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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 05:05

Ci-dessous, une carte intéressante de l'INSEE. Elle montre des tendances. Il faudrait affiner. Toulouse, fort bien placée, est une ville de fortes inégalités. D'ailleurs, l'immobilier – à part dans l'hypercentre – est en baisse. Je connais par ailleurs des Lot-et-Garonnais qui vont chômer à Bordeaux et des chômeurs de Rodez qui se sont installés à Montpellier.

 

Dans notre France déglinguée, chacun se débrouille comme il peut !

De l'emploi en France
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:24

On en vient à se demander si le goulag stalinien ne fut pas une plaisanterie comparé à certaines conditions d'incarcération aux Etats-Unis. Le Nouvel Observateur vient de publier un article glaçant qui dénonce l'inhumanité, peut-être sans égale actuellement au monde, qui sévit dans certaines prisons étasuniennes. L'étude s'est en particulier intéressée à ceux des prisonniers (plusieurs dizaines de milliers) condamnés à l'isolement, de manière totalement arbitraire et pour des périodes dont ils ne connaissent pas l'ampleur. Ceci est d'autant plus terrifiant qu'on évalue à environ 4% la proportions de détenus condamnés pour des crimes qu'ils n'ont pas commis.

 

Totalement coupés du monde, fous de solitude, 8 prisonniers américains parlent

 

Par Philippe Boulet-Gercourt

 

EXCLUSIF. Ils ont passé 8, 15, 25 ans à l'isolement total dans les geôles américaines. Toute la journée seuls entre quatre murs. Philippe Boulet-Gercourt a réussi à entrer en contact avec eux, à en rencontrer certains. Témoignages.

 

 

  • Des dizaines de milliers de détenus américains sont placés à l'isolement. Parfois pendant des années. Parfois sans savoir pourquoi.
  • Lire l'enquête de Philippe Boulet-Gercourt, "40 ans de solitude", sur l'enfer du "solitary confinement", dans "le Nouvel Observateur" du 1er mai. Voir le making ofde son enquête ci-dessous.
  • Philippe Boulet-Gercourt a longuement correspondu avec certains de ces prisonniers ; en a rencontré d'autres, aujourd'hui libérés. Lire leurs témoignages ci-dessous.
  • Découvrez cet article en mode plein écran en cliquant ici

 

58 ans, incarcéré à la Prison centrale de Raleigh, en Caroline du Nord. Schizophrénie, retard mental (QI = 76). Condamné en 1990 pour cambriolage. À l'isolement depuis huit ans dans la section Unit One, surnommée "Le trou".

 

Est-ce que vous croyez que vous sortirez un jour de l’isolement ?

 

- Si je n’écope d’aucun rapport disciplinaire entre août prochain et février de l’année suivante, ils m’en sortiront peut-être.

 

 

Vous pensez que vous y parviendrez ?

 

- Je crois que oui, si je n’ai pas de rapport disciplinaire [cela n’a pas été le cas, NDLR]. Mais il faut que j’arrête de taper dans la porte de la cellule ou d’appeler, et de les supplier de venir me voir et me parler. Il faut que j’arrête tout ça, c’est le seul moyen d’échapper aux sanctions. Laisser le personnel et les autres prisonniers tranquilles. Simplement rester peinard, ne rien demander à personne […].

 

Vous entendez des voix ?

 

- Quelquefois. J’essaie de comprendre ce qu’elles me disent, je n’y arrive pas bien. Ce sont des voix calmantes ou des voix en colère, qui jurent ou hurlent […]. Cela donne parfois envie de se tuer […].

 

Voyez-vous des choses que les autres ne voient pas ?

 

Je vois un serpent dans ma cellule. Je sais qu’il y a un serpent parce que j’ai vu des traînées de serpent à l’endroit où il était, sur le sol. Je jure que je les vois.

Et je finis par m’en débarrasser, lentement, je me débarrasse de ce j’avais sur la tête. La cellule : il y avait une fissure sur le côté du mur. Je regarde et je vois des toiles d’araignée. Et je me dis : "Saleté de serpent. C’est là que ce salopard se planque." J’attrape un journal et je le mets dans la fissure, et le journal se retrouve griffé, avec de gros trous. C’est là que je sais que c’est un serpent qui m’a mordu.

 

Vous vous parlez beaucoup à vous-même ?

 

- Oui, beaucoup plus depuis que je suis à l'isolement. C’est difficile de s’en empêcher quand il n’y a rien d’autre à faire […]. [Au début], je pouvais passer deux ou trois minutes à me parler à moi-même avant de me reprendre, et de m’arrêter. Mais maintenant, bon sang, je me parle à moi-même pendant quatre heures, huit heures d’affilée […].

 

J’entends des voix de prisonniers, quelqu’un qui me dit "Je vais te tuer". Ils vont te tuer. Je vais te tuer. Des trucs effrayants de ce genre. C’est à ce moment que je barricade ma porte. [Les voix] vous disent que vous êtes le diable, ou qu’elles vont vous tuer.

 

La première Super-maximum Security Prison a été celle de Marion, dans l'Illinois, confinant les détenus à l'isolement 23 heures sur 24, après l'assassinat de deux gardiens en octobre 1983. (AP Photo/The Southern, Steve Jahnke)

 

"Jerry a quitté son domicile alors qu’il était adolescent, il a eu son lot de délits mineurs – vols, vagabondage, ébriété sur la voie publique, le genre de pépins qui vont avec le fait d’être SDF sans revenu. Quand il a été condamné en 1990 [pour cambriolage], il était plus âgé, c’était bien après avoir été diagnostiqué pour schizophrénie à l’âge de 21 ans. Il a commencé à entendre des voix alors qu’il avait 17 ou 18 ans.

 

 

Une fois incarcéré, il a commencé à collectionner les condamnations pour des délits commis en prison, comme par exemple l’agression d’un gardien. Placé à l'isolement, privé de ses médicaments, il devient agité et commet des infractions, même si leur description, sur le papier, est généralement plus sérieuse qu’elles ne le sont en réalité. S’il avait blessé un gardien, il aurait reçu des peines bien plus sévères. Pour aggraver les choses, la Caroline du Nord est un Etat où, une fois accumulé un certain nombre de délits, vous êtes automatiquement considéré comme un criminel [et écopez de lourdes peines de prison].

 

Quand ils sont finalement parvenus à pénétrer dans la cellule, ils l’ont battu, mais sans que cela soit filmé par une caméra de surveillance [il s’en tirera avec plusieurs doigts fracturés. Selon une plainte en justice déposée par huit détenus, les violences des gardiens, dans des coins à l’abri des caméras de surveillance, ont entraîné de multiples fractures et condamné l’un des détenus à la chaise roulante].

 

Il est privé de visites, il ne peut recevoir que celle de son avocat. Idem pour les appels téléphoniques. Il a le droit d’avoir quelques livres. Avec ses voisins de palier, le seul moyen de communiquer est de crier.

 

Cela va être difficile de faire sortir Jerry de l’isolement carcéral. Je ne crois pas qu’ils perçoivent le problème [de sa maladie mentale], ils voient cela sous l’angle du "contrôle" – j’ai entendu ce mot répété tant de fois que je ne sais pas s’il signifie quelque chose".

 

Lire la suite de l'article ici.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 09:09

Une publicité très choquante passe régulièrement sur nos antennes télévisées. Tout à fait dans l'air du temps d'un Solférinisme, non pas triomphant, mais médiocre et réactionnaire. Des personnes âgées répondent toutes la même chose à une question qui n'est pas posée dans le champ : "C'est pas ma faute". Nerveux, le montage fait croire que ces personnes sont interrogées au débotté, comme si elles étaient surprises dans la vraie vie. Ce qui crée un puissant effet de réel alors que nous avons affaire à des acteurs professionnels, des techniciens professionnels, des scène répétées, de nombreuses prises de vue (j'avais écrit "des prises de vie", vous allez voir le lapsus !) etc.

 

Le film crée une forte attente. De quoi est-il question ? Ces personnes âgées ne sont pas responsables de leur âge. Donc, dans les années qui viennent, il va falloir se préoccuper d'elles.

 

Ce qui est immonde, c'est le présupposé, puis le sous-entendu. Ces deux mots n'ont pas le même sens : un présupposé ne peut être contesté, à moins de rompre le discours ; un sous-entendu peut se discuter. Dans notre pensée, ils se déroulent dans un ordre logique.

 

Le présupposé, c'est la faute, une faute intériorisée par les participants. Etre vieux relève d'une culpabilité. Ce n'est pas un état physique, mais un problème qui relève de la morale. Un peu comme être jeune, ou chômeur. Le jeune ne parvient pas à s'insérer parce qu'il est glandeur. Le chômeur ne retrouve pas de travail parce qu'il manque de volonté, de "résilience", comme on dit aujourd'hui depuis que les Anglo-Saxons ont imposé ce concept.

 

 

 

Ce qui nous amène au sous-entendu. Non seulement, la vieillesse est une faute, mais c'est MA faute. Il me revient donc de prendre en charge ce qui me tombe sur les épaules. Et comme "sous-entendu", implicitement, l'Etat, la collectivité, la communauté citoyenne ne peuvent plus, ne pourront plus bientôt, faire face à ce problème, je dois, à mon niveau, individuellement, me retourner vers des entreprises philanthropiques qui pensent au bien-être de mes vieux jours, c'est-à-dire vers des compagnies d'assurance ou des banques privées.

 

Aujourd'hui, on est "sénior" à l'âge de cinquante ans. Or une personne qui n'a pas eu de problème de santé majeur durant son existence pète des flammes à cet âge-là. La "séniorité" est bien une construction imposée par le capitalisme, la finance et l'entreprise.

 

Ceux qui gouvernent le monde riche (dans les pays pauvres, la notion de retraite relève de l'impensé) martèlent donc l'idée d'une fin de vie dans la peur. Comme le problème est que ce dernier moment peut durer trente ou quarante ans, il faut imposer aux vieux ce que l'on impose aux jeunes et aux quadras : un sentiment d'insécurité, l'idée d'être superfétatoire et toléré, le couperet quotidien de la ballade de Narayama.

 

Qui n'est plus productif et rentable est dans la faute.

 

PS :  Ajoutons que l'écrémage des fautifs a déjà commencé. Alors que, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'espérance de vie n'avait cessé de croître, elle est désormais en train de stagner. Par ailleurs, l'espérance de vie en bonne santé a commencé à baisser.

 

PPS : J'ai publié cet article sur le site du Grand Soir. Un lecteur a posté le commentaire pas piqué des vers suivant :

 

 

Au delà de l’essence fasciste bien trempée de cette immonde campagne d’humiliation populaire, je me souviens d’avoir rencontré il y a quelques années sur un marché - où je tractais pour le PG - Madame Michèle Delaunay, cancérologue bien connue et ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie dans le gouvernement Ayrault...

Une femme bien sympathique au demeurant, même si elle s’imaginait encore à l’époque que les "braves gens " comme moi ou d’autres, allaient encore voter comme des ânes, pour le dit " Parti Socialiste " quoique ce parti fasse...mais ceci est une autre histoire.

J’en viens au rapprochement entre l’article ci-dessus et Madame Delaunay : Quel ne fut pas ma surprise et mon profond dégoût voilà un mois lorsque je l’ai entendu à la radio parler de façon très volubile " DE SILVER - ECONOMIE ", comme si elle venait de trouver un magot dans son jardin.

Vous ne savez pas ce que c’est encore que " LA SILVER-ECONOMIE " ? C’est l’économie des cheveux argentés.
L’économie du dit " Papy-boom ". Vous aurez remarqué qu’ au delà du fait que nous parlons dans les deux cas la langue du colonisateur mental ( l’anglais des affaires ? ), nous sommes passé insensiblement d’une langue infantilisante ( " Papy-boom " ) à une langue fasciste : " SILVER ECONOMIE "

Nous sommes loin encore du nazisme qui faisait des humains vivants des blocs de savon, mais déjà la langue du " Quatrième Reich " se met en place imperturbablement, sans y toucher, par la bande, le sourire commerciale aux lèvres et le sentiment de l’impunité en bandoulière. Tout ça à la vue de tous et de toutes. Sans se cacher.

Car après l’humiliation des femmes et des hommes qui auront vécu sur cette planète à l’aube du XXI° siècle, sous le boisseau mental de l’idéologie de la déchéance néolibérale : " Qui n’est plus productif et rentable est dans la faute " et les milliards dépensés dans des campagnes de propagande médiatique de culpabilisation du sujet - afin que celui-ci s’auto-haïsse et s’auto-annihile rapidement - il ne manquera sans doute pas demain une situation politique particulière qui comblera l’écart entre le discours présent et les actes potentiels que celui-ci déguise encore sous le langage commercialisant.

C’est bien évidemment le Thachérisme en acte qui se poursuit dans les campagnes d’humiliation populaire hebdomadaire, ou qui subitement pue dans la bouche de Madame Delaunay ( PS ) sans que l’on sache vraiment si cette personne se rend compte vraiment de la monstruosité qu’elle professe avec grande excitation.

C’est cette pensée néolibérale intégriste profondément malade, qui s’instille quotidiennement dans les têtes afin de bien marteler à qui veut ne pas encore l’entendre, qu’il n’ y a plus de société humaine, plus de communauté nationale, plus de fraternité ni de sororité, plus rien du tout qui permette les solidarités humaines collectives. Le Thatchérisme en acte, c’est de la politique enregistrée subliminalement dans les crânes :

" Vous êtes un déchet humain, démerdez-vous maintenant, vous n’êtes plus qu’un rat, un pauvre rat errant dans un laboratoire politique mondial initié par Friedrich Hayek et Milton Friedman :

Nous ne nous vous exterminerons pas tout de suite car nous savons comment vous saurez le faire par vous même, dans un temps record. Cela commence par des campagnes d’humiliations populaires, du cinéma de merde, des livres de merde, une télévision poubelle de masse à cécité planétaire de merde, de la bouffe de merde, une sollicitation commerciale de chaque instant, une dénaturation commerciale de vous -même permanente, l’idée que vous n’êtes plus qu’un tube où des choses entrent et sortent indéfiniment, voilà la musique que nous inventons pour vous, rien que pour vous, car vous l’avalez bien, une musique lancinante qui s’instille en vous, lentement mais sûrement : " SUICIDEZ- VOUS ! "

 

 

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 15:55

L'Humanité a publié le 28 avril un entretien avec Christian Garnier (CGT) sur le scandale industriel et financier qui se prépare.

 

Alstom : "On est sacrifié pour la finance"

 
Entretien avec Christian Garnier, représentant CGT au comité de groupe et délégué syndical central de la branche Transport d’Alstom.

Comment avez-vous accueilli la nouvelle des tractations entre General Electrique et Alstom ?

Le PDG se fout de notre gueule ! Il y a deux mois, Alstom nous a présenté le projet d’extraire du groupe la branche Transport (9.000 salariés en France) pour la mettre en bourse et en vendre 30% immédiatement. A la clé, 182 suppressions de postes car il fallait faire le ménage avant la mise en bourse. Et la semaine dernière nous apprenons par la presse qu’il veut boucler dans le week-end l’explosion du groupe. Ce matin (lundi) devait se tenir à Saint-Ouen, siège d’Alstom Transport, une réunion de négociation sur les 182 suppressions de postes, la CGT a refusé de siéger. Il est hors de question de discuter de ces suppressions d’emplois, alors que nous ne savons même pas si le groupe existera encore mercredi. Demain, nous appelons à la grève sur les trois établissements Alstom Transport de Saint-Ouen.

Que pensez-vous des difficultés du groupe avancées pour justifier la cession à GE ou Siemens ?

Le groupe est en difficulté financière car il a un endettement important, il a été mal géré et a racheté tout ce qui bouge ces dernières années. Mais il n’est pas du tout en difficulté industrielle, avec 53 milliards d’euros de commandes. On n’a jamais connu un tel niveau de commandes. Pour la branche Transport, cela représente 5 années de travail ! La vraie explication du projet de vente, c’est que Bouygues, premier actionnaire, veut faire une plus-value extraordinaire en vendant ses actions, on est sacrifié pour la finance.

 

Lire la suite ici.

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:15

Sans harnais de sécuriré, sans casque, sans vraies chaussures.

Travailler au Qatar
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 05:13

Il y a une petite quarantaine d’années, je résidais à Abidjan. J’y rencontrai Wole Soyinka, futur prix Nobel de littérature à qui je demandai comment qualifier Lagos par rapport à la capitale de la Côte d’Ivoire. Il me répondit : « Lagos est immense et elle pue. »

 

Aujourd’hui, Soyinka est le chantre d’un délirant projet capitaliste nigérian : la construction, au Large de Lagos, par des capitaux privés, d’une presqu’île de dix kilomètres carrés, havre pour les affaires et les appartements luxueux. La Qatar dans le delta du Niger. Le poète et dramaturge nigérian nous dit qu’Eko Atlantic « surgira, telle Aphrodite, de l’écume de l’Atlantique » (Aphrós = écume en grec). J’ai connu l’époque où Soyinka n’allait pas chercher ses références culturelles dans l’antiquité européenne et raillait l’agrégé de grammaire Senghor, en référence au concept de “ négritude ” : « Un tigre ne proclame pas sa tigritude : il bondit ».

 

Bill Clinton présida aux destinées d’Eko Atlantic en 2003.

 

 

 

 

Destinée théoriquement à protéger la côte nigériane de l’érosion, il semble que la construction de cette île ait abouti à l’effet inverse : l’océan a pénétré dans les terres, seize personnes sont mortes noyées, des plages ont été recouvertes. Mais cela n’a pas empêché la poursuite de ce projet dont les promoteurs principaux sont China Communications Construction et le Chagoury Group, du nom de deux frères milliardaires libanais, proche des dictateurs des années 1990, dont la famille est établie dans la région depuis les années quarante. Ils pèsent plusieurs milliards d’euros et le Vatican a su honorer comme il convenait ces mécènes chrétiens.

 

Construire en ce lieu où 70% de la population vit avec un euro par jour le « futur Hong-Kong de l’Afrique » devrait fournir une résidence de choix à 400 000 personnes et du travail à 250 000 autres faisant la navette entre la presqu’île et la capitale économique du pays.

 

L’extraction du pétrole depuis soixante ans a durablement pollué le delta du Niger et a privé les populations autochtones (pêcheurs, agriculteurs) de leurs moyens de subsistance. On peut douter que la presqu’île Eko Atlantic améliore la condition de centaines de milliers de personnes qui se verront déplacer, ségréguer.

 

Au niveau mondial, l’hyperbourgeoisie poursuit les mêmes objectifs face au réchauffement climatique : au Brésil où les riches utilisent des centaines d’hélicoptères pour se mouvoir au-dessus des bidonvilles, en Afghanistan, en Chine, au Caire. Il s’agit de vivre et de travailler loin de la pollution industrielle et humaine. Un apartheid climatique se développe concomitamment à l’apartheid social.

 

PS : sur la photo, Soyinka est à ma gauche. Il serait vraisemblablement à ma droite aujourd'hui.

 

Rappelons tout de même que Wole Soyinka fut emprisonné pendant deux ans, de 1967 à 1969 pour avoir soutenu la cause du peuple biafrais (sans être biafrais lui-même) et qu'en 1994 il dut s'exiler après avoir été condamné à mort par le gouvernement du dictateur militaire Sani Abacha.

 

PS : J'avais pensé que le prurit poétique de Soyinka était un slogan de circonstance. C'est beaucoup plus grave que cela. Une amie commune me fait parvenir le texte d'où est tirée cette métaphore :

 

“ ...The Lagos of my childhood was a well-laid-out maritime city. The adventurer Leo Frobenius fantasized the lost city of Atlantis sunken in its bay. Washed by the Atlantic, pocked by lagoons, and veined by canals through which canoes plied a steady commerce with inland riverine settlements, memories of that past provided the setting for my radio play,  A Scourge of Hyacinths.

 

But the city had aged prematurely—only one title then befitted her—Arugbo N’soge—the gaudy, mincing hag. To that period belonged the provocation for my play The Beatification of Area Boy.

Yet numerous redeployed expatriates and visitors return again and again, complaining that they cannot get Lagos out of their system—these devotees have a huge surprise in store! The butterfly is emerging from the chrysalis, a reversal of the cannibalistic orgy from the ’60s into the ’90s. How often — South Africa excepted — does one encounter a historic prison transformed into a Freedom Park, with a theater implanted where the gallows once stood ! The scale of ambition is staggering. Side by side with a refurbished Lagos, the foundations of a sister city are being laid – the Eko Atlantic Cit – rising like Aphrodite from the foam of the Atlantic. Frobenius would be pleasantly astonished ! ”

Pour une vision beaucoup plus réaliste de Lagos et du régime nigérian, on pourra se reporter à cet article du Guardian.

 

Un projet pharaonique au Nigéria
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 06:50

 

Sur son blog, Pierre Verhas nous livre cette réflexion particulièrement alarmante : au commencement était le mot, tout est discours, surtout lorsque les gouvernants solfériniens (chez nous ou outre-Quiévrain) se font les gramophones (comme disait Orwell) du patronat et des financiers.

 

À l’approche des élections européennes, le patronat et les multinationales lancent une offensive antisociale tous azimut et sans précédent.

 

Des propositions sont faites de transformation fondamentale des relations sociales et de travail par le Medef en France et en Belgique par le patronat via le consultant Roland Berger avec la collaboration de l’économiste ultralibéral, ancien chef de cabinet de Reynders, ancien patron de la Bourse de Bruxelles, académicien et professeur à l’Université Catholique de Louvain, Bruno Colmant.

 

Ces propositions relèvent d'une « logique esclavagiste » ! Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche français), ni Raoul Hedebouw (porte -parole du PTB belge) qui disent cela, mais Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef !

 

De quoi s’agit-il ?

 

Des jeunes aux plus âgés

 

Place aux jeunes ! Pierre Gattaz le nouveau patron des patrons français, homme très puissant qui a une (trop) grande influence sur le gouvernement Hollande – Valls, préconise un SMIC « jeunes » inférieur au SMIC, qu’il appelle pudiquement « salaire transitoire » à 800 Euros mensuel. Rappelons que le SMIC français s’élève à 1445,38 Euros par mois. Certes, Valls a rejeté cette proposition, mais, sans conteste, elle fait partie d’une offensive de démantèlement de l’Etat social, d’autant plus que cette initiative n’est pas la seule.

 

Et pour les vieux !  L« quatre mesures pour sauver les pensions ». Ces mesures consistent en gros à liquider le système de pension par répartition et à supprimer tous leurs avantages sociaux pour les cotisants, c’est-à-dire les travailleurs salariés des secteurs public et privé.

 

Il s’agit d’abord de réduire le montant des pensions progressivement de 8 % à 44 % de 2020 à 2050…, ensuite d’augmenter les cotisations des travailleurs en portant le taux d’imposition des ménages qui est aujourd’hui de 20 % à 32 % en 2030, en troisième lieu d’augmenter le taux de la TVA qui est aujourd’hui en moyenne de 14 % en Belgique à 24 % en 2050. Il va de soi, quatrièmement, qu’il conviendra également de travailler plus longtemps en portant l’âge légal de la pension à 70 ans.

 

Les auteurs du rapport sont conscients qu’aucune de ces quatre mesures ne pourra être acceptée « séparément », qu’elles susciteraient une levée de boucliers, voire la révolte. Aussi, les économistes du consultant Roland Berger proposent ce qu’ils appellent ce qu’ils appellent cette « quadrithérapie optimale » en y allant progressivement. On n’est jamais trop prudent !

 

Rappelons au passage que les pensions en Belgique sont parmi les plus basses de toute l’Europe occidentale. Cela prouve une fois de plus que ce genre de proposition s’inscrit dans une vaste opération de démantèlement de l’Etat social.

 

 

Les arguments avancés sont classiques. L’économiste français de mouvance « économie de l’offre » Jean-Luc Ginder affirme : « Pour lutter contre le fléau du chômage, il est impératif de réviser le coût du travail et dans cette idée, il faudra accepter de compresser le Smic sachant qu'il est populaire et cher pour chacun d'entre nous.

 

Cette mesure n'est pas une provocation mais une attitude réaliste. »

 

Cette question du « coût du travail » est d’ailleurs obsessionnelle pour Ginder. Dans sa chronique dans « Les Echos », il écrit le 25 février dernier : « Ce qui est en cause ce n’est pas le salaire c’est le fait qu’une série de choses auxquelles nous tenons fondamentalement dans notre modèle repose sur le travail. Dans un même temps, nous sommes dans un univers de compétition fiscale. Beaucoup de pays ont misé sur des réformes qui basculent une partie de la fiscalité qui pesait sur le travail sur l’impôt.

 

Ces mesures permettent aux entreprises d’être en situation de compétitivité. Là encore sur ce terrain, toi État tu ne prends pas la mesure du danger et tu laisses s’installer un niveau de coût de travail surtaxé qui fragilise encore les entreprises, qui nourrit le chômage et brise la productivité française, ton "made in France" si recherché. »  

 

Donc, au lieu de combattre cette « compétitivité fiscale » au niveau européen – là, l’Union européenne ferait œuvre utile –, il faut s’attaquer au sempiternel « coût du travail ». On dirait que pour ces gens-là, payer un travailleur un Euro de l’heure serait encore trop cher !

 

 

Lire la suite ici.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 05:31

25% des familles ne peuvent plus subvenir à leurs moyens et ont recours, occasionnellement ou régulièrement, aux soupes populaires.

Les crimes de la Troïka en Grèce (4)
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:24
Vacances ou congés payés ?
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 07:49
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