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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 05:52
France solférinienne : terre de liberté
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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 10:43

Je passe sur le fait que, pour être un haut dirigeant de la MGEN, il est plus qu’utile d’appartenir à un courant de pensée que je ne nommerai pas, que ces mêmes dirigeants bénéficient d’un logement de fonction qui ferait pâlir d’envie un Thierry Lepaon, je préfère pointer du doigt la formidable opacité de cette mutuelle. Lors des élections, essayez de constituer, avec quelques camarades et un vrai programme, une liste hostile aux dirigeants en place : vous m’en direz des nouvelles.

 

Assurément, la MGEN est victime de l’Europe « libérale » mise en coupe réglée par le capitalisme financier qui ne veut pas des mutuelles à la française. Assurément, la MGEN est victime de l’air du temps, avec ces djeuns profs qui se disent que, comme ils sont djeuns et en bonne santé, il est superflu de cotiser pour une mutuelle. Les sots ! Ils ne savent pas que 40 ans est l’âge idéal pour un premier AVC, que 50 ans est la zone où les fumeurs se font rattraper par une crise cardiaque et que 60 ans voit fleurir les cancers des femmes (seins, utérus) et des hommes (prostate). Et ils ne peuvent pas savoir, quoiqu’on puisse leur dire, que ces 20 ou 30 ans passent à une vitesse folle.

 

Le principe de toute mutuelle, comme de la sécurité sociale, est simple : je suis malade, tu paies, tu es malade, je paie. Avec en corollaire la notion que l’on cotise selon ses moyens et que l’on est soigné selon ses besoins. Mais ça, c’était avant. Avant le triomphe du sarkozysme mâtiné de solférinisme.

 

 

Partant du fait que les comptes de la mutuelle ne sont plus équilibrés, les dirigeants actuels proposent une différenciation des prestations. Une « réforme » pour faire – comme toujours depuis trente ans – mieux avec moins. Ils jurent que les principes mutualistes seraient préservés : solidarité intergénérationnelle, cotisations proportionnelles aux revenus etc.

 

Le nouveau fonctionnement serait le suivant (je reprends l’analyse de Sidoinec sur son blog) :

 

« À partir d'une offre globale qui correspond aux prestations actuelles, la possibilité serait donnée aux adhérents de choisir entre différentes options en fonction de leurs besoins de santé (sui conseils possibles de la MGEN), avec la possibilité de circuler entre ces différentes options en fonction de l'évolution de leurs besoins.

 

Ainsi seraient prévues des cotisations différenciées en 4 niveaux en matière de santé et en 5 niveaux en matière de prévoyance, chaque niveau correspondant à des prestations différentes.

 

Avec des taux de cotisation allant de 3,92% à 4,15%, les retraités cotiseraient toujours plus que les actifs (de 2,38% à 3,32%) avec deux niveaux de partition selon qu'ils ont moins ou plus de 70 ans. Les cotisations enfants seraient également réévaluées afin de limiter l'écart entre la consommation et la cotisation. »

 

Ce faisant, la MGEN accepterait la logique des assureurs privés. Je souhaite alors bien du plaisir à ma mutuelle (depuis 46 ans) : on trouve sur la toile des témoignages d’anciens adhérents qui sont partis chez Médéric-Malakoff (la société du frère de Sarkozy) et qui s’y trouve mieux qu’à la MGEN.

 

Je propose trois témoignages de déçus de la MGEN :

 

 

Ma mutuelle me propose la même prise en charge que la MGEN en cas de longue maladie. Cela me fait 15 euros en + chaque mois. Donc mutuelle 45 + 15. Je paye 60 euros par mois, fixe, sans que la cotisation augmente avec mon salaire comme la MGEN. Je suis mieux remboursée sur pas mal de choses, j'ai pris une option "médecine douce" qui me rembourse en partie mes séances d'acupuncture ou d'ostéopathie. Je suis ravie de ne plus faire partie de la MGEN et de ses méthodes dictatoriales et malhonnêtes pour nous retenir. Ils jouent énormément sur la prévoyance justement. Ils essaient de faire peur en disant qu'en cas de longue maladie, on ne sera pas complété. Or, de nombreuses mutuelles proposent la prévoyance. Je leur ai cloué le bec, quand je suis partie, en leur expliquant que ma nouvelle mutuelle m'offrait le même service mais moins cher.

 

Lorsque j'ai voulu quitter la mutuelle MGEN, j'ai d'abord appelé pour savoir comment m'y prendre. J'ai effectivement eu droit à un beau discours, sur ce qui allait m'arriver (de gros frais) si je voulais revenir un jour chez eux... les "avantages" que je perdrais...

J'ai pris un peu de temps pour y réfléchir mais je suis partie et je regrette juste de ne pas l'avoir fait plus tôt. Mon homme est à la MCDef (mutuelle obligatoire dans son entreprise) et couvre tout le monde pour le même prix !! Nous sommes donc 5 avec des frais de lunettes pour mon homme et ma fille et cela ne coûte que 70€/mois au foyer !

 

Depuis que mon conjoint ne travaille plus dans le privé, nous sommes tous les deux chez Malakoff. Nous payons 93 euros par mois pour nous deux. Au niveau remboursements : nous pouvons aller chez un praticien faisant payer 45euros sa consultation (dépassements d'honoraires pris quand même un peu en charge, important pour nous en RP), les montures sont remboursées à hauteur de 100 euros et les verres intégralement remboursés si l'on va chez des opticiens du réseau, et ils sont nombreux. Je ne sais pas ce que ça donne pour les frais dentaires puisqu'on n'a pas ces problèmes-là. On a pu moduler en fonction de nos besoins. Les vignettes orange ne sont pas remboursées en pharmacie par contre car on a décidé de faire sans lors de la modulation. Ils sont efficaces, et on a été très bien reçus à l'agence de St-Quentin en Yvelines.

Pour la prévoyance, je suis restée à mon ancienne mutuelle qui la proposait : Ociane. A partir de 3 mois d'arrêt, ils complètent pour que je sois à plein traitement. Je paie chaque trimestre une trentaine d'euros je crois.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 06:07

Journaliste de terrain comme il y en eut peu, Orwell écrivit de nombreux articles et essais sur les sous-prolétariats français et anglais, sur l'exploitation des colonisés en Birmanie, sur les ravages du chômage.

 

En 1928, à l'âge de 25 ans, il publia dans la revue française Le Progrès Civique une série d'article sur “ La grand misère de l'ouvrier britannique ”. Jean Rostand, Henri Lévi-Bruhl, H.G. Wells collaborèrent à cet organe qui refusa “ la distribution des fonds secrets à la presse ” et qui se définissait comme “ un journal de perfectionnement social ” par le biais d'une critique “ sans merci ” de la société.

 

Lorsqu'il collabore au Progrès Civique, Orwell est moins à gauche qu'il ne le sera par la suite. Il a du mal à se défaire d'une approche morale de la description de la misère. Cependant, il progresse lentement mais sûrement, comme quand il qualifie le chômage de “ récompense offerte au travailleur britannique en échange de ses services comme soldat ”.

 

Extraits de son article, rédigé en anglais mais traduit et publié en français :

 

Avant la guerre [la Première Guerre mondiale], le chômage n'était certes pas inconnu, mais les sans-travail, relativement peu nombreux, représentaient une quantité négligeable.

 

Ils constituaient, pour ainsi dire, la “ réserve de l'armée du travail ” et servait de régulateur pour empêcher une ascencion trop rapide des salaires ; on les utilisait aussi, de temps en temps, pour boucher les trous quand la main-d'œuvre venait à manquer. [… L'opinion publique envisageait la situation avec sérénité, en se disant que jamais la machine ne pourrait beaucoup se détraquer..

 

Mais vint la guerre, et soudain tout se détraqua. La concurrence, essence m^eme du commerce moderne, qui pousse les industriels d'un pays à rivaliser à outrance avec ceux d'un autre, en fut la cause.

 

[…] La guerre mit fin à la suprématie industrielle de l'Angleterre. Les pays non combattants, et notamment l'Amérique, détournèrent à leur profit la majeure partie de son commerce d'exportation. mais, pis encore, le reste du monde s'industrialisait plus vite qu'elle même.

 

[…] En Angleterre, la dualité de la propriété dans les régions minières occasionne une formidable déperdition de combustible, de labeur et d'outillage.

 

George Orwell sur le chômage

Des droits exorbitants sont payés aux propriétaires du sol sous lesquels passent les veines de charbon. En outre, chaque mine est dévorée par son groupe organisé de parasites : les actionnaires qui veulent des dividendes et, par suite, font hausser le prix du charbon.

 

Étant donné tous ces désavantages, peut-on s'étonner de ce que le charbon anglais ne trouve plus d'acheteurs ?

 

Pour remédier à cet état de chose, les capitalistes ont essayé de contraindre les mineurs à travailler pour un salaire insuffisant. Leurs efforts dans ce sens ont échoué mais, en attendant, le charbon polonais se vend à un prix de dix ou quinze francs inférieur au plus bas que puisse offrit l'Angleterre dans les conditions actuelles.

 

Il en va de même dans les aciéries et les filatures de coton. l'Angleterre paie cher aujourd'hui sa suprématie industrielle d'autrefois.

 

[…] Avec un ou deux millions d'individus affamés dans un pays, la révolution menace à bref délai, aussi comprit-on, dès le dès le début, que l'État devrait venir en aide aux sans-travail.

 

Finie la guerre, finie également la prospérité trompeuse et éphémère du temps de guerre. Aux soldatsq qui regagnaient leurs foyers, on avait dit qu'ils se battaient pour la civilisation “ pour un pays où des héros puissent vivre dignement ”, selon l'expression de M. Lloyd George [Premier ministre de 1916 à 1922] ; en bref que l'Angleterre d'après guerre serait un eldorado où la richesse irait de pair avec le confort.

 

C'est pourquoi le gouvernement passa hâtivement, en 1920, la loi d'assurances contre le chômage. […] Sage précaution contre la famine et la révolution.

 

[…] une légende absurde circule dans la presse conservatrice d'après laquelle le chômage est uniquement dû à la paresse et à la rapacité des travailleurs. Cette légende veut que l'ouvrier anglais n'ait d'autre but dans la vie que d'éviter tout labeur fatigant pour vivre. Et ce sont les inventeurs de cette légende qui ont inventé le terme “ aumône ” pour désigner les indemnités de chômage.

 

[… Il se peut que le chômeur soit célibataire. Dans ce cas il élira domicile dans une de ces vastes casernes (lodging houses) à l'usage des gens très pauvres. Il pourra, de cette façon, arriver à économiser un shilling ou deux sur son loyer hebdomadaire.

 

Ces logis sont exploités par d'importantes sociétés qui en retirent d'appréciables bénéfices.

 

Les locataires couchent dans d'immenses dortoirs où sont alignées 30 à 40 lits de sangle, comme ceux des soldats, séparés par un intervalle de trois pieds. [Orwell publiera en 1932, dans New Statesman and Nation, un article saisissant sur les common lodging houses, ou hospices].

 

Ils passent leurs journées dans des cuisines souterraines, creusées sous la rue, où ils peuvent préparer leurs aliments, quand ils en ont, dans des poêles à frire sur un feu de déchets de charbon. [ C'est là que le chômeur prend ses repas, consistant en pain  et en thé. Il passe, hébété, le cerveau vide, devant le feu, les longues heures qu'il ne consacrera pas à la recherche d'un travail. […] On comprend que, dans ces conditions, il aspire à travailler, à accomplir n'importe quelle besogne, même la plus répugnante et la moins rémunérée, car cette existence absolument vide, sans amusements ni distractions d'aucune sorte – et d'où la faim n'est jamais entièrement exclue – est d'une monotonie et d'une tristesse insupportable.

 

Orwell en 1930 sur une plage du Suffolk

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 05:28

Chaque fois que je le croisais rue Nationale à Tours (il se rendait à l’Hôtel de ville et je poussais dans un landau une de mes filles), je me disais : c’est vraiment un kleiner Mann. Cet homme qui rasait les murs n’était vraiment pas très avenant avec sa calvitie avancée et sa bouche molle. Sa petite taille n’était pas compensée par un port altier ou une démarche ample.

 

Bien sûr, l’impression était fausse, et je le savais bien. On ne devient pas président de l’université de Tours sur un claquement de doigts. On ne renvoie pas à ses chères études l’inamovible Jean Royer par un coup de dés. Comme dans toutes les grandes villes, le pouvoir à Tours a ses passages obligés. Pour exercer de grandes responsabilités, il ne faut pas être l’ennemi de la franc maçonnerie … ni celui de la base aérienne. A ma connaissance, Germain ne pilotait pas.

 

Cette histoire – folklorique vue de loin, mais les grandes villes ont leur côté Clochemerle – de faux mariages chinois traînait depuis des années. Germain savait qu’un jour il devrait franchir les portes de l’imposant palais de justice situées à cinquante mètres de son bureau. Il savait qu’alors on oublierait que, pendant ses trois mandats, Tours s’étaient modernisée et embellie.

 

Emporté par les effets de manche typiques de sa profession, l’avocat de Germain a prononcé des paroles qui, à terme, desserviront la mémoire de son client. Il a plagié Mitterrand en parlant de Germain « jeté aux chiens ». Nullement : durant l’instruction de l’affaire, la presse nationale ne s’est jamais acharnée sur le maire de Tours. Et le Sénat avait refusé de lever son immunité. Germain vivait dans le « déshonneur » ? Il avait donné son accord à une opération commerciale douteuse et à une mascarade à laquelle il participait de son plein gré, au profit d’une amie dont il avait facilité la carrière. Il ne pouvait pas suivre tous les dossiers ? Balivernes ! Rien ne lui échappait. Il savait tout.

 

 

Tout individu a ses limites. Germain n’aura pas eu la force de venir se défendre, non pas sur le banc d’infamie, comme le dit son avocat, mais devant la justice humaine.

 

Il se trouve qu’à une époque de ma vie, en quelques mois, plusieurs personnes qui m’étaient chères se sont suicidées. J’ai été amené à réfléchir à ce que Camus appelait « le seul problème philosophique vraiment sérieux ». Je suggère cette réflexion qui en vaut bien une autre : quels qu’aient pu être les souffrances, les ratés, les petitesses, les traumatismes d’un individu, en se supprimant, celui-ci nous dit qu’il sera désormais éternellement valable.

 

 

 

PS :  J'ai dans mes archives la photo d'un simulacre dans le simulacre : on y voit Germain, une Chinoise en mariée (mais qui était venue en France sans mari) et un employé (non titulaire) de la mairie habillé en marié, français de chez français. 

 

L'employé ne fut jamais titularisé. Je sais pourquoi.

 

Il a passé 19 ans dans sa mairie, mais il n'était au courant de rien, Germain.

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 05:03

Mélissa Deramecourt est caissière dans un hypermarché Auchan. Son mari est manutentionnaire dans le même établissement.  Ils n'ont pas d'enfants. Ils payent 650 euros d'impôts sur le revenu par an.

 

Leur employeur, Gérard Mulliez, gagne un milliard d'euros par an. Il réside en Belgique dans le célèbre village qui a accueilli Gérard Depardieu, cet autre grand patriote. Il a payé cette année 135 euros d'impôts sur le revenu.

 

La société de Gérard Mulliez est imposée à 1% sur les bénéfices.

 

Les truands ne sont ni Mulliez ni Depardieu. Ce sont les gouvernants européens qui permettent et organisent ce type de scandale.

 

 

 

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 05:26

La différence entre le PDG de Ryanair et ceux des autres grandes sociétés mondiales est qu’il n’y a pas de différences. Michael O’Leary dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Un peu comme le PDG d’Air France, Alexandre de Juniac, qui s’est récemment lâché contre les conquêtes sociales des travailleurs de la compagnie. On en vient à se demander s’il n’y aurait pas un tropisme légèrement facho dans le monde de l’aviation. Mermoz le Croix-de-Feu, c’est un peu loin, tout de même !

 

Ce type, qui a raté ses examens à Trinity College, est l’un des fleurons les plus flamboyants du libéralisme et de l’individualisme forcenés. Un exemple anecdotique : en 2004, il a acheté une licence de taxi pour sa Mercedes pour pouvoir utiliser les voies réservées aux bus dans Dublin afin de gagner du temps dans les embouteillages.

 

Il est régulièrement condamné pour viol des lois européennes (qui sont pourtant douces pour lui et les siens). Il paye les amendes quand il a le temps. Son discours est aussi violent et cynique que celui d’un (faux) baron Sellière qui, lui, est suffisamment malin, pour ouater quelque peu la forme de sa férocité lorsqu'il évoque, avec un mépris d'acier pour l'État qui l'a subventionné et les travailleurs qu'il a ruinés, la financiarisation de ses sociétés. O’ Leary s’est entretenu avec Felix Gillette de Bloomberg Business. Ses propositions pour fracasser toujours davantage les travailleurs constitueront très bientôt le bréviaire des bonnes écoles de gestion (pardon : de management). Macron et Valls en rêvent la nuit.

 

À quoi servent les compagnies à bas coût (pardon : low cost) ? À gagner beaucoup d’argent évidemment en faisant en sorte que le facteur humain disparaisse de la surface de la terre, mais aussi à tirer vers le bas les compagnies “ normal cost ”. Quand ils ne meurent pas, les passagers de Germanwings permettent à ceux de la Lufthansa de voyager dans un grand confort tandis que les personnels de la maison mère rament tant est plus pour que leurs conditions de travail et leurs salaires restent décents.

 

Quant à Ryanair, désormais troisième compagnie européenne en Europe,  c’est toutes les compagnies qui sont dans son collimateur. De dérogations en captation de subventions publiques, de non respect des droits des travailleurs en économie sur les coûts d’entretien, c’est la première place que la compagnie vise désormais. Sans état d’âme : « Si personne ne m'aime, je m'en fous. Je n'aime ni les nuages ni les avions, je n'ai jamais voulu être pilote ! » Franche profession de foi du PDG.

 

Lorsqu’on verse des salaires médiocres, lorsqu’on exige de l’argent des petits aéroports pour que la compagnie veuille bien y faire escale, lorsqu’on facture aux clients tout ce qui ne relève pas strictement de la prestation aérienne (1 euro pour aller aux toilettes, par exemple), on peut effectivement obtenir un prix moyen par billet de 45 euros, contre 250 pour Air France. Pour O’Leary, un avion, c’est un bus avec des ailes. Ce en quoi il a tort car ce pourrait être un char à bœufs : il suffirait de remplacer les fauteuils par de la paille, où même les pilotes pourraient venir se soulager.

 

En septembre 2012, donc bien longtemps avant le désolant suicide du jeune Allemand dépressif, O’Leary déclarait qu’un seul pilote était suffisant puisque, grâce à l’informatique, les avions étaient de plus en plus faciles à piloter. Son neveu de 14 ans avait d’ailleurs réussi un vol sur simulateur. Le dynamique PDG proposait en outre d’abolir le droit de grève pour les pilotes (ce qu’avait accompli de facto Reagan dans les années 1980) et de remplacer les grévistes par des militaires ou des contrôleurs du ciel. N’hésitant pas à faire appel à l’économie du troc, O’Leary déclarait qu’il accepterait de se faire payer dans n’importe quelle monnaie, y compris « des chèvres grecques ». Taxer les obèses relève pour lui de la facétie anecdotique et de l'évidence. Tout comme la non fourniture d’une chambre d’hôtel aux passagers bloqués pour annulation de vol.

 

Géopoliticien différent, le PDG de Ryanair souhaite une crise économique radicale : « Une bonne récession de 12 à 18 mois, profonde et sanglante serait la bienvenue. Cela permettrait de comprendre l'absurdité de la lutte pour l'environnement. Et surtout, après 10 ans de croissance, cela permettrait aux entreprises de merde déficitaires de céder leurs avions à bas coût ».

 

Pour la bonne bouche, la meilleure proposition d’O’Leary reste tout de même les pipes gratuites en classe affaires (pardon : business class) :

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 09:32
De la fraude
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 05:24

La peur... la peur est un outil incroyablement puissant. Les récents attentats terroristes ont exacerbé ce sentiment, donnant ainsi la possibilité à nos gouvernants de proposer une loi qui, sous couvert de mieux protéger contre le terrorisme, va en réalité être une des plus liberticides jamais votées depuis celle sur l'état d'urgence.

 

Utilisant ainsi les gens qui sont morts pour la liberté d'expression, ou en raison de leur religion, un gouvernement de gauche (!) veut faire passer une loi qui ne va pas seulement concerner le terrorisme, la prolifération d'armes de destruction massive ou encore la contre-ingérence, mais qui va se glisser dans des domaines plus variés tels que les "intérêts majeurs de politique étrangère" et les "violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique".

 

Que viennent faire ces deux catégories dans la lutte contre le terrorisme? Quel rapport ont-elles avec la mort de journalistes, de personnes en raison de leur religion ou de nos collègues?

 

Qui va définir la nature de ces "intérêts majeurs" ou décider de ce qu'on doit considérer comme "violences collectives"? Une simple manifestation ne pourrait-elle pas être classée dans cette catégorie, vu le "risque" inhérent de ce genre de rassemblement qu'il tourne mal?

 

Toute personne participant à un rassemblement pourrait être mise sur écoute? Réalisez-vous ce que ça implique quant au respect de la vie privée?

 

Sans parler du flou juridique total qui entoure les outils qui seront ainsi à disposition des services de renseignements.

 

La CGT-POLICE comprend qu'il soit nécessaire de lutter activement contre toute forme de terrorisme, mais cela ne doit pas se faire au prix des libertés publiques !

 

Car c'est ce que cette loi est : une atteinte grave à ces libertés !

 

Et tout cela dans les mains d'une seule personne : le Premier ministre, qui décidera qui doit être surveillé ou non. Et on s'étonne que l'opposition annonce qu'elle va voter cette loi !

 

De l'avis même de Marc TREVIDIC, juge spécialisé dans le terrorisme, il s'agit de donner des pouvoirs exorbitants aux services de renseignements dans des domaines biens plus larges que la seule lutte contre le terrorisme, parlant de notions particulièrement vagues. Il précise que : "Ces pouvoirs exorbitants se feront sans contrôle judiciaire". Ne mentons pas aux Français en présentant ce projet comme une loi antiterroriste. Il ouvre la voie à la généralisation de méthodes intrusives, hors du contrôle des juges judiciaires, pourtant garants des libertés individuelles dans notre pays."

 

La CGT-POLICE, en mémoire notamment de nos collègues tombés pour protéger une liberté individuelle qu'est la "liberté d'expression", demande l'abandon de cette loi telle qu'elle a été présentée et en demande une nouvelle non seulement recentrée sur le terrorisme, mais dotée de garde-fous beaucoup plus importants qu'une simple commission administrative qui serait, comme à l'accoutumée, privée des moyens et personnels nécessaires à la mise en oeuvre de sa mission de surveillance.

 

ENSEMBLE, NE LAISSONS PAS LE TERRORRISME GAGNER : LUTTONS POUR PRÉSERVER NOS LIBERTÉS.

 

Paris le, 22 mars 2015

 

cgt.police.paris@gmail.com

Liberté d’expression : une mise en garde de la CGT-Police
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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 07:13

Je vais vous parler d’une région chère à mon cœur : le Yorkshire (en plus, ça rime !). La première fois que j’ai mis les pieds en Angleterre (en 1962), c’était dans un petit village près de Leeds. Mes plus vieux amis habitent un autre petit village près de York. En écrivant ces lignes, je pense au Wensleydale, et j’en salive. Ce que les habitants du Yorkshire ne savent pas tous, c’est que les premiers habitants de ce grand comté furent les Brigantes et les Parisii, des Celtes originaires de la région parisienne et des Alpes. Puis vinrent les Romains (qui firent long feu) et les Vikings (York vient du danois Jórvík). Raison pour laquelle les habitants du Yorkshire ont une bonne taille et sont de complexion d’un blanc presque laiteux.

 

Allez vous promener dans le bon air cinglant des Moors et dans la douceur des Dales, vous n’en reviendrez pas. Longez les murs de pierres à perte de vue. Allez vous geler sur les plages de Whitby et de Scarborough (la ville de Charles Laughton), plus toniques encore que celle de Bray-Dunes. Une fois dans votre vie, poussez jusqu’au petit village de Haworth, celui des sœurs Brontë, à quelques encablures de Leeds, où le vent des Hauts de Hurlevent souffle directement depuis l’Oural et vient se fracasser sur la maison sinistre qui surplombe le cimetière du village où furent rédigés les chefs-d'œuvre que l'on sait.

 

Ce grand comté de 12 000 km2 est une terre de contrastes. Quel rapport entre Bradford, ville désormais largement pakistanaise, Harrogate, ville de termes et petit bijou conservateur, Leeds et sa place financière, Sheffield et ses aciéries, Huddersfield qui symbolise à elle seule le déclin de l’industrie lainière et où naquit Harold Wilson, Doncaster où naquit la subtile Diana Rigg et où, autrefois, le charbon poussait mieux que les mauvaises herbes, York, cette merveille historique, la ville du conspirateur Guy Fawkes, du chocolatier Rowntree et du grand écrivain Auden. Aucun. Et je ne vous parle pas de la petite ville de Tadcaster, célèbre pour ses brasseries et son lycée que j’ai trop brièvement fréquenté et où j’ai connu Ed Bicknellle batteur et futur producteur de Dire Straits.

 

Pourquoi ces divagations personnelles ? Parce que j’ai appris récemment que le comté du Yorkshire – cinq millions d’habitants – avait créé plus d’emplois que la France entre 2010 et 2013 : 76 000 contre 66 000.

 

Est-ce que cette hirondelle yorkshirienne fera le printemps britannique, je n’en sais rien. Le fait est que l’emploi est reparti outre-Manche, avec la création, l’année dernière, de 143 000 postes, tandis que le chômage baissait de 0,3% (le pays compte actuellement 5,3% de chômeurs).

 

Pour encourageante qu’elle puisse être, la situation n’est pas totalement rose puisque les travailleurs britanniques gagnent aujourd’hui 1 600 livres de moins par an qu’en 2010 tandis que le nombre de ceux ne touchant qu’un salaire minimum vital a augmenté de 44%.

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 11:53

On rirait de ce bêtisier si nos vies, celles de nos enfants et petits-enfants n'avaient pas été en jeu.

 

Merci à la facétieuse Coralie Delaume d’avoir exhumé les âneries débitées en tranche lorsqu’il s’est agi de nous faire croire que l’infâme traité nous offrait le paradis pour les siècles à venir.

 

 

On a parfois la chance de tomber, en fouillant dans les recoins de certaines bibliothèques familiales, sur quelques perles dont on soupçonnait pas l'existence. 

 

C'est ainsi que je suis récemment tombée sur ce petit bouquin hilarant paru en 1997 et que je n'avais pas encore eu le bonheur de feuilleter : Le Bêtisier de Maastricht. Il recense les âneries les plus épaisses ayant été proférées pendant la campagne référendaire de 1992 par les partisans du « oui ». 

 

Parce que ça semble plus actuel que jamais et parce qu'il vaut mieux en rire, voici quelques extraits ! 

 

 

« L’Europe est la question d'avenir à la question du chômage (…) en s'appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde, sur une monnaie unique, la plus forte du monde, sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois » - Michel Sapin, 2 août 1992.

* Au bout du compte, Sapin a commencé très tôt à rencontrer des problèmes dans la réalisation de l’œuvre de sa vie : l'inversion de la courbe. Courage Michel, avec un peu de bol, dans 20 ans, on y est !

 

 

« Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d'humanisme et de lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé » - Michel Sapin, 6 mai1992.

* Magnifique ! Dommage que sa carrière de poète ait été si courte. Et que sa carrière de ministre soit si longue....

 

« Maastricht permettra d'équilibrer une réalité financière par une réalité politique et sociale » Laurent Fabius, 16 septembre 1992.

* Dommage que sa carrière de prophète ait été si courte. Et que sa carrière de ministre, etc.(cf.supra). Il votera non au traité suivant.

 

« On ne peut dire que oui : oui à la paix, oui à la compréhension entre les peuples, oui à l'union qui fait a force ». Jacques Delors, 24 août 1992.

* On dirait les dialogues d'un film pour adultes : oh oui, oh oui, oh ouiiiiiiiiiiiii !

 

« Le oui étant majoritaire chez les jeunes, faut-il inventer une gériatrie du non ? ». Bernard Kouchner, 31 août 1992.

* Quid d'une gériatrie spécifique pour les types tellement séniles qu'ils ne savent plus s'ils sont socialistes ou sarkozystes ?

 

« Peut-être que le Président considérera que sa tâche est accomplie et que, le oui l'ayant emporté, il préférera arrêter son mandat. (…) Je n'ai aucune information me permettant de penser cela ». Dominique Strauss-Kahn, 15 septembre 1992.

* Parfois, il y en a qui préfèrent ne même pas le commencer, leur mandat.

 

« Le monde entier a les yeux fixés sur la France ». Jacques Delors, 18 septembre 1992.

* Nationaliste !

 

« Ce traité lutte contre la bureaucratie. Le Parlement européen va désormais mieux contrôler la Commission ». Laurent Fabius, 26 août 1992.

* C'est vrai : vingt ans plus tard, la bureaucratie est terrassée.

 

« Il faut expliquer, expliquer, expliquer pour convaincre, convaincre, convaincre ». François Mitterrand, 26 août 1992.

* Tout à fait : il faut faire de la pédagogie, de la pédagogie, de la pédagogie.

 

« La traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l'expérience socialiste pure et dure ». Alain Madelin, 4 septembre 1992.

* Ça en revanche, c'était bien vu. On aurait pu aller plus loin, et y voir un torpillage définitif de toute idée de gauche.

 

Au sujet du « non » danois au référendum du 2 juin : « Ce ne sont tout de même pas ceux qui ont laissé en Europe que les traces dévastatrices des Vinkings et les petits contes d'Andersen qui vont arrêter une construction aussi grandiose que celle de la Communauté européenne ». Patrick Devedjian, 3 juin 1992.

* Les Scandinaves, de toute façon, tous des barbares....

 

« Nous aurons l'Allemagne que nous méritons (…) Otto von Bismark est mort. Le 20 septembre, en refusant de ratifier le traité de Maastricht, nous pouvons le ressusciter, pour notre plus grand désagrément ». Franz-Olivier Giesbert, 15 septembre 1992.

* Germanophobie, quand tu nous tiens....

 

« Moi aussi, j'ai peur. Peur de l'Allemagne. De ce que deviendrait l'Allemagne dans une Europe désagrégée où, dégagée des contraintes de la Communauté, elle se déploierait. Il ne faut pas prendre l'Allemagne pour un gros chien dressé parce qu'elle a été irréprochablement démocratique depuis 45 ans ». Françoise Giroud, 3 septembre 1992.

* Oui : la France a peur. Car les Teutons, de toute façon, tous des barbares....

 

« Je suis persuadé que les jeunes nazillons qui se sont rendus odieux à Rostock votent non à Maastricht ». Michel Rocard, 17 septembre 1992.

* Et qu'on se le tienne pour dit : c'est soit l'Europe, soit les nazillons.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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