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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 06:27
 

Ci-dessous un article de Galil Agilar sur les choix radicaux de Macron en matière d'économie :

 

Lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale le 4 juillet dernier, le premier ministre Édouard Philippe a annoncé la suppression des cotisations salariales sur l’assurance maladie et l’assurance chômage. Or, cette suppression sera financée par une hausse de 1,7% de la Contribution Sociale Généralisée (CSG). La CSG est financée par 7,5% des revenus des actifs, 8,2% des revenus de détenteurs de patrimoine, et 6,6 % des pensions des retraités. Cette ponction touchera les pensions des retraités percevant plus de 14 375 euros par an, soit 60% des retraités. Une drôle de manière de remercier une catégorie sociale ayant largement participé à son accession au pouvoir, puisque 74% des retraités auraient voté pour Emmanuel Macron au second tour.

 

Le 6 juillet dernier, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, du budget et de la fonction publique, a annoncé le rétablissement pour les fonctionnaires du « jour de carence ». C’est-à-dire, la suppression de la paie pour le premier jour d’absence pour maladie. Il a également confirmé le gel du traitement des fonctionnaires en ces termes :

« Il n’y aura pas d’augmentation de point d’indice pour les agents de la fonction publique. »

 

Toutes les catégories socio-professionnelles ne sont pas à la même enseigne. Dans le même laps de temps en effet, le ministre des finances Bruno Le Maire, qui se comparait au dieu Hermès devant un parterre de financiers new-yorkais, faisait des pieds et des mains pour les inciter à investir et à s’installer en France.

 

Devant le cercle Interrallié le 5 juillet dernier à Paris, il déclarait :

« Parmi les investisseurs étrangers, il y a des salariés qui ont des niveaux de revenus élevés. Or, la taxation de ces revenus est très forte. »

Faisant ainsi écho au discours de politique générale du premier ministre, dont les mesures annoncées doivent prouver que « nous sommes capables de tenir compte de cette situation pour faire venir des salariés en France ».

En 2013, le gouvernement de François Hollande avait initié la mise en place d’une taxe sur les entreprises non assujetties à la TVA (en grande partie, celles touchant au domaine de la finance). Cette taxe pouvait monter jusqu’à 20% pour les entreprises générant des salaires supérieurs à 153 000 euros brut. Le projet du gouvernement actuel : faire disparaître complètement cette taxe. Objectif : permettre aux banques françaises de payer leurs traders en bonus supplémentaires avec l’argent ainsi économisé. Ceci afin de les rendre compétitives  vis-à-vis des banques londoniennes en terme de rémunération des traders.

 

 

Ponctionner les retraités et les fonctionnaires pour détaxer les traders

Mais les courbettes ne s’arrêtent pas là. C’est une véritable pochette surprise que le gouvernement propose aux financiers des places londonienne et new-yorkaise. Ainsi, en accord avec le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, Le Maire propose, à l’attention des enfants des traders en question,

« un plan de réalisation d’établissements scolaires ou de classes bilingues susceptibles de [les] accueillir ».

Rappelons que cette proposition de petits soins privilégiés pour les enfants de traders intervient dans un contexte où le minimum de salubrité n’est assuré ni par les collectivités ni par l'Education nationale dans certains établissements scolaires de province ou de banlieue parisienne. Pour paraphraser notre Jupiter-Macron national, il y a les enfants de ceux qui « réussissent » et les enfants de ceux « qui ne sont rien » …

 

En 2003 fut créé le statut d’impatrié. Il concerne les Français fortunés ne résidant plus sur le territoire, puis décidant de revenir en France. Ce statut favorisant les fortunes décidées à revenir sur le territoire a été favorisé par Nicolas Sarkozy en 2008, puis en 2015 par Macron, alors ministre de l’économie. Selon Marianne, ce statut pourrait être encore plus valorisé en terme de défiscalisation par le gouvernement actuel.

 

Macron aurait pourtant juré au porte-parole de l’ONG OXFAM, les yeux dans les yeux, qu’il ne supprimerait pas la Taxe sur les Transactions Financières (TTF). Cette taxe que le gouvernement s’apprête à supprimer pour favoriser l’activité spéculative sur le territoire au prétexte de valoriser la croissance, avait rapporté depuis sa création 137 millions d’euros aux caisses de l’État.

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 09:21
Calomnie : le mari de Bri-Bri d'amour ne se maquille pas !

Et comme le dit Thomas Porcher, un des rares économistes de gauche invités sur les plateaux de télévision, " Les français ont quand même accepté 165 réformes relatives au marché du travail entre 2000-2014. Ils ne les détestent pas, ils en ont marre.  "

 

On commence à penser que le maquillé ne finira pas son quinquennat.

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 05:29

 

 

 

Ci-dessous, de larges extraits d’un article récent de Courrier International :

 

 

La Commission européenne a été contrainte de publier une partie des notes de frais engagés pour ses déplacements en 2016. La lumière ainsi faite sur des sommes astronomiques est gênante pour la Commission, et la presse britannique anti-UE n’en fait qu’une bouchée.

 

Après avoir tergiversé pendant trois ans, la Commission européenne a fini par publier une partie de ses notes de frais pour ses déplacements. La publication fait un tollé : la Commission a dépensé près de 555 000 euros pour couvrir les déplacements de ses membres, rien qu’en janvier et février 2016.

 

Ce qui a fait grimper les frais, ce sont les déplacements en jet privé. Ainsi, le président de la Commission“Jean-Claude Juncker, a dépensé 24 000 livres [26 000 euros] pour un déplacement à Rome”, et Federica Mogherini, vice-présidente de la Commission, “avait fait une note de frais de 67 000 livres pour une visite à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan”. Et ces coûts ne représentent probablement “que le sommet de l’iceberg, car l’UE refuse toujours de publier les notes de frais sur toute l’année, officiellement parce que la publication représente ‘une tracasserie administrative’”, ajoute le quotidien.

 

Le journal précise que la Commission permet l’utilisation d’avions affrétés s’il n’y a pas de vols commerciaux disponibles, si ceux-ci ne conviennent pas à l’agenda du commissaire ou pour des raisons de sécurité.

 

L’UE ne comprend pas ce que rendre des comptes veut dire. La raison est évidente : elle n’est pas soumise à la pression démocratique. Les Commissaires européens non élus qui abusent de leurs privilèges n’ont pas à craindre d’être chassés de leur poste par des électeurs en colère.”

 

“Ces notes de frais pourraient être politiquement explosives, étant donné que l’UE demande aujourd’hui au Royaume-Uni de lui payer une facture de divorce d’un montant de 50 milliards de livres.” En effet, le scandale risque d’accentuer la réticence britannique à régler la note finale à l’UE lors de son départ du bloc européen. “Pourquoi le Royaume-Uni devrait-il payer cette facture du Brexit, afin que ‘jet-set Juncker’ puisse continuer ses voyages en grande pompe ?”

 

Non seulement [la Commission européenne] gaspille l’argent des contribuables pour financer des bureaux chics, des salaires et des retraites exorbitants et des déplacements où toute dépense est permise, mais en plus elle a l’audace de cacher les sommes.”

 

Judith Sinnige

 

 

 

 

Quand la Commission européenne se sucre
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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:07

Merci à Situation pour cette intéressante analyse :

Logiquement, tout avance de concert. Au moment où Macron est élu, nous découvrons que La Poste enrichit sa gamme de services d’une offre « Veiller sur mes parents » à partir de 19.90€ par mois (plusieurs formules : 1, 2, 4, 6 passages par semaine). Le missionné, qu’on n’appellera sans doute plus « l’agent » (tellement impersonnel-bureaucratique – old), mais dont on verra si la Poste va jusqu’à l’appeler l’« ami de la famille », passe en voisin, boit le café, fait un petit sms pour tenir au courant les descendants, bref – dixit le prospectus lui-même – « maintient le lien social ». Résumons : Pour maintenir le lien social tout court, c’est 19.90€. Et pour un lien social béton (6 visites par semaines), c’est 139.90€. Tout de même. Mais enfin il y va du vivre ensemble.

En 1999, des lignards d’EDF en vacances et même en retraite avaient spontanément repris du service pour rétablir le courant après la tempête. Ils l’avaient fait parce qu’ils estimaient que, dans cette circonstance exceptionnelle, il se jouait quelque chose entre eux, le service public dont ils étaient ou avaient été les agents, et la société dans son ensemble, quelque chose qui n’était pas de l’ordre d’un lien contractuel-marchand et procédait de mobiles autres que pécuniaires. Maintenant que nous en sommes à l’étape de la forfaitisation du lien social, nous percevons combien cette réaction qui fut la leur a été une tragique erreur. Puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, la prochaine fois que les lignes sont à terre, on espère bien que toute demande de reprise de service obtiendra pour réponse, au mieux la renégociation en position de force du tarif des prestations extraordinaires, et plutôt d’aller se carrer les pylônes.

Le contresens anthropologique du lien social tarifé semble ne pas apercevoir que, précisément, la transaction contractuelle-marchande n’est au principe d’aucun lien, entendons autre que le lien temporaire stipulé dans ses clauses, dont l’échéance est fixée par le paiement qui, dit très justement l’expression, permet de s’acquitter – c’est-à-dire de quitter. Après quoi les co-contractants redeviennent parfaitement étrangers l’un à l’autre. C’est pourtant ce modèle « relationnel » que la société néolibérale, La Poste en tête, se propose de généraliser à tous les rapports humains, désastre civilisationnel dont le désastre électoral de ce printemps n’est que l’épiphénomène. Mais aussi l’accélérateur. Avec peut-être toutes les vertus des accélérations à contresens : déchirer les voiles résiduels, clarifier la situation, rapprocher des points critiques. Si l’on peut placer un espoir raisonnable dans la présidence Macron, c’est celui que tout va devenir très, très, voyant. C’est-à-dire odieux comme jamais.

Car il ne faut pas s’y tromper, la France n’est nullement macronisée. Les effets de levier composés du vote utile font à l’aise un président avec une base d’adhésion réelle de 10% des inscrits. Quant aux législatives, le réflexe légitimiste se joint à la pulvérisation des candidatures d’opposition pour assurer de rafler la mise. Par l’effet de cette combinaison fatale, le 19earrondissement de Paris, par exemple, qui a donné Mélenchon en tête au premier tour avec plus de 30% est ainsi bien parti pour se donner un député macronien – on aurait tort d’en tirer des conclusions définitives. Mais en réalité, au point où nous en sommes, tout ça n’a plus aucune importance. La vérité, c’est que « la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.

La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également. Car la classe éduquée n’est pas avare en demi-habiles qui sont les plus susceptibles de se laisser transporter par les abstractions vides de « l’ouverture » (à désirer), du « repli » (à fuir), de « l’Europe de la paix », de « la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants » ou du monde-mondialisé-dans-lequel-il-va-bien-falloir-peser-face-à-la-Russie-et-aux-Etats-Unis. La classe demi-habile, c’est Madame de Guermantes à la portée d’un L3 : « la Chine m’inquiète ».

La propension à la griserie par les idées générales, qui donnent à leur auteur le sentiment de s’être élevé à hauteur du monde, c’est-à-dire à hauteur de gouvernant, a pour effet, ou pour corrélat, un solide égoïsme. Car la demi-habileté ne va pas plus loin que les abstractions creuses, et ignore tout des conséquences réelles de ses ostentations abstraites. En réalité, elle ne veut pas les connaître. Que le gros de la société en soit dévasté, ça lui est indifférent. Les inégalités ou la précarité ne lui arrachent dans le meilleur des cas que des bonnes paroles de chaisière, en tout cas aucune réaction politique. L’essentiel réside dans les bénéfices de la hauteur de vue, et par suite d’ailleurs la possibilité de faire la leçon universaliste aux récalcitrants. En son fond elle est un moralisme – comme souvent bercé de satisfactions matérielles. Sans surprise, elle résiste à la barbarie en continuant de boire des bières en terrasse – ou, plus crânement encore, en brassant elle-même sa propre bière.

Demi-habile et parfaitement égoïste, donc : c’est la classe nuisible, le cœur battant du macronisme. Elle est le fer de lance de la « vie Macron » – ou du vivre ensemble La Poste. Partagée entre les déjà parvenus et ceux qui continuent de nourrir le fantasme, parfois contre l’évidence, qu’ils parviendront, elle est la classe du capital humain : enfin un capital qui puisse être le leur, et leur permettre d’en être  ! Ceux-là sont habités par le jeu, ils y adhèrent de toute leur âme, en ont épousé avec délice la langue dégénérée, faite signe d’appartenance, bref : ils en vivent la vie. Ils sont tellement homogènes en pensée que c’est presque une classe-parti, le parti du « moderne », du « réalisme », de la « French Tech », du « projet personnel » – et l’on dresserait très facilement la liste des lieux communs d’époque qui organisent leur contact avec le monde. Ils parlent comme un journal télévisé. Leurs bouches sont pleines de mots qui ne sont pas les leurs, mais qui les ont imbibés si longtemps qu’ils ont fini par devenir les leurs – et c’est encore pire.

Cependant, l’égoïsme forcené joint à l’intensité des investissements existentiels a pour propriété paradoxale de faire de la classe de « l’ouverture » une classe séparée et claquemurée, sociologiquement minoritaire en dépit des expressions politiques majoritaires que lui donnent les institutions électorales – qui disent là comme jamais la confiance qu’elles méritent. La seule chose qui soit réellement majoritaire, c’est son pouvoir social – mais comme on sait, à ce moment, il convient de parler non plus de majorité mais d’hégémonie. Sans surprise, la sous-sous-classe journalistique en est le joyau, et le porte-voix naturel. L’élection de Macron a été pour elle l’occasion d’un flash orgasmique sans précédent, ses grandes eaux. Au moment où nous parlons d’ailleurs, on n’a toujours pas fini d’écoper. En tout cas la classe nuisible est capable de faire du bruit comme quinze. Elle sait ne faire entendre qu’elle et réduire tout le reste – ouvriers, employés, des masses elles bien réelles – à l’inexistence. Au prix, évidemment, de la sourde accumulation de quelques « malentendus », voués un de ces quatre à faire résurgence un peu bruyamment.

Il pourrait y avoir là de quoi désespérer absolument si le « progrès intellectuel » de la population ne fabriquait plus que des possédés, et se faisait le parfait verrou de l’ordre social capitaliste. Mais la classe nuisible n’est qu’une fraction de la classe éduquée. C’est qu’en principe, on peut aussi se servir de capacités intellectuelles étendues pour autre chose. Bien sûr on ne pense pas dans le vide, mais déterminé par toutes sortes d’intérêts, y compris matériels, à penser. De ce point de vue les effets du néolibéralisme sont des plus ambivalents. S’il fabrique de l’assujetti heureux et de l’entrepreneur de lui-même, il produit également, et à tour de bras, du diplômé débouté de l’emploi, de l’intellectuel précaire, du startuper revenu de son esclavage. La plateforme OnVautMieuxQueCa, qui a beaucoup plus fait que les directions confédérales dans le lancement du mouvement du printemps 2016 – qui a même fait contre elles… –, cette plateforme, véritable anthologie en ligne de la violence patronale, dit assez où en est, expérience à l’appui, une large partie de la jeunesse diplômée dans son rapport au salariat. Et, sous une détermination exactement inverse, dans ses propensions à penser. On peut donc ne pas tomber dans l’exaltation « générationnelle » sans manquer non plus de voir qu’il se passe quelque chose dans ces tranches d’âge. Si d’ailleurs, plutôt que de revoir pour la dixième fois The social network et de se rêver en Zuckerberg français, toute une fraction de cette génération commence à se dire « ingouvernable », c’est sans doute parce qu’elle a un peu réfléchi à propos de ce que veut dire être gouverné, suffisamment même pour apercevoir qu’il n’y va pas seulement de l’Etat mais de l’ensemble des manières de façonner les conduites, auxquelles les institutions formelles et informelles du capitalisme prennent toute leur part.

Sur ce versant-là de la classe éduquée, donc, ça ne macronise pas trop fort – sans compter d’ailleurs tous ceux à qui l’expérience prolongée a donné l’envie de changer de bord : les cadres écœurés de ce qu’on leur fait faire, les dégoûtés de la vie managériale, les maltraités, les mis au rebut, à qui la nécessité fait venir la vertu, mais pour de bon, qui ont décidé que « rebondir » était une affaire pour baballe exclusivement, ne veulent plus se battre pour revenir dans le jeu, et prennent maintenant la tangente. Or ce contingent de têtes raides ne cesse de croître, car voilà le paradoxe du macronisme : en même temps qu’il cristallise la classe nuisible, son effet de radicalisation, qui donne à l’époque une clarté inédite, ouvre d’intéressantes perspectives démographiques à la fraction rétive de la classe éduquée.

Cependant le privilège social de visibilité de la classe éduquée, toutes fractions confondues, n’ôte pas qu’on ne fait pas les grands nombres, spécialement dans la rue, sans la classe ouvrière mobilisée. En l’occurrence affranchie des directions confédérales, ou du moins décidée à ne plus les attendre. Mais ayant par suite à venir à bout seule de l’atomisation et de la peur. Pas le choix : il faut qu’elle s’organise – se -organise... Et puis s’organiser avec elle. Caisses de solidarité, points de rencontre : dans les cortèges, dans de nouveaux groupements où l’on pense l’action en commun, tout est bon. En tout cas, comme dans la jeunesse, il se passe quelque chose dans la classe ouvrière : de nombreux syndicalistes très combatifs, durcis au chaud de plans sociaux spécialement violents, virtuellement en rupture de centrale, font maintenant primer leurs solidarités de lutte sur leurs appartenances de boutique, laissent leurs étiquettes au vestiaire et ébauchent un front uni. Si quelque jonction de la jeunesse décidée à rompre le ban ne se fait pas avec eux, rien ne se fera. Mais la détestation de l’entreprise, promise par le macronisme à de gigantesques progrès, offre d’excellentes raisons d’espérer que ça se fera.

Les postiers nounous

Il n’est pas certain que le macronisme triomphant réalise bien la victoire à la Pyrrhus qui lui est échue. C’est que jusqu’ici, l’indifférenciation patentée des partis de gouvernement censément de bords opposés parvenait encore vaille que vaille à s’abriter avec succès derrière l’illusion nominale des étiquettes de « l’alternance ». Evidemment, l’alternance n’alternait rien du tout, mais il restait suffisamment d’éditorialistes abrutis pour certifier que la « gauche » succédait à la « droite, ou l’inverse, et suffisamment de monde, à des degrés variés de cécité volontaire, pour y croire. Le problème du macronisme, c’est précisément… qu’il a réussi : sa disqualification des termes de l’alternance prive le système de son dernier degré de liberté, assurément factice mais encore doté de quelque efficacité résiduelle. Quand il aura bien mis en œuvre son programme, poussé tous les feux, par conséquent rendu folle de rage une fraction encore plus grande de la population, où trouvera-t-il son faux alternandum et vrai semblable, l’entité faussement opposée et parfaitement jumelle qui, dans le régime antérieur, avait pour double fonction de soulager momentanément la colère par un simulacre de changement tout en assurant la continuité, quoique sous une étiquette différente ?

Résumons-nous : bataille terminale au lieu du noyau dur – le rapport salarial, via le code du travail –, intégration ouverte de l’Etat et du capital, presse « en plateau », extase de la classe nuisible et radicalisation antagoniste des défecteurs, colère grondante des classes populaires promises à l’équarrissage, fin des possibilités théâtrales de l’alternance, disparition définitive de toute possibilité de régulation interne, de toute force de rappel institutionnalisée, de tout mécanisme de correction de trajectoire : à l’évidence il est en train de se former une situation. À quelque degré, ce gouvernement-du-barrage-contre-le-pire doit en avoir conscience puisqu’il approfondit le mouvement, déjà bien engagé, de proto-fascisation du régime : avec les ordonnances du code du travail, la normalisation de l’état d’urgence en droit ordinaire a été logiquement sa première préoccupation. Ultime moyen de contrôle de la situation, lui semble-t-il, mais qui contribue plutôt à l’enrichissement de la situation. Et confirme que la question de la police va se porter en tête d’agenda, comme il est d’usage dans tous les régimes où l’état d’illégitimité n’est plus remédiable et où ne reste que la force armée, la seule chose opposable à la seule opposition consistante : la rue. Car il est bien clair qu’il n’y a plus que la rue. Si « crise » désigne le moment résolutoire où les trajectoires bifurquent, nous y sommes. Quand tout est verrouillé et que la pression n’en finit pas de monter, il doit se passer quelque chose. Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’événement peut l’accomplir.

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 06:21

 

 

Quand j’étais gamin, la bourgeoisie française envoyait ses jeunes filles ayant fauté se faire avorter en Suisse. A la rigueur aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, mais c’était moins chic. Dans notre imaginaire, la Suisse, dans ce domaine, c’était le pays de l’hygiène classe, des cliniques régénérantes où l’on se faisait changer son sang et où on ingérait des glandes de mouton, merveilleux produit dopant légal. On lisait La Montagne magique avec ses tuberculeux raffinés.

 

Pour la crème de la crème, les choses n’ont guère dû changer. Mais pour le commun, suisse ou pas suisse résidant en Suisse, la situation se dégrade d’année en année. Pour faire simple, disons que l’assurance maladie est obligatoire et obligatoirement privée. Il s’agit donc d’un véritable modèle pour Macron et sa bande de jeunes barbus de trois jours, d’autant que le gouvernement helvète regorge de lobbyistes en provenance de l’assurance privée ou de l’industrie pharmaceutique.

 

La dernière loi sur l’assurance maladie date de 1996 Elle fut adoptée après référendum.

 

La Suisse compte plusieurs dizaines de caisses d’assurance-maladie, toutes privées. Selon la bonne vieille loi de concentration capitalistique, les 10 caisses les plus importantes assurent plus de 80% des Suisses. Une initiative populaire pour une caisse « unique et sociale » a été rejetée en 2007 par 71% des citoyens. Une seconde initiative a été refusée en 2014.

 

Le système actuel, où les cotisations sont indépendantes du revenu, distingue trois catégories d’âge : les enfants de 0 à 18 ans, les jeunes adultes de 19 à 25 ans et les adultes âgés de 26 ans et au-delà.

 

Les pauvres peuvent obtenir des aides cantonales. Chaque assuré peut souscrire une franchise de 300 à 2 500 francs suisses. La concurrence étant forcément « libre et non faussée », les assurés peuvent quitter leur caisse à la fin de chaque année. Les compagnies sont tenues d’accepter tout nouvel assuré, quels que soient son âge et son état de santé. Bien que les prestations soient les mêmes pour tous les assurés, les Suisses payent des primes d’assurance différentes les uns des autres. Les citoyens des grandes villes payent davantage que les campagnards. Certaines caisses offrent des primes généreuses pour les jeunes de 19 à 25 ans. Plus la franchise choisie est élevée plus la prime est réduite. Si l’on anticipe une tranche de vie sans maladie sérieuse, l’intérêt est de payer une franchise élevé pour réduire le coût des primes. Les compagnies sont donc gagnantes-gagnantes.

 

Le montant des primes d’assurance change le 1er janvier de chaque année.

 

Le système de franchise est particulièrement pernicieux. Si un assuré a une franchise de 1000 francs suisses et a eu pour 800 francs de frais médicaux dans l'année, il ne sera pas remboursé, comme les frais ne dépassent pas les 1 000 francs de franchise. Si un assuré a une franchise de 1 000 francs et a eu pour 1 500 francs de frais médicaux dans l'année, il ne sera remboursé que de 450 francs.

 

Les critiques contre ce système ne manquent pas. Le manque de transparence permet aux compagnies d’assurer les « bons risques », les personnes recevant des soins peu coûteux, loin de toute pratique de solidarité. Par ailleurs, les compagnies dépensent leurs bénéfices en frais de gestion et publicité sans penser à en redistribuer aux assurés. Plusieurs associations de consommateurs ont récemment proposé, en vain, la création d’une caisse publique unique qui séparerait les comptes des complémentaires de ceux des prestations de bases obligatoires.

 

Les lobbies sont à l’oeuvre, très efficaces. Le socialiste Pierre-Yves Maillard estime que « les membres d'une commission (parlementaire fédérale) ont une influence quasi totale sur le groupe de parlementaires… On recrute donc des parlementaires des partis bourgeois (de droite) membres des commissions spécialisées pour composer les conseils d'administration des caisses maladies. Il y a un vrai réseau d’influence  économique sur la politique dans le domaine de la santé et malheureusement cette tendance s'accentue. Elle va dans la direction d'un caractère toujours plus commercial des assureurs maladie et vers un poids politique toujours plus fort auprès des parlements fédéraux. ».

 

Pour le privé, il y a donc encore beaucoup d’argent à faire sur le dos des malades.

 

 

Se soigner en Suisse, ça fait mal
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 05:11

 

Ci-dessous de larges extraits d’un article de Franck Marsal : « Pourquoi le PC a perdu les pauvres ».

 

Pauvres ? Ou « prolétaires » ?

 

Définir les gens comme « pauvres », c’est les définir par ce à quoi ils ont accès, non par ce qu’ils font ni ce qu’ils sont. Dans notre société, les « pauvres » ne sont pas une minorité de marginaux. C’est de plus en plus la masse de ceux qui, comme disait Marx, n’ont pour vivre que la force de leur travail, les prolétaires.

Donc, ceux qui subissent la pauvreté ne sont pas réellement des « pauvres ». Ils sont au contraire très riches, riches de ce qu’ils savent faire, de ce qu’il produisent chaque jour, de ce qu’ils donnent à la société, qui sans eux, ne tient pas. Simplement, ils n’ont pas accès aux richesses qu’ils produisent. Non seulement ils n’y ont pas accès, mais, le plus souvent, ils n’ont pas conscience de la valeur indispensable de ce qu’ils produisent, entre autres parce qu’ils n’ont pas de vision d’ensemble du système de production, ni d’accès aux comptes de leur propre entreprise.

Qu’est-ce que la conscience politique « communiste » ?

 

Les travailleurs ne sont donc effectivement pas « spontanément » communistes. En fait, personne n’est « spontanément » communiste, et la classe ouvrière, même celle qui correspond à l’image d’Epinal, n’a jamais été communiste par « réflexe spontané ».

Car, pour être communistes, il ne suffit pas d’être « pauvre » ou plutôt prolétaire. Il faut aussi être conscient de sa place dans la société, et du fait que cette pauvreté est le résultat d’une exploitation, d’une spoliation. Et même si on a confusément cette conscience, il faut en acquérir une conscience politique, c’est-à-dire comprendre d’où cela vient et comment cela.peut être changé. Qui plus est, il faut acquérir la conviction que le renversement complet de l’ordre existant est préférable, ou est la seule voie réaliste pour améliorer son sort de travailleur.

 

Or, ceci n’a aucun sens sur un plan individuel. Si vous êtes seul à être communiste, à faire grève ou à tenter de renverser le capitalisme, cela n’a aucune chance de marcher. Au contraire, vous avez toutes les chances d’avoir les pires ennuis.

C’est pourquoi le développement d’une conscience politique communiste, y compris chez les ouvriers, n’a rien d’automatique ni de spontané.

L’expérience historique montre qu’il existe toujours spontanément une fraction des travailleurs qui adhèrent à l’idéologie dominante, aujourd’hui le libéralisme, et une autre qui cherche à négocier, souvent par l’entremise de l’Etat réputé démocratique, une simple amélioration de ses conditions de vie. Lorsque le capitalisme semble stable et prospère, ces deux tendances sont politiquement dominantes.

L’exemple historique du Parti Communiste Français :

 

Considérons rapidement l’histoire du PCF : Celui-ci est créé en 1920, lors du congrès de la SFIO, sous l’impulsion politique d’une part de la 1ère guerre mondiale, une expérience politique terrible vécue par les masses et d’autre part de la révolution russe, qui remet au devant de la scène les idées communistes, reformulées par Lénine (et d’autres) pour la période en cours.

Pourtant, même si la tendance communiste est majoritaire au congrès de Tours en 1920, face à la tendance social démocrate, pendant environ 15 ans, le PC va rester très minoritaire, non seulement sur un plan électoral, mais également dans le mouvement syndical. Ce n’est qu’au plus fort de la crise mondiale, lors des grèves de 36 puis dans la résistance, que le PCF devient progressivement la force prédominante à gauche, sans pour autant être hégémonique d’ailleurs.

En 1932, le PCF recueille moins de 800 000 voix, 8,3 % et seulement 10 sièges de députés.

13 années plus tard, le PCF recueille plus de 5 millions de voix, jusqu’à 28 % et obtiendra en novembre 1946 182 sièges de députés.

 

Le reflux et ses racines économiques et sociales

 

Après la Seconde Guerre mondiale, sur la base de la reconstruction, de la fin des empires coloniaux et d’une relative unification économique et technique du monde capitaliste sous la direction étasunienne, celui-ci connait une longue période d’expansion, de développement et de modernisation.

Lorsque celle-ci commence à porter ses fruits, logiquement, les idées communistes régressent, les idées conservatrices et social-démocrates reprennent le dessus, soutenues puissamment par les institutions capitalistes, les états, les medias et une partie des « intellectuels »… Cela n’est pas une spécificité française, mais une tendance mondiale.

Le PCF s’affaiblit alors, et, en même temps, subissant la pression idéologique ambiante, évolue vers la droite de manière plus ou moins consciente, avec une apogée avec l’arrivée de Robert Hue comme secrétaire national. Cela se traduit sur les plans idéologiques (abandon de la « dictature de prolétariat », du « centralisme démocratique »), organisationnels (rupture du lien « organique » entre le journal L’Humanité et le PCF, abandon des « écoles de formation »), syndicaux (rupture du lien entre PCF et CGT) et programmatiques (notamment l’abandon de la notion générale de « nationalisation » au profit de « pôles publics ») …

La gauche « radicale »

 

La dynamique change à partir de 2008, première crise générale mondiale du capitalisme comparable à celle de 1929. Il est important de comprendre que, même si la France entre dans un ralentissement économique à partir de 1973, l’économie mondiale continue de progresser à un rythme soutenu jusqu’en 2008, s’appuyant notamment sur les pays émergents.

Et c’est tout aussi logiquement – à mon avis – que, lorsque la crise mondiale frappe à nouveau le capitalisme (en 2008 au niveau mondial, pas avant), les premières réactions politiques soient d’abord l’émergence de forces social-démocrates « radicales », comme Syriza en Grèce, la FI en France, Corbyn en Angleterre ou Sanders aux EU.

En dépit de leur discours « radical », ces forces au-delà de leur diversité idéologique, appellent à un capitalisme « amélioré », plus démocratique, plus redistributif, plus écologique et plus keynesien.

Une phase de dissonance cognitive

 

Il est frappant de constater que, malgré l’échec patent du « nouvel ordre mondial » impulsé par les EU après l’effondrement de l’Union Soviétique, il reste difficile de parler sereinement et objectivement de ce que fut l’expérience soviétique. Pourtant, quel est le bilan de ces 25 ans sans URSS ?

Nous devions avoir la paix universelle. Tous les problèmes géopolitique de la guerre froide allaient être résolus. Non seulement, l’OTAN n’a pas été dissous, mais, depuis la chute de l’URSS, les EU et leur alliance militaire principale n’ont cessé d’augmenter leur budgets militaires et de semer la guerre et le chaos. Il y eu la 1ère guerre d’Irak, l’éclatement forcé de la Yougoslavie et trois guerres (Croatie, Bosnie, Kosovo) s’en suivirent. Puis l’invasion de l’Afghanistan et la seconde guerre d’Irak. Aujourd’hui, la guerre fait rage de Tombouctou a Kaboul (voire au-delà) et de Bangui à l’Ukraine.

Nous devions avoir la prospérité générale. Il faut se souvenir qu’un des principaux arguments utilisé pour discréditer les pays socialistes était la vétusté de leurs automobiles. Si vous choisissiez le socialisme, on vous promettait des « Trabant », vieilles voitures est-allemandes peu confortables, si vous choisissiez le capitalisme, vous pouviez avoir des Mercedes, des BMW ou des Audi. Pourtant, le monde capitaliste a connu, environ quine ans après la chute de l’URSS sa pire crise économique depuis celle de 1929. Presque partout, sauf en Chine, la pauvreté et misère sont en progression constante.

Les marchés libérés et les privatisations allaient nous libérer des Etats. Nous n’aurions quasiment plus d’impôts à payer puisque l’ensemble des services publics privatisés seraient devenus prospères et tellement plus efficaces.

Enfin, on nous promettait une démocratie universelle. En guise de quoi, l’ensemble des systèmes politiques sont revenus au stade des années 30, gangréné par les « affaires », la corruption, la montée des nationalismes, le contrôle de plus en plus visible des grands intérêts financiers sur les médias et la diffusion des idées.

En filigrane de tout cela, on dressait le portrait du communisme. L’Union Soviétique menaçait la paix et voulait « nous envahir » pour imposer son modèle. Les services publics nationalisés étaient inefficaces. Les fonds de pension seraient le système de retraite moderne qui allait remplacer notre vieille sécurité sociale.

Ce discours est en train de craquer. Nous sommes sur le point de réviser tout ce qui nous a été dit depuis 50 ans sur le communisme et le capitalisme. Si la restauration globale du capitalisme depuis la fin de l’URSS avait été le succès annoncé, personne ne prendrait même la peine de poser la question, de discuter du communisme.

Nous sommes dans la phase de la dissonance cognitive. Les informations que nous recevons ne sont plus compatibles avec les croyances que nous avons. Cela suscite une grande perplexité, des interrogations, mais à l’échelle historique, les grands événements n’ont pas encore eu lieu. Nous n’avons pas encore assez d’éléments pour, à une large échelle, reconsidérer ces croyances. Pas encore. Simplement pas encore.

 

 

Pourquoi le PC a perdu les pauvres
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 05:47

Et on ne parle pas des parlementaires ...

Le gouvernement des lobbies
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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 06:35
LE TOP 20 DES FRANÇAIS LES PLUS RICHES EN 2017
  • 1Bernard Arnault (LVMH) : 38,6 milliards d’euros

     

  • 2Liliane Bettencourt (L’Oréal) : 36,7 milliards d’euros

     

  • 3Serge Dassault (Groupe Dassault) : 14, 9 milliards d’euros

     

  • 4 François Pinault (Kering ex-PPR) : 14,6 milliards d’euros

     

  • 5Patrick Drahi (Altice) : 12 milliards d’euros

     

  • 6Gérard Wertheimer (Chanel) : 10,9 milliards d’euros

     

  • 7Alain Wertheimer (Chanel) : 10,9 milliards d’euros

     

  • 8Emmanuel Besnier (Lactalis) : 10,5 milliards d’euros

     

  • 9Xavier Niel (Iliad) : 7,5 milliards d’euros

     

  • 10Carrie Perrodo (Groupe Perenco) : 5,8 milliards d’euros

     

  • 11Vincent Bolloré (Groupe Bolloré) : 4,8 milliards d’euros

     

  • 12Pierre Bellon (Sodexo) : 4,6 milliards d’euros

     

  • 13Michel Leclercq (Décathlon) : 3,9 milliards d’euros

     

  • 14Alain Mérieux (bioMérieux) : 3,7 milliards d’euros

     

  • 15Marie Besnier-Beauvalot (Lactalis) : 3,7 milliards d’euros

     

  • 16Jean-Michel Besnier (Lactalis) : 3,7 milliards d’euros

     

  • 17Martin et Olivier Bouygues (Groupe Bouygues) : 3,4 milliards d’euros

     

  • 18Marc Ladreit de Lacharrière (Revue des deux Mondes) : 2,9 milliards d’euros

     

  • 19Jean-Pierre Cayard (La Martiniquaise Bardinet) : 2,7 milliards d’euros

     

  • 20Louis Le Duff (La Brioche dorée) : 2,4 milliards d’euros
Qui est riche en France : les vrais riches, pardi !
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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 05:45
La France de Macron : pour dans très bientôt
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 06:19

 

 

 

La CSG fut mise en œuvre par Rocard en 1990, au forceps : utilisation du 49.3. La philosophie était de fiscaliser le financement de la sécurité sociale, c’est-à-dire de passer de la cotisation à l’impôt. Donc, en soi, une mesure totalement de droite. Depuis 27 ans, les prélèvements n’ont fait que croître : de 1 à 7%.

 

 

Contrairement aux cotisations sociales qui sont du salaire différé et qui ne portent que sur les revenus d’activité, la CSG frappe les retraites, ainsi que les allocations chômage, les indemnités journalières de maladie, ou encore les revenus du patrimoine et placements.

 

 

Actuellement, la CSG impute surtout les revenus du travail (70%) et les pensions (18%). Il s’agit d’un impôt dit « hybride » dans la mesure où la contribution sur les revenus d’activité est soumise aux règles de recouvrement des cotisations de sécurité sociale tandis que la contribution sur les autres catégories de revenus relève du Code des impôts.

 

 

Le taux de CSG varie selon le type de revenu : 7,5% pour les revenus d’activité salariée ; 7,5% pour les sommes versées au titre de l’intéressement et de la participation ; 7,5% pour les allocations de préretraite ; 6,6% pour les pensions d’invalidité ; 6,2% pour les allocations chômage ; 8,2% pour les revenus du patrimoine.

 

 

La CSG est affectée à la branche famille, au fonds de solidarité vieillesse, à la branche maladie de la sécurité sociale, à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

 

 

Pour, prétendument, augmenter le pouvoir d’achat, Macron a prévu de supprimer les cotisations maladie (0,75% du salaire brut) et chômage (2,4%) acquittées par les salariés, en échange d’une hausse de 1,7 point de contribution sociale généralisée (CSG) pour tous, actifs et retraités dont la pension est supérieure à 1 198 euros par mois (des personnes qui croulent sous l’argent).

 

 

Comme dit le partageux Mélenchon, la fortune des 500 français les plus riches a été multipliée par 7 en vingt ans. En 2016, 56 milliards d’euros ont été distribués aux actionnaires au titre de dividendes (champions d’Europe !). Le PIB a augmenté de 1 000 milliards d’euros depuis 1997.

 

 

Tout cela pour dire que les neuneux de gauche qui ont voté Macron et qui se plaignent qu’il mette en pratique son programme (pardon : son projeeeet), m’amusent. Ils ont voté pour un pur produit du quartier bourgeois d’Henriville à Amiens, un fondé de pouvoir de la grande banque internationale, et de vrais représentants de la droite la plus dure de notre pays (Le Maire, Darmanin et autres doucereux féroces). What did you expect ?

 

 

Contribution sociale généralisée : petits rappels
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