Président Trump a enfin proclamé que la lutte contre le « Chinese virus » est une urgence nationale.


Le 15 mars, en France, 44,5 millions d’électeurs ont été appelés à se côtoyer sans masque dans les bureaux de vote pour le premier tour des élections municipales. En sortant de son bureau de vote, le Président de la République a lancé : « On va continuer à sortir pour prendre l’air ». Sa femme, Brigitte Macron se promena sur les quais de Seine à Paris. Sans masque.


Mais le 16 mars, le Président Macron, dans une allocution télévisée va se montrer alarmiste avec ces mots : « Nous sommes en guerre » (contre le virus). Il va répéter le mot « guerre » sept fois.  


Le 17 mars, Agnès Buzyn a avoué avoir menti le 21 janvier.


Le 20 mars, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement a affirmé que « les masques ne sont pas nécessaires pour tout le monde » et qu’elle ne sait pas utiliser un masque (« Et pourtant, je suis ministre »). Cette incompétence sera récompensée puisqu’elle est aujourd’hui secrétaire générale du groupe Adecco France, entreprise spécialisée dans le recrutement en intérim, qui compte parmi les 500 plus grandes firmes mondiales.


Le 21 mars, le ministre Olivier Véran a affirmé que la lutte contre le Covid est « une guerre de positions. »


Le 29 mars, 5,5 millions de masques (sur le milliard commandé par la France) sont arrivés à Roissy en provenance de Chine. Un pont aérien a été mis en place. Il y a 56 rotations de prévues, étalées sur 14 semaines.


Le 8 avril, la ville de Wuhan, a mis fin à un confinement de plus de deux mois.


Le 27 avril la plupart des Français n’ont ni masques ni tests.


Le 6 mai 2020 les personnes âgées qui résident en Ehpad (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) représentaient la moitié des morts attribués à l’épidémie en France (12 769 décès sur les 25 531 recensés à ce moment-là).

 

Chacun peut déplorer le bilan catastrophique du système capitaliste dans la gestion de l’épidémie de Covid-19. Il suffit de comparer le nombre de morts en Chine, aux Etats-Unis d’Amérique et en France et ce, alors que l’épidémie est jugulée en Chine, (et qu’elle n’est pas finie en France et aux Etats-Unis : les chiffres y sont donc provisoires).

Le désastre étasunien

Le pire est observé aux Etats-Unis. Contrairement à la méthode centralisée en France et en Chine, aux États-Unis les décisions de lutte contre la pandémie sont prises par les villes et les Etats. La lutte est organisée par près de 2000 agences de santé aux niveaux national, régional, et local. Ce système, que la Maison blanche présente comme un modèle de démocratie (par opposition au traitement chinois du problème) est en vérité une gabegie mortelle.


En octobre 2022, d’après les chiffres diffusés par le site Statista (Santé et produits pharmaceutiques) les chiffres de morts par Covid dépassent le million aux Etats-Unis (334 800 000 habitants), ils atteignent 152 000 en France (65 050 000 habitants) et seulement 27 800 en Chine (1 448 400 000 habitants). Des centaines de milliers d’Etats-uniens ont péri par suite du dogmatisme idéologique dans la lutte contre la pandémie.

 

Le 2 octobre 2020, un communiqué de la Maison Blanche a fait savoir que Donald Trump (qui apparaissait toujours en public sans masque) est positif au Covid.


Avec les ravages de la pauvreté, les meurtres par armes à feu et le Covid, l’espérance de vie à la naissance aux Etats-Unis est désormais moins élevée qu’en Chine.

L’heure des comptes à rendre ?

En France, le Professeur Christian Perronne, ancien chef de service des maladies infectieuses et tropicales dans un hôpital de la région parisienne, était poursuivi par le Conseil National de l’Ordre des Médecins pour ses prises de position très critiques envers la politique vaccinale du gouvernement. Le 21 octobre il a été blanchi de toutes les accusations dont il faisait l’objet.


Des milliers de plaintes de citoyens ont été déposées devant la CJR (Cour de Justice de la République, seule juridiction qui enquête sur les actes commis par des ministres dans le cadre de leurs fonctions). Elles concernent la pénurie initiale de masques. La CJR a déjà entendue Agnès Buzyn. Une information judiciaire est ouverte contre elle pour « abstention de combattre un sinistre ». Elle a été mise en examen, fin 2021, pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans sa gestion de l’épidémie.


Olivier Véran, ex-ministre de la Santé (aujourd’hui porte-parole du gouvernement), Sibeth Ndiaye, ancienne porte-parole de l’Elysée, devraient à leur tour être convoqués par la commission d’instruction de la CJR d’ici la fin de l’année, ainsi que l’ex-Premier ministre Edouard Philippe que la CJR pourrait mettre en examen pour « abstention volontaire de combattre un sinistre ». 


Agnès Buzyn qui avait dit le 21 janvier 2020 que le virus avait peu de chance d’arriver en France et que, de toute façon, nous étions prêts, avant de reconnaître le 17 mars qu’elle avait menti, a rendu public un document de 600 pages contenant ses échanges avec le Président Macron et le Premier ministre Edouard Philipppe. Ce document, dont elle espère qu’il lui permettra d’affronter victorieusement la justice, indique qu’elle a informé le Président et le Premier ministre dès le 11 janvier et qu’elle n’a pas été entendue : « J’ai l’impression d’avoir face à moi une armée endormie, je n’arrive pas à les secouer ». Notons que 10 jours plus tard, elle mentait aux Français pour en faire un troupeau de moutons endormis.

 

L’heure étant aux confessions préventives, le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique qui a conseillé le pouvoir pendant la pandémie exprime à présent des regrets (Le Parisien du 30 juin 2022).


Dans une interview du 10 octobre 2022, une personnalité politique populaire, Jean Lassalle, qui fut député et candidat à la présidence de la République en 2017, a révélé qu’après une vaccination par le vaccin étasunien Johnson & Johnson en janvier 2022, il a dû subir quatre opérations du cœur et qu’il ne savait pas alors que « le Président Macron, la plupart des membres du gouvernement, nombre de députés n’étaient pas vaccinés. » Cette accusation est grave et elle n’est pas démentie.


L’heure approche où la justice va sanctionner les responsables pour leur gestion de la pandémie, les mensonges, le choix de faire passer l’économie avant les Français, la croissance avant les humains, pour avoir promu des vaccins étasuniens (principalement Pfizer) au détriment d’autres vaccins. Dans les médias, et surtout à la télévision, des « experts » se sont succédé, tous vantant les mérites des vaccins made in USA. Des médecins et journalistes parlaient, parfois payés par les laboratoires pharmaceutiques étasuniens. Ceux-ci engrangèrent des milliards de bénéfices.

 

Magazine mensuel l’Usine nouvelle, 28 juillet 2022 : 
« Les bénéfices de Pfizer toujours dopés par son vaccin et sa pilule anti-Covid 
Le chiffre d’affaires du groupe pharmaceutique Pfizer pour le deuxième trimestre a augmenté de 47% sur un an, tandis que son bénéfice net a progressé de 78%. Un essor principalement dû au succès de son vaccin et de sa pilule anti-Covid, alors que la pandémie est encore loin d’être terminée. Le groupe pharmaceutique américain a annoncé jeudi 28 juillet avoir enregistré un chiffre d’affaires record de 27,7 milliards de dollars au cours du deuxième trimestre, ce qui représente une augmentation annuelle de 47%. Son bénéfice net global a quant à lui explosé de 78%, pour atteindre 9,9 milliards de dollars »

 

Ils ont fait signer aux gouvernements des décharges pour ne pouvoir être poursuivis en cas d’effets secondaires graves. Comme rapportait The Intercept (8 août 2020) : « Un amendement à la loi PREP([Prophylaxie pré exposition)] stipule que les fabricants de vaccins « ne peuvent être poursuivies en justice pour des dommages pécuniaires en cas de lésions causées par des contre-mesures médicales contre le Covid-19. Ces contre-mesures comprennent les vaccins, les produits thérapeutiques et les appareils respiratoires ».


Le New York Times a publié plusieurs articles à ce sujet, signalant qu’Astra-Zeneca, Pfizer et Moderna avaient caché aux scientifiques extérieurs et au public des problèmes liés à ces vaccins.

 

Dans ce contexte, la science, jusqu’alors incontestée, a perdu de sa légitimité et de son prestige. Les grands gagnants ont été des laboratoires pharmaceutiques (« big-pharma ») qui, à défaut de scrupules, disposent de moyens financiers énormes qui leur permettent de manipuler la presse, d’acheter des médecins, des journalistes et peut-être des responsables politiques. Espérons que la justice fera son travail (et pas dans dix ans) et qu’elle pourra traverser l’Atlantique pour faire toute la lumière.


Car c’est de là-bas que la gestion de la pandémie en Europe a été pilotée.

 

Vladimir MARCIAC
1er novembre 2022.

Retour sur le traitement du Covid en France, en Chine et aux États-Unis
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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 06:01

Par Nicolas Framont

 

Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe Leclerc, est un patron dont l’aura médiatique et politique se porte particulièrement bien en ce temps d’inflation généralisée. C’est à lui que BFM va poser ses questions sur la hausse des prix, mais aussi Brut, où le PDG répond directement aux consommateurs inquiets. Politiquement, Leclerc fait consensus. Longtemps proche des hommes de droite comme Nicolas Sarkozy, il posait ce mois-ci au côté du député LFI Alexis Corbière dans le cadre d’une commission d’enquête sur la hausse des prix. Michel-Édouard, comme son père Édouard, cultive l’image d’un homme du côté du peuple contre la vie chère. Au point qu’en 2005, son  entreprise est allée jusqu'à détourner des affiches de Mai 68 pour vanter ses “ combats ” pour des prix bas.

Michel-Édouard Leclerc est-il un gentil patron ?
Michel-Édouard Leclerc est-il un gentil patron ?

Derrière cette belle image de l’entreprise leader de la grande distribution en France se cache pourtant un groupe prédateur, qui a transformé durablement le tissu économique français et changé le visage de ses villes. Derrière son amour inconditionnel des consommateurs, qui est Michel-Édouard Leclerc ?

 

Édouard Leclerc est un commerçant catholique breton qui, après s’être destiné à la prêtrise, s’est lancé en 1949 dans la vente discount avant l’heure, en court-circuitant ses fournisseurs et en baissant les prix dans une période inflationniste. L’histoire officielle comporte son lot de petites exagérations qui donne un vernis romantique à son parcours.

 

Édouard Leclerc s’est rendu populaire en permettant une baisse des prix par les importants volumes achetés. D’autres lui ont emboîté le pas : le quincailler Marcel Fournier, qui lance avec ses associés ce qui deviendra le groupe Carrefour, puis l’héritier des industries textiles Phildar, Gérard Mulliez, qui crée le premier supermarché Auchan. Ces trois personnages lancent un modèle qui va durablement transformer le monde du commerce en France, et modifier le visage de nos villes et de nos villages. Une décennie après la création du premier magasin de Leclerc, les fournisseurs de la grande distribution déchantent : « Alors que la grande distribution s’était appuyée sur les industriels pour briser les grossistes, elle les considère désormais comme ses obligés : elle est devenue un passage obligatoire pour eux. Et cela se paie. En contrepartie de volumes assurés, les différents groupes commencent à exiger des rabais, ristournes, remises et autres petits cadeaux, qui viennent peu à peu tordre la concurrence et brouiller le concept de départ. » apprend-on en lisant l’enquête de Benoît Collombat et Martine Orange (entres autres) Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours. Pendant ce temps, le commerce local souffre et s’étiole.

 

La France devient progressivement la championne de la grande distribution, bien plus que ses voisins. Cela s’est fait avec la bienveillance des élus locaux et nationaux, et grâce à un activisme juridique des groupes pour obtenir gain de cause. Le groupe Leclerc ne s’en cache d’ailleurs pas. Sur son site internet consacré à l’histoire de l’enseigne, une rubrique se nomme “ Les combats contre la législation ”. Elle contient des vidéos pédagogiques pour “ découvrir en image les combats de l’enseigne pour modifier la législation réglementant la distribution ”. Le secteur de la grande distribution s’est imposé de force en France, mais l’histoire de ses fondateurs reste décrite comme une grande “réussite”, une véritable innovation économique qui a changé nos vies. Les Leclerc père et fils ont été les fers de lance de cette évolution à marche forcée.

 

Michel-Édouard Leclerc n’hésitait pas à se retrousser les manches pour permettre à ses adhérents (les patrons des centres Leclerc) de contourner la loi, pour mieux la forcer à évoluer : en 1973, la loi Royer encadre les ouvertures de magasins de grande surface, ce qui déplaît à Leclerc. L’année suivante, alors que l’un de ses adhérents, le patron du centre Leclerc de Rochefort en Charente-Maritime, fait face à la justice qui s’oppose à l’extension de son magasin, Leclerc lui-même descend, bien entouré, et provoque des heurts entre ses partisans d’un côté et les représentants des petits commerçants de la ville, de l’autre. La scène est racontée par Frédéric Carluer-Lossouarn, auteur d’une enquête journalistique sur le groupe (“ Leclerc : enquête sur un système, 2008 ”). A force d’activisme, la loi Royer est fortement amendée en 1993. Le fils, Michel-Édouard, n’est pas en reste quand il s’agit de faire changer la loi. Il cultive son amitié avec Nicolas Sarkozy et obtient de sa part, en 2007, la fin de la loi Galland, qui protégeait les fournisseurs contre les pratiques de la grande distribution. Comme Uber a fait changer la loi de force, par la confrontation physique (en imposant ses VTC contre les taxis) et l’influence politique, […] Leclerc a fait évoluer les règles pour permettre à la grande distribution de régner. Derrière la belle histoire médiatique, les faits moins ragoûtants ont été progressivement gommés.

 

Mais du point de vue de la bourgeoisie, c’est une réussite. Des commerçants fortunés sont devenus des milliardaires, côté Carrefour et Leclerc, tandis qu’un héritier de l’industrie du textile a réussi à devenir champion de la grande distribution et fondé une dynastie où l’on se partage le gâteau : les Mulliez, de l’enseigne Auchan mais aussi Norauto, Cultura, Décathlon, Kiabi, Jules….

 

Tout comme l’ubérisation du travail en France dans la dernière décennie, l’installation du modèle de la grande distribution a constitué aussi une “innovation” sur le plan de l’organisation du travail. La main-d’œuvre commerçante a changé de modèle, en passant de la boutique à la grande surface. L’acte de vente a été “rationalisé”, c’est-à-dire que l’ensemble des tâches ont été découpées et distribuées à un personnel discipliné et dévalorisé.

 

[…]

Michel-Édouard apprend tôt la haine anti-syndicale : en 1989, il est envoyé au front pour faire face à une manifestation syndicale suite à l’ouverture, un 11 novembre, du Leclerc de Brest. Sont envoyés des salariés de différentes centrales d’achats, des patrons adhérents, et le fils, qui, face à la volonté des syndicalistes de négocier dans ce face à face, répond par un bras d’honneur, apprend-on dans l’enquête. La classe.

 

Depuis, les choses ne se sont guère arrangées pour les salariés des centres Leclerc. En 2012, l’Humanité racontait les multiples pressions, chantage ou tentative de corruption vécues par les salariés qui tentaient de se syndiquer à Chalon-sur-Saône. En mai 2022, une enquête lancée par le syndicat CFDT dans le département du Finistère, et portant sur plus d’une soixantaine de centres Leclerc, donne des résultats qui en disent long sur leurs conditions de travail : 66 % des salariés s’estiment épuisés physiquement et 60 % épuisés moralement. 77 % déclarent que la charge de travail a augmenté depuis leur entrée dans l’entreprise, et 64 % travaillent plus d’heures que prévues.

 

Emploi dégradé certes, mais emploi quand même ! A l’heure où la morale sur la “ valeur travail ” a repris des couleurs, y compris à gauche, ne devrait-on pas se réjouir de l’épanouissement, ces dernières décennies, de la grande distribution partout dans le pays ?

 

Eh bien pas du tout. Car la grande distribution ne crée pas d’emploi. Pas du tout. Au contraire. On estime que pour un emploi créé dans la grande distribution, trois sont détruits dans le commerce traditionnel. Exit donc l’image de “créateur d’emploi”. Mais ce n’est pas ça que la bourgeoisie célèbre autour des figures des champions de la grande distribution : c’est celle d’être des “créations d’emplois” dégradés. Remplacer des masses de commerçants plus ou moins indépendants, éclatés dans de nombreux magasin de taille diverses par une armée de caissières, employés et agents de sécurité au sein d’immenses hangars, soumis à des cadences importantes, n’ayant plus aucune autonomie dans leur relation avec les clients et soumis à la surveillance de petits chefs, voilà ce qui peut faire vibrer la bourgeoisie, mais nous ?

 

Édouard Leclerc est décrit comme un “visionnaire”, le genre d’homme capable de changer la donne de tout un secteur. Un vrai “entrepreneur” au sens capitaliste du terme : quelqu’un qui fait bouger les lignes, qui “ disrupte ” comme on dirait dans une start-up. Sauf que la réalité de ce succès repose sur un rapport de force, une brutalisation de la loi et une dégradation des conditions de travail. On pourrait pourtant dire, malgré ces éléments, que la grande distribution a changé nos vies : vers quoi ?

 

L’écrasement des prix pratiqué par les centrales d’achat de Leclerc ou Carrefour est en grande partie responsable de l’appauvrissement et de la réduction du nombre d’agriculteurs dans le pays. Quatre centrales d’achat détiennent 90% du marché, nous explique Reporterre. Par conséquent, le rapport de force entre agriculteurs et grande distribution est complètement déséquilibré, et oblige les premiers à recourir à des intermédiaires comme les grandes coopératives. La destruction de l’agriculture paysanne, à circuit court, a été largement provoquée par le développement de la grande distribution.

 

Désormais, la grande distribution, Leclerc au premier rang, participe de l’inaccessibilité financière des produits issus de l’agriculture biologique pour une bonne partie des Français. En effet, les supermarchés font leur marge sur le bio, de façon complètement indécente et décomplexée. « Si la grande distribution appliquait au bio la même marge [en euros] qu’en conventionnel, le budget annuel d’une consommation de fruits et légumes bio diminuerait de 18 %, soit 121 € d’économie par ménage ! », c’est ce qu’explique UFC Que choisir, cité par nos confrères d’Elucid dans un article très instructif sur les marges dans la grande distribution.

 

La grande distribution a “changé la vie des Français”, oui, en faisant de la voiture un outil indispensable pour pouvoir se nourrir, et en transformant l’abord des villes et villages en zones entièrement réservées à l’accumulation commerciale, absolument déprimantes sur le plan esthétique. Régulièrement, la presse titre sur la “France moche”, celle de ces entrées de villes et de villages défigurées par les zones commerciales. Les Leclerc ont combattu avec acharnement toute législation encadrant l’ouverture de ces zones, dont les hypermarchés Leclerc sont souvent le navire amiral. Leurs adhérents n’ont pas été en reste pour s’imposer par la force … ou la corruption. Condamné pour corruption en 1999, le PDG des Leclerc de la région toulousaine déclarait, lors de son procès, que la règle était de « payer ou ne pas se développer »Selon Libération« le «racket» serait, a-t-il plaidé pendant les débats, l’ordinaire des implantations commerciales en France”. Oui, la grande distribution a changé nos vies : en pire.

 

Michel-Édouard Leclerc, et avant lui son père, a fait sa part. Artisan résolu de l’installation de la grande distribution dans nos vies, il nous a proposé des “prix bas” dans le caddie pour mieux nous rabaisser au travail. Et nous devrions en plus le remercier ?

 

Nicolas Framont

 

Michel-Édouard Leclerc est-il un gentil patron ?
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1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 06:01

Dans une perspective marxiste, la lutte des classes ne “ retourne ” pas : elle est présente, tout le temps, l'histoire s'écrit par elle. Disons qu'actuellement, outre-Manche, l'appauvrissement d'une grand partie de la population est tel que des millions de gens se sentent prêts à en découdre, d'autant que les forces constituées qui leur sont traditionnellement favorables (parti travailliste, confédérations syndicales) sont aux abonnés absents et trouvent par tous les moyens des compromis avec les représentants de la classe dirigeante (parti conservateur, patronat).

 

L'inflation tournant autour de 10% (niveau inégalé depuis 1982), bien des britanniques ne peuvent plus – ou ne veulent plus – payer leurs factures de base (loyer, électricité, chauffage, traites) et ont recours aux banque alimentaires dans une proportion que l'on n'avait pas vue depuis les années trente (100% de plus en 5 ans). Ce qui n'a pas empêché l'éphémère première ministre Liz Truss, dans une provocation à la Thatcher, de baisser les impôts des plus riches et de préparer une dérégulation de l'économie encore plus vigoureuse. Truss fut priée de quitter le 10 Downing Street, non parce que son programme posait problème mais parce qu'elle n'avait pas eu la manière, qu'elle n'avait pas fait preuve de “ pédagogie ”, comme disent nos penseurs libéraux. Á noter que Truss avait été élue par les membres du parti conservateur contre son futur successeur Rishi Sunak car ce dernier avait été puni pour avoir trahi Boris Johnson qui l'avait pourtant nommé ministre des Finances. La vie politique britannique avait alors atteint un niveau de médiocrité sans précédent. Gageons que la politique de son successeur multimilliardaire ne diffèrera pas d'un iota de celle  impulsée par Truss. La guerre sociale ne fait que commencer. Et cela urge, car, selon certains chercheurs, l'austérité a été responsable de plus de 300 000 morts lors de cette dernière décennie (Sanjay Basu et David Stuckler : “ Quand l'austérité tue ”, Le Monde Diplomatique, octobre 2014).

 

Ils sont désormais des dizaines de milliers à manifester régulièrement derrière des bannières “ Enough is enough ” (trop c'est trop). Les gens n'en peuvent plus du coût de la vie, d'une inflation à 10% alors que les salaires n'ont augmenté que de 5%. En quelques mois, le prix du gaz a augmenté de 96% et celui de l'électricité de 54% (le Royaume Uni n'a pas installé de bouclier tarifaires sur les prix de l'énergie). Les superprofits des entreprises énergétiques ont, certes, été taxées à 25%, mais la facture sera lourde pour le gouvernement, donc les citoyens : 150 milliards de livres environ. Á cause, bien sûr de l'arrêt des exportations russes et de la spéculation concomitantes et de l'utilisation des ressources à flux tendu. Par ailleurs, le Royaume Uni étant depuis belle lurette importateur massif de produits alimentaires, la nourriture a augmenté de plus de 10% en un an. Enfin, le regroupement de six prestations sociales majeures, comme les allocations chômage ou logement, en un seul “ crédit universel ”, a enfoncé les pauvres dans toujours plus de précarité.

 

On évalue actuellement à 22% de la population (30% chez les enfants) le nombre de gens vivant sous le seuil de pauvreté. La participation à la guerre en Ukraine a plombé l'économie anglaise. Cette situation va se poursuivre quand on considère les déclarations jusqu'au-boutistes du nouveau premier ministre Rishi Sunak.

 

Le rêve de l'aile droite du parti conservateur est de transformer le pays en un far-west duty free qui ferait de Londres le Singapour européen où les marchés pourraient s'exprimer sans entraves. Élue par 81 000 voix sur 172 000 adhérents, Truss avait formidablement bien balisé le terrain. Par exemple en supprimant la part des factures énergétiques affectées the aux projets écologiques et sociaux. Par exemple en favorisant ceux des Britanniques (principalement des femmes) “ choisissant ” de ne pas rechercher un emploi hors de chez eux afin de s'occuper de leurs enfants ou de leurs parents. Par exemple en baissant le coût des assurances sociales. Par ailleurs, Truss avait fortement marqué les esprits en prévoyant la fin du taux d'imposition à 45%des plus hauts revenus et celle du plafond sur le bonus des agents de change. Elle avait également prévu de supprimer 570 règles relatives au pesticides, à la qualité de l'alimentation et à la santé des consommateurs. Au nom des libertés découlant du Brexit ! Des opposants à ces mesures avaient évoqué un “ vandalisme législatif ”. Elle avait également prévu, de concert avec son nouveau ministre de l'Économie, le gestionnaire de fonds spéculatif Jacob Rees-Mogg (fils de l'ancien rédacteur en chef du Times William Reens-Mogg, conservateur mais beaucoup moins réactionnaire que lui), d'abolir toutes les lois s'appliquant aux entreprises de moins de 500 salariés.

 

Mais l'annonce de cadeaux fiscaux aux plus riches a rendu les marchés dubitatifs car ils devaient être financés par l'emprunt au moment où les taux d'intérêt des banques centrales remontaient. La livre a alors chuté, ce qui a obligé la Banque d'Angleterre d'intervenir pour racheter 65 milliards de livres d'obligation. Le FMI a demandé au gouvernement de réécrire son budget parce que trop inflationniste. Le gouvernement renonça à la suppression de la tranche supérieure d'impôt à 45%. L'impéritie des conservateurs les rendit très impopulaire, avec 20% d'opinions favorables.

 

Au Royaume-Uni, le grand retour de la lutte (des classes ?)

Ayant renoncé au programme progressiste de Jeremy Corbyn, Keir Starmer, ayant pris la tête du parti travailliste en 2020 (un parti né du mouvement syndical en 1900, rappelons-le), opta pour une politique résolument centriste, alors que dans les années 1990 il était marqué à gauche. Il avait ainsi proposé une aide juridique gratuite aux manifestants poursuivis lors des manifestations anti-pool Tax et il avait pris position contre la guerre en Irak. Se targuant d'être désormais “ au centre de la vie politique britannique ”, il écœura de nombreux militants travaillistes. Le nombre d'adhérents du parti chuta de 120 000 à 55 000. En 2022, il refusa de soutenir les grèves au cours de "l'été du mécontentement ” et il interdit aux membres de son cabinet fantôme de s'afficher avec les grévistes.Il fit alors quelques concessions aux sympathisants de son parti en promettant d'arrêter la production électrique d'origine fossile en 2030 et en créant un fonds souverain, identique à celui de Norvège, alimenté par les revenus provenant des énergies renouvelables. Il n'alla tout de même pas jusqu'à évoquer, comme l'avait fait Jeremy Corbyn, une renationalisation de ces secteurs. En matière de logement, Starmer veut désormais poursuivre la politique thatchérienne des années 1980, en poursuivant la privatisation de ce qu'il reste comme logement sociaux et en accordant des emprunts garantis par l'État.

 

Face aux deux partis politiques de plus en plus à droite, il ne reste que l'action syndicale aux Britanniques qui veulent lutter. La grande organisation Trader Union Congress compte 7 millions d'adhérents, contre 13 dans les années 1960. Toujours très organisé, le syndicalisme est craint lorsqu'il se lance dans des actions du type grève, comme chez les cheminots, les employés d'Amazon, les personnels de santé, les postiers. On a même vu des employés – y compris des journalistes – du Daily Express, quotidien conservateur bon teint qui ne cesse de répéter depuis plus de 100 ans que le mouvement syndical “ met l'Angleterre à genoux ”, s'associer à des mouvements de grève après l'échec de négociations salariales. Rappelons qu'outre-Manche, depuis Margaret Thatcher, les grèves non déclarées ou reconductibles sont interdites, qu'elles ne peuvent être lancées qu'après la consultation d'au moins 50% des travailleurs concernés, que les grèves de portée générale (comme la défense des acquis en matière de retraite) sont interdites, tout comme les grèves de solidarité.

 

Les grèves sont actuellement populaires, celles organisées par les cheminots et les transporteurs maritimes en particulier. Mais la bataille est loin d'être gagnée. “ Enough is Enough ” a recentré ses revendications sur des axes clairs : hausse des salaires, baisse des produits énergétiques par la renationalisation de ce qui a été privatisé, de nouveaux logements sociaux, un impôt sur les grandes fortunes, une vraie politique contre la faim et l'accès pour tous à une nourriture de qualité. 

 

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 05:50

Il s’est passé récemment un événement d’une importance considérable qui a été discuté, analysé pendant des heures sur les ondes de BFM et CNews au détriment des faits divers crapoteux qui constituent le menu principal de ces chaînes (j’déconne).

 

Le président Joseph Robinette Biden a obligé les Étasuniens travaillant en Chine à, soit quitter leur emploi, soit perdre leur nationalité étasunienne (je ne suis pas un spécialiste du droit yankee mais je doute que l’on puisse considérer le fait de travailler dans un pays avec lequel les EU ne sont pas en guerre comme un motif de déchéance de la nationalité).

 

La réaction à la menace de Robinette ne s’est pas fait attendre : la plupart des ingénieurs zuniens travaillant en Chine dans les semi-conducteurs ont démissionné, ce qui a entraîné une paralysie de nombreux secteurs de l’industrie chinoise. Le fait est que cette mesure a été rendue effective en 48 heures. Nul doute que les Chinois réussiront, dans un avenir proche, à contourner le problème, mais le fait est qu’ils sont actuellement dans la panade. Tout comme le sont nombres de leurs partenaires étasuniens totalement pris de court.

 

Sans la décision de Robinette, il est clair que les entreprises chinoises de semi-conducteurs auraient fait très mal, dans les années à venir, à la technologie zunienne en la matière.

 

Cette politique s’inscrit dans le droit fil de mesures étasuniennes hostiles à la Chine : 

 

  • Les déplacements à Taiwan de personnages de haut rang (comme Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants).
  • Des bâtiments militaires EU ont navigué dans le détroit qui sépare Taiwan de la Chine continentale.
  • Les EU ont organisé des manœuvres militaires avec l’armée indienne le long de la frontière qui sépare l’Inde de la Chine.
  • Robinette a promis de livrer à la Corée du Sud un système de défense de missiles pouvant être utilisé de manière offensive contre la Chine.
  • Des porte-avions zuniens patrouillent sans arrêt en mer de Chine aux fins d’exercice.

 

La situation est grave (j'déconne pas) !

 

Le blocus étasunien des semi-conducteurs destinés à la Chine
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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 06:01

Le 26 août 2022, le ministère de l’Éducation nationale a publié une note de service très préoccupante : « Agir sur l'organisation du temps scolaire pour identifier un temps périscolaire favorable à l'accès aux acteurs sportifs locaux. Il s'agit, pour les collèges qui souhaitent s'inscrire dans cette expérimentation pour l'année scolaire 2022-2023, d'organiser des créneaux horaires permettant aux élèves volontaires de participer aux activités physiques et sportives proposées par les clubs et associations sportives/socio-sportives de leur territoire. L'offre sportive peut également reposer sur la mobilisation de l'association sportive. Les chefs d'établissement garantissent ainsi jusqu'à deux heures d'activité physique et sportive par semaine aux élèves volontaires, sur des temps identifiés en fonction de la nature de l'activité et des autres paramètres partagés par les membres du groupe projet placé sous la direction du chef d'établissement en relation avec le projet d'EPS de l'établissement et le comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement (CESCE). En tout état de cause, les créneaux horaires dédiés à ces deux heures de sport supplémentaires ne peuvent être alternatifs à un enseignement optionnel. »

 
Dans une perspective tout à fait libérale, l’idée est de mettre en concurrence le sport scolaire et un dispositif expérimental mis en œuvre par les clubs. Il y a donc transfert de biens et de responsabilités publics vers des acteurs privés.
 
Les inégalités entre les régions, les villes de France, vont se creuser du fait de la mainmise, plus ou moins importantes d’acteurs privés, sur les activités sportives scolaires. Seule l’éducation physique scolaire – quatre heures hebdomadaires sont préconisées – peut permettre à tous les enfants de France de pratiquer un sport. Quelle que soit leur origine et leur lieu de vie.
Le banquier jet-skieur détruit l’enseignement de l’EPS dans les établissements publics
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27 octobre 2022 4 27 /10 /octobre /2022 05:01

Si l'on part du principe que tous les enseignants recrutés doivent être titulaires d'un concours en bonne et due forme (Capes ou agrégation) on n'est pas sorti de l'auberge.

 

Il m'est revenu en mémoire le recrutement, assez original j'en conviens, d'un dingue certifié irlandais pour enseigner l'allemand au Lycée Pierre-Gilles de Gennes et au collège Borrely de Dignes. Ce, dans le respect scrupuleux des procédures. Pour pallier l'absence de professeurs titulaires, le rectorat avait puisé dans son vivier de vacataires (alors que, dans le même temps, de nombreux titulaires originaires de la région se morfondaient dans les Ardennes ou dans la banlieue parisienne...).

 

Un homme de 26 ans, évadé d'un asile d'Irlande du Nord, a donc enseigné pendant un mois avant d'être démasqué, de par sa faute car il avait un peu fanfaronné.

 

En 2007, il avait poignardé un homme dans un ascenseur et avait été interné en hôpital psychiatrique « pour une durée indéterminée ». D'abord pour meurtre puis pour blessure sans intention de donner la mort. Son dérangement ne faisait pas l'ombre d'un doute : il prétendait que sa télé lui parlait personnellement et que son poste de radio répétait systématiquement tout ce qu'il disait au téléphone. Il refusait par ailleurs de prendre le moindre médicament.

 

Il s'était évadé et avait voyagé jusqu'en Provence.

 

Les autorités de l'Académie des Alpes de Haute-Provence n'avaient rien remarqué de particulier lors de l'entretien d'embauche chez cet individu qualifié de schizophrène dangereux par les Nord-Irlandais : « La procédure de recrutement a été respectée. Nous n'avons rien remarqué d'anormal. Ce n'était pas un boute-en-train, il était très sérieux, mais enfin, il y a plein de gens comme ça », avait-on dit à l'époque.

 

Des élèves avaient fini par se méfier de son comportement : il était toujours tout seul, ne parlait à personne, regardait fixement devant lui. On commença à s'inquiéter lorsqu'il se vanta d'appartenir au MI-5 et d'expliquer qu'il portait toujours des gants pour ne pas laisser d'empreintes. Sollicitée, la police découvrit rapidement le pot-aux-roses.

 

Après coup, le rectorat demanda à consulter son casier … qui était vierge puisqu'il n'avait commis aucun crime.

 

La FCPE reconnut que la direction de l'établissement avait réagi de manière très réactive mais manifesta son mécontentement : ce laxisme ne pouvait que contribuer à appauvrir le service public et à réduire la confiance des parents dans l'École de la République.

Recrutement des enseignants : on arrête la chochotitude !
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26 octobre 2022 3 26 /10 /octobre /2022 05:01

Autres temps, autres mœurs : à l’époque de la guerre froide, quand le monde était divisé en deux camps, Jean-Paul Sartre pensait que « tout anticommuniste [était] un chien ». En 1961, il écrira, dans sa revue Les Temps modernes, à l’occasion de la mort de Merleau-Ponty, « Les derniers liens furent brisés, ma vision fut transformée : un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. […] Au nom des principes qu’elle m’avait inculqués, au nom de son humanisme et de ses “ humanités ”, au nom de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, je vouai à la bourgeoisie une haine qui ne finira qu’avec moi. »

 

Le jugement péremptoire de Sartre datait de l’après-guerre, à un moment où, lui-même, cherchait une nouvelle voie politique. Il s’estimait marxiste, soutenait la cause communiste sans pour autant adhérer au Parti communiste. Il cherchait une troisième voie dans un refus sans concessions du capitalisme et du stalinisme. Ce qui ne l’empêcha pas, bien au contraire, de soutenir Richard Wright, écrivain étasunien métis (noir, blanc, indien), auteur de l’immortel Black Boy, ancien membre du Parti communiste des États-Unis, exilé en France en 1946, pays dont il demandera et obtiendra la nationalité.

 

Il y a quelques années, Jean Ortiz, militant communiste bien connu dans les Pyrénées, rapportait cette anecdote : « J’ai sur ma table de travail, tamponné Secret, une Liste S du département des Basse-Pyrénées du 8 septembre 1943. La liste fut établie par le régime pro-nazi de Vichy. La plupart des militants y sont fliqués “ terroristes ”, “ subversifs ”, avec une grande précision. On y trouve 62 noms : tous des communistes, excepté deux sympathisants, et un “ ex ”. Cela, un anti-communiste ne le comprendra jamais. »

 

Récemment, France 5 nous a proposé un entretien enregistré en 2006, où Simone Veil racontait sa déportation à Auschwitz à l’âge de 16 ans. Bouleversant, son témoignage était tout en pudeur : sur son tatouage, la faim, le froid et, par-dessus tout, l’humiliation. Mais en un seul moment, elle se lâcha quand elle raconta ses rapports avec les déportées communistes. On retrouva alors la grande bourgeoise viscéralement de droite. De son point de vue – et elle avait raison – elle était là parce qu’elle était juive tandis que les autres avaient été déportée parce qu’elles étaient communistes. Soixante après, elle se percevait toujours comme innocente car elle n’avait rien fait alors que les communistes étaient coupables parce qu’elles avaient agi, ce qu’elle leur avait dit sans aménité. Á ce moment précis du film, sa parole choquait car elle était la plus violente du récit : elle critiquait de manière plus acerbe ces militantes – qui avaient eu la malchance de se faire prendre – que les kapos et les officiers qui leur imposaient une schlague ignoble et les tuaient à petit feu.

L'anticommunisme de Simone Veil
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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 05:01
 

Paradoxalement, dans la société capitaliste occidentale surprotégée, où la gent féminine semble émancipée, quand les féministes et les instances politiques et médiatiques parlent de la femme, c’est toujours comme un être singulier, une personne infériorisée, aliénée, fondamentalement différente de l’homme (toute ressemblance avec le monde musulman, pourtant fustigé pour sa misogynie, serait une pure et fortuite coïncidence). Ironie de l’histoire, le meilleur allié du patriarcat, c’est le néo-féminisme, qui perpétue les mêmes stéréotypes phallocratiques (encore prégnants dans les pays islamiques) et prônent les mêmes traitements différentialistes sexués, réservés exclusivement à la femme, au plan social et judiciaire, tels qu’ils ont cours dans les pays musulmans.

 

En effet, par leur action d’essentialiser les violences commises contre les femmes, leurs mobilisations exhortant les pouvoirs publics à protéger les femmes, à voter des lois spécifiques pour les femmes, elles perpétuent le schéma patriarcal qui infériorise et infantilise la femme. Aux yeux des néo-féministes différentialistes, toute femme, tel un enfant consubstantiellement immature et vulnérable, serait, de par sa nature même, congénitalement en danger, susceptible d’être victime de la prédation masculine.

 

Somme toute, par leur politique féministe essentialiste, les néo-féministes détachent les femmes de la communauté humaine universelle pour les assigner à des statuts particuliers inférieurs, réduites à une minorité à protéger du fait de leur « faiblesse congénitale », leur « vulnérabilité innée ». Ce faisant, elles les placent dans une condition infrahumaine, d’extranéité sociale, c’est-à-dire d’étrangères à la communauté humaine. Comme cela a également cours dans les pays musulmans où la femme est soumise à un statut d’éternelle mineure nécessitant sa protection par un mâle. En Occident, par l’État.

 

Par ailleurs, le néo-féminisme bourgeois contemporain, « intoxidentalisé », c’est-à-dire intoxiqué par l’idéologie misandre et l’arrogance légendaire occidentale, cultive une politique victimaire. Rappelons que, selon le dictionnaire Le Robert, le terme misandre désigne « une femme qui a de la haine ou du mépris pour les hommes ». Dès le début de notre siècle, les dérives du féminisme avaient déjà été dénoncées par Élisabeth Badinter, dans son ouvrage Fausse route. Dans ce livre, publié en 2003, elle fustigeait le « féminisme guerrier », la guerre des sexes, le féminisme misandre, victimaire.

 

Aujourd’hui, les féministes différentialistes instrumentalisent les violences conjugales. Les violences faites aux femmes sont devenues l’arme du féminisme punitif. Sur ces violences résiduelles, elles assènent leurs argumentations victimistes. À chaque violence commise contre une femme par un homme, indécemment instrumentalisée, les féministes brandissent leurs accusations flanquées de leurs immanquables revendications pécuniaires.

 

En effet, dans le dessein de réclamer financement public et subventions privées, le féminisme « martyrologique » a besoin d’assombrir la condition conjugale réservée aux femmes par les hommes. Pour vivre pécuniairement, il a surtout besoin de victimes pour ne pas succomber à la mort associative. Faute de victimes médiatiquement « visibilisées », parfois fabriquées à fins de règlement de compte politique, le féminisme victimaire finirait par tomber dans les oubliettes sociétales. Ainsi, derrière le discours de dénonciation de la violence sexiste, outrancièrement instrumentalisée, s’affairent des associations féministes vénales, financées généreusement par les fonds publics, autrement dit par l’argent du contribuable.

 

Globalement, le féminisme victimaire fonctionne sur un schéma binaire : femme victime (toute femme) /homme bourreau (tout homme). Or, les chiffres des homicides contre les femmes sont en baisse régulière. Les homicides dont les victimes sont des femmes sont en baisse constante (moins 25% depuis 10 ans). En France, 90 tuées en 2020 (79 tuées en 2022), contre 146 en 2019 (cette baisse considérable du nombre de morts est intervenue dans un contexte de crise sanitaire et social, sur fond de confinement, censé avoir accentué les violences intrafamiliales et conjugales, thème amplement relayé par les médias pour éluder les véritables violences sociales et politiques infligées à l’ensemble du peuple par le gouvernement, notamment par l’explosion du chômage, l’augmentation de la précarité et de la paupérisation, la recrudescence de la surveillance et du contrôle social, la répression policière et la militarisation de la société).

 

En réalité, d’un point de vue fondamentalement humain, en matière pénale, statistiquement, dans l’ensemble des pays, les premières victimes des violences en général sont largement les hommes. Les femmes ne constituent qu’un très faible pourcentage en matière de violences, à plus forte raison d’homicides. Certes la violence létale est majoritairement perpétrée par les hommes, mais les principales victimes de cette violence sont essentiellement les hommes eux-mêmes. « Selon les données fournies par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, dans le monde, 78,7% des victimes d’homicide sont des hommes, et dans 193 des 202 pays ou régions répertoriés, les hommes étaient plus susceptibles d’être tués que les femmes ».

 

De fait, au sein de la société capitaliste mondiale contemporaine, chaque année plus de 750 000 personnes meurent de violences liées à des conflits armés et à la petite ou grande criminalité dont une grande majorité 490 000 en dehors des zones de guerre, c’est-à-dire dans la société civile, victimes de la criminalité inhérente au capitalisme. Le féminisme ne dénonce jamais ce génocide perpétré par la société capitaliste criminogène et belligène.

 

En vérité, les violences conjugales impliquent parfois les deux sexes. La conception angélique selon laquelle les femmes seraient toujours les victimes et les hommes toujours les agresseurs est fallacieuse. Dans un couple, certes l’homme peut faire preuve, in extremis, de violence, mais la femme manifeste également une réelle violence verbale et psychologique, voire physique. Cette violence est minimisée, voire ignorée, par les féministes. Un tiers des victimes de violences physiques dans le couple sont des hommes. Officiellement, 20% des hommes sont victimes de violences conjugales, un chiffre en réalité sous-évalué du fait du tabou lié à la difficulté pour les hommes de se confier, d’être crus.

 

Du point de vue juridique, le discours féministe véhicule l’idée selon laquelle les violences conjugales ne seraient pas suffisamment jugées ni condamnées. Or, l’histoire des annales pénales prouve le contraire. Depuis le XIXe siècle, les violences conjugales sont toujours sévèrement punies, la violence de l’époux constituant par ailleurs un facteur aggravant, donnant lieu à une condamnation sévère.

 

Loin de nous l’idée de nier l’importancede la violence commise contre les femmes par leurs conjoints, en particulier les assassinats des femmes, il convient néanmoins de replacer cette violence et ces meurtres dans le contexte actuel du développement exponentiel de la violence protéiforme générée par le système capitaliste belligène en pleine putréfaction. Comment définir et qualifier ces meurtres de masse perpétrés fréquemment par des jeunes adolescents à peine pubères, notamment dans les établissements scolaires, dans la plus grande démocratie du monde, les États-Unis, mais aussi dans de nombreux pays civilisés occidentaux ? Selon les statistiques publiées par la police fédérale (FBI), les États-Unis ont enregistré plus de 21 500 homicides en 2020, soit près de 59 par jour. Un grand nombre de ces homicides est perpétré par des enfants âgés de 10 à 19 ans. Depuis 2012, il y a eu 3865 fusillades de masse. Cette année, depuis le début de l’année 2022, presque 220 fusillades sont survenues aux États-Unis. Soit plus d’une fusillade par jour. L’an dernier, il y a eu 692 fusillades, commises également par des adolescents. 25 mineurs meurent chaque semaine par balle et 91% des enfants tués dans le monde par des armes à feu, le sont aux États-Unis. Cette violence juvénile et infantile est autrement plus dramatique et meurtrière. Pourtant elle ne suscite pas le même émoi, le même effroi, la même indignation, la même fureur.

 

Aujourd’hui, le féminisme vindicatif tente de prendre en otage le droit en s’arrogeant le monopole de la représentation de la souffrance légitime. Or, il n’en est rien. Aucun durcissement du code pénal n’est susceptible d’apporter un adoucissement de la société. Même l’existence de la peine de mort n’a jamais enrayé la criminalité, comme la société étasunienne criminogène l’illustre.

 

Contre cette dérive judiciaire féministe, les opposants (les juges et les avocats) à « l’exceptionnalité juridique féminine », notamment la codification du féminicide, invoquent le principe d’égalité devant la loi. Selon les juristes opposés à toute « exceptionnalité judiciaire » et codification, l’institutionnalisation du féminicide vise à s’appliquer à une catégorie de la population. Or, cette application porte atteinte au principe d’universalisme du droit et d’égalité des citoyens devant la loi pénale. L’incrimination spécifique du féminicide a pour objectif de sanctionner plus diligemment et plus sévèrement les auteurs du crime. Toujours est-il qu’avec cette spécification juridique, à situation identique, l’auteur d’un meurtre ou de violences perpétrées contre une femme se verrait appliquer un traitement judiciaire distinct et une condamnation plus lourde que le coupable de forfaits identiques commis à l’encontre d’un homme. Au final, cela reviendrait à considérer le meurtre d’une femme plus répréhensible que celui d’un homme. Ce qui serait, au plan humain et moral, inacceptable.

 

Cela confirme l’exception d’extranéité dont les féministes veulent se prévaloir devant les tribunaux pour échapper à la justice de droit commun s’appliquant à tous les justiciables, sans distinction de sexe. Rappelons que le concept d’extranéité est originellement un terme juridique désignant un individu ou groupe d’individus qui, dans une société donnée, ne bénéficie pas de l’accès aux droits et devoirs de de celle-ci mais se voit appliquer les lois de sa société d’origine. En l’espèce, les néo-féministes militent, en vertu de ce statut d’extranéité auto-attribué, excipé comme un droit, pour bénéficier d’une justice rendue en fonction de leur sexe d’origine, c’est-à-dire féminin, et non pas du droit universel.

 

En tout état de cause, la question des violences contre les femmes n’est pas un problème féminin (féministe) mais un dramatique problème de société. Encore une fois, il n’est pas dans les projets de la nature humaine de s’autodétruire : le ver n’est pas enfoui dans la tête de l’homme mais tapi dans le giron de cette société capitaliste criminogène. Le mal n’est pas d’abord dans l’homme, mais dans la société. Le capital, comme le féminisme, met sur le compte de la psychologie de l’homme la malice des faits sociaux. Par cette opération de manipulation consistant à condamner uniquement le Mâle, elle exonère le Mal de la société capitaliste, autrement plus meurtrier et génocidaire : l’exploitation et l’oppression salariales, les guerres, les famines, les exodes, etc.

 

Aussi, les féministes misandres ne contribuent-elles nullement, par leurs gesticulations stériles et leur combat sectaire, à féconder le débat, à sensibiliser l’ensemble des membres de la communauté humaine à cette cause sociale universelle. « La théologie morale, c’est l’impuissance mise en action. Toutes les fois qu’elle s’attaque à un vice, elle a le dessous », notait Marx. Autrement dit, les exhortations morales échouent lamentablement à vaincre le mal. Telle est la situation du féminisme moraliste bourgeois. Le féminisme veut changer les hommes sans changer la société. Or, la société de classes, fondée sur la propriété privée des moyens de production, engendre toujours avec elle l’exploitation, la division des classes, la domination politique et sexuelle, la guerre, la violence, le crime.

 

Fondamentalement, toutes les victimes, de sexe masculin ou féminin, méritent un traitement judiciaire égalitaire. Toutes les victimes de violences physiques et létales méritent une empathie identique de l’ensemble de la communauté humaine. Aucun homme, ni aucune femme, ne doit être répertorié comme violent en raison de son appartenance sexuelle. La « genrification » en matière judiciaire est nuisible à la société.

 

En vérité, historiquement, les violences envers les femmes et les hommes ont considérablement baissé. La condition de la femme contemporaine ne ressemble aucunement à l’ancienne sinistre époque où elle était totalement asservie. Le temps est à la poursuite de ce progrès et non à la stigmatisation des hommes jetés en pâture par un certain féminisme misandre comme les coupables tout désignés de la violence résiduelle encore prégnante au sein de la société.

 

Le féminisme misandre, dans sa guerre des sexes, pour polluer la lutte des classes par ses divisions entre femmes et hommes et diversion politique, rivalise d’ingéniosité pour jeter l’opprobre sur tous les hommes, accusés de tous les maux de la société.

 

Dans la conception féministe fanatique, chaque homme porte sur ses épaules le poids des violences commises contre les femmes, en vertu de la présomption de culpabilité de la globalité de la gent masculine. Et doit faire ainsi pénitence de ces péchés criminels perpétrés contre les femmes. Mieux : repentance, pour s’absoudre de ces violences conjugales et « féminicides ».

 

Comme nous l’avions souligné dans notre précédent texte consacré aux dérives du néo-féminisme (1), le féminisme contemporain s’est pitoyablement dévoyé. Aujourd’hui, l’émancipation de la femme se réduit à s’ingénier à singer les comportements masculins, emprunter les pires travers des hommes, comme si le modèle masculin était le prototype idéal à égaler, à surpasser.

 

Par leur volonté effrénée d’égalisation, d’identification au modèle masculin, les femmes se doivent d’avoir les mêmes aspirations, occuper les mêmes emplois, embrasser les mêmes carrières, adopter la même mentalité de prédation, les mêmes mœurs de domination. Une femme qui ne se conforme pas ces conventions sociales masculines bourgeoises est taxée d’archaïque, de conservatrice. Le néo-féminisme sectaire intoxidentalisé est totalitaire car il est contre la liberté individuelle féminine, la diversité en matière de choix dans la structuration de l’identité de la femme. Toute femme se doit d’intégrer le modèle dominant occidental dans la construction de sa féminité. En l’espèce, il ne s’agit nullement d’une émancipation féminine, mais d’un asservissement à l’archétype du féminisme libéral et libertaire outrancièrement idéologique, propagé tel un virus par l’Occident sénile et décadent.

 

Nous savions, grâce à Freud, que le cerveau de l’homme n’est que l’appendice de son sexe. Avec le néo-féminisme intoxidentalisé spectaculairement vagissant, nous découvrons que les questions sexuelles sont devenues le fil d’Ariane obsessionnel de l’activité militante des féministes contemporaines : focalisation sur les conduites sexuelles, discours apologétique sur la théorie du genre, campagne idéologique d’hétéro-phobie sur fond de misandrie pathologique, promotion pédagogique de l’homosexualité dans les établissements scolaires, sexualisation du vocabulaire, genrification grammaticale, etc.

 

Aujourd’hui, parmi les stratégies d’occultation de la violence de classe contre le prolétariat figure l’instrumentalisation des violences faites aux femmes. Cette médiatisation des violences sexistes a pour dessein d’occulter les violences sociales, de dépolitiser les rapports sociaux de domination pour focaliser la conflictualité sur les prétendus rapports de pouvoir asymétriques qui régiraient les relations entre femmes et hommes. La lutte des classes est remplacée par la guerre des sexes.

 

Le néo-féminisme outrancier, favorisé par le capital, s’intègre dans le processus de désagrégation de la communauté humaine, aujourd’hui divisée socialement en deux classes antagonistes (bourgeoisie et prolétariat), en de multiples segments : ethniques, religieux, communautaires, sexuels, identitaires, dans le dessein de briser l’élément social essentiel, l’appartenance de classe. En lieu et place de la lutte des classes sont ainsi favorisés la lutte des races, les conflits de religions, les tensions communautaires et, bien évidemment, la guerre des sexes, chère aux néo-féministes hystériques et belliqueuses, toujours promptes à en découdre avec le mâle mais jamais avec le capital, à livrer bataille aux hommes mais jamais aux institutions bourgeoises. Tout cela pour le plus grand profit du capital qui peut continuer à nous livrer sa guerre sociale en paix, et nous livrer paisiblement sur les lignes de front dans cette période de guerre généralisée en préparation.

 

Soutenir, comme le proclament les féministes, qu’il existerait une « Question femme », c’est-à-dire une problématique féminine, c’est cautionner la conception sociologique bourgeoise selon laquelle la société est formée, depuis toujours, d’une juxtaposition de communautés spécifiques, ostracisées ou opprimées par d’autres communautés supposément dominantes. Aussi, « dans l’intérêt générale de l’unité nationale, afin de préserver la cohésion sociale, l’objectif politique serait d’œuvrer collectivement, par-delà les différences religieuses ou ethniques, et les clivages sociaux, à l’instauration de réformes démocratiques aux fins d’harmoniser la cohabitation entre les différentes communautés ». Cette mystification bourgeoise, défendue par des mouvements communautaires disparates et hétéroclites, prônant un meilleur aménagement des conditions sociales (toujours à l’intérieur du capital) et une optimale intégration démocratique de chaque membre d’une communauté dans la nation ou la République, selon la terminologie bourgeoise, participe de la politique de dissolution du prolétariat dans de multiples segments et, corrélativement, du maintien et de pérennisation de la société d’exploitation capitaliste. Elle arrange grandement le capital. C’est la raison pour laquelle il soutient le féminisme. Le féminisme (l’antiracisme, l’écologisme) est un excellent dérivatif. C’est le meilleur antidote contre la lutte des classes. Le meilleur poison pour anéantir politiquement le prolétariat, c’est-à-dire sa conscience de classe et sa combativité révolutionnaire.

 

Selon le discours misandre des féministes occidentales, ce n’est pas l’entreprise qui est le lieu d’exploitation et d’oppression par excellence, de viol psychologique (objectivé notamment par les humiliations et harcèlements) et de vol de la force de travail (extorsion de la plus-value), mais la maison qui serait devenue l’endroit où les femmes courraient le plus grand risque, dès lors que cette maison est partagée avec un homme, qu’il soit son mari, son compagnon.

 

Voilà un exemple parmi des milliers d’autres qui illustre ces dérives féministes misandres : une universitaire-chercheuse féministe, après avoir commenté une enquête sur les femmes victimes de violences, conclut par cette observation symptomatique du climat de défiance manifesté à l’égard de l’homme et de l’institution conjugale et familiale : « toutes les données convergent pour souligner la dangerosité de la sphère familiale et conjugale pour les femmes ». « Un modèle familial hautement pathogène, car fondé sur l’emprise d’une représentation traditionnelle de la famille où domine l’appropriation des femmes ». Moralité : l’homme et la famille représentent un danger pour la femme. Conclusion implicite de cette posture féministe jusqu’au-boutiste misandre : « femmes, restez célibataires ou mariez-vous avec une femme ! ». L’objectif de ce féminisme bourgeois fondé sur la multi-sexualité (dite libérée) et la remise en cause des normes hétérosexuelles, donc la glorification des théories du genre, est de pulvériser le prototype du couple « normal » prolétaire, dernier rempart de la collectivité humaine unifiée où se construit distinctement l’identité sexuelle différenciée féminine et masculine.

 

Cette idéologie féministe misandre est dangereuse. Ce terrorisme intellectuel d’une minorité d’activistes féministes crée une nouvelle forme de bellicosité, un nouveau genre de guerre : une guerre de genre.

 

Pour paraphraser le slogan des féministes débridés hystériques, symbolisé par « BalanceTonPorc », j’appelle l’ensemble de l’humanité à lancer un mouvement international contre les dérives du féminisme intoxidentalisé, baptisé « Balançons les cochonnes féministes misandres » (dans les poubelles de l’Histoire, avec leurs commanditaires : les capitalistes et les gouvernants).

 

 

(1) 13 octobre 2022. « Offensive de l’offensant féminisme misandre et inquisitorial », les 7 du Québec

 

Source : Les 7 du Québec

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