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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 06:21

 

 

Emmanuelle Gave est une des nouvelles têtes pensantes de la droite dure, extrême, ultra-libérale. Elle est la fille d’un financier qui estime que Jésus était un authentique libéral et qui est parti s’installer à Londres (« Ici, Londres ! ») au lendemain de l’élection de François Mitterrand car il refusait de vivre dans un pays gouverné par les communistes.

 

De temps en temps, Emmanuelle lâche une perle du style « les musulmanes sont quasi inemployables en tant qu'employées de maison », mais c’est quand elle parle de natation que je la préfère. En juillet dernier, elle nous proposa une analyse rigoureuse selon laquelle les Noirs ne brillent pas en natation car « c'est une question de densité musculaires. Ils ont très peu de masse grasse, donc beaucoup de muscle, ce qui, du coup, leste et fait mal nager. »

 

Sinistre mégère ! Aujourd’hui, le meilleur nageur français est un Noir du nom de Mehdi Metella. Sa sœur, Malia fut médaillée olympique et plusieurs fois championne d’Europe (tout comme la Martiniquaise Coralie Balmy). Ils ont tout deux vécu dans une réelle pauvreté avant d’atteindre le firmament.


 

Lorsqu’on fréquente les bassins, on sait qu’il y a d’autres Noirs, tapis dans l’ombre forcément, qui vont nous étonner dans les années qui viennent.

 

Emmanuelle est allée si loin dans son mépris de ce qui n’est pas de son monde que Dupont-Aignan l’a virée  de sa liste pour les Européennes. Je me suis laissé dire que ce fut un crève-cœur pour lui car le père Gave devait concourir pour une bonne part au financement de cette liste.

Emmanuelle Gave ne connaît pas Mehdi Metella
Emmanuelle Gave ne connaît pas Mehdi Metella

Pour ne citer qu’un autre exemple, un des rares nageurs français à avoir tenu tête à Florent Manaudou sur 50 NL s’appelait Nosy Pélagie, lui aussi noir … et lyonnais. Et puisqu'on est chez les Lyonnais, la meilleure sprinteuse du club où nage ma fille est noire.

Emmanuelle Gave ne connaît pas Mehdi Metella
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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 06:19

 


Pierre Verhas, Rébecca Lejeune. L’émancipation sans la charité. Préface de Josy Dubié. Mutualités socialistes du Brabant, Bruxelles 2018

 

Pierre Verhas est depuis longtemps un ardent défenseur du peuple palestinien et de sa cause. Avec Rébecca Lejeune, il vient de publier un petit livre fort bien documenté sur la BASR (Bethlehem Arab Society for Rehabilitation), une association très active œuvrant en faveur des handicapés physiques et mentaux en Palestine.

Le mot “ Rehabilitation ” recouvre les notions de réadaptation à la vie et de réintégration dans la vie de la cité. Depuis plus d’un siècle, en effet, le peuple palestinien est frappé dans sa chair mais aussi dans son esprit par une occupation militaire d’une extrême brutalité. Il doit pleurer ses morts, et aussi réparer ses vivants. Avec la BASR, ce peuple a mis sur pied une entreprise de soins « humaniste et moderne ».

Le livre s’ouvre sur un résumé bref et rigoureux du contexte historique, dont je me contenterai de retenir les points suivants.

La Palestine – le mot date de 5 siècles avant Jésus Christ – fut d’abord une région historique de la Turquie d’Asie (Grand Larousse, 1909). Donc une région purement géographique et non une entité politique ou ethnique. La religion dominante était l’islam, l’empire étant le califat. L’affaire Dreyfus convainquit le journaliste austro-hongrois Theodor Herzl de se rallier concrètement au sionisme (alors qu'il lui avait été longtemps hostile), en d’autres termes, de « fonder un abri permanent pour le peuple juif ». Il écrivit Der Judenstaat. Selon lui, cet État se justifiait par l’existence d’un peuple juif, par l'impossibilité de son assimilation par d’autres peuple, donc par la nécessité de créer un État particulier. Le 2 novembre 1917, Lord Balfour, le ministre des Affaires étrangères britannique, rendit publique une lettre adressée à Lord Rothschild, financier du mouvement sioniste, exprimant l’approbation par son gouvernement de la création d’un foyer national juif en Palestine. Balfour précisait qu'il « était clairement entendu [it being clearly understoodque rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, soit aux droits et aux statuts politiques dont les Juifs disposent dans tout autre pays. » L’écrivain (juif hongrois) Arthur Koestler, ardent militant sioniste dans sa jeunesse et auteur en 1949 du premier ouvrage contestant la thèse d'un peuple juif issu exclusivement ou majoritairement de l'expulsion des Juifs de Palestine par les Romainsen déduisit qu’une nation « avait solennellement promis à une autre le territoire d’une troisième ». De 1918 à 1948, la population juive en Palestine passa de 83 000 à 650 000 personnes. En 1947, l’ONU adopte un plan de partage prévoyant la création de deux États : un État juif de 14 000 km2 avec 558 000 Juifs et 405 000 Arabes, un État arabe de 11 500 km2 avec 804 000 Arabes et 10 000 Juifs, les lieux saints jouissant d’un régime particulier. Ce plan fut accepté par les Juifs, à l’exception de l’Irgun et approuvé secrètement par le roi Abdallah de 1er de Transjordanie, mais il fut rejeté par l’ensemble des États membres de la Ligue Arabe et par les Palestiniens. Le Premier ministre Moshé Sharrett déclara après la guerre de 1948-49 : « Les réfugiés trouveront leur place dans la diaspora. Grâce à la sélection naturelle, certains résisteront, d’autres pas. La majorité deviendra un rebut du genre humain et se fondra dans les couches les plus pauvres du monde arabe. »

 

À l’exception d’intellectuels tels Zeev Sternhell ou Schlomo Sand, les Israéliens n’ont jamais réellement accepté le fait palestinien. L’assassinat d’Itzhak Rabin le 4 novembre 1995 par un jeune Juif religieux qui considérait que les accords d’Oslo étaient « impurs » ne fut malheureusement pas une surprise. Á la même époque, Ariel Sharon déclara : « Le sionisme n’a jamais prôné la démocratie, mais la création en Palestine d’un État juif appartenant à tout le peuple juif et à lui seul. La frontière sera là où nous planterons notre dernier arbre. » Depuis, comme l’a formulé avec tristesse Stéphane Hessel, Gaza est devenu « une prison à ciel ouvert ».

 

En 2017, Alain Gresh résumait l’horreur de l’existence d’un jeune homme palestinien : « Il n’a connu que l’occupation. S’il est un garçon, il a une chance sur deux, si l’on peut dire, d’être passé par les prisons. Son frère, son père ou son cousin a été tué. Plusieurs membres de sa famille sont devenus handicapés. »

 

Vu d'Europe, on a du mal à se rendre compte à quel point le peuple palestinien est désormais un peuple d’handicapés. Sur 2 850 000 Palestiniens résidant en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, on compte – la fourchette est large mais il est difficile d’être précis – entre 200 et 480 000 handicapés, c’est-à-dire entre 8 et 20% de la population. Ce handicap de masse a des causes diverses et l’on n’oubliera pas l’organisation ancestrale et patriarcale de la société. Comme la consanguinité par laquelle, expliquent les auteurs, « il est vital que le patrimoine, si maigre soit-il, reste entre les mains de la famille ». Mais ce peuple subit la férocité d’une occupation qui a inventé, tranquillement, le concept des « os brisés » : briser les pieds d’un maximum de gens pour qu’ils ne puissent plus se déplacer ! Par ailleurs, nombreux sont les Palestiniens de tous âges – y compris des enfants, donc – qui sont, pour la vie, hémi ou tétraplégiques après avoir reçu une balle dans la tête ou dans la colonne vertébrale. Et nombreux sont ceux qui, ayant perdu des proches et ayant connu des bombardements incessants, sont devenus des handicapés mentaux lourds.

 

Pour atténuer ces souffrances, Edmund Shehadeh a rejoint et prit la direction du BASR en 1981. Il réorienta radicalement la perspective de travail de l’association qui fonctionnait selon un mode caritatif pour en faire un centre autonome, pluridisciplinaire, parfaitement intégré dans une société qu’il allait contribuer à moderniser. La devise de la BASR devint “ empowerment, not charity ”, c’est-à-dire l’émancipation, la démarginalisation sans la charité. En effet, la charité créait un lien de dépendance et le donateur et la personne aidée. Dans l’esprit de Shehadeh, la personne handicapée doit accéder à l’autonomie et « les traitements qui lui sont prodigués sont les éléments d’un ensemble qui comprend l’éducation, la psychologie, le suivi. » En bonne logique, Shehadeh recommande – même si ce n’est pas a priori facile – l’intégration d’enfants handicapés dans des écoles “ normales ”, condition sine qua non pour qu’ils deviennent des citoyens à par entière et qu’ils puissent bénéficier d’un avenir dans l’État palestinien.

 

Note de lecture (186)
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 06:23

Quand le banquier et le joueur de cartes auront rejoint les poubelles de l'Histoire, cette Marianne pourrait nous aider à ne jamais oublier l'horreur de cette République en Marcescence.

Une Marianne pour demain
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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 16:57

Je souscris pleinement à cette mise au point d'Aude Lancelin.

Aude Lancelin, Castaner et Finkielkraut
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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 06:28

 

La Justice est faite pour rendre la Justice. Pas pour servir de supplétif au service d’ordre. C’est sa fonction dans les pays fascistes, totalitaires. En démocratie, la police sert la Justice. Pas l’inverse.

 

 

Ci-dessous, un entretien de Régis de Castelnau publiée par Atlantico.

 

 

 

Atlantico : ce mardi 12 février, le premier ministre, Edouard Philippe, a déclaré devant l’Assemblée nationale : « Depuis le début de ces événements, 1796 condamnations ont été prononcées par la justice et 1422 personnes sont encore en attente de jugement » (…) « plus de 1300 comparutions immédiates ont été organisées et 316 personnes ont été placées sous mandat de dépôt ». Comment comprendre de tels chiffres, faut-il y voir une excessive sévérité, ou traitement « juste » de la situation eu égard aux événements ?

 

Régis de Castelnau :Ces chiffres sont proprement ahurissants. Il s’agit donc, et c’est assumé comme tel, d’une répression de masse. C’est-à-dire qu’on a mobilisé l’appareil judiciaire depuis trois mois pour faire ce qui ne peut plus s’apparenter à une justice normale, mais à une justice d’exception, à une justice de masse.

 

La justice française complètement en crise par défaut de moyens, et qui a beaucoup de mal à effectuer les missions qui sont les siennes dans le cadre de son service public vient d’être instrumentalisée au service du pouvoir exécutif pour mettre en place une répression sans exemple depuis la fin de la guerre d’Algérie. Soyons clairs, on ne peut pas rendre une justice digne de ce nom, avec des procédures régulières, des débats contradictoires, des décisions équilibrées dans ces conditions. 316 personnes placées sous mandat de dépôt, dont une proportion considérable de gens sans casier judiciaire, ce chiffre doit être rapporté à ce que la presse nous apprend tous les jours concernant la délinquance des quartiers ou des gens ayant jusqu’à 20 condamnations pour des délits graves à leur casier n’ont jamais fait un jour de prison. Cette statistique est claire, c’est une justice d’exception qui a été rendue indigne d’un pays comme le nôtre. Le président de la république a fait le choix, non pas du maintien de l’ordre mais celui d’une répression brutale du mouvement des gilets jaunes. Que la justice souvent parquet et juges du siège ensemble ait accepté d’exécuter les ordres de l’Élysée et de la place Vendôme est une régression qui nous renvoie des dizaines d’années en arrière. Désormais lorsque les syndicats de magistrats nous parleront d’indépendance et d’impartialité ils se feront rire au nez. Surtout que dans le même temps, et l’affaire Benalla est là pour le démontrer, la même justice est d’une complaisance surprenante avec les délinquants qui entourent le chef de l’État.

 

Des groupes d’avocats se sont organisés pour faire face à ce moment liberticide, et les informations qui remontent sont consternantes. Incriminations fantaisistes, procédures bâclées, peines exorbitantes infligées pour des infractions imaginaires, mises en cause systématique des droits de la défense. Il y a aussi bien sûr les comportements des parquets comme par exemple celui de Paris par le Canard enchaîné, ou le procureur du tribunal de grande instance ordonne à ses substituts de violer la loi et de conserver les gens garde à vue en commettant des séquestrations arbitraires. Il y a bien sûr également les refus catégoriques malgré les évidences de poursuivre les policiers frappeurs, alors que les préfets en saisissant l’IGPN font eux leur devoir.

 

Je dois reconnaître que la façon dont l’appareil judiciaire s’est comporté à l’occasion du mouvement des gilets jaunes a quand même été pour moi une surprise. L’image d’une justice équitable, respectueuse de sa mission et de la loi est détruite dans l’opinion publique pour longtemps. Comment pour complaire au pouvoir exécutif des magistrats ont-ils accepté de prendre ce risque ?

 

En tout cas cette statistique établit que cet appareil judiciaire, oubliant sa mission de rendre la justice, a choisi de se comporter en supplétif de la police pour rétablir l’ordre. C’est complètement déplorable.

 

 

Répression judiciaire des Gilets Jaunes : Édouard Philippe fait du chiffre

 

Comment interpréter cette vision quantitative de la Justice de la part du premier ministre ?

 

Que le premier ministre revendique triomphalement de telles statistiques qui n’établissent qu’une chose, c’est la vision instrumentale de la justice de ce pouvoir, en dit long sur le mépris du droit qui le caractérise. Il dirige un gouvernement qui est en train de faire voter une nouvelle loi sur l’organisation de la justiceque tout le monde judiciaire considère comme de pure régression, et qui passe son temps à rogner sur le budget de ce qui devrait être un grand service public. Et maintenant il vient à l’Assemblée nationale brandir des statistiques que ceux qui savent ce que doit être la justice, considèrent comme déshonorantes. « Regardez, la justice expéditive que nous avons ordonnée a condamné 1796 de ces horribles gilets jaunes. Elle en a mis 316 au trou. C’est une magnifique victoire !» A quand le premier ministre venant de la même façon triomphale brandir les statistiques des gens éborgnés, des mains arrachées, des blessés de toutes sortes  

 

Ce qui apparaît dans ce comportement passablement indigne, c’est cet aveuglement sur ce qui se passe dans ce pays et sur le rejet dont le président de la république lui-même font l’objet. Persuadés d’être plus intelligents que tout le monde lui et ses équipes emmènent le pays dans une impasse mortifère en continuant de l’abîmer. Je ne sais pas comment tout cela finira, mais il est sûr que la trace que Monsieur Édouard Philippe laissera dans l’histoire sera particulièrement laide.

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 06:38
 

C'est une fake news colportée par ses opposants ! Rétablissons la vérité : le Président Macron n'a eu de cesse de s'adresser aux plus pauvres, aux plus fragiles, en leur donnant des conseils de bon sens. Qui d'autre que lui s'intéresse aux migrants comoriens, aux boxeurs gitans, au Jojo avec un Gilet Jaune, bref à tous ceux qui ne sont rien et qu'on croise dans les gares ? Petit florilège ...

 

Macron le dit lui-même : "Les riches n’ont pas besoin de président, ils se débrouillent bien tout seuls".

 

Bon, ce n’est pas tout à fait exact.

 

Ils ont parfois besoin d’un coup de pouce du monarque. Par exemple pour qu’on leur supprime l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune).

 

Mais il faut reconnaître qu’ils n’ont rien demandé. Pas une pétition, pas une manif, pas une seule occupation de rond-point. Aucun riche n’a eu besoin d’affronter la police, de risquer d’être gazé, de perdre un œil ou une main.

 

Et pourtant le cadeau qui leur est tombé tout cuit dans le bec était de taille. Autre chose que les misérables augmentations de revenus que réclament salariés, retraités, et autres Gilets Jaunes, parfois au péril de leur vie !

 

On notera que pour la première fois récemment des pauvres ont osé manifester dans les beaux quartiers semant la peur chez ces paisibles habitants que sont les riches. On a craint le pire, l’affrontement, inégal par nature, entre des millions de pauvres et une poignée de riches.

 

Mais Macron a su trouver les mots qu’il fallait pour renvoyer les manifestants à leur humble condition en leur rappelant que "Jojo avec un gilet jaune (n’a pas) le même statut qu’un ministre ou un député !" .

 

Car trop de Français, surtout les manifestants, croient encore à la devise de la République : Liberté-Egalité-Fraternité. Ou que les privilèges ont été abolis la Nuit du 4 août 1789. Il est salutaire de leur rappeler que tout ça c’est du pipeau et qu’ils feraient mieux de rester chez eux à écouter sagement le discours de campagne macédonien quotidien (appelé parfois "grand débat" quand une autre personne arrive à parler un peu).

 

Car Macron a été choisi par une si petite minorité de citoyens (17 % des Français en âge de voter au premier tour) qu’il essaie de glaner des voix un peu partout, mais c’est dur. Il le sait et se qualifie lui-même comme « le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire, d’une effraction, parce que la France était malheureuse et inquiète. »

 

Aussi il essaie d’accorder à chacun un message personnel. Comme aux retraités à qui il augmente la CSG et qui évidemment se plaignent : "Je vous demande un petit effort pour m’aider à relancer l’économie et les actifs". Les retraités concernés semblent tout à fait hermétiques à l’honneur qui leur est fait de relancer l’économie. Ils trouvent qu’aider financièrement leurs enfants mal payés ou au chômage et payer l’EHPAD de leurs parents âgés est déjà une tâche bien lourde et une participation substantielle à l’économie du pays.

 

Le Président Macron s’adresse ainsi à toutes les catégories de population, fussent-elles très peu nombreuses. C’est le cas par exemple des Gitans, et tout particulièrement des ... boxeurs gitans. Il leur demande de s’exprimer dans leur langue s’ils ne veulent pas êtes suspectés d’avoir été conseillés par un avocat, qui plus est d’extrême gauche, toutes choses interdites apparemment aux boxeurs gitans : "Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan ».

 

Ses conseils aux plus démunis dépassent d’ailleurs les frontières de l’hexagone. Comme ici aux pêcheurs comoriens : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent » (plaisanterie au sujet de ces frêles embarcations sur lesquelles périssent des milliers de migrants comoriens tentant de rejoindre Mayotte, c’est à dire la France).

 

Le Président a choisi la Roumanie et la Grèce pour s’en prendre aux fainéants (en général, et donc sans doute aux fainéants français, grecs et roumains) : « Je serai d’une détermination absolue. Et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Et je vous demande d’avoir chaque jour la même détermination. Ne cédez rien. »

 

Lors d’un déplacement au Danemark il regrettait que la « flexisécurité » danoise ne puisse pas être appliquée en France peuplée de « Gaulois réfractaires au changement », à l’opposé du « peuple luthérien » nordique. Ah, être Roi du Danemark, comme Hamlet sans doute, voilà un destin qui lui aurait plu.

 

Mais c’est sans doute aux salariés et aux chômeurs que Macron réserve ses conseils les plus vigoureux :

 

- aux ouvrières des abattoirs Gad menacées de licenciement mais "pour beaucoup illettrées"

 

- « Il y a des tas de métiers...Il faut y aller ! Maintenant, hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler, avec les contraintes du métier. »

 

- « il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires »

 

- « vous n’allez pas me faire peur avec votre T-shirt ; la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler »

 

- « certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas »

 

- « dans une gare on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien »

 

- « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux. Les gens, ils sont quand même pauvres »

 

Alors oui bien sur Macron est le Président des riches. Mais pas seulement. Il est aussi le Président de ses seuls électeurs, de ceux de son parti (La République En Marche Arrière Toute), ses courtisans, ses affidés. Pas le Président de tous les Français. Et surtout pas de cette France qu’il méprise, celle des gens ordinaires, des travailleurs, des chômeurs, des retraités, celle qui manifeste !

 

Son mépris il nous l’a ainsi balancé en pleine figure. C’était devant un parterre de parlementaires de sa majorité le 24 juillet dernier.

 

En pleine affaire dite "Benalla" (du nom de l’homme de confiance du Président, pied nickelé impliqué dans plusieurs scandales ayant justifié des mises en examen), c’est à eux et à eux uniquement, pas à tous les Français, qu’il a choisi de prononcer ses seuls mots sur cette affaire d’Etat : "S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent me chercher !".

 

Chiche !

 

Claire Vérilhac

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 06:32

Par Françoise Guichard (Facebook)

 

Un président de section de la Cour des comptes reçoit en cadeau un billet pour une représentation de la Symphonie Inachevée de Schubert. Ne pouvant s’y rendre, il donne l’invitation à son rapporteur. Seule condition : qu’il lui prépare une note sur la qualité du concert.


Le lendemain matin, le président trouve sur son bureau la note du rapporteur :


"1. Les quatre joueurs de trombone demeurant inactifs une partie du temps, il convient de réduire leur nombre et de mieux répartir leur travail sur l’ensemble de la symphonie, de façon à éliminer les phases d’inactivité.


2. Les douze premiers violons jouent tous des notes identiques. Il s’agit d’une redondance inutile. Pour y mettre fin, il serait bon de réduire drastiquement l’effectif de cette section de l’orchestre.


3. L’orchestre consacre un effort considérable à la production de triples croches, ce qui constitue un raffinement excessif et une déperdition d’énergie. Il est donc recommandé d’arrondir toutes les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il devrait être possible d’utiliser des stagiaires et des opérateurs peu qualifiés.


Nous ajoutons, Monsieur le Président, que si Schubert avait prêté attention à ces remarques, il aurait sans doute été en mesure d’achever sa symphonie."

 

Toute ressemblance avec certaines considérations du dernier rapport de cette auguste institution, par exemple ce qui est dit à propos des urgences, ne pourrait être que le fruit d'un malencontreux hasard...

Symphonie inachevée et Cour des Comptes
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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 06:30

Comme chaque année, le Comité départemental olympique du Rhône a distingué plusieurs dizaines de sportifs méritants (champions de France, champions d'Europe, champions du monde) et dirigeants bénévoles de club.

 

Rébecca Gensane fut récompensée avec deux autres nageurs champions de France. Ce fut très émouvant. Je n'imaginais pas que le département pût compter autant de sportifs de très haut niveau et de dirigeants autant impliqués. Mais, comme me le fait remarquer un Lyonnais d'adoption, comme moi, les Rhôdaniens ne sont pas que des mangeurs de tablier-de-sapeur et des buveurs de Beaujolais. Bref, dans certains sports un peu confidentiels mais où des jeunes du département brillent, vous avez des clubs qui ne tiennent que par deux, quand ce n'est pas une, personnes.

 

Dire que le banquier met des bâtons dans les roues de tous ces gens magnifiquement dévoués à la cause du sport (subventions en baisse, postes d'officiel supprimés etc.) est faible, surtout dans la perspective des JO de Paris dans 5 ans.

Très belle récompense pour Rébecca Gensane
Très belle récompense pour Rébecca Gensane
Très belle récompense pour Rébecca Gensane
Très belle récompense pour Rébecca Gensane
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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 06:24
Ce pourrait être une de mes filles ou petites-filles. Ou l'une des vôtres. Manifestantes ou pas. Le banquier fait tirer sur le peuple et ses enfants. L'ordre immonde de viser la tête a été donné, qu'un salaud a appliqué à la lettre.

Ce pourrait être une de mes filles ou petites-filles. Ou l'une des vôtres. Manifestantes ou pas. Le banquier fait tirer sur le peuple et ses enfants. L'ordre immonde de viser la tête a été donné, qu'un salaud a appliqué à la lettre.

Le professeur Laurent Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon, vient de mettre en ligne une pétition pour demander à terme l'arrêt des flash-ball, LBD, grenades lacrymogène ou de désencerclement dans les manifestations. Des armes sub-létales qui, écrit-il, sont extrêmement dangereuses.

Cette pétition publiée sur le site Change.org  est destinée au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Les différents mouvements de revendication qui ont eu lieu ces dernières années dans notre pays (manifestations de lycéens, écologistes, travailleurs, gilets jaunes) ont montré que de nombreux concitoyens ont été gravement blessés par l’utilisation de lanceurs de balle de défense (flash-ball, LBD40) ou de grenades (de type lacrymogène ou désencerclement).


Ce neurochirurgien a été particulièrement choquée par les photos de personnes blessées lors des manifestations, en particulier depuis la mobilisation des "Gilets jaunes". Il précise dans cette pétition intulée "Les soignants français pour un Moratoire sur l’utilisation des armes sub-létales »  que les 

 lésions constatées et prises en charge par Nous, personnels soignants, dues à ces armes utilisées sur des personnes parfois très jeunes ou âgées, exerçant leur droit à manifester, sont choquantes et inacceptables : énucléation, amputation d’extrémité de membre, fracas maxillo-facial et dentaire, traumatisme cranio-cérébral engageant le pronostic vital… Tant de vies ont été ainsi sacrifiées…


C'est pourquoi le chirurgien s'adresse prioritairement à ces collègues. "On  a la légitimité pour prendre la parole sur ce sujet. Des confrères d'autres villes m'ont signalé ces blessures. Des dommages corporels qu'il dénonçait déjà lors du Grand Débat organisé à Besançon

 

Au cours de ce débat du 18 janvier, le professeur de médecine affichait son soutien aux "Gilets jaunes". Lorsque Laurent Thines écoute le président de la République Emmanuel Macron dire que "les Français n'ont pas le sens de l'effort", il prend cette phrase comme un "coup de tonnerre". "Comment ce président peut il être aussi déconnecté de la vie quotidienne des Français ?"

Cette France qui a le sens de l'effort, déclarait-il avec une lègère émotion dans la voix, c'est celle qui travaille dans les hôpitaux. Ces gens sauvent des vies tous les jours et leurs salaires ne sont pas revalorisés. 


Laurent Thines précise qu'il n'intervient pas dans une démarche personnelle ("Je n'ai aucun intérêt à défendre ce mouvement, je gagne bien ma vie, je suis passionné") mais, souligne-t-il à l'intention du délégué général de La République en marche, Stanislas Guérini,  présent dans la salle, "J'entends la souffrance et le sentiment d'injustice dans ce pays".  


A la fin de son intervention, applaudie par les "Gilets jaunes", Laurent Thinès évoquait déjà ce moratoire pour l'usage des armes sub-létales lors des manifestations. Quand on prend une balle de flash-ball dans le corps, on a une chance sur cinq de mourrir ou d'avoir des handicaps. Est-ce acceptable ? Nous sommes en France pas dans une dictature. La violence appelle la violence. La situation n'est plus tenable.


A ce propos,  le ministère de l'Intérieur a annoncé , mardi 22 janvier , que les forces de l'ordre qui utilisent des lanceurs de balles de défense (LBD), dénoncés par de nombreux "gilets jaunes", seront équipées de caméras-piétons dès samedi 26 janvier. Une annonce faite le ministre de l'Intérieur mardi 22 janvier, lors de son audition devant la commission des lois à l'Assemblée nationale sur la proposition de loi "anti casseurs". Selon Christophe Castaner, les caméras-piétons devront être "systématiquement" activées "en conditions normales" mais pas "en cas d'agression" des forces de l'ordre.


La police des polices (IGPN) a d'autre part été saisie de 81 enquêtes au titre des projectiles tirés par LBD depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", a précisé Christophe Castaner. Quatre personnes ont été gravement blessées à l'œil par des lanceurs de balle de défense, a précisé le ministre.

 

 

Source France Info.

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 07:08

You Tube a censuré la vidéo de la main arrachée ("contenu violent ou choquant") devant l'Assemblée nationale. Quatre doigts qui ne repousseront pas. You Tube n'en est pas encore à censurer les photos des camps de concentration nazis, mais ce serait pourtant dans le droit fil de sa philosophie humaniste.

 

J'ai récupéré sur Twitter la photo de cette main qu'il faut voir. Le banquier impose au peuple français une séquence absolument terrible. Nous sommes revenus au temps des gueules et des mains cassées.

 

 

La chair à canon du banquier

 

 

Imaginons que la grenade ait explosé au niveau du visage du manifestant ! 

C'est une grenade similaire qui avait tué Rémy Fraisse il y a quatre ans.

 Ces grenades contiennent 25 grammes de TNT. Elle sont lancées en cloche. Les gendarmes affirment qu'ils les utiliseront jusqu'à épuisement des stocks en 2021.

 

 

Avec le banquier et le client des tripots, il va falloir ne pas nous habituer à des manifestations où les forces de l'ordre ont le droit de mutiler des citoyens, pacifiques 99 fois sur 100. Il va falloir refuser que notre société banalise les mains arrachées et les yeux crevés.

 

La victime ne présentait aucun danger pour les forces de l'ordre. Il s'agissait d'un jeune Gilet Jaune qui prenait des photos des gens en train de pousser les palissades de l'Assemblée nationale à la mi-journée. 

 

 

Le JT de France 2 a récemment, une fois n'est pas coutume, publié un reportage très intéressant sur les méthodes de la police allemande pour contrer et disperser les manifs. Des flics sans matraque, sans grenade de désencerclement, sans LBD. Juste des canons à eau. La démonstration était faite que la violence des manifestants est nourrie par la violence des flics. En Allemagne, on ne tire pas sur le peuple, on le repousse. Le banquier en a décidé autrement. Il veut terroriser le peuple en faisant passer des manifestants pacifiques pour des terroristes.

 

On ne le répétera jamais assez : le degré de violence dans les manifestations est le choix des autorités. Plus les flics sont armés et ressemblent à des Mad Max qui n'ont plus rien d'humain, plus les manifestants sont enclins à la violence et ont envie d'en découdre. Ce qui n'était pas le cas, encore une fois, de ce photographe traumatisé à vie.

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