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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 06:35

Mediapart publie cet article de Nhat Vo Tran sur les conditions dans lesquelles la peine de mort est appliquée au Vietnam.

 

A l’occasion de la Journée Mondiale contre la peine de mort, nous aimerions attirer l’attention sur le Vietnam  qui constitue un cas d’école et qui vient de rater l’occasion de sérieusement réfléchir à abolir la peine de mort. La peine capitale au Vietnam constitue en effet un tragique triptyque : Le système judiciaire est inique, le couloir de la mort est un enfer à lui tout seul et les exécutions sont inhumaines.

 

Les procès au Vietnam ne sont pas équitables et bafouent trop souvent les normes internationales en la matière : les droits de la défense ne sont pas garantis dans les faits et il n’est pas rare que les avocats, inféodés à l’État-Parti, se font les auxiliaires des procureurs ; la culpabilité est souvent décidée à l’avance ; les juges manquent singulièrement d’humanité. Le risque est grand que des innocents soient condamnés à mort, ou au moins que la peine capitale soit infligée alors qu’elle ne le devrait pas. On pourra à cet égard évoquer une affaire qui avait fait quelque bruit lorsqu’un brillant étudiant d’une famille modeste, Phan Minh Man (20 ans), avait été condamné à mort en 2010 pour le meurtre de son père qui, alcoolique, battait régulièrement et très violemment sa femme et ses enfants. Son cas avait ému tout le monde, sauf les autorités.

 

 

En dehors de quelques débats sur l’abolition, lancés pour la galerie, les autorités vietnamiennes restent très attachées à la sentence suprême et ont toujours rejeté les critiques. Pour la petite histoire, accablées au début des années 2000 par les critiques des ONG, des institutions internationales et des États abolitionnistes, elles avaient décidé de classifier toutes les informations relatives à la peine de mort, pensant pouvoir se dissimuler derrière le secret.

 

Mais dans le même temps, les autorités vietnamiennes voulaient démontrer leur fermeté face au crime et ont continué à diffuser çà et là quelques indications sur les condamnations à mort et à organiser des exécutions publiques. On estimait ainsi que bon an mal an, il y avait une centaine de condamnations à mort et une centaine d’exécutions.

 

La situation a changé en 2011, lorsque, bien conscientes de la mauvaise image qu’elles pouvaient avoir aux yeux des investisseurs et donateurs, les autorités vietnamiennes ont décidé de changer le mode d’exécution afin, disaient-elles, de le rendre « plus humain ». En dehors de l’ironie de l’argument, il a fallu se résoudre à comprendre que la priorité du Vietnam était surtout de rendre les exécutions « plus humaines » pour ceux qui donnaient la mort et pas forcément pour les condamnés à mort.

 

Dans les années 1990, la presse officielle a commencé à relater le calvaire que vivaient les soldats et policiers des pelotons d’exécution. Beaucoup souffraient de troubles psychologiques et autres angoisses non seulement du fait de tuer, mais également devant les situations dramatiques des condamnés qu’ils devaient fusiller. Et ils ne disposaient pas d’aide psychologique.

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 05:57

(Avec la complicité des politiques, bien sûr). Je publie ci-dessous un article des Aliboffis sur ce sujet. À lire avant de partir pour Marrakech pour 15 euros.

 

 

Ryanair-peuchere_Ysope3.jpg

 

 

J'ai un ami qui est allé passer le ouiquinde au Maroc. En avion, au départ de Marseille. Pas cher, vraiment pas cher ! Quelques dizaines d'euros à peine... Par Ryanair, compagnie bas-coût qui défraie le chronique. Pourtant l'avion m'a-t'il dit était moderne, bien entretenu à visto de naz et l'équipage semblait compétent. Bien sûr pas de fioriture, pas de gueuleton durant le voyage, pas de superflu. Mais cet avion a livré à Marrakech plusieurs centaines de touristes...

 

Cette compagnie aérienne bas-coût a été condamnée mercredi 2 octobre à une amende de 200 000 euros et à près de dix millions d’euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence pour travail dissimulé sur sa base de l’aéroport de Marseille-Provence. L’entreprise avait ouvert un centre d’activités à Marseille en 2007, sans jamais avoir déclaré son activité ni au registre du commerce ni à l’Urssaf. Gaudin, maire de Marseille a réclamé sans broncher, à l'époque des faits, que l’on change la loi pour autoriser Ryanair à truander en France. Parce que c’est bien de truandage dont il est question. Le problème marseillais vient d’une condamnation de la compagnie pour faire travailler ses personnels navigants basés à Marseille avec des contrats irlandais, donc sans payer de charges en France. C’est du Bolkeinstein dans sa plus belle acception. Et ça va loin dans le cynisme : des salariés ont rapporté qu'ils devaient payer eux-mêmes les formations que leur dispense leur employeur... qui les facturerait nettement plus cher que ce qu'elles ne lui coûtent. De même, le personnel de bord doit acheter son uniforme 360 euros... Ceci explique en partie celà, c'est-à-dire le coût ridiculement bas payé par le voyageur. Mais là n'est pas le principal.

 

Ryanair, tout comme Easy-jet, ne seraient pas gênés de proposer leurs voyages gratuitement et même, pourquoi pas, en payant quelques euros aux touristes pour qu'ils voyagent sur leurs lignes ! Ça leur ferait une sacrée pub ! En effet, dans le budget de ces entreprises, le prix des billets ne représente qu’un revenu marginal. Car le modèle économique des compagnies à bas coût diffère totalement de celui des compagnies classiques. Ces dernières vendent un service (le transport) à des passagersIci, le transporteur vend un produit (une quantité de voyageurs, exprimée en « unités ») aux gestionnaires d’aéroport — en général, des collectivités locales — en échange d’avantages financiers de diverses natures. Voilà toute la différence. Autrement dit, lorsque mon ami – bobo nanti bien sympathique qui a les moyens de payer son billet au prix normal – se paie du bon temps au soleil, c'est vous, c'est moi, ce sont des gens qui ne prennent jamais l'avion qui paient son voyage !

 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 08:20

Le Grand Soir reprend un article passionnant de Richard Gott, publié en août 2005 par le Monde Diplomatique, sur la mort de Che Guevara.

 

 

Au matin du 8 octobre 1967, Ernesto Che Guevara et une dizaine de guérilleros sont encerclés par l’armée bolivienne à quelques kilomètres de La Higuera, petit village de Bolivie situé dans la précordillère andine. Capturé, le Che est exécuté le lendemain à La Higuera. Pour la première fois, trente-huit ans après l’événement, l’un des rares journalistes témoins de sa mort raconte en détail le moment où l’armée bolivienne, avec l’aide d’officiers américains et d’agents de la CIA, a transporté le corps du révolutionnaire d’origine argentine dans le village de Vallegrande, où des médecins ont « préparé » la dépouille mortelle du Che avant de la présenter aux médias du monde.

 

 

par Richard Gott (journaliste du Guardian), août 2005

En 1967, il y a de cela pratiquement quarante ans, je résidais à Santiago du Chili, où je travaillais à l’université tout en écrivant pour le journal londonien The Guardian. En janvier de cette année-là, j’appris par des amis de la gauche chilienne que Che Guevara était en Bolivie ; en mars, la première manifestation de la guérilla se produisit. Dès le mois d’avril, une escouade de journalistes débarqua au campement de Ñancahuazú, proche de la ville pétrolière de Camiri. Peu de temps après, un petit groupe – dont faisait partie Régis Debray –, sorti du campement, fut capturé et ramené à Camiri. A la même période, à La Havane, étaient publiés les derniers écrits du Che, sous la forme d’un recueil intituléCréer un, deux, trois... de nombreux Vietnam, un appel à la lutte adressé à la gauche internationale.

Je décidai de partir pour la Bolivie vérifier par moi-même si ce pays était réellement propice à une nouvelle guerre du Vietnam. Rares étaient les nouvelles au plan international sur la guérilla en Bolivie. Je pris donc, en août, le train transandin, qui partait du port chilien d’Antofagasta pour La Paz, siège du gouvernement bolivien (1).

 

Le pays se trouvait alors sous la dictature militaire du général René Barrientos, officier de l’armée de l’air, qui avait accédé au pouvoir deux années plus tôt. Avec l’apparition des guérillas, la Bolivie était soumise à la loi martiale. La sortie des villes était contrôlée par des barrages militaires.

Je pris toutes les précautions nécessaires : j’arrivai en train pour éviter les aéroports, qui étaient sous haute surveillance, et je me rasai la barbe car tout barbu était d’emblée suspect. Mon idée était de voyager à travers le pays en me faisant passer pour un touriste ordinaire, sans me faire enregistrer comme correspondant étranger. C’était compter sans d’innombrables difficultés ; il était impossible de voyager hors des villes sans l’autorisation écrite du commandant en chef, le général Alfredo Ovando – qui devait devenir président par la suite.

Je me résignai donc à me faire enregistrer à La Paz, en compagnie d’autres journalistes étrangers, parmi lesquels un ami du Times de Londres. Un jour, celui-ci me fit part de la curieuse attitude d’un journaliste danois. Ce Danois passait quotidiennement deux heures à envoyer dans son pays des télex contenant toutes les informations qu’il avait récoltées dans la presse bolivienne. « L’intérêt danois pour les affaires boliviennes est-il si grand ? », se demandait mon ami, intrigué à juste titre. J’étais également surpris, jusqu’au moment où je découvris fortuitement que le Danois était un correspondant de gauche qui envoyait des nouvelles à l’agence Prensa Latina de La Havane, via le Danemark !

 

Je voyageai donc durant plusieurs semaines à travers le pays, pour palper l’atmosphère qui y régnait, et observer si la Bolivie était vraiment en pleine phase prérévolutionnaire. Je visitai les mines d’Oruro, de Siglo Veinte et de Potosí – toutes sous contrôle militaire –, dont les accès étaient gardés par des soldats armés. Les dirigeants syndicaux se trouvaient, bien entendu, tous en prison, et les mineurs avaient une peur bleue de s’exprimer.

 

[…]

 

La forme de la barbe, les traits du visage, sa chevelure longue et abondante étaient reconnaissables parmi mille autres. Il portait un uniforme militaire vert olive et une veste à fermeture à glissière, des chaussettes d’un vert délavé et des chaussures qui semblaient de fabrication artisanale. Comme il était entièrement habillé, il était difficile de déterminer où il avait été atteint. Deux orifices étaient visibles à la base du cou ; plus tard, lorsqu’on nettoya son corps, j’aperçus une autre blessure, au ventre. Il avait très certainement des plaies aux jambes et près du cœur, mais je n’ai pas pu les voir.

 

[…]

 

Les personnes qui entouraient le corps se révélaient bien plus répugnantes que le cadavre : une religieuse ne pouvait cacher son sourire et se laissait aller jusqu’à rire ostensiblement ; les officiers arrivaient, munis de coûteux appareils photographiques pour immortaliser la scène ; et, naturellement, l’agent de la CIA occupait les lieux, s’accaparant d’office la responsabilité de toute l’opération et entrant dans une rage folle chaque fois qu’on osait pointer un appareil photo sur lui. « D’où venez-vous ? », lui demandions-nous en anglais, ajoutant pour rire : « De Cuba ? », « De Porto Rico ? » Mais notre humour n’était visiblement pas à son goût, et il répondait sèchement : « From nowhere » (« De nulle part »).

 

Intégralité de l'article ici.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 05:59

J’ai eu l’occasion, dans une note précédente de parler des efforts de la société du métro de Toulouse, Tisséo, pour mettre un peu d’occitan dans l’oreille des Toulousains. Efforts méritants mais, à mes yeux, vains.

 

J’évoquerai ici une campagne en faveur de la courtoisie dont les usagers du métro doivent faire preuve. Tisséo nous rappelle simplement qu’il faut laisser descendre les passagers avant de monter dans la rame. Cela est illustré par deux images qui se veulent drôles, mais qui me choquent un peu. Pas moralement, politiquement.

 

Toulouse est une ville de gauche, républicaine. Son métro, théoriquement de même. Était-il donc besoin de faire appel à des représentations de l’aristocratie française d’avant la Révolution pour nous enseigner les bonnes manières. Non, si l’on se souvient que ces gens tellement raffinés ont exploité le peuple français pendant des siècles.

 

Il nous arrive à nous aussi, les gens ordinaires de nous comporter comme il faut.

 

 

Les valeurs du métro toulousain
Les valeurs du métro toulousain
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 05:52

 

Au moment où l'extrême droite totalise 50% de suffrages dans la charmante petite ville varoise de Brignoles, Maxime Vivas, n'écoutant que son courage (je ne plaisante pas), est allé défendre son livre consacré à Robert Ménard à Béziers (dont j'ai rendu ciompte ici).

 

Maxime est revenu très déprimé de Béziers. il lui semble en effet que la victoire de Ménard aux municipales est presque acquise car la gauche est devenue un véritable ventre mou.

 

 

Un administrateur de notre site, auteur de « L’irrésistible déchéance de Robert Ménard, candidat du Front national », a répondu favorablement à une invitation d’EELV pour dire deux ou trois choses qu’il sait du FN et de son candidat à Béziers.


Nos lecteurs les plus assidus trouveront ci-dessous des redites, mais aussi de l’inédit.


Nos nouveaux lecteurs n’en croiront pas leurs yeux.

 

Le Grand Soir

Contextualisation : Ville de 70 000 habitants qui compte pas mal d’habitants d’origine espagnole (amnésiques ?), mais aussi beaucoup de pieds-noirs (rien compris ?), Béziers a vu le FN frôler les 26 %, des voix aux élections présidentielles de 2012, talonnant le président sortant, devançant François Hollande et laissant Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, à 15 points derrière elle. Eva Joly pour les Verts n’atteint pas 2 % et Philippe Poutou, pour le NPA, plafonne à 0,8 %.


L’UMP espère conserver la mairie avec un maire « décomplexé » dont les thèses sont proches du FN. La lutte est fratricide, mais l’essentiel est ailleurs : le FN y est dédiabolisé et Béziers devient ainsi un laboratoire national en vue de rapprochements futurs entre toutes les droites.


Localement, la gauche est dispersée.


La démagogie électoraliste est portée par des carences dans la gestion de l’équipe UMP, une forte population immigrée et par un contexte de chômage des jeunes.


Il est permis d’être pessimiste.
MV


Bonjour, merci de m’avoir invité, merci d’avoir bravé la pluie.


C’est un peu tendu à Béziers, me dit-on.

 

Il paraît que Robert Ménard est tête de liste du Front National pour les municipales de 2014.

 

Il paraît que son principal adversaire n’est pas très éloigné de leurs idées.

 

Il paraît que Robert Ménard, même s’il l’affronte ici, parce que la situation locale est ce qu’elle est, joue le rôle de poisson-pilote d’un projet national de dédiabolisation du FN en vue d’une collusion future entre la droite classique, républicaine et l’extrême-droite. 

 

 


Il paraît même que Robert Ménard est LE fondateur de Reporters sans frontières.


En 1985 alors qu’il écoute une émission de France Inter, consacrée à Médecins sans frontières il a l’idée qui va le propulser au zénith des médias et assurer sa carrière. Il sollicite l’aide de quelques amis locaux et surtout de Rony Brauman, et du journaliste Jean-Claude Guillebaud, pour fonder Reporters sans frontières. Rony Brauman est alors président de Médecins sans frontières et il a les compétences nécessaires pour faire naître une ONG. Jean-Claude Guillebaud s’est engagé dans le projet jusqu’à devenir le premier président de Reporters sans frontières. ONG dont l’objectif initial était de « promouvoir des formes de journalisme alternatif. ». Objectif rapidement abandonné. Jean-Claude Guillebaud et Rony Brauman ont alors claqué la porte.

 

Le magot de RSF.


En même temps que les hommes de bonne volonté partaient de RSF, la sur-médiatisation s’installait et Robert Ménard triomphait en ces mots d’Amnesty International : « Reporters sans frontières a parfois plus d’écho dans les médias alors que nous sommes cent fois moins importants ».

 

Puis l’argent afflue de partout : Robert Ménard « prospère ! — Il insulte, il prêche, il fait la roue », dirais-je pour citer Victor Hugo (« Les Châtiments »). Ventes de produits-maison par RSF, dons de particuliers compatissants et une partie de vos impôts : subventions du Premier ministre, du ministère de la Culture et de la Communication, ministère des Affaires étrangères, de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie de l’Union européenne (UE : 1 300 000 euros pour les années 2003/2004) de richissimes sponsors privés et les billets verts de l’Oncle Sam qui sait bien faire la différence entre une organisation humanitaire et un relais médiatique de sa politique guerrière. J’y reviendrai.

 

Avant-hier, à mon retour d’un voyage à l’étranger, j’ai appris deux nouvelles :


1) Robert Ménard annonce vouloir porter plainte contre moi pour diffamation et il le fera contre tout support qui reproduirait mes propos. Donc, la presse est libre, mais à condition de ne pas publier les critiques sur Ménard. C’est comme chez ses anciens patrons du Qatar où la presse est libre à condition de ne pas critiquer l’Emir, sa famille, les corps, constitués, les banquiers, les patrons (tout ça est pareil, d’ailleurs). Un poète qatari vient de prendre 15 ans de prison pour un poème sur le printemps arabe.

 

J’ai rêvé où j’ai entendu Ménard dire naguère que la liberté d’expression ne devait pas avoir de limites ? Que les écrits négationnistes pouvaient librement s’imprimer. Ainsi que le Best-seller d’Adolf Hitler : Mein Kampf ?

 

2) J’ai aussi appris que deux militants du Bloc identitaire sont dans l’équipe de Robert Ménard. Un est Arnaud Naudin, le rédacteur en chef de Novopress, le site d’informations du Bloc identitaire. L’autre, Christophe Pacotte, est membre du bureau directeur du Bloc identitaire en charge des sections du Sud-Ouest.

 

 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 09:18

Un entretien de Noam Chomski sur l'industrie des drones, l'art et le droit de la guerre selon les autorités étasuniennes, publié par Le Grand Soir.

 

Dialogue entre le Professeur Noam Chomsky et Steven Garbas à Cambridge en mai 2013. Ils parlent de cette nouvelle époque, l’ère des drones, et de la présidence Obama.

 

Noam Chomsky : En conduisant ce matin j’écoutais les nouvelles sur la National Public Radio (NPR). Ils ont commencé l’émission en annonçant, tout excités, que l’industrie des drones connaît un tel boom que les instituts d’enseignement supérieur font tout pour ne pas rater le coche, ils ouvrent de nouveaux cours dans les écoles d’ingénieurs... ce genre de choses. Pourquoi l’enseignement de la technologie des drones ? C’est ce que les étudiants veulent. À la clé il y a un nombre fantastique de postes de travail.

 

C’est vrai. Si vous regardez les comptes rendus publics vous pouvez imaginer ce que sont les comptes rendus secrets. On sait depuis quelques années, et on sait de mieux en mieux, que les drones, en effet, sont déjà utilisés par certaines polices pour la surveillance. Et ils sont conçus pour toutes les utilisations imaginables. En théorie, et peut-être en pratique aussi, vous pouvez avoir un drone de la taille d’une mouche qui pourrait bourdonner par là [il montre la fenêtre] et nous écouter parler. Je ne serais pas loin de penser que ce sera une réalité dans pas longtemps.

 

 

Et bien entendu on les utilise aussi pour commettre des assassinats. Il y a une campagne globale d’assassinats en cours. C’est assez intéressant si vous regardez la façon de procéder. J’imagine que tout le monde a vu la première page du New York Times où se trouvait ce qui est en gros une fuite de la Maison blanche ; parce qu’ils sont apparemment fiers du déroulement de la campagne globale d’assassinats. En gros, le matin le président Obama voit John Brennan, son conseiller pour la sécurité, aujourd’hui à la tête de la CIA. Apparemment Brennan est un ancien prêtre. Ils parlent de Saint Augustin et de sa théorie de la guerre juste, et ensuite ils décident qui va être tué aujourd’hui. Et les critères sont assez intéressants. Par exemple, si, disons, au Yémen, un drone détecte un groupe de messieurs réunis autour d’un camion, il est possible qu’ils soient en train de planifier quelque chose qui pourrait nous affecter. Pourquoi ne pas assurer le coup, en les tuant ? Et il y a d’autres choses comme ça.

 

Des questions surgissent quant au droit à un procès juste et équitable, principe fondateur du droit états-unien – c’est un principe vieux de 800 ans, qui remonte en fait à la Grande Charte. Qu’est devenu ce principe de droit ? Le procureur général Eric Holder dit qu’ils reçoivent un procès juste et équitable parce que « c’est discuté au niveau du pouvoir exécutif ». Le roi Jean sans Terre, au XIIIème siècle, qui a été contraint de signer la Grande Charte, aurait adoré cette réponse. C’est vers cela que nous allons. Les principes fondateurs des droits civils sont pulvérisés. Ce n’est pas le seul cas, mais c’est le plus illustratif. Et les réactions sont assez intéressantes, elles vous montrent bien la mentalité du pays. Il y avait une interview, je crois que c’était Joe Klein, un peu le libéral dans l’un de ces journaux, on l’interroge à propos du cas où quatre fillettes ont été tuées par les tirs d’un drone. Et sa réponse en gros c’était « eh bien, il vaut mieux que ce soit leurs fillettes que les nôtres ». En d’autres termes, peut-être que ce bombardement a empêché une action postérieure qui aurait pu être néfaste pour nous.

 

Il y a une clause dans la Charte de l’ONU qui permet l’emploi de la force sans l’autorisation du Conseil de sécurité, une petite exception dans l’article 51. Mais elle fait précisément référence au cas d’une « attaque imminente », qui serait soit en cours soit imminente, de telle sorte qu’il n’y ait plus le temps de la réflexion. C’est un principe qui remonte à Daniel Webster et à la Caroline Doctrine qui spécifie ces conditions. Cela a été réduit en miettes. Pas seulement pour le cas des attaques de drones, mais bien au-delà. Donc peu à peu les fondements de notre liberté sont réduits en miettes, détruits. En fait Scott Shane, l’un des auteurs de l’article du New York Times, avait écrit une réponse aux différentes critiques exprimées. Sa conclusion était assez pertinente, me semble-t-il. Il disait à peu près : « C’est mieux que Dresde ». N’est-ce pas ? Ouais, c’est mieux que Dresde. C’est donc la limite : nous ne voulons pas tout détruire. Simplement nous allons les tuer parce que peut-être qu’un jour ils pourraient nous causer du tort. Peut-être. En attendant, bien entendu, que faisons-nous ?

 

Je pense que c’est tout cela, et y compris les systèmes de surveillance, qui va prendre un caractère et une dimension difficiles à imaginer. Et bien sûr maintenant les informations peuvent être collectées sans limite. En fait il paraît qu’Obama a un dispositif de stockage de données qui est en train d’être construit dans l’Utah, un lieu où on fait entrer toutes sortes de données. Qui sait quoi ? Probablement tous vos mails, toutes vos conversations téléphoniques, un beau jour ce que vous dites à quelqu’un dans la rue, où vous étiez dernièrement, vous savez, à qui vous parlez, probablement une tonne d’informations de ce genre se trouvera là-bas. Est-ce que cela veut dire quelque chose ? En fait probablement pas autant que tant de monde le craint. Je ne pense pas que ces données soient effectivement utilisables. En fait, je pense, j’imagine, qu’elles ne sont utilisables que dans un seul but : si le gouvernement pour une raison ou une autre recherche des informations précises sur une personne. Ils veulent savoir quelque chose sur ce gars, ok, là ils pourront trouver des informations à son sujet. Mais au-delà de ça l’histoire et l’expérience suggèrent que cela ne servira pas à grand-chose.

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 07:45

Ainsi donc Mimolette Ier a annoncé la création d'un centre de recherche sur l'acier. Le ministre concerné directement n'a pas été invité à assister à cette époustouflante virée vers l'Est. On n'a pas très bien compris si l'investissement nécessaire serait de 20 ou 50 millions d'euros.

 

L'ironie dramatique de la situation, c'est qu'un centre de recherche existe déjà à Maizières-les-Metz, qu'il a été privatisé en 1985 avec Usinor Sacilor avant de tomber dans l'escarcelle de Mittal en 2006. 550 postes de travail et de fort utiles brevets ont été offerts au grand affairiste indien.

 

De lucides Lorrains se demandent ce que pourra faire ce petit centre de recherche public avec un partenaire unique, le groupe Mittal, sinon se mettre au 
service de ce dernier.


 

Suite à cette annonce, l'accueil à bras ouverts du responsable CFDT des travailleurs de la sidérurgie   (aux anges) sur le plateau de Canal + m'a paru très suspect.

 

 

Un petit mot qui n'a rien à voir. Les retraités de la Fonction publique touchent une pension et sont, à ce titre, des pensionnés. En cas de guerre, en cas de catastrophe nationale, ils peuvent être rappelés par l'État et mis à contribution. Les Solfériniens s'y entendent à merveille pour introduire le discours du privé dans celui du public. Il faut dire et répéter que les pensions des fonctionnaires ne relèvent donc pas (pour le moment, en tout cas) d'un fond de pensions des fonctionnaires car elles sont toujours inscrites au "livre de la dette".

 

Dans ce domaine, comme dans d'autres, on peut redouter la privatisation de l'État à quasiment 100%. Il faut donc être vigilant face aux confusions, ne pas capituler en raisonnant comme si l'État était déjà un employeur privé.

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 06:53

J’avais l’intention d’écrire une note sur les travailleurs du dimanche qui oublient que, sans « les syndicats », ils travailleraient 12 heures par jour et 7 jours par semaine, et qui ne veulent pas voir que le patronat a parfaitement réussi à désintégrer le peu de solidarité qui pouvait encore les unir, ce qui permet aux grands boutiquiers de refuser les décisions de justice sans que le gouvernement solférinien bouge le petit doigt. Philippe Arnaud l’a fait bien mieux que moi par le biais d’une émission de France Inter. Le service public a le chic et le choc pour faire s’exprimer régulièrement et largement des chroniqueurs qui le vomissent, comme Lechypre ou Lenglet sur France 2.

 

Samedi matin, sur France Inter, à partir de 9 h 10, j'écoutais l'émission "On n'arrête pas l'éco" où s'opposent, tous les samedis, Christian Chavagneux, d'Alternatives économiques, et Emmanuel Lechypre, de BFM Business (ce dernier terme résume les positions que défend Lechypre : pour les intérêts, ceux des patrons et des riches, pour la doctrine, celle de l'ultralibéralisme).

 

Ce matin, en début d'émission, il était question de la fermeture de magasins (en général des grandes enseignes de bricolage) le dimanche, après une décision de justice prise à la suite d'une action d'un collectif de syndicalistes.

 

Emmanuel Lechypre a la parole le premier. Il dit d'abord tout le mal qu'il pense de cette décision [d'empêcher les magasins de bricolage d'ouvrir le dimanche], puis, submergé d'indignation, n'en pouvant plus de colère, il finit par lâcher :

 

- "... et puis, juste pour vous livrer le fond de ma pensée... quand on... ce qu'on a entendu, les gens comme les syndicats et les juges, qui parlent au nom de l'intérêt général des salariés, moi, ça me fascine toujours, après tout les gens ils ont le droit de faire ce qu'il veut [sic], il y a un truc ça s'appelle la liberté et, je veux dire, les juges et les syndicats, c'est toujours les premiers à savoir mieux que les autres ce qui est bon pour les gens, à la place des gens eux-mêmes, c'est terrifiant..."

 

Remarque 1. Emmanuel Lechypre, apparemment, ignore que la fonction du juge, c'est, précisément, de dire "à la place des autres ce qui est bon pour eux" ! Le premier fondement d'une société politique, la première raison d'être d'un État, en effet, ce n'est pas de se délimiter par des frontières, ce n'est pas de se constituer une armée, ce n'est pas de créer une monnaie, la première fonction d'un État, c'est de déléguer le règlement des litiges à la collectivité (représentée par des juges) afin d'empêcher les vendettas, les vengeances personnelles... et, surtout, la loi du plus fort.

 

 

 

- En effet, dans les sociétés où n'existe pas d'autorité centrale qui fasse respecter un droit unifié, la "justice" est du ressort du plus fort, du plus riche, du grand propriétaire, du seigneur, du boyard, du magnat, du landlord ou du latifundiaire : il pend le vilain à son gré, sous n'importe quel prétexte. C'est le droit du patron, du maître, du riche, du propriétaire, c'est-à-dire un droit sans limites...

 

Remarque 1 bis. Derrière cette contestation du juge s'en cache une autre. Car le juge ne juge pas en fonction de son opinion ou de son humeur, le juge applique la loi, et, lorsque Lechypre conteste l'intervention du juge dans les conflits sociaux, il conteste en réalité, il conteste surtout l'intervention de la loi dans le domaine social. [Ce qui n'est, d'ailleurs, que l'opinion du Medef : le Code du travail – créé par le législateur – est une intrusion inadmissible d'un tiers dans les rapports "normaux", "naturels", entre patrons et salariés].

 

Remarque 2. L'attaque contre les syndicats participe du même esprit. Dans l'imaginaire patronal, dans les fantasmes de la droite, le syndicat est un tiers importun et illégitime qui s'immisce indument dans les rapports entre patrons et salariés. La "réflexion" la plus souvent entendue à droite est : "les syndicalistes sont des individus (extérieurs à l'entreprise, bien entendu) venus dire aux salariés qu'ils sont malheureux, des individus qui leur mettent en tête des idées folles comme le salaire minimum, la durée légale (quotidienne, hebdomadaire, annuelle) du temps de travail, le droit à la retraite et autres idées absurdes... Ce sont, en un mot, des agitateurs, des meneurs, des perturbateurs".

 

Remarque 2 bis. Pour Lechypre, comme pour le Medef (comme pour les patrons des maquiladoras d'Amérique latine), l'existence d'un syndicat est incompréhensible, inconcevable, intolérable. Le patron donne du travail : on devrait s'incliner tous les jours devant lui pour ce seul bienfait, et ne pas avoir la grossièreté de discuter des conditions de travail ou du montant du salaire. C'est un crime de lèse-patronat ou de lèse richesse...

 

Remarque 3. Lechypre, avec des trémolos dans la voix, invoque la "liberté". Lorsque la droite ou le patronat invoquent la "liberté", ce n'est pas n'importe quelle liberté ; c'est une liberté annonciatrice de profit et, surtout, d'un profit qui a des chances (si l'on peut dire...) d'être obtenu aux pires conditions : liberté pour le salarié de travailler de nuit, ou 12 heures d'affilée, ou le dimanche, ou à 50 % du SMIC, ou dans des conditions déplorables d'hygiène et de sécurité ; ou liberté pour le consommateur de s'abrutir des heures dans un supermarché, liberté de dilapider son mince budget en gadgets ou en sucreries plutôt qu'en lecture, en pêche à la ligne, en sieste, en jardinage ou en promenades - toutes activités peu ou non lucratives.

 

En conclusion : qu'est-ce qui est fascinant (pour reprendre les termes de Lechypre), dans ce cri du cœur ? Ce qui est fascinant, c'est ce qu'évoque Julien Gracq, dans son premier Lettrines [La Pléiade, tome

2, page 169], lorsqu'il évoque, en 1939, sa prise de commandement d'une section de voltigeurs,

 

« journaliers presque tous ou garçons de ferme du Morbihan ou du Finistère. Pendant les longues étapes de nuit, marchant à côté de la colonne, quand ils cessaient de parler en breton, j'écoutais le jargonnement guttural qui montait de la troupe invisible : ils parlaient de la manière de se procurer du vin rouge, de la consistance de leurs matières fécales, de leur dernière ou de leur prochaine masturbation et je sentais, vaguement fasciné, se dénuder et bouger le tuf paléolithique sur lequel s'est figée la petite croûte de la civilisation ».

 

Ce qui est fascinant, dans cet aveu, c'est de voir, sous la mince couche de lois sociales déposées sur la société depuis un siècle et demi, se dénuder le tuf paléolithique de la brutalité sans limites du dominant, celle que Gracq évoque, un peu plus loin, à propos du héros de

Shakespeare : "Un fauve couronné [...], rien qu'un porteur d'estomac, de bourse et de braguette, brusquement pourvu de la foudre, tout de suite naïvement, paisiblement monstrueux". [Lettrines 2 La Pléiade, tome 2, page 301].

 

Ci-dessous, le témoignage d'une salariée d'un hypermarché en Picardie :

 

 

 

Selon le Code du Travail, les établissements de commerce de détail à prédominance alimentaire sont autorisés de plein droit à occuper des salariés le dimanche matin jusqu’à 13 heures.

 

 

Cette loi comporte une faille dans laquelle mon employeur se faufile avec aisance. En effet, est considéré le pourcentage de chiffre d’affaires moyen du lundi au dimanche inclus.

 

 

Or, s’il s’agissait uniquement du chiffre d’affaires du dimanche, il pourrait être constaté que le chiffre d’affaires en « marchandises générales » non alimentaires est largement plus important que le chiffre d’affaires alimentaire.

 

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque le magasin Intermarché de Gauchy a déménagé suite à son agrandissement, tous les salariés espéraient ne plus avoir à travailler le dimanche, c’était sans compter les bonnes relations de notre employeur avec le sous-préfet. Ce qu’il faut savoir également c’est qu’il est à la tête de 5 magasins Intermarché de la région axonaise.

 

 

Lorsque le directeur de magasin d’Intermarché Chauny dit « Mais si on n’a pas le dimanche, on baisse purement et simplement le rideau », sortez les mouchoirs !!! Le chiffre d’affaires fait le dimanche se reporterait, alors, sur les autres jours de la semaine ! En effet, l’hypermarché est sensé ouvrir pour la partie alimentaire. Une famille qui a besoin d’une livre de beurre, d’un litre de lait, ou tout autre aliment présent sur sa liste de courses, l’achètera un autre jour. D’autant que l’amplitude des horaires d’ouverture est adaptée au plus grand nombre (8h30-20h30). Les propos du directeur créditent les miens sur le pourcentage de chiffre d’affaires fait en marchandises non alimentaires le dimanche matin !!! C’est bien de ça dont il est question !

 

Lire la suite ici.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 08:02

 

Comment « économiser » sur la vie, la sueur, le salaire de ses salariés ? Une catégorie de patrons du bâtiment innove. Ce sont les patrons de la « démolition ».

 

C’est un secteur de travail pénible, un de ceux les plus risqués, avec le plus de pénibilité et le plus d’accidents. A tel point qu’il y a eu des négociations qui ont abouti à une convention collective appropriée avec des compensations modestes mais réelles auprès des salariés. Horaires, salaires minimaux, indemnités de repas, de petits déplacements, primes d’insalubrité, de nuisance, de pénibilité, ont été concédées dans ce secteur bien précis.

 

Les ouvriers effectuant les travaux présentant un caractère de pénibilité énumérés ci-dessous bénéficient suivant les cas d’une ou de plusieurs interruptions quotidiennes de travail égales à 10 % du temps de travail pénible effectué. Cette interruption est rémunérée et considérée comme du temps de travail effectif. Les travaux concernés sont :

 

- Travaux de montage et démontage occasionnels d’échafaudages volants, d’échafaudages de pied, de grues, de sapines, à une hauteur supérieure à 10 mètres au bord du vide, mesurée à partir de la surface de réception ou, à défaut, du sol (…/…)

 

- Travaux dans plus de 25 cm d’eau,

- Travaux avec utilisation manuelle d’un marteau-piqueur ou brise-béton,

- Travaux effectués dans des vapeurs d’acide,

- Travaux dans les égouts en service et dans les fosses d’aisance,

- Travaux dans des excavations dont l’ouverture est inférieure à deux mètres et à une profondeur supérieure à six mètres…

 

Lire la suite de l'article de Gérard Filoche ici.

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 06:19

 

Monsieur le ministre,

 

...Je vous ai écouté à France Inter puis à RMC, chez Jean Jacques Bourdin. Mal réveillé, j’ai cru entendre un dirigeant du Front national. J’ai même un moment pensé que, journaliste bien-pensant, vous interviewez le ministre de gauche J.J. Bourdin.

 

...Un peu d’eau fraîche sur le visage comme jadis le matin dans les "camps de concentration" d’Argelès, de Barcarès, où furent accueillis nos parents Républicains espagnols, et me voilà lucide.

 

...Non je ne rêvais pas. Il s’agit bien du ministre hollandien de l’Intérieur, Catalan naturalisé Français en 1982, et pas d’Albert Sarraut ni de Daladier, déjà ministres des barbelés "de gauche" dans les années 1930.

 

...Il y a en France environ 20.000 Roms, oui vous avez bien lu : "seulement" 20.000, mais si l’on en croit le ministre des "expulsions forcées" (dénoncées par l’agence moscoutaire Amnesty International), ils menacent la sécurité de notre pays, plus que le chômage, les huit millions et demi de pauvres, les coûts ravageurs de l’accumulation du capital, la "Françafrique", les ripoux en col blanc, les vampires du CAC40, les licencieurs boursiers....

 

Les Roms, les "voleurs de poules", voilà le danger, voilà le nouveau bouc-émissaire stigmatisé pour faire peur au "petit peuple", pour faire avaler l’austérité "de gauche", les trahisons, les reniements de ce gouvernement "caniche des Etats-Unis", un rôle que ne veulent même plus jouer les Anglais.

 

...Comme nous ne sommes pas aux Etats-Unis, on ne peut pas autoriser le port d’armes contre les Roms...Mais il y a des mots souvent aussi redoutables que les armes. Ecoutons le ministre "socialiste" tourner en rond : "Il est illusoire de penser que l’on règlera le problème (des Roms) par l’insertion". Pas besoin par conséquent de "stratégie d’intégration" comme le demande Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les Roms "ont vocation à retourner en Roumanie et en Bulgarie". Place donc aux pandores. Les Roms sont sans doute insolubles dans la civilisation... "Une majorité doivent être reconduits à la frontière"(M.Valls). Au nom de cette "libre circulation" garantie par les accords et traités européens ? Les Roms, c’est bien connu, sont réfractaires à "l’insertion", au droit à la santé, à l’éducation, au logement...Le ministre se flatte d’avoir démantelé 242 "campements" depuis le premier janvier 2013 ...11.982 migrants jetés à la rue et confrontés à une exclusion et une précarité redoublées. Rien ou si peu leur est proposé à la place.

 

Lire la suite ici.

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