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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 07:29

Selon l’association Save the Children, un enfant sur trois grandit dans une famille gagnant moins de 60% du salaire britannique moyen. Dans le quartier londonien de Bethnal Green and Bow, 42% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté.

 

 

Par ailleurs,

  • 61% des parents pauvres britanniques avouent avoir diminué leurs dépenses alimentaires
  • 26% expliquent même sauter des repas
  • 19% affirment ne pas avoir les moyens de racheter une paire de chaussures à leur enfant lorsque celui-ci en a besoin, ne pas pouvoir l'envoyer en voyage scolaire ni lui acheter un manteau chaud pour l'hiver
  • Seuls 20% des parents pauvres n'ont pas eu recours à un crédit pour leurs dépenses alimentaires ou vestimentaires.

 

L’intégralité de cet article publié par L'Humanité ici.

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 08:41

Parmi divers objectifs réactionnaires, la droite et les Solfériniens visent à « détricoter », comme on dit aujourd’hui, la Sécurité sociale, en gros – comme pour la SNCF ou EDF – donner au privé ce qui est rentable, tandis que le déficitaire restera à la charge de la collectivité.

 

Alors, avant que le forfait risque d’être irrémédiablement commis, il convient, sans relâche, de rappeler d’où vient ce système de sécurité sociale, en tant qu’appartenant  au domaine plus vaste de la protection sociale (santé, famille, vieillesse, logement, emploi, pauvreté et exclusion sociale).

 

La sécurité sociale assure un minimum de ressources, ainsi que l’accès aux besoins essentiels – qui, donc, ne devraient  nullement être privatisés – tels l’éducation, l’eau, l’hygiène à tous les citoyens en période de paix.

 

Dans son article 22, la Déclaration universelle des droits de l’homme définit le concept de sécurité sociale : « Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays. » En France, c’est le Conseil national de la Résistance qui a défini le rôle de la sécurité sociale dans une ordonnance du 4 octobre 1945 : « Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent ». La sécurité sociale figurait dans le préambule de la constitution de la Quatrième République (repris par la constitution de la Cinquième République), en garantissant à tous « la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ».

 

La période dite des Trente Glorieuses a permis le développement de la protection sociale. Le vieillissement de la population et la « crise » économique a entraîné un accroissement des dépenses et une diminution des recettes. Les socio-libéraux et les libéraux ont posé que la protection sociale était une des causes de la crise car les cotisations (dites « charges » dans la novlangue du capitalisme mondial) sociales ont, selon eux, provoqué des surcoûts salariaux, on ralenti l’embauche et ont favorisé le travail au noir. Sans parler de la déresponsabilisation et de l’oisiveté des chômeurs. Les analystes de la gauche de gauche estiment au contraire que la sécurité sociale  réduit les inégalités, maintient la cohésion sociale et maintient la demande.

 

 

Comme l’a fort bien montré l’Union Nationale des Groupements Mutualistes Solidaires, nous sommes en présence de deux logiques absolument incompatibles. Pour le CNR et la classe politique de 1945, les dépenses de protection sociale favorisaient l’intégration sociale, qui était source d’efficacité économique, de croissance, ce qui permettait une augmentation des dépenses sociales, qui pour finir amenait une meilleure protection sociale. La logique de la droite et des Solfériniens part du principe que les dépenses de protection sociale réduisent la compétitivité des entreprises. Il faut alors, au nom de la lutte contre le chômage, réduire les recettes et les dépenses sociales, ce qui affaiblit, au nom de l’intérêt supérieur de la collectivité, la protection sociale dans son ensemble.

 

Pendant la Résistance, puis à la Libération avec les Ordonnances d’octobre 1945 (ne jamais oublier le rôle des syndicalistes – parmi eux Ambroise Croizat) furent posées les bases de la sécurité sociale :

 

  • gratuité pour tous des soins médicaux
  • gestion de l’ensemble des risques par une caisse unique
  • financement par des cotisations salariales et patronales
  • gestion de la caisse par les salariés.

 

La création d’une caisse unique instaurait une véritable solidarité entre les sexes et les générations. Dans l’esprit des fondateurs du système, les cotisations salariales et patronales constituaient un salaire différé, certainement pas une assurance et encore moins une aumône, qui serait reversé sous forme de prestations.

 

Le patronat ne pouvait rester l’arme au pied face à un système aussi progressiste, en particulier face à la gestion, par les salariés, de leur sécurité. En 1967, De Gaulle va rendre un fieffé service à la classe dirigeante en fractionnant la caisse en trois branches (maladie, famille, vieillesse) et en imposant la participation de l’État dans la gestion de la Sécu. La quatrième branche du recouvrement s’est ajoutée par la suite.

 

La bourgeoisie repartira à la charge dans les années 80 en imposant le forfait hospitalier (18 euros par jour), en faisant baisser le budget global des hôpitaux et en instituant le déremboursement partiel ou total de certains médicaments (plus de 600 à ce jour).

 

En 1990, le gouvernement Rocard instituera la Contribution sociale généralisée, considérée comme un impôt par le Conseil constitutionnel mais comme une cotisation par la Cour de cassation. Combattue par la CGT et la FSU, elle fut fort bien acceptée par la CFDT. Son taux est passé de 1,1% à 7 ,5% (la CSG sera doublée par Jospin) pour les actifs (6,60%, pour l’instant, pour les retraités). Il est à noter qu’elle est payée à 90% par les salariés.

 

Hollande part du principe inepte que « dès lors que l’on vit plus longtemps, on devra travailler aussi un peu plus longtemps. » Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’espérance de vie pour les femmes a reculé en 2012. En outre, l’espérance de vie en bonne santé recule depuis 2006 : elle a diminué d’environ un an de 2008 à 2010 (un peu plus pour les femmes que pour les hommes). En 2010 les hommes pouvaient espérer vivre en bonne santé 79,1 % de leur espérance de vie totale contre 80,6 % en 2008 et les femmes 74,4 % contre 76,1 %1...

 

Si Sarkozy avait été réélu, les « charges » patronales auraient été rapidement supprimées. Avec les Solfériniens, on risque une couverture peau de chagrin, le nanan pour les assurances privées, c’est-à-dire, le plus souvent, pour les banques. Des socialistes réellement de gauche élargiraient l’assiette des cotisations aux revenus financiers des entreprises et supprimeraient toutes les exonérations des cotisations sociales. Mais, actuellement, 80% des bénéfices net des entreprises vont aux actionnaires contre 30% dans les années 80. Hollande n’a pas pensé à un « choc de répartition » qui pourfendrait la logique du capitalisme financier.

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 15:19

 

 

Comment résister à l'administration
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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 07:01

Une analyse (légèrement ironique) d'Attac :

 

Le 22 janvier 2012, le candidat Hollande lançait devant une foule conquise, réunie au Bourget : « si l’adversaire est la finance, alors, il faut l’affronter ! » C’est sans nul doute dans cet état d’esprit qu’il a décidé de convoquer les banques françaises à l’Elysée ce vendredi 19 juillet. Un rapide examen de son bilan suffit pour s’en persuader.

« Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit par rapport aux opérations spéculatives » annonçait Hollande au Bourget. La loi adoptée le 18 juillet ne prévoit en rien une séparation, mais une « filialisation des activités ». Pour le chercheur Gaël Giraud, celle-ci revient « à exiger la reconduction du statu quo ».

 

« Les produits financiers toxiques […] seront purement et simplement interdits » lançait le candidat socialiste. La loi bancaire ne prévoit aucune disposition dans ce sens. Idem pour l’encadrement des bonus des traders ou l’interdiction des stock-options.

 

« Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux » promettait le futur Président. Là encore : promesse non tenue. La loi bancaire prévoit des règles de transparence renforcée, loin d’être suffisantes. Les mesures annoncées au lendemain de la démission du ministre du Budget pour évasion fiscale, relève quant à elle de la pure diversion…

 

 

 

« Enfin, concluait Hollande, je proposerais une véritable taxe sur les transactions financières avec ceux en Europe qui voudront la mettre en œuvre avec nous ». Le hic, c’est que, de l’aveu même du Ministre de l’économie, la France veut désormais couler la taxe sur les transactions financières, sous le prétexte qu’elle coûterait trop cher pour les banques françaises !

 

Il faudrait ajouter à cette liste les récentes déclarations concernant le livret A, dont le taux va à nouveau baisser au plus grand bénéfice des assurances-vie. L’épargne du livret A pourrait même en partie bénéficier aux banques françaises !

 

N’en jetez plus : les chroniques de l’« affrontement » entre Hollande et la finance se résument à une succession de reculades, de pantalonnades en volte-face et promesses non tenues. Il faut dire qu’Hollande a su s’entourer d’un ministre du budget qui s’est avéré être un fraudeur fiscal, ainsi que d’un ministre de l’économie qui s’autoproclame « ministre des banques » et leur « partenaires »… Lui-même ancien Vice-président du Cercle de l’industrie, lobby patronal fondé avec l’actif soutien de Dominique Strauss-Kahn.

 

Dans ce contexte, aucun doute que cette rencontre du 19 juillet avec les banques françaises s’avérera fructueuse… pour la finance !

 

Le programme du candidat socialiste annonçait : « avec François Hollande, régulons la finance ». Une faute de frappe, sans doute. « Avec François Hollande, régalons la finance » semble plus proche de la réalité.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 06:04

Ci-dessous une réflexion du Pôle de Renaissance Communiste en France, suite à la catastrophe de Brétigny.

 

Le terrible déraillement survenu à Brétigny le 12 juillet appelle d’abord compassion pour les victimes, admiration pour le cheminot conducteur de rame qui a instantanément baissé sa vitesse quand il a senti venir le drame (déclarations du ministre Cuviliez), gratitude pour les secours prestement mis en place par les fonctionnaires des divers services publics, sympathie pour les centaines de milliers de passagers gênés par l’interruption du réseau.

 

Il appartiendra à l’enquête de faire la lumière sur les causes directes de l’accident, sachant que malgré toutes les dégradations subies par la SNCF depuis vingt ans, le rail français reste l’un des plus sûrs du monde.

 

Mais quelles que soient les causes directes de cette tragédie, des questions de fond doivent être posées.

 

Depuis le début des années 90, le rail français a été délibérément mis en crise par la politique de privatisation orchestrée par les gouvernements successifs en application du Traité de Maastricht. En vue de privatiser l’exploitation ferroviaire, le transport proprement dit – partie « rentable » – du travail des cheminots, a été découplé du réseau et de son entretien (création de RFF). On a d’ailleurs procédé de la même manière en matière d’énergie en découplant ERDF et EDF proprement dit. Le but est clair : rentabiliser le transport, ou la distribution d’énergie, pour démanteler les monopoles publics et installer la concurrence du privé (avec une hausse constante des tarifs et une politique commerciale détruisant l’égalité entre les usagers, que d’ailleurs on ne nomme plus que « clients « ), socialiser les pertes en abandonnant à l’État l’entretien coûteux des infrastructures.

 

Résultat : dans le cadre d’États européens qui se sont surendettés volontairement auprès des banques privées et qui ont généralisé l’austérité au nom du « salut de l’euro », les infrastructures – notamment celles qui desservent le trafic inter-cités et qui, en conséquence, concernent les TRAVAILLEURS se rendant à leur travail – sont à l’abandon.

 

 

Le renouvellement du matériel roulant ne se fait pas, des milliers de postes de cheminots ont été supprimés pendant que la précarité et la sous-traitance augmentaient.

 

Tout cela se paie en terme de retards permanents, de mal-vivre des usagers, d’insatisfaction professionnelle des cheminots, de dégradation d’un service public qui était un modèle mondial avant que la France n’accentue son engagement dans la funeste « construction » européenne.

 

En outre, la France capitaliste s’est vu attribuer le « créneau » du tout-transport transeuropéen dans la division du travail au sein de l’UE.

 

En abandonnant totalement à l’Allemagne la grande industrie, les gouvernants successifs ont privilégié les TGV couplés au réseau européen (alliance Railteam, avec en prime une effarante politique linguistique conduisant à substituer l’Anglais au Français dans la dénomination des produits : TGV Night, Family TGV, etc.) en abandonnant les réseaux régionaux aux régions qui avaient plus ou moins les moyens de les entretenir ; il faut donc réaffirmer la responsabilité NATIONALE en matière de transport ferroviaire.

 

 

Lire les propositions du PRCF ici.

 

 
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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 18:07

Je me permets de reproduire ce court texte publié sur ce blog en juin 2012

 

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgAuteur/058/Alleg_Henri.jpgJ’ai eu le grand plaisir de rencontrer tout récemment Henri Alleg à la Fête de L’Humanité de Toulouse. Comme, depuis quelque temps, je m’efforçais de mon mieux d’expliquer la Guerre d’Algérie à mes filles de dix et huit ans, ce fut pour moi un réel bonheur de leur présenter ce défenseur de la liberté des peuples. Très gentiment, il leur expliqua en quelques minutes le sens de sa vie militante.

 

Pour ma part, je n’avais pas trop envie de le faire parler sur son combat en Algérie. Que m’aurait-il dit qu’il n’avait déjà raconté mille fois auparavant ? Je lui demandai d’évoquer ses parents anglais, et de m’expliquer la ou les raisons pour lesquelles ils avaient émigré en France au début des années vingt. Je lus dans le regard d’Alleg une réelle surprise car on ne lui parlait pratiquement jamais de ses origines londoniennes. De fait, dans l’entre-deux-guerres, les Britanniques qui s’installaient en France étaient des intellectuels, des artistes, des écrivains qui voulaient changer d’atmosphère et, accessoirement, profiter de la parité très avantageuse de la livre sterling par rapport au franc. Très prosaïquement, les parents d’Alleg étaient venus en touristes pour quelques jours dans notre pays et avaient été emballés par un pays où l’on pouvait s’installer des heures durant à la terrasse d’un café. Ils décidèrent donc de se fixer en France avec leur marmot Henri sous le bras.

 

L’histoire est désormais bien connue : Alleg s’installe en Algérie en 1939, à l’âge de dix-huit ans. D’emblée, il milite au Parti communiste algérien. En 1951, il est nommé directeur d’Alger Républicain, un quotidien progressiste que la presse colonialiste appelait “ le petit mendiant ”, et qui accueillit dans ses colonnes Albert Camus, entre autres. Alleg entre dans la clandestinité en 1955. Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes au domicile de son camarade et ami Maurice Audin qui sera torturé à mort et dont on ne retrouvera pas le corps. Il est séquestré et torturé pendant un mois à El-Biar. Il est transféré dans divers centres de détention où il parvient à écrire son célèbre ouvrage  La Question (publié par Lindon aux Éditions de Minuit en 1958). Pendant que je l’écoutais parler, j’essayais de me représenter ce petit homme chétif, ce trésor d’intelligence et de dignité aux mains des brutes de Massu et d’Aussaresses.

 

Un tout jeune militant communiste vint saluer Alleg et lui dit : « Vous êtes l’honneur de la France. J’ai commencé à militer grâce à vous, en lisant vos livres. » Puis un militant plus âgé vint faire dédicacer Mémoire algérienne. Souvenirs de luttes et d'espérances. Il souhaita prendre Alleg en photo et lui demanda la permission, ce que l’écrivain accorda tout naturellement.

 

- Il fallait bien que je pose la question, dit cet homme. J’éclatai de rire intérieurement…

 

 

 

Lire sur le site du Monde le témoignage de l'avocat Roland Rappaport sur l'écriture, en prison, de La Question.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 14:03

Ci-dessous une analyse d'Évariste pour Res Publica.

 

C’est la première fois de notre histoire qu’un gouvernement de gauche décide de baisser le niveau des retraites et d’augmenter le nombre d’annuités.
1987, 1993, 1995, 2003, 2008, ce sont des gouvernements de la droite néolibérale qui ont décidé d’augmenter les dividendes des actionnaires et, en contre-partie, d’engager un processus de recul social sur les retraites.
Mais cette fois, c’est un gouvernement de la gauche solférinienne qui décide de suivre le chemin tracé par la droite néolibérale. Bien que nous ne connaissions pas encore le projet de loi définitif, nous savons que le gouvernement est favorable à la sous-indexation des retraites (baisser chaque année le pouvoir d’achat des retraites), car il a applaudi à la sous-indexation du plan du Medef pour les retraites complémentaires AGIRC-ARCCO du privé (signée par les syndicats habitués à la complaisance avec le patronat). Nous savons aussi que le projet du gouvernement est d’allonger la durée de cotisation.
Nous sommes conviés par le mouvement syndical revendicatif - CGT, FO, FSU et Solidaires - à nous mobiliser le 10 septembre. Il faut réussir cette mobilisation, c’est la seule arme dont nous disposons aujourd’hui… Une fois de plus, nous devons travailler à une mobilisation maximale contre la politique néolibérale du gouvernement solférinien, qui a décidé de passer en force en donnant à la vraie gauche moins de temps pour mobiliser qu’il n’en a donné à la droite et à l’extrême droite pour s’opposer au mariage pour tous.

 

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a calculé qu’il faut trouver 1 % du PIB pour les retraites d’ici 2020 (20 milliards d’euros) soit une augmentation des prélèvements de 2,2 %. C’est très facile à trouver si la croissance revient ou si on modifie le partage de la valeur ajoutée. Notez que 20 milliards est la somme que le gouvernement solférinien a donnée au patronat, sur un coup de fil du Medef, pour soi-disant améliorer la compétitivité !

 

 

 

 

Une cause essentielle du déficit est le chômage, il faut donc d’abord créer des emplois. Cela pose la question de l’Europe, qui demande cette réforme des retraites, au motif que seules les « nécessaires réformes structurelles » permettront le retour de la croissance. Mais c’est bien le carcan de l’Union européenne, des traités et de la zone euro qui fait perdre, via les politiques ordolibérales qu’il impose, 80 000 emplois par mois : l’austérité creuse le déficit et appelle l’austérité ! Et comme il n’y a pas de possibilité de réorienter l’Union européenne vers une Europe sociale sans en changer de fond en comble le cadre, ni d’espérer en une sortie à froid de l’euro (nous l’avons montré à plusieurs reprises dans nos chroniques d’Evariste ou dans les textes de Michel Zerbato), l’oligarchie européenne continuera son œuvre destructrice, faute d’un rapport de forces politique suffisant pour l’en empêcher. Voilà pourquoi nous devons nous préparer à la prochaine crise européenne qui ne manquera pas d’arriver. Alors le neuf pourra naître de l’approfondissement de la crise du capitalisme.

 

Une autre cause est la scandaleuse déformation du partage de la valeur ajoutée (plus de 9 % du PIB, soit environ 180 milliards d’euros par an depuis 30 ans), qui fait baisser la part des salaires directs et des cotisations sociales (le salaire socialisé) pour abonder le profit et augmenter les dividendes (qui ont triplé en % du PIB en 30 ans). Il faut la dénoncer avec force.

 

Quant au soi-disant problème démographique, regarder le ratio actifs/retraités est idiot, car ce qui compte c’est la production de richesse par les actifs : c’est le ralentissement des gains de productivité qui accroît le poids sur les actifs du financement des inactifs (retraités, mais aussi chômeurs, malades, etc.). Ainsi, depuis 1960, la population a plus que doublé tandis que le nombre de paysans a été divisé par 10 et pourtant nous ne sommes pas en situation de famine ! Nous montrons dans nos conférences publiques que lorsque nous passons de 6 retraités pour 10 actifs à 9 retraités pour 10 actifs, si nous tenons compte des prévisions du COR, le salaire moyen disponible (en agglomérant les retraites et les salaires) augmente de 60 %. C’est donc bien d’une répartition des richesses plus favorable au salaire (direct et socialisé) dont nous avons besoin. Mais comme l’oligarchie souhaite l’aggravation du partage de la valeur ajoutée, c’est bien d’une inversion du rapport de forces entre classes dont nous avons besoin.

 

Sur l’espérance de vie, TF1 et la télé publique vous mentent. En 2012, l’espérance de vie des femmes a baissé. En 2012, l’espérance de vie en bonne santé a baissé, pour l’ensemble de la population. Voilà le produit des politiques d’austérité. N’acceptons pas le mensonge qui consiste à dire que, puisqu’on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps ! Sachez aussi que parmi les salariés de plus de 55 ans, la majorité sont déjà au chômage. Augmenter la durée de cotisation ne fera donc qu’augmenter le nombre de chômeurs, et réduire les ressources des caisses de retraite.

 

 

 

 

Et surtout, enfin, enlevez-vous de l’idée que les ordolibéraux font une mauvaise politique. Ils font au contraire une excellente politique, pour l’oligarchie et ses alliés. Voilà pourquoi il faut opposer une politique bonne pour les couches populaires ouvrières et employées (53 % de la population) et pour les couches moyennes intermédiaires (24 %) à cette politique bonne pour l’oligarchie et ses alliés. C’est cela la lutte des classes.

 

Nous devons résister au fatalisme, résister aux politiques d’austérité, présenter notre modèle politique alternatif de la République sociale dans toutes les initiatives d’éducation populaire, sur tous les domaines de lutte, pour, in fine, espérer vaincre l’oligarchie. Voilà le sens de l’histoire.

 

Le site  de Res Publica est ici.

 

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 06:12

ENTRETIEN. Trente ans après la loi de 1983 sur le statut général des fonctionnaires, l’ancien ministre communiste de la Fonction publique (1981-1984) revient sur les multiples régressions et met l’accent sur la nécessité de redéfinir les valeurs du statut.

On fête cette année le 30e anniversaire du Statut Général des fonctionnaires dont vous avez été l’incontournable artisan. Pouvez-nous nous rappeler la lettre et l’esprit de ce statut ?


Anicet Le Pors. Il faut remettre les choses dans une perspective historique. En rappelant déjà qu’en 1946, dans l’esprit du CNR (Conseil national de la Résistance), un ministre d’État communiste, vice-Président du Conseil, à savoir Maurice Thorez, a dirigé l’élaboration du statut démocratique fondateur de la conception française de la fonction publique. Ce statut était très novateur et organisait le classement des fonctionnaires en fonction de leurs qualifications, il définissait le système des rémunérations, il prévoyait également un régime spécial de sécurité sociale et de retraites pour les fonctionnaires. Il concernait alors 900 000 fonctionnaires. 37 ans plus tard, en 1983, alors ministre communiste de la fonction publique, j’ai réintégré dans le statut ce qu’une ordonnance de 1959, au moment de l’avènement de la Ve République, avait mis en dehors. Ce statut a réintégré également des éléments de jurisprudence de manière à le consolider. Par exemple la liberté d’opinion, le droit de grève, la capacité de négociation reconnue aux organisations syndicales. Surtout cette initiative a étendu le statut aux agents des collectivités territoriales et aux agents des établissements publics hospitaliers et de recherche. Dorénavant le statut couvre 5,3 millions de personnes, soit 20% de la population active. C’est un fait exceptionnel dans le monde. 20% de la population qui a donc la garantie de l’emploi, la crise a d’ailleurs montré que les agents publics, auxquels il faut ajouter les salariés des entreprises publiques (EDF, SNCF…) ont constitué un puissant « amortisseur social » face à la crise. C’est un atout considérable. Ces choix et réflexions politiques opérés en faveur du service public participent pleinement de l’identité du Parti communiste français eu égard aux ministres qui y ont contribué.

 


 

La RGGP, la MAP, l’acte 3 de la décentralisation… tous ces grands chantiers prétendent moderniser l’action publique. Que pensez-vous de ces évolutions des services publics engagées sous un gouvernement de droite puis prolongées, sous une autre forme, sous la gauche ?


Anicet Le Pors. Il faut distinguer strictement deux domaines. Il y a le domaine statutaire d’une part, le domaine financier de l’autre.  En ce qui concerne le domaine statutaire je rappelle qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé une « révolution culturelle » dans la fonction publique. Elle consistait essentiellement à mettre sur un plan d’égalité l’entrée dans la fonction publique par concours et l’entrée par contrat. Il s’agissait de généraliser dans la fonction publique le contrat de droit privé conclu « de gré à gré » selon sa propre expression. Il a échoué avec la crise qui a montré la fonction d’amortisseur social dont je viens de parler et parce que l’opinion publique reste fondamentalement attachée à la fonction publique en France. Du point de vue statutaire donc, il n’est plus question de remettre en cause ce statut. Il faut considérer comme positif le fait que le gouvernement actuel ait jeudi dernier, par la tenue d’un colloque, fêté le 30e  anniversaire du statut général des fonctionnaires. On est donc pour l’instant épargné de sa remise en cause, même partielle. Si bien que du point de vue statutaire, le climat est très différent entre 2007 et 2013.

Examinons maintenant le point de vue financier. Sous Sarkozy il y a eu la LOLF, puis la RGPP, démarche aveugle et irrationnelle. Elle était purement financière et a porté gravement atteinte aux services publics dans notre pays. Aujourd’hui, le gouvernement annonce la MAP (modernisation de l’action publique). Pour le moment, on n’en sait pas grand chose si ce n’est qu’il faut malgré tout lui associer des réductions de crédits considérables, une réduction des dotations aux collectivités territoriales, des difficultés aggravées dans le secteur hospitalier et un gel des rémunérations des fonctionnaires. Tout cela ne peut pas manquer de porter gravement atteinte à l’exercice des services publics. Cette partie financière nourrit les plus grandes inquiétudes. Même si ce projet se met à peine en route, ce qu’on en sait légitime qu’on soit très inquiet quant aux moyens alloués aux services publics dans les années qui viennent. La MAP, si c’est un objet économique non identifié et donc incertain, n’est pourtant pas à confondre avec la RGPP. Concernant l’acte 3 de la décentralisation version Hollande, on peut aussi craindre qu’il s’inscrive trop dans la continuité de l’acte 3 version Sarkozy. Cependant rien n’est accompli, il y a énormément d’hésitations de ce gouvernement, sur ce sujet comme d’autres, en atteste la décision de découper en trois un projet de loi primitif qui couvrait l’ensemble des domaines. Il est difficile de savoir ce qui sera finalement mis en œuvre.
 
Sarkozy s’est attaqué à toutes les administrations que j’appelle « rationnalisantes ». Déjà avait été supprimée la DATAR (Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale), le Commissariat général du Plan ; Sarkozy a poursuivi avec le Conseil national d’évaluation, le Haut conseil des entreprises publiques comme celui des relations internationales. Tout ce qui relevait des administrations de contrôle et de rationalisation a été mis à bas par la RGPP. Certaines organisations visant à la rationalisation de l’action publique semblent ressuscitées, je me félicite par exemple de la création d’un Commissariat général à la stratégie et la prospective. Mais méfions-nous que cette volonté de rationalisation ne soit pas un trompe l’œil, si dans le même mouvement on se laisse solliciter dans la pratique par les règles du libéralisme. C’est cette contradiction paralysante qui menace le gouvernement.

 

Suite de cet entretien dans L'Humanité.
 

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 06:45

Dans Le Grand Soir, Bernard Friot réfléchit au problème des retraites autrement. Vraiment autrement !

 

La retraite n’est pas une libération du travail mais une seconde carrière libérée de l’emploi.

La pension de retraite a été construite avec comme objectif syndical la continuation à vie du salaire atteint à 55 ans. Le modèle a été le régime de la fonction publique, étendu à l’EDF (où on parle de « salaire d’inactivité »), à la SNCF et aux autres entreprises publiques.

Une conquête révolutionnaire

Ainsi, au début des années 1990, le taux de remplacement du dernier salaire net dans la première pension nette était dans le privé en moyenne de 84 % pour une carrière de 37,5 ans. L’objectif de la CGT n’était pas encore atteint, mais on s’en était considérablement rapproché. Les axes de l’action syndicale ont été la hausse du taux de cotisation afin d’arriver à un taux de remplacement de 75 % du meilleur salaire brut, soit 100 % du net, à un âge le plus bas possible (55 ans et 50 ans pour les métiers pénibles), avec indexation sur les salaires de la pension.

La hausse constante du taux de cotisation (passé entre 1945 et 1995 de 8 à 26 % du salaire brut), en reconnaissant toujours davantage la valeur économique produite par les retraités, a ainsi permis une croissance non capitaliste du PIB. Car revendiquer qu’à 55 ans on touche à vie son meilleur salaire, ce n’est pas revendiquer le droit au loisir après une vie de travail, mais c’est affirmer qu’à un âge politique on peut enfin travailler en étant payé à vie, décider de son travail sans employeur et sans actionnaire. Les retraités sont libérés non pas du travail mais de l’emploi et du profit pour travailler dans la liberté. Et ils montrent que cela pourrait être le cas de tout le monde.

 

Suite de l'article ici.

 
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 18:02

Le 11 septembre prochain, les Solfériniens vont-ils commémorer comme il se doit l’assassinat, il y a quarante ans, du président du Chili Salvador Allende ?

 

Rien n’est moins sûr. Mais, sait-on jamais.

 

Pendant ce temps, en Belgique, on se bouge. Des militants de gauche viennent de publier un texte dont j’extrais ceci :

 

 

Comité Allende 40 : notre 11 septembre

 

Le 11 septembre 1973, à Santiago de Chili, un pronunciamiento militaire fait bombarder le Palais présidentiel appelé la Moneda, par l’aviation et déclenche aussitôt une des plus sanglantes répressions qu’une démocratie parlementaire a connue, avec la complicité évidente du gouvernement étatsunien de l’époque du sinistre président Nixon et de son sbire Kissinger.

 

Le Président Salvador Allende, démocratiquement élu en 1970 et ayant procédé à la mise en place d’un système socialiste par la voie constitutionnelle et légale, était devenu dangereux. S’il avait réussi, quel exemple cela aurait été ! Insupportable pour les Étasuniens et les multinationales !

 

 

A l’appui de la CIA, des actions de sabotages furent commises, comme la grève des camionneurs qu’elle a financée. Le pays sombrait dans l’anarchie, suite à cette œuvre de subversion. Mais la coalition de l’Unité populaire qui rassemblait des communistes, des socialistes et des chrétiens de gauche a malgré tout tenu. Elle a même remporté les élections en 1973.

 

Dès lors, le coup d’État était inévitable.

 

Le 11 septembre, après avoir résisté les armes à la main avec quelques compagnons dans le palais présidentiel, Salvador Allende prononça ce qu’on appelle désormais « le dernier discours » où il appelle à la Résistance, tout en recommandant au peuple de ne pas se faire tuer par un ennemi plus puissant. On sait aujourd’hui qu’il se suicida pour ne pas tomber aux mains des militaires félons qui l’auraient humilié en le forçant à l’exil.

 

Des milliers de militants syndicalistes, politiques, de fonctionnaires, de gens de culture ont été emprisonnés, déportés, notamment dans le sinistre camp de l’île de Dawson, au Sud du Chili, non loin du Cap Horn. De nombreux assassinats furent perpétrés par les forces armées, la police et les milices fascistes.

 

Le petit film ci-joint retrace la journée commémorative organisée par le Comité Allende 40 en collaboration avec le CAL (le Centre d’Action Laïque), le 26 juin 2013 – anniversaire de la naissance de Salvador Allende – à Bruxelles. On y entend une interview de Sergio Rojas Fernandez, militant syndicaliste, président du Comité Allende 40, emprisonné par les sbires de Pinochet et qui réussit à se réfugier en Belgique en 1975.  L’autre interview est celle de l’ancien journaliste de la RTBF (radio télévision de service public belge francophone), Josy Dubié, qui effectua la dernière interview de Salvador Allende en septembre 1973, quelques jours avant le putsch. Dubié revint au Chili en 1987 où il tourna un reportage sur la dictature. On y assiste à une scène de répression  particulièrement violente où des jeunes filles sont brutalement embarquées dans les camions de la police.

 

Dubié nous a raconté que les habitants de ce quartier étaient en train de réparer une fresque murale contre la dictature qui avait été souillée par des groupes d’extrême-droite. C’est pendant ces réparations que les forces de « l’ordre » sont intervenues. Sans doute, sans le témoignage de Josy Dubié et de son équipe, l’opinion internationale n’aurait pas pris conscience de la barbarie des sbires de Pinochet soutenus par les impérialistes américains.

 

 

La journée s’est terminée par un hommage aux victimes de Pinochet au square Allende qui a été inauguré l’année dernière, en présence du bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, et du président du CAL, Pierre Galand.

 

D’autres commémorations auront lieu les 7 et 8 septembre 2013 à la Citadelle de Namur où sera installé un square Allende dans le cadre de la grande fête progressiste « Solidaris ». Le 11 septembre 2013 à 11 heures, une séance académique solennelle aura lieu à l’Hôtel de Ville de Bruxelles quarante ans jour pour jour après le coup d’Etat.

 

Pierre Verhas

 

Comité Allende 40, Vieille rue du Moulin, 251, 1180 Bruxelles.

 

Vous pouvez nous aider en versant votre participation au compte :

 

BE51 5230 8056 6962  du Comité Allende 40

 

 

 

Concours littéraire Allende 40

 

Un concours littéraire est dès à présent organisé à l’intention des jeunes de 16 ans à 30 ans sur le thème : leur vision de l’expérience tentée par Allende avant le coup d’état du 11 septembre 1973.

 

Il ne s’agit donc pas d’évoquer avec nostalgie la figure d’un grand Président mais de montrer ce qu’il a laissé comme héritage aux jeunes d’aujourd’hui.

 

A vos plumes donc, documentez-vous si vous connaissez mal sa vie et ses combats et envoyez-nous vos copies dactylographiées de 8.000 signes maximum (environ deux pages dactylographiées) pour le 31 juillet au plus tard, par e-mail

 

à Monique Discalcius, coordinatrice : monique.discalcius@telenet.be.

 

Un jury les lira et la meilleure contribution sera publiée et donnera l’occasion à son auteur de se rendre au Chili et d’y rencontrer des personnalités qui perpétuent la mémoire d’Allende.

 

À vos claviers !

 

 

Outre son site Uranopole, Pierre Verhas est responsable du site Osons le socialisme.

 

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