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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 05:01

Je reprends ici de nombreux éléments d’un article de deux militants cégétistes.

 

Selon eux, les publications papier et internet des fédérations CGT et de la Confédération contiennent de plus en plus de publicités. Ces deux militants se sont demandés si cette publicité servait uniquement à couvrir les coûts de fonctionnement des publication ou si elles couvraient aussi d’autres lignes budgétaires.

 

Ils ont étudié les publications de 19 fédérations sur 33 et ont observé que la surface des publicité variait de 6 à 33%.

 

Parmi les annonceurs figurent en bonne place des cabinets d’expertise comptable proches de la centrale syndicale. Une autre part importante revient aux groupes de protection sociale complémentaire. Par exemple, le groupe VYV, créé en septembre 2017 et qui comprend de nombreuses filiales comme Harmonie Mutuelle ou la MGEN. Ces mutuelles, écrivent les auteurs de l’article, « sont en lien direct avec des fédérations, notamment dans le secteur de la Fonction publique, puisque la gestion du régime d’assurance maladie leur est déléguée depuis plusieurs décennies, au détriment de la Sécurité sociale ». Le problème est que la mutualité est « une institution du capitalisme financier » qui gère ses fonds selon les directives européennes. Les auteurs citent le cas du groupe Macif « au sein duquel la CGT fait face à une dégradation des conditions de travail, un refus de négocier, et même de la répression antisyndicale ».

 

Autres annonceurs privilégiés, les groupes de prévoyance (complément de salaire, capital-décès etc.). La gestion y est paritaire mais ces institutions sont identiques aux mutuelles, avec des réserves imposées captés par la sphère financière. Citons AG2R La Mondiale, Malakoff Humanis, Apicil, Lourmel.

 

Une dernière catégorie d’annonceurs est constituée par des entreprises capitalistes, « majoritairement des anciennes entreprises nationalisés » : La Poste Services à la personne, Orange, EDF, SNCF, Dalkia.

 

Le Secrétaire général de la Confédération s’est montré partisan d’accueillir tous les annonceurs. Lors d’un débat en novembre 2021 à propos du financement de NVO-Ensemble, Philippe Martinez a exprimé l’idée qu’il n’y avait « pas de scandale à avoir des recettes publicitaires car il l’y a aucune raison que l’argent, fruit du travail des travailleurs, ne serve pas leur cause, sans compromission aucune et en lien avec les organisations ».

 

Le choix est douloureux : accepter toujours plus de publicité ou augmenter les cotisations syndicales.

 

Pas simple.

 

Publié par La Révolution Prolétarienne, n° 818.

 

 

Les publicités dans les publications de la CGT
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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 05:01

Dès ses 15 ans, elle entre dans des associations lycéennes et étudiantes néofascistes. Elle a été la plus jeune ministre de l'histoire politique italienne. Mais qui est Giorgia Meloni, candidate au poste de Premier ministre ?

 

Mais qui est cette Giorgia Meloni, qui a partagé une vidéo de viol en pleine campagne pour surfer sur l'insécurité ? Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette candidate aux législatives italiennes, qui pourrait devenir la future Première ministre de l'Italie.

Giorgia Meloni est née à Rome le 15 janvier 1977, d'un père communiste et d'une mère de droite. Son enfance se résume brièvement : elle met le feu à l'appartement familial et lorsqu'elle a un an, son père part vivre aux Canaries. Elle s'installe ensuite à Garbatella, un quartier populaire de Rome avec sa mère et sa sœur. C'est là qu'elle fait ses premiers pas en politique.

Dès ses 15 ans, elle entre dans des associations lycéennes et étudiantes néofascistes. En 1996, elle prend la tête de "Azione Studentesca", un mouvement souverainiste, identitaire, néofasciste, traditionaliste et anti-communiste. La jeune femme disait d'ailleurs à l'époque au micro de France 3 : "Moi, je crois que Mussolini, c'était un bon politicien".

En 2006, elle devient députée puis vice-présidente de la Chambre des députés. En 2008, c'est son moment de gloire. Elle devient la plus jeune ministre de l'histoire italienne : elle est nommée ministre de la Jeunesse par Silvio Berlusconi à seulement 31 ans. Mais quatre plus tard, plus rien ne va. Giorgia Meloni fonde Fratelli d'Italia, son propre parti de droite radicale, en rupture totale avec Silvio Berlusconi.

On peut l'écouter ici (elle avait 19 ans).

 

Source

 

La future dirigeante fasciste de l'Italie ?
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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 05:01

Lors du passage du cortège de la reine dans différentes villes, la police a arrêté et menacé des personnes qui protestaient contre la monarchie.

 

Au moins quatre personnes ont été arrêtées à Édimbourg, en Écosse, dont une femme qui a ensuite été inculpée. Un homme a été arrêté à Oxford lors d’un événement de proclamation pour Charles III, puis libéré par la police de la Thames Valley.

 

Furent arrêtés, entre autres :

 

À Édimbourg, la femme arrêtée l'a été « en relation avec une violation de la paix » (breach of the peace) pour avoir brandi, devant la cathédrale de Saint Giles où le cercueil de la reine était attendu, une pancarte disant « Putain d’impérialisme, abolissez la monarchie » .

 

Un homme de 22 ans a été arrêté à Édimbourg pour avoir crié : « Andrew, tu es un vieil homme malade ». Allusion, à l’évidence, à l’amitié du prince avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein. Il a été violemment projeté au sol par deux spectateurs (qui n’ont pas été inquiété pour leur action violente), puis rudoyé avant d’être emmené par la police et arrêté. Il a été inculpé d’atteinte à l’ordre public. L’insulte a été désapprouvée par la foule qui l’entourait. L’homme semblait porter le maillot du club A-League Melbourne City. Alors qu’on l’emmenait, il a crié à l’adresse du prince : « répugnant ». Il risque théoriquement 10 ans de prison.

 

À Oxford, Symon Hill fut arrêté et menotté pour « trouble à l’ordre public » après avoir crié « qui l’a élu ? » pendant la lecture de la proclamation de Charles.

 

Le même jour, Paul Powlesland, avocat, a été menacé d’arrestation à Londres. La vidéo de l’événement a été vue par plus de 1,4 million de personnes. Powlesland a tweeté : « Je suis allé à Parliament Square et j’ai brandi une feuille de papier vierge. Un policier est venu et m’a demandé mes coordonnées. Il m’a confirmé que si j’écrivais “ Pas mon roi ”, il m’arrêterait en vertu de la loi sur l’ordre public parce que quelqu’un pourrait être offensé ». Powlesland s’était pourtant exprimé poliment et en termes mesurés.

 

La colère généralisée suscitée par la répression policière a provoqué une réponse de commentateurs politiques de premier plan défenseurs de la monarchie. Ils ont prévenu que les attaques de la police contre les citoyens républicains – au moins un quart de la population – fragilisaient les institutions et ne pouvaient que se retourner contre la monarchie.

 

L’Écossaise Pippa Crerar, responsable des pages politiques du Guardian (quotidien connu pour ses sympathies républicaines), a tweeté : « La police doit faire attention à ne pas dépasser les bornes ». Sa consœur, plutôt clivante, Marina Hyde a pour sa part estimé qu’« étouffer la dissidence peut se retourner contre ceux qui ont le pouvoir ». Pour elle, « montrer ses muscles est un signe de faiblesse.

 

Lundi à 21h16, la police de Londres a averti ses agents que le public avait le droit de manifester contre la monarchie après une vidéo montrant les forces de l'ordre escortant une protestataire et des arrestations dans le reste du Royaume-Uni depuis la mort d'Elizabeth II. 

 

La police dispose donc de moyens exorbitants pour réprimer les délits d’opinion, pour empêcher les manifestations. Une pancarte anti-monarchie peut vous emmener devant les juges. Le parti travailliste et les syndicats n’ont réagi que très mollement aux nouvelles lois votées récemment par les conservateurs pour restreindre la liberté d’expression. Depuis 2019, le parti conservateur ne cache pas son intention d’engager une évolution constitutionnelle sur les libertés et droits fondamentaux. Derrière cette réflexion se cache une attaque contre les juges qui sont accusés d’avoir trop de pouvoir.

 

Répétons-le, la répression de la liberté d’expression ne serait pas possible sans le soutien du Parti travailliste et des syndicats. Dans l’heure qui a suivi la mort de la reine, les syndicats des postes et des chemins de fer ont annulé les grèves nationales en cours et à venir. Le Royal College of Nursing a même interrompu un vote de grève en cours auprès de quelque 465 000 membres du syndicat des infirmiers et infirmières, « par respect ».

 

Mardi, le chroniqueur du Guardian et membre du Parti travailliste Owen Jones a fait état de directives envoyées à tous les députés travaillistes par la direction du parti, leur interdisant de publier quoi que ce soit sur les réseaux sociaux, à l’exception d’hommages à la reine, et les empêchant de s'exprimer dans les médias, par exemple sur l’inflation galopante ou sur la guerre en Ukraine. Parmi d’autres recommandations fermes, on peut citer : « Toutes les campagnes et activités du parti doivent cesser jusqu’à nouvel ordre » ; « Lorsqu’ils sont en public, les membres du parti et les élus doivent suivre le code vestimentaire du deuil (couleurs sombres et noires) »; «Toutes les communications politiques, y compris les mises à jour et bulletins d’information des députés, doivent être reportées pendant cette période ».

 

On ose espérer que ces recommandations n’augurent pas la mise en place d’un État fort, pour ne pas dire policier.

 

Il est piquant d’observer que des militants anti-monarchistes ont été arrêtés à quelques mètres de Westminster Hall, où ce même roi Charles III a reçu les condoléances des deux chambres, puis a déclaré : « En me tenant devant vous aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de ressentir le poids de l'Histoire qui nous entoure et qui nous rappelle les traditions parlementaires vitales auxquelles les députés des deux chambres se consacrent avec un tel engagement personnel pour le bien de nous tous », faisant référence à La Fameuse Histoire de la Vie du Roi Henri le Huitième de Shakespeare.

 

Cette répression des expression anti-monarchie a lieu au moment où le gouvernement conservateur de la Première ministre Truss prépare une législation visant à criminaliser les grèves dans certaines industries et services “ essentiels ”.

 

Alors qu’il avait 12 ans, le prince Harry dut suivre le cercueil de sa mère Diana. Il n’en avait nullement envie mais la famille royale s’était ralliée au conseil du Premier ministre Tony Blair d’exposer ainsi le prince pour empêcher quolibets, insultes et sifflets en provenance d’une foule qui était beaucoup moins en faveur de la famille royale qu’aujourd’hui.

 

Les limites de la liberté d’expression au Royaume-Uni n'augurent rien de bon
Les limites de la liberté d’expression au Royaume-Uni n'augurent rien de bon
Les limites de la liberté d’expression au Royaume-Uni n'augurent rien de bon
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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 05:01

Récemment, François Ruffin était reçu par (la milliardaire ?) Léa Salamé. Il tint un raisonnement très intéressant sur la fortune invisible des gens immensément riches.

 

Il n’y a pas si longtemps, dit-il, on voyait la richesse des riches : au bout du coron, il y avait la très belle maison du moyennement riche ingénieur ; et, deux kilomètres plus loin, on devinait, derrière une rangée de peupliers, le château du propriétaire de la mine de charbon ou de l’usine textile. Évidemment, cela créait des tensions qui n’étaient pas durablement apaisées du fait que le patron construisait un stade (à son nom) ou un gymnase pour la saine jeunesse ouvrière. Cette visibilité, Hannibal Lecter la décrit fort bien à Clarice Starling, fliquette obstinée et courageuse au nom de délicat petit oiseau : « We begin by coveting what we see every day ». On convoite ce que l'on voit tous les jours. Ce qu’on ne voit pas relève à jamais de l’abstraction. Ceci est une cause des progrès des partis d’extrême droite dans le monde entier. Les pauvres voient le moins pauvre du bout de la rue mais pas l’ultra riche aux Bahamas. Et il se trompent de cibles.

 

Aujourd’hui, les immensément riches ont colonisé, non pas la forêt au bout du coron, mais la terre entière. Ils ont des demeures somptueuses sous toutes les latitudes. Et pas en usufruit comme la reine d’Angleterre ou son royal rejeton. Pour de vrai. Et les fortunes (biens immobiliers, lingots, portefeuilles d’action, voitures de luxe, yachts, avion privés) sont telles qu’elles dépassent littéralement l’entendement. Si l’on me dit que la fortune de Bernard Arnaud est de 158 milliards de dollars (toujours s’exprimer en dollars chez les milliardaires, c’est plus flou), cela ne signifie rien, sauf, éventuellement, si je compare cette somme au budget de l’Éducation nationale française (160 milliards d’euros) en m’apercevant que nous sommes dans le même ordre de grandeur.

 

Vers 1966, John Lennon déclara : « I’m down to my last 50 000 pounds ». Malgré la grande admiration que je vouais à John et à ses camarades, je savais que, par exemple, un comptable dans une entreprise gagnait environ 150 livres par mois et que le rédacteur en chef d’un grand hebdomadaire qui comptait parmi mes amis percevait environ 600 livres mensuelles. Et je pensais que la jérémiade de John nous les brisait menu, d’autant qu’avec les droits d’une seule chanson, il était capable de se refaire. Aujourd’hui, la fortune de Paul McCartney se monte à 750 millions de livres (il vient d’être dépassé par Bono qui avait acheté 2% de Facebook quand ce réseau social balbutiait encore). Ces sommes faramineuses ne sont que fantasmagories pour nous.

 

Une autre différence intéressante entre les milliardaires d’aujourd’hui et ceux d’hier, c’est que nos contemporains richissimes ne se cachent pas. Il ne s’agit pas pour eux de dire, dans une perspective protestante, que, s’ils sont aussi riches, c’est parce qu’ils l’ont bien mérité et que toute personne talentueuse et courageuse peut suivre leur exemple. Il s’agit de faire savoir à ceux qui sont proches d’eux dans les classements qu’ils sont les patrons, et aux politiques qu’il ne faut surtout pas toucher aux multiples privilèges qui leur rendent la vie toulours plus douce, car leur force de frappe est telle qu’ils peuvent à eux seuls ébranler le système. Et ça, ça ne serait pas bon pour l’emploi, Madame Bouzigues.

Les milliards invisibles des milliardaires
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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 05:01

Je reprends ici un article-confession de l'homme politique et écrivain Craig Murray, publié dans Le Grand Soir. Par-delà la repentance d'un homme qui a sincèrement cru que le capitalisme était humain et réformable, il montre à quel point le paradigme, au Royaume-Uni comme ailleurs, s'est méchamment (au sens propre du terme) déporté vers la droite.

 

Le NWO de la photo signifie New World Order (Nouvel Ordre Mondial).  L'expression désigne l'alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité, incarnée par les États-Unis. Depuis, elle est réemployée dans d'autres contextes où il est diversement question de consolider une gouvernance mondiale (en matière financière ou environnementale, par exemple). Wikipedia. 

 

La crise du capitalisme est désormais à nos portes. Il n’y a pas de mesures palliatives qui rendront la situation supportable.

 

Je ne me suis jamais considéré comme un marxiste. Je suis devenu adulte à la fin de la seule période de 40 ans de l’histoire de la civilisation occidentale où le fossé entre les riches et les gens ordinaires s’est réduit. En conséquence, j’ai cru qu’une société tolérable pouvait être atteinte en prenant juste des mesures simples pour améliorer le capitalisme.

 

J’ai grandi avec la propriété publique des services publics, des monopoles naturels et des industries stratégiques, avec la gratuité des soins de santé et des médicaments, la gratuité des études universitaires avec de bonnes bourses d’études, des écoles sous le contrôle de conseils locaux élus, des loyers équitables contrôlés, y compris dans le secteur privé, et un nombre important de logements sociaux. Nous pensions que cela durerait toujours.

 

En 1973, j’ai rejoint le parti libéral. Je peux encore croire aujourd’hui à une grande partie du manifeste du parti libéral de 1974. Les éléments susmentionnés, tels que la propriété publique des services publics et des principales industries et la gratuité de l’enseignement, ne figuraient pas dans le manifeste parce qu’ils n’avaient pas besoin d’y figurer : ils existaient déjà et constituaient la structure de base.

 

Le manifeste a ajouté des éléments tels qu’un revenu de base garanti pour tous les membres de la société, des participations obligatoires des travailleurs dans les industries non nationalisées, des conseils de travailleurs et un gel des loyers dans les secteurs public et privé.

 

Je ne prétends pas qu’il s’agisse d’un grand document socialiste : il y a des signes d’une pensée de droite qui s’insinuent, comme le passage sur la fiscalité indirecte. Mais la vérité est que le manifeste du parti libéral de 1974 était au moins aussi à gauche que celui de l’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn. Certaines de ses idées étaient très en avance sur leur temps, comme l’idée que la croissance économique continue et l’augmentation de la consommation ne sont ni durables ni souhaitables.

 

Croyant essentiellement aux mêmes choses aujourd’hui, je me retrouve cependant à l’extrême gauche du spectre politique, sans avoir jamais bougé mentalement !

 

Voici quelques extraits du manifeste libéral de 1974 qui pourraient vous surprendre. Vous n’entendrez pas ce genre de langage de la part du parti travailliste de Keir Starmer, en fait, vous risqueriez probablement de vous faire jeter [si vous le disiez à haute voix] :

 

La première chose est de recréer, dans notre société et nos institutions politiques une loyauté envers le « bien commun » auquel tous les intérêts partisans et sectaires, quelle que soit leur valeur intrinsèque, doivent être subordonnés. Mais tous les efforts en direction d’un tel consensus, en direction de ce « bien commun » serait inutiles et ratés s’ils ne sont pas accompagnés par la reconnaissance que notre société actuelle est extrêmement injuste dans sa distribution des privilèges et des récompenses matérielles entre le capital et le travail, entre classes et entre individus. Ce n’est que quand il sera évident que la restructuration de notre société est en marche et qu’une société plus équitable est en vue que le nécessaire consensus politique sera à portée de main.

 

Les objectifs d’une politique libérale

 

Établir le droit universel à un revenu minimum, équilibré par une meilleure répartition des richesses, grâce au système fiscal et aux garanties de revenu minimum.

 

Créer une relation d’égal à égal entre employés et employeurs en reconnaissance de l’importance équivalente de leurs contributions au succès de l’industrie.

 

Décentraliser le gouvernement et donner du pouvoir politique à l’Écosse, le Pays de Galles et les régions anglaises pour s’assurer que les décisions soient prises au plus près du peuple.

 

Inciter les gens à exercer leur influence au sein de leur communauté en y participant et encourager les consultations pour l’exercice des responsabilités nationales au niveau de la santé, de l’éducation et du bien être social.

 

Briser les monopoles, politiques et économiques, de façon à ce que l’initiative individuelle ne soit pas supprimée.

 

Économiser et protéger les ressources limitées pour le bénéfice final de toute la communauté.

 

Tous ces buts ont un objectif ; servir l’individu et créer les conditions dans lesquelles il peut développer au mieux sa personnalité.

 

Ce parti libéral a bien sûr disparu, tout comme les traditions radicales, anti-guerre et anti-syndicalistes du libéralisme britannique. Elles ont été diluées par la fusion avec le parti social-démocrate et finalement tuées par l’ancien vice-premier ministre Nick Clegg, aujourd’hui président des affaires mondiales de Meta Platforms, et les « Orange Bookers » qui ont fait du parti hybride un parti entièrement néo-libéral, avec une doctrine qui n’a presque aucune ressemblance avec le libéralisme qu’il prétend réaffirmer.

 

Les âmes robustes qui suivent et soutiennent ce blog assistent aux derniers coups de boutoir de l’héritage de la pensée politique légué par John Stuart Mill, William Hazlitt, John Ruskin, John A. Hobson, Charles Kingsley, Bertrand Russell, William Beveridge et bien d’autres, assaisonné de Piotr Kropotkin et Pierre-Joseph Proudhon.

 

Je ne pense pas que la prochaine génération qui tentera d’être active en politique développera sa vision du monde avec ces penseurs là comme source principale d’inspiration.

 

Mais le but de ce babillage égocentrique est de vous faire savoir que je ne suis pas marxiste et que je ne viens pas d’un milieu ou d’une mentalité syndicaliste ou socialiste.

 

La doctrine du néolibéralisme

 

La pensée clé vers laquelle je m’achemine à travers ces explications est la suivante : j’ai grandi à une époque où le capitalisme était suffisamment modéré par des mesures palliatives pour qu’il semble être une façon raisonnable de conduire la société.

 

Cette époque a pris fin dans les années 80, lorsque la doctrine du néolibéralisme s’est imposée dans le monde occidental. Au Royaume-Uni, cette doctrine contrôle désormais fermement les partis conservateur, libéral démocrate, travailliste et national écossais et est promue sans relâche par les médias d’État et d’entreprise.

 

Le résultat de cette domination néolibérale a été une expansion massive et accélérée du fossé entre les ultra riches et le reste de la société, à tel point que les gens ordinaires, autrefois de la classe moyenne, luttent pour payer les factures nécessaires pour simplement vivre. La situation est devenue insoutenable.

 

En bref, il s’avère que Marx avait raison. La crise du capitalisme est désormais à nos portes. Le néolibéralisme (un autre mot pour désigner la conception de systèmes étatiques visant délibérément à conduire à d’incroyables concentrations de richesses au milieu de la pauvreté générale) arrive au bout de sa course.

 

Il n’existe pas de mesures palliatives qui rendront la situation supportable. Seul un changement radical dans la propriété des actifs permettra de remédier à la situation, en commençant par la propriété publique de toutes les entreprises du secteur de l’énergie, depuis les extracteurs d’hydrocarbures comme Shell et BP, en passant par les producteurs et fabricants de gaz, d’électricité et de carburant, les distributeurs et les détaillants.

 

Il ne s’agit là que d’un secteur et d’un début. Mais c’est un bon début. Je passe souvent devant la raffinerie de Grangemouth et je suis stupéfait de voir que tous ces terrains, ces équipements massifs, tous ces produits chimiques et ces processus profitent essentiellement à l’homme le plus riche de Grande-Bretagne, Sir James Arthur Ratcliffe, qui envisage d’acheter Manchester United comme dernier jouet (propriétaire de l’OGC Nice, il réside à Monaco), tandis que ses travailleurs protestent contre une nouvelle baisse de salaire en termes réels. Cette obscénité ne peut pas durer éternellement.

 

Les guerres ne sont pas accessoires au néolibéralisme. Elles sont une partie essentielle du programme, car le consumérisme sans limites nécessite l’acquisition massive de ressources naturelles. Les guerres constantes ont pour l’élite mondiale l’avantage secondaire utile de générer des profits massifs pour le complexe militaro-industriel.

 

Le coût en termes de misère humaine et de mort est maintenu à une distance discrète du monde occidental, à l’exception des flux de réfugiés, qui rencontrent une réponse de plus en plus fondée sur le déni de l’humanité.

 

La promotion de la guerre continuelle a conduit à l’accélération de la crise. Une grande partie de l’explosion actuelle du coût de la vie peut être directement attribuée à la guerre provoquée, prolongée et inutile en Ukraine, tandis que la doctrine néolibérale interdit le contrôle de l’énorme profit actuel qu’engrangent les entreprises énergétiques.

 

Au printemps, la colère du public sera d’une force et d’une portée jamais vues de mon vivant. Les ultra riches et leurs serviteurs politiques le savent, et c’est pourquoi des mesures énergiques sont prises pour prévenir toute protestation publique.

 

La nouvelle loi sur le maintien de l’ordre fait partie d’une série de mesures visant à restreindre les possibilités d’expression libre du mécontentement public. Les manifestations peuvent être simplement interdites si elles sont « bruyantes » ou « gênantes » . La marche réunissant 2 millions de personnes contre la guerre en Irak à Londres, par exemple, aurait pu être interdite pour ces deux motifs.

 

J’ai rencontré et discuté le week-end dernier au Festival Beautiful Days avec l’admirable Steve Bray ; nous ne sommes pas d’accord sur tout mais sa préoccupation publique est authentique. Il s’habitue à être expulsé par la police de la place du Parlement après avoir été spécifiquement visé par la législation. Je lui ai rappelé – et je vous rappelle – que le gouvernement Blair avait également interdit les manifestations près du parlement de Westminster.

 

L’intolérance à l’égard de la dissidence est une caractéristique du néolibéralisme moderne, comme en témoignent les gens au Canada et en Nouvelle-Zélande – ou comme Julian Assange pourrait vous le dire.

 

Mais outre les attaques législatives et étatiques contre la contestation, l’État néolibéral renforce également ses éléments de contrôle plus subtils. Les services de sécurité ne cessent de se développer. Les médias ne sont pas seulement de plus en plus concentrés, ils sont de plus en plus sous l’influence directe des services de sécurité – l’Initiative pour l’intégrité, les révélations de Paul Mason et les frayeurs à peine déguisées de Luke Harding et Mark Urban sont autant de petits éléments d’une toile massive conçue pour contrôler l’imagination populaire.

 

Craig Murray a été ambassadeur britannique en Ouzbékistan d’août 2002 à octobre 2004 et recteur de l’université de Dundee de 2007 à 2010.

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 05:01

Je ne voudrais pas passer pour plus malin que je ne suis mais, à la fin des années 80, j’ai eu à Abidjan, une longue conversation avec une Suédoise d’une trentaine d’années, secrétaire à l’ambassade de son pays en Côte d’Ivoire. Á un moment, la causerie s’orienta vers les questions d’immigration. Je lui expliquai, en gros, la situation française et lui demandai s’il y avait des lois, des règles encadrant la question dans son pays. « Aucune », me dit -elle, « entre qui veut ». Elle ne savait pas – moi non plus, bien sûr – que, trois décennies plus tard 30% des personnes vivant en Suède seraient d'origine étrangère. Je lui dis que la Suède, petit « paradis social-démocrate », démocratie très avancée, était très attractive pour toutes sortes de réfugiés, politiques ou économiques. Mais un jour prochain viendrait où il faudrait se défaire d’un certain angélisme et encadrer l’immigration car ce pays peu peuplé verrait peut-être arriver sur son sol des personnes interlopes en quête d’argent facilement gagné dans le marché noir, la prostitution etc., et d’authentiques réfugiés qui, avant longtemps, imposeraient facilement leurs us et coutumes dans une société ouverte (ainsi le port du voile est autorisé dans les écoles, une femme voilée peut refuser de serrer la main de son employeur), sans parler de leurs luttes intestines, claniques ou religieuses.

C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. L’immigration a été dévoyée, les autorités suédoises en ont perdu le contrôle au point que huit personnes sur dix, théoriquement « réfugiées » passent leurs vacances dans les pays dont ils sont originaires.

Je reprends ici un article publié par Christian Roux dans Le Devoir (Québec). Ce texte montre que le pays est complètement désuni et qu'il vire de plus en plus à droite et à l'extrême droite : le parti d'extrême droite Démocrates Suédois est devenu la deuxième force politique du pays tandis que le parti social démocrate a perdu 20% de voix ouvrières en 15 ans.

 

Texte écrit avant les élections législatives du 11 septembre 2022.

 

Sur la place centrale de Rinkeby, la petite Sedra, 11 ans, s’exprime dans un anglais impeccable. Avec ses camarades de classe, cette enfant de réfugiés irakiens est venue prendre la collation au stand du candidat de son quartier, Elvir Kazinic. Membre du Parti social-démocrate au pouvoir depuis deux mandats, M. Kazinic est lui-même un réfugié de Bosnie arrivé en Suède dans les années 1980. Ici, plus de 80 % des habitants sont des immigrants de première ou de seconde génération.

Comme Sedra, la plupart des filles du groupe portent le voile islamique. Pendant que le candidat explique aux enfants ce qui se jouera lors des élections générales de dimanche prochain – où le bloc de gauche mené par les sociaux-démocrates est au coude-à-coude avec celui de droite, seuls les plus assidus prennent des notes pendant que les autres rigolent dans un coin en croquant une pomme ou une poire.

Pourtant, on ne rigole pas tous les jours dans cette banlieue verte et proprette située à 10 kilomètres de la capitale et qui accueille des migrants venus de Somalie, d’Iran, d’Irak, de Turquie, d’Éthiopie, de Grèce, de Pologne ou de Chine. Car derrière ces HLM à taille humaine, avec leurs parcs verdoyants, leur fontaine et leurs jardins pour personnes âgées se cache une tout autre réalité.

« Ici, on peut se tirer à la kalachnikov, dit Khaled, un réfugié irakien arrivé il y a 22 ans et devenu chauffeur de taxi. Pour moi, ça va, mais ma famille ne veut plus vivre ici à cause de la criminalité et du trafic de drogue. Les membres des gangs n’arrêtent pas de se tirer dessus. La Suède devrait faire plus attention au choix de ses immigrants. » 

Rien d’étonnant à ce que la criminalité soit devenue la principale préoccupation des électeurs qui iront aux urnes dimanche. De quoi écorner l’image de carte postale que projette la Suède à l’étranger.

Depuis janvier dernier, 48 personnes sont tombées sous les balles d’un tueur, un nombre qui a plus que doublé en 10 ans. Selon une enquête du Conseil national de la prévention du crime, la Suède arrive au second rang parmi 22 pays européens pour le nombre de morts par balles, tout juste derrière la Croatie. Une progression unique en Europe.

Comme en France, les incendies de voitures sont aussi devenus quotidiens. En 2020, le gang Ali Khan, dirigé par un imam d’origine libanaise, avait terrorisé plusieurs quartiers de la seconde ville de Suède, Göteborg. L’an dernier, la mort du jeune rappeur Einár, abattu devant chez lui pour une affaire liée aux gangs de rue, a ému tout le pays.

« Dans un pays traditionnellement aussi paisible que la Suède, c’est un véritable choc », dit le politologue québécois Henry Milner, qui enseigne depuis longtemps à l’Université d’Umeå et vient de publier le livre Observateur engagé, où il évoque notamment son parcours suédois. « Cette élection est très différente des autres. Parler de la loi et de l’ordre dans une élection suédoise, c’était inimaginable il y a quelques années à peine. Il a pourtant fallu se rendre à l’évidence. Les Suédois sont en train de perdre leur naïveté : bienvenue en Europe ! »

Pour les trois grands partis – les sociaux-démocrates (centre gauche), les modérés (droite) et les démocrates suédois (populistes), il ne fait guère de doute que cette criminalité qui déborde largement les quartiers dits sensibles est liée de près ou de loin à une immigration mal contrôlée. « Trop d’immigration et trop peu d’intégration ont créé des sociétés parallèles où les gangs criminels ont pris racine et progressé », a déclaré la première ministre, la social-démocrate Magdalena Andersson, qui veut rompre avec l’image d’une Suède qui s’est longtemps considérée comme une « superpuissance morale ». [Elle estime que « la ségrégation été autorisée à aller si loin que nous avons des sociétés parallèles en Suède. Nous vivons dans le même pays mais dans des réalités complètement différentes. » ]

Malgré la popularité personnelle de la première ministre Andersson, la réélection des sociaux-démocrates, qui dominent la vie politique suédoise depuis un siècle, est loin d’être assurée le 11 septembre.

Face à la progression des centristes d’Anders Akesson, cette ancienne championne nationale de natation n’a eu de cesse de se démarquer de l’ancien laxisme de son parti en matière d’immigration. Elle propose notamment une réduction draconienne du nombre d’immigrants, d’ailleurs déjà largement en cours. Et, pour faciliter l’intégration, elle veut limiter à moins de 50 % leur nombre dans les municipalités. Pour cela, elle compte attirer dans les banlieues des familles plus aisées et forcer les nouveaux arrivants à s’installer dans les localités qui leur seront assignées. Elle compte enfin pousser les municipalité s à enrôler dès trois ans les enfants d’immigrants dans les maternelles. « Nous ne voulons pas de Chinatown en Suède, nous ne voulons pas de Somalitown ou de Petite Italie », a-t-elle tranché.

Pour le politologue Henry Milner, « parler de la loi et de l’ordre dans une élection suédoise, c’était inimaginable il y a quelques années à peine. Il a pourtant fallu se rendre à l’évidence ».

L’affirmation en a fait sursauter plus d’un, dit le Nicholas Aylott, maître de conférences à l’université de Södertörn.. « Il y a quelques années à peine, les sociaux-démocrates suédois dénonçaient leurs amis danois qui proposaient ce genre de mesures. Aujourd’hui, ils leur emboîtent le pas. »

Il faut dire que, lorsqu’en 2006 et 2010 le premier parti de Suède a été chassé du pouvoir, il a traversé une crise. Mais la principale surprise est venue en 2010 avec l’entrée au Parlement des Démocrates de Suède, un parti aux origines néonazies qui prône l’immigration zéro, la limitation du droit d’asile, l’expulsion des criminels étrangers et la fin de la réunification familiale.

« Après la tuerie commise en Norvège par l’extrémiste de droite Anders Breivik, il était devenu impossible d’émettre la moindre réserve sur l’immigration sans se faire traiter de raciste, raconte Nicholas Aylott. Lors de la crise des réfugiés de 2015, la Suède en a accueilli plus de 250 000 ! Un nombre démesuré pour un pays qui n’avait pas 10 millions d’habitants. Nous n’avions pas les structures pour cela. La Suède a toujours été un pays paisible avec une faible criminalité et peu de policiers. Bien sûr, la criminalité ne s’explique pas seulement par l’immigration, mais sans elle, elle n’aurait pas cette ampleur. »

Si ce virage politique rejoint l’opinion d’au moins 58 % des Suédois, elle a semé la pagaille dans le bloc de gauche, où les alliés traditionnels, les verts et le Parti de gauche, sont loin d’être sur ces positions.

Pour la sociologue de l’Université de Stockholm Andrea Voyer, « il est futile de s’en prendre aux ghettos et de penser les éliminer ». « Le débat actuel m’inquiète, car ces quartiers sont naturels. Ils existent partout et, selon moi, c’est même par là que passe l’intégration. Ce n’est pas une bonne idée de stigmatiser leurs habitants. S’il arrive que certains immigrants en deviennent prisonniers, c’est d’abord à cause de l’exclusion. L’immigration ne se fait pas à sens unique : c’est un processus d’acclimatation mutuelle. »

Selon cette étasunienne dont la grand-mère a quitté Rimouski au siècle dernier pour aller travailler dans les usines de Lewinston, dans le Maine, les mesures destinées à réduire le nombre de ghettos ne donneront rien. Quant « à la prolifération des gangs criminels, elle est surtout liée à la jeunesse, pas à l’immigration proprement dite », dit-elle. Pour favoriser l’intégration, le gouvernement ferait mieux d’« assurer un apprentissage systématique de la langue, ce qui n’est pas vraiment le cas actuellement ».

Porte-parole du Parti social-démocrate sur les questions internationales, Johan Hassel préfère parler de « zones vulnérables » plutôt que de ghettos. Mais il soutient que l’ouverture tous azimuts de son parti à l’immigration était en train de le couper de sa base traditionnelle issue des milieux ouvriers et populaires.

« Je viens d’un milieu semi-rural et j’ai vu les populistes progresser dans des régions du Nord qui nous étaient traditionnellement acquises. On n’a pas assez écouté ces populations qui ont souffert d’une mondialisation non maîtrisée. On a été naïfs sur la question de la criminalité. On a échoué, il faut le reconnaître. On veut moins d’immigrants, car on veut mieux les intégrer. Avec plus de logements et de ressources scolaires. »

Selon lui, le fossé est aujourd’hui béant entre la main-d’œuvre peu qualifiée qui habite ces quartiers et la pénurie de personnel très qualifié que connaît la Suède. Il faudra du temps pour le combler. Lorsqu’on lui donne l’exemple des socialistes français, qui ont souvent levé le nez sur ces problèmes, il réplique aussitôt : « Ne me parlez pas d’un parti qui est pratiquement disparu. Nous, on veut rester en vie ! »

Depuis qu’un poste de police a été construit au centre de Rinkeby et qu’il y a des patrouilles de nuit, la sécurité s’est un peu améliorée dans le quartier, dit Freddy, un ancien journaliste de la République dominicaine qui a fui son pays en 1970 avec trois camarades pour sauver sa vie. « En général, je ne vote pas aux élections. Mais depuis quelques années, j’étais plutôt sensible aux arguments des démocrates suédois, même si je n’aime pas toutes leurs politiques. Peut-être que Magdalena Anderson va me convaincre de redevenir social-démocrate. J’attends quand même pour voir… »

 

Suède : la fin de la « naïveté »
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11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 05:01

Le gouvernement du banquier éborgneur et jet-skieur (quand la France est en feu) a donc décidé de « réformer » (quand j’entends le mot « réforme », je sors Das Kapital) l’assurance chômage. Les plus pauvres, les plus fragiles d’entre nous peuvent s’apprêter à souffrir.

 

Le banquier éborgneur et jet-skieur (quand la France est en feu) estime que les règles de l’indemnisation du chômage sont trop généreuses et qu’elles sont un frein au retour à l’emploi. C’est vrai, quoi ! Un chômeur qui perçoit quelques sous l’empêchant de mourir de faim réfléchit longuement avant de reprendre un emploi : il en parle autour de lui, met sur pied une commission de réflexion, il part en famille une semaine au bord de la mer pour discuter calmement, sans pression, des avantages et des inconvénients d’une reprise de travail.

 

Le projet soumis tout récemment au conseil des ministres vise à « améliorer le fonctionnement du marché du travail » et il n’est qu’une « première étape » pour atténuer les difficultés de recrutement des entreprises et atteindre le plein emploi d'ici la fin du quinquennat.

 

Il faut toujours garder à l’esprit que le nombre de chômeurs réellement indemnisés est faible : sur les 6,5 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi en décembre 2021, seulement 2,6 millions (40 %) d’entre elles recevaient une indemnisation. L’UNEDIC prévoit qu’elles seront 2,4 millions fin 2022. Le montant net moyen d’indemnisation est aujourd’hui de 960 euros (1 070 euros pour les allocataires qui ne travaillent pas et 720 euros pour ceux qui travaillent et complètent leur revenu). Depuis le 1er décembre 2021, il faut avoir travaillé six mois au cours des derniers 24 mois pour percevoir l’indemnité chômage (contre quatre mois auparavant).

 

Le banquier éborgneur et jet-skieur (quand la France est en feu) veut également moduler l’indemnisation en fonction de la situation économique : « quand ça va bien, dit-on dans les hautes sphères, on durcit les règles, quand ça va mal, on les assouplit. » Selon le ministre du Travail Olivier Dussopt (membre du parti socialiste jusqu’en 2017, ouf !),  il est possible d’agir « sur la durée maximale d’indemnisation » qui est aujourd’hui de 24 mois et « sur les conditions pour être éligible [sic, anglicisme à la mords-moi] à une indemnité ». Dussopt déclare ne pas vouloir toucher, pour le moment, au montant des allocations mais à la durée d’indemnisation et aux conditions d’accès à l’assurance-chômage. Aujourd’hui, il faut avoir travaillé 10 mois au cours des 24 derniers mois pour avoir droit aux allocations. Cette durée de deux ans pourrait être augmentée ou diminuée en fonction de la situation du marché du travail. C’est ce qui se fait au Canada. Vous m’en direz tant !

 

Le gouvernement du banquier éborgneur et jet-skieur (quand la France est en feu) envisage de se « concerter » avec les syndicats mais il récuse toute idée de « négociation ».

 

 

Sus aux chômeurs !

Selon la CGT, autre aspect du problème, 76% des offres d’emploi à Pôle-Emploi sont mensongères. Je cite la centrale syndicale : « Depuis Juin, tous les jours à la télévision, à la radio, dans les journaux : on entend le patronat se plaindre de la soi-disant « pénurie de main d’œuvre ». Patronat et gouvernement prétendent ainsi qu’il y aurait 300 000 offres non pourvues !

De la même manière, Pôle-Emploi affiche plus de 900 000 offres sur son site internet alors que l’on y comptait plus de 6 millions d’inscrits toutes catégories confondues en Juillet. De quoi alimenter les discours les plus réactionnaires sur les chômeurs feignants.

Dans ce contexte de stigmatisation permanent des travailleurs privés d’emploi et précaires, la CGT et son Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires a réalisé sa 15ème étude des offres diffusées par Pôle-Emploi afin de constater leur légalité.

Pour rappel, selon le Code du Travail (Article L5331-3), « il est interdit de faire publier […] une offre d’emploi comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur, et plus particulièrement sur les éléments suivants : 

  • L’existence, le caractère effectivement disponible, l’origine, la nature et la description de l’emploi ou du travail à domicile
  • La rémunération et les avantages annexes proposés
  • Le lieu du travail »

Ah, les chômeurs feignants !

 

Par ailleurs, depuis 2016, Pôle-Emploi a décidé d’ouvrir son site aux « partenaires privés » agrégateurs d’offres ou agences d’intérim pour lesquels aucun contrôle n’est effectué par un conseiller formé à cette tâche pourtant essentiel de contrôle. Ainsi,

 

  • « 95% des entreprises de travail temporaire diffusent des offres d’un mois ou plus alors qu’elles ne proposent, en réalité, que des contrats initiaux d’une semaine.
  • 95% des entreprises d’aide à la personne diffusent des offres à temps plein ou « temps partiel choisi » – une farce quand on sait que 70% du temps partiel est subi – sans indiquer de planning.
  •  
  • Les platformes numériques – Well Job, Hello Work, Job in Tree… – diffusent des offres déjà pourvues ou recensées sur le site, voire inexistantes. Près de 90% des offres illégales proviennent de ces plateformes.

 

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 05:01

Un enfant étasunien né en 2021 a une espérance de vie de 76,1 ans. Elle était de 77 ans en 2020. Il s'agit de l'espérance la plus basse depuis 1996.

 

L'espérance de vie en Chine est désormais de 77,1 ans.

 

Une des raisons pour lesquelles les courbes se sont croisées est le COVID. Les EU n'ont pris aucune mesure sérieuse à l'échelle nationale pour enrayer l'épidémie alors que la Chine a mené une politique drastique à cet égard.

 

Source : Newsweek.

 

 

L'espérance de vie en Chine semble désormais supérieure à celle des États-Unis
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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 05:02
 

Et si l’année 2022 marquait une rupture dans la compréhension des conséquences néfastes de notre système économique ? Bien sûr, les scandales sanitaires ou sociauxne sont pas nouveaux, mais ce début d’année a été entâché par trois scandales majeurs qui sont un rappel trop cruel de ce que peut générer très directement notre système économique. Retour sur trois taches rouge sang : OrpéaKinder et Buitoni.


 

Leurs profits valent plus que nos vies

 

C’est bien ce qui semble réunir ces trois affaires emblématiques, dont deux ont affecté des marques populaires de grande consommation. Bien sûr, les enquêtes sont seulement ouvertes, et nul ne sait si elles permettront de conclure de manière totalement irréfutable sur les raisons des contaminations des œufs Kinder et des pizzas Buitoni. Mais ce qui est frappant ici, c’est que des produits extrêmement populaires puissent avoir été les vecteurs de dizaines d’intoxications graves, ayant mené jusqu’à la mort de deux enfants dans le cas des pizzas Buitoni. En outre, dans les deux cas, les réactions des entreprises incriminées sont loin d’échapper à la critique, outre les défaillances sanitaires, entre retard à prendre en compte les premières alertes et mauvaise réaction des dirigeants une fois la crise devenue publique.

 

Il faut espérer que les enquêtes judiciaires, déclenchées fin mai pour Buitoni et début juin pour Ferrero, nous permettront d’y voir plus clair sur les raisons qui ont mené à ces drames. En effet, beaucoup de questions gênantes se posent encore. C’est début avril que Ferrero procède au retrait de 3000 tonnes de produits Kinder, mais il est apparu depuis qu’une première contamination des chocolats dans l’usine a été détectée dès la mi-décembre ! Certes, le groupe dit avoir réagi, bloqué les produits incriminés, et réalisé 2000 tests en janvier, mais une réapparition si rapide démontre forcément que ce blocage et ces tests n’ont pas été très efficaces et n’ont pas réussi à remettre cette usine dans le droit de chemin de la confiance que les consommateurs devraient pouvoir avoir pour des marques aussi connues. Bilan : 150 cas de salmonellose, dont 81 en France, majoritairement chez des enfants de moins de 10 ans

 

Le cas Buitoni, qui s’est déclenché 15 jours plus tôt, est encore plus inquiétant puisqu’il a conduit à la mort de deux enfants. Et ici, les alertes semblent avoir été plus nombreuses, avec un avertissement de l’administration en 2020 sur des anomalies, confirmé par l’arrêté préfectoral de fermeture de l’usine accablant parlant d’outil de production « très dégradé » et d’anomalies présentant « un danger pour les consommateurs » et une « menance pour la santé publique », pointant « la présence de rongeurs (…) un manque d’entretien et de nettoyage des zones de fabrication, de stockage et de passage, et de certains équipements ou matériels ». Il a fallu presque 4 mois au patron de Nestlé France pour parvenir à construire des éléments de langage pour se défendre, contre 2 mois pour le patron de Ferrero.

 

Ce que Buitoni, Kinder et Orpéa disent de notre époque

La très grande lenteur dans la réaction des deux multinationales en dit sans doute long sur ces crises et les fondamentaux de notre système économique. La prétendue transparence n’est qu’un élément de langage et Nestlé et Ferrero savent sans doute que la pression mise sur les coûts a probablement joué un rôle dans les contaminations. Voilà deux décennies que les actionnaires réclament toujours plus de rémunérations et cela a eu des conséquences très concrètes dans bien des budgets des multinationales. Les éléments de langage finalement très vagues du patron de Nestlé peinent à cacher les probables coupes sombres qui ont eu lieu depuis des années dans les budgets des usines, qui doivent toujours produire pour moins cher. On peut aisément penser que cela n’est pas pour rien dans ces affaires.

 

En somme, c’est la même logique qui était à l’œuvre dans le révoltant scandale Orpéa, avec ces économies de bout de chandelle pourtant réalisées sur des éléments clés d’un accueil humain des pensionnaires, des économies sur les couches aux budgets alimentation misérables. Pourtant, Orpéa facture cher ses services et réalise près de 30% d’Excédent Brut d’Exploitation sur son chiffre d’affaires en France. Ces économies n’étaient pas destinées à sauver l’entreprise mais simplement à améliorer la rémunération des actionnaires, ce qui rend ces mesquineries d’autant plus inhumaines. Pour couronner le tout, le Canard Enchaîné a révélé il y a quelques semaines que certains directeurs d’Orpéa complétaient leurs salaires par des prestations, indirectement financées par toutes ces sinistres économies…

 

Ce que 2022 rappelle, pour tous ceux qui en douteraient encore, c’est que les profits des multinationales valent plus que nos vies à tous. Le système économique actuel est même prêt à faire porter plus de risques à ses propres consommateurs (au risque de sa ruine) dans sa quête sans fin d'augmentation des profits. Et il est clair qu'il est prêt à renoncer à toute humanité dans le processus. 

 

Source : Le Blog gaulliste libre :

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 05:01

J'ai posté ce texte sur ma page Mediapart. Il a été déprogrammé pour diffamation et propagation de fausses nouvelles. Je m'étais abondamment servi de la page Wikipedia consacré à Woerth. Je vais donc cesser ma collaboration avec Mediapart car c'est le troisième texte en un an qu'il me censure sans prendre la peine de me dire précisément quels sont les passages litigieux.

L'expression "toute honte bue" date du XIIIe siècle. Il s'agit donc de boire sa honte, de subir des avanies tout en ravalant sa pudeur. Aujourd'hui, on retiendra la notion d'une action déshonorante commise sans aucune honte.

 

Je n'irai pas jusqu'à dire que cette expression fut forgée pour Éric Woerth, mais enfin, tout de même...

 

Avec les députés de l'Oise, et ses électeurs, soit dit en passant (ceux de Chantilly en particulier, ville dont il fut le maire pendant plus de 20 ans), nous sommes en présence de ce que la politique française a pu offrir de plus vulgaire, de plus grossier, de plus antirépublicain.

 

Y a-t-il une relation de cause à effet, mais Woerth est l'un de nos hommes politiques les plus riches, vous savez, ce patrimoine qu'on acquiert en dormant comme disait Mitterrand. Selon le site Mediamass, "l'homme politique-entrepreneur pèserait près de 145 millions d'euros. Outre ses gains professionnels il devrait son immense fortune à de judicieux placements boursiers, un patrimoine immobilier conséquent et le très lucratif contrat publicitaire avec les cosmétiques CoverGirl. Il possèderait également plusieurs restaurants à Paris (dont la chaîne « Chez l'gros Éric »), un club de Football à Creil, et serait également impliqué dans la mode adolescente avec une ligne de vêtements « Woerth Séduction » ainsi qu'un parfum « L'eau d'Éric », autant de succès financiers.

 

Et pourtant, il a grandi dans un quartier difficile de Creil, avec un père médecin du travail et une mère femme au foyer.

 

Après une terminale économie au lycée de Chantilly, Éric Woerth suit des études à l'université Paris II Assas (la fac la plus à droite de France) et sera diplômé de l'IEP de Paris et de HEC.

 

Il épousera Florence Henry, analyste financière et gestionnaire de fortune au sein de la Banque Palatine puis à la banque Rothschild & Cie Gestion. En 2007, elle deviendra directrice de la holding financière de Liliane Bettencourt, puis entrera au conseil de surveillance d'Hermès.

 

En 2008, elle participe à la création de l'Écurie Dam's, une société détenue uniquement par des femmes et dont le but est d'acquérir et de faire courir des chevaux pur sang et en devient la présidente.

 

Éric Woerth mène à partir de 1981 une carrière professionnelle dans le domaine du conseil en entreprise (optimisation fiscale) en étant recruté chez Arthur Andersen (il s'occupe de la feuille d'impôts d'Elton John). Il réalisera également des audits de collectivités locales et d'administrations publiques.

 

En 2002, lé cabinet ayant sombré dans le scandale Enron, Woerth se consacre à sa carrière politique en étant responsable de la direction financière de la campagne présidentielle de Jacques Chirac.

 

Entre 1986 et 1990, il est successivement directeur général, vice-président, puis président de l'Agence pour le développement de l'Oise avec comme adjointe la trésorière occulte du RPR, Louise-Yvonne Casetta (dite "La Cassette"). Sa gestion est mise en cause par la Chambre régionale des comptes de Picardie. Il résilie son contrat en 1990, reçoit une prime de fin de contrat équivalent à cinq mois de salaire, que la Chambre qualifie de « pure libéralité ».

 

Gaulliste, Éric Woerth s'engage au RPR en 1981 et s'installe politiquement à Creil. Il est battu aux élections municipales de 1983 et se translate vers la très bourgeoisie Chantilly où il est élu conseiller municipal. Malheureusement, le Conseil d'Etat annulé son élection pour conflit d'intérêt. En 1992, il est élu conseiller régional puis, en 1995, maire de Chantilly. De 1995 à 1997, il est conseiller parlementaire du premier ministre Alain Juppé. En 2002, il est éu député et se rapproche de Nicolas Sarkozy qui lui confie de monter pour le compte de l'UMP « une structure dédiée à la collecte de l'argent auprès des plus grandes fortunes, sur le modèle des Charity dinners qui ont prospéré aux États-Unis ». Il crée alors le « Cercle France », dont le droit d'entrée varie de 300 à 3 000 euros et le « Premier Cercle » dont le droit d'entrée minimal est fixé à 3 000 euros, mais peut aller jusqu'à 7 500 euros comme le prévoit la réglementation sur le financement des partis. So far away from les quartiers populaires de Creil... Le candidat Sarkozy reçoit 9 125 105 euros de dons de personnes physiques, loin devant les 743 432 euros de Ségolène Royal. En , il est réélu député dès le premier tour avec 57,40 % des suffrages, mais nommé ministre du Budget dans le gouvernement de François Fillon, il cède sa place à son suppléant, Christian Patria.

 

Éric Woerth retrouve son siège de député en . Il est réélu en . Le , il rejoint le groupe parlementaire R-UMP de François Fillon à la suite des résultats contestés du congrès de l'UMP. Il est secrétaire d'Etat à la réforme de l'État (toujours moins d'Etat, n'est-ce pas ?) dans le gouvernement Raffarin III en 2004-2005. Sa mission principale est le non remplacement de la moitié des fonctionnaires partant à la retraite.

 

Le , il est nommé ministre du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique (admirez l'intitulé) dans le gouvernement Fillon, portefeuille auquel s'ajoute celui de la réforme de l'État. Il déclare lutter contre l'évasion fiscale, possédant « les noms de 3 000 contribuables détenteurs de comptes dans les banques suisses, dont une partie correspond très probablement à de l'évasion fiscale ». Mais en janvier 2012, la Cour de cassation déclare « illicite » la liste des 3000, le fichier réquisitionné ayant initialement été volé, et interdit donc à l'administration de s'en servir.

 

Toujours dans le souci de faire des économies, Woerth se félicite régulièrement que le gouvernement ait réduit le nombre d’hôpitaux et de lits d’hôpitaux.

 

En mars 2010, nouveau ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, Woerth est chargé de négocier la réforme des retraites. Il perd son fauteuil ministériel en novembre 2010 à cause de ses problèmes judiciaires. Il est réélu député en 2012. Il est élu conseiller régional en 2015, démissionne pour prendre la tête de l'UMP, soutient Sarkozy pour le premier tour de la primaire présidentielle des Républicains, puis Fillon pour le second tour. Il est réélu déité en 2017 et renonce à la mairie de Chantilly en raison du cumul des mandats. Il est élu président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Il soutient désormais Laurent Wauquiez.

 

En 2022, il annonce son ralliement au banquier éborgneur et emmerdeur. Les républicains lui demandent de quitter immédiatement le parti. Investi par la Macronie lors des élections législatives de 2022, il est réélu dans la 4e circonscription de l'Oise face à la candidate du RN Audrey Havez, avec 54,35 % des suffrages. Candidat de la coalition présidentielle, il est élu questeur de l'Assemblée nationale.

 

Il se prononce en faveur du recul de l'âge de la retraite de 62 ans à 65 ans.

 

Jusque-là, nous sommes en présence du parcours classique, légèrement aventureux, d'un homme politique de droite classique, légèrement au-dessus du panier. Mais Éric Woerth s'est distingué, pendant de nombreuses décennies, par de sinueux cheminements entre la loi et le hors-la-loi.

 

En 2010, il est soupçonné de prise illégale d'intérêt dans la vente de 57 hectares de la forêt de Compiègne. Il bénéficie en 2014 d'un non-lieu auprès de la Cour européenne de justice de la République.

 

En 2012, il est mis en examen pour trafic d'influence passif et recel de financement illicite de parti politique. Il est relaxé de trafic d'influence et d'abus de faiblesse par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Selon ce tribunal, la remise d'argent des fonds Bettencourt n'est pas totalement admise et Woerth n'avait pas connaissance (contrairement à la France entière) de la particulière vulnérabilité de Liliane Bettencourt.

 

En 2008, Woerth permet au Groupe Bernard Tapie de payer seulement 43 millions d’euros de taxes au lieu des 101 millions, contre l’avis de sa propre administration. En 2009, l'administration fiscale dirigée par Éric Woerth renonce à un appel sur la décision de ristourne de quinze millions d’euros, dont onze millions au titre de l'impôt sur le revenu au bénéfice de Bernard Tapie. En , Éric Woerth est mis en examen par la Cour de justice de la République pour concussion. Soupçonné d’avoir accordé un avantage fiscal à Bernard Tapie en 2009, l’ancien ministre du Budget dément. Le , le ministère public près la Cour de justice de la République annonce avoir requis un non-lieu pour Éric Woerth considérant que l'infraction n'est pas « suffisamment caractérisée ».

Trésorier de la campagne de Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007, il reconnaît devant les juges d’instruction avoir distribué plusieurs dizaines de milliers d'euros d'argent liquide d’origine anonyme à des salariés de la campagne. Il est mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagne électorale » en 2018.

 

Et c'est ce type, avec ses batteries de casseroles aux fesses qui, régulièrement, fait la leçon aux politiques, aux électeurs, aux Français, quand il juge que le cours des choses n'est pas assez à droite.

 

Cette prise guerre peu glorieuse du banquier éborgneur et emmerdeur s'est même permise, en authentique parangon de justice, d'émettre des doutes sur la capacité d'Éric Coquerel à présider la commission des Finances de l'AN. Ce président peut, en effet, se rendre au ministère des Finances et y compulser les dossiers fiscaux. La France Insoumise, prétend Woerth, nous a habitué à beaucoup de gymnastique dans ce domaine.

 

Triste, bien triste sire !

Toute honte bue
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