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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 07:08

Il y a une trentaine d'années, j'ai eu pour collègue un fort brave homme (pas spécialement de gauche) qui avait été très proche de Mauroy à l'époque de l'École normale. Il me dit que, quelques heures après sa nomination à Matignon, Mauroy lui vait passé un coup de fil très amical, alors qu'ils ne s'étaient pas vus depuis belle lurette. J'imagine que le nouveau Premier ministre fit ainsi une large tournée des popotes.

 

Mauroy fut aidé à ses débuts en politique par Guy Mollet. Naturellement – et il n'est pas question de revenir la dessus – la politique algérienne de Mollet (+ Lejeune, Lacoste, Mitterrand etc.) fut une horreur. Sans oublier, non plus, l'expédition de Suez. Mollet, qui était d'une origine sociale plus modeste que Mauroy, fut, lui aussi, très anticommuniste (il disait que les communistes n'étaient pas à gauche mais à l'Est) et très proche de la classe ouvrière. Lors de son passage à Matignon (moins de deux ans), il mit en œuvre une politique sociale de gauche qui donnerait le vertige aux petits marquis solfériniens d'aujourd'hui.

 

Il se trouve qu'avant et pendant la guerre, Mollet fut très proche de ma famille arrageoise. J'ai donné ce témoignage en 2008 sur mon blog de l'époque.

 

 

Pierre Mauroy, l’homme qui invitait les ouvriers à Matignon

 


À la fin des années 80, pour mon travail de thèse doctorale, j’interviewais les militants de la fédération socialiste du Nord, située rue Lydéric à Lille. Un jour de printemps 1989, je rencontrai Julien Decottignies, figure légendaire du militantisme local, depuis décédé. Julien avait tout vu, tout fait, connu tous les dirigeants du parti depuis les années 30. Il avait été un acteur du Front populaire, des Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne et de la résistance en zone occupée. C’était un homme drôle, rusé et courageux. Notre entretien dura plus de cinq heures. Un double atavisme l’animait : un anticommunisme viscéral, typique des socialistes nordistes de cette époque, et un ouvriérisme chevillé au corps.

 

« Le respect des ouvriers : quel dirigeant socialiste aujourd’hui - me confiait-il à la fin des années 80 - éprouve ce sentiment ? ». Et d’ajouter : « Certainement pas François Mitterrand », qu’il avait connu à la Libération et qu’il décrivait en personnage « hautain » et « opportuniste ». « Heureusement que nous avons Pierre. Lui, il comprend les ouvriers ». Ainsi ce socialiste illustre parlait-il de l’ancien premier ministre.

 

Julien me confia cette anecdote qui, plus que tout autre, résume l’état d’esprit qui animait Pierre Mauroy. A peine nommé premier ministre en mai 1981, Pierre Mauroy invita des camarades de la section de Lille à lui rendre visite à Matignon. Julien, le « chouchou » de Mauroy, fut le premier à pénétrer dans l’auguste demeure. Pour Julien, cet acte symbolique constituait une revanche historique : sur le Front populaire, victoire ouvrière que le gouvernement Blum avait, selon lui, insuffisamment accompagnée ; sur la droite pétainiste et les Ligues fascistes et sur les décennies de déclin du socialisme sous la 4e république. Julien demanda à visiter le bureau de Pierre Mauroy. Le premier ministre l’y amena et lui dit : « Assieds-toi à mon bureau. Je voudrais qu’un ouvrier comme toi soit là, car la victoire du 10 mai, c’est celle du peuple. Ta place est là ».

 

Lire la suite de l'article ici.

 

 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 08:43

Je me trouvais il y a peu sur une terrasse baignée de soleil du Cercle des Nageurs de Marseille. À mes pieds, la mer. Plus exactement, une anse sordide : un escalier en ciment mal foutu, des cabines style années 50, une clôture grillagée un peu ridicule.

 

Je demande à l’un des nageurs du CNM (dont je tairai le nom car tout le monde, là-bas, ne sait peut-être pas qu’il est de gauche) ce qu’est cet espace un peu minable.

 

  • C’est une plage privée, me répond-il. La seule de France prise sur un espace public. Je ne sais pas comment ils ont réussi ce coup-là. C’est un pur scandale !

 

Il est vrai que dans le Marseille de Deferre et Gaudin réunis (on a frôlé Jean-Noël Guérini et Bernard Tapie), tout a toujours été possible.

 

Au fait, à propos de Guérini (né dans le même village corse que les truands du même nom, mais pas parent, dit-il), on ne sait pas assez que, lors du congrès du parti socialiste de 2008, il présenta une contribution avec Gérard Collomb (maire de Lyon) et Manuel Valls (le chouchou des Français de droite) : « la ligne claire ». Il s’agissait de « dépasser le débat sur les personnes » et de faire du PS un « parti réformiste ».

 

Sacrés eux !

 

 

Privatisation d’une plage
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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:01

La violence sauvage qui a assassiné Clément Méric n’est pas fortuite. C’est une culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d’extrême droite. Elle s’exprime à tous propos, en toutes circonstances comme un mode considéré comme admirable par ces groupes. Il a connu un développement particulier du fait de son impunité et de la campagne de dédiabolisation du Parti des Le Pen auxquels ces groupes sont liés. L’impunité est le fait d’un ministre de l’intérieur intéressé à manipuler l’opinion en laissant agir ces groupes pour discréditer les manifestations dans lesquels ils se nichent.

 

 

La banalisation des Le Pen complaisamment entretenue en même temps que j’ai été continuellement diabolisé, a ouvert un espace de légitimité et d’encouragement à l’extrême droite dans toutes ses composantes. Je sais qu’il ne faudra pas longtemps avant que la machine à calomnier et à insulter se remette en marche dans ce registre pervers. Je note que la première arrestation dont j’ai l’écho ce matin est celle d’un jeune qui aurait menacé madame Le Pen sur internet, coïncidence médiatique qui ne manque pas d’impressionner. Mais il est possible aussi que les nombreux journalistes et photographes présents à Henin Beaumont aux législatives de 2012 retrouvent la mémoire. Il est possible qu’ils se souviennent d’avoir vu les militants des JNR, et leur chef, diffuser sur les marchés. Peut-être même retrouveront-ils la photo de la poignée de main que madame Le Pen leur donna! D’ici là nous les publierons nous même pour éviter que madame Le Pen puisse être une nouvelle fois complaisamment disculpée de sa responsabilité morale dans les activités de ces groupuscules violents. Le ministère de l’intérieur doit dissoudre ces groupes. La complaisance et la dédiabolisation systématique des Le Pen doit cesser. Nous ne devons plus être si seuls avec les militants « anti-fa » à porter le poids de la résistance pendant que d’autres jouent sans vergogne l’instrumentalisation.

 

Jean Luc Mélenchon

PS : Un buzz médiatique affirme que Clément aurait été membre de notre parti. Nous en aurions eu beaucoup d’honneur. Mais ce n’est pas le cas. Nous avons milité ensemble et dans certaines circonstances assez étroitement. Mais Clément Méric avait ses propres engagements, notamment syndical à Sud. Sa mémoire et le devoir de l’honorer s’impose à tous, sans condition ni réserve.

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 05:56

En Europe, les forces politiques et sociales qui se veulent à la gauche de la social-démocratie – disons par commodité la gauche de gauche – se croient « radicales ». Ce qui, au pied de la lettre, signifie qu’elles sont censées s’attaquer aux causes profondes des ravages du néolibéralisme en général, et de l’eurolibéralisme en particulier. Pourtant, elle font depuis longtemps preuve d’un étonnant conformisme sur trois des questions essentielles que pose aujourd’hui la crise européenne : le responsabilité de l’euro dans la récession actuelle, la pertinence de politiques nationales de rupture avec le néolibéralisme et l’urgence de mesures de protectionnisme écologique et social. Voyons dans quel contexte elle évolue.

 

 

Pour la sphère financière, les grandes entreprises et leurs fondés de pouvoir dans les partis politiques et les gouvernements – pas seulement ceux étiquetés « de droite » –, tout va pour le mieux : les traités et pactes européens successifs ont instauré l’hégémonie du capital et du marché ; ils ont fait du libre-échange une arme de choc au service du dumping social, écologique et fiscal ; le dogme de la concurrence est devenu une machine à paupériser ou privatiser les services publics ; sous prétexte de résorber la dette, de promouvoir la « compétitivité » et de « sauver » l’euro, des « réformes structurelles » et des plans d’austérité ont été imposés, avec comme objectif véritable le démantèlement des acquis sociaux de plusieurs décennies, en particulier en matière de droit du travail.

 

Pour empêcher toute remise en cause de la « divine surprise » qu’a été la concrétisation en Europe d’une telle utopie néolibérale – dont ses promoteurs n’auraient même pas osé rêver au siècle dernier –, une police spécialisée a été créée : la « troïka ». Composée de la Commission, du FMI et de la Banque centrale européenne (BCE), elle a les pleins pouvoirs pour exiger l’application de ce programme par les gouvernements qui ont recours à son « aide ».

 

Lire la suite ici.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:19

 

Schoumi, un lecteur de Mediapart, brosse un fort utile bilan de la carrière d'homme d'affaires de Bernard Tapie. Comme disait ma grand-mère, il y a ce qu'on sait, mais il y a surtout ce qu'on ne sait pas et qu'on ne saura jamais.

 

Combien d’entreprises citées ci-dessous achetées pour 1 Franc symbolique et revendues avec très gros bénéfices et beaucoup de larmes d’ouvriers mis au chômage comme des malpropres  par cet arriviste sans scrupule.

Entreprises rachetées par Tapie avec comme avocat d’affaire et complice Borloo et combien d’autres.

 

 

  • Ø 1974 Bernard Tapie fonde ensuite un groupement d'achat, le Club Bleu, destiné à l'achat en gros pour les comités d'entreprise, qu’il revendra par la suite.

 

  • Ø 1977, il se met à son compte et se spécialise dans le rachat d'entreprises en dépôt de bilan. Il fit parler de lui une première fois après avoir entourloupé Jean-Bedel Bokassa en lui faisant croire que ses châteaux en France allaient être saisis par les autorités françaises, mais qu'il se proposait de les racheter pour 10 % de leur prix, ce que l'empereur-dictateur accepta dans un premier temps avant de se rétracter une fois la supercherie découverte

 

  • Ø 1980 Dans les années 80, Bernard Tapie accélère le rythme des rachats d'entreprises : Terraillon (rachetée 1Franc  en 1981revendue 125 millions de francs en 1986 à l'américain Measurement Specialities) ;

 

  • Ø 1980 La Vie Claire entreprise alimentaire en BIO  rachetée 1Franc   en 1980,

 (Nota  La Vie Claire fut le sponsor de l'équipe cycliste qu'il dirigea au milieu des années 1980 avec notamment les coureurs Bernard Hinault et Greg Lemond).

et revendue à Distriborg par le CDR en 1995) ;

 

  • Ø 1983  Look (rachetée  1Franc   en 1983, revendue pour 260 millions de francs en 1988 au propriétaire des montres suisses Ebel),

 

  • Ø 1983 Testut (rachetée  1Franc   en 1983, revendue par le CDRen 1999 au groupe américano-suisse Mettler Toledo) ;

 

  • Ø Petite Anecdote PERSO

Sur Testut et Tapie,et qui se répercute sur toutes ses entreprises mais toujours sauvé pas le CDR

 

L'affaire Testut, instruite par les juges Persyn et Vandingenen, porte sur des prélèvements abusifs réalisés par les sociétés de Bernard Tapie,alors député des Bouches-du-Rhône, sur l'entreprise de pesage Testut.

On retrouve notamment dans cette affaire :

Un prêt non déclaré de 21 millions de francs au club de football de l’Olympique de Marseille, qui a servi à financer l'achat du joueur anglais Chris Waddle

un emprunt obligataire de 100 millions de francs émis par le Crédit lyonnais, le Crédit agricole et les AGF, dont le tiers environ sert à racheter à la SNC Bernard Tapie l'entreprise Trayvou, spécialisée dans le pesage de matériels lourds. Pourtant, Trayvou continue de cumuler les pertes, aussi le conseil d'administration de Testut, réuni le 29 décembre 1992, décide de céder Trayvou pour 1 franc symbolique au groupe Bernard TapieAprès un abandon de créances de 41 millions de francs.

 

  • Ø Le 22 décembre 1993, une fois son immunité parlementaire levée, Bernard Tapie est mis en examen pour « abus de biens sociaux », et est condamné le 1er juillet 1996 par le tribunal de Béthune (Pas-de-Calais), à deux ans de prison avec sursis, à 300 000 francs d'amende et à cinq ans d'interdiction de gérer.

Les deux juges d'instruction de Béthune se sont également interrogés sur l'attitude des commissaires aux comptes et des dirigeants de la Société de banque occidentale (SDBO), et ont donc demandé leur perquisition, parce que les premiers ont fermé les yeux sur certaines opérations de Testut, et parce que les seconds ont soutenu, au-delà du raisonnable, l'activité de cette entreprise.

 

  • Ø 1984 Wonder (rachetée 1Franc  en 1984revendue pour 470 millions de francs en 1988 à l'américain Ralston) ;

 

  • Ø 1988  Donnay (rachetée 1Franc en 1988revendue pour 100 millions de francs en 1991 à la région Wallonne).

 

  • Ø 1990 achat Adidas pour des figues

 

Et combien d’autres encore, j’arrête cette liste déjà longue du fait qu’il me faudrait encore une page pour compléter toutes les entreprises escroquées et spoliées et le nombre de chômeurs

Occasionnés par ce triste sir, qui se comptent par milliers….

 

Je ne suis pas contre qu’un honnête artisan ou entrepreneur, de par son travail, s’enrichisse, ce qui est le but en soit, mais le faire avec justice et respect pour tous les ouvriers qui ont participés à cet enrichissement, et dont une part devrait leur revenir…..

Mais ce genre de type, ne mérite en rien le nom d'entrepreneur ,car comme tous les pigeons ,passant en boucle sur les chaînes medias se plaignant de trop payer d’impôts,tuerais père et mère au nom du FRIC….Plus toujours plus ……

 

En avril 2009, il annonce son intention d'entrer au capital du Club Med  Le 18 juin 2009 il

Annonce avoir acquis 1% du capital pour 2,5 millions d'euros  Le 15 décembre 2009, il annonce

Qu’il a revendu toutes ses actions du Club Med. Avec benef de 40 %

 

En mai 2010, il donne son nom, au site internet de vente en ligne Bernardtapie.com créé par son fils Laurent en avril 2009. Il a financé à hauteur de 1,5 million € ce projet, mais n'en est pas un des dirigeants. Il se contente de l'image commerciale du groupe, Tous les emplois ou presque sont crées au Maroc, cause main d’œuvre de misère 130 € a 160 € salaire mensuel

 

  • Ø En Juin 2010, il rentre à hauteur de 30 millions d'euros au capital d'Urbania.

 

Et ceci sur le compte du contribuable Français.

 

 

Petit  Supplément

 

  • En Juin 2010, il rentre à hauteur de 30 millions d'euros au capital d'Urbania.

 

Et ceci sur le compte du contribuable Français

 

Tapie et Urbania     Petit complement

 

Bernard Tapie sauveur d’Urbania ?

 

 

  1. 1.     La société d’investissement IPE (Investors in Private Equity) veut édifier autour du groupe d’administration de biensUrbania, en grandes difficultés financières, « un groupe européen de services immobiliers », a déclaré vendredi son président Philippe Nguyen

 

  1. IPE, qui veut reprendre seulement les fonds de commerce des 107 agences et non la holding Urbania, a demandé aux banques d’abandonner leurs créances sur Urbania, soit un total d’environ 430 millions d’euros dont 200 millions à la seule charge de la Société Générale

 

  1. 3.     Société Générale

 

C’est une de ses filiales (Société Générale) comme par hasard qui à transféré  plus de 220 millions € de Tapie   à Monaco et au Luxembourg

 

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:13

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 15:51

Le 10 avril 2013, l’épouse de Vincent Lambert, survivant dans un état végétatif « pauci-relationnel » suite à un accident de la route, a accepté la décision de l’équipe médicale du CHU de Reims d’arrêter l’alimentation et de réduire son hydratation.

 

Refusant cette décision, les parents et deux des frères et sœurs du malade ont saisi le tribunal administratif qui a ordonné le 11 mai la reprise de l’alimentation, au motif qu'ils n’avaient pas été consultés.

 

Derrière ce combat, on trouve la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, à laquelle Vincent avait appartenu avant de renier cette allégeance. Cette fraternité fut fondée en Suisse, en 1970 autour de Monseigneur Lefebvre. Le Vatican cessa de la reconnaître en 1975. Mrg Lefebvre ayant décidé d’ordonner lui-même quatre évêques sans l’accord du pape en 1988, il fut excommunié. Depuis, cette fraternité est en situation de schisme par rapport à l’Église.

 

Les milliers d’Argentins en pleine forme, jetés vivants à la mer du haut d’hélicoptères par la junte argentine n’ont arraché aucun signe de compassion à Mgr Lefebvre de la fraternité ({sic}) sacerdotale, ni à Jorge Mario Bergogli, évêque de Buenos Aires, aujourd’hui plus connu sous le sobriquet de pape François. On n’a pas entendu beaucoup d’ecclésiastiques s’époumoner en criant des « Laissez-les vivre! »​

 

Pour la première fois, la femme de Vincent a accordé un entretien à la presse (Le Monde). Extraits.

 

C'était inouï, au regard du long cheminement psychologique autour de sa fin de vie que nous avions parcouru, et des souhaits qu'il avait exprimés antérieurement. Je n'avais jamais vu Vincent autant apaisé que pendant l'arrêt des soins.

 

La dernière fois que l'on s'était vraiment parlé avec ma belle-mère, nous avions pourtant évoqué les funérailles de Vincent.

 

La médiatisation m'est tombée dessus et ce n'était pas mon choix. J'ai été outrée que notre histoire soit mise sur la place publique, qu'on révèle l'existence de notre enfant et qu'une photo de Vincent sur son lit d'hôpital soit diffusée, notamment à la télévision. On a entendu un seul point de vue, celui de la mère qui veut sauver son fils. Mais de quelle vie? Au nom de quels principes ?

 

Nous sommes allés jusqu'au bout pour faire avancer l’état cognitif de Vincent. On nous a laissé entendre qu'il n'y aurait pas d'évolution possible.

 

 

 

J’ai accepté la décision des médecins parce que j'ai compris qu'il n'y aurait pas de retour de Vincent à la conscience. Le laisser partir est la dernière preuve d'amour que je pouvais lui apporter.

 

Avant même la décision du tribunal, il y a eu des articles sur des sites Internet, d'abord Riposte catholique. Même avec l'utilisation d'un pseudonyme, notre histoire était reconnaissable. J'ai reçu un courrier d'un membre de la Fraternité Saint-Pie-X, dont les parents de Vincent sont proches, qui me disait que je cautionnais "un processus de mort" et qui me demandait de "laisser vivre" mon mari.

 

On peut dire, pudiquement, que Vincent a souffert physiquement et moralement de cette Fraternité. Il l'avait reniée. C'est donc d'autant plus nauséabond que son histoire soit aujourd'hui récupérée par ces gens.

 

Je considère que, en tant qu'épouse, j'ai une véritable légitimité. Que le tribunal ait pris une décision sans m'entendre, du fait de la procédure engagée, cela m'a choquée, car seule une partie s'est exprimée. J'ai été évincée comme si je ne faisais pas partie de la famille de mon mari. Or nous sommes mariés, nous avons un enfant. Je représente sa première famille, celle qu'il a créée, celle qu'il a choisie.

 

J'ai accompagné Vincent chaque jour pendant quatre ans et demi. J'étais là quand il refusait les soins. On ressent une grande souffrance dans ces moments-là. Ses parents, eux, venaient le voir trois ou quatre fois par an.

 

J'aimerais que Vincent soit entendu et respecté dans ce qu'il était avant. Je continue de penser que cette décision d'arrêt des traitements est la bonne. Six de ses huit frères et sœurs partagent cette position. Et à ceux qui voudraient croire ou qui insinueraient, comme je l'ai lu, que j'ai intérêt à ce que mon mari parte, je voudrais dire que, malgré son handicap, il est toujours resté mon mari, et que la douleur de le perdre sera toujours aussi grande. Je ne le laisse pas partir pour moi, je le laisse partir pour lui.

 

 

Intgralité de l’entretien ici.

 

 “ Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l’obscurité. ”
(Arthur Schopenhauer, 
Parerga).

 

(avec la collaboration de Maxime Vivas)

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 06:30

 

 

Un président noir, pour quoi faire ?
Un président noir, pour quoi faire ?
Un président noir, pour quoi faire ?
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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 06:40

C'est du moins ce qu'expliquait l'Européiste intégriste Jean Quatremer, dans un texte de 2008 publié par son journal Libération. Entre les excités qui prônent une bonne guerre (âgé de 56 ans, Quatremer en serait exempté) et les ayatollahs de l'austérité, on est vraiment mal barrés.

 

Aujourd’hui, l’Union n’a ni les instruments théoriques, ni les moyens militaires pour intervenir sur un théâtre extérieur ou même pour assurer sa propre défense. Le choix qui se pose désormais à l’Union est brutal : la soumission ou l’affirmation de sa puissance, aucun État pris isolément n’ayant les capacités de résister aux ennemis d’aujourd’hui et de demain. De ce point de vue, on peut considérer que le mois d’août 2008 va peut-être permettre aux citoyens européens de prendre conscience qu’il y a « eux » et « nous », de se forger ainsi une identité européenne. En clair, la guerre ou la possibilité d’une guerre permettrait à l’Union de s’affirmer selon les mêmes mécanismes qui ont permis aux États nations de se construire. On passerait ainsi de « l’Europe par la paix » à « l’Europe par l’épée ».

Cette thèse provocatrice et politiquement incorrecte dans cette Europe du « miel et du lait » est notamment théorisée par Peter Van Ham, un professeur de sciences politiques néerlandais, sorte de Robert Kagan européen (in « Visions d’Europe », dirigé par Bronislaw Geremek et Robert Picht, éditions Odile Jacob, 2007). Il part du constat que « les limites de la campagne classique d’intégration ont été atteintes », comme le montrent les référendums négatifs en France, aux Pays-Bas et en Irlande. Les citoyens ne croient plus au mythe fondateur européen, celui qui veut que la construction communautaire ait permis de dépasser les antagonismes des États nations et d’établir la paix et une « sphère de prospérité ». Un « idéal idyllique » qui ne correspond pas à l’état du monde et qui, selon lui, « entrave la formation de l’identité européenne » : l’Union n’est pas perçue comme un territoire doté de frontières qu’il faut défendre y compris par des frappes préemptives. Pour les citoyens, la paix intérieure et la prospérité sont des évidences, des acquis, qui ne justifient plus la poursuite de l’intégration communautaire : l’Europe telle qu’elle est est suffisante.

WarPour renouveler le projet européen, Van Ham estime que l’Union doit se montrer « méchante » et « collectionner les scalps » afin de se faire « respecter » : « en subissant le rite initiatique de l’intervention, elle se débarrasserait de son image civile féminine pour accéder au rang des superpuissances dirigées par les émules de Superman », ironise le professeur néerlandais. La guerre jouerait donc le rôle cristallisateur d’identité qu’elle a joué dans la construction des États : ce phénomène « reste sous-jacent à la nature de la société postmoderne européenne. Au plus profond de l’homme postmoderne européen subsiste le désir nietzschéen de glorifier la guerre comme le plus grand de tous les stimulants physiques et mentaux. Qui plus est, seules la guerre et l’anarchie en tans qu’autre ultime peuvent faire réellement apprécier le soi paisible et domestiqué de l’Europe : le déclin est sinon inévitable. La guerre est l’ombre jungienne qui confère sa profondeur à la Persona de l’Europe tout autant que le fondement possible d’un sens communautaire ».

L’Union n’a d’ailleurs pas attendu la crise géorgienne pour faire évoluer sa doctrine stratégique, passant d’une conception civile à une conception « plus martiale et plus énergique », selon Van Ham. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, elle a ainsi identifié une série d’ennemis de l’Union, dessinant un monde « barbare » menaçant « l’espace de paix kantien » européen. Elle a donc déjà esquissé une « raison de nation » à la poursuite de l’intégration européenne, même si les citoyens n’ont pas encore perçu cette évolution qui n’en est qu’à ses débuts. Ce n’est pas un hasard si la France, qui sait qu’un État seul n’a plus les moyens ni d’assurer sa défense, ni d’assumer un « impérialisme libéral » afin d’exporter ses valeurs et stabiliser des régions soumis à l'anarchie, veut accélérer la mise en place de l’Europe de la défense. Comme le dit le président estonien, « nous devons complètement repenser l’idée même de sécurité en Europe. Cela prendra des mois, voire des années ». Poutine, en réveillant les pulsions impériales de la Russie éternelle oblige donc les Européens à prendre leur destin en mains.

La thèse de Van Ham, dérangeante, touche juste: la paix n'étant plus, pour les citoyens, une justification suffisante à l'intégration communautaire, pas plus que la prospérité, la seule raison de sa poursuite est bien de bâtir une Europe puissance. Il en va de la survie des Européens au cours du prochain siècle. La guerre sera-t-elle nécessaire pour y parvenir? Poutine risque de répondre pour nous...

 

 

L'intégralité de l'article ici.

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 06:59

Nos parents et grands-parents ont connu un temps où il était très tendance de faire le voyage de Berlin (gro​ß Berlin). Aujourd'hui, ce serait plutôt à Doha que brûle la lumière qui éclaire le monde.

 

Vladimir Marciac (un pseudo ?) narre ici pour Le Grand Soir une expédition aussi flamboyante que prestigieuse de 8O des meilleurs d'entre nous dans la nouvelle Mecque de l'échange d'idées.

 

 

Quatre-vingts Français ont participé au dernier forum de Doha (Qatar) dans la troisième semaine de mai. Les Britanniques étaient vingt-quatre. Les Américains, quarante-sept.

 

Parmi nos compatriotes, Enrico Macias, Michelle Alliot-Marie, Pascal Boniface, François Fillon, l’ancien préfet Daniel Canépa, le patron de Skyrock, Pierre Bellanger, Patrick Balkany, Eric Woerth, les députés de droite Patrick Ollier, Pierre Lellouche, Alain Marsaud, Maurice Leroy et Patrice Martin-Lalande. Pour les Solfériniens ou solférino-compatibles : Jean-Vincent Placé, Malek Boutih, Chantal Guittet, Jean-Luc Drapeau, Hubert Védrine, et d’autres dont nous brûlons de découvrir le nom.

 

Sylvie Andrieux et Jérôme Cahuzac étaient restés en France (ils craignent la lumière).

 

« Ici, les discussions sont généralement très riches, elles réunissent des gens de très haut niveau », jure Pascal Boniface, contredit par Chantal Guittet, députée. A l’issue d’une visite organisée du souk, elle est dans ses petites babouches : « Je pensais qu’on allait nous demander de participer à des tables rondes. En fait, on fait surtout du tourisme (…) On pouvait même venir avec nos conjoints ! »

 

Si autant de Français étaient présents, ce n’est certes pas parce que l’émir a tout payé, avion, repas et hébergement. N’est-ce pas ? Enrico Macias a chanté (authentique !) : « Donnez, do-do-do-donnez, donnez, donnez-moi-a-a… », mais avec un temps de retard : c’était déjà fait.

 

Neutres, objectifs, libres et informés, ils sont, ces quatre-vingts qui ont vu que le Qatar et un pays démocratique. Certains se lanceront dans un vigoureux (et désintéressé) contre-Qatar-bashing en clouant le bec de leurs contradicteurs (gauchistes, droits-de-l’hommistes et laïcards) par un imparable : « Permettez, j’y suis allé ! ».

 

Sans les attendre, l’ancien Premier ministre François Fillon s’est laissé emporter dans une intervention publique :« Vous avez développé, ici au Qatar, un modèle exemplaire », a-t-il lancé. Modèle ! Exemplaire !

 

Malek Boutih, interviewé le 23 mai par le JDD a déclaré : « On lui [au Qatar]reproche de ne pas être une démocratie et de maltraiter ses travailleurs immigrés. En tant qu’ancien président de SOS racisme, je reconnais que la critique est fondée et qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce plan ». Beaucoup de choses ? Il n’en dit pas une seule, pas une, tout le reste de ses paroles étant une défense du Qatar contre ses détracteurs
 

 

La suite de l'article ici.

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