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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 05:25

Très fin observateur de la vie politique française, Raoul Marc Jennar a écrit cet article quelques jours avant l'élection présidentielle, dans son blog.

 

I

Il se dit et s’écrit beaucoup que face au mal immédiat et définitif que représenterait l’élection de Mme le Pen, celle de Macron n’apporterait, à tout prendre, qu’un mal passager.

 

C’est perdre la mémoire et s’aveugler.

 

Perdre la mémoire, car c’est oublier que jamais il n’a été possible de revenir sur une avancée néo-libérale depuis 1983.

 

Jamais, il n’a été possible de revenir sur un traité européen. Quand deux peuples, par la voie du référendum, l’ont tenté, en 2005, on leur a infligé le plus antidémocratique des démentis.

 

A-t-il jamais été possible de revenir même sur une directive européenne ? Il suffit de constater l’impossibilité de réviser la directive sur les travailleurs détachés, qui organise la concurrence déloyale entre travailleurs de différents pays de l’UE pour s’en convaincre. Pas une seule fois, une avancée antisociale initiée par l’Union européenne n’a pu être remise en question.

 

A-t-il été possible de revenir sur les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne dont certains membres détiennent tout à la fois du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ? Jamais.

 

A-t-il été possible de modifier les décisions européennes une fois qu’elles ont été intégrées dans le droit national ? Jamais.

 

A-t-il été possible d’empêcher les opérations successives de démantèlement du droit du travail ? A-t-il été possible de revenir sur les reculades successives du régime des retraites ?

 

MACRON ne sera pas « un mal passager »

On peut, comme certains, se dire qu’on va faire grève, qu’on va manifester, bref que s’agissant de Macron, le problème se règlera dans les luttes. Cela suffit-il à rendre Macron tolérable ? Cela suffit-il pour faire silence aujourd’hui sur son programme ?

 

Macron répète deux choses : « il ne cèdera en rien » ; il demande « un soutien large ». C’est le message claire d’un thatchérisme à la française. C’est la route ouverte à la violence patronale et bancaire.

 

Macron imposera sa volonté puisqu’il bénéficie du soutien du monde de la finance, de celui des affaires et des médias, dont les uns et les autres sont propriétaires.

 

Ce que Macron transformera demeurera.

 

Rappeler les dangers d’un parti qui plonge ses racines dans Vichy, c’est indispensable. Passer sous silence la révolution conservatrice qui se prépare, c’est irresponsable.

 

Il faut résolument s’opposer à Le Pen. Mais cela ne peut en aucune façon conduire à relativiser et à minimiser le danger majeur que représente aussi l’élection de Macron.

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 06:51
Macron : la révolution !
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Published by Bernard Gensane - dans Politique Jokons
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 05:30

On se demande parfois d'où vient le candidat Macron. Du cerveau de Hollande, tout simplement. Je ne saurais dire si l'un a manipulé l'autre, si l'autre a manipulé l'un, s'ils ont œuvré de conserve. Tout est dans le célèbre ouvrage de Lhomme et Davet, Un président ne devrait pas dire ça. Plus précisément au début du chapitre 7, intitulé “ Le liquidateur ”.

 

Le liquidateur

 

Espérer, c’est démentir l’avenir.

Emil Michel Cioran

 

Le vacherin, fraise et glace vanille de Tahiti, nous faisait carrément de l’oeil. Et subitement, avant même d’avoir attaqué la meringue, François Hollande a eu ces mots définitifs, surprenants, lâchés au terme d’un long et rare exercice d’introspection politique : « Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri. »

 

C’est du Parti socialiste qu’il parle, ce soir-là, 11 décembre 2015, devant nous. «Son» PS, dont il envisage ainsi froidement la dissolution. En vue de sa réélection, en 2017, il mise sur une recomposition de sa famille politique.

 

Car il compte bien y aller, évidemment.

 

Trop envie d’en découdre, de renouer avec ce sentiment exaltant que procure une campagne présidentielle, cette excitation propre à toute conquête, ces poussées d’adrénaline au moment des grands débats télévisés…

 

De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy…

 

Ils ont tous retenté leur chance, avec plus ou moins de succès. Le pouvoir est un opiacé et François Hollande, incarnation même de l’homo politique, n’est pas le moins accro. Avec son fatalisme coutumier, il nous confie, début 2016 : « Je pense que si je n’ai pas les résultats, que je sois candidat ou que je ne sois pas candidat, la droite gagnera et la gauche perdra. N’importe qui à gauche et n’importe qui à droite, s’il n’y a pas les résultats. S’il y a des résultats et la dynamique qui laisse penser qu’il y en aura, ce n’est pas gagné, mais alors, ça se joue. Sinon, c’est perdu. On dira, vous, vous écrirez, peut-être : finalement il a fait des réformes, il a tenté… »

 

Pour cette nouvelle campagne, il le sait pertinemment, répondre aux attaques de la droite, tourner en ridicule ses propositions, se délecter de la primaire fratricide opposant Sarkozy, Juppé et consorts, tout cela ne lui suffira pas à convaincre les Français de lui refaire confiance.

 

Il part de très loin. Sa réélection ? Plus qu’une gageure, une mission quasi impossible. Lui y croit, au mépris des cassandres qui lui prédisent, au mieux, un destin à la Jospin, humilié au premier tour de la présidentielle de 2002.

 

Son salut réside sans doute dans la prise de risques. Lui-même constatait en octobre 2015 : « Une campagne, c’est du risque. » Il va lui falloir forcer sa nature. En tout cas, il a déjà esquissé un programme. Mieux, donc, dans l’idée de provoquer un électrochoc, à gauche, il veut porter le coup de grâce à ce Parti socialiste totalement nécrosé, dont il pressent qu’il est arrivé au bout d’une histoire vieille de près d’un demi-siècle – le PS fut fondé en 1969 sur les décombres de la SFIO.

 

Il a même imaginé un nom pour ce nouveau mouvement. Les dîners présentent cet avantage de délier les langues. Il faut croire qu’un président de la République n’échappe pas à la règle. Alors, entre le boeuf bourguignon et le fameux vacherin, Hollande s’est épanché sur cette refondation du PS qui, dit-il, le hante depuis «longtemps ». Après quelques considérations sur le paysage politique, le chef de l’État en est venu à l’essentiel. « Tant qu’il y avait des partis de gauche, les communistes, les Verts, qui acceptaient de faire alliance avec le PS et qui représentaient quelque chose, on n’avait aucun intérêt à refondre le PS, commence-t-il. Mais dès lors que ces alliés se sont rigidifiés, sectarisés, il faut faire sans ces partis-là.

 

Comment ? Avec le parti le plus important, on en fait un nouveau qui permet de s’adresser aux électeurs ou aux cadres des autres partis. Ce que vous ne faites plus par les alliances, vous le faites par la sociologie. Par l’élargissement. C’est une oeuvre plus longue, plus durable, moins tributaire d’alliances. Vous pouvez imaginer que viennent aussi des gens qui n’ont jamais fait de politique partisane, des gens du centre… » Ça ne peut pas être un jeu d’appareil, insiste Hollande, parce que ce n’est pas en additionnant les socialistes, un bout de Radicaux, quelques communistes et quelques écologistes, c’est en disant : voilà, on fait une grande formation politique…»

 

Ce nouveau mouvement, susceptible de réunir toute la gauche dite de gouvernement, Hollande imaginait alors le lancer dès le « début de l’année 2016 ». Il a pris du retard, manifestement. Ou n’a pas osé franchir le pas. « Il y a intérêt à le faire dans la perspective d’une élection présidentielle plutôt qu’au lendemain », justifie-t-il, pourtant, ce 11 décembre 2015.

 

 

Et pourquoi pas dans le cadre de la campagne de 2017 ? « Non, dit-il, ça ne marche plus, ça fait “coup”. Ou cela fait accompagnement du candidat. » Une évidence à ses yeux : « Ce n’est pas à moi de le faire. » Qui alors pour porter un tel projet, révolutionnaire pour le coup, si ce n’est le premier secrétaire du parti, l’expérimenté, le fiable et surtout l’hyper-manoeuvrier Jean-Christophe Cambadélis ?

 

« Cela devrait être lui, normalement, approuve Hollande. Il n’a pas tellement le choix, d’ailleurs : qu’est-ce que ça devient, son organisation ? Il dit qu’il est prêt. Et Valls est pour. » Le contraire eût été étonnant : depuis dix ans, le Premier ministre, partisan d’une totale mise à jour du vieux logiciel socialiste, ne manque pas une occasion de souligner l’urgence d’un changement de nom, censé symboliser l’entrée dans une nouvelle ère.


 

Macron : Hollande avait tout pensé !

Un chamboulement susceptible de contrarier les vieux militants socialistes. « Il y en a de moins en moins ! balaye crûment Hollande. Et puis, le propre d’un électeur ou d’un militant socialiste, c’est de vouloir gagner. Ce n’est pas de conserver. Mais il faut garder Jaurès, on a une histoire, on ne vient pas de nulle part. »

 

« Il faut créer quelque chose qui ne soit pas factice, insiste-t-il. Si c’est factice, on nous dira : c’est un tour de prestidigitation, on a compris. Vous avez fait un coup comme Sarkozy avec l’UMP, pour échapper à la justice électorale au moins ! Il faut dire que c’est l’hériter du PS. Le PS ne peut se dépasser que si d’autres viennent le rejoindre. Chaque fois que j’en parle à Cambadélis, il me dit :

 

“On va le faire, on va le faire.” Mais ça tarde. »

 

Il faudrait encore trouver une dénomination, un choix plus que délicat.

 

« Le meilleur nom qu’on pourrait trouver, c’est le “Parti de la gauche”, quand on y réfléchit bien », confie-t-il. Oui, mais Jean-Luc Mélenchon a déjà préempté la marque. Au fer rouge.

 

« Comme on ne peut pas s’appeler comme ça, opine Hollande, il y a le “Parti du progrès”. Le parti des progressistes. On peut y mettre les écolos. C’est facile à comprendre : vous êtes pour le progrès ? Oui. Le progrès social, humain. »

 

Le Parti du progrès, donc. Un nom qui ne fait pas franchement rêver. Sobre et abstrait, consensuel et conceptuel, à l’image de son promoteur, tout simplement. «De toute façon, il faut bouger », assure-t-il.

 

Près d’un an après ces confidences assez sensationnelles, rien n’a vraiment avancé. Cambadélis semble avoir reculé devant l’obstacle, même s’il a lancé, au printemps 2016, sa Belle Alliance populaire, supposée ramener au bercail les déçus du Hollandaise. Et comme Hollande ne veut pas apparaître en première ligne…

 

Ce n’est que partie remise. Débaptiser un parti riche d’une telle mémoire ne sera pas chose facile, mais c’est sans doute le sens de l’histoire. Au mieux social-démocrate, le PS n’a plus grand-chose de socialiste. Il n’est plus, depuis bien longtemps, le parti des classes populaires, et sa conversion à l’économie de marché est désormais totale.

À l’évidence, il ne déplairait pas à Hollande, incarnation du syncrétisme politique, d’être celui qui aura permis au PS d’effectuer sa mue, comme l’ont fait, avant lui, le Britannique Tony Blair avec le « New Labour » ou l’Allemand Gerhard Schröder au sein du SPD. Quitte à prôner une politique de centre-gauche – voire centriste tout court, sur certains plans plus sociale-libérale que sociale-démocrate, autant l’assumer jusqu’au bout. Sortir enfin de cette ambiguïté dans laquelle François Hollande s’est lui-même trop souvent complu. De toute façon, s’il ne le fait pas, Manuel Valls se chargera de la besogne, sans aucun état d’âme. Lui dont le voeu le plus cher est d’en finir une bonne fois pour toutes avec les tenants de l’orthodoxie socialiste, frondeurs ou pas, totalement en décalage de son point de vue avec le monde du XXI siècle. Le Premier ministre se rêve en Matteo Renzi français. Le jeune et flamboyant président du Conseil italien est lui aussi classé à la droite de son mouvement de centre-gauche, le Parti démocrate. Cela fait un bon moment, déjà, que l’ex-maire d’Évry, théoricien des « gauches irréconciliables », juge nécessaire une « clarification » au sein du PS, opération dont il ne lui déplairait pas d’être le maître d’oeuvre. Si ce n’est pas pour ce coup-là, il patientera. L’avenir lui appartient.

 

Contrairement à une idée longtemps propagée, au cours du quinquennat Hollande, les deux hommes n’ont jamais été en concurrence dans l’optique de la présidentielle de 2017. Le président nous redit sa confiance totale dans la fidélité de son Premier ministre. Non, Valls ne le trahira pas, il ne se lancera pas dans la course contre Hollande. Ne serait-ce que parce qu’il n’y aurait aucun avantage… « C’est son intérêt, explique Hollande. Il se dit : “Si ça ne marche pas, pourquoi j’irais moi au casse-pipe ?” Il préfère dire : “Finalement, Hollande a fait ce qu’il a pu, je l’ai soutenu, ça a été honorable, on a perdu, je serai le candidat pour 2022.” C’est humain. Ça ne veut pas dire qu’il le sera, car pour 2022, il y aura d’autres inconnues. Mais il peut se dire : “Après, qu’est-ce que j’ai ? J’ai Montebourg, je n’en ferai qu’une bouchée le moment venu, Aubry, ce sera terminé, Ségolène, ce sera terminé, Hollande aura donné ce qu’il pouvait…” Voilà. Dans sa génération, sauf à être dépassé par un plus jeune… » Emmanuel Macron, par exemple.

 

S’il devait se choisir un successeur, entre Valls et Macron, la loyauté d’un côté, l’ingratitude de l’autre, Hollande n’hésiterait pas.

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 05:45

J'ai regardé le Journal télévisé de France 2 le 28 avril 2017 à 13 h. Le premier sujet était présenté ainsi par Marie-Sophie Lacarrau : "Jean-Luc Mélenchon pressé de toutes parts. Que fera le candidat de la France insoumise le 7 mai prochain ? Il doit sortir de son silence aujourd'hui. De plus en plus de voix s'élèvent pour qu'il donne une consigne de vote claire et précise".

 

Après un bref sujet sur le manque de présidents et d'assesseurs pour le deuxième tour, compte tenu de l'élimination, au premier tour, des candidats L.R. et P.S., qui avaient fourni d'importants contingents pour tenir les bureaux de vote, on repasse à Jean-Luc Mélenchon.

 

Marie-Sophie Lacarrau : "Et ce vendredi, on attend surtout la déclaration de Jean-Luc Mélenchon, qui doit s'exprimer sur les réseaux sociaux. Que fera-t-il pour le second tour ? Donnera-t-il une consigne aux 7 millions d'électeurs qui ont voté pour lui dimanche dimanche dernier ? Le candidat de la France Insoumise est sous pression. Margot Manière".

 

Margot Manière : "Depuis dimanche pas un mot et pas de consigne de vote. Jean-Luc Mélenchon refuse de dire ce qu'il fera le 7 mai. Sous le feu des critiques, il doit sortir de son silence aujourd'hui sur sa chaîne YouTube. La pression monte, Bertrand Delanoë n'hésite pas, ce matin, à comparer le FN aux nazis.

 

Bertrand Delanoë : "Dans les années 30 en Allemagne, l'extrême-gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel. Alors, je ne culpabilise personne, j'appelle à la responsabilité, à la conscience et aussi à la générosité. A un moment donné, il faut être pour la France avant d'être pour ses vieilles rancœurs."

 

Margot Manière : "Bertrand Delanoë l'appelle à voter Emmanuel Macron et l'intéressé tente de culpabiliser les électeurs de Jean-Luc Mélenchon tentés par l'abstention et le vote blanc".

 

Emmanuel Macron : "Ne pas se positionner, c'est décider d'aider madame Le Pen. C'est décider de renforcer un projet qui est un projet de sortie de l'Europe, de l'euro, et de la République et de ses valeurs. Soyons tous face à nos responsabilités. C'est trop facile d'avoir fait des leçons de morale pendant longtemps et vouloir s'en affranchir".

 

Margot Manière : "La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon semble aujourd'hui divisée. Certains de ses proches ont annoncé qu'ils voteraient Emmanuel Macron".

 

 

Remarque 1. Le reportage de France 2 est faux jeton en ce qu'il présente la pression sur Jean-Luc Mélenchon comme étant celle des partis politiques alors que cette pression est aussi celle des médias... parmi lesquels France 2 ! Ce sujet, en effet, n'est pas le premier : depuis dimanche soir, sur France Inter, sur France Info, ou sur les chaînes télévisées du service public (sans préjudice des autres), c'est la même antienne qui revient. Le fait de rapporter un propos est une manière détournée, hypocrite, de reprendre le propos à son compte sans l'assumer ouvertement. Comme quelqu'un qui dit à un tiers : "J'ai rencontré ton collègue hier soir, il m'a dit que tu étais un foutu imbécile !" Que doit penser du locuteur qui rapporte ces propos l'auditeur à qui elles sont destinées ? L'impatience, l'agacement à l'égard de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas le fait des seuls politiques, ils le sont aussi (peut-être même surtout) des médias.

 

Remarque 2. Le reportage est aussi faux jeton en ce que ce n'est pas une consigne de vote claire et précise qu'il attend ! Car dire aux électeurs : "Allez à la pêche le 7 mai", c'est clair et précis. Leur dire "Votez blanc", c'est tout aussi clair et précis. Or, comme on peut raisonnablement exclure que Jean-Luc Mélenchon appelle à voter Marine Le Pen, la seule consigne de vote "claire et précise" qu'attendent en réalité les médias, c'est que Jean-Luc Mélenchon dise : "Votez Macron" ! Mais alors, pourquoi ne pas l'avoir annoncé d'entrée de jeu ?

 

Remarque 3. La comparaison de Bertrand Delanoë entre le Parti nazi et le Front National est excessive et maladroite. Elle est excessive car même si le Front National est ce qu'il est, la France n'est pas dans la situation de l'Allemagne de 1933. Le Front National en est actuellement à deux députés et deux apparentés. En un mois, pour gouverner, il doit passer de 4 députés à au moins 289 députés. Est-ce vraisemblable ? De plus, il ne disposera ni du Sénat, ni du Conseil constitutionnel, ni des juges et on peut imaginer que toutes ses dispositions se heurteront à une guérilla juridique acharnée comme celle qu'a dû affronter Donald Trump depuis son entrée en fonction aux États-Unis. Sans préjudice de toutes les autres formes d'opposition : manifestations, grèves, grèves du zèle, barrages, etc.

 

Remarque 4. On peut, certes, contester cette vision "optimiste" de l'efficacité de l'opposition à une présidence éventuelle de Marine Le Pen. L'essentiel, néanmoins, n'est pas là : l'essentiel est qu'en comparant les électeurs du Front National à ceux du Parti nazi, Bertrand Delanoë a mal visé. Au lieu de dissuader des électeurs potentiels du F.N., il risque de les avoir braqués, vexés, humiliés. D'être l'objet d'un rapprochement aussi infamant leur aura peut-être fait franchir le pas du vote. Ce qui est excessif, disait Talleyrand, est insignifiant.

 

Remarque 5. On notera aussi, au passage, l'usage amusant, par Bertrand Delanoë, de la figure de rhétorique appelée prétérition : comment dire quelque chose en prétendant ne pas le dire. Par exemple : "Si je n'avais pas le plus grand respect pour vous, monsieur le directeur, je vous dirais que vous êtes un corniaud". Ici, Delanoë prétend ne culpabiliser personne mais c'est pourtant, implicitement, ce qu'il fait. "Je ne culpabilise personne... mais [sous-entendu] si, dans deux ans, la France est couverte de camps de rétention, Mélenchon n'aura qu'à s'en prendre qu'à lui-même"...

 

Remarque 6. Sans le vouloir (inconsciemment ?) Bertrand Delanoë utilise par ailleurs le même type d'argument que le Front National, qui prétend se placer au-dessus des partis, dans le seul intérêt du pays ("Ni de gauche, ni de droite, Français !"), Bertrand Delanoë qui aurait pu dire : "A un moment donné, il faut être pour la démocratie, l'altruisme, l'ouverture, l'humanité, l'égalité, le progrès - toutes valeurs portées par la gauche - dit "il faut être pour la France"... comme si les électeurs du Front National n'en faisaient pas partie ! [Entendons-nous : je ne plaide pas pour les électeurs du Front National. Je dis simplement que cette formulation est maladroite à leur égard].

 

Remarque 7. De l'élection de 2002 à celle d'aujourd'hui, il y a une grosse différence : en 2002, la mobilisation avait fait suite à la sidération - et à la peur - qui avait suivi l'élimination de Lionel Jospin par Jean-Marie Le Pen. A l'époque, l'opinion (et votre serviteur en premier), avait réagi émotionnellement, bien que la perspective d'une victoire Le Pen n'ait été ni vraisemblable, ni envisageable ni même envisagée. A l'époque, il s'agissait de faire barrage à Le Pen, d'être contre Le Pen. Aujourd'hui, ce n'est plus la même chose : personne ne croit sérieusement à une victoire de Marine Le Pen, comme en témoignent la maigreur des manifestations étudiantes, l'absence de mot d'ordre de manifestation unitaire et la désunion des syndicats au 1er mai. Aujourd'hui, ce qui compte, c'est moins d'être contre Marine Le Pen que d'être pour Macron, de faire élire Macron, et, à cet égard, l'usage de slogans anti-Le Pen ne saurait tromper. Ces slogans sont, en creux, des slogans pour Macron.

 

Remarque 8. Ce dont les journalistes (et les politiques) ne s'aperçoivent pas, c'est que la raison de la montée du Front National est précisément due à des gens comme Emmanuel Macron et consorts (Valls, El-Khomri), avec toutes les politiques de privatisation initiées par la droite, et les politiques de résignation et de capitulation (voire de collaboration active) poursuivies par le Parti socialiste (Mitterrand, Fabius, Beregovoy, Jospin, Hollande, Valls). Pour reprendre une expression de Dominique de Villepin à propos des djihadistes, vouloir combattre le Front National avec la politique d'Emmanuel Macron, c'est vouloir éteindre un incendie avec un lance-flammes...

 

Remarque 9. Dans l'histoire de la Cinquième République, Emmanuel Macron est le quatrième homme que la droite est allée chercher pour le propulser au sommet de l’État et qui n'est pas un élu, mais un haut fonctionnaire, un professeur ou un dirigeant du privé. Avec Georges Pompidou (Conseil d'Etat, Banque Rothschild), Édouard Balladur (Secrétaire général de l’Élysée, président de la société du Tunnel du Mont Blanc), Raymond Barre (professeur d'économie, vice-président de la Commission européenne), Emmanuel Macron (Banque Rothschild, secrétaire général de l'Élysée). Ce qui aggrave le cas d'Emmanuel Macron, c'est qu'il a été poussé par tout le monde (droite, "gauche", milieux d'affaires, médias). Cela donne une idée du respect du suffrage universel dans les hautes sphères de l’État...

 

 

 

France 2, Macron, Delanoë, par Philippe Arnaud

PS : 

 

1. C'est la troisième fois que, sous la Cinquième République, un deuxième tour des présidentielles voit la droite affronter la droite. Tout le monde pense, certes, à 2002 et au duel Chirac-Le Pen, mais peu pensent à l'élection de 1969, qui vit le duel Pompidou-Poher. Ce qui est d'ailleurs curieux, c'est qu'à l'époque le candidat communiste (Jacques Duclos) avait fait un score comparable à celui de Jean-Luc Mélenchon (21,2 %, contre 19,6 % pour Mélenchon) et que le candidat socialiste, Gaston Defferre, avait fait un score encore plus piteux (5 %) que celui de Benoît Hamon (6,36 %).

 

Toutes choses égales par ailleurs, on pourrait d'ailleurs, par principe, estimer que des électeurs de gauche n'ont pas à se commettre dans un scrutin où ils n'ont pas leur place et où ils ne recueillent rien en échange de leur vote de supplétifs : on l'a vu avec Chirac après 2002.

 

2. Il est immoral d'empêcher un parti (en l'occurrence le Front National) d'obtenir des mandats électifs (maire, député, sénateur, conseiller départemental ou régional, président de la République) en manigançant des alliances de circonstance qui s'évaporent dès le lendemain du scrutin. C'est anormal, c'est artificiel et c'est une tricherie : si un parti recueille beaucoup de voix, il doit avoir beaucoup d'élus. Actuellement, le parti communiste, qui ne représente qu'une portion congrue du corps électoral, a encore des milliers d'élus. Le Front National, qui a eu jusqu'à 28 %, a que dalle comme élus (même si leur nombre a augmenté lors des derniers scrutins). On ne fait pas tomber la fièvre en en cassant le thermomètre : plus les gens auront le sentiment qu'on barre la route au Front National, plus ils voteront pour lui. Plus on bouche la cocote-minute, plus la pression monte...

 

3. Faut-il préciser qu'en écrivant cela je ne stigmatise en rien le Parti communiste et que je n'approuve en rien le Front National ? Je dis que s'il faut combattre ce dernier, il faut le faire très en amont, patiemment, durant des années, par des politiques effectivement de gauche et non le jour du scrutin : ce jour-là, il est trop tard !

 

Quand on est porté au pouvoir par des voix de gauche, on ne se couche pas devant le Medef, devant la Commission de Bruxelles, devant la BCE, devant l'OMC, devant l'OCDE et le FMI, on ne signe pas le TAFTA et le CETA, on ne dit pas qu'on n'y peut rien, on ne trahit pas les électeurs qui ont voté non à 55 % au TCE en 2005, en faisant voter oui aux parlementaires deux ans après...

 

Quand on dit, dans sa campagne électorale, que son ennemie c'est la finance et qu'on fait voter une loi El Khomri qui écrase les droits des salariés, on ne vient pas pleurnicher, après, que le Front National, par son score, ridiculise le candidat de son parti. Bossuet dit : "Dieu se rit de ceux qui maudissent les conséquences des causes qu'ils chérissent".

 

4. J'approuve la position de Jean-Luc Mélenchon de ne pas donner de consigne de vote : ceux qui vont à la soupe auprès de Macron sont assez nombreux pour lui assurer une élection de maréchal.

 

5. En votant Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen, on aura cinq ans de présidence Macron, c'est-à-dire cinq ans de dérégulation, cinq ans de privatisations, cinq ans de baisses des retraites, cinq ans de baisse des remboursements Sécu, de baisse d'allocations chômage, cinq ans de diminution du nombre de fonctionnaires, cinq ans de politique ultralibérale, et, en 2022, au lieu d'être à 21 %, Marine Le Pen sera à 30 %...

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 05:17

Lorsque Khomnei et les religieux intégristes ont pris le pouvoir en Iran, les femmes surent exactement ce qui allait leur tomber dessus : l'enfermement, l'inégalité, la mise sous tutelle. Elles manifestèrent en masse pour protester contre l'obligation du port du tchador. C'était il y a presque quarante ans.

 

Aujourd'hui, en France, en Grande-Bretagne, au Canada, en Suède et dans des dizaines d'autres pays, des femmes portent plus ou moins volontairement ce symbole de régression. Mais la différence entre elles et leurs sœur iraniennes, c'est qu'elles ont la liberté de changer de tenue, de se réapproprier la mode occidentale parce qu'elles vivent dans des pays de liberté. Leurs sœurs iraniennes qui tentèrent cette gageure subirent le fouet, des peines de prison, la perte de l'autorité parentale.

Rien n'est jamais acquis, en Iran comme ailleurs

Cette photo m'a fait penser à une anecdote du début des années soixante-dix. Un de mes amis décide de s'offrir le voyage, mythique et très à la mode à l'époque, vers Katmandou. Il passe par l'Iran. Le pays est gouverné par un empereur, ou chah, Mohammad Reza Pahlavi. La dictature est implacable. Une police politique, la Savak (fondée avec l'aide de la CIA et du Mossad), emprisonne, torture et exécute les opposants. Lorsque Khomeini prendra le pouvoir, il fera exécuter des milliers d'agents de la Savak, feignant d'oublier que cette entreprise terroriste d'État l'avait épargné. Et il instaurera sa propre police politique, la Savama (Organisation du renseignement et de la sécurité de la nation iranienne).

 

Pendant des années, notre cher Chah nous a bassiné avec les problèmes de stérilité de sa deuxième femme Soraya (il avait été précédemment marié à une Égyptienne qu'il n'avait jamais rencontrée avant la noce et qui lui avait donné une fille). Dans les années cinquante, ces problèmes firent les choux gras d'hebdomadaires comme France Dimanche ou Paris Match qui avaient un contrat avec la cour iranienne : ils avaient leur entrée libre au palais, ils pouvaient broder sur le privé du souverain et de sa femme mais ne devaient en aucun cas parler politique. Accord qu'ils respectèrent scrupuleusement pendant que la Savak torturait.

 

Mais revenons à l'anecdote. Mon ami traverse l'Iran en autocar, dans la direction de l'Afghanistan. Juste avant d'arriver à la frontière entre les deux pays, il fait la connaissance d'un étudiant iranien parlant le français et qui a goûté aux joies des geôles de la Savak. Mon ami veut l'interroger sur ses peines récentes. “ D'accord, mais on fait cinq kilomètres et on franchit la frontière ” (non matérialisée). “ En Afghanistan, dit-il, je pourrai te parler ”. Et il ajoute que ce pays est une terre de liberté, en particulier pour les citadins éduqués.

 

Quelques heures plus tard, les deux hommes se quittent, non sans que l'étudiant iranien ait donné à mon ami l'adresse d'un de ses collègues susceptible de l'héberger à Kaboul. “ Tu trouveras facilement, c'est juste à côté du lycée français ”.

 

En théorie, un lycée français ne scolarise pas de lycéens originaires du pays où il est implanté. Mais il y a des binationaux et puis des arrangements, si bien que le lycée français de Kaboul comptait forcément des lycéens – et lycéennes – afghans et afghanes. Quelle ne fut pas la surprise de mon ami de découvrir à la sortie du lycée des garçons aux cheveux longs et des filles en mini-jupes ! 

 

C'était il y a quarante-cinq ans. Comme on disait à l'époque, le corps des femmes n'était pas un champ de bataille.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 05:45

La seule affiche gribouillée est celle de Fillon. Ça fait chaud au cœur.

 

Je ne suis pas l'auteur de ce graffiti, somme toute de bon aloi.

Devant mon bureau de vote
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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 08:51
Quand le président de la République s'invite chez les Vivas
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 05:33

En janvier 2017, j'ai publié un article sur la grave pollution qui affecte la santé des habitants de la vallée de l'Arve, près du Mont-Blanc.

 

Rien n'est réglé. La lutte continue. Le collectif "Passy : vraiment à gauche" est mobilisé. Je reproduis ici sa dernière analyse :

 

Pollution : poser les questions de fond !

 

Un vrai et grave problème : Il s'agit d'un problème de santé publique majeur touchant toute la population qui ne doit pas être nié ou atténué.

 

Non à la culpabilisation et à la délation : s'il faut faire prendre conscience à chacun de ce qu'il pourrait faire individuellement contre cette pollution, arrêtons de culpabiliser les gens : c'est un problème de fond et de société. On peut vite passer de la culpabilisation à la délation, comme vu sur la page Facebook des "Sentinelles de la Vallée de l'Arve". Engendrer des rapports de dénonciation des "mauvais comportements" est le meilleur moyen de diviser, de créer la méfiance et la rancœur. C'est le meilleur moyen de décrédibiliser la lutte. De la délation au fascisme il n'y a qu'un pas.

 

Poser les questions de fond : pour réussir, la lutte doit exclure les visions égoïstes, consistant à réclamer de l'air pur sans se soucier des causes réelles, des réalités sociales ou en transférant le problème ailleurs. C'est bien d'une crise de société dont il s'agit, exigeant une remise à plat fondamentale de la vie quotidienne. La question est en soi révolutionnaire, elle touche le bien-être des habitants, le rapport à notre planète, les rapports sociaux.

 

Ce dont les habitants de la Vallée de l’Arve ont besoin, c’est de la puissance d’un État à leur service et non à celui des monopoles capitalistes et de l'Europe de Bruxelles.

 

Il n’y aura pas d’avancées écologiques sans s’attaquer aux pouvoirs économiques, sans nationaliser les grandes entreprises et la finance, sans un grand pôle public de l’énergie et du transport, avec une gestion démocratique.

 

Exemples :

 

L’usine de Chedde : si elle était restée dans le domaine public il serait plus facile d'intervenir sur son fonctionnement.

 

Le rail : Les populations de la vallée de l’Arve n’ont pas à subir la circulation de marchandises qui sont parfois inutiles, et qui devraient largement être transportées par le chemin de fer plutôt que par la route. Il faut développer le transport ferroviaire. Or la SNCF est constamment affaiblie : milliers de suppressions d’emplois de cheminots, privatisation des activités les plus rentables, casse du fret (SERNAM), suppressions de lignes, fermetures de gares et de guichets, concurrence des cars (merci Macron !). Rien n’est fait pour développer le transport combiné rail/route.

 

Dans le même temps la SNCF est devenue le plus grand transporteur routier (Oui-Bus et camions Géodis) ! Dans notre vallée, le service ferroviaire est notoirement insuffisant. La ligne Le Fayet/ Vallorcine est délaissée et menacée de privatisation. Il faut redonner à la SNCF toute sa capacité de grand service public ferroviaire. Nous soutenons les cheminots dans leurs luttes pour le service public.

 

L’électricité : nos vallées produisent beaucoup d’électricité. Les usines et barrages participent à une énergie propre. Or EDF est affaiblie par l’ouverture à la concurrence et une privatisation progressive, les barrages sont privatisés (comme les aéroports !). Ainsi une énergie essentielle est livrée au privé. Comment planifier et maîtriser la production et la consommation énergétique écologique dans ces conditions ?!

 

Toutes ces privatisations sont imposées par les traités européens

 

Pour des services publics de proximité : fermetures envisagées des postes de Passy après d’autres fermetures au Pays du Mont-Blanc, fermeture de la Sécurité Sociale à Sallanches, fermeture de services à la Sous-préfecture de Bonneville (on doit aller à St-Julien refaire son permis de conduire !), fermetures de lits d’hôpitaux… tout cela entraine des déplacements supplémentaires. Le maintien des services publics de proximité s'impose. La reconquête du secteur public est un enjeu de société.

 

Non au tout tourisme et aux dépenses inutiles : la fuite en avant dans les équipements, l’accaparement des espaces, vouloir skier tout le temps même quand il n’y a pas de neige, vont à l’encontre du respect de la nature. (Wauquiez a attribué 60 millions d’euros aux stations de (trop) basse altitude !). Les dizaines de milliers de touristes, leurs voitures et leurs résidences secondaires, contribuent fortement à la pollution. Il faut arrêter ce développement anarchique du tourisme. De plus, l’argent engendré par le tourisme est accaparé par le privé et ne va pas aux collectivités locales ou à l’Etat pour les écoles, les maisons de retraite… Le tout-tourisme est un leurre. Passy doit se tenir à un tourisme raisonnable, maîtrisé par la collectivité, abordable pour toutes les couches sociales. Nous militons pour la préservation des espaces naturels, en particulier il faut classer la Plaine de Passy.

 

Transformer l’usine d’incinération en centre de tri et de recyclage des déchets : L’incinérateur n’a jamais été adapté à l’effet de couvercle de notre fond de vallée. Aujourd’hui, on ne peut plus reculer, il doit être arrêté. Les élus de Passy Vraiment à Gauche ont été les premiers élus de la vallée à défendre cette mesure lors du conseil municipal de novembre 2016. Aujourd’hui l’incinérateur brûle plus de 60000 tonnes par an dont seulement 25000 tonnes sont des ordures ménagères des 27 communes du SITOM. Le reste sont des déchets industriels (DIB), des encombrants qui devraient être recyclés et non incinérés et des ordures ménagères extérieures au SITOM. Cette nouvelle gestion de la collecte et du tri permettra une baisse substantielle de la Taxe des Ordures Ménagères qui ne cesse d’augmenter. L’Agence de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie (ADEME) annonce qu’il est possible de recycler 90% des déchets actuellement incinérés. Cette transformation de l’usine garantira et même confortera l’emploi des salariés. Les 10% restants seront traités par des incinérateurs moins polluants et situés dans des zones plus ventilées. A partir d’un tri efficace il est possible de réduire fortement le nombre d’incinérateurs partout en France.

 

L’usine de Chedde : nous nous opposons aux quelques irresponsables qui réclament la fermeture de l’usine, au mépris des salariés et de l’équilibre économique local. En 2004 SGL Carbon émettait 40 tonnes de PM10 contre 8 tonnes aujourd’hui. Les pouvoirs publics doivent imposer à SGL d’accentuer ses efforts pour aller vers une usine plus propre.

 

POUR DES MESURES IMMÉDIATES

 

Les analyses de l’air doivent être effectuées par un laboratoire agréé indépendant du concessionnaire, intégrant le taux de SO2 (souffre) et les résultats diffusés publiquement.

 

Concernant l’usine d’incinération : elle doit être placée sous le contrôle des citoyens et de leurs associations. Il est indispensable que :

 

- la charge incinérée soit diminuée fortement pendant les pics de pollution.

- l’on supprime les déchets extérieurs aux communes du SITOM, pour revenir à sa capacité d’origine.

- l'on mette fin à la gestion par le groupe privé Novergie qui fait des bénéfices au mépris de la santé des habitants.

 

Concernant le chauffage individuel :

 

- Favoriser le remplacement des chauffages individuels polluants en augmentant fortement le fonds air/ bois, en le modulant en fonction des revenus afin d’aider en priorité les ménages les plus modestes.

- Créer un fonds d’aide à l’installation de filtres à cheminée.

- Aider davantage la réhabilitation énergétique des logements anciens.

 

Concernant les transports :

 

- Transférer plus en aval dans la vallée l’aire de régulation des poids lourds actuellement à l’Abbaye.

- Stopper la circulation des camions pendant les pics de pollution.

-Transférer les camions les plus polluants (euros 3) sur l’Autoroute ferroviaire Alpine (Aiton).

- Organiser des transports en commun non-polluants gratuits et adaptés, internes au Pays du Mont-Blanc.

- Cadencer la ligne SNCF Le Fayet/Vallorcine.

- Créer une navette à large fréquence gratuite interne à la commune de Passy.

- Favoriser le covoiturage par la mise en place de lieux identifiés.

- Créer (enfin !) un vrai réseau de pistes cyclables dans la vallée et interne à notre commune.

 

Passy Vraiment à gauche - Contactez-nous ! 

105 rue des Cottages - 74190 PASSY - Tél. 04.50.78.13.07 ou 04.50.93.62.34

Courriel : vraimentagauche@orange.fr

Permanence de nos élus municipaux Sylvie BRIANCEAU et Laurent NARDI : Le 1er jeudi du mois de 18h à 19h30 au local de l'association

 

« Passy vraiment à gauche » est une association politique née du rassemblement de passerands autour des valeurs portées par la liste « Passy vraiment à gauche » conduite par Laurent NARDI lors des élections municipales de mars 2014 et qui avait obtenu un très bon résultat. Membres de divers partis, syndicalistes, militants associatifs, nous sommes réunis autour des valeurs fondamentales de la vraie gauche, républicaines, laïques, antiracistes, pacifistes, pour la justice sociale, contre le capitalisme. Nous n'avons rien à voir avec la fausse gauche et le gouvernement du Parti « Socialiste ».

 

 

Vallée de l'Arve : la lutte continue
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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 05:36

On se souvient que, contrairement aux affirmations de la quasi-unanimité des scientifiques du monde entier, le changement climatique n’est pas l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire de l’humanité, mais une maligne invention chinoise “pour miner la compétitivité de l’industrie américaine”.

 

C’est du moins ce que Donald Trump a “révélé” pendant sa campagne.

 

Mardi, conformément à ses convictions et à ses promesses, le Président américain a mis un coup d’arrêt aux politiques engagées par son prédécesseur Barack Obama –un agent chinois ? – visant à freiner les émissions de carbone.

 

Donald Trump a présenté son décret à l’EPA (l’Agence pour la protection de l’environnement). Dans le 1984 de George Orwell, “le ministère de la Paix s'occupe de la guerre, celui de la Vérité, des mensonges, celui de l'Amour, de la torture, celui de l'Abondance, de la famine”. Dans l’Amérique de Trump, l’Agence pour la protection de l’environnement favorise les émissions de CO2.

 

 

Le week-end dernier, Donald Trump a commencé sa journée de samedi au Trump National Golf à Sterling en Virginie, pour la treizième fois depuis le début de son mandat. Le samedi soir, un des rares week-ends où le président américain est resté à Washington, il est allé dîner avec sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, au BLT Prime, un onéreux steakhouse du Trump International Hôtel, à quelques blocs de la Maison-Blanche.

 

Il a été accueilli à l'entrée par une foule enthousiaste qui l'attendait. La famille a été installée sur la mezzanine en plein air qui donne sur le vaste hall. Impossible de les louper, que l'on soit client de l'hôtel ou du restaurant. Au bout de deux heures, une longue file d'attente s'était formée, attendant de pouvoir saluer le président des États-Unis. Le lendemain matin, Donald Trump s'est rendu de nouveau sur le gazon de son club de golf en Virginie avant de rentrer.

 

Et c'est comme ça quasiment tous les week-ends, comme le raconte le New York Times. Comme ce jour de février où il avait invité le célèbre golfeur nord-irlandais Rory McIlroy à réaliser un parcours de 18 trous en sa compagnie. Selon le Washington Post, qui tient un agenda détaillé de ses sorties, Donald Trump a fait 14 visites à ses propres terrains de golf – en y jouant à au moins 12 occasions. Il a ainsi passé près d'un tiers de ses journées à visiter une des propriétés qui porte son nom depuis son investiture, l'équivalent de 21 jours sur 66. Parmi elles, le Washington Post a énuméré :

 

  1. Trump International Hotel à Washington,
  2. Trump National Golf Club en Virginie,
  3. Mar-a-Lago à Palm Beach en Floride,
  4. Trump International Golf Club à West Palm Beach en Floride,
  5. Trump National Golf Club à Jupiter en Floride.

 

 

 

De la Trumpitude (5)

Chaque fois, une couverture médiatique est assurée. En début de semaine, le New York Times s'est donc interrogé : "Les détracteurs de Donald Trump sont de plus en plus nombreux à penser que ces visites sont une publicité inestimable et que Trump et sa famille utilisent la présidence pour s'enrichir."

 

Selon CNN, les milliers d'ex-étudiants de l'université Trump vont récupérer la majeure partie de l'argent qu'ils lui avaient versé. "C'est un accord juste, adéquat et raisonnable", déclare le juge Gonzalo Curiel dans sa décision.

 

Près de 4.000 anciens étudiants avaient déposé des réclamations, et ceux dont les demandes étaient admissibles devraient récupérer environ 90% de leur argent. L'accord avait été accepté en novembre, quelques jours seulement avant que Donald Trump remporte l'élection présidentielle ; mais une validation par un tribunal restait nécessaire.

 

Créée en 2005, la Trump University promettait d'enseigner aux étudiants des techniques pour s'enrichir dans l'immobilier, comme Trump.

 

Les cours pour un an dans cet établissement coûtaient 1 495 dollars, pour la version la plus basique, au moins 10 000 dollars pour un niveau plus sophistiqué, et 35 000 dollars pour le séminaire le plus cher.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 05:34

Jean Lévy milite à la CGT depuis 1944. Il fut responsable de la CGT au Crédit du Nord et membre du Bureau de la Fédération des Employés.

 

Son activité sur les réseaux sociaux est très intense (voir son blog) et je la répercute régulièrement sur Twitter. Il analyse ici les causes et les conséquences de la perte de l'influence de la CGT dans les entreprises privées.

 

 

Les médias, à l'unisson, ne cachent pas leur joie : la CGT n'est plus la première organisation syndicale dans le privé. Ces porte-voix de l'oligarchie financière exultent : la CFDT, leur syndicat préféré a ravi à la centrale de Montreuil la première place. De peu, comme les chiffres officiels le montrent. De plus, radios, télés et journaux laissent penser que ces résultats sont issus d'une unique consultation nationale, datant de la période présente.

 

Il n'en est rien. Il s'agit de la totalité des scrutins qui se sont déroulés au cours des trois dernières années, regroupés pour l'ensemble des entreprises du privé. L'affirmation qu'il faut y voir la condamnation de la part prépondérante prise par la CGT dans le mouvement social du printemps dernier contre la loi travail tombe ainsi d'elle même. La campagne médiatique de promotion de la CFDT par les moyens d'information du Capital illustre l'inféodation de celle-ci aux intérêts de la Finance.

 

Rappelons-nous la campagne forcenée des médias présentant, lors des manifestations massives de ce printemps Philippe Martinez comme le meneur violent de la contestation ouvrière... Aujourd'hui, avec le langage de notre époque, ne serait-il pas présenté comme un agent de Poutine...?

 

Ceci étant dit, loin de nous de minimiser le recul de la CGT.

 

Voyons d'abord les résultats chiffrés.

 

Au niveau national et interprofessionnel, 5 organisations atteignent ce score :

 

Le recul de la CGT, par Jean Lévy

Représentativité des organisations syndicales au 31 mars 2017 :

Le recul de la CGT, par Jean Lévy

Ainsi, l'influence de la CGT recule dans le privé, et place ainsi pour la première fois de son histoire, la confédération derrière la CFDT. Certes – les chiffres le montrent – ce recul est faible : 24,85 % (contre 26,77 % en 2013, soit - 1,92 point), la CFDT obtenant 26,37 % (contre 26 % en 2013 + 0,37).

 

En fait, le décompte en voix confirme cette affirmation :

 

Sur un total de 5 243 128 suffrages exprimés, soit une participation de 42,76 %, la CFDT obtient 1 342 670 voix et la CGT 1 302 775.

 

Ces chiffres se mesure le phénomène de l'abstention massive des salariés.

 

Si la CFDT n'obtient que 32000 voix de plus que la CGT, sur plus 5 millions de suffrages exprimés, la CGT n'a la confiance que de 12% des salariés consultés.

 

C'est là que le bât blesse.

 

Pourquoi cette faiblesse alors que la politique menée tant par le patronat que par les gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans, PS comme de droite, aurait dû au contraire croître l'audience d'une centrale syndicale de lutte de classe, telle que la CGT l'était depuis sa naissance.

 

C'est en fait l'orientation prise depuis les années 90 par la Confédération qui a conduit celle-ci à l'échec d'aujourd'hui. En effet, deux événements illustrent la dérive constatée : d'abord l'abandon dans ses statuts de l'objectif, jusqu'à là celui de la CGT, "l'appropriation collectives des moyens de production et d'échange", et l'adhésion à la Confédération Européenne des Syndicats, structure intégrée de l'Union européenne, alignée idéologiquement sur les objectifs affirmés de celle-ci : la "libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises", la "concurrence libre et non faussée", qui sont à la base des directives de Bruxelles, et des lois qui en découlent dans chaque Etat de l'Union.

 

Le fait pour la CGT d'avoir ainsi opté pour cette orientation l'a conduit à ne plus se prévaloir d'objectifs de lutte de classe, ceux-ci étant en contradiction avec les visées de l'Union européenne, celles-ci étant dictées par l'oligarchie financière dont elle est le bras politique. Et, autre conséquence : l'entente cordiale avec la CFDT, fer de lance de la collaboration de classe.

 

D'où l'"ouverture" de la CGT – et dans sa direction – aux courants les plus réformistes, à des militants PS, en autres. Dans cette configuration, la modération des objectifs revendicatifs, l'attitude souvent conciliante avec les gouvernements PS, voire avec Nicolas Sarkozy en 2007 – les cheminots en savent quelque chose – le refus de prendre partie "politiquement" contre les directives européennes.

 

Et il a fallu la révolte des militants des syndicats pour contraindre la Confédération à appeler à voter NON à la constitution européenne en 2005.

 

C'est cette dérive de la CGT, que nous payons aujourd'hui.

 

Imaginons que notre Confédération ait, depuis ces dernières décennies, gardé l'orientation de classe suivie par Benoît Frachon comme par Henri Krasucki : la CGT serait aujourd'hui socialement incontournable et son audience pèserait fort dans la balance politique.

 

Qui pourrait penser que, dans ces conditions, le Front national puisse influencer une majorité de salariés ?

 

Qui oserait penser qu'un Macron, Hollande ou Valls aurait pu imposer le CICE, la loi El Khomri, l'austérité, le chômage de masse, la misère généralisée...

 

Mais il n'est jamais trop tard pour la CGT de retrouver le bon chemin, le seul chemin, celui d'une orientation de lutte de classe et d'indépendance nationale, comme du temps de la Résistance, de la Libération, de Mai 68 ...

Le recul de la CGT, par Jean Lévy

C'est seulement à ce prix que la CGT redeviendra la première et puissante confédération qui, pendant un siècle, a fait si peur au patronat et à la bourgeoisie versaillaise, toujours soumis au capital étranger.

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