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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 05:14

Ci-dessous le témoignage de la mère de Pierre-Alain Mannoni, un homme comme vous et moi qui a tenté d'apporter un peu d'humanité à des gens en détresse :

 

Voici les nouvelles des procédures judiciaires de mon fils Pierre-Alain. Après 4 ans de procédure, les frais de justice continuent de s'accumuler, merci de votre générosité pour sa cagnotte.

L'aide aux migrants - Ma folle épopée judiciaire 
 
En 2016, dans le froid de la montagne des Alpes-Maritimes, en pleine nuit, j’ai rencontré 3 jeunes femmes qui étaient gravement blessées. Elles avaient fui la dictature d'Érythrée, elles étaient passées par les marchés aux esclaves de la Lybie et s’étaient perdues sur une route près de chez moi. Je les ai emmenées dans ma voiture pour les mettre à l'abri et qu'elles reçoivent des soins. On nous arrêté au péage et mis des menottes parce qu’elles n’avaient pas les bons papiers. 


Depuis des années ces dérives graves de l'Etat sont portées devant les juridictions par des associations ou des citoyens isolés. D’ailleurs cette année : 


Le conseil d'État et le Conseil Constitutionnel a confirmé que la France ne respecte pas sa devise Fraternité et son obligation d'accueillir les plus vulnérables comme les femmes ou les enfants fuyant les guerres. 


En référence à l’article 3 sur la torture la Cour Européenne des Droits de l'Homme vient de condamner la France sur la façon dont elle a traité des personnes qui devaient être mises à l'abris. 


Et même des policiers à Briançon ont été condamnés à de la prison pour avoir répété violences, humiliations et vols sur des personnes qui avaient besoins d'aide. 


Malgré cela pour la 5e fois je me retrouve devant un tribunal. Un épopée judiciaire digne des plus grandes affaires : 1ere Instance à Nice, Cour d’Appel d’Aix en Provence, Cour de Cassation à Paris, Conseil Constitutionnel et maintenant une nouvelle cour d’appel à Lyon. Car en fait l'enjeux de cette affaire qui peut paraitre ubuesque fait froid dans le dos : 


Est ce qu’il faut éduquer nos enfants en disant qu'il y a certaines personnes différentes qu'il ne faut pas secourir ? Comme les juifs à une autre époque… 


Est ce qu’il faut réduire la définition de la Fraternité ? Comme on l'a fait sous l'occupation… 


Alors voilà j’y retourne pour que plus personne ne soit poursuivi pour avoir été humain, pour avoir accueilli comme cela s’est toujours fait partout et à toutes les époques. C'est aussi pour ça qu'un rassemblement est prévu le jour du procès, devant la cour d'appel de Lyon le 23 septembre 2020 à 13h.  
 
Mais il y a de l’espoir car nous sommes très nombreux à être humain. En ce moment par exemple des bénévoles comme ceux de Roya-Citoyenne apportent de la chaleur humaine et de la nourriture à des gens laissés à l'abandon grâce à vos dons et votre aide. 

 

24 SEPT. 2020 — 

Il est 19h45, elle a commencé à 13h30

Ça a été dur, très lourd...

L’avocat général souhaite la condamnation. il a cherché à faire passer Pierre-Alain pour un militant. Et un militant connaît la loi et la loi c’est la loi et Pierre-Alain savait qu’il ne respectait pas la loi, voilà son argumentation qui a duré plus d’une heure.

Il demande 5 mois de prison avec sursis.

Pour la défense Pierre-Alain est un citoyen ordinaire qui s’est trouvé en présence de gens en souffrance ayant besoin d’aide . Maëva, son avocat, a été très bonne. Elle a relevé des anomalies dans le requisitoire de l’avocat général.

Pierre-Alain a été très solide, à la barre pendant 3 heures sans interruption. Plus des questions supplémentaires à la fin.

J’ai trouvé que le président de la cour cherchait à le coincer sur des petits détails, il coupait les cheveux en quatre dans la première partie de l’audience. Il paraissait plus humain pendant le réquisitoire du procureur. Ce dernier m’a fait frémir mais certaines personnes ont trouvé qu’il avait fait des erreurs.

Je suis incapable de tout comprendre dans ces démonstrations de haut vol des lois.

Mais je me suis dit en l’écoutant que respecter la loi de façon aussi dépourvue d’humanité et de fraternité mènerait à une société où je n’aurais pas envie de vivre.

Je n’aimerais pas le croiser. C’est de l’acier.

J’ai bien compris le sens de « raide comme la justice »! Oui vraiment très raide!

Suis nouée,

Le verdict sera rendu le 28 octobre à 13h30

....À suivre

Dans le meilleur des cas Pierre-Alain sera relaxé mais à mon avis le procureur ira en cassation. Il veut le faire condamner

Autrement si Pierre-Alain est condamné, c’est lui qui ira en cassation pour aller jusqu’à la cour européenne des droits de l’homme.

Donc on n’est pas sorti de l’auberge...

Ouf.

Pas facile.

 

 

La Justice française est en acier, dure avec les faibles.
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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 05:13
 
L’UNEF offre un enterrement religieux à la laïcité et à l’universalisme
Un tournant sous une nouvelle présidence 

Comment s’est opéré ce tournant de l’Unef ? De l’avis de plusieurs anciens, la rupture idéologique se produit avec la présidence de William Martinet, arrivé en 2013. Mais à l’Unef – qui a eu parfois sa propre conception de la démocratie –, les présidents sont choisis par leur prédécesseur, en l’occurrence, ici, Emmanuel Zemmour. Désormais, il avoue n’avoir pas perçu ce positionnement plus relativiste sur les questions de société de son successeur. Il l’a choisi notamment parce qu’il se situait plus à gauche politiquement. Martinet est d’ailleurs engagé actuellement auprès de Jean-Luc Mélenchon au sein de La France insoumise, et n’a pas souhaité répondre à nos questions. «  On était au milieu du mandat de Hollande, dans une désillusion absolue par rapport à la gauche, on n’arrivait pas à négocier quoi que ce soit, explique Emmanuel Zemmour. Je me suis dit qu’il fallait assumer une position plus dure. William avait un côté plus intransigeant politiquement.  » 

C’est donc sous la présidence Martinet que le syndicat a glissé peu à peu vers le relativisme. Pour aboutir notamment à cette décision, qui choque encore beaucoup d’anciens : l’ouverture d’une salle de prière – révélée par Le Monde – dans une université lors du congrès de ses adieux en 2016, à la demande d’un étudiant qui faisait le ramadan. Chacun reçoit alors un SMS indiquant aux «  camarades  » qui veulent prier qu’une salle a été ouverte. Les anciens s’étranglent : une salle de prière dans une université publique, inconcevable ! En 2015, une rupture, déjà : au moment des attentats de Charlie et de l’Hyper Cacher, pour la grande manif de soutien du 11 janvier, Martinet a annoncé ne pas vouloir défiler dans le cortège de tête. C’est aussi Martinet qui lance les premières réunions «  non mixtes racisé · e · s  » pour le bureau national.

Après son départ, «  le couvercle a sauté  », analyse Émilien. La génération formée sous Martinet arrive aujourd’hui à maturité. «  L’Unef est devenue le SUD étudiant d’il y a dix ans. De la maison commune de la gauche, c’est devenu la maison du gauchisme et du relativisme.  » Émilien est parti de l’Unef après les attentats du Bataclan. «  Je ne pouvais plus supporter cette ligne-là, me retrouver dans une salle avec des gens qui disent  » Charlie l’a bien cherché », ou « arrête avec ton discours de Blanc«  . Aujourd’hui, ils pensent que c’est l’indigénisme et l’intersectionnalité qui sont la voix de la banlieue. Faute d’arriver à aller en banlieue, on s’est appuyé sur des organisations proches de ces thèses-là sans aucune lucidité…  » Une ancienne, elle-même issue de la diversité, déplore : «  Avec leur rhétorique, on fait la course entre les Blancs et les Noirs. C’est une erreur dramatique de penser que seuls ceux qui sont concernés peuvent mener le combat.  » Et même la course entre niveaux de couleur, si l’on en croit ces propos d’une intervenante aux assises rapportés sur le compte Twitter de l’Unef : «  En tant que femme transgenre racisée, je suis intersectionnelle. Mais ma racisation fait de moi une personne plus privilégiée qu’une personne afro-descendante et c’est à cause du colorisme qui crée un privilège entre personnes racisées.  » Pas de quoi parler au plus grand nombre. Pas certain non plus, d’ailleurs, que quiconque parvienne à déchiffrer ce charabia pour militant des niches raciales…

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 05:10

 

Le banquier éborgneur sera allé plus loin que tous ses prédécesseurs en matière de privatisation. Chez lui, ce n'est pas de l'économie, c'est de l'idéologie à l'état pur. Il privatisera bientôt les petits chemins qui sentent la noisette.

 

Un décret, publié au « Journal officiel » le 15 août, établit les conditions auxquelles des sections de routes nationales pourront être cédées au privé. Certains y voient un nouveau cadeau aux sociétés concessionnaires. 

 

 

En plein cœur de l’été, le 14 août, un décret publié au Journal officiel« relatif aux conditions de classement de certaines sections de routes dans la catégorie des autoroutes » est passé totalement inaperçu. D’apparence très technique, ce décret d’application de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019 ouvre, en réalité, la possibilité de céder au privé des kilomètres de routes nationales.

 

 

Quinze ans après la privatisation pas tout à fait digérée des autoroutes, cette idée fait frémir ceux qui craignent un nouveau cadeau fait aux sociétés concessionnaires. Le scénario discuté en coulisses depuis quelques années par l’Etat et les compagnies privées est pourtant simple. Ce dernier n’a pas les moyens d’entretenir comme il faudrait ses routes, qui souffrent d’un sous-investissement chronique. Mais si vous nous confiez certaines portions, les derniers kilomètres avant l’autoroute, par exemple, suggèrent les grands groupes, nous les entretenons, nous investissons, et, en échange, vous prorogez nos contrats.

 

 

Or, l’allongement des durées de concession, c’est justement ce qu’il faut éviter, estiment les sénateurs, qui ont enquêté pendant huit mois sur le sujet et dont le rapport devait être rendu public ce vendredi 18 septembre. Selon leurs estimations, au moins deux des trois sociétés concessionnaires auront rentabilisé leurs investissements dès la fin de l’année 2022, alors que les contrats courent pour encore au moins dix ans. Prolonger la durée des concessions reviendrait à priver l’Etat de nouvelles recettes, estime un fin connaisseur du dossier. « Car plus une concession est vieille, plus elle est rentable », explique-t-il.

La voie ouverte par ce décret « est en réalité une pratique ancienne, qui avait cours avant même que les concessions aient été cédées au privé », assure Christophe Boutin, le délégué général de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes, l’ASFA. Et quelques années après le partage de 2006, des sections d’autoroute gratuites ont fini par passer dans le giron du privé. La route nationale 205, par exemple, qui monte jusqu’à Chamonix (Haute-Savoie), a été transférée, en 2009, à la société Autoroutes et tunnels du Mont-Blanc. A Grenoble, c’est l’A480 qui a été transférée, en 2015, à l’AREA, une filiale d’Eiffage. En échange de la remise en état de la voie rapide, et de la création d’une voie réservée aux bus et au covoiturage, Eiffage a vu sa concession rallongée de quatre ans. Le transfert a été évalué à 400 millions d’euros.

 

Repris du Monde (18/09/2020)

 

La loi autorise la privatisation de kilomètres de nationales
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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 05:30
Conséquence passée… et à venir

Les effets n’ont pas manqué de se mon­trer. Lors des Européennes de 2019, LFI guidée par une euro­péiste de gauche, Manon Aubry, a fait un résul­tat quasi grou­pus­cu­laire, dépas­sée même par le PS. Elle en a pro­fité pour renouer avec le groupe par­le­men­taire des gau­ches euro­péen­nes, le GUE, pour y retrou­ver, embras­sons-nous Folleville, Tsipras ! Aux muni­ci­pa­les de 2020, LFI a dis­paru, noyée le plus sou­vent dans des listes « citoyen­nes » à géo­mé­trie varia­ble, per­met­tant de renouer par­fois avec la bonne vieille union de la gauche et la tam­bouille tant vili­pen­dée par le passé. Jean-Luc Mélenchon avait ana­lysé l’inca­pa­cité du Front de gauche à avoir une stra­té­gie natio­nale lors des régio­na­les de 2015 comme le pré­lude à la dis­pa­ri­tion du Front de gauche que le PG avait noué avec le PCF. La désa­gré­ga­tion de LFI aux muni­ci­pa­les est le pré­lude à sa dis­pa­ri­tion. Mélenchon, pour l’heure, cour­tise les Verts et se pro­pose comme « can­di­dat commun » à qui en voudra bien. LFI conti­nue de perdre des « adhé­rents », c’est-à-dire des grou­pes actifs. La tam­bouille qu’a com­mencé à cui­si­ner ce vieux spé­cia­liste de la magouille « par­ti­daire » en perdra encore d’autres. Gageons que Mélenchon bazar­dera le moment venu LFI pour lancer un nou­veau mou­ve­ment gazeux. « Bis repe­tita pla­cent » : il n’est pas sûr que la répé­ti­tion plaise tant que cela aux citoyens, d’autant que Macron, Le Pen et quel­ques autres ne peu­vent regar­der que satis­faits cette funeste pièce se dérou­ler sous leurs yeux.

Denis Collin - Jacques Cotta
Le 11 sep­tem­bre 2020

 

 

Messages

  • Critique excessive qui participe au bashing anti Mélenchon et perd donc en crédibilité.
    Quid du PC par exemple dans le gouvernement jospin ? Rien comme propositions concrètes pour les prochaines élections ! Rassemblement à gauche, certes mais autour de qui et surtout de quoi ? Même le programme L’AEC ne trouve plus grâce à vos yeux. Programme que vous avez pourtant soutenu en 2017 ! Que des attaques had nominem contre des représentants de LFI. Ça frôle le règlement de compte mais ça manque de propositions pour envisager un futur meilleur dans l’avenir et pourtant c’est ENSEMBLE que nous parviendrons à réaliser quelque chose de positif pour une majorité de français.

    • Vous dites "critique excessive" : dites-nous en quoi elle est excessive. Où faisons-nous erreur ? Je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on critique Mélenchon, ses partisans n’opposent pas des arguments mais dénoncent un "Mélenchon bashing". Surtout qu’en matière de "bashing", LFI n’hésite jamais. Demandez donc à Henri Pena-Ruiz ce qu’il en pense.
      "Ensemble", dites-vous. Soit, mais qui dans cet "ensemble" ? Ensemble avec les indigénistes ou les ayatollahs verts qui sont d’ailleurs des défenseurs de ces indigénistes. Ensemble avec les islamo-mafieux de Seine-Saint-Denis ? Ou ensemble avec toutes les organisations ouvrières et démocratiques pour la république sociale ?

      Quant aux propositions, il suffit de parcourir le site pour lire les nôtres qui sont également résumées dans le "Manifeste de la Sociale" pour un XXIe siècle plus heureux, publié en 2016.

  • @ Canals : c’est un règlement de compte.

    • Encore une fois, où sont vos arguments ? Il n’y en a pas et pour cause : il faudrait entre dans le détail du débat politique et vous savez très bien que Mélenchon ne cesse de louvoyer pour tomber du côté vers lequel il penche depuis au moins "L’ère du peuple", véritable manifeste visant à instituer la petite bourgeoisie radicalisée comme nouveau sujet révolutionnaire.

  • Quand j’ai lu " Le choix de l’insoumission " de Mélenchon, j’ai constaté à quel point JLM admirait Jospin. Il semble avoir été celui qui l’a le plus inspiré, après Mitterrand bien sûr.

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Mélenchon qui était de passage à Toulon, et de lui rappeler les décisions calamiteuses prises par Jospin au Sommet de Barcelone, que vous citez ici ( quelques mois tout juste avant le premier tour de 2002). Comme je m’étonnais de ne rien lire à ce sujet dans le livre, il a botté en touche en me parlant de ses "problèmes familiaux de l’époque".

    Pour info ; " Le choix de l’insoumission " est sorti en 2016. Il avait largement le temps de faire toute la critique qui s’imposait !

  • J’en reviens au manifeste de la Sociale de 2016, que j’ai signé de bon cœur, et il me semble que cet article salutaire ne le trahit en rien, au contraire

  • Il n’est pas exclu d’apprendre de ses erreurs comme de ses succès. Mélenchon reste un homme prudent (en général) dont on peut ne pas accepter les bifurcations , les lacunes , les oublis volontaires ou accidentels, il les assumera et lui seul, au bout de la route. C’est sa responsabilité autant que son œuvre. Mais il faut bien considérer qu’il n’écrit pas une thèse et encore moins un guide théorique suspendu à la cohérence théorique , son domaine est celui de l’action, action politique. Il s’inscrit dans une ambition aussi personnelle qu’ historique menant à l’élection Présidentielle , pas pour y figurer , mais pour la remporter . Cela rend nécessaire de fédérer les orientations, faire partager les émotions comme les buts , ce qui comprend une part d’affectivité voire d’irrationalité . Donc ce qui est important c’est ce que l’électorat retient et c’est rarement la seule portée politique, d’où l’importance des "medias-politiques" qu’il faut rassurer sinon convaincre. Tout le monde le sait , mais certaines analyses (comme ici) demeurent plus axées sur la cohérence plus que sur la tactique. Chaque approche n’est pas du même niveau . C’est une des raisons pour laquelle il ne peut y avoir de confrontation productive . Pour cela il faudrait un parti, ou un espace commun qui n’a pas pris forme . On peut s’en féliciter ou le regretter et l’on peut craindre qu’il en soit ainsi jusqu’en 2022, si les divers et multiples mouvements d’idées politiques assez proches pour être en capacité de construire un élan présidentiel ne parviennent pas à une entente commune formalisée éventuellement en Programme de Gouvernement. Il semble donc nécessaire , maintenant de prendre rendez vous avec la Victoire , si on la souhaite , et parce qu’elle est possible.

  • _

  • "les pro gram mes valent moins que la pra ti que" : et la pratique de LFI est bel et bien pourrie... J’ai personnellement assisté au retournement du député Corbière concernant l’alliance avec les réseaux indigénistes... Le tournant, je l’ai perçu au moment de la manif Pot-au-feu de Ruffin : suite à l’échec contre la loi anti-travail, ce pot-au-feu était en fait une débandade, surtout l’ouverture sur les réseaux indigénistes, comité Adama en tête, n’avait rien de spontané mais a été préparé par des militants d’état-major...

  • Bonjour et merci pour cette analyse que je partage ! Ayant moi-même participé à la campagne de 2017 même si je gardais une certaine lucidité sur ce mouvement qui accueillait des personnalités comme Clémentine Autain ou Danièle Obono ou encore sur le programme qui restait à améliorer, je suis tout de même resté amer et trahi quant à ce revirement radical de la Fi. Je me sens aujourd’hui orphelin et je ne sais plus aujourd’hui où m’adresser pour défendre le pays et mes idées socialistes. 
    Je profite néanmoins de ce message pour avoir un éclaircissement sur le concept de "matérialisme historique" que vous revendiquez dans le texte. Plus précisément, est-ce que vous l’imbriquez dans une théorie des stades noyant l’individu dans un déterminisme radical ?

    Merci d’avance pour votre réponse et merci pour cette mise au point tout à fait bienvenue !

    Grégory.

  • Discours plein de fiel , interprétations à charge trop facilement rétrospectives , qui étonnent d’autant plus que l’auteur salue l’exploit des 19,58 % à la présidentielle . La plaque tectonique de la gauche a commencé à dériver vers la droite , O paradoxe , dès l’éviction de De Gaulle . En condamnant le stalinisme , on a jeté le bébé avec l’eau du bain . On n’a pas vu la gauche (plus que la droite ) s’opposer aux dérégulations qui ont fait des peuples européens des nains politiques face au marché et au néocolonialisme américain . Mélenchon a voté Non en 2005 . On peut penser qu’il ne propose pas le Frexit , malgré un souverainisme affirmé , parce que le peuple abusé par les médias n’y voit pas la nécessaire condition d’une authentique politique écologique de gauche . Alors on aura un souverainisme de droite qui ressemblera furieusement à du nationalisme .

  • Bien vu. Membre du PG jusqu’à la "création" de la FI, j’ai effectivement assisté à la dissolution de ce parti dans cette formation gazeuse dont je me suis échappée (mais où personne ne m’a retenue il faut dire !). A la suite des élections législatives de 2012, la propagande anti PC a commencé avec virulence. La cause : Mélenchon avait apporté 4 millions de voix au front de gauche par sa seule personnalité et c’est le PC qui a remporté le pactole du financement des partis car c’est lui qui a eu le plus de voix aux législatives. JLM ne l’a jamais digéré. Et j’ai assisté à une opération de destruction interne du FDG. Pire, alors élue FDG aux municipales de 2014, on m’a gentiment mais très vertement expliqué que je ne devais plus me revendiquer de cette étiquette, le FDG étant mort avait décidé le Chef ! On était à peine en 2015. 
    De même, tel le lichen, symbiose parfaite d’une algue et d’un champignon, nul ne peut plus dissocier les éléments de la FI de ceux d’ATTAC. Cette association tournée dans un 1er temps vers les dossiers économiques s’occupe aujourd’hui principalement du dossier écologie/réchauffement climatique et en oublie ainsi sa vocation première sur laquelle elle ne s’exprime plus guère. 
    Ainsi, JLM restera, j’en suis convaincue, comme le fossoyeur d’un immense espoir à gauche !

  • Billet intéressant à plus d’un titre. Mais le fond y est.
    Mélenchon vote Macron ? Bien sûr !!!!
    Dernier exemple et de taille le vote unanime, comme un seul homme, de la loi dite "d’urgence sanitaire" du 18 mars. Pas une voix contre, pas une abstention, tout le PCF, le PS, les LFI et les autres en soutien indéfectible à Macron et sa politique. Tous pour l’Union Nationale ! Union si chère à Macron, nécessaire pour sa guerre répétée 7 fois, la guerre des classes, la guerre sociale, la casse sociale, les licenciements et j’en passe. Ça a comme des relents de 4 août 1914 ou 3 septembre 1939 et de bien d’autres tristes soumissions.
    Alors les Insoumis soumis à Macron : la rigolade, la pantalonnade ?
    Il est plus que temps de voir les Insoumis s’insoumettre à leur vieil animal social-démocrate, ex-ministre du Parti dit socialiste qui parle, encore..., de redressement de la France et autres vacheries chères à la pétaudière bourgeoise mais qui mène tous à la faillite.

  • Après 2017 nombreux sont ceux qui, parmi les 6 millions d’électeurs d’avril, ont pu constater l’imposture que représente LFI.
    Quelques exemples : 
     pas question pour Mélenchon de proposer à notre peuple de sortir de l’UE donc à l’instar de Tsipras, impossibilité d’appliquer le programme sur lequel il avait fait sa campagne électorale ! (s’agit-il d’ignorance du contenu des traités ou manipulation des électeurs ? La question se pose) 
     dangereuse mise en veilleuse des valeurs républicaines (dont la laïcité) pour complaire aux "jeunes" des "quartiers", tout en faisant semblant d’ignorer que leurs "leaders" sont plus proches des "valeurs" patriarcales prescrites par le Coran que de celles énoncées par les Déclarations des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et du 24 juin 1793 (6 Messidor An 1) ! 
     pas de démocratie interne à LFI (j’en ai fait l’expérience moi-même !),
    le Petit Timonier et sa garde rapprochée régentent TOUT et gare à ceux qui doutent ou émettent des réserves, ils ne tardent pas à passer par dessus bord !
    Conclusion : 
    Mélenchon et LFI sont juste une arnaque politique dont de nombreux électeurs d’avril 2017 ont heureusement pris conscience depuis. 
    Pour l’instant J-L M., grâce à sa tchatche, réussit encore à ralentir (un peu !) l’inexorable chute électorale de sa baudruche que certains prennent toujours pour un mouvement politique, mais mère nature fera qu’un jour ou l’autre le "conducator minor" sera contraint de passer la main, et alors LFI (si elle existe encore !) rétrécira pour se retrouver avec le NPA ou LO, dans le club de ces "petites cylindrées électorales" qui n’ont aucune utilité réelle pour améliorer la vie des classes populaires.
    Il est temps que cette imposture prenne fin.

L’inexorable déclin de Mélenchon et de LFI (III)
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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 05:21
  • Erreur de diagnostic 
  •  

Au point de départ, il y a une erreur de diag­nos­tic, erreur néces­saire pour qui veut se débar­ras­ser des vieilles doc­tri­nes. Nous ne vivons pas une crise, dit l’auteur de l'Ere du peuple, mais nous sommes à une bifur­ca­tion de l’his­toire, « un chan­ge­ment totale de la tra­jec­toire de l’his­toire de l’huma­nité ».

Pour faire son diag­nos­tic et annon­cer la grande bifur­ca­tion, Jean-Luc Mélenchon n’emploie pas une fois le mot « capi­tal » , ni « capi­ta­lisme » , ni « mode de pro­duc­tion » . Autrement dit, dès le début, il a tourné le dos au « maté­ria­lisme his­to­ri­que » , quel­que accep­tion que l’on donne à cette expres­sion dont on a usé et abusé. Étrange, non ?

Pourtant l’alter­na­tive devant laquelle se trouve l’huma­nité depuis 1914 était clai­re­ment expri­mée par Rosa Luxembourg ( excel­lent auteur, mili­tante cou­ra­geuse, femme remar­qua­ble entre toutes ), « Socialisme ou bar­ba­rie ». Pour des rai­sons his­to­ri­ques déter­mi­nées, même si Jean-Luc Mélenchon ne veut plus enten­dre parler de cette his­toire, nous vivons une nou­velle phase de déve­lop­pe­ment du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, qui s’est débar­rassé de tous les ves­ti­ges des vieilles socié­tés qui encom­braient sa marche et qui nous mène direc­te­ment à la bar­ba­rie dans tous les domai­nes, tech­no­lo­gi­que autant que poli­ti­que et morale.

 

  • Gauche et droite
  •  

Jean Luc Mélenchon part du cons­tat qu’il n’existe plus aucune alter­na­tive à la « finance glo­ba­li­sée » , à l’échelle inter­na­tio­nale. Mais le pro­blème n’est pas la « finance glo­ba­li­sée » mais le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste dont la finance glo­ba­li­sée n’est qu’une expres­sion et même l’expres­sion suprême si on en croit un vieux doc­tri­naire barbu « tota­le­ment dépassé », un cer­tain Karl Marx. Contrairement à ce que croit Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas parce que la social-démo­cra­tie s’est dis­soute dans le libé­ra­lisme qu’il n’y a plus de gauche. Certes, la vieille gauche, celle qui avait un lien avec la classe ouvrière, avec le mou­ve­ment syn­di­cal, celle qui se récla­mait du socia­lisme, est effec­ti­ve­ment morte et bien morte. Mais en réa­lité, il existe tou­jours une gauche, la gauche du capi­tal. Elle est même très active dans les clas­ses moyen­nes ins­trui­tes, elle a pris le contrôle d’un cer­tain nombre de métro­po­les, en France et dans le reste du monde… et elle fait la conquête de la France Insoumise et de Mélenchon lui-même !

Mélenchon ne s’étend guère sur le pro­ces­sus de conver­sion de la social-démo­cra­tie à la poli­ti­que libé­rale. Il dit sim­ple­ment :

« La social-démocratie s’est vite convertie avec zèle à la politique libérale prescrite par le parti démocrate américain sous la houlette de Bill Clinton. Dans ce processus, François Hollande occupe dès 1983 une place bien à droite, à contresens de la tradition française du socialisme. Car le socialisme français a toujours été singulier en Europe par son programme et ses alliances, du fait de l’histoire révolutionnaire particulière qui fonde notre République. » 

  •  

Si on com­prend bien, dès 1983, le cou­pa­ble était Hollande qui a dû sans doute agir dans le dos de François Mitterrand, le pré­si­dent de la République de l’époque, lequel avait sûre­ment apporté un enthou­siaste sou­tien à Reagan par simple inad­ver­tance (voir l’accueil fait au sommet du G7 de Versailles de 1982). C’est aussi à l’insu de son plein gré et grâce aux mani­gan­ces de l’hor­ri­ble M. Hollande, que Mitterrand, l’idole de Mélenchon, est allé en Allemagne sou­te­nir le déploie­ment des fusées de l’OTAN diri­gées contre la Russie… Jean Luc Mélenchon a de toute évidence des sou­ve­nirs très sélec­tifs. Il appelle « sol­fé­ri­niens » les liqui­da­teurs de la vieille maison socia­liste, mais il omet d’en faire une liste com­plète, car il pour­rait même en faire partie. Une plai­san­te­rie disait que Mitterrand était un homme hon­nête car il ren­drait le PS dans l’état où il l’avait trouvé (c’est-à-dire en ruines). C’est très exac­te­ment ce qui s’est passé et Jean Luc Mélenchon l’a tou­jours sou­tenu, sur tout ce qu’il carac­té­rise aujourd’hui comme épisodes liqui­da­teurs, y com­pris dans le pire.

Dans l’Ere du peuple, il y a une vio­lente polé­mi­que contre Hollande, polé­mi­que jus­ti­fiée sur le fond, mais qui omet sim­ple­ment de dire qu’Hollande a conti­nué la poli­ti­que des socia­lis­tes depuis trente ans. Dans L’Illusion plu­rielle (JC Lattès, 2001), nous avions com­mencé de faire cette his­toire, d’en ana­ly­ser les tours et les entour­lou­pes. Jean Luc Mélenchon aurait pu lire notre livre… Il aurait appris que Hollande est l’héri­tier légi­time de Mitterrand et de Delors. On peut dénon­cer en Hollande un « ami de la finance ». Mais quel meilleur exem­ple pour indi­quer que celui-ci s’ins­crit dans les pas des dif­fé­rents chefs socia­lis­tes, dans la lignée par exem­ple de Laurent Fabius et de son fameux hymne à « la France qui gagne » (du fric), ou dans celle de François Mitterrand incar­née par l’intro­ni­sa­tion de Bernard Tapie au plus haut niveau.

Même sur le cha­pi­tre des ins­ti­tu­tions, Jean-Luc Mélenchon a sûre­ment raison de dire :

« Sa pratique de la monarchie présidentielle a conduit la 5e République aux limites de toutes ses tares technocratiques et autoritaires. » 

  • Mais cette phrase autant qu’à Hollande pour­rait s’appli­quer à Mitterrand autant qu’au duo Chirac-Jospin qui avec la double réforme quin­quen­nat-inver­sion du calen­drier électoral a défi­ni­ti­ve­ment trans­formé le par­le­ment en simple pro­jec­tion de la pré­si­dence, en écartant de fait tout risque d’alter­nance. Les silen­ces de Mélenchon sur ces ques­tions essen­tiel­les ne sont-ils pas lourds de signi­fi­ca­tion ?
  •  

Ces silen­ces per­met­tent de balan­cer par-dessus bord la vieille doc­trine et d’ouvrir sur un nou­veau sujet his­to­ri­que, « le peuple »tel qu’il est défini en 1789. Le retour à 1789 serait donc cette nou­velle tra­jec­toire his­to­ri­que ? Toujours fâché avec l’his­toire…

Mélenchon décou­vre la démo­gra­phie.

  • « Changer notre regard sur le monde commence par accepter de voir ce nombre et ses pulsations comme le sujet de l’histoire et non comme un vague décor sans rapport avec la pièce qui se joue au premier plan sous les spots médiatiques. » 
  •  

Le nou­veau sujet de l’his­toire serait donc le sujet abs­trait, « le nombre ». Quelle décou­verte ! Mais non, le nombre n’est pas le sujet. Le sujet de l’his­toire s’appelle « capi­tal » et la popu­la­tion est pré­ci­sé­ment un pro­duit du déve­lop­pe­ment du capi­tal, comme sa répar­ti­tion entre les pro­duc­teurs (l’immense majo­rité) et les « pro­fi­teurs », (la mino­rité de para­si­tes qui ne vivent que du tra­vail des autres).

 

 

La lutte des classes par-dessus bord

La sub­sti­tu­tion du « nombre » au « capi­tal » comme sujet de l’his­toire, du « peuple » et de « l’oli­gar­chie » aux clas­ses socia­les, a abouti très logi­que­ment à sub­sti­tuer les ques­tions socié­ta­les aux réa­li­tés socia­les.

Peu à peu Jean-Luc Mélenchon s’est séparé de façon des plus auto­ri­tai­res de tous ceux qui se per­met­taient d’intro­duire une vir­gule dans la Doxa mélen­cho­nienne. Les grou­pes locaux récal­ci­trants étaient dis­sous sur déci­sion du chef. Les com­pa­gnons étaient qua­li­fiés de « tireur dans le dos », ce qui, tra­duit en lan­gage sta­li­nien, veut dire « traî­tre ».

Peu à peu le gau­chisme prend sa place dans LFI. A l’automne 2017, LFI s’engage dans une bataille qui aurait encore pu être axée sur la néces­saire unité des orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les et poli­ti­ques pour faire plier Macron sur la loi tra­vail, héri­tière de la loi de la socia­liste EL Khomri. Mais le gau­chisme centré sur la sub­sti­tu­tion à la bataille d’unité va s’impo­ser avec l’encou­ra­ge­ment du chef. Une mani­fes­ta­tion natio­nale est orga­ni­sée à Paris qui réunit 30 000 per­son­nes, un chif­fre hono­ra­ble qui pou­vait servir de point de départ à une véri­ta­ble bataille uni­taire. Mais selon les métho­des habi­tuel­les, le chif­fre est gonflé outra­geu­se­ment : Jean-Luc Mélenchon annonce 150 000 mani­fes­tants qui pour­tant tenaient tous à l’aise sur la place de la République (nous lais­sons le lec­teur, muni d’une bonne carte de Paris faire le calcul de la sur­face de la place de la République et en déduire le nombre de mani­fes­tants pos­si­bles).

30 000 étaient donc un bon départ pour mettre en œuvre la ligne défi­nie par Jean-Luc Mélenchon : une grande mani­fes­ta­tion natio­nale de plus d’un mil­lion sur les Champs-Élysées, orga­ni­sée dans l’unité par les syn­di­cats. Mais LFI a tourné le dos à cette orien­ta­tion. Mélenchon s’est pour la pre­mière fois révélé au grand jour comme adepte « d’une chose et son contraire », capa­ble de prôner une orien­ta­tion un jour pour satis­faire les uns, son contraire le len­de­main pour faire plai­sir aux autres, et en défi­ni­ti­ves un paquet de contra­dic­tions pour déplaire à tout le monde.

L’épisode révèle pour qui sait voir, que LFI n’est qu’une coquille vide, une étiquette qui recou­vre des mar­chan­di­ses sou­vent ava­riées et que le verbe mélen­cho­nien fait tenir ensem­ble.

Cet épisode et ce qui va suivre scelle la rup­ture de Mélenchon et de LFI avec l’électorat qui avait fait son succès, un électorat plutôt jeune, rela­ti­ve­ment ouvrier — tout est rela­tif en ce domaine — et sur­tout peti­tes clas­ses moyen­nes, de tra­di­tion de gauche, mais capa­ble d’agglo­mé­rer aussi des abs­ten­tion­nis­tes de longue date et des électeurs FN.

Cette coupe de l’électorat Mélenchon ne cor­res­pond pas du tout à la LFI. LFI est formée par la garde rap­pro­chée de Mélenchon, c’est-à-dire le groupe diri­geant de feu le parti de gauche (ce parti n’est pas offi­ciel­le­ment dis­sout, mais il n’a plus qu’une exis­tence fan­to­ma­ti­que). Ce parti, pour ceux qui le connais­sent un peu, est ou était le der­nier parti sta­li­nien de France. Des cadres diri­geants et des intel­lec­tuels de ce parti, une part très impor­tante est main­te­nant en dehors de LFI : François Cocq, Manon Le Bretton, Charlotte Girard, Georges Kuzmanovic, mais aussi Henri Pena-Ruiz chassé lors des AMFIS de 2019 par la coa­li­tion des isla­mis­tes. Jacques Généreux, qui publie tou­jours des livres d’économie, semble avoir dis­paru des écrans radar de la poli­ti­que mélen­cho­niste.

Opportuniste, croyant qu’il suffit de flat­ter pour conqué­rir, que les pro­gram­mes et enga­ge­ments n’enga­gent vrai­ment que ceux qui ont la naï­veté d’y croire, Jean Luc Mélenchon est aujourd’hui entouré des por­teurs d’une idéo­lo­gie qui n’a rien à voir avec les larges masses qui se sont por­tées en 2017 sur son nom.

  1. Parmi les nouveaux venus dans l’orbite mélenchoniste, il y a les végans.Jean-Luc Mélenchon qui n’est pas membre de la secte leur fait une cour assidue, LFI se prononçant maintenant clairement pour la liquidation des éleveurs français. La commission agriculture de LFI qui ne partageait pas ces vues impulsées par le chef, notamment après son tournant quinoa (il avait réalisé une vidéo à la gloire du régime quinoa), a été purement et simplement dissoute. Maintenant c’est Bastien Lachaud député et les sectaires de L214, association qui milite pour l’abolition de l’élevage, qui donnent la ligne de LFI.
  2.  
  3. Aux végans, il faut ajouter les islamophiles de tous poils, c’est-à-dire essentiellement les prolongements dans toute l’extrême gauche des indigénistes. Porte-parole de ce courant, Danièle Obono ne cache ni sa haine de la République, ni son refus de la laïcité, ni son racialisme profond. Les bases de ce courant se trouvent dans le seul bastion de LFI, la Seine–Saint-Denis qui est aussi un bastion islamiste. Aux municipales 2020 de Saint-Denis LFI a d’ailleurs fait alliance avec les plus connus des chefs islamistes, notamment le fameux Messaoudene. La liste LFI a été battue par le PCF, mais c’est le PS qui a tiré les marrons du feu et a finalement emporté la mairie. Les AMFIs 2020 ont vu la consécration des indigénistes. Taha Bouaf, l’homme qui a organisé le lynchage d’Henri Pena-Ruiz en a été un des grands animateurs et Danièle Obono a reçu avec enthousiasme sa « sœur de race » (sic) Maboula Soumahoro, « théoricienne » très proche du PIR et symbole du noyautage de l’université par les indigénistes. Ce courant avait déjà entraîné Mélenchon et ses amis dans la honteuse manifestation du 10 novembre 2019 contre la prétendue « islamophobie » : on y vit des élus de la république défiler derrière des sonos qui hurlaient « Allahouh Akbar » .
  4.  
  5. Il faudrait ajouter l’influence des groupes LGBTQ++ dans LFI dont les prises de position guident toutes les orientations et les votes de LFI sur les questions sociétales. À titre personnel, Jean-Luc Mélenchon n’a certainemet que mépris pour « l’écriture inclusive », mais celle-ci est devenue la norme à LFI.
  6.  

Le pro­gramme AEC (l’avenir en commun) que même ceux qui ont rompu, volon­tai­re­ment ou par exclu­sion, conti­nuent de défen­dre comme la pru­nelle de leurs yeux, a été pré­senté comme le ciment posi­tif de cet étrange amal­game. Mais d’une part, les pro­gram­mes valent moins que la pra­ti­que. La social-démo­cra­tie alle­mande était deve­nue depuis long­temps un parti auxi­liaire de l’ordre capi­ta­liste, mais elle a attendu 1958 pour répu­dier le marxisme… Et sur­tout dans l’AEC, il y a à boire et à manger. C’est une auberge espa­gnole où chacun trouve ce qu’il a apporté. Ainsi, à côté de bonnes pro­po­si­tions, on trouve de fran­ches aber­ra­tions et des idées noci­ves qui per­met­tent des coha­bi­ta­tions contre nature. Par contre, aucune clarté n’est faite sur des choses aussi essen­tiel­les que l’Europe. Quant à l’impor­tance du tirage au sort comme moyen de la démo­cra­tie, il n’est d’autre consé­quence que d’inter­dire aux citoyens de choi­sir leurs repré­sen­tants, de les confor­ter, ou d’exiger leur révo­ca­tion s’il leur pre­nait l’envie de trahir leur mandat.

 

(A suivre)

L’inexorable déclin de Mélenchon et de LFI (II)
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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 05:23

J'ai hésité avant de publier ce long article de Denis Collin et Jacques Cotta extraite du blog La Sociale. Il est, à bien des égards, désespérant. Mais il mérite qu'on s'y attarde. Professeur de philosophie, Denis Collin s'inscrit clairement dans la tradition marxiste. Journaliste, Jacques Cotta est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les travailleurs pauvres et les services publics.

 

Je publie également des commentaires de lecteurs.

 

Le destin poli­ti­que de Jean Luc Mélenchon s’est achevé le 23 avril 2017 au soir, au moment de la pro­cla­ma­tion des pre­miers résul­tats. Jean Luc Mélenchon vient de gagner et pour­tant il s’exprime comme un battu et va com­men­cer à démo­lir métho­di­que­ment ce qui avait été cons­truit au cours des der­niers mois et qui s’était cris­tal­lisé sur son nom. Avec 19,58 % des suf­fra­ges (plus de 7 mil­lions d’électeurs ont voté pour lui), il talonne François Fillon et n’est qu’à 600 000 voix de Marine Le Pen. Personne n’aurait ima­giné ce résul­tat quel­ques mois plus tôt. Les plus opti­mis­tes le voyaient à 14 ou 15 % et pen­dant un moment Benoit Hamon le dépas­sait. Ce résul­tat est dû à deux fac­teurs : la très bonne cam­pa­gne menée par un Mélenchon au mieux de sa forme et l’effon­dre­ment du can­di­dat socia­liste Benoit Hamon dont on peut se deman­der si l’appa­reil du PS ne l’avait pas dési­gné à cette fonc­tion pour gêner le moins pos­si­ble le vrai can­di­dat « socia­liste », Emmanuel Macron.

 

La bonne cam­pa­gne menée par Mélenchon repo­sait sur deux piliers. D’abord, un répu­bli­ca­nisme puis­sam­ment réaf­firmé sur tous les plans et avec ses sym­bo­les : la ré appro­pria­tion de la Marseillaise et du dra­peau tri­co­lore lais­sés jusque là au FN. Ensuite la défense des tra­vailleurs, sur­tout des sala­riés. Jean Luc Mélenchon sem­blait réno­ver la figure de Jaurès en envoyant bala­der un cli­vage droite-gauche des plus confus. Il renouait ainsi avec cet électorat « de gauche » tra­di­tion­nel, socia­liste, mais aussi com­mu­niste, qui lui per­met­tait peu à peu de dépas­ser Hamon dans les son­da­ges et de talon­ner les trois can­di­dats du sys­tème. Mais plus, il rega­gnait une part des électeurs du FN démo­ra­li­sés et déso­rien­tés par les erre­ments des partis de « gauche ». Ainsi, après la dérive de la vieille social-démo­cra­tie deve­nue un simple appen­dice des partis bour­geois, la pos­si­bi­lité s’offrait de la recons­truc­tion d’un vaste mou­ve­ment poli­ti­que, fondé sur les clas­ses labo­rieu­ses et apte à redon­ner tout son sens à la vieille for­mule de la répu­bli­que sociale. La véri­ta­ble vic­toire de LFI était là, dans cette poli­ti­sa­tion nou­velle et ce pas réel en avant qui venait d’être accom­pli.

 

Jean-Luc Mélenchon à contre courant

A l’opposé des pers­pec­ti­ves que lui offrait l’épreuve électorale, le can­di­dat de LFI appa­rais­sait à la télé­vi­sion, les traits tirés, la mine de mau­vais jours, et com­men­çait pas annon­cer sa défaite : « le résul­tat n’est pas celui que nous avions espéré », dit-il, avant de pour­sui­vre en lais­sant enten­dre que le résul­tat réel n’est pas celui qui est annoncé, bref qu’on lui a volé la vic­toire. Il se voyait déjà pré­si­dent de la République. On dit que le secré­taire géné­ral de l’Élysée ainsi qu’un « gou­ver­ne­ment de l’ombre » étaient déjà nommés !

Le fait qu’il ait pu ima­gi­ner être vain­queur indi­que le degré méga­lo­ma­nia­que atteint par le chef de la FI. S’il avait devancé Marine Le Pen tous les partis auraient fait bloc der­rière Macron, mais cela semble lui échapper. Comme lui échappe sur­tout le carac­tère anti démo­cra­ti­que d’une élection dans laquelle un électeur sur deux boude les urnes et dans laquelle le vain­queur ne ras­sem­ble qu’a peu prés 20% du corps électoral. Dans les mêmes condi­tions donc, Mélenchon aurait été légi­time là où Macron est frappé du sceau de l’illé­gi­ti­mité compte tenu le résul­tat issu des urnes. Début d’aban­don des prin­ci­pes ?

 

Jean Luc Mélenchon adepte de Macron

 

La stra­té­gie du can­di­dat Macron en 2017 -qu’il va nous rejouer pour 2022- repose sur la pré­sence de Marine Le Pen :

« Entre l’extrême droite et la démocratie que je représente, le choix me sera favorable ».

Voilà en gros ce que pense le pré­si­dent de la République, conforté en cela par une série de gau­chis­tes -qu’on retrouve aujourd’hui au sein de la FI- pour qui l’ennemi pre­mier est le fas­cisme « lepé­niste » qui frappe à la porte.

C’est en réa­lité Jean Luc Mélenchon qui a conforté dés le début cette posi­tion, met­tant au second plan la poli­ti­que réelle pro­po­sée et menée par Emmanuel Macron, qui n’a stric­te­ment rien à envier aux pro­po­si­tions du FN.

Au second tour des pré­si­den­tiel­les, Mélenchon s’est fendu d’un « j’irai voter et je ne vote­rai pas Le Pen », ce qui veut clai­re­ment dire en absence de pré­ci­sion « j’irai voter Macron ». Mélenchon était ici dans la lignée de son « tout sauf Le Pen » qui lui ser­vait de vade mecum depuis plu­sieurs années quand il était désem­paré. On se sou­vient de la ren­contre sur vieux port de Marseille avec Macron où le FN sera le pré­texte à une ren­contre pour le moins impro­ba­ble. On se sou­vient aussi qu’en 2012, après ses 11 %, Jean Luc Mélenchon était allé se pré­sen­ter dans le Pas-de-Calais à Hénin-Beaumont. Marine Le Pen avait fait deux fois plus de voix que lui alors éliminé du second tour, devant s’effa­cer devant Philippe Kemel, lequel sera élu contre Marine Le Pen. La stra­té­gie mit­ter­ran­diste, inven­tée en 1983-84, agiter l’épouvantail Le Pen pour se faire élire non sur sa ligne, mais contre Le Pen, avait de toute évidence fait son temps.

Revenons à 2017. Après avoir douché ses par­ti­sans et ses électeurs, Mélenchon affir­mait pour les légis­la­ti­ves qu’il fal­lait voter LFI pour obte­nir une majo­rité contre Macron. Le lider maximo fai­sait ses offres de ser­vice pour deve­nir Premier minis­tre. Mais le résul­tat sorti des urnes est assez mau­vais. LFI peut cons­ti­tuer un groupe par­le­men­taire très réduit à l’issue notam­ment de négo­cia­tions avec des élus qui n’étaient pas spé­cia­le­ment LFI avant l’élection, et un électron libre, François Ruffin, élu sur sa propre cam­pa­gne, indé­pen­dam­ment des direc­ti­ves natio­na­les, sur une base « union de la gauche ». L’ana­lyse des voix laisse vite parai­tre un résul­tat des plus médio­cres. La moitié des électeurs de Mélenchon a fait défaut, soit par l’abs­ten­tion, soit en reve­nant au PS ou au PCF.

L’aver­tis­se­ment était clair : il fal­lait réflé­chir à la stra­té­gie, cons­truire quel­que chose de plus solide que le « mou­ve­ment gazeux », essayer de s’implan­ter dura­ble­ment dans le pays par des sec­tions loca­les, appe­ler à l’unité. Mais rien de tout cela ! Sans tirer les leçons, LFI est conçue comme un dis­po­si­tif de comi­tés de bases, de 12 mem­bres maxi­mum, qui n’ont aucun droit de se fédé­rer au niveau d’une com­mune par exem­ple. Il faut que le sommet, c’est-à-dire Mélenchon, conserve le contrôle avec quel­ques para­des média­ti­ques, des conven­tions réu­nis­sant des « délé­gués » tirés au sort. Mélenchon n’aime plus les partis, parce qu’il faut dis­cu­ter, sou­met­tre ses thèses au vote, éventuellement être mis en mino­rité. Il pré­tend défen­dre une Sixième République bien plus démo­cra­ti­que que l’actuelle répu­bli­que, mais son parti est un modèle de « parti du chef », sem­bla­ble aux autres partis du même genre inven­tés par les capi­ta­lis­tes quel­ques années plus tôt. (Voir Mauro Calise, Il par­tito per­so­nale. I due corpi del leader, 2000). Le modèle Mélenchon est exac­te­ment le même que celui de Macron avec LREM.

 

Au point de départ était le programme

Sur des bases aussi incer­tai­nes, LFI entame une série de zig­zags qui vont pro­gres­si­ve­ment lais­ser de côté l’essen­tiel de l’électorat de 2017 et une bonne partie des cadres du mou­ve­ment. Comment donc ces erre­ments ont-ils été pos­si­bles ? C’est qu’ils étaient com­pa­ti­bles avec le fameux pro­gramme « Avenir en commun » sur lequel tous sans excep­tion -par­fois même avouons-le sans l’avoir lu- ont juré comme un seul homme.

L’ère du peuple (EP) signé Jean Luc Mélenchon est publié deux ans avant l’Avenir en commun . Il « pré­face » le pro­gramme de la FI et concen­tre une jolie col­lec­tion d’inno­va­tions assez époustouflantes qui ne lais­sent pas pierre sur pierre du vieux maté­ria­lisme his­to­ri­que, pour­tant ensei­gné parait-il dans les écoles de for­ma­tion des cadres de la LFI.

 

  • La mémoire courte
  •  
  • Le livre commence par noter que depuis un siècle « aucun reniement à gauche n’égale celui de François Hollande en deux ans et demi. » Mélenchon a oublié que le gouvernement de Jospin en 1997 est le gouvernement qui a battu le record des privatisations, vendu France-Télécom et préparé la privatisation des autoroutes. Entre la signature des accords d’Amsterdam-Dublin et celle des accords de Barcelone, le gouvernement de Jospin est celui qui a organisé le plus méthodiquement l’impuissance de l’État… avant d’aller faire la guerre en Afghanistan, comme François Mitterrand était allé faire la guerre dans le Golfe. Mais il est vrai que le gouvernement Jospin, gouvernement de la « gauche plurielle » avait le soutien plein et entier de Mélenchon qui finit même par en faire partie.
  •  
  • En matière de reniements, on pourrait remonter un peu en arrière : entre 1989 et 1993, les gouvernements Rocard puis Cresson, tous appuyés par le sénateur Mélenchon ont fait assez fort. Le grand « marché unique » mis en place avec ardeur par Bérégovoy, la déréglementation des marchés financiers, c’est encore autre chose que les reniements assez misérables de Hollande. Et encore en arrière, le tournant de la rigueur et le « sale boulot » de destruction de la sidérurgie par Fabius, ce n’était pas mal non plus. On peut encore remonter un peu plus loin, évoquer la guerre d’Algérie et la torture « socialiste », remonter aux premières années de la guerre froide, et de fil en aiguille jusqu’à la grande trahison de la 1914 : l’encre des résolutions de l’Internationale était à peine sèche que les chefs socialistes de chaque pays se précipitèrent dans la grande boucherie dont sont sortis tous les malheurs du XXe siècle.
  1.  

Ainsi Mélenchon a de gros trous de mémoire. Les ensei­gne­ments de l’his­toire n’ont pas de place dans son écrit. Le but du livre est en effet défini :

« ne pas laisser croire que notre avenir serait de revenir à la doctrine de je ne sais quel passé glorieux. »

  • Voila qui est clair pour qui sait lire : Jean Luc Mélenchon ne veut pas « reve­nir » à la doc­trine du « passé glo­rieux », c’est-à-dire au marxisme. Il est réso­lu­ment, comme Chantal Mouffe et Ernesto Laclau un «post­marxiste ». Et comme on va le voir son livre ne vise pas seu­le­ment à rompre avec un marxisme dog­ma­ti­que et fos­si­lisé, mais sur­tout à liqui­der l’ana­lyse marxienne du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste et à jeter les fon­de­ments d’une révi­sion radi­cale de ce qui a cons­ti­tué le mou­ve­ment ouvrier.

 

(A suivre)

L’inexorable déclin de Mélenchon et de LFI (I)
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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 05:12

 

 

 Dans son blog, Régis de Castelnaud donne une lecture juridique et politique de l’article de Valeurs Actuelles consacré à Danièle Obono. Valeurs Actuelles est un journal réactionnaire animé par la haine des fonctionnaires et des droits sociaux des travailleurs et dont l’objectif est de se faire le porte-parole de la droite la plus extrême. A priori on n’aurait aucune raison particulière de prendre sa défense face aux réactions de tous bords après la publication de sa « fiction » sur Danièle Obono. Mais les attaques contre ce journal ne sont pas une offensive contre sa ligne politique – Emmanuel Macron qui soutient Danièle Obono contre VA partage en effet une partie des orientations néolibérales de ce journal et pratique un autoritarisme qui ne doit pas déplaire à sa rédaction.  Mais l’offensive contre VA est une offensive contre la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de la presse, régie par la loi de 1881. Les excuses de la rédaction de VA et le front unique Macron-Mélenchon indiquent les limites de ce qui est dicible et le prochain qui s’essaiera à la critique un peu virulente y regardera à deux fois. L’ouverture – étonnante – d’une enquête par le parquet constitue clairement une affirmation de la volonté du pouvoir de soumettre toute expression au bureau de vérification des énoncés politiquement corrects – aujourd’hui, c’est VA et demain Mélenchon ou un autre qui s’étonnera de récolter les fruits empoisonnés de ce qu’il a semé. Ceux qui, comme les dirigeants de LFI, dénonçaient hier l’instrumentalisation politique de la justice quand ils en étaient les victimes appellent aujourd’hui à la répression contre la liberté de la presse. On ne peut réclamer pour soi-même l’application d’un principe que l’on dénie pour les autres.

 

 

Dans son blog, Descartes ironise sur la nomination de François Bayrou au Plan : Qu’est ce qu’il y connaît, François Bayrou, aux « enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels » de notre pays ? Bien peu de choses. Mais surtout, qu’est ce qu’il y connaît à la coordination de travaux de cette nature ? A-t-il, au cours de sa vie, été l’auteur d’un quelconque rapport, livre, article, conférence qui laisse deviner la moindre capacité à réfléchir ou à organiser une réflexion prospective autour de sujets complexes ? A-t-il une seule fois dans sa vie dirigé une équipe engagée dans une telle réflexion ? Non. Lui connaît-on une seule prise de position intellectuelle sur ces sujets ? Pas davantage. S’il a écrit de nombreux ouvrages (souvent avec des journalistes ou en collaboration) son œuvre se limite à des tracts politiques, et ne contient aucun ouvrage de réflexion. De son passage au gouvernement, on ne retiendra comme mesure forte que la tentative de permettre aux collectivités locales de financer sans limitations l’enseignement confessionnel que lui avait soufflée le lobby de l’enseignement dit « libre » et qui n’était en rien la manifestation d’un engagement personnel, comme on a pu le constater lorsque le projet a avorté. »

 

Pour Marianne.fr, Marx est le meilleur penseur de notre temps : « L’histoire pose des jalons, des points d’appui, mais à chaque époque, à chaque problème, il faut des solutions nouvelles. L’alternative Empire/Commune, proposée par Marx dans La Guerre civile en France, porte cependant plus loin que l'époque dans laquelle elle s’inscrit, car elle nous interroge sur les modalités d’organisation de la société. En 1871, c’est soit la monarchie, instrument des classes dominantes, soit la République, défendue par la Commune. Je crois que notre époque nous place face à une alternative du même type, entre une Ve République de plus en plus autoritaire, qui s’apprête peut-être à tomber entre les pires mains qui soient, et une société qui aspire à s’organiser plus directement, à devenir vraiment démocratique et républicaine. Ici encore, la Commune est un jalon, car elle a créé un lien plus direct entre représentant et représenté. Mais il faut aller plus loin, et la société fourmille d’idées, dont le RIC est seulement l’exemple le plus emblématique.

 

 

 

Le site Regards.fr établit un bilan – très provisoire – des personnalités proches du banquier éborgneur mises en cause par la justice : deux condamnations (Stéphane Trompille pour harcèlement sexuel et Mustapha Laabid pour abus de confiance). Dix mises en examen : Alexandre Nardella et Michel Mercier (détournement de fonds publics), Thierry Solère (mis en examen pour fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d’influence), Richard Ferrand (prise illégale d’intérêt), Alexandre Benalla et Vincent Crase (violences), M’Jid El Guerrab (violences avec arme), Olivier Dussopt (corruption et prise illégale d’intérêt), Jean-Jacques Bridey (détournement de fonds public), Laura Flessel (possible fraude), Françoise Nyssen (violation des règles de l’urbanisme), Muriel Pénicaud (soupçons de favoritisme).

 

 

Revue de Presse (339)
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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 04:44

Ma petite dernière, Rébecca, vient d’être opérée de la mâchoire. Une opération prévue de longue date. Son orthodontiste nous avait prévenus il y a plus de deux ans que son travail risquait d’être entièrement anéanti sans opération car le maxillaire inférieur poussait vers le bas.

 

Il ne s’agissait en aucune manière d’une opération à des fins esthétiques ou de confort. Rébecca ne pouvait pas – naturellement – fermer la bouche normalement, elle ne pouvait pas respirer par le nez, ce qui était embêtant pour une sportive de haut niveau et ce qui la faisait ronfler comme une chaudière la nuit. Cela créait par ailleurs – plusieurs ostéopathes et kinés nous l’ont confirmé – des tensions dans la tête et dans les épaules.

 

Rébecca fut opérée dans un hôpital privé de Lyon. Pas par affection idéologique particulière pour ces établissements qui ont désormais le droit de s’appeler « hôpital » mais parce que notre fille était suivie par un chirurgien spécialisé dans les opérations maxillo-faciales, particulièrement renommé et compétent, qui pratiquait dans cet établissement. Nous avions évidemment transmis le dossier à notre “chère mutuelle ”.

 

L’opération s’est parfaitement déroulée, tout comme le suivi. En se pliant très scrupuleusement aux consignes de son chirurgien, Rébecca s’est progressivement remise à l’eau (elle fait partie de la sélection préolympique pour les Jeux de Paris) et elle devrait retrouver la plénitude de sa forme d’ici deux à trois mois.

 

Alors, pas d’histoire d’argent entre nous, me direz-vous, mais enfin tout de même.

 

Á la sortie de l’hôpital, nous avons réglé un chèque de 3156 euros, correspondant, à trois sous près (les 20 euros dont on doit s’acquitter parce qu’on quitte l’établissement !), au devis qui nous avait été fourni. La MGEN vient de nous rembourser 594 euros. En gros cinq fois moins que ce que nous avions déboursé.

 

Je suis à la MGEN par tradition familiale. Depuis un demi-siècle. Mes parents, un de mes grands-pères y étaient. La mère de Rébecca y est également depuis trente-cinq ans environ. Mais il y a bien longtemps que je ne conseille plus aux jeunes enseignants d’en devenir adhérents lorsqu'ils me demandent mon avis. Je ne le déconseille pas non plus. Qu’ils se débrouillent ! Il se trouve qu’un membre de ma famille – qui ne s’appelle pas Gensane – siégea autrefois dans les plus hautes instances de la mutuelle. Je sais donc en gros ce qui s’y passe. Je sais aussi, à la décharge de la MGEN, que dans l’Europe de Bruxelles, les mutuelles à la française sont une spécificité qui gêne. Mais comme les dirigeants de la mutuelle n’ont jamais remis en cause cette Europe, ils pataugent dans leurs contradictions. Et nous à leur suite.

 

L’important est que Rébecca aille bien et qu’elle soit contente du résultat d’une opération qu’elle souhaitait ardemment. Et qu'elle soit encore plus belle qu'avant...

 

Chère MGEN…
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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 04:12
 

Lettre ouverte à M. de Castex

Introduction : Lors de votre discours de politique générale, devant conduire au soutien des « play mobils », le premier ministre a à plusieurs reprises (25 fois) développé le concept de territoires, pour montrer comment sa politique, allait se matérialiser à partir de « l’expérimentation des territoires ». L’objet de ce papier est une fois de plus de dénoncer les mots utilisés, qui s’inspirant du « libéralisme  », sont uniquement utilisés en vue de masquer les « maux du Capitalisme mondialisé »… Commençons…

 

Qu’est-ce qu’un Territoire ? Etymologiquement, le territoire n’est pas l’espace sur lequel vivent les hommes de la démocratie, dénommés citoyens et qui de fait habitent dans des communes, fondement de la démocratie et de la République. Le « territoire » est d’abord l’espace de vie et de survie des animaux. Ceux-ci d’ailleurs définissent leur territoire par une trace olfactive, que chaque animal peut reconnaitre. C’est par ce réflexe que le chien fait sentir son territoire, en vue d’éloigner les intrus. Ramener l’humain à une bête est l’exercice préféré des libéraux (le versus humain de la bête porte le nom de « prolétaire  »).

 

Les territoires humains : Je ne conteste pas que l’homme a aussi été utilisateur du «  territoire », mais alors il faut remonter à Neandertal et non à « l’homo-numéricus »…de la « start-up Nation ». Du temps de Neandertal, l’homme vivait en effet sur des « territoires  ». Ce territoire était utilisé pour chasser, pêcher et cueillir des fruits, tant que les ressources du « territoire » pouvaient être exploitées. Une fois usé, le « territoire  » était abandonné et la tribu cherchait un autre « territoire » expliquant le « nomadisme permanent » de Neandertal et parfois les « guerres tribales » (appropriation du territoire).

 

Le territoire est-il écologique ? C’est tout l’inverse. Le Territoire par son appellation démontre que l’on ne sait pas gérer les ressources offertes et que l’on ne sait que l’exploiter sur le court terme, principe de fonctionnement des marchés. De plus, les « territoires sont anonymes », Il n’y a aucune plaque de dénomination des territoires. De fait, les territoires sont substituables, comme des produits, du moment qu’il peuvent être exploitées et ceci renvoie à la mondialisation…qui exploite les territoires.

 

Terroir ou territoire ? On n’a l’impression d’une bataille de détails, mais la politique est une bataille de détails. Le « terroir » n’est pas un « territoire  ». Le « Terroir  » se définit justement comme le contraire du territoire. Le terroir, n’est pas un espace d’exploitation, mais un espace productif local géré sur le long terme. Un terroir, c’est une marque, une manière de produire spécifique et non uniforme comme une marchandise peut l’être. En vin, le Rosé de Bandol n’est pas le « Gabernet d’Anjou » et le rouge de Bordeaux n’est pas le rouge du Limousin et il en est de même pour le fromage, la viande et autre charcuterie… Le terroir est de fait une marque de fabrique…ce que n’est pas le territoire.

 

Dans agriculture, il y a culture : Avant d’être production de nourriture, l’agriculture est une culture. C’est une « culture de savoirs faire locaux », produit d’une Histoire plus que centenaire, qui se transmets de génération en génération, et dont les artisans de la terre sont les maitres d’ouvrage et maitres d’œuvres. Il aura fallu Mosanto et le « capitalisme mondialisé » pour déboucher là aussi sur l’uniformisation rentable transformant l’agriculture en marchandise enveloppé de glyphosate…et autres pesticides destructeurs de paysans et de spermatozoïdes…Pour rompre, il nous faut donc regarder chaque champs comme un tableau de Renoir… et non comme un tableau Excel de réalisation de profits. La culture comme l’agriculture, visant à nourrir l’humanité, n’a de fait pas de prix et surtout pas de prix marchand…Heureusement que la grotte de Lascaux, n’est pas côté en Bourse…Les populations n’y auraient plus accès.

 

De la Commune : Dès lors que l’on comprends la différence entre «  terroirs » et « territoires », on perçoit mieux alors la fonction de la Commune depuis 1789, la Commune, fondement de la République et de la Démocratie depuis 1789, support à la citoyenneté (« on n’est pas d’un Pays, mais on est d’une Ville où la rue artérielle limite le décor  » / Le Stéphanois-Bernard Lavilliers. Le « terroir  » est de gestion communale, donc des « citoyens associés », les territoires sont affaires « d’affairistes du marché mondialisé », des « tours du business » des « Métropoles du marché », dont l’objectif est de « vendre  » la marchandise uniforme au prix mondialisé. Il suffit d’ouvrir la télé et de zapper sur les « chaines mondialisées » pour constater, quel que soit la chaine, que le programme est partout le même, quel que soit le Pays. Ne change que la langue, pardon, je devrais dire la traduction…Dans le « Capitalisme mondialisé » toute spécificité est une ineptie qui coute chère et doit donc être supprimée, c’est le rôle et la fonction des Métropoles du Business.

 

De la Mondialisation : La mondialisation, ou plus exactement le « Capitalisme mondialisé », n’a jamais reçu aucun accord des peuples. Les Peuples n’ont jamais été consultés pour savoir s’i ils étaient d’accord sur le contrat politique commercial qu’impose la mondialisation…Et quel contrat ??? car il faut le lire pour en comprendre la violence politique sous-jacente : « Parler de mondialisation, c’est évoquer l’emprise du capitalisme sur l’espace économique mondial. Cette emprise ne se réduit pas au triomphe d’un bloc d’États sur un autre, ni même à celui d’un système économique sur ses concurrents. Elle tend en effet à transcender la logique d’un système interétatique à laquelle elle substitue une logique de réseaux transnationaux. La mondialisation est avant tout un processus de contournement, de délitement et, pour finir, de démantèlement des frontières physiques et réglementaires qui font obstacle à l’accumulation du capital à l’échelle mondiale. Elle consacre le retour en force d’une régulation marchande qui tend à se diffuser à l’ensemble de la vie économique, dans un double mouvement qui va de l’international vers le national et du monde financier vers le monde du travail ». Jacques ADDA- La mondialisation de l’économie.

 

Si la mondialisation est un « processus de contournement », il faut donc trouver ou créer des institutions qui permettent de contourner les règles de la Nation (la loi porteuse de l’intérêt général), dont l’ossature est structurée par les communes et les départements. C’est le rôle dévolue aux Régions et Métropoles.

 

Les nouvelles institutions du « marché libre et non faussé » : Le marché ne veut ni communes ni Départements. Réfléchissant en termes d’exploitation, il ne veut que des « territoires  » à exploiter, comme en Neandertal, contrôlés par des Régions (à taille de marché) et des métropoles dont la «  gouvernance » (Gouvernement de la finance) définit les politiques d’austérité pour les peuples. Rappelons qu’à aucun moment donné les citoyens n’ont eu à voter sur ces nouvelles institutions dans leurs principes et missions.

 

Liberté, Egalité, Fraternité le contrat politique de la Nation : La France s’est constituée par un contrat politique qui s’intitule : « Liberté, Egalité, Fraternité » dont la conception et la rédaction est de Robespierre le « fameux sanguinaire » … Ce contrat politique poursuit le développement de l’Etat, mais sur des logiques Républicaines, et non féodales et royales. C’est de ce contrat politique que naissent les lois, définies comme porteuses de l’intérêt général. Il ne peut donc en République y avoir de dérogation sectorielle ou «  territoriale » à l’application de la loi. La loi s’applique à toutes et tous ou ne s’applique à personne. Ainsi s’exprime et se matérialise le concept «  d’égalité ».

 

Le territoire comme espace d’expérimentation : Ce que souhaite le premier ministre est une véritable rupture du contrat politique de la Nation. Il utilise le concept de territoire, pour remettre en cause, la force et l’égalité de la loi. Le Premier ministre n’a cessé de parler d’expérimentation des territoires, renvoyant à un texte de fond que j’ai écrit en 2018. J’insiste auprès des lecteurs de l’importance de ce texte, qui décode un texte d’élus de droite dit « appel de Marseille » sur les « libertés locales » et que je vous joint en insistant sur sa lecture nécessaire : https://www.legrandsoir.info/le-coup-d-etat-invisible-2eme-partie-libertes-locales-ou-democratie-locale.html

 

Le « Territoire » ou le no man land des profits : La mise en avant permanente des « territoires  » en lieu et place des communes, visent à retrouver la dynamique de la préhistoire, adapté à la « mondialisation ». Le Territoire est en fait un espace dédié au tout marchand, au tout marché, au tout profit, fondé sur la compétitivité, la concurrence et le « libre-échange », expliquant les flux commerciaux mondiaux et le nomadisme de survie des prolétaires sur le « territoire de la Métropole » et du « nomadisme migratoire permanent » des populations appauvries du fait du « libre échange », car il n’y a pas de migrant heureux. Les Métropoles sont d’ailleurs souvent représentées par des « tours du business », souvent de nuit (car illuminé) mais sans présence humaine visible. Le Territoire est donc bien un « no man land » dédié au seul profit financier, expliquant son mode de gestion fondé sur la « Gouvernance  » (Gouvernement de la Fiance).

 

De la différenciation : Monsieur de Castex dans son intervention précise : « au cours de son discours de politique générale prononcé ce mercredi devant l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre Jean Castex a assuré vouloir ’ressouder la France.’ Pour cela, l’homme fort de Matignon affirmé qu’un ’droit à la différenciation’ des territoires serait ’consacré dans une loi organique.’

 

Ressouder en différenciant, voilà qui est fort, ou comment marier l’eau et le Feu…

 

La ’confiance dans les territoires suppose que le droit à la différenciation soit consacré dans une loi organique’ et passe ’par une nouvelle étape de la décentralisation’, ainsi que ’sur une évolution profonde de l’organisation interne de l’Etat’, a détaillé le chef du gouvernement. »

 

La population « tube à essai » : Le « droit à la différenciation », au-delà du fait qu’il s’agit d’une mise en cause directe des principes de la République et de l’égalité citoyenne devant la loi, transforme de fait les populations résidentes en « tube à essai  ». Il s’agira pour l’essentiel de revenir sur les droits sociaux fondamentaux des populations. Au lieu d’un SMIC, défini Nationalement, il y aura des SMIC différenciés par territoire, en fonction de la «  spécificité » défini par le seul MEDEF, c’est vous dire si les profits seront eux préservés et défini pour ce qui les concernent à une échelle mondiale. La mondialisation, c’est la planification des profits mondialisés, ce qui suppose une précarité généralisée au niveau des territoires. Rappelons-nous ici cette sentence de Victor HUGO : « c’est de l’enfer des pauvres, qu’est fait le paradis des riches », il faut donc, pour que les profits continuent de grandir et s’accumuler, faire en sorte que les pauvres se massifient et s’accumulent dans les « territoires précarisés » comme les blancs américains avaient parqué les indiens dans des « réserves »…On connait la suite.

 

Ouverture : Les mots utilisés en politique, ne sont pas innocents, mais de plus, il sont l’anticipation des matérialités sociales à venir. En utilisant le concept de « territoire » en lieu et place des communes, le Premier ministre, dans sa déclaration de politique générale, envoie un message politique fort. Il faut en finir avec les capacités de résistance des populations qui s’expriment dans les communes. Il faut en finir avec la solidarité, qui est la fonction essentielle des communes, dans leurs gestions du « bien commun ». Le seul cap de cette politique est le libéralisme naturel, d’origine, qui renvoie aux « forces de la nature » et de la nécessité pour chacun de se battre en permanence contre autrui, pour survivre sur les « territoires  ». Pourtant Monsieur de Castex, Non, les citoyens français n’habitent pas sur des territoires, mais dans des communes, ce qui définit leur contrat politique avec la Nation. Et toute décision prise contre les communes et l’unicité de la République, dialectique de la démocratie, est un coup d’état des marchés sur la République.

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 06:44

 

Que se passe-t-il lorsqu’on part de “ Watergate ” pour arriver à “ Penelopegate ” ?

 

On a opéré une troncation, une ablation, ce qu’on pourrait appeler une aphérèse, en supprimant le début du mot “Watergate ” pour y adjoindre le mot Penelope (pauvre Madame Fillon !). Heureusement que le célèbre hôtel de Washington où les Républicains ont espionné la Convention démocrate en 1968 ne s’appelait pas “ L’Hôtel des trois faisans ” ou “ Chez Gégène ” car je ne sais ce que, linguistiquement, on aurait pu en sortir. Ce qui n’a pas empêché l’ambassade de Lybie d’y installer son siège.

 

Quand les médias – et les politiques à leur traîne – ont chopé un tic qui leur plait bien, ils ne le lâchent plus. Pour la petite histoire, le Watergate a été construit par une société immobilière italienne. Son nom tient au fait qu’il est situé près d’une écluse (gate = grille). “ Watergate ” signifie “ écluse ” ou “ vanne ”. L'hôtel de la vanne. Bof !

 

Dès qu’un nouveau problème – y compris franco-français – se signale à l’attention des médias, on le réduit en un seul mot et on y ajoute “ gate ”. C’est de la pédagogie (mot qu’affectionnent les médias et les politiques pour ne pas dire propagande) à deux balles pour neuneux. On francise légèrement en prononçant « guette » au lieu de « gueïte » et le tour est joué.

 

Des « gates », il y en a eu un paquet depuis 1968 :

 

Nous eûmes l’Angolagate lorsque des proches de Charles Pasqua vendirent des armes au président de l’Angola,

 

Le chevalgate concernant une fraude à la viande de cheval, notamment dans les lasagnes Findus,

 

Le Dieselgate, un programme informatique permettant aux constructeurs automobiles allemands de faire baisser la pollution de leurs véhicules lors des essais d’homologation,

 

Le DSKgate dont on parle peut-être encore au Sofitel de New York,

 

L’Irangate, sur l’affaire de ventes d’armes iraniennes à l’Iran,

 

Le Qatargate qui fit trembler la Fédération Internationale de Football,

 

Le Monicagate, dont une jupe et des cigares se souviennent encore,

 

Le Nipplegate qui nous fit découvrir un des illustres tétons de Janet Jackson,

 

Le Pizzagate, dans lequel Jeffrey Epstein gérait un réseau de pédophilie à Washington

 

Le Homardgate, plutôt médiocre, d’un Rugy qui, paraît-il, n’aime pas ces crustacés.

 

L’important est qu’à chaque fois le bon mot (« la fiente de l’esprit qui vole », disait Victor Hugo) fait sourire à propos de quelque chose qui peut être scandaleusement important ou banalement insignifiant. Plus de hiérarchie, tout se vaut. On hume des effluves de scandale et on en reste là.

 

 

 

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (25)
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