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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 05:47

Et on ne parle pas des parlementaires ...

Le gouvernement des lobbies
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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 06:35

LE TOP 20 DES FRANÇAIS LES PLUS RICHES EN 2017

  • 1Bernard Arnault (LVMH) : 38,6 milliards d’euros

     

  • 2Liliane Bettencourt (L’Oréal) : 36,7 milliards d’euros

     

  • 3Serge Dassault (Groupe Dassault) : 14, 9 milliards d’euros

     

  • 4 François Pinault (Kering ex-PPR) : 14,6 milliards d’euros

     

  • 5Patrick Drahi (Altice) : 12 milliards d’euros

     

  • 6Gérard Wertheimer (Chanel) : 10,9 milliards d’euros

     

  • 7Alain Wertheimer (Chanel) : 10,9 milliards d’euros

     

  • 8Emmanuel Besnier (Lactalis) : 10,5 milliards d’euros

     

  • 9Xavier Niel (Iliad) : 7,5 milliards d’euros

     

  • 10Carrie Perrodo (Groupe Perenco) : 5,8 milliards d’euros

     

  • 11Vincent Bolloré (Groupe Bolloré) : 4,8 milliards d’euros

     

  • 12Pierre Bellon (Sodexo) : 4,6 milliards d’euros

     

  • 13Michel Leclercq (Décathlon) : 3,9 milliards d’euros

     

  • 14Alain Mérieux (bioMérieux) : 3,7 milliards d’euros

     

  • 15Marie Besnier-Beauvalot (Lactalis) : 3,7 milliards d’euros

     

  • 16Jean-Michel Besnier (Lactalis) : 3,7 milliards d’euros

     

  • 17Martin et Olivier Bouygues (Groupe Bouygues) : 3,4 milliards d’euros

     

  • 18Marc Ladreit de Lacharrière (Revue des deux Mondes) : 2,9 milliards d’euros

     

  • 19Jean-Pierre Cayard (La Martiniquaise Bardinet) : 2,7 milliards d’euros

     

  • 20Louis Le Duff (La Brioche dorée) : 2,4 milliards d’euros

Qui est riche en France : les vrais riches, pardi !
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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 05:45
La France de Macron : pour dans très bientôt
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 06:19

 

 

 

La CSG fut mise en œuvre par Rocard en 1990, au forceps : utilisation du 49.3. La philosophie était de fiscaliser le financement de la sécurité sociale, c’est-à-dire de passer de la cotisation à l’impôt. Donc, en soi, une mesure totalement de droite. Depuis 27 ans, les prélèvements n’ont fait que croître : de 1 à 7%.

 

 

Contrairement aux cotisations sociales qui sont du salaire différé et qui ne portent que sur les revenus d’activité, la CSG frappe les retraites, ainsi que les allocations chômage, les indemnités journalières de maladie, ou encore les revenus du patrimoine et placements.

 

 

Actuellement, la CSG impute surtout les revenus du travail (70%) et les pensions (18%). Il s’agit d’un impôt dit « hybride » dans la mesure où la contribution sur les revenus d’activité est soumise aux règles de recouvrement des cotisations de sécurité sociale tandis que la contribution sur les autres catégories de revenus relève du Code des impôts.

 

 

Le taux de CSG varie selon le type de revenu : 7,5% pour les revenus d’activité salariée ; 7,5% pour les sommes versées au titre de l’intéressement et de la participation ; 7,5% pour les allocations de préretraite ; 6,6% pour les pensions d’invalidité ; 6,2% pour les allocations chômage ; 8,2% pour les revenus du patrimoine.

 

 

La CSG est affectée à la branche famille, au fonds de solidarité vieillesse, à la branche maladie de la sécurité sociale, à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

 

 

Pour, prétendument, augmenter le pouvoir d’achat, Macron a prévu de supprimer les cotisations maladie (0,75% du salaire brut) et chômage (2,4%) acquittées par les salariés, en échange d’une hausse de 1,7 point de contribution sociale généralisée (CSG) pour tous, actifs et retraités dont la pension est supérieure à 1 198 euros par mois (des personnes qui croulent sous l’argent).

 

 

Comme dit le partageux Mélenchon, la fortune des 500 français les plus riches a été multipliée par 7 en vingt ans. En 2016, 56 milliards d’euros ont été distribués aux actionnaires au titre de dividendes (champions d’Europe !). Le PIB a augmenté de 1 000 milliards d’euros depuis 1997.

 

 

Tout cela pour dire que les neuneux de gauche qui ont voté Macron et qui se plaignent qu’il mette en pratique son programme (pardon : son projeeeet), m’amusent. Ils ont voté pour un pur produit du quartier bourgeois d’Henriville à Amiens, un fondé de pouvoir de la grande banque internationale, et de vrais représentants de la droite la plus dure de notre pays (Le Maire, Darmanin et autres doucereux féroces). What did you expect ?

 

 

Contribution sociale généralisée : petits rappels
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 05:45

 

 

Je rencontre récemment dans le Gers une femme âgée de 70 ans. Elle travaille dans son jardin et nous entamons la conversation des deux côtés de la haie. Elle me parle avec d’autant plus d’énergie qu’elle y voit très mal.

 

 

Elle réside habituellement en Picardie où son mari est resté pour garder la maison principale. Ici, dans le sud-ouest, elle profite d’une petite résidence secondaire. Outre le fait que sa vue soit condamnée à moyen terme, elle envisage son avenir personnel et familial de manière très sombre.

 

 

Sa fille, âgée d’environ 35 ans, a épousé un Marocain il y une dizaine d’années. Cela ne lui a pas trop plu. Dans un premier temps, elle évoque ce Marocain en disant « le Noir ». Elle a désormais un petit-fils qu’il lui est difficile de rencontrer. Lui demander si elle vote Le Pen me semble superflu.

 

 

Le Marocain a viré sa cuti intégriste. Il n’a pas contraint sa femme picarde à se voiler : « Je ne pourrais le supporter », me dit-elle. La situation dans le couple s’est tendue. Et puis tout a dégénéré.

 

 

Un beau matin, 40 gendarmes ont investi l’appartement. Des armes et de la drogue ont été saisies, le père a été emmené par les forces de l’ordre. La police de Lille ainsi que des enquêteurs belges sont également intervenus. Cette opération a été effectuée dans la plus grande discrétion. On n’en a pas parlé dans les médias nationaux.

 

 

En quoi cette situation, la vie de cette famille sont-elles représentatives de ce qu’est devenue la société française ? Va-t-on voir de plus en plus de familles ravagées par le venin intégriste ? Pendant combien de temps la société va-t-elle se contenter de parer les coups sans regarder les choses en face, dire les problèmes et faire un travail de fond ?

 

 

La bourgeoisie au pouvoir a cru qu'en donnant le primat à la référence ethnique par rapport à la référence sociale elle gommerait les différences de classe en faisant plaisir aux "quartiers".

 

 

Elle a tout raté.

 

 

Fractures sociales, ethniques et familiales
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 05:50

Pardon : de ceu.elles qui nous gouvernent.

Des nouvelles de ceux qui nous gouvernent

Le barbu de trois jours (il y en a plein autour de Macron), porte-parole du gouvernement, a eu le culot de dire que c'était en fait une mauvaise affaire pour la ministre.

 

Ce gang qui nous gouverne est ignoble !

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 05:53

Je reprends ici un témoignage de Jean-Jacques Birgé publié dans son blog Mediapart :

 

La boîte aux lettres est désespérément vide alors que nous attendons du courrier. Lorsque j'étais enfant il y avait deux distributions par jour à Paris. Dans les villages le facteur apportait les nouvelles.

 

Jusqu'à la privatisation des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones), scindés en France Telecom en 1988 et La Poste en 1991, nous avions toujours le même facteur, qui nous connaissait et avec qui nous avions une relation humaine comme avec l'épicier du coin. Depuis, cela n'a fait que se détériorer.

 

La Poste est devenue une banque, activité plus lucrative que le service public saccagé. À Bagnolet, nous ne recevons du courrier que les mardi, jeudi et vendredi, et pas avant 14 heures ! Il n'y a plus que des remplaçants qui font ce qu'ils peuvent compte tenu des tournées marathons qui leur sont imposées. Lorsqu'ils prennent leur jour de congé ils ne sont pas remplacés. Certains ne se donnent pas la peine de sonner pour déposer un paquet ou une lettre recommandée et font semblant qu'il n'y a personne. Mais à qui se plaindre ? Depuis le 1er mars 2010 la Poste est devenue une société anonyme à capitaux publics pour affronter la concurrence européenne ! Les transporteurs ne valent guère mieux côté conscience professionnelle. Il ne reste qu'Internet, le téléphone, les SMS qui gardent une relative fiabilité. Ou bien j'embarque tout sur mon vélo si l'expéditeur ou le destinataire sont sur mon trajet ! La Poste française jouissait d'une réputation exceptionnelle, un peu comme la SNCF. C'est partout pareil. Sous prétexte de rendement, le patronat licencie, réduit les services, pousse au bâclage, et du côté des salariés on se désinvestit, on déprime. Au bout du compte on disparaît.

 

PS : Récemment, Fillon a déclaré qu'il n'y aurait pas eu internet en France si les employés de France Telecom avaient toujours joui du statut de fonctionnaire. Ces mêmes fonctionnaires qui, dans les années 80 avaient fait passer le téléphone français devant les téléphones anglais et allemand et qui avaient réalisé l'informatisation de tout le système.

Qu'il s'agisse des activités de sa femme et de ses enfants, ou de tout autre chose, le Fion a plus tendance à mentir qu'à dire la vérité.

 

 

Honte à la poste !
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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:12

Ci-dessous un appel du collectif contre les JO à Paris en 1924. Le débat est lancé.

 

La double attribution révèle les failles du dossier

 

Anne Hidalgo nous a promis qu’elle allait nous raconter une « belle histoire », nous craignons que ce feuilleton de l’été entamé sur les bords du lac Léman ne se transforme en tragicomédie.

 

En effet rien n’est joué : pour que cette double attribution soit validée, il faut que Paris et Los Angeles soient candidates pour 2028 ; si une seule des deux villes ne se déclarait pas candidate on reviendrait à une attribution, le 13 septembre prochain à Lima, des Jeux de 2024 seulement !

 

Et c’est là que le scandale de la candidature s’aggrave : dans les deux mois qui viennent des négociations entre Paris, Los Angeles et le CIO vont se tenir en toute opacité.

 

Certes les citoyens français sont habitués à ce manque de transparence qui a été la marque de fabrique de cette candidature :


– que ce soit dans la prise de décision de la candidature, sans référendum et basée sur des études d’impact qui relèvent du conflit d’intérêt,


– dans le chiffrage (un seul exemple, le coût de la sécurité, 1 milliard d’euros à Londres en 2012, n’a pas été mentionné !),


– dans les études bidons sur l’impact environnemental (le label de complaisance de WWF ne parvenant pas à masquer leur manque de sérieux),


– dans les éléments de langage tout prêts comme quoi 95% des équipements seraient déjà construits, sans jamais détailler ceux qui restent à construire (deux exemples : le futur stade nautique de Saint-Denis, 15.000 places sur 7 hectares, inadapté aux besoins criants des populations alors qu’un collégien sur deux ne sait pas nager en Seine-Saint-Denis, l’aréna 2 à construire dans le parc de Bercy, 8.000 places et une artificialisation des sols en zone inondable, alors que l’AccorHotels Aréna peine déjà à faire le plein).

 

Mais l’acceptation sociale a des limites ! Alors que le gouvernement entame une politique de rigueur, la double attribution va conduire à une surenchère en matière de coût de la candidature de 2028, de l’aveu même du comité de candidature. Et ce ne sera que le premier dépassement du coût des JO, alors que la plupart des économistes reconnaissent que le coût initial est toujours explosé et que les Jeux ne sont jamais rentables.

 

Le CIO a révélé dans son rapport sur les deux candidatures que seuls 63% des Parisiens, et non 73% comme le prétendait le comité de candidature, soutenaient les JO, et que cette acceptation était bien plus faible qu’à Los Angeles.

 

Si Rome, Hambourg, Toronto, Boston et Budapest ont renoncé à leurs candidatures, il faudrait s’interroger sur leurs raisons !

 

Le Collectif Non au JO à Paris 2024 a déposé un appel à référendum qui connaît actuellement un succès important. Il entend désormais poursuivre son action avec détermination pour que Paris ne soit pas désigné ni en 2024, ni en 2028. Le mensonge ne doit pas devenir une discipline olympique.

Des JO à Paris en 2024 ?
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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 06:36
Où le chef de la police italienne admet en 2017 ce qu’il ne fallait pas dire avant.

Gênes, Italie, juillet 2001, la torture en marge du G8

Torture en Italie : un témoignage de Maxime Vivas

 

En 2003, j’ai publié aux éditions Le Temps des cerises, un polar : Comme le scorpion, mon frère. Le titre est emprunté à un vers du poète Turc Nazim Hikmet : « La plus drôle des créatures » (la créature qui ne voit pas le monde où elle vit) :

 

« Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante.
[…]
Tu es la plus drôle des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer… »
.

 

« L’action se déroule à Gênes en Italie, en juillet 2001, lors du sommet du G8, réunion des chefs d’Etat des pays les plus puissants de la planète. La rue est envahie par des opposants hétérogènes : des catholiques et des végétariens, des trotskistes et des zapatistes, des chômeurs et des cadres surmenés, des communistes et des anarchistes, des pacifistes et des adeptes de la castagne, des ouvriers et des étudiants, des écolos des villes et des paysans bios, des gays, des maos, des défenseurs des animaux, des acteurs et des chanteurs, des cinéastes, des SDF, des syndicalistes, le tout se désignant volontiers sous l’appellation de ramassis de gens bien.

 

Les services de renseignements italiens ont repéré des Français, Grecs, Allemands, Hollandais, Espagnols, Anglais, Irlandais, Portugais, Argentins, Brésiliens, Russes (cette dernière appellation désignant aussi des Ukrainiens, Biélorusses, Kazakhs). Et l’on entendait les noms de Saint-Pétersbourg, Omsk, Astrakan, Voronej, Penza, Minsk, Kiev).

 

Vingt mille hommes en armes, secondés par des provocateurs disséminés dans la foule, les attendent avec leurs matraques, leurs grenades, leurs fusils à balles de caoutchouc et… à balles réelles.

 

Les événements violents auxquels ont été mêlés les personnages de mon roman sont authentiques ainsi que les déclarations des personnalités politiques citées. J’ai travaillé sur des documents écrits, filmés et des témoignages. En introduction, j’ai remercié les organes d’information traditionnels ou diffusés sur le Net (dont Indymedia et Grain de Sable d’ATTAC), les photographes, les cinéastes (amateurs et professionnels), les témoins (dont deux Toulousains), auprès desquels j’ai puisé les informations irréfutables pour écrire ce roman qui est sans doute le premier (ou un des tous premiers) polar altermondialiste français.

 

J’ai dédié le livre à Carlo Giuliani. (14 mars 1978 – 20 juillet 2001), ce jeune italien, de vingt-trois ans dont je raconte en détail l’assassinat à bout portant par un carabinier de vingt ans.

 

Mais surtout, je révèle dans deux chapitres (dont on lira ci-après des extraits en 2 articles) ce que les médias traditionnels savaient (et taisaient) et ce que les médias alternatifs rapportaient sans avoir la « surface » nécessaire pour atteindre un vaste public.

 

Or voici qu’en 2017 (16 ans après les événements) ce que savaient les «  journalistes libres » des « journaux libres » (bien notés par le DECODEX du Monde), ce que j’ai rapporté, s’étale au grand jour.

 

Seize ans plus tard !

 

C’est avec un mélange de soulagement (enfin, la vérité !) et d’amertume que je vois crédibilisé (par l’aveu d’une autorité) les choses qui m’avaient été dites et celles que j’ai vues.

 

En effet, le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, vient de reconnaître les exactions et je reconnais, à l’entendre, les lieux de torture que je citais : la caserne Bolzaneto (Franco Gabrielli : « A Bolzaneto, il y a eu des actes de torture »), l’école Diaz (« ...la funeste irruption à l’école Diaz... » dit Franco Gabrielli).

 

Je vous propose donc deux chapitres sur des événements terribles qui se sont déroulés en deux endroits cités aujourd’hui par… le chef de la police italienne qui aurait dû lire mon polar plus tôt. Oui, j’ai l’air de me vanter, mais comment me taire sans les dédouaner tous : les politiques, les médias ?

 

Chapitre 11. La nuit chilienne. L’école Diaz.

 

« … Matteo a décidé de passer sa journée avec des groupes pacifistes, évitant avec eux les lieux d’affrontement. Au demeurant, la mort de Carlo Giuliani a donné le signal d’un apaisement. Une imposante manifestation de protestation a pu avoir lieu dans un calme relatif.


Matteo s’intéresse aujourd’hui à ce qui se dit, à ce qui s’écrit et à ce qui se construit par l’échange de réflexions […]. Il passe sa journée à écouter des conférences à assister à des débats ou séminaires, dans la rue, dans des écoles ou sous des chapiteaux. Sur un écran géant, Nelson Mandela exprime son soutien et revendique une « globalisation au service de tous les citoyens du monde ».

 

Matteo papillonne d’un lieu à l’autre, accompagné ça et là par les rythmes entraînants de Manu Chao : « Me gusta la mañana, me gusta tu… que voy hacer ? je ne sais pas… ». Il s’amuse à lire les slogans peints sur les T-shirts et sur les visages. Il est heureux.

 

A vingt-deux heures, il arrive dans la petite rue Batisti où se trouvent le Media Center et l’école Diaz, centre névralgique du GSF (Genoa Social Forum).

 

Depuis une semaine, ces deux bâtiments font office de centre d’information. Ils grouillent de militants qui alimentent les organes de presse alternatifs et toutes les agences qui le souhaitent. Des journalistes viennent s’y approvisionner en nouvelles. Matteo entre dans l’école. Il ne trouve pas Claudia. Il décide alors d’aller faire un tour au Media Center, siège provisoire d’Indymedia. Il erre un moment dans cette foule active qui s’interpelle, brandit des notes et des photos, échange des cassettes vidéos, téléphone au quatre coins du monde.

 

Son micro collé à sa bouche, un journaliste se tient à l’écart, tourné vers le mur, pour enregistrer un texte : « …de véritables combats de rue. Ainsi, les mesures coercitives, la brutalité sans nuance ni discernement des forces de l’ordre s’inscrivent dans une stratégie globale de durcissement face aux mouvements sociaux. Il semble bien en effet que les périodes de gestion négociée, de concessions aux revendication sociales ne sont plus de mise. L’heure est venue de criminaliser toute contestation. Pour cela, il leur faut des troubles. Des troubles et des coupables…. ».

 

Des écrans de télé projettent des images des manifestations et des charges policières. Matteo s’en étonne.

 

— C’est quelle chaîne ? se renseigne-t-il auprès d’un homme qui passe en coup de vent à proximité.
— Quelle chaîne ? Tu rêves ! Magnétoscope ! Ce sont des cassettes de films tournés par des amateurs ou des journalistes indépendants.
— On ne les verra pas ailleurs qu’ici ?
— Si. Plus tard. Nous avons nos réseaux de distribution. De plus, les chaînes de télévision sont friandes d’images chocs. C’est bon pour l’audience. Alors, il arrive que l’intérêt mercantile passe avant toute autre considération. Surtout pour les télés étrangères au pays concerné. Mais nous ne désespérons pas d’accrocher une télé italienne.
— De sorte, avance Matteo, reprenant à son insu la question que Leslie avait posée à Guillaume, que pour empêcher toute diffusion de films ou de photos compromettants, il n’existe qu’une solution : les saisir ?
— Eh ! oui, mais là, trop tard.

 

Matteo s’accroupit dans un coin pour ne pas gêner le ballet désordonné des journalistes et il visionne des cassettes.
C’est ainsi qu’il assiste à la mort de Carlo Giuliani.
Un militant s’approche de lui.
— Tu as vu ce qu’ils font ? Leur routine !
— Oui, dit Matteo. Je le découvre. Mais vous, si vous le saviez, pourquoi organiser ces manifestations ?
— Tu pointes un vrai problème. La rue est le seul endroit où le peuple peut à tout moment exprimer ses divergences, affirmer par exemple qu’un autre monde est possible.
— Et les élections ?
— Je ne les oublie pas. Mais celles qui comptent ont lieu tous les quatre ou cinq ans. Elles se gagnent par des promesses qui ne sont pas tenues.
— Le prochain coup, on vote pour d’autres et puis voilà ! Vous êtes professeur ?
— Avocat. Tu votes pour d’autres, d’accord. Supposons qu’ils tiennent leurs promesses. Supposons. Cela n’empêche pas qu’entre deux élections, des décisions sont appliquées sur des sujets qui n’ont pas été évoqués pendant les campagnes électorales.
— Donc, interroge Matteo, la démocratie devrait se faire dans la rue ?
— Pas uniquement. Mais la rue est un des lieux de la démocratie. Elle doit jouer ce rôle de régulateur, de force de proposition sur des sujets qui n’ont pas été débattus au moment des votes. La rue est interdite au peuple dans toutes les dictatures. Elle est autorisée dans les démocraties.
— Sauf dans les démocraties musclées, à ce que je vois, tempère Matteo.

 

Onze heures.

 

Dehors, la rue semble endormie.

 

Comment deviner que, cachés par un immeuble d’angle, des fourgons crachent deux cent hommes prêts à investir les deux bâtiments ?

 

— J’ai visionné des cassettes, dit Matteo. Pourquoi cette sauvagerie ? Vous ne pourriez pas discuter avec la police pour organiser des manifestations pacifiques ?
— On le fait, affirme un autre militant. Mais les accords préalables sont dérisoires si l’une des deux parties ne les respecte pas. Et là, le gouvernement voulait rouler des mécaniques devant les autres grands.


— Il voulait aussi focaliser l’attention des médias sur le spectaculaire au détriment de l’enjeu du G8, ajoute Claudia.


— Et au détriment de l’ampleur de la mobilisation, complète le militant. Mais avant tout, ils veulent nous faire passer pour des voyous. Et les voyous, on les frappe, on les arrête, on les juge.

 

Autour d’eux, l’agitation a commencé à décroître. Les brosses à dents sont sorties et se couvrent de dentifrice. Les matelas de mousse sont déroulés, les sacs de couchage dépliés et des militants s’y glissent et s’endorment, tandis que ceux qui ont à faire baissent la voix. Dans la pénombre, des corps s’enlacent pour quelque bonheur moyennement discret, pudiquement ignorés par ceux qui sont encore debout et par ceux qui, couchés, ronflent exagérément pour faire croire qu’ils dorment déjà.

 

A quatre pas de là, les argousins, vêtus de combinaisons anti-émeutes s’ébranlent lentement. Ils pénètrent dans la rue Batisti et se mettent à courir.

 

En avant pour la curée !

 

Les montres réglées pour une bonne coordination de l’opération indiquent minuit. Trop tard aux yeux de la Loi qui interdit les interventions à cette heure. Trop tôt pour que la Justice ait eu le temps de délivrer une dérogation. Bah ! qu’importent ces détails quand l’enjeu est de taille. Des subterfuges juridiques seront promptement trouvés en temps opportun. La loi italienne autorise les perquisitions hors procédures dans deux cas : présence possible d’armes ou de drogue. Et il sera dit que, selon certaines informations sûres émanant d’indicateurs dont il est déontologiquement impossible de livrer les identités, la drogue circulait en ces lieux et que des armes étaient entreposées par les rouges.

 

Les portes d’entrée volent en éclats.

 

Ainsi commence le blitz à la chilienne.


Tous les étages sont méthodiquement ravagés. Malheur aux innocents qui se sont allongés sur la moquette en signe de soumission au contrôle. L’absence de résistance décuple la jubilation à frapper. Les matériels informatiques sont détruits, les affaires personnelles répandues, piétinées, les sacs de couchages éventrés. Plus tard, les voisins alertés par le vacarme, les cris terrifiants, les supplications mêlés aux imprécations et aux injures verront sortir plus de trente blessés sur des civières. Mais, pour l’heure, à huis clos, les coups giclent sans plus de retenue. « On va pouvoir cogner dur sur les rouges ». Chose promise, chose due.

 

Du sang partout, par terre, sur les murs, sur les radiateurs, sur les fenêtres.

 

Les policiers recherchent fébrilement les cassettes vidéos et les pellicules. Toutes celles qu’ils trouvent sont ouvertes ou confisquées. Dehors, un hélicoptère tourne au-dessus des toits, balayant les rues de son projecteur. Des radios indépendantes ont alerté les noctambules : « La scuola Diaz, gestita dal Genoa Social Forum viene assaltata dalle forze dell’ordine ». Dans la rue, la foule accourue est tenue à distance et un avocat, un sénateur, un parlementaire européen qui veulent voir ce qui se passe sont refoulés. Une heure durant, les sirènes, le bruit des hélicoptères, les cris, les ordres aboyés ont transporté Gênes à Santiago du Chili.

 

Pourquoi cette expédition ? Bien sûr, il fallait saisir des documents compromettants. Mais, pourquoi cette bestialité alors que les gens dormaient ? Plus tard, des exégèses avanceront que l’objectif était de tétaniser toute opposition présente et à venir, toute velléité de contre-sommet en envoyant un signal politique de type fasciste.


[…]

Un policier relève Matteo en l’agrippant au collet. Il le propulse à l’intérieur d’un car de police. En route pour la caserne Bolzaneto où, après ces innocents zakouskis, la fiesta va vraiment commencer avec, au programme, un festin des marrons et un ballet de matraques.

 

L’opération se soldera par cent blessés et quatre-vingt seize arrestations(1) dont seize journalistes, parmi lesquels un Anglais, toujours dans le coma plusieurs jours après et le correspondant d’un quotidien bolognais dont le bras a été fracturé alors qu’il dormait.

 

Quant au butin, outre des films et des cassettes vidéos, il sera constitué des listes des volontaires, des infirmiers, des médecins et des avocats qui se sont mis gracieusement à la disposition du GSF.

 

De tels faits d’armes méritaient leur récompense immédiate. Aussi, sans plus tergiverser, Berlusconi a-t-il, à chaud, félicité les policiers pour le « travail accompli ».

 

Trop hâtivement pourtant car, si les exactions ont eu lieu sans témoins, ses conséquences ne purent être cachées. Les récits concordants des victimes, corroborés par la variété de stigmates : membres plâtrés, points de suture, visages tuméfiés, émurent l’opinion, scandalisèrent l’opposition qui réclama aussitôt l’ouverture d’une enquête parlementaire. Alertée de toutes parts, la Justice saisit la liste des policiers ayant participé au raid. Contraint et forcé, le ministre de l’intérieur dut promettre de mener une enquête interne et le parquet de Gênes se résolut à lancer six procédures sur les comportements des policiers. Enfin, après quelques atermoiements, Berlusconi proclama dans Repubblica son attachement à la démocratie et au respect des droits de l’Homme : « Si quelqu’un, un simple individu, un dirigeant, voire un détachement des forces de l’ordre a commis des violences, des excès, s’est comporté de manière tout à fait inacceptable, les enquêtes menées par le parquet de Gênes et les inspecteurs du ministre de l’Intérieur établiront les responsabilités ».

 

Engagement d’autant plus nécessaire que de graves inquiétudes se faisaient jour. Vittorio Agnoletto, porte-parole du GSF indiqua que, une semaine après le sommet, il restait encore dix-huit personnes, la plupart de nationalité étrangères dont on avait perdu la trace.


Mais, dans l’intervalle… »

 

Maxime VIVAS

Comme le scorpion, mon frère, polar altermondialiste, 2003 (Epuisé).

Note.
(1) Dans son rapport d’enquête rendu public deux ans plus tard, le parquet de Gênes réduit ce chiffre à 61 blessés. Selon les organisateurs, le bilan pour toute la durée du sommet sera de 606 blessés et 253 arrestations.

 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 05:41

Relevées par Théophraste R. du Grand Soir :

 

 

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier.

 

Il y a dans cette société [Usine en Bretagne] une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier. Il faut traiter cela en urgence afin de rendre le quotidien de ces personnes meilleur.

 

C’est notre proooojeeet !

 

Le libéralisme est une valeur de gauche. Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. Les salariés français sont trop payés... Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs. C’est notre proooojeeet !

 

Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés. Les Britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. Il n’y a pas de culture française. 35 heures pour un jeune, ce n’est pas assez. Une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une start-up nation. C’est notre proooojeeet !

 

Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Avec une famille qui a sept, huit enfants en Afrique, investissez les milliards rien ne changera …Le défi de l’Afrique est civilisationnel.

 

La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même […] Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace...

 

Je veux être un président jupitérien. C’est notre proooojeeet ! Être élu est un cursus d’un ancien temps.

Quelques perles du godelureau de Bri-Bri d'amour
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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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