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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 06:21
Mourir pour le banquier qui nous gouverne ?
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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 06:24

 

 

Ci-dessous de larges extraits d’un article publié par Initiatives communistes.

 

Les dépenses totales de santé annuelles s’élèvent à 257 milliards d’euros, 12% du Produit Intérieur Brut de la France. La consommation de soins et de bien médicaux est évaluée à 198,5 milliards d’euros en 2016.

 

C’est un marché fabuleux, une source de profits que les entreprises capitalistes veulent s’approprier. Le leur livrer totalement fait partie intégrante de l’objectif de Macron de soumettre l’ensemble de la société française aux exigences du capitalisme : le service public de santé soumis entièrement à la loi du profit et l'hôpital géré comme n'importe quelle entreprise privée. Le service public hospitalier, les soins et les traitements ne sont en définitive qu’une marchandise et la santé un vaste marché que le capitalisme veut entièrement dominer.

 

Depuis plus de 30 ans tous les gouvernements ont mis en place la politique exigée par le capital, une politique de recul de la Sécurité Sociale et de privatisation du système de santé :

 

Exonérations de cotisations sociales (salariales et patronales), la CSG , instaurée en 1991 par Rocard, un impôt qui n'a cessé d'augmenter : 97 milliards en 2016, 99 milliards en 2017, 120 milliards en 2018. Avec l'augmentation de la CSG de 1,7% pour les retraités, Macron poursuit la fiscalisation de la Sécurité sociale. Ajoutons, les économies imposées à hôpital public, leur obligation de rendement, la baisse des prestations sociales en matière de santé par toutes sortes de franchises, de participation forfaitaire, de forfait hospitalier, multiplication des déremboursements, c'est la disparition de la Sécurité Sociale programmée.

 

Toutes les mesures de la Loi de Financement 2018 de la Sécurité Sociale livrent au secteur privé capitaliste tout ce qui peut être rentable au niveau de la santé.

 

Macron étend la suppressions des cotisations patronales (aujourd’hui jusqu’à 1, 6 SMIC)  à 2,5 smic ! En multipliant les déremboursements de médicaments, en augmentant le forfait hospitalier, en faisant payer de plus en plus les dépenses de santé par les malades, le gouvernement poursuit le désengagement de la Sécurité Sociale au profit des mutuelles complémentaires qui sont appelées à contribuer de façon décisive à la politique de santé : « la mutualité se doit d'assumer un rôle de leadership et être le centre de gravité de la protection sociale en France » (Thierry Beaudet, président la Fédération nationale de la Mutualité Française).

 

Le montant des cotisations des complémentaires santés est estimé à 5 milliards d’€, détournés pour le privé et en moins pour la sécurité sociale !

 

La voie est ouverte aux assurances privées. Déjà en 1977, Yvon Chotard, vice président du CNPF voulait « abolir, cette machine anonyme [la Sécurité Sociale] qui fait s'effondrer l'économie sous les charges et rendre rapidement l'édifice à une assurance privée efficace ».

 

Le système de santé français repose sur la place centrale conférée à l’hôpital. Les multiples lois qui se sont succédées (Loi Hôpital Patient Santé Territoire, Loi Santé, etc.) vont toutes dans le même sens : des économies drastiques qui mettent en péril le système de santé, aggravent l’accès aux soins des plus précaires, réduisent l’offre de soins dans le service public et permettent au Privé de s’engouffrer dans le Groupement Hospitalier de Territoire par le biais de partenariat favorisés par l'Agence Régionale de Santé. L'ARS joue un rôle déterminant dans le financement des hôpitaux, dans l'organisation des soins, décide de fermer des services ou des établissements et impose des partenariats Public-Privé.

 

 

Le banquier livre le système de santé au capitalisme

 

Le gouvernement met à la direction des hôpitaux des gestionnaires qui gèrent l'hôpital comme une entreprise privée. Exiger que les hôpitaux augmentent leur “ rendement ”, réduire drastiquement leur budget c’est interdire l'accès à des soins de qualité pour tous, c’est la casse programmée de l’hôpital public.

 

Macron veut livrer la santé au capitalisme, à la recherche du profit maximum.

 

Il ne faut pas les laisser faire. Le système français de santé, avec la Sécurité Sociale est une conquête du peuple. « Seule la gestion par les travailleurs de leur système social garantira le droit à la santé pour tous » (Ambroise Croizat, Ministre du travail à la Libération).

 

Seule la lutte unie des salariés de notre pays permettra le maintien d’un système de santé pour tous. Les moyens existent pour développer un système public de soins répondant aux exigences du XXIe siècle, une Sécurité Sociale solidaire qui réponde aux besoins vitaux de la population de notre pays.

 

Il faut récupérer les richesses produites par les travailleurs er accaparés par le patronat.

 

 

PS : Le cagoulé armé que je vous ai fait parvenir hier n'était autre que Heinz-Christian Strache (déjà le nom fait peur même à un germaniste : on a l'impression qu'on va recevoir un coup de cravache), actuellement vice-chancelier d'Autriche, membre, en 1989 de la milice néo nazie Viking Jugend (Jeunesse viking). Ce prothésiste dentaire sut déborder Jörg Haider sur sa droite et a défendu son honneur dans des duels à l'épée. Il est devenu “ salonfähig ”(digne de fréquenter les salons) en lissant la forme de son discours mais en ne cédant rien sur le fond.

 

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 06:35

 

 J'ai plaisir à reprendre ici un article de Joanna Crettenand publié récemment par mes amis valaisans de l'1Dex sur la Pologne. Où tout n'est peut-être pas perdu, mais où il est très difficile de faire bouger les choses…

 

Un grand chapiteau, des milliers de personnes qui se pressent. Nous sommes au festival rock « Station Woodstock », le bien-nommé, une sorte de Paléo polonais. Sur la scène un homme mince, la quarantaine, les cheveux qui hésitent sur le gris. Il a du charme et le regard bienveillant. Veste bleue ajustée, T-shirt arborant un petit cœur rouge et une inscription : « Moi, aussi, j’aime la Pologne ».

 

Les gens sont venus au festival pour la musique, mais aussi pour lui. Attentifs, ils le regardent, ils l’écoutent : « 600 000 personnes sont venues ici de toute la Pologne, nous sommes une petite ville, et tout ce monde est capable de créer une ambiance ouverte, moderne, sûre et heureuse. Voilà à quoi devrait ressembler la Pologne. » Les jeunes crient « Biedroń président ! » La jeunesse polonaise est avec lui, elle croit en lui.

 

Robert Biedroń n’est pas musicien : c’est un homme politique qui est depuis deux ans et demi le maire de Słupsk, une petite ville située au nord-ouest de la Pologne, en Poméranie. Il fut député au Parlement lors de la dernière législature, et l’un des plus brillants. Le premier député ouvertement gay en Pologne. Il s’est d’ailleurs engagé dans le combat contre l’homophobie et a lutté de la même manière contre la discrimination et l’exclusion des femmes et des personnes LGBT.

 

Dans cette Pologne si conservatrice, si tiraillée par le populisme de ses dirigeants, il suit son propre chemin et il réussit. Les sondages lui prêtent 16% des suffrages pour la future présidentielle, mais c’est loin, dans trois ans. Pour l’instant, c’est la ville de Słupsk qui profite de son énergie : « C’est chez moi que vivent les gens les plus heureux de Pologne », dit-il à la foule, et les gens applaudissent à tout rompre.

 

Des valeurs fortes

 

Au festival « Station Woodstock », il était la star, or la jeunesse polonaise éprouve plus que jamais le besoin d’un leader, de quelqu’un qui lui soufflera à l’oreille les recettes de la vie, qui lui dira comment vivre. Et Biedroń est là, lui qui incarne les valeurs qu’ils apprécient, qu’ils recherchent, des valeurs niées dans cette Pologne qui dérive. Biedroń est modeste, sympathique, souriant et surtout, il veut faire passer un message sur la démocratie. Aux jeunes de « Woodstock », il dit : « Chacun a le droit de voter librement. C’est pour la liberté que mes parents se sont engagés. Le plus important, ce n’est pas de savoir qui va diriger le pays, mais si cette personne réussira à construire une société solidaire, avec des liens sociaux forts. La communauté, c’est notre force. »

 

Sur la scène du festival, devant ses admirateurs, il sort une baguette de sa poche et la donne à un journaliste pour qu’il la casse : «  voyez à quel point il est facile de la casser ? Et si les baguettes sont nombreuses ? », demande-t-il. Il se tourne alors vers le public du festival : « La force, c’est vous, parce que si ce n’est pas vous, c’est qui ? Mais qui parmi vous connaît le budget de sa ville ? C’est votre argent que les politiciens dépensent. Cet argent vous appartient et c’est à vous de contrôler les dépenses. Il faut taper aux portes des politiques, exiger des comptes. Qui parmi vous a visité au moins une fois le bureau d’un député ? Dans ma région, il y a quinze politiciens au Parlement polonais : je fais le pari que vous ne les connaissez pas. Nous ne nous intéressons pas au travail de nos politiciens. Nous serons une vraie société démocratique quand nous apprendrons à regarder ce que font les personnes qui sont au pouvoir, quand nous n’élirons plus des députés qui dorment ensuite à Bruxelles. C’est à vous de faire un vrai choix de députés. »

 

Des idées novatrices

 

C’est cet homme que je rencontre dans un café à la mode du centre de Varsovie. Le Café Nero est un lieu agréable, fréquenté par les hipsters, un lieu discret, tranquille, idéal pour l’interview. Robert Biedroń a comme d’habitude une journée chargée. Ce matin, il a rencontré l’ambassadeur d’Australie, ensuite il est attendu à l’hebdomadaire Polityka qui se trouve juste à côté.

 

Il arrive. Habillé avec soin : chemise blanche, costume bleu ajusté, cravate rouge. Il commande du thé. Il n’aime pas le café. Tout le monde l’a repéré, mais ils nous laisseront tranquilles. Quand il sortira, ce sera différent: ils voudront lui parler, le rencontrer, le prendre en photo.

 

Moment rare, moment précieux. Soyons honnête, cet homme me fascine. Je note les regards alentour, on l’a remarqué, on l’observe.

 

Słupsk compte quatre-vingt-dix mille habitants. Robert Biedroń a promis d’en faire une ville verte et conviviale. Grâce aux fonds structurels de l’Union européenne, il construit des pistes cyclables, achète des bus écolo.

 

Il se veut laïc : il a décroché le portrait de Jean-Paul II du bureau du maire. Il croit à une saine séparation entre l’Eglise et l’Etat.

 

Il a imposé la parité entre hommes et femmes dans l’administration, a réduit les salaires des dirigeants des entreprises publiques, coupé dans le budget de la garde civile, diminué le nombre de fonctionnaires. Il a renoncé à la voiture de fonction et se déplace en transport public et en vélo. Au Conseil communal, la carafe d’eau a remplacé les bouteilles d’eau minérale. Słupsk était au bord de la banqueroute, aujourd’hui elle affiche des bénéfices.

 

Au début de son mandat, il installe un canapé rouge sur la place centrale de la ville et invite les citoyens à venir le rencontrer. Il s’agit seulement de consulter les habitants sur le futur souhaité de la ville, mais le canapé rouge devient vite le lieu privilégié des consultations sur les sujets les plus divers. Le canapé rouge est désormais un symbole, une marque de fabrique, celui de la consultation citoyenne. Incontournable.

 

Il a interdit les représentations de cirque avec animaux dans sa ville. Les mariages qui y sont célébrés sont un must et les Polonais viennent désormais s’y marier.

 

On n’a jamais autant parlé de Słupsk depuis que Robert Biedroń en est le maire.

 

Une enfance difficile

 

Dans son livre qui vient de sortir ce printemps en Pologne,  A contre-courant, il parle de son enfance. Sans complaisance.

 

Il décrit une famille modeste du sud de la Pologne, avec quatre petits. Un père qui boit et qui bat femme et enfants. Une mère héroïque qui, comme beaucoup d’autres mères polonaises, s’échine pour subvenir aux besoins des siens.

 

Robert Biedroń connaît la valeur de l’argent. Il compte, il sait les efforts, il dit qu’il faut vivre modestement. Le travail, la générosité, l’ouverture aux autres, voilà ce qui le nourrit, voilà ce qui lui importe. Dans son livre, il parle aussi de la joie des choses simples, du soleil, de la lumière, de la bonne cuisine. Il est gourmand, il aime les sucreries. Il entretient de très bonnes relations avec sa mère mais il pense qu’en Pologne l’on est trop centré sur la famille, qu’il faut tisser des liens au-delà, avec ses voisins, avec ses amis, ses collègues de travail.

 

 

Une Pologne conservatrice

 

La Pologne s’oppose aux quotas de migrants que veut lui imposer Bruxelles, parce qu’elle a un gouvernement conservateur, nationaliste et par bien des aspects anti-européen. Un gouvernement qui juge n’avoir ni place ni argent pour accueillir les migrants. Cela séduit, cela paie. On évoque la menace terroriste, on refuse tout geste de solidarité. On est catholique et on craint le multiculturalisme plus que tout. Le gouvernement ne changera pas sa stratégie. Pour un pays qui connaît par ailleurs une émigration si forte dans le monde, il y a là comme un déni de réalité.

 

Robert Biedroń, quant à lui, est l’un des rares politiciens polonais qui se prononce en faveur d’un accueil généreux des réfugiés : « Les Polonais ont peur pour leur identité, ils craignent que leur sécurité ne soit remise en cause par une vague de réfugiés. PiS[1], le parti au pouvoir, prospère sur la peur. La Pologne a besoin d’un autre roman national. »

 

Depuis que le parti Droit et Justice a pris le pouvoir, la Pologne se divise car ce parti veut contrôler l’appareil judiciaire ainsi que la Cour constitutionnelle et abolir ainsi les frontières entre les pouvoirs. Droit et Justice méprise les principes de l’Union européenne et arrose les familles de prestations pour s’assurer de leur soutien.

 

Personne ne sait comment la Pologne en est arrivée là. Ce pays qui a rêvé de faire partie à nouveau du monde occidental, de rejoindre l’Union européenne, de bénéficier de la protection de l’OTAN. Ce pays prend ses distances, se met à dos ses alliés, réveille ses démons : xénophobie, chauvinisme, jalousie, populisme, rhétorique de la haine. Droit et Justice s’appuie sur les frustrés, les oubliés de la croissance. Et ils sont nombreux. Oui, la Pologne les a oubliés. Terrible erreur, qu’elle paie aujourd’hui.

 

Une Pologne sous l’influence de l’Eglise catholique

 

1989 a apporté la liberté. Celle de créer des entreprises, de vivre en démocratie, de voyager.

 

Mais les gouvernements qui se sont depuis succédé avaient une dette à payer envers l’Eglise catholique polonaise, car cette dernière a aidé l’opposition dans les plus sombres années de Solidarité. Alors qu’elle était autrefois un important soutien dans la lutte pour la liberté, elle est devenue aujourd’hui un frein à la modernisation de la société.

 

Son influence a augmenté avec l’introduction des cours de religion dans les écoles. L’Eglise polonaise veut toujours plus: de l’argent, du pouvoir, de la législation et elle l’obtient en soutenant le parti au pouvoir. Elle a tout de même poussé le bouchon trop loin en exigeant une loi qui interdise l’avortement, même en cas de viol ou de malformation du fœtus. Ce projet de loi a provoqué de grandes manifestations. Le Gouvernement a dû reculer.

 

Qu’en est-il du futur?

 

Robert Biedroń est perçu comme un espoir de changement.

 

Sera-t-il candidat à la Présidentielle ? Tout le monde s’interroge. Il ne répond pas, tergiverse, gagne du temps. Il n’a pas de parti. Au fond, il est seul. Il ne représente que lui-même. Il se rassure : 400 000 personnes le suivent sur Facebook. « C’est une armée», croit-il.

 

Il ne répond donc pas. Il répète avec une certaine coquetterie que son destin politique est secondaire par rapport à l’avenir de la Pologne. Il me confie : « Nous rêvons trop au chevalier sur un cheval blanc qui réglera tous les problèmes. Quelle utopie! Pour l’instant, je me dois à ma ville. »

 

L’homme sait se faire désirer. Il a du talent, un destin peut-être. Il le sait.

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 06:54

Le psychanalyste Marie-Jean Sauret a publié récemment cet article dans L'Humanité :

La dénonciation des violences sexuelles défraie l’actualité. La proie se sent d’autant plus coupable que son désir est touché (s’accusant d’ambiguïtés de toilette, comportement, fantasmes). Elle tait ou refoule le traumatisme. Le prédateur affiche sa virilité sous un masque innocent. Les victimes sont de toute classe sociale. Les criminels sont aussi significativement des gens de pouvoir (hiérarchique, médiatique…), arme du crime.

​​​​​​​

Pourquoi ce caractère massif des dénonciations ? Le travail de civilisation sublime l’agressivité. Le droit se substitue à la force animale. Non sans un reste, la pulsion, qui exige satisfaction directe. La sexualité est alors sublimée dans l’amour du prochain pour lier l’agressivité et la diriger contre l’étranger. Non sans reste encore de violence et de sexualité. Ce reste nécessaire à la vie et à sa reproduction pousse à de nouvelles inventions culturelles renouvelant le lien social.

 

L’irruption des dénonciations a deux raisons. Une interprétation lève le refoulement : des femmes mettent un nom sur les crimes de H. Weinstein et quelques figures notoires. Cette interprétation vaut pour toutes celles et ceux qui y trouvent la force de surpasser honte et culpabilité. Les victimes et la société attendent une juste sanction réparatrice dans le cadre social actuel. Autre lecture possible, ces révélations sont aussi l’indice de l’incapacité de notre société à traiter les pulsions. D’autres faits le confirment : misère sexuelle généralisée, banalisation de la guerre, augmentation des violences conjugales et meurtres, commerce de femmes, hommes, enfants, organes, pornographie délinquante, racisme, antisémitisme, islamophobie, etc.

 

De la prédation sexuelle à la prédation financière par Marie-Jean Sauret, psychanalyste

 

Ce moment devrait susciter l’appel à un changement radical de société. Or le néolibéralisme exploite l’appétit de satisfaction pulsionnelle au service de la consommation : jouis ! Ses effets, appauvrissement et inégalité, se retrouvent : la répression contre les prédateurs s’abattra heureusement sur tous les coupables, en principe, mais la prédation accompagnera toujours l’enrichissement et le pouvoir sur le dos de la part ravalée de l’humanité (voir les Paradise Papers). Le manque du désir est constitutif du sujet. Introduire ou prélever de force la jouissance sur le corps d’un autre est un crime contre la personne, la société et l’humanité. Pas de rencontre amoureuse ou amicale sans le consentement de chacun. La position masculine se croit armée pour reconquérir la jouissance « manquante ». La position féminine lâche ce pouvoir pour incarner la jouissance perdue en échange de l’amour. Désir masculin et amour féminin divisent chacun. La ruse historiquement héritée, maternité aidant, fait supporter le féminin par les seules femmes et réserve masculin et pouvoir aux seuls hommes. Perfectionniste, le néolibéralisme privilégie la position masculine puisque présente chez chacun-e, mobilisable pour la consommation et le pouvoir.

 

Aucune réforme légale ou répression justifiée ne changera la société. Ouvrons des états généraux sur la société : l’école comme offre du moyen de penser l’existence, le rapport au sexe et au monde (pas tout savoir le permet) ; des pratiques citoyennes (dont l’exercice du pouvoir), des lois favorables à la singularité ; l’accueil de l’étranger (l’altérité s’y dissimule) ; des dispositifs de soins psychiques adéquats. Mais pas de changement sans prendre acte de l’asymétrie femmes et hommes, de l’absence de rapport naturel, de la division du sujet, qui exigent une invention nouvelle pour vivre ensemble. Autant dire sans sortie du néolibéralisme.

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 06:44

Ci-dessous, un article rédigé il y a trois mois à l'invitation de l'1dex Mag, publication papier suisse, aussi originale que méritante.

 

 

En fait, on a tous eu la berlue : François Fillon n’a pas été éliminé au premier tour de l’élection présidentielle, et il a même remporté le second. Il a pu ainsi mettre en œuvre ses principales mesures : par exemple, une attaque contre les protection dont jouissaient les travailleurs par le biais de la « réforme » du Code du travail, le gel du point d’indice des fonctionnaires en attendant, en bonne logique, celui de leurs carrières, la suppression du jour de carence pour ces mêmes fonctionnaires en jouant sur les mots : désormais « absence » est devenu « absentéisme » ; la suppression du tiers payant généralisé suite à la pression des médecins libéraux ; la diminution de l’aide au logement pour les pauvres et le miséreux ; la fin programmée des juridictions prudhommales ; des avantages fiscaux pour les très riches (payés par les classes moyennes). La liste s’allonge quotidiennement.

 

 

L’histoire dira peut-être un jour à des observateurs stupéfaits que l’élection d’Emmanuel Macron fut le résultat d’un véritable complot. Certes, quand on parle de complot, on passe pour quelqu’un de droite. Mais enfin, tout de même, cette élection à la magistrature suprême d’un jeunot inconnu trois ans auparavant, même s’il prenait le thé chez Hollande, Minc et Attali (qui servait d’intercesseur avec le milliardaire Soros) ; une élection dans un fauteuil après la campagne la plus vide de politique de l’histoire de la République, en dépit ou grâce à l’abstention massive ; une élection qui vit le candidat de droite « qui ne pouvait pas perdre » balayé (à juste titre) par un scandale médiocre ; puis le Premier ministre socialiste écrabouillé dans une primaire dont les chercheurs en sciences politiques les plus subtils comprendront peut-être dans deux siècles les tenants et les aboutissants ; une élection où les médias dominants construisirent tous, au cordeau, la même image des candidats en présence. Tout cela était trop beau pour être honnête.

 

 

 

Une constellation ahurissante

 

Le nouvel enfant gâté de la République a bénéficié d’une constellation ahurissante. Les grands médias l’ont tous soutenu après la débandade de Fillon. Les hauts fonctionnaires ont reconnu l’un des leurs. Tout comme l’oligarchie financière. Macron a jailli au moment pile où les deux grands partis politiques de la gauche gestionnaire, le parti socialiste, et celui de la droite dure, Les Républicains, s’effondraient, décrédibilisés. Reprenant une image stéréotypée du discours publicitaire et commercial, les médias (qui avaient soutenu Juppé pendant deux ans avant d’avoir pour Fillon les yeux de Chimène) constatèrent que leur offre politique  (plus de programme : une « offre ») ne répondait plus aux attentes d’une partie importante de l’électorat qui, à la vraie plate-forme politique progressiste de Jean-Luc Mélenchon, préféra le creux et la tautologie (« Notre projet va l’emporter parce que c’est notre projeeeet ») d’une substance sans fond (dans les deux acceptions du terme). Accessoirement, Macron eut la chance d’affronter au deuxième tour une Marine Le Pen dont la faiblesse et l’incohérence idéologiques éclatèrent, tout comme – ce que l’on pouvait subodorer – sa volonté de n’être en aucun cas présidente de la République. Ayant recruté un premier ministre de droite, des ministres de droite et s’étant bien gardé d’engager un seul ministre authentiquement de gauche, Macron sema la confusion et s’octroya une chambre des députés invraisemblable car peuplée d’amateurs n’ayant qu’une relation assez lointaine avec le terrain.

 

 

 

Vite, des erreurs !

 

N’ayant jamais connu de mandat électif, Emanuel Macron a vite commencé à pâtir de son immaturité en politique et de son manque d’enracinement dans la res publica. On l’a vu commettre des erreurs très grossières que ses qualités de fort en thème n’ont pu éviter. Il croit en une forme de pensée magique selon laquelle le dit est programmatique, performatif, et efface toutes les contradictions. Dire qu’on est « le chef des armées » en licenciant comme un malpropre un chef d’état-major qui n’a commis aucune faute, qui n’a pas manqué à son devoir de réserve, ne fait pas de vous le chef naturel des armées. Au contraire. En République, on n’impose pas son pouvoir par l’humiliation et par des coups de menton. On note par ailleurs que Macron le « jupitérien » a suscité, outre celle d’un général cinq étoiles, un nombre record de démissions au sommet de l’Etat : quatre ministres ont disparu sur simple suspicion mais ont tout de même retrouvé leurs fonctions de député, de député européen ou de maire. Ce qui posait un problème de logique. S’ils étaient coupables, pourquoi leur permettre de continuer à gérer la France, même à un moindre niveau ? Mais un François Bayrou étant moins dangereux à Pau qu’à Paris, Macron tira d’excellents marrons du feu sans y brûler sa morale personnelle. Pour vivre heureux, cachons les entraves à la marche en avant.

 

 

Sarkozy pensait que l’Afrique Noire n’avait commencé à exister qu’après avoir été colonisée par les Européens. Il avait l’excuse d’être un inculte profond qui ne savait pas que l’homme le plus riche de tous les temps fut Kanga Moussa, un empereur du Mali du XIVe siècle dont la fortune équivalait à trois fois celle de Bill Gates et qui ne se déplaçait jamais sans une suite de 70 000 personnes. Une telle richesse au sommet impliquait forcément une organisation, une civilisation, une culture phénoménales. Macron ne s’embarrasse pas de tout cela : il se contente d’insulter en évoquant le kwassa-kassa de Mayotte, d’affirmer, faussement, que les femmes africaines font sept à neuf enfants, après avoir décrété que la Guyane française est une île. Ah, le vernis des grandes écoles !

 

 

Les fers au feu de l’hyper bourgeoisie

 

Le patronat et la médiacratie ont prévu et ont contribué à l’écroulement du parti socialiste et de François Hollande (un président de la République empêché de se représenter, personne, à commencer par lui, n’y aurait pensé deux ans auparavant), ainsi que la glissade de François Fillon – en théorie gaulliste « social » – vers la droite le plus dure. On aura vu cet homme fade, produit de la bourgeoisie rurale, catholique et balzacienne, sans aucun charisme, écraser dans une primaire surprenante des personnalités aussi fortes et aguerries que celles d’Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy en s’alliant avec Sens commun, le parti d’extrême droite issu de la Manif pour tous.

 

 

Mais l’hyper bourgeoisie a toujours au moins deux fers au feu. Bien avant qu’éclate le « Penelope Gate », elle avait propulsé un autre de ses jockeys, le jeune banquier d’affaires et haut fonctionnaire issu de la bourgeoisie bien pensante amiénoise. Sans jouer les Cassandre, il faut espérer que l’oligarchie ne sera pas amenée, Macron ayant sombré dans l’impopularité la plus noire, à propulser une extrême droite modernisée, relookée comme on dit aujourd’hui.

 

 

Deux mots sur le couple Macron, un couple imposé par lui-même et par les grands médias (des centaines de couverture de magazine, des dizaines d’heures de chaînes d’info en continu). Emmanuel est le fils de deux médecins picards. Son père était un grand patron au CHU d’Amiens, sa mère généraliste. On sait désormais que sa grand-mère maternelle, Germaine Noguès, fille d’un berger illettré des Pyrénées, pur produit de l’Ecole de la République, elle-même enseignante aux idées progressistes, compta énormément dans l’éducation du jeune homme. Brigitte Trogneux descend d’une lignée d’excellents pâtissiers amiénois, de droite et catholiques. Ils se sont connus au collège jésuite La Providence, celui de Des Grieux dans Manon Lescaut, où Brigitte était le professeur de théâtre d’Emmanuel. A 20 mètres de “ La Pro ”, on trouve la Cité Scolaire plébeienne et républicaine, le secondaire laïc amiénois qui verra s'épanouir, outre l’auteur de ces lignes, le président du Sénat Gérard Larcher, l’écrivain René de Obaldia, la ministre Geneviève Fioraso, le compositeur Sylvain Cambreling et, ne l'oublions pas, le pilier de TF1 Jean-Pierre Pernaud.

 

 

 

Un banquier

 

Alors qu’il est nommé à l’Inspection des Finances, Macron choisit la banque. Il en parle comme d’« une école de rigueur et d’humilité » qui lui paraît « plus libre et entrepreneuriale ». Peut-être, mais comme la plupart des brillants enfants de la bourgeoisie française, Macron n’aura jamais fondé ni géré, une entreprise. A part l’entreprise France, évidemment.

 

 

Chez Rothschild, il pilote le rachat de Cofidis par le Crédit Mutuel puis l’acquisition, pour neuf milliards d’euros, de la branche lait maternel du groupe Pfizer par Nestlé, ce conglomérat qui a rendu dépendantes au lait en poudre des générations de mères africaines. Sa maestria lui rapporte des millions d’euros dont on ne sait toujours pas avec précision combien ont été dépensés et à quel taux ils ont été taxés par l’administration des Finances.  En dix-huit mois, de 2011 à 2012, avant sa nomination comme secrétaire-général-adjoint de l'Elysée, il a gagné 2,4 millions d'euros chez Rothschild. Il a suivi à la lettre le conseil d’Alain Minc : « Pour faire de la politique aujourd'hui, il faut être riche ou ascète. Donc, commence par fabriquer de l'épargne, deviens banquier d'affaires. D'abord, tu seras libre (...) de conseiller des hommes politiques pendant cette période. Mais, surtout, tu gagneras bien ta vie pendant plusieurs années, et tu y gagneras ta liberté (François-Xavier Bourmaud Macron, l'invité surprise, L'Archipel).

 

Macron a donc rapidement choisi le camp de la grande bourgeoisie, beaucoup plus haute que la sienne propre ou celle de sa belle famille. Son mépris pour la classe ouvrière date de loin. Il traite des travailleuses bretonnes d’« illettrées », il conseille à un ouvrier de « bosser » pour pouvoir se payer un costume comme le sien. Et puis il y a ce bref mais désormais célèbre épisode où on le voit deviser en marche (sic) avec le ministre Le Drian qui lui demande si les « concertations » (en fait des discussions informelles) avec les syndicats se sont bien passées. « Oui, ben c’est bien normal, parce que je ne leur ai rien dit. » Causez toujours, les syndicats, ça rentre par une oreille, ça sort par l’autre et ça ne m’empêchera pas d’anéantir cent ans de conquêtes sociales.

 

Une chose est sûre, complot ou pas complot : nous eûmes droit à l’élection la plus mise en scène de notre histoire contemporaine. A la grande joie, semble-t-il de nombreux électeurs, comme le releva Olivier Tonneau dans son blog Mediapart. Selon un sondage, analysait Tonneau, « 62% des Français pensent que le président de la République a raison de se mettre en scène, car c'est en le faisant qu'il pourra faire avancer les projets auxquels il tient. Le peuple Français est abîmé dans la contemplation d’un peuple imaginaire censé contempler Macron auquel en réalité personne ne prête attention. Ce ne sont pas les mises en scène de Macron qui l’ont porté au pouvoir mais la mise en scène du peuple aimant Macron, c’est-à-dire d’un peuple aimant les mises en scène. » C’est le peuple « sot, remuant, aimant les nouveautés » de Furetière dont chacun pense qu’il a besoin d’un roi. »

 

(Suite et fin demain)

Macron, ou l’oligarchie financière au pouvoir (1)
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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 06:35
Ci-dessous un article de Jimmy Dalleedoo sur la privatisation – même plus rampante – de "SNCF" (ôtez ce "la" que je ne saurais voir), publié récemment par le Grand Soir.

 

 

Il y a quelques années la SNCF était prestataire de service pour RFF (Réseau Ferré de France), ce dernier étant alors propriétaire du réseau ferré français. La SNCF a été déstructurée et une « nouvelle SNCF » est en cours de consolidation. En effet, la SNCF a été divisée en trois entités différentes : 1-SNCF mobilité 2-SNCF réseau 3- Epic de tête. L’ancien propriétaire du réseau ferré français, RFF donc, a été absorbé par l’entité SNCF réseau. Le premier problème se situe dans les conditions dans lesquelles RFF avait été absorbée. En effet, RFF était porteuse d’une dette s’élevant à plus de 50 milliards d’euros qui avait été contractée avec la création des différentes LGV (lignes à grande vitesse). Lors de la restructuration de la SNCF, cette dette n’a pas été effacée puisqu’elle a été répartie dans les trois entités ci-dessus présentées. Pour l’instant, ces trois entités sont englobées dans ce qu’on appelle le GPF (Groupe Public Ferroviaire) qui est lui-même dirigé par un comité central : le CC-GPF. Mais avec le processus de libéralisation nous assistons depuis quelques années à une véritable dérive de notre service public, une dérive qui deviendra de plus en plus insupportable pour les usagers. Le statut « Cheminots » est littéralement vidé de son contenu et les cheminots subissent des pressions psychiques énormes : comme tous les agents du service public.

 

Pourquoi les différents gouvernements (Gauche ou Droite) veulent-ils en finir avec notre service public ferroviaire ?

 

La réponse à cette question qui est cadrée sur le plan national trouve ses réponses sur le plan international : le national et l’international sont des questions corrélatives. La France est un pays impérialiste doté d’un capital financier (toute-puissance des monopoles, c’est-à-dire des multinationales) particulièrement belliqueux.

 

De plus, la France est intégrée dans l’Union Européenne qui est une coordination de plusieurs impérialismes : l’UE est une machine d’extraction de la plus-value à grande échelle. Comme tous les pays du monde, la nation impérialiste française est dotée d’une force de travail nationale qui est réalisatrice de plus-value, c’est-à-dire du profit capitaliste.

 

Mais la force de travail publique, par exemple les cheminots, les postiers, EDF, la santé, etc., etc., n’est pas une force de travail réalisatrice de profits capitalistes, puisqu’elle exerce une mission de service public : là se situe la démarcation entre la force de travail publique et la force de travail privée.

 

En face du bloc impérialiste européen se dressent d’autres pays impérialistes en consolidation ou en devenir (exemple : la Russie, l’Inde, la Chine, etc., etc.) qui ont la même perspective : augmenter leurs taux de profits capitalistes. Sur le plan international, il y a donc une concurrence entre tous ces pays impérialistes, et cela même s’il existe effectivement une interdépendance entre tous ces pays impérialistes de par la mondialisation des forces productives.

 

Le point nodal de compréhension de ce processus se situe donc dans le lien absolu entre le profit et la force de travail humaine : car il ne peut pas y avoir de profit capitaliste sans qu’il y ait exploitation de la force de travail humaine. Il s’ensuit logiquement qu’il ne pourrait y avoir augmentation du taux de profit capitaliste s’il n’y avait pas, dans le même temps, augmentation de l’exploitation de la force de travail humaine.

 

Le bloc impérialiste européen doit donc trouver une solution pour augmenter son taux de profit capitaliste, ce qui établirait, dans le même temps, un rempart au développement fulgurant des pays impérialistes non européens concurrents. 


La force de travail publique, donc les cheminots, entre autres, est ainsi une réserve de profit capitaliste en devenir : si elle est privatisée, elle pourra alors réaliser du profit capitaliste. Tous les gouvernements, de Gauche comme de Droite, sont les représentants d’un État Français qui est l’État des monopoles, c’est-à-dire un État totalement subordonné aux multinationales : c’est une des caractéristiques fondamentales du stade impérialiste ou capitalisme de monopole.

 

Les différents gouvernements français devaient donc trouver une solution afin d’engager le processus de privatisation de la force de travail publique que sont les cheminots, mais aussi de satisfaire les directives européennes et la politique des monopoles (Multinationales). Cette « nouvelle SNCF » constitue donc l’amorce d’un processus de privatisation qui s’avère une solution pour le capital financier français.

 

La dette qui avait été contractée par RFF a été répartie en trois entités :

 

-  SNCF réseau : 46,2 milliards d’Euros.

-  SNCF mobilité : 8,2 milliards d’Euros.

-  SNCF de tête : 0, 2 milliards d’Euros.

 

Nous pouvons constater que SNCF réseau (ancien RFF donc), à elle seule, a récupéré une grande partie de la dette. Ces trois entités qui sont englobées dans le GPF détiennent toujours l’État comme actionnaire unique, mais un actionnaire qui est en réalité celui des monopoles.

 

Pour ce même État et ses différents gouvernements, cette « nouvelle SNCF » a enclenché un processus d’asphyxie financier afin de déblayer le passage pour les monopoles : Bouygues ou Vinci par exemple dévorent les Chemins de fer à une vitesse « grand V ».

 

En 2019, sera libéralisé le secteur des trains de voyageurs. Mais dans certains secteurs de la SNCF la libéralisation a été effectuée depuis très longtemps : chez SNCF réseau (le secteur des travaux et maintenance) les monopoles comme Bouygues ou Vinci sont déjà très prolifiques ! De là cette dérive de notre service public, une dérive qui ne sera pas résorbée...au contraire...

 

Comment cette dérive de nos chemins de fer se matérialise-t-elle sur le terrain ?

 

La libéralisation a été et est la cause de cette dérive de notre service public ferroviaire représenté par la SNCF. Cette libéralisation émane des directives européennes qui sont des obligations pour les États membres de l’UE.

 

Ces directives obéissent à des ordres très durement imposés aux États et il s’ensuit que la direction de la SNCF est dans l’obligation de les mettre en application : le résultat est que la base travailleuse subit les conséquences de ce processus destructeur. Ce processus de libéralisation est en réalité un processus de marchandisation de notre service public : ils souhaitent que la SNCF sorte du cadre public et devienne une entreprise capitaliste.

 

Prenons un exemple concret avec les travaux d’un changement de rail : lorsqu’un monopole, donc une multinationale (ETF, Bouygues, Vinci, etc....) intervient pour changer un rail, ce même rail devient inévitablement une marchandise comme toutes les autres : sa perspective est conditionnée par le profit et rien d’autre. Mais une marchandise est dotée d’une valeur, c’est-à-dire qu’une marchandise est la cristallisation d’une quantité de travail humaine incorporée en elle-même.

 

Ce qui mesure la quantité de valeur d’une marchandise n’est rien d’autre que le temps de travail socialement nécessaire et réalisé lors de la production de la marchandise (dixit Karl Marx dans Le Capital). Il s’ensuit donc que le rail devenu marchandise ne peut pas échapper à cette règle inhérente au mode de production capitaliste.

 

Les monopoles exploitent des ouvriers qui travaillent dans des conditions atroces (contrats précaires ou pas de contrats, pas de pauses, ordres très durement émis et heures de travail dépassant le cadre légal).

 

Et ces pauvres ouvriers exploités par ces mêmes monopoles n’ont d’autre solution que de subir ces conditions de travail atroces et doivent donc travailler le plus vite possible : c’est ce qu’on appelle la politique de rendement. De plus, les monopoles ne veulent pas former ces ouvriers (réduction des coûts) et il en résulte que ceux-ci n’ont aucune connaissance technique relative à un changement de rail par exemple.

 

Cela engendre des problèmes techniques lors des différents chantiers et il n’est pas rare que les voyageurs subissent le retard de leurs trains du fait que ces chantiers sont très mal gérés.

 

Cette situation s’est réellement produite, dernièrement, à la gare de Bondy en Seine-Saint-Denis. L’entreprise privée qui est une filiale du monopole Vinci, intervenait pour changer un appareil de voie à la gare. Les ouvriers très fatigués de cette entreprise, sans formation, soumis à une pression psychique et physique énorme, travaillaient le plus vite possible donc et ont arraché des câbles et plusieurs défaillances graves se sont accumulées lors de ce même chantier.

 

Finalement, tous les trains du matin ont été arrêtés, car le chantier en retard ne permettait pas la reprise de la circulation des trains. C’est ainsi que les voyageurs s’accumulaient sur le quai de la gare de Bondy à 6h du matin et en milieu de semaine !

 

Les voyageurs étaient alors bloqués sur le quai et on pouvait entendre ces mêmes voyageurs mécontents qui insultaient les cheminots : mais il n’y avait aucun cheminot sur place lors de ce chantier ! Comme la plupart des chantiers actuellement, puisque ce sont les monopoles et leurs filiales qui accaparent les marchés !

 

Les médias du capital affirment que les retards des trains trouvent leurs causes dans les prérogatives des cheminots eux-mêmes, alors que ce sont des monopoles qui interviennent (n’oublions pas que les dirigeants des médias sont mis en place par les dirigeants politiques) ! Cela permet au capital d’influencer l’opinion publique qui devient très hostile aux cheminots !

 

Le cheminot n’est pas soumis à cette logique de profit et il n’est donc pas soumis à un temps de travail particulier. Pour le cheminot (de même pour l’infirmier, le postier, l’agent EDF, etc....) l’important était alors sa mission de service public : il faisait donc primer la qualité du travail sur la quantité de travail.

 

Cette situation révèle donc une contradiction qui présente deux aspects : d’un côté une politique de rendement et de profit, et de l’autre une politique de service public. Notre service public SNCF mettait en avant ces trois mots d’ordre autour desquels gravitait le travail des cheminots :

 

1. Confort.

2. Régularité

3. Sécurité.

 

Alors que les monopoles, actuellement, mettent en pratique un seul mot d’ordre : faites vite car le profit nous attend ! 


Le processus de destruction de notre service public SNCF trouve donc deux points nodaux :

 

1- L’aspect anti-démocratique de l’Union Européenne et sa volonté de transformer cette entreprise publique SNCF en une entreprise capitaliste intégrée dans des spéculations financières et accords de marchés, etc.

2- Le processus de libéralisation qui permet le passage aux monopoles.

 

La position de la CGT Cheminots

 

Dans son journal La tribune des Cheminots la CGT Cheminots a pointé du doigt l’aspect anti-démocratique de l’UE et sa volonté de pulvériser notre service public par ce processus de libéralisation.

 

D’ailleurs, dans un article de ce même journal qui traitait de négociations concernant le libre-échange, la CGT Cheminots écrivait : « TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), GMT (Grand marché transatlantique) sont autant de sigles qui désignent les accords du grand marché transatlantique. Il s’agit d’un texte qui, depuis de nombreux mois maintenant, est « négocié » dans le dos des peuples et traite de la nature des liens qui doivent régir les relations entre l’Europe et les États-Unis. Ce projet de traité menace les services publics et toutes nos règles sociales, environnementales, alimentaires et sanitaires. Son adoption signifierait l’ouverture forcée de nos frontières aux OGM, à la viande clonée et au poulet lavé au chlore, au nom de la libre circulation des marchandises ».

 

Un peu plus loin, dans ce même article, la CGT Cheminots expliquait que : « Les négociations se déroulent à huis clos, sans consultation du public. Les parlements nationaux ne sont même pas informés des détails des textes de négociation de la Commission ». Elle ajoutait : « L’objectif de cette duperie est de redonner du souffle à un capitalisme en crise en créant le plus grand marché mondial de circulation des capitaux et de marchandises et en élargissant le champ de la concurrence au maximum d’activités humaines ».

 

Depuis le début, les militants syndicaux de la CGT Cheminots, leurs sympathisants et les cheminots non syndiqués ont lutté contre la réforme ferroviaire et pour la défense de notre service public. L’obstacle qui avait ralenti le développement de la lutte syndicale et ainsi permis à la réforme ferroviaire et à la libéralisation de passer facilement se situe sur le plan politique.

 

En effet, le syndicalisme de classe est conditionné par des bases politiques fermes. La direction de la CGT est une direction réformiste/opportuniste qui est noyautée par La France Insoumise et PCF/FDG. Ces organisations politiques qui régissent la direction syndicale ne veulent pas en finir avec le mode de production capitaliste et ses monopoles, car elles espèrent en réalité un bel avenir dans le capitalisme.

 

Cela pose un véritable problème aux cheminots, sachant que ce sont justement ces monopoles qui leur retirent le pain de la bouche ! Ceci étant dit, il y a une ligne de démarcation très nette qui doit être effectuée entre la direction CGT (Nationale ou Cheminots) intégrée au système capitaliste et les militants de la CGT Cheminots à la base qui sont dotés d’une véritable volonté révolutionnaire : le problème est qu’ils sont mal orientés.

 

Les militants de la CGT Cheminots sont solides, forts et d’une abnégation féroce. Ce ne sont donc pas les militants de la CGT Cheminots qui posent problème, ni les délégués du personnel d’ailleurs, mais leur direction syndicale. Il y a évidemment des dirigeants intègrent, mais ils ont été isolés par la structure réformiste/opportuniste.

 

Lors de la lutte contre la loi travail, nous avons constaté que les militants et sympathisants de la CGT Cheminots étaient dotés d’une volonté ferme et qu’ils constituaient une base militante sur laquelle les salariés peuvent s’appuyer pour les défendre devant les attaques du patronat. La direction syndicale est une bureaucratie parasite, une aristocratie ouvrière qui espère un bel avenir dans le capital : là est le problème...

 

Les révolutionnaires existent toujours à la CGT Cheminots, mais ils sont isolés et totalement subordonnés à la direction réformiste/opportuniste. La tactique est simple, mais demande de l’abnégation et de la patience, car elle doit s’articuler sur le long terme et prendre appui sur une approche dialectique de la situation objective.

 

Dans un premier temps, il faut une adhésion en masse à la CGT. Ensuite, grâce à une approche dialectique juste et cohérente (parallèlement à un parti révolutionnaire fort), il en découlera une cristallisation de la contradiction fondamentale englobant deux aspects : d’un côté les idées réformistes, et de l’autre les idées révolutionnaires.

 

Ensuite, les idées révolutionnaires prendront inévitablement le dessus sur les idées réformistes. Finalement, les idées révolutionnaires organiseront tous les militants et sympathisants qui récupéreront ainsi leur outil syndical et le redonneront ensuite aux salariés.

 

Non à la destruction de notre service public ! A bas la classe capitaliste !

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 06:38

Ce n'est pas fréquent, mais il arrive à Paris-Match de publier des articles intéressants et utiles. Ne nous en privons pas.

 

 

Depuis la loi de réforme de l’hôpital votée en 2009, nombre de médecins et infirmiers se sont donné la mort partout en france, et dans une omerta totale. C’est le suicide d’un éminent professeur en 2015 qui, peu à peu, délie les langues. Face aux restructurations autoritaires et aux guerres de pouvoir, certains osent enfin briser le silence et porter plainte. Des témoignages effrayants pour l’avenir de l’hôpital public. 

Me Christelle Mazza 
Avocate spécialisée dans la souffrance au travail dans la fonction publique, elle reçoit de plus en plus de praticiens anéantis.

 

Paris Match. Vous avez été saisie du suicide du Pr Mégnien à l’Hôpital Pompidou en 2015. Quelle en était la cause ?


Me Christelle Mazza. Ce brillant cardiologue de 54 ans s’est donné la mort sur son lieu de travailaprès avoir longtemps dénoncé des propos et des comportements répétés qui ont détruit sa carrière et sa santé. Après ce choc, une vague de ­suicides sans précédent a suivi à ­l’hôpital. Le passage à l’acte du Pr Mégnien est en cours d’information judiciaire. Deux juges d’instruction ont été désignés au sein du pôle santé. La manifestation de la vérité prend du temps en matière de harcèlement moral car les ressorts sont pervers et donc dissimulés.

 

Depuis quand les médecins vivent-ils cette souffrance morale à l’hôpital ?


Depuis environ huit ans. La loi HPST de 2009 (hôpital, patients, santé et territoire), mise en place par Roselyne ­Bachelot sous la présidence Sarkozy, a modifié le mode de gouvernance et de financement de l’hôpital.

 

De quelle façon ?


Il y a d’un côté les équipes de soins, de l’autre la direction administrative. Cette dernière met en place les politiques managériales dictées par le ministère : restrictions budgétaires, restructuration des services. Les deux pôles s’affrontent en permanence.

 

Avant cette loi, qui s’occupait de la direction de l’hôpital ?


Les médecins avaient plus de pouvoir. Mais Nicolas Sarkozy a voulu “un seul patron à l’hôpital” en nommant un directeur. L’institution doit être rentable à tout prix.

 

Ces directeurs ne sont-ils pas formés au management ?


Ce sont de purs administratifs, comme ceux des grandes écoles formant les cadres de l’administration. Ils ont une connaissance du droit de la santé et de l’univers médical mais sont avant tout des chefs d’entreprise.

 

Cette loi de 2009 est passée quasiment inaperçue...


Non, les hospitaliers se sont insurgés contre cette intrusion des technocrates. Ils se sont opposés aux équipes de direction qui s’immiscent dans leur art médical, qui raisonnent en nombre de lits, en tarification à l’acte. Si un directeur estime que le service de certains praticiens est moins rentable que d’autres, il leur donne moins de budget et ferme ce service. Il a le pouvoir de nommer les médecins ou de les suspendre, sans contrôle, favorisant les luttes claniques.

 

L’hôpital multidisciplinaire tel que nous le connaissons tend donc à disparaître ?


L’Etat n’a plus les moyens de son service public. Certains estiment que l’hôpital ne sera plus composé que de la maternité et de la gériatrie, les deux bouts de chaîne, naissance et vieillesse, ainsi que des urgences. L’intermédiaire va basculer dans le privé, à l’image du système anglo-saxon. Les personnels comme les usagers n’ont pas été préparés à cette révolution. C’est pourtant une lame de fond qui agit depuis dix ans. Et la souffrance au travail en est l’expression la plus forte.

 

La rentabilité ne fait-elle pas partie du service public ?


Pas en médecine. C’est une hérésie. Comment oser dire : “Toi, tu as un cancer un peu métastasé, tu n’es pas prioritaire.”

 

Le système de santé était-il obsolète ?


Pas du tout ! On a des centres de recherche et des secteurs dont l’innovation est reconnue dans le monde entier. Certes, des services devaient être réformés, en lien avec l’évolution des besoins, mais le gouvernement a imposé brutalement sa volonté de réforme. En outre, côté médical, on favorise une course à l’élitisme. La figure charismatique du professeur des universités-­praticien hospitalier (PU-PH), au sommet de la hiérarchie, et les usages féodaux d’un autre temps perdurent. Le PU-PH a le pouvoir d’écraser celui qui est trop brillant, surtout en fin de carrière, pour rester le référent. Inversement, le vieux chef de service qui aura tout transmis va se faire dégager par son élève. Quant au directeur omnipotent, il peut casser un service pour le donner à son protégé et asseoir ainsi son pouvoir au sein de l’établissement. Cette lutte clanique brise la chaîne humaine d’une équipe médicale. Le harcèlement moral entre médecins est terrible, dû à leur formation, très concurrentielle : dès la première année de médecine, ils doivent se positionner dans des systèmes de parrainage. Ensuite, leurs propos restent d’une grande cruauté quand ils intègrent l’hôpital qui devient un bassin de moqueries, d’humiliations et d’isolement, intenables pour qui ne joue pas le jeu.

 

Depuis la loi de 2009, les langues se sont-elles déliées chez les médecins concernant leur mal-être ?


Leurs demandes d’arrêt maladie sont récentes : la souffrance s’exprime enfin ! Ces professionnels, habitués à la douleur et à la mort, ne vont pas spontanément consulter un confrère pour ne pas afficher leur vulnérabilité. Ils préfèrent s’automédiquer. Mais ils commencent à le faire pour ne pas se transformer en bombes à retardement le jour où ils décompenseront. Depuis le suicide du Pr Mégnien, d’autres médecins sont venus me voir, puis des professionnels de santé et des équipes de direction, dont des agents des administrations centrales. Il y a une explosion des cas. Le vrai manager à l’hôpital, c’est l’Etat ! Mais on ne s’attaque pas à lui comme à un simple chef d’entreprise…

 

Quel dossier de harcèlement avez-vous récemment traité ?


Le cas d’une infirmière qui lance une alerte sur le dysfonctionnement de son service. Persécutée par sa chef puis en arrêt maladie, elle a eu droit à onze expertises médicales ! Or le dossier est vide, tout s’est construit sur des rumeurs qui ont détruit sa réputation. Nous attaquons l’hôpital mais les procédures sont longues et le système judiciaire, engorgé, n’est pas conscient de cette violence morale qui mène au suicide.

 

Sans doute parce que le suicide est multifactoriel ?


Le principe même du harcèlement moral est de pousser l’autre à s’autodétruire. L’année dernière, il y a eu plusieurs suicides d’infirmiers. La réponse habituelle : la personne était trop fragile. Mais qui l’a rendue fragile ? On ne peut pas mourir au travail !

 

Existe-t-il un effet d’entraînement ?


Oui, c’est une sorte d’épidémie, comme chez les adolescents en crise identitaire. C’est l’effet Werther. En milieu hospitalier, on constate une forte identification à la souffrance des autres face au silence de l’institution qui fait passer à l’acte ceux qui sont en pic de vulnérabilité. Ils se disent : “Je vais mourir pour être entendu. Pour exister.” Il s’agit bien d’une fragilité collective.

 

Pourquoi ne peut-on pas endiguer ce phénomène ?


Par manque de connaissance de l’arsenal juridique, on n’applique pas les textes. Tout est géré par les arrêts maladie. Isolés chez eux, les médecins perdent leurs compétences et développent des symptômes post-traumatiques qui les empêchent de travailler à nouveau. Priver un médecin de soigner, c’est le tuer. De plus, la compartimentation du service public fait que le dossier est renvoyé d’un service à l’autre pour l’étouffer.

 

Que faut-il changer, alors ?


Au même titre que le conseil des prud’hommes pour le privé, il faut un tribunal de la fonction publique. L’Etat doit être reconnu pénalement responsable. Sinon l’impunité générale crée les comportements les plus tordus.

 

Il n’y a aucun chiffre global sur le nombre de suicides au travail, ce qui banalise les faits...


Absolument ! Le 8 mars dernier, une infirmière s’est suicidée. Aussitôt, un agent hospitalier très méritant s’est lui aussi donné la mort par arme à feu car il a revécu sa propre souffrance au travail. Personne n’en a parlé. Un urgentiste chevronné a été brisé par un jeune médecin qui a monté les équipes les unes contre les autres pour le dégager. Plans machiavéliques, fabrication de fautes. Mon client a dû laisser sa place au jeune pervers et en reste anéanti.

 

Qu’est-ce que le harcèlement d’un point de vue juridique ?


Il est différent du burn-out, un épuisement lié à une charge de travail trop lourde. La toxicité du harcèlement provient de manipulateurs. Très intelligents, ils tordent la réalité, instrumentalisent leurs équipes avec charisme et sang-froid. Ils créent un noyau pervers et leurs bras armés vont sévir sur les victimes désignées. Le centre de ce noyau est intouchable. On n’a pas les moyens de prouver qui est le donneur d’ordre. Dans le corps médical, comme il y a beaucoup de rivalités, les directeurs ont les moyens de les attiser pour redorer leur image. Ce “harcèlement institutionnalisé”, je me bats pour le faire reconnaître. Car il signifie qu’on ne peut pas faire de rupture conventionnelle et partir se reconstruire ­ailleurs. On est dans une sujétion à l’Etat. C’est sur elle que je m’appuie quand je plaide. J’ai assisté à une explosion de cas en 2010. Depuis, je reçois plus de vingt appels par jour ! J’ai plus de 400 dossiers à gérer sur les trois versants de la fonction publique : l’Etat, le territoire et l’hôpital.

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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 04:43

La fraude dans les transports en commun comme le métro représente un coût considérable. Et l'on sait que ceux qui s'acquittent de leur titre de transport payent à la place des fraudeurs.

 

En revanche, les passagers qui bloquent les portes parce qu'ils n'ont pas eu le temps d'entrer complètement dans la rame ne coûtent strictement rien : ils retardent simplement de deux ou trois secondes le départ du métro. Ce qui les place dans leur tort, assurément.

 

Parfois, on fait ce qu'on peut : il m'est arrivé d'aider des personnes encore plus âgées que moi à se décoincer un bras dans un wagon de la ligne sans conducteur du métro lyonnais car elles n'avaient pas pu entrer avec la célérité requise.

 

De là à transformer les bloqueurs (volontaires ou non) en délinquants de haut vol, il y a un pas que la société des transports en commun lyonnais a franchi allègrement.

 

La scandaleuse communication yankee des transports en commun lyonnais

 

Cette photo est ignoble. Faire payer 150 euros à des passagers qui ne fraudent pas et qui ne mettent pas en péril la sécurité des passagers est scandaleux. TCL est bien dans l'air du temps macronien qui frappe les pauvres.

 

Et puis, il y a cette mise en scène yankee, très fortement inspirée des films policiers et, pire, de la réalité d'outre-Atlantique. Avec la taille du fraudeur exprimée en mesures anglo-saxonnes.

 

Enfin cette menace comminatoire : on vous aura !

 

Cette communication est à vomir.

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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 04:53

Je reproduis ci-dessous de larges extraits d'un article de Parker Pointu de Sciences-Po à ce sujet.

 

 

 

Nous avons tous pu prendre connaissance des sommes engagées par les différents candidats lors des dernières élections présidentielles. On découvre ainsi qu'Emmanuel Macron a dépensé 16,7 millions d'euros pour sa campagne. C'est même le candidat qui a dépensé le plus. Curieusement, aucun journaliste soulèvera la question suivante : comment un homme inconnu du grand public un an auparavant, jamais élu, a-t-il pu en moins de deux ans créer un parti politique, l'animer et rassembler autant d'argent en si peu de temps ?

 

Macron est remarqué par Henri de Castries, président d'AXA, mais aussi président du Groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de Bilderberg ou Club Bilderberg, un rassemblement annuel de plus d'une centaine de membres essentiellement étasuniens et européens, et dont la plupart sont des personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias.

 

Ils voient en Macron l’occasion d'infléchir la politique économique et industrielle française et de contrer les syndicats, pour aller vers une politique libérale à l'anglo-saxonne. Cependant Macron ne parvient pas, à son poste de conseiller économique à l'Elysée, à faire fléchir Hollande et son gouvernement. Lors de la réunion du Groupe Bildelberg à Copenhague du 29 mai au 1er juin 2014, la rencontre compte de nombreux banquiers notamment de la Deutsche Bank, Christine Lagarde, Benoit Coeuré, ancien de la BCE, et Macron. De Castries et plusieurs banquiers se voient en présence de Macron. Il est donc décidé de faire pression sur Manuel Valls pour que Mr Macron soit ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II en remplacement d'Arnaud Montebourg trop instable. Jean-Pierre Jouyet est contacté et influence François Hollande. Macron est donc nommé Ministre le 26 août 2014.

 

De Castries voit Valls et lui suggère de faire un geste vis-à-vis du patronat, de redorer son blason. Le 27 août Valls participe à l'université d'été du MEDEF il a prononcé un discours salué par une longue ovation debout. Les financiers ont réussi leur coup. Leur prodige est à leurs bottes, il n'y a plus qu'à manipuler la marionnette. Le patronat est satisfait mais trouve Macron encore trop timide dans ses réformes. Ils le poussent à concevoir la loi « Macron 2 ». Mais Valls s'y oppose et donne le projet de réforme à Myriam El Khomri. Les financiers sont furieux contre Valls et décident sa perte, Valls les ayant trahis. Cependant Macron réussi à inclure dans la loi la réécriture du licenciement économique et le plafonnement des indemnités prud'homales. Valls rétrograde Macron dans l'ordre protocolaire du gouvernement à l'occasion du remaniement réduit de février 2016. Le 21 mars 2016 De Castries, Gattaz (MEDEF), Mario Draghi (BCE), John Cryan DB, des financiers et les patrons des groupes de presse, Bolloré, Drahi, Bergé se réunissent à Francfort, et décident d'épauler Macron pour la création d'un parti dévoué à leur cause. La manipulation est simple la presse écrite doit lui consacrer de nombreuses unes, notamment la presse féminine, et la presse destinée aux jeunes. La télévision doit le présenter comme le gendre idéal. Les patrons de presse créaient des groupes de travail uniquement consacrés à l'image et à la communication Macron.

 

Les financiers vont élaborer la création du parti. Ils créent deux associations : l'Association pour le renouvèlement de la vie politique et l'Association de financement du parti pour amener des fonds au parti. La deuxième sera financée par des fonds privés. De Castries et Gattaz invitent François Logerot, le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques et Christian Dargnat (dirigeant dans l’industrie financière de la gestion d’actifs) qui prendra la présidence de l'association de financement du parti, un ancien de BNP Paribas Asset Management. La machine est en marche. Le 6 avril 2016 le parti est créé. L'argent des groupes financiers abonde, la campagne est lancée. Fin avril 2016, Edouard Philippe, maire du Havre, est invité par De Castries et Bolloré à Paris. Ils lui demandent de soutenir Macron puis ils invitent le futur Premier ministre à la réunion Bilderberg qui se tient du 10 au 12 juin 2016 à Dresde. Une réunion se tient avec Christine Lagarde, Baroso et d'autres financiers.

 

Une autre réunion se tient à Berlin où il est décidé de faire élire Macron président de la République française. Sont présent des financiers, le directeur de la BCE, Drahi, Bolloré, Bergé et, surprise, : Bertrand Louvel, Président du Conseil supérieur de la Magistrature. Ils sont rejoints le temps d'un dîner par Madame Merkel.

 

Dans le même temps, il faut penser à décrédibiliser Hollande. Un débat aura lieu le 14 avril 2016 sur France 2. Les patrons de presse font pression sur Michel Field, patron de l'info du groupe France Télévision, pour que Léa Salamé mène les débats. Elle n’hésite pas à bousculer Hollande, entre autres par sa question devenue célèbre « C’est une plaisanterie ? ».

 

Fillon gagne les primaires de la droite. Jugé trop frileux dans son programme par les financiers, ils décident de l'éliminer. L'affaire Fillon est lancée. Bien d'autres élus de droite et de gauche font travailler leur conjoints ou enfants. Des rendez-vous sont pris par des informateurs dépêchés par les grands groupes de presse avec des journalistes du Canard Enchaîné et de Médiapart, journaux qui ont vu leurs subventions augmenter en 2017, comme par hasard. Gaspard Ganzter, conseiller de Hollande mais aussi camarade de promo de Macron à l'ENA, rencontre le directeur du Canard début janvier. Déchaînement des médias sur Fillon. De l'autre côté, ordre est donné de favoriser le FN, sachant que lors d'une confrontation Macron/Le Pen, Macron serait élu.

 

 

 

Election de Macron : le saint-Esprit ou les banques ?

 

11 avril 2017. Réunion avec De Castrie, Drahi, Jouyet, Sarre et d'autres personnages influents avant le premier tour des élections. La ligne médiatique est organisée, la presse est dévouée à Macron, mais Mélenchon inquiète, ainsi que le manque de confiance des Français envers les politiques. Le 23 avril 2017 ils sont rassurés, Macron est en tête avec 24%. Le 24 avril la bourse prend 7 points, les places financières sont aux anges ! Le 7 mai 2017, Macron est élu.

 

Reste maintenant la dernière étape des législatives. Faire élire 50% à l'Assemblée Nationale de personnes qui n'ont jamais touché à la politique ou n’ont jamais eu un mandat électoral. Cette manœuvre est organisée depuis Paris dans le cadre d'un mystérieux processus de sélection afin d'achever d'affaiblir le pouvoir législatif, le cœur de la démocratie, en mettant en place une sorte d'aréopage de personnes désignées qui seront à la botte du régime.

 

Là non plus, personne ne se posera la question du financement de toutes ces investitures. Au second tour des législatives, les Mocronistes obtiennent une très nette majorité. Il a suffi de promettre le changement pour conquérir le pouvoir. Mais 16 millions d’électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc, signe que tous les Français ne se laissent pas manipuler.

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 06:36

 

Facétieux comme il était, je pense que l'ami Bernard Cauet aurait souri à la lecture de cet article de La Dépêche.

 

Plus célèbre pour son calme plat que pour les menaces djihadistes, mon cher Monclar vient de vivre un petit épisode tout à fait stressant.

 

Des véhicules d'intervention contre les risques technologiques ont pris place le 14 novembre autour de la mairie de Monclar.

 

En début de matinée, à la réception du courrier quotidien, une lettre a provoqué une vive inquiétude au sein du personnel communal.

 

Selon La Dépêche, une menace terroriste claire écrite en arabe prévenait que les foudres du ciel allaient s'abattre sur le village. Une poudre blanche se trouvait à l'intérieur du courrier. Elle sera analysée analysée afin d'en connaître la composition.

 

Le maire, Gérard Stuyk, ainsi que deux secrétaires et une femme de ménage qui se trouvaient à l'intérieur ont été confinés dans les locaux pendant une bonne partie de la matinée. Un périmètre de sécurité a été établi autour du bâtiment communal.

 

Je rappelle que Monclar compte depuis l'après Deuxième Guerre mondiale une notable communauté d'origine nord-africaine.

Menace terroriste à Monclar d'Agenais ?

 

En août 2013, dans un article consacré au “ foulard ”, je rappelais les souvenirs d'enfance suivants, ainsi qu'une scène à laquelle j'avais assisté il y a une quinzaine d'années :

 

Les musulmans de France (hommes et femmes, garçons et filles) sont désormais victimes d’une double aliénation. Le système économique les vrille sur place. Je n’insiste pas. L’aliénation culturelle et religieuse est plus perverse et peut-être plus durable. La première fois que j’ai rencontré des femmes musulmanes, c’était en 1953, dans le village de mes grands-parents, dans le Lot-et-Garonne. Il ne s’agissait pas de femmes de harkis puisque la guerre d’Algérie n’avait pas commencé. Pas de burqua, pas de tchador, pas de voile. Des femmes pas trop intégrées, parlant plutôt mal le français mais vivant globalement comme les autres habitants. Je me suis rendu compte par la suite qu’elles observaient le ramadan de manière relâchée. En matière de boucherie, pas de viande halal, mais la viande de tout le monde achetée chez un boucher juif ayant réussi à échapper à la police de Vichy quelques années auparavant. Il leur préparait le mouton pour le couscous quand elles le demandaient. Il y a peu, je m’installe à la terrasse d’un café de ce même village. Nous sommes en pleine semaine, il est quinze heures. A deux pas, trois jeunes d'origine algérienne âgés de 12 à 15 ans. Ils ne sont pas à l’école, ils glandent. Soudain, j’écarquille les oreilles : ils s’expriment avec l’accent des banlieues parisiennes. Ils appartiennent à la troisième, voire à la quatrième génération, et au lieu de parler comme leurs parents avec l’accent du sud-ouest, ils parlent le français beur de Trappes où ils n'ont jamais mis les pieds. Je me dis qu’on a tout raté et que, mentalement, culturellement, ces gosses n’ont nulle part ou aller. Si demain ils imposent la tente de camping à leur femme, je n’en serai pas étonné.

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