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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 05:08
 
Homme voile
L'homme a fait porter le voile à la femme pour mieux asseoir sa suprématie. D. R.

 

Par Mesloub Khider – De nos jours, le passé siphonne le présent et obstrue l’avenir. Dans sa genèse, c’est-à-dire dans sa formation anthropologique et historique, tout comme dans sa version postérieure religieuse, aujourd’hui perpétuée illégitimement par les musulmans, le voile symbolise l’avilissement de la condition féminine.

 

 

Il n’a jamais été une mode vestimentaire inventée par la gente féminine pour se mettre en valeur, un apparat adopté pour rendre la femme plus séduisante. L’invention en revient à l’homme, au mâle en mal de domination. Contrairement à l’opinion communément répandue, le voile n’a pas été inventé par l’islam. Il est apparu des milliers d’années avant la naissance de l’islam.

 

 

Produit de sociétés tribales, c’est une survivance archaïque perpétuée par l’homme pour pérenniser son pouvoir de domination sur la femme. Il s’inscrit dans cette opposition culturelle millénaire entre la ville et la campagne. La fonction fait l’organe. La femme, dès l’origine de l’hominisation, s’est trouvée mise en difficulté de productivité par ses fonctions naturelles. Plus précisément par ses régulières menstrues. Ses fréquentes grossesses.

 

De manière générale, condamnée périodiquement au repos en raison de l’affaiblissement de son corps endolori par les menstrues ; amoindrie physiquement par ses récurrentes grossesses au point de réduire son activité ; prisonnière durant des années de l’éducation de sa progéniture élevée dans l’enclos domestique : la femme, invalidée par ses multiples fonctions naturelles et occupations féminines, s’est ainsi trouvée contrainte de réduire considérablement ses déplacements, ses activités productrices de valeur (pour assurer ses activités reproductrices), opérées en dehors du périmètre tribal, notamment pour pouvoir s’adonner à la chasse. Chasse devenue ainsi, sans jeu de mots, la chasse gardée de l’homme.

 

Dans cette période reculée, où l’homme vivait sans feu, sans armes, il devait surtout affronter des bêtes extrêmement féroces. Dès ce moment, vivant en groupes, ces activités prédatrices ont influé sur l’évolution physique, mentale et sociale de l’homme. Ainsi, la chasse, cette activité prédatrice requérant l’usage de la force, a permis à l’homme de développer sa musculature, d’aguerrir son tempérament agressif, d’affermir son caractère calculateur, diligent, prévoyant. La fonction faisant l’organe, l’homme nous prouve que, grâce à ses fonctions prédatrices développées au cours de l’évolution de l’humanité, ses organes se sont métamorphosés. A contrario, à cause de son inactivité due à ses fonctions reproductrices, les organes de la femme se sont atrophiés. (De nos jours, la participation depuis plus d’un siècle de la femme à l’activité professionnelle a réduit considérablement les différences physiologiques. Elle est tout aussi capable et compétente d’accomplir des fonctions jusque-là réservées à l’homme. Pareillement en matière sportive. Son «infériorisation» physiologique millénaire a des origines sociales liées aux spécificités des modes de production antérieurs, phallocratiques, et à quelques caractéristiques génétiques.

 

Somme toute, l’exclusion de la femme de cette activité prédatrice propice à l’accroissement de la corpulence musculaire a eu raison de ses facultés physiques diminuées considérablement au fil de l’évolution de l’humanité. Cette faiblesse corporelle de la femme a fini par la rendre plus vulnérable. Devenant ainsi une proie facile pour l’homme avide de domination, favorisée par ses triomphales batailles obtenues contre les fauves. Grâce à ses exploits réalisés dans le cadre de ses activités de chasse, lui prouvant sa supériorité sur certaines espèces animales capturées, son inclination à la domination va germer, s’affirmer, s’intensifier.

 

Ainsi, fragilisée physiquement par ses menstrues et grossesses répétées, retirée de la vie laborieuse prédatrice propice à l’affermissement musculaire, la fortification du tempérament agressif, la surexcitation de la violence, activité laborieuse prédatrice dévolue exclusivement à l’homme, cantonnée aux tâches domestiques accomplies dans un périmètre réduit à l’enclos tribal, la femme finit par perdre tout contrôle de son être. Et devenir ainsi la proie d’asservissement. Progressivement, l’homme va succomber au prurit de la domination. Après avoir, par sa force, exercé son pouvoir sur certains gibiers capturés pour la nourriture de la tribu, il étend son emprise oppressive sur la femme, handicapée par ses fonctions naturelles invalidantes. Cette femme, originellement défavorisée physiquement, sera progressivement dévalorisée socialement. Mais favorisée sentimentalement. Valorisée humainement. En effet, contrairement à l’homme engagé dans un processus d’ensauvagement à force de côtoyer les bêtes dans ses activités prédatrices, la femme conservera cette sentimentalité humaine des premiers hominidés, favorisée notamment par son exclusive activité nourricière et protectrice exercée auprès de sa progéniture. Nous rejoignons là la question de la phylogenèse. L’homme façonnera sa personnalité au contact des fauves fréquentés dans les forêts sauvages loin de sa tribu. Cela donnera naissance à cette brute toujours aussi barbare. La femme, elle, conservera intacte son humanité grâce à ses relations humaines privilégiées établies uniquement avec les membres de sa famille établie au sein de la tribu. Ses liens noués exclusivement avec les humains lui permettront, grâce à sa sentimentalité, sa sensibilité, son émotivité, de sauvegarder son humanité. Et par extension, l’Humanité, de sa déchéance morale.

 

Ainsi, du fait de l’affaiblissement physique de la femme, il était plus commode et possible pour l’homme de s’approprier une femme – voire plusieurs – et de la traiter comme une proie capturée et appropriée pour assurer la continuité de son héritage par le biais de sa progéniture fournie par sa femme-objet grâce à ses fonctions reproductrices auxquelles désormais elle sera réduite.

 

Progressivement, par sa soumission au pouvoir de l’homme, la femme finit par devenir un objet d’exploitation, un bien ayant une valeur marchande susceptible d’être échangée sur le marché matrimonial dominé par les chefs (masculins) de famille, une monnaie de négociation entre tribus, une source de richesse. C’est le début de la division sexuelle du travail.

 

De fait, dans l’interminable développement ininterrompu des assujettissements ponctué par l’esclavage, le servage, le colonialisme, le salariat, la femme a été le premier être humain à être asservi, opprimé, exploité, aliéné.

 

Au cours de cette phase du développement de l’histoire encore inscrite au stade tribal, les sociétés primitives sont caractérisées par la généralité de l’exogamie, c’est-à-dire l’interdiction d’épouser une parente légale. Pour protéger son territoire vital contre les incursions de ses voisins, assurer la sécurité de ses zones de chasses, la société tribale a instauré cette institution matrimoniale nommée exogamie, au sein de laquelle la femme sert de monnaie d’échange, de moyen de pacification des relations entre tribus.

 

En effet, pour réduire les conflits entre tribus, et ainsi tisser des liens de cohabitation pacifique, la femme servira de moyen (monnaie) d’échange. C’est la naissance de l’exogamie. Dans cette forme de société, la fille n’est plus réservée aux membres mâles de la tribu «autochtone», comme dans le cas de l’endogamie, mais offerte à un membre mâle d’une autre tribu.

 

Au cours de ce développement de l’humanité, l’instauration de l’exogamie a entraîné une profonde mutation «anthropologique» de mentalité. Les relations sexuelles entre membres d’une même famille seront désormais proscrites. C’est la naissance de la prohibition de l’inceste. Et la preuve d’absence de rapports sexuels noués avant la livraison de la femme au membre mâle d’une autre tribu était administrée par le constat de la virginité de la femme. Le premier pilier de la nouvelle humanité inégalitaire a été donc le tabou de l’inceste favorisé par l’exogamie. Le second pilier corrélatif sera la virginité de la femme (mais paradoxalement jamais de l’homme évidemment). Originellement, la virginité de la femme n’avait aucune valeur morale, mais une dimension « économique » certifiant de la qualité pure de la marchandise échangée, prête à la consommation, à la production lucrative.

 

Victime d’oppression, d’exploitation dès la phase paléolithique, l’avilissement de la condition de la femme s’accentuera au stade néolithique, c’est-à-dire avec la naissance de la ville, favorisée par la révolution de l’agriculture.

 

Somme toute, avec la révolution néolithique, il n’est plus nécessaire de se contraindre aux relations de bon voisinage. Grâce à la culture des céréales et à la domestication des animaux, c’est-à-dire l’abondance des troupeaux et des champs agricoles exploitables sans limite, on pouvait désormais chasser et dévaster à volonté. Avec la révolution néolithique, on allait surtout pouvoir conserver «ses» femmes au sein de la tribu, convoiter et capturer celles des autres tribus car la femme pourrait œuvrer (force productive), produire et reproduire dans les potagers, les champs. On allait instaurer la prohibition de l’échange des femmes, devenues aussi précieuses que le bétail et les semences. Réintroduire l’inceste, la polygamie, la guerre, le racisme, l’esclavage. Et surtout perpétuer l’obsession de la virginité féminine. C’est la naissance dans certaines régions du monde de l’endogamie.

 

Ainsi, si la révolution néolithique a permis l’éclosion extraordinaire des forces productives, notamment dans les villes, illustrées par le développement de l’artisanat, l’invention et à la diffusion de l’agriculture et de l’élevage, la navigation, le tissage, la céramique ; des fonctions administratives et gouvernementales, ainsi que des activités intellectuelles permises grâce à l’invention de l’écriture, et l’accumulation de surplus alimentaire et vestimentaire, cette révolution néolithique n’a jamais profité à la femme. Elle lui a été fatale. Toutes ces nouvelles activités artisanales, administratives et intellectuelles étaient l’apanage de l’homme. La femme étant totalement exclue de ses nobles et productives tâches.

 

C’est au cours de cette longue période du développement des villes, notamment dans les régions de la Mésopotamie et le pourtour méditerranéen que le voile va prendre naissance, s’imposer aux femmes.

 

Paradoxalement, la ville s’est révélée être plus oppressive à l’égard de la femme que la tribu. En effet, dans la tribu, quoique assujettie au pouvoir de l’homme, la femme était libre. Elle circulait librement dans la tribu. Elle arborait fièrement son visage et sa chevelure au sein de sa tribu. Elle évoluait parmi ses semblables membres de la tribu sans aucune contrainte.

 

C’est dans ce contexte de la naissance de la ville qu’il faut donc situer l’imposition du voile à la femme. Et de manière générale, la dégradation accentuée de la condition féminine.

 

En effet, la ville, alimentée par le flux continu de nouveaux «migrants» issus des tribus environnantes sédentaires ou nomades, allait constituer une agression pour ces nouveaux résidents citadins détribalisés. Particulièrement pour les femmes exposées au regard des autres citadins. Pour les soustraire au regard des étrangers, afin de conserver leur valeur marchande certifiée par leur virginité, les parents mâles (père, frère ou mari) ont entrepris de cloîtrer leurs femmes sous le voile. Le voile est devenu ainsi la nouvelle prison ambulatoire de la femme fraîchement citadine. Emmurée dans sa demeure urbaine, elle est tout aussi encagée sous le voile dans ses rares sorties autorisées par le mâle. En effet, outre la restriction sévère imposée à la circulation de la femme seule en dehors du périmètre confiné de sa résidence familiale, la femme, lors de ses rares déplacements obligatoirement accompagnés, devait désormais impérativement porter le voile. Il y a, en effet, une relation de cause à effet entre endogamie tribale (ou plutôt sa dégradation) et un certain avilissement de la condition féminine.

 

Pour remonter le temps à notre époque contemporaine, c’est dans cette perspective caractérisée par la dégradation des sociétés tribales «musulmanes», impulsée par leur urbanisation, qu’il faut inscrire l’apparition récente du voile dans les sociétés actuelles musulmanes, fraîchement urbanisées mais encore fortement tribales, et non au retour du refoulé religieux.

 

Pour preuve, à la faveur de la modernisation et de l’urbanisation de l’Algérie, sur fond de l’expansion de l’islamisme favorisé par les pays du Golfe, la première revendication des hommes algériens «islamistes» a été l’exigence agressive du port du voile. Et non pas l’obligation de faire la prière pour tout le monde. L’obligation de respecter le Ramadhan. D’accomplir son devoir de pèlerinage. Préceptes fondamentaux du Coran.

 

La femme, voilà l’ennemi de l’Algérien musulman fraîchement détribalisé. Et celles qui résistaient au diktat du port du voile étaient agressées, violentées, voire vitriolées. En réalité, ces réactionnaires petits bourgeois s’opposent à la transformation du mode de production agraire-féodal, bousculé par l’émergence du mode de production industriel capitaliste imparable.

 

Repris du site Algériepatriotique

 

 

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 05:19
 

 

Repris de Marianne.

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Politologue et auteur du blog "Vu de la butte", Alphée Roche-Noël vient de publier "Marx Rapatrié" aux Éditions du Cerf. Il y analyse l'actualité politique et sociale à partir de l’œuvre du communiste allemand.

Après Jérôme Sainte-Marie et Emmanuel Todd, c'est au tour du politologue Alphé Roche-Noël d'utiliser les livres historiques de Karl Marx sur la France (Les luttes des classes en France (1850), Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852), mais aussi La guerre civile en France (1871) afin d'analyser la séquence politique et sociale actuelle, marquée par l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron et la révolte des gilets jaunes. Il revient avec nous sur l'actualité du penseur allemand.

Marianne : En quoi Marx nous aide-t-il à comprendre notre époque ?

Alphée Roche-Noël : Je crois que Marx nous donne trois clefs de lecture de l’Histoire, qu'il faut utiliser ensemble. Une première pour le temps long de la société humaine : c’est la lutte des classes. Une deuxième pour l’économie politique : c’est la critique du capitalisme. Une troisième, qui peut paraître plus circonstancielle, et qui n'est pas moins utile : c’est l’analyse qu’il nous a laissée des événements politiques de son temps. Il a ainsi observé avec une grande acuité la situation en France, dont il avait été expulsé à deux reprises, dans les années 1848-1871 : la révolution de Février, la restauration de l’Empire, l’avènement et la répression de la Commune de Paris...

S’il faut se garder de comparer des époques qui n’ont rien à voir, il est frappant de constater à quel point le regard et les concepts marxiens nous aident à y voir plus clair aujourd'hui. Il me semble en effet que nous nous trouvons précisément dans une période d’incertitude pareille à celle qu’il a décrite, où l’histoire est comme une pièce vacillant sur la tranche, dont on ne sait pas de quel côté elle va tomber : du côté de la révolution citoyenne ou du côté de l’involution autoritaire.

 

L’analyse de Marx n’est-elle pas entachée par le "socialisme réellement existant" et les goulags ?

Celle d’Adam Smith l’est-elle par deux siècles d’un libre-échangisme qui a dévoré le vivant ? Et par toutes les guerres et les atrocités commises au nom de l’ordre capitaliste ? Ceci pour montrer, si ce n’est l’absurdité, du moins la limite de l’argument qui consiste à rapprocher un auteur passé des potentats plus ou moins inspirés qui s’en réclament… En vérité, les horreurs du stalinisme et des autres régimes du même type ont dû faire faire à Marx des bonds dans sa tombe. Sa pensée était une pensée de l’émancipation. Pour s'en convaincre, il suffit de se donner la peine de le lire. Il faut aussi avoir une idée de ce qu’étaient les conditions de vie des ouvriers au milieu du XIXe siècle.

Comment s’articulent les luttes de classes en France aujourd’hui ?

La lutte des classes est une constante dans l’Histoire. L’idée qu’il s’agirait d’un concept daté sert uniquement ceux qui forment la classe dominante et ont intérêt à faire perdurer une autre idée, aussi idiote qu’efficace, selon laquelle les places, les revenus, les honneurs dans la société seraient attribués au mérite.

Aujourd’hui, cette lutte des classes fait rage entre ceux qui ont tiré les meilleurs fruits du développement économique et ceux, de plus en plus nombreux, qui voient leur situation stagner ou se dégrader. Les gilets jaunes en ont été l’expression la plus probante des dernières décennies. Nous avions là, d’un côté, des femmes et des hommes issus de la classe moyenne en décomposition, caractérisés par leur place dans le processus de production (ouvriers de la logistique, aides-soignantes, artisans...) qui revendiquaient de meilleures conditions de vie et plus de justice sociale, et, de l’autre, l’incompréhension, le mépris, la violence de la répression.

La lecture de Marx permet d’échapper à l’écueil qui consisterait à voir dans cette révolte singulière un agrégat de demandes catégorielles. Elle aide également à saisir les subtilités d’un antagonisme qui ne met pas aux prises les "99% contre les 1%", mais une pluralité de catégories adossées les unes aux autres, réagissant à l’évolution de leurs conditions matérielles d’existence et aux rétributions qui leur sont ou non offertes par le système. C’est cette complexité, cette intrication, dans un système politique où le suffrage universel est la seule sortie de crise théoriquement permise par les institutions, qui rend le résultat de ces luttes particulièrement difficile à prévoir. Et c’était déjà le cas en 1848 !

La crise du Covid-19 pourrait-elle servir de base à une révolte sociale d’ampleur ?

De base, non ; de déclencheur, probablement. Les bases sont là depuis longtemps : ce sont la nouvelle donne économique post-chocs pétroliers et les politiques publiques de casse sociale des trente dernières années. Les gilets jaunes et les centaines de milliers de manifestants contre la retraite à points n’ont pas attendu le Covid pour descendre dans la rue. Depuis lors, la situation sociale s’est considérablement détériorée pour les petites gens, pour ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre. L’État-providence tient la tête des autres à peu près hors de l’eau – mais jusqu’à quand ? Pour l’instant, la politique extrêmement anxiogène de lutte contre l’épidémie maintient dans la population une forme d’attentisme nourri par la peur, mais on a du mal à croire que dans les prochains mois, le chômage, la précarité, l’incertitude ne nourrissent pas l’esprit de révolte. La question est de savoir comment il s’exprimera.

Selon vous, il n’y a que deux alternatives : l’Empire et la Commune. Comment la Commune pourrait-elle à nouveau advenir ?

Il ne s’agit pas de refaire la Commune… Il faut se garder de tout esprit de réplication formelle. C’est justement ce qui a divisé la Commune, lorsque la majorité de ses membres a voulu ressusciter une parodie de "Comité de salut public" pour contrer la menace versaillaise. Or, le Versailles de Thiers n’était pas le Versailles de l’Ancien Régime ! Il ne fallait pas recommencer, mais inventer autre chose !

L’histoire pose des jalons, des points d’appui, mais à chaque époque, à chaque problème, il faut des solutions nouvelles. L’alternative Empire/Commune, proposée par Marx dans La Guerre civile en France, porte cependant plus loin que l'époque dans laquelle elle s’inscrit, car elle nous interroge sur les modalités d’organisation de la société. En 1871, c’est soit la monarchie, instrument des classes dominantes, soit la République, défendue par la Commune. Je crois que notre époque nous place face à une alternative du même type, entre une Ve République de plus en plus autoritaire, qui s’apprête peut-être à tomber entre les pires mains qui soient, et une société qui aspire à s’organiser plus directement, à devenir vraiment démocratique et républicaine. Ici encore, la Commune est un jalon, car elle a créé un lien plus direct entre représentant et représenté. Mais il faut aller plus loin, et la société fourmille d’idées, dont le RIC est seulement l’exemple le plus emblématique.

 

La question écologique est aujourd’hui incontournable. Or, même s’il a écrit que "le capital épuise les deux seules sources de toute richesse : la Terre et le travailleur", Marx n’a pas sérieusement envisagé ce problème et a même pu pécher par productivisme. Est-il utile pour ce sujet ?

Il est utile et même incontournable, car même s’il n’a pas approfondi le sujet, il a laissé des concepts pour le penser. Cela dépasse largement le niveau d’une simple intuition qui affleurerait au fil de l’œuvre. Sans pouvoir être calquée totalement, sa critique du capitalisme pour le tort qu’il cause à l’humain vaut aussi pour le tort qu’il cause à la terre. Le néologisme récent de capitalocène pour désigner notre modernité, par préférence au concept moins précis d’anthropocène, rend bien compte de l’historicité du capitalisme mise en lumière par Marx. En d’autres termes, ce n’est pas l’humain qui détruit l’environnement, c’est le modèle de développement qu’il s’est choisi.

Le slogan "fin du monde, fin du mois, même combat", utilisé ces deux dernières années en France, en est une autre illustration. Comme quoi, le regard de Marx sur son temps, les concepts qu’il a créés et sa compréhension très fine de son époque sont de précieux outils pour aborder l’avenir.

  • Alphée Roche-Noël, Marx rapatrié, Éditions du Cerf, 132 pages, 15 euros
 
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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 05:00
Commentaires
 
Á titre personnel, j'ai adopté le principe de sécurité le plus exigeant. Pour les miennes (et pour moi, étant une personne à risques).
Nous en avons porté alors que le banquier éborgneur – qui passera devant le tribunal de l'Histoire pour cela – interdisait aux pharmaciens et aux grandes surfaces d'en vendre. J'avais réussi à m'en procurer clandestinement un lot d'une centaine.
Nous portions les masques à l'intérieur des magasins et même des marchés ouverts alors que ce n'était nullement obligatoire. J'ai longtemps porté des gants lorsque j'allais faire des courses. J'en suis même venu à me demander si les gants n'étaient pas aussi utiles que les masques. Nous ne portions pas de masque dans les rues ou dans les parcs publics. Nous avons évité le plus possible les réunions familiales ou entre amis.
Nous avons donc été surpris lorsque le banquier éborgneur décida que la ville de Lyon dans son ensemble (ainsi que celle de Villeurbanne) serait masquée nuit et jour.
Je marche énormément dans Lyon. je peux dire que la densité de piétons dans la ville intra muros n'est pas supérieure à celles de Rennes, Tours, Hénin-Beaumont, Agen etc. Le quartier du Vieux-Lyon avec ses rue piétonnes est passant. Pas plus que le centre historique de Poitiers ou la Cité de Carcassonne.
Depuis plusieurs semaines, j'ai publié sur mon blog plusieurs articles, pas écrits par moi mais par des spécialistes, tendant à prouver que s'il y a bien un réel problème de santé, non résolu à ce jour et qui est en train de s'aggraver, le banquier éborgneur se fout de nous en gérant le problème sanitaire comme un amateur mais en n'oubliant pas d'imposer tout un arsenal de lois, décrets, ordonnances visant à réduire nos libertés et à appauvrir les plus pauvres. La dernière ânerie qu'il a commise est de commander en catastrophe des masques transparents pour les enseignants qui exercent devant des publics difficiles : autistes, sourds et muets. Il ne pouvait pas y penser plus tôt !
Á propos, un masque Louis Vuitton, ça vous irait ?
 
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A propos des masques
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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 05:06

Heureusement que “ Mon Anne ” n'était pas Lady Mayor de Londres en 1969, sinon jamais les Beatles n'auraient pu traverser Abbey Road.

​​​​​​Ici, elle a fait joujou avec la rue de Vaugirard à Paris. La capacité de nuisance de l'édile est grande car cette rue est la plus longue de la capitale.

Après son pinturlurage jaune pétant, on a donc des motos garées en pleine rue, des places réservées pour le transport de fonds au milieu de la chaussée, des blocs de béton posés n'importe où, des places de handicapés entre la voie des voitures (si, si, il reste un infime passage pour les voitures) et celle des vélos (vous imaginez une personne handicapée s'extrayant de son véhicule en plein dans la piste cyclable !). A noter que ces handicapés ne roulent plus nécessairement sur les trottoirs mais qu'ils peuvent également utiliser la chaussée. Le premier qui se prendra une voiture en pleine tronche sera à mobilité beaucoup plus réduite.

J'ai pas mal fréquenté cette rue il y a cinquante ans. Il y avait quasiment autant de circulation qu'aujourd'hui. Le maire, de droite, aurait proposé cela à l'époque, il était interné...

 

 

 
Le Gymkhana d'Hidalgo
Le Gymkhana d'Hidalgo
Le Gymkhana d'Hidalgo
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Le Gymkhana d'Hidalgo
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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 05:17

Dans son blog, Pierre Verhas alerte sur les déchirements de la gauche bruxelloise à cause du voile islamique. Il relève un piège sémantique : « « Neutralité inclusive » : une manipulation sémantique de plus.

 

Remarquons que l’on se trouve une fois de plus devant le cas d’une manipulation sémantique du type de celles que dénonçait George Orwell dans son dernier roman « 1984 » par sa description de la « novlangue ». On adjoint un qualificatif à un substantif qui exprime un concept clair, ce qui a pour effet de lui donner une autre définition. Ainsi, rappelons-nous la « laïcité positive » prônée par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Latran en 2007 où il prétendit attacher plus d’importance au curé qu’à l’instituteur. La laïcité tout court est donc implicitement négative ! Aujourd’hui, il est question de « neutralité inclusive ». Cela implique donc que la neutralité tout court est donc exclusive.

 

On ne mesure pas les conséquences de ces pratiques sémantiques. Elles ouvrent la porte au totalitarisme tout comme les tenants du « politiquement correct » qui, dans les relations intercommunautaires, imposent aussi une nouvelle sémantique depuis les drames de Minneapolis et du Wisconsin, comme l’interdiction de prononcer certains mots comme « Noirs » qui sont remplacés par « Afro-descendants ». Un éditeur n’a pas hésité à changer le titre d’un roman d’Agata Christie – cela ne date pas d’hier ! – « Les dix petits nègres ». Cela a l’air drolatique, mais c’est avant tout inquiétant : une fois de plus Orwell. On appauvrit la langue pour qu’elle soit conforme à une idéologie. L’étape suivante sera-t-elle de supprimer ou de modifier des mots « inconvenants » dans les textes des œuvres littéraires ? »

 

 

Le site Communistes déplore le consensus de la classe politique française par rapport au capitalisme : « les « crises » de l’économie capitaliste se répètent, elles sont permanentes. Aucun parti politique ne conteste le capitalisme. Les uns sont à son service pour imposer ses objectifs au peuple, les autres critiquent la politique de Macron, ils veulent améliorer le capitalisme, le rendre plus vivable mais ils lui laissent les mains libres pour continuer à exploiter le peuple. Ils se chamaillent sur sa gestion, s’écharpent parfois sur la méthode mais jamais sur le fond politique. La stratégie du pouvoir aujourd’hui consiste à agir sur les craintes: pandémie–réchauffement climatique–économie–sécurité, avec un seul but : tout faire pour anesthésier toute idée de changement possible. Notre parti porte et développe la perspective d’une société débarrassée du capital, car il n’y a pas d’autre choix pour satisfaire aux besoins du peuple. Mais pour changer de politique, il faut s’engager dans la lutte, celle qui consiste à arracher le pouvoir aux multinationales, le confier au peuple. »

 

 

Dans Res Publica, Évariste recommande de se préparer à la force des choses : « Le chemin est défini par la stratégie et non par la tactique . La prolifération des formules « anticapitaliste », « tout changer de fond en comble », « du passé faisons table rase », « révolution », « la fin du monde », « l’extinction de l’espèce à court terme», « rupture », « résistance », etc. cache de plus en plus mal une incapacité de penser ou une non volonté de comprendre le réel complexe et de voir les éléments précurseurs de la force des choses sans laquelle aucune transformation sociale et politique ne s’est construite dans toute l’histoire de l’humanité. Tout le reste n’est qu’idéalisme philosophique et politique proposant le paradis sans en déterminer le chemin pour y conduire. Et là, disons-le, un programme ne suffit pas car le chemin est défini par la stratégie. Répétons-le, jamais dans l’histoire du monde, la cause profonde d’une transformation sociale et politique ne fut une idée ni le discours d’un leader ou d’un intellectuel. Le travail intellectuel doit simplement préparer sérieusement la capacité des acteurs professionnels et militants à être efficaces lorsque la force des choses surgit des profondeurs du peuple. Voilà pourquoi le couple « luttes sociales et politiques » et « éducation populaire refondre » est indispensable pour préparer ce moment où se construira la bifurcation politique.

 

 

Enfin, le site Star Mag nous confirme qu’il se passe vraiment des choses importantes dans les grands médias français : « Il y a quelques semaines, on apprenait que Valérie Trierweiler avait été évincée de Paris Match, magazine pour lequel elle travaillait depuis trente ans.

 

Valérie Trierweiler s’était empressée de poster un message sur son compte Instagram afin de montrer son indignation. La journaliste avouait être en « état de choc » et sidérée. Celle qui est passée de la rubrique politique à la rubrique culture est toujours restée fidèle à Paris Match et ce, même quand elle était à l’Élysée. Paris Match a récemment annoncé le recrutement d’un autre célèbre journaliste qui n’est autre que Stéphane Bern.

 

Ce dernier a rejoint la rédaction en qualité “d’éditorialiste associé”. Le directeur général de la rédaction du magazine, Hervé Gattegno a donné quelques précisions dans un communiqué concernant cette arrivée : «Il sera un renfort précieux dans le suivi et le traitement des sujets liés à l’histoire, aux monarchies et aux célébrités. » Le 24 août dernier, RTL a annoncé dans un communiqué que Valérie Trierweiler tiendra une chronique hebdomadaire dans l’émission RTL Soir, animée par Thomas Sotto. La journaliste donnera rendez-vous aux auditeurs tous les mercredis à 18h30 ! Dans cette chronique, Valérie Trierweiler offrira « son regard incisif sur l’actualité » précise la chaîne de radio dans son communiqué. 

 

Revue de Presse (338)

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 05:18

Ci-dessous un article de Mesloub Khider (larges extraits) pris sur le site d'Algérie patriotique.

 

Les attentats du 11 septembre 2001 avaient constitué le prétexte à la mise en œuvre de nouvelles reconfigurations politiques et géostratégiques impulsées par l’hyperpuissance américaine. Sur fond de sidération mondiale suscitée par la psychose généralisée, dès le lendemain des attentats, les autorités américaines avaient déployé promptement leur stratégie machiavélique : mobilisation de la population derrière l’état de guerre, renforcement de l’appareil répressif de l’Etat, réaffirmation de la puissance de l’Amérique matérialisée par une politique interventionniste impérialiste tous azimuts opérée au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. De fait, immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001, les instances politiques et médiatiques américaines ont été embrigadées pour enrôler la population dans les entreprises guerrières impérialistes. Tous les pays stratégiques du tiers-monde étaient susceptibles d’être envahis, toutes les nations économiquement concurrentes, torpillées, toutes les puissances militaires potentiellement rivales, neutralisées.

Dans le même temps, au niveau national, en un temps record, l’appareil politique a mis en œuvre ses plans de durcissement de la machine judiciaire et policière répressive, sa nouvelle législation sécuritaire liberticide. Du jour au lendemain, la crise terroriste (aujourd’hui on parle de crise sanitaire du Covid-19) a servi de prétexte à l’aggravation de la récession économique et au démantèlement des budgets des programmes sociaux. Tous les fonds étaient désormais alloués à l’effort de guerre impérialiste et à la sécurité nationale. La promptitude avec laquelle ces mesures ont été adoptées révèle qu’elles avaient été ficelées depuis longtemps, préparées et planifiées par les cercles restreints opaques américains (à l’instar des mesures antisociales et liberticides décrétées actuellement dans la majorité des pays).

Sur le plan international, le dessein réel de la guerre n’était pas tant l’anéantissement du terrorisme islamiste que la réaffirmation de la domination militaire américaine sur tout le globe, implantée au lendemain de l’effondrement du bloc impérialiste rival soviétique. Durant deux décennies, les Etats-Unis ont ainsi mené plusieurs opérations militaires d’envergure : contre l’Irak, l’Afghanistan, la Serbie, le réseau Al-Qaïda, etc. Dans chacune de leurs interventions impérialistes, les Etats-Unis avaient contraint leurs alliés, telles la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, à s’enrôler sous le drapeau américain ; l’ensemble des pays du monde à se plier au calendrier géostratégique étasunien, à s’incliner devant la volonté de l’Oncle Sam, à se soumettre devant les intérêts de la grande puissance victorieuse de la Guerre froide.

Cependant, ces dernières années, le terrorisme islamiste étant devenu inopérant en matière de manipulation idéologique, pour avoir épuisé toutes ses potentialités de dévoiement politique et d’enrégimentement caporalisée, les classes dominantes (occidentales) se sont résolues à s’offrir un autre ferment terrorisant, le coronavirus, pour passer à un degré supérieur en matière de gouvernance par la manipulation et la terreur de la population, exercée dans le cadre du nouvel ordre mondial chaotique menacé d’éclatement sous l’effet de la récession économique.

Sans conteste, le Covid-19 signe l’entrée des Etats occidentaux, en particulier, et des pays du tiers-monde, en général, dans l’ère du despotisme, autrement dit de l’extinction de la «démocratie» représentative. Désormais, toute la planète, depuis le simple village jusqu’à la grande mégalopole, en passant par toutes les «maisons» sont soumis aux lois d’exception, à l’état de siège, au couvre-feu, à la surveillance technologique. A la dictature du confinement. Au confinement de la démocratie. Au nom de la prétendue lutte contre le virus, l’ensemble des Etats du monde, dans une action concertée, ont décrété des mesures de confinement pénitentiaire, des recommandations sanitaires spécieuses, de despotiques prescriptions médicales suspectes d’inanité. Le coronavirus devient le catalyseur de l’aggiornamento planétaire et l’agent dérivatif de divertissement de la foule mondiale, plongée dans la psychose généralisée, orchestrée par les médias inféodés aux puissances financières et étatiques.

 

La pandémie du Covid-19, c'est politique ? Ah ben ça, alors...

Aujourd’hui, il est clairement établi, eu égard aux conséquences catastrophiques provoquées par la décision d’arrêter la production (du moins certains secteurs industriels) et la commercialisation (secteurs tertiaire et quaternaire), de mettre en quarantaine des centaines de millions de travailleurs (producteurs de valeur), qu’il s’est agi là d’une véritable volonté de torpiller l’économie, chapeautée par quelques factions du grand capital financier. Cette entreprise de torpillage répond a priori à une réaction mécanique du capital actée officiellement par les gouvernements.

A première vue, certes, les intérêts ayant présidé à la tactique de confinement généralisé ont semblé opposer aux intérêts vitaux des bourgeoisies nationales. Mais, ils sont conformes aux intérêts du grand capital international. Une chose est sûre : le cataclysme économique actuel ne doit rien au hasard. Ce désordre apparent s’inscrit dans la stratégie de la théorie du «chaos constructif» (ou «destruction créatrice», selon l’expression de Joseph Schumpeter) visant la mise en œuvre accélérée de la gouvernance mondiale du grand capital financier (occidental), dans le cadre d’une économie dématérialisée, numérisée, ubérisée, assujettie au télétravail et l’e-commerce (économes en coûts de locaux, en facturations diverses liées à l’entretien, électricité, eau, assurance, frais de repas et de transport dus aux salariés, etc.). L’ère de l’économie «physique» et réelle est révolue. Bienvenue dans l’économie dématérialisée et virtuelle à entreprises évanescentes, à réglementations salariales disloquées, à avantages sociaux démantelés, à rémunérations drastiquement comprimées.

Par une opération de purge économique exécutée à la faveur du confinement généralisé où les populations ont été mises à la disette et les grandes entreprises généreusement subventionnées, le grand capital financier escompte relancer l’économie à son profit, après avoir éliminé les secteurs et les entreprises insuffisamment adaptés à la globalisation contemporaine, ou plus exactement instaurer une économie de guerre destinée à neutraliser l’adversaire économique extérieur (le camp rival chinois), et surtout l’ennemi intérieur (le prolétariat) par la répression de toute velléité de résistance populaire. Ce maquignonnage économique, effectué dans une période de paix, donc sans conflits armés, a pour dessein la concentration monopolistique des moyens de production et de commercialisation, mais également la destruction simultanée d’une grande partie des forces productives (comme lors des deux Guerres mondiales) et d’une partie des capitaux financiers superflus, afin d’éviter la réitération rapide de la constitution de la «bulle financière» susceptible de compromettre la reconstruction économique numérisée.

Aujourd’hui, le manque de réactivité des Etats devant la pandémie du Covid-19 s’éclaire à la lumière de l’actualité a posteriori moins dramatique en matière de mortalité que les prévisions catastrophistes annoncées par les médias inféodés aux puissances financières (l’Impérial College London annonçait insidieusement, au début de l’épidémie, pour créer un climat de psychose légitimant les mesures de confinement et d’arrêt de l’économie, des millions morts).Tout s’était passé comme si toutes les conditions avaient été délibérément réunies pour favoriser la tactique de confinement total avec son corollaire d’arrêt de l’économie. Ces «défaillances» sanitaires programmées, illustrées notamment par les carences en matière d’urgence médicale et l’absence d’équipements médicaux, laissent subodorer une stratégie du chaos planifiée, fomentée par les différents gouvernements inféodés aux puissances financières.

L’absence d’adoption de mesures sanitaires précoces, telles que les contrôles aux frontières et aux aéroports, la défaillance médicale illustrée par les pénuries des équipements (masques, tests, gants, gels hydro-alcooliques, respirateurs) semblent constituer des preuves de la volonté des pouvoirs de favoriser cette refondation du monde par la destruction de pans entiers de l’économie considérés comme obsolètes. Pour pérenniser sa domination des classes au moyen d’une restructuration du capitalisme, le grand capital est résolu à sacrifier des pans entiers de l’économie planétaire et à réduire à la misère des centaines de millions de personnes. Quitte à financer la «nouvelle économie», reconfigurée selon les intérêts du capital financier, par les Etats, autrement dit avec l’argent des contribuables (des travailleurs) et l’endettement (payé également par les futures générations de travailleurs au moyen de l’augmentation des impôts).

Par la faute de l’application de cette mesure de confinement totalitaire, même les pays sous-développés et émergents, quoiqu’épargnés par la pandémie du Covid-19, ont subi les conséquences dramatiques de l’arrêt mondial de l’économie, par la précipitation de centaines de millions de personnes dans le chômage endémique et la misère. Indéniablement, à la faveur de la pandémie du Covid-19 à la gestion sanitaire délibérément calamiteuse, le monde (occidental) a basculé de la démocratie formelle au totalitarisme réel. Que le contexte viral soit l’œuvre de la nature ou d’une main invisible d’un laboratoire, importe peu. Assurément, le virus existe. Les Etats s’en servent comme arme de terrorisation et de neutralisation des populations, aujourd’hui condamnées à vivre sous la terreur sanitaire pour les soigner de leur «maladive propension subversive», très virulente ces dernières années. Ainsi, le virus aura permis d’appliquer diligemment et intelligemment la stratégie de confinement, cette forme d’internement carcéral de la population mondiale, prémices à la militarisation de la société et à l’enrégimentement guerrier.

De surcroît, toutes les classes dirigeantes ont entrevu l’opportunité offerte par la pandémie, notamment la possibilité d’étriller les archaïques Constitutions, les libérales règles politiques et les lois sociales protectrices, devenues des entraves à la nouvelle gouvernance despotique dictée par la situation de crise économique systémique mondiale, vectrice de menaces d’explosions sociales. De manière générale, en période de crise instrumentalisée avec cynisme par les classes dominantes, l’état de nécessité exonère toutes les transgressions juridiques, toutes les illégalités politiques, toutes les violations des libertés, tous les crimes sociaux perpétrés contre la population par l’Etat.

Aujourd’hui, à la faveur de la crise sanitaire du Covid-19, au nom du prétendu sauvetage de la santé de la population, les gouvernants mutilent tous les droits politiques et sociaux de cette même population. Incontestablement, le monde est entré dans l’ère de la gouvernance par le terrorisme viral, devenu l’unique modalité d’administration totalitaire, indispensable aux classes possédantes dans cette période de récession économique travaillée par la recrudescence de la lutte des classes. En tout état de cause, la promptitude avec laquelle l’ensemble des Etats ont mis en œuvre leur stratégie contre-insurrectionnelle, matérialisée par les mesures de confinement et d’état de siège, les spécieuses prescriptions sanitaires comminatoires, révèle les intentions réelles de cette guerre sanitaire, menée non pas contre le virus mais contre toutes les réglementations politiques et sociales libres, contre toutes les institutions sociales et législations protectrices encore en vigueur ; en un mot, contre les peuples, les travailleurs, le prolétariat, dans le cadre de la reconfiguration despotique d’un nouvel ordre économique.

Si la pandémie finira par s’éteindre, en revanche toutes les lois liberticides et antisociales votées à l’occasion de cette crise sanitaire du Covid-19 s’implanteront définitivement dans le paysage politique et social de la société, désormais tailladée par la paupérisation absolue et garrottée par le pouvoir absolu du grand capital financier. Sans conteste, le Covid-19 aura été le prétexte à l’instauration d’une guerre contre-insurrectionnelle, menée par les Etats pour tenter de contenir les tempêtes subversives sociales provoquées par la récession économique. Au nom de la lutte contre le virus, il s’agit en vrai d’une guerre de classe contre l’ensemble des peuples, contre les travailleurs, leurs droits, leurs institutions, leurs protections sociales, mis en place depuis plus d’un siècle. Il s’agit ni plus ni moins d’un retour à la tyrannie de l’époque de la monarchie absolue, dépourvue d’institutions démocratiques, d’une volonté de démantèlement de toutes les règles de «l’Etat de droit», devenues inopérantes pour contenir la guerre de classes en germination, en fermentation.

Ainsi, nous vivons la fin d’un monde capitaliste, celui de la démocratie bourgeoise avec ses Parlements, son Etat de droit, ses pouvoirs législatifs désormais superflus car les lois et les mesures sont dictées directement par le pouvoir exécutif (ou plus exactement le grand capital), sans être ratifiées par les représentations nationales, autrement dit les Assemblées nationales. Nous assistons à la fin de la souveraineté du pouvoir judiciaire désormais dépouillée de son apparente et illusoire indépendance, à la mort de la liberté d’expression et de la presse, illustrée par la disparition des fonctions de contrepoids correctif démocratiques défendues par des instances de régulation libres, désormais menacées de disparition car encombrantes en période de guerre de classes.

La stratégie appliquée à la faveur de la pandémie est avant tout une stratégie totalitaire de contre-insurrection pérenne. Elle ne tolère aucun contre-pouvoir, aucune opposition politique, aucune protestation sociale, aucune grève ouvrière, aucun parti révolutionnaire, aucun «citoyen» subversif, aucune voix discordante, aucune urne électorale, sinon l’urne funèbre des cadavres décimés par la répression ou la guerre, toutes deux appelées à se généraliser, à s’institutionnaliser, à occuper l’espace public déserté par la démocratie, la prospérité économique, le progrès social.

De manière globale, d’un point de vue géostratégique, dans cette période marquée par des tensions commerciales exacerbées, pour l’Occident l’infléchissement vers le totalitarisme moderne est motivé par deux raisons capitales. D’une part, pour une raison endogène, autrement dit pour des motivations de sécurité intérieure. En effet, pour affronter l’inéluctable subversion intérieure prévisible, provoquée par la dépression économique, l’Occident blinde son Etat, caporalise sa gouvernance. D’autre part, pour une raison exogène, autrement dit pour des mobiles impérialistes. Effectivement, pour préparer l’imminente guerre extérieure contre le nouvel ennemi nommément désigné, en l’espèce le dragon économique chinois, nouvelle puissance incontestable économique, l’Occident enrégimente sa population. Dans les deux cas, s’impose la militarisation de la société pour tout à la fois neutraliser et enrégimenter la population, pour transformer chaque «citoyen» en soldat dans la perspective de l’imminente conflagration militaire généralisée.

Ce n’est pas la première fois que l’Occident joue à l’apprenti sorcier. A de nombreuses reprises dans son histoire meurtrière, pour résoudre ses contradictions, il a activé des foyers de déstabilisation contagieuse létale. Il ne faut pas oublier que l’Europe moderne capitaliste est devenue une machine à produire de la destruction tous azimuts dès la fin du XVIIIe siècle, illustrée notamment par le processus de déshumanisation de ses habitants arrachés à leur société villageoise millénaire fondée sur la solidarité, destruction amplifiée par les deux guerres mondiales (le qualificatif «européennes» serait plus approprié), et les totalitarismes fascistes et staliniens (tous deux européens). De même, il ne faut pas oublier que l’Occident «civilisé» a été le laboratoire du terrorisme. Le terrorisme est une invention occidentale. En effet, le terrorisme aveugle comme la guerre génocidaire sont l’apanage des sociétés occidentales capitalistes. Avant de revêtir les oripeaux de l’islamisme fabriqués par ailleurs par les puissances impérialistes occidentales, le terrorisme s’est longtemps, de la Russie tsariste, en passant par la France de la IIIe République et des années 60, l’Italie, l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique et l’Irlande du XXe siècle, les mouvements sionistes européens (ashkénazes) des années 1930-40, attifé du costume civilisé occidental.

La pandémie du Covid-19, c'est politique ? Ah ben ça, alors...

 

Quoi qu’il en soit, la particularité de la crise économique actuelle, dévastatrice par son ampleur, outre le fait d’être présentée mensongèrement comme avoir été provoquée par le Covid-19 – pauvre virus, devenu le bouc émissaire providentiel, voir notre article publié sur Algeriepatriotique le 27 juillet 2020 – est d’apparaître comme totalement étrangère aux contradictions internes du capital. Cette mystification permet à l’Etat (de tous les Etats) de dissimuler les causes profondes de la crise, mais elle lui offre surtout une occasion inespérée de décréter, sous couvert de lutte contre la pandémie du Covid-19, des mesures liberticides, des recommandations coercitives, promulguées avec l’assentiment de la population tétanisée par la terreur virale distillée par les médias inféodés aux puissants. Tout se passe comme si, avant la survenue de l’épidémie, le monde capitaliste filait le parfait amour avec la croissance économique, le plein emploi, l’échange commercial pacifique, l’écoulement fluide des marchandises, la prospérité sociale. Tout allait bien dans le meilleur des mondes du système capitaliste.

En résumé, on vivait dans le capitalisme parfait, comme disaient autrefois les économistes libéraux. Puis, comme à l’époque des impuissantes sociétés primitives dominées par les forces de la nature, soudainement l’irruption d’un microscopique et invisible virus a totalement ébranlé la plus grande civilisation scientifique et technologique de l’histoire de l’humanité, le monde moderne capitaliste qui, soit dit au passage, dépense 2 000 milliards de dollars chaque année dans l’achat de l’armement pour combattre on ne sait quel ennemi «dans cette période censément de paix», mais est incapable d’aligner une armée de médecins et de personnels soignants dotés d’équipements sanitaires pour nous protéger d’un minuscule virus. Ainsi, sans l’envahissement du barbare virus, la civilisation capitaliste aurait poursuivi éternellement sa lune de miel avec la croissance, la prospérité, sa nature pacifique, humaniste, antiraciste, écologique.

Même un homme de Cro-Magnon ne croirait pas à cette supercherie sanitaire, escroquerie médicale, mystification médiatique, tromperie étatique.

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 06:26
Effondrement : les migrants blancs de Los Angeles

 

 

Ne croyez pas que les vagues migratoires ne concernent que les peuplades d’Orient ou d’Afrique chassés par les guerres ou la faim. Selon les déclarations du journaliste Ed Lozzi dans le Daily Mail, à Los Angeles, Californie, USA, ce sont les riches élites blanches qui fuient le chaos social.

« La fuite des blancs est réelle. Les élites et les classes moyennes partent. Les gens préfèrent subir des pertes sur les ventes de leurs maisons pour s’en aller. »

Ne croyez pas que le coronavirus soit la cause de cette migration d’un genre nouveau. Le mouvement a commencé bien avant la vague épidémique. À l’origine de cette fuite  en col blanc qui touche notamment le quartier huppé de Hollywood, l’arrivée massive de SDF dans les rues de la ville. Au moins 66.000 personnes dorment désormais dans les rues de la ville.

Fini le temps où Los Angeles « sentait les fleurs d’oranger », explique Lozzi, aujourd’hui c’est la puanteur de l’urine et des excréments qui dominent dans les parcs autrefois somptueux, maintenant couverts de campements et jonchés de seringues à usage narcotique. Jointe à l’effondrement social, la pandémie virale a achevé de rendre la ville invivable. Danny O’Brien, propriétaire d’une entreprise de déménagement :

« Les gens partent en masse. La semaine dernière, j’ai déménagé une personnalité éminente de l’industrie de la musique, propriétaire d’un manoir de 6,5 millions de dollars au-dessus de Sunset Boulevard. »

Joe Rogan, célèbre spécialiste d’arts martiaux, acteur et animateur de radio, et le patron milliardaire de Tesla, Elon Musk, font partie de ces riches déracinés. La productrice Dana Brunetti s’est récemment fait nationaliser italienne pour échapper aux États-Unis si d’autres émeutes se produisaient. Et l’actrice Nicole Kidman, propriétaire d’une demeure à Los Angeles, préfère rester cloîtrée dans sa résidence de Nashville, Tennessee.

Danny O’Brien :

« La politique libérale a détruit cette ville. Les campements de sans-abri sont légaux et la police ne peut rien faire. Des gens blancs et aisés de la classe moyenne partent. Les gens ne se sentent plus en sécurité. »

À quand les boat-people de riches ?

 

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2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 05:16

Dans cinq ans, nous rirons – pour ne pas pleurer – de notre connerie, de notre lâcheté, de notre crédulité (j’adore le mot anglais qui roule dans la bouche avant de nous chatouiller : “ gulliblility ”) face à la crise du Covid-19. Nous nous demanderons, trop tard, comment nous avons pu laisser faire cela. Nous rirons des médias – qui ne sont pas aux ordres mais qui, désormais, donnent les ordres – capables de concevoir en un rien de temps une psychose à échelle planétaire. Nous nous demanderons pourquoi nous n’avons pas violemment réagi aux propos tranquilles et cyniques de l’ignoble président du Parlement européen Wolfgang Schaüble (d’être paralysé des jambes ne l’a pas fait rejoindre le camp des victimes, bien au contraire) que notre banquier éborgneur n’a pas osé tenir, même s'il a réussi à soumettre la France Insoumise sur ce coup-là : « La crise est une chance. Elle réduit les résistances au changement. Nous pouvons faire aboutir l'Union économique et financière, que nous n'avions pas réussi à mettre sur pied politiquement jusqu'ici. » Nous rirons de notre comportement collectif moutonnier au service de Big Pharma et de fabricants de masques dont rien de sérieux ne dit qu'ils sont efficaces. Nous rirons peut-être moins de cette “ divine surprise ” sanitaire qui aura permis aux classes dirigeantes du monde entier d'asservir et d'appauvrir encore un peu plus les peuples. Nous ne rirons plus des exploits des racailles dans la police française qui se sont défoulées en fracassant des gens parfaitement innocents.

 

Merci à Dominique Muselet pour sa très saine analyse reprise du Grand Soir.

 

PS : Piers Corbyn, le frère de Jeremy Corbyn, l'ancien leader du parti travailliste anglais, vient de se voir infliger une amende de 10 000 livres pour avoir organisé une manifestation ayant rassemblé plusieurs milliers de participants qui estimaient que cette histoire est une vaste supercherie. Il avait fait l'objet d'une garde à vue  de 10 heures juste avant cela. C'est la troisième fois qu'il est arrêté depuis mai. On n'a pas tout vu.

 

 

Il n’y a qu’à la faveur d’un direct qu’on peut entendre un peu de vérité sur les médias dominants qui déversent sans répit la propagande du Capital avec une efficacité à côté de laquelle la célèbre Pravda soviétique fait bien pâle figure. Les voix qui s’élèvent contre l’obligation de porter le masque partout, même tout seul dans un parc, même sous un casque de moto, une mesure aussi grotesque que vexatoire, par ailleurs assortie de bien plus graves restrictions à la liberté individuelle et collective, sont rares.

 

D’abord parce qu’il faut un grand courage pour oser s’élever contre la version officielle assénée à longueur de temps par tous les pouvoirs confondus, et ensuite parce que cette audace a pour résultat de vous fermer à tout jamais les plateaux de TV, ce qui serait une catastrophe pour les médecins qui viennent tout juste d’y prendre une place prédominante.

 

Les rares médecins qui ne partagent pas la dévotion frénétique des pouvoirs en place pour Big Pharma sont aussitôt ostracisme, dénigrés, ridiculisés et remplacés par les amis des grands laboratoires, une clique d’ailleurs bien rémunérée dont France-Soir, le seul média à ne pas suivre la ligne officielle, vient de chiffrer les conflits d’intérêts jamais mentionnés par les médias subventionnés.

 

L’intervention du Dr Laurent Toubiana sur BFM TV le 22/08/2020 offre une démonstration remarquable de ce que je viens de dire. Ce docteur, interviewé en direct, dénonce la « pression invraisemblable » qui est infligée à la population alors que « l’épidémie est terminée », ainsi que la menace d’une « seconde vague qui n’arrive jamais », brandie « comme une épée de Damoclès » et « sans aucun fondement » sur des populations terrorisées : « Les cas que l’on voit sont asymptomatiques ... ces gens ne sont pas malades, nous sommes face à une épidémie sans malades ».

 

Il faut voir la violence, la bêtise et l’arrogance avec lesquelles son contradicteur, un petit rien du tout à qui son nouveau titre de maire-adjoint de Paris 20ème a fait tourner la tête, lui répond : « On ne peut pas laisser dire sur un plateau de grande écoute que l’épidémie est terminée. Ce n’est pas entendable. C’est un manque de responsabilité totale. » Le médecin, un peu agacé d’être insulté de la sorte par ce prétentieux petit marquis, indique, pour rétablir sa crédibilité, qu’il a écrit au début de l’épidémie un article décrivant exactement ce qui était arrivé. Le présentateur, dont le rôle est de défendre la version de l’oligarchie et de faire prendre les obsessions intéressées du pouvoir pour des vérités, tente de lui opposer à nouveau la rengaine du « nombre de cas ». Vous avez remarqué, j’espère, que dans les médias on ne parle plus des morts ni des malades, vu qu’il n’y en a plus, l’argument massue, c’est désormais « les cas », c’est-à-dire ceux chez qui des tests à la fiabilité très incertaine ont détecté la trace du virus. « Et alors ? répond le docteur, ce ne sont pas des malades ». « Pardon, insiste le représentant de l’oligarchie, mais c’est une population jeune et si cette population touche à la rentrée une population plus âgée, là on rigole beaucoup moins ! »

 

Le port obligatoire du masque permet de protéger la gérontocratie

Ah les vieux, c’est ça le problème ? Et là on repense au Professeur Toussaint : « Dans des phases de tensions majeures, la façon dont on va fonctionner de façon irrationnelle est de désigner un bouc émissaire. Qui est le bouc actuellement  ? La jeunesse. Actuellement on dit  : c’est la jeunesse qui se rend « responsable » de la deuxième vague. Mais non, ça c’est un ‘suicide collectif’ généré par le Conseil scientifique, d’effondrer une économie dont les jeunes vont payer le prix le plus important dans les années qui viennent ». Interrogé de nouveau sur Cnews le 29 août, le Professeur précise que « le virus circule mais sous une forme 100 fois moins létale. Il n’y a pas pour le moment de malades. Le risque n’est plus là. Notre système immunitaire commence à s’adapter ». Il faut écouter cette émission du 26 août, relayée par Anti-K qui commente : « Il existe encore des journalistes qui sont dignes d’avoir une carte de presse. Après 6 mois de mensonges la vérité commence à éclater ? L’épidémie est terminée depuis 4 mois : le virus est devenu inoffensif !!! »

 

La génération des baby-boomers, qui a 70/75 ans et qui détient toujours tous les pouvoirs, tente d’imputer aux jeunes la responsabilité de la destruction de l’économie dont ils vont être les premières victimes, tout en se protégeant, elle-même, du covid qui lui fait très peur. La gérontocratie peut échapper à quasiment tous les désagréments qui affectent aujourd’hui le reste de la population (précarité, impôts, « incivilités », censure, amendes, prison...), mais pas au virus, et elle est prête à sacrifier le pays et sa jeunesse pour sauver un seul de ses cheveux blancs.

 

S’il y a tout de même pas mal de médecins et de scientifiques courageux, beaucoup plus que ce qu’on croit tant la censure est générale, du côté des politiciens la lâcheté prévaut. Il n’y en a qu’un qui ose dénoncer, sur les plateaux de TV, cette « folie », ce « monde de cauchemar », que les pouvoirs veulent nous imposer : c’est Florian Philippot, sans doute parce qu’ayant tout perdu, il a tout à gagner à porter la voix d’une population qui subit, sans pouvoir se défendre, ces mesures abusives dont les puissants s’exonèrent comme d’habitude. « On ne peut pas détruire une société pour un mort du Covid par jour », s’insurge-t-il avec raison, une raison qui fait tristement défaut au reste du plateau, prêt à forcer la population à porter des masques in vitam aeternam, toujours pour « protéger nos anciens ».

 

A part donc Philippot, pas une oreille ne bouge, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Tous relaient docilement la propagande officielle et se plient à toutes les mascarades, se bornant à réclamer la gratuité du masque dont eux-mêmes bénéficient à l’assemblée nationale.

 

Au fait, le masque qu’on nous fait porter sert-il à quelque chose ?

Malgré les contradictions, les deux poids-deux mesures, les incohérences (debout dans un au restaurant vous êtes un danger public mais assis vous devenez parfaitement inoffensif), il est interdit de prétendre le contraire. Facebook vient par exemple de censurer la vidéo d’un professeur québécois, Éric St-Germain, qui explique calmement et clairement ce qui serait évident pour la majorité des gens sans le battage médiatique, que le Covid-19 n’est pas plus grave que les virus de la même famille des années antérieures (2003 le SARS et 2012 le MERS) qui n’ont jamais donné de « deuxième vague ». Mais ce qui a suscité l’ire de facebook et de ses employeurs, c’est qu’il démontre, preuve à l’appui que le masque qu’on nous oblige à porter ne peut pas protéger d’un virus infiniment plus petit que les espaces entre les fibres croisées du tissu. Selon lui, seuls les masques anti-poussière servent à quelque chose. Les autres, « c’est juste pour montrer qu’on est soumis et qu’on a peur de la police ».

 

Malgré tout, il apparaît qu’en dépit de toute logique et de toute vraisemblance, il faut absolument que la fable orwellienne du « nombre de cas » et de l’efficacité des masques tienne le plus longtemps possible. Pourquoi ?

Il faut d’abord toujours garder en tête que les gouvernements mentent. Ils mentent tout le temps et sur tous les sujets. Les intérêts de la classe dirigeante sont différents de ceux des populations, voire même opposés. La classe dirigeante ne poursuit qu’un seul but : s’approprier le pouvoir et les richesses produites par les autres, qu’elles soient nationales ou étrangères. Pour connaître la vérité, il suffit souvent d’inverser ce que disent les possédants et leurs marionnettes. L’exemple de mensonge d’Etat le plus souvent cité, que l’Osqualifie de « plus grand mensonge de l’histoire de l’espionnage - le plus meurtrier aussi », c’est la “ fake-news ” des armes de destruction massives brandie par Colin Powell pour envahir l’Irak.

 

En géopolitique, on comprend bien pourquoi ils mentent. Ils ont des alliés : les EU, l’UE, l’OTAN, et des ennemis : tous les pays non alignés qui représentent une menace économique (Chine, Russie) ou culturelle (Vietnam, Corée du nord, Tchécoslovaquie, Iran) ou qui ont des ressources bonnes à piller (Libye, Bélarus, Palestine, Syrie, Venezuela). Les possédants doivent en même temps discréditer toute alternative au régime de prédation capitaliste auquel ils nous soumettent et nous faire accepter les interventions « humanitaires » pour renverser, à nos frais, les régimes soi-disant réfractaires à la « démocratie » et les piller.

 

A l’intérieur, on voit bien qu’il leur faut faire croire aux populations qu’ils n’ont que leur bien à l’esprit, tout en les exploitant, les dépouillant, les opprimant, les réprimant sauvagement. Le gouvernement par la peur et le choc, théorisé par Naomi Klein, est ce qu’il y a de plus efficace. La peur des attentats, tout aussi irrationnelle – mourir dans un attentat était encore plus improbable que de mourir du coronavirus – a été exploitée jusqu’à la corde. Alors que les gouvernements se trouvaient fort démunis devant les émeutes et les révoltes de leurs populations malheureuses, le virus est arrivé, tel Zorro, à leur rescousse.

 

Evidemment, ils ont d’abord été débordés. Ils n’avaient rien anticipé et les Etats-Unis et les pays du sud de l’Europe avaient en plus détruit leurs systèmes publics de santé. Macron a résolu le problème en laissant mourir les vieux tout seuls dans les Ehpad et en faisant quelques coups de communication : l’hôpital de campagne et les TVG sanitaires, pendant que les lits des cliniques privés étaient vides.

 

Mais ils ont bien vite compris l’avantage de ce virus pas vraiment létal et donc par trop dangereux pour l’oligarchie, moyennant le contrôle strict de la jeunesse dont j’ai parlé plus haut.

 

Le port obligatoire du masque permet, sans coûter un centime au gouvernement, de faire croire au prolongement de l’épidémie et de contrôler les populations

 

Mais m’objectera-t-on, vous n’êtes pas sérieuse, et que faîtes-vous de la destruction de l’économie ? Croyez-vous vraiment que la classe dirigeante soit prête à détruire l’économie pour empêcher les gens de manifester ? C’est ridicule...

 

D'accord, alors je change un peu mon titre :

 

Le port obligatoire du masque permet, sans coûter un centime au gouvernement, de faire croire au prolongement de l’épidémie et de préparer les populations au nouveau monde

Il faut s’y faire, nos élites ne raisonnent plus depuis longtemps en termes nationaux. Elles voient beaucoup plus grand. Pour elles, ça n’a aucune importance que l’économie française soit détruite. La preuve, cela fait 40 ans qu’elles bradent l’industrie française aux Étasuniens, aux Chinois et à l’UE pour faire de notre pays un simple parc d’attraction. D’accord, le tourisme en ce moment ne marche pas fort, mais de cela aussi, elles se moquent, du moment que les banques et les multinationales poursuivent leur course en avant.

 

Et c’est exactement ce qui se passe, les petites et moyennes entreprises font faillite, le chômage augmente, et les grosses entreprises, qui se sont encore engraissés à coup d’argent public ou grâce au virus, préparent le monde de demain : la quatrième révolution industrielle. Dans son article du 8 mai dernier, Naomi Klein la décrit comme une dystopie technologique, un choc des écrans : « Ca aura mis du temps, mais quelque chose ressemblant à une “ stratégie du choc pandémique ” commence à poindre. Appelons-la le Screen New Deal. Bien plus innovant que tout ce que nous avons pu observer durant les précédentes catastrophes, le futur que l’on assemble à la hâte (alors que les cadavres continuent de s’entasser) considère cette période d’isolement physique non pas comme un douloureux sacrifice pour sauver des vies, mais comme la bande-annonce d’un futur sans contact – et extrêmement lucratif. »

 

Sauf que ce monde-là, les gens n’en veulent pas, parce qu’il passe par la destruction de leur monde à eux et peut-être d’eux-mêmes. On en revient donc à la nécessité de les maintenir dans une peur panique pour les contrôler.

 

Autres avantages pour le gouvernement du port obligatoire du masque

- Restreindre et interdire les manifs et grèves de la rentrée sociale. Le maintien artificiel de l’épidémie a permis de prolonger l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes jusque fin octobre et d’interdire les rassemblements de plus de dix personnes si... et si..., ce qui permet à la police de faire à peu près ce qu’elle veut et chacun sait qu’elle préfère grandement mettre des amendes à de paisibles promeneurs que d’affronter les vrais malfaiteurs qui empoisonnent le quotidien des Français bientôt réduits à se défendre eux-mêmes.

 

- Vacciner les populations. Des sommes faramineuses ont déjà été investies dans d’hypothétiques vaccins attendus comme le Messie par des laboratoires bien décidés à en tirer de gros profits. Mais pour vacciner en masse les populations, encore faut-il qu’elles craignent la maladie plus que les vaccins dont on commence à connaître les effets pervers et le peu d’efficacité contre un virus qui mute sans cesse. Qu’à cela ne tienne, les gouvernements et leurs fidèles porte-paroles médiatiques sont là pour attiser la peur et faire durer le suspense.

 

- Écouler la surproduction de masques. Le gouvernement, au cœur de la première panique, a fait fabriquer des masques trop tard et en trop grande quantité. Au moment du déconfinement, les fabricants se sont inquiétés pour leurs stocks. Le port du masque obligatoire a réglé ce problème épineux, sans compter que c’est une aubaine pour la grande distribution, déjà privilégiée pendant le confinement car, alors que les marchés en plein air étaient fermés, les supermarchés étaient ouverts.

 

- Occuper l’espace médiatique et détourner l’attention des vrais problèmes. Le masque est idéal pour occuper en quasi permanence tout l’espace médiatique, en alternance avec les rodomontades des politiciens contre les incivilités qui restent impunies, les policiers étant occupés à mettre des amendes pour les masques mal mis ou à protéger les riches. Les applications du masque se déclinent à l’infini dans l’espace et le temps. On ne parle pas de la gestion calamiteuse de l’épidémie par les pouvoirs publics, des procès en cours, de l’échec coûteux du Stop Covid, des promesses d’améliorer les services de santé, de la prévention, des défenses immunitaires, des augmentations de salaires pour les « soldats de première ligne », des problèmes économiques et sociaux, des faillites, du chômage, de la chute du PIB, de la réforme de l’Etat, des interventions militaires.

 

On continue à signer des accords de libre-échange, comme le Mercosur, avec le Brésil et d’autres pays d’Amérique latine, alors que, comme le souligne Hervé Kempf dans un article intitulé : “ Ce que cache le masque ”, il faudrait engager la lutte « contre la destruction des forêts et plus largement de la biodiversité ... contre la pollution de l’air ... l’aggravation du changement climatique ... engager une vraie politique de santé environnementale et alimentaire. »

 

- Donner l’impression qu’on s’occupe des gens tout en rejetant la responsabilité sur les autres (communes, citoyens) et en réglant quelques comptes au passage. En faisant appliquer un principe de précaution à géométrie variable par les préfets « en concertation avec les collectivités locales », le gouvernement fait croire, à moindre frais et sans prendre de risques, que l’Etat protège les citoyens responsables contre les citoyens irresponsables. Du coup, la moitié responsable se met à fliquer/dénoncer l’autre moitié, et la population divisée se retrouve sans défenses devant les amendes et les interdictions qui pleuvent. Quant à Marseille et au professeur Raoult, ils n’ont qu’à bien se tenir !

 

On voit sans peine que le gouvernement a tout intérêt à maintenir la fiction de l’épidémie pour maintenir la pression sur la population et que le masque est l’outil idéal pour cela, en dépit du fait qu’il ne sert à rien d’autre qu’à permettre aux casseurs de se cacher le visage. Par contre, on a du mal à trouver une seule raison valable de le porter soi-même. Il n’est donc pas étonnant qu’une Fronde anti-masques se développe sur le thème : « La seule chose que le port du masque permet d’éviter, ce sont les amendes ». C’est sans doute pour cela que Macron se croit obligé de brandir sans cesse la menace du reconfinement.

 

Pas mal de mes amis pensent que les technocrates qui nous dirigent sont trop bêtes pour avoir même une idée derrière la tête. Selon eux, le pouvoir se contente de copier les autres pays. Ils rejoignent, en cela, le Professeur Toussaint quand il dit que le port du masque, « c’est juste du mimétisme social, ce n’est que cela, on n’a absolument aucune démonstration du moindre intérêt scientifique ». Mais l’un n’empêche pas l’autre. Qu’ils copient les mesures des autres avec une sorte de délire de surenchère pour donner à leurs peuples l’impression qu’ils agissent, c’est un fait, mais ça ne les empêche pas de manipuler l’opinion en fonction de leurs intérêts à court et moyen terme, d’autant plus que nos dirigeants sont eux-mêmes les serviteurs des organismes internationaux qui mènent véritablement le monde.

 

Pourquoi nous force-t-on aujourd’hui à porter des masques réputés inutiles au cœur de l’épidémie ?

Conclusion

Pour finir, quelques notes d’espoir :

- La revanche de l’hydroxychloroquine dans France Soir : « Une étude belge sur l’hydroxychloroquine vient d’être publiée, sur 8 000 patients, et conclut que l’hydroxychloroquine réduit la mortalité de 30%, comme l’étude italienne évoquée dans notre article du 4 aout 2020 ... Les résultats sont édifiants », et pourtant bizarrement « le Conseil Scientifique, le ministère de la Santé et les médias français n’en parlent pas plus. »

 

- Strasbourg : Le tribunal administratif suspend l’arrêté municipal qui rend obligatoire le port du masque : Le juge estime que le port du masque est une ingérence « dans l’exercice du droit au respect de la vie privée » Le port du masque n’est plus obligatoire au centre-ville de Strasbourg. La mesure, qui avait été prise par un arrêté municipal le 20 mai, a été suspendue ce lundi par le tribunal administratif.

 

- La révolte ouverte de quelques maires contre le pouvoir central. Le maire de Grenoble contre Darmanin et la maire de Marseille contre Castex/Véran. Castex et Véran, deux crétins finis, ont fait exprès leur conférence de presse à l’heure annoncée par la maire de Marseille pour la sienne, et ça s’est évidemment retourné contre eux. Michèle Rubirola, Martine Vassal et Didier Raoult ont vite éclipsé les pantins de Macron. Un régal...

 

- Et une chanson parodique pleine d’optimisme :

« Covid, c’est fini,

et dire qu’ils avaient pourtant l’air d’accepter d’être fliqués, traqués, surveillés, infantilisés.

Covid c’est fini,

Ya du souci à s’faire pour la rentrée !

Covid, c’est fini,

les barrières risquent d’être renversées ».

Acceptons-en l’augure, même si l’auteur de la chanson modère un peu son enthousiasme dans son commentaire (fort intéressant au demeurant)...

 

Ci-dessous : la France (et Monaco) d'en-haut et la France des gueux :

 

Pourquoi nous force-t-on aujourd’hui à porter des masques réputés inutiles au cœur de l’épidémie ?
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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 05:15

 

L’affaire « Augustin » du prénom de ce jeune garçon frappé pour avoir voulu défendre des jeunes filles harcelées a provoqué un débat furieux, à l’occasion duquel les belles âmes ont joué leur rôle habituel, sans mesurer la nouveauté de la situation due à l’irruption d’une violence incontrôlable dans les centres-villes jusqu’alors à peu près épargnés et dans tous les lieux estivaux ou les Français souhaitaient pouvoir récupérer un peu du confinement. Le problème, c’est que l’affaire Augustin, dans sa banalité a été révélatrice, d’abord d’une rage exaspérée de l’opinion publique face à la réalité de cette explosion violente et à l’incapacité volontaire ou pas de l’État de jouer son rôle de protection de la population. Ensuite, la technique qui consiste fort classiquement à disqualifier le messager pour faire sortir du réel ce qu’il raconte, a été porté à un paroxysme tellement grotesque qu’il ne peut plus marcher. On va quand même rappeler que l’agression physique dont a été victime le jeune homme, aboutissant une fracture de la mâchoire et probablement l’obligation d’une opération des vertèbres cervicales, est intervenue alors qu’il prenait la défense de jeunes filles lourdement harcelées par cinq individus bardés dans leur arrogance et leur sentiment d’impunité. La « bobo-sphère », d’abord un peu sonnée est ensuite montée à l’assaut en faisant état des opinions politiques d’un gamin de 17 ans. Paraît-il royaliste, ce qui permet instantanément de le transformer en pétainiste, antisémite, fasciste et pour finir évidemment nazi. Ce qui avait pour conséquence de prétendre que l’agression et le harcèlement n’avait pas eu lieu. Ou en tout cas, n’était qu’une vague « incivilité » comme le raconte l’actuelle novlangue. Marlène Schiappa et Jacques Toubon nous avaient pourtant expliqué que le harcèlement de rue était quasiment un crime contre l’humanité. Et dans l’affaire Clément Méric les belles âmes avaient acclamé un verdict de condamnation d’Esteban Morillo à 11 ans de réclusion criminelle, alors que celui-ci n’avait porté qu’un seul coup à la malheureuse victime. Fort heureusement, le jeune Augustin n’a pas heurté un trottoir en tombant, il en sera quitte pour une alimentation à la paille pendant quelque temps, mais le féminisme et la non-violence des belles âmes se révèlent une fois de plus drôlement à géométrie variable.

 

RT m’a posé quelques questions. Je reproduis l’entretien ci-dessous

Régis de Castelnau

 

RT Rebondissant sur la récente agression du jeune Augustin, amplement commentée dans la presse, l’avocat Régis de Castelnau s’exprime auprès de RT France sur l’«ensauvagement» du pays et le «sentiment d’insécurité» des Français. RT France : On assiste depuis plusieurs semaines à une succession de cas de violences plus ou moins relayés dans les médias. L’agression d’Augustin est-elle un énième fait divers ?

 

 Régis de Castelnau : Ce que le président de la République, suivi ensuite par son nouveau ministre de l’Intérieur, a qualifié d’incivilités, est la conséquence d’un phénomène particulier qui s’est produit cet été dans notre pays. On connaissait déjà et depuis longtemps, les banlieues abandonnées, territoires perdus de la république et laissés à la gestion commune de la pègre, de l’islamisme et du clientélisme politique le plus cynique. La lecture de la presse vous confronte à une litanie de soi-disant fait divers qui présentent tous les mêmes caractéristiques : émeutes, vols avec violences, agressions en bande, trafic de drogue à ciel ouvert, harcèlements sexistes etc. etc. La nouveauté, c’est que les centres-villes, ainsi que les lieux de loisirs estivaux, et ce dans toute la France, ont eux aussi été abandonnés à une délinquance de rue particulièrement violente. Toute la panoplie de ce qui pourrit la vie des couches populaires déjà secouées par le confinement est au rendez-vous. Et en général, on est confronté à une absence d’intervention policière digne de ce nom, et lorsque les voyous sont interpellés, la justice fait preuve d’une absence de réaction tout à fait stupéfiante. Rappelons-nous cette agression au marteau contre un père de famille, ou celle de ce maire demandant de faire moins de bruit et dont les auteurs pourtant identifiés et arrêtés immédiatement été relâchés dans la nature avant même que les victimes aient été entendues. Cette présentation est malheureusement conforme au réel, dans la mesure où tout ceci ne se déroule plus seulement dans les « quartiers » mais dans les centres-villes de tout le pays, pourtant jusqu’à présent à peu près protégés. L’agression du jeune Augustin n’est donc pas un fait divers, mais relève d’un phénomène de masse sur les causes et les conséquences duquel il conviendrait de travailler sérieusement. Alors il est probable que cette partie délinquante de la jeunesse s’est retrouvée complètement disponible compte tenu de la disparition des occupations estivales et de la possibilité des voyages à l’étranger. Il y a également une autre caractéristique que l’on retrouve dans chacune des agressions, c’est l’incroyable sentiment d’impunité qui habite les voyous, et une arrogance liée à ce qui s’est produit avec l’affaire Traoré et l’importation en France des débats américains après la mort de Georges Floyd. La complaisance initiale d’Emmanuel Macron, demandant à sa ministre de la Justice et à son ministre de l’Intérieur de prendre le parti de la famille Traoré, les interventions d’un certain nombre d’intellectuels indigénistes considérant ces violences comme quasiment justifiées par le passé esclavagiste et colonial de la France. Ce qui s’est produit dans notre pays pendant ces longues semaines est un fait politique extrêmement important, qui a élargi la question de l’insécurité en lui donnant des caractéristiques ethniques qu’il est difficile de nier. Ces questions vont constituer un enjeu considérable dans les débats politiques qui s’amorcent dans la perspective de la prochaine présidentielle.

 

 RT France : Comment interpréter l’absence de réactions (du moins dans l’immédiat) des membres du gouvernement dans cette affaire ? 

 

Régis de Castelnau : Cette absence de réaction est liée justement à l’ambiguïté de celle d’Emmanuel Macron au moment de la manifestation du comité Adama Traoré au sortir du confinement. La complaisance qu’il a manifestée validant en quelque sorte le récit pourtant mensonger faisant d’Adama Traoré un martyr de la violence systémique et raciste de la police française. Il a quand même demandé, en pleine procédure judiciaire et en violation de la séparation des pouvoirs, à la garde des Sceaux de recevoir la famille plaignante ! Et ensuite, Christophe Castaner, dont il est difficile de penser qu’il agissait de sa propre initiative, a déclaré officiellement que la loi républicaine était d’application à géométrie variable, et que les interdictions de manifestation pour cause de pandémie et par nécessité de protection de la population, n’étaient pas applicables dès lors qu’il s’agissait de défiler pour Traoré ! Il y a probablement d’autres raisons à la discrétion des membres du gouvernement, avec tout d’abord la terreur qui les habite d’être critiqués par les belles âmes et les peoples. Les opinions d’Omar Sy ou de Virginie Despentes ont beaucoup plus d’importance que celles des couches populaires confrontées à cette violence. Ensuite, chez eux aussi, bien placés pour savoir l’incroyable affaiblissement de l’Etat dans ses fonctions régaliennes, la peur que ces interventions répressives voulues par les Français provoquent un embrasement qui deviendrait incontrôlable. Cela en dit long sur la situation que 30 ans de gabegie ont permis d’installer.

 

 RT France : La droite a largement réagi à cette agression, en usant notamment du slogan «Justice pour Augustin», tandis que la gauche s’est faite plus discrète. Y a-t-il un risque de récupération politique de cette affaire ?

 

Régis de Castelnau : La « récupération politique » est chose normale et souhaitable dans un régime démocratique. Les opinions doivent pouvoir se confronter, et les différents courants doivent pouvoir s’exprimer. Le présenter comme un risque est une manœuvre habile visant à éviter d’en parler pour masquer le réel ou à disqualifier l’événement pour lui retirer ses caractéristiques qui permettent de le rattacher justement à cet « ensauvagement » dénoncé par le nouveau ministre de l’Intérieur sous les clameurs indignées de la police du langage, toujours soucieuse de prendre la pose et d’exhiber ce signe extérieur de richesse qu’est son antiracisme. Exprimé en général depuis ses quartiers où elle voit furtivement les travailleurs issus de l’immigration dès lors qu’ils viennent ramasser ses poubelles, faire la plonge dans ses restaurants, tenir les caisses de leur Carrefour City ou garder leurs enfants. On se moque des opinions politiques du jeune Augustin, la seule question qui est posée : a-t-il été passé à tabac à cinq contre un dans un de ces centres-villes abandonnés à la violence ? Je renvoie à Christophe Guilluy décrivant ce phénomène de façon savoureuse. Alors, dans l’affaire Augustin, avec un peu de retard à l’allumage, la bobosphère a essayé de déconstruire la réalité en pointant la personnalité et les opinions politiques du jeune homme. Et ensuite en relevant que des commentateurs qualifiés « d’extrême droite » s’étaient indignés de l’agression. Méthode tout à fait classique, et d’une malhonnêteté confondante que l’utilisation de cet « ami imaginaire » de la « fachosphère », sorte de doudou confortable sur lequel ces braves gens se précipitent pour pratiquer un de leurs sports favoris : le déni du réel. En mettant pour cela en avant opinions politiques du jeune Augustin, alors que la seule question posée est : a-t-il été passé à tabac à cinq contre un dans un de ces centres-villes abandonnés à la violence, parce qu’il intervenait verbalement pour s’opposer à un harcèlement de rue ? Tout le reste n’est que du bavardage. 

 

RT France : Assiste-t-on à un « ensauvagement » de la société française, comme l’estiment certains politiques et observateurs ; ou s’agit-il d’un effet de loupe dû à l’accroissement de la circulation de l’information?

 

​Régis de Castelnau : Il me semble que ce que l’on appelle « ensauvagement » est la forme particulière qu’a prise la délinquance violente cet été dans un espace public élargi et sur l’ensemble du territoire. La violence délinquante n’est pas nouvelle, et toutes les sociétés en connaissent. La question de son augmentation, surtout en ce qui concerne la délinquance qui affecte la vie des couches populaires, permet un débat sans fin. Statistiques contre ressenti, ce qui permet de prétendre que cette violence diminue, et que l’insécurité n’existe pas et qu’il s’agit simplement d’un « sentiment d’insécurité ». Le problème, c’est que dans une démocratie, ce qui compte c’est justement le « sentiment d’insécurité ». Et que cette prétention à traiter les gens comme des demeurés incapables de prendre en compte la réalité des chiffres est finalement d’une arrogance sociale assez stupéfiante. Il y a environ 243 000 cambriolages par an en France [de résidences principales, chiffre du ministère de l’Intérieur pour 2016], et les professeurs de maintien vous diront à la publication d’une statistique identifiant une diminution de 10 % par exemple, que c’est bien la preuve de la baisse de l’insécurité. Le problème c’est qu’il va falloir l’expliquer aux 218 000 familles restantes qui ont été cambriolées. On leur souhaite bon courage. Je ne pense pas que l’on puisse prétendre à un effet de loupe des réseaux, qui dans l’information ne font que rééquilibrer l’attitude des médias qui, parfois pour des raisons honorables ont tendance à masquer et à minorer Je ne pense pas que l’on puisse prétendre à un effet de loupe des réseaux, qui dans l’information ne font que rééquilibrer l’attitude des médias qui, parfois pour des raisons honorables, ont tendance à masquer et à minorer. Ce qui est incontestable en revanche c’est que les réseaux sont un espace de débat qui reflète les tensions qui travaillent durement la société française. Et il ne faut pas s’imaginer, comme le faisaient les promoteurs de la loi Avia, que c’est en cassant le thermomètre qu’on fera reculer la maladie. Ce qui compte sur cette question, c’est bien justement «le sentiment d’insécurité» qu’il n’est pas possible de traiter en qualifiant d’imbéciles ceux qui le ressentent. Et c’est lui qui aura des conséquences politiques. 

 

Et compte tenu de ce qui s’est passé cette année, ce sera un sujet majeur.

 

 

Lire l'original ici.

La violente agression contre Augustin, par Régis de Castelnaud.
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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 05:15

Le mouvement Black Lives Matter a été créé en 2013, après l'acquittement de George Zimmerman qui avait assassiné le jeune adolescent noir Trayvon Martin, dans le but de lutter contre le racisme systémique  à l'égard des Noirs aux États-Unis.
 

 

Ce mouvement a une légère tendance fasciste lorsque, aux Etats-Unis ou ailleurs, il interdit le slogan « All Lives Matter » (toutes les vies comptent) en exerçant par exemple des pressions sur certains directeurs d’entreprise pour qu’ils licencient des employés qui se risquent à énoncer ce slogan universaliste.

 

On a vu récemment des slogans mettant en avant la communauté juive étasunienne comme étant particulièrement privilégiée parce que juive. Ont été ressorties des statistiques sur la présence des Juifs dans les universités, à Hollywood ou dans l’édition, comparativement plus importante que leur présence dans le pays. L’antisémitisme, le philonazisme aux États-Unis sont une vieille histoire. Des personnalités prestigieuses s’y sont adonnées, comme Lindbergh ou Walt Disney. Sans parler du Parti nazi américain, fondé en 1959 et toujours bon pied bon œil. Le pays a accueilli 10 000 nazis après la Deuxième Guerre mondiale. Il y a donc belle lurette qu’un terreau existe. On se souvient que, pendant la Guerre, certains restaurants et lieux publics étaient interdits aux Noirs, aux Juifs et aux chiens. Est-ce que la militante pour les droits des femmes Linda Sarsour s’en est souvenue lorsque le 16 juin dernier, elle a organisé une manifestation ouverte à tous « sauf aux flics et aux sionistes » ?

 

Comme par hasard, le mouvement Black Lives Matter s’en est pris à un seul État étranger : Israël qui commet, selon ses dires, un « génocide » à l’égard des Palestiniens. Le 6 juillet 2020, le footballeur professionnel DeSean Jackson publia, avant de s’excuser, un message sur la plateforme Instagram contenant une fausse citation d'Adolf Hitler : « Because the white Jews knows that the Negroes are the real Children of Israel and to keep Americas secret the Jews will blackmail America. They will extort America, their plan for world domination won't work if the Negroes know who they were... » (« Parce que les Juifs blancs savent que les nègres sont les vrais enfants d'Israël, et pour garder le secret des États-Unis, les Juifs feront chanter les États-Unis. Ils voleront les États-Unis, leur plan de conquête du monde échouera si les nègres savent qui ils étaient… »). L'extrait comportait également le passage « Hitler was right » (« Hitler avait raison »). Un tel propos en France aurait été suivi d’une inculpation. Mais pas aux EU, où l’on ne peut plus se permettre la moindre plaisanterie à l’égard des Noirs, des femmes, des immigrés. Récemment la célèbre journaliste de centre-gauche Barri Weiss a démissionné du New York Times, après avoir été traitée de nazie, alors qu’elle est juive. Il lui était reproché d’être trop ouvertement sioniste.

 

Sur la durée, le chef de la Nation de l’Islam, Louis Farrakhan affirme que les Juifs sont responsables de la traite des Noirs et de l’esclavage. En 1961 et 1962, il avait invité George Lincoln Rockwell, chef du parti nazi, à s’exprimer lors de congrès de son mouvement. En 1995, il déclara à l’adresse des Juifs : « vous  êtes la synagogue de Satan, et vous avez enroulé vos tentacules autour du gouvernement américain, vous trompez et vous envoyez cette nation en enfer». Oublié le temps oùNathan Meyer Rothschild avait financé une partie des 20 millions de livres sterling versés par le gouvernement britannique pour « compenser la perte de main d’œuvre »de l’industrie des plantations. Sans cette « rançon », les exploitants refusaient de libérer leurs esclaves, malgré les nouvelles lois.

 

Comment alors comprendre cet antisémitisme d’une partie de la communauté noire alors que, pendant longtemps, les deux communautés ont vécu de manière mitoyenne ? Avec l’augmentation du coût des loyers, certains Afro-Américains ont dû déménager, remplacés par des Blancs, des Latinos ou des Asiatiques et leur colère s’est concentrée non pas sur leurs remplaçants mais sur des boucs émissaires qui n’avaient pas eu besoin de quitter leur quartier : les Juifs.

 

Pour de nombreux militants de Black Lives Matter, l’humanité comporte désormais deux catégories d’individus : les Blancs, par essence privilégiés et méchants, et les Noirs, par essence malheureux car victimes de Blancs. Les Juifs, bien sûr, appartiennent à la catégorie des Blancs.

 

 

Le mouvement Black Lives Matter est-il antisémite ?
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