Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 05:09

 

Le site Communistes exige la libération immédiate de Salah Hamouri : « Mardi 30 juin, alors qu’il se rendait à Jérusalem pour effectuer un test coronavirus (obligatoire) pour prendre l’avion samedi 4 juillet, pour se rendre en France, Salah Hamouri a été arrêté dans ce centre médical par les autorités israéliennes. Il a été conduit au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem. Le motif de son arrestation ne lui a pas été communiqué. Déjà en août 2017, Salah Hamouri avait été arrêté quelques jours avant un voyage prévu en France pour y retrouver sa femme et son fils et il avait alors purgé 13 mois de détention administrative, sans peine ni jugement ni la moindre accusation prouvée. »


 

Revue de presse (329)

 

Pour le site Révolution, une seule perspective pour la France Insoumise : la barre à gauche toute : « En avril 2017, le « bloc » PS-EELV avait fait 6 % des voix (Benoît Hamon), pendant que Mélenchon faisait 20 % des voix. La dynamique, à gauche, était à l’avantage du programme le plus radical. Or la récession économique va développer le potentiel électoral d’une gauche « radicale ». Nous avions défendu l’idée d’une campagne de la FI menée sur un programme radical, anti-capitaliste, en proposant un accord national au PCF et à l’extrême gauche. Indépendamment de son résultat électoral, cette stratégie aurait au moins permis de rendre visible un pôle de radicalité, à gauche. Au lieu de quoi la FI a pratiquement disparu des radars – au profit du PS et des Verts. Si la FI veut progresser, dans les mois à venir, elle doit virer à gauche. Elle doit notamment présenter une alternative claire au programme pro-capitaliste des Verts. Enfin, la FI doit se préparer à une nette accélération de la lutte des classes et de la radicalisation politique, en France. Une catastrophe économique et sociale va balayer le pays à court terme. Elle va faire sombrer le gouvernement Macron dans des abîmes d’impopularité. Un nouveau mouvement de masse pourrait se développer et ouvrir la possibilité d’une chute du gouvernement avant 2022. Dans ce contexte, la FI doit se tourner vers la « gauche radicale » et le mouvement syndical, à commencer par la CGT, pour préparer la mobilisation, dans les rues et par la grève, contre le « gouvernement des riches » – et pour un gouvernement des travailleurs. »

 

 

José Espinosa, dans Le Grand Soir, s’interroge également sur l’abstention aux dernières élections municipales : « L’essentiel n’est pas dans la claque que le pouvoir vient de recevoir. Le fait le plus marquant de cette consultation électorale c’est la non participation massive, surprenante, tenace des électeurs. Dans les scrutins antérieurs, législatifs, régionaux, européens, l’abstention suivait une croissance constante. L’élection du maire, au contraire, entraînait toujours un engouement des populations, une participation record pour décider et choisir son premier magistrat. La monarchie présidentielle lui porte un coup de grâce. Les causes en sont multiples : réductions des dotations de fonctionnement, affaiblissement des pouvoirs avec la métropolisation et les communautés de communes, politiques d’austérité démantellemant les services publics, désindustrialisations et délocalisations d’entreprises, destruction des commerces et de l’artisanat au profit de la grande distribution etc. »

 

 

 

Enfin, je vais me permettre de citer mon blog et évoquer le jour où j’ai rencontré un esclave : « Avec un collègue sénégalais, je remontai le fleuve Sénégal jusqu’à Rosso, une ville où les populations sénégalaises et mauritaniennes sont assez mélangées. Nous fîmes une halte dans un restaurant qui garantissait des glaçons pour la bière chaude. Ce restau appartenait à des Mauritaniens, en particulier à une énorme femme d’une trentaine d’années qui, du matin au soir, restait immobile dans son canapé. Le serveur, lui aussi âgé d’une trentaine d’années, était sénégalais. Mon collègue, habitué des lieux, me dit, à mi-voix et mine de rien : « tu vois, ce type, c’est un esclave ». Il m’expliqua que ce grand garçon avait été vendu, tout enfant, à cette famille mauritanienne. Il travaillait sans aucune rétribution mais ses propriétaires devaient lui garantir le logement, la nourriture et les soins. Et s’il se marie, demandai-je ? Il ne pourra épouser qu’une Sénégalaise qui aura le même statut que lui, m’expliqua mon collègue.

 

 

Partager cet article
Repost0
3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 05:10

 

 

Cette photo prise le 10 novembre 2019 lors d’une manifestation contre l’islamophobie pose, selon moi, de sérieux problèmes. Je passe sur le fait que, lors de cette manif', des étoiles jaunes avaient été cousues sur des vêtements de petites filles musulmanes, suscitant l’amalgame entre des enfants parfaitement libres dans la France d’aujourd’hui et des enfants contraints dans la France pétainiste dont, pour beaucoup, le destin se résumait à la mort dans les chambres à gaz. On peut simplement regretter qu’Edwy Plenel se rallia à cette problématique. Je ne me rappelle plus ce qu’en pensa Jean-Luc Mélenchon qui participa à cette manifestation.

 

Cette manifestation n’était pas monolithique. On trouvait des slogans républicains (« Liberté, Égalité, Fraternité »), des slogans clairement en faveur du port du voile (« Les anti foulard sont racistes, tout simplement »), des slogans identitaires (« Français et musulmans, fiers de nos deux identités »), des slogans politiques (« Notre pays va mal, non aux musulmans boucs émissaires »).

 

Je voudrais revenir sur les deux slogans ci-dessous, avec ces deux pancartes brandies par deux jeunes filles noires : « Ensemble contre l’islamophobie », « Votre laïcité, notre liberté ». 


 

Sur deux slogans

 

Il n’est pas difficile – et il est même recommandé – d’adhérer à la lutte contre l’islamophobie, même si ce concept n’est pas très clair. Á proprement parler, l’islamophobie est la crainte, la peur de l’islam. On retrouve le grec φόβος dans claustrophobie (la peur des espaces clos) ou arachnophobie (la peur des araignées). Une dérive s’est produite il y a au moins un demi siècle, si bien que le terme « islamophobie » a fini par signifier « aversion », « hostilité », voire « haine » de l’islam. Le mot ne figure pas dans l’édition 2001 du Grand Robert, ni dans le Littré remanié, ni dans le CNRTL.

 

Que les musulmans – et les autres – en aient conscience ou non, l’usage de « phobie » soulève une épineuse question car il plaque sur un concept sociopolitique une notion de maladie mentale. Camus nous l’avait dit : lorsqu’on nomme mal les choses, on crée de la souffrance. Nous sommes piégés, comme l’avait remarqué un ancien directeur de la revue juive L’Arche : « Le terme d'islamophobie ne renvoie pas à une controverse au sujet de l'islam, mais à une mise en accusation systématique des musulmans, en tant que collectivité ou en tant que personnes. » Charb, le dessinateur de Charlie Hebdo, assassiné par des islamistes, était allé encore plus loin dans son livre posthume Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes : « Si demain les musulmans de France se convertissent au catholicisme ou bien renoncent à toute religion, ça ne changera rien au discours des racistes : ces étrangers ou ces Français d'origine étrangère seront toujours désignés comme responsables de tous les maux. […] Les militants communautaristes qui essaient d'imposer aux autorités judiciaires et politiques la notion d' « islamophobie » n'ont pas d'autre but que de pousser les victimes de racisme à s'affirmer musulmanes. »

 

Le slogan « Votre laïcité, notre liberté » me fait peur. Je passe sur le « votre » que la militante nous lance à la figure avec mépris, comme s’il s’agissait d’une maladie qui se serait emparée de nous. Lors de la très importante manif’ pour Charlie, j’avais été très frappé à Lyon – mais il en eût été de même partout ailleurs en France – par le fait qu’à 98% nous étions entre Blancs et, je dirais même plus, entre familles blanches. Je m’étais fait la réflexion, moi qui suis totalement hostile au communautarisme que j’ai repéré et dénoncé dans un petit livre consacré à la Grande-Bretagne paru en 1971, que la “ communauté ” des Français d’origine ou récemment assimilés était là, présente, consciente, et en famille. Quasiment pas de Noirs et infiniment peu d’Arabes.

 

Le slogan brandi à droite de la photo nous dit violemment cela. Pour la jeune femme qui le revendique et dont je ne sais – mais cela n’a pas d’importance, si elle est née en France ou pas – il n’y a liberté que contre les valeurs de la République. Je cite ce que tout élève de CM2 devrait connaître par cœur, l’article premier de la Constitution française : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Nous ne sommes pas au Royaume-Uni qui n’a pas de constitution, qui n’est pas un pays laïque et qui connaît des sujets et non des citoyens. Et des sujets à couleur de peau. Comme Yumza Yousaf, ministre écossais de la Justice, d'origine pakistanaise, qui vient de déclarer qu'il y avait trop de Blancs dans la Fonction publique écossaise, dans les professions médicales et dans les syndicats. Yousaf s'était singularisé lors de son intronisation au Parlement en exigeant de pouvoir prêter serment en ourdou. Ce qui lui avait été accordé.

 

Que l’on soit de nationalité française ou non, la présence sur le sol français implique l’acceptation de toutes les valeurs qui fondent la République. La laïcité n’est pas l’apanage ou la propriété des Blancs, des Français dits de souche ou d’origine. Elle n’est pas non plus une case à cocher, une option facultative. Elle appartient à tous les individus présents sur le sol, en les transcendant. Contrairement à ce que pense cette dame, sa liberté (de cacher ses cheveux, par exemple) ne s’est pas construite contre la laïcité mais grâce à la laïcité, qui a également garanti la pratique – ou pas – de sa religion. Elle a tout à perdre dans ce positionnement à moins que, par choix, elle n'ait décidé de vivre en marge de la République. Á voir...

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 05:07
Ce texte de “ Descartes ” vaut qu'on s'y arrête.

« Mon fils, que veux tu être quand tu seras grand ? Papa, quand je serai grand, je voudrais être victime » (conversation du XXIème siècle)

Colbert, Faidherbe, Ferry et autres « gloires de la France » n’ont qu’à bien se tenir. La Révolution est là, prête à sortir la guillotine et couper des têtes. Des têtes de statue, s’entend. Mais aussi à débaptiser des rues, des lycées, des stations de métro. Gare à celui qui ne saurait montrer patte blanche en matière de racisme, de sexisme, et d’une liste de « ismes » qui s’enrichit chaque jour. Parce que c’est bien connu, une fois que les dragons de vertu sont lâchés, par simple effet de surenchère on en arrive fatalement à exiger des punitions de plus en plus fortes pour des crimes de plus en plus petits. Au nom de l’antispécisme, on déboulonnera demain la statue de Raid, ce salaud qui refuse aux moustiques et aux cafards leur pitance.

Certains dénoncent une volonté de réécrire l’histoire. Ils ont tort : l’histoire est une connaissance scientifique, élaborée par le travail systématique sur les témoignages et les documents des historiens. C’est donc un savoir objectif, construit par la confrontation des subjectivités des spécialistes. On peut déboulonner la statue de Colbert ou de Faidherbe, on ne peut les effacer de l’histoire, parce que l’historien qui voudrait le faire aurait besoin pour cela d’ignorer une masse de documents et de témoignages de l’époque, sans compter sur l’œuvre immense du ministre de Louis XIV dont une partie est toujours avec nous aujourd’hui. Et ce faisant, il cesserait de faire du travail d’historien pour devenir au mieux un romancier, au pire un propagandiste.

Si l’on veut comprendre quelque chose à la vague de n’importe quoi qui déferle sur nous, il faut cesser d’imaginer que le but des militants « communautaires » est la réécriture de l’histoire. Si tel était le cas, ils nous proposeraient des documents, des témoignages, des recherches démontrant que l’histoire est autre que celle que nous connaissons. Ce n’est nullement le cas. Ce que ces militants nous disent est incorporé dans notre histoire depuis des décennies sinon de siècles. La paternité du « code noir » est bien connue et à ma connaissance aucun historien sérieux ne l’a jamais niée. Le parcours colonial de Faidherbe ou de Ferry est lui aussi parfaitement documenté, et n’a jamais été occulté. Les militants en question n’apportent aucun fait, aucune information nouvelle concernant ces personnages qui pourrait faire changer une lecture historique. La seule chose qu’ils nous proposent est une nouvelle lecture morale des faits connus et publiés depuis des décennies. Or, la morale et l’histoire, ce sont deux choses très différentes.

Certains historiens soulignent, à juste titre, que la question des statues n’a rien à voir avec l’histoire. Ils ont parfaitement raison. Le choix des personnalités qu’on statufie dans l’espace public et celles qui n’ont pas droit à ces honneurs est un choix qui n’a rien de scientifique. C’est un choix qui tient à la manière dont une société se représente elle-même à travers un « roman » qui lui est propre pour l’édification des générations successives. Un « roman » qui, en offrant en exemple une image quelque peu embellie de la vie de certains individus, promeut les qualités et les vertus que cette société juge important de transmettre. Si les auteurs du « roman national » français ont choisi Colbert ou Faidherbe ce n’est pas par hasard. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la République, si sourcilleuse par rapport à tout ce qui sentait l’Ancien régime, a choisi de faire de Colbert, Napoléon ou de Richelieu des « grands hommes » dans le panthéon républicain. L’explication est simple : que ce soit Napoléon, Colbert, Richelieu ou Faidherbe, il s’agit de personnalités d’origine relativement modeste, devant leur promotion d’abord à leurs mérites, à leur puissance de travail, à leur rigueur, à leur patriotisme, à leur sens du bien commun, à leur hauteur de vues. Ce sont ces vertus que les statues proclament, bien plus que le « racisme » de l’un ou le « colonialisme » de l’autre.

Ce qui nous conduit je pense à la véritable question : si la statue de Colbert représente aux yeux de ceux qui les ont érigées les qualités de travail, de rigueur, de discipline, de sacrifice, n’est ce pas concevable qu’elles représentent exactement la même chose aux yeux de ceux qui veulent les abattre ? Que ce qui vaut à Napoléon, Colbert ou Faidherbe une telle détestation soit moins leur carrière coloniale ou leur « racisme » réel ou supposé que les vertus républicaines qu’ils représentent ?

Si vous trouvez cette idée farfelue, je vous invite à réfléchir à l’intéressant lièvre levé involontairement par Philippe Bernard (« Le Monde », 22 juin 2020) lorsqu’il écrit « Une station du RER francilien a été baptisée du nom de Rosa Parks, héroïne de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. Aucun héros noir français n’a eu le même honneur ». Pourtant, il y a un « héro noir français » qui a non seulement une station de métro mais aussi une place à Paris, sans compter un certain nombre de collèges et lycées en Ile de France et ailleurs : il s’agit vous l’aurez compris de Félix Eboué. Un grand monsieur que sa couleur de peau n’a pas empêché, dans la France des années 1930 et 1940, d’être successivement gouverneur de la Martinique, de la Guadeloupe, du Tchad, de l’Afrique équatoriale française, de rejoindre la France Libre et d’être fait compagnon de la Libération. Un parcours bien plus « héroïque », qui mérite à mon avis bien plus d’être donné en exemple aux jeunes à la peau foncée que celui de Rose Parks, sauf le respect dû à la militante américaine des droits civiques dont l’action se limite au refus de céder son siège dans le bus à un blanc, comme la loi de l’époque l’y obligeait. Alors, pourquoi Eboué n’est jamais offert comme modèle par les mouvements « anti-racistes » ? Pourquoi proposent-ils que ce soit le nom de Parks, et non celui d’Eboué, qui remplace Colbert au fronton du lycée de Thionville ou Faidherbe au lycée de Lille ?

La réponse me semble évidente. Parce que Eboué ne se distingue de Faidherbe ou de Colbert que par la couleur de peau. Symboliquement, il représente la même chose. Ses statues promeuvent les mêmes qualités, les mêmes vertus. Le parcours d’Eboué et celui de Faidherbe sont d’ailleurs d’un parallélisme étonnant : tous deux viennent d’un foyer modeste, tous deux doivent leur promotion sociale à leur mérite scolaire qui les conduit à obtenir une bourse puis à étudier dans une « grande école » leur donnant accès à la fonction publique. Tous deux exerceront des fonctions dirigeantes dans les colonies (gouverneur du Sénégal pour Faidherbe, du Tchad, d’Afrique équatoriale et des Antilles pour Eboué). Tous deux se distingueront par l’intelligence et l’humanité de leur gestion. Tous deux s’intéresseront aux cultures locales, apprendront les langues natives, tout en étant partisans de l’assimilation. Et tous deux se mettront du côté républicain et patriote (Faidherbe en 1870, Eboué en 1940). Voilà pourquoi Eboué ne peut pas être le « héros noir français » que les soi-disant « anti-racistes » se cherchent. Lui ériger une statue, c’est prendre le parti de l’assimilation, d’un noir qui n’était noir que de peau, et français de culture, de cœur, d’âme. Et dont la République a reconnu le mérite au point de le faire reposer au Panthéon parmi les gloires de la nation – privilège qui, accessoirement, n’a été accordé ni à Colbert, ni à Faidherbe. C’est pourquoi même un journaliste bienpensant comme Philippe Bernard, à l’heure de citer un « héros noir français », oublie Eboué : il est beaucoup trop « blanc » pour cela.

A la lumière de cette analyse, il faut maintenant se demander quel est le « roman » que les « anti-racistes » auto-désignés veulent construire et imposer à la place du « roman national » républicain. Et pour cela, rien de mieux que d’examiner quelle est la nature des personnalités qu’ils se choisissent comme symbole de leur combat. De ce point de vue, l’inauguration récente d’une peinture murale représentant Adama Traoré et George Floyd à laquelle assistait le ban et l’arrière ban des militants « anti-négrophobie » mais aussi – honte à eux – quelques élus de la République donne une petite idée. Là où le « roman national » français mettait en exergue le mérite et la vertu dans l’action, le « nouveau roman » met en avant la figure de la victime, qui n’a d’autre mérite, ne laisse d’autre œuvre que celle précisément d’avoir été victime d’une volonté extérieure. Adama Traoré ne laisse sur cette terre aucune réalisation, aucun ouvrage, aucun geste digne d’être retenu par l’histoire. Il rentre au Panthéon militant non pas à cause de ce qu’il était, mais à cause de ce qui lui est arrivé. De sa vie, le « nouveau roman » ne retient qu’une chose – sa mort – et préfère oublier le reste.

Si l’on veut caricaturer la situation, on peut dire que le problème des « anti-racistes » français est que la France n’est pas assez raciste. Dans un autre pays des gens comme Eboué, Senghor, Césaire, Fanon ou Monnerville auraient été empêchés d’étudier, cantonnés à des travaux subalternes, interdits de publier. Ils auraient alors pu être des « héros noirs ». Malheureusement pour les militants, ces personnages ont tous pu faire des études dans les institutions les plus prestigieuses et occuper des fonctions de premier plan. Ils ont été « assimilés ». C’est pour cela qu’il faut aller chercher aux Etats-Unis ou dans les bas-fonds de véritables victimes susceptibles de devenir des « héros noirs ».

Dans le « nouveau roman » victimaire, les hommes d’action et de mérite qu’étaient Colbert ou Faidherbe mais aussi Eboué ou Monnerville n’ont pas leur place. C’est pour cela, et non parce qu’ils auraient été des « colonialistes » qu’on déboulonne leurs statues. On notera d’ailleurs que certains de nos « anti-racistes » proposent d’ériger des statues à l’émir Abdelkader, dont on sait qu’il possédait des esclaves dans sa célèbre Smalah. Comment expliquer qu’on pardonne à Abdelkader ce qu’on reproche à Colbert ? C’est que, voyez-vous, l’émir Abdelkader a perdu la bataille, c’est une victime. Et lorsqu’on est une victime, tous vos péchés sont vite pardonnés, y compris lorsqu’il s’agit de « crimes contre l’humanité ».

Le combat aujourd’hui n’est donc pas celui de l’histoire, qui en tant que pratique scientifique est à l’abri de ce genre de vicissitudes. On pourra faire des statues d’Adama Traoré ou mettre son nom sur le fronton de nos lycées, cela restera une façade et sa contribution historique ne sera jamais celle d’un Colbert ou d’un Faidherbe. Ce n’est pas non plus un combat pour la mémoire, comme disent certains, parce que l’objectif des « anti-racistes » n’a rien de mémoriel. La question posée ici est moins celle du passé que celle de l’avenir, de la vision qu’on présente à nos jeunes de notre constitution en tant que collectivité, des qualités et vertus qu’on entend promouvoir et des exemples qu’on lui donne à cet effet. C’est en cela que mettre au fronton du lycée le nom de Pascal ou celui de Coluche, celui de Colbert ou celui d’Adama Traoré n’est pas indifférent. Raconter la saga colbertienne – l’homme dont on disait dans les salles de classe que « plus il avait du travail, plus il était content » – ne transmet pas du tout le même message que raconter l’histoire d’une « victime des violences policières » au passé louche.

Le grand n’importe quoi que nous observons aujourd’hui tient à la convergence entre un petit groupe qui cultive les ressentiments communautaires pour se trouver une base de pouvoir et une gauche radicale pour qui les figures de Colbert, Faidherbe, Napoléon ou même Eboué sont détestables, non parce qu’elles auraient été colonialistes ou négrophobes, mais parce qu’elles représentent des qualités et vertus républicaines que cette « gauche » ne porte plus. Défendre la place de Colbert, de Faidherbe, de Napoléon, d’Eboué dans notre « roman national », c’est d’abord et surtout défendre contre les marchands de ressentiments l’idée qu’il y a des valeurs positives à transmettre à nos jeunes : le savoir, le travail, l’effort, la rigueur, le service du bien commun, et je dirais même cette « common decency » dont parlait Orwell à propos des classes populaires. Adama Traoré est-il l’icône qui peut mieux que Colbert servir à transmettre ces valeurs ? Qu’on me permette d’en douter.

Alors, camarades « progressistes » – ne parlons plus de « gauche », elle n’existe plus – vous feriez bien de réfléchir avant de participer à certaines manifestations, de signer certaines pétitions. Et vous feriez encore mieux de vous demander ce qu’on combat exactement lorsqu’on abat la statue de Colbert et on peint des murs à la gloire d’Adama Traoré. Dis-moi qui tu donnes en exemple, et je te dirais qui tu es.

 

Source

 

Ci-dessous : Félix Eboué

A quand un lycée Adama Traoré ?
Partager cet article
Repost0
26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 05:04

La Suède est un grand pays par la surface (450 000 km2) et petit par la population (10 millions d’habitants). La densité est d’environ 25 habitants au km2.

Je ne suis jamais allé dans ce pays et j’ai rencontré moins de dix Suédois dans ma vie mais je lis un peu la langue et je me rends régulièrement sur les sites internet de ce pays. C’est pourquoi je m’étonne et ne saurais expliquer, par exemple, pourquoi des juges condamnent des responsables de viols collectifs à des peines symboliques en laissant entendre que les victimes souhaitent avoir des relations sexuelles avec sept ou huit personnes à la fois.

 On a connu ce pays comme fer de lance du progressisme en Europe, un petit paradis social-démocrate où chaque citoyen était protégé face aux aléas de l’existence, où le niveau de vie était inégalé dans notre continent. Avec, certes, quelques poches de nazisme mal recuits. Et puis un certain mal être collectif dont ont témoigné, pendant des dizaines d’années, le cinéma et le théâtre suédois. Tout ceci est de moins en moins vrai et, surtout, la société donne, vue de loin, l’impression d’être en phase de décomposition. Il ne se passe pas 24 heures, dans des villes où les zones de non droit où la police (l’une des meilleures au monde depuis des dizaines d’années – sauf lorsqu’il s’est agi de retrouver l’assassin de leur Premier ministre…) ne peut plus pénétrer, sans qu’un viol collectif soit commis, sans qu’une explosion mette à bas un immeuble, sans que des scènes d’émeute perturbent gravement la paix sociale. En quarante ans, le nombre de viols a augmenté de 1400% (53 viols pour 100 000 habitants) ! La Suède dans ce domaine est au troisième rang mondial derrière le Lesotho et l’Afrique du Sud. Par parenthèse, j'aurais pu rédiger le même type d'article à propos du Royaume-Uni où les viols collectifs et les meurtres à coups de poignard et de machette ont augmenté dans une proportion considérable depuis une décennie.

Les pouvoirs publics suédois ont décidé il y a quarante ans que la Suède serait officiellement un pays multiculturel et multiethnique. Jusqu’alors, si l’on excepte une immigration non négligeable de Finlandais, elle était très homogène. En quarante ans, la population a augmenté de 20%, sous les effets d’une immigration non contrôlée en provenance de pays non européens. Dans cette optique, j’aurais pu rédiger un article similaire sur l’Irlande dont le visage, après des siècles de guerres contre les Anglais et de guerre civile, est transfiguré – alors que les Irlandais étaient enfin à peu près en paix avec eux-mêmes – par l’arrivée de milliers de migrants globalement musulmans sans, bien sûr, qu’on ait demandé leur avis aux populations. Et j'aurais pu également parler de la Finlande (les Finlandais sont toujours la troisième population migrante vers la Suède) qui a accueilli des dizaines de milliers de Somaliens, Irakiens et Syriens et où un récent sondage (selon Russia Today) révélait qu'une majorité des autochtones préféraient vivre à côté d'un centre de désintoxication plutôt que d'une mosquée.

 Je ne voudrais pas paraître plus malin qu’un autre mais, si je n’avais pas prévu cette évolution, je l’avais envisagée comme possible depuis longtemps. Durant les années 80, je résidais en Côte d’Ivoire. J’avais pour ami un Sénégalais vivant à demeure dans le pays avec sa famille. Il était technicien-chef – extrêmement doué – dans un grand garage automobile. Un jour, rayonnant, il me dit qu’il avait été sélectionné pour exercer les mêmes fonctions dans un garage suédois. Je le félicitai et lui dit : « Tu es bien conscient que tu vas gagner vingt fois plus là-bas qu’ici ? » « Bien sûr ! », me répondit-il. Je lui demandai s’il comptait partir avec sa famille. Il attendrait la fin de l'année en cours et s’était arrangé avec le garage suédois pour pouvoir passer en Côte d’Ivoire une semaine tous les deux mois. Quelques jours plus tard, il me fit rencontrer un jeune attaché de l’ambassade de Suède qui l’aidait à progresser dans les arcanes de son nouveau pays. Je demandai à ce diplomate quelle était la position de la Suède face à l’immigration. Pas celle de notre ami Mamadou, propre sur lui et bardé de contrats d’embauche, mais celles d’immigrants aléatoires. J’avais à l’esprit la diaspora afghane qui s’était constituée pendant et après le pic de la guerre civile. Il me répondit : « Notre politique, c’est qu’il n’y a pas de politique. Vient qui veut. » Vous comprendrez trop tard, lui répondis-je, que les gens qui viennent de la violence apportent de la violence. Et dans le cas des réfugiés afghans, vous serez à coup sûr en présence d’un islam rigoriste, complètement étranger aux valeurs de votre société démocratique, protestante et très sourcilleuse quant à la place de la femme. J’avais toujours pensé que Danton s’était lourdement trompé quand il avait déclaré – dans un contexte certes particulier et dramatique – qu’on n’emportait pas sa patrie à la semaine de ses souliers.

Bref, il y a deux mois, une bombe a pulvérisé deux appartements dans le sud du pays en endommageant 250 autres. 25 personnes ont été blessées. Des débris d’une porte d’un des appartements ont été retrouvés à 100 mètres d’une explosion en bout de chaîne de quatre autres explosions. Une bonne centaine d’explosions ont eu lieu depuis 2015. Trente dans la ville de Malmö. Durant les sept premiers mois de 2019, le nombre d’attentats à la bombe a augmenté de 45% par rapport à la même période de 2018. Malmö connaît davantage d’explosions que Belfast au plus fort de la guerre civile irlandaise.

Quarante-cinq fusillades entre gangs ont eu lieu en 2018, contre trois en Norvège. Dans un pays où le gouvernement se proclame – à juste titre – féministe, 30% des femmes ont peur de rentrer seules le soir chez elles. Le système pénal, conçu à une autre époque, n’est plus du tout dissuasif. En 2018, un jeune homme de 16 ans ayant – au nom d’un contrat – tué des clients dans une pizzeria a été condamné à passer trois ans dans une institution spécialisée.

Il semble que la majorité des forfaits soit l’œuvre d’une mafia qui rackette des restaurateurs. Ces criminels appartiennent pour la majorité à des immigrants de première ou deuxième génération. Les grenades qui explosent sont des reliquats des guerres des Balkans. Le nombre d’explosions a triplé entre 2008 et 2016. Pour ce qui est du lancer de grenades, il s’agit d’actes terroristes : des appartements, des petits commerce (salons de coiffure, pizzerias) sont visés à l’aveugle, sans distinction. Sauf celles qui visent des employés de banque dont le travail consiste à éplucher des comptes douteux. En 2018, considérant que l’utilisation d’explosifs en Suède battait tous les records pour un pays en paix, les pouvoirs publics ont proposé une amnistie et l’immunité à ceux qui rapporteraient les grenades et les bombes artisanales dans les commissariats de police. Cela n’a pas empêché un nouveau record : 50 explosions ont eu lieu durant les trois premiers mois de 2019. Une tous les deux jours, donc. Un enfant de huit ans est mort après qu’une grenade a atterri dans la chambre où il dormait. Un  homme de soixante-cinq ans a été déchiqueté sans savoir que l’objet qu’il venait de ramasser dans la rue était une grenade.

Sylvi Listhaug, ancienne ministre norvégienne (de droite) de l’Immigration, estime que la situation en Suède est « hors de contrôle » : « Il est admis qu’on ne peut pas parler de ces problèmes parce que cela peut être stigmatisant. Aujourd’hui, la situation en Suède est complètement hors de contrôle avec des centaines de voitures incendiées, des écoles incendiées, des centaines d’attaques à la bombe, des assassinats en plein jour et des attaques coordonnées à l’arme automatique ou à la grenade. »

Les cas d’agression de femmes, de jeunes filles et de fillettes sont de plus en plus nombreux et peu sanctionnés. En mai 2016 à Göteborg, un Afghan de 51 ans, arrivé dans le pays en 2003 et ayant demandé l’asile, accordé car il avait trouvé un emploi, propose à une fillette de 11 ans, qui s’ébrouait avec ses amis, de lui apprendre à nager et la viole. Il est condamné à 2 ans et 5 mois de prison sans mandat d’expulsion. L’individu est membre d’une association dont l’objectif est d’empêcher les expulsions de demandeurs d’asile afghans déboutés.

Les autorités tentent de manipuler les enfants suédois. Une mère de Tierp (au nord de Stockholm) a porté plainte après qu’un instituteur eut exigé de ses élèves de neuf ans qu’ils écrivent « Je suis musulman » et reconnaissent qu’ils appartenaient à l’islam.

Certains personnages politiques en viennent à légitimer le viol de jeunes filles d’origine par des immigrés. Si les Suédois d’origine violent par choix, les immigrés le font par ignorance des mœurs du pays. Hé oui, en Suède, il y a viol et viol. Selon Barbra Sörman, militante féministe de gauche, les migrants doivent être excusés car « ils ne savent pas ce qu'ils font ». Même quand, lors d'un festival de musique, ils violent en bande (sic) trente jeunes filles d'un coup. Les violeurs suédois sont impardonnables car ils sont le produit d'une culture qui prône l'égalité entre les sexes. Le pauvre migrant est conditionné par sa culture d'origine, faite de violence et de misogynie. La thèse de Barbra Sörman n'est pas marginale. De nombreux universitaires sont sur la même longueur d'ondes. Il ne leur viendrait pas à l'idée de suggérer aux migrants violeurs de tenter de s'adapter à la culture d'accueil. C'est aux pauvres filles de comprendre la surprise qui leur vient d'ailleurs.

Les immigrés en manque d’affection savent cela. Ils savent que les punitions seront légères. Ainsi un Somalien – qui avait obtenu le statut de résident permanent en 2007, ce qui l’avait aidé dans son trafic de stupéfiants – n’a écopé que de 18 mois de prison pour avoir tenté de violer une adolescente en pleine rue. Il a justifié sa tentative en arguant du fait qu’elle détestait les Noirs. Le procureur s’est opposé à l’expulsion car l’agresseur était en règle et que son crime n’était pas « suffisamment grave ».

 

Un Kosovar a violé une jeune fille handicapée de 15 ans chez elle et dans un bois. Lui sera expulsé avec interdiction de revenir en Suède pendant dix ans.

 

Il n'y a pas que les viols. En 2019, un facteur a été kidnappé et torturé par un migrant pendant plusieurs heures dans la ville de Kristianstad. La torture a duré cinq heures, au domicile du facteur. La victime a été lacérée et forcée d’ingérer de la drogue. Le tribunal a estimé que le criminel n’était pas apte à comprendre les conséquences de ses actes. L’individu ne sera pas expulsé car il est recherché par le gouvernement de son pays : la Syrie.

 

Des pays comme la France et le Royaume-Uni ont asservi une bonne partie du monde. On peut concevoir que, comme le disait Salman Rushdie, l’Empire ait décidé de frapper en retour (“ The Empire strikes back ”). Mais montrez-moi où sont les anciennes colonies de la Suède ? C’est quoi ce besoin de repentance, cette idée d’une dette à payer ? Du coup, les Norvégiens, les Danois se mettent au diapason. Tout comme les Finlandais.

 

En 2018, un gang de huit hommes a violé une fillette de 12 ans dans la ville d’Oulu. Les agresseurs avaient rencontré la gamine sur les réseaux sociaux. Ils ont écopé de peines de deux à quatre ans de prison : 

 

Abdo Ibrahim Ahmed, 34 ans, a été condamné à quatre ans et deux mois.

Hassan Mohamud Mohamed, 39 ans, a été condamné à 4,5 ans de prison.

Quassar Mohsin Sbahi Aldhulaie, 27 ans, a été condamné à quatre ans de prison.

Rahmani Gheibai, 22 ans, a été condamné à quatre ans.

Ali Osman Mohamed, 27 ans, a été condamné à quatre ans.

Osman Ahmed Mohamed Human, 24 ans, a été condamné à trois ans.

Quassar Mohsin Sbahi Aldhulaie, 27 ans, a été condamné à quatre ans de prison.

Rahmani Gheibai, 22 ans, a été condamné à quatre ans.

Ali Osman Mohamed, 27 ans, a été condamné à quatre ans.

Osman Ahmed Mohamed Human, 24 ans, a été condamné à trois ans.

Shiraqa Yosef, 21 ans, a été condamnée à deux ans.

Javad Mirzad, 30 ans, a été condamné à trois ans et quatre mois.

 

On comprend que des militants néonazis, les Soldats d’odin, que l’on retrouve en Norvège, au Canada, mais aussi à Bordeaux, aient sauté sur l’occasion pour organiser des patrouilles dans la ville. Mais si l'on s'en tient à la population globale, un sondage a montré que l'immigration était l'inquiétude principale pour 40% des Suédois, ce que le quotidien britannique The Independent qualifie de «plus gros retournement de l'opinion dans l'histoire des sondages ».

 

Sans qu’ils soient forcément d’extrême droite, des parents d’élèves ses sont opposés au « visites d’intégration » de migrants dans les écoles. Bref, la situation se tend dans les contrées nordiques.

 

Aujourd'hui, les travailleurs du monde entier qui veulent défendre leurs droits et leurs conditions de vie sont bien plus durement réprimés que les malfrats de tout poil.

 

 

 

Sociétalement et socialement parlant, où en est la Suède ? (I)Sociétalement et socialement parlant, où en est la Suède ? (I)
Partager cet article
Repost0
24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 05:06

Je reprends ici de larges extraits d'un article de Russia Today

 

« Le monde d'après » fait resurgir l'idéologie visant à « racialiser » la communauté nationale. Les rassemblements autour des violences policières ont été un moyen pour les partisans du multiculturalisme de défier une nouvelle fois l'idéal républicain.

 

Les statues de Jean-Baptiste Colbert, Christophe Colomb, Charles de Gaulle, Winston Churchill, Victor Schoelcher [qui a fait plus que lui contre l'esclavage ?] ont été vandalisées, déboulonnées, leurs rues et places sont appelées à être débaptisées... Ces illustres personnages de l'histoire seraient tous coupables de racisme, d'avoir promu le colonialisme, voire d'être misogynes. Les rassemblements dénonçant la mort le 25 mai de George Floyd lors d'une interpellation aux Etats-Unis ont aussi entraîné une vague de mobilisations y compris en France, exportant par là même la question d'un racisme globalisant où l'homme blanc serait forcément coupable des pires abominations dans l'histoire.

 

Derrière tout cela, il y a une philosophie – avec un vocabulaire venu tout droit des Etats-Unis – qui souhaite imposer un modèle de société où les rapports humains seraient essentiellement fondés sur des origines raciales, mais aussi, selon les tendances, sur la différenciation religieuse, sexuelle ou culturelle. Ces combattants de la lutte intersectionnelle procèdent ici au au comptage du nombre de “ racisés ” (non-blancs) dans une assemblée, une œuvre ou dans la classe politique, et soutiennent des stages ou des rencontres excluant les “ Blancs ”.

 

Les multiculturalistes importent en France des concepts anglo-saxons

 

Ils sont parfois qualifiés péjorativement de «racialistes», de «décoloniaux», d'«indigénistes», de «communautaristes», d'«identitaires de gauche» et prônent une société multiculturelle bataillant contre la République une et indivisible. Cette République française, pour sa part, ne voit au contraire qu'une et même communauté : la communauté nationale formée de citoyens français. Dans ce modèle, la race ou la religion ne sont pas reconnues comme critère de citoyenneté.

 

L'écrivain Ernest Renan résume parfaitement l'esprit républicain de la nation française en 1882 : «Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l'avenir un même programme à réaliser.» Cette phrase est tout ce qu'exècrent les multiculturalistes n'acceptant pas qu'un individu soit assimilé à travers des valeurs dépassant toute race ou religion, impliquant de faire corps avec une unique communauté liée par le destin.

 

Globalement, les pourfendeurs de l'assimilation républicaine considèrent d'ailleurs le racisme comme systémique ou systématique en France, c'est-à-dire généralisé.

 

 

Ils reprennent allègrement l'expression “ privilège blanc ”, venue elle aussi des États-Unis dans un XXe siècle où la ségrégation eut officiellement cours jusqu'en 1965. Le parallèle avec la France est donc fragile. Les mobilisations autour du collectif «La Vérité pour Adama», intervenues après un événement tragique aux Etats-Unis (l'affaire George Floyd) illustrent le mélange des discours intersectionnels. Au départ, le collectif réuni autour d'Assa Traoréconcentrait son discours sur la demande de «justice» après le décès trouble de son frère, Adama Traoré, après une interpellation de la gendarmerie en 2016. Depuis, le comité a étendu son messagesur les «violences policières» et «le racisme» en France.

 

A la télévision, ils vont jusqu'à provoquer, avec des arguments douteux. Dans son édito dans Marianne, Jean-François Kahn rappelle, à titre d'illustration, qu'asda Traoré pouvait librement dire sur le plateau de BFM TV, le 3 juin, que la situation des violences policières en France c'était «exactement la même chose qu’aux Etats-Unis»sans que cela ne fît réagir les journalistes, acquiesçant par voie de conséquence au propos.

 

De fait, certains compagnons de route de «La Vérité pour Adama» ont une ambition qui dépasse le cadre d'Adama Traoré car étant d'ordre politique. En tribune lors des rassemblements et régulièrement interviewé en tant que membre du collectif, Youcef Brakni est par exemple un ancien membre du Mouvement islamique de libération (MIL), une structure qui prône la sécession d'avec la République.

 

Dans l'ensemble, on trouve parmi les défenseurs du multiculturalisme des mouvements dits «antiracistes» comme le Parti des indigènes de la République dont fait partie Houria Bouteldja ou des militants qui affirment haut et fort lutter contre le racisme comme Rokhaya Diallo ou Taha Bouhafs. 

 

Malgré leur dénonciation d'un «racisme institutionnalisé», les «antiracistes racialistes» trouvent dans les médias un relais aisé. L'une des plus visibles est Rokhaya Diallo. Sa dernière tribune, le 17 juin dans l'Express, fait un parallèle entre la France et les Etats-Unis, après le décès de George Floyd à Minneapolis. Elle affirme ainsi qu'«on ne peut pas complètement dissocier le racisme de la France, qui a été une puissance esclavagiste et coloniale, de celui des Etats-Unis». Elle évoque ni plus ni moins un «racisme systémique» et le «privilège blanc» : «On peut bien sûr être blanc, pauvre, et vivre de grandes difficultés. Mais le seul fait d’être blanc ne constitue pas un frein en France. Si cette notion de "privilège blanc" perturbe, on peut inverser le schéma et parler d’obstacles pour les personnes non blanches.»

 

En parlant de «privilège blanc», les racialistes détournent en quelque sorte le fond marxiste de lutte sociale en faveur d'une lutte des races. L'argumentation racialiste déplaît logiquement dans le «camp républicain» à l'image de la socialiste Corinne Narassiguin. Dans une tribune pour Le Monde,la secrétaire nationale à la coordination du PS – qui se définit elle-même comme noire – réfute les thèses défendues par Rokhaya Diallo : «Importer l’expression "privilège blanc", c’est vouloir plaquer l’histoire des Etats-Unis sur l’histoire de France, sans respecter ni l’une ni l’autre. [...] C’est fabriquer un non-sens historique. Dans le contexte français, parler d’abolir le privilège blanc, c’est donner à croire que la lutte antiraciste serait un combat contre le statut de Blanc. Si ça n’était qu’inepte, ça ne mériterait pas une tribune. Mais c’est bien plus que cela, c’est grave et dangereux.» Elle n'exclut pas au demeurant «qu’une partie des promoteurs du concept de privilège blanc et des organisateurs de manifestations dites "racisées non mixtes" soient parfaitement conscients de ce qu’ils font : ils veulent pousser la République dans l’engrenage de l’identitarisme et donc du séparatisme».

 

Derrière la défense des minorités, un projet «raciste» ?

 

Sur les réseaux sociaux ces multiculturalistes sont très actifs, à l'instar du professeur en sciences politique à la prestigieuse université de Londres, Philippe Marlière. Par exemple le 21 mai, celui-ci n'avait pas hésité à considérer que le port du masque pour des raisons sanitaires devait pousser l'Etat à accepter le port du niqab car, selon lui, «l’interdiction du niqab n’a rien à voir avec les "valeurs de la république" ou l’ordre public» : «C’est le fruit d’une idéologie assimilationniste excluant les cultures minoritaires.»

 

 

Plutôt anti-Charlie, ils fustigent tous ceux qui prônent encore et toujours le socle de la République française et la défense de la laïcité, ceux-ci étant souvent mis dans un même sac qualifié de «fascistes» ou d'«extrême droite» alors même que certains mouvements ou personnes sont issues de la gauche tels que l'organisation du Printemps Républicain

 

 

Dans une tribune parue dans le quotidien Le Monde le 25 septembre 2019, 80 psychanalystes décrivent la pensée dite «décoloniale» et dénoncent le fait que celle-ci «s'insinue à l'université» : «Ce phénomène se répand de manière inquiétante. Nous n’hésitons pas à parler d’un phénomène d’emprise, qui distille subrepticement une idéologie aux relents totalitaires en utilisant des techniques de propagande. Réintroduire la "race" et stigmatiser des populations dites "blanches" ou de couleur comme coupables ou victimes, c’est dénier la complexité psychique, ce n’est pas reconnaître l’histoire trop souvent méconnue des peuples colonisés et les traumatismes qui empêchent sa transmission.»

 

Clairement, les «antiracistes racialistes», partagent un même combat avec l'extrême droite qu'ils fustigent : la reconnaissance de la race. 

 

La philosophe Elisabeth Badinter combat largement cette idéologie anglo-saxonne depuis des années. Dans une interview accordée à l'Express le 16 juin, elle déplore l'arrivée en France de mots comme «racisés» ou «privilège blanc» : «Ce nouveau vocabulaire est un crachat à la figure des hommes des Lumières [...] La race partout ! Je pense que c'est la naissance d'un nouveau racisme, dont "le Blanc" est le dernier avatar, et qui peut mener à un véritable séparatisme.»

 

Pour elle, aucun doute, derrière ces auto-proclamés antiracistes «il y a une volonté politique» avec des «barrières» qui sont mises en place entre les hommes : «Pouvait-on imaginer que certains syndicats, comme Sud ou l'Unef, organisent désormais des réunions "en non-mixité" (c'est-à-dire dont l'entrée est interdite aux personnes blanches de peau) ? Ce nouveau racisme rejette l'héritage occidental et pourtant, c'est tout de même grâce aux Lumières, au XVIIIe siècle, qu'on fait des progrès vers l'humanisme !»

 

Le propos de ces activistes est aussi promu par certains médias. Slate fait partie de ceux qui défendent avec vigueur le multiculturalisme. Le patron de Mediapart, Edwy Plenel, en est aussi un partisan, Mediapart hébergeant régulièrement du contenu allant dans ce sens.

 

 

Politiquement, l'essor du multiculturalisme vient davantage de la gauche

 

Parfois, ce sont même des politiques qui reprennent à leur compte ce mode de pensée. Au sein de La France insoumise, le débat clive entre tenants d'une pensée républicaine (représentée éventuellement aujourd'hui par Adrien Quatennens) et une ligne «intersectionnelle» et multiculturaliste (incarnée par des personnalités comme Clémentine Autain ou Danièle Obono). Le chef de file du parti, Jean-Luc Mélenchon, ménage pour sa part la chèvre et le chou, avec ambiguïté.

 

 

Une frange du PS et les partisans de Benoît Hamon reprennent pour leur part la logique énoncée par le think tank Terra Nova lors de la campagne présidentielle de 2012, visant à attirer davantage l'électorat des minorités au détriment du vote des classes populaires. Celles-ci n'étant plus jugées comme «le cœur du vote de gauche».

 

Le multiculturalisme a aussi pris pied au sein d'Europe Ecologie Les Verts, Esther Benbassa étant l'une des figures les plus médiatiques. Au sein de la majorité présidentielle, avant son départ de La République en marche en mai 2020, le député Aurélien Taché était l'un des responsables politiques au centre les plus exaltés sur la question.

 

 

Quant au président actuel, Emmanuel Macron, semble lui-même adapter son discours aux circonstances politiques. Si ces dernières prises de paroles ont été des piques contre les «communautaristes» et les «séparatistes», il a prononcé des discours moins... républicains. Durant la campagne présidentielle, en février 2017, il considérait par exemple  qu'il n'y avait pas «une culture française» mais que celle-ci était «diverse et multiple». Dans cette veine, il dénonçait la «laïcité revancharde» ou le «laïcisme», et prônait une «conception libérale de laïcité», pratiquant le «en même temps» : «L'Etat est laïc, pas la société.» Tout juste élu, en septembre 2017, devant les protestants de France, il leur dit : «Vous êtes les vigies de la République.» Et le 9 avril 2018, devant les évêques de France, il demande aux «catholiques à s’engager politiquement» estimant que leur «foi est une part d’engagement dont notre politique a besoin».

 

 

La discrimination positive, bras armé du multiculturalisme, arrive peu à peu en France

 

Politiquement, les dirigeants – y compris de droite – ont permis l'avancée du multiculturalisme, avec l'acceptation de la discrimination positive, inspirée par la pratique étasunienne. Durant la campagne présidentielle de 2017, lors d'un entretien pour Le Parisien, Nicolas Sarkozy assumait pleinement une discrimination positive calquée sur le modèle étasunien : «J'aimerais qu'on me dise pourquoi il serait normal de faire de la discrimination positive pour les femmes ou les handicapés, et pourquoi ce serait anormal pour les compatriotes de couleur.»

 

 

Le pouvoir politique n'a certes pas encore fait basculer la France vers un modèle anglo-saxon. Par sa tradition républicaine, séculaire, la France a jusqu'ici résisté politiquement. Jusqu'à quand ?

 

Bastien Gouly

 

 

Source 

L'universalisme français est-il menacé par le racialisme anglo-saxon ?
Partager cet article
Repost0
18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 05:40

Qu'ils soient éborgneurs ou pas, arracheurs de mains ou pas, les flics sont traités comme des moins que rien par les pouvoirs publics.

 

Sur la porte d'entrée d'un commissariat d'un quartier un peu bourgeois de Lyon. Du papier froissé, du ruban adhésif qui colle à peine. Des gribouillis à la main.

Misère de la Fonction publique
Partager cet article
Repost0
16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 05:29

 

En assassinant à petit feu George Floyd, le policier Chauvin (c’est son nom et cela signifie la même chose en anglais qu’en français !) ne pouvait pas savoir qu’il déclencherait une lame de fond planétaire phénoménale. Donc suspecte.

 

Suspecte parce que le capitalisme et les médias qui l’expriment jusqu’à l’écœurement avaient oublié que dans leur monde de bisounours tellement divers, multiple et varié, le racisme était toujours extraordinairement présent et à l’œuvre, lui aussi sous des formes multiples et variées. Pendant ce temps-là, pour ne donner que cet exemple (mais j’aurais pu évoquer le cas de Mumia Abu Jamal), Julian Assange croupit dans les prisons britanniques dans des conditions indignes sans que cela émeuve les banquiers, les politiques et les médias dominants. Et pourtant, il est blanc !

 

On vient donc d’assister à Paris à une très importante manifestation, interdite mais autorisée (le « en même temps » macronien et castaneresque) en mémoire d’Adama Traoré et en soutien à sa famille. Les médias ont amplifié tant qu’ils ont pu, tout en sachent que, un clou chassant l’autre, ils nous feraient vibrer demain pour le viol d’une petite handicapée mentale et, après-demain, pour le tabassage d’un couple de retraités cambriolés sauvagement par une poignée de Roms en goguette. L’important étant que ça paye.

 

Le Béhémoth qui tient nos vies entre ses grosses pattes déteste la contestation sociale mais adore le prurit sociétal. Il se permet alors une posture qui peut aller jusqu’à l’épique car le résultat des courses, si résultat il y a, n’a aucune espèce d’importance. Pourquoi nos médias versent-ils une larme devant la famille Traoré? C'est parce que, au nom de l'antiracisme, elle demande justice pour Adama en se réclamant du mouvement étasunien “ Black Lives Matter ”, sans nullement menacer l'ordre établi. Rien à voir avec les Gilets Jaunes qu'on éborgnait à qui mieux mieux parce qu'ils réclamaient de meilleurs salaires, des vraies retraites et allocations chômage. “ Black Lives Matter ” est un mouvement propre sur lui, parrainé  par des associations à but non lucratif ayant pignon sur rue, en relation avec des fondations, des universités, des agences gouvernementales. L'association a reçu 100 millions de dollars de la Fondation Ford et elle est soutenue par la banque Morgan et Kellogg. Voilà pourquoi votre fille est malade, pourquoi vous ne pouviez pas organiser un repas de mariage à 15 personnes tandis que le préfet de police le plus brutal de l'histoire de la République – après le collabo Papon – a toléré une manifestation interdite à 15 000 personnes. 

 

Dans son dernier billet, “ Descartes ” décortique l'expression “ Black lives matter ” : La traduction exacte en Français est « les vies noires comptent ». On notera que « noir » est utilisé ici comme attribut. La couleur de peau détermine donc la vie : il y a des « vies noires », donc logiquement des « vies blanches », des « vies jaunes » et des « vies rouges ». Dites-moi quelle est votre couleur de peau, et je vous dirai quelle est votre «vie ». Vie qui étant déterminée par la couleur de peau ne peut qu’être commune à tous les membres de la même ethnie. On est donc très loin de l’universalisme des lumières qui postule l’égal statut de TOUTE vie humaine, ou même de la tradition chrétienne qui postule l’identité ontologique de tous les hommes. L’homme noir, qu’il soit riche ou pauvre, puissant ou misérable, ne peut mener qu’une « vie noire ». On notera ici un point fondamental : la catégorisation en « races » permet d’effacer la question de classe. Le milliardaire noir et le prolétaire noir ont tous deux des « vies noires ».

 

Les fausses nobles BCBG qui blablatent l’information sur les chaînes en continu du même nom en sont donc venues – sur ordre j’imagine – à se pâmer devant une famille en souffrance, mais une famille de repris de justice. Ce qui est plutôt surréaliste.

 

De 2007 à 2016, Adama Traoré a fait l’objet de 17 procédures pour vols, usages de stupéfiants et a été accusé de viol par son codétenu.

 

Yacouba Traoré, deux ans après la mort d’Adam a été condamné à 18 mois de prison ferme pour avoir tabassé le codétenu qui avait accusé Adama de viol, puis à trois ans de prison ferme pour avoir violenté un chauffeur avant de brûler son bus : le 23 novembre 2016, Bagui et Youssou Traoré ont été placés en détention provisoire par le tribunal de Pontoise dans l'attente de leur procès pour des violences contre des forces de l'ordre. Quelques heures plus tard, une dizaine de jeunes interceptent un autobus à Boyenval, le quartier de Beaumont-sur-Oise où vit la famille Traoré. Le chauffeur est molesté et éjecté du véhicule qui est ensuite incendié, de même que des voitures garées à proximité et le portail d'une maison.

 

 

Samba Traoré a été condamné à quatre ans de prison pour violence avec arme.

 

Bagui Traoré a été condamné à 30 mois de prison pour extorsion sur femmes vulnérables.

 

Serene Traoré a été condamné à 4 mois de prison pour outrage à l’encontre de la maire de Beaumont-sur-Oise.

 

Youssouf Traoré a été condamné à 6 mois de prison pour menaces, outrages et violences envers huit gendarmes et policiers.

 

Assa Traoré (que l’on voit sur les plateaux de télévision plus souvent que Mumia Abu Jamal et Julian Assange) fait actuellement l’objet de quatre plaintes pour diffamation.

 

Pour l’instant, le capitalisme transnational, compulsif et compassionnel a pris fait et cause pour cette famille exemplaire, au sens où elle l'a érigée en paradigme. « A ka di, ni Allah sonnan », comme on dit du côté de Bamako.

 

De quoi la famille Traoré est-elle le nom ?
Partager cet article
Repost0
14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 04:45

StopCovid, Health Data Hub : les données de santé des Français aux mains des Américains ?

© Hotel Dieu de France Hospital Source: AFP

 

RT France

Le gouvernement a reconnu que Google disposait de l'adresse IP des téléphones sur lesquels l'application StopCovid est utilisée, et hébergera les données de santé des Français sur des serveurs gérés par Microsoft. Un danger pour la vie privée ? 

Le Premier ministre l'avait assuré au moment de présenter le projet : le gouvernement avait selon lui «pris toutes les garanties nécessaires pour que StopCovid respecte les données personnelles et de vie privée de ceux qui l'utilisent». «Son utilisation sera anonyme», avait-il martelé pour rassurer les opposants de cette application de traçage. 

Pourtant, comme le révèle l'association de défense des libertés sur internet la Quadrature du Net, un acteur, et pas des moindres, a accès à certaines informations concernant les utilisateurs de l'application : Google

. La raison est simple : le système de vérification Captcha utilisé par StopCovid – qui permet de s'assurer que l'utilisateur est un humain et non robot –, propriété de Google, enregistre l'adresse IP du téléphone. «Cela signifie que potentiellement, Google connaît l'identité de tous les portables qui utilisent StopCovid», résume dans les colonnes du Canard Enchaîné Arthur Messaud, de la Quadrature du Net.

 

La Quadrature du Net @laquadrature 

Comme on le craignait hier en lisant l'avis de la CNIL, il semble que #StopCovid intègre bien un mouchard de Google… Si ce mouchard reste dans l'appli finale, on aura été bien malhonnête à nous parler de "souveraineté numérique".

 

Interrogé par l'hebdomadaire, un porte-parole du secrétariat chargé du Numérique justifie l'utilisation des services de l'entreprise américaine en expliquant qu'elle est la «seule à fournir ça». «Nous avions prévu de développer un service de Captcha souverain qui sera utilisé dès sa disponibilité dans l'application StopCovid», poursuit-il. En attendant l'hypothétique mise en service d'un Captcha à la française, un million d'utilisateurs ont déjà téléchargé l'application. 

Les informations de santé des Français stockées sur des serveurs Microsoft 

La problématique de la protection des données de Santé dépasse le simple cadre de l'application StopCovid, comme l'avait souligné il y a quelques semaines le secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Cédric O : «La santé, c'est l'affaire des Etats, pas des entreprises américaines.»

 

Une sortie qui se voulait rassurante mais qui n'a toutefois pas été au-delà de la simple bonne intention. Dans les faits, le gouvernement a en effet décidé d'héberger le Health Data Hub – cette plateforme française chargée de mettre à disposition des scientifiques à des fins de recherche des données très personnelles relevant du secret médical – sur des serveurs... Microsoft. 

Une décision qui a fait bondir les acteurs français du secteur, à l'image du fondateur de la société roubaisienne OVHcloud : «C'est la peur de faire confiance aux acteurs français de l'écosystème qui motive ce type de décisions. La solution existe toujours. Le lobbying de la religion Microsoft arrive à faire croire le contraire.» Interrogé au Sénat sur les raisons qui ont poussé le gouvernement à opter pour une entreprise américaine, Cédric O a soutenu que les solutions françaises ne permettaient pas toutes les analyses scientifiques attendues par les chercheurs. 

Plutôt que d'attendre que ces dernières développent des solutions, le gouvernement a donc préféré confier ces données sensibles à Microsoft, avec tous les risques que cela implique. Microsoft peut en effet être légalement contraint de partager ses données avec les autorités américaines. Pas de quoi inquiéter Cédric O pour autant : «Je ne crois pas qu'il y ait de fuites de données.» 

Un avis loin de faire l'unanimité, notamment au sein du secteur médical. Interrogé par RT France, le médecin généraliste Karim Khelfaoui avait tiré la sonnette d'alarme début mai : «Si ces données venaient à tomber entre de mauvaises mains, des gouvernements, des banques, des assureurs ou des employeurs, je vous laisse imaginer les conséquences sur la vie quotidienne des personnes.»

Partager cet article
Repost0
10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 05:29

L'impétrant tel que présenté par la presse bourgeoise, en l'occurrence CAPITAL,  manager et chatelain dans le vignoble, en ligne directe avec le Vatican en 2015

Le nouveau PDG de Renault - après la chute de Ghosn - est un pur produit du sérail des dirigeants des grandes entreprises, chargés par temps lourd de tailler dans les effectifs.

Toujours choisi à l'insu de son gré, aux plus hautes responsabilités par les plus hautes fortunes du pays.

Aujourd'hui, de manière " humaniste " il est chargé de réorganiser Renault en liquidant des emplois massivement TOUT en prétendant sauver l'entreprise ET encaisser les deniers publics, sans avoir de compte à rendre à la nation.

Pas sûr que l'entourloupe fonctionne si l'on prend en compte la réaction des travailleurs et du peuple ce week-end à Maubeuge !

Renault: manifestation à Maubeuge contre le plan d'économies

 

Jean-Dominique Sénard,  ce grand discret travaillera avec avec Thierry Bolloré, directeur général adjoint du groupe. Voici ce que vous ne savez sûrement pas sur ce gestionnaire rigoureux et réputé humaniste.
C’est officiel, Jean-Dominique Senard va prendre la tête de Renault. Le futur ex-président de Michelin aura fort à faire. A commencer par renouer les liens distendus avec Nissan - depuis l’arrestation en novembre dernier de Carlos Ghosn et sa récente démission - et relancer le groupe qui subit les turbulences du secteur automobile.

Jean-Dominique Senard, est entré chez Michelin comme directeur financier en 2005. Six ans plus tard, il en devient le premier gérant non issu de la famille fondatrice. Toujours tiré à quatre épingles, d’une délicatesse et d’une courtoisie délicieusement surannées, cet HEC de 65 ans avait travaillé auparavant dans les directions financières de grands groupes comme Total, Saint-Gobain et Pechiney.

(Son sale boulot à Pechiney)

“Chez Pechiney, j’ai vécu l’épreuve humaine la plus dure de ma carrière”, raconte Jean-Dominique Senard. Quand le canadien Alcan a lancé une OPA hostile sur le groupe sidérurgique en 2004, c’est lui qui a été chargé de fusionner les deux ensembles. A la clé, des centaines de suppressions de postes, notamment dans les sièges en France. Dix ans plus tard, certains collègues racontent comment il a tenté de sauver le maximum d’emplois. “Il s’est battu bec et ongles pour préserver les salariés”, confie une ancienne collaboratrice. La mission finira par l’épuiser : alors que l’encre des accords signés avec les syndicats n’était pas encore sèche, il téléphonera à Travis Engen, le patron d’Alcan, pour lui annoncer son départ.

(Son coup de foudre pour Edouard)

C’est un coup de fil dont il se souvient encore. Trois semaines après son départ de Pechiney, JDS recevait un appel d’Edouard Michelin en personne. “J’ai cru à une blague”, se souvient-il. Les deux hommes se rencontrent et se découvrent des points communs : même analyse de l’industrie, même vision sociale du management. 

La naissance d'une marque

Dès lors, Edouard Michelin va tout faire pour que son nouvel ami prenne la direction financière du groupe. Au point de le rappeler pendant ses vacances, alors qu’il était sous la tente avec son épouse dans un coin perdu d’Afrique du Sud, en 2005. “Nous nous sommes mis d’accord ce jour-là, sur une simple parole”, se raconte-t-il. On connaît la suite : le décès accidentel d’Edouard Michelin, un an plus tard, propulsera Michel Rollier au poste de gérant (l’équivalent de P-DG dans la commandite), tandis que Jean-Dominique Senard deviendra cogérant aux côtés de Didier Miraton.


(Sa victime collatérale)

Promis, il n’y est pour rien ! Quand on lui parle de la démission de Didier Miraton pendant l’été 2011, Senard l’affirme, la main sur le cœur : “Je suis tombé de ma chaise en apprenant que j’étais choisi pour succéder à Michel Rollier.” Entre 2007 et 2011, les deux lieutenants s’étaient pourtant partagé les rôles et les ambitions. A Miraton, arrivé en 1982 chez Michelin, les pneus de tourisme et la recherche. A JDS les pneus pour poids lourds et les produits spécialisés pour avions ou engins de chantier. 

Mais c’est le petit nouveau que les huit membres du conseil de surveillance, dont Pierre Michelin, Laurence Parisot ou Louis Gallois, ont fini par adouber. Sur proposition de Michel Rollier, faut-il préciser. “Jean-Dominique et Didier n’étaient pas en compétition, ce n’est pas le genre de la maison”, nous assure aujourd’hui l’ancien gérant. Dommage que Didier Miraton, aujourd’hui administrateur du semencier Vilmorin, n’ait pas répondu à nos demandes d’interview…

Son deuxième métier : viticulteur

A Saint-Rémy-de-Provence, la famille possède une grande propriété agricole et son château, transmis de génération en génération depuis trois cent cinquante ans. Le clou ? Un vignoble de 18 hectares, où est produit sous la supervision de M. Senard père un vin de pays des Bouches-du-Rhône, le Domaine de Lagoy. Impliqué dans la vie locale, il s’est fait élire conseiller municipal sur une liste de centre droit dans les années 1990. “Pour moi, c’était surtout une étiquette agricole”, souligne le châtelain, qui adorait les veillées avec les paysans du coin.

Sa ligne directe avec le Saint-Siège

Comte par la grâce de Dieu, JDS a beaucoup oeuvré en tant que membre de la Réunion de la noblesse pontificale (RNP). Une association très chic, dont les compagnons jouissent d’un titre de noblesse héréditaire donné par les papes pour services rendus à l’Eglise. Jean-Dominique Senard a œuvré pour lui donner une dimension plus internationale et la faire entrer dans la Cilane : la Commission d’information et de liaison des associations nobles d’Europe. Royal.

Partager cet article
Repost0
9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 05:14

Ma religion n'est pas faite mais je penche de plus en plus comme ceux qui voient en l'UE un monstre irréformable de l'intérieur. Je pense pour cette raison que Mélenchon, le parti communiste et d'autres forces de progrès se fourvoient en imaginant qu'on peut construire quelque chose de valable, de social, à partir de la coquille UE.

 

Je suis depuis longtemps sur internet Gilles Questiaux, l'auteur de cet article.

 

Frexit : il est urgent d'attendre - AgoraVox le média citoyen

Par Gilles Questiaux

EXTRAITS

Pourquoi quitter l’UE ?

  1. Pour des raisons de démocratie

L’UE est un pouvoir politique qui surplombe les institutions nationales de ses pays membres, et qui se trouve entre les mains de personnalités et d’institutions non élues, ou quand elles le sont, non responsables. La logique même de la construction consiste à limiter au maximum l’incidence du suffrage universel. Un des modèles historiques tirés du passé qui peut resservir à penser cette démocratie très limitée est l’Empire austro-hongrois, qu’on nommait avec raison « la prison des peuples ».

  1. Pour des raisons de souveraineté populaire

Les États membres abandonnent par pans entiers leur indépendance, et perdent leur autonomie en matière de politique économique, budgétaire, monétaire, mais aussi sur le plan de la politique étrangère. A quoi sert dans ces conditions de voter pour des élus qui devront rendre compte en plus haut lieu, à Bruxelles ou à Francfort ?

  1. Pour des raisons économiques

Le projet économique européen fixé par l’Allemagne est un projet libéral contrôlé, avec monnaie forte, parce que ce choix monétaire favorise les propriétaires au détriment des travailleurs. Il abouti à une désindustrialisation dans tous les autres pays qui y sont associés. A ce projet se superpose la politique globaliste de dérégulation financière qui a les faveurs de la Commission, qui est totalement perméable au lobbying des multinationales. Ces deux politiques également nocives pour l’emploi deviennent catastrophiques pour les travailleurs quand on cherche à les mettre en pratique ensemble.

  1. Pour des raisons sociales

Ces deux projets sont également producteurs d’inégalité et de précarité, le premier étant favorable à une institutionnalisation de la pauvreté, et le second à une spécialisation parasitaire de l’économie dans la division du travail internationale (finance, marketing, spectacle, idéologie) qui ne propose aux classes populaires que des emplois de service déqualifiés.

  1. Pour des raisons patriotiques élémentaires

L’identité psychique élémentaire des individus vivants, dans la mesure où elle excède celle de simples consommateurs de marchandises, est structurée par leur appartenance nationale. L’Europe est même le continent le plus clivé sur ce plan. La disparition des patries européennes signifiera la mise au rancard de peuples entiers et notamment des classes populaires, ceux qui ne possédant rien possédant au moins leur pays. Sans elles, il n’y a plus aucune intégration à rien d’autre qu'au discours de marketing propagateur de la marchandise globale, et cela pour les immigrés comme pour les autochtones.

  1. Pour la Paix

Le projet européen peut bien se faire passer pour la paix éternelle entre la France et l’Allemagne, il signifie bel et bien une attitude fermée et hostile envers les autres continents, un déplacement et un renforcement des barbelés, et une sorte de mise en commun de l’impérialisme et de ses guerres. La guerre exclue de l’intérieur rejaillira aux frontières en des opérations néocoloniales qui prendront prétexte des « valeurs » universelles telles les "droits de l'homme" qui sont appropriées sans vergogne comme patrimoine européen quasi-national.

  1. Parce que l’Europe en fait n’existe pas en tant que puissance souveraine : c’est l’appendice de l’Occident anglo-saxon, dominé par les États-Unis.

Le monde actuel est dominé par une structure impériale en emboitement : les États-Unis d’Amérique et leurs multinationales de la finance, du pétrole et du Net, les pays anglo-saxons homogènes culturellement aux États-Unis et "junior-partners" qui servent d’amplificateur à leur influence mondiale (Grande Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Israël), la zone satellisée de l’Union européenne, et les pétromonarchies du Golfe, sans parler de la classe dirigeante acculturée des écoles de commerce et des pensionnats de luxe partout dans le monde. L’UE n’est qu’une pièce rapportée de cette structure dont les ambitions sont dépassées par rapport au processus de domination globale à l’œuvre dans le monde.

Pourquoi ne quitte-t-on pas l’UE puisque tout ce qui précède est bien connu ?

Quelques réponses possibles en vrac ...

Quitter l’UE comme toute lutte a un coût que le public atomisé et timide actuel redoute d'avoir à payer. D’autant que les défenseurs de l’Europe ne masquent pas leur volonté d’exercer des représailles en un tel cas.

Partager cet article
Repost0