Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 16:28

À G., petite ville du Gers, dans un supermarché, les employés sont au smig, quand ils y sont. Le magasin tourne cahin-caha.

 

Le rayon boucherie est tenu par un pro très compétent, très sympathique. La clientèle se bouscule. On fait 30 kilomètres pour s’approvisionner chez lui.

 

Du coup, il demande une augmentation à son patron. En bon sarkozyste qui veut casser du salarié, le patron refuse. En bon Hollandiste qui prône la modération salariale, il justifie son refus. Avec l'argument qu'il croit massue : 500 chômeurs attendent ta place. Hé non, patron musclé mais pas malin. Comme s'il y avait 500 personnes capables, dans ce département, de tenir une boucherie de qualité...

 

L'employé boucher donne sa démission et ouvre une boucherie à 100 mètres de là. Succès fou. La boucherie du supermarché coule.

 

Si l’on m’avait dit, il y a quarante ans, à l’époque de Nicoud, que je soutiendrais le petit commerce, je ne l’aurais pas cru.

 

Le premier qui me demande qui peut bien être le jeune garçon au cabas gagne son poids en saucisson. La bouchère s'appelait Amandine.

 

 

Soutenons le petit commerce
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 08:23

N’étant pas économiste de profession et manquant de bases sérieuses, je me garderai bien de trancher. Je constate comme tout le monde que l’UE est une machine à fabriquer de la pauvreté (sauf pour 5% de la population) et du chômage (20 millions de sans emploi), la question étant de savoir si la monnaie unique contribue à ce désastre – auquel cas elle serait une arme dans la guerre que mène l’hyperbourgeoisie contre le reste des peuples. J’accueillerai très volontiers un argumentaire en faveur des côtés positifs de la monnaie unique pour le plus grand nombre. Mais comme disait ma grand-mère – et comme pensaient Bérégovoy et Barre, une monnaie forte sert ceux qui ont de l’argent ; une monnaie faible sert ceux qui n’en ont pas.

 

Une petite remarque en passant : j’ai lu quelque part que, sur 190 discours en un an de mandat, François Hollande avait prononcé 817 fois le mot « entreprises », 290 fois le mot « solidarité », 200 fois le mot « salariés ». L’euro ne devrait pas trop l’indisposer.

 

Pour en revenir à l’euro, je propose deux analyses expliquant pourquoi il faut l’abandonner. La première, radicale, de Jacques Nikonoff, porte parole du Mouvement politique d'éducation populaire, prône l’abandon immédiat de ce système :

 

 

« Bouclier » censé protéger de la spéculation, la monnaie unique était le moyen quasi miraculeux de terrasser toutes les difficultés : inflation, chômage, récessions… La crise de l’euro et de l’Union européenne, qui a éclaté fin 2009, a balayé ces croyances. Nos dirigeants s’acharnent pourtant à faire perdurer le mythe de sa monnaie « protectrice ».

 

La crise de l’euro traduit d’abord une fragmentation de l’Europe et de la zone euro. Le couple franco-allemand connaît un divorce de fait : la gestion de la monnaie s’est faite au détriment des intérêts de la France, mais aussi de la majorité de ses partenaires de la zone euro. Seuls les dirigeants allemands ont tiré profit de l’euro fort, ont engrangé les excédents commerciaux réalisés en grande partie sur les autres pays européens. Désormais, ils déséquilibrent dangereusement l’économie européenne, accentuent la situation d’endettement public des pays de l’Europe du Sud… et n’entendent pas montrer la moindre solidarité. La stratégie économique allemande est très néfaste. Est-il possible de se voiler la face plus longtemps ? De la droite à la gauche, il s’est fait en France un consensus qui accepte l’ordre monétaire néolibéral incarné par l’euro.

 

Le désordre économique ne va pas s’arrêter. Il faut prendre les devants, affronter les graves difficultés européennes et sortir à temps de l’euro.

 

L’euro interdit de véritables politiques sociales, industrielles et le plein-emploi. Il faut sortir de l’euro. Au plus vite !

 

 

 

 

Pour sa part, Oskar Lafontaine, ancien coprésident de Die Linke, propose, sur le site de Mémoire des Luttes, un nouveau système monétaire européen :

 

La politique européenne d’Angela Merkel est soumise à une pression croissante. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, mais également le président du conseil italien, Enrico Letta, ont critiqué sa politique d’austérité qui domine en Europe et qui conduit au désastre. Les dirigeants européens savent que les choses ne peuvent continuer ainsi. La situation économique se dégrade de mois en mois, et le chômage a atteint un niveau qui sape de plus en plus les structures démocratiques.

 

Les Allemands n’ont pas encore pris conscience que, du fait de leur paupérisation économique, les Européens du sud, y compris la France, seront tôt ou tard contraints de riposter à l’hégémonie allemande. Ils sont plus particulièrement soumis à la pression du dumping salarial pratiqué par l’Allemagne en violation des traités européens depuis le début de l’union monétaire. Angela Merkel se réveillera de son sommeil du juste quand les pays qui souffrent de ce dumping salarial se mettront d’accord pour imposer un changement de politique de gestion de la crise aux dépens des exportations allemandes.

 

Une monnaie unique aurait pu être soutenable si les participants s’étaient mis d’accord sur une politique salariale coordonnée et orientée vers la productivité. Pendant les années 1990, comme je pensais qu’une telle coordination était possible, j’étais d’accord avec la création de l’euro. Mais les gouvernements ont contourné les institutions créées en vue de cette coordination, plus particulièrement le dialogue macro-économique. Les espoirs selon lesquels la création de l’euro imposerait une attitude économique rationnelle de toutes les parties se sont révélés vains. Aujourd’hui le système est hors de contrôle. Comme Hans-Werner Sinn l’a récemment écrit dans le Handelsblatt, des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne doivent baisser leurs coûts d’environ 20 à 30 % par rapport à la moyenne de l’Union européenne (UE) pour atteindre un niveau approximativement équilibré de compétitivité, et l’Allemagne devrait les augmenter d’environ 20 %.

 

Toutefois, les dernières années ont montré qu’une telle politique n’a aucune chance d’être mise en œuvre. Une hausse des salaires, nécessaire dans le cas de l’Allemagne, n’est pas possible avec les organisations patronales et le bloc des partis néolibéraux formé par la CDU/CSU, le SPD, les libéraux et les Verts qui ne font que les suivre. Une baisse des salaires, qui signifie des pertes de revenus de l’ordre de 20 à 30 % en Europe du sud et même en France, conduira au désastre, comme nous le voyons déjà avec l’Espagne, la Grèce et le Portugal.

 

Si des réajustements réels à la hausse ou à la baisse ne sont pas possibles de cette façon, il devient nécessaire d’abandonner la monnaie unique et de revenir à un système qui rende possible les dévaluations et les réévaluations, comme c’était le cas avec le prédécesseur de la monnaie unique, le Système monétaire européen (SME). Il s’agit fondamentalement de rendre de nouveau possibles des dévaluations et des réévaluations à travers un système de change contrôlé par l’UE. Dans ce but, un strict contrôle des capitaux seraient l’inévitable première mesure. Après tout, l’UE a déjà mis en place cette première mesure à Chypre.

 

Durant une période de transition, il sera nécessaire d’aider les pays dont la monnaie subira de façon certaine une dévaluation pour soutenir son cours, y compris au moyen d’une intervention de la Banque centrale européenne (BCE), afin d’éviter un effondrement. Une condition préalable au fonctionnement d’un Système monétaire européen serait la réforme du secteur financier et sa stricte régulation, en s’inspirant des caisses d’épargne publiques. Les spéculateurs doivent disparaître.

 

La transition vers un système permettant des dévaluations et des réévaluations contrôlées serait graduelle. On aurait déjà pu commencer avec la Grèce et Chypre. L’expérience du « serpent monétaire européen » et du SME aurait dû être prise en compte.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:52

Le parquet a requis un non-lieu dans l'affaire Woerth-De Maistre-Bettencourt. Cette nouvelle m'a assommé !

 

 

Affaire Woerth-Bettencourt
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:49

Le Monde Diplomatique publie sur son site internet un article très intéressant sur le rôle néfaste joués par les sondages dans la vie de la démocratie.

 

Les sondages sont en train de modifier les règles du jeu démocratique, non seulement en affectant la légitimité des gouvernants élus, mais en chamboulant le temps de l’action politique, en déterminant ses objectifs. Nul besoin d’un changement constitutionnel. Il suffit de produire une opinion furtive et payante, par le biais d’entreprises privées, sur un marché autorégulé : une opinion publique atomisée et rémunérée par l’argent d’agents intéressés à sa production. Cette situation nouvelle sert les intérêts des sondeurs qui, de commentaires en commentaires, aussi futiles soient-ils, occupent les plateaux et les colonnes, alimentant ainsi leur narcissisme. Peut-être y voit-on déjà le symptôme d’un journalisme indigent en temps de crise : le commentaire de ceux qui n’ont plus rien à dire. On n’oubliera pas que les sondages ont apporté une ressource nouvelle aux journalistes qui peuvent s’ériger en interprètes de l’opinion publique face aux dirigeants politiques. Aucun statisticien ou sociologue n’accordant pourtant beaucoup de crédits aux sondages publiés chaque jour, il est significatif que toute une profession ne les entende pas et préfère écouter les sondeurs, donc les marchands. Là encore le désir de puissance par lequel les plus puissants des journalistes donnent des leçons de politique ou prodiguent bons et mauvais points, fait regretter qu’ils ne soient pas aux commandes. Quant aux responsables politiques, il semble qu’ils aient tout à craindre de cette élévation des sondages au rang de tests permanents de leur légitimité propre.

 

Le savent-ils ? Apparemment pas tous. Le 6 mai 2013, à l’occasion d’une émission de France 2 dressant un bilan de la présidence de François Hollande [2], le sénateur socialiste André Vallini a dû expliquer le volte-face du gouvernement sur la question de l’amnistie aux syndicalistes, amnistie que le sénateur socialiste avait lui-même voté dans la haute assemblée. Comment allait-il expliquer une telle incohérence ? André Vallini évoqua d’abord les manifestants violents hostiles au « mariage pour tous » et le besoin selon lui de ne pas encourager ce type de comportement. Dès lors que cette seule justification ne suffirait pas — car faire payer à des militants syndicalistes le comportement de militants de droite et d’extrême droite n’est pas d’une logique absolue —, André Vallini ajouta : « Et puis, les sondages sont là : 70 % des Français sont contre l’amnistie ! » Un parlementaire qui accepte que son propre vote pèse moins qu’un résultat concocté par une entreprise de sondages, c’est nouveau. Est-ce vraiment prometteur ?

 

L'article dans son intégralité est ici.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 06:52

S’attaquer aux travailleurs par le biais de la médecine du travail, cela devient très tendance, désormais, chez le patrons du public comme du privé. Je reproduis ici le début d’un article d’Alternatives Économiques  à ce sujet :

 

Un médecin du travail prié de rentrer dans le rang

 

Dominique Huez, médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon, est convoqué le mardi 7 mai par le Conseil de l’ordre des médecins pour une procédure de conciliation avec un employeur qui l’accuse de faute professionnelle.

 

Les médecins du travail peuvent-il attester d’une atteinte à la santé des travailleurs ? Le constat d’une altération de la santé mise en lien avec des facteurs professionnels est une de leurs compétences fondamentales. Et pourtant, c’est bien cette pratique au cœur le leur mission qui est aujourd’hui remise en cause par des employeurs, mais aussi par l’Ordre des médecins. La rédaction d’un certificat par le docteur Dominique Huez concernant un salarié de la Société Orys, sous-traitante d’EDF,  lui vaut en effet une convocation par le conseil départemental de l’Ordre des médecins d’Indre-et-Loire. Dans un courrier, adressé en mars 2013, il lui est demandé de se présenter devant la commission de conciliation suite à une plainte déposée par Orys. L’entreprise reproche au médecin du travail d’avoir « manqué à ses obligations professionnelles et déontologiques »

« Maltraitance »

 

Deux ans plus tôt, en décembre 2011, Dominique Huez, qui exerce à la centrale nucléaire de Chinon, reçoit en urgence médicale un salarié du sous-traitant. L’homme présente un état de santé réactionnel à sa situation professionnelle. Après un long examen médical, le médecin délivre au salarié un certificat médical dans lequel il mentionne que « l’enchaînement de pratiques de “maltraitances de son entreprise” en l’éloignant par rétorsion de son domicile, en lui imposant une fonction pour laquelle il n’a pas de compétences professionnelles et un non-emploi de ses compétences de chargé de travaux, ne peut qu’aggraver de façon délétère les conséquences de sa pathologie psychopathologique post-traumatique ». Pour l’avocat de la société Orys, « le médecin ne doit pas établir de certificat médical imprudent qui pourrait être, par la suite, sujet à interprétation tendancieuse ». Il faut préciser qu’entre-temps le salarié a saisi les Prud’hommes pour harcèlement moral et réclame des dommages et intérêts. Saisi par l’entreprise, le conseil départemental de l’Ordre va jouer un rôle de médiation. « Cette conciliation, précise le courrier reçu par le médecin du travail, a pour but de vous expliquer avec la personne représentant la SAS Orys devant deux membres du conseil départemental, elle permettra soit de trouver un terrain d’entente, soit en cas de non-conciliation la transmission de la plainte à la chambre disciplinaire de 1re instance. » Dominique Huez doit par ailleurs fournir par écrit des explications sur les griefs qui lui sont reprochés.

 

Lire la suite ici.

 
Une correspondante me fait passer le témoignage suivant :
 

J'ai lu l'article paru dans médiapart avec intérêt car je fais partie des "sceptiques" de l'ANI et de sa transposition.

Quand je regarde les choses avec mes anciennes lunettes de RRH, c'est génial ! Mais quand je me mets quelques instants à la place des salariés, c'est trés différent...

L'acquisition d'une caravane dans un tel contexte me semble une trés bonne idée pour des salariés d'une moyenne d'âge de 45 ans dont certains doivent en outre être perclus de TMS liés à des conditions de travaiol trés pénibles dans ce secteur d'activité.

- cela évitera d'avoir à mettre en vente son logement à vil prix sachant que si tous les salariés de cette entreprise font la même chose, le coût de l'immobilier partira en chute libre

- cela évitera que le conjoint quitte son travail, et se retrouve au chômage en dépit des belles promesses sur le papier des cabinets d'out-placement :  la réalité pour les salariés séniors est trés dure aujourd'hui. Juste un exemple proche puisqu'il s'agit de mon compagnon jeune sénior très sportif de juste 50 ans. Depuis septembre 2011 et malgré des recherches un peu partout,  il a travaillé 4 mois en intérim. puis ses recherches ont ensuite été complétement infructueuses pendant 7 mois.L'âge manifestement. Il est ravi ce jour d'avoir été contacté pour une mission d'intérim a priori de "longue durée".

Heureusement que nous n'attendons pas sa paie pour vivre. j'ai une pensée pour les personnes qui voient arriver avec angoisse  la fin de leurs droits aux indemnités assedic
La réalité aujourd'ui, c'est cela. Et je n'évoque même pas le cas des plus jeunes, qui peuvent encore vivre de l'argent de poche donné par leurs parents, tant que ceux ci ont encore de quoi vivre.

Je vais me mettre aussi à écrire des chroniques de la vraie vie en puisant dans les exemples autour de moi. 

Donc franchement, vu ainsi, la caravane, c'est une bonne idée ! A négocier dans l'accord...et pas pour de rire.

 

NB : j'invite aussi les syndicalistes à lire avant de négocier les documents en ligne sur les dispositifs locapass et mobilipass tels que réformés en 2009.  lls ont connu un coup de rabot sans précédent depuis cette époque. Personne n'a évoqué ces réformes faites en catimini.  Inutile de compter sur ces dispositifs pour une quelconque aide à la mobilité ou à la location désormais. Donc un conseil que je glisse aux syndicats qui accepteraient de négocier des accords de mobilité : surtout qu'ils s'entourent de conseils et prévoient des aides aux salariés financées par l'entreprise directement en plus de locapass et mobilipass.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 07:39

Dans Le Grand Soir, Théophraste R. revient sur cette horrible séquestration qui devra à jamais rester gravée dans nos mémoires :

 

Les victimes ont été enlevées il y a respectivement 10 ans, 9 ans et 11 ans. Des chaînes et des cordes ont été retrouvées dans leur geôle. Elles avaient si peur de ne plus jamais être libérées, de ne jamais rien connaître d’autre que la maltraitance et les humiliations, que 100 d’entre elles se sont mises en grève de la faim.

 

Et le drame de ces victimes encagées dans la base US de Guantanamo émouvrait les Etats-unis, et vous arracherait des larmes, et ferait l’objet de discussions au boulot ou à l’apéro, si on vous en avait autant parlé que des 3 jeunes filles qui ont la chance d’être nées dans l’Empire, qui s’en sortent vivante et dont la fortune est faite : comptez sur les médias qui se disputent déjà le futur manuscrit.

 

Non, je ne minimise pas le drame de ces trois femmes : je râle contre les larmes et émotions sélectives.

 

Théophraste R.

 

PS. Aux dernières nouvelles, les kidnappeurs de Guantanomo (G. Bush et B. Obama) courent toujours. Il faut pourtant ajouter à leur méfait la séquestration prolongée de 5 (aujourd’hui 4) antiterroristes cubains.

 

Sur la photo, de gauche à droite : Bush, Cheney, Rumsfeld

 

 

 

L'horrible séquestration
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 08:21

Le « socialiste » Lionel Jospin, le plus grand privatiseur de l’histoire de France (27 milliards d’euros en cinq ans), parlait de « respiration ». Le solférinien Moscovici utilise le mot « dégagement » : « Nous envisageons que dans un certain nombre d’entreprises publiques où le taux de participation de l’État est très important nous puissions dégager une partie pour financer de l’investissement. Pas pour boucher les trous du budget. »

 

Cela va sans dire : il n’y a aucun trou à boucher. On finance, on investit, on fait de la grande politique.

 

Les « socialistes » n’ont pas le monopole des privatisations. Ni celui, loin s’en faut, des nationalisations. Chirac a privatisé TF1, la Société Générale (qui s’apprête à licencier à tour de bras alors qu’elle fait des bénéfices) ou Suez. Balladur privatisa, entre autres fleurons nationaux juteux, Rhône Poulenc, Elf, Total.

 

En 1990, Rocard avait partiellement privatisé Renault, nationalisée par De Gaulle qui voulait faire payer à Louis Renault son attitude collaborationniste et qui estimait, par ailleurs, que l’État devait orienter la politique de l’industrie automobile. Puis, avec Jospin, ce fut le pompon : ouverture du capital d’Air France en 1999, privatisation partielle des autoroutes en 2001 (les actionnaires raflent près d’un milliard d’euros l’années suivante), le GAN en 1997 (bradé dans des conditions très douteuses), le Crédit Lyonnais en 1999, ouverture du capital de France Télécom en 1997 (pour 42 milliards de francs, alors que l’entreprise était florissante et peut-être la plus performante au monde dans le domaine), Thomson Multimédia (partiellement), l’Aérospatiale (autre fleuron exceptionnel).

 

Il faut être « socialiste » pour privatiser les routes et revenir au moyen âge. À une échelle plus modeste, le maire technocrate solférinien d’Auch a rendues payantes quelques places du parking municipal situé devant le palais de Justice.

 

 

Sans avoir l’air d’y toucher, le gouvernement Ayrault a déjà commencé sa besogne. En mars, l’État a cédé 3,12% de l’équipementier aéronautique Safran (perdre le contrôle de » ce groupe de très haute technologie, c’est malin ; en avril 3,66% du capital d’EADS, sans que l’on sache, d’ailleurs, qui sont les bénéficiaires. La transaction a rapporté 1,19 milliard d’euros. On rappellera qu’EADS était détenu pour moitié par l’Allemagne et la France, avec l’aide de l’Espagne. Aujourd’hui, Daimler-Allemagne est le principal actionnaire (22,7 %), contre Sogeade-France (19,04 %) et Sepi-Espagne (5,40 %). Daimler est lui-même détenu par des capitaux allemands pour 40,9 % seulement. Ses autres principaux actionnaires sont les Émirats arabes unis et le Koweit.

Aujourd’hui, Montebourg s’est déclaré en faveur de la baisse de la participation de l’État chez EDF et GDS-Suez (dont les actionnaires de référence sont des proches de Sarkozy qui y font la loi).

Les entreprises nationales françaises ayant toujours été — à quelques exceptions près – très rentables, le fondement des privatisations est idéologique. Moscovici, Hollande, Montebourg font du Jean-Marc Syslvestre en grandeur nature.

 

En attendant la privatisation totale des prisons. Mais à une condition : qu'il y ait davantage de prisonniers.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 06:48

C'est du moins l'analyse de Paul Ariès :

 

Le politologue avait appelé à manifester dimanche à Paris avec le Front de gauche. Une mobilisation contre la politique du « parti solférinien », mais aussi, selon lui, une première « historique ».

 

Auteur de nombreux livres et rédacteur en chef du Sarkophage, Paul Ariès est une des références du courant de la décroissance. Après des années passées à marier l’écologie et le socialisme, il se définit comme « objecteur de croissance, des gauches et amoureux du bien vivre ». Signataire d’un des appels à la « Marche citoyenne contre la finance et l’austérité, pour la VIe République », nous lui avons demandé d’en exposer les raisons.

Pourquoi soutenez-vous la mobilisation du 5 mai ?

On ne prend pas encore assez conscience de ce que signifie historiquement cette initiative collective. Pour la première fois de l’histoire, les gauches politiques, mouvementistes, intellectuelles manifestent unitairement contre le PS (le « parti solférinien ») et sa politique austéritaire. Pour la première fois de l’histoire, le peuple de gauche marche contre un gouvernement qui se revendique de lui.

Nous l’avons fait, riches de notre diversité, pour exprimer deux choses : pour dire que la gauche existe encore et exprimer la colère du peuple contre les élites. Non seulement « Hollandréou » et son équipe donnent raison à Margaret Thatcher et à son TINA (There is no alternative, en français « Il n’y a pas d’autre choix ») en expliquant qu’il n’y aurait pas d’autres politiques possibles que de faire payer la crise aux pauvres, qu’il faudrait se serrer la ceinture pendant deux ans, avant un hypothétique retour de la croissance économique écologiquement dévastatrice, mais le parti solférinien a aussi fini de se discréditer moralement, des affaires DSK à l’affaire Cahuzac. Les indignés du monde entier expriment cela fort bien : « Ils ne nous représentent pas ! » « Qu’ils s’en aillent tous ! ».

Oui, Mélenchon a raison de témoigner qu’une autre politique est nécessaire et possible et que nous y sommes prêts. Nous travaillons à cette refondation d’un projet de gauche écosocialiste depuis des années et ceci dans le respect de nos différences, en faisant de notre diversité une richesse et non pas une source de division.

Pour notre part, nous avions publié en 2011 un ouvrage collectif « L’Altergouvernement » (Le Muscadier) dans lequel 18 militants, intellectuels des gauches se prêtaient au jeu de se mettre en situation de pouvoir, en se demandant ce qu’il serait possible de faire si nous étions ministres. Ce sont des centaines de propositions cohérentes de rupture et de refondation d’un projet véritablement de gauche qui ont été mises en débat.

 

Lire la suite dans les colonnes de Politis.

 

Pour sa part, Jean-François Kahn dénonce les factieux de droite sur le site du Huffington Post.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 05:58

Frédéric Vivas, qui n'est plus un inconnu pour les lecteurs de ce blog, tient lui-même un blog que je visite régulièrement. Je reprends ici un très fort texte où il nous parle de sa condition de travailleur précaire.

 

 

 

De quoi le formateur-vacataire est-il le nom ? 

MOINS QU’UN AGENT DE SÉCURITÉ


Avec plus de 20 ans d’expérience professionnelle et deux masters, je suis formateur-vacataire et je gagne moins qu’un agent de sécurité. J’y lis quelque chose de l’ordre social. L’agent en question sert la protection des biens et des marchandises. Il fait passer les usagers sous le portique de la société sécuritaire. Ça se paie.


Si mon salaire et la précarité de mon emploi contrastent avec le prestige de mon gagne-pain, j’ai quelques avantages. Je ne suis pas toujours sur le front. J’ai du temps pour écrire. Du temps pour jouer au correspondant de guerre. Devant une classe, un groupe en formation, dans les soirées en villes, mon statut luit comme une médaille sur un plastron effiloché. J’ai la veste encombrée de banderilles honorifiques.


Il y a une astuce que les précaires apprennent très tôt. Elle consiste à ne pas dévoiler le montant de sa rémunération. Il faut savoir réagir en milieu hostile. Ne pas perdre la face devant le groupe. Chut ! Ne pas dire que chaque mois son compte postal s’enorgueillit de recevoir moins que le Smic. Ou tout juste un peu plus. Ne pas dire que l’on a une Electron. Une carte de pauvre qui ne passe pas au péage, dans certaines stations service. Celle qui fout la honte quand, à la caisse, on attend deux plombes la demande d’autorisation.


Ne pas tout dire, c’est la règle de la grande muette. Ce non-dit stratégique fait le jeu des organismes, qui ne se voient pas accusés de sous-employer ses experts.

UNE TECHNIQUE DE MANAGEMENT


Pourtant, je me présente comme un représentant de l’institution.


J’ose même dire le mot, de belles institutions, écoles, dont le prestige est national et international. Je forme des demandeurs d’emploi, des jeunes en cursus professionnel, mais aussi des cadres, des directeurs. Je bénéficie de l’aura de ces organismes, de leur réputation. Mais mes poches crevées n’égrainent pas grand chose . Il m’est arrivé quelques fois de ne pas pouvoir accompagner les stagiaires à la cantine institutionnelle. Mais je ne peux rien lâcher à ce sujet.


Le niveau de mon salaire passerait pour un témoignage d’incompétence professionnelle.



Pour François Rabelais : « Le riche mange quand il a faim, le pauvre quand il a de quoi ». Quand j’ai faim, je lis Rabelais ! Parfois, quelques mois dans l’année, je partage le sort de ces six millions de français qui vivent avec moins de sept cent cinquante euros par mois. Je fais l’exercice personnel de la décroissance.


Je sais pourtant qu’en masquant le binôme compétences-salaire, je fais le jeu du système qui m’emploie et je perpétue ma précarisation. J’ai l’impression d’être l’objet et l’agent de ma propre aliénation, d’y participer tout au moins.


Je, variable d’ajustement.


Ce n’est pas une expression, c’est la réalité même. De nombreux organismes trouvent normal, oserais-je dire légitime, de verser le salaire des vacataires deux mois, trois mois, voire six mois après la fin de leur mission. J’ai donc deux avantages : celui d’un journalier que l’on embauche à la demande. Travail jetable. Je participe nonobstant à l’administration différée des actifs disponibles. Paiement sous quatre vingt dix jours, comme pour un fournisseur de cuisine en kit.


Je, variable de trésorerie.

Suis-je le seul ? Pas si sûr. Le faible taux d’embauche et le fort taux de diplômés jettent sur le marché du travail des formateurs fragilisés qui finissent par se faire à l’idée qu’ils sont remplaçables à l’envie. « La concurrence pour le travail se double d’une concurrence dans le travail qui est encore une forme de concurrence pour le travail » . Pour Pierre Bourdieu, cette concurrence généralisée, ce « chantage au débauchage », est au principe d’une lutte contre tous, qui peut annihiler les valeurs de solidarité…


Cette insécurité permanente, ce mode de domination qui contraint parfois les travailleurs à la soumission, portent les noms de flexibilité, d’exploitation, de « flexploitation ».


J’ai parfois la sensation de vivre une époque un peu punk. Où l’avenir incertain paraît interdire toute forme d’anticipation . No Future !


Mais les directeurs ou les responsables de formations ne tournicotent pas tous comme des girouettes. De-ci, de-là, des sœurs et des frères humains, qui n’ont pas oublié l’éthique éducative, me préservent des marges de manœuvres. Ils ne jouent pas au jeu de la rivalité des précaires. La compétition reste sur les terrains de sport.



Peu de consignes pour construire un module. Je laisse libre court à ma créativité, pour ne pas rétrécir plus encore la mise en œuvre de mes imaginaires.


Parfois même, des heures se rajoutent à mes contrats, comme soustraites à l’institution cannibale, rémunération du travail informel, du travail gratuit, de la recherche hors-sol… C’est là que je consens à penser la « liberté de l’acteur ». Dans les interstices de l’espace institutionnel. Ce qu’Erving Goffman appelle « la vie clandestine de l’organisation ». Je suis un spécialiste des espaces vacants. Un statut entre parenthèse. Sans reprise des négociations.


Aux yeux des employeurs, j’ai bien des avantages.

UNE BRIGADE MOBILE


Dans mon travail, au quotidien, je ne râle jamais si la salle est trop petite. Si les feutres ne marchent pas. Si le tableau blanc est noirci ou rayé en son sein. Si les stagiaires sont trop nombreux. Si les néons attisent les froideurs. S’il fait trop chaud. Si la porte ne ferme pas à clefs. Si je crains à la pause de voir disparaître mes effets personnels, seuls biens que je possède. Si l’on entend à travers le mur le cours du collègue. Si un institutionnel vient assister à mon cours pour « mieux valoriser la prestation auprès des stagiaires ». Sous entendu, mieux la contrôler sous prétexte de mieux la vendre. Je ne râle pas s’il n’y a pas de paper-board. De ça, je ne dirais pas grand-chose. Le temps apprend au « vaque à terre » à y rester. J’amène mon nécessaire. Mes marqueurs aussi, au cas où. Je viens même équipé d’un ordinateur portable, d’un vidéoprojecteur. Parfois même, avec les photocopies pour stagiaires. Rarement, un institué s’en amuse. « Vous êtes bien chargé ! ». Je suis une sorte de cellule autonome, sorte de brigade ambulante, toujours prêt à intervenir sur les théâtres des opérations pédagogiques.


Pourquoi suis-je appareillé de la sorte ? Pourquoi ne pas commander ce matériel à l’institution employeuse ? Parce que pour les obtenir, il faut les réserver à l’avance. Revenir sur son lieu de travail pour les rendre, car à la fin des cours, les bureaux sont fermés. Parce qu’à propos de la réservation du matériel pédagogique « le formateur vacataire n’est pas prioritaire ». C’est ce que je m’entends dire, quelque fois.


Je fais tout cela pour gagner du temps, pour éviter les espaces encombrés par les institutionnalisés. La plupart du temps, c’est en dehors de l’institution que se reproduisent les supports pédagogiques destinés aux stagiaires.


Je travaille chez moi pour préparer mes cours. Je peux concilier travail et vie de famille. Mais dans ma maison-travail, le papier, l’électricité, les livres et les recherches, c’est pour ma pomme. Pas un sou à racler par l’institution. Je pallie les insuffisances du formel par de l’informel externalisé. Je suis un sous-traitant désinstitué qui ne peut faire grève. On n’a même pas à me licencier puisque je suis un journalier.


Je, armée de réserve.

 

Alors, se pose la question des incidences de cette précarisation sur mon enseignement.


Comment vais-je apprendre aux autres à désapprendre si je ne suis pas conscient des déterministes qui me traversent ? Comment vais-je accompagner l’autre dans son insertion, lui proposer des outils pour sortir de son errance alors que je suis moi-même mis sur la touche. Ironie du sort : je suis un remplaçant, un de ceux qui ne fait pas encore partie de l’équipe et qui doit apprendre aux autres à jouer collectif.


Faudrait-il y voir dans ma condition la source d’une conscience de classe ? La précarisation, ça réveille parfois.


Ça pousse même à prendre la plume.


Avec le temps, je n’espère plus rien. Pas un statut durable. Je finirais presque par m’accoutumer de ma précarité quand, parfois, dans une réunion, au sujet d’une formation à venir, je suis parfois le seul à ne pas être rémunéré. Là, un directeur, là un responsable de formation, ici un chef de service, là un formateur en CDI et mézigue payé en monnaie de singe. En pratique, le formateur vacataire et le formateur en poste interviennent parfois sur des contenus similaires, dans des conditions similaires exécution. Même contenu. Même classe d’élèves. Pas le même salaire ni le même statut.


Ainsi donc, les organismes de formations participeraient à l’institutionnalisation de l’inégalité de fait ? C’est donc contre les valeurs mêmes de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qu’ils agiraient. Cette déclaration qu’ils affichent pourtant dans leurs couloirs ? Je n’ose le croire !


Quelques fois, je l’avoue, je me surprends à regretter un de ces patrons dits « libéraux » qui ne parfument pas mon taux horaire journalier avec des arguties pseudo-éthiques, des ergotages prétendument militants. Avec lui, je sais à quoi m’attendre. Mais je ne peux m’y résoudre !


De temps à autre, l’esclave forge ses propres chaînes. De temps en temps, le coq est libre dans un poulailler libre, comme le renard libre tapi dans la forêt adjacente.


La liberté, c’est ce que l’on observe lorsque l’on ne regarde pas le système qui enserre.

 

 

UNE STRATÉGIE DÉFENSIVE


Je me mets parfois à la place de mes employeurs. Ceux que j’entends parfois s’indigner du monde comme il va !


S’afficher contre les logiques néolibérales et les ravages du capitalisme alors que dans le même mouvement on les pratique suppose de se carapacer l’âme.


Que l’on s’en indigne là-bas mais que l’on y participe ici, au sein même de son entreprise, nécessite la mise en œuvre de stratégies conscientes et inconscientes, individuelles et collectives. Le psychanalyste Christophe Dejours appelle cela des mécanismes de défense. Il s’agit de séparer la souffrance au travail de l’injustice sociale. L’adhésion au discours économiciste - au discours capitaliste - est une manifestation du processus de « banalisation du mal » .

Ce mécanisme de protection permet d’occulter sa propre complicité, sa collaboration et sa responsabilité dans le fonctionnement ordinaire du système libéral.


Autre chose encore, les logiques évaluatives, les démarches qualités gagneraient à calculer le taux d’emplois pérennes. À titre d’exemple, les trois plus importants organismes de formation en travail social en Midi-Pyrénées, totalisent 87 formateurs permanents contre 882 formateurs occasionnels . L’expérience ponctuelle de spécialistes et l’emploi à temps partiel des intervenants dans des établissements sociaux ne suffisent sans doute pas à expliquer le faible taux de titularisation (proche de 10 %) dans un secteur théoriquement attentif aux conséquences de la précarisation.


On a l’impression que les organismes, devant l’étal des compétences font leur marché au plus juste de ce qu’ils estiment être leurs besoins. Ici un spécialiste du droit, là de psychologie sociale, là encore de sociologie. Des experts à bas coût. Interchangeables. Des forces vives, souriantes et disponibles. Ce n’est pas illégal !

UNE CONTRE-OFFENSIVE


En 2005, Anne Parisot, présidente du Medef n’affirmait-elle pas « Il m’est insupportable de penser que la liberté de faire ou même la liberté de penser finissent là où commence le droit du travail » . Comment peut-elle séparer la liberté du droit ?


La sarkosysation des esprits n’est pas l’apanage de ceux qui affichent les vertus de la concurrence ou d’un supposé marché libre et non faussé. Elle est interne, incorporée. In your head. My head. Dans l’entreprise, près de chez soi. Chez nous, quoi ! La vacatairisation du monde du travail n’est qu’une autre forme du contrôle social et de la soumission à l’ordre économique dominant.


Et si Marx avait raison ? Le formateur-vacataire n’est pas un artefact du capitalisme . Il en est la substance même. Précarité du statut. Concurrence entre travailleurs. Production de plus-value. Travail gratuit. Externalisation de production à domicile. Sous-traitance. Réduction des avantages sociaux. Pas de grève. Pas de treizième mois. Peu de contestation sociale.


Je vie une époque où l’emploi durable est une espèce en voie de disparition, où la culture et la formation se marchandent, où les politiques d’État désertent les services publics.


L’éthique sociale ne saurait se satisfaire d’une généralisation des temps partiels. Le vieux monde est moribond. Je repense à l’expression de Jaurès. En collectif, solidaires, rallumons tous les soleils .

 

1 Je suis un formateur employé à la vacation qui n’occupe pas jusqu’à présent d’autres emplois rémunérés. Dans la profession, les formateurs peuvent être embauchés en CDI, en CDD, ou bien occuper un temps partiel en institution, être auto-entrepreneur. Les responsables de formation peuvent également enseigner… J’énonce ici la limite de cette photographie néanmoins caractéristique d’une forme moderne de précarité.

2 A. Rimbaud, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1972.

3 F. Rabelais, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1994.

4 P. Bourdieu, « La précarité est partout », in Contre-feux, Paris, Raisons d’Agir, 1998.
5 Voir également P. Bourdieu, « La précarité est partout », in Contre-feux, Paris, Raisons d’Agir, 1998.
6 A. Arendt, Les origines du totalitarisme ; Eichmann à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2002.

 

Bibliographie

A. ARENDT, Les origines du totalitarisme ; Eichmann à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2002.
ATTAC, Pauvreté et inégalités, ces créatures du néolibéralisme, Paris, Mille et une nuits, 2006.
P. BOURDIEU, Contre-feux, Paris, Raisons d’Agir, 1998.
C. DEJOURS, Souffrance en France, la banalisation de l’injustice sociale, Paris, Seuil, 1998.
G. FILOCHE, Carnets d’un inspecteur du travail, Paris, Ramsay, 2005.
G. FILOCHE, Le travail jetable, sur-travail, sous-travail ou sans-travail, Paris, Ramsay, 1997.
J. JAURES, Rallumer tous les soleils, Paris, Omnibus, 2006.
P. MOLINIER, Les enjeux psychiques du travail, Paris, Payot et Rivages, 2008.
F. RABELAIS, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1994
A. RIMBAUD, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1972
R. SAINSAULIEU, L’identité au travail, Paris, Presses de Sciences Po, 1977.
D. SCHNAPPER, L’épreuve du chômage, Paris, Gallimard, 1981.

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 14:13

Ci-dessous, le début d'un article de John Pilger :

 

Dans le sillage du départ de Thatcher, je me rappelle ses victimes. La fille de Patrick Warby, Marie, était l’une d’entre elles. À cinq ans, elle souffrait d’une difformité intestinale et avait besoin d’un régime alimentaire spécial. Sans lui, la douleur était abominable. Son père était un mineur de Durham et avait utilisé toutes ses économies. C’était l’hiver 1985, la grande grève avait été lancée depuis près d’un an et la famille était ruinée. Bien que le département de la sécurité sociale n’ait pas nié son éligibilité, il a refusé d’accorder de l’aide à Marie. Plus tard, j’ai obtenu les archives de l’affaire démontrant que le cas de Marie avait été rejeté parce que son père était « affecté par un conflit de travail ».

La corruption et l’inhumanité sous Thatcher n’avaient aucune limite. Quand elle est arrivée au pouvoir en 1979, Thatcher a demandé un embargo complet sur les exportations de lait vers le Vietnam. L’invasion étasunienne avait provoqué la malnutrition chez plus d’un tiers des enfants vietnamiens.

J’ai été témoin de bien des visions d’horreur, dont des bébés devenant aveugles en raison d’une carence en vitamines. « Je ne peux pas tolérer cela  », disait un médecin angoissé dans un hôpital pédiatrique de Saigon, alors que nous regardions mourir un jeune garçon. Oxfam et Save the Children avaient expliqué au gouvernement britannique la gravité et l’urgence de la situation. Un embargo mené par les États-Unis avait forcé une hausse locale des prix du kilo de lait, dix fois plus cher que le kilo de viande. Beaucoup d’enfants auraient pu recouvrer la santé avec le lait, mais l’embargo de Thatcher a été maintenu.

 

Lire la suite dans colonnes du Grand Soir.

 

  

Dans le sillage du départ de Thatcher, je me rappelle ses victimes. La fille de Patrick Warby, Marie, était l’une d’entre elles. À cinq ans, elle souffrait d’une difformité intestinale et avait besoin d’un régime alimentaire spécial. Sans lui, la douleur était abominable. Son père était un mineur de Durham et avait utilisé toutes ses économies. C’était l’hiver 1985, la grande grève avait été lancée depuis près d’un an et la famille était ruinée. Bien que le département de la sécurité sociale n’ait pas nié son éligibilité, il a refusé d’accorder de l’aide à Marie. Plus tard, j’ai obtenu les archives de l’affaire démontrant que le cas de Marie avait été rejeté parce que son père était « affecté par un conflit de travail ».

La corruption et l’inhumanité sous Thatcher n’avaient aucune limite. Quand elle est arrivée au pouvoir en 1979, Thatcher a demandé un embargo complet sur les exportations de lait vers le Vietnam. L’invasion étasunienne avait provoqué la malnutrition chez plus d’un tiers des enfants vietnamiens.

J’ai été témoin de bien des visions d’horreur, dont des bébés devenant aveugles en raison d’une carence en vitamines. « Je ne peux pas tolérer cela  », disait un médecin angoissé dans un hôpital pédiatrique de Saigon, alors que nous regardions mourir un jeune garçon. Oxfam et Save the Children avaient expliqué au gouvernement britannique la gravité et l’urgence de la situation. Un embargo mené par les États-Unis avait forcé une hausse locale des prix du kilo de lait, dix fois plus cher que le kilo de viande. Beaucoup d’enfants auraient pu recouvrer la santé avec le lait, mais l’embargo de Thatcher a été maintenu.

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article