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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 06:33

Karim Zéribi n’est pas le seul membre de la majorité présidentielle à avoir été ou à être dans le collimateur de la Justice.

 

La députée Claire O’Petit a été condamnée pour « faute de gestion ».

 

Le député Stéphane Trompille a été condamné pour harcèlement sexuel.

 

Le député Mustapha Laabid a été condamné à huit mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour abus de confiance.

 

François Bayrou (l'homme qui “ oublie ” de porter son masque dans les aéroports) a été mis en examen en mai 2017, alors que, ministre des la Justice, il mettait en œuvre sa grande réforme de « moralisation », pour abus de confiance et escroqueries.

 

Thierry Solère, un temps questeur de l’Assemblée nationale, est soupçonné de fraude fiscale, de recel de violation du secret professionnel, de détournement de fichiers.

 

Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand est soupçonné de prise illégale d’intérêts. 

 

Alexandre Benalla, supplétif de la police à ses moments perdus, est soupçonné de soustraction de documents concernant un crime ou un délit. Il est mis en examen, entre autres, pour violences volontaires,  pour port public et sans droit d’insignes réglementés.

 

Gendarme réserviste, salarié du parti du banquier éborgneur, Vincent Crase est mis en examen pour les mêmes faits.

 

Le député M’Jid El Guerrab est mis en examen pour violences volontaires avec arme.

 

Le ministre Sébastien Lecornu fait l’objet d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêt.

 

Le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti fait l’objet d’une information judiciaire pour prise illégale d’intérêt.

 

Le député Benoit Simian fait l’objet d’une enquête pour harcèlement moral par conjoint. Il a interdiction de se rendre au domicile conjugal. L’Assemblée nationale a refusé – dans un premier temps – de lever son immunité parlementaire.

 

 

Le député Jean-Jacques Bridey fait l’objet d’une enquête préliminaire pour concussion. Il est par ailleurs soupçonné de détournement de fonds publics.

 

L’ancienne ministre Laura Flessel est soupçonnée d’infractions fiscales.

 

 

Le ministre Alain Griset fait l’objet de deux enquêtes judiciaires pour soupçons d’abus de confiance.

 

Le ministre Olivier Dussopt fait l’objet d’une enquête pour corruption et prise illégale d’intérêt.

 

Le ministre Gérald Darmanin fait l’objet d’investigations dans une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

 

L’ancienne ministre Françoise Nyssen est soupçonnée de diverses irrégularités lors de l’agrandissement d’immeubles classés.

 

 

 

Karim Zéribi vient incontestablement de la gauche. En 1990, il intègre la SNCF, comme son père et son grand-père.

 

De 1994 à 1996, il milite activement à la CGT. Il s’implique dans la vie associative à Avignon. En 1998, il rejoint le cabinet du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Une de ses missions est de diversifier le recrutement au sein de la police nationale. Il est secrétaire national du Mouvement des citoyens, le parti de Chevènement. En 2006, il intègre l’équipe de Louis Gallois à la tête de la SNCF (pardon : de « SNCF » comme il faut dire maintenant) afin d’assurer la diversité dans l’entreprise nationale. Il sera reconduit par Anne-Marie Idrac et Guillaume Pépy.

 

En 2010, il rejoint Europe Écologie Les Verts. Le 16 mai 2012, il devient député européen en remplacement de Vincent Peillon, nommé au gouvernement. En 2014, il est élu au conseil municipal de Marseille comme membre de la liste d’union de la gauche de Patrick Menucci.

 

En 2015, on le retrouve au conseil d’Orientation de la fondation Terra Nova, proche de l’aide droite du Parti socialiste, dont l’objectif est de refonder la sociale-démocratie, et qui est actuellement présidée par le banquier Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et “ plume ” de Laurent Fabius. Zéribi soutient la candidature du futur banquier éborgneur à la présidence de la République en 2017.

 

Esprit très acéré, redoutable dialecticien, il brille sur les plateaux de quelques émissions d’information vulgaires – soyons charitable : de vulgarisation – sur les antennes de RMC ou de C8. Ses hôtes : Alain Marschall, Cyril Hanouna, Laurence Ferrari, ne s’émeuvent guère lorsque, le 2 juillet 2014, la police perquisitionne son ancien local de campagne dans le cadre d’une information judiciaire pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Zéribi est soupçonné d’avoir détourné 50 000 euros de subventions à des associations de promotion de la diversité. Il est mis en examen le 10 avril 2015 après deux jours de garde à vue. Le parquet requiert son renvoi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Zéribi dénonce « un complot politique et une enquête bâclée ». Pas si bâclée que cela puisque les enquêteurs avaient découvert que son fils Ryan lui versait 8 000 euros de loyer mensuel pour l’occupation d’une véranda où il avait installé sa société. Ils découvraient par ailleurs que sous la véranda se trouvaient une salle de sport et une salle de bain hamam payée par la société de son fils K2C.

 

Le 9 septembre 2020, Zéribi est condamné à deux années de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour abus de confiance et abus de biens sociaux. Il est déchargé, à sa demande, de ses responsabilités à la SNCF (pardon : SNCF). L’entreprise public lui accorde néanmoins toute sa confiance en lui proposant un poste-clé à la direction des ressources humaines. Il annonce dans la foulée qu’il quitte les réseaux sociaux, pour se « consacrer à sa famille ». Il donne rendez-vous à ses 40 000 suivants « dans la vraie vie ».

 

Comme bon sang ne saurait mentir, son fils Samir (26 ans) a été interpellé lors d’un contrôle d’identité alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour infraction à la législation sur les armes. D’abord écroué à la maison d’arrêt de Luynes, il a été libéré et placé sous contrôle judiciaire avec obligation de pointer régulièrement au commissariat.

 

 

Justice et politique : les proches du banquier éborgneur font mieux que le RPR de la grande époque
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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 06:24
Les Français sont largement anticapitalistes !

Extrait d'un article de L'Humanité.

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 06:11
Du récit national, par Marie-Jean Sauret

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 06:26

Étude de L'Humanité :

 

On lit et on entend souvent, sur les réseaux sociaux comme ailleurs, que « Les Français » seraient des « moutons », qui s’entassent dans les hypermarchés et n’auraient aucun sens de la révolte. Nous serions majoritairement soumis à la pensée capitaliste et néolibérale, séduits par ses atouts supposés. En réalité, si l’on regarde les grands sondages sur la question depuis une décennie, rien n’est plus faux ! Les français sont au contraire de plus en plus anticapitalistes. C’est d’ailleurs pour cela que l’on n’en entend pas plus parler.

Le capitalisme ne séduit plus la majorité des habitants de la planète, selon la dernière étude d’un des plus grands cabinets de relations publiques du monde, Edelman : 56% des sondés de tout pays estiment que le capitalisme fait plus de mal que de bien.

Dans une étude publiée en décembre et portant sur des jeunes français de moins de 30 ans, l’institut de sondage Ipsos pour l’Humanité décrit un sentiment hostile à l’égard du capitalisme pour 60% d’entre eux. Encore plus réjouissant, 83% des jeunes Français, toujours selon Ipsos, estiment que la lutte des classes est une réalité. Et encore plus intéressant, 75% d’entre eux pensent que c’est aux salariés, aux travailleurs, de “décider des choix de leur entreprise”. Les jeunes français sont bel et bien anticapitalistes, puisque le principe premier de ce système est la division entre capital et travail.

L’écologie participe certainement de ce sentiment anticapitaliste montant, tout comme les injustices sociales grandissantes. Un sondage BVA pour Greenpeace France montrait, en juin dernier, qu’une écrasante majorité des Français jugent le capitalisme incompatible avec la préservation de l’environnement.

On parle souvent d’un âge d’or de la conscience de classe, dans les années 60-70, avec les barricades de mai 68 puis la campagne de Mitterand, mais c’est une illusion. Durant cette période, les Français adhéraient par exemple nettement moins que maintenant à l’idée d’une lutte des classes. Ils n’étaient que 44% à décrire la société en ces termes, contre plus de 60% depuis le début des années 2010.  

Il est clair qu’il n’y a plus grand-chose à espérer du capitalisme, et que chaque crise montre que ce système ne survit que parce qu’il est sous perfusion du contribuable. Nos impôts financent les dividendes et les salaires des grands patrons. La fragilité du système et son coût est visible par tout le monde !

En 2021 donc, nous pourrons compter les uns sur les autres pour ne plus rêver des perspectives d’un système économique qui nous étouffe. Et nous pourrons donc penser à la société démocratique, écologique et prospère, pour toutes et tous, que nous voulons.

 

Les Français sont majoritairement anticapitalistes
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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 06:20

 

Nous avons toutes et tous en notre vie, notre part d’ombre qui nous poursuit et que nous tentons d’oublier sans trop y arriver. Mais ici, avec le récent livre de Camille Kouchner, « La familia grande » (Seuil, Paris, 2021), nous plongeons dans les profondes ténèbres que la lumière n’a point atteinte. Ce récit de la fille de l’ancien ministre de Mitterrand et de Sarkozy, le « French doctor », l’homme aux sacs de riz, époux puis ex-époux d’Evelyne Pisier, sœur de l’actrice Marie-France Pisier, est une terrible confession.

 

La confession d’une famille comptant dans une classe sociale aisée, s’estimant puissante, mais en réalité loin des vrais centres de décisions, pourtant hantant les allées du pouvoir, influente dans le monde universitaire et chérie des médias. Famille de soixante-huitards adepte de la libération sexuelle se pensant dénuée de tabous,  mais où il est de bon aloi que les enfants fassent de brillantes études et conquièrent les hauts postes à l’administration et à l’université. L’idéal est sociétal et très loin d’être social. Libération des mœurs, mais pas un mot sur l’aliénation des travailleurs dénoncée il y a plus d’un siècle par Karl Marx qui est pourtant leur référence. Le féminisme de Simone de Beauvoir, mais guère de préoccupation pour les ouvrières qui se battent pour l’égalité des salaires. La liberté absolue, mais on parle peu des peuples opprimés ou des prisonniers politiques un peu partout dans le monde. En réalité, dans la belle propriété d’Olivier Duhamel à Sanary sur Mer, à l’Est de Marseille, liberté de baiser ou de se faire baiser par qui on veut, «interdit d’interdire », « sous les pavés la plage ». On connaît, merci ! Les bains de minuit à poil, bas la culotte, on pisse hommes comme femmes sur le gazon. « La liberté, les femmes, le couple, l’infidélité joyeuse, la modernité intelligente ». Quelle belle définition de ce milieu !

 

 

 

Olivier Duhamel, politologue faisant la pluie et le beau temps à la fameuse faculté de Science Po. Ancien membre de la  commission Giscard d'Estaing -  Dehaene pour le traité constitutionnel européen, conseiller de nombreux ministres, homme de réseaux. Il a cependant une terrible part d'ombre dénoncée par sa belle-fille Camille Kouchner.

Olivier Duhamel, politologue faisant la pluie et le beau temps à la fameuse faculté de Science Po. Ancien membre de la commission Giscard d'Estaing - Dehaene pour le traité constitutionnel européen, conseiller de nombreux ministres, homme de réseaux. Il a cependant une terrible part d'ombre dénoncée par sa belle-fille Camille Kouchner.

 

 

 

Bon. Évelyne et Marie-France sont nées des œuvres d’un haut fonctionnaire français en Indochine dénommé Georges Pisier et de son épouse Paula, une femme libérée. Par après, ce fut l’enfance en Calédonie, où naquit Gilles. Autant le grand-père Pisier fut honni – il avait été pétainiste – autant Paula était admirée comme femme libre et féministe. Georges et Paula divorcèrent puis se remarièrent pour définitivement redivorcer. Paula s’échappa de Calédonie avec ses enfants et s’installa à Nice. Et aussitôt, Paula proclama le bas la culotte et l’abolition du soutien-gorge pour elle et pour ses filles. Plus question d’être des « cuculs entravées » ! 

 

Marie-France commence sa carrière d’actrice à seize ans sous la houlette de François Truffaut, mais – obligation familiale – est tenue de faire des études universitaires qu’elle réussit d’ailleurs brillamment en obtenant deux diplômes en droit public. La famille déménage à Paris. Évelyne publie son premier roman et fait la connaissance de Bernard Kouchner, homme beau, fort, autoritaire et d’une solide culture de gauche émanant de son père juif résistant. 

 

 

 

Evelyne Pisier et Bernard Kouchner, couple en vue dans les milieux de la gauche parisienne

Evelyne Pisier et Bernard Kouchner, couple en vue dans les milieux de la gauche parisienne

 

 

 

Ils se rendent à Cuba – le pays de la révolution. Ils rencontrent Fidel Castro. Évelyne devient pour un temps sa maîtresse. Quelle belle pièce pour son tableau de chasse ! Et Camille commente : « Pendant ce temps, mon père aime ma tante, je crois Ma tante occupe mon père » Ben tiens ! « On n’interroge pas la liberté ! Bien plus malin de s’en amuser »

 

Mais, comme toujours en cette classe, les contradictions s’accumulent Camille écrit : « Pour moi, un grand chef révolutionnaire attiré par une jeune femme Une idéaliste cédant au machisme qu’elle combat Une contradiction, sans doute La liberté, peut-être. Une anecdote surtout puisque, quelques années plus tard, c’est mon père que ma mère choisira d’épouser. L’institution du mariage pour les révolutionnaires ! Décidément, la liberté… »

 

 

 

Evelyne Pisier eut une longue liaison avec Fidel Castro.

Evelyne Pisier eut une longue liaison avec Fidel Castro.

 

 

 

Chez ces gens-là, Monsieur, c’est la contradiction et non la révolution qui est permanente ! 

 

En 1970, naquit le premier enfant, Colin. En 1975, vinrent au monde les jumeaux Camille et Victor. C’est en 1979 que Bernard Kouchner, avec l’aide de Sartre, entame sa fameuse campagne humanitaire pour sauver les boat people vietnamien dérivant en mer de Chine. Résultat pour la famille : un père jamais présent. En 1981, Évelyne quitte le père de ses enfants. Elle ne supportait plus son machisme et ses cris et sans l’avouer – liberté oblige – une fille dans chaque port ! Et puis, le « french doctor » se transforme rapidement en homme du monde et surtout de réseaux. Il s’acoquine avec la journaliste Christine Ockrent, qui ne supporte pas ses enfants. On ne peut rien y faire, c’est la garde alternée ! Soulagement ! Victor et Camille vont chez leur mère pour quelques jours.

 

 

 

Christine Ockrent seconde épouse de Bernard Kouchner ne fut guère tendre avec les enfants de son nouveau mari.

Christine Ockrent seconde épouse de Bernard Kouchner ne fut guère tendre avec les enfants de son nouveau mari.

 

 

 

Après l’élection de Mitterrand, Evelyne, professeur de droit public s’amourache d’un de ses confrères, Olivier Duhamel – celui-ci n’est nommé dans le récit de Camille Kouchner que par le nom de « beau-père » – « un mélange de Michel Berger d’Eddy Mitchell ». Toujours l’ambiguïté, même dans l’aspect physique ! Et c’était aussi un « révolutionnaire ». Il se consacrait au Chili – un peu tard après le renversement de Salvador Allende, le 11 septembre 1973 – « Après Cuba, le Chili, avec Cuba, le Chili, la gauche en étendard, nous serons bientôt la familia grande. » Et puis, avec le temps, on devient un peu moins révolutionnaire ! Et c’est aussi le temps de Sanary, la propriété du beau-père. C’est la dolce vita annuelle. À lire le bouquin de Camille Kouchner, on dirait que l’année de toutes ces grosses têtes de la gauche bourgeoise n’est consacrée qu’à un seul but :  les vacances à Sanary.

 

 

 

Evelyne Pisier se maria avec Olivier Duhamel pour le pire...

Evelyne Pisier se maria avec Olivier Duhamel pour le pire...

 

 

 

Évelyne et Olivier se marient à Conflans-Sainte-Honorine, la commune de Michel Rocard, comme il se doit. On reste entre « nous » ! Ils convolent parce qu’ils veulent adopter un enfant. Un peu tard pour Evelyne d’être enceinte du haut de ses 45 ans. Ce sera finalement une petite chilienne qu’on fera venir de là-bas. Elle sera prénommée Luz. Comme cela va de soi, les parents délèguent l’éducation de Luz à des nounous, au pédiatre et aussi à Camille et à son frère Victor. Et puis, c’est la période des suicides, le grand-père de Camille qu’elle n’a rencontré qu’une fois, se tire une balle dans la tête. Alors que sa tante et sa mère jouent l’indifférence, Camille, du haut de ses dix ans, est profondément surprise. Est-ce le choc de deux visions des choses ? Évelyne estime que c’était sa « liberté » de se donner la mort et Marie-France joue les indifférentes, elle s’en amusera même dans un de ses films où une urne funéraire portée par deux adolescents est trop lourde et ils en avalent la poussière sous le vent. On rit. Camille, elle, est sous le choc. Sa grand-mère Paula, un peu triste, ne porte cependant pas le deuil.

 

Chez ces gens-là, Monsieur, on voit la mort et tout le reste comme un jeu !

 

En 1988, Paula se tue. Camille avait onze ans. Ici, ce n’est plus un jeu. Camille et Victor ont vu le corps ensanglanté. Deuxième suicide dans la familia grande et ce ne sera pas le dernier. Après, tout change. Évelyne dépérit. Elle boit et fume sans arrêt. Bernard Kouchner est nommé secrétaire d’Etat du gouvernement Rocard. Colin a dix-huit ans et s’en va. Évelyne est nommée directrice du livre par Jack Lang, ami de la famille. Elle assure cette fonction avec des pieds de plomb. Et puis, c’est la catastrophe.

 

Victor révèle à Camille la conduite de son beau-père. Les attouchements, les fellations qu’il lui impose. Victor demande à sa sœur de se taire. Et elle se tut pendant des années. Petit à petit, cependant, tout le monde est plus ou moins au courant, sauf les principaux intéressés : Evelyne, Marie-France et Bernard Kouchner.

 

Chez ces gens-là, Monsieur, on ne cause pas, on la ferme !

 

À Sanary, devenu le lieu de rencontre des intellos branchés, de quelques politiciens des artistes en vue. Le beau-père « se fait roi ». Il devient une personnalité de haut niveau. Et c’est la totale permissivité. La liberté, n’est-ce pas ! A quinze ans, les enfants sont autorisés à sortir en boîte. Toute la nuit. Lever à 13 heures. Des heures dans la piscine à faire des attouchements aux vieux. Évelyne veut que Camille soit déniaisée. Elle lui apprend qu’elle a fait l’amour la première fois à douze ans ! Mais Camille vit un calvaire. Les révélations de Victor la rongent. Et il faut se taire !

 

En 1995, Camille et Victor ont vingt ans. Colin, l’aîné, est parti au Texas, Victor s’en va aussi à Madrid. Camille reste seule. Elle commence le droit mais n’assiste pas aux cours. Sa mère va mieux, a repris son boulot de prof, mais Camille est en proie à un terrible sentiment de culpabilité : être coupable de se taire !

 

À vingt-cinq ans, Camille rencontre un scénariste du nom de Thiago. Cela ne plaît pas à sa mère, à sa tante et à son père. C’est un saltimbanque, il n’est pas dans la réalité. Ah ! le conformisme des bourges « libérés » ! Quant à Victor, il avait parlé à son beau-père qui menaçait de se suicider, le supplia de ne rien dire à sa mère. Victor s’éloigna. Il entama une brillante vie professionnelle, s’est marié et à trois enfants. Il s’est détaché de la « familia grande » pour construire sa propre famille et sans doute échapper aux fantômes. Quant à Camille, elle mène sa vie avec Thiago qui a un fils, Orso. Ils sont allés plusieurs fois à Sanary et Camille commença à avoir peur. Elle redoutait qu’Orso subisse le même calvaire que Victor. C’est là qu’elle décida de parler. Elle mit au courant son frère jumeau qui piqua une colère noire. Entre temps, Camille tombe malade, une embolie pulmonaire qui l’obligea à se rendre plusieurs fois à l’hôpital. Elle s’en sort et passe sa thèse de doctorat en droit et puis elle donne naissance à une petite fille, Lily, en référence à la chanson de Pierre Perret. Ensuite, Camille devient maître de conférences à l’université d’Amiens.

 

Nouvelles vacances à Sanary. Colin, le frère aîné, veut y envoyer son fils de 2 ans et demi. Là, Camille est obligée de parler. Elle lui raconte. Son frère n’est pas surpris, car le beau-père est régulièrement venu dans sa chambre quand il était ado. Il mesurait son pénis avec un double décimètre ! Cependant, il lui en voulait de ne pas avoir parlé plus tôt ! Il avait quarante ans ! Et il a accepté lui aussi de se taire. Décidément ! 

 

Camille accouche d’un deuxième enfant, un garçon, Nathan. Là, elle parle à sa tante Marie-France qui, furieuse, lui conseille de mettre son père au parfum. Évelyne pardonne. Elle dit à Victor qu’il y a eu fellation, mais pas sodomie ! Ce n’est pas si grave et puis, c’est un peu tard pour se séparer. Eh non ! La loi ne s’intéresse pas à la manière, mais au fait : l’inceste est un viol et doit être poursuivi comme tel !

 

 

 

L'actrice Marie-France Pisier ne décoléra pas après avoir appris l'abomination dont son beau-frère s'était rendu coupable. Est-ce le motif de son suicide en 2011 ?

L'actrice Marie-France Pisier ne décoléra pas après avoir appris l'abomination dont son beau-frère s'était rendu coupable. Est-ce le motif de son suicide en 2011 ?

 

 

 

Chez ces gens-là, Monsieur, la culture de l’excuse est mise sur un piédestal !

 

Et l’histoire se continuera avec un troisième suicide, en 2011, celui de Marie-France Pisier que l’on retrouvera au fond de sa piscine. Elle s’était démenée pour mettre un terme à cette abomination en conseillant à sa sœur de divorcer. Elle avait conseillé à Camille d’en parler à son père. Celui-ci, furieux, a voulu « péter la gueule » au beauf. Il ne l’a pas fait sous les suppliques de sa fille. Ce qu’elle regrette aujourd’hui comme elle l’a récemment déclaré à « l’Obs ». Camille a consulté des juristes qui lui ont dit que l’affaire est prescrite ! Il aurait fallu parler plus tôt. Enfin, c’est autour d’Evelyne de succomber à un cancer du poumon. Toute une génération s’en est allée, sauf le « présumé » coupable.

 

 

 

Camille Kouchner, professeur de droit, avocate, fille de Bernard Kouchner et d'Evelyne Pisier a eu le courage de déclencher un séisme avec son livre. Sera-ce utile ? Espérons-le.

Camille Kouchner, professeur de droit, avocate, fille de Bernard Kouchner et d'Evelyne Pisier a eu le courage de déclencher un séisme avec son livre. Sera-ce utile ? Espérons-le.

 

 

 

En définitive, c’est le livre de Camille Kouchner qui mettra sans doute un terme à cette tragédie. On a appris que beaucoup de monde était au courant. Ainsi, le directeur de la célèbre faculté de Science politique savait et s’est tu lui aussi. Le beau-père, Olivier Duhamel, a démissionné de toutes ses hautes fonctions universitaires et médiatiques. C’est la chute !

 

Mais ce qui reste de la « familia grande » se redressera-t-il ?

 

Et cette classe de « bobos » donneurs de leçons mettra-t-elle un bémol à ses prétentions ? Ce serait étonnant, mais espérons-le dans l'intérêt du monde du progrès..

 

 

Pierre Verhas

 

PS (BG) : 

Le préfet Marc Guillaume, quitte toutes les fonctions où il a travaillé avec Olivier Duhamel. 

L’ex-secrétaire général du gouvernement a démissionné des conseils d’administration de Sciences Po, de la revue « Pouvoirs » et du club Le Siècle. Il a assuré qu’il n’était « pas au courant des accusations d’inceste » contre l’universitaire. Acceptons de le croire.

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 06:18

Fabrice Drouelle a consacré récemment sur France Inter  une heure à Jules Durand, héros malheureux du syndicalisme ouvrier dans son émission “ Affaires sensibles ”.

 

J’avoue que l’histoire dramatique de ce remarquable militant ouvrier m’avait complètement échappé. C’est à cela que peut servir la radio du service public : nous faire connaître ou nous remémorer l’essentiel.

 

Né le 6 septembre 1880 au Havre et mort à l’asile psychiatrique de Sotteville-lès-Rouen le 20 février 1926, le syndicaliste libertaire Jules Durand fut victime d’une terrible erreur judiciaire, au point qu’on a pu parler de l’« affaire Dreyfus du pauvre ».

 

Durand était le responsable du syndicat des charbonniers, c’est-à-dire des dockers qui chargeaient ou déchargeaient les sacs de charbon des cargos qui mouillaient au Havre. Une activité aussi importante que stratégique à l’époque. Il était également membre de la Ligue des Droits de l’Homme et militant antialcoolique, ce qui le rendait dangereux aux yeux de son employeur qui avait l'habitude de payer les dockers en jetons qu'ils devaient échanger auprès des tenanciers de cafés qui leur imposaient des consommations pour un minimum de 10 % avant de consentir à verser leur salaire.

 

En 1910, il anime une grève illimitée contre l’extension du machinisme. Il est alors accusé d’être le « responsable moral » (sic) de l’assassinat d’un chef d’équipe non gréviste. Durand est condamné à mort mais, suite à une importante mobilisation, il voit sa peine commuée en sept années de réclusion. Il est gracié partiellement et libéré en février 1911. La cour de cassation l’innocente en 1918. Brisé, il meurt en 1926 en hôpital psychiatrique.

 

                                         *                                                                                 *

 

 

À la mi-août 1910, le syndicat des ouvriers charbonniers du Havre lance une grève illimitée « contre l’extension du machinisme, contre la vie chère, pour une hausse des salaires et le paiement des heures supplémentaires ». Pour combattre ce mouvement de grève, les compagnies portuaires et maritimes havraises décident d'embaucher des hommes qu'elles paient trois fois plus cher que la normale.

 

Le 9 septembre 1910, trois ouvriers en grève et le contremaître non-gréviste (mais membre du syndicat) Louis Dongé en viennent aux mains. Dongé sort un révolver, les trois autres se précipitent sur lui, le frappent à coup de pied alors qu’il est à terre. Dongé meurt le lendemain. Les trois grévistes sont arrêtés.

 

Durand est appréhendé à son domicile le 11 septembre, ainsi que le secrétaire adjoint et le trésorier du syndicat. Ils sont inculpés d’« incitation et complicité de meurtre ». Durand est accusé d’avoir, lors d’un rassemblement syndical, émis l’idée que Dongé devait être supprimé. Il est inculpé pour complicité d’assassinat, guet-apens et crime avec préméditation.

 

Le procès s’ouvre le 10 novembre 1910 (deux mois après les faits présumés) à la cour d’assise de Rouen. Durand est défendu par le jeune avocat René Coty, futur dernier président de la Quatrième République. Durand est désigné par une dizaine de charbonniers non-grévistes comme le commanditaire de l’assassinat. Persuadé de l’innocence de Durand, le commissaire de police rédige un rapport à décharge.

 

Le 25 novembre, le jury acquitte le secrétaire adjoint et le trésorier du syndicat. Il condamne à des peines de prisons trois des quatre véritables coupables. Durand est condamné à mort pour avoir provoqué « par promesses, menaces, abus d'autorité et de pouvoir, machinations et artifices coupables. » Durand est pris d’une crise de nerfs et commence à perdre la raison. Ayant réalisé que la peine était disproportionnée, les jurés populaires signent un recours en grâce en sa faveur.

 

Dans les colonnes du journal L'Humanité, le député Jean Jaurès s’insurge contre une machination. De son côté, René Coty, affirme qu’il s’agit là « d’une nouvelle affaire Dreyfus » ! En effet, l’enquête a été dès le départ instrumentalisée à charge contre Durand. Les débats lors des audiences ont tourné à une parodie. En poussant la justice à envoyer un syndicaliste à l’échafaud, la Compagnie Générale Transatlantique, soutenue par la presse locale depuis le début de l’affaire, pense avoir brisé pour longtemps tout mouvement de grève. 

 

 

René Coty déclare : « Durand est innocent.   [...]  Je veux montrer la nécessité d’une révision du procès. Quelques-unes des personnes que j’ai déjà vues paraissent n’avoir été frappées que par l’énormité de la peine. Ce n’est qu’un côté du verdict, et je veux faire partager la conviction que j’ai sur l’innocence de Durand. [...] Comment ne serait-on pas frappés des faits étrangers de ce procès ? Voici les frères Boyer. Sur eux pèse la même accusation. Contre eux, ce sont les mêmes témoins, les mêmes faits reprochés. Comme eux, Durand a été absent au moment de la rixe. Et cependant, les frères Boyer – je m’en félicite, est-il besoin de le dire – sont acquittés pendant que Durand est condamné à mort. Ce n’est pas tout, je n’ai pas réussi à faire entendre les témoins à décharge. [...]   Non, il n’y a pas eu de crime syndical, et Durand n’a en rien poussé à la mort de Dongé. Son esprit de conciliation a été affirmé par tous ceux qui le connaissent. Et il y a une chose que je ne peux pas oublier, c’est l’innocence de Durand. »

 

 

Jules Durand : un martyr du syndicalisme ouvrier

 

Le 28 novembre, en soutien à Durand, une grève générale paralyse Le Havre. Anatole France – qui avait été le seul académicien français à soutenir Dreyfus – prend la défense du militant. La solidarité à l’égard de Durand s’étend en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Á l’instigation du député Paul Meunier, qui avait défendu les droits des soldats au combat et qui sera, toute sa vie, attaqué par l’extrême droite, 200 parlementaires signent une pétition en faveur d’une grâce présidentielle. Le 31 décembre, le président Fallières commue la peine de mort en sept ans de réclusion criminelle.

 

Durand est libéré en 1915. Le 15 juin 1918, il est définitivement reconnu innocent par un arrêt de la cour de cassation. Celle-ci atteste l'utilisation de faux témoignages. Cependant,  aucune poursuite n'est engagée contre leurs auteurs.

 

Durand souffre malheureusement d’un délire de persécution. Il est interné dans un hôpital psychiatrique où il meurt le 20 février 1926 à l'âge de 45 ans.

 

Le dossier judiciaire de Jules Durand a disparu. Tout comme son dossier médical.

 

 

PS 1 : Très immodestement, j’en profite pour rappeler que j’avais été l’invité de Fabrice Drouelle en 2016 dans une émission consacrée à George Orwell.

 

PS 2 : L’équipe de l’émission de Fabrice Drouelle se présente désormais ainsi. Grotesque !

 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 06:20
 

Maxime Vivas a récemment accordé un entretien à l’AntiDiplomatico sur l’impérialisme des États-Unis, la Chine et quelques autres questions brûlantes. Ci-dessous la version en français de cet entretien.

 

L’assaut du Capitole est un événement qui peut marquer l’avenir des États-Unis ?

 

L’assaut du Capitole démontre une chose : le système électoral états-unien est mauvais, les Etats-unis ne sont pas la “plus grande démocratie du monde”. En effet, le comptage des voix est compliqué, il demande plusieurs jours, il offre des possibilités de fraude. En France, les résultats des élections sont connus quelques heures après la clôture du scrutin et ils sont officialisés le lendemain. De plus, aux États-Unis, un candidat peut être proclamé vainqueur en ayant moins de voix que son concurrent à cause du poids différent des Etats et du vote des sénateurs. Quoi qu’il en soit, et même si le dépouillement des élections était parfait, les anomalies sont antérieures. Toutes les pré-campagnes ne laissent en compétition que deux candidats soutenus par des milliardaires et souvent milliardaires eux-mêmes. L’un est de droite (le “Démocrate”) et l’autre d’extrême-droite” (le Républicain”). Quel que soit le vainqueur, il est un défenseur du capitalisme, un gestionnaire zélé des quelques 800 bases militaires des EU à travers le monde et un adversaire hystérique de tout ce qui ressemble, de près ou de loin, au communisme (Cuba, Venezuela, Chine, Russie...).

 

Donald Trump schématisait son programme en disant « America first ». Joe Biden, avant même d’être entré dans le bureau ovale de la Maison blanche, dit que les Etats-unis « sont prêts à diriger le monde ».

 

En tout cas, les EU vont avoir désormais plus de mal à contester les résultats des élections dans d’autres pays. Sur Internet, des moqueurs ironisent : « A cause des difficultés à se déplacer avec la Covid-19, les USA font les putschs chez eux, maintenant ». Les Vénézuéliens, en souvenir du temps où les USA proclamaient le putschiste Juan Guaido « président intérimaire du Venezuela » attribuent le titre de président provisoire des EU au manifestant tatoué vu dans le Capitole, vêtu de peaux de bêtes et coiffé d’un casque à cornes.

 

La Chine a vaincu Covid jusqu’à présent. Même des pays d’inspiration socialiste comme le Vietnam, Cuba, Venezuela avec leurs systèmes de santé publique ont bien fait face à cette urgence. L’Occident subit des coupes dans la santé publique depuis des années avec les conséquences que nous avons constatées. La pandémie a-t-elle montré que le socialisme peut encore être une possibilité ?

 

La pandémie a montré plusieurs choses en effet. Premièrement, que l’Union européenne n’a aucune compétence pour aider les peuples. Quand la Grèce a eu des difficultés budgétaires, rappelez-vous comment l’Union européenne l’a écrasée au lieu de l’aider. Quand l’Italie a été un temps submergée par la Covid, l’Union européenne n’a servi à rien. Ce sont des équipements chinois qui vous ont été fournis et des médecins cubains qui sont venus aider vos équipe de soignants. Voyez, actuellement, il n’y a toujours pas de politique européenne de lutte coordonnée contre le virus. Chaque pays fait ce qu’il veut. Par contre, là ou l’Union européenne a été efficace, c’est dans la multiplication des directives aux pays membres pour qu’ils réduisent le nombre de lits d’hôpitaux. Ces dernières décennies, il y a eu plus de 60 demandes répétées de l’Union européenne aux pays membres pour supprimer des lits. Chez nous, les présidents Sarkozy, Hollande, Macron ont obéi. On voit le dramatique résultat.

 

Sur l’efficacité des pays comme la Chine, le Vietnam, Cuba, le Venezuela, la propagande dans nos médias a une explication : “Dictatures !”. Que peuvent-ils dire d’autre pour justifer notre faillite ? La vérité est que dans ces pays, un choix a été fait immédiatement entre l’économie et les habitants. La Chine a confiné toute une région, réduisant à zéro toute activité économique. La France, qui manquait de masques et de lits de réanimations, a laissé circuler des métros bondés de travailleurs. A Cuba, pays que je connais et où j’ai des amis, le gouvernement a tout misé sur la préservation de la vie des habitants. Cuba a renoncé à sa principale ressource, le tourisme. Les Cubains ont immédiatement fabriqué des masques, souvent artisanaux et toujours gratuits. Le système de santé, connu pour être exemplaire, a été magnifique. Les médecins cubains (qui sont très nombreux) sont allé frapper à chaque porte de chaque maison, de chaque immuable, pour expliquer comment se prémunir, pour prendre la température frontale des habitants, pour déceler les symptômes. La population a joué le jeu, non par crainte des autorités, mais par confiance en leurs dirigeants et en leur médecins. Dans ce pays soumis à un blocus inhumain, les chercheurs ont mis au point un vaccin alors qu’on attend toujours le vaccin français.

 

Donc, pour répondre en trois mots à votre question : la gestion socialiste de la pandémie a fait ses preuves. La gestion capitaliste a fait les siennes qui sont : d’abord le PIB, les banques, l’économie.

 

Outre la Chine, l’ennemi de l’Occident, en particulier des États-Unis, est la Russie. Les relations entre Moscou et Pékin se renforcent, sommes-nous désormais en présence d’un monde multipolaire.

 

Les États-Unis sont sur le déclin. Les bêtes blessées sont dangereuses. Voyez comment avec leur loi Helms-Burton, ils prétendent décider qui peut commercer avec qui. Ceux qui désobéissent sont punis d’amendes. Des entreprise et banques françaises ont été sanctionnées et ont payé. Voyez comment les EU veulent que leur soit livré un journaliste (le plus grand journaliste vivant, le plus couvert de prix). Julian Assange est Australien. Il n’a jamais mis les pieds aux EU. Il n’a commis aucun délit aux EU (ni ailleurs). Mais les EU veulent son extradition pour qu’il accomplisse 175 ans de prison !

 

De plus, l’US Army est la plus puissante armée que le monde ait jamais connu. Elle absorbe autant d’argent que les armées de la moitié de tous les autres pays du monde. Elle est partout. Elle est près de la Chine et de la Russie. La Chine et la Russie ont donc intérêt à s’entendre.

 

 

La Chine, pacifiquement, développe son projet pharaonique de “Nouvelle route de la soie” qui tracera des voies de commerce entre la Chine, l’Asie, l’Afrique, l’Europe.

 

En 2020, ce sont 138 pays et 31 organisations internationales (soit plus des deux tiers des pays dans le monde) qui ont signé des accords bilatéraux avec la Chine dans le cadre de ce projet, y compris dix-neuf pays d’Amérique latine parmi lesquels on peut citer : Bolivie, Chili, Cuba, Équateur, Guyane, Jamaïque, Panama, Pérou, République dominicaine, Salvador, Suriname, Uruguay, Venezuela, Costa-Rica, Trinité-et-Tobago. Une semaine à peine après les élections présidentielles de novembre 2020 aux EU et la victoire de Joe Biden, la Chine a signé avec quatorze pays d’Asie et du Pacifique l’accord commercial le plus important du monde : le “ Partenariat régional économique global ” (RCEP). Cet accord qui représente 30% du PIB mondial, concerne plus de deux milliards d’habitants et vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre la Chine et les dix États de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est ) : Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam, plus l’Australie, la Corée du Sud, le Japon et la Nouvelle-Zélande.


Les États-Unis se sentent seuls.

 

Chine contre les États-Unis sera le conflit des prochaines années. Comment Biden conduira-t-il ce conflit ? Continuera d’exploiter les Ouïghours, Hong Kong ?

 

Je ne vois pas comment les EU pourraient ne pas céder du terrain peu à peu. Il faudrait qu’ils détruisent militairement la Chine, mais l’aventure pourrait être un suicide. Sur le plan économique, les accords passés par la Chine avec la plupart des pays du monde réduisent la marge de manoeuvre des EU. Leur suprématie technologique est mise à mal. 40 % des brevets déposés dans le monde sont des brevets chinois. Il reste une arme formidable que les EU manient comme personne : la propagande pour gagner la sympathie des peuples et faire détester leurs concurrents par des campagnes de presse mondiales. Là, ils sont les plus forts (mais pas invincibles) et nos médias les aident. Sur le Tibet, ils ont perdu. Sur Hong Kong aussi, semble-t-il. Il reste le Xinjiang, région grande comme trois fois la France, un sixième du territoire chinois où vivent 12, 7 millions de Ouïghours, souvent musulmans. C’est le point de départ de la “Nouvelle route de la soie”. J’étudie cette question depuis 2016, je suis allé deux fois au Xinjiang, et je dis des choses dans mon livre Ouïghours, pour en finir avec les Fake news. J’espère qu’il sera traduit en italien.

 

10 ans depuis les printemps arabes. Le bilan est désastreux. La Libye divisée entre des bandes et détruites. Aujourd’hui encore, la Syrie résiste, c’est un exemple, malgré dix ans de guerre et de terribles sanctions. Dans quelle mesure la manipulation médiatique a-t-elle été décisive dans la guerre syrienne et, surtout, était-ce un autre échec de l’Occident puisque le président Assad est toujours là malgré la prédiction de sa chute ?

 

Partout où les Etats-unis et leurs alliés (dont la France) sont allés “apporter la démocratie” on a remplacé des dirigeants qui n’étaient pas des démocrates, par des pantins qui règnent sur des pays détruits, pillés et où les fanatiques islamistes font régner la terreur. Dans ces pays, la misère s’est installée, les femmes ont perdu leurs droits d’être humains. Recherchez des photos des années 60 prises dans les rues des villes (y compris Kaboul) de ces pays. Vous y verrez des femmes en jupes courtes, en shorts. C’est inimaginable aujourd’hui. Oui, la Syrie résiste, c’est le dernier Etat laïque. Je ne fais pas l’éloge de son système politique, mais moins encore de ceux qui veulent le remplacer par des marionnettes des EU. Savez-vous qu’il y a des milliers de soldats ouïghours qui se battent avec Daech en Syrie ?

 

Ces dernières années, les péronistes sont retournés en Argentine, le MAS l’emporte en Bolivie, le Grand Polo Patriotic a triomphé au Venezuela. Qu’est-ce qui va changer avec l’administration Biden envers ces pays dirigés par des partis progressistes ?

 

Cela ne va rien changer fondamentalement, même pas la volonté de fabriquer des coups Etat. On verra peut-être des rencontres et des accords de façade, mais Biden n’est que le jouet du complexe militaro-industriel étasunien. Si j’avais un conseil à donner aux pays d’Amérique latine qui veulent prendre leur destin en main et ne pas laisser piller leurs ressources, je leur dirais de bien regarder ce qui est arrivé à Salvador Allende (Chili), à Manuel Zelaya (Honduras), à Evo Morales (Bolivie) et de s’inspirer de Cuba : un peuple solidaire, armé. Les EU savent qu’à Cuba, ils perdront des hommes dans chaque bâtiment, chaque village, chaque rue, chaque port, chaque plage, chaque chemin. Fidel Castro a dit un jour que les EU peuvent détruire Cuba, mais que c’est le dernier pays qu’ils auront envie de détruire. Car, dans l’armée des EU, on aime tuer, mais pas mourir. Et le peuple étasunien veut que tous les boys entrent, intacts au pays.

 

Avec le livre Ouïghour pour en finir avec les fake news, vous avez refusé toute propagande occidentale contre la Chine (vous avez visité le Tibet, le Xinjiang). La propagande médiatique a toujours été confirmée comme un instrument pour préparer la guerre, pour imposer des sanctions, des troubles, sinon des guerres comme en Libye, en Syrie, les attaques contre la Russie, le Venezuela, l’Iran en sont un exemple. Assange premier héros puis traité comme un espion ou un simple hacker. Quelle voie pour des informations alternatives ?

 

J’ai peut-être déjà répondu un peu par anticipation. Je crois que c’est le Belge Michel Collon, qui administre le site Investig’action, qui a dit que la première victime d’une guerre est toujours la vérité. Je raconte dans mon livre comment la matrice des accusations contre le Tibet et celle contre le Xinjiang sont les mêmes. Dans les deux cas, on compte quatre thèmes identiques : génocide, religion opprimée, culture éradiquée, stérilisation des femmes. Quatre fake news.

 

Sur l’Iran, la question est de neutraliser une théocratie, non pas parce qu’elle est une théocratie, mais parce qu’elle pourrait contrebalancer la toute puissance d’Israël qui fait la loi dans la région.

 

Sur le Venezuela, j’ai écrit un roman historique pour démonter les fake news. Sur le Tibet, j’ai écrit un essai. Je parle de ces deux pays dans mon récent livre sur les Ouïghours. Je cite (et je prouve) des mensonges hallucinants qui deviennent vérités à force de répétitions. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ils mentent

.

Que faire ? Ce que vous faites, ce que je fais. Mais dans le contexte politique de nos pays, nous ne faisons que maintenir la flamme pour des jours où le feu pourra prendre. Il faudra des changements politiques pour que les peuple se réapproprient les organes d’information. Et je n’oublie pas le rôle de la rue.


9 janvier 2021

 

La version originale

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 06:09

Je reprends ici un entretien d'avril 2020 avec la philosophe Barbara Stiegler à l'occasion de la parution de son livre Il faut s'adapter.

 

La crise sanitaire semble être le révélateur des failles du modèle néolibéral français de la santé publique. Vous l’aviez expliqué dans votre livre "Il faut s’adapter" (1). Etait-ce prémonitoire ?

B.S. : Je n’ai eu aucune prémonition, j’ai même pris tardivement la mesure de cette pandémie. Mais c’est vrai sur le fond, mon livre démontre l’écueil du modèle néolibéral, un choix qui entraîne l’explosion des mobilités, l’accélération des rythmes, la compétition effrénée pour les ressources, autant de facteurs qui conduisent à une destruction des systèmes, qu’ils soient sanitaires, éducatifs, sociaux ou qu’ils touchent des corps vivants et des écosystèmes.
Des crises comme celle-là vont se reproduire si on ne change pas.

Pourquoi une telle improvisation dans la gestion de cette crise ?

C’est vrai que nous ne sommes pas dans un pays pauvre, nous sommes la 6e puissance économique mondiale ; les causes sont liées à une vision néolibérale de la manière de gouverner.  La pénurie n’est pas involontaire, elle a été sciemment orchestrée par les dirigeants des entreprises pour s’adapter à la compétition mondiale. Le modèle néolibéral organise une société de flux basée sur des ressources rares. Une entreprise qui a des stocks perd des points.
 

Moins il y a de lits de matériels, de médicaments, de personnels, plus il y a d’agilité, d’innovation de dépassement, d’adaptation et cela est considéré comme moteur de progrès. C’est une façon de montrer que l’on est en avance au regard du monde d’avant. Il faut être performant, moderne, autrement dit "Il faut s’adapter"  ! C’est avec cette injonction que s’est faite la gestion de l’hôpital.

Sauf qu’à flux tendu il est impossible de faire face à l’imprévu. Cette vision néolibérale est totalement contraire aux conditions de la vie et aux besoins fondamentaux des vivants. Et ce n’est pas valable que pour l’hôpital. C’est aussi le cas dans le monde de la recherche et de l’enseignement,  détruit par cette culture de l’optimisation et de l’innovation sur fond de pénurie.  


Vous dénoncez la médecine proactive, est-ce une erreur d’avoir voulu remplacer le bon vieux docteur ?

Dans la médecine classique, on tient compte du patient, de sa plainte, de son mal. Mais cela est jugé archaïque et  dépassé. La médecine proactive, portée par les prouesses du numérique, tourne le dos à la médecine traditionnelle qui porte assistance à la personne malade. La médecine dite "proactive" demande à l’individu de taire sa souffrance, de s’adapter, y compris dans un environnement dégradé et d’être comptable de la manière dont il optimise les risques. Elle fait l’impasse sur ce qui est négatif, refuse d’avoir une vision critique sur les causes de nos pathologies.  Refusant de regarder en face la souffrance, la mort et le négatif, elle fantasme l’optimisation de la performance.

De plus cette médecine de l’innovation, focalisée sur les nouvelles technologies et le biomédical, est incapable de prévenir ce genre de crise sanitaire car elle est dépourvue de toute réflexion critique  sur les facteurs environnementaux des maladies et sur nos organisations sociales, qui sont pourtant des déterminants fondamentaux en santé publique. A la lumière de ce modèle, ce virus venu d’Asie ne pouvait qu’être sous-évalué, il ne pouvait apparaître que comme une « grippette» n’ayant aucune incidence sur la puissance de notre système sanitaire.
 

Dans la vision néolibérale, la conduite des individus doit être  modelée par les recommandations des experts. Mais cette crise du coronavirus, comme la crise climatique, révèle le retard des gouvernants, dont les visions sont de plus en plus inadaptées aux réalités et dont les décisions sont de plus en plus éloignées du bon sens des populations.

C’est leur aveuglement du flux et leur phobie irrationnelle des stocks qui leur a, par exemple, fait détruire nos stocks de masques, nos contingents de lits et nos effectifs de soignants. C’est le même aveuglement qui les conduit à supprimer des postes de chercheurs et d’enseignants capables d’avoir une vision sur le temps long, pour leur substituer une main d’œuvre précaire, fluide, adaptable.

Il y a en réalité beaucoup d’argent dans la santé et l’éducation mais affecté à une logique de flux, qui détruit la stabilité nécessaire réclamée par ces métiers. Cette pression du flux conduit à installer la pénurie et la compétition partout, alors même qu’il y a une débauche de dépenses du côté du management, de l’évaluation, de la machine normative et réglementaire.
 

Dans ces métiers de santé, d’éducation et de recherche, nous passons de plus en plus de temps à l’évaluation, à l’optimisation, à la compétition et de moins en moins de temps à soigner, éduquer et faire de la recherche.  

C’est cela le néolibéralisme : un Etat très fort, tatillon et bureaucratique, avec, dans les entreprises des dirigeants et des managers qui donnent des caps, appliquent  des politiques intrusives, invasives, qui harcèlent.

C'est un Etat qui est dans le contrôle de tout, à la différence de l’ultra-libéralisme "trumpien " qui lui "laisse faire" et abandonne les populations aux forces sauvages du privé ou du marché. Ces deux formes de libéralisme, qui servent le marché de manière très différente, sont tout aussi dangereuses l’une que l’autre.  
 


Comment pouvons-nous parvenir à cette démocratie sanitaire que vous appelez de vos vœux ?

A l’hôpital mais pas seulement, dans tous les domaines, les premières lignes doivent reprendre la main. Dans la santé, l’éducation, la recherche, les médias, les institutions culturelles …. Les politiques et managers ont transformé ces métiers qui formaient la base de nos démocraties, ils leur ont imposé des réformes permanentes, exigé de la flexibilité et de l’adaptabilité, c'est-à-dire en fait, une forme de soumission, en imposant l’idée que c’était aller dans le sens de l’histoire. 


Sauf que, mobilisations après mobilisations, la colère ne retombe pas, les élites continuent de se discréditer. Au lieu de passer leur temps à dénoncer les fake news des réseaux sociaux et à expliquer que pouvoir rime avec savoir, les gouvernants gagneraient à reconnaître leur retard, ce décalage qui sape leur autorité.

C’est pourquoi les choix de santé publique, d’éducation, d’environnement doivent être l’affaire de tous et non des experts et des dirigeants. Le néolibéralisme n’est pas seulement sur les places financières ou dans les entreprises il est en chacun de nous, dans nos minuscules façons de vivre, il est temps de retrouver notre puissance vitale et d’agir sur notre propre environnement local.  

Gilets jaunes, manifestations hospitalières, crise du corona virus, l’individu comprend qu’il n’est plus tout seul face à  son écran, face à son chef, face à sa hiérarchie et que les populations de citoyens peuvent elles aussi "s’armer" collectivement, par-delà les clivages de secteurs, de classes et de générations.  
 

 Barbara Stiegler avoue regarder le futur avec un mélange d’inquiétude et d’espérance, celui d’une philosophe qui a trouvé ici et maintenant une autre façon de respirer. Même si elle sait que la lutte sera âpre et qu’il faudra tenir dans le temps, elle croit au réveil politique … En ce jour de printemps le ciel est clair et l’horizon dégagé. 

Lors des manifestations, on pouvait lire sur les banderoles des hospitaliers " vous comptez votre argent, on comptera les morts". C’était il y a un an, aujourd’hui les soignants du terrain se disent prêts à reprendre les clés du camion.  



Il faut s’adapter, Gallimard en Février 2019

 

A lire également ce magistral petit ouvrage : Du cap aux grèves (https://editions-verdier.fr/livre/du-cap-aux-greves/)

 

Source

Il faut s'adapter, nom de Dieu !
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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 06:03
 

La journée du 6 janvier 2021 devait être celle de la confirmation officielle, par le Congrès des États-Unis, présidé par le vice-président Pence, du nombre de grands électeurs attribués par le suffrage de chacun des 50 États. En général, cette séance est une formalité, où, cinquante fois, on se contente d’énumérer des chiffres. Or, cette séance ne fut pas une formalité.

 

En effet, l’actuel président Trump qui, depuis le mois de mars, refusait d’envisager une défaite et qui, depuis le 4 novembre, ne cessait de clamer – sans preuves – qu’il avait été victime d’une fraude, avait appelé ses partisans à manifester devant le Capitole, siège du Congrès, pour faire pression sur les élus, afin que ceux-ci invalident le vote du 3 novembre (au moins dans les Etats-bascules, sinon dans tous les États). Résultat : vers les 18 h, heure française, les manifestants, chauffés à blanc par les propos de Donald Trump et par leurs propres slogans, ont envahi le Capitole, vandalisé les portes et les vitres, chassé les parlementaires, et détruit du matériel de journalistes.


Je ne décris ces événements (désormais connus de tous) que pour les rapprocher d’un événement de l’Histoire de France, qui parlera peut-être à ceux qui s’intéressent à la vie politique de la Troisième République.

 

1. Le 6 février 1934, à la suite d’événements proches et lointains (Grande crise de 1929, chômage, scandales politico-financiers, affaire Stavisky, mutation au Maroc du préfet de police Chiappe, très populaire à l’extrême-droite), une grande manifestation fut organisée par l’extrême-droite à Paris. On y trouva plusieurs groupements de cette mouvance politique, l’Action française, les Camelots du roi, les Jeunesses patriotes, une Ligue d’Anciens combattants... Tous furent appelés à se rassembler place de la Concorde, face au Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés. La manifestation se solda par 14 morts et plus de 600 blessés et eut comme conséquences lointaines (de façon indirecte), deux ans après, la victoire du Front Populaire, et, six ans après, le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

 

2. En quoi ces deux événements peuvent-ils être rapprochés ? D’abord en ce que tous deux viennent de l’extrême-droite : le président Trump, de droite extrême sur les plan sociétal et social, refuse le libre jeu de la démocratie parlementaire, et avait appelé ses partisans à manifester. Et, parmi ces manifestants, se trouvaient des groupes armés extrémistes et quelque peu "déjantés", tels que les Proud Boys ou des complotistes, comme les QAnon.

 

3. Ces événements le sont aussi en ce que, tous les deux, ils prennent pour cible non le siège de l’exécutif (l’Hôtel Matignon, la Maison Blanche), mais le siège du législatif (le Palais Bourbon, le Capitole), empli de parlementaires réputés inefficaces, profiteurs, gavés et corrompus – ce qui est une des antiennes de l’extrême-droite.

 

4. Ils le sont enfin du fait du manque de perspective, de vue claire des événements, de plan concerté des organisateurs : le 6 février 1934, les organisateurs étaient multiples, divisés, sans vision d’ensemble (le colonel de la Rocque et ses Croix de Feu s’éclipsèrent rapidement), sans chef reconnu par tous. Ils voulaient renverser le gouvernement : mais pour mettre qui à la place ? Et pour y faire quoi ? De même, le 6 janvier 2021, le président Trump avait bien chauffé, excité, galvanisé ses partisans, en leur demandant de se rassembler devant le Capitole. Mais qu’espérait-il ? Que les Représentants et Sénateurs, pris de peur, refuseraient le verdict des urnes du 3 novembre ? Qu’ils lui offriraient quatre ans de présidence supplémentaire par un invraisemblable tour de passe-passe constitutionnel ? Il semble qu’il ait cru, que, comme par magie, tout le monde allait croire à son histoire de fraude et le maintenir au pouvoir...

 

5. Ce n’est que lorsqu’il vit que les choses se gâtaient, que les événements lui échappaient, qu’il demanda à ses partisans de se disperser et de rentrer chez eux. Mais cette attitude ressemble à celle d’un parfait irresponsable, à celle d’un chef de parti, à celle d’un chef de bande, mais certainement pas à celle d’un chef d’État : il agit comme quelqu’un qui, après avoir arrosé un feu de cheminée avec un camion-citerne d’essence, chercherait à l’éteindre avec un arrosoir...

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 06:14
EDF : c'est très mal barré !

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