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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 05:12
 

 

Les troupes du banquier éborgneur et noyeur touchent le fond avec cette justification des mutilations sur les Gilets jaunes. A partir de 1 minute dans la video ci-dessous, on peut entendre Natalia Pouzyreff, ingénieur au CV nourri et mère de trois enfants dont aucun n'a été éborgné), expliquer que les mutilations que déplore un Gilet jaune face à elle sont normales, car, notamment, ces manifestations étaient « illicites » (aux yeux de qui ?!) et « illégales » (or une manifestation non déclarée n’est pas illégale).

Cette élue macroniste des Yvelines allie inhumanité et incompétence. Mais sa permanente est impeccable.

 

 

 

On pourrait ajouter à cela que, selon les instances européennes, la Justice française est ... la moins juste d'Europe, en termes d'efficacité, mais surtout d'indépendance vis-à-vis du pouvoir politique, qu'un penseur proche du banquier peut traiter les Gilets jaunes d'êtres "substituables", et que la journaliste Hélène Pilichowski (née Pironon), ancienne professeur de philosophie, appelle au meurtre de manifestants pour rétablir l'ordre et flanquer une bonne et définitive trouille à ceux qui contestent.

 

Cette Pilichowski qui donne des leçons à tout le monde et qui voudrait voir  des bains de sang est l'épouse de Jean-Guy Cupillard, vice-président du conseil général de l'Isère, reconnu coupable de « corruption passive », condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, par le tribunal correctionnel de Grenoble. Je suis sûr que la belle Hélène n'a jamais profité du train de vie somptueux de son repris de justice de mari !

 

Sarkozy  lui fit obtenir la Légion d'honneur. Normal...

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:33

Menacé par une petite douzaine de CRS, un citoyen a préféré se jeter à l'eau. Dans la France d'avant, les forces de l'ordre, policiers, gendarmes, avaient le devoir de porter secours aux citoyens. Pas sous le banquier éborgneur ... et noyeur. Ce citoyen a été repêché par d'autres citoyens, non sans mal. C'est alors que les CRS l'ont pris par le collet et l'ont plaqué au sol.

 

On atteint des sommets dans l'ignominie.

 

Ci-dessous, le témoignage de la victime du forfait.

 

 « Je restais sans bouger et je cherchais un ami à moi lorsqu’un CRS a dit : "Bah tiens, toi tu vas venir avec nous." Ils étaient cinq, tous la matraque à la main. Je lui ai répondu que non, je n’ai rien fait. J’ai reculé, je me suis retourné et j’ai vu cinq autres CRS. J’étais alors encerclé et par peur de me faire frapper, j’ai sauté sans réfléchir. Déjà dans l’eau, à un moment j’ai paniqué. J’ai cru que j’allais me noyer. Une fois sorti de l’eau. Ils m’ont plaqué au sol et m’ont emmené avec eux. Ils m’ont mis par terre et beaucoup de CRS m’insultaient. Ils disaient "ça aurait été drôle que tu te noies" ou "bah alors t’as froid ?" en rigolant. Ensuite les pompiers sont arrivés. Ils m’ont emmené à l’hôpital. Une fois arrivé là-bas, j’ai remis mes affaires mouillées et j’ai pris la fuite avant que les gendarmes ne reviennent. »

 

La vidéo sur Facebook : https://www.facebook.com/bernard.gensane.1

Le banquier éborgneur est aussi noyeur !
Le banquier éborgneur est aussi noyeur !
Le banquier éborgneur est aussi noyeur !
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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 05:20

UNE COÏNCIDENCE TROUBLANTE

Steve est mort. Je pense à ses pauvres parents qui se rongeaient les sangs entre espoir fou et désespoir asphyxiant. Ton jeune est parti faire la fête et il ne reviendra jamais. Tout l’amour que tu lui portais te reste comme un douloureux membre fantôme. Le futur que ton gamin ouvrait pour toi a fondu dans le néant en un instant comme son pauvre corps.

 

Avec le décalage horaire et le temps des vérifications je réagis plus tard que vous. Tant mieux. J’ai eu le temps d’éteindre les aveuglements de la stupeur et de la sidération. A présent je lis qu’on ne « saurait établir de coïncidence » entre la disproportion de la charge de police et la mort de Steve. Ils nous diront ensuite, je suppose, qu’on ne peut établir de lien entre sa chute dans l’eau et sa noyade, non plus. Ces mots à eux seuls disent où est rendue la parole officielle dans notre pays. Les Castaner et Belloubet, les bras ballants, toujours prêts à justifier n’importe quoi, débitent leurs grosses ficelles pour gagner du temps et miser sur les dilutions de l’été.

 

Braves gens, tenez-le-vous pour dit. Il n’y aura pas de justice rendue. Ils sont tous là pour ça. Voilà ce qu’est devenu notre pays. Un pouvoir qui ne contrôle plus la police parce qu’il l’a sollicitée pour des tâches dont il ne veut pas assumer la responsabilité politique. Une police dont les syndicats menacent les juges sans que nul n’y voit rien à redire et surtout pas la ministre concernée Nicole Belloubet. Un magistrat qui avoue avoir menti pour ne pas embarrasser le pouvoir et sa corporation qui se tait avec application. Toute cette chaine de pouvoir aveuglée, arrête, garde à vue pour un oui pour un non, vend à la presse les comptes rendus d’audition et juge à la chaine des opposants de toute sorte : syndicalistes, militants écologistes, députés opposants. Tout se tient. Le régime fait tirer sur une femme de 83 ans au quatrième étage d’un immeuble, madame Zineb Redouane, éborgne 22 personnes et en mutile six autres. Et chaque fois, les mêmes ministres pitresques, Castaner et Belloubet, se sont contentés d’afficher leur mine perpétuellement hébétée de gens qui ne contrôlent plus rien et n’assument jamais rien.

 

Telle est la France aujourd’hui. Et bien sûr les procès politiques ne sont plus loin. En septembre ce sera celui des six Insoumis choisis au hasard parmi plus de vingt-cinq présents ce jour-là qui ont eu l’audace de vouloir surveiller une perquisition menée au mépris des règles de procédure, sur un motif politique fallacieux et avec des méthodes disproportionnées d’habitude réservées à la traque du grand banditisme. Telle est la France de Macron. Mais comme a dit le policier chargé de la perquisition chez l’insoumis Manuel Bompard : « on est mieux ici qu’au Venezuela ». Police politique et justice politique n’ont pas fini de faire des Steve mourants sans qu’on puisse « établir de coïncidences » avec les brutalités dont ils ont fait l’objet. Tel est devenu ce régime Macroniste qui a ouvert le cycle des violences et de la politisation de la police et de la justice et ne sait plus reprendre une responsabilité dont il a tant voulu se dédouaner.

 

Conclusion : on peut établir une coïncidence entre la façon dont Castaner et Belloubet dirigent leur ministère et la multiplication des actes de violences policières et judiciaires dans le pays. Une coïncidence troublante compte tenu de la question qu’elle pose : est-ce encore un État de droit que la macronie ?

 

Mort de Steve : un texte de Jean-Luc Mélenchon
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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 05:39

Romaric Godin vient de publier dans Mediapart un article remarquable sur les conséquences de la “ réforme ” des retraites mise en œuvre par le banquier éborgneur.

 

 

Retraites: la justice illusoire d’un système individualiste

 

En apparence, tout est bon et beau dans cette réforme des retraites dont les préconisations seront présentées ce jeudi 18 juillet par Jean-Paul Delevoye. Mais c’est un principe récurrent de ce quinquennat : la vitrine est alléchante, mais le produit final beaucoup moins réjouissant. Et la réforme des retraites n’échappera pas à cette règle qu’ont inaugurée, entre autres, la réforme du marché du travail et celle de l’assurance-chômage. On se souvient, durant la campagne présidentielle, de la référence sans cesse martelée à la « flexisécurité » danoise, des grands principes sur la sécurité qui viendrait en compensation de la flexibilité, du refus de la stigmatisation de « l’assistanat » et de la chance qu’offrirait la réforme de la formation. Résultat : le marché du travail est plus flexible, l’assurance-chômage sera plus difficile d’accès et les aspects « sécurité » et formation sont dérisoires, voire inexistants.

Selon le même procédé, la réforme des retraites a été présentée par l’exécutif comme un acte de justice. Le 25 avril, le président de la République annonçait que cette réforme représentait « une transformation radicale qui doit remettre de la confiance, de la justice, de l’efficacité dans notre système de retraite ». Le 12 juin, devant l’Assemblée nationale, le premier ministre voyait dans le nouveau système universel un moyen de « permettre à la fois de renforcer l’équité entre les générations, la protection des plus fragiles et la confiance des Français ». Qui pourrait s’opposer à un tel projet ? Mettre à bas un système actuel qui, selon Édouard Philippe, n’est « ni simple ni juste » et le remplacer par un système unique fondé sur un principe simple : un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits pour tous, n’est-ce pas louable ?

Voilà pour l’emballage qui, effectivement, brille de mille feux. Mais il y a également la réalité, qui est beaucoup moins claire et beaucoup moins simple. Car avec cette réforme, la France change de logique pour son système de réformes. Dans le système par annuités actuel, les salariés cotisent pour financer une « prestation définie », autrement dit un taux de remplacement des salaires en pensions, une fois atteint un certain nombre d’annuités de cotisations. Il est certes toujours possible de modifier ce taux, mais dans un tel système, la logique tend plutôt vers sa préservation et, donc, vers un ajustement par les cotisations ou les durées de cotisation. Depuis 1993, les cinq grandes réformes des retraites ont donc principalement joué sur la durée de cotisation, l’âge de départ à la retraite et le taux de cotisation. Le calcul du taux de remplacement n’a été modifié qu’en 1993, avec le passage aux vingt-cinq meilleures années pour son calcul plutôt qu’aux dix dernières dans le système précédent.

Ce système est en partie personnalisé : la retraite est le reflet de la carrière des salariés et de leur durée d’activité, mais la personnalisation est limitée par deux facteurs. D’abord, en établissant des prestations définies, ce système établit une solidarité intergénérationnelle puisque l’ajustement se fait par le travail. Les actifs garantissent ces prestations aux retraités par leurs cotisations et leur temps de travail et espèrent que la solidarité de la génération suivante fera de même. La retraite est alors ouvertement un salaire socialisé. Ensuite, parce qu’il existe de forts mécanismes de solidarité qui accompagnent le système et réduisent son caractère personnel. C’est au prix de ces deux mécanismes que le niveau de vie des retraités en France est devenu proche de celui du reste de la population.

Le nouveau système renverse entièrement la logique. Au nom d’une équité formelle, on individualise fortement la retraite. Les cotisations seront converties en points qui donneront lieu ensuite à des prestations. La valeur du point changera régulièrement au regard de l’équilibre du système, notamment de « l’espérance de vie ». Ce système ne garantit pas un taux de remplacement, mais garantit que chaque point donne les mêmes droits formels pour tous. Ce sont les cotisations qui sont définies, pas les prestations. La promesse est donc celle d’une épargne : on doit récupérer sa mise sachant que plus on aura de points, plus la pension sera élevée. Le système engage donc le salarié à faire un choix individuel : quel retour souhaite-t-il sur ses cotisations ? Si le retour proposé ne lui convient pas, il « choisira » alors de travailler plus. Un peu comme un épargnant regarde le niveau du rendement de son produit financier pour savoir s’il réalise ou non sa fortune accumulée. C’est on ne peut plus logique : plus sa vie serait longue, plus on serait capable de travailler longtemps pour faire fructifier son petit pécule de points. Dans ce schéma, chacun est donc sur le papier responsable de sa retraite, il n’y a pas de prestation garantie.

Ce système est typique d’une vision néolibérale. Outre la prise en compte et même l’encouragement de la précarité, elle affirme une équité formelle entre les individus et une responsabilité (ou une « liberté ») de chacun dans la constitution de sa pension. Dès lors, l’effet de solidarité tend à disparaître : le système laisse croire que l’on cotise pour son propre compte, ce que laisse bien penser le concept de « compte notionnel », ce relevé de points accumulés, qui accompagne la carrière du salarié. On passe du salaire socialisé au salaire différé. Mes cotisations représentent non pas la garantie du fonctionnement du système, mais ma future pension. Dans la Weltanschauungnéolibérale, la justice est respectée puisque chacun obtient ce qu’il mérite en fonction de ce qu’il a choisi.

L’illusion de la liberté de choix

Mais cette conception est évidemment trompeuse. Pour diverses raisons. La première est que, évidemment, le « choix » de sa carrière est largement illusoire. Les parcours dépendent pour beaucoup des éléments socio-économiques de départ et, partant, chacun n’a pas les mêmes capacités intrinsèques de cumuler des points. De plus, tous les métiers n’ont pas la même pénibilité et ce facteur a une conséquence sur l’espérance de vie. Les ouvriers vivent moins longtemps que les autres, et moins longtemps en bonne santé. Est-il alors « juste » qu’ils paient la durée de vie des catégories sociales plus aisées et qu’on leur demande une « gestion de carrière » fondée sur la fiction d’une espérance de vie qui n’est pas la leur ? En passant, on notera que cette différence était une des justifications des régimes spéciaux. Sans doute faudrait-il les revoir mais notons que, du moins, le système universel fait mine quant à lui d’ignorer cette réalité au nom de grands principes idéologiques.

Rappelons, au reste, que le problème n’est pas que celui des ouvriers. Selon l’Insee, l’espérance de vie à la naissance et en bonne santé est pour les hommes, en 2018, de 62,6 ans. C’est un niveau qui baisse depuis 2014 : on est revenu au niveau de 2005. Sauf qu’alors, la différence entre l’espérance de vie en bonne santé et l’espérance de vie moyenne était inférieure de 2,5 années. Pour les femmes, la situation s’est améliorée en 2018 à 64,9 ans, mais elle se dégradait aussi jusqu’alors. Reste cependant que l’écart pour les femmes entre l’espérance de vie en bonne santé et l’espérance de vie est près de trois ans plus élevé que pour les hommes (19,6 ans pour les femmes, 16,9 ans pour les hommes). Et que la situation va sans doute s’aggraver puisque les gains d’espérance de vie se concentrent désormais sur la baisse de mortalité aux âges les plus élevés.

Autrement dit, l’argument avancé par Emmanuel Macron devant une retraitée en octobre 2018 affirmant qu’« on ne se rend pas compte de la chance qu’on a, on vit de plus en plus vieux dans notre pays en bonne santé » est simplement faux. Il ne saurait, en tout cas, justifier le système par points où l’on fait payer au salarié une espérance de vie en santé précaire, le forçant à travailler au-delà de l’âge où l’on est en bonne santé. Lorsque sa santé se dégrade, on n’a pas le choix de gérer sa carrière, on a le choix entre pouvoir vivre de sa retraite pour se soigner et devoir encore travailler malgré son état de santé. Ce n’est pas un choix. Derrière l’argument de la liberté se cachent une réelle contrainte et une dégradation des conditions de vie.

D’autant que le système d’ajustement de la retraite à points n’est pas le même que dans le système actuel. Si sur le papier, il est toujours possible de relever le taux de cotisation, le système se fonde bien sur une « contribution définie ». La cotisation ne peut donc plus être le mode de prélèvement privilégié, ne serait-ce que parce qu’il n’est pas soumis au « choix » de l’individu. Le gouvernement a, de fait, été très clair sur ce point : le taux de cotisation restera constant et sera unifié aux alentours de 28 %. On retrouve dans ce projet le caractère uniforme et individualisé. L’ajustement se fera donc principalement par la valeur du point, autrement dit par le niveau de vie des retraités. Cette valeur du point peut évidemment permettre de jouer sur le levier de la durée du travail puisque, si le point est de faible valeur, les salariés devront travailler davantage pour s’assurer d’un niveau de vie. Ce dernier principe peut encore s’accentuer avec un système de décote, qui est actuellement au centre des débats par la mise en place d’un « âge pivot ».

La retraite par points crée l’illusion de l’épargne et de l’individualisation. Mais ce n’est qu’une illusion car, pour tout système de retraite, on ne fait que cotiser pour les retraités actuels et pas pour soi. Sauf que cette illusion n’est pas neutre, elle modifie l’approche du système. Désormais, les mécanismes de solidarité ne pourront plus réellement jouer puisque la retraite sera un « choix ». Pour sauvegarder le niveau de vie des retraités existants, il sera difficile de faire appel à une hausse des cotisations des salariés qui, dès lors, pourraient en « demander plus pour leur argent » et donc déséquilibrer le système à l’avenir. La seule solution sera donc d’accepter une baisse du niveau de vie des retraités.

 

 

 

La tonte des quinquas futurs retraités

 

Mais alors, la réforme prend tout son sens. Jusqu’ici, ce sont les actifs qui préservaient le niveau de vie des retraités. Ce système conduisait naturellement à une demande salariale plus importante et donc à une répartition capital-travail plus favorable au deuxième. Ce système était logique puisque les retraités ne peuvent guère agir pour améliorer leurs revenus, ce qui n’est pas le cas des travailleurs. Si la croissance de la productivité était solide, cela ne poserait pas de problème. Mais elle ne l’est pas. Dès lors, le gouvernement, toujours soucieux de préserver les intérêts du capital, entend renverser la logique : désormais, il faut maintenir un taux de cotisation stable afin de ne pas influer sur les demandes salariales. Et ce sont les retraités qui s’ajusteront par leur niveau de vie et qui viendront ainsi payer les effets de la baisse de la productivité et préserver la part du capital dans le partage des richesses.

Mais il y a un autre étage alors à la réforme. Cette baisse du niveau de vie a un effet d’exemplarité pour les salariés. Pour ne pas subir le sort des retraités et pour pouvoir mieux gérer leur carrière et leur retraite, ils se dirigeront naturellement vers une épargne par capitalisation. Ce n’est, du reste, pas un hasard si la loi Pacte adoptée au printemps prévoit d’améliorer la défiscalisation de ces produits d’épargne-retraite. L’illusion de l’épargne de la retraite par points mène tout droit à la constitution réelle de l’épargne-retraite. Et cela ne pourrait pas être mieux soutenu que par la stabilité des cotisations. En entrant dans la logique individualisée, on réduira l’envie d’une hausse de cotisation pour faire jouer la solidarité. Les salariés préféreront conserver cette hausse pour se constituer une épargne personnelle. Un des rêves les plus fous du secteur financier français deviendra donc réalité : le développement d’une retraite par capitalisation.

Jean-Paul Delevoye a beau jurer être opposé à cette évolution, le ver est dans le fruit et le cadre financier contraint y mène tout droit. Car c’est aussi une autre particularité des réformes à la mode Macron : elles voient loin. Et elles vont toujours dans le même sens : celui de la destruction de la solidarité et du renforcement de l’individualisation et de la marchandisation de la société.

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 05:02

Les instits’ et les infirmiers aussi (j’déconne !)

 

Plus de 61 000 médecins libéraux vont recevoir une prime de 4 705 euros au titre de la rémunération sur objectifs de santé publique. 

 

Ils sont récompensés pour leurs bonnes pratiques. Dans le cadre de la rémunération sur objectifs de santé publique, plus de 61 000 praticiens recevront une prime de 4 705 euros en moyenne, comme le rappelle. Pour obtenir cet avantage distribué par l’Assurance maladie, ces médecins ont prescrit des antibiotiques à leurs patients. Ils ont aussi augmenté leurs prescriptions de médicaments génériques et effectuer des actes de prévention (vaccinations, dépistages de cancer…).

 

Mise en place en 2012, la Rosp (rémunération sur objectifs de santé publique) incite les médecins à effectuer plus d’actes de prévention, susceptibles d’anticiper des lourds problèmes de santé chez les patients. L’an dernier, ils étaient 52.939 médecins à bénéficier de la Rosp, contre 55.102 praticiens cette année. La prime a également augmenté d’environ 10% par rapport à 2017. Les spécialistes profitent également de ce nouveau système.  Les des cardiologues se partageront une somme de 9,3 millions d’euros. 

 

 

Les médecins vont se partager 282 millions d’euros.
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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 05:40

Ma religion n'est pas faite. J'inclinerais plutôt vers le pour mais je ne me sens pas intellectuellement armé pour trancher.

 

Je propose un article publié par le blog Le Rameau en faveur du Frexit. Il énumère des personnalités connues, de l'extrême gauche à la droite la plus classique, des intellectuels austères et des hommes d'affaires flamboyants, tous en faveur de la sortie, la plus rapide possible.

 

Ces intellectuels français qui soutiennent le Frexit

Il est parfois difficile de soutenir l’idée du Frexit dans la société française. En effet, la sortie de la France de l’Union Européenne a fréquemment été associée à l’extrême droite et le rôle du Rassemblement National (ex-Front National) n’y est sans doute pas pour rien. Eurocritique, le parti dirigé par Marine Le Pen est par ailleurs classé très à droite sur la scène politique française. Mais désormais, il n’est plus question pour le Rassemblement National de sortir de l’Union Européenne et de l’Euro.

L’image du Frexit est à présent associée à juste titre à l’UPR – Union Populaire Républicaine – fondée par François Asselineau. Classé divers par le ministère de l’intérieur, il arrive que l’UPR soit, par transitivité, associée à l’extrême droite. De ce fait, il n’est pas rare que les défenseurs du Frexit subissent des pressions sociales dans certains milieux. Cela arrive tout de même beaucoup moins fréquemment qu’avant. Il faut dire que le Frexit rencontre de plus en plus de succès, en particulier parmi les Gilets Jaunes, mais pas que. Emmanuel Macron a même déclaré à la BBC, en janvier 2018, que s’il y avait un référendum sur le sujet, les Français voteraient probablement en faveur du Frexit. Or, les voix qui promeuvent cette idée se font rares dans les médias, notamment parmi les éditorialistes et autres « experts ». D’après le journaliste Frédéric Taddeï, ce sujet reste totalement tabou.

Je dresse ici un panorama non exhaustif d’intellectuels de tous bords politiques favorables au Frexit afin de montrer que cette idée, loin d’être absurde, mérite toute sa place dans le débat public.

Écrivains

Michel Onfray

Michel Onfray est un philosophe et essayiste français défendant une vision du monde hédoniste, épicurienne et athée. C’est un écrivain prolifique puisqu’il a publié en 2019 son centième ouvrage nommé « Sagesse : Savoir vivre au pied d’un volcan ». Tellement prolifique qu’une page Wikipédia est uniquement dédiée à sa bibliographie, celle-ci prenant trop de place sur sa page personnelle. Il est, à 60 ans, le plus jeune auteur à faire son entrée dans la prestigieuse collection des Cahiers de l’Herne. C’est également l’un des intellectuels français les plus lus à l’étranger.

Outre son travail philosophique, Michel Onfray participe de façon non négligeable au débat public, notamment à travers ses nombreuses interventions médiatiques sur des sujets d’actualités. Il se définit comme un homme de gauche, tout en critiquant les partis actuels qui se disent à gauche. Il se lance régulièrement dans des tirades contre « l’Etat Maastrichtien » et n’hésite pas à mettre tous les hommes politiques dans le même panier, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, puisqu’ils proposent tous de rester dans l’Union Européenne. À la question « vous pensez que la solution, c’est le Frexit ? », Michel Onfray répond spontanément : « Oui. C’est tellement la solution que vous avez vu avec le Brexit comment tout est fait pour que ça n’ait pas lieu. Personne ne parle de cela. » Dans un entretien à Sputnik, il affirme que seuls sont crédibles les partisans du Frexit car la priorité est d’être souverain chez soi, et qu’étant donné qu’on ne peut pas changer l’Union Européenne, il faut la quitter.

 
Michel Houellebecq

Michel Houellebecq est un écrivain, poète et essayiste français. Il est, tout comme Michel Onfray, l’un des écrivains les plus lus à l’international, traduit dans plus de 40 langues. Considéré comme un des plus grands auteurs contemporains en langue française, il obtient en 2010 le prix Goncourt pour son roman « La carte et le Territoire ». En janvier 2019, il publie « Sérotonine », vendu à 350 000 exemplaires en moins de deux mois. Le 19 avril 2019, il est décoré de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Houellebecq fascine autant pour son génie que par ses anticipations ou les polémiques qu’il déclenche.

Il s’exprime peu dans les médias, en particulier sur l’actualité politique. Cependant, il lui arrive d’accorder quelques entretiens. Dans l’un d’eux paru le 25 octobre 2018 pour le magazine Valeurs Actuelles, il se déclare « prêt à voter pour n’importe qui pourvu qu’il propose la sortie de l’UE et de l’OTAN ». Je laisse aux lecteurs le soin de deviner quel parti propose cela sur la scène politique française…

 
Benoît Duteurtre

Benoît Duteurtre est un romancier, essayiste et critique musical français. Il est également producteur et animateur d’une émission de radio musicale. Il est officier des Arts et des Lettres et a également obtenu le grand prix de littérature Henri Gal, prix de l’Institut de France, pour l’ensemble de son oeuvre. Il est par ailleurs l’arrière petit-fils du président René Coty. Même s’il ne s’est pas déclaré ouvertement pour le Frexit, il affirme dans un entretien qu’il suit les analyses de l’UPR sur l’actualité avec beaucoup de sympathie et d’intérêt parce que c’est le seul contre-discours qui existe par rapport au discours mainstream et que ce discours devrait avoir beaucoup plus de place dans le débat politique en France. Il souhaite par ailleurs que les idées de l’UPR progressent aux prochaines européennes.

Économistes anti-Euro

Jacques Sapir

Jacques Sapir est un économiste français. Il a enseigné à l’université Paris-Nanterre puis il est devenu directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il dirige depuis 1996 le centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS). Il est spécialiste de l’économie russe ainsi que de l’Euro. Il a été élu en octobre 2016 membre à titre étranger de l’Académie des sciences de Russie.

En 2016, Jacques Sapir estime « qu’ une sortie de l’euro est nécessaire si l’on veut éviter une catastrophe non seulement en France, mais aussi en Europe ». Dans un entretien récent, il déclare qu’on ne peut pas changer l’Union européenne, et qu’il faut donc penser à la quitter. Jacques Sapir est l’auteur, avec Philippe Murer et Cédric Durand, d’une étude nommée « Les scenarii de dissolution de l’euro » qui détaille l’impact sur l’économie de la France de différents scénarios de dissolution de la zone Euro.

Philippe Murer

Philippe Murer est économiste. Il a travaillé comme gérant d’obligations convertibles de 1993 à 2005 au CIAL, à la BNP et à Natixis. Démissionnaire en 2005, il assure des cours de finance à l’EM Lyon, l’Université Lyon 2, la Sorbonne et réalise des missions de conseil pour des PME et des analyses macroéconomiques pour des investisseurs. C’est un fervent défenseur du Frexit.


Philippe Murer, auteur avec Jacques Sapir et Cédric Durand de l’étude « Les scenarii de dissolution de l’euro »
Vincent Brousseau

Vincent Brousseau est l’un des meilleurs spécialistes de l’Euro. Diplômé de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud et titulaire de deux doctorats, l’un en mathématiques et l’autre en économie, il a travaillé pendant 15 ans à la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. Il a démissionné de cette institution pour s’engager en politique. Il est depuis lors responsable national de l’UPR en charge de l’euro et des questions monétaires.

Selon lui, l’Euro va exploser de façon inéluctable à cause des divergences des soldes TARGET2 entre les différents pays de la zone euro. Il explique que l’Euro n’est pas une monnaie unique, mais une monnaie commune puisque chaque pays de la zone euro a gardé sa banque centrale nationale et qu’un euro en France est une créance sur la Banque de France. Il faut donc en sortir car, comme l’affirme le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, les premiers qui quitteront l’euro seront ceux qui s’en sortiront le mieux.

Frédéric Lordon

Frédéric Lordon est un sociologue, philosophe et économiste français. Il est chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE) et directeur de recherche au CNRS. Il est par ailleurs membre des économistes atterrés. Lordon a une grande influence auprès des milieux de la gauche radicale. Il formule une critique construite de l’ultra-libéralisme et fustige Emmanuel Macron, incarnant cette idéologie, dans une tirade enflamméeprononcée à la Bourse du travail en mars 2019. Au même moment, il publie un excellent dossier dans Le Monde Diplomatique nommé « Sortir de l’impasse européenne ». Dans cette tribune, il confronte la « gauche européenne démocratique » à ses contradictions.

Pour lui, pour démocratiser l’euro, il faut refaire les traités. Or, l’Allemagne au moins posera un refus catégorique à cela et donc les traités ne seront jamais refaits. Il suggère donc à la gauche de « ne plus couler un désir internationaliste dans les pires propositions du néolibéralisme ». Lordon dénonce ceux qui critiquent l’Europe austéritaire tout en refusant catégoriquement d’en sortir et ajoute que « tant que cette impasse restera sans résolution, la gauche n’accédera pas au pouvoir ».


Frédéric Lordon à la Bourse du travail répondant à l’invitation de Macron à débattre à l’Elysée
Charles Gave

Charles Gave est un essayiste, financier et entrepreneur français. Il a consacré sa carrière à la recherche économique, dont il a fait son métier en créant Gavekal, une société de conseil en allocation d’actifs aux gérants de fonds. Il est l’auteur de plusieurs essais économiques, où il partage la synthèse de sa recherche économique et de son expérience de financier.

Dans ses écrits, Charles Gave annonce notamment la fin du modèle de l’État-providence et la faillite de l’euro. Il dénonce notamment le fait que l’euro a le même taux d’intérêt (celui de l’Allemagne) pour toutes les économies de la zone euro et que ce taux est trop élevé pour l’Italie, la Grèce ou la France. Il a sidéré Nicolas Doze sur BFM Business en affirmant que le Brexit est une bonne chose pour le Royaume-Uni. Il a également dénoncé l’amalgame entre partisans du Brexit et extrémistes.

Olivier Delamarche

Olivier Delamarche est un analyste financier, président-fondateur de la société de gestion de portefeuille Platinium Gestion. Il est spécialisé en analyse macro-économique et gestion de portefeuille. Il est l’auteur d’une lettre mensuelle sur abonnement depuis 2017 « Le DELAMARCHE » et conférencier. Il a fondé Les Econoclastes et a été chroniqueur hebdomadaire sur BFM Business de 2009 à 2017. Il anime depuis janvier 2019 une émission économique sur RT France nommée « C’est CASH ! ».

Très critique vis-à-vis de l’Euro, il affirme que « tout le monde sait que l’Euro ne marche pas, mais on va aller au bout jusqu’à ce que ça nous pète à la gueule ! ». Il déclare également qu’« il faut sortir de l’Union Européenne, qui est une structure fondamentalement mauvaise ».

Historiens

Emmanuel Todd

Emmanuel Todd est un historien, anthropologue, démographe et essayiste français. De par le succès de ses ouvrages, il a popularisé certains concepts clés de l’anthropologie comme les systèmes familiaux ou les coutumes successorales.

N’hésitant pas à prendre position sur des sujets politiques, il plaide pour la sortie de l’Euro qui, selon lui, est « une priorité absolue » car « aucune politique économique nationale est possible hors souveraineté monétaire ».

Annie Lacroix-Riz

Annie Lacroix-Riz est une historienne et militante politique française. Ancienne élève de l’École normale supérieure de jeunes filles, élève de Pierre Vilar, agrégée d’histoire, docteur ès lettres, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – Denis Diderot, elle est spécialiste des relations internationales dans la première moitié du XXe siècle. Elle a notamment écrit sur l’histoire politique, économique et sociale de la Troisième République et de Vichy, sur la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale, sur les relations entre le Vatican et l’Allemagne nazie ainsi que la stratégie des élites politiques et économiques françaises avant et après le conflit mondial.

Annie Lacroix-Riz est membre du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), mouvement communiste se réclamant du marxisme-léninisme. Ce mouvement politique prône le Frexit.

Olivier Delorme

Olivier Delorme est un écrivain et historien français. Après avoir passé l’agrégation d’histoire en 1982 et avoir enseigné à l’Institut d’études politiques de Paris notamment, Olivier Delorme se consacre à l’écriture. Passionné par la Grèce, il vit entre Paris et Nisyros dans le Dodécanèse.

En 2014, Olivier Delorme reçoit le prix « Mondes en guerre, mondes en paix » pour les trois volumes de La Grèce et les Balkans, lors du 11° Salon du Livre d’Histoire de Verdun. Parmi ses ouvrages, il a publié en 2016 l’essai « 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe ».

Armée et justice

Malgré le devoir de réserve pour les militaires en exercice, certains hauts gradés, à la retraite, se sont prononcés en faveur du Frexit.

En premier lieu, l’amiral Michel Debray. Ancien commandant des porte-avions Foch et Clemenceau, il a présidé la Fondation Charles-de-Gaulle de 1998 à 1999. C’est un fidèle adhérent de l’UPR.

Régis Chamagne est un ancien colonel de l’armée de l’air. Après une carrière d’officier pilote de chasse, il se forme à la stratégie à l’École de Guerre et devient, entre autres, chargé de mission auprès du Major général de l’Etat-Major des armées puis chef de la section ciblage de l’Etat-Major des Armées. Il a publié un ouvrage de stratégie aérienne intitulé « L’art de la guerre aérienne » pour lequel il a reçu le Prix Estrade-Delcros en 2005. Un temps engagé à l’UPR, il défend la souveraineté de la France par sa sortie de l’Union Européenne et de l’OTAN.

Enfin, Boštjan Zupančič est un juge international franco-slovène. Docteur en droit et diplômé de Harvard, il a été juge pendant 18 ans à la Cour européenne des Droits de l’Homme, dont 4 ans président de la troisième section. Il a également été juge à la Cour Constitutionnelle Slovène. Naturalisé français, il a adhéré à l’UPR au début de l’année 2019.

 

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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 05:36

- Il y a quelque chose de paradoxal (et même de proprement scandaleux) dans la célébration du 14-Juillet. Celle-ci, en effet, exprime symboliquement des valeurs opposées à celles de l’événement fondateur, à savoir la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

 

 

1. Celle-ci eut lieu à l’est de Paris, dans les quartiers populaires, alors que le défilé militaire du 14-Juillet se tient à l’ouest de Paris, dans les quartiers riches et huppés.

 

 

2. La prise de la Bastille fut un événement spontané alors que le défilé militaire est un événement longuement préparé, qui donne lieu à maintes répétitions, ainsi qu’au bouclage des quartiers de Paris où se déroule la manifestation.

 

 

3. La prise de la Bastille fut un acte de révolte contre l’autorité de l’État, un soulèvement du peuple, auquel participèrent les Gardes françaises, qui passèrent du côté des insurgés. Le défilé militaire est une manifestation de l’obéissance de l’armée envers les corps constitués, et le témoignage que le gouvernement tient bien en main son outil militaire, contre tout ennemi extérieur... ou intérieur !

 

 

4. La prise de la Bastille fut une manifestation de violence envers l’autorité (le gouverneur de Launay fut lynché) alors que le défilé du 14-Juillet voit les Parisiens assister avec dévotion à la descente des Champs-Élysées par le président de la République.

 

 

5. Il n’est pas anodin, il n’est pas innocent, que les troupes qui défilent viennent de l’ouest. En effet, ce fut également de l’ouest que les troupes d’Adolphe Thiers, les "Versaillais" vinrent pour écraser la Commune de Paris en avril-mai 1871. Les troupes allemandes paradèrent deux jours sur les Champs-Élysées en 1871 après la capitulation de Paris et récidivèrent en juin 1940.

 

 

 On m’a parfois objecté que la célébration du 14-Juillet n’était pas la commémoration de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, mais celle de la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790. Il s’agit là d’un sophisme. En effet, les organisateurs de la Fête de la Fédération auraient pu choisir d’autres jours symboliques de 1789, comme le Serment du Jeu de Paume, le 20 juin, ou l’abolition des privilèges, le 4 août, ou le retour du roi à Paris, le 6 octobre.

 

 

- Néanmoins, ce fut le 14 juillet qui fut choisi car les Parisiens, et, au-delà, tous les Français, eurent le sentiment que (du fait que la prise de la Bastille ne fut pas réprimée), ce jour-là, il s’était passé un événement décisif, radical et irréversible. La preuve : le comte d’Artois, frère de Louis XVI (et futur Charles X), que l’on présente parfois comme peu intelligent, émigra dès le 17 juillet 1789, soit trois jours après la prise de la Bastille, alors que son frère Louis XVI allait encore régner, formellement, plus de trois ans (jusqu’au 10 août 1792). Il avait tout compris...

 

 

 Une commémoration du 14-Juillet qui en respecterait l’esprit, devrait être comme un 1er Mai, mais un 1er mai des grandes années revendicatives, un 1er mai avec drapeaux rouges, chants révolutionnaires, revendications sociales et sociétales foisonnantes exprimées avec véhémence et slogans bien sentis. Et un 14 juillet qui se tiendrait non pas aux Champs-Élysées mais place de la Bastille...

 

 

Deuxième commentaire, du 12 juillet, à 16 h 01.

 

 Comment se fait-il que le 14-Juillet soit commémoré par un défilé militaire et ait ainsi acquis un caractère guerrier qu’il n’avait pas au départ, en 1789 ? Cela est peut-être dû à la date à laquelle il commença à être fêté de manière régulière.

 

 

1. La première célébration eut lieu en 1880, mais sur l’hippodrome de Longchamp. Cette date est importante car elle se déroula neuf ans après une défaite douloureuse et mortifiante contre l’Allemagne.

 

 

2. On ne se représente pas à quel point, pour les Français, cette défaite fut un choc. En effet, jusque là, l’armée française passait pour la meilleure d’Europe. Or, elle fut balayée en moins d’un mois, entre la surprise de Wissembourg (4 août) et la capitulation de Sedan (1er septembre 1870).

 

 

3. Certes, la République, qui succéda à l’Empire dès le 4 septembre, sauva l’honneur en prolongeant la lutte jusqu’en février 1871, mais, en dehors de quelques succès tactiques sans lendemain (comme à Coulmiers, à Bapaume et à Villersexel), elle fut battue stratégiquement sur tous les théâtres d’opération : le long de la Loire, dans le Nord, dans l’Est, et, surtout, dans tous les grands sièges : à Paris, Metz, Strasbourg, Belfort, etc. Et elle dut abandonner trois départements et payer 5 milliards de francs-or. Ce fut là une humiliation dont la France rumina la revanche durant 43 ans.

 

 

4. La revue militaire de Longchamp fut ainsi une manière de montrer aux Français que, cette fois-ci on ne se laisserait pas faire et qu’on rendrait coup pour coup aux Allemands.

 

 

5. Cette première célébration, en 1880, eut lieu cinq ans après l’amendement Wallon (en janvier 1875), qui officialisait la République, ce qui était important puisque, jusqu’en 1873, les monarchistes eurent encore, avec le comte de Chambord, l’espoir d’une restauration. Et que ce ne fut qu’en 1883 que ledit comte de Chambord mourut en Autriche. Il fallait donner du prestige à la République et prouver que celle-ci savait - et saurait, mieux que l’empire, mieux que la royauté - défendre le pays et la patrie.

 

 

6. Ce défilé était (peut-être) aussi destiné à présenter au peuple un autre visage que celui où l’armée s’était "illustrée" en dernier (à savoir l’écrasement de la Commune, en mai 1871), et à montrer à la bourgeoisie républicaine qu’elle avait l’instrument militaire bien en main, soit pour réprimer les grèves (comme à Fourmies, en mai 1891), soit pour reprendre en main un régiment mutiné (le 17e à Béziers, en 1907), soit pour écarter un général aux velléités putschistes (Boulanger en 1889), soit pour imposer à l’armée une décision dont, au départ, cette armée ne voulait pas (réhabilitation de Dreyfus, en 1906).

 

 

7. Ce caractère militariste et cocardier ne put qu’être confirmé (et même renforcé) par les deux guerres mondiales qui suivirent.

 

 

8. Il le fut aussi, sans doute, de façon paradoxale, par les deux défaites qui suivirent (Indochine et Algérie) ainsi que par la perte de certains attributs de prestige international : fin de l’empire colonial et absorption de pans de souveraineté dans des institutions plus vastes : Communauté européenne, OTAN. Et il le fut enfin par l’état de paix qui règne sur le continent européen (du moins à l’ouest) depuis 1945. On semble d’autant plus fasciné par l’armée qu’il n’y a plus de péril ni allemand (comme en 1914 et 1939), ni soviétique (comme jusqu’en 1989).

 

Remarques sur le défilé du 14 juillet, par Philippe Arnaud
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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 02:48
 
 

Je reprends ici un article du blog Réveil communiste (Gilles Questiaux). Marx lui-même avait en son temps repéré les effets dévastateurs de l'immigration sur la classe ouvrière.

 

J'en profite pour rapporter un souvenir personnel. Quand j'étais enfant dans les années cinquante, les travailleurs polonais, particulièrement dans les mines de charbon, pouvaient servir de variable d'ajustement. Quand on manquait de bras français, on faisait venir, par trains entiers, des Polonais qui étaient alors en concurrence directe avec les autochtones. Quand les mineurs français étaient en nombre suffisant, on virait les Polonais avec perte et fracas (et avec femme et enfants) sans autre forme de procès.

 

 

Extrait de la lettre de Karl Marx à Siegfried Meyer et August Vogt, du 9 avril 1870. Le sens général de la lettre est de convaincre les membres de l'Internationale de lutter pour l'indépendance de l'Irlande. Mais on y trouve aussi ce passage particulièrement clairvoyant sur le rôle que les classes dirigeantes anglaises font jouer à l'immigration irlandaise en Angleterre pour appauvrir et diviser la classe ouvrière, qu'elle soit britannique ou irlandaise.

 

(...)

Mais la bourgeoisie anglaise a encore d’autres intérêts, bien plus considérables, au maintien de l’économie irlandaise dans son état actuel.

 

En raison de la concentration toujours plus grande des exploitations agricoles, l’Irlande fournit sans cesse un excédent de main-d’œuvre au marché du travail anglais et exerce, de la sorte, une pression sur les salaires dans le sens d’une dégradation des conditions matérielles et intellectuelles de la classe ouvrière anglaise.

 

Ce qui est primordial, c’est que chaque centre industriel et commercial d’Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.

 

Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C’est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente.

 

(...)

 

Tout y est, même "les revues satiriques"! Le fait de constater que l'antagonisme entre prolétaires provoqué par l'immigration est une carte maitresse de la bourgeoisie et même "le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste" ne signifie pas qu'il faille encourager les préjugés contre les immigrants (ou leurs préjugés contre les autochtones) ou prêcher leur renvoi dans leur pays d'origine, bien au contraire, mais signifie bel et bien qu'il faut au minimum revendiquer le contrôle et le ralentissement de l'immigration si l'on veut être entendu de la classe ouvrière dans son ensemble, y compris de celle qui est issue de l'immigration, parce que le même jeu reprendra dans la suite de l'histoire britannique avec les Antillais, les Pakistanais, les Polonais, etc., les immigrants d'hier devenant les autochtones d'aujourd'hui. Par ailleurs on voit clairement dans ce texte que Marx considère que les effets négatifs de l'immigration ne sont pas un fantasme irrationnel de la classe ouvrière, dont il faudrait la purger, mais une menace bien réelle pour le niveau des salaires et pour sa "condition matérielle et intellectuelle". Il n'en argumente pas pour demander l'expulsion des immigrés irlandais, ce que Marx préconise, à tort ou à raison, c'est l'indépendance de l'Irlande pour faire cesser les migrations vers l'Angleterre.

 

Aujourd'hui comme hier, la bourgeoisie travaille à diviser les classes populaires en deux camps hostiles qui s'expriment aux deux extrêmes de l'échiquier politique. Les forces qui prétendent les représenter doivent demander la limitation de toute nouvelle immigration, non pour exclure les immigrés déjà présents, mais justement pour les intégrer réellement là où ils sont "accueillis", dans le prolétariat.

 

Réveil Communiste n'est pas "anti-immigrationniste" de principes, mais considère que la question doit être franchement posée sur la table dans toute discussion préparatoire à un programme politique destiné aux classes populaires. Sinon, la gauche électorale continuera à s'éloigner du prolétariat réel, pour ne plus représenter qu'une fraction intellectuelle de la bourgeoisie, petite et grande.

 

Gilles Questiaux 

 

 

Karl Marx, la classe ouvrière et l'immigration
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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 05:37

 

 

Il s’agit désormais de pouvoir sanctionner les automobilistes 24 heures sur 24 et de privatiser au maximum la répression.

 

Bientôt, toute voiture suivie, précédée ou croisée sera susceptible de transporter un radar, lui-même susceptible de flasher automatiquement … sans flash. Ces voitures seront banales et conduites par des citoyens ordinaires. Finies, les véhicules conduits par deux gendarmes en uniforme.

 

Des centaines de millions d’euros vont tomber dans les caisses de l’État,  et de sociétés privées. Et de fabricants de radars, évidemment.

 

Pour l’instant, cette grosse arnaque est expérimentée en Normandie. Lorsqu’on s’attaque aux citoyens, on commence toujours par une expérimentation locale. Cette expérimentation normande a porté ses fruits puisque le nombre de PV a augmenté de 70%.

 

L’argent rapporté permet entre autre de perfectionner les radars, par exemple en installant des lampes à infrarouge à l’arrière pour flasher de jour comme de nuit.

 

Lorsque l’expérimentation sera terminée et que les voitures espionnes rouleront dans toute la France, le nombre de PV pourra pratiquement doubler, avec un objectif de 75 000 par jour.

 

Si l’on s’en tient aux statistiques froides, les radars n’ont pas sauvé de vie de manière substantielle, au contraire, pourrait-on dire : moins 343 tués par an, en moyenne, de 1989 à 2003, et seulement moins 192 tués par an de 2003 à 2018.

 

Bientôt, avec la 5G, chaque voiture pourra être espionnée de l’intérieur. Chaque conducteur sera son propre flic. Le rêve de toute société totalitaire !

 

Les radars, ça continue !
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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 05:34
Je ne suis pas un supporter inconditionnel de Jean-Luc Mélenchon, même si j'ai voté pour lui depuis... depuis tellement longtemps que j'ai oublié. Mais comme disait Sartre, la vérité est du côté de celui qui souffre. Or s'il est un homme politique qui, aujourd'hui, souffre, c'est Mélenchon. Normal : il est de gauche, il est dialectiquement le meilleur et il veut sincèrement réformer (transformer ?) un pays où la vie est devenue insupportable pour 15 millions de personnes. Oui, il souffre car, comme me le dit Maxime Vivas, avec les trahisons et les procès, il morfle : l’acide pénètre l’enclume. C'est le moment où jamais de le soutenir sans réserve car s'il disparaissait de la scène politique où s'il était marginalisé à 2%, le petit caudillo banquier éborgneur aurait gagné avant d'ouvrir un boulevard à la famille Le Pen.
 
Je reprends donc un article de Maxime Vivas, précédemment publié par Le Grand Soir.
 
 
 
Médias, police, justice, faux amis, fausse gauche, qui veut la peau du tribun du peuple ?
 

 

J’apporte ici des témoignage personnels, saupoudrés de quelques réflexions qui en sont issues. Je sais que cela me sera reproché et que je serai marqué au fer rouge (ah non, c’est déjà fait ! Rire).


Je connais Jean-Luc Mélenchon depuis plus de 10 ans. Nous sommes entrés en contact alors qu’il était sénateur du PS. Moi, le PS, les sénateurs PS, hein, moins je les vois…

 

Mais il s’agissait du Venezuela de Chavez qui subissait une tornade crapuleuse avec des grêlons merdiatiques gros comme des balles de baseball, déclenchée par des politicards atlantistes, la « grande presse » (re-rire) et Reporters sans frontières. Jean-Luc Mélenchon défendait le Venezuela comme l’aurait fait un fils de Bolivar. Il n’a jamais lâché le Venezuelâââ, vous le savez. Il est possible que cela lui ait coûté les 600 000 voix qui lui ont manqué aux présidentielles de 2017. Pis, il n’a jamais non plus tapé sur Cuba, contrairement à tous les autres, y compris le PCF de Robert Hue.

 

Nous ne nous sommes ensuite jamais perdus de vue. Il a préfacé un livre que j’ai publié avec Viktor Dedaj : «  200 citations pour comprendre le monde passé, présent et à venir ». Il a préfacé récemment un autre livre sur les Gilets Jaunes (à paraître) soutenu par LGS (2).

 

 

Il a lu et défendu un de mes livres prophétiques (eh oui !) : celui sur RSF (2007) et nous sommes en phase complète sur le dalaï lama.

 

Il a été le seul homme politique à se mouiller ainsi à une époque où le Tibet et RSF étaient les idoles du monde politico-médiatique français. Les éléphants du PS (Kouchner, Ségolène Royal, Valls et les autres) léchaient les Doc Martens du dalaï lama, Ménard était invité à la fête de l’Huma.

 

Défendre Cuba, le Venezuela, s’en prendre au dalaï lama et à Robert Ménard, c’était sacrément avant-gardiste et contre-productif. Il me plait d’avoir fait ça avec Jean-Luc Mélenchon. D’autres auraient pu venir, qui auraient été les bienvenus.

 

Le clou qui dépasse excite le marteau. Quiconque sort de la tranchée s’expose à la mitraille. Tel qui s’éloigne du village de la pensée unique doit se méfier des bandits des grands chemins. Ils sont là, en bandes, tapis dans le noir avec leurs complices du même tonneau. Ils vous laissent marcher quelques mètres pour mieux vous atteindre dans le dos. Ils sont capables de jurer que vous vous êtes jetés à reculons sur leur couteau. Ils invitent le public à plaindre la lame. lIs y réussissent parfois assez bien. Il faut avoir envers eux la méfiance de Malcom X (« Si vous ne vous méfiez pas des médias ils vous feront aimer l’oppresseur et détester l’opprimé ») et le mépris qu’avait le loup d’Alfred de Vigny pour les meutes :

« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler… »

 

Le poète ajoutait « Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler », mais Mélenchon et ses affidés, chacun à son niveau et dans son domaine, sont du genre à ne pas la boucler, à ne pas geindre un césarien « tu quoque mi fili ? » et à ne pas mourir.

 

Deux anecdotes personnelles :

-  Quand Jean-Luc Mélenchon a quitté le PS pour créer des structures politiques (PG, LFI) qui allaient révolutionner le paysage politique avec une poignée de militants, il leur a dit (l’un d’eux me l’a rapporté) qu’ils devaient créer un « noyau dur » (comprendre : une garde idéologiquement solide et cohérente) parce que le succès verrait arriver des renforts moyennement convaincus sur le fond. C’est ce qui s’est passé, ce qui se passe.

 

On se tromperait en croyant que le résultat des élections européennes annonce la fin de « l’aventure » (l’épopée) Mélenchon. Un sondage (je sais, je sais, mais…) de l’IFOP pour Paris Match annonce qu’il serait, au second tour des présidentielles de 2022, le mieux placé pour battre Macron, contrairement à Marine Le Pen qui serait écrabouillée.

 

En outre, sa stature de tribun lettré n’a pas d’équivalent. Jean-Luc Mélenchon reste donc l’homme à abattre (tous ceux qui me lisent le savent bien) avant de passer à une autre cible, celle qui lui succéderait. Plus vite il sera liquidé, plus on aura du temps pour déglinguer son remplaçant.

 

-  J’ai dîné avec Jean-Luc Mélenchon et une partie de ses proches à Toulouse le 15 avril 2017 (1). Il y avait Manuel Bompard, Benoît Schneckenburger (le philosophe-garde du corps), Jean-Christophe Sellin, conseiller régional LFI, ancien conseiller municipal de Toulouse et figure locale notoire. Il y avait des collaborateurs dont j’ai oublié les noms, mais dont la jeunesse m’a frappé.

 

Le lendemain, à la Prairie des Filtres de Toulouse, en bordure de Garonne, Jean-Luc Mélenchon allait réunir 70 000 personnes pour son dernier meeting avant le premier tour des élections présidentielles (23 avril 2017). C’est dire si chacun était tendu. Jean-Luc Mélenchon avait fait prévenir qu’il voulait repartir du restaurant à 20 heures pour peaufiner son discours. Une place à table était vide, celle d’un collaborateur qui est arrivé, essoufflé, au milieu du repas. C’était le jeune homme chargé de vérifier des points de détail du discours : faits, dates, noms…

 

Chacun était tendu, ai-je dit. J’étais assis en face de Jean-Luc Mélenchon, qui avait bien des raisons d’être à cran, mais qui passa le repas à deviser avec calme, mangeant peu (uniquement du quinoa, non, je blague). A un moment, il m’a demandé (nous n’avions encore jamais parlé de ça) de quelle mouvance politique je venais. Du PCF. Je n’ai pas cherché à me justifier ni à me démarquer des communistes locaux qui se conduisaient comme des ennemis et dont le secrétaire, quelques jours après, allait signaler à la Dépêche que, de son point de vue, le nombre de participants au meeting du 16 n’était que de 30 000. Mais le chiffre de 70 000 était irréfutable, il avait été vérifié (photos de drone, surface de la « Prairie des filtres » archi-pleine…). Passons.

 

Bien entendu, et alors que nous savions que le destin de la France pouvait basculer dans quelques jours, je guettais chez Jean-Luc Mélenchon un geste, un mot d’énervement. Comme vous, je lisais les médias qui le disaient soupe-au-lait. Cela ne fut pas. J’ai vu chez lui une profonde humanité. C’est un sensible. L’égo « surdimensionné » était aux abonnés absents, les explosions de colère étaient gardées en réserve pour les vraies occasions, contre qui de droit.

 

Je n’ai pas vu, depuis que je m’intéresse à la chose publique, un homme politique encaisser autant de coups, aussi constants, de ses confrères, des médias, de la justice, de la police, du gouvernement, de quelques-uns de ses proches enfin, qui lui doivent tout mais déplorent d’avoir été mal servis et qui pensent que l’heure de l’hallali est venue pour un festin promis, chez d’autres avec qui on ira s’attabler parce que les plats seront (croient-ils) plus rapidement servis et plus copieux. Soyons juste, il y a sans doute, parmi ceux qui le lâchent, des (osons le mot) camarades de bonne foi, avec des raisons politiques. Pourquoi pas ? Je doute qu’ils soient de ceux qui expriment leur soudain désaccord quelques minutes à peine après la proclamation des résultats.

 

Il n’y a pas un homme politique qu’on traite aussi durement, sur lequel on ment autant, avec autant d’impudence et un tel sentiment d’impunité. On n’a jamais vu un homme politique français dont les photos dans les médias veulent à tout prix nous convaincre qu’il est laid, méchant, ridicule. La palme est dans cette « une » du Nouvel Obs où JLM nous est montré comme un croisement de singe et de Chinois (à 5mn24).

 

La vérité vraie est la suivante que j’énonce ici parce que j’ai assez vécu pour comprendre des choses en politique et pour savoir évaluer les gens que j’approche : Jean-Luc Mélenchon est un homme d’Etat. Il n’y en a pas beaucoup par siècle. L’Histoire parfois convoque des serviteurs hors du commun à qui elle confie une mission qui les étonne, les transcende. Et à laquelle ils ne peuvent se soustraire. C’est leur destin.

 

De leur vivant, rien ne leur est épargné. Après leur mort, les hommages pleuvent.

 

En octobre 2018, j’étais le parrain d’un festival littéraire dont Marie-Christine Barrault était la marraine, ce qui m’assura un auditoire fourni (et immérité, je vous le sors de la bouche) pour ma conférence sur le thème de « Travail et littérature » (à laquelle me fit l’honneur d’assister Bénédicte Taurine, députée de LFI) dans laquelle j’évoquais le cas d’Emile Zola. Ce qu’on sait du sort qui lui fut réservé de son vivant peut se lire en glissant mentalement de la littérature à la politique. Ça marche bien, aussi.

 

Les chiens de garde aboyaient à l’unisson et tous sur le même ton. Ils disaient ceci (on croit rêver, avec le recul) : Zola, une écriture “ couleur de boue ”, “ une littérature putride ” “ il remue le fumier d’Augias ”, “ du Hugo en plus grossier, non décapé, brut de fonderie ” “ qui s’inspire directement du choléra, son maître, et qui fait jaillir le pus de la conscience ".

 

Voilà ce qu’il en coûte d’écrire sur le travail et de dépeindre les hommes et la société sans embellir la réalité.

 

Et quel fut le crime de Zola ? Il chercha à donner une représentation authentique et forte de tous les aspects du réel. Il dépeignait avec précision un univers bien défini. Tout reposait sur son expérience vécue : il écrivait après avoir mené de minutieuses enquêtes préalables, il se livrait à l’investigation sur place, il consultait les documents, il rencontrait les protagonistes, il les observait. Il ne commença la rédaction de Germinal (1885) qu’après une enquête sur la mine d’Anzin, l’année précédente. Aucun lien de parenté intellectuelle avec Frédéric Beigbeder qui prit des petits-déjeuners en haut de la tour Montparnasse pour écrire un livre sur les Twin Towers ou avec Jean-Michel Aphatie dont l’arrière-train est soudé à un fauteuil.

 

Ecoutons Zola expliquer sa méthode : “ J’ai l’hypertrophie du travail vrai ; le saut dans les étoiles sur le tremplin de l’observation exacte ”. “ Le romancier doit s’en tenir aux faits observés, à l’étude scrupuleuse de la nature s’il ne veut pas s’égarer dans des conclusions menteuses…Il expose simplement ce qu’il a vu…Nous donnons la hautaine leçon du réel ".

 

Au-delà de Zola, on pourrait évoquer, dans un patchwork de pièces bigarrées qui forment un tout cohérent, Robespierre, Hugo, Marx, Jaurès, Voltaire, et tant d’autres qui payèrent le prix de porteurs de vérités qui dérangent.

 

Jean Ortiz, protecteur méritant à l’intérieur du PCF de la flamme de l’idéal communiste, dénonce sur ce site les descentes de police (perquisitions) et à présent la correctionnelle« un traquenard pour se débarrasser d’une personnalité nécessaire au rassemblement populaire ».

 

Pour finir, je vais à l’os : en plus de l’homme, estimable, c’est le meneur, la locomotive d’un programme qui s’appelle « l’Avenir en Commun » qui mérite d’être vu de près, hors du truchement de BFMTV. Et pour que le programme, éminemment dangereux pour les belles gens, les poudrés, le CAC 40, soit relégué au second plan, les attaques ad hominem s’imposent.

 

Tel qui veut prendre comme vrais, ou crédibles, ou possibles les tombereaux de critiques sur un homme, devrait aussi, par peur d’être berné, regarder les idées qu’il porte. Passer de la détestation d’une caricature à la lecture du futur proposé à la France, c’est se grandir politiquement.

 

Je tiens en piètre estime, je classe dans la catégorie des analphabètes politiques, je soupçonne de nuire à leurs propres intérêts, à ceux de la jeunesse et du pays, mes compatriotes qui disent, écrivent et parfois me confient tranquillement leur analyse définitive qui se ramasse à ras de terre : « C’est bien, ce qu’il dit, mais je l’aime pas, je le supporte pas…. ».

 

Alors, fatigue, désespoir, on renonce à leur dire que leurs pareils ont aimé Philippe Pétain, détesté Jean Moulin et Missak Manouchian et qu’ils aimeront Patrick Balkany, Emile Louis et même Landru si les médias des milliardaires le veulent.

 

A moins que sur l’échiquier politique, un homme poursuive et intensifie son combat contre les copains et les coquins, les éditocrates, les ambitieux mous du genou et musclés de la langue (bifide) pour qui un maroquin, la présidence d’une commission, une mission, une ambassade chez les pingouins, une quelconque sinécure de la République, méritent tous les reniements, toutes les vilenies.

 

Un ami (estime-t-il que je le suis encore ?) poussé par sa détestation viscérale de JLM, me tance régulièrement sur Facebook à cause de  « mon allégeance au gourou ». Il se trompe, je suis cartésien : « Et bien que nous ne puissions avoir des démonstrations certaines de tout, nous devons néanmoins prendre parti, et embrasser les opinions qui nous paraissent les plus vraisemblables, touchant toutes les choses qui viennent en usage, afin que, lorsqu’il est question d’agir, nous ne soyons jamais irrésolus. Car il n’y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs. » (Descartes, lettre à Elisabeth, Egmond, 15 septembre 1645).

 

Donc, dans l’incertitude qui, pour moi, est minime et pour d’autres paralysante, dites-moi, amis suspicieux et Mélenchon-incompatibles, qui vous voyez à sa place ? Annoncez une date plausible de victoire, autre que les calendes grecques, plus connues chez nous sous l’appellation de Saint-Glinglin (re-re-rire).

 

Merci de nous dire aussi si vous avez en plus le programme des sauveurs, le détail des combines d’Etats-majors pour le partage des places, la date où tous avoueront que « Mon adversaire c’est la finance » était l’embrouille du siècle, le genre de galéjade qu’on dit AVANT le scrutin. En attendant d’en dire d’autres et de continuer à se taire quand la Macronie, de perquisitions en procès politique, est en quête frénétique d’une condamnation en inéligibilité de celui qui incarne à ce jour (et c’est le seul) la possibilité d’un vrai changement prochain.

 

Pour conclure

Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé le dimanche 24 juin à Paris en conclusion des travaux de l’Assemblée représentative de la France insoumise. Après avoir rappelé que « nous ne sommes pas des robots, pas des machines, pas des play-mobils », il a conseillé d’investir l’humanité dans la pratique militante. Mais, d’emblée, en évoquant les turbulences à l’intérieur de LFI, il avait affirmé : « Ce dont je suis certain, c’est qu’on ne fait rien de durable sans fraternité. Et la fraternité est un devoir individuel l’égard de tous les autres. Et peut-être aussi à mon égard » (à 12 mn44).

Message reçu et répercuté, Jean-Luc.

 

 

(1) C’était au modeste (et génial) restaurant « Le Bateau Lavoir » géré par deux de mes enfants. Quand, deux ans plus tard, en mai 2019, l’un deux, victime d’une crapulerie de la BAC lors d’une manifestation des GJ a été traduit au tribunal, JLM et plusieurs élus de LFI s’en sont publiquement indignés. Une banale arrestation d’un innocent a commencé à devenir politique, la presse est arrivée, la justice a dû désavouer la police. En coulisse, un média national m’a téléphoné pour me souffler (sans preuve) que c’est moi qu’on visait peut-être à travers mon fils. Je n’en crois rien, mais j’ai entendu.

(2) En novembre 2010, JLM a consacré deux paragraphes de son blog aux déboires judiciaires du Grand Soir qu’il qualifia de « formidable outil d’information ». Nous étions alors sous le coup d’une plainte déposée par Mario Sandoval, un Franco-Argentin, conseiller occasionnel de Sarkozy, qu’un de nos articles avait qualifié de bourreau pour ses agissements sous la dictature du général Videla dans les années 70. Notre webmaster Viktor Dedaj fut convoqué à plusieurs reprises au tribunal … à Auxerre (délocalisation !). Nos lecteurs l’ignorent, mais la question de la mort du GS, soit pour peine trop lourde, soit par sabordage, était dans l’air. Il s’est trouvé alors un homme politique de haut niveau (pas deux) pour se ranger publiquement à nos côtés. Mieux : informé du risque de fermeture du GS et de ruine de ses administrateurs, JLM nous a proposé une aide financière. Finalement, un vice de procédure nous a sauvés et le procès n’a pas eu lieu.

 

Note réjouie  : suite à un mandat d’arrêt international, la justice argentine vient d’obtenir l’extradition du bourreau.

 

 

Original de l'article ici.

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