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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 05:36

Le problème avec la maladie d’Alzheimer c’est qu’elle frappe prioritairement les personnes âgées. Et que, quand elles n’ont pas oublié où se trouve le bureau de vote, ces mêmes personnes glissent dans l’urne un bulletin conservateur (il y a 8 millions de retraités outre-Manche qui votent conservateur à 68% chez les plus de 65 ans). Enfin, on a affaire à des personnes retraitées pour qui les pensions françaises, pourtant de plus en plus congrues, représentent malgré tout une forme d’eldorado. Alors quand une responsable politique s’en prend à ces gens particulièrement vulnérables, comme vient de le faire la Première ministre britannique (qui n’est pas, pour l'instant, visée par un impôt sur les poches sous les yeux), il ne faut pas s’étonner qu'elle ait pu subir un revers qui, en fin de compte, n’est pas trop cher payé.

 

Theresa May s’apprêtait à imposer aux retraités des sacrifices douloureux. Elle avait ainsi décidé de supprimer la garantie d'augmentation des retraites de 2,5% minimum par an mise en place par son gauchiste de prédécesseur David Cameron. Elle avait par ailleurs prévu que les frais pour les retraités nécessitant des soins à domicile tiendraient compte de la valeur de leur résidence. Enfin, l’allocation de 300 livres versée aux retraités pour l’achat de fuel aurait été accordée en fonction de leurs moyens.

 

Quant à l’impôt sur la démence (dementia tax), il s’agissait d’une mesure (une « réforme » auraient dit les Macroniens) particulièrement violente. L’idée étant que toute personne recevant des soins dans la maison dont elle est propriétaire rembourserait l’État, post-mortem, par la vente de sa maison. Avec, reconnaissons-le, une franchise de 100 000 livres.

 

 

Theresa May et l’impôt sur la démence

 

Les réactions, dans le camp de Teresa n’ont pas tardé. Avec le courage qui le caractérise, Boris Johnson a affirmé qu’il n’était au courant de rien. Des députés de base ont proclamé que les auteurs de ces réformes devraient être fusillé (il s'agit en fait des chefs de cabinet de May, qui ont dû démissionner). Le parti conservateur a également acheté une page de publicité à Google pour que, lorsque l’on recherche « dementia tax », on tombe sur « une prétendue dementia tax ». Avant le vote du 8 juin, les proches de Teresa May ont demandé aux électeurs de voter conservateurs car un bon rapport de forces dans les négociations sur le Brexit permettrait – disaient-ils – de financer les services publics, celui de la santé en particulier.

 

C’est ainsi que, dans l’un des pays les plus riches de la planète, on traite les gens modestes et les malades. L’hyper-bourgeoisie et ses hommes et femmes de paille qui régentent les vies outre-Manche se permettent tout, laissent libre cours à leur imagination mortifère.

 

PS : Récemment, j’accompagnais des élèves de quatorze ans (issus de familles plutôt de droite) et leur professeur d’histoire sur la colline de la Croix-Rousse, celle des canuts, à Lyon. Le conférencier (auto-entrepreneur, soit dit en passant) expliqua que, vers 1835, dans les ateliers à tisser, des enfants de six ans travaillaient seize heures par jour, sept jours par semaine. Sans hygiène, dans un bruit infernal qui les rendaient sourds, avec une espérance de vie de trente cinq ans. Les petits Lyonnais d'aujourd'hui furent horrifiés. Discrètement, je demandai à quelques-uns si leur professeur leur avait expliqué pourquoi eux-mêmes n’avaient pas à subir cette vie effroyable. Apparemment, l’enseignant n’était pas très familier de l’expression « luttes sociales ». C'est cela qui nous tue, génération après génération : l'impossibilité à appréhender le continuum historique.

 

PPS : un correspondant me signale que des aides sociales peuvent être récupérées sur les successions en France.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 05:30

 

Depuis qu’il a démissionné de la Fonction publique, Macron a l’esprit plus libre pour, sans tabou comme disent les libéraux de droite, broyer les fonctionnaires et leur fonction.

 

Son programme prévoit, dans les cinq ans de son mandat, la suppression de 120 000 postes (à l’occasion du départ en retraite de 500 000 fonctionnaires), le gel du point d’indice pour 2017 et peut-être au-delà, et un point d’indice différent selon que les fonctionnaires appartiendront à la Fonction d’État, à la Fonction hospitalière ou territoriale. Selon la CGT, le fait de scinder la valeur du point d’indice qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires en fonction des versants de la fonction publique font partie des actes qui, s’ils sont posés, constitueront un recul majeur et un point de rupture. L’enjeu pour Macron est de diviser la Fonction publique, pour attaquer les différents secteurs des calendriers différents. Les acquis de la Fonction publique seront cassés en un tournemain.

 

Á des fins de pure image, Macron a reçu les patrons des confédérations syndicales qui ont accepté ces mondanités qui les ridiculisent. Le patron de la CGT a qualifié de « bonne nouvelle » la modification du calendrier pour l’élaboration du nouveau Code du travail.

 

Macron estime que le service public coûte « trop cher à l’État » et que le statut de fonctionnaire n’est plus « adéquat ». Il envisage d’ailleurs de supprimer le ministère de la Fonction publique et de rattacher les agents publics à Bercy. Bruno « le renouveau » Le Maire, qui descend des empereurs d’Autriche et des rois de Pologne, les accueillera avec joie.

 

Pour faire passer la pilule, pour diviser pour mieux régner, il va d’abord s’attaquer au droit du travail privé, puis au statut des fonctionnaires. Á la manœuvre, le ministre Les Républicains Gérarld Darmanin.

 

Les syndicats de lutte (pas la CFDT, donc) doivent choisir entre les mondanités et les luttes. Une absence d’offensive syndicale débouchera sur une gestion managériale de tous les secteurs publics, comme cela a commencé pour les universités avec la loi Précresse et comme cela s’est poursuivi sous Hollande dans les hôpitaux avec le plan Hirsch. Si les travailleurs n’entrent pas en résistance, le Code du travail s’appliquera intégralement à la Fonction publique et l’État-patron pourra licencier à sa guise, augmenter le temps de travail, précariser à qui mieux mieux.

 

 

La guerre de Macron contre les fonctionnaires
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:24

On se souvient que Sarkozy avait supprimé près de 13 000 postes dans les forces de police et de gendarmerie. Cameron, suivi par Theresa May, ont fait mieux : une suppression de 15% des forces de l’ordre. Le gouvernement a imposé une réduction de budget de 20 % aux forces de police. La police des West Midlands a supprimé 2 764 postes de 2013 à 2015. Dans tout le pays, ce devrait être le cas pour 34 000 postes, au cours du même laps de temps.

 

Derrière ces chiffres impressionnants, il y a des réalités humaines. Imaginons une telle suppression dans une chaîne de supermarchés, dans les écoles primaires d’un département français, dans une maternité du Morbihan. Comment les personnels susceptibles d’être victimes d’une telle mesure vont-ils vivre cela, vont-ils réagir à une telle menace ? Comment chaque individu ne va pas regarder son voisin du coin de l’œil et le considérer, soit comme un danger personnel, soit comme un parasite à éliminer ?

 

Par delà les coupes claires, Les conservateurs britanniques ont lancé un vaste programme de privatisation de la police. Cela a débuté en 2013, avec un transfert au secteur privé et à ses actionnaires de près de 4 milliards d’euros. Pour justifier d’une manière libérale ce « faire mieux avec moins », le porte-parole de l’association des chefs de la police du grand Manchester (une ville qui a beaucoup souffert récemment, n’est-ce pas ?) expliquait – ce qui est une vaste blague – qu’il y a deux types de missions policières et que l’une peut être confiée à des entreprises privées : « cette offre permettra de fournir du personnel qui pourra mener des tâches de routine et répétitives à un coût réduit, et fournira l’accès temporaire à du personnel qualifié – comme des équipes d’enquête sur les meurtres. Celles-ci pourront être employées pour des événements qui sont rares, mais pour lesquels toutes les forces doivent garder en permanence un groupe de personnel très coûteux. Il sera alors possible de  dépenser plus pour les services qui requièrent, en raison de leur complexité, de leur impact sur la sécurité publique ou de leur rôle central, d’être menés entièrement par des officiers assermentés ».

 

Mais le privé ne va pas se contenter du suivi des chiens écrasés, actionnaires obligent. La société privée G4S, qui a raflé la mise, a ses exigences. Deux mots sur cette entreprise. Elle emploie 620 000 personnes dans 120 pays de notre joli monde. Elle est, par exemple, implantée au Luxembourg depuis 1971. Cette seule filiale a un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. Il faut dire que ce riant pays compte plus de banques que de voleurs à la tire ! GS4 fut choisie comme prestataire officiel pour les Jeux Olympiques de Londres. Elle « reconnut ne pas pouvoir honorer son contrat du fait d’une pénurie de main-d’œuvre. » Le 2 avril 2013, de vilains garçons attaquent le siège de l’entreprise à l’explosif et tirent sur des policiers avant de s’enfuir. Le 12 juin 2016, une boîte de nuit d’Orlando, fréquentée par des homosexuels, fait l’objet d’une fusillade de masse. 49 personnes sont tuées. L’auteur du massacre est un employé de GS4 d’origine afghane ayant échoué aux examens d’entrée dans la police et, par ailleurs, violemment anti-homosexuel.

 

 

Theresa May mieux que Sarkozy

Deux régions du Royaume-Uni, le West-Midlands et le comté du Surrey, ont confié à GS4 des missions délicates : suivi d’individus à haut risque, détention de suspects potentiellement dangereux. Sans pouvoir d’arrestation, cela dit. Ce pouvoir reste la prérogative de la vraie police qui est plus autonome que la police française, par exemple. Les directeurs de police britannique se disent indépendants de tout contrôle politique. Ils ne sont pas, comme en France, sous la coupe des autorités judiciaires pendant le déroulement de leurs enquêtes. Ils détiennent un pouvoir d’inculpation.

 

Après les trois dernières tueries de masse, on comprend que Theresa May ait reconnu, mais un peu tard, qu’il fallait repenser entièrement les missions de la police et sa place dans la société.

 

Trois PS qui n’ont rien à voir, mais qui ont à voir tout de même. Suite à la tuerie du Pont de Londres, Theresa May a remis en question le modèle communautariste qui donne, par exemple, pleins pouvoirs à des tribunaux islamiques pour régler des problèmes de justice civile (ce qu'elle a personnellement toujours accepté). Ce modèle communautariste fonctionne depuis la deuxième moitié des années soixante. Il a donc déjà concerné trois générations. Si Theresa May parvient à renverser la vapeur, je lui tire mon chapeau.

 

Emmanuel Macron qui, décidément, n’éprouve guère d’empathie pour les petites gens qui souffrent, a supprimé le secrétariat d’État aux victimes du terrorisme mis en place par Hollande.

 

Les caméras de surveillance ne servent qu'à retrouver plus rapidement les criminels et autres auteurs de délit. Elles ne les empêchent pas d'agir. Y compris à Londres, l'une des villes les plus maillées au monde. Dans chaque station du métro de Lyon, un panneau nous informe charitablement que les caméras nous « protègent ». Mensonge ! Elles permettent seulement de repérer les délinquants une fois que le mal a été fait.

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 05:41

Figurez-vous qu’il existe un « Forum des Happy Men » et que vous ne le saviez pas. Ce forum s’est tenu au ministère des Affaires sociales avec un discours de la ministre en clôture. La devise de l’association des Happy Men est ce slogan très profond parce qu’il est creux : « La confiance, levier de l’égalité et réciproquement… » Il doit sûrement plaire à Macron et à ses boys barbus !

 

Après avoir reçu Hanouna, notre ministre a donc poursuivi les mondanités avec ceux que la journaliste de Libération Juliette Deborde (horreur : une femme !) appelle des mâles blancs cravatés qui se plaignent. Je n’y étais pas mais je fais confiance à l’incisive journaliste de Libé lorsqu’elle écrit, en introduction de son article : « Le réseau masculin, qui tenait jeudi à Paris son forum annuel, prône la non-mixité pour “ libérer ” la parole des hommes et occulte la dimension politique des inégalités de genre. » Et je lui fais encore plus confiance lorsqu’elle conclut par : « Les Happy Men, eux, font l’erreur d’aborder l’égalité femmes-hommes uniquement sous l’angle du développement personnel, alors même que cette question est hautement politique. »

 

En discours de clôture, la ministre s’est fendue de quelques banalités très macroniennes. Elle a cru bon d'aller piquer sur internet en se l’appropriant (mais après tout le mari de Bri-Bri d’amour venait de voler à Ban Ki-Moon « Sur le climat, il n'y a pas de plan B. Car il n'y a pas de planète B ») une phrase qu’elle n’avait même pas été fichue de reopier correctement : « L'empowerment des femmes n'ira pas sans le dispowerment des hommes ». Elle aurait dû écrire « disempowerment ». Cette phrase posait deux problèmes. Les deux mots qu’elle a utilisés existent en français (langue de la République, article 2 de la Constitution : « empowerment » signifie responsabilisation ou autonomisation. Soit dit en passant, on a quelques difficultés à comprendre ce qu’elle signifie réellement. Mais surtout, cela implique qu'on ne peut donner plus à la femme sans enlever quelque chose à l’homme. On applique l’équité façon CFDT. Être féministe, défendre la cause des femmes requiert l’égalité des sexes, pas l’enfoncement de celui qui fut – et reste encore – dominant. CFDtisme, mais aussi Solférinisme. Nous sommes dans un jeu à somme nulle, à moyens constants, tels que les affectionnent les gestionnaires de gauche (comme de droite, bien sûr) depuis 45 ans.

 

C’est cela la justice macronienne : pour que quelqu’un gagne, il faut qu’un autre perde.

 

Madeleine Schiappa et les hommes heureux

Petit pari : huit (peut-être dix ou douze) des hommes hilares de la photo auront été licenciés dans les cinq ans à venir.

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 05:34

Bizarre, cette récente et première prise de contact entre Macron et les syndicats.

 

Une négociation ? Sûrement pas. Une prise de contact avec petits fours et eau gazeuse ? Peut-être.

 

Est-ce l'usage, pour les responsables des grandes confédérations, d'accepter des invitations en solitaire au palais de l'Élysée ? Cela m'étonnerait. Et pourtant, c'est ce qu'ils ont fait. Regardez comment le bon petit garçon Martinez (et les autres) se sont retrouvés en nette position d'infériorité devant le président de la République et ses collaborateurs. Un peu comme devant un conseil de discipline ou des recruteurs pour une embauche. Faut-il, au nom de la “ communication ”, du “ buzz ”, accepter ce type de rencontre avant de se contorsionner devant les micros en expliquant que l'entretien avait été utile, que des pistes allaient s'ouvrir et autre langue de bois mensongère.

 

Lorsque le futur mari de Bri-Bri d'amour a quatre ans, Jean-Claude Mailly devient à 28 ans permanent (à vie) de son syndicat. Après un interminable passage de trois ans dans la vie active. Mais il n'aura pas fallu longtemps à Emmanuel pour savoir comment faire venir à lui les petits enfants de son acabit sans même leur promettre des sucres d'orge. Mais en maintenant au-dessus de leur tête l'épée de Damocles du démantèlement du Code du travail.

 

Les syndicats déjà enfumés par Macron ?

Ce, avec tout le mépris de classe dont il est capable. Voyez comment, au sortir de l'ambassade du Royaume-Uni suite à l'attentat de Manchester, Macron explique que, pour lui, les dirigeants syndicaux qui acceptent des rencontres de pure façade sont de bien petites choses à qui on s'en sort aisément en “ ne disant rien ” :

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 05:34
Petit rappel pour les neux-neux qui n'aiment pas les syndicats
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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 05:36

Trentenaire, prétendument issue de la société civile (elle est élue municipale socialiste au Mans), dynamique, bosseuse, Macron a choisi Marlène Schiappa pour incarner le combat de l’égalité hommes-Femmes.

Il n’y a pas si longtemps, elle remettait en cause la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école.

Dans son livre Maman travaille (2011), elle donnait des conseils fort utiles aux femmes enceintes et aux nouvelles mères : « Quand annoncer à mon patron que je suis enceinte ? Comment assurer une journée de travail ordinaire avec des nausées ? Comment éviter de retrouver mon poste occupé à mon retour de congé maternité ? Ma mère ne m'aide pas, faut-il s'en plaindre ou s'en réjouir ? Mère ou manager, faut-il choisir ? Je prends une après-midi de RTT pour faire du shopping, suis-je une mère indigne? Au fait, on n'était pas censé être deux à l'avoir fait, cet enfant ? »

 

Mais elle expliquait également comment tricher pour obtenir un congé pathologique aux frais de la Sécu :

Quand la ministre Marlène Schiappa expliquait comment frauder la Sécu
Quand la ministre Marlène Schiappa expliquait comment frauder la Sécu
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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 05:28

 

 

En attendant l’herbotest, et puis le cassouletotest.

 

Depuis 2013, tout conducteur doit emporter avec lui un éthylotest dans sa voiture. Les motards, les cyclistes ou les piétons ne sont pas concernés. Cela dit, le Code de la route ne prévoit aucune sanction en cas d’infraction. Le fautif fait l’objet d’un rappel à la loi.

 

L’automobiliste sera obligatoirement contrôlé dans les deux cas suivants :

 

  • lors d'une infraction grave au Code de la route entraînant la suspension du permis,
  • lors d'un accident de la circulation ayant causé un dommage corporel.

 

On peut trouver des éthylotest à usage unique en grande surface, au prix de 1 à 3 euros. Pour les appareils réutilisables, il faut compter environ 140 euros.

 

Les appareils périssables contiennent des composants chimiques qu’on ne sait pas retraiter. Encore un effet pervers…

 

 

 

Et une arnaque de plus : l’éthylotest
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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 05:46

J’ai reçu récemment un appel de l’Institut Pasteur qui, comme toujours, est bien obligé de tendre la sébile. Cet appel est bizarrement intitulé « Bulletin de générosité», un titre qui ne veut rien dire, qui ne correspond pas à ce qui suit et qui trahit la gêne des concepteurs de cet appel, incapables de s’exprimer clairement, franchement.

 

Je ne donne jamais. Sauf, rarement, à des causes politiques ou très ciblées que j’ai moi-même choisies. Par principe, je suis totalement hostile à la charité, une survivance de l’ancien temps dont les pays anglo-saxons font leurs choux gras, qu’ils ont érigée en système et qui renforcent les inégalités et les injustices. Ainsi en 20 ans, je n’ai jamais donné un sou au Téléthon.

 

En revanche, et bien que mes impôts sur le revenu aient doublé depuis l’arrivé des Solfériniens au pouvoir, je suis prêt à en payer davantage pour que la recherche française ne se fasse pas dans la gêne. Et ce n’est pas le vade-mecum de ce « bulletin de générosité » qui me fera changer d’avis.

 

Si je répondais favorablement, je serais bénéficiaire d’un avantage fiscal. Déjà ce principe bien connu n’est pas normal. Il signifie que si je donnais à un chercheur, je recevrais un cadeau qui n’irait pas à la recherche en général. Mais ce sont les modalités de cette gracieuseté qui ont motivé ce billet.

 

Deux cas de figure se présentent.

 

Si je ne paye que l’impôt sur le revenu, 66% de mon don sera déductible de mes impôts dans la limite de 20% de mon revenu imposable. En d’autres termes, si je donne 1 000 euros, cela ne me coûtera que 340 euros.

 

Si je paye l’impôt de solidarité sur la fortune, 75% de mon don sera déductible de mon ISF dans la limite de 50 000 euros. Si je donne 1 000 euros, cela ne me coûtera que 250 euros.

L’argent va toujours aux riches
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 05:31

 

Neuf milliardaires fabriquent l’opinion publique en France, qu'il s'agisse de ce qu’il faut penser de Macron, à côté de qui Superman est un tout petit bras, ou de ce que, pour les conversations germano-pratines, il faut retenir du Venezuela, avec sa bourgeoisie démocrate et humaniste d'un côté et son gouvernement de gauche sanguinaire et incompétent de l'autre.

 


Le Grand soir publie régulièrement des articles rédigés par de vrais spécialistes qui ont séjourné ou qui vivent au Venezuela : Romain Migus, Thierry Deronne, Ignacio Ramonet, Maurice Lemoine, Hernando Calvo Ospina. Un de ses administrateurs a séjourné à deux reprises au Venezuela pour y mener une enquête sur les médias, travail qui a servi d’aliments à deux livres qu’il a publiés. Ils ne détiennent sûrement pas la vérité à 100%. Mais les faits qu'ils rapportent sont certainement plus fiables que ceux répandus par tous les journalistes bobos qui ont assuré l'élection de Macron et qui auraient quelque peine à repérer le Venezuela sur une carte.

 

Ci-dessous un article récent d'Hernando Calvo Ospina publié par le site.

 

Un


Il y a moins d’un an à Paris, un groupe d’hommes violents s’attaquait à la façade d’un hôpital pour enfants et quelques vitres furent brisées. A la même période, une voiture de police était incendiée avec à l’intérieur deux agents qui fort heureusement s’en sortirent sains et saufs, sans avoir à faire usage de leur arme.

 

Ces deux actes eurent lieu en marge de manifestations pacifiques. Immédiatement le gouvernement les identifia comme des actions s’apparentant à du terrorisme et la presse reprit en chœur. La population quasi unanime attendaient des peines exemplaires contre leurs auteurs. La justice ne devait pas seulement punir les actes, mais aussi le fait que les casseurs portaient des capuches ce qui est interdit en France lors de manifestations.

 

Au Venezuela, dans quelques régions, mais principalement à Caracas, les dernières semaines ont vu se dérouler des actes qui peuvent être catalogués comme terroristes. Par exemple, un hôpital pour enfants a dû être délogé face à la violente attaque d’un groupe de jeunes en capuches qui s’apprêtaient à l’incendier. Les images ont montré des mères sortant précipitamment de l’immeuble sous protection policière, avec leurs nouveaux-nés dans les bras. Un autre jour c’est un véhicule de la police anti-émeutes qui a été incendié. Lorsque les deux policiers ont voulu en sortir, ils ont été violemment attaqués par des hommes cagoulés. Par chance les deux fonctionnaires ne portaient pas d’armes sans quoi ils auraient certainement dû en faire usage pour se défendre. Rappelons que le président Maduro a exigé que la police chargée de faire face aux troubles n’utilise que des bombes lacrymogènes et des jets d’eau. Elle n’est pas non plus autorisée à tirer des balles en caoutchouc, si courantes en Europe et aux États-Unis.

 

Mais face à ces deux actes criminels, ou terroristes, la grande presse a tout juste sourcillé. Plusieurs médias, nationaux ou internationaux, ont osé dire qu’il s’agissait de réactions désespérées de la population contre la « dictature de Maduro ».

 

Deux


Lorsque j’ai annoncé à quelques personnes que je partais au Venezuela, j’ai immédiatement remarqué une espèce de panique dans les voix et sur les visages : «C’est la guerre là-bas », « il y a plein de morts », « il paraît que la police assassine...»

 

Je suis arrivé un jour de semaine dans l’après-midi. Depuis l’aéroport jusqu’au centre de Caracas, en plus d’une heure, je n’ai vu aucune manifestation. Le lendemain et le surlendemain, j’ai parcouru, en voiture et à pied, plusieurs quartiers de la capitale : rien, pas une manifestation.

 

Pourtant elles ont bien eu lieu. Mais si je ne les ai pas vues c’est parce qu’elles sont de taille réduite et qu’elles se déroulent dans des lieux bien précis. Principalement dans quelques quartiers de classe moyenne dont le maire est dans l’opposition.

 

Les manifestations pacifiques de citoyens mécontents à l’égard du gouvernement sont autorisées. Elles rassemblent rarement plus de 500 personnes, mais la technique est de placer des caméras de sorte à pouvoir faire des prises spéciales pour montrer « une foule » qui n’existe pas. Ensuite ces images sont lancées sur internet pour prouver la « force » de l’opposition. C’est Mariana qui m’explique tout cela, car elle a vu faire dans son immeuble. Lorsque les manifestations prennent fin, des hommes encagoulés se livrent à des actes de violence. La plupart sont jeunes, ils ont la peau claire et ont l’air bien nourris. Ils portent des insignes fascistes et nazis. Leurs attaques les plus féroces contre la police et les bâtiments ont lieu lorsque la presse, surtout internationale, est à leurs côtés. Parfois il y a plus de journalistes que de casseurs. Sur internet on trouve des exemples à gogo.

 

Certains cagoulés transportent dans leurs casques des caméras qui retransmettent les scènes en direct sur internet. D’autre part, sur les trottoirs et dans certains immeubles, se trouvent d’autres personnes équipées de caméras, avec le même but. Sur internet on peut trouver des vidéos qui présentent leurs actes de vandalisme comme des actes héroïques de résistance à la « dictature de Maduro ». Mais certains émeutiers ont même commis des crimes contre des innocents ou contre les manifestants eux-mêmes, que l’on attribue immédiatement à la police de la « dictature de Maduro ».

 

Ce qui est frappant c’est que ces morts ont été filmées et les vidéos ont été mises sur YouTube par les casseurs, mais aucun journaliste de la grande presse ne s’y est intéressé.

 

Venezuela : un autre regard

Trois


J’ai lu que durant les guerres médiévales on lançait du fumier sur les villes assiégées pour faire apparaître des maladies au sein de la population et parmi les animaux domestiques. De nos jours c’est interdit par les lois internationales.

 

Jamais je n’avais entendu que quelque part sur cette planète des manifestants lancent des excréments humains sur la police ni sur les institutions de l’État comme méthode de « protestation pacifique ». Cela se produit au Venezuela. Les réseaux sociaux l’encouragent et la grande presse détourne le regard ou explique que ce sont des actes du « peuple » fatigué par le « régime de Maduro ».

 

Il y a deux jours un célèbre journaliste opposant au gouvernement a appelé par le biais de son compte twitter à cracher sur tous les chavistes et leurs amis, « même dans les avions » a-t-il quasiment ordonné.

 

Des actes qui semblent désespérés et maladifs ont commencé à être commis à l’étranger. Depuis des agressions contre des missions diplomatiques, jusqu’à des attaques violentes contre des manifestations de solidarité avec la révolution bolivarienne. A Madrid, par exemple, le gouvernement du président Rajoy s’est montré laxiste avec les agresseurs qui ont encerclé et séquestré durant plusieurs heures les personnes qui participaient à un acte de solidarité à l’ambassade du Venezuela.

 

En revanche, à leur grande surprise, environ cinq manifestants ont été arrêtés à Miami alors qu’ils tentaient d’attaquer le consulat. Au Panama, les auteurs de vandalisme ont été menacés d’expulsion du pays.

 

Mais les agresseurs anti-chavistes en viennent même aux menaces de mort : à Paris, c’est la fille de la consule vénézuélienne qui a été visée.

 

J’ai déjà entendu plusieurs personnes ici qui tiennent la presse internationale pour responsable en grande part de l’escalade de la violence, du terrorisme et du nombre de morts. On ne peut que leur donner raison. Elle donne une incroyable importance au moindre affrontement d’éléments violents contre la police. Elle crée un moule d’opinion qui veut faire du gouvernement vénézuélien légitime une dictature qu’il faut à tout prix renverser ou envahir.

 

Une jeune femme noire aux dents blanchissimes me disait il y a deux jours, tout en me préparant une galette de maïs au fromage : « Ils cherchent à nous pousser, nous les chavistes qui sommes des millions, à l’affrontement avec cette poignée de fous. Ils veulent emporter notre pétrole en marchant sur nos cendres ».

 

Maxime Vivas : La face cachée de Reporters sans frontières, Aden éditions, 2007.
Maxime Vivas : Rouges, les collines de Caracas, polar bolivarien ancré dans la réalité du pays, éditions Arcane 17, 2015.


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