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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 06:01

 

Par Évariste

Lier l’utopie socialiste au développement de la démocratie reste un objectif non atteint pour de nombreux militants qui s’interrogent sur l’échec des révolutions du XXe siècle et le passage à des régimes autoritaires et dictatoriaux des pays, généralement peu développés, où elles ont eu lieu.


Ainsi la relecture minutieuse des écrits de Marx, Engels, Jaurès, Rosa Luxembourg, Antonio Gramsci, Georges Orwell (et tant d’autres dont, plus près de nous, Bruno Trentin et Alain Supiot) est-elle un outil pour refonder une utopie créatrice basée sur une théorie robuste et ouverte sur l’avenir.

Ces relectures nous ont entraînés à penser le projet de République sociale et donc de sa pierre angulaire – que Condorcet appelait la sphère de constitution des libertés -, à savoir aujourd’hui l’école, la sécurité sociale et les services publics. Cette sphère de constitution des libertés devait être protégée des influences conservatrices et réactionnaires par un principe d’organisation sociale et politique : la laïcité.

C’est dans cet esprit que Roland Gori, Frédéric Pierru et Bernard Teper ont produit le texte « Pourquoi il faut (re)créer d’urgence les services publics pour (ré)inventer la démocratie » et fait appel à contributions.

Rosa Luxembourg rappelait dans un de ses textes célèbres de 1915 intitulé « Socialisme ou barbarie » une phrase d’Engels : « La société bourgeoise est placée devant un dilemme : ou bien passage au socialisme ou rechute dans la barbarie. » Nous sommes une fois de plus dans ce dilemme. Et le titre du dossier était tout trouvé…

L’actualité sociale de l’initiative du 29 janvier de la Convergence des psychologues en lutte nous a contraints de sortir en priorité trois articles écrits par des psychologues dès le début janvier ((Voir « Le métier de psychologue : un rempart de la démocratie en temps de néolibéralisme » par Marie Bakchine ;  « Mépris du gouvernement envers les psychologues. Les signataires Collectif Pop racontent » ; « Pourquoi la casse du métier de psychologue clinicien est un enjeu démocratique » par Roland Gori.)). Mais nous publions dans cette rubrique « Services publics ou barbarie », à partir de ce n° 997 du 24 janvier 2022 et dans les numéros suivants, tous les textes sur les autres métiers des services publics (justice, police, culture, administration de l’Etat, sécurité sociale, santé, école, recherche, université, etc.) reçus suite à l’appel à contributions. (1)

Alors que la pandémie de la Covid 19 continue encore et toujours, mettant à rude épreuve les services pour le peuple, en particulier à  l’hôpital, la campagne électorale présidentielle dans l’espace médiatique ignore superbement  le débat contradictoire sur le sujet du « commun ».

Hélas, nous  approchons progressivement  du niveau zéro en matière de confrontation politique dans notre pays. Dans ce climat délétère, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour reformuler l’avenir de ces services publics. ReSPUBLICA apporte donc sa modeste contribution en tirant un constat, et en indiquant peut-être des pistes pour sortir de la nasse.

Il va de soi que les lecteurs de Respublica  peuvent participer à cette « aventure » et contribuer à cette perspective de refondation des services publics en y participant, soit en nous écrivant (evariste@gaucherepublicaine.org) soit en organisant des réunions publiques sur les sujets liés à l’appel à contributions cité ci-dessus.

Source

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 On retrouvera parmi les contributeurs plusieurs signataires de l’Appel des appels – Remettre l’humain au cœur de la société, collectif de professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture qui s’est fait connaître en 2008. 
 
Services publics ou barbarie
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16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 06:01

Par Maxime de Blasi

 

Maxime De Blasi, habitant de Paris, essayiste et auteur-compositeur-interprète, dénonce l'inflation des téléservices proposés par les mairies.

 

Si vous habitez Paris comme moi, vous avez peut-être récemment tenté de faire renouveler votre passeport ou votre carte d’identité. Il y a trois mois, je me suis donc connecté sur le site « Services en ligne » de Paris afin d’obtenir un « rendez-vous titres d’identité » dans l’une des mairies d’arrondissements pour déposer le dossier de demande et les pièces justificatives en « présentiel », ultérieurement instruits par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS).

 

Or, cette prise de rendez-vous ne peut s’effectuer que sur ce site et le hic c’est qu’il répond systématiquement qu’« aucun rendez-vous n’est actuellement disponible » et ce sur « les cinq prochaines semaines » ! – délai de prise de rendez-vous pour un dépôt des pièces auquel se rajoute le délai d’instruction par les services de la mairie puis de traitement par l’ANTS. Et la carte censée afficher la géographie des créneaux disponibles reste désespérément vide.

 

Ce n’est pas faute pourtant d’avoir essayé quelques dizaines de fois, à des jours et des horaires différents, même ceux recommandés par le site (lundi matin et vendredi après-midi) mais cette fin de non-recevoir apparaît toujours, nette et définitive. Si parfois des propositions de rendez-vous apparaissent, le temps d’en sélectionner une et de compléter les champs demandés, le site renvoie à la fin dans les cordes en répondant que le rendez-vous proposé n’est plus disponible, sans doute pris par quelqu’un entretemps.

 

Déni de service public

 

Et si vous souhaitez avoir un contact humain, n’y pensez pas car il indique que « les téléconseillers du 39 75 n’ont pas davantage de créneaux à vous proposer que ceux affichés sur le site » (sic). Ou encore, si, comme moi, vous décidez de vous rendre physiquement à la mairie d’arrondissement comme c’était la procédure usuelle avant le passage obligé par le site, les agents d’accueil, tout en reconnaissant la paralysie du site, vous renvoient vers… le site ! L’humain est décidément soumis à la machine, il n’y a pas d’autre voie.

 

Sur sa page, la mairie de Paris indique qu’une forte affluence est actuellement liée au report de titres provoqué par le confinement de 2020. Et la vague du variant Omicron a, depuis décembre, renforcé l’obligation de télétravail qui s’applique également aux agents des mairies. Mais mes tentatives remontent avant, à octobre dernier, à une période où l’effet du passe sanitaire avait permis de reprendre une vie normale, et le site était alors tout autant paralysé. Surtout, ce qui se dit sur les forums, c’est que pour obtenir un titre, il est préférable pour les Parisiens de se déplacer dans… une mairie de banlieue où le délai d’obtention d’un rendez-vous peut être rapide, de l’ordre de quelques jours, la demande pouvant s’effectuer partout, ce qui révèle en creux la mauvaise organisation existant à Paris.

 

En pratique, les Parisiens font ainsi face à un déni de service public qui les oblige à se reporter vers les villes de banlieue, lesquelles se voient confrontées à un afflux de Parisiens. Paradoxal report de charges qui ne dit pas son nom alors même que les Parisiens acquittent une taxe foncière deux fois moins élevée au mètre carré que par exemple dans la ville déshéritée limitrophe d’Aubervilliers. L’occasion de rappeler les inégalités criantes de la fiscalité locale en Île-de-France.

 

[…]

 

L’ancien Défenseur des droits Jacques Toubon, comme sa successeuse Claire Hédon, confrontés à une augmentation de 20 % en deux ans des saisines de Français se plaignant des difficultés d’accès au service public provoquées par la dématérialisation des procédures ont régulièrement alerté les administrations dans leurs interventions et rapports publics. Les associations Secours Populaire et ATD Quart-Monde ont récemment demandé « l’arrêt de la numérisation à marche forcée » qui accuse les inégalités sociales en oubliant ce quart des Français qui ne disposent pas d’ordinateur ou de smartphone ou encore les centaines de communes encore privées de connexion internet.

 

Sans oublier bien sûr les personnes âgées et plus généralement le tiers des Français qui disent ne pas être à l’aise avec l’informatique. En pratique, des intermédiaires se sont même développés pour effectuer les démarches moyennant finances, à rebours total de l’idée de service au public, a fortiori quand il s’agit de répondre à une obligation fixée par l’État, celle de détenir un titre d’identité à jour.

 

Le défenseur des droits réclame que soit maintenu un système classique d’accueil physique et téléphonique pour les publics qui le souhaitent ou n’ont pas accès à Internet, qui, ainsi que je l’ai relevé plus haut n’existe pas à Paris, ni par téléphone, ni physiquement.

 

 

Mairie de Paris : quand le tout-numérique menace le service public
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13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 06:19
 

 

La mortalité augmente par les deux bouts. Chez les petits enfants, et chez les anciens dont l'espérance de vie en bonne santé stagne quand elle ne recule pas. Là encore il s'agit d'un problème de classe sociale : Treize années d'espérance de vie séparent les travailleurs les plus aisés des travailleurs les plus pauvres selon l'INSEE. Á noter que la championne d'Europe en la matière est l'Italie, devant la Suède. La France est neuvième … derrière Malte.

 

Les données de l’INSEE montrent une augmentation de la mortalité infantile en France depuis 2012. Près de 70 % des décès sont survenus au cours de la première semaine suivant la naissance, dont environ 25 % au cours du premier jour de vie. Dans l’attente des résultats d’une étude en cours pour en connaître les causes et sans minorer l’importance d’une analyse scientifique de cette situation, il est possible de pointer quelques pistes d’explications potentielles qu’il faudra explorer.

Il s’agit tout d’abord du constat de la fermeture massive des maternités dont le nombre est passé de plus de 1 300 en 1975 à 800 en 1996 et à 460 en 2019. Il s’agit d’un processus continu qui se poursuit encore aujourd’hui. Les motivations des pouvoirs publics interrogent sur leur validité puisque des années 1980 à 2000, l’argument mis en avant était celui de la sécurité en affirmant que les petites maternités étaient dangereuses, puis depuis la justification est le manque de médecins accoucheurs disponibles.

Il faut souligner le fait que des études scientifiques sérieuses ont au contraire montré que les petites maternités n’étaient pas plus dangereuses que les très grandes. Par ailleurs la pénurie de médecins a été sciemment organisée depuis 40 ans en diminuant de manière drastique le nombre de médecins formés, ce qui a permis et permet aujourd’hui de fermer des services et des hôpitaux entiers. Depuis plusieurs années, la presse se fait l’écho de la multiplication des accouchements dans des conditions de sécurité inappropriées du fait de l’éloignement des maternités et donc de temps d’accès croissants.

À cela s’ajoute la saturation des structures existantes qui n’assurent plus le suivi mensuel des femmes enceintes, normalement obligatoire, les renvoyant sur la médecine de ville qui n’a pas les moyens de s’en occuper. De plus, au moment de l’accouchement, comme c’est le cas par exemple à la maternité de Saint-Denis, une des plus grosses de France, il est demandé régulièrement aux femmes qui y sont suivies de se diriger vers d’autres hôpitaux du fait du manque de places. Tout ceci concoure à une prise en charge dégradée, entraînant des risques importants pour la mère et l’enfant à naître.

Nous pouvons évoquer aussi le démantèlement des services de Protection maternelle et infantile par de nombreux départements qui en assurent la gestion de par les lois de décentralisation. En effet, ce service de santé publique pour le suivi des femmes enceintes et des jeunes enfants a été délaissé du fait de choix idéologiques des élus en place qui n’acceptent pas que la santé soit un service public de proximité gratuit et accessible à tous, notamment aux plus défavorisés. Tout ceci montre bien que la santé est une question politique dont les citoyens doivent s’emparer car ce sont eux les meilleurs experts pour savoir ce qui répond le mieux à leurs besoins.

Docteur Christophe Prudhomme

Praticien hospitalier- SAMU 93

 

Source

 

 

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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 06:01

Avec l’aide de Maxime Vivas et de moi-même, Viktor Dedaj administre le site du Grand Soir. Il mène depuis des années un combat acharné pour la libération de Julian Assange.

 

Une guerre ne devient pas une guerre le jour où les médias décident de vous la montrer.

Être anti-guerre, ce n'est pas être simplement contre “ la ” guerre. Être anti-guerre, ce n'est pas exprimer des positions (plutôt futiles à notre humble niveau) une fois qu'elle a éclaté. Être anti-guerre, c'est vouloir comprendre l'enchaînement des décisions prises par chacun des acteurs qui ont mené à un tel dénouement. Être anti-guerre, ce n'est pas déclarer son opposition à sa forme la plus concrète, évidente, et spectaculaire, mais d'être aussi archi-critique des actions et des logiques économiques et politiques qui l'ont alimentée. C'est tenter d'évaluer la culpabilité respective des acteurs.

Rejeter une telle démarche intellectuelle montre que l'on n'est nullement “ anti-guerre ”, seulement anti cette guerre-là, en particulier. C'est aussi exposer un “ angle mort ” sur les causes et les autres formes de guerre, économiques, tels que les embargos et blocus, qui peuvent faire, et font souvent, autant de victimes, mais silencieuses (silencieuses, parce que les grands médias en ont décidé). Les centaines de milliers de victimes des sanctions contre l'Irak, pour ne prendre qu'un exemple – et pas des plus récents – en sont la preuve.

Être anti-guerre, c'est s'opposer à toutes les guerres, y compris économiques.

Être anti-guerre, c'est s'opposer à son expression concrète et aussi aux politiques qui y ont mené.

Le premier responsable d'une guerre est évidemment celui qui l'a déclenché. Le deuxième est celui qui l'a sciemment provoqué, ou manœuvré pour, en créant les conditions qu'il savait seraient perçues comme un casus belli. Avec – et c'est important – une hiérarchisation des “ légitimités ” invoquées. Car, non, tous les casi bellorum ne se valent pas.

Que les gigantesques États-Unis considèrent comme casus belli l'instauration dans la minuscule Cuba d'un système socio-économique inconvenant à leurs yeux n'est pas la même chose que l'installation de missiles nucléaires sous le nez de votre adversaire. Et l'installation de missiles nucléaires sous son nez n'est pas la même chose si lui-même a commencé par en installer sous le vôtre. (Le résultat final pouvant être difficile à distinguer, on est d'accord).

Il est donc évident, et je n'ai pas l'intention de m'en cacher ni de me justifier, que je “ comprends ” mieux la position russe que la position occidentale. On l’a compris, je considère l'Ukraine comme un pion du camp occidental, et la réaction des chancelleries occidentales tend à me conforter dans cette opinion. On dirait qu'elles n'attendaient que ça.

Il me paraît évident aussi que la diabolisation des Russes pour cet acte d'agression n'est qu'une de ces farces régulières dans lesquelles les médias entraînent les populations hébétées. C'est quoi ça ? Quelle population a déjà été lynchée par les médias occidentaux et sanctionnée par les politiques pour un acte d'agression commis par ses dirigeants ? Et qui en a déjà commis et combien de fois, et qui en commet en ce moment même, et sous quelles formes et avec quelles “ excuses ” et pour quelles indignations ? Posez les listes côte-à-côte, et on en reparle.

Et il se trouve aussi que, contrairement à d'autres, je m'en cogne et contre-cogne que l'Ukraine se trouve en Europe et que ses habitants soient des blonds aux yeux bleus.

Alors,

Aux Raphaël Glucksmann et consorts...

Á tous ceux qui ont trouvé dans cette affaire un exutoire pour leur racisme, leur bellicisme – qui l'eut cru ? – et un casus belli contre la liberté d'opinion et notre droit de savoir...

...Tant que la Tour Eiffel ne sera pas éclairée, ne serait-ce qu'une fois, une seule fois, aux couleurs de la Palestine, du Yémen, du Soudan, de l'Irak ou de [longue liste], je n'ai qu'une réponse : « Fermez-la ».

 

 

 

La guerre en Ukraine : une réflexion dialectique de Viktor Dedaj
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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 18:08

Une foule considérable : 10 à 15 000 personnes. La “ Chanson des canuts ” en prime.

 

Très enthousiastes, Raphaëlle et son ami Joris.

Aujourd'hui, Lyon rime avec Mélenchon
Aujourd'hui, Lyon rime avec Mélenchon
Aujourd'hui, Lyon rime avec Mélenchon
Aujourd'hui, Lyon rime avec Mélenchon
Aujourd'hui, Lyon rime avec Mélenchon
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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 06:01

Suite à des divergences de fond avec Jean-Luc Mélenchon, Georges Kuzmanovic a quitté la France insoumise et a fondé en 2019 République souveraine. Je reprends ici une de ses récentes analyses sur le conflit Russo-Ukrainien.

 

La Russie a reconnu l’indépendance des territoires séparatistes du Donbass. Ses troupes sont prêtes à pénétrer sur le territoire ukrainien où déjà les Spetsnaz opèrent.

 

Je ne peux que condamner cette action contrevenant au respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et au droit international, même si les précédents des référendums d’autodétermination de Bosnie-Herzégovine de 1992 et la déclaration d’indépendance du Kosovo, suivis de déploiements militaires par les États-Unis ou l’OTAN servent de prétexte à la Russie.

On peut être étonné de l’impréparation de l’Occident, car l’offensive hybride russe est préparée de longue date : déploiement de troupes qui ont attiré l’attention, certes, mais, avant, attaques cyber clairement identifiées, déploiement d’agents provocateurs en Ukraine, distribution de 700 000 passeports russes à des Ukrainiens d’origine russe (ce qui est en soit une invasion), vote au parlement russe d’une résolution reconnaissant l’indépendance des républiques autoproclamées de l’est de l’Ukraine, ballet diplomatique avec la Chine.

L’opération militaire en cours aurait pu être évitée si, dès 2014, l’OTAN et l’UE n’avaient pas encouragé l’éviction du président ukrainien démocratiquement élu ; si la Russie n’avait pas réagi à cette ingérence par l’annexion de la Crimée et le soutien aux revendications des séparatistes russophones du Donbass.

 

Surtout l’extension sans fin de l’OTAN à l’est (dont celle, en cours de facto, à l’Ukraine), le refus de la mise en place d’une grande conférence sur la paix et la sécurité en Europe, le refus d’entendre le besoin de protection des minorités russes dans les pays de l’ex-URSS (près de 20 millions de Russes de l’étranger proche) et le refus du multilatéralisme au profit d’une hégémonie étasunienne dans les relations internationales ont été les facteurs d’une guerre froide larvée entre l’Occident et la Russie. Par ailleurs, la relance de la course aux armements initiée par les EU a été perçue à Moscou comme une menace : mise en place du « bouclier antimissile » en 2012, arrêt des discussions sur les accords New START (traité de réduction des armes stratégiques), sortie des EU du FNI (traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire) en 2020, ou encore sortie des EU du traité dit « ciel ouvert » en 2019 ont été autant d’étapes d’une escalade à laquelle l’Union européenne n’a fait qu’emboîter le pas. La Russie de son côté a renforcé ses dispositifs militaires, dont le plus grave a été le déploiement de missiles nucléaires de moyenne portée Iskander dans l’enclave de Kaliningrad en 2018.

 

Rien n’a été fait pour remédier à la montée des tensions, bien au contraire. Ainsi, aucune pression n’a été exercée en sept ans par l’UE pour que soient ratifiés par l’Ukraine les accords de Minsk, lesquels prévoyaient une autonomie des régions séparatistes dans les frontières ukrainiennes. Depuis 8 ans, la situation de guerre dans les régions de Louhansk et de Donetsk n’a donc pas été résorbée – 14 000 êtres humains y ont trouvé la mort. Notons que l’Ukraine, malgré une armée de plus de 28 0000 soldats n’est absolument pas préparée pour tenir tête à l’armée russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky le sait fort bien – il faut dire qu’il a été sûrement, et paradoxalement, le plus sage des dirigeants européens ces dernières semaines, car il comprend le rapport de force réelle et que, si celui-ci s’exacerbe, les rodomontades occidentales seront suivies de peu d’effets concrets sur le terrain. L’Ukraine a été utilisée comme prétexte à l’escalade, d’abord par la Russie, mais aussi par les Etats-Unis et pourrait être le pion sacrifié dont la conséquence serait un démembrement plus grave encore. La perte des deux républiques autoproclamées de l’est est un minimum presque acceptable. Plus grave serait l’extension de l’offensive jusqu’aux rives du Dniepr et la prise de la région de Marioupol qui permettrait à la Russie d’assurer une continuité territoriale avec la Crimée et qui est, je le crois, son objectif stratégique de long terme et dont elle se saisira immédiatement si les EU enjoignaient l’Ukraine à une riposte militaire.

 

La France, elle, paie très cher les conséquences de son abandon manifeste de souveraineté nationale par son retour depuis 2009 dans le commandement intégré de l’OTAN. Emmanuel Macron ne peut à la fois être juge et partie en proposant des solutions de paix bienvenues d’un côté et en demeurant de l’autre soumis aux intérêts de l’OTAN et de l’UE. La voix d’une France souveraine, indépendante et non alignée aurait pu apporter une solution diplomatique ; elle aurait eu à tout le moins plus de crédit. Cela exige de cesser de suivre la ligne politique du clan des néoconservateurs et des faucons états-uniens pour qui l’OTAN et son extension permanente sont l’alpha et l’oméga d’une vision des Etats-Unis comme la « Nation utile » et donc hégémonique.

 

Aujourd’hui, les fauteurs de guerre des deux camps, partisans du choc des civilisations, des empires contre les nations, semblent marquer un point. Pour la France, plus que jamais alignée sur un empire étasunien qui la méprise, la rupture définitive avec la Russie ne fera qu’accélérer le déclin – « C’est de la guerre entre Napoléon et les Russes que date notre décadence » déclarait de Gaulle.

Pour le monde, le renforcement des liens entre une Russie éloignée de l’Europe et une Chine impérialiste dessine les frontières de deux blocs et les fronts d’une nouvelle guerre froide à l’échelle du monde.

Le positionnement atlantiste de la France et les nouvelles sanctions économiques que l’OTAN et l’UE prévoient d’infliger déjà à la Russie, en plus des sanctions déjà existantes, ne resteront pas sans conséquences pour les peuples d’Europe. Ces sanctions, comme les précédentes, frapperont aussi les Français et nos entreprises. Le prix du gaz russe sera encore accru, avec des conséquences graves pour notre population, tandis que les exportations agricoles et industrielles françaises se verront privées de marchés importants dans le monde russophone. Il y a plus de 500 entreprises françaises en Russie. Qui sait que ces entreprises françaises sont le premier employeur privé sur le marché russe ? L’Europe importe un tiers de son gaz de Russie. Or, la totalité ne pourra être compensée par le gaz de schiste étasunien ou celui du Qatar.

La conséquence d’une éventuelle rupture de l’approvisionnement en gaz russe pourrait conduire à une crise économique sans précédent : de l’industrie allemande qui sera gravement touchée à la désagrégation définitive de l’Ukraine dont les finances et le système politique ne supporteront pas un choc du gaz en plus de l’occupation de son territoire.

 

L’action commune des deux pays dans le cadre de l’Organisation de la coopération de Shanghai et la multiplication des ingérences extérieures signent bien une nouvelle configuration géopolitique, dont le camp occidental sortira affaibli. Notons que cette alliance en construction a été rejointe par l’Iran – là encore, le retrait unilatéral des EU de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, après quinze ans de négociation, accroît les tensions et précipite l’Iran dans les bras de la Chine.

 

Pour se prémunir de sanctions éventuelles, la Russie a développé avec la Chine un système SWIFT autonome (CIPS) et a liquidé ses réserves en dollars. Le risque pour les EU est de plomber le dollar comme monnaie de référence mondiale, pourtant l’objectif géostratégique premier de Washington. Si tel devait être le cas, l’affaire ukrainienne serait un terrible coup du scorpion de la Chine contre les EU dont elle veut briser la domination hégémonique.

Lors du « premier conflit d’Ukraine » qui a vu l’annexion de la Crimée par la Russie, c’est déjà la Chine qui lui était venue en secours pour tenir bon face aux sanctions occidentales. Ainsi la Chine avait sauvé l’économie russe par le biais d’un prêt financier de 50 milliards de dollars et d’une entente commerciale de plus de 400 milliards de dollars, matérialisée par l’achat de gaz naturel russe sur… 30 ans, à un très bon prix sous le cours, donnant un immense avantage à la Chine. De plus, la Chine investissait également 25 milliards pour construire le gazoduc « Force de Sibérie » pour acheminer le gaz. Il est en fonction depuis 2019. Cela avait sauvé la Russie, et depuis la coopération entre les deux puissances n’a fait que s’accélérer : accords commerciaux, agricoles, spatiaux (avec le projet notable de construction d’une base commune permanente sur la Lune) et bien entendu géostratégique avec des votes communs réguliers au Conseil de Sécurité de l’ONU et surtout des transferts de technologies militaires au profit de la Chine, au point que la Chine est aidée pour le développement de son système de défense anti-missiles, domaine dans lequel la Russie a un avantage comparatif notable.

Cette fois, en préparation de la deuxième crise ukrainienne, la Russie a signé un nouvel accord de coopération avec la Chine, lors de la visite officielle de Vladimir Poutine à Xi Jinping, le 4 février dernier où a été signé un nouvel accord gazier de 30 ans !

 

Les premières installations pour réorienter le gaz fourni à l’Europe vers l’est sont déjà posées, il s’agit du titanesque gazoduc « Force de Sibérie 2 » qui traversera tout le continent, depuis la zone d’extraction de Yamal au nord de la Russie – dont l’entreprise française TotalEnergies pourrait être finalement exclue – jusqu’à la Chine. Celle-ci, de surcroît, s’engage à acheter 300 000 barils de pétrole par jour sur 10 ans à la Russie !

 

Résultat, la Chine reçoit un soutien massif en hydrocarbures à bas coût lui permettant de… ne plus dépendre du gaz liquéfié des Etats-Unis ni du charbon d’Australie. Ça tombe bien pour Pékin compte tenu de l’accord stratégique AUKUS (Australie, Royaume-Uni, EU dont la France est exclue) orienté contre la Chine dans le cadre du redéploiement stratégique des EU dans le Pacifique et dans l’Océan Indien. Fort logiquement, ayant reçu le soutien chinois dans l’affaire ukrainienne, la Russie soutient la Chine face à l’alliance AUKUS en particulier dans ses prétentions en mer de Chine et sur Taïwan.

Mais ce n’est pas tout ! Chine et Russie se promettent de faire croître leurs échanges commerciaux de 40%, et de les libeller non pas en dollars, mais en Euros ! D’ailleurs, la plus grande partie du commerce entre Moscou et Pékin se fait déjà en Euro. C’est là que la Chine porte principalement le fer contre les Etats-Unis d’Amérique.

Dans l’affaire ukrainienne, la chine est largement gagnante : approvisionnements garantis en gaz bon marché, contrôle sur la Russie qu’elle loge dans son escarcelle stratégique tout en déstabilisant l’Europe durablement, et enfin, elle retarde de facto le redéploiement stratégique des EU dans la zone indopacifique – toute riposte d’envergure des EU sera autant de moins à déployer face à la Chine.  

Souhaitons-nous voir la Russie se détacher définitivement de l’Europe vers laquelle elle est naturellement tournée ? Car, il doit être clair à chacun que l’alliance de la Russie avec la Chine est un pis-aller : avec la Chine, la Russie sera toujours un second couteau, menacée démographiquement et économiquement dans son extrême est sibérien et vendant son gaz à bas coût.

Le destin de la Russie était de s’aligner sur l’Occident – c’était la volonté initiale de Boris Eltsine et même de Vladimir Poutine alors jeune président de Russie – l’entêtement à vouloir étendre l’OTAN a brisé le destin d’une Europe des Nations où la Russie avait toute sa place, ce qui était la vision du Général de Gaulle.

Qu’avons-nous à gagner, nous Européens et spécifiquement Français, à perdre la Russie et à renforcer ainsi encore et encore la Chine ?

Voulons-nous que soit tiré un nouveau rideau de fer ?

Souhaitons-nous un tel dénouement ?

Si la réponse est non, cela exige d’œuvrer à un monde multilatéral et non à un monde où les blocs se confrontent en visant une hégémonie dévastatrice pour tous.

 

Georges Kuzmanovic, Président de République souveraine

 

 

Source : Revue politique et parlementaire, 23 février 2022.

Guerre en Ukraine : victoire stratégique pour la Chine, danger pour l’Europe
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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 06:02
En faisant des bénéfices, j'espère. Et qu'elle pourra les livrer avant que les belligérants aient signé un traité de paix.
Les merdias évoquent, en mentant, le virage à 180° de Mélenchon concernant Poutine. Mais le virage de l'UE marchande d'armes les gêne beaucoup moins. Une preuve de plus que l'Union européenne est un “ machin ”, non pas au service de la paix et des peuples, mais du fric et de ceux qui en ont beaucoup.
 
J'ai d'ailleurs du mal, à propos de nos merdias, de comprendre leur acharnement contre Mélenchon qui s'est efforcé d'avoir, dans le conflit Ukraine-Russie, une position équilibrée.
 
C'est peut-être tout bêtement parce que nos journalistes – y compris ceux qui se croient de gauche (n'est-ce pas Thomas Legrand-Lepetit ?) – ne jurent que par les États-Unis et par leur valet, le banquier éborgneur-emmerdeur, un envoyé que Poutine a reçu entre deux portes, en lui mentant comme un arracheur de dents, bref en le considérant comme de la roupie de sansonnet.
 

 

L'Union européenne va acheter et vendre des armes !
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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 06:01

Les merdias français ont raison : Mélenchon a toujours été un adorateur de Poutine et a profité de la guerre Ukraine-Russie pour opérer un virage à 180 degrés !

 

Á noter qu'Anne Hidalgo, pauvre fille !, vient de se joindre au concert des amalgalmeurs extrême droite-Mélenchon dans une attaque minable citée par Le Monde. Il y a une semaine, elle s'était associée à Jadot, pauvre gars !, pour pourfendre Mélenchon sur les mêmes bases.

 

 

Les merdias français, Mélenchon et Poutine
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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 06:06

 

La justice a refusé d'ordonner l'expulsion de Georges Ibrahim Abdallah, condamné à la perpétuité pour complicité d'assassinat de diplomates américain et israélien en 1987 mais libérable depuis 1999, selon le droit. C'eut été une ordonnance libératrice.

 

La justice administrative française a refusé ce 10 février d'ordonner l'expulsion de l'un des plus anciens détenus de l'Hexagone, le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, condamné à la perpétuité pour complicité d'assassinat de deux diplomates américain et israélien en 1987. Cet arrêté d'expulsion de France était, selon sa défense, une étape nécessaire en vue d'une possible libération.  Incarcéré depuis plus de 37 ans – actuellement détenu dans la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) – Georges Ibrahim Abdallah a vu ses huit demandes de libération conditionnelle rejetées. A la neuvième, en 2013, le tribunal d’application des peines avait accordé sa libération mais l'avait conditionnée à une expulsion vers le Liban, ont rappelé ses soutiens dans un texte publié en octobre 2021.

 

«Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, refuse de signer l'arrêté d'expulsion. Le motif ? Georges Abdallah refuse de se repentir. L’Etat français poursuit son acharnement», déploraient alors les signataires du texte. Dans sa décision, consultée par l'AFP, le tribunal administratif de Paris explique qu'il ne peut ordonner au ministère de l'Intérieur de prendre un tel arrêté. Dans un communiqué publié ce 10 février, le collectif “ Palestine vaincra ”, très actif soutien à Georges Ibrahim Abdallah, explique que la requête auprès du tribunal administratif avait été déposée il y a plus d’un an par son avocat Jean-Louis Chalanset alors qu’un arrêt d’expulsion conditionne la libération du militant libanais emprisonné en France depuis plus de 37 ans.

 

Selon des photos et des vidéos postées sur la page de soutien sur Facebook “ Free Georges Ibrahim Abdallah”, suivie par plus de 15 000 personnes, des rassemblements se sont tenus au Liban, en Tunisie, en Turquie et en France les 9 et 10 février en attente de la décision du tribunal.  A Paris, ils étaient quelques dizaines dans le IVe arrondissement à brandir des slogans en faveur du militant et des drapeaux palestiniens. «Nous sommes tous Georges Abdallah», scandaient pour leur part ses soutiens à Beyrouth le 9 février au soir.

 

Georges Ibrahim Abdallah avait été condamné en 1987 à la détention à perpétuité – le procureur avait requis dix ans de prison – pour complicité dans l'assassinat à Paris de deux diplomates, américain et israélien, qualifiés d'« espions de la CIA et du Mossad » par Yves Bonnet, à l'époque patron du service de renseignement du ministère français de l'Intérieur. L'inculpation du militant communiste était basée sur le fait que des armes ayant servi à tuer les deux hommes avaient été retrouvées dans l'appartement parisien dont il payait le loyer.

 

Durant la guerre du Liban, Georges Ibrahim Abdallah rejoint le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) puis les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), toutes deux communistes. En pleine guerre avec Israël au début des années 1980, les FARL ont revendiqué plusieurs assassinats ou tentatives d'assassinat sur des diplomates ou des militaires américains et israéliens, en France. « Cette condamnation [de Georges Abdallah] à la plus lourde peine du code pénal français ne repose sur aucune charge directe mais sur une complicité présumée d’homicide volontaire », dénonce pour sa part l’Association France-Palestine Solidarité, également très active dans son soutien au prisonnier.

 

10 févr. 2022, 21:03 © Laurent Dard Source: AFP

 

La justice française refuse d'ordonner l'expulsion libératrice du Libanais Georges Ibrahim Abdallah
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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 06:20

 

Philippe Poutou et ses amis du NPA qualifient cette guerre d’ « impérialiste » et demandent la « solidarité » avec les populations ukrainiennes.

 

Dans la nuit du 23 au 24 février 2022, Poutine a annoncé le lancement d’une « opération militaire » en Ukraine. Celle-ci est partie des forces armées terrestres ou maritimes stationnées dans les trois zones frontalières de l’Ukraine.L’objectif de cette guerre, puisqu’il faut bien la nommer ainsi, serait selon Poutine la « démilitarisation » et la « dénazification » de l’Ukraine – non sans en avoir dépecé et annexé des territoires dont on ne sait pas, à ce jour, jusqu’où ils s’étendront. En réalité, cette aventure militaire est celle d’une puissance impériale qui cherche à répondre à deux objectifs : contre l’autodétermination de l’ensemble des populations ukrainiennes et contre la volonté d’extension de l’OTAN dirigée par les États-Unis.

 

Depuis plusieurs jours, la situation s’était tendue et radicalisée, les provocations répondant aux surenchères, jusqu’à la guerre que nous connaissons désormais. Il y a tout d’abord eu l’envoi d’une pseudo « force de paix » au sein des territoires préalablement reconnus comme indépendants des républiques fantoches de Louhansk et Donetz (sur un tiers du Donbass), ce qui a de fait mis fin à toute politique d’actualisation des accords de Minsk et, au-delà, à toute possibilité pour les populations d’Ukraine de décider de leur propre sort.

 

Les bombardements de plusieurs villes de l’Ukraine – dont Kiev la capitale, Odessa, Kharkiv ou encore dans l'ouest du pays, non loin de la frontière avec la Pologne – marquent un saut qualitatif dans une dynamique guerrière dont personne ne peut dire jusqu’où elle peut aller. Les gardes-frontières ukrainiens ont, de plus, annoncé que les forces terrestres russes sont bien entrées dans le pays. Et comme toujours, ce sont les peuples qui payent le prix des guerres. Ainsi, outre la quarantaine de morts dans l’armée ukrainienne annoncée par Kiev, la mort d’une dizaine de civils est le signe annonciateur de la catastrophe à venir.

 

La politique des grandes puissances occidentales montre combien l’extension de l’OTAN et les sanctions contre la Russie sont inefficaces et dangereuses. Il ne peut y avoir de solution militaire au conflit ukrainien, au risque d’un recours au nucléaire et d’un embrasement de la région sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. La guerre sans merci pour l’énergie menace tous les peuples.

 

Nous condamnons l’agression militaire que la Russie de Poutine vient de lancer contre l’Ukraine, qui ne peut avoir aucune justification. Nous dénonçons aussi les politiques de maintien et d’extension de l’OTAN depuis 1991 (après donc la dissolution du Pacte de Varsovie) qui manifeste, tout comme la logique de grande puissance russe, les ambitions impériales des EU et de leurs alliés, au mépris des droits des peuples. Nous soutenons les forces sociales et politiques qui, en Ukraine, se battent à la fois contre le mépris poutinien du droit à l’autodétermination, contre la privatisation de leur pays par des oligarques et contre leur régime antidémocratique.

 

Nous appelons à construire une mobilisation internationaliste solidaire des populations ukrainiennes contre toutes les politiques qui les agressent, pour la démilitarisation des relations internationales.

 

Pour le retrait de toutes les forces russes d’Ukraine ;

 

Pour l’arrêt immédiat de l’extension de l’OTAN et, au-delà, pour son démantèlement ;

 

Pour l’annulation de la dette qui pèse sur l’Ukraine ;

 

Pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

 

Montreuil, le jeudi 24 février 2022

Guerre en Ukraine : la position de Philippe Poutou et du NPA
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