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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 05:31
Détente et politique (49)
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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 05:19

 

Je reprends ici un article du site CGT Unilever Le Meux.

Depuis 2 ans, un ex-banquier d'affaires et son gouvernement pour les riches et le capital sont au pouvoir. Sans vergogne aucune, le Premier ministre a convié le 1er mai patronat, syndicats et associations d'élus à une "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie.

La CGT a boycotté cette réunion prétendument sociale et écolo.

Petit rappel tout de même. En cassant la SNCF, François Hollande et Emmanuel Macron, obéissant aux diktats de l'UE du capital, non content de supprimer un service public et radiant des milliers d'emplois pérennes, engorgent toujours plus les routes et les cités de milliers et de milliers de camions. Quant ceux-ci ne sont pas affrétés par des sociétés exploitants au maximum leurs salariés au nom de la concurrence libre et non faussée.

EELV a beau proclamer l'écologie sinon rien pour les élections européennes, ses parlementaires et ses ministres n'ont rien fait contre la casse du rail public français ou l'évasion fiscale.

Concernant la grande distribution, après Carrefour et Castorama, Auchan  supprime d'un trait de plume 21 de ses sites, super et hypermarchés, chronodrives et autres halles répartis sur le territoire français.

Et la secousse pourrait s'aggraver. « Ce n'est que la pointe émergée de l'iceberg », prévient-il. « La direction a encore identifié 100 foyers de perte et on ne sait pas s'il s'agit de rayons en difficulté ou de magasins dans le rouge. » Une rétention d'informations ressentie comme une trahison. « Deux mois après nous avoir dit que l'entreprise allait se transformer, mais que nous n'avions “pas d'inquiétude” à avoir et qu'il y aurait “zéro licenciement”, le PDG, Edgar Bonte annonçait des plans sociaux pour, dans un premier temps, 623 salariés ! ». Le mois de mai et la réunion sur les négociations annoncée pour le mercredi 15 s'annoncent donc tendus.

La droite et son extrême sont les meilleurs défenseuses du capitalisme, comme par exemple en Italie ou en Autriche. La social-démocratie, elle, cherche à humaniser le capital depuis 1914. Les partis écologiques promettent de le verdir sans s'attaquer à ses fondements. En Espagne ou en Grèce, Podemos ou Syriza, qui se prétendaient de la gauche radicale, sont en net recul.

Bien sûr, pour les élections européennes, chacun va vous promettre de raser demain gratis. Dormez bien braves gens, il est minuit et ce n'est pas demain que vos lendemains chanteront. A bon entendeur, salut!

Quand Auchan détourne les fonds publics
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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 05:30

Je reprends ici un article capital publié par Maxime Vivas dans Le Grand Soir.

Merci à la famille Vivas et à ses proches (militants de La France Insoumise pour beaucoup) qui nous montrent ici l'exemple d'un vrai et juste combat. Ils nous fournissent la preuve que 


1) que le droit de manifester est à reconquérir 
2) que la police est aux limites de l'état de non-droit
3) que seule la mobilisation collective paye

 

Quant au médias dominants, locaux ou non ...

 

 

L’expression« victoire à la Pyrrhus » (je donne cette précision indispensable pour être compris des agents de la BAC) fait référence aux pertes subies par l’armée du roi Pyrrhus d’Épire face aux Romains au 3ème siècle avant notre ère, pendant les batailles d’Héraclée et d’Ausculum. Il en sortit vainqueur, mais si affaibli qu’il aurait dit : « Encore une victoire comme celle-là et je rentrerai seul en Épire ! ». Bref, il est des combats qui vous sont coûteux, même quand on les gagne.

 

Actualisons. 


Coluche ironisait sur les grévistes qui, après une longue grève, font annuler des mesures antisociales. « On a gagné !  » s’écrient-ils. « Sauf les 3 semaines qu’on a perdues  », ajoutait l’humoriste.

 

En avril 2011, le site Le Grand Soir a fait l’objet de la pire attaque possible (accusation de rouge-brunisme=antisémitisme. Et ça, ça tue) sur un site aujourd’hui disparu (j’ai repris deux fois des moules) par une pseudo journaliste que nous avions refusé d’embaucher et qui a, elle aussi disparu, avec le site qu’elle avait créé (j’ai repris trois fois des moules).


Victoire du site Le Grand Soir ! Sauf que nous avons passé des jours à construire un contre-argumentaire, à investiguer (avec d’heureuses trouvailles) sur nos calomniateurs et sur ceux qui colportaient leurs dires sans plus de vérification : Rue89, aujourd’hui vendue à l’Obs et Charlie Hebdo, idéologiquement vendu à l’OTAN (1).

 

Le lundi 6 mai à Toulouse, la justice a blanchi mon fils cadet, Raphaël, cueilli au petit bonheur la chance dans la manif des Gilets Jaunes le samedi 4. Les coups tordus, les manigances, le cynisme, les mensonges éhontés, l’arrogance des assermentés, vous savez tous que ça existe au cinéma et à la télé, dans les séries policières. Dans les livres aussi, les polars. Ou au Chili de Pinochet. Mais quand on vous en raconte des vrais, dans la France de maintenant, vous soupçonnez illico une part de fiction. Non ?

 

Bref résumé d’un coup monté (pour ceux qui découvrent aujourd’hui notre site).


Raphaël est à la manif des Gilets Jaunes avec quelques copains. Il est tête nu, il n’a pas de foulard, de cagoule, de masque. Tout juste des lunettes de piscine (aux verres transparents, donc). Pourquoi ces lunettes ? Pour se protéger. Parce que tous les samedis, TOUS, la police gaze la manif toulousaine, n’importe où, n’importe quand, sans qu’on comprenne pourquoi. Parfois, semble-t-il, pour la scinder afin de mieux la contrôler. Tout ce dont on est sûrs, c’est qu’il faut courir et s’échapper par une rue adjacente qui ne serait pas barrée par des policiers. Personnellement, j’ai utilité tous les samedis d’un masque d’infirmerie dont je m’assure toujours qu’il est dans ma poche quand je vais manifester (c’est nouveau, ça date de novembre 2018).

 

Donc, mon fils court, comme tous les autres, tandis qu’une pluie de grenades s’abat. La rue est blanche. Il donne un coup de pied sur un palet de grenade (un plot résiduel) et l’envoie vers le caniveau. Un nervi de la BAC est là, qui cherche aventure et que la hargne en ces lieux a attiré. Qui te rend si hardi de toucher ce résidu, dit cet animal plein de rage ? Tu seras châtié de ta timidité. 


Ces loups sont-ils payés au rendement ? Je l’ignore. Sauraient-ils faire un autre métier ? Je crois que non. Aiment-ils quelqu’un qui ne leur soit soumis ? J’en doute.

 

Toujours est-il qu’avec le renfort d’autres fauves de son acabit, il se jette sur le pousseur de palet et son pote le plus proche. Curieusement, Raphaël n’est pas castagné, mais son pote subit un étranglement et reçoit une volée de coups de poings. Sans doute parce qu’ils avaient compris qu’ils devaient le relâcher aussitôt, et qu’il ne fallait pas le laisser tout de même partir sans son petit souvenir de la police républicaine du pays des Droits de l’Homme. L’autre proie, elle, avait extériorisé une coupable hostilité envers une rondelle policière en plastique. Avec ça, un baqueux vous monte un dossier, en Macronie.

 

Raphaël est conduit en voiture au commissariat par les cow-boys qui se croient aux States : menottes dans le dos, sirène hurlante, gymkhana dans les rues. Ils se la pètent. Ils ont tous les droits. Je ne sais pas s’il y a un homme politique qui a dit que, s’il parvient au pouvoir, il leur fera payer ça. Après tout, on a vu en France à la Libération et en Amérique latine, des tortionnaires obligés de rendre des comptes. Mais il n’est pas politiquement payant de dire aujourd’hui que ces abus de pouvoir, ces brutalités gratuites, ces mensonges devront un jour être sanctionnés, afin que la République soit préservée.

 

J’ai écrit « tortionnaire ». Le mot n’est-il pas trop fort ? Bon, on n’arrache plus les ongles et on ne troue plus les dents saines à la roulette de dentiste dans les prisons françaises. Tout juste enfile-t-on dans la rue un sac en tissu sur la tête d’un môme de 15 ans qui était au mauvais endroit au mauvais moment. Tout juste lance-t-on une mortelle grenade sur une mémé à sa fenêtre. Pas grave. La preuve, il n’y a pas eu de débat là-dessus sur les chaînes de désinfo en continu.

 

Certes, il y a bien quelques suspects qui meurent au commissariat ou dans un fourgon, mais bon, l’enquête nous dira (pour le procès en 2050) qu’ils avaient un défaut coronarien ou un vaisseau cérébral poreux ou une insuffisance rénale ou du diabète ou, tiens, laissons parler un autre comique en uniforme, la rate qui se dilate, le foie qu’est pas droit, le pylore qui se colore, l’estomac bien trop bas, l’épigastre qui s’encastre, les hanches qui se démanchent l’abdomen qui se démène, le thorax qui se désaxe, le coccyx qui se dévisse…

 

Donc, les policiers ne torturent pas : ils crèvent des yeux par douzaines, arrachent des mains, brisent des mâchoires, fracturent des crânes, ouvrent des cuirs chevelus, giflent des vieux, obligent des lycéens à se mettre à genou, tabassent dans les cafés, dans leurs fourgons, dans les commissariats, mais attention, les pinces reliées à des fils électriques sur les parties génitales et sur le bout des seins, c’est interdit, ainsi que la baignoire. Dont acte. Je parle pour ce début 2019, hein !

 

Je ne sais pas s’il y a des cours de torture psychologique chez les cops ? On pourrait croire que oui. Ou alors c’est inné, c’est dans leurs gènes, comme l’aboiement chez certains clébards. Il y a peut-être des tests de recrutement : « Tu as le choix entre tuer ta mère ou ton adjudant, que fais-tu ? » Ou : « Une touriste canadienne est violée au 36 quai des Orfèvres. A ton avis : A) C’est une belle salope. B) Tu jures que tu étais avec tes collègues, ils n’ont pas bougé du bar. »

 

Bon, les flics de Toulouse tiennent un jeune qui, parce qu’il est jeune, peu corpulent et parce qu’il présente le visage lisse de l’innocence et de la pureté, devrait craquer dans les 24+20 heures de garde à vue. Si l’on s’y prend bien, il va parler : « Notre-Dame de Paris, c’est moi ». Et encore : « C’est moi qui ai filé tous les documents à Julian Assange » Et encore : «  Les Twin Tow… », « Ta gueule, n’en fais pas trop ! ».

 

On le met en cellule, seul. Peut-il téléphoner ? Son portable a été saisi, ou, plus exactement et dans l’espoir qu’il aurait un geste inespéré de rébellion qui appelle l’accusation d’outrage à agent et une infusion de phalanges, on lui a fait jeter à terre le contenu de ses poches et on l’oblige ensuite à tout ramasser. Ricanements. On est chez nous, au commissariat, on est plusieurs, en uniforme, la loi est avec nous, on est assermentés. Si une caméra de télé venait à être admise, on se mettrait aussitôt à vouvoyer ce salopard de merde de gilet jaune qui a fait bobo à un palet de grenade et on lui dirait monsieur et encore monsieur. Et vous voulez un café ? La télé nous les montre toujours comme ça, les keufs. Je mens ? Ce sont des poulets de pixels. Dans la vie, tout citoyen libre qui ne cherche pas les coups ou les brimades est un citoyen qui ne s’approche jamais des vrais flics, armés, caparaçonnés, musclés, parfois décérébrés, parfois décérébrés qu’à moitié. Parfois intelligents et pervers. Parfois intelligents, respectables et malheureux, mais bien obligés : la pression des groupes restreints, ça s’appelle, en psycho-sociologie. Voici l’époque on les gens honnêtes ont plus peur des gendarmes que des voleurs.

 

J’ai écrit keufs ? Hier, c’étaient les gardiens de la paix et Police secours. Aujourd’hui c’est forces de l’ordre et police tout court (j’ten foutrai du secours ! Ta’ar ta gueule). Je les aime un peu moins, du coup.

 

Bon, le jeune n’a plus son portable, il ne peut pas téléphoner. Ah si, avec un fixe de commissariat. C’est quel numéro qu’il veut appeler ? Celui de ses parents. Il est en mémoire dans son portable, mais pas dans son cerveau. Je peux avoir mon portable pour appeler, hasarde-t-il en sachant la réponse ? Non.

 

Bon, il est seul en cellule, il ne peut joindre personne, personne ne peut le joindre, pas même une amie avocate dont il a le numéro sur son portable. C’est la quarantaine. Il s’ennuie, il angoisse un peu.

 

Dès qu’un témoin a averti son frère de l’arrestation, je fonce au commissariat avec lui et la compagne de ce dernier. On avait des invités à dîner. Sa mère reste pour les accueillir. Mais elle est avec eux sans y être. Le téléphone près de l’assiette.

 

Le restaurant que l’aîné gère avec sa compagne et avec Raphaël a été fermé ce soir-là. Le restaurant ne peut pas fonctionner à deux. Sur la devanture, ils ont collé un écriteau : « Fermé pour cause exceptionnelle ». Un samedi. Mille euros de chiffre d’affaires perdus.

 

Au commissariat, un jeune policier affable essaie de nous renseigner. A plusieurs reprises, il demandera de patienter pendant qu’il va aux nouvelles. Il en revient chargé de mensonges : « Le prévenu a jeté des projectiles sur les policiers dans la manif, il refuse de téléphoner et de vous parler, il s’est tailladé la main pour écrire sur les murs de la cellule avec son sang ». 

 

Rien de tout cela n’est vrai. Ici commence la torture psychologique de la famille. Je décide de ne pas raconter à la mère l’information sur la sanglante blessure volontaire. Ce que je sais de mon fiston en cellule c’est donc qu’il est dans une rage autodestructrice, un refus de toute aide. Je vis avec ça du samedi au lundi. Le lundi, quand il apparaîtra dans le box des accusés, les premières choses que je regarderai seront les mains : intactes, pas une égratignure.

 

Retour en arrière. Le prisonnier est seul, sauf quand des OPJ se succèdent pour le faire avouer. En vain. Et puis, il y a la BAC qui menace : « On viendra à 10 au procès pour témoigner contre toi » (il n’y en a eu aucun). Et puis il y a les tentatives de démoralisation : «  Ton père et ton frère t’attendent de pied ferme, et ça va mal aller pour toi ».

 


(Photo : Les trois restaurateurs : Tamaki, Raphaël, Frédéric à la sortie du tribunal).

 

Branle-bas de combat


Son père et sa mère, son frère avec sa compagne ont au contraire sonné le branle-bas de combat. Avec une quarantaine de personnes, des amis, des militants de la France Insoumise, du NPA, de la CGT, du PCF, de France Cuba, de Radio Mon Païs, ils forment un groupe devant le commissariat, dès le dimanche. Des policiers prennent position en haut des marches, matraque à la ceinture et bouclier au pied. Un commissaire croit utile de venir nous parler, de crainte d’un incident qui n’est pas souhaité pour une si petite proie. A chaque question embarrassante il esquive : « Je ne peux pas vous le dire, l’instruction est en cours ». C’est parfois comique. Dialogue :


Vous avez vu mon fils lancer un projectile ?
-  Oui, vers les forces de l’ordre.
-  Le projectile a touché un policier ?
-  Je ne peux pas vous répondre, l’instruction est en cours.

 

 

Le commissaire a le droit de dire d’où un projectile est parti, mais pas où il a atterri. C’est écrit en toutes lettres dans la loi anticasseur au chapitre :« Les lieux d’atterrissage des projectiles lancés le samedi à Toulouse à 18 heures sont classés secret défense ». Nous apprendrons par la suite qu’il s’agit d’un policier personnellement motivé pour donner la chasse aux Gilets Jaunes dans les manifs. Castaner, s’il le voyait, lui dirait d’y aller mollo, quand même.

 

Un comité de soutien s’est créé, deux douzaines de témoins de moralité s’expriment par écrit, la presse est alertée, les militants de la FI de Toulouse avec leur conseiller régional, Jean-Christophe Sellin, s’activent et sont présents en permanence. Des députés de la FI émettent une protestation (Quatennens, Coquerel) ainsi que Manuel Bompard, N° 2 de la liste insoumise aux européennes (et qui, aura ma voix et pas que la mienne parmi ceux que j’ai vu à nos côtés dans cette épreuve), et Simon Berger, co-secrétaire du Parti de Gauche 31. Jean-Luc Mélenchon retweete une protestation.

 

L’arrestation pépère d’un jeunot isolé et apparemment sans défense a créé une agitation locale, se médiatise et se politise jusqu’à Paris.

 

Néanmoins, en un baroud de déshonneur, la garde à vue, en général de 24 heures pour des affaires de ce type, est prolongée. Pourquoi ? Réponse du commissaire : « Pour des investigations complémentaires  ». On comprend bien que la police n’a rien, qu’elle veut visionner toutes les vidéos possibles de la manifestation pour y suivre à la trace leur victime et particulièrement éplucher les vidéos prises par les caméras à l’endroit précis où il a été arrêté. Mais 42 heures après l’arrestation, c’est le fiasco, elles n’ont rien montré. Ou plutôt, si elles ont pu être vues, elles innocentent le jeune homme. Parlons d’autre chose, donc. 


On ne peut pas mobiliser sans limite une partie des policiers de Toulouse pour visionner des vidéos à s’en faire loucher et tirer, par conséquence, une balle de flash ball dans l’oeil d’un collègue en visant une passante qui porte un pull jaune. De surcroît, on ne peut garder un suspect trois jours en garde à vue, sauf terrorisme. Mais Raphaël est un pacifiste « de type européen ». Ah ! un bon-point pour lui ! Il n’y met pas que de la mauvaise volonté ! On le transfère donc dans une cellule du Tribunal. Une avocate est commise d’office. Elle a l’air de sortir tout juste des écoles. En vérité, elle est plus âgée qu’il n’y paraît et elle inspire rapidement confiance. La famille et les amis savent que la comparution immédiate se traduit presque toujours par des lourdes peines. Nous avons donc envie de demander un renvoi du procès. C’est ce qui est conseillé dans les arrestations des Gilets Jaunes. Mais le risque existe alors que le jugement ait lieu dans 15 jours avec maintien en détention, alors que le dossier est vide. VIDE ! Il faut décider en quelques minutes, devant la salle d’audience où l’on vient tout juste de rencontrer l’avocate. C’est alors que le jeune homme molesté en même temps que Raphaël prévient par téléphone qu’il est en route pour le tribunal et qu’il va témoigner. Va pour la comparution immédiate. Inch’Allah !

 

Ouverture des audiences.

 

Comparaissent à tour de rôle devant le tribunal trois jeunes hommes, trois paumés dont deux ne comprennent pas grand-chose, voire ont du mal à aligner deux mots. L’un a essayé d’utiliser une carte bleue volée, un autre a fui devant la police qui a trouvé dans sa voiture de la drogue et 500 euros, le troisième, à quelques mois d’intervalle, a poignardé des proches.

 

Arrive Raphaël. Droit, sans humilité, ni forfanterie. En même temps (vous n’avez pas oublié les griefs contre les prévenus précédents ?) entrent spécialement pour lui dans la salle trois policiers en tenue. Quelqu’un sait pourquoi ?

 

D’une voix assurée, Raphaël répond sobrement aux questions : non il n’avait pas de capuche sur la tête, n’avait pas de bonnet, de cagoule, de foulard, de masque. Juste des lunettes de piscine. Ah ! c’est un élément à charge. Le seul, d’ailleurs qui ne soit pas une invention de la police. Son avocate va se planter devant les juges : « Vous voyez, j’ai des lunettes. Je les enlève. Vous me reconnaissez ? » Rires.

 

Non, il n’a pas saisi un palet de grenade tombée à ses pieds pour le lancer sur les policiers. Son avocate : « S’il l’avait fait, il se serait brûlé ».

 

L’avocate a dit qu’elle a souhaite faire entendre un témoin. Après un léger et bref flottement du tribunal, c’est accepté. 


On fait le fait entrer. Allan s’exprime également sans emphase ni surplus d’émotion. Il relate calmement les faits. Le président lui demande s’il est « parent ou allié » avec le prévenu. La réponse fuse, franche : « C’est un ami d’enfance ». Le tribunal (c’est son travail) lui fait longuement raconter en détail la scène, cherchant une éventuelle contradiction avec ce qu’en a dit son ami. Mais en vain. Ils ne se sont pas revus ni n’ont pu communiquer depuis samedi et les versions sont identiques.

 

Maître Clément, l’avocate, fait une plaidoirie éblouissante (alors qu’elle n’a le dossier que depuis quelques heures à peine). Le procureur joue au méchant, comme c’est son rôle et peut-être son plaisir. Mais on l’a vu plus percutant et féroce dans ses interventions contre les malheureux prévenus précédents. Il s’obstine à dire que Raphaël a lancé un projectile sur les policiers. J’ai eu l’impression qu’il faisait exprès de répéter ça, comme pour dire : «  Vous savez tous ici que c’est faux, moi aussi, car cela a été bien démontré, mais je n’ai que ça en rayon ». Il demande 1 mois de prison avec sursis et 1 an d’interdiction de manifester. On sent que le cœur n’y est pas. Je commence à parier sur une peine symbolique.

 

Le tribunal se retire pour délibérer. Il revient : « Acquittement pour absence d’élément probants. Vous êtes libre. » Tonnerre d’applaudissements dans la salle archicomble (tout le monde n’a pas pu entrer). Le président du tribunal tempête : « Silence ! Sérénité de la Justice, solennité des lieux… ». On se marre et on applaudit encore et encore. Je parie qu’il a fait de même, dans sa tête.

 

Une fois dehors, une petite foule jubile, Raphaël arrive, c’est à qui l’embrassera. Jaillit alors spontanément la chanson des Gilets jaunes : « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là… ». Une équipe de FR3-Occitanie est sur place. Elle filme et interviewe. Raphaël dit calmement ce qu’il pense de tout ça et des emprisonnements des Gilets Jaunes.Le reportage passera au JT de 19/20H (2). Rien à redire. Ces journalistes peuvent venir dans les manifs des GJ sans gardes du corps, eux (compris BFMTV ?).

 

Fin de cette histoire ?

Non. Les flics à plumes et les flics à matraques n’ont pas aimé que justice soit rendue.

 

Les flics à plumes 


La Dépêche du Midi publie le 7 mai 2019 une photo d’un GJ cagoulé, entièrement masqué, shootant dans une grenade place du Capitole à Toulouse et légendée « Il a été interpellé samedi ». En dessous, l’article commence ainsi : « Cet homme de 25 ans avait été interpellé samedi... ». L’article, signé Claire LAGADIC,rend compte du procès de « Raphaël, un restaurateur de 25 ans. » Tout l’article est à charge et donne l’impression (chère à la faschosphère) que la justice est trop clémente. Les moments du procès qui ont été déterminants sont éludés (en particulier le témoignage). Du coup, pour le lecteur, Raphaël n’est pas forcément innocent. Pour la Justice, il l’est. Pas pour la Dépêche.

 

Nous avons protesté plusieurs fois auprès de la Dépêche et demandé un rectificatif ou un droit de réponse. Nous n’avons obtenu, ni du journal, ni de la journaliste, la moindre réponse. Rien ! 


Cependant, mercredi 8 dans la soirée, la Dépêche a remplacé la photo crapuleuse par une autre, montrant la balance de la Justice. Mais, ils n’ont pas changé le début de l’article qui débute donc comiquement, sous la photo de la balance par : «  Cet homme de 25 ans avait été interpellé samedi... ». 

 


Il va de soi que, aussi longtemps que le nécessaire rectificatif ne sera pas publié, nous sommes en position d’attaque (c’est-à-dire, de défense).

 

Les flics à matraque.


Dans cette affaire, la BAC, le commissaire qui nous a reçus et d’autres policiers hostiles ont un peu mangé leur chapeau. D’autres ont compati et se sont montrés humains. Il vaut mieux pour eux ne rien dire de plus, sauf : merci.

 

Est-ce que la police, en Macronie, peut se plier à la loi de la chose jugée ? On peut en douter : mercredi à 17h50, trois CRS en tenue, arme à le ceinture, sont venus coller leur visage contre la vitrine du restaurant de mes fils, mettant leurs mains en visière pour voir à l’intérieur, faisant un signe de tête à Raphaël avant de tourner les talons. Plus tard dans la soirée, des voitures de police passant dans la rue firent d’inhabituels ralentissements ostensibles devant le restaurant (3).

 

Conclusion : Aujourd’hui, samedi, Raphaël a cru plus prudent de ne pas aller manifester. Son frère aussi. Quant à moi, j’ai choisi de rester dans mon bureau pour écrire cet article.

 

Nous venons de remporter une victoire à la Pyrrhus (4).

 

Notes 
(1) Le 14 août 2012 à 16 h, au téléphone, un journaliste de Charlie Hebdo m’a avoué qu’ils menaient une enquête sur le site Le Grand Soir, que sur moi ils n’avaient rien trouvé, mais que toute une équipe de journalistes de Charlie, d’autres journaux français et internationaux (!) étaient à la tâche. Depuis 2012, ça m’en fait des gardes à vue symboliques chez ces lascars.


(2) Par coïncidence, s’ouvrait le même jour le procès de Didier Lombard, ex-PDG de France Télécom. J’ai exercé le métier d’ergonome dans cette administration et j’avais écrit naguère un article sur les suicides (republié ces jours-ci par LGS). Des médias m’ont approché pour en parler. A 12h30, je donnais une interview à FR3-Occitanie pour le JT 19/20H. Quelques heures plus tard, une autre équipe de FR3-Occitanie interviewait Raphaël au sortir du tribunal, pour le JT 19/20H ! Je leur ai signalé ça et ils m’ont dit que je passerai donc le lendemain. En fait, ils ont passé les deux en me présentant sobrement comme « un ancien salarié de France Télécom ». 


(3) Intimidations qui les desservent. Mon aîné a expliqué au commissaire, que les Gilets Jaunes et la police étaient instrumentalisés par le pouvoir. L’intérêt de la police et des citoyens est de revenir ou de parvenir à des rapports apaisés, sans haine.


(4) C’est juste une pause. On nous reverra ensemble dans les manifs. Entre-temps les choses que nous écrivons, ici et ailleurs, sont des boucliers. Au cas où...

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 05:20

 

Régis de Castelnau est un fin observateur des dérives du droit en France. Je publie ici l'article qu'il a consacré aux mensonges de Castaner concernant la prétendue invasion de la Salpêtrière.

 

Dans un autre article de son blog, Castelnau avait expliqué pour Castaner et son entourage méritaient la qualification de délinquant.

 

Ce qui vient de se produire à l’occasion des manifestations parisiennes du 1er mai avec le mensonge sur l’attaque de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière est quelque chose d’assez extraordinaire. Extraordinaire d’avoir vu un pouvoir d’État dévoyé un niveau rarement atteint sous la République. Extraordinaire le spectacle d’une presse nationale qu’elle soit écrite ou audiovisuelle complètement aux ordres de ce pouvoir. Extraordinaire cette mobilisation d’une classe intellectuelle et médiatique se lançant dans la surenchère pour applaudir un mensonge d’État dont l’évidence aurait pu immédiatement sauter aux yeux en usant d’un minimum d’esprit critique.

 

Mais finalement, quelle leçon politique nous a fourni le déroulement de la journée du 2 mai et quel révélateur de la crise qui secoue la société française !

 

La vérité des faits

 

Chacun sait maintenant ce qui s’est passé dans l’après-midi du 1er mai sur le boulevard de l’hôpital et dans l’enceinte de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Le cortège de la manifestation a été scindé en trois par les forces de police, chaque partie faisant l’objet de charges et d’intervention de canon à eau. Cette stratégie volontairement dangereuse enferme les manifestants dans des nasses dont craignant les violences policières ils cherchent à s’échapper. C’est ce qui s’est produit avec l’intrusion de groupes pacifiques quelques instants auparavant, dans un parking dépendant de l’hôpital. Les gens espérant que les policiers se contenteraient de disperser la manifestation sur le boulevard, ont vu avec effroi les policiers rentrer dans ce parking et y lancer leurs charges alors qu’il n’y avait bien sûr aucun incident. Éparpillement des manifestants dans l’enceinte de l’établissement lui-même qui quand on le connaît apparaît comme une véritable ville avec ses bâtiments et ses rues. Les policiers en poursuivi leur stratégie folle de chasse à l’homme dans cet entrelacs, provoquant naturellement la panique. Un groupe ne comprenant aucun black bloc ni casseur s’est alors réfugié sur une passerelle, et pour se mettre à l’abri, a tenté de rentrer dans les locaux de ce qui s’est révélé être le service de réanimation de l’hôpital. Avec le professionnalisme et le sang-froid, qui caractérise le personnel soignant en général et celui des services de réanimation en particulier, ce qui était de service en ce 1er mai, se sont opposés calmement à l’intrusion. Et au fur et à mesure les choses se sont calmées. Le mieux pour mesurer la réalité de cette présentation est de voir les vidéos de ce qui s’est passé et d’écouter le témoignage des soignants impliqués. Cette réalité, cette vérité, ont été travesties par le ministre de l’intérieur de la République complètement déshonoré pour l’occasion. Il n’y a pas, en présence, deux versions de ce qui s’est passé comme le prétendent multipliant les contorsions ceux qui se sont imprudemment engagés, il n’y en a qu’une. Celle de la vérité factuelle.

 

Un ministre menteur et ses amis

 

C’est la première leçon. Pour le service de ses petits intérêts politiciens, en période électorale, celui qui a la responsabilité de l’ordre public n’a pas hésité à profiter des excès des forces de l’ordre sous ses ordres et a proféré une série de contrevérités ahurissantes pour disqualifier ceux qui utilisent leur droit constitutionnel de manifestation, et après les avoir traité de lépreux, de fainéants, d’illettrés, de foule haineuse, d’antisémites, de factieux, on les qualifie de monstres assoiffés de sang qui s’attaquent au sanctuaire absolu qu’est le service de réanimation d’un hôpital. Chacun sait que Christophe Castaner n’aurait jamais dû être nommé à ce poste, cette dernière initiative n’en est qu’une nouvelle est atterrante illustration.

 

La seconde leçon, concerne toute la cohorte de ceux qui se sont précipités pour soutenir l’insoutenable. Le caractère invraisemblable de la présentation et des accusations sautait pourtant aux yeux. Malgré cela, précipitation et abdication de tout esprit critique, symptômes de l’allégeance au pouvoir dominant, ont conduit l’essentiel des médias, à l’exception heureuse de Libération, à emprunter la voie du déshonneur professionnel. Accompagnés par une collection de personnalités lancées dans une surenchère assez obscène, bombardant Twitter et autres réseaux de messages de couroux solennel condamnant les atrocités. On ne va pas dresser la liste de ceux qui qui voient revenir maintenant les boomerangs, occupés à des contorsions risibles pour se justifier et à essayer d’effacer les messages qui seraient passés au travers des captures d’écran. Simplement citer Martin Hirsch directeur de L’APHPqui n’a pas hésité à évoquer la possibilité d’une volonté meurtrière contre les malades dans « l’attaque » du service de réanimation. Et ce conseiller à l’Élysée auteur d’un statut Facebook vengeur vilipendant les terroristes jaunes et noirs, curieusement disparu dans l’après-midi. Et peut-être aussi Raphaël Enthoven, doublement imprudent, d’abord par le relais empressé du mensonge castanérien, puis par un engagement aventureux de manger son chapeau s’il s’avérait qu’il avait tort. Il va falloir s’exécuter Monsieur Enthoven, votre dignité est à ce prix, et sachez que le panache est le seul moyen de réussir ses échecs. On réservera un ban pour Éric Naulleau qui n’a dit que des bêtises et a ensuite tout laissé.

 

Les réseaux sont pleins de ces vidéos, captures d’écran, explications gênées, et voir les uns et les autres patauger dans l’embarras et la confusion, voire un cynisme tranquille, est une vraie gourmandise. Et que dire du spectacle de la caricature de la crise générée par Emmanuel Macron : France d’en haut contre France d’en bas.

 

Internet et réseaux contre les mensonges d’Etat

 

C’est justement là que se loge la troisième leçon. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a accentué les atteintes aux libertés publiques. Comme seule réponse à la crise politique qu’il a provoquée, il a ensuite instrumentalisé la police à des fins de répression violente dont la brutalité et les illégalités se multiplient sous le regard des caméras dont tous les citoyens disposent aujourd’hui et que l’on retrouve les vidéos effarantes à foison sur les réseaux. Sous le regard stupéfait de la presse et des institutions internationales, on y voit dans toute la France, les membres forces de l’ordre se comporter souvent, trop souvent comme des nervis. Emmanuel Macron, bénéficiant d’une complaisance désolante de la magistrature, a instrumentalisé la justice et mis en place une répression judiciaire d’une brutalité inconnue depuis la guerre d’Algérie. Il ne faut pas se tromper, la panique des manifestants sur la passerelle devant le service de réanimation de la Salpêtrière a pour origine cette peur justifiéeà la fois de la violence policière, et de la brutalité judiciaire qui multiplie gardes à vue illégales et peines de prison délirantes. Enfin, Emmanuel Macron a instrumentalisé une Assemblée nationale croupion, composée de parlementaires godillots qui acceptent sans broncher de voter des textes gravement liberticides, sans d’ailleurs que le conseil constitutionnel d’Alain Juppé n’y voit d’inconvénient. Et c’est ainsi que nous avons eu la fameuse loi Fake news. L’adoption de cette loi préparée par une campagne de propagande rythmée par des sondages biaisés, la diabolisation systématique des réseaux, la dénonciation de la haine que ceux-ci véhiculeraient. Elle a donné au pouvoir des outils juridiques pour s’arroger une forme de monopole de la vérité. Rappelons que ce texte répressif permet de porter des coups à la liberté d’expression dans des proportions plus qu’alarmantes. Compétence a été donnée au juge des référés statuant sous 48 heures de dire ce qu’est la vérité objective, avec le pouvoir d’interdire tout autre récit et de lourdement sanctionner hébergeurs et plates-formes. Le ministre du numérique nous a annoncé une nouvelle loi réprimant la liberté d’expression pour soi-disant : « lutter contre la haine sur les réseaux ». La cible évidente est Internet, l’objectif l’est aussi, faire taire toute parole n’émanant pas du pouvoir et de ceux qui le soutiennent, en l’occurrence la plus grande partie de la presse entre les mains des grands intérêts financiers. Étonnante situation qui amène les principaux producteurs de fake news, c’est-à-dire les pouvoirs d’État, à renverser l’accusation pour porter atteinte à la liberté d’expression. Karl Rove qui fut le conseiller de George Bush au moment du déferlement des mensonges d’État pour justifier la guerre d’agression contre l’Irak a théorisé cette stratégie. « Les journalistes se réfèrent à la réalité et croient que des solutions émergent de l’étude d’une réalité discernable.[…] Mais ce n’est plus la façon dont fonctionne le monde […] Maintenant, nous sommes un empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. »

 

« Attaque » de la Pitié : Internet et les réseaux, armes de la vérité

 

Christophe Castaner et ses relais ont eux aussi voulu créer leur propre réalité. Or Il vient de se produire un événement de portée considérable où Internet et les réseaux ont permis de mettre à bas ce qui n’était rien d’autre qu’une fake news d’État et de restaurer la vérité à la face de tous. Le ministre de l’intérieur a officiellement proféré un mensonge visant à disqualifier ceux qui s’opposent au pouvoir qu’il incarne, mensonge relayé par une presse à la fois complaisante et connivente. Ce sont les informations irréfutables et partagées circulant sur les réseaux qui ont obligé les menteurs, à faire, souvent piteusement machine arrière. La réalité et la vérité ont été rétablies grâce aux citoyens qui ont pris les vidéos, les ont publiés, ont témoigné, et ce grâce au média qu’est Internet. Le matin du 2 mai les Français écoutant Christophe Castaner, ouvrant leur journal, allumant leur télévision et leur radio apprenaient qu’une bande de blacks blocs avait pris d’assaut le service de réanimation d’un grand hôpital afin d’y commettre des violences et de mettre en danger la vie des patients. 12 heures plus tard, sous les coups de la prise de parole des citoyens mobilisés, le mensonge s’effondrait. Le pouvoir et ses épigones étaient contraints de reculer en désordre. On sait maintenant qui est producteur de fake news, qui ment, qui est complotiste, et qui est violent.

 

Et on sait aussi pourquoi ces gens-là qui ont peur de la vérité, veulent verrouiller les outils de notre liberté d’expression.

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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 05:36

 

 

Une chargée d’accueil de la Caisse d’allocations familiales (Caf) a été agressée, lundi 29 avril 2019, à Quimper (Finistère), vers 14 h.

 

Une allocataire s’est présentée à l’accueil de la caisse. Malgré la réponse apportée par l’agent d’accueil, cette allocataire s’est emportée verbalement et a été reçue en bureau individuel par la responsable de l’accueil. L’allocataire l’a alors agressée avec un couteau qu’elle avait en sa possession. La responsable a été blessée à la main et a été choquée.

 

La femme a également pris à partie deux autres allocataires qui se trouvaient dans l’accueil. Interpellée par les agents de police de Quimper, la femme, âgée de 46 ans, a été placée en garde à vue, présentée au parquet puis placée sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.

 

L’accueil de la Caf de Quimper a été fermé après les faits. Il restera fermé jusqu’à vendredi 3 mai, inclus, tout comme les points d’accueil de Morlaix et Brest, « afin d’identifier les mesures à prendre de nature à garantir la sécurité des agents et du public reçu », annonce dans un communiqué la direction de la Caf ce mardi 30 avril. Les allocataires sont redirigés vers le site internet de la Caf. « Les dossiers des allocataires sont traités dans les conditions habituelles et tout est mis en œuvre pour rouvrir les accueils dans de bonnes conditions de sécurité pour tous. »

 

La direction de la CAF « condamne fermement les incivilités, menaces et actes de violence envers ses agents qui exercent une mission de service public. Elle rappelle que ces faits constituent un délit et font l’objet d’un dépôt de plainte ».

 

 

 

Le Grand Soir se demande si La présidence de la République et le gouvernement font de nouveau utiliser par la police des armes spéciales ou chimiques, des gaz, des marqueurs radioactifs, afin de contenir ou neutraliser des opposants. Y-a-t-il des munitions et/ou des agents chimiques ou autres contenus que l’on nous fait utiliser, qui sont dangereux pour la santé de nos collègues et pour les citoyens ? Pourquoi aucune information publique, aucune mise en garde publique sur les médias n’a été faite par les pouvoirs publics, en expliquant la dangerosité ? De nombreuses publications scientifiques sur l’agent CS (Orthochlorobenzylidenemalononitrile, agent chimique se présentant sous forme de cristaux) nous sont communiquées depuis quelques jours à notre demande, en réponse aux bien trop nombreux retours de collègues dont l’état de santé semble se dégrader radicalement de semaine en semaine (très gros problèmes ORL, broncho-pulmonaire, brûlures aux yeux, de peau, etc). Les services hospitaliers et d’urgence constatent les mêmes blessures et symptômes graves sur personnes qui viennent les consulter, manifestants et passants ayant été soumis à des expositions plus ou moins longues de gaz de grenades lacrymogènes, grenade assourdissante et lacrymogène, aérosols lacrymogènes, etc.

 

 

 

 

La vie sous le banquier éborgneur (9)

 

EDF fait payer aux citoyens le prix de la concurrence. Sous la pression des « gilets jaunes », le gouvernement a différé l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité. Mais la Commission de régulation de l’énergie a rappelé qu’une hausse de 5,9 % devrait intervenir « au plus tard le 1er juin 2019 ». Une envolée programmée des prix due à l’obsession européenne pour la concurrence.

 

Depuis la fin des années 1980, l’Union européenne s’attache à casser les monopoles dans le secteur des énergies de réseau que sont le gaz et l’électricité. Ces services publics ayant montré une grande efficacité, elle a dû appliquer une stratégie radicale, mise au point au Chili sous le régime dictatorial d’Augusto Pinochet, puis importée quelques années plus tard dans le Royaume-Uni de Margaret Thatcher.

 

Le principe consiste à scinder les activités de production, de gestion du réseau et de fourniture (la vente au client final), auparavant réunies au sein d’une même entreprise publique. Ce découpage sépare les secteurs susceptibles de générer des profits rapides de ceux qui sont difficilement rentables. On introduit ainsi la concurrence directe dans la production et la fourniture, tandis que le transport et la distribution restent publics, mais doivent s’adapter pour favoriser la compétition entre les autres acteurs.

 

 

Pour les 30 ans de la pyramide du Louvre, Airbnb a proposé un concours pour "privatiser" le musée. La société étasunienne a monnayé ce coup de com' 200 000 euros avec le Louvre. Pas si lentement que ça, mais sûrement, la liste des opérations de privatisation de lieux culturels s'allonge. On a tendance à ignorer que la quasi-totalité des établissements publics administratifs que sont les musées s’adonnent désormais à la location de leurs espaces. Le désengagement de l'Etat a mis les musées au régime sec. Le Louvre voit, par exemple, sa dotation stagner à 100 millions d'euros. 

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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 05:30
Jokons avec les Gilets Jaunes
Jokons avec les Gilets Jaunes
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Jokons avec les Gilets Jaunes
Jokons avec les Gilets Jaunes
Jokons avec les Gilets Jaunes
Jokons avec les Gilets Jaunes

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 05:33

Je reprends ici un très bon article du site Les Crises.

 

 

Cinquante nuances de calomnie sur Twitter :

la Team Macron (rebaptisée « Team Progressistes ») 

contre les Gilets jaunes

Nul twitto s’intéressant à la politique n’a pu passer à côté des prouesses de la Team Macron, ce compte semi-officiel créé en janvier 2017 par Pierre Le Texier (aujourd’hui responsable de la communication numérique du parti présidentiel) qui se voue jusqu’à l’absurde à la défense du locataire de l’Élysée et du gouvernement. 

Renommée en février « Team Progressistes » – une épithète grossièrement usurpée –, cette cellule de propagande et riposte qui serait maintenant gérée par des bénévoles (mais la parole de M. Le Texier est sujette à caution) s’est efforcée dès le début du mouvement des Gilets jaunes de le discréditer, de le salir. 

Comme ce compte donne le la macroniste sur Twitter, déversant à jet continu des éléments de langage, le pot-pourri de messages proposé ci-dessous permet de se faire une bonne idée des pratiques militantes pro-LREM sur le réseau social. Mépris, amalgame, malhonnêteté, diffamation, incohérence, infox, complotisme, bêtise… Toute la panoplie du parfait petit calomniateur (anonyme de surcroît) est là.

 

Team Place Beauveau

 

 

 

 

La Team Macron/Progressistes (TMP par la suite) reprend toujours scrupuleusement les chiffres rabougris du ministère de l’Intérieur et exige que les journalistes fassent de même ; ici, Thomas Misrachi de BFM-TV. Et surtout les zélotes macronistes occultent le très large soutien dont jouit le mouvement des Gilets jaunes dans la population.

 

Team Mépris

 

 

Indémodable mépris de classe… Auquel on peut ajouter une dose de moquerie malsaine face à la situation économique et sociale des dominés. Quand il refuse de « rester à sa place », le peuple devient aux yeux des possédants et de leurs auxiliaires un troupeau irrationnel de gueulards alcoolisés.

 

Team Malhonnêteté

 

 

 

Au lieu d’accepter un débat rationnel et loyal, les dominants préfèrent débiter des outrances malhonnêtes et disqualifier d’emblée les demandes légitimes du peuple. C’est une caractéristique du pouvoir macroniste (du pouvoir bourgeois, en fait) : il est non seulement moralement mais intellectuellement indécent. Les partisans de l’ordre établi ne reculent devant aucun sophisme, aucune bassesse argumentative, pour préserver celui-ci.

 

Team Amalgame

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amalgame constitue l’un des principaux stratagèmes du pouvoir pour vilipender et avilir ceux qui le contestent. Culpabilité par association, proximités imaginaires, généralisations délirantes, caricatures insultantes… Ces petites ignominies dont raffole la TMP permettent de ne pas argumenter rigoureusement tout en revendiquant avec outrecuidance une position morale supérieure. Un système dans lequel les plus méprisables conspuent à l’envi les plus méprisés doit être renversé.

 

Team Dénoyautage

 

 

 

 

 

Laissons la parole à Nicolas Lerner, patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), interrogé par Le Parisien (19 février) : « À aucun moment les groupes ultras n’ont réussi à prendre le leadership sur ce mouvement ». Et il ajoute ensuite que ses services suivent « près de 1 000 profils » relevant de « l’ultradroite » et « près de 2 000 profils » pour « l’ultragauche » ; ainsi la catégorie fourre-tout « ultras » (dont les objectifs ne sont évidemment pas identiques) doit représenter moins de 3 % des Gilets jaunes les plus actifs.

Une étude sociologique sur la composition du mouvement jaune fluo, dont Le Monde a rendu compte (26 janvier), estime que « 60 % des interrogés ne se situent pas sur l’échelle gauche-droite » et, parmi les 40 % qui s’y inscrivent, « la gauche domine : 23 % se disent très à gauche, 42 % à gauche, 7 % au centre, 14 % à droite et 14 % très à droite. » Les dénoyauteurs de la TMP ont encore tout faux. Mais rien de surprenant pour des sectateurs macronistes que la réalité n’intéresse pas.

 

Team Diffamation

 

 

 

 

 

 

 

Accuser une personne d’un délit sans fournir de preuves, c’est de la diffamation ; accuser des dizaines voire des centaines de milliers de personnes d’un délit sans établir matériellement la réalité des faits, c’est de la diffamation de masse. Or, le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie, pour ne citer que ces trois types de discrimination, sont actuellement considérés comme des délits. Quant au qualificatif « fasciste », il relève plutôt de l’injure. Voilà, une large partie des tweets de la TMP à propos des Gilets jaunes oscille entre la diffamation et l’injure.

Il serait utile que les professionnels de la calomnie anti-peuple nous disent une bonne fois pour toutes, par exemple, à partir de quelle proportion d’antisémites – avérés, pas fantasmés – dans un groupe il devient légitime d’étendre la propriété infâme à l’ensemble. 0,01 % ? 0,1 % 1 % ? À écouter certains, on pourrait croire que quelques dizaines de personnes suffisent à contaminer un vaste mouvement populaire. Cela paraît si irrationnel que des éclaircissements chiffrés s’imposent. À moins bien sûr qu’il ne s’agisse uniquement de salir les Gilets jaunes de la façon la plus odieuse possible dans le but de les intimider, de les diviser, de les priver de la solidarité des Français, et ainsi de neutraliser la révolte…

 

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 05:27

 

Depuis des mois, diverses grèves se sont déroulées dans des services des impôts. On n’en parle jamais dans les grands médias qui ne se réveillent que lorsqu’il y a un mort, une charge violente de CRS ou des poubelles qui brûlent.

 

Ce qui motive principalement ces luttes, c’est, dans le contexte de la dégradation du service public, une pressurisation désormais insupportable des agents et, pour les moyen et long termes, une réduction massive du nombre de fonctionnaires qui seront éventuellement remplacés par des employés sans statut. Pourquoi ces attaques massives contre les agents des impôts ? Simplement parce que, avec le jeu des primes, ils sont les fonctionnaires les mieux payés de France.

 

L’administration centrale souhaite dématérialiser totalement et au plus vite les relations entre les usagers et les services. Lorsque l’on se rend dans les centres, on attend certes moins qu’aux urgences hospitalières où des délais de 5 à 10 heures sont choses courantes, mais on doit tout de même patienter facilement deux heures. Les usagers (clients ?) se retrouvent alors dans une position schizophrène : la propagande gouvernementale et les grands médias leur font croire qu’il faut moins de fonctionnaires mais, sur le terrain, ils comprennent leur douleur lorsqu’ils ne sont reçus qu’après plusieurs heures d’attente par des fonctionnaires épuisés qui sont obligés de les expédier en trois coups de cuiller à pot.

 

La Direction des impôts justifie les réductions des effectifs par la déclaration et le paiement des impôts sur internet. Le ministère des Finances se contrefiche de la disparition du lien humain. La seule chose qui l’intéresse vraiment c’est la réduction de la dette, cette invention artificielle du capitalisme financier.

 

On ne doit pas s’étonner, dès lors, d’assister à un mouvement dur. Ainsi, en février, le centre des finances publiques de la cité administrative de Toulouse a observé une grève de plusieurs jours. Le centre d’impôt de Saint-Gaudens, Murets, Colomiers, Rangueil et du Mirail ont également été fermés par le personnel en grève, avec le soutien de l’intersyndicale CGT, Solidaires, FO et CFDT.

 

Si les salariés ne font pas plier les autorités – et l’on vient de voir que le banquier éborgneur est parfois capable de rebrousser chemin – 2 emplois sur 3 ne seront pas remplacés. Déjà, en Haute-Garonne, 200 emplois ont disparu en moins de 10 ans.

 

Les agents des impôts en grève contre la baisse des effectifs
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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 05:30

Je reprend ici un entretien, publié par le site Ballast, avec la fille de Zineb Redouane,  tuée par les “ forces de l'ordre ”.

 

Yeux crevés, mains arrachées, journalistes matraqués : c’est le bilan, en à peine deux ans, d’un président élu pour « faire barrage à l’extrême droite ». Et quand le pouvoir ne cogne pas, il ment. Il ment par la voix de son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Lorsqu’un auditeur l’interpelle un jour de mars 2019, sur France Inter, et lui demande ce qu’il en est de Zineb Redouane — morte à Marseille le 1er décembre 2018 des suites d’un tir de grenade lacrymogène en plein visage —, le ministre répond : « Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane, parce que c’est faux. Elle est morte d’un choc opératoire après […] avoir, semble-t-il, reçu une bombe lacrymogène qui avait été envoyée, qui arrivait sur son balcon. » Puis il conclut : « Il faut arrêter de parler des violences policières. » À Marseille, nous rencontrons sa fille, Milfet Redouane. Avec d’autres, elle se bat pour que toute la lumière soit faite sur le décès de sa mère, qui fermait les volets de sa fenêtre pour se préserver des gaz que la police répandait sur les habitants, rejoints par des gilets jaunes et des syndicalistes, révoltés par la mort de huit personnes dans l’écroulement de deux immeubles de la rue d’Aubagne.

Comment fut tuée Zineb Redouane

 

Vous étiez au téléphone avec votre mère lorsqu’elle a reçu la grenade en plein visage…

 

J’ai assisté en direct à tout ça. On se parlait, on riait ensemble au téléphone ; elle m’a dit : « Attends, je vais fermer les fenêtres, il y a trop de gaz. » En tendant sa main vers la fenêtre, elle a croisé le regard de deux policiers armés — ça, elle me l’a raconté après. Et un d’eux a tiré vers elle. Le tir l’a atteint en plein visage, la grenade a explosé, ça l’a défigurée et fait saigner abondamment. Par voie de conséquence, ça a causé sa mort. Elle a vu le policier partir avec son collègue. Moi, j’étais au téléphone sans pouvoir rien faire, sans pouvoir lui porter secours. J’ai entendu ses cris… Heureusement, son amie Imen a pu l’aider par téléphone en appelant les pompiers, et la voisine est montée. Les pompiers ne sont pas intervenus tout de suite à cause de la manifestation — il a fallu les rappeler plusieurs fois pour leur dire que ma mère perdait du sang, que c’était urgent, qu’ils devaient venir à pied. Ils sont arrivés plus d’une heure après. Imen a attendu à l’hôpital de la Timone jusque 22 heures, avant qu’on lui permette de la voir, des points de suture à la mâchoire, tuméfiée de partout.

 

Elle parlait encore ?

 

Oui. Sans la voir de face, il n’était pas possible, d’après Imen, de s’imaginer la violence reçue : elle avait le visage déformé, je l’ai vu en photo. Les infirmières ont expliqué à Imen qu’ils étaient en attente d’un verdict du chirurgien pour une opération. À 4 heures du matin, elle a été transférée à l’hôpital de la Conception pour se faire opérer. Jusqu’au lendemain midi, elle était consciente. Imen a parlé avec le chirurgien, qui lui a expliqué la nécessité de l’opération : il y avait des risques d’étouffement, un déplacement de son maxillaire : son palais était en train de descendre. Elle est entrée au bloc à 14 heures. C’est Imen qui m’a appris son décès. Je n’ai pas pu le croire, jusqu’à ce que je la voie mise en cercueil… Ta tête n’accepte pas. Elle était consciente jusqu’à la dernière minute ! Et en colère contre les policiers. Elle se demandait quoi faire ! À son amie, elle a dit être capable de reconnaître le visage du tireur. Ma mère avait une très bonne vue. À 80 ans, elle ne portait pas de lunettes. Je suis arrivée en France en février [2019] : je veux vraiment savoir la vérité, mettre la lumière sur le décès de ma mère. Je n’ai rien contre personne, mais je crois que c’est un droit de savoir la vérité. Son décès m’a choqué, je n’arrive toujours pas à réaliser. La manière dont elle est décédée, tout le silence qui règne autour de cette histoire, ce n’est pas normal. Ce silence est complice à mes yeux.

 

 

Comment était-elle, votre mère ?

 

Elle ne passait pas inaperçue, tout le monde l’aimait. Elle était très généreuse, et présente pour son entourage, ses voisins. En venant à Marseille, j’ai découvert beaucoup de choses que je ne savais pas sur elle, sur ses liens, ses amitiés ici. Je ne réalisais pas qu’ici aussi, en France, elle était respectée. Ma mère était une personne très aimée, cultivée. Elle parlait volontiers de politique, de religion, de société. Elle aimait même le foot ! C’était une bonne vivante, elle aimait beaucoup rire. On avait programmé beaucoup de choses pour cette année. La façon dont elle est partie est anormale. Elle avait longtemps travaillé ici, avec mon père ; ils étaient arrivés dans les années 1980, ils avaient travaillé dans des hôtels, des librairies. Quand mon père est mort à Marseille, ma mère a géré l’Hôtel Européen plusieurs années après. Puis elle a tout vendu, et loué un appartement. Elle avait un statut de résidente en France et faisait des aller-retours entre la France et l’Algérie, pour des soins. Ça faisait cinq ans qu’elle habitait cette adresse. Elle était revenue en France en septembre 2018 pour des rendez-vous, et devait rentrer à Alger le 7 décembre : elle a dû rester à cause d’un souci d’électricité à gérer dans sa maison.

 

Comment êtes vous entrée en contact avec le Collectif du 5 novembre, qui lutte aux côtés des habitants délogés ?

 

Quand j’ai créé la page de soutien, Flora Carpentier — de Révolution Permanente — m’a contactée dès le premier jour. Ils ont été les premiers à parler du sujet sur leur page. Elle m’a beaucoup aidée et m’a présentée à des personnes du collectif à Marseille, qui nous soutiennent aujourd’hui inconditionnellement dans ce combat. Nous avons aussi eu beaucoup de soutien de gilets jaunes et de personnes mutilées pendant les manifestations. J’étais très émue à la Bourse du Travail de Paris.

 

Un « combat », c’est désormais le mot…

 

Je commence à réaliser que ça va être un long chemin, pas facile. Il va falloir avoir du courage et de la force. Elle me manque : j’essaie de tenir, mais parfois je flanche.

 

Qu’espérez-vous, vous et ceux qui vous épaulent ?

 

 

Nous voulons la reconnaissance du crime qui a eu lieu. Il est indigne de parler de la « santé fragile » de ma mère. Bavure ou tir volontaire : ce doit être reconnu. Ma mère a croisé le regard de celui qui a tiré, je le redis. Je ne vais pas la démentir. Elle n’avait aucun intérêt à mentir.

 

Santé ou non, ce n’est pas la question : la police doit être la seule à assumer sa mort.

 

C’est en effet une affaire de responsabilité à assumer. Il faut des démentis, de la lumière sur tout ça. On n’a reçu aucune excuse de personne. Aucunes condoléances pour une citoyenne de nationalité algérienne résidente à Marseille, qui a travaillé presque 40 ans ici en payant ses impôts… Si un citoyen français était touché de la même façon, et mort en Algérie dans le cadre d’une manifestation, il y aurait des réactions ! L’Europe exigerait des excuses, comme le Maroc a dû le faire dans le cadre de la mort de deux jeunes Européennes sur son sol ! Ma mère était quelqu’un, elle avait une place dans la société. Comment fermer les yeux ? Elle n’était pas dans la manifestation mais chez elle. Personne n’a cherché à savoir ce qui était arrivé à cette dame. Mais les condoléances, nous les avons reçues de milliers de Français, de toutes les régions du pays : des messages, des témoignages.

 

La mort de votre mère s’inscrit, en plus, en pleine répression du mouvement des gilets jaunes. On ne compte plus les blessés, les éborgnés, les mutilés…

 

En Algérie, les répressions policières existent depuis des années, mais c’est peut-être la première fois que ça se passe ainsi, en France… Il n’y a aucune sagesse, aucune dignité dans les déclarations qui sortent de la bouche des responsables. Ils n’ont aucune empathie, aucune honte. Ils continuent de dire que la police ne touche personne. Quand j’entends ça, j’ai envie de monter sur la tour Eiffel et de lui dire : Castaner, ma mère est morte à cause de vos armes ! Vous faites semblant !


 

 

Comment fut tuée Zineb Redouane

 

Vous avez fait le choix de changer d’avocat. Quelle tournure prend l’enquête, avec Yacine Bouzrou à vos côtés ?

 

On a commencé par démentir les premières déclarations du procureur, affirmant que la mort de ma mère n’avait aucun lien avec le tir reçu au visage. L’avocate précédente n’avait rien fait : aucune plainte n’avait été déposée, aucune enquête engagée. Je l’ai su par le juge. Le corps de ma mère autopsié a été laissé pendant 22 jours à la morgue, sans aucun motif, sans formuler de demande de rapatriement. Si je n’avais pas fait une demande par lettre, elle y serait encore. L’autopsie avait été faite. C’est une négligence de notre ancienne avocate. J’ai bon espoir en ce changement d’avocat. Je voudrais que l’histoire de ma mère permette de faire avancer l’interdiction de l’usage de ces armes. Quand on se renseigne, on voit que ce sont des armes vraiment dangereuses. Les utiliser sur des personnes qui manifestent sans rien dans leurs mains… D’autres habitants ont vu les policiers tirer sur les façades, alors que le tir doit normalement former une cloche, ne pas viser les habitations ! Ils n’ont pas le droit de tirer vers les façades et les fenêtres. Ce n’était pas un hasard.

 

Une dernière chose à dire ?

 

L’histoire de ma mère n’est pas compliquée, elle est même très claire. Celui qui veut vraiment le voir a juste à ouvrir les yeux. On va essayer de les ouvrir à ceux qui les ferment.

 

 

Photographie de vignette : Les Squales

Photographie de bannière : NnoMan

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:16

 

 

On passe rapidement sur l’erreur de jeunesse de la ministre Nathalie Loiseau qui fréquenta naguère des crânes rasés estudiantins. Son type d’homme à l’époque, peut-être…

 

 

Plus sérieux, Gaspard Glantz, vrai journaliste depuis 10 ans (c’est son métier, 100% de ses revenus proviennent de ses activités), est interdit de profession à Paris. Son crime : après avoir reçu une grenade au genou (son pantalon résistant au feu et protégé portait les traces de l'explosion), il a fait un doigt d’honneur à un flic qui, délicat, ne l’a pas supporté. Les cognes l’ont sérieusement malmené avant de le mettre en garde à vue pour 48 heures. Protestation immédiate d’Aphatie, de Cohen, d’Elkrief, de Lapix et, plus généralement, de centaines de jeunes journalistes sans statut qui sont en train de devenir majoritaire au sein des rédactions. Glantz doit attendre son procès en octobre pour pouvoir, éventuellement, reprendre ses activités professionnelles.

 

 

La vie sous le banquier éborgneur (8)
La vie sous le banquier éborgneur (8)

 

L’augmentation faramineuse des frais d’étudiants pour les étranger n’appartenant pas à l’UE est actée depuis le 21 avril. Il leur faudra sortir 2770 euros en licence et 3770 en master. La France accueille chaque année environ 500 000 étudiants venant de pays hors de l’Union européenne. Des pays francophones et pauvres comme la Tunisie, pourvoyeuse de 13 000 étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur français.

 

 

Le journalisme stalinien au service du banquier éborgneur : à l’occasion d’un bain de foule de Macron au Touquet (15 personnes toutes acquises à sa cause), CNEWS a diffusé des images de mars 2018 où l’on peut voir Benalla (mais pas Gaspard Glantz). Appelons cela de la propagande ou un trucage honteux.

 

Dans la France du banquier éborgneur, la Police et la Justice violent tranquillement le secret médical en exigeant l'accès aux données médicales des manifestants dans les hôpitaux. Je cite le Canard Enchaîné :

 

En plus de données permettant d’identifier les personnes blessées dans les rassemblements, il contient parfois des détails de contexte : « arrivé avec pompiers, traumatisme main gauche » ; « tir flashball, plaie arcade » ; « intoxication lacrymogène, chaussettes vertes à petits pois, manque orteil pied droit »… Le fichier est en outre actualisé en temps réel et consultable par un grand nombre de services, bien au-delà du ministère de la Santé. Les agents du ministère de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères peuvent en effet y accéder. « Une passoire », commente le Canard, qui met en exergue le fait que les policiers ont donc toutes les informations nécessaires pour interpeller les patients, parfois suspectés de dégradations ou violences, à peine rentrés chez eux. Les policiers blessés, eux, bénéficieraient de l’anonymat.

 

Le Canard rappelle qu’en décembre 2017, la Cnil avait autorisé le fameux fichier dans le contexte des potentielles tueries de masse mais « à condition que les établissements de santé informent les personnes – victimes et proches ». Voire, « leur remettent un document d’information », précise le journal. Et de vérifier auprès d’un avocat, Me Alimi : « Sur mes 15 clients pris en charges dans les hôpitaux parisiens, aucun n’a été averti d’un tel fichage. » C’est cet avocat qui, le 20 avril sur Twitter, a lancé un appel « à tout fonctionnaire ou médecin soucieux de la déontologie et de la loi » à lui « adresser confidentiellement les instructions du ministère de l’Intérieur ou de la santé sur le fichage des gilets jaunes blessés ».

La vie sous le banquier éborgneur (8)

 

Pendant longtemps, les luttes pour le temps de travail visaient à la réduction de celui-ci. Cela débouchait éventuellement sur des lois sociales plus avantageuses pour les travailleurs. Maintenant, ces luttes doivent empêcher son augmentation, elles doivent empêcher que l'on revienne sur des lois sociales qui ont été promulguées depuis plus de 80 ans.

 

Lors du dernier Acte des Gilets jaunes, des CRS, postés à un péage d'autoroute, avaient pour ordre de confisquer les casques et les masques de protection des personnels médicaux de rue (street medics). Ce qu'ils ont fait, bien sûr.

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