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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 05:33

Pas ordinaire parce que la démocratie au Royaume-Uni est de plus en plus un ventre mou où des minorités activistes, mais visibles et entreprenantes, peuvent oser de véritables coups de force en faisant se coucher des institutions séculaires. Dans ce qui suit, je vais être contraint de prendre – par principe – la défense d’un militant d’extrême droite (extrême droite de chez extrême droite, comme disaient récemment les djeuns).

 

Un juge britannique vient d’interdire aux médias de mentionner l’arrestation d’un militant d’extrême droite condamné à 13 mois de prison avec sursis, six heures après son arrestation devant un tribunal où il filmait le procès d’un réseau pédophile. Ce militant a été arrêté pour avoir troublé l’ordre public (breaching public order) par le simple fait qu’il filmait avec son téléphone portable. La justice a obligé la presse à retirer les articles précédemment publiés à propos de cette affaire et Google les a désindexés.

 

Bien connu outre-Manche sous le pseudonyme de Tommy Robinson (il s’appelle Lennon (sic) comme tout le monde), le militant en question n’en est pas à son premier coup d’essai. Il est devenu une référence en matières de prises de parole anti-islamiques. Il a milité au sein de l’English Defence League et a fondé la European Defence League afin de lutter contre l’acceptation – par les autorités britanniques – de la charia en matière de litiges entre musulmans.

 

En 2015, les médias britanniques s’intéressent à Robinson lorsqu’il révèle une offre de corruption d’Afzal Amin, étoile montante du parti conservateur d’origine pakistanaise. Amin avait proposé à Robinson d’organiser une fausse manifestation de l’English Defence League contre la très entreprenante mosquée de Dudley.

 

Le 25 mai dernier, Lennon/Robinson est donc arrêté devant le tribunal de Leeds pour trouble à l’ordre public alors qu’il filme des individus faisant l’objet d’une information judiciaire. Ces individus sont en majorité des Pakistanais ayant constitué des réseaux de jeunes prostituées anglaises, généralement blanche, à la rigueur sikhs. Alors que les Musulmans représentent environ 5% de la population britannique, ces souteneurs (grooming gangs) sont à 90% musulmans. Ces gangs sont actifs depuis près de 30 ans, en particulier dans le sud du Yorkshire. Pendant longtemps, les autorités locales ont fermé les yeux. Lucide, le travailliste Dennis McShane, qui fut un temps ministre des Affaires européennes, critiqua ceux qui « ne voulaient pas faire chavirer le navire communautaire multiculturel ».

 

 Dénoncer ces pratiques ignobles a donc été interdit par le tribunal de la Couronne de Leeds. Robinson, et les journalistes, se sont vus interdire de rapporter, d’analyser les procédures judiciaires concernant cette affaire. Après l’arrestation de Robinson, le juge Geoffrey Marson a interdit aux médias d’évoquer ce pourquoi Robinson était inculpé jusqu’au rendu du jugement. Après celui-ci, il leur fut interdit d’évoquer l’incarcération de Robinson. Une bonne partie de l’extrême droite européenne (britannique, allemande, hollandaise notamment) protesta contre le sort réservé à Robinson. Plus de 500 000 personnes – dont beaucoup n’étaient pas d’extrême droite – signèrent une pétition demandant la libération de Robinson. Les termes de cette pétition montrent à quel point le communautarisme est de plus en plus clivant outre-Manche : « Robinson a choisi d’agir sans se soucier de sa propre sécurité pour informer le public de toutes les malversations commises au nom d’Allah. Il s’est battu contre l’adversité et a mis au jour des problèmes que nos médias dominants sont trop timorés pour aborder. »

 

Ajoutons que l'accès à Twitter est désormais interdit à Robinson qui peut se consoler en suivant le compte qui le parodie.

 

PS : En France, très peu de médias nationaux se sont intéressés à ce scandale inouï qui dure depuis plusieurs dizaines d'années. Je signale cet article de Marie-Claire.

 

J'ai publié cet article également sur Mediapart. On pourra lire le commentaire d'un lecteur qui a fort bien réagi.

 

 

Censure pas ordinaire au Royaume-Uni
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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 05:24

 

C’est Rokhaya Diallo qui va être contente, elle qui pense tout en terme de race, qui rêve de détruire le modèle républicain laïque que les Français ont mis deux siècles à construire et qui estime problématique que la compresse située au centre des pansements soit blanche car elle est trop visible sur la peau des Noir.e.s.

 

Pour Will Norman, commissaire à la marche et au cyclisme (walking and cycling commissioner du maire Sadiq Kahn les utilisat.rices.eurs de vélos à Londres sont trop blanc.he.s.

 

Will Norman, s’est fâché tout rouge (continuons dans la métaphore colorée) car les chiffres montrent que les Noir.e.s et les Asiatique.e.s (dont chacun.e sait qu’aucun.e n’est blanc.he vu que tous les Asiatique.e.s sont jaune.e.s) ne représentent que 15 pour cent des utilisat.rice.eur.s de vélo de la ville. Trop peu de femmes et de personnes appartenant à des groupes ethniques (je suis de l’ethnie picardo-chtimie, et vous ?) minoritaires circulent à Londres. Les cycliste.e.s sont trop majoritairement blanc.hes, mâles, middle class selon Will Norman. Il est vrai qu’il n’est pas facile de pédaler en burqa ou en gandoura. En outre, toujours selon Will Norman, les projets de réseaux cyclistes permettant de relier les banlieues au centre de Londres ne sont qu’un simple moyen de « faire circuler plus vite les hommes d’âge moyen autour de la ville ». Le bon Will ne voit pas à quel point il est incongru que des pistes cyclables prévues pour relier les banlieues au centre ville servent à faire circuler les cyclistes autour de la ville, mais passons…

 

Selon Norman, les Noir.e.s et les Asiatique.e.s à vélo ne représentent que 15% de la totalité des cycliste.e.s alors qu’ils comptent pour beaucoup plus dans la population globale (40% de non-Blanc.he.s désormais dans la capitale). Londres doit donc affronter le « défi » de la diversité cycliste. Le commissaire envisage des cours de vélo pour les non-Blanc.he.s et les personnes âgées et, d’une manière générale, pour tous ceux qui ont peur d’enfourcher une bicyclette. Ainsi, l’objectif de doubler le nombre de cycliste.e.s d’ici 2026 serait atteint. Á Londres, 2% des déplacements s’effectuent à vélo (comme à Lyon, où les cycliste.e.s roulent davantage sur les trottoirs que sur les pistes cyclables – fuck les piéton.e.s), contre 3% à Paris, 12% à Berlin, 44% à Amsterdam et 55% à Copenhague.

 

 

PS : Il y a plusieurs mois, j’ai décidé de ne plus jamais acheminer (« forwarder ») des textes (politiques, syndicaux ou autres) écrits en écriture inclusive, même lorsque j’en partage la teneur et que j’estime utile de les faire connaître. On en est au point où même des présidents d’université (j’ai les noms) utilisent cette horreur politiquement correcte, donc de droite.

 

 

Trop de Blancs (pardon : Blanc.he.s) à vélo dans les rues de Londres
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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 05:33
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)
Détente et politique (24)

 

Si vous êtes chez Orange, vous avez peut-être reçu la tentative d'arnaque suivante :

 

 

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© impots 2018

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 05:35
Fantasmes et vraie vie

 

 

Source : Médecins du monde

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 05:23

Une fois n'est pas coutume, un bon article de Baptiste Legrand dans L'Obs rend justice aux fonctionnaires.

 

 

Les fonctionnaires manifestent ce mardi. Vous avez de la sympathie pour eux ? Pas Jean-Claude, toujours un peu envieux. Voilà ce que vous pouvez lui envoyer dans les dents.

 

Publié le 22 mai 2018 à 06h28

 

 

Sacré Jean-Claude ! Voici qu'il s'excite à l'approche d'une nouvelle manifestation de fonctionnaires. "Quoi, ces feignants qui défendent leurs privilèges !" Vous n'avez pas un amour sans limite pour la fonction publique (normal, vous avez raté les concours) mais tout de même, vous aimeriez bien quelques arguments chiffrés. C'est parti, en six étapes. 

 

1"Les fonctionnaires sont trop nombreux"

 

Ce que l'on peut répondre à Jean-Claude : Moins qu'en Suède ou au Danemark !

 

 

La fonction publique représente 5,67 millions d'agents en 2016, soit 21% de l'emploi en France. Si l'on tient compte des travailleurs à temps partiel, c'est l'équivalent de 5,2 millions de postes à temps plein.

C'est vrai, leur nombre a augmenté. En 1998, ils étaient encore 4,7 millions. 20% de plus en 20 ans, ce n'est pas rien, mais ce chiffre doit être relativisé car la population française a augmenté de 11% sur la même période. Y compris le nombre de malades. Allez demander aux infirmières si elles sont assez nombreuses ! (Sources : Inseeministère de la Fonction publique)

C'est dans la fonction publique territoriale que les effectifs ont le plus gonflé : un tiers en plus, d'après la Cour des Comptes. Et ce n'est pas seulement parce que l'Etat a décentralisé de nouvelles compétences aux départements et aux régions, puisque ce sont les communes et intercommunalités qui ont le plus recruté sur la période. 

Mais avons-nous plus de fonctionnaires que nos voisins européens ? Sur le papier, la réponse est oui, il y a plus de fonctionnaires en France, 86 pour 1.000 habitants, davantage qu'en Allemagne (60). Mais attention à ne pas comparer des choux et des carottes ! Outre-Rhin, les personnels des hôpitaux ne sont pas comptabilisés dans la fonction publique, tandis que l'école commence à 6 ans, ce qui représente autant d'enseignants de maternelle en moins.

Le chercheur Xavier Timbeau, de l'OFCE, propose un modèle pour nous comparer à nos voisins en totalisant l'ensemble des travailleurs des services publics : administration, santé et éducation, quel que soit leur statut (public et privé). Avec 126 personnes pour 1.000 habitants, la France est à un niveau comparable au Royaume-Uni, au Canada, à l'Allemagne ou à la Finlande. Avec tout de même une surreprésentation de l'administration (en jaune sur le graphique), pour nettement moins de salariés dans l'éducation (en vert). La barre noire représente les fonctionnaires au statut : ils sont moins nombreux en France qu'en Suède, au Danemark ou en Finlande.

Des privilégiés ? Que répondre à votre beau-frère qui vous bassine sur les fonctionnaires ?

 

Ajoutons que le nombre de fonctionnaire n'est pas une difficulté en soi, s'ils rendent des services publics performants au meilleur coût. Mais parlons coût, justement.7

 

2"Ils sont mieux payés"

 

Ce que l'on peut répondre à Jean-Claude : Fadaises ! 

 

Dans la fonction publique, la rémunération est de 2.230 euros net (2.710 euros brut) par mois en moyenne pour un salarié à temps plein, contre 2.250 euros net dans le privé. Un fonctionnaire est donc (un tout petit peu) moins bien payé. Il y a de fortes disparités :

  • fonction publique territoriale (30% des fonctionnaires) : 1.900 euros net ;
  • fonction publique hospitalière (20% des fonctionnaires) : 2.260 euros net ;
  • fonction publique d'Etat (50% des fonctionnaires) : 2.510 euros net.
  •  

Pourquoi cette différence ? Parce que les fonctionnaires d'Etat sont plus souvent des cadres. Mais ils sont tout de même moins bien payés : un cadre du public est rémunéré 3.273 euros net en moyenne, contre 4.141 euros pour un cadre du privé, une sacrée différence.

 

A l'inverse, les employés et ouvriers sont nettement mieux traités dans la fonction publique d'Etat (1.996 euros net en moyenne) que dans le privé (1.667 euros)... mais pas ceux de la fonction publique hospitalière (1.698 euros) ni territoriale (1.657 euros), selon le ministère de la Fonction publique.

 

3"Ils travaillent moins"

 

Ce qu'on peut répondre à Jean-Claude : Ils font largement leurs 35 heures !

Il y a les chiffres, et il y a la réalité de métiers souvent très spécifiques. Commençons par des moyennes. Les vacances ? 29 jours dans le privé, 34 dans la fonction publique hospitalière, 38 dans la fonction publique territoriale, 42 jours dans la fonction publique d'Etat (hors enseignants), et 56 en comptant les enseignants (chiffres 2015, selon la Dares).

 

Pour tenir compte de cette différence de congés payés, mais aussi des RTT dans le privé, regardons le temps de travail annuel. 35 heures par semaine représentent 1.607 heures par an... mais tout le monde les dépasse, dans le privé comme dans la fonction publique ! Nous travaillons 1.726 heures dans le privé et 1.636 heures dans le public (hors enseignants). Soit un écart de 5,5%. Dans l'ensemble, les Français à temps plein travaillent 1.691 heures par an, selon la Dares(chiffres 2016). C'est l'équivalent de 39,1 heures par semaine. 

 

C'est plus fréquemment dans la fonction publique territoriale que ça coince, ce que ne manquent pas de souligner les Chambres régionales des comptes. Un exemple ? Les agents de Montpellier Méditerranée métropole travaillent 1.537 heures par an. Mais ça bouge : la région Ile-de-France a supprimé 5 jours de vacances pour ses 1.900 agents. A Auch, dans le Gers, le temps de travail hebdomadaire a été augmenté de 2,5 heures, non sans un conflit social. Pas facile de négocier des augmentations de la durée du travail après 10 ans de gel du point d'indice des salaires…

 

Et il y a aussi des secteurs où le temps de travail théorique est dépassé. Les infirmières, par exemple. Une étude de la Dress montre qu'une partie de leurs missions, la transmission à l'équipe suivante, n'est même pas prise en compte dans leur temps de travail.

 

Bref, il y a des secteurs moins productifs que d'autres. Mais dans le privé aussi, non ?

 

4"Ce sont des absentéistes"

 

Ce que l'on peut répondre à Jean-Claude : Ouvre les yeux !

 

La Cour des Comptes s'est penchée sur cette question : le taux d'absentéisme (pourcentage de salariés absents pour maladie au moins un jour au cours d'une semaine donnée) est plus bas dans la fonction publique d'Etat que dans le privé, 2,9% contre 3,6% ! Ce taux est plus élevé, il est vrai, dans la fonction publique territoriale (4,5%) et dans la fonction publique hospitalière (4%), selon son rapport 2016. Des différences à mettre au regard du statut des agents du public : les fonctionnaires territoriaux sont plus souvent des ouvriers et employés, tandis que la fonction publique d'Etat comporte plus de cadres.

 

En outre, la Drees souligne que les salariés en intérim et CDD hésitent à déclarer une maladie. Si les salariés du privé sont moins absents, c'est donc aussi parce qu'ils sont plus précaires... Cela n'occulte par de réelles anomalies, comme à la mairie de Marseille, où les agents totalisent 36,8 jours d'absence par an en moyenne, excusez du peu ! La moyenne française est de 14,2 jours.

 

Et le fameux jour de carence ? Supprimé par François Hollande, il a été rétabli le 1er janvier 2018. Les fonctionnaires ne bénéficient donc pas du maintien de leur rémunération pour leur premier jour d'absence, contrairement à deux tiers des salariés du privé, protégés, eux, par leur convention collective. On ne les qualifiera pas pour autant de "privilégiés"...

 

5"Ils ont une meilleure retraite"

 

Ce que l'on peut répondre à Jean-Claude : Encore heureux !

 

Un point pour Jean-Claude, mais pas pour les raisons qu'il croit. Ce n'est pas le mode de calcul des retraites qui avantage les fonctionnaires. S'ils perçoivent de meilleures pensions, c'est la conséquence logique de leur niveau de qualification et de rémunération, ainsi que de leur stabilité professionnelle : ils ont plus souvent réalisé une carrière complète, contrairement aux salariés du privé, qui ont pu connaître des périodes de précarité.

 

Il est vrai que les modes de calcul sont différents, ce qui n'aide pas à s'y retrouver... Si l'on schématise, dans le privé, le montant de la pension est calculé sur la base des 25 meilleures années de carrière. Tandis que dans le public, on prend seulement en compte les six derniers mois, lorsque les agents atteignent le "sommet" de leur rémunération... mais sans compter l'intégralité des primes. Les mères de famille bénéficient d'une majoration supérieure lorsqu'elles travaillent dans le privé : 8 trimestres par enfant, contre 2 dans le public.

 

Le bilan ? Un salarié du privé qui effectue une carrière complète bénéficie d'une pension représentant 73,8% de ses revenus (ce qu'on appelle le "taux de remplacement"), un peu mieux qu'un salarié du public, qui conserve 72,1% de ses revenus. Mais tandis que la moyenne des pensions, public et privé confondus, est de 1.389 euros, elle est nettement plus confortable dans la fonction publique : 1.779 euros brut. Les fonctionnaires territoriaux, moins qualifiés, ont une retraite plus basse que dans le privé, et c'est l'inverse dans la fonction publique d'Etat :

  • 1.275 euros dans la fonction publique territoriale ;
  • 1.404 euros dans la fonction publique hospitalière ;
  • 2.152 euros dans la fonction publique d'Etat.
  •  

(Sources : DreesInseeministère de l'Action et des comptes publics)

 

6"Ils partent en retraite plus tôt"

 

Ce que l'on peut répondre à Jean-Claude : Mytho !

 

L'âge légal de départ en retraite est de 62 ans dans tous les cas. C'est dans le public qu'il y a le plus d'exceptions, et c'est logique, pour les policiers, infirmiers, surveillants de prison, etc. Pourtant, l'âge moyen de départ en retraite est aujourd'hui presque le même : 61 ans et six mois dans le public, contre 61 ans et 10 mois dans le privé, par le jeu des carrières longues et des départs anticipés.

 

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 05:20

 

Il ne faut surtout pas se lasser de dénoncer les fraudeurs, les criminels en col blancs, les évadés fiscaux. Selon Oxfam, l'évasion fiscale prive 8 millions de personnes de soins de santé. Un seul exemple : couvrir les frais médicaux des vaccinations, des sages-femmes ou du traitement de la diarrhée coûterait au niveau mondial environ 30 milliards d’euros (selon Oxfam). Si ces frais étaient couverts, 7,8 millions d’enfants et 210.000 femmes pourraient être sauvés chaque année.

 

Tant que le banquier qui nous gouverne sera aux commandes, des enfants pourront tomber comme des mouches alors qu'un rien les sauverait.

 

Bernard Arnault, l’art de payer moins d’impôts

 

 

Première fortune de France, quatrième fortune mondiale selon le classement Forbes 2018, Bernard Arnault doit l’exceptionnelle réussite de son groupe LVMH à son appétit de conquête. Dior, Vuitton, Guerlain, Moët Hennessy…, son savoir-faire pour racheter des entreprises et les restructurer est bien connu. Mais s’il est aujourd’hui à la tête d’un patrimoine estimé à près de 58 milliards d’euros, il le doit aussi à son talent pour l’optimisation fiscale.

Plus de 200 filiales dans des paradis fiscaux

Selon une ONG, en 2014, le groupe LVMH comptait 202 filiales dans des paradis fiscaux. Bernard Arnault et LVMH multiplient les montages sophistiqués pour minimiser leurs impôts. Et la plus grosse part du patrimoine de la famille Arnault est placée dans une fondation en Belgique, un paradis fiscal qui ne dit pas son nom.

En 2016, son yacht le Symphony, un des plus grands du monde, est propriété d’une société maltaise et bat pavillon des îles Caïmans. Résultat, ce bateau au prix faramineux de 130 millions d’euros n’entre pas dans le calcul de l’ISF du milliardaire.

Le mécénat : une belle vitrine et une excellente opération financière

A Paris, le patron de LVMH a créé et financé la fondation d’art contemporain Louis Vuitton, une splendide vitrine pour Bernard Arnault le mécène, et une excellente opération pour LVMH… qui peut déduire de ses impôts 60% de l’argent investi dans la fondation.

L’enquête de « Pièces à conviction » lève le voile sur les pratiques des plus fortunés qui, comme Bernard Arnault, tentent de payer le moins d’impôts possible, voire d’y échapper. Les outils pour y arriver sont nombreux : montages financiers opaques, succession organisée hors de France, mécénat… Mais il peut aussi y avoir des accrocs. L’enquête révèle notamment que Bernard Arnault a récemment été l’objet d’un gros redressement de la part du fisc français.

A l’issue de l’enquête, Virna Sacchi recevra Manon Aubry, responsable plaidoyer Justice fiscale et inégalités pour l’ONG Oxfam France, et Stenka Quillet, journaliste d’investigation et auteur du documentaire.

« Bernard Arnault, l’art de payer moins d’impôts », une enquête de Stenka Quillet diffusée dans « Pièces à conviction » le 28 mars 2018.

 

PS : je m'absente trois jours mais le blog continue. Tout seul. Dingue !

 

Bernard Arnault, l’art de payer moins d’impôts
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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 06:01

 

Dividendes : les actionnaires ont reçu 55 milliards des entreprises du CAC40 en 2017.

 

Les actionnaires du CAC40 recevront cette année plus de 47 milliards d’euros de dividendes, soit 52,6% des profits enregistrés en 2017 par les grands groupes français. À quoi il faut ajouter plus de 8 milliards de rachats d’actions. 

Au total, ce sont donc près des 2/3 des bénéfices engendrés par le CAC40 qui s’en vont directement dans les poches de leurs actionnaires: fonds financiers, familles fortunées et ... État français. En tête des entreprises généreuse :  Total, France Télécom, et Sanofi.

Et après on viendra nous parler du coût des salaires et de la nécessaire compétitivité !

 

Source

 

Ce que le capital coûte au pays
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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 05:31
Détente et politique (23)
Détente et politique (23)
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Détente et politique (23)
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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 07:07
Interdit d'interdire !
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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 05:02

Ci-dessous de larges extraits d'un article de J.-M. Toulouse du PARDEM

 

 

 

Le plan Macron s’inscrit dans les politiques régressives des trente dernières années. Mais si le président de la République est bien l’exécutant zélé et enthousiaste de la libéralisation en cours, il n’en reste pas moins que la main de fer est celle de l’Union européenne qui n’a cessé de bombarder des directives « santé » depuis plusieurs années et a même ouvert une brèche contre le monopole de la Sécurité sociale. 

 

Même tactique partout : affaiblir, paupériser, réduire les périmètres du service rendu pour préparer les esprits à la mise totale sur le marché. Les cheminots en savent quelque chose, comme les postiers !

 

La réalité est là : les instruments de destruction de l’hôpital public proviennent des dogmes du capitalisme : financement des investissements par les marchés financiers et non plus par le pôle public, tarification à l’activité (T2A) depuis 2004, privatisation de toutes les fonctions supports qui ne sont pas censées faire partie du « cœur de métier » de l’hôpital, diminution de l’offre de soin par la mise en place des GHT (Groupements hospitaliers de territoire), gestion allégée (« lean management ») du personnel (65 à 70% des budgets hospitaliers) par la gestion par la peur et la flexibilisation.

 

La loi HPST (hôpital, patients, santé, territoire), dite loi Bachelot, adoptée en 2009, est en réalité la transposition de la directive Services de l’Union européenne. C’est elle qui régionalise (Agences Régionales de Santé), met en poste des gestionnaires à la tête des hôpitaux, et fait entrer l’hôpital dans un modèle d’entreprise.

 

Les résultats sont éloquents : l’hôpital public est financièrement à genoux ! Ses personnels, dont les effectifs sont réduits, aussi. Les patients sont moins bien pris en charge et incités à avoir recours aux cliniques privées.

 

 

I) La vérole des marchés financiers dans l’hôpital public

 

Dans les années 1960-1970, tous les investissements hospitaliers étaient financés par les circuits publics ou semi-publics : subventions de l’État, des départements, parfois des communes, prêt sans intérêt de la Sécurité sociale. A cette époque, l’hôpital public était capable d’autofinancer le reliquat. La grande loi Robert Debré (qui créa les CHU en 1959) et la construction-rénovation des hôpitaux publics et leur maillage furent financés ainsi sans problème.

 

Depuis les années 1980-1990, les hôpitaux publics sont contraints d’avoir recours aux marchés financiers, c’est-à-dire aux banques pour obtenir des prêts avec intérêts. Les subventions sont devenues marginales, lorsqu’elles existent. Le résultat a été éloquent : l’affaire Dexia et ses emprunts toxiques et le déficit quasi général des hôpitaux. La FHF (Fédération hospitalière de France), plutôt réformiste et collaborationniste, l’évalue à 1,5 milliard d’euros en 2017.

Vu l'état du patrimoine hospitalier, qui souffre depuis longtemps de sous-investissement, Macron et Buzyn ne vont pas manquer de proposer ces contrats infernaux à toutes les directions hospitalières ! Il est vital de s'y opposer ! (1).

 

II) La tarification à l’activité (T2A), machine infernale de destruction du service public

 

Mise en place en 2004, avec le PMSI (Programme de médicalisation du système d’information), la T2A (tarification à l’acte) modélise les pathologies en GHM (Groupes homogènes de malades) et GHS (Groupes homogènes de soins). Il y en a plusieurs centaines et tous ont un tarif national. 70% des ressources de l’hôpital proviennent de la T2A. Ce système transforme l’hôpital public en entreprise productrice d’actes au détriment de la vocation hospitalière qui consiste en l’éducation thérapeutique, la prévention, le soin relationnel consacré au malade, ce qui demande du temps, les soins infirmiers.

 

 

III) La privatisation tous azimuts

 

Parallèlement on estime que l’hôpital public est incapable d’assurer ses « fonctions supports » : restauration, blanchisserie, maintenance, sécurité, voire laboratoire. Tous ces services autrefois très bien assurés par l’hôpital public sont bradés au secteur privé qui en fait son fromage au détriment de la qualité du service rendu et de la Sécurité sociale.

 

Bientôt l’hôpital n’aura plus rien de public et se contentera de coordonner les activités privées en son sein ! Déjà certains trusts privés se sont emparés de la chirurgie ou de l’obstétrique dans l’enceinte même de l’hôpital.

 

Le plan de Macron et de l’UE pour détruire l’hôpital public

 

IV) La mise en place des GHT, instrument de la réduction de l’offre publique de soins

 

L’installation des Groupements hospitaliers de territoire (GHT) est pratiquement terminée. Elle a pour but obligatoirement de créer de grosses structures (une à deux par département selon la population) afin de regrouper les services, de transformer des centres hospitaliers en établissements de moyen et long séjour à moindre frais, ce qui a pour conséquence d’éloigner les structures et services MCO (Médecine spécialisée, chirurgie et obstétrique) et les SAU (Services d’accueil d’urgence) des usagers, et de diminuer l’offre d’hospitalisation publique. Pendant ce temps Macron supprime la généralisation du tiers payant (seule mesure progressiste de la loi Touraine de 2016), n’augmente pas significativement le Numerus Clausus qui rationne le nombre de médecins formés, maintient une tarification qui favorise le secteur privé à but lucratif.

 

 

V) Le management par la peur et la flexibilité

Après la destruction tentée du statut des cheminots, c’est le statut de la fonction publique hospitalière qui est visé.

 

Avec le « lean mangement » (2), c’est une mise en tension permanente des personnels qui est sciemment et froidement organisée : recours aux CDD et à l’intérim (20% des effectifs), gestion et mutualisation des personnels en « pôles » qui justifie qu’une infirmière ou une aide-soignante soit affectée aujourd’hui en neurologie et demain en cardiologie, puisqu’elle est censée être « polyvalente », au détriment de la qualité des soins.

 

 

Les GHT entraîneront la suppression de services entiers, voire d’hôpitaux déclassés ou absorbés. La modification du mode de financement prévu dans le PLFSS de 2018, vise à expérimenter le paiement groupé (« payment bundle ») importé du modèle étasunien des organismes de soin responsables (« accountable care organization ») c’est-à-dire des tarifs de « prise en charge globale » associant hôpital et médecine de ville (ou cliniques) dans un cadre conventionnel regroupant des acteurs publics ou privés, ce qui peut être une porte d’entrée pour les assurances privées qui sont à l’affût de cette manne dont l’essentiel leur échappe encore.

 

VI) Le démantèlement de la Sécurité sociale par la diminution des cotisations et leur remplacement progressif par la fiscalisation.

 

Le PLFSS 2018 prévoit des baisses substantielles et scandaleuses de cotisations patronales qui atteindront 65 milliards d’euros en 2018 et 85 milliards en 2019, au nom de la « libération des entreprises » comme le claironne Gattaz et le Medef.

 

Comme on le voit, le capitalisme néolibéral marchandise tout, même les biens les plus communs comme la santé ! Demain ce seront la Sécurité sociale, les fonctions publiques, les retraites, le SMIC, les congés payés, toutes les conquêtes sociales du siècle dernier qui seront liquidées.

 

Il est temps qu’un coup d’arrêt soit signifié à cette équipe d’apprentis sorciers, porteurs de contre-révolution néolibérale !

  1. PPP : Il s’agit d’une forme de contrats administratifs, s’inspirant d’exemples étrangers, tels que la « Project Finance Initiative » lancée au Royaume-Uni en 1992. Ils ont été créés en France par une ordonnance du 17 juin 2004. Cet appareil juridique et financier permet à l'Etat et aux personnes publiques de « concéder » un ouvrage public (conception-construction-exploitation et maintenance) à une structure privée (en général un major des BTP) en contrepartie d'une redevance pendant un bail de trente ans (minimum) au terme duquel l'ouvrage public (usé et demandant de lourds travaux de rénovation) est rendu à la puissance publique ou à la collectivité territoriale. C'est ainsi que plusieurs hôpitaux ont fait l'objet de ce genre de contrats léonins ! Le principal d'entre eux, le CH SF (Centre Hospitalier Sud Francilien qui l’a refusé a fait ainsi une économie sur trente ans de quelque 800 millions d’euros !

Lean Management : méthode d’organisation visant à améliorer les résultats financiers de la structure au détriment de ce qui ne génère pas de plus value financière, entraînant la flexibilité du personnel et la polyvalence.

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