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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:46

Je reprends ici un article de lagazette.fr 

 

Les députés ont adopté, en première lecture, un long amendement gouvernemental au projet de loi de finances 2016 qui met en œuvre plusieurs dispositions prévues dans le texte « PPCR » et qui touchent notamment à la rémunération des fonctionnaires, à l'avancement dans la FPT...

 

450 modifications de textes statutaires ou indiciaires seront nécessaires pour mettre en œuvre, dans les trois versants, les dispositions prévues par le texte « PPCR » (parcours professionnels, carrières et rémunérations). Le calendrier est donc serré, et le gouvernement a choisi de passer par voie d’amendement au projet de loi de finances 2016.

 

Fin de l’avancement au minimum dans la FPT

 

Autre mesure de taille : la fin de l’avancement d’échelon au minimum pour la FPT. Toujours dans une visée d’équité, a insisté la ministre en séance publique. Cette harmonisation des durées d’échelon permettra une « moindre dépense » estimée à 46 millions d’euros pour la territoriale.

 

« Nous voulons remplacer la carrière minimale par un nouveau dispositif permettant de reconnaître de manière plus significative nos meilleurs agents. C’est aussi (…) un moyen de donner aux employeurs l’outil managérial dont ils ont besoin pour motiver nos fonctionnaires. Ce nouvel outil fera l’objet d’une concertation avec les organisations syndicales avant la fin de cette année », a indiqué Marylise Lebranchu.

 

Le calendrier d’application prévu diffère selon les catégories :

 

         1er janvier 2016 pour les fonctionnaires de catégorie B ainsi que les paramédicaux et sociaux de catégorie A,

         1er janvier 2017 pour les autres.

 

« La mesure ne s’appliquera qu’à mesure que les augmentations de rémunération entreront en vigueur. On évitera ainsi les injustices : personne ne souhaite que des fonctionnaires, en particulier de catégorie C, puissent perdre du pouvoir d’achat dans le cadre de ce dispositif », a également souligné la ministre.

 

 

 

 

 

Textes « rétroactifs » à venir

 

Face au nombre de textes nécessaires pour la mise en œuvre du protocole « PPCR », le gouvernement prend en outre les devants en faisant voter par le Parlement une habilitation à la rétroactivité. Ce qui lui permettra de publier des textes réglementaires, etc., applicables aux 1er janvier 2016 ou 2017 après ces dates.

 

L’expérimentation du contrôle des arrêts maladie prolongée

 

Enfin, une nouvelle tentative de rétablir le jour de carence dans la fonction publique a échoué. En revanche, un autre amendement gouvernemental prolonge l’expérimentation du contrôle par les caisses primaires d’assurance maladie des arrêts maladie des fonctionnaires jusqu’au 31 décembre 2018 au lieu du 31 décembre 2015.

 

La ministre a indiqué qu’elle souhaitait obtenir des résultats plus fins que ceux dont elle dispose : les taux d’arrêts injustifiés seraient de 6,2 % dans le public contre 7,9 % dans le privé. « Les chiffres sont donc bons, mais nous préférons les confirmer », a-t-elle précisé.

 

 

Pour ou contre la rupture conventionnelle ?

 

Lors de la discussion, Marylise Lebranchu a rappelé que le statut de la fonction publique ne garantit pas l’emploi : il garantit simplement la carrière. « Si l’on supprime des emplois, ce qui sera le cas et ce que vous n’avez pas manqué de me rappeler en commission, dans telle région, dans tel département ou au sein de l’Etat – et l’on sait que certaines directions connaîtront des suppressions massives –, il faudra que le fonctionnaire dont l’emploi est supprimé accepte d’aller ailleurs. Le choix ne lui est pas laissé. N’ayant pas droit à la rupture conventionnelle, il lui faut accepter la mobilité », a-t-elle également indiqué.

 

Le député Alain Tourret (Radical, républicain, démocrate et progressiste, Calvados) a à cette occasion proposé l’application du principe de la rupture conventionnelle dans le secteur public. « Lui seul permettrait de faire respecter les droits de l’agent et de lui assurer une indemnisation suffisante. En effet, une rupture conventionnelle sous le contrôle de l’inspection du travail entraîne pour le salarié des indemnités supérieures à ce qu’il obtiendrait normalement. C’est pourquoi nous devons étendre le principe de la rupture conventionnelle à la fonction publique. »

 

« S’agissant de l’extension de la rupture conventionnelle, je vous le dis comme je le pense : nous n’en avons pas les moyens », a répondu Marylise Lebranchu.

 

 

PS : J'ai eu beaucoup de mal à trouver une illustration pour ce texte. Lorsque l'on tape "fonctionnaires photos" sur un moteur de recherche, on a environ 4 dessins hostiles aux fonctionnaires pour un favorable. Pour l'article, j'ai retrouvé avec émotion ce dessin de Charb, paru dans L'Humanité.

 

Ci-dessous, quelques exemples de caricatures poujadistes :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit PS qui n'a rien à voir … encore que tout se tient, évidemment. J'ai lu hier sur le site de la Voix du Nord qu'à Hénin-Beaumont des parents d'élèves de l'école Michelet s'étaient violemment battus. Tout cela avait fini par un caillassage en règle de voitures.

 

Il se trouve que je suis né dans cette école (tout le monde ne peut pas naître dans une étable). Après la guerre, dans le Nord copieusement bombardé, les logements étaient rares. Mon grand-père, qui dirigeait l'école Michelet, avait prêté une pièce de son logement de fonction à mes parents. J'y suis né car, en ce temps, les mères accouchaient chez elles. Et puis, en cette période de forte natalité, les maternités ne pullulaient pas.

 

A Hénin, nous sommes, on le sait bien désormais, en terre lepéniste, en terre ravagée par la “ crise ” et par son corollaire de plus en plus inévitable : le communautarisme. Cette déliquescence se sera réalisée en moins d'une vie d'homme. Comme toutes les écoles de France, j'imagine que Michelet est désormais bouclée à quatre tours, avec peut-être des caméras de surveillance qui, comme toutes les autres ne servent à rien, si ce n'est, éventuellement, à trouver plus vite les auteurs des délits une fois que ceux-ci ont été commis. L'Ecole de la République ne sert même plus de rempart face à la violence individuelle, collective, communautariste. Et ce n'est pas le nouveau président de région, très profondément de droite sous ses airs d'enfant de chœur, qui empêchera la libanisation rampante de notre société.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 11:12
Attentats contre Charlie Hebdo : les questions du Canard Enchaîné
Attentats contre Charlie Hebdo : les questions du Canard Enchaîné
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 06:06

La réponse est évidemment "oui".

 

L'Europe a récemment obligé la France à ouvrir ses concessions hydro-électriques à la concurrence en excluant EDF des appels d'offres. Au nom d'une logique imbécile mais concoctée depuis longtemps : puisqu'EDF n'est plus une entreprise nationale mais une société anonyme, elle doit s'ouvrir au secteur privé. A-t-on, ces dernières années, entendu des politiques français, de droite comme de gauche, protester contre ces nouveaux boulevards ouverts au secteur privé ? Pas vraiment !

 

Les barrages fournissent un peu plus de 10% de notre électricité. Depuis presque un siècle, la collectivité nationale assure les investissements et l'entretien d'édifices aussi imposants que sensibles. J'ai encore personnellement en mémoire le souvenir de la rupture du barrage de Malpasset (je ne me souvenais plus en revanche de la bière Marx) :

 

 

 

 

Le 2 décembre 1959, 50 millions de mètres cube déferlèrent en pleine nuit, en une vague de 40 mètres de haut, sur 70 km jusqu'à la mer. 423 morts.

 

Lorsque nos barrages seront privatisés, comment les actionnaires se payeront-ils ? Les représentants du peuple seront-ils associés à la gestion ? Qu'adviendra-t-il des 6 000 employés affectés à l'entretien ? Pourront-ils garder leur statut ?  La gestion des barrages comprend les ponctions effectuées pour irriguer les cultures et la régulation des lâchers d’eau pour les activités de loisir. Certains barrages sont des réserves d’eau potable. Tous ces services sont actuellement gratuits. On peut douter qu'ils le demeurent. Combien coûtera le refroidissement d'une centrale nucléaire ?

 

Dans le “ Programme national de réformes ” envoyé à la Commission européenne en 2014, la soumission au privé des Solfériniens était totale : « Un renouvellement par mise en concurrence des concessions d’exploitation des installations hydroélectriques sera privilégié. Le périmètre des lots de barrages, le calendrier et les modalités selon lesquels ces lots seront concédés, notamment les modalités de participation des personnes publiques aux entités concessionnaires, sont à l’étude.  Renouvellement après mise en concurrence des concessions hydroélectriques. –  En cours –  Renouvellement progressif par mise en concurrence des concessions d'installations hydroélectriques. »

 

Pour sa part, l'Allemagne a résisté à Bruxelles.

 

Il faut dire que le gâteau est alléchant. Grâce aux investissments payés par plusieurs générations de contribuables français, grâce au savoir-faire des techniciens, l'excédent brut des concessions est de 2, 5 milliards d'euros par an. La rente dépasse 1, 25 milliard d'euros annuellement.

 

Selon Delphine Batho, renvoyée du gouvernement pour cause d'hostilité aux pattes crochues du privé, il aurait été possible d'exclure les barrages lors de la discussion de la directive européenne sur les concessions. Batho ne fut soutenue par aucun de ses collègues solfériniens.

 

Aucun autre pays ne brade son parc hydraulique de manière aussi servile que la France. En Suède, les barrages sont publics, ce qui ne les empêche pas de convoiter les barrages français privatisés. Les Suédois sont décidément très forts : après nos cliniques accaparées par leurs fonds de pension, notre hydroélectricité.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 06:09

 

 

D’abord, deux mots sur les récents événements d’Ajaccio. Les « Arabi Fora » et autres « Il faut les tuer » que l’on a pu entendre proférés par quelques militants hargneux – et que les nouveaux dirigeants ont condamnés – m’ont personnellement ramené à l’époque de mon adolescence, juste après les accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie. Des pieds-noirs arrivèrent alors en masse dans l’île de beauté, apportant dans leur bagage un ou deux employés algériens qui avaient bien voulu les accompagner. Ces nouveaux arrivants vivifièrent l’économie d’un département assoupi, dans le domaine agricole et le tourisme en particulier. Vouloir rejeter les enfants et petits-enfants de ces travailleurs qui changèrent le visage de la Corse signifie pour le moins ne pas avoir la reconnaissance du ventre. Ne pensons même pas à une mesure de réciprocité qui renverrait les dizaines de milliers de Corses, rapatriés d'office, travaillant sur le continent – dans la Fonction publique en particulier – vers leur île d’origine qui ne saurait que faire d’eux.

 

Dans les années 1980, à l’époque des « nuits bleues », quand le nationalisme explosif battait son plein, nous étions nombreux à nous demander où se situaient ces activistes sur l’échiquier politique. Les Talamoni et Simeoni de l’époque (le patriarcat politique est une culture peut-être plus vivace encore que sur le continent) cultivaient l’ambiguïté, laissant entendre qu’ils se trouvaient ailleurs. Ceux d’aujourd’hui ont décidé de conquérir le pouvoir par les urnes, et ils ont parfaitement réussi.

 

Les nouveaux dirigeants de l’île sont-ils d’extrême droite ? La question peut sembler paradoxale dans la mesure où le Front National a réalisé son score le plus faible, justement en Corse. Lisons leur programme. Ils prônent la “ corsisation ” des emplois. Il s’agit d’une préférence régionale, en totale contradiction avec les règles de la Fonction publique, visant à réserver les emplois en priorité aux Corses « de souche ». Ils souhaitent par ailleurs imposer un statut de résident aux continentaux qui seraient contraints d’habiter en permanence dans l’île. Ils justifient les violences passées, comme l’affaire de la cave d’Aléria. En 1975, une cave appartenant à un pied-noir avait été occupée par le médecin Edmond Simeoni et une cinquantaine d’activistes en armes. Le gouvernement français avait facilité l’installation d’anciens viticulteurs de la Mitidja dans des terres en friche, si bien que de nombreux Corses s’étaient sentis « colonisés ». Les responsables politiques de l’époque (Giscard, Chirac, Poniatowski, dont ils faudra bien un jour ou l’autre faire calmement le procès de la politique, celle du diminué mais si populaire Chirac en particulier) réagirent à cette occupation avec une violence hors de proportion. Les occupants refusant de se rendre, l’assaut fut donné. Deux gendarmes furent abattus. Simeoni fut condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Assurément, les nationalistes corses défendaient leur bifteck, mais s’étaient-ils demandé ce qui aurait pu se passer si tous les Français défendant leurs intérêts avaient utilisé leurs méthodes ?

 

 

 

 

Les attentats à l’explosif se multiplièrent pendant deux décennies après cet épisode dramatique, jusqu’à l’assassinat – après plusieurs dizaines d’autres – du préfet Erignac en 1998. Ce crime déconsidéra la cause que les autonomistes prétendaient défendre. En 2003, 51% des Corses votèrent contre le projet de collectivité unique proposé par Sarkozy. Ce vote ric-rac, une participation très faible, montrèrent que les Corses étaient très divisés sur ces questions fondamentales.

 

En 2014, Gilles Simeoni, le fils du « héros » indépendantiste Edmond, emporta la mairie de Bastia avec l’appui de la gauche. Le FLNC déposa les armes.

 

 

Dans Le Monde du 27 juin 2015, la chercheuse (corse) Liza Terrazoni écrivait dans un article intitulé “ Racisme et colonialisme ” :

 

« Etre maghrébin en Corse – mieux vaudrait dire auprès de certains  Corses – c’est être mis à l’écart par une série de dispositifs des plus violents (l’action physique ou la  ratonnade ) aux plus symboliques (être désigné par des tags tels qu’Arabi fora. Rien de bien spécifique à la Corse diraient certains. »

 

« A cela près qu’ici ces dispositifs peuvent aller chercher leur justification dans  la défense du «  peuple corse »…Doit-on voir là le signe d’un  racisme débridé… J’y vois pour ma part les symptômes d’un phénomène plus complexe, produit des dérives locales d’une manipulation politique dangereuse de l’idée de minorité et des « potentialités oppressives » contenues dans tout nationalisme… »

 

« Au centre de l’idéologie nationaliste  corse il y a l’idée selon laquelle « le peuple  corse » serait  une minorité, un groupe opprimé culturellement, politiquement et économiquement par une majorité incarnée par l’Etat français…. On parle sérieusement de « substitution ethnique », de génocide méthodique mis en place par l’Etat français » dans le dessein de « faire disparaitre  le peuple corse » ! Persécution contre les entreprises corses, aliénation de la terre, remplacement des fonctionnaires et des cadres corses par des continentaux, immigration d’étrangers et de continentaux sont dénoncés. »

 

 

De la « substitution ethnique » au « grand remplacement » de Renaud Camus il n’y a qu’un pas. Il est en tout cas un « remplacement » que le nouveau président de la région corse n’a pas hésité à franchir, c’est celui de la langue corse par la langue de la République française lors de son discours d’investiture. Le ministre (breton) Le Foll, porte parole du gouvernement, n’a rien trouvé à redire à cette initiative séditieuse et ô combien identitaire. Il estime peut-être que le nationalisme corse est génétiquement de gauche... On peut en douter lorsque l’on pense à certaines affirmations prononcées (en corse) par Talamoni en cette circonstance :

 

« Nous sommes arrivés ici avec tous ceux qui, comme nous, ont toujours combattu les autorités françaises sur la terre de Corse. Demain, nous obtiendrons l'amnistie des prisonniers [politiques] et des recherchés. Demain, les portes des prisons s'ouvriront car les Corses le veulent et que personne ne pourra s'opposer à cette volonté populaire. […] En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n'était pas un morceau d'un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d'être au monde. »

 

Redisons le une fois encore : le capitalisme financier est hostile aux Etats, aux nations, à des républiques comme celle de la France. Il préfère les régions, les sociétés communautaires où les solidarités sont dissoutes dans des ensembles sans réelle signification, peu démocratiques, prêts à être dévorés par la mondialisation.

 

 

 

PS : face aux récents événements, la réaction des communistes corses m'a semblé frappé au coin du bon sens républicain :

 

 

"Le respect des lois de la République est un devoir pour tous. Une embuscade, visiblement préparée de longue main, pour agresser des pompiers dont l’unique mission est de porter secours à autrui, est un acte criminel. Il ne peut être que le fait d’une bande de voyous qui prétend interdire à quiconque l’accès à un territoire sur lequel elle voudrait exercer impunément ses activités délictueuses. L’indignation générale et la solidarité massive à l’égard des sauveteurs sont parfaitement légitimes.

Elles se sont exprimées avec toute la détermination nécessaire, dans le respect des principes et des lois de la République. Elles ne sauraient dégénérer en représailles antireligieuses et en manifestations racistes. Nul n’a le droit de confondre l’immense majorité des musulmans de Corse, qui ne pose aucun problème à personne, avec une poignée de voyous masqués qui s‘en est pris aux pompiers et aux forces de l’ordre.

Le respect des lois de la République est un devoir pour tous : ce principe vaut pour les agresseurs cagoulés comme pour les « vengeurs » instrumentalisés. C’est aux forces de l’ordre et à elles seules, qui revient de traquer les voyous et de les traduire devant les tribunaux. Le calme doit revenir. Tous, élus, pouvoirs publics et simples citoyens doivent retrouver le chemin d’un vivre ensemble qui tarira, à la source, le recrutement des bandes mafieuses."

 

PPS : à noter que, lors de la manif anti-arabe, il n'y avait que des hommes. Comme en Iran :

 

 

Les nationalistes corses sont-ils proches de l’extrême droite ?
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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 07:00

 

- Un peu de sang caillé d'opposants progressistes ?

 

- Non, je préfèrerais un peu de haggis de Kurdes.

 

- Ouaf !!!

A quand Fabius sur la photo ?
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 09:52

Pour faire plaisir à ses copains assureurs, un de ses frères au premier chef (dirigeant de Malakoff Médéric et viré depuis), mais aussi pour affaiblir encore plus le système de santé républicain, Sarkozy avait lancé le projet de mutuelles d’entreprises. Privées, donc. Les Solfériniens lui ont naturellement emboité le pas et ont parachevé l'esquisse.

 

Le 1er janvier 2016, une couverture complémentaire santé collective obligatoire (mutuelle d’entreprise) doit être proposée par l’employeur du secteur privé à tous les salariés, n’en disposant pas déjà, en complément des garanties de la Sécurité sociale. Cette couverture doit être négociée avec les « partenaires sociaux ». Si les négociations échouent, l’employeur installe, par décision unilatérale, une couverture santé, après mise en concurrence des assureurs.

 

 

La participation de l’employeur doit être au moins égale à 50%. Donc, celle des employés doit être d’environ 50%. Le contrat doit proposer un panier de soins minimum. Là où cela se corse, c’est que ces mutuelles de groupe protègeront avec des garanties « adaptées » aux spécificités des employés. Elles varieront donc d’une entreprise à une autre, d’une branche professionnelle à une autre. Toujours diviser, au nom d’une prétendue équité, la classe salariale pour mieux régner. Les cadres et les non-cadres ne seront pas forcément protégés de la même manière.

 

La touche finale de cette saloperie, c’est que, jusqu’ici, le montant de la cotisation était déduit du revenu imposable du salarié. La loi de finances de 2014 est revenu sur cette modalité : la part payée par l’employeur sera désormais considérée comme un avantage en argent pour le salarié, à déclarer par celui-ci à l’administration fiscale.

   

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 06:27

 

 

La section CGT de Dieppe dresse un bilan terrible des attaques de tous les présidents de la République et les gouvernements qui se sont succédés depuis 50 ans contre la Sécu.

 

REPÈRES (NON EXHAUSTIFS) SUR LE RECUL DES REMBOURSEMENTS DE LA SÉCURITÉ SOCIALE ET DE LA PROTECTION SOCIALE.

 

  • 1967: ordonnances De Gaulle-Jeanneney: suppression des élections à la Sécurité sociale, remplacées par le "paritarisme", pour affaiblir la CGT (mais aussi pour dégrader la Sécurité sociale); réduction du remboursement des actes médicaux (70% au lieu de 80%); les médicaments sont remboursés à 70%; les frais d'hospitalisations sont remboursés à 80%.
  •  
  • 1971: instauration du numérus clausus d'entrée en 2e année de médecine, fixé à 9000 places.
  •  
  • 1975: premières exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires.
  •  
  • 1976: plan Barre; diminution du remboursement des médicaments de «confort» (vignettes bleues).
  •  
  • 1978: plan Veil: cotisation maladie payée par les retraités; réduction du nombre de lit dans les hôpitaux; aggravation du numérus clausus pour l'entrée en 2e année de médecine (sur le principe que moins de médecins, c'est moins de dépenses !)
  •  
  • 1979: plan Barrot : gel du budget des hôpitaux; hausses des cotisations des retraités,
  •  
  • 1981: plan Questiaux : cotisation maladie payée par les chômeurs.
  •  
  • 1982: plan Beregovoy : création du forfait hospitalier (20 francs, soit 3,05 euros), 1258: nouveaux médicaments voient leur remboursement réduit (vignette bleue).
  •  
  • 1983: plan Beregovoy II : taxe sur alcool et tabac; baisse à 6160 étudiants du numerus clausus pour l'entrée en 2e année de médecine, sous prétexte de "limiter les dépenses de santé" par la réduction du nombre de médecins.
  •  
  • 1985: plan Dufoix : hausse du ticket modérateur pour certains soins, 379 médicaments en vignette bleue.
  •  
  • 1986: plan Seguin : limitation du nombre d’affections remboursées à 100%; hausse du forfait hospitalier; impôt exceptionnel.
  •  
  • 1988: plan Evin : déremboursement de certains médicaments; baisse du remboursement des analyses.
  •  
  • 1990: plan Durieux-Rocard: institution de la CSG.
  •  
  • 1991: plan Bianco : augmentation du forfait hospitalier; nouvelle baisse à 3500 étudiants le numérus clausus d'entrée en 2e année de médecine, sous prétexte de "limiter les dépenses de santé" par la réduction du nombre de médecins (chiffre le plus bas chiffre de production de médecins entre 1971 et 2014).
  •  
  • 1993: plan Veil : baisse du taux de remboursement des honoraires médicaux (de 75 à 70%), et des médicaments (de 70 à 65%); augmentation du forfait hospitalier; augmentation de la CSG.
  •  
  • 1995: plan Juppé : lutte contre les prétendus abus et gaspillage; dépenses annuelles de la Sécu plafonnées par décret.
  •  
  • 1996: plan Barrot : création de la RDS, augmentation des taxes sur alcools et tabac.
  •  
  • 1998: plan Aubry : hausse de la CSG des salariés, des chômeurs, et des retraités; plafonnement des dépenses de radiologie; pénalisation des médecins ne respectant pas les quotas.
  •  
  • 1999: création de la CMU (Couverture Maladie Universelle), financée au départ par une taxe de 20% sur les mutuelles, et 80% par l'État (en 2015, c'est 97% par les mutuelles, donc les cotisations des mutualistes).
  •  
  • 2000: baisse de remboursement pour 150 médicaments; devant le risque de désetification médicale, remontée du numérus clausus à 7200.
  •  
  • 2001: plan Guigou : déremboursement de nouveaux médicaments.
  •  
  • 2002: plan Mattéï: déremboursement de 650 médicaments, accélération des fermetures de lits et d’hôpitaux.
  •  
  • 2003: plan Mattéï II : baisse de remboursement de 617 médicaments, de 65% à 30%.
  •  
  • 2004: Création du médecin traitant; création du dossier médical personnel; réforme de la gouvernance de l’assurance maladie et du système de santé; promotion des médicaments génériques; Création du forfait d’1 euro.
  •  
  • 2005: Étatisation de la Sécu : Vote du budget de la sécu par les députés; pluriannualité du financement; obligation d'équilibre des régimes par le rapprochement recettes/dépenses; contrainte objectifs/résultats.
  •  
  • 2005: le forfait hospitalier passe de 13 à 14 euros.
  •  
  • 2006: le forfait hospitalier passe 15 euros.
  •  
  • 2007: le forfait hospitalier passe 16 euros.

  •  
  • 2008: Création d'une franchise de 50 centimes par boîte de médicaments, et 2 euros par transport sanitaire, cette dernière étant plafonnée à 4 euros par jour. Pour l’ensemble des franchises, la participation de l’assuré est limitée à 50 euros par an.
  •  
  • 2010: le forfait hospitalier passe 18 euros; le numérus clause d'entrée en 2e année de médecine est remonté à 7.400 (par rapport à 1971, où il était de 9000, la population française a augmenté de 10 millions).
  •  
  • 2011: création du médicament de confort: 80 médicament sont déremboursés totalement: 18 myorelaxants, 17 vasodilatateurs, 8 produits contre l'ostéoporose, 7 anti rhumatismaux non stéroïdiens, 5 anti-hémorroïdaires en crème, 5 anti-arthrosiques et traitements des crampes, 3 anti parkinsoniens et 2 bains de bouche.
  •  
  • 2011: 600 médicaments.
  •  

A noter: On pourrait faire la même étude sur l'évolution des allocations familiales. En 1946, le revenu salarié d’une famille de trois enfants (la moyenne dans les familles populaires) est constitué pour plus de la moitié par des allocations familiales. Les politiques successives ont réduit les allocations familiales à de l'anecdote, allant même jusqu'à les plafonner pour les plus hautes salaires en 2013.

 

Cliquez pour en savoir plus sur les différents plans de restriction de la Sécurité Sociale sur le site de l'INA (mais ce ne sont que des vidéos d'interview de ministres et jamais de syndicalistes).

 

Lu sur le blog de l'UL CGT de Dieppe.

 

 

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 06:34

130 ouvriers de l’usine Latécoère (Toulouse et Gimont) sont en grève illimitée. C’est la première fois depuis 1972.

 

Au capital de cette entreprise historique (endettée) sont entrés le 30 avril 2015, à hauteur de 25% deux fonds d’investissement anglo-étasuniens : Apollo Global Management (5ème au monde, 22 milliards de dollars en cinq ans) et Monarch Alternative Capital (5 milliards de dollars en 2015), dont l'objectif officiel est de secourir les entreprises en détresse ! Ces fonds ont apuré une dette de 320 millions d’euros. Quant à Apollo, il se qualifie d'« anticonformiste », apte à « libérer les potentialités ».

 

Les premières décisions prises par les nouveaux actionnaires ont mis le feu aux poudres : augmentation de la rémunération des membres du conseil d’administration, attribution d’actions gratuites aux dirigeants pour un montant d’environ 10 millions d’euros. Dans le même temps, les salaires ont été gelés deux fois en cinq ans (la CGT demandait une augmentation générale – phénoménalement scandaleuse – de 50 euros) alors que l’usine tournait à plein régime et que les finances du groupe étaient en très bonne voie d’assainissement.

 

Dans cette entreprise, un ouvrier gagne 1 400 euros net par mois après dix ans d’ancienneté. De nombreux emplois ont été délocalisés au Mexique et au Maroc. Aucun nouveau projet d’avion n’est prévu avant dix ans dans ce bijou de l'industrie française, n° 1 au monde pour les portes d'avions.

 

Le dialogue social a été complètement interrompu, la « mobilité » est encouragée et les travailleurs doivent respecter des « objectifs » dont ils ne comprennent pas le sens. La baisse du pouvoir d’achat est réelle, tout comme les humiliations subies par les employés.

 

FO, syndicat majoritaire, ne s’est pas associé au mouvement (quoique « en colère »), préférant attendre les négociations de début 2016. En 2015, FO, en compagnie de la CGC, avait accepté un gel des salaires « afin de faciliter l'opération de restructuration du capital ».

 

Grève dure chez Latécoère
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 07:52

Il est de bon ton, du côté du patronat et dans les médias dominants à sa botte, d'assimiler en France l'extrême droite et la gauche de gauche (en gros le Front de Gauche). En disant, par exemple, que leurs programmes économiques se ressemblent comme deux gouttes d'eau et qu'il y a, de part et d'autre, une tentation totalitaire. Dans ce blog, j'avais ainsi dénoncé en 2013 une "petite crapulerie" de Jacques Attali à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon.

 

Fort bien construite, cette confusion sert naturellement les intérêts de la classe dominante. Faut-il s'étonner que des esprits faibles (pour ne pas dire des faibles d'esprits), se trompant volontairement d'ennemi, s'attaquent à des individus dont l'engagement pour la vrai gauche date de plus d'un demi siècle ? Malfaisantes, calomniatrices, certaines personnes bien seules s'en prennent depuis des mois au Grand Soir et à ses deux figures de proue Viktor Dedaj et Maxime Vivas. Depuis 2007, j'ai publié sur le site du Grand Soir près de 600 articles. Je ne suis pas plus malin qu'un autre, mais si ce site avait fait preuve de rouge-brunisme, j'aurais tout de même fini par m'en apercevoir, après toutes ces années de collaboration régulière.

 

Je laisse à mon ami Maxime Vivas le soin de décortiquer la très mauvaise graine semée par ces acharnés du procès en sorcellerie.

 

 

 

Je sais que, sur des listes internes d’organisations dont je suis proche, dont j’approuve l’action, dont je relaie les écrits sur mon site legrandsoir.info, circulent des discussions alimentées au fiel de calomnies nées, très précisément un 28 mars 2011.

 

Définitions succinctes

 

Conspiration : entente secrète en vue de renverser un pouvoir établi ou d’attenter à la vie d’une personne d’autorité. Synonymes : complot, conjuration.
Conspirationniste : celui qui voit des complots partout et qui y trouve l’explication de la marche du monde.

Anti-conspirationnisme  : mouvance anonyme se réclamant souvent de l’anarchie pour pervertir ce que leur idéal porte en lui de beau et de généreux.

Confusionniste : mot inventé à partir de confusionnisme et indéfinissable, en forme de massue cloutée, ou de bague à poison, ou de muselière.

Analphabète politique (synonyme d’« anti-conspirationniste » et d’« anticonfusionniste ») : celui qui jure qu’il n’y a jamais eu des conspirations.

Des esprits éclairés prétendent que les conspirations, complots, conjurations, ne sont pas des vue de l’esprit, mais que, cependant, « Ce sont les masses, qui font l’histoire » (Marx).

 

Le fusil à trois coups des « anti-conspirationnistes »

  1. « Effet de halo ». l’adversaire dont le nom est répétitivement associé à « conspirationniste », est discrédité par phagocytose. Et le débat est clos.

 

  1. « La circulation circulaire de l’information » (cf. Pierre Bourdieu). Validation de la sentence précédente par les journalistes qui, se lisant entre eux, la diffusent. L’affaire est entendue.
  2. Jeu du « Cadavre exquis ». On souffle une phrase à l’oreille de

son voisin, qui transmet à un autre en ajoutant quelques mots, et ainsi de suite jusqu’au dernier. Tout est (mal) dit.

La milice des « anti-conspirationnistes » use de ces trois cartouches dont la poudre est un mélange de mensonges, amalgames, erreurs factuelles, troncatures, extrapolations, exigences de l'infaillibilité et généralisations abusives. Elle écrit (la nuit) des lettres de dénonciation non signées comme faisait naguère la France vertueuse et saine du marché noir.

 

Glissements sémantico-idéologiques

Viktor Dedaj, le webmaster du site d’information alternative Le Grand Soir (LGS), explique comment, à chaque grand sujet sera associé un qualificatif « épouvantail », véritable “ taser idéologique ” aux effets paralysants. Il montre comment sont classés les partisans d’une discussion ouverte sur le 11 septembre 2001 (complotistes), l’Europe et l’euro (souverainistes) la politique économique et sociale (nationalistes), les conditions de vie (populistes), l’impérialisme (confusionnistes), le sionisme (antisémites), Israël (négationnistes, révisionnistes) la « guerre des civilisations » (islamistes) et, tous ces sujets groupés : rouges-bruns.

 

Exemples vécus, ou bercement insidieux de la rime

 

Le 28 mars 2011, une pseudo journalise sans honneur et sans morale a publié (sous pseudonyme car elle se disait mon amie) sur un site de « tendance anarchiste » (sic), un brûlot affirmant que le site Le Grand Soir (dont je suis un administrateur) est en pleine « dérive droitière » en raison de « la publication, de plus en plus fréquente et sous couvert de défense de la liberté d’expression, d’auteurs ou de textes ouvertement fascisants et d’extrême-droite ». Aggravé par des centaines de commentaires de lecteurs et d’elle-même, l’article faisait du Grand Soir un site complotiste, conspirationniste, confusionniste, puis (notez le glissement permis par la paronymie ou la rime) : antisioniste, révisionniste, négationniste et, pour tout dire, aux yeux de ceux qui suivirent la flèche lancée : antisémite.

 

Bien entendu sur 10 000 articles publiés alors par Le Grand Soir (21 000 aujourd’hui), aucun (je répète : aucun) n’est, ni « ouvertement », ni insidieusement « fascisants et d’extrême-droite ». Au contraire.

 

N’empêche : des ignares embusqués rebondissent sur les mots infamants dans une fuite en avant diabolisante. Ils saluent mon invitation dans un salon du livre aux cris : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ! », ils nous promettent « des coups de manche de pioche », ils font annuler, en menaçant les organisateurs, une conférence de Viktor Dedaj à Paris, ils rappellent à l’ordre les sites qui nous inscrivent dans leur référencement, ils s’insurgent de notre présence chaque année à la fête de l’Humanité.

 

En juin 2012, sur le site Rue89 (en signant de son vrai nom, son pseudo ayant été percé), la même virago qui lança contre nous la cabale me peint en « rouge-brun ». En août, un journaliste de Charlie Hebdo (qui confesse en privé s’être inspiré d’elle) classe LGS, Viktor Dedaj et moi parmi les « bruns ». Bruns ? Cf. Les Chemises brunes des SA qui s’illustrèrent dans la « Nuit de cristal », pogrom et point culminant de la vague antisémite en Allemagne.

 

Les « anti-conspirationnistes » conspirateurs

 

Ces maccarthystes, ces flics de la pensée, gagnent toujours la première manche.

 Ils perdent les autres.

La première, peut durer une vie d’homme.

Par les accusations infondées qu’ils martèlent (sans se montrer) par l’assemblage à coups de talons des pièces mal assorties d’un puzzle, par le rapprochement de ragots et de semi-vérités, par leur manie de fouiller placards, caves et poubelles, ces émules de la Stasi et ayatollahs masqués se vautrent dans le conspirationnisme qu’il prétendent dénoncer.

 

Ils sont les clones des juges, policiers et journalistes qui ont formaté l’opinion pendant les 4 ans du procès d’Outreau où des présumés coupables par l’accumulation « d’incontestables éléments à charge », ont vécu le martyr : destruction physique et mentale, éclatement de familles, pertes d’emploi, ruine, et jusqu’au suicide.

 

 

Pourquoi les pseudo « anti-conspirationnistes » ont gagné.

Une “ Une ” récente du Grand Soir

 

 

Comment dégarnir le front antiraciste, antifasciste et ouvrir la voie aux Panzers ?

 

Tout à leur procès de Moscou, ces procureurs évitent de s’alarmer d’une droite extrême à qui sourit le verdict des urnes et qui pérorera, demain, sur les marches du pouvoir s’ils nous neutralisent et rendent impossible tout débat d’idées.

 

Dans la charrette que tirent les inquisiteurs sans visage vers la place de Grève pour que la foule conspue leurs prises de guerre, on distingue : Edgar Morin, Daniel Mermet, Pascal Boniface, Charles Enderlin, Alain Ménargues, Bernard Cassen, Jacques Bouveresse, Pierre Bourdieu, José Bové, Stéphane Hessel, Pierre Péan, Umberto Ecco, Yves Calvi, Jean Ferrat, Jean-Luc Godard, Michel Collon, Jean-Luc Mélenchon, Viktor Dedaj, moi-même....

 

La liste folle est lacunaire et elle s’allonge sans cesse. Demain , Christian Delarue y sera aussi pour m’avoir accueilli.

D’abord un bruit léger, dit Beaumarchais : « … il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’oeil… ».

 

Tous ces accusés innocents, que les vrais « bruns » brûleraient en une seule fournée, que les GI’s enfermeraient dans un container exposé au soleil, que les participants aux fêtes bleu-blanc-rouge caresseraient au nunchaku, subissent la conspiration du « mensonge triomphant qui passe », la conjuration des bellicistes dont beaucoup ont applaudi toutes les guerres atlantistes en Europe (Yougoslavie), au Proche et Moyen-orient, c’est-à -dire les massacres de populations, la destruction de pays, la fabrication de haines régionales, ethniques, tribales. Et gare à qui s’alarme du prix payé par les innocents pour remplacer, grâce aux armes ou armées de l’Occident, un dictateur par des dictateurs, l’école par le prêche, la loi civile par la charia, l’oppression des femmes par leur encagement sous niqabs et burkas, les paysans palestiniens par des colons ukrainiens, californiens ou écossais.

 

En mitraillant la tranchée qu’ils prétendent défendre, les « anti-conspirationnistes » cagoulés dégagent un boulevard pour le déferlement des Panzers des pires idéologies.

 

Les pseudo « anti-conspis » ont gagné la première manche

 

L’Histoire nous apprend que les conspirations sont souvent découvertes quand le mal est fait.

 

Et, à me lire, n’auriez-vous pas en tête, en ce moment précis, ce dicton qui dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu ? Et à combien d’antifascistes et antiracistes sincères devrais-je encore m’adresser pour un humiliant plaidoyer pro-domo depuis le pilori où me voila ligoté par des Dupont-la-Joie dont il est difficile de penser qu’ils ne sont activés que par leur inculture ?

 

Maxime Vivas

D’après un article (actualisé) paru sur Le Grand Soir.

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 06:43

Je propose ici une analyse modérée mais lucide et essentielle de Christian Laval, professeur de sociologie à l'université Paris Ouest Naterre La Défense (avoir rebaptisé cet établissement de la sorte, “ POND ”, mare, étang, en anglais, avec la dénotation d'eau stagnante, trahit un souci imbécile de visibilité à tout prix !). Ce texte est paru dans le Mensuel du SNESUP en avril 2013.

 

 

 

 

La régulation nouvelle de la recherche et de l’enseignement supérieur doit être comprise en relation avec les principales dimensions de la « nouvelle condition universitaire » que sont l’hétéronomie, la précarité et l’exploitation.

 

Les conditions de travail en milieu universitaire se sont nettement dégradées, ce constat est presque unanime lorsqu’on écoute ceux qui ont assez de recul pour en juger. Allongement du temps de travail, alourdissement et multiplication des tâches, pression récurrente de l’évaluation et de la mise en concurrence pour l’obtention de crédits : les nouvelles contraintes s’ajoutent les unes aux autres jus- qu’à provoquer lassitude et parfois burn out. Le monde professionnel de l’enseignement supérieur et de la recherche n’échappe pas ou plus à une évolution générale qui voit « le métier » attaqué par des formes d’emploi, des pratiques managériales et des normes qui abîment le « travail », qui nuisent à l’ouvrage bien fait, qui méconnaissent la valeur de l’être et du faire. Le comble de la dégradation est bien sûr atteint avec l’extension de la précarité, et avec toutes les formes d’exploitation du travail gratuit auxquelles est tout particulièrement tenu un nombre toujours croissant de jeunes chercheurs.

 

Mutation du travail universitaire : réduction progressive de l’autonomie du champ scientifique

 

Cette dégradation des conditions est en réalité à ressaisir dans une mutation plus large du travail et du milieu universitaires, qui affecte conduites et subjectivités des professionnels. Hétéronomie, précarité et exploitation, ces trois dimensions de la « nouvelle condition universitaire » sont inséparables de ce qu’on appelle « l’économie de la connaissance », c’est-à-dire l’ensemble des dispositifs et des normes qui composent et imposent peu à peu une régulation nouvelle de la recherche et de l’enseignement supérieur. Certains, qui n’en connaissent ni l’origine ni la portée, ont voulu voir dans cette expression une reconnaissance de la valeur sociale de la connaissance. Elle signifie plutôt que la connaissance doit désormais être regardée comme une valeur strictement économique, de première importance sans doute, mais pour une raison fondamentale qui n’a plus grand-chose à voir, du moins directement, avec la « vérité », un mot d’ailleurs assez désuet dans le lexique officiel du « pilotage ». Cette valeur de la connaissance trouve son fondement non plus dans une meilleure compréhension du monde, comme c’était le cas peu ou prou dans l’ancien « esprit de la science », mais dans son efficacité opératoire, ou mieux dans la performance économique qu’elle permet d’améliorer. L’évolution n’est pas nouvelle, elle n’est pas seulement française, pas plus qu’elle n’est endogène au seul univers des savoirs et de l’enseignement. Cette transformation est profondément liée à la fois aux transformations du capitalisme et aux politiques néolibérales mises en œuvre par les États.

 

Ce qui caractérise, dans la pratique, cette nouvelle régulation de l’université et de la recherche c’est la dépendance politique à l’égard d’instances elles- mêmes soumises aux impératifs de « compétitivité », c’est la réduction progressive de l’autonomie du champ scientifique par les modalités de son financement et de son évaluation, c’est sa normalisation par la mise en œuvre, en son propre sein, des normes du marché et de la logique concurrentielle. On aurait tort de croire en effet que l’hétéronomie, terme qui traduit exactement « l’autonomie » promue par les réformes, s’impose par la seule pression externe des marchés et des politiques qui en relaient les exigences. C’est de l’intérieur, par des normes dites d’excellence, par des dispositifs dits d’auto-évaluation, par la professionnalisation dogmatique des cursus, et évidemment par le contrôle du « transfert de la recherche au monde socio-économique » que se refaçonne le milieu universitaire, en entraînant le plus de monde possible dans cette logique afin que les enseignants et chercheurs contribuent par leurs propres conduites, poussés par la situation de concurrence et/ou de précarité qui leur est faite, à la fabrication de « l’entreprise » universitaire chargée de la production des connaissances utiles et rentables.

 

 

 

 

 

C’est sous cet angle qu’il faut lire la loi Fioraso qui met en musique le « modèle grenoblois » théorisé par Michel Destot et soutenu par la fraction pro-entrepreneuriale du parti socialiste et du gouvernement. Elle prolonge et même accentue très nettement la tendance en promouvant ce que M. Destot appelle l’« écosystème de l’innovation reposant sur le triptyque université/recherche/industrie ». C’est également sous cet angle qu’il faut analyser désarroi, désabusement et colère d’une grande partie du milieu. La liste des maux ne suffit sans doute pas à cerner leur cause. Si les conditions objectives se détériorent, il faut tenir compte aussi des agressions subjectives subies par les professionnels, des conflits éthiques dans lesquels ils sont sans cesse placés, des injonctions et des obligations qui les mettent en contradiction avec eux-mêmes. Pour le dire d’un mot, la régulation néolibérale du champ de la connaissance ne peut qu’abîmer le « cœur » du métier, c’est-à-dire les valeurs collectives partagées qui donnent à chacun le sentiment que son travail et sa vie ont un sens qui dépasse les intérêts et les conforts personnels. Ce sont, je crois, ces subjectivités blessées qui rendent encore plus insupportable la dégradation des conditions objectives.

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