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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 04:56
 
Á lire cette dense réflexion d'Évariste
 

L’ex-Tchécoslovaquie s’est scindée. L’ex-Yougoslavie s’est scindée en de nombreux nouveaux États. De nouvelles demandes de balkanisation sont de nouveau faites au sein de ces nouveaux États. Est-ce mieux aujourd’hui ? L’Ukraine est aujourd’hui divisée, même si ce n’est pas acté par les autres pays. La Grande-Bretagne, l’Italie, la France, l’Espagne, la Belgique sont soumises à des « désirs d’indépendance ». Qu’en penser ? 

 

D’abord, notons que le processus d’autodétermination des peuples a d’abord été conçu dans des cas de colonialisme ou de refus d’application des principes universels des dominants. Aujourd’hui, ce sont des régions plus riches qui ne veulent plus « payer pour les plus « pauvres » », comme la Catalogne, l’Italie du Nord, la Flandre par exemple. Doit-on accepter cela sans en débattre ? Ou des régions dirigées par une classe politique corrompue qui souhaitent ne plus être contrôlées par un pouvoir central tout aussi corrompu que lui ? Ou un choc entre deux nationalismes ? Doit-on accepter cela comme un exotisme sympathique ? Et comment ne pas s’apercevoir que les indépendantistes de tout poil tentent de dire à l’Union européenne qu’ils seront plus dociles que leurs États-nations actuels! Les directions des régions qui demandent l’indépendance sont celles qui sont néolibérales XXL ! 

 

 

Pour l’oligarchie capitaliste, exit la question sociale, vive l’affrontement entre les nationalismes 

 

Idem pour les questions laïque et écologique ! En avant pour le développement des extrêmes droites (l’Ukraine en est un bon exemple avec la mise en orbite d’organisations néo-nazies dans les sphères du pouvoir sous couvert de « société civile ») et bientôt de l’islamisme politique en ex-Yougoslavie. Mais cela sera pour autre chronique ! 

 

Et est-ce que l’Europe des régions tant prônée par les ordolibéraux  européens (L’ordolibéralisme est la cage de fer du néolibéralisme dans l’Union européenne) n’est pas en elle-même un point de passage qu’ils jugent indispensable pour supprimer les résistances des États-nations à la domination sans partage d’une oligarchie européenne ne rêvant que de « concurrence libre et non faussée » entre différentes oligarchies mondiales, chacune à la tête d’un impérialisme ? Est-ce que les travailleurs ont à gagner dans ce projet ? Tout montre que la ligne de plus grande pente reste l’augmentation des inégalités sociales de toutes natures en Europe avec des directives européennes visant à faire baisser les salaires pour augmenter les taux de profits réels. 

 

Tout montre que c’est l’oligarchie capitaliste ordolibérale européenne qui est aujourd’hui le fer de lance de la fédéralisation européenne avec la destruction des quelques procédures démocratiques existant encore dans les États-nations. Ainsi se prépare dans le dos des peuples le futur traité européen ainsi que les traités internationaux qui seront encore plus surplombants aux lois françaises dans la hiérarchie juridique ; comme par exemple l’Accord économique et commercial global (AECG) – que des militants de la gauche française appellent Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) car ils ont sans doute décidé que notre langue nationale était devenu l’anglais – est aujourd’hui supérieur aux lois françaises alors que ce texte n’a même pas été ratifié par le Parlement français ! Est aussi en discussion le Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI) – que des militants de la gauche française appellent plutôt Transatlantic Free Trade Agreement (TAFTA) sans doute aussi parce qu’ils se sentent plus modernes en voulant que l’anglais devienne la langue nationale française  qui déroge au droit positif français dans l’abaissement des normes et dans le remplacement des tribunaux publics par des arbitrages privés avec des juges formés par les firmes multinationales. 

 

 

Oui à l’apprentissage public des langues régionales et minoritaires, non à la ratification de la charte du même nom ! 

 

Est-ce qu’une langue ou une culture doit obligatoirement être organisée dans un État-nation pour prospérer ? Si l’on partage la thèse de Jaurès, les langues régionales et minoritaires doivent pouvoir prospérer dans un État-nation, être enseignées à l’école comme les langues étrangères par exemple sans que pour cela, elles puissent avoir le même statut que la langue nationale. Donc refuser de ce point de vue la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires est une position juste. 

 

 

Oui à l’auto-organisation populaire, non au choc des nationalismes 

 

Est-ce que le buzz médiatique sur le caractère néomoderniste du démembrement des États-nations en régions ne permettrait-il pas de cacher la diminution de l’emploi industriel (sauf en Allemagne bien sûr !) et le bradage des entreprises françaises de pointe, alors qu’il ne peut y avoir de lutte contre le chômage sur la durée sans réindustrialisation de la France avec transition énergétique ? 

 

Tout est bon pour diviser le monde du travail, pour substituer à la lutte des classes, la lutte religieuse, la lutte des ethnies, la lutte des nationalismes. Sans doute l’écroulement des partis socialistes et communistes, les nouvelles stratégies populistes de gauche et l’émiettement syndical sont des moments propices pour détourner les travailleurs et leurs familles des revendications démocratiques, laïques, sociales, féministes et écologiques, à un moment où le modèle politique alternatif n’est pas clair dans toutes les têtes ! 

 

Tout est bon pour supprimer les États-nations qui sont encore un frein à l’expansion d’un néolibéralisme transnational. Là encore, il y a un lien fort entre le néolibéralisme qui ne veut face à lui que des entités sans force et le « small is beautiful » de la gauche communautariste européenne. 

 

Tout est bon pour faire en sorte qu’en Flandre, en Catalogne, en Italie du Nord, ce soit la droite néolibérale et le patronat qui soient aux affaires en sommant la gauche de se diviser pour ne plus être une alternative crédible. 

 

Toute augmentation du pouvoir des régions ne sera jamais suffisante. Le but de l’Europe des régions est bien celui d’en faire une Europe du capital sans opposition conséquente. 

 

On ne peut pas dire d’un côté qu’il faille sortir du carcan de l’Union européenne et de l’autre côté, soutenir ceux qui en sont les plus fervents (les néolibéraux de la Flandre, de la Catalogne et de l’Italie du Nord avec un pouvoir fort dans ces régions en alliance avec le patronat). 

 

L’avenir du monde ne se fera pas avec une entité supranationale aux mains de l’oligarchie capitaliste avec des infranationalismes provinciaux et exotiques pour le tourisme. Le soutien aux oligarchies capitalistes par des mouvements d’extrême gauche plus ou moins communautaristes est la pire des solutions. Leur abandon de l’internationalisme et leur fuite en avant dans le soutien au « small is beautiful » communautariste sans solidarité est affligeant. Nous n’avons pas d’autre voie que celle de Jaurès qui refusait de soutenir un impérialisme contre un autre. Nous dirions aujourd’hui un néolibéralisme contre un autre. 

 

 

Est-ce que la balkanisation de l’Europe est un bienfait pour l’humanité ?

 

Voyons les causes de cette séquence 

 

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Pour quatre raisons. La première est, comme nous l’avons déjà dit ci-dessus, le fait que l’oligarchie capitaliste cherche à nous diviser et nous appelle à soutenir un néolibéralisme plus petit mais plus néolibéral contre un autre pour nous détourner de nos objectifs laïques, démocratiques, sociaux et écologiques. Nous ne devons pas tomber dans le panneau. 

 

La deuxième est que les directions néolibérales des États ne sont pas capables de proposer un avenir autre que l’individualisme forcené du combat de chacun contre tous. Et pour cela, elles ont besoin de tuer la citoyenneté et la solidarité pour promouvoir le fait que le lien entre les individus isolés soit principalement effectué par une recomposition autour de liens essentialisés ethniques ou religieux. 

 

La troisième est que les directions néolibérales sont incapables de proposer un destin désirable commun aux citoyens. Raison de plus de ne pas les soutenir. 

 

La quatrième est le déni de démocratie dans les États-nations à direction néolibérale. Au contraire, nous devons combattre ce déni et non accepter seulement du collectif sans démocratie ! 

 

 

Face à la balkanisation néolibérale, pratiquons le double front contre les nationalismes en conflit et proposons une nouvelle hégémonie culturelle globale

 

Le prolétariat, les travailleurs doivent refuser d’entrer dans cette guerre des nationalismes et renforcer leurs bases d’appui, mener la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle en vue de former un bloc historique majoritaire au service des travailleurs et de leurs familles et non au service d’un néolibéralisme contre un autre : s’occuper de créer une sphère de constitution des libertés digne de ce nom (école, services publics, protection sociale refondée), développer une industrialisation sous transition énergétique et écologique, une laïcité, pierre angulaire de la République sociale, et ne pas sombrer devant les différentes facettes du néolibéralisme et de son allié le communautarisme. Il faut que nous soyons capable de produire une guerre de positions et de mouvement. Nous devons favoriser l’auto-organisation populaire, générer une dialectique entre le mouvement d’en bas et le mouvement d’en haut et non choisir entre des élites liées au néolibéralisme de près ou de loin. Gardons en tête ces paroles de l’Internationale : 

 

« …Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni Tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun… » 

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 06:40
Détente et politique (8)
Détente et politique (8)
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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 06:46

 

Je reprends ici de larges extraits d’un article de Violette Bonnebas pour Reporterre à propos des bonbons Haribo qui exploitent les travailleurs brésiliens et font souffrit les cochons.

 

 

La vie n’est pas toujours belle pour ceux qui fabriquent des Dragibus, des fraises Tagada et des Chamallows. Surtout pour les ouvriers des fabriques de cire de carnauba, un ingrédient essentiel qui donne aux bonbons leur aspect lisse et brillant. Sans vêtements de protection malgré la poussière, sans sanitaires ni eau potable à disposition, les employés de ces immenses fermes du nord-est du Brésil sont contraints par leurs employeurs à dormir sur leur lieu de travail, à même le sol ou dans des camions. Souvent rémunérés au noir, ils ne perçoivent pas de revenu fixe mais uniquement proportionnel au travail abattu.

 

 

Ces abus sont loin d’être secrets. Le ministère du Travail brésilien les qualifie officiellement « d’esclavage » et a engagé une lutte contre les propriétaires de ces exploitations, dans l’une des régions les plus pauvres du pays. Les propriétaires de Haribo disent ne pas être au courant.

 

 

La gélatine de porc, qui donne une texture de gomme aux confiseries Haribo, est elle aussi produite dans des conditions « effrayantes », cette fois pour les animaux.

 

 

« Les animaux vivent en permanence dans leurs propres excréments ». Le taux d’ammoniac dans l’air est si élevé qu’il provoque des inflammations aux yeux de nombreux porcs. Les animaux malades ou mourants sont laissés dans les boxes avec les animaux sains. L’accès à l’eau a parfois même été coupé. Le confiseur de Bonn semble tomber de l’armoire et promet des contrôles.

 

 

L’ONG Amnesty International est montée au créneau. « Quand les droits de l’homme ne sont pas respectés, [les entreprises concernées] doivent prendre en charge des dédommagements, a expliqué Lena Rohrbach, experte en questions économiques d’Amnesty Allemagne au média Deutsche Welle. Malheureusement, le gouvernement a négligé de rappeler les entreprises à leur devoir de vigilance. »

 

 

Depuis 2011, la résolution 17/4 des Nations unies recommande aux États et aux grandes entreprises de veiller au respect des droits de l’homme, y compris dans leur chaîne d’approvisionnement. Mais le texte n’est pas contraignant. Sa transcription dans la loi allemande en 2016 ne va pas plus loin, même pour les entreprises publiques, et reporte à 2020 l’étude d’éventuelles sanctions.

 

 

En France, en réaction à la mort de 1 135 personnes dans l’effondrement d’un immeuble bangladais, le Rana Plaza, abritant des ateliers de confection destinés à des marques occidentales, le Parlement a adopté en début d’année 2017 une loi qui rend les grandes entreprises en partie responsables des agissements de leurs fournisseurs. Cette loi, critiquée alors par le ministre de l’Économie de l’époque Emmanuel Macron, impose aux grands groupes la mise en place d’un plan de vigilance pour prévenir les atteintes aux droits humains et les dommages environnementaux dans l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement. Ce n’était pas le projeeeet de l’humaniste qui nous gouverne.

 

 

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies se réunit à Genève pour rédiger une version plus contraignante de sa résolution 17/4. Autour de la table, 77 pays sont présents, essentiellement du Sud. Ceux du Nord ont refusé d’y participer.

Haribo, c’est beau ? Bof …
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 06:31

Quand Martinez se rend à l'Élysée, il a droit à un tabouret et à un gros foutage de gueule par derrière. Macron, le président des riches, le président de la finance internationale, sait choisir ses commensaux à qui il propose de vendre la France à la découpe. Comme l'atteste cet article de Delphine Cuny publié par La Tribune le 25 octobre 2017.

 

"20h30. Dîner avec des investisseurs internationaux" indique sobrement l'agenda de l'Elysée. Une vingtaine des plus grands fonds de pension, souverains ou gestionnaires d'actionnaires sont conviés ce mercredi par le président de la République. 

Un dîner réunissant 21 des plus grands noms de la gestion d'actifs comme l'américain BlackRock ou des fonds souverains a lieu ce mercredi à l'invitation du président de la République. L'objectif : les convaincre d'investir en France.

 

Plusieurs milliers de milliards d'euros autour de la table. Ce mercredi soir à l'Elysée, Emmanuel Macron a convié 21 des plus grands noms de la finance mondiale, fonds de pension, fonds souverains et gestionnaires d'actifs de tous les continents, ont indiqué les services de la présidence. Sans révéler de nom. "20h30. Dîner avec des investisseurs internationaux" indique sobrement l'agenda de l'Elysée.

 

Le géant américain de la gestion d'actifs BlackRock (5.900 milliards de dollars d'actifs sous gestion) a confirmé à Bloomberg que son président Larry Fink assisterait à ce dîner des plus grands investisseurs de la planète.

 

 

L'objectif : leur vendre "la transformation profonde" du pays et les convaincre d'y investir. Le détail des réformes économiques et sociales engagées (loi Travail, suppression de l'ISF, flat-tax, etc) leur aura d'abord été présenté par le Premier ministre Edouard Philippe et plusieurs ministres, dont ceux de l'Economie, du Travail et des Transports, Bruno Le Maire, Muriel Pénicaud et Elisabeth Borne.

 

Cette opération séduction du Président, ex-banquier d'affaires chez Rothschild & Co, intervient au moment où la France cherche à attirer les acteurs de la finance envisageant de quitter Londres dans le cadre du Brexit. A l'heure aussi où l'exécutif a annoncé vouloir réaliser 10 milliards d'euros de cessions de participations, afin de financer l'innovation. Début septembre, l'Agence des participations de l'Etat a ainsi cédé 4,15% du capital d'Engie pour 1,5 milliard d'euros. Sur la liste des cessions possibles, les parts de l'Etat dans Renault, Orange, Safran, la Française des Jeux, Air-France KLM voire ADP...

 

 

Les hyper-hyper riches à l'Élysée
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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 05:32

Le site Révolution permanente publie un entretien de Flora Carpentier avec le frère de Yannick Sansonetti, suicidé le 29 mai 2015 dans une chambre froide de l’entrepôt LIDL de Rousset dans les Bouches-du-Rhône. Larges extraits.

 

 

 

Au terme d’un combat acharné de sa famille pour faire reconnaître la responsabilité de LIDL, le 1er septembre dernier, l’inspection du travail rendait des conclusions « accablantes pour l’entreprise », dénonçant « des agissements répétés de harcèlement moral à l’encontre de M. Yannick Sansonetti », une « surcharge de travail », des « propos dénigrants » et des « ordres inatteignables ».

                       

 

Depuis mai 2015, toi et ta famille vous êtes battus pour faire reconnaître la responsabilité de Lidl dans le suicide de ton frère Yannick. Peux-tu nous dire où vous en êtes aujourd’hui ?

 

Le 1er septembre dernier, l’inspection du travail des Bouches-du-Rhône a déposé ses conclusions. Elles sont très difficiles pour nous à entendre et à accepter. Selon l’enquête menée par la DIRECCTE 13, mon frère a subi depuis l’arrivée d’une nouvelle direction sur ce site, un harcèlement moral sans précédent.

 

Notre but depuis le décès de Yannick, n’est pas d’obtenir à n’importe quel prix une condamnation, mais de connaître la vérité, d’avoir accès à toutes les pièces du dossier et de rendre à mon frère son honneur qu’il semblait avoir perdu.

 

 

On apprend dans le reportage que tu étais sur place quand Yannick a été retrouvé pendu sur son lieu de travail. Peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ?

 

Le soir du drame, la compagne de mon frère m’a contacté par téléphone, en m’informant du fait qu’elle n’avait pas de nouvelles de Yannick, qu’il restait injoignable et qu’il n’était pas allé chercher son fils chez sa nounou.

 

Lorsque je me suis rendu chez lui, j’ai pu avoir accès à son IPad, sur lequel étaient encore ouvertes des pages sur les différentes méthodes de strangulation. J’ai malheureusement commencé à comprendre qu’une course à la montre s’engageait et qu’il ne fallait plus perdre de temps pour le retrouver. Après avoir contacté tous les hôpitaux, les forces de l’ordre et enfin son employeur la société LIDL, je me suis rendu au dépôt de LIDL à Rousset car on m’avait confirmé que sa voiture y était.

 

Une fois arrivé sur place, un ami m’a rejoint car j’étais paniqué et affolé. Les employés de la société LIDL ne nous ont pas pris au sérieux de suite et n’ont pas mesuré la gravité de la situation. On nous a laissés le chercher seuls, et on nous a fait comprendre que seule la productivité était importante (« On a du travail, désolé Monsieur »).

 

Ce n’est qu’à l’arrivée de la brigade de gendarmerie de Rousset que LIDL a pris, je pense, la mesure de la gravité de la situation ; après que nous ayons cherché en vain mon frère toute la soirée, sans l’avoir trouvé. J’ai alors vu une personne qui m’avait réconforté toute la soirée, un vigile, venir vers moi en pleurs et me dire : « je ne peux pas te le dire ». J’ai alors compris.

J’ai donc appris le suicide de Yannick, en direct et je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai pu vivre ce soir-là, avec l’espoir d’arriver à temps. 

 

 

Quand tu as appris le suicide de ton frère, qu’est-ce ce qui t’a fait avoir cette certitude que ses conditions de travail étaient en cause ?

 

Les conditions de travail de mon frère étaient souvent un sujet de discussion lorsque l’on se voyait ou lorsque l’on échangeait par téléphone. Il se plaignait régulièrement d’un changement de cap depuis l’arrivée d’une nouvelle direction, je crois début 2014. Il avait été heureux d’être pris par LIDL en 2008, du temps de l’ancienne direction alors qu’il travaillait pour l’un de ses sous-traitants Il en parlait de manière positive. En 2014, lors d’un changement profond opéré au sein de la société LIDL, de nouvelles têtes sont arrivées avec de nouvelles méthodes. Il a vu les choses changer, les conditions de travail se dégrader.

 

Il nous disait régulièrement n’avoir que deux bras et deux jambes, mais faire le travail de trois personnes. Sur d’autres entrepôts, sur le même poste que lui, ils étaient trois.

 

Les audits étaient très réguliers et leur redondance était insupportable à ses yeux car à chaque fois, les reproches arrivaient derrière. Son travail était rendu très difficile par la vétusté des lieux : les infiltrations, inondations et incidents étaient récurrents. Un nouvel entrepôt devait voir le jour.

 

Bien que convaincus depuis son décès que ses conditions de travail étaient la cause de son suicide, nous voulons savoir, qu’on nous explique. C’est la raison pour laquelle, depuis deux ans, nous faisons toutes les démarches possibles pour obtenir l’accès à certains éléments que la société LIDL ne souhaite pas nous communiquer. Cette volonté de justice et non de condamnation, s’est confirmée avec nos dépôts de plainte avec constitution de partie civile.

 

 

Quelle a été la réaction de ses collègues après le drame ?

 

Nous souhaitons avant de nous exprimer sur ce point, remercier tous les employés de la société LIDL. Bien que ses obsèques aient été très difficiles à vivre, il a été important pour nous, de voir combien il était apprécié par ses collègues, de pas leur nombre, ce jour-là.

 

Bien que très marqué par ce que j’avais vécu le vendredi soir du drame sur l’entrepôt, je me suis rendu de nouveau à l’entrepôt, le lundi, alors que tous les salariés étaient sous le choc et que l’entrepôt ne tournait pas. Yannick devait être enterré le mercredi. Je suis allé à la rencontre de tous les salariés présents pour les remercier de leur soutien et leur montrer que malgré le drame que ma famille venait de traverser, nous étions encore debout et que nous serions derrière eux pour que les choses changent désormais. Ils ont tous été d’un soutien sans faille et nous les en remercions.

 

C’est à ce moment que ma famille et moi-même avons pu nous rendre compte de la souffrance de chacun, par les pleurs, les discussions que j’ai eu ce jour-là avec pas mal d’entre eux. Ils étaient perdus, ébahis, sans âme, sous le choc et ils ne comprenaient pas. Ce jour-là, nous avons pris conscience de la gravité de la situation dans la société LIDL et plus particulièrement sur l’entrepôt de Rousset.

 

 

Quels sont les obstacles que vous rencontrez dans votre combat pour obtenir justice et vérité ?

 

« Les obstacles pour obtenir justice et la vérité sur ce drame ont été nombreux et à tous les niveaux. Nous avons d’une part engagé une procédure auprès du tribunal de sécurité sociale de Marseille, en vue d’obtenir une reconnaissance de la faute inexcusable de la société LIDL. Nous nous sommes également portés partie civile dans le volet pénal qui est suivi par le parquet d’Aix en Provence.

 

Après le décès de Yannick, la société LIDL a répondu dans un premier temps à nos sollicitations pour que l’on obtienne le dossier salarial, nécessaire au règlement de sa succession. Dans un second temps, dès que nous avons commencé à demander certains éléments, ils ont refusé de communiquer avec nous, et nous ont fait part de leur refus par courrier. Cette volonté de leur part, de mettre fin à leur collaboration, a été confirmée lorsque le bureau d’étude Cateis a rendu son rapport demandé par les membres du CHSCT en réunion. Malgré nos demandes officielles et le fait que LIDL ait répondu à ce rapport dans un courrier adressé aux membres du CHSCT, LIDL a toujours refusé de nous le communiquer, arguant qu’il s’agissait d’un rapport interne. Toutes nos demandes pour les autres éléments du dossier ont elles aussi été refusées. Nous avons également demandé à avoir accès une dernière fois au local, lieu du drame. LIDL n’a jamais répondu.

 

 

Quelles conclusions tirez-vous du rapport de l’inspection du travail et quelles sont les conséquences pour Lidl ?

 

Le rapport est très difficile à lire, à accepter sans que l’on ait une pensée pour ce qu’a pu vivre Yannick. Il est rare de voir dans la jurisprudence salariale de telles conclusions. Je pense que ce sont les premières en France qui vont aussi loin. Cela confirme la position prise par la sécurité sociale en reconnaissant l’accident de travail immédiatement après le décès de Yannick, ainsi que les conclusions du rapport sur les risques psycho-sociaux chez LIDL Rousset établi par Cateis.

 

Les conséquences pour LIDL sont immédiates. Déjà d’un point de vue médiatique, car les conclusions ont été rendues publiques, mais aussi d’un point de vue juridique. Le parquet vient de nommer un juge d’instruction sur ce dossier pénal, et ce dès le dépôt des conclusions de l’inspection du travail. Il y a donc aujourd’hui beaucoup de chances qu’il y ait un procès au pénal pour Yannick.

 

Par ailleurs, notre famille ne se bat pas pour obtenir des réparations pécuniaires, même si ce sera sûrement le cas, mais pour qu’une réponse judiciaire soit donnée à nos demandes. Nous voulons qu’une jurisprudence naisse, suite au procès de Yannick, pour toutes ces familles qui souffrent comme les nôtres.

 

 

Le reportage met en lumière la souffrance au travail vécue par ton frère mais aussi dans d’autres magasins Lidl, à Free… pour toi ce sont des cas isolés ou le problème est plus large ?

 

Ce reportage est encore très symptomatique de la souffrance au travail. Il a pris l’exemple de deux sociétés qui connaissent un succès retentissant en France, pour montrer l’envers du décor et le prix de la réussite industrielle. Et ce n’est pas le cas que dans ces deux sociétés : pour avoir discuté énormément avec des salariés de la grande distribution, on retrouve cette souffrance dans toutes les enseignes, avec différents degrés, mais de partout. Connaissant un autre milieu professionnel que celui de la grande distribution, et très intéressé par ce sujet, je peux même dire que ce ressenti se retrouve dans toutes les sociétés et parfois même là où l’on ne s’en doute pas, comme les services publics.

 

La productivité est mise en avant, au détriment de l’être humain, en cassant des familles entières. Les cas de burn-out sont de plus en plus nombreux. Les suicides, insupportables pour ma famille, sont trop présents au travail.

 

 

Sterben für Lidl

 

Quel message souhaites-tu porter aux travailleurs qui souffrent de mauvaises conditions de travail ?

 

Nous devons travailler pour vivre et non vivre pour travailler. Le travail n’est pas une fin en soi, et ne doit pas être la cause de drames tels qu’on peut les voir. Une prise de conscience collective doit voir le jour, et chacun doit prendre conscience de ce mal qui nous détruit tous les jours. Nous devons prendre notre destin en main et faire changer les choses. Rome ne s’est pas fait en un jour, seul nous ne sommes pas grand-chose mais ensemble et avec une prise en compte de tout ce que l’on voit, ce que l’on vit, on ne peut plus laisser la situation perdurer.

 

La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle doit passer par une loi. Cela doit devenir une priorité nationale, pour toutes ces familles qui souffrent, pour toutes les personnes qui sont touchées par cette maladie. Ce n’est que grâce à la mobilisation de chacun, que cela sera possible. J’ai d’ailleurs lancé une pétition en ligne sur ce sujet, qui recueille à ce jour plus de 1400 signatures. J’invite tout le monde à en prendre connaissance et à la signer.

 

 

Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre lutte ? Pensez-vous qu’elle doit aller plus loin ?

 

« A ce jour, la sécurité sociale a reconnu l’accident de travail, l’inspection du travail a déposé ses conclusions. Au niveau de la procédure pénale, un juge d’instruction vient d’être nommé par le Procureur de la République suite au dépôt des conclusions de l’inspection du travail. Au niveau de la procédure civile, une prochaine audience statuera sur le dossier au tribunal de sécurité sociale sur la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur.

 

 

Quel est ton souhait le plus cher aujourd’hui ?

 

Je souhaite que la justice passe, le plus rapidement possible pour qu’il puisse enfin partir en paix.

 

A quelques jours du suicide de Yannick en 2015, nous écrivions que sa mort n'était pas “ un simple acte de souffrance subjective mais démontrait plutôt toute une logique propre au capitalisme ”. Nous publions cette interview avec cette certitude renouvelée que c’est au nom du combat pour nos vies que nous devons lutter contre ce système d’oppression et d’exploitation.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 05:28
Jokons avec Tropical Boy
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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 05:11

 

 

Cette anecdote n’a rien à voir avec un dérapage sexuel.

 

Nous sommes en 1981, quelques mois après l’élection de François Mitterrand dont Joxe a été l’un des fidèles soutiens. Notre homme préside le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, un  poste, une fonction éminentes et stratégiques.

 

Même si vous êtes fatigué par ma théorie selon laquelle on vient toujours de quelque part, Pierre Joxe, ce n’est pas rien. Il est le fils de Louis Joxe, ministre de De Gaulle, ancien résistant, négociateur pour la France des accords d’Évian qui scelleront l’indépendance de l’Algérie. La mère de Joxe appartient à l’illustre famille des Halévy, proche, entre autre, de Marcel Proust. Cette famille cousine avec le constructeur d’avions Bréguet … donc avec Clémentine Célarié.

 

L’Assemblée Nationale pullule de députés socialistes, pour beaucoup enseignants de gauche, barbus. Avec de vraies barbes, pas les trois millimètres d’aujourd’hui. Ils disposent d’attachés parlementaires. L’un d’entre eux, affilié à la CGT (comme Joxe) est de mes amis. Il se dit que c’est le moment où jamais de mener une lutte collective pour la reconnaissance d’un vrai statut, l’acceptation d’une convention collective.

 

Après avoir sonné pendant plusieurs semaines à la porte du bureau de Joxe, ils sont enfin reçus. Et c’est là qu’on verse, non pas dans le sexuel, mais dans l’éclaboussure du pouvoir. Ils sont trois. Joxe fait asseoir ses “ camarades ” (ils sont membres du PS) sur un canapé d’un mètre vingt. Heureusement, ils ont des fessiers étroits. Mais le problème est que ce canapé est situé à 30 centimètres du sol. Vous imaginez ces trois lascars, tous trois de bonne taille (mon ami mesure 1m 85), se contorsionnant, ne sachant pas où mettre leurs jambes, dominés par un Joxe qui, lui, est resté debout en les toisant en les regardant avec des yeux, me rapporta mon ami, d’un acier comme il n’en avait jamais vu.

 

On l’imagine, cette réunion ne déboucha sur quasiment rien.

Une anecdote concernant Pierre Joxe
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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 04:31

 

 

Muriel Pénicaud (qui aime tant les yaourts et les stock-options) avait-elle imaginé que la disparition des CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail), les licenciements facilités et le plafonnement des indemnités prud’homales allaient favoriser le harcèlement sexuel ou, en tout cas, rendre plus ardue la défense des travailleuses face aux prédateurs sur les lieux de travail.

 

 

20% des femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Et pourtant, les prédateurs risquent – théoriquement – jusqu’à trois ans d’emprisonnement.

 

 

Les CHSCT ont été supprimés le 23 septembre 2017 par ordonnance dans le cadre de la “ réforme ” du droit du travail. Leur rôle a été transféré à un Comité social et économique regroupant désormais les fonctions exercées jusqu’à présent par les délégués du personnel, le comité d’entreprise et le CHSCT. Pour ce qui nous occupe ici, le CHSCT devait prévenir les risques professionnels dans l’établissement. Il avait vocation à s’intéresser au harcèlement moral et au harcèlement sexuel. Un employeur refusant les propositions du CHSCT devait motiver sa décision.

 

 

Les CHSCT alertaient régulièrement l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT). Après d’âpres négociations et arguties juridiques, la loi El Khomry avait fini par établir que : « Lorsque le juge constate que le licenciement est intervenu en méconnaissance des article L- 1132-1, L-1153-2, L. 1225-4 et L. 1225-5 et que le salarié ne demande pas la poursuite de son contrat de travail ou que sa réintégration est impossible, le juge octroie au salarié une indemnité, à la charge de l’employeur, qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. Elle est due sans préjudice du paiement du salaire, lorsqu’il est dû, qui aurait été perçu pendant la période couverte par la nullité et, le cas échéant, de l’indemnité de licenciement prévue à l’article L. 1234-. » Les douze mois d’indemnisation-plancher avaient été ramenés à six. La loi fut ensuite rédigée ainsi : « L’indemnité est due sans préjudice du paiement du salaire, lorsqu’il est dû en application des dispositions de l’article 1225-71 et du statut protecteur, qui aurait été perçu pendant la période couverte par la nullité et, le cas échéant, de l’indemnité de licenciement légale, conventionnelle ou contractuelle. » Les victimes de discrimination et de harcèlement sexuel ont été exclues de la protection de la loi.

 

 

L’AVFT redoute la banalisation de la question du harcèlement parmi d’autres missions. Le financement des expertises va devenir problématique. Il était jusqu’alors assuré par l’employeur. Désormais, les salariés devront les cofinancer.

 

 

Le défenseur des droits estime que 40% des affaires de harcèlement se terminent mal pour les victimes), jusqu’au licenciement pour certaines. Selon l’AVFT, 95% des femmes qui intentent une procédure finissent par perdre leur emploi, contre leur volonté ou de guerre lasse. Jusqu’alors, l’employeur devait expliciter en détail les raisons d’un licenciement. Grâce à la “ réforme ” Pénicaud, un simple formulaire administratif (CERFA) suffira.

 

 

Selon l’AVFT, il deviendra de plus en plus difficile de contester un licenciement : «Aujourd’hui, un seul acte de discrimination dans une lettre de licenciement permet de déclarer que le licenciement est nul de plein droit, explique la juriste. Avec la nouvelle loi, le juge devra examiner tous les motifs de licenciement. » En clair, si un employeur licencie une victime au motif qu’elle est harcelée et incompétente, le juge ne pourra plus annuler d’office le licenciement mais devra examiner tous les reproches d’incompétence. « Quid d’une employée licenciée parce qu’elle dénonce des faits de harcèlement sexuel, et contre qui on monte tout un dossier à charge ? », interroge l'AVFT. Par ailleurs, les recours risquent d’être plus coûteux qu’auparavant : « Actuellement, quand une femme est licenciée pour cause de harcèlement sexuel, elle a droit à un rappel de salaire entre la date du licenciement et le jugement, rappelle l'association. Dans les ordonnances, ce rappel a tout bonnement été supprimé. » Un employeur pourra, sans grandes difficultés, prétendre qu’une salariée excipe d’un harcèlement sexuel pour obtenir des indemnités de licenciement plus importantes. Mais guère plus de 5% des victimes de harcèlement sexuel vont jusqu’à déposer une plainte.

 

 

Tel était le projeeeet du banquier qui nous gouverne !

 

 

Loi Travail et harcèlement sexuel
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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 05:21

Le Huffington Post abrite le blog de Thomas Guénolé, maître de conférences à Sciences-Po et militant de la France Insoumise. Il explique ici comment démonter les principaux mensonges proférés à l'encontre de ce mouvement.

 

Les amalgames, la malhonnêteté, ne doivent pas rester sans réponse!
 
PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
 
Le Top 5 des mensonges anti-France insoumise (et comment y répondre).
  1. Le mensonge "FI = FN" :

Ce mensonge se manifeste principalement en pratiquant le sophisme par amalgame. Cela fonctionne ainsi :

"Le Front national a la position Y,

La France insoumise a aussi la position Y,

 

Donc le FN et la FI c'est la même chose".

Cette rhétorique est intellectuellement malhonnête, donc mensongère. Cela se démontre facilement, en l'appliquant à La République En Marche :

 

"Le Front national a défendu la suppression de la carte scolaire et l'autonomie des établissements,

Et La République En Marche a défendu la suppression de la carte scolaire et l'autonomie des établissements,

 

Donc le FN et LREM c'est la même chose".

Ou au parti Les Républicains :

"Le Front national veut baisser l'immigration,

Et le parti Les Républicains veut baisser l'immigration,

Donc le FN et LR c'est la même chose".

 

Ici comme ailleurs, la fausseté des sophismes par amalgame repose sur une chose simple : des points communs entre deux choses ne suffisent pas pour conclure que ces deux choses sont identiques.

Contrer ce mensonge est facile. En réalité, le FN et la FI présentent des différences idéologiques tellement profondes que prétendre à leur similarité n'a aucun sens. Notamment, pour ne citer que les plus évidentes:

- Le FN est raciste, alors que la FI est résolument antiraciste.

- Le FN est xénophobe, alors que la FI est ouvertement pour la solidarité internationale entre les peuples.

- Le FN ne propose pas de programme de redistribution des richesses au bénéfice des classes moyennes et des classes populaires, alors que c'est le cœur du projet de la FI.

 

  1. Le mensonge "La FI est islamo-gauchiste" :

Ce point a été analysé avec rigueur par "Désintox", la rubrique de vérification des faits du journal Libération.

Le terme "islamo-gauchisme" provient notamment de l'historien des idées Pierre-André Taguieff, pour désigner une fraction de l'extrême gauche qui, par jusqu'au-boutisme de la défense des peuples géopolitiquement et économiquement dominés, en viennent à défendre ou excuser le communautarisme, la misogynie, l'homophobie, ou encore le rejet de la laïcité, au nom du droit des dominés à la différence.

Rappelons d'emblée qu'en France, les organisations islamo-gauchistes au sens ainsi défini n'ont jamais réussi à dépasser le stade du groupuscule marginal. Je pense par exemple aux "Indigènes de la République", ayant pour porte-parole Houria Bouteldja, dont j'ai combattu les positionssur le plateau de feue l'émission Ce soir (ou jamais !). En dépit de leurs propos et événements provocateurs (notamment un "camp d'été décolonial interdit aux Blancs"), destinés à attirer l'attention des médias mainstream pour avoir de la publicité gratuite (dont beaucoup tombent stupidement dans le panneau), ce groupuscule n'arrive pas à devenir un mouvement de masse. La raison en est simple : l'écrasante majorité des Français de confession musulmane sont contre le communautarisme, contre le racisme envers qui que ce soit, pour l'égalité hommes-femmes, et pour la laïcité: l'enquête sociologique quantitative publiée par l'Institut Montaigne en 2016 en atteste.

Cela étant, lorsqu'elle était militante antiraciste avant d'être députée de la France insoumise, Danièle Obono compta les Indigènes de la République parmi ses voisins de combat. Le mensonge anti-FI repose donc, à nouveau, sur un sophisme par amalgame :

"Danièle Obono a voisiné les Indigènes de la République dans son militantisme antiraciste,

Et les Indigènes de la République sont communautaristes, misogynes, anti-laïcité, racistes,

Donc Danièle Obono l'est aussi,

Donc à travers elle, la FI inclut une composante qui l'est aussi".

Contrer ce mensonge est facile, à plusieurs titres :

  • Danièle Obono a des points communs avec les Indigènes de la République: elle pense par exemple qu'il y a encore une mentalité coloniale dans la société française. Cependant cela ne permet pas de déduire "Obono = Indigènes".
  • Danièle Obono n'a rigoureusement jamais exprimé de position qui soit communautariste, misogyne, anti-laïcité, ou raciste.
  • Rigoureusement rien dans le programme de la France insoumise, "L'Avenir en commun", n'est communautariste, misogyne, anti-laïcité, ou raciste.

Par parenthèse, ces dernières semaines Danièle Obono est régulièrement attaquée pour avoir dit que parler de "radicalisation" est hors-sujet à propos d'un chauffeur de bus qui refuserait pour motif religieux de toucher un volant touché par une femme. Or, il se trouve qu'en toute rigueur, elle a raison : le fait d'adhérer à un islam puritain et réactionnaire est une chose, le fait de devenir djihadiste en est une autre.

Elle est également attaquée pour avoir dit que "la radicalisation n'est pas un concept scientifique arrêté". Or, là aussi, en toute rigueur elle a raison : la question de savoir si le djihadisme est la dernière étape d'une radicalisation religieuse ou si au contraire, les djihadistes sont majoritairement sans pratique religieuse avant de devenir terroristes, agite encore les experts antiterroristes et les islamologues. Je pense par exemple au débat entre les islamologues Gilles Kepel et Olivier Roy. Bref, là aussi les accusations sont des procès mensongers.

  1. Le mensonge "La FI n'a pas de programme":

Sans doute est-ce le mensonge le plus facile à contrer de tous. Il existe en effet un livre complet, toujours en vente à l'heure où j'écris ces lignes : L'Avenir en commun (Seuil, 2017). Il existe également un site Internet avec ce même programme et des livrets thématiques pour détailler certains volets. Il suffit donc de rappeler leur existence à quiconque convoque cette affirmation fausse.

 

  1. Le mensonge "FI = danger de dictature" :

Qu'il s'agisse par exemple d'un Manuel Valls disant que la France insoumise serait "dangereuse pour notre démocratie", ou d'un Xavier Bertrand accusant Jean-Luc Mélenchon d'être "dangereux", cette diabolisation des Insoumis est de plus en plus courante.

Elément étonnant, cette accusation pourtant très grave ne repose généralement sur aucune preuve concrète : elle est juste affirmée. 

 

Là encore, le mensonge est facile à contrer, à double titre :

  • Il n'y a rigoureusement rien dans le programme de la FI, "L'Avenir en commun", qui soit une menace pour la démocratie. Il prévoit au contraire, notamment, la rédaction d'une nouvelle Constitution par une Assemblée constituante élue, ce qui est par définition démocratique ; ainsi que le droit pour les citoyens de déclencher un référendum de révocation de leurs élus (député, maire, voire président), mécanisme qui existe par exemple en Californie pour révoquer le gouverneur par référendum mais qui n'existe pas en France.
  • Il n'y a rigoureusement rien dans le programme de la FI qui soit une menace pour les droits de l'Homme. Au contraire, Amnesty International, ONG de référence, a conclu que les propositions de la France insoumise rejoignent ses propres recommandations.

 

  1. Le mensonge "Mélenchon est pro-Poutine", "pro-Assad", etc

Cette accusation revient en boucle, en particulier de la part d'un Benoît Hamon ou d'un Yannick Jadot.

Ce mensonge est lui aussi facile à contrer. Comme l'a expliqué Djordje Kuzmanovic, porte-parole de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon pour la défense et les affaires internationales, il est factuellement faux de prétendre que Jean-Luc Mélenchon serait "pro-Poutine", "pro-Assad", etc.. En réalité, sa position et celle de "l'Avenir en commun" consistent à vouloir rétablir la diplomatie du général De Gaulle: sortie de l'OTAN ; non-alignement sur les Etats-Unis ou sur toute autre puissance; rétablissement de l'entente avec la Russie comme élément de rééquilibrage face à Washington et envers Berlin ; et rôle pour la France de porte-parole, parmi les nations riches, des intérêts des peuples pauvres.

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 05:35

Je reproduis ci-dessous le témoignage accablé, et en même temps plein d'allant, de Mickaël Wamen après le suicide d'un de ses camarades et amis de Goodyear.

Il se trouve que j'ai longtemps vécu à Amiens et que j'ai bien connu, de l'extérieur, cette entreprise (qui a fermé ses portes en 2014) à la fin des années soixante. Je dirai simplement ici que Goodyear a toujours été un exemple de capitalisme et de gestion des “ ressources humaines ” (comme on doit dire désormais) particulièrement dur.

 

Encore un suicide d'un camarade Goodyear, le 16ème... !

 

Publié le par FSC

SOURCE : Blog de Mediapart

Mais putain, Ca va s'arrêter quand, il y a quelques semaines Regis lui Aussi à mis fin à ses jours, broyé par les conditions de travail, inapte à tous travaux depuis des années , il vivait sous médocs H 24 la souffrance était telle qu'il a préféré y mettre un terme !!!

Combien de nos copains se sont flingués depuis cette fermeture violente, les saloperies qui ont décidé de nous mettre dehors broyant ainsi nos vies sont coupables, nous perdons des potes et des familles perdent des papas, des époux, des frères .....

J'ai la haine quand je pense aux deux enfants et l'épouse que Jeremy laisse, envie de gerber, putain Jeremy était jeune Bien trop jeune pour nous quitter, il faut sacrément être à bout pour en arriver là.

Du vent, en attendant deux nouvelles familles sont anéanties, pour nous, ni Regis, ni Jeremy et tous nos autres amis, potes et frangins auraient dû en arriver là, les actionnaires qui ont décidé de faire fermer notre usine sont de vraies pourritures, ils se font un max de fric et continuent à broyer d'autres familles en toute impunité .

Qu'ils sachent que je me battrai jusqu'au bout, je ne lâcherai rien, mon combat ne trouvera de fin que quand plus jamais des personnes n'auront à vivre et subir ce qu'ils nous ont fait endurer, leur course aux dividendes à détruit une grande partie de nos vies et pousser certains à en finir avec l'autre partie .....

Toutes mes pensées et celles de mes camarades qui comme moi sont abasourdis par cette Énième nouvelle catastrophique, vont à tous les proches de Jeremy, sa femme et ses enfants....

En colère, triste, effondré ......les larmes qui coulent sont à la fois celles de tristesse et de colère, tôt ou tard cela devra cesser !!!!!

Mickaël WAMEN
Ex Goodyear

Encore un suicide à Goodyear

 

PS qui n'a rien à voir, mais tout de même. Les chavistes ont remporté une belle victoire au Venezuela. Il y avait une cinquantaine d'observateurs internationaux pour vérifier la légalité du scrutin. Combien d'observateurs internationaux, disons : en Corse, lors des élections françaises ? Vous avez entendu nos grands journalistes faire une analyse de ce scrutin ? Non, bien sûr. En fait, si, comme l'a observé Théophraste du Grand Soir. Le Monde, le grand journal de  “ référence ” (mon œil !), s'est fendu d'un peu de fiel :

 

“ Indéfectible perroquet de la droite vénézuélienne, Le Monde du 16 octobre donne le ton des futures campagnes médiatico-politiques en France : « Au Venezuela, le pouvoir s’attribue la victoire aux élections régionales, l’opposition conteste.
Le Parti socialiste unifié, au pouvoir, a remporté 17 Etats sur 23. L’opposition refuse de reconnaître ce résultat, qu’elle estime entaché de fraude ».

Ce journal est dit « de référence » en raison de sa neutralité. Les mots qu’il emploie le démontrent et notamment : « s’attribue, entaché, fraude».Quant  à « le pouvoir » (que Le Monde appelle « le gouvernement » s’il est français ou étasunien), c’est une concession pour ne pas trop charger la mule. En général, le Monde dit : « le régime ». ”

 

 

Résultats de cette élection :

Encore un suicide à Goodyear
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