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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 05:13

Ci-dessous une réflexion pas très réjouissante du philosophe Denis Collin :

 

Un son­dage donne la gauche à 13%, la droite à 39% et le reste au « centre » (c’est-à-dire encore à droite). Et les com­men­ta­teurs de s’étonner de cette quasi-dis­pa­ri­tion de la gauche. On pour­rait mettre en cause le son­dage (il s’agis­sait de se clas­ser sur une échelle gauche/droite de 0 à 10). Mais ce son­dage cor­ro­bore d’autres son­da­ges (celui par exem­ple qui don­nait 1% au can­di­dat PCF et 3% au can­di­dat PS lors des pré­si­den­tiel­les) mais aussi les élections, en dépit du trompe-l’œil du 2e tour des muni­ci­pa­les, réa­lisé dans les condi­tions abra­ca­da­bran­tes­ques que l’on sait avec plus de 60% d’abs­ten­tion.

En vérité, la dis­pa­ri­tion de la gauche n’est une sur­prise que pour ceux qui se croient de gauche parce qu’ils conti­nuent de faire leur petite tam­bouille dans les mar­mi­tes de ce qui reste de la gauche. La gauche dis­pa­raît parce qu’elle a perdu, peut-être défi­ni­ti­ve­ment l’appui des clas­ses popu­lai­res. Et pour­quoi cela ? Parce que les sala­riés et les chô­meurs seraient ral­liés au libé­ra­lisme, à la pri­va­ti­sa­tion de la pro­tec­tion sociale, à la fin de l’assu­rance chô­mage, à l’école payante et à la fin de l’État social, modèle 1945 ?

Que nenni ! Toutes les enquê­tes d’opi­nion mon­trent que la masse du « petit peuple » reste pro­fon­dé­ment atta­chée à ces conquê­tes socia­les. Mais la gauche, empor­tée par le poids mort de ses som­mets qui se situent dans les clas­ses « ins­trui­tes » (demi-ins­trui­tes serait plus juste) a délaissé les préoc­cu­pa­tions des clas­ses popu­lai­res pour ne s’occu­per que du nom­bril des nou­vel­les clas­ses moyen­nes intel­lec­tuel­les qui habi­tent les cen­tres-villes, ado­rent la mon­dia­li­sa­tion et par­lent cou­ram­ment le glo­bish.

Ce qui inté­resse la gauche, c’est d’être pour l’Europe (Europe, Europe, Europe, disent-ils en sau­tant comme des cabris). Ce qui inté­resse la gauche, ce sont les indi­gé­nis­tes, petits bour­geois qui se disent colo­ni­sés et récla­ment tou­jours plus, et sur­tout plus que ce que leurs talents et leur ins­truc­tion leur per­met­tent, et se disent vic­ti­mes de dis­cri­mi­na­tion quand ils n’ont pas tra­vaillé un tant soit peu sérieu­se­ment.

Ce qui inté­resse la gauche, ce sont ses amis isla­mis­tes, chefs de sectes et petits voyous comme la famille Traoré, parce que ces gens contrô­lent les « quar­tiers » et pro­met­tent d’assu­rer l’élection de quel­ques dépu­tés ou la conquête de quel­ques mai­ries.

Ce qui inté­resse la gauche, ce sont tous les cin­glés nar­cis­si­ques les plus extra­va­gants, les végans ou les LGBTQ+ préoc­cu­pés de leurs peti­tes per­son­nes et de leurs peti­tes manies névro­ti­ques trans­for­mées en centre du monde. Ce sont toutes ces bandes qui pro­meu­vent la « can­ce­led culture », cette nou­velle forme de fas­cisme visant à inter­dire toute libre expres­sion et ostra­ci­sant toute per­sonne qui leur déplait – il arrive par­fois, voir l’affaire Girard, que ces gens se dévo­rent entre eux, la folie du pré­tendu « purisme moral » n’ayant évidemment aucune limite.
 

Si être de gauche, c’est appar­te­nir à ce petit milieu des cen­tres gen­tri­fiés des gran­des villes et par­ta­ger les vues de tous ces grou­pus­cu­les qui font de plus en plus l’effet de ramas­sis de cin­glés, alors évidemment, on n’a aucune envie d’être de gauche.
 

La seule issue qui aurait pu exis­ter à gauche était LFI qui a ras­sem­blé sur le nom de Mélenchon plu­sieurs mil­lions de voix d’électeurs de gauche tra­di­tion­nels, sen­si­bles au dis­cours répu­bli­cain et social du can­di­dat. Malheureusement, LFI, sous l’impul­sion de son pré­si­dent « moi, je » est tombée du mau­vais côté, du côté Obonno-Coquerel pour l’indi­gé­nisme et le com­mu­nau­ta­risme, du côté végan pro-bêtes de Lachaud. Du reste, après une raclée aux Européennes, LFI a dis­paru aux muni­ci­pa­les noyées dans des allian­ces étranges avec les plus dignes repré­sen­tants du nou­veau fas­cisme ver­dâ­tre.
 

Être de gauche dans ces cir­cons­tan­ces, il faut avoir le cœur bien accro­ché ! Tous ces gens « de gauche », toutes ces mino­ri­tés bruyan­tes com­plai­sam­ment relayées par les grands médias ren­for­cent chaque jour un peu plus la droite, la vraie et se pré­pa­rent d’ailleurs des len­de­mains dou­lou­reux. Après l’ivresse, vien­dra la gueule de bois. Il ne sera plus temps de pleu­rer.

Nous sommes « après la gauche » (voir mon livre éponyme). C’est autre chose qu’il faut cons­truire, un nou­veau socia­lisme, un socia­lisme décent, bâti autour des cli­va­ges de clas­ses et prêt à affron­ter les défis à venir.

Denis COLLIN -

Nous sommes "après la gauche"
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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:07

 

Serge Halimi nous rappelle que les Etats-Unis sont en guerre avec l’Afghanistan depuis 20 ans : « Les soldats américains de 18 ans qui partent aujourd’hui faire la guerre en Afghanistan n’étaient pas encore nés quand elle fut déclenchée. En 2012, M. Donald Trump avait déjà tranché : « Il est temps de quitter l’Afghanistan (1). » Il n’est pas acquis qu’il parvienne à ses fins mieux que son prédécesseur Barack Obama. Car chacune des tentatives de désengager les États-Unis militairement d’un pays quelconque — la Syrie, la Libye, la Corée, l’Allemagne — provoque une levée de sabres à Washington. Aussitôt le lobby de la guerre se récrie : les Russes sont là ! les Russes arrivent ! Le budget militaire des États-Unis (738 milliards de dollars en 2020) a beau représenter plus de dix fois celui de la Russie, agiter le grelot de Moscou suffit pour que républicains et démocrates hurlent ensemble leur effroi. Et ils savent pouvoir compter sur le soutien éditorial du New York Times. »

 

Un article novateur sur la langue japonaise par Mizubayashi Akira : « « Langue servile » et société de soumission.Il est impossible, en japonais, de s’adresser en termes identiques à un supérieur ou à un collègue de travail, ni même de parler à son frère aîné comme à son cadet. La langue s’encastre dans une société verticale où la soumission est érigée en vertu. »

 

Une enquête de David Garcia sur France Inter : « France Inter, écoutez leurs préférences : Depuis quelques mois, France Inter s’enorgueillit d’être la radio la plus écoutée du pays : 6,1 millions d’auditeurs chaque jour, selon la dernière enquête Médiamétrie. Soit. Mais que valent ses émissions et, surtout, à qui sont-elles destinées ? Au fil des innovations (et des purges), la machine est devenue plus performante et moins surprenante. Sociologiquement, idéologiquement, la chaîne généraliste du service public, censée « donner une image la plus réaliste possible de la société française », semble s’adresser à une France particulière. Au point de mépriser les auditeurs qu’elle juge indignes de ses lumières ? »

 

Pierre Carles nous rappelle que Georges-Ibrahim Abdallah est en prison en France depuis plus de 30 ans pour complaire aux Etats-Unis : « La convention européenne des droits de l’homme interdit de maintenir un condamné en prison « sans aucun espoir de sortie ». Cela semble pourtant correspondre au sort du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré en France depuis plus d’un tiers de siècle. La prolongation de sa détention doit beaucoup au climat créé par des attentats auxquels il est étranger. »

 

Christophe Trontin lève le voile sur ces chercheurs russes « Confinés dans les villes secrètes de l’atome soviétique.De la bombe H à la conquête spatiale, la plupart des grands programmes technologiques soviétiques ont vu le jour entre les murs de villes secrètes. Scientifiques, ingénieurs et ouvriers y vivaient en vase clos, dans un univers relativement préservé. Depuis la chute de l’URSS, ces cités peinent à trouver un nouveau souffle. À l’image de Sarov, un des centres de recherche sur le nucléaire militaire. »

 

Un article intéressant de Thomas Frank sur les populistes et la médecine aux Etats-Unis : « Les populistes américains contre le lobby des médecins. L’incurie des présidents Donald Trump et Jair Bolsonaro face à la crise sanitaire a conforté l’idée que les « populistes » seraient hostiles à la science, médicale en particulier. L’histoire des États-Unis et du Canada rappelle le contraire : les populistes se sont battus pour démocratiser le savoir et la santé pendant que la corporation des médecins s’employait à les réserver aux riches. »

 

Un article intéressant de Thomas Frank sur les populistes et la médecine aux Etats-Unis : « Les populistes américains contre le lobby des médecins. L’incurie des présidents Donald Trump et Jair Bolsonaro face à la crise sanitaire a conforté l’idée que les « populistes » seraient hostiles à la science, médicale en particulier. L’histoire des États-Unis et du Canada rappelle le contraire : les populistes se sont battus pour démocratiser le savoir et la santé pendant que la corporation des médecins s’employait à les réserver aux riches. »

 

Thelma Katebi nous explique ce qu’il en est d’être chanteur en Iran : « Confrontés à la censure et à l’ordre moral imposés par l’appareil théocratique, les artistes iraniens oscillent entre autocensure, obligation de composer avec l’administration ou exil, que ce soit à Londres ou, surtout, à Los Angeles. Vilipendé par les autorités, qui le qualifient d’« indécent » et qui interdisent ses concerts, le rap rencontre l’adhésion d’une jeunesse en mal d’ouverture politique. »

 

Le Monde Diplomatique (243)

 

Arthur Asseraf nous emmène aux origine de la presse arabe : « Au début du XIXe siècle apparaissent les premiers journaux en langue arabe, qui ont longtemps eu une finalité administrative. Par la suite, les pouvoirs coloniaux y ont vu un outil pour s’adresser directement aux populations autochtones et diffuser leur propagande dans l’ensemble du monde arabophone. Les titres indépendants ont bénéficié, eux, du savoir-faire de maronites syro-libanais. »

 

Pour Mohammed Lari Bouguerra, le hadj est l’autre pétrole des Saoud : « Le pèlerinage à La Mecque, cinquième pilier de l’islam, garantit une manne perpétuelle aux autorités saoudiennes. Pour recevoir un nombre toujours plus important de visiteurs, les dirigeants wahhabites n’hésitent pas à transformer la ville sainte en chantier permanent, quitte à la défigurer. L’ambition d’accueillir toujours plus de pèlerins pose de graves problèmes de sécurité et de santé. »

 

Hélène Ferrarini revient sur l’historien marxiste Walter Rodney, oublié au Guyana : « En 1980, 35 000 personnes assistaient, à Georgetown, à l’enterrement de Walter Rodney, opposant au pouvoir en place, assassiné. Quarante ans plus tard, au Guyana, on cherche en vain des traces de l’historien marxiste, qui voulait remplacer la politique ethnique de son pays par des organisations fondées sur une solidarité de classe. »

 

Cédric Gouverneur lance un cri d’alarme : « La Bolivie affronte l’agonie de ses glaciers. « Témoins par excellence des évolutions du climat terrestre, la plupart des glaciers connaissent une phase de décrue. Dans les Andes tropicales, cette fonte s’accélère depuis trente ans et hypothèque l’irrigation, la production d’électricité ou l’alimentation en eau. De grandes métropoles comme La Paz, en Bolivie, voient une partie importante de leurs ressources menacées. »

 

Philippe Baqué explique la Polémique sur la restitution des objets d’art africains : « Voilà près de trois ans que le président Emmanuel Macron s’est engagé à restituer les biens culturels africains pillés pendant la colonisation. Depuis, la promesse est prise dans un parcours d’obstacles. Tandis que les collectionneurs et musées européens freinent des quatre fers, les pays spoliés peinent à réunir les conditions nécessaires pour la réception et la conservation de ces œuvres. »

 

Un conte écrit pour Le Monde Diplomatique par Yan Lianke : « Babel jeune et innocente. Écrivain parmi les plus oniriques de son temps, Yan Lianke s’empare des maux de la société chinoise, au risque parfois d’être censuré dans son propre pays. Mais il ne cède rien à son engagement, à son humour et à sa plume. Celui qui révèle la vérité- ou tout simplement la réalité — le paye parfois de la mort. »

Mais à quoi servent donc les artistes, demande Evelyne Pieiller ? « Depuis le XIXe siècle, les artistes se demandent avec inquiétude s’ils vont pouvoir vivre de leur pratique et (ce qui n’est pas sans rapport) quel est leur rôle dans la société. Cependant, cette dernière se le demande tout autant. Parasite inspiré ? Fournisseur de supplément d’âme ? L’artiste a-t-il une spécificité qui puisse le rendre utile et utilisable ? »

 

Aurélie Catin plaide pour plus de sécurité sociale dans la culture : « Le monde de l’art et de la culture, violemment touché par la gestion de la crise sanitaire, se voit confronté aux limites d’un modèle où la rémunération est très liée à la dynamique des marchés. Étendre et renforcer le statut de l’intermittence pour aller vers le salaire à vie, conçu comme un droit politique, permettrait aux travailleurs des arts d’affranchir leurs activités du capital et des subsides étatiques. »

 

Pierre Rimbert nous met en présence de « La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire. La société, lit-on souvent, serait divisée entre les 1 % les plus riches et les 99 % restants. Mais ce résumé-choc évacue les inégalités liées aux diplômes. Et dissimule le rôle joué par la bourgeoisie intellectuelle, qui, même lorsqu’elle sert les 1 %, aime se représenter dans le camp des opprimés. Cette couche sociale issue de la « méritocratie » transmet ses privilèges à ses descendants, comme l’aristocratie d’autrefois. »

 

Agathe Mélinand nous met en présence « des usages de Bach. De 1750, date de la mort du cantor de Leipzig, à nos jours, l’héritage musical de Jean-Sébastien Bach, qui posa les bases de la tonalité, n’a jamais cessé de fructifier. Une victoire de la « musique absolue », tour à tour célébrée, interprétée, récupérée… »

 

Benoît Bréville s’adresse aux « pétitionnaires de tous les pays : PRIVES de voyages, de restaurants et de shopping, les vedettes s’ennuyaient pendant le confinement. Elles ont donc fait des concerts de salon, des entretiens par webcam, des photos #Stayhome sur Instagram et même des performances engagées sur YouTube, tels ces vingt-cinq artistes américains qui entonnèrent en chœur, depuis de luxueuses résidences, Imagine, de John Lennon : « Imagine la fin de la propriété, imagine tous les gens se partageant le monde. » Désireuses de donner leur avis sur l’actualité, d’autres célébrités se sont également découvert des talents de pétitionnaire. Deux cents artistes et scientifiques ont ainsi signé le manifeste « Non à un retour à la normale » lancé début mai par la comédienne Juliette Binoche et l’astrophysicien Aurélien Barrau, avec le soutien de Madonna, Robert De Niro et Emmanuelle Béart. « Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. (…) La transformation radicale qui s’impose — à tous les niveaux — exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé », affirme un texte sans concession. Qui rappellera ces constats à Isabelle Adjani, Monica Bellucci ou Guillaume Canet la prochaine fois qu’ils tourneront une publicité pour L’Oréal, Christian Dior ou Caprice des Dieux ? »

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 05:18

 

 

L’Obs nous présente Sir Jim Ratcliffe, pollueur en chef et énorme propriétaire foncier :

 

« Ce milliardaire britannique pro-Brexit, qui a fait fortune dans la chimie et le plastique en partant de rien, veut maintenant produire des gros 4x4 dans l’usine Smart de Moselle.

 

La nature, aussi sauvage que préservée, des fjords d’Islande fait facilement glisser le visiteur dans une douce mélancolie : « Sur toute la planète, l’être humain a endommagé, d’une façon ou d’une autre, une bonne partie de la nature qui l’entoure. C’est pour cela que les lieux laissés vierges par l’homme ont un caractère unique. »

 

Celui qui s’exprime ainsi au micro d’une radio locale de cette île de glace est un Britannique filiforme de 67 ans à la mèche rebelle, qu’on imagine volontiers prof à Cambridge ou Oxford. Sauf qu’il est milliardaire, n’a rien d’un rêveur et est devenu le plus gros propriétaire foncier d’Islande, pas seulement pour préserver les saumons sauvages qu’il adore pêcher : « Je pense que de tels lieux vaudront de l’argent car les individus aiment voyager là où les paysages sont restés intacts. »

 

Le Grand Soir révèle que « Le gouvernement britannique refuse de communiquer des informations sur la juge d’Assange, qui a 96% d’antécédents en matière d’extradition.

 

Le ministère britannique de la justice bloque la publication d’informations élémentaires sur la juge qui doit statuer sur l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis dans ce qui semble être une application irrégulière de la loi sur la liberté de l’information.

 

Declassified a également découvert que la juge, Vanessa Baraitser, a ordonné l’extradition dans 96% des affaires qu’elle a présidées et pour lesquelles des informations sont accessibles au public.

 

Baraitser a été nommée juge de district en octobre 2011 au Chief Magistrate’s Office de Londres, après avoir été admise comme avocate en 1994. Aucune autre information à son sujet n’est disponible dans le domaine public.

 

Baraitser a été critiquée pour un certain nombre de ses jugements à ce jour concernant Assange, qui est incarcéré dans une prison de sécurité maximale, HMP Belmarsh à Londres, depuis avril 2019. Ces décisions incluent le refus de la demande de libération sous caution d’urgence d’Assange pendant la pandémie de Covid-19 et le fait de le faire asseoir derrière un paravent de verre pendant l’audience, plutôt qu’avec ses avocats. »

 

Assange est père de deux enfants. Leur mère est sa compagne et avocate Stella Morris (BG).

 

 
Revue de presse (333)

 

Pour le blog Lien Social, « Le soin n’est pas que médical :

 

 Moins visibles que les soignants, c'est à bas bruit que les travailleurs sociaux répondent à la misère et à la détresse, aux angoisses et aux craintes des exclus d’un monde qui ne tourne plus vraiment rond. L'occasion d'un coup de projecteur et d'un hommage mérités.

Nous, travailleurs sociaux, sommes également du personnel soignant. Soignant d’une société qui produit des exclus et d’un monde qui ne tourne plus vraiment rond.

Nous sommes soignants des injustices et des disparités, en soins palliatifs des systèmes qui dysfonctionnent. Nous sommes soignants des fragiles et de ceux qui ont besoin de protection. Nous soignons des enfants, des personnes handicapées, des grands exclus ou des personnes exilées. Comme autant de maux d’une société qui écrit sur le fronton de ses mairies l’égalité et la fraternité, nous soignons pour que chacun puisse y envisager sa place.

Nous n’avons ni gyrophare, ni blouse blanche. Nos services de réanimation s’appellent Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), 115 ou Foyer de l’enfance. Ils sont ouverts 365 jours par an, 24h/24h et accueillent celles et ceux pour qui il est soudainement devenu vital de trouver un abri.

La misère et la détresse ne se confinent pas. Les angoisses et les craintes non plus. Pour respecter les consignes sanitaires, les portes des établissements se ferment mais elles laissent béantes les blessures et les peurs. Elles imposent un huis clos précaire où cohabitent des personnes qui ne sont pas choisies, et restreignent les soupapes que constituent les contacts extérieurs. De soignants, nous devons alors pompiers.

Il y a peu de profession qui puissent se targuer d’un tel engagement de ses acteurs. Le dévouement des soignants dans les hôpitaux – s’il doit être applaudit- ne doit pas éclipser celui des travailleurs sociaux qui chaque jour prennent leur service sans disposer de masques ou de gel hydroalcoolique. Qui chaque jour mettent leurs angoisses personnelles en sourdine pour pouvoir recevoir et accompagner celles des autres. Qui chaque jour s’exposent dans la promiscuité des institutions sans pont aérien ni institution de campagne. Qui au nom de la continuité des missions qui leur sont confiées ne regardent ni leurs heures, ni leurs congés et font preuve d’une solidarité exemplaire au sein des équipes.

Je suis fier aujourd’hui de faire partie de cette profession. Fier de l’abnégation qu’elle représente et de la vision fraternelle de la société qu’elle véhicule. Fier de mes collègues qui se battent au quotidien pour offrir le meilleur dans les conditions les pires. »

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 05:02

 

Chassez le naturel… Certains députés marcheurs ne sont que des « Prout ma chère », des petites frappes intellectuelles qui vouent pour les gens du peuple un mépris d’acier.

 

L’élue de La France Insoumise Caroline Fiat a récemment révélé que certains députés Marcheurs l’appelaient « Bac moins deux ». Il faut dire que, dans le civil, Caroline Fiat est aide-soignante. Elle a travaillé sept ans en EPHAD. Une moins que rien (on se souvient de « ceux qui ne sont rien » du banquier éborgneur) pour un Marcheur de base pour qui une personne qui vaut 1000 euros par mois ne mérite pas les ors de la République.

 

Pendant le confinement, alors que les valets du banquier éborgneur se protégeaient au petit poil, Caroline Fiat avait volontairement repris du service au CHU de Nancy, en réanimation. Avec tous les risques que cela comportait.

 

Ensuite, pour elle, la vie de femme politique a repris son cours (elle est la première aide-soignante a siéger sur les bancs de l’Assemblée nationale). Elle envoya ainsi un SMS au ministre Olivier Véran (ce ministre Marcheur qui, pendant des mois, a commis erreur sur erreur dans sa gestion de la pandémie) pour lui déconseiller d’accorder une prime « Covid » aux soignants. On sait bien qu’une prime est toujours un facteur de division. Ce SMS resta sans réponse.

 

Dans quelques années, Caroline Fiat continuera à œuvrer dans la vraie vie, au service des autres. De La République en Marche, il ne restera rien. Pas un élu d’importance, pas de trace dans le paysage politique français. Ces élus provisoires et inutiles ont donc intérêt à profiter du temps qu’il leur reste pour marquer leur mépris pour le peuple et pour continuer leur travail de sape des fondements de la République.

La nature fascisante de certains Marcheurs
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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 05:16

Ci-dessous, de larges extraits d'un article de Gilles Questiaux publié par Réveil Communiste :

 

La révolution démocratique moderne dont la Révolution française était l’initiatrice et le modèle type voulait donner au peuple le pouvoir, en expulsant de la nation les élites aristocratiques. Une immense majorité seule légitime expulsait une minorité qui accaparait richesse, pouvoir et honneur. La démocratie étymologiquement signifie le « pouvoir au peuple », et par le mot « peuple » il s'agissait en 1789 de désigner les 98% des Français qui appartenaient au Tiers État , ceux qui jusque-là « ne sont rien » (comme dirait Macron), ceux qui « sont tout », et qui ne veulent pas seulement devenir « quelque chose » comme dans la célèbre brochure de l'Abbé Sieyès, mais vraiment tout. Les aristocrates à la lanterne ! Une fois le peuple épuré de ces oppresseurs au pouvoir, c'est la loi de la majorité qui régnerait. Pendant la révolution, c'était une minorité agissante au sein du peuple, le peuple parisien des sans-culottes, qui la dirigeait dans ce but, encore que confusément.

 

La révolution sociale qui apparut clairement consciente de soi en 1848 avait un autre but, elle n'était pas à proprement parler démocratique, elle ne demandait pas l'égalité des droits  mais l'égalité réelle des richesses et la société sans classe. Pour l'obtenir, elle voulait donner au prolétariat la dictature, le prolétariat industriel moderne étant minoritaire (minoritaire à tel point que les ouvriers de l'industrie moderne étaient moins nombreux dans la Grande Bretagne décrite par le Capital de Marx que les domestiques, en 1867). Mais le prolétariat nouvellement apparu avec la révolution industrielle était une minorité particulière qui avait le pouvoir et le vouloir de se supprimer : elle ne cherchait pas à améliorer les conditions dans lesquelles elle était exploitée, mais grâce à la conscience acquise dans la lutte, à supprimer l'exploitation, ou à plus justement parler, à mettre la plus-value qui en provient au service de l'intérêt commun de toutes les classes.

 

La perspective ultime de la révolution prolétarienne est celle d'un monde sans classes, unifié et démocratique, où l'intérêt de la majorité prévaudra réellement dans les décisions et dans la désignation des responsables, et non illusoirement comme c'est le cas dans nos démocraties libérales avec suffrage universel : ce système où les pauvres sont invités à voter pour les riches, et où la démocratie se renverse en son contraire. On sait depuis mars 1848 que ce n'est pas par le vote qu'on va y arriver. Le vote dans une société de classe, même au suffrage universel, ne peut que ratifier le rapport de force et les résultats acquis de la lutte politique.

 

Le processus politique consistant à amalgamer des intellectuels bourgeois issus des minorités à la classe ouvrière pour créer son avant-garde politique avait commencé à s'enrayer. Au début, ce sont d'ailleurs les ouvriers occidentaux qui donnèrent l'impression de s'embourgeoiser, et les minoritaires qui maintinrent, en apparence, le flambeau révolutionnaire et arborèrent le drapeau rouge. Mais le processus d'intégration de minorités en tant que telles dans le spectacle bourgeois, même déguisées en révolutionnaires, signifiait aussi le déclin de leur créativité révolutionnaire.

 

En additionnant des minorités, on ne fait pas longtemps une majorité, ni une démocratie, ni une société sans classes. Si on institutionnalise les minorités, on ne fait que rétablir des privilèges, à l'intention des groupes bourgeois ou petits-bourgeois qui dirigent ces minorités : les quotas dans les universités de la Côte Est américaine, par exemple, ont servi à ce recrutement, et les individus doués sélectionnés, au lieu de renforcer l'avant garde du prolétariat, viennent apporter un sang neuf à la société bourgeoise et freiner sa décadence historique. En France, la politique actuelle de recrutement direct d'étudiants en IEP dans les "quartiers" poursuit le même objectif.

 

La revendication du droit des minorités est antidémocratique et antisociale. Dit comme cela, cela peut sembler abrupt ! Mais cette constatation est au cœur du désastre interminable de la gauche occidentale qui dure depuis deux générations et qui risque maintenant de s'étendre au reste du monde, puisque cette gauche s'épuise à réclamer toujours plus de droits, de plus en plus contestables, pour des minorités toujours plus nombreuses, et toujours plus petites. La gauche en cela participe à l'atomisation de la société, par la diffusion de l'individualisme de masse du dernier capitalisme, celui du dernier homme.

 

La gauche est passée de la défense de la majorité exploitée à la promotion des minorités opprimées, ou «dominées ». Ce qui signifie aussi de la révolution à la réforme. Car il est plus aisé d'améliorer leur condition matérielle par des réformes lorsqu'on se décide de le faire, que d'améliorer celle de majorité. Et c'est bien pour cette raison que le modèle multiculturel étasunien, déjà pas très glorieux à domicile, n'a pas marché du tout en Afrique du Sud ! Puisque là, la « minorité » noire qu'il s'agit de promouvoir à la marge n'en est pas une !

 

Il est assez facile de constituer en pratiquant la "discrimination positive" (quel oxymore !) dans chaque groupe minoritaire historique une clientèle politique sous la forme d'une couche sociale qui la contrôle, qui en fait une communauté séparée, et qui dissocie en fragments hostiles la nation démocratique en la transformant en une collection des ghettos juxtaposés. 

 

Le vrai nom de la coalition gauchiste postcommuniste et trotskyste "Ensemble" qui est un exemple bien français d'une de ces clientèles devrait être "Séparés" ! L'antiracisme est progressiste tant qu'il lutte contre des lois, ou contre des pratiques institutionnelles qui sont comme des lois. L'antiracisme qui veut aller au-delà de la lutte pour les droits civiques et corriger les effets économiques de l'exploitation par des aides ou des indemnités, quand elles sont destinées exclusivement aux membres d'une minorité, et non tous, est réactionnaire, séparatiste, et tout bonnement raciste. Pire encore lorsqu'il se borne à chercher à l'exploitation des compensations symboliques, dont la plus bête est encore de farcir artificiellement les livres d'histoires d'individus dont le seul mérite est d'être issus de groupes opprimés (alors que leur oppression se mesure justement par le fait que l'histoire réelle les a exclu, et que rien ne pourra le réparer!). Le minoritaire défendu par ses ayants-droits est alors sans cesse reconduit dans l'identité d'une victime du racisme et dégradé ontologiquement. La dialectique du maître et de l'esclave est remplacée par celle de l'esclave et de l'esclave.

 

Cela dit, ce n'est pas une démocratie, mais un empire libéral qui est le milieu politique le plus favorable au maintien indéfini des minorités, avec leur culture particulariste fétichisée, leurs rituels volontiers absurdes, leurs mythes, superstitions et préjugés, leur mauvais roman historique, et l'expérience des empires autoritaires montre qu'elles y durent aussi fort bien, malgré le retour périodique de persécutions (dans les États des Ottoman, Romanov, Habsbourg, etc). C'est pour cette raison que les ayants-droits des minorités et des séparatistes sont partout des enthousiastes de l'Union européenne, cette Autriche-Hongrie élargie.

 

Le monde des minorités célèbre parfois des héros, en général présentés comme des activistes non-violents au prix d'une forte réécriture de leur biographie, comme dans le cas de Luther King, mais il préfère de loin célébrer les victimes. Le passage de l'exaltation de la figure du héros de la résistance à la victime innocente de massacres perpétrés par un « totalitarisme » qui n'est qu'une figure du démon, est significatif de la leçon d'histoire qu'on veut nous faire avaler : en cas de troubles politiques restez tranquilles et ne touchez à rien en attendant l'arrivée de l'US Army !

 

Car il est bien plus facile de gouverner des victimes que des héros : la victime est honorée d'une manière perverse, car elle ne peut pas faire l'objet d'une émulation autre que masochiste. On rêve d'être héroïque, et on est bien content de ne pas partager le lot des victimes. Mais la victime est la figure symbolique qui convient à la minorité en tant que telle, qui n'a pour se défendre dans un rapport de force que la compassion des aristocrates, ou des autres propriétaires de la société.

 

Le cas des femmes qui, si elles sont minorités  ne sont pas une minorité, est à mettre part : la question étant, le but du féminisme est-il de libérer la femme ou la bourgeoise ? La femme qui compte pour la moitié objective démographique du genre humain consiste en une singularité sans équivalent. La distinction homme – femme (qui, n'en déplaise à Simone de Beauvoir, n'est résolument pas culturelle mais biologique) est la seule distinction fondamentale légitime au sein de l'humanité, et en ce sens les questionnements de certaines féministes radicales qui, après une si longue oppression, veulent évincer les hommes, comme Valérie Solanas, méritent le respect (même si ce respect ne sera certainement pas réciproque). Solanas, c'est l'héroïne tragique impossible à récupérer par le féminisme réformiste inclusif, qui s'en est prise, à New York en 1968, à la vie d'Andy Warhol, le pape de l'art contemporain qui a aliéné la création artistique au capital (pour le punir de lui avoir volé un scénario de film).

 

La seule voie ouverte à la revendication féministe pour en finir avec l’oppression millénaire est la participation à la lutte du prolétariat, et surtout quand elle prend la forme d’une lutte révolutionnaire, et notamment d'une lutte armée. Les femmes sont le plus ancien prolétariat, qui fournit du travail gratuit depuis l'époque néolithique, quand il a été évincé de la direction de la société. Mais sans aller si loin, n'est-il pas clair que la défense qui paraît triviale à certains du statut de la Fonction publique, dont la grand majorité des bénéficiaires sont des femmes, est beaucoup plus utile à leur cause que le « pipi assis », l'écriture inclusive, ou la campagne de délation « me too »?

 

Le cas de minorités définies par l'orientation sexuelle est plus complexe, mais on pourrait dire que c'est le fait même de définir ainsi un sous-ensemble de l'humanité qui est abusif et discriminant. La sexualité est un ensemble de comportements, et non une identité naturelle. Les sexualités minoritaires sont liées historiquement à la division du travail et à la spécialisation professionnelle de groupes de soldats et de prostituées. La sexualité n'est pas définie seulement par le désir particulier des individus, mais aussi par l'interprétation collective de ce qu'est un désir légitime, ou une perversion. Dans ce domaine le Marquis de Sade n'est pas un révolutionnaire, mais comme l'avait vu Pasolini, un fasciste avant l'heure, dont le seul mérite est de montrer les noires contradictions des Lumières bourgeoises.


 

Le prolétariat et les minoritaires

 

Donc on peut conclure que la tâche du mouvement révolutionnaire n'est pas de promouvoir un prétendu «droit à la différence » mais de recréer la norme populaire de l'époque, et d'y fondre, d'y absorber les minoritaires dans l'indifférence. Une norme pour les hommes et pour les femmes de l'humanité, qui n'est d'ailleurs pas la même. 

 

Les minoritaires sont pour la plupart des prolétaires, à ce titre ils sont majoritaires, et ils sont légitimes dans les processus révolutionnaires démocratiques et sociaux. 

 

Incidemment, si l'on considère, ce qui se discute, que la « diversité » est une valeur en soi, et non une manifestation de la réification, il faudra à l'avenir conserver des frontières territoriales pour que la tonalité culturelle de chaque peuple se maintienne et pour que le voyage et la rencontre de l'autre ait un sens, un sens plus vrai que l’actuelle coexistence d'individus passifs de toute origine ethnique dont les enfants sont habillés en Mickey dans la file d'attente à l’enregistrement à Roissy !

 

Le projet communiste est un projet de monde sans frontière, mais cela signifie aussi un monde sans différence culturelle, un monde sans étrangers. Il faut savoir ce que l'on veut. Un étranger, c'est quelqu'un qui a une autre culture. Jusqu'à ce jour, la culture ne sera jamais qu'un produit des classes dominantes, et il n'y a pas de raison évidente qu'il faille que cette culture subsiste à leur disparition. Ce caractère éphémère d'une culture qui pose à l'éternité ne la rend pas moins indispensable, car elle n'est pas plus éphémère que nous le sommes nous-mêmes. Il ne s'agit pas de ne pas l'étudier et encore moins de l'éliminer, mais d'être lucide sur le fait qu'il s'agit en substance de distinction sociale et d'illusion idéologique et qu'à moyen terme, sous ses aspects de littératures, arts, langues, religions, elle disparaîtra, ce qu'elle fait déjà d'ailleurs spontanément sous les attaques répétées de la marchandise.

 

Le communisme est le mouvement minoritaire qui conduit une minorité, celle des ouvriers, et une minorité de cette minorité qui la représente, leur parti, au pouvoir politique. C'est la seule minorité dont l'objectif est sa propre suppression, c'est donc la seule qui est légitime car la seule qui peut conduire au pouvoir populaire de l'humanité sans classe à l'échelle mondiale.

 

GQ, 14 juin 2019, relu le 13 mai 2020

 

PS : le texte défend le projet d'une norme sociale et culturelle créée par le prolétariat au pouvoir. Cela ne signifie pas qu'il ne pourrait pas exister d'écarts individuels à cette norme. L'extension possible de cet écart dépend de la conjoncture historique, elle est plus grande dans une formation sociale sûre d'elle, prospère, et vivant en paix, que dans une pays assiégé. Par ailleurs cet écart n'a pas de valeur en soi, la liberté individuelle ne se mesurant pas à la possibilité de faire des écarts, mais à la possibilité de participer à la vie sociale de façon créative.

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 05:01

 

 

Ce mouvement fait preuve d'une nette tendance fasciste lorsque, aux Etats-Unis ou ailleurs, il interdit le slogan « All Lives Matter » (toutes les vies comptent) en exerçant par exemple des pressions sur certains directeurs d’entreprise pour qu’ils licencient des employés qui se risquent à énoncer ce slogan universaliste.

 

On a vu récemment des slogans mettant en avant la communauté juive étasunienne comme étant particulièrement privilégiée parce que juive. Ont été ressorties des statistiques sur la présence des Juifs dans les universités, à Hollywood ou dans l’édition, comparativement plus importante que leur présence dans le pays. L’antisémitisme, le philonazisme aux États-Unis sont une vieille histoire. Des personnalités prestigieuses s’y sont adonnées, comme Lindbergh ou Walt Disney. N'oublions pas que le Parti nazi américain, fondé en 1959 et toujours bon pied bon œil. Le pays a accueilli 10 000 nazis après la Deuxième Guerre mondiale. Il y a donc belle lurette qu’un terreau existe. On se souvient que, pendant la Guerre, certains restaurants et lieux publiques étaient interdits aux Noirs, aux Juifs et aux chiens (et aux Japonais). Est-ce que la militante pour les droits des femmes Linda Sarsour s’en souvenue lorsque le 16 juin dernier, elle a organisé une manifestation ouverte à tous « sauf aux flics et aux sionistes » ?


 

Le mouvement Black Lives Matter est-il antitisémite aux États-Unis ?

 

Comme par hasard, le mouvement Black Lives Matter aux États-Unis s’en est pris à un seul État étranger : Israël qui commet, selon ses dires, un « génocide » à l’égard des Palestiniens. Le 6 juillet 2020, le footballeur professionnel DeSean Jackson publia un message sur la plateforme Instagram contenant une fausse citation d'Adolf Hitler : « Because the white Jew knows that the Negroes are the réal Children of Israel and to keep America's secret the Jews will blackmail America. They will extort America, their plan for world domination won't work if the Negroes know who they were... » (« Parce que les Juifs blancs savent que les nègres sont les vrais enfants d'Israël, et pour garder le secret des États-Unis, les Juifs feront chanter les États-Unis. Ils pilleront les États-Unis, leur plan de conquête du monde échouera si les Noirs savent qui ils étaient… »). L'extrait comportait également le passage « Hitler was right » (« Hitler avait raison »). Un tel propos en France aurait été suivi d’une inculpation. Mais pas aux EU, où l’on ne peut plus, pendant ce temps, se permettre la moindre plaisanterie à l’égard des Noirs, des femmes, des immigrés. Récemment la célèbre journaliste de centre-gauche Barri Weiss a dû démissionner du New York Times, après avoir été traitée de nazie, alors qu’elle est juive. Il lui était reproché d’être trop ouvertement sioniste.

 

Cela fait des dizaines d'années que le chef de la Nation de l’Islam, Louis Farrakhan, affirme que les Juifs sont responsables de la traite des Noirs et de l’esclavage. En 1961 et 1962, il avait invité George Lincoln Rockwell, chef du parti nazi, à s’exprimer lors de congrès de son mouvement. En 1995, il déclara à l’adresse des Juifs : « vous  êtes la synagogue de Satan, et vous avez enroulé vos tentacules autour du gouvernement américain, vous trompez et vous envoyez cette nation en enfer ». Oublié le temps où Nathan Meyer Rothschild finançait une partie des 20 millions de livres sterling versés par le gouvernement britannique pour « compenser la perte de main d’œuvre » de l’industrie des plantations. Sans cette « rançon », les exploitants refusaient de libérer leurs esclaves, malgré les nouvelles lois.

 

Comment alors comprendre cet antisémitisme d’une partie de la communauté noire alors que, pendant longtemps, les deux communautés ont vécu de manière mitoyenne ? Mais avec l’augmentation du coût des loyers, certains Afro-Américains ont dû déménager, remplacés par des Blancs, des Latinos ou des Asiatiques, et leur colère s’est concentrée non pas sur leurs remplaçants mais sur des boucs émissaires qui n’avaient pas eu besoin de quitter leur quartier : les Juifs.

 

Pour de nombreux militants de Black Lives Matter, l’humanité comporte désormais deux catégories d’individus : les Blancs, par essence privilégiés et méchants, et les Noirs, par essence malheureux car victimes de Blancs. Les Juifs, bien sûr, appartiennent à la catégorie des Blancs.

 

La nausée, quoi…

 

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:06

Très bonne réflexion de Régis Debray sur un de ses combats de toujours.

 

« Un Français ne peut pas sacrifier de bon cœur ses traditions provinciales de galanterie et d’amour courtois, son goût des mots à double sens, ses clins d’œil et ses bises, ses sourires ambigus à la transparence morale du puritain, et à la surveillance du vocabulaire désormais de mise dans les multinationales, pour le marketing, et bientôt dans nos rues et nos mails. C’est le malheur de la France, "la patrie de la politique", disait Marx, que d’être le pays d’Europe qui, étant donné son passé, avec ses barricades et ses salons mixtes, a le moins à gagner et le plus à perdre dans l’acculturation en voie d’achèvement. [...]

 

Le succès d’une domination par le centre nerveux de la planète à tel ou tel moment se reconnaît à ceci qu’elle est intériorisée non comme une obligation mais comme une libération par les innervés et les énervés de la périphérie ; quand un nous exogène devient le on de l’indigène, sans marque de fabrique, sorti de nulle part et libre d’emploi. Quand M. Macron écoute La Marseillaise en mettant la main sur le cœur, quand M. Mélenchon met un genou à terre, quand Mme Hidalgo donne le plus bel emplacement parisien aux tulipes en bronze de Jeff Koons ou quand un dealer honore ses juges d’un "Votre honneur", ils n’ont pas tous conscience d’imiter qui que ce soit. Ils veulent être dans le ton. [...]

 

Les captations d’hégémonie, y compris picturale et musicale, épousent les rapports de force monétaires et militaires. Derrière Périclès, il y a l’hoplite, derrière Virgile, le légionnaire, derrière Saint-Thomas, le Chevalier, derrière Kipling, la Royal Navy et derrière Hollywood, la Silicon Valley et Marilyn Monroe, le billet vert et dix porte-avions. [...] Une emprise est parachevée quand on prend l’autre pour soi et soi-même pour un autre. Quand le particulier peut se faire prendre pour un universel. Quand les journaux de notre start-up nation cessent de mettre en italiques running, cluster, prime time, ou mille autres scies de notre globish quotidien. »

 

Régis Debray sur l'acculturation en France
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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 05:09

 

 

Revue de Presse spéciale Le Grand Soir (il le mérite) !

 

Théophraste R. s’en prend aux « grands » médias quant à leur traitement du « génocide » ouïghour :

 

« Génocide : « Crime consistant en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel ».

 

Exemple : le génocide des Ouïghours dont la population est passée de 5,55 millions à 11,68 millions ces 40 dernières années.

 

Persécution religieuse  : « Mauvais traitements systématiques infligés à un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse. »

 

Exemple : les persécutions des musulmans au Xinjiang qui compte 24 400 mosquées, soit une mosquée tous les 530 musulmans – plus de dix fois le nombre total de mosquées aux Etats-Unis.

 

Decodex : Outil d’évaluation bricolé par le Monde pour discréditer les sites d’information comme Le Grand Soir. Ne pas confondre avec le jubilatoire « Decodex alternatif » inventé par Le Grand Soir.

 

 

 

Revue de presse (332)

 

Le gouvernement des Etats-Unis dépasse toutes les bornes en matière de négation des droits humains et de respect de sa propre Constitution : « Le gouvernement américain a demandé à la Cour d’appel du district de Columbia de confirmer le rejet de la contestation par le journaliste américain Bilal Abdul Kareem de la décision apparente de son gouvernement de l’assassiner sans lui dire pourquoi, ni lui accorder le droit constitutionnel à une procédure régulière. […] Maya Foa de Reprieve, a déclaré : "Il devrait être impensable que le gouvernement américain cherche à exécuter de manière extrajudiciaire un journaliste américain en reportage dans une zone de guerre sans lui dire pourquoi il est visé, ou sans lui donner la possibilité de le contester. Ignorer la Constitution quand elle ne vous convient pas, c’est le comportement des dictateurs et des despotes. Le gouvernement américain doit cesser de se cacher derrière des "secrets d’État" pour éviter d’accorder à M. Kareem un procès en bonne et due forme - son droit le plus fondamental en tant qu’Américain". »

 

 

Pour Georges Gastaud et Fadi Kassem, La seule alternative à Macron et au RN s’appelle FREXIT progressiste : « Au sortir du désastre qu’ont été les gestions française et européenne de la crise sanitaire (et nous n’avons pas encore tout vu en la matière !), après l’abstention massive aux municipales qui montre à quel point les classes populaires se détournent désormais de l’ensemble du dispositif institutionnel, après l’affichage on ne peut plus patronal et droitier du gouvernement Castex, l’espoir subsiste-t-il d’offrir à notre peuple une issue progressiste à la crise gravissime qui déchire notre pays ?

 

Continuer avec Macron, c’est en réalité, sous les discours pseudo-patriotiques du chef de l’Etat et le saupoudrage “social” paternaliste de Jean Castex, opter pour l’extinction programmée d’une France indépendante et tant soit peu sociale. Chaque contre-réforme annoncée signe la mise en extinction d’un acquis du CNR, d’une partie du produire en France, d’un service public, d’un pan nouveau de la souveraineté nationale, d’une liberté démocratique durement conquise ; sans parler de l’officialisation galopante du tout-anglais à l’Université, du démantèlement des communes au nom des « euro-métropoles » et du démontage de la République une et indivisible au nom du « pacte girondin » et des euro-régions. Au rythme infernal où va Macron, après Sarkozy, Hollande et Raffarin, la « France » ne sera bientôt plus qu’un « couteau sans manche dont on a jeté la lame » à l’intérieur d’une « construction » euro-atlantique elle-même en crise dont les membres ne s’accordent que pour financer l’OTAN, maintenir l’euro-austérité, multiplier les emprunts non remboursables aux marchés financiers, aggraver la tutelle continentale de Berlin et la supervision de Washington, adouber des gouvernements cléricaux et nostalgiques du fascisme (pays baltes, Hongrie, Pologne, Ukraine...) et criminaliser les symboles communistes sur tout le continent (voir la résolution du parlement européen qui ose mettre sur le même plan le IIIème Reich et son principal vainqueur militaire, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques...). »

 

 

Pour Rosa Llorens, le monde d’après sera pire que le monde d’avant : « Le post-confinement a déjà apporté ses premières surprises, avec ses « olas » agenouillées : le mouvement BLM-Traoré répond-il vraiment aux besoins du moment ? C’est surtout un symptôme de plus d’américanisation, et quand on pense à l’état de la société étasunienne, il n’est pas sûr qu’importer sa conception des rapports Blancs-Noirs soit de nature à aider les Noirs ou à pacifier la société française. Mais on peut même se demander si cette séquence est bien une surprise ou si elle n’est pas en rapport avec le nouvel esprit apporté par la lutte contre le virus, ou, comme on disait jadis, les « miasmes ». »

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:02

L'auteur nous rappelle que ce voile n'a pas existé de toute éternité (30 ans environ), donc qu'en tant que signe ostentatoire il est beaucoup plus politique que religieux. Et il rappelle une autre évidence : au Québec, jamais une communauté migrante n'avait demandé les "accommodements" que les islamistes exigent désormais quotidiennement.

 

 

La propagation du voile islamique – Les raisons historiques

René Tinawi, Ph.D., ing.

 

 

Le débat concernant la charte de la laïcité a fait couler beaucoup d’encre. J’ai suivi avec intérêt presque tout ce qui a été écrit et à mon humble avis, une question importante concernant la propagation du voile islamique n’a pas été abordée. Le pour et le contre des signes ostentatoires a fait l’objet de multiples échanges mais la question fondamentale demeure : si le voile islamique était inexistant il y a 20 ou 30 ans, on peut sans trop se tromper affirmer que depuis les vingt dernières années on remarque à Montréal, et ailleurs dans le monde, une recrudescence de ce signe ostentatoire. Pourquoi ? L’objectif de ce texte est de fournir une possible explication à cette question afin d’orienter le débat, concernant le projet de loi no. 60, sur des bases plus solides.

 

J’ai grandi en Égypte et j’ai quitté ce pays en 1960. Je ne me souviens pas d’avoir côtoyé ou connu des femmes ou des filles voilées avant de partir. Au centre sportif, les femmes musulmanes se baignaient à la piscine en maillot une-pièce et jouaient au tennis en short. Les mots burka, niquab, tchador ou hijab n’existaient même pas dans le vocabulaire. J’ai effectué une visite en Égypte en 1977 et là encore le voile était inexistant. Une autre visite en 1994 où là j’ai remarqué un changement. Je désire faire la chronologie des événements historiques, qui se sont déroulés ailleurs, pour la compréhension de la situation actuelle au Québec.

 

Une image vaut mille mots. Les photos de graduation de la Faculté des Arts (Département d’anglais) de l’Université du Caire sont éloquentes. Ces images, Mme Nonie Darwish, une égyptienne qui vit maintenant aux E.U., les a publiées sur Internet. Elle fait remarquer que les photos de graduation des années 1959 et 1978 sont très différentes des années 1995 et 2004. Elle ajoute : ‘cette différence provient du fait que l’Islam radical a maintenant dominé l’esprit des femmes éduquées dans le monde arabe’. Pourquoi cette domination de l’Islam intégriste pas seulement en Égypte mais partout dans le monde arabe? Le lien est bien sûr la confrérie des Frères musulmans (en arabe Al ekhwan el mousselémine).

 
Une réflexion sur le voile islamique au Québec
Une réflexion sur le voile islamique au Québec
Une réflexion sur le voile islamique au Québec
Une réflexion sur le voile islamique au Québec

 

Commençons par la définition des Frères musulmans. Selon l’Encyclopédie Larousse en ligne : ‘Mouvement politico-religieux sunnite fondé en Égypte en 1928 par l’instituteur Hassan el Banna. Les thèmes essentiels de la doctrine originelle des Frères musulmans sont la création d’un état musulman théocratique, le rétablissement du califat, la lutte contre toute tentative de rénovation ou de ‘modernisation’ de l’islam, la dénonciation d’une civilisation occidentale en décadence, l’anticolonialisme, le panislamisme et le panarabisme ainsi que l’anticommunisme’. Il est évident que cette vision n’a pas beaucoup changé à ce jour, sauf pour l’expansion de cette confrérie dans plusieurs pays arabes et autres.

 

Bref historique

Après sa création, la confrérie multiplie, grâce à ses commandos, les attentats contre le pouvoir égyptien dans les années 1945 à 1948. La révolution de 1952, orchestrée par les officiers de l’armée, a mis fin à la monarchie et à la présence britannique en Égypte. Nasser, le leader de ces officiers, s’est dissocié des Frères musulmans lorsqu’ils lui ont demandé d’instaurer la Sharia en Égypte. Son refus en 1954, lors d’un célèbre discours un peu cynique concernant les Frères musulmans, a été suivi par des attentats sur sa vie. Nasser emprisonne alors les leaders islamiques et déclare le mouvement interdit. Ceci a par contre favorisé l’expansion de la confrérie à l’étranger. Nasser, qu’on pourrait qualifier de visionnaire, voulait il y a soixante ans, dans un pays musulman à 90%, la séparation de l’état et du pouvoir religieux. Après sa mort, Sadate lui succède en 1970. Il entreprend la restauration des relations diplomatiques avec Washington, signe un traité de paix avec Israël et libère les Frères musulmans emprisonnés. La confrérie des Frères musulmans devient active, appuie fortement les associations étudiantes au sein des universités, organise le mouvement du Djihad (lutte) islamique qui s’attaque aux touristes étrangers en Égypte, condamne la paix avec Israël, et accentue les discours des Imams dans les mosquées. En 1980, ils assassinent celui qui les a libérés. Moubarak prend la relève et lors des élections subséquentes les Frères musulmans deviennent politiquement actifs et obtiennent lors des élections de 1987, 10% des sièges au parlement égyptien. Par la suite, lors des élections législatives de l’an 2000, ils forment l’opposition officielle. Lors des élections de 2006, ils deviennent encore plus présents et actifs. Mais, depuis 2008, la situation économique et sociale se détériore, le prix des denrées de base augmente considérablement ainsi que les taxes et le mécontentement social. Des attentas contre les églises et la communauté copte sont perpétrés par les Frères musulmans et c’est le début de la grogne populaire contre le régime Moubarak. Les tensions religieuses s’accentuent en Égypte et en 2011, c’est la grande surprise avec la révolution tunisienne d’abord, puis la chute de Moubarak peu de temps après. Le reste est connu, avec l’élection du président islamiste Morsi en 2012 et sa chute en 2013.

 

Quelques pistes

Revenons à nos images et les raisons de la propagation du voile. À cause de la situation économique désastreuse, des milliers d’Égyptiens sont partis travailler en Arabie Saoudite dans les années 1960 et 1970 avec des salaires extrêmement élevés. Leur contact avec l’Islam extrémiste en Arabie a certainement influencé leur croyance religieuse. À leur retour, le fossé entre riches et pauvres s’est accentué et les Frères musulmans ont capitalisé sur ces Égyptiens déjà endoctrinés en Arabie, et instruits, pour les recruter. En parallèle, la confrérie a commencé à s’occuper des œuvres caritatives et à combler le vide social que le gouvernement était incapable de fournir. Les œuvres sociales de la confrérie (banque alimentaire, soins médicaux, présence morale, éducation religieuse, etc.) ont entraîné plusieurs musulmans à adhérer au mouvement. Cette charité bien organisée, et financée par des sources externes, a fidélisé au mouvement les plus vulnérables et les plus pauvres, mais néanmoins instruits. En parallèle, les Imams ont commencé à prêcher l’importance de la renaissance de l’Islam, le retour à la prière, le port du voile, l’adhésion à l’Islam fondamentaliste et à la Sharia.

 

Selon l’auteur du livre ‘Inside Jihad – Understanding and confrontant radical Islam’, le Dr. Tawfik Hamid écrit : ‘...Outre les Imams, les disciples des Frères musulmans ont commencé à prêcher dans les amphithéâtres des facultés pour accélérer le recrutement d’hommes et de femmes qui ne se côtoyaient pas socialement. Les femmes étaient voilées et ne priaient pas dans la même salle que les hommes’. Toujours selon Hamid, les étudiants avaient comme prédicateur Ayman el Zawahiri, un brillant médecin, qui est devenu par la suite le chef du Djihad Islamique et subséquemment s’est joint à Al-Qaeda pour en devenir le numéro 2 auprès de Ben Laden. Un autre sermonneur était le Dr. Abdel Aziz el-Rantisi qui s’est joint par la suite au mouvement Hamas. En bref, l’objectif de la confrérie étant de recréer un Califat Islamique (disparu après la chute de l’Empire Ottoman) et d’unir le monde arabe sous un même prince qui aurait les pouvoirs politiques, religieux et militaires. Une phrase de Tawfik Hamid qui demeure importante :‘...Les Frères musulmans utilisent la démocratie comme tremplin pour détruire la démocratie’.

 

Tous les Frères musulmans ne sont pas nécessairement des terroristes, mais il est important de connaître quelques-uns des principaux acteurs, leur objectif, leur enseignement et de ne pas être surpris si l’influence des islamistes extrémistes s’étend continuellement en Europe, aux E.U. et au Canada avec des jeunes ou des étudiants, dans nos universités, prêts à commettre des actes terroristes au nom d’Allah et de l’Islam fanatique, tout en ayant la conscience tranquille, grâce à la Sharia, car ils considèrent tous les non-musulmans comme des infidèles.

 

Revenons à nos images. Le mouvement politico-islamiste, qui est maintenant bien ancré dans certains pays arabes et exporté dans plusieurs pays où des musulmans y sont présents, se fait remarquer par la visibilité de barbus intégristes et de femmes voilées. Ces femmes (selon les rares féministes musulmanes qui vivent à l’étranger) n’ont pas de choix et se montrent comme de bonnes musulmanes par obligation ou par pression sociale et familiale. En général, et en particulier dans le monde arabe, l’apparence est importante. Si ces femmes ne portent pas le voile, elles seront traitées de rebelles et risquent gros. Par conséquent, la majorité des femmes finit par céder, pour ne pas avoir à mener une bataille perdue d’avance. On a tous été témoins du traitement des femmes en Iran, en Arabie, en Algérie et ailleurs où l’Islam politique et l’intégrisme religieux sont présents. Dans ces pays, la femme ne sera jamais l’égale de l’homme. À titre d’exemple anodin, pour illustrer une de ces multiples inégalités, la Sharia indique que la femme, lors d’une succession, hérite de la moitié de la part de l’homme. En droit, une femme vaut un demi-témoin. Donc deux femmes doivent être présentes pour témoigner d’un incident civil ou criminel en cour. N’eut été de la position ferme de l’Assemblée Nationale contre la Sharia, l’Ontario aurait eu la sienne.

 

Questions importantes

Le Québec a favorisé l’immigration musulmane de l’Afrique du Nord pour des raisons linguistiques et la possibilité d’intégration rapide au Québec. Cependant, il est important de se demander, connaissant les visées de l’Islam politique et intégriste, si ces femmes musulmanes, dont l’identité passe par le voile, seraient les soldates de ce mouvement extrémiste. Cette farouche attache à ce symbole religieux, pour ces femmes intégristes, nous incite à poser la question : quel est le vrai motif derrière ce voile ? Si ces femmes voilées ne représentent pas une cause politique, enlever ce signe ostentatoire pour quelques heures de 9 à 5 ne devrait pas alors ébranler leur foi. Après tout, ce voile n’existait pas il y a 20 ans, même si l’Islam existe depuis 1400 ans.

 

Conclusion

On a souvent traité les québécois de racistes, de xénophobes, d’islamophobes, etc. Personnellement en tant qu’immigrant, maintenant confortablement intégré à la société d’accueil, je ne suis pas d’accord avec ces qualificatifs. Je pense plutôt que les québécois ont une attitude ‘bon-enfant’ et jugent les autres selon leur culture judéo-chrétienne en offrant un accueil chaleureux et le bénéfice du doute à toute personne qui désire s’établir et s’y intégrer. Par contre, les réclamations continuelles d’accommodements déraisonnables, de la part d’intégristes fanatiques, deviennent à la longue des irritants majeurs et perturbent la paix sociale. Après tout, des Italiens, des Grecs, des Latinos, des Vietnamiens, des Haïtiens et bien d’autres se sont intégrés ici sans problème et sans demande d’accommodement. J’ajouterai simplement que l'Islam politique et l'islam intégriste sont complètement incompatibles avec les valeurs et le mode de vie de la société québécoise.

 

Pour terminer sur une note moins sérieuse, mais néanmoins scientifique, vu que j’ai enseigné et effectué des recherches sur le génie parasismique pendant trente ans, je voudrais simplement citer l’Imam iranien Hajatosalem Hazem Sedighi qui prétend que l’habillement des femmes à l’occidentale augmente les risques de tremblements de terre. Je suis content d’avoir pris ma retraite du milieu universitaire car je n’aurai pas besoin de faire la mise à jour de mes notes de cours sur ce sujet. Il faut simplement dénoncer ces âneries et bien d’autres.

Le 12 décembre 2013

 

 

CECI ETAIT LE 5000EME ARTICLE PUBLIE DANS CE BLOG !!!

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 05:06

 

 

Le site Anti-K relève que la Chambre d’agriculture et ses dirigeants viennent d’être condamnés à de la prison ferme « pour avoir construit illégalement une immense retenue d’eau au profit de quelques exploitations agricoles. Malgré les interdictions, le barrage de Caussade dans le Lot-et-Garonne – un ouvrage de 378 mètres de large et 12,5 mètres de haut – a tout de même été creusé sous la pression de la chambre d’agriculture. Le 10 juillet, le tribunal correctionnel d’Agen a condamné les commanditaires de cet ouvrage illégal, le président de la chambre d’agriculture du département, Serge Bousquet-Cassagne, et son vice-président, Patrick Franken, à neuf mois de prison ferme et à la révocation d’un précédent sursis de quatre mois pour le premier ; à huit mois ferme et quatorze mois de sursis pour le second. Une peine assortie d’une amende de 7000 euros chacun. Les prévenus ont fait appel du jugement. Il leur est reproché d’avoir exécuté des travaux nuisibles à l’eau et aux milieux aquatiques et de les avoir pollués au passage.

 

 

Dans Le Grand Soir, Ramin Mazaheri décrit le « tsunami social » qui est en train de submerger les Etats-Unis : « Près d’un tiers des ménages étasuniens – soit 32% – n’ont toujours pas payé l’intégralité de leur loyer pour le mois de juillet, selon une enquête de la plateforme de location en ligne. Et avec des experts de la santé publique qui avertissent que les gens vont devoir sans doute, retourner chez eux prochainement, le slogan « Stay at Home » prend une nouvelle dimension presque perverse, étant donné la nouvelle catastrophe humanitaire imminente qui va impacter près de 28 millions de personnes qui risquent de se retrouver expulsées et donc sans abri. Certains experts juridiques s’attendent à « au moins » 50 000 dépôts d’expulsion à New York seulement lorsque le moratoire général d’expulsion de l’ État prendra fin le 20 juin , la plupart pour non-paiement du loyer.

 

 

 

Revue de presse (331)

 

Á l’occasion d’un portrait de Marc Guillaume, ancien Sécrétaire général du gouvernement, Mariannemontre comment les intérêts privés noyautent le Conseil constitutionnel : « l'Alep, le lobby des grandes entreprises françaises, dépose régulièrement des argumentaires devant le Conseil constitutionnel. Fin 2012, les sages de la Rue de Montpensier censurent la taxe à 75 % sur les hauts revenus en retenant la démonstration de l'Afep, développée… par Guy Carcassonne, comme l'expliquera Marc Guillaume lui-même dans un colloque, le 10 avril 2014. Un autre membre de cet influent think tank de juristes, l'universitaire Denys de Béchillon, révélera d'ailleurs en 2017 être un rédacteur fréquent de ces interventions diligentées par de grandes sociétés privées. » 

 

 

Selon Le Monde, Renaud Van Rumbeke a décliné une mission sur la réforme de la justice proposée par Eric Dupond-Moretti. Le juge réputé, figure de la lutte contre la corruption, n’a pas souhaité s’engager auprès du nouveau ministre de la justice en estimant qu’il « serait difficile de mener à bien une vraie réforme de la justice en si peu de temps ». L’attelage aurait eu du sens. Les deux hommes, qui se sont croisés notamment quand l’avocat Eric Dupond-Moretti défendait le tradeur Jérôme Kerviel, se respectent. Et, alors que le tout jeune ministre de la justice doit faire face à une grande méfiance des magistrats, l’arrivée de Renaud Van Ruymbeke, juge réputé, figure de la lutte contre la corruption, apprécié par les avocats pour son respect des droits de la défense, aurait pu contribuer à apaiser le climat. Mais celui-ci n’a pas souhaité s’engager auprès du nouveau ministre de la justice comme cela lui a été proposé la semaine dernière.

 

 

Le site Communistes Hebdo dénonce le fait qu’ «  En contrepartie des 15 milliards d’aide de l’Etat à l’aéronautique Airbus supprime 15000 emplois. Rien ne justifie la mise en place de Plan d’accompagnement imposé aux travailleurs par la direction d’Airbus. Le carnet de commande assure du travail pour 8 ans (cf. Hebdo n°665).Avant la crise du Covid Airbus livrait 60 avions par jour aujourd’hui, il en livre 40. Ses bénéfices n’ont pas cessé d’augmenter ces dernières années : en 2017, 2,9 milliards d’€, en 2018 3 milliards d’€ (+29%), en 2019, 6,9 milliards de bénéfice opérationnel… en 10 ans Airbus à accumulé des bénéfices qui lui permettraient de payer pendant 6 ans un salaire moyen de 2 800 € (ce qui est loin d’être le salaire de tous les employés), cotisations sociales comprises, des 15 000 travailleurs dont il veut se débarrasser.  Airbus profite des aides à la filière aéronautique, auxquels il faut ajouter 1,5 milliards à la branche Recherche et Développement pour un avion neutre en carbone en 2035, « ce qui propulse la France et l’Europe au 1er rang dans le domaine de l’aviation décarbonée » -B. Le Maire, affirme les préoccupations écologistes du gouvernement, c’est le budget de l’Etat, donc le peuple qui paie les impôts et la TVA qui finance les recherches d’une entreprise privée qui elle seule en touchera les bénéfices. »

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