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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 05:45

 

 

Je rencontre récemment dans le Gers une femme âgée de 70 ans. Elle travaille dans son jardin et nous entamons la conversation des deux côtés de la haie. Elle me parle avec d’autant plus d’énergie qu’elle y voit très mal.

 

 

Elle réside habituellement en Picardie où son mari est resté pour garder la maison principale. Ici, dans le sud-ouest, elle profite d’une petite résidence secondaire. Outre le fait que sa vue soit condamnée à moyen terme, elle envisage son avenir personnel et familial de manière très sombre.

 

 

Sa fille, âgée d’environ 35 ans, a épousé un Marocain il y une dizaine d’années. Cela ne lui a pas trop plu. Dans un premier temps, elle évoque ce Marocain en disant « le Noir ». Elle a désormais un petit-fils qu’il lui est difficile de rencontrer. Lui demander si elle vote Le Pen me semble superflu.

 

 

Le Marocain a viré sa cuti intégriste. Il n’a pas contraint sa femme picarde à se voiler : « Je ne pourrais le supporter », me dit-elle. La situation dans le couple s’est tendue. Et puis tout a dégénéré.

 

 

Un beau matin, 40 gendarmes ont investi l’appartement. Des armes et de la drogue ont été saisies, le père a été emmené par les forces de l’ordre. La police de Lille ainsi que des enquêteurs belges sont également intervenus. Cette opération a été effectuée dans la plus grande discrétion. On n’en a pas parlé dans les médias nationaux.

 

 

En quoi cette situation, la vie de cette famille sont-elles représentatives de ce qu’est devenue la société française ? Va-t-on voir de plus en plus de familles ravagées par le venin intégriste ? Pendant combien de temps la société va-t-elle se contenter de parer les coups sans regarder les choses en face, dire les problèmes et faire un travail de fond ?

 

 

La bourgeoisie au pouvoir a cru qu'en donnant le primat à la référence ethnique par rapport à la référence sociale elle gommerait les différences de classe en faisant plaisir aux "quartiers".

 

 

Elle a tout raté.

 

 

Fractures sociales, ethniques et familiales
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 05:50

Pardon : de ceu.elles qui nous gouvernent.

Des nouvelles de ceux qui nous gouvernent

Le barbu de trois jours (il y en a plein autour de Macron), porte-parole du gouvernement, a eu le culot de dire que c'était en fait une mauvaise affaire pour la ministre.

 

Ce gang qui nous gouverne est ignoble !

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 05:53

Je reprends ici un témoignage de Jean-Jacques Birgé publié dans son blog Mediapart :

 

La boîte aux lettres est désespérément vide alors que nous attendons du courrier. Lorsque j'étais enfant il y avait deux distributions par jour à Paris. Dans les villages le facteur apportait les nouvelles.

 

Jusqu'à la privatisation des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones), scindés en France Telecom en 1988 et La Poste en 1991, nous avions toujours le même facteur, qui nous connaissait et avec qui nous avions une relation humaine comme avec l'épicier du coin. Depuis, cela n'a fait que se détériorer.

 

La Poste est devenue une banque, activité plus lucrative que le service public saccagé. À Bagnolet, nous ne recevons du courrier que les mardi, jeudi et vendredi, et pas avant 14 heures ! Il n'y a plus que des remplaçants qui font ce qu'ils peuvent compte tenu des tournées marathons qui leur sont imposées. Lorsqu'ils prennent leur jour de congé ils ne sont pas remplacés. Certains ne se donnent pas la peine de sonner pour déposer un paquet ou une lettre recommandée et font semblant qu'il n'y a personne. Mais à qui se plaindre ? Depuis le 1er mars 2010 la Poste est devenue une société anonyme à capitaux publics pour affronter la concurrence européenne ! Les transporteurs ne valent guère mieux côté conscience professionnelle. Il ne reste qu'Internet, le téléphone, les SMS qui gardent une relative fiabilité. Ou bien j'embarque tout sur mon vélo si l'expéditeur ou le destinataire sont sur mon trajet ! La Poste française jouissait d'une réputation exceptionnelle, un peu comme la SNCF. C'est partout pareil. Sous prétexte de rendement, le patronat licencie, réduit les services, pousse au bâclage, et du côté des salariés on se désinvestit, on déprime. Au bout du compte on disparaît.

 

PS : Récemment, Fillon a déclaré qu'il n'y aurait pas eu internet en France si les employés de France Telecom avaient toujours joui du statut de fonctionnaire. Ces mêmes fonctionnaires qui, dans les années 80 avaient fait passer le téléphone français devant les téléphones anglais et allemand et qui avaient réalisé l'informatisation de tout le système.

Qu'il s'agisse des activités de sa femme et de ses enfants, ou de tout autre chose, le Fion a plus tendance à mentir qu'à dire la vérité.

 

 

Honte à la poste !
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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:12

Ci-dessous un appel du collectif contre les JO à Paris en 1924. Le débat est lancé.

 

La double attribution révèle les failles du dossier

 

Anne Hidalgo nous a promis qu’elle allait nous raconter une « belle histoire », nous craignons que ce feuilleton de l’été entamé sur les bords du lac Léman ne se transforme en tragicomédie.

 

En effet rien n’est joué : pour que cette double attribution soit validée, il faut que Paris et Los Angeles soient candidates pour 2028 ; si une seule des deux villes ne se déclarait pas candidate on reviendrait à une attribution, le 13 septembre prochain à Lima, des Jeux de 2024 seulement !

 

Et c’est là que le scandale de la candidature s’aggrave : dans les deux mois qui viennent des négociations entre Paris, Los Angeles et le CIO vont se tenir en toute opacité.

 

Certes les citoyens français sont habitués à ce manque de transparence qui a été la marque de fabrique de cette candidature :


– que ce soit dans la prise de décision de la candidature, sans référendum et basée sur des études d’impact qui relèvent du conflit d’intérêt,


– dans le chiffrage (un seul exemple, le coût de la sécurité, 1 milliard d’euros à Londres en 2012, n’a pas été mentionné !),


– dans les études bidons sur l’impact environnemental (le label de complaisance de WWF ne parvenant pas à masquer leur manque de sérieux),


– dans les éléments de langage tout prêts comme quoi 95% des équipements seraient déjà construits, sans jamais détailler ceux qui restent à construire (deux exemples : le futur stade nautique de Saint-Denis, 15.000 places sur 7 hectares, inadapté aux besoins criants des populations alors qu’un collégien sur deux ne sait pas nager en Seine-Saint-Denis, l’aréna 2 à construire dans le parc de Bercy, 8.000 places et une artificialisation des sols en zone inondable, alors que l’AccorHotels Aréna peine déjà à faire le plein).

 

Mais l’acceptation sociale a des limites ! Alors que le gouvernement entame une politique de rigueur, la double attribution va conduire à une surenchère en matière de coût de la candidature de 2028, de l’aveu même du comité de candidature. Et ce ne sera que le premier dépassement du coût des JO, alors que la plupart des économistes reconnaissent que le coût initial est toujours explosé et que les Jeux ne sont jamais rentables.

 

Le CIO a révélé dans son rapport sur les deux candidatures que seuls 63% des Parisiens, et non 73% comme le prétendait le comité de candidature, soutenaient les JO, et que cette acceptation était bien plus faible qu’à Los Angeles.

 

Si Rome, Hambourg, Toronto, Boston et Budapest ont renoncé à leurs candidatures, il faudrait s’interroger sur leurs raisons !

 

Le Collectif Non au JO à Paris 2024 a déposé un appel à référendum qui connaît actuellement un succès important. Il entend désormais poursuivre son action avec détermination pour que Paris ne soit pas désigné ni en 2024, ni en 2028. Le mensonge ne doit pas devenir une discipline olympique.

Des JO à Paris en 2024 ?
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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 06:36
Où le chef de la police italienne admet en 2017 ce qu’il ne fallait pas dire avant.
Gênes, Italie, juillet 2001, la torture en marge du G8
Torture en Italie : un témoignage de Maxime Vivas
 

En 2003, j’ai publié aux éditions Le Temps des cerises, un polar : Comme le scorpion, mon frère. Le titre est emprunté à un vers du poète Turc Nazim Hikmet : « La plus drôle des créatures » (la créature qui ne voit pas le monde où elle vit) :

 

« Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante.
[…]
Tu es la plus drôle des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer… »
.

 

« L’action se déroule à Gênes en Italie, en juillet 2001, lors du sommet du G8, réunion des chefs d’Etat des pays les plus puissants de la planète. La rue est envahie par des opposants hétérogènes : des catholiques et des végétariens, des trotskistes et des zapatistes, des chômeurs et des cadres surmenés, des communistes et des anarchistes, des pacifistes et des adeptes de la castagne, des ouvriers et des étudiants, des écolos des villes et des paysans bios, des gays, des maos, des défenseurs des animaux, des acteurs et des chanteurs, des cinéastes, des SDF, des syndicalistes, le tout se désignant volontiers sous l’appellation de ramassis de gens bien.

 

Les services de renseignements italiens ont repéré des Français, Grecs, Allemands, Hollandais, Espagnols, Anglais, Irlandais, Portugais, Argentins, Brésiliens, Russes (cette dernière appellation désignant aussi des Ukrainiens, Biélorusses, Kazakhs). Et l’on entendait les noms de Saint-Pétersbourg, Omsk, Astrakan, Voronej, Penza, Minsk, Kiev).

 

Vingt mille hommes en armes, secondés par des provocateurs disséminés dans la foule, les attendent avec leurs matraques, leurs grenades, leurs fusils à balles de caoutchouc et… à balles réelles.

 

Les événements violents auxquels ont été mêlés les personnages de mon roman sont authentiques ainsi que les déclarations des personnalités politiques citées. J’ai travaillé sur des documents écrits, filmés et des témoignages. En introduction, j’ai remercié les organes d’information traditionnels ou diffusés sur le Net (dont Indymedia et Grain de Sable d’ATTAC), les photographes, les cinéastes (amateurs et professionnels), les témoins (dont deux Toulousains), auprès desquels j’ai puisé les informations irréfutables pour écrire ce roman qui est sans doute le premier (ou un des tous premiers) polar altermondialiste français.

 

J’ai dédié le livre à Carlo Giuliani. (14 mars 1978 – 20 juillet 2001), ce jeune italien, de vingt-trois ans dont je raconte en détail l’assassinat à bout portant par un carabinier de vingt ans.

 

Mais surtout, je révèle dans deux chapitres (dont on lira ci-après des extraits en 2 articles) ce que les médias traditionnels savaient (et taisaient) et ce que les médias alternatifs rapportaient sans avoir la « surface » nécessaire pour atteindre un vaste public.

 

Or voici qu’en 2017 (16 ans après les événements) ce que savaient les «  journalistes libres » des « journaux libres » (bien notés par le DECODEX du Monde), ce que j’ai rapporté, s’étale au grand jour.

 

Seize ans plus tard !

 

C’est avec un mélange de soulagement (enfin, la vérité !) et d’amertume que je vois crédibilisé (par l’aveu d’une autorité) les choses qui m’avaient été dites et celles que j’ai vues.

 

En effet, le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, vient de reconnaître les exactions et je reconnais, à l’entendre, les lieux de torture que je citais : la caserne Bolzaneto (Franco Gabrielli : « A Bolzaneto, il y a eu des actes de torture »), l’école Diaz (« ...la funeste irruption à l’école Diaz... » dit Franco Gabrielli).

 

Je vous propose donc deux chapitres sur des événements terribles qui se sont déroulés en deux endroits cités aujourd’hui par… le chef de la police italienne qui aurait dû lire mon polar plus tôt. Oui, j’ai l’air de me vanter, mais comment me taire sans les dédouaner tous : les politiques, les médias ?

 

Chapitre 11. La nuit chilienne. L’école Diaz.

 

« … Matteo a décidé de passer sa journée avec des groupes pacifistes, évitant avec eux les lieux d’affrontement. Au demeurant, la mort de Carlo Giuliani a donné le signal d’un apaisement. Une imposante manifestation de protestation a pu avoir lieu dans un calme relatif.


Matteo s’intéresse aujourd’hui à ce qui se dit, à ce qui s’écrit et à ce qui se construit par l’échange de réflexions […]. Il passe sa journée à écouter des conférences à assister à des débats ou séminaires, dans la rue, dans des écoles ou sous des chapiteaux. Sur un écran géant, Nelson Mandela exprime son soutien et revendique une « globalisation au service de tous les citoyens du monde ».

 

Matteo papillonne d’un lieu à l’autre, accompagné ça et là par les rythmes entraînants de Manu Chao : « Me gusta la mañana, me gusta tu… que voy hacer ? je ne sais pas… ». Il s’amuse à lire les slogans peints sur les T-shirts et sur les visages. Il est heureux.

 

A vingt-deux heures, il arrive dans la petite rue Batisti où se trouvent le Media Center et l’école Diaz, centre névralgique du GSF (Genoa Social Forum).

 

Depuis une semaine, ces deux bâtiments font office de centre d’information. Ils grouillent de militants qui alimentent les organes de presse alternatifs et toutes les agences qui le souhaitent. Des journalistes viennent s’y approvisionner en nouvelles. Matteo entre dans l’école. Il ne trouve pas Claudia. Il décide alors d’aller faire un tour au Media Center, siège provisoire d’Indymedia. Il erre un moment dans cette foule active qui s’interpelle, brandit des notes et des photos, échange des cassettes vidéos, téléphone au quatre coins du monde.

 

Son micro collé à sa bouche, un journaliste se tient à l’écart, tourné vers le mur, pour enregistrer un texte : « …de véritables combats de rue. Ainsi, les mesures coercitives, la brutalité sans nuance ni discernement des forces de l’ordre s’inscrivent dans une stratégie globale de durcissement face aux mouvements sociaux. Il semble bien en effet que les périodes de gestion négociée, de concessions aux revendication sociales ne sont plus de mise. L’heure est venue de criminaliser toute contestation. Pour cela, il leur faut des troubles. Des troubles et des coupables…. ».

 

Des écrans de télé projettent des images des manifestations et des charges policières. Matteo s’en étonne.

 

— C’est quelle chaîne ? se renseigne-t-il auprès d’un homme qui passe en coup de vent à proximité.
— Quelle chaîne ? Tu rêves ! Magnétoscope ! Ce sont des cassettes de films tournés par des amateurs ou des journalistes indépendants.
— On ne les verra pas ailleurs qu’ici ?
— Si. Plus tard. Nous avons nos réseaux de distribution. De plus, les chaînes de télévision sont friandes d’images chocs. C’est bon pour l’audience. Alors, il arrive que l’intérêt mercantile passe avant toute autre considération. Surtout pour les télés étrangères au pays concerné. Mais nous ne désespérons pas d’accrocher une télé italienne.
— De sorte, avance Matteo, reprenant à son insu la question que Leslie avait posée à Guillaume, que pour empêcher toute diffusion de films ou de photos compromettants, il n’existe qu’une solution : les saisir ?
— Eh ! oui, mais là, trop tard.

 

Matteo s’accroupit dans un coin pour ne pas gêner le ballet désordonné des journalistes et il visionne des cassettes.
C’est ainsi qu’il assiste à la mort de Carlo Giuliani.
Un militant s’approche de lui.
— Tu as vu ce qu’ils font ? Leur routine !
— Oui, dit Matteo. Je le découvre. Mais vous, si vous le saviez, pourquoi organiser ces manifestations ?
— Tu pointes un vrai problème. La rue est le seul endroit où le peuple peut à tout moment exprimer ses divergences, affirmer par exemple qu’un autre monde est possible.
— Et les élections ?
— Je ne les oublie pas. Mais celles qui comptent ont lieu tous les quatre ou cinq ans. Elles se gagnent par des promesses qui ne sont pas tenues.
— Le prochain coup, on vote pour d’autres et puis voilà ! Vous êtes professeur ?
— Avocat. Tu votes pour d’autres, d’accord. Supposons qu’ils tiennent leurs promesses. Supposons. Cela n’empêche pas qu’entre deux élections, des décisions sont appliquées sur des sujets qui n’ont pas été évoqués pendant les campagnes électorales.
— Donc, interroge Matteo, la démocratie devrait se faire dans la rue ?
— Pas uniquement. Mais la rue est un des lieux de la démocratie. Elle doit jouer ce rôle de régulateur, de force de proposition sur des sujets qui n’ont pas été débattus au moment des votes. La rue est interdite au peuple dans toutes les dictatures. Elle est autorisée dans les démocraties.
— Sauf dans les démocraties musclées, à ce que je vois, tempère Matteo.

 

Onze heures.

 

Dehors, la rue semble endormie.

 

Comment deviner que, cachés par un immeuble d’angle, des fourgons crachent deux cent hommes prêts à investir les deux bâtiments ?

 

— J’ai visionné des cassettes, dit Matteo. Pourquoi cette sauvagerie ? Vous ne pourriez pas discuter avec la police pour organiser des manifestations pacifiques ?
— On le fait, affirme un autre militant. Mais les accords préalables sont dérisoires si l’une des deux parties ne les respecte pas. Et là, le gouvernement voulait rouler des mécaniques devant les autres grands.


— Il voulait aussi focaliser l’attention des médias sur le spectaculaire au détriment de l’enjeu du G8, ajoute Claudia.


— Et au détriment de l’ampleur de la mobilisation, complète le militant. Mais avant tout, ils veulent nous faire passer pour des voyous. Et les voyous, on les frappe, on les arrête, on les juge.

 

Autour d’eux, l’agitation a commencé à décroître. Les brosses à dents sont sorties et se couvrent de dentifrice. Les matelas de mousse sont déroulés, les sacs de couchage dépliés et des militants s’y glissent et s’endorment, tandis que ceux qui ont à faire baissent la voix. Dans la pénombre, des corps s’enlacent pour quelque bonheur moyennement discret, pudiquement ignorés par ceux qui sont encore debout et par ceux qui, couchés, ronflent exagérément pour faire croire qu’ils dorment déjà.

 

A quatre pas de là, les argousins, vêtus de combinaisons anti-émeutes s’ébranlent lentement. Ils pénètrent dans la rue Batisti et se mettent à courir.

 

En avant pour la curée !

 

Les montres réglées pour une bonne coordination de l’opération indiquent minuit. Trop tard aux yeux de la Loi qui interdit les interventions à cette heure. Trop tôt pour que la Justice ait eu le temps de délivrer une dérogation. Bah ! qu’importent ces détails quand l’enjeu est de taille. Des subterfuges juridiques seront promptement trouvés en temps opportun. La loi italienne autorise les perquisitions hors procédures dans deux cas : présence possible d’armes ou de drogue. Et il sera dit que, selon certaines informations sûres émanant d’indicateurs dont il est déontologiquement impossible de livrer les identités, la drogue circulait en ces lieux et que des armes étaient entreposées par les rouges.

 

Les portes d’entrée volent en éclats.

 

Ainsi commence le blitz à la chilienne.


Tous les étages sont méthodiquement ravagés. Malheur aux innocents qui se sont allongés sur la moquette en signe de soumission au contrôle. L’absence de résistance décuple la jubilation à frapper. Les matériels informatiques sont détruits, les affaires personnelles répandues, piétinées, les sacs de couchages éventrés. Plus tard, les voisins alertés par le vacarme, les cris terrifiants, les supplications mêlés aux imprécations et aux injures verront sortir plus de trente blessés sur des civières. Mais, pour l’heure, à huis clos, les coups giclent sans plus de retenue. « On va pouvoir cogner dur sur les rouges ». Chose promise, chose due.

 

Du sang partout, par terre, sur les murs, sur les radiateurs, sur les fenêtres.

 

Les policiers recherchent fébrilement les cassettes vidéos et les pellicules. Toutes celles qu’ils trouvent sont ouvertes ou confisquées. Dehors, un hélicoptère tourne au-dessus des toits, balayant les rues de son projecteur. Des radios indépendantes ont alerté les noctambules : « La scuola Diaz, gestita dal Genoa Social Forum viene assaltata dalle forze dell’ordine ». Dans la rue, la foule accourue est tenue à distance et un avocat, un sénateur, un parlementaire européen qui veulent voir ce qui se passe sont refoulés. Une heure durant, les sirènes, le bruit des hélicoptères, les cris, les ordres aboyés ont transporté Gênes à Santiago du Chili.

 

Pourquoi cette expédition ? Bien sûr, il fallait saisir des documents compromettants. Mais, pourquoi cette bestialité alors que les gens dormaient ? Plus tard, des exégèses avanceront que l’objectif était de tétaniser toute opposition présente et à venir, toute velléité de contre-sommet en envoyant un signal politique de type fasciste.


[…]

Un policier relève Matteo en l’agrippant au collet. Il le propulse à l’intérieur d’un car de police. En route pour la caserne Bolzaneto où, après ces innocents zakouskis, la fiesta va vraiment commencer avec, au programme, un festin des marrons et un ballet de matraques.

 

L’opération se soldera par cent blessés et quatre-vingt seize arrestations(1) dont seize journalistes, parmi lesquels un Anglais, toujours dans le coma plusieurs jours après et le correspondant d’un quotidien bolognais dont le bras a été fracturé alors qu’il dormait.

 

Quant au butin, outre des films et des cassettes vidéos, il sera constitué des listes des volontaires, des infirmiers, des médecins et des avocats qui se sont mis gracieusement à la disposition du GSF.

 

De tels faits d’armes méritaient leur récompense immédiate. Aussi, sans plus tergiverser, Berlusconi a-t-il, à chaud, félicité les policiers pour le « travail accompli ».

 

Trop hâtivement pourtant car, si les exactions ont eu lieu sans témoins, ses conséquences ne purent être cachées. Les récits concordants des victimes, corroborés par la variété de stigmates : membres plâtrés, points de suture, visages tuméfiés, émurent l’opinion, scandalisèrent l’opposition qui réclama aussitôt l’ouverture d’une enquête parlementaire. Alertée de toutes parts, la Justice saisit la liste des policiers ayant participé au raid. Contraint et forcé, le ministre de l’intérieur dut promettre de mener une enquête interne et le parquet de Gênes se résolut à lancer six procédures sur les comportements des policiers. Enfin, après quelques atermoiements, Berlusconi proclama dans Repubblica son attachement à la démocratie et au respect des droits de l’Homme : « Si quelqu’un, un simple individu, un dirigeant, voire un détachement des forces de l’ordre a commis des violences, des excès, s’est comporté de manière tout à fait inacceptable, les enquêtes menées par le parquet de Gênes et les inspecteurs du ministre de l’Intérieur établiront les responsabilités ».

 

Engagement d’autant plus nécessaire que de graves inquiétudes se faisaient jour. Vittorio Agnoletto, porte-parole du GSF indiqua que, une semaine après le sommet, il restait encore dix-huit personnes, la plupart de nationalité étrangères dont on avait perdu la trace.


Mais, dans l’intervalle… »

 

Maxime VIVAS

Comme le scorpion, mon frère, polar altermondialiste, 2003 (Epuisé).

Note.
(1) Dans son rapport d’enquête rendu public deux ans plus tard, le parquet de Gênes réduit ce chiffre à 61 blessés. Selon les organisateurs, le bilan pour toute la durée du sommet sera de 606 blessés et 253 arrestations.

 

Source

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 05:41

Relevées par Théophraste R. du Grand Soir :

 

 

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier.

 

Il y a dans cette société [Usine en Bretagne] une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier. Il faut traiter cela en urgence afin de rendre le quotidien de ces personnes meilleur.

 

C’est notre proooojeeet !

 

Le libéralisme est une valeur de gauche. Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. Les salariés français sont trop payés... Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs. C’est notre proooojeeet !

 

Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés. Les Britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. Il n’y a pas de culture française. 35 heures pour un jeune, ce n’est pas assez. Une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une start-up nation. C’est notre proooojeeet !

 

Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Avec une famille qui a sept, huit enfants en Afrique, investissez les milliards rien ne changera …Le défi de l’Afrique est civilisationnel.

 

La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même […] Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace...

 

Je veux être un président jupitérien. C’est notre proooojeeet ! Être élu est un cursus d’un ancien temps.

Quelques perles du godelureau de Bri-Bri d'amour
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 05:44

 

 

La MÉCANIQUE des POUVOIRS en 2017 [par Francis ARZALIER]

Je reprends ici de larges extraits d'un article de Francis Arzalier

 

 

Les élections successives du printemps 2017 ont doté la France d'un Président-monarque aux allures de jeune premier, qui prétend incarner un pouvoir plus moderne. En fait, sa modernité se réduit à être encore moins représentatif des Français que le précédent (seuls 15 pour cent des électeurs potentiels ont voté pour lui !). On sait seulement qu'il ne fera qu'aggraver la politique antérieure, au détriment des revenus et des droits des salariés, et qu'il poursuivra la politique extérieure belliciste au service des impérialismes étasunien et germanique (il nous l'a dit lors de ses premiers voyages au Mali et en Allemagne). Il prévoit de le faire d'autant plus facilement que le système électoral français, majoritaire et monarchique de façon caricaturale, lui aura donné une majorité massive de députés alors que l'opposition est réduite à quelques élus. Des lors, la seule voie est d'animer les luttes populaires, dans la rue et les entreprises.

 


Animer ces combats de classe en se donnant les moyens de réussir, exige de bien analyser les " Pouvoirs " que nous combattons.

 


Dès les années de " Guerre Froide ", des intellectuels progressistes étasuniens définissaient leur État, dont l'impérialisme les inquiétait, comme " le Complexe militaro-industriel ". Un demi-siècle plus tard, dans les pays capitalistes développés comme la France, les mécanismes des pouvoirs pesant sur les citoyens se sont beaucoup alourdis et compliqués. Il s'agirait plutôt d'un " complexe politico-financiaro-médiatico-militaro-industriel ", pour autant qu'on puisse le résumer en une formule.



Le sommet de l'édifice des Pouvoirs, comme la partie émergée d'un iceberg, est formé d'un ensemble de politiciens professionnels, qui tirent leur légitimité de leur participation aux élections épisodiques, dites démocratiques de façon très abusive tant elles sont truquées, municipales, départementales, régionales, nationales, et même européennes. La Constitution française prévoit expressément : " il n'y a pas de mandat obligatoire ". Ce système est présenté comme d'autant plus " représentatif " qu'il réunit des politiciens affiliés à des partis multiples, qui se disputent avec acharnement la répartition des pouvoirs politiques, mais sont d'accord sur l'essentiel, le capitalisme et la " liberté du Marché ", celle en fait qu'ont les capitalistes de déplacer en fonction de leurs intérêts, les capitaux, les marchandises, et la main-d'œuvre. Dans une alternance Gauche-Droite, " social-libérale " ou "Républicaine ", depuis plusieurs décennies, les partenaires politiciens se justifient réciproquement, quitte à faire dans l'opposition quelques annonces démagogiques qu'ils ne réaliseront pas une fois aux commandes. Ce jeu pervers dont le prolétariat (la majorité qui vit de son travail ou voudrait bien pouvoir le faire) est exclu, inclut même l'extrême droite xénophobe, fort utile au système en divisant les travailleurs et en amenant des millions d'électeurs à élire le candidat choisi par le capital (Macron en l’occurrence) par peur de l'extrémisme raciste. 

 


La seule nouveauté en 2017 est que le discrédit des partis a contraint les responsables politiques à un gouvernement qui rassemble la Droite et la Gauche avec Macron et Édouard Philippe : en quelque sorte, un aveu de faiblesse.



Pas de cloison étanche entre ces politiciens et le capitalisme actuel, financiarisé et mondialisé. La majorité des Bourgeois français de 1950 contrôlaient des usines et des capitaux investis dans l'hexagone ou les colonies d'Afrique ou d'Asie. Soixante ans plus tard, décolonisation et mondialisation ont bouleversé ce dispositif : les petit fils des " 200 familles " d'autrefois sont actionnaires ou gestionnaires de sociétés transnationales, tirent profit de salariés surexploités à l'autre bout du monde, et le tissu industriel français a été démantelé par les délocalisations. Cela a entraîné notamment une mutation idéologique de la bourgeoisie française: elle est passée du nationalisme gaulliste des années 1960 aux dogmes mondialiste de l'effacement des Nations et des frontières, qu'incarnent l'Union Européenne et l'OMC.



Ces dirigeants, visibles ou occultes, tirent l'essentiel de leur capacité de conviction, du contrôle des médias au sens large du terme : presse écrite en déclin mais encore influente, contrôlée pour l'essentiel par quelques milliardaires et leurs commis ; télévisions d'État et privées, au sein desquelles les journalistes admis à l'image sont choisis pour leur aptitude à utiliser l'information pour illustrer un message idéologique ; réseaux internet dits " sociaux ", qui se présentent en espaces de libertés d'expression individuelle, mais sont étroitement contrôlés quand elles le jugent nécessaire par les serveurs, sociétés transnationales souvent domiciliées aux EU, et volontiers informatrices de la CIA et autres officines, y compris françaises.

 


La récente élection présidentielle est une illustration parfaite du pouvoir de manipulation du capitalisme : les médias ont fabriqué son candidat Macron jusque-là inconnu, ont éliminé ses concurrents éventuels comme Fillon, et lui ont assuré une élection quasi triomphale, alors que son programme n'était soutenu que par une minorité.



Le pouvoir en France est aussi d'ordre militaire, non qu'à ce jour la loi émane en France des casernes, même si la prorogation indéfinie d'états d'urgence favorise les dérives sécuritaires et militaristes. Mais il le devient de plus en plus en ce sens que l'industrie française a été démantelée en quelques décennies dans ses productions civiles (métallurgie, textile, alimentaire), alors que s'accroissaient celles liées à la fabrication et à la vente d'armes. Il est révélateur de voir le Président nouvellement élu se positionner aussitôt en chef de guerre et en voyageur de commerce pour vendre des bombardiers à l'Arabie Saoudite, à l'Inde, etc...



Enfin, l'inflexion mondialiste et financière du Capitalisme actuel, ne peut faire oublier qu'au sein de ces pouvoirs, les barons français des pôles industriels, et leurs commis, jouent un rôle essentiel: la France demeure en 2017 l'une des grandes puissances du monde grâce à sa production industrielle, sans commune mesure avec son poids démographique au sein de la communauté mondiale.

 


Quelques millions d'hommes et femmes, propriétaires des moyens de produire des richesses grâce au travail de ceux qui en sont dépourvus, et, de ce fait, maîtres de l'économie, gestionnaires et "experts" à leur service, maîtres aussi des médias qui modèlent l'idéologie, des orientations de l'État, et des avatars politiciens. Rien d'essentiel ne changera sans briser leur domination économique et sociale, et cela ne pourra se faire que par la collectivisation des dits moyens de production. D'une seule façon, par la lutte de classe, dans la rue et les entreprises, même si on ne peut aujourd'hui prévoir les échéances...

 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 05:31

Ci-dessous un article de vila, contributeur du Grand Soir.

 

 

Aujourd’hui sur les champs Élysées, on commémorera le centième anniversaire de l’entrée en guerre des Etats-Unis avec comme invité d’honneur son président Trump.

 

C’est l’occasion d’extraire une partie de la substantifique moelle du livre de Jacques Pauwels (14-18, guerre de classes). Dans ce livre, il explique entre autre pourquoi les EU sont entrés dans le premier conflit mondial. Avant cela, il faut bien comprendre que l’essence même du capitalisme est malthusien.

 

C’est-à-dire qu’une guerre, c’est avant tout l’occasion de supprimer le surplus de marchandise que l’anarchie de ce système économique a créé. Et ceci est vrai aussi bien pour le premier conflit mondial que le deuxième et pour celui qui vient. La guerre a aussi cet avantage de faire abattre sur la majorité de la population une terreur nihiliste qui a pour but de détourner les revendications de la classe ouvrière, et de mater toute velléité de changement. La guerre a donc cette vertu de supprimer les foyers d’une révolte qui pourraient abattre les privilèges du capital et aussi de se projeter dans un monde où il faut produire en grande quantité pour contenter les survivants démunis (comme les trente glorieuses). Et quand la production trouve des acquéreurs, cela s’appelle une marchandise et en bout de course, cela veut dire profit qui est on ne le répétera jamais assez la finalité du capitalisme.

 

Le contexte social des Etats-Unis était très tendu lors du début du vingtième siècle, comme lors de la grève du textile à Lawrence (Massachusetts) en 1912 ou lors des multiples grèves des mineurs dans tous le pays. Ces événements se soldent inévitablement par l’armée ou les milices privées qui se vengent avec férocité dans cette guerre de classe. Naturellement une cohorte de morts et d’exactions s’en suivirent. L’exemple le plus frappant fut le massacre de Ludlow (30 morts par arme à feu) dans le Colorado en avril 1914. La grève vit s’affronter pendant 14 mois, 11 000 mineurs à Rockfeller, le patron. Alors dans ces conditions, incontestablement, la guerre mondiale allait rendre service au patronat.

 

Les Etats-Unis entrèrent en guerre il y a donc cent ans. Ce n’était pas écrit d’avance car le président Wilson avait été élu (5 mois auparavant) à ce poste sur un programme de non-intervention contrairement à son adversaire qui lui en était partisan. Pendant les trois premières années de guerre, les EU avait le beau rôle, il avait commercé avec la Grande-Bretagne, la Belgique et la France, et tout cela était bon pour le business. Sauf que ces trois ans ont rendu exsangue les partenaires européens et par conséquence leur solvabilité était entamé. En effet début 1917, la dette des banques britanniques auprès des EU était colossale. Le doute s’installe, et si la GB perdait la guerre ? Ce serait terrible car cela voudrait dire que jamais l’argent prêté ne serait rendu. Incontestablement les banques ont fait pression sur le président pour que Wilson remise son argument de campagne à la poubelle et prenne le chemin de la guerre. L’objectif était que les créditeurs soient impérativement les vainqueurs afin que cette victoire leurs permettent de les rembourser au détriment des vaincus. Cependant la pilule sera dure à avaler pour la population car parmi les nombreux migrants présents sur le sol états-unien, il y avait beaucoup d’Allemands (5 millions) et beaucoup d’irlandais (3 millions) qui sont viscéralement anti-britanique. Mais c’est dans ces cas là que l’on admire toute la fourberie des politiciens à nous faire avaler n’importe quel bobard. Wilson avança donc le prétexte de la démocratie (argument indémodable), mais aussi (et c’est mon préféré) l’affaire du Lusitania. L’histoire est rocambolesque. Le Lusitania est un bateau qui a été coulé en 1915 soit deux ans avant. Le navire était états-unien ???? Non il était britannique. Et bien le rapport, il est où ?? Et bien, sur les 2165 passagers qui étaient à bord, il y avait une centaine de citoyens états-uniens, tout devient donc évident.... Il faut aussi signaler qu’un dernier argument non avouable qui a poussé les Etats-Unis à se lancer dans la guerre. Une fois la fin du conflit, tous les protagonistes allaient se mettre autour de la table et allaient dépecer les empires vaincus. Et le ticket d’entrer pour pouvoir s’asseoir à cette table était bien évidemment la participation à la guerre. Les Etats-Unis n’étaient bien évidemment pas la puissance que l’on connaît mais ils avaient compris que pour devenir prospère et donc vivre dans une société dénuée de risque de révolution, agrandir sa zone d’influence était indispensable. Le livre de Lénine « Impérialisme, stade ultime du capitalisme » était déjà assimilé. Les Etats-Unis avaient des vues sur le Pacifique et la Chine, ils étaient en concurrence directe avec le Japon qui avait déclaré la guerre à l’Allemagne depuis le début. Il était donc urgent d’en faire de même pour avoir droit au festin des vainqueurs.

 

 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 05:41

 

Je reprends ici de larges extraits d’un article de la revue Frustration sur les «Jeunes Leaders » façonnés outre-Atlantique qui nous gouvernent.

 

 

Ces derniers mois, Macron a fait plusieurs voyages emblématiques aux États-Unis. Dès le début de l’année 2016, Emmanuel Macron passe ses troupes et ses soutiens en revue, de l’autre côté de l’Atlantique. Alors ministre de l’Économie, il passe notamment par Las Vegas. Cet événement organisé par Business France, dont l’ancienne présidente est aujourd’hui ministre du Travail, a mené à des perquisitions mardi 20 juin 2017 au siège du groupe publicitaire Havas et de l’agence nationale Business France sur ordre de l’Inspection Générale des Finances, dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « favoritisme, complicité et recel de favoritisme ». Quasiment un an plus tard, Emmanuel Macron, cette fois candidat officiel, visite New York car « la démocratie n’a pas de prix, mais elle a un coût. » Entre deux levées de fonds traditionnelles aux sommes astronomiques, Emmanuel Macron participe à un petit déjeuner anodin mais fondamental pourtant passé quelque peu inaperçu dans la presse française. Un article de Libération daté du 6 décembre 2016 nous indique sans plus d’analyse que Macron y a rencontré « une trentaine d’invités de la French-American Foundation lors d’un petit-déjeuner au Links Club de l’Upper East Side, un club de gentlemen golfeurs traditionnellement issus de l’ancienne élite bancaire de la ville. Emmanuel Macron est un "Young Leader" de la French-American Foundation, promotion 2012. »

 

 

La French-American Foundation a été lancée en mai 1976 aux États-Unis, afin de promouvoir le dialogue et la coopération entre la France et les États-Unis. Son programme phare « Young Leaders » a formé plus de 400 dirigeants français et américains influents. Son objectif est clair, de la bouche d’un des anciens formateurs, il s’agit de « trouver les personnes qui feraient l’opinion et seraient les dirigeants de leurs sociétés respectives » afin de les former et d’influer sur la politique, le monde économique et l’opinion publique.

 

 

Après avoir analysé les parcours professionnels des dernières promotions (2012 à 2016), la répartition des « élus » est limpide. 57 % viennent des grandes multinationales et des entreprises de conseil en stratégie et finance et autres spécialistes de la fusion-acquisition. Ainsi, on pourra citer une liste non-exhaustive de dirigeants des entreprises françaises historiques : Henri de Castries (AXA), Anne Lauvergeon (AREVA), Franck Gervais (Thalys), Alexis Morel (Thalès), Hélène Huby (Airbus), etc. Mais aussi les deux plus récents présidents de la République (François Hollande et Emmanuel Macron), suivis de dizaines de ministres et de députés.

 

 

 Et que dire du poids des banques et des agences de notation dans le profil des recrues ? Emmanuel Macron bien sûr, mais aussi Clothilde L’Angevin (promo 2015) directrice de la stratégie du Crédit Agricole depuis 2015, Fatima Hadj (promo 2014), directrice associée à Standard & Poor’s, Renaud Guidée (promo 2013), directeur exécutif de Goldman Sachs, sans oublier Matthieu Pigasse (promo 2005), Banque Lazard & actionnaire du Monde

 

 

Deuxième catégorie dominante : les hommes politiques et hauts fonctionnaires qui représentent 15 % des heureux élus. Côté politiciens, on savait déjà que Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici, Alain Juppé, Matthias Fekl, etc. étaient passés par la French-American Foundation. Mais quoi de plus surprenant que de retrouver Édouard Philippe (promo 2011) en Premier ministre du renouveau et même Cédric Villani, le célèbre mathématicien à l’Assemblée nationale !

 

 

     

    La France dirigée par deux “ Américains ”

    Le petit monde clos des grands médias

     

     

    Troisième et non moins important pilier de ce réseau d’influence : les médias. Et il suffit de consulter les sites officiels de la French-American Foundation pour en comprendre l’ampleur. L’ancien président de la French-American Foundation (2010-2015) et actuel président d’honneur de cette organisation est Jean-Luc Allavena. Le recruteur d’Emmanuel Macron est également l’un des sept dirigeants d’Altice en tant qu’administrateur indépendant du groupe. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Altice est une multinationale présente dans les télécoms, les médias, le divertissement et la publicité. L’entreprise, qui a racheté de nombreux opérateurs de télécommunications et entreprises de communications, est présente dans 10 pays dont la Belgique, la France, les États-Unis, Israël, le Luxembourg et la Suisse. Son fondateur n’est autre que Patrick Drahi. En juin 2016, Patrick Drahi cède la présidence française d’Altice à Michel Combes (promo Young Leader 1998), ancien président d’Alcatel-Lucent, parti avec un parachute doré de près de 8 millions d’euros. Le groupe Altice a racheté ces dernières années Numéricable, Virgin Mobile et SFR. Le groupe SFR est quant à lui propriétaire des médias Libération et L’Express, BFM TV et RMC. La French-American Foundation vient ici mettre en lumière les liens unissant Emmanuel Macron et les dirigeants du groupe Altice et à travers lui d’un certain nombre de médias français. Cet ensemble versaillais ne serait pas complet si l’on ne citait pas quelques autres journalistes de la grande presse triés sur le volet par la Fondation : Nicolas Escoulan (Europe 1), Matthieu Croissandeau (L’Obs), Élise Vincent et Nabil Wakim (Le Monde), Laurent Joffrin, (Libération), Jérôme Chapuis (RTL)…  De manière plus discrète, d’autres lui apportent également leur soutien. Yannick Bolloré, PDG d’Havas (premier groupe publicitaire de France), fan de Macron, et fils de Vincent Bolloré (PDG du groupe Bolloré), était présent au premier meeting du candidat d’En Marche ! en juillet 2016 à Paris et était également présent au dîner de Gala 2016 du puissant réseau d’influence américain. 

     

     

    Jeunes talents pour incubateur d’oligarques

     

    Loin d’un discours conspirationniste à l’égard de ce que certains pourraient qualifier de secte sans trop gratter, il est pour autant indispensable de s’intéresser à cet incubateur de la caste française pour comprendre la symbiose parfaite entre les trois sphères politique, économique et médiatique françaises. Plus encore, à y regarder de plus près, on obtient quelques éléments de compréhension sur la brillante ascension de la fusée Macron. Littéralement encensé par les médias français, les journaux Libération, L’Obs, Le Monde et L’Express (tiens donc…) ont publié plus de 8 000 articles évoquant Emmanuel Macron entre janvier 2015 et janvier 2017. Emmanuel Macron continue de bénéficier d’un soutien indéfectible de ces mêmes journaux qui iront jusqu’à le qualifier de « leader du monde libre » en le comparant à De Gaulle dans une hystérie collective pas vraiment déontologique au début du mois de juin 2017.

     

    Sources :

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    4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 05:15

     

    Il était pourtant chouette, ce poste de ministre des Armées ! Marcher, en tant que femme, dans les pas de Michèle Alliot-Marie, c’était tout de même quelque chose, non ?

     

     

    Officiellement, elle aurait quitté le gouvernement le 20 juin 2017 pour une subalterne histoire d’assistants parlementaires du MoDEM au Parlement européen. Les députés européens furent en effet soupçonnés d’avoir employé des assistants – payés par le contribuable – en les faisant travailler pour le parti. François Bayrou et Marielle de Sarnez furent emportés dans cette tourmente.

     

     

    Cela est bien possible, mais un certain nombre de journalistes enquêteurs (il en reste) se sont intéressés au passé de Sylvie Goulard et à sa contiguïté avec des puissances d’argent. Comme disait Jean Gabin dans le film Le Président (1961), qui, par parenthèse, envisageait de manière visionnaire ce qu’allait devenir l’Union européenne, « ce n’est plus un gouvernement, c’est un gigantesque conseil d’administration ». L’exécutif ne compte pour l’instant que deux employés de Rothschild, mais il compte également des personnes qui doivent leur influence et leur bien-être à tel ou tel milliardaire. C’est, semble-t-il, le cas de Sylvie Goulard qui peut remercier le philanthrope Nicolas Berggruen. Philanthrope sans guillemets puisqu’il s’est engagé dans la campagne Giving Pledge (promesse de dons) lancée par Warren Buffet et Bill Gates afin d’encourager les très riches à donner une grande partie de leur immense fortune (ne me parlez surtout pas de réductions d’impôt subséquente !). De nationalités étasunienne et allemande, Berggruen parle parfaitement le français après des études à l’École alsacienne et à l’Institut Le Rosey en Suisse (voir ici la liste de ses prestigieux anciens élèves).

     

     

    Un article du Journal du Dimanche du 25 juin reprenait une information vieille de trois ans selon laquelle l’éphémère ministre avait touché 10 000 euros par mois d’octobre 2013 à janvier 2016 du groupe de réflexion de Berggruen (260 000 euros en tout). De fait, cette information était parue en octobre 2014 sur le site Euractiv.fr. On pouvait y lire que les députés européens français se distinguaient des autres députés par leurs revenus parallèles particulièrement élevés (les élus du Front National étant champions d’Europe avec une moyenne de 1361 euros mensuels). S’appuyant sur une enquête de l’ONG Transparency, il mentionnait Renaud Muselier (12 000 à 35 000 euros par mois), Rachida Dati (10 000 euros), Michèle Alliot-Marie (15 000 euros) et Sylvie Goulard, stipendiée par le philanthrope Berggruen. Cette information ne figure plus sur son site officiel “ européen ”, où l’on trouve la précision suivante : « NB: merci de tenir compte de cette biographie, à jour, plutôt que des différentes versions linguistiques disponibles sur Wikipedia. »

     

     

    Quel était le rôle de Goulard dans le groupe de réflexion du philanthrope ? Elle était conseillère « spéciale » (un conseiller pas spécial, c’est pas de la balle) du Council for the Future of Europe, qu’elle décrit comme une « association à but non lucratif visant à promouvoir une meilleure gouvernance mondiale et européenne », ajoutant que cette instance « était présidé par Mario Monti » et qu’il « comporte des personnalités de sensibilités politiques diverses telles que, notamment, Jacques Delors, Guy Verhofstadt, Pascal Lamy, Romano Prodi ou Jean Pisani-Ferry. » La « diversité des sensibilités » ne sautait pas aux yeux, mais on ne chipotera pas. On félicitera tout de même les inoxydables Delors (92 ans) et Giscard d’Estaing (91). Quant à l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, proche de Daniel Cohn-Bendit et ayant soutenu Emmanuel Macron lors de la dernière campagne pour l’élection présidentielle, on l’a vu, depuis cinq ans, administrer la holding Sofina, le fonds de pension néerlandais APG et l’armateur Exmar pour des revenus parallèles atteignant 233 000 euros.

     

    Ne l’oublions jamais : la galaxie qui nous gouverne, c’est ça !

     

     

    Pourquoi Sylvie Goulard a-t-elle démissionné du gouvernement ?

     

    Revenons au philanthrope. Le magazine Forbes évalue sa fortune à 1,80 milliards de dollars. On est en présence d'un homme de culture. Nicolas préside le conseil d’administration du musée Berggruen de Berlin (où l’on peut voir des dizaines de Picasso, de Klee et de Matisse achetés par son père), du Musée d’art du comté de Los Angeles, du Conseil international de la Gallerie Tate à Londres et du Musée d’art moderne de New York. Il est également membre de la Fondation Beyeler (musée suisse d’art contemporain), de la Galerie Serpentine de Londres et du Comité international consultatif de Sotheby. Il est l’actionnaire du groupe de médias espagols Prisa (El Pais) qui possède 15% du groupe Le Monde qu’il échoua à racheter en 2010. Cette tentative fut sanglante. Avec ses 110 millions d’euros (les salariés du journal étaient désormais minoritaires), le trio Berger-Niel-Pigasse l’emporta car un banquier de chez Rothschild (si, dites-le : Macron !) aida secrètement Minc dans cet assaut tout en prétendant travailler gratuitement pour la société des rédacteurs du Monde). Le mari de Bri-Bri d’amour (en ancien Amiénois, je me permets cette privauté) s’était même caché au dernier étage d’un immeuble (en bloquant l’ascenseur) pour éviter que son double jeu ne fût découvert. En vain malheureusement. Gilles Van Kote, le futur directeur du Monde déclara : « On a été trahis par tellement de gens que si même Emmanuel nous trahit, c’est à désespérer de l’humanité. »

     

     

    Alain Minc (qui trouvait que son père centenaire avait coûté trop cher à la Sécu) ne tarit pas d’éloges au sujet de Berggruen : « Un businessman arpentant le domaine des concepts ne fait-il pas œuvre plus utile qu’un intellectuel se lançant dans les affaires ? » Il faut dire qu’Alain Minc est membre de l’Institut Berggruen, où il retrouve le président de Google, Pascal Lamy, Gerhard Schröder, Phelipe Gonzales, Francis Fukuyama, un ancien président du Brésil. Jacques Attali (qui nous a un tout petit peu mitonné Macron) dit de lui que « C’est un garçon étrange, extrêmement gentil, extrêmement cultivé et extrêmement curieux, dans tous les sens du terme. C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général ».

     

     

    Mais l’important aux yeux de Madame Goulard est sûrement que cet archange de la mondialisation heureuse se dit fort peu attaché aux biens de ce monde, qu’il sillonne néanmoins dans son jet privé Gulfstream IV (environ 20 millions d’euros tout de même).

     

     

    Et puis, une fois que tout est dit, on retiendra que le petit-fils de Manette est un homme droit, lui aussi forcément indépendant des puissances d'argent...

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