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19 juillet 2022 2 19 /07 /juillet /2022 05:01

Quand Frédéric Lordon prédisait le retournement du barrage républicain pour Marine Le Pen contre Mélenchon (Repris du site L'Insoumission).

Avril 2021, plateau de La Bas si J’y Suis. Le philosophe Frédéric Lordon est l’invité de Daniel Mermet pour présenter son nouvel ouvrage sur le communisme co-écrit avec Bernard Friot. Un passage de l’émission mérite d’être ressorti aujourd’hui. Il est d’une clarté éclairante. Le philosophe commence par décrire la haine des médias à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon :

« Mélenchon est celui qui l’objet du traitement de défaveur le plus appuyé de la totalité des médias mainstream. Il est l’objet d’un déferlement de détestation proprement viscéral. On lui choisit toujours la photo la plus désobligeante, on lui déforme ses propos. Au moindre écart de conduite ou de langage, il en a pour 3 jours. Je me dis que c’est un bon signe : quelqu’un qui s’attire, à ce point, une haine universelle de l’ensemble des institutions formelles et informelles de la démocratie bourgeoise ». Premier point.

 

Le deuxième point de Frédéric Lordon, sur le barrage républicain, est savoureux : « Je l’ai écrit il y a des années : cette connerie du front républicain pourrait se donner une nouvelle occurrence en se reformant contre Mélenchon. Je suis prêt à parier que Mélenchon contre Le Pen, d’une part, version faible, le front républicain n’est pas du tout garanti en faveur de Mélenchon, d’autre part, version forte, il se pourrait qu’une front républicain se reconstitue mais contre Mélenchon ». La situation politique de juin / juillet 2022.

Plutôt Hitler que le Front Populaire dans les années 30, plutôt Le Pen que Mélenchon aujourd’hui : le capital préfèrera toujours l’extrême-droite à la gauche, pour assurer le maintien de son profit. 

Léon Trotski disait que le fascisme n’est rien d’autre que la réaction du capitalisme. Le grand capital aujourd’hui à la tête de 90% des médias, choisira toujours le camp qui sauvegarde ses intérêts, sa liberté d’accumulation infinie de profit. Et entre l’extrême-droite de Marine Le Pen, pour le remboursement de la dette et contre la hausse des salaires, et la gauche de rupture de Jean-Luc Mélenchon, le capital sait où va son intérêt.

Il n’y aurait donc rien de surprenant que le capital, et que les médias du pays, possédés par 9 milliardaires, choisissent comme favori Marine Le Pen pour 2027. Entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, la question est vite répondue pour le capital. 

Résumé de Frédéric Lordon : « Les grands médias sont possédés par des milliardaires. Or, le capital fait très bien la différence du point de vu de ses intérêts entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le capital sait parfaitement qu’avec Marine Le Pen : rien ne change. Pas le moindre problème pour le capital. Avec Mélenchon ? C’est pas le grand soir, mais dans la tête d’un capitaliste c’est déjà le grand soir ». 

Le retournement du barrage républicain contre la gauche, au profit de l’extrême-droite, peut paraître totalement fou, et il l’est, l’extrême-droite a déjà fracassé le plafond de verre de l’Assemblée nationale avec 89 députés. Le mouvement fasciste s’avance plus fort que jamais pour 2027, mais ce retournement s’explique facilement : par les intérêts du capitalisme.

Une prédiction de Frédéric Lordon malheureusement avérée
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17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 04:40

Pendant trente ans, 1 000 jeunes filles et fillettes, dès l’âge de 11 ans, en majorité blanches, ont été droguées, battues, violées, prostituées, tuées par des gangs d’hommes britanniques, musulmans, d’origine pakistanaise et bangladaise.

 

Une étude, menée fin 2017 par des chercheurs du groupe de réflexion anti-extrémisme Quilliam, a analysé les abus collectifs et conclut : « …84 %, étaient des hommes originaires du sous-continent indien. Seulement 22 étaient noirs et 18 étaient blancs […] Les résultats sont en contraste frappant avec le fait que les Asiatiques représentent seulement 7 % de la population du Royaume-Uni […] De toutes les victimes, seulement trois n'étaient pas des adolescentes blanches. »

 

Cette horreur aurait été empêchée si les premières victimes avaient appartenu aux classes moyenne et supérieure et si les violeurs avaient été des Britanniques d’origine. De nombreux policiers et juges ont reconnu avoir laissé prospérer le crime dans cette ville de 170 000 habitants pour ne pas être taxés de « racisme ». Le wokisme avant l’heure fut poussé très loin dans le comté du Shropshire.

 

Au moins 200 hommes ont été impliqués sur une durée de 40 ans. Les premières révélations datent de 2013 après une enquête de la chaîne de télévision Channel 4 qui révéla que « Des rapports indiquent des viols collectifs par des files d'attente d'hommes tandis que les filles étaient retenues en otage pendant des heures, voire des jours, tout en étant forcées d'écouter les cris des filles dans les autres chambres avec d'autres hommes. »

 

Telford ne fut pas un cas isolé. Si l’on compte les crimes sexuels commis à Rotherham et à Rochdale, on arrive à un total de 4 000 victimes.

 

Les travailleurs sociaux furent alertés au début des années 1990 (plus de 700 signalements reçus). Mais à tous les niveaux de l’administration, ces affaires furent étouffées pendant des années. Ainsi la police refusa d’enquêter cinq fois de suite sur une affaire jusqu’à l’intervention d’un député. Entre 2007 et 2009, la police indentifia 200 criminels mais n’en arrêta que 7. Selon le schéma classique de l’inversion de la faute, une femme qui enquêtait sur des viols dut suivre des « cours de sensibilisation à la diversité ». La police prétendit que les relations sexuelles étaient généralement « consenties ».

 

Sept criminels furent néanmoins condamnés, le plus âgé ayant 60 ans. Le cas le plus spectaculaire fut assurément celui d’Ahdel Ali, considéré comme le meneur de la bande. Il fut condamné pour sept chefs d’accusation en 2012 à 26 ans de prison, 18 de détention avec une période supplémentaire de huit ans sous probation. Il vient d’être libéré avec 16 ans d'avance. Précédemment, son frère avait lui aussi été libéré par anticipation, ayant passé moins de cinq ans en prison alors qu’il avait été condamné à 14 ans, sans que la famille de la victime fût consultée par le ministère de la Justice. Suite à une pétition signée par 200 000 personnes, il fut ramené en prison. Grandeur et décadence de la justice britannique !

 

En septembre 2018, une victime de Telford confia au Sun que les hommes qui l’avaient violée se promenaient en liberté. Au plus fort des révélations, aucun grand média comme le Guardian ou le Times ne consacra la moindre une à ses crimes alors qu’ils n’avaient pas assez d’encre pour donner la parole au mouvement #MeToo qui ne vint jamais en aide aux fillettes de Telford. Selon la journaliste Johanna Williams, « les femmes de Telford appartiennent à la mauvaise catégorie de victimes. #MeToo préfère les victimes de la haute société » et « préfère que les accusés soient des hommes blancs et puissants. » Elle dénonce notamment l'attitude des « tribuns et militantes [qui] s’inquiètent davantage du risque de racisme ou d’islamophobie que des violences sexuelles et qui s’inquiètent davantage du risque de racisme ou d’islamophobie que des violences sexuelles à l’encontre de gamines.

 

Il fallut attendre mars 2018 pour que, en France, L’Obs traite du problème en observant, hors sujet, que l'« affaire réactivait clichés et fantasmes xénophobes, outre-Manche et en France. »

 

Cela dit, en mars 2018, The Independent souligna l'aspect religieux voire terroriste des abus menés par les gangs. Les membres des gangs croient fermement que les crimes qu'ils commettent sont justifiés par leurs croyances religieuses. Selon une rescapée des viols collectifs de Rotherham, son violeur citait le Coran lorsqu’il la battait.

 

Mais le ministère de la Justice est confiant : les criminels relâchés seront ramenés en prison s’ils ne respectent pas strictement les conditions de leur probation…

 

PS : pour plus de détails, la page Wikipedia

 

PPS : un des membres éminents du gang libéré après n'avoir purgé que la moitié de sa peine : https://www.dailymail.co.uk/news/article-11028045/EXCLUSIVE-Fury-Rotherham-grooming-gang-member-enjoys-sun-just-miles-scene-crimes.html

Telford : l'horreur ordinaire de viols ordinaires
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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 04:34

 

La start-up nation au-dessus des lois de la République, par Jacques Littauer

 

Alors ministre de l'Économie de François Hollande, Emmanuel Macron a activement soutenu l'entreprise étasunienne de véhicules avec chauffeurs, qui menait une vaste opération de lobbying afin de contourner des lois qui lui étaient défavorables.

C’est l’histoire d’une grande entreprise qui veut se créer son marché en changeant les règles du jeu, prête à presque tout pour parvenir à ses fins et dont le désir va rencontrer celui d’un jeune ministre de l’Économie. L’entreprise californienne Uber était face à un problème : elle voulait « révolutionner la mobilité » à l’échelle mondiale… en ne proposant rien de nouveau.

Uber, ce n’est pas Microsoft, Tesla ou Netflix, entreprises qui ont conquis la planète grâce à leurs innovations (par ailleurs fort discutables). Uber, ce sont des taxis comme les autres. Comment dégager des profits ? Comment se faire sa place sur ce marché très réglementé, les taxis relevant en France du ministère de l’Intérieur, car considérés comme d’ordre public ?

 

Une stratégie simple, et efficace

 

La solution a fonctionné en deux temps. Un : faire exploser les règles existantes, pardon « ouvrir le marché à la concurrence », comme l’on dit à Bruxelles. Deux : faire croire que les chauffeurs Uber seraient des « indépendants ». Une ficelle juridique de la taille d’une corde, les faux indépendants devant respecter les codes de l’entreprise au bouton de chemise près, étant entièrement dépendants de son application, et sanctionnés au moindre écart.

Je n’ai jamais compris que cette farce tienne plus d’une seconde face à la justice, l’inspection du travail en particulier. Mais l’impressionnant travail fourni par les centaines de journalistes réunis au sein du groupement « Uber files » apporte la réponse. Si Uber a pu gruger la loi, c’est qu’il a obtenu le soutien actif de l’État. Soit la définition exacte du néo-libéralisme.

 

Petit précis de lobbying

 

Les dizaines de milliers de documents transmis par une source interne à l’entreprise, restée anonyme, aux journalistes du Guardian détaillent la stratégie de lobbying de la firme californienne pour s’implanter. Comme le dit Travis Kalanick, l’un des fondateurs de l’entreprise : « Nous sommes au milieu d’une campagne politique, et le candidat, c’est Uber. »

Car les taxis sont furieux. Le député socialiste de Saône-et-Loire Thomas Thévenoud sera alors à l’origine d’une loi adoptée en octobre 2014 qui définit le statut des « véhicules de tourisme avec chauffeurs », les VTC. La principale disposition leur interdit de prendre des clients en « maraude » c’est-à-dire hélés dans la rue, sans réservation préalable. Cette possibilité étant réservée aux seuls taxis, elle portait tort à Uber, principale visée.

Pour combattre une loi, il faut une autre loi. Et, pour cela, il faut des parlementaires. Ce sera le rôle du centriste Vincent Capo-Canellas, sénateur de Seine-Saint-Denis, qui rencontre le directeur général d’Uber France, Thibaud Simphal, puis travaille avec, enfin plutôt « pour », les lobbyistes de la start-up qui… lui rédigeront les amendements qu’il parviendra à faire adopter par la haute Assemblée.

Bercy contre Beauvau

 

Le ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve n’appréciant pas la stratégie du « fait accompli » d’Uber, qui offre son service dans plusieurs villes alors qu’elle ne dispose pas des autorisations nécessaires, l’entreprise se tourne vers Bercy pour nous chanter la sérénade des « créations d’emplois ». Par chance pour elle, le siège de ministre est occupé par Emmanuel Macron.

En janvier 2015, Macron reçoit Travis. Ils échafaudent un plan de bataille commun. Un : trouver « un député favorable », idéalement de la majorité. Deux : « lancer une grande campagne de communication par Macron et Uber en parallèle ». Ce qui fut fait, et bien fait, grâce au député socialiste de Maine-et-Loire Luc Belot qui, tout comme Vincent Capo-Canellas, déposera des amendements rédigés par l’entreprise. Interrogé par les journalistes, Luc Belot « assume totalement » ses amendements de l’époque.

L’année suivant, le député socialiste de Côte-d’Or Laurent Grandguillaume essaie de faire passer une nouvelle loi pour combler les failles de la loi Thévenoud. Il échouera. L’ex-député évoque aujourd’hui « des tracts, des pages de publicité, des tribunes, des tags sur les trottoirs » contre sa loi. « Vous aviez d’un côté les taxis G7, et de l’autre une multinationale. C’est chez Uber qu’était la puissance de feu à l’époque. » G7 contre Uber, comme la loi est joliment écrite dans notre pays !

Uber au-dessus de tout ?

 

Si Uber s’appelle ainsi, c’est parce que, littéralement, Uber, c’est ce qui est au-dessus de tout. Comme l’explique Alain Vidalies, ancien secrétaire d’État aux Transports, « ils avaient un sentiment de toute-puissance, ils pensaient qu’ils étaient en train de révolutionner le monde du transport et de la mobilité ». Or, et c’est presque mignon, ce désir de toute-puissance était aussi celui d’Emmanuel Macron : ils étaient faits pour se rencontrer.

Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron se soit activement mis au service d’une entreprise privée qui ne faisait alors pas mystère du tout de sa volonté de s’asseoir sur les lois de la République à son profit. Surtout que cette entreprise pratique allègrement l’évasion fiscale, a été condamnée dans plusieurs pays pour ses violations du droit du travail, et est connue pour sa culture masculiniste, elle aussi à l’origine de condamnations.

Uber est la quintessence de cette Silicon Valley à propos de laquelle les dénonciations de souffrance au travail, de harcèlement et de sexisme se multiplient. Qu’Emmanuel Macron soit fan d’une entreprise aussi toxique, dont le projet économique est par ailleurs minable – mettre fin au monopole des taxis, waouh comme c’est moderne –, au point de mettre son pouvoir de ministre entièrement à son service, en dit long sur sa triste personne. 

 

Source Charlie Hebdo

 

Á lire également cet article du Monde.

Le banquier éborgneur et emmerdeur au service d'Uber
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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 04:12

Et ne pas oublier que, de tous les fonctionnaires, ce sont les enseignants qui ont le plus perdu depuis 40 ans.

 

Où sont les “ bataillons de l'Éducation Nationale ” de mes vertes années ?

Les fonctionnaires toujours grugés. Hier, aujourd'hui et demain
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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 05:01

La République française s’est imposée contre la mainmise de l’église catholique. Dans l’esprit de beaucoup, peu importe de la voir reculer face à l’islam militant.

 

Pour clore des débats qui avaient commencé le 18 septembre 1989 quand le principal du collège de Creil (militant RPR, par parenthèse) avait exclu de son établissement trois élèves portant un foulard islamique en expliquant aux parents que cet attribut était une marque religieuse incompatible avec le bon fonctionnement scolaire, le gouvernement de Lionel Jospin faisait voter en mars 2004 une loi interdisant les signes religieux ostensibles dans le premier et le second degré. Obéissant à des convictions qui variaient en fonction de son trouillomètre, Jospin ne demanda pas au parlement l’interdiction dans l’enseignement supérieur. La loi interdisait le voile islamique, et aussi la kippa et le port de grandes croix. Elle permettait en revanche le port de symboles discrets : petites croix, médailles religieuses, étoiles de David, mains de Fatma.

 

Partant du principe que l’activisme, le volontarisme, se rient des ventres mous, la loi de 2004 subit des assauts réguliers au point que les valeurs de la République laïque sont non seulement chamboulées mais de plus en plus suspectes et combattues. Pour beaucoup, la norme ce n’est plus l’absence de religion dans l’École de la République mais, au contraire, l’exigence de pratiques religieuses posées comme normales, indispensables.

 

Un exemple parmi d’autres, le renvoi brutal d’un enseignant d’un centre de formation d’apprentis, un établissement privé, qui s’était étonné de l’acceptation par la direction de jeunes filles voilées dans les classes. Cet enseignant, qui voulait simplement que la loi fût respectée et en discuter calmement avec sa direction, a été traité de « raciste » avant d’être contraint de quitter l’établissement.

 

La politique de la direction était, apparemment, d’accepter des jeunes filles voilées à condition qu’elles soient peu nombreuses et de considérer le questionnement du jeune enseignant comme du « prosélytisme ».

 

L’affaire débute en octobre 2021 au CFA Enfances et Compétences appartenant au réseau de crèches La Maison Kangourou. Cet établissement – qui, on en rirait presque, pratique l’écriture inclusive – forme des jeunes femmes à l’apprentissage des métiers de la petite enfance avec un CAP à la clé. L’enseignant dont il est question y est présent depuis 2018 par le biais d’un « CDD d’usage » renouvelée chaque année. Le 15 octobre 2021, jour de la rentrée pour le CFA, il donne son premier cours d’histoire-géographie. Cette spécialité comprend, comme dans le public, l’éducation civique et l’enseignement de la laïcité. Il a face à lui une élève couverte d’un tchador. Cela ne lui était jamais arrivé. Á noter que ce 15 octobre 2021 – les coïncidences sont souvent cruelles – était le jour d’hommage à Samuel Paty, le professeur égorgé après un cours d’enseignement civique par un musulman radicalisé.

 

D’anciennes collègues du professeur renvoyé le décrivent comme « investi et dénué de racisme ». L’une d’elles témoigne de pressions de plus en plus grossières concernant le port du voile.

 

Affaire à suivre.

 

 

 

Accepter le voile islamique à l’école : lâcheté ou reculade visionnaire ?
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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 05:01

Roulez à l'électrique, triez vos déchets, mettez un pull et chauffez à 19°, rationalisez vos kilomètres, marchez pour le climat.

Pourquoi devons-nous faire des économies pour la collectivité alors que :

- Les Jeux olympiques d'hiver se sont déroulés à Pékin sur de la neige artificielle.

- En France, des stations de ski éclairent des pistes jusqu’à minuit pour que « les lève-tard » puissent skier en nocturne.

- La Lufthansa effectue 8 000 vols “ à vide ” pour garder ses créneaux aéroportuaires.

- La plupart des grands matchs de foot se déroulent en soirée sous les spots de méga projecteurs qui consomment à tout va !

- Les 8 nouveaux et gigantesques stades de foot appelés à recevoir la Coupe du monde au Qatar sont climatisés ( dans un désert !).

- Des centaines de camions circulent pour nous amener des fruits et légumes d’Espagne alors que des produits régionaux vont à la poubelle ou sont écrasés par des bulldozers.

- Le plus grand paquebot du monde : Wonder of the Seas va promener 7 000 passagers, 2 300 membres d'équipage et tourner en rond sur les mers.

- Environ 3 500 porte conteneurs circulent dans le monde et consomment chacun 280 000 litres de fuel pour 1000 km.

- Les milliardaires s'offrent des voyages dans l'espace à des conditions "astronomiques".

- Et pendant ce temps , “ par souci d'écologie ” on va interdire de rouler avec une voiture au diésel ou à l’essence un peu ancienne à des gens qui n'ont pas les moyens de changer de voiture et qui doivent s'en servir pour aller travailler et on va suggérer de baisser le chauffage de 1° !

De qui se moque-t-on ?

(Publication de Corinne Gamus)

Les économies, c'est pour les pauvres !
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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 04:03
Lyon : perquisition et interrogatoire pour des tags à la craie

 

Warren Dalle est un militant de la région lyonnaise, engagé chez les Gilets Jaunes, et suppléant d’une candidate NUPES durant la campagne des législatives. Lundi matin, à l’aube, une équipe de gendarmes débarque chez lui : son domicile est perquisitionné. Les forces de l’ordre cherchent chez lui… une craie ! En effet, le militant est accusé de « dégradations », car il avait tracé des « V », le symbole de la NUPES, sur des trottoirs avec une craie, à Chaponost en banlieue lyonnaise.

 

Warren Dalle est ensuite emmené dans un commissariat, où il subit plusieurs heures d’interrogatoire. Il résume sa journée sur Twitter : « Bilan [ ...] 1heure 30 de perquisition pour des craies et des pochoirs, 3 heures d’audition en gendarmerie. Ma grand-mère en pleur devant une telle démonstration de force complètement disproportionnée. Mes empreintes, mon ADN et des photos de casier prises. »

 

Il commente la procédure : « une absurdité telle que les journalistes qui me contactent ont peine à y croire ». À ce rythme-là, il faudrait en effet mettre en garde à vue tous les enfants qui dessinent des marelles ou des symboles dans les cours de récréation.

 

Au-delà de l’aspect grotesque et kafkaïen de cette répression, c’est le signe d’un régime devenu paranoïaque. Pour monter cette affaire, il a fallu l’accord de magistrats, des officiers ont enquêté, une équipe complète de gendarmes a été envoyée pour perquisitionner puis pour mener un interrogatoire. Toute une chaîne de commandement obéissante. Des gens bien payés, armés, sûrs d’avoir le droit de leur côté, prêts à exécuter toutes les manœuvres les plus minables. Pendant ce temps, des néo-nazis s’arment et se préparent à la guerre, ou multiplient les agressions au grand jour sans être inquiétés le moins du monde.

 

Cette procédure pour des tags à la craie est arrivée à un militant connu, membre d’un mouvement électoraliste légal, très médiatique, et modéré. Imaginez les moyens ahurissants mis en œuvre pour surveiller et punir les mouvements révolutionnaires. Des dizaines d’indicateurs et autres mouchards, de barbouzes, de magistrats et d’enquêteurs sont payés à plein temps pour anéantir, intimider et salir la contestation, même infime, dans ce pays. Une escalade sans retour : leur ordre ne peut se maintenir que par une répression toujours plus délirante ou s’effondrer.

 

Une source

 

PS : ceci n'exonère pas du tout les sauvages qui s'attaquent lâchement à  des policiers dans leur vie de tous les jours.

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8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 05:01

Repris du World Socialist Website

 

David Walsh

2 juillet 2022

  • Les audiences actuelles au Congrès des EU sur les événements du 6 janvier 2021 ont mis à nu des vérités crues sur l'état malade et précaire de la démocratie américaine.
  •  

Les auditions ont prouvé de manière irréfutable que Donald Trump et ses alliés ont mené un effort sérieux et déterminé pour renverser le système constitutionnel et établir une dictature présidentielle fasciste, que cette conspiration a englobé une partie substantielle du parti républicain, du pouvoir judiciaire et sans doute d’éléments au sein de l’armée, qu’elle est passée à quelques minutes (ou peut-être secondes) et quelques centimètres de réussir, que son échec n’a pas été le résultat d’une quelconque résistance organisée, mais plutôt du hasard, de la logistique, de l’inexpérience, etc.

 

Ce dernier point mérite d’être souligné. Les médias américains, qui ne cessent de produire des «héros», n’ont pas été capables de trouver une seule figure politique identifiée à la résistance à l’insurrection du 6 janvier, pas un seul acte d’audace ou de bravoure, pas une séance de photos, rien. Des politiciens qui fuient, des personnes qui se cachent sous leur siège – pas une image, une phrase, un geste associés à l’opposition, pas un acte de confrontation même symbolique.

 

C’est plus clair que jamais que ni avant ni pendant le coup d’État, il n’y a eu aucune tentative de le prévenir ou d’y faire obstacle de quelque manière que ce soit. Aujourd’hui, le contraste entre l’ampleur des crimes révélés et la maigreur de la réaction est stupéfiant.

 

Pourquoi ce coup d'État de type fasciste est-il passé si près de réussir ?

 

Sa préparation n’était pas un secret ; il a été organisé au vu et au su de tous dans une large mesure. Trump a explicité ses plans encore et encore dans les semaines et les mois précédant l’élection de 2020.

 

Le WSWS avait alors souligné à plusieurs reprises la menace que cela représentait. En septembre 2020, par exemple, nous avons commenté que «Trump est un fasciste pur et dur qui conspire pour ériger une dictature présidentielle. (…) Si le débat [présidentiel] a montré une chose claire, c’est qu’il n’acceptera pas le résultat de l’élection ». En octobre, nous soutenions que « Trump a une stratégie pour voler l’élection, les démocrates n’ont aucune stratégie pour s’y opposer ». Toute une série de citations de ce type pourrait être présentée.

 

Le 6 janvier même, aucun effort n’a été fait pour mettre fin au coup d’État alors qu’il était en cours. Les partisans d’extrême droite de Trump ont failli assassiner de hauts responsables du gouvernement. Biden n’a fait aucune déclaration pendant des heures. Pas plus que Nancy Pelosi [présidente de la Chambre des représentants] ou Charles Schumer [sénateur démocrate]. L’armée et les services de police et de renseignement ont attendu, pour voir qui allait prendre le dessus.


 

La tentative de coup d’État n’a pas été arrêtée, elle s’est simplement essoufflée. Un grand total de 60 personnes ont été arrêtées le 6 janvier – après un effort concerté et violent pour renverser le gouvernement […]. Seules 10 d’entre elles ont été arrêtées sur le champ pour avoir pénétré illégalement dans le Capitole, où elles prévoyaient d'assassiner des dirigeants du Congrès. Les putschistes, pour la plupart, sont rentrés chez eux, prêts à continuer le combat.

 

Si le coup d’État avait réussi, il aurait été accepté par les démocrates et l’establishment politico-médiatique. Leur préoccupation aurait été de bloquer, démobiliser et démoraliser l’opposition populaire. Tout comme les démocrates ont accepté le vol de l’élection de 2000, ils auraient accepté la suppression de ce qui reste de la démocratie américaine.

 

[…]

 

L’inaction du parti démocrate en réponse au 6 janvier, malgré les lamentations et les joutes verbales, n’est pas une surprise. L’AFL-CIO et les autres fédérations syndicales ont joué un rôle non moins passif et non moins criminel. Dans l’ère moderne, la résistance à la dictature d’extrême droite dépend de l’existence d’un mouvement puissant et politiquement vigilant de la classe ouvrière. Le 6 janvier, l’AFL-CIO n’était pas pertinente. Le président de l’époque, Richard Trumka, n’a rien fait pour mobiliser la résistance. Il n’a lancé aucun appel à la grève générale ou à une protestation généralisée. La seule intervention dans ce sens a été l’action spontanée des employés de Twitter pour couper le compte de Trump et mettre fin à ses provocations fascistes.

 

[…]

 

L’absence d’opposition au 6 janvier s’étend au monde universitaire. Y a-t-il un seul intellectuel de premier plan qui se soit exprimé ou qui ait proposé une voie à suivre face au coup d’État de Trump? Le professeur Noam Chomsky a observé à juste titre que les participants au 6 janvier « étaient unis dans l’effort de renverser un gouvernement élu », mais il a ensuite mis les nombreuses difficultés sur le compte de « la peur [des Blancs] de “ perdre notre pays ” ».

 

[…]

 

La pseudogauche de la classe moyenne supérieure a refusé de prendre la tentative de coup d’État au sérieux. L’historien Bryan Palmer, par exemple, a affirmé que les événements du 6 janvier n’étaient pas une insurrection et a tourné en dérision ceux qui ont mis en garde contre leur importance : « Les hyperboles ont coulé à flots tandis que la traînée de larmes s’est transformée en raz-de-marée ». Le magazine Jacobin a endormi ses lecteurs en affirmant que la « défaite» de la tentative du 6 janvier et sa «répudiation rapide par l’élite politique et économique ont montré clairement qu’il y a actuellement peu de soutien dans l’État ou parmi le grand capital pour un coup d’État trumpiste ». Jacobin a publié cette déclaration immortelle : «Le capital, semble-t-il, se trouve toujours attaché à la démocratie libérale ».


 

Ce qui reste du «radicalisme» universitaire a été fatalement contaminé par l’obsession de la race et du genre. Pour ces gens, le concept de classe n’existe plus en tant que jalon en politique. Au moment que Trump mettait au point ses plans pour un régime autoritaire, les tenants de la politique identitaire à Hollywood, sur les campus et dans les médias se concentraient de manière maniaque à persécuter et à poursuivre des individus pour des allégations d’abus sexuels. Pour ces éléments, Harvey Weinstein, Woody Allen et Kevin Spacey représentaient un danger bien plus grave que les meutes fascistes.

 

Leur refus de résister à la tentative de l’extrême droite de s’emparer du gouvernement des EU est comparable à leur attitude envers la pandémie meurtrière de COVID-19 et la guerre par procuration menée par les États-Unis et l’OTAN contre la Russie, qui menace de se transformer en nouvelle guerre mondiale.

 

Le vaste flot d’argent liquide a corrompu les médias, la vie universitaire et les cercles artistiques. Suivre les valeurs boursières et immobilières et poursuivre sa carrière a largement remplacé toute préoccupation sérieuse pour les questions sociales et le sort des grandes masses.

 

[…]

 

(Article paru d’abord en anglais le 30 juin 2022)

 

Pourquoi n’a-t-on vu aucune résistance organisée au coup d’État du 6 janvier de Trump?
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7 juillet 2022 4 07 /07 /juillet /2022 05:01
 

Par François Ruffin 

Rassemblement national et Marcheurs ! flirtent juste, pour l’instant. Mais bientôt, ils feront un enfant. Bientôt, le système y verra son issue de secours. Bientôt, se dessinera la fusion du projet « national-autoritaire » et « euro-libéral ». Comment y répondrons-nous ?

« Les députés Rassemblement national veulent, incontestablement, que l’on puisse avancer avec beaucoup de bon sens. C’est en réalité à l’Assemblée que nous verrons et que nos compatriotes verront comment nous essayons d’avancer ensemble. » Ainsi s’exprimait, le lundi 20 juin au matin, au lendemain des élections législatives, le ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti.

Un mois plus tôt, dans l’entre-deux tours de la présidentielle, Emmanuel Macron invitait les Français à «faire barrage à l’extrême droite ». Mais soudain, au contraire, le Rubicon était franchi par les fantassins En Marche !

La ministre Yaël Braun-Pivet, future présidente de l’Assemblée, réclamait « qu'on avance dans l'intérêt des Français avec tous ceux qui voudront avancer avec nous.
- Tous, y compris avec le Rassemblement national ? interrogeait la journaliste.
Écoutez, vous savez c'est ça la beauté de la démocratie… il ne faut pas être dans des postures dogmatiques et partisanes, moi je suis de la société civile et j'ai rejoint Emmanuel Macron parce que je crois au dépassement des clivages, je crois au rassemblement dans l'intérêt des Français, c'est ce que les Français attendent de nous aujourd'hui plus que jamais, etc. » (20/06/22).

Le même jour, toujours, la députée macroniste Céline Calvez indiquait : «Quand on a besoin d'avoir une majorité et si c'est bon pour les Français, on va aller chercher les voix du Rassemblement national» (20/06/22).


Sylvain Maillard, lui aussi, avait entendu la voix du pays : «Les Français ont demandé à ce qu’on soit plus ouverts, que ce soit le RN, ou avec tous. C’est ça, ou on dissout. Parfois, le RN peut avoir des positions qui l’amènent à voter des textes. C’est LFI qui a toujours voté contre nous » (20/06/22). Comme pour le cholestérol, il y avait la bonne et la mauvaise opposition.

Mais c’est le néo-macroniste Eric Woerth qui, le mardi, dans Le Figaro, se faisait le plus clair, sans doute malgré lui. Ancien président de la Commission des finances, il marquait ainsi sa préférence quant à son successeur : « Les insoumis ont visiblement en tête de faire du contrôle fiscal. Ce que je n'ai pas entendu au RN » (21/06/22). 

« Plutôt le Rassemblement National qu’un contrôle fiscal » : en une formule, lui vendait la mèche. Il mettait en lumière un point d’accord, majeur, central, et pourtant bien aveugle, entre macronistes et lepénistes, entre euro-libéraux et autoritaires-nationaux. C’est l’avenir, je crois, je crains. C’est l’issue de secours du système. Les ferments en sont présents depuis quelques temps.

J’en reviens, comme souvent, date fondatrice, au 29 mai 2005.


Ce jour-là, à 55 % les Français voté « non » au Traité constitutionnel européen, « non » à la « concurrence libre et non faussée », « non » à « la libre circulation des capitaux et des marchandises ». A hauteur de 80% chez les ouvriers, 71% chez les chômeurs, 67% chez les employés.

Qu'en est-il de ce rejet ?

Le projet libéral est démocratiquement mort. Et nos dirigeants le savent. Jamais plus ils ne hasarderont un référendum là-dessus, c’est-à-dire sur l’essentiel, sur l’organisation de l’économie. Ils en devinent le résultat, qui dépasserait désormais, et de loin, les 55% de refus : combien ? 60%, 65%, 70% ?

Ont-ils renoncé, pour autant, à leur projet libéral ? Pas du tout : depuis Bruxelles, la concurrence s’étend à tous les domaines de nos vies, le rail, l’université, la santé, au point d’en paraître une loi naturelle, universelle… la mondialisation triomphe encore, des traités de libre-échange sont signés avec le Canada, le Mexique, l’Inde, la Chine, le Vietnam, et cette semaine encore, avec la Nouvelle-Zélande…

Ils n’ont pas renoncé, loin de là. Mais il leur faut avancer sans le demos, voire contre le demos. Dans une supposée « démocratie », c’est pas coton…

 Le temps, la place me manquent, pour en restituer tous les chaînons manquants, de Friedrich Hayek à Milton Friedman en passant par Samuel Huntington.

C’est Christophe Barbier, rédacteur en chef de L’Express, qui recommande un nouveau traité européen, mais puisque « les peuples ne valideront jamais un tel traité, un putsch légitime est nécessaire ». C’est James Lovelock, scientifique influent, qui nous avise : « Face à la crise écologique, il peut être nécessaire de mettre la démocratie de côté pour un moment. » C’est Georges Steiner, essayiste, qui esquisse la suite : « Il est concevable que la solution dans les grandes crises économiques soit une solution à la chinoise, technocratique. Que nous évoluions vers un despotisme libéral. Ce n’est pas un oxymore. Il reviendra peut‑être à des despotismes technologiques d’affronter les grandes crises qui dépassent les systèmes libéraux traditionnels. »

Voilà le climat de nos élites. Dont Emmanuel Macron est le nom, la solution, au moins provisoire. Comment?

D’abord, parce que, pour un projet vieux, usé, désavoué, il fallait une figure nouvelle : « le thatchérisme à visage poupin ». Que le système fasse peau neuve, avec des airs de « start-up nation », de modernité à l’américaine (même si l’heureux élu était énarque, inspecteur des finances, comme ses pairs). Que tout change pour que rien ne change.

Ensuite, parce que, cet homme jeune proclamait le « en même temps », il était « et de droite, et de gauche ». En lui s’est opérée la fusion du Parti socialiste (d’où il venait) et de l’UMP (vers qui il allait), débauchant des députés et des ministres des deux côtés. Nul hasard là-dedans : jusqu’alors, le projet libéral pouvait s’autoriser cette division en deux partis. Elle était même recommandée : la fausse alternance garantissait un équilibre. Mais le socle s’était trop rétréci. La partition n’était plus permise. Il fallait se rassembler.

Avec un sourire à pleines dents, Emmanuel Macron s’annonçait comme « libéral-libéral » : libéral économiquement, mais libéral politiquement aussi. Venu, prétendument, de « la société civile », il dialoguerait avec elle. C’est à coup de LBD, finalement, qu’il a dialogué.

Alors qu’il était ministre de l’Economie, et son parrain François Hollande à l’Elysée, au printemps 2016, «contre la loi et son monde », un mouvement avait surgi au cœur de Paris : Nuit debout. Les manifestations finirent nassées, cadenassées, interdites.

Cette fois, à l’automne 2018, c’est des périphéries françaises que surgissaient les Gilets jaunes. Comment furent-ils traités ? Non par un compromis social (la TVA à 0% sur les produits alimentaires, retour de l’impôt sur la fortune, référendum d’initiative citoyenne…), mais par la violence d’Etat : la police fut mise au service d’un « camp ». Avec, à l’arrivée, plus de trois cents crânes fendus, trente yeux éborgnés, six bras amputés, et deux morts.

La venue du Covid a libéré cette pulsion, au nom du sanitaire : du jour au lendemain, sans contrepoids aucun, sans contre-pouvoir, un homme seul décidait de confiner, déconfiner, reconfiner, imposait « distance sociale »et « gestes barrières », interdisait l’entrée des Ehpads, réglementait les enterrements, triait parmi les commerces essentiels et non-essentiels, bougeait le couvre-feu à 19 h, 21 h, 20 h, etc.

Le pente était prise, sans frein : « libéral » et « autoritaire » vont de pair.

 Il faut décrire, en vis-à-vis, l’autre mouvement : le « national-autoritaire » qui se fait libéral, qui n’effraie plus les élites, qui devient compatible avec leur système, leurs profits.

Fouillant les archives à la Bibliothèque nationale de France, j’ai étudié le programme économique du Front national depuis sa fondation, en 1972. Comment il fut, d’abord, jusque dans années 80, thatchérien, reaganien, ultra-libéral, pro-européen à fond, regardant Bruxelles comme « un rempart contre le bolchevisme». Comment, après la chute du Mur, le FN a lui aussi basculé, devenant anti Maastricht, anti-libre-échange, s’alignant sur une demande populaire de « protection ».

Comment, en 2012, Marine Le Pen reprenant la main, elle a opéré un « virage social » : avec un discours offensif, sur « l’Etat devenu l’instrument du renoncement, devant l’argent, face à la volonté toujours plus insistante des marchés financiers, des milliardaires qui détricotent notre industrie et jettent des millions d’hommes et de femmes de notre pays dans le chômage, la précarité et la misère. Oui, il faut en finir avec le règne de l’argent-roi ! », avec des mesures « de gauche » : « Tous les salaires jusqu’à 1500 € bénéficieront d’une augmentation de 200 € nets »« Baisse de 20% de la TIPP », « Les petits commerces seront défendus contre la grande distribution »« Un taux d’Impôt sur les sociétés relevé à 34% pour les grosses entreprises »« élargir l’assiette des retraites aux revenus du capital. » Et enfin, comment, discrètement, en 2017, toutes ces mesures, toutes, furent effacées.

Sa campagne, cette année, s’est inscrite dans cette lignée. Elle s’est ouverte par un entretien donné à L’Opinion, le plus libéral des quotidiens, la voix du néo-patronat, co-financé par Bernard Arnault. Et c’est bien cette élite, de la finance, qu’en quelques paragraphes Marine Le Pen vient rassurer : « Ayons des idées claires et du bon sens sur la dette… Oui, une dette doit être remboursée. Il y a là un aspect moral essentiel…. » Et de conclure, en bonne mère de famille : « Qui paie ses dettes s’enrichit », revendiquant du « pragmatisme » à l’égard des fonds internationaux, et même de la Banque centrale européenne. Ce que la candidate vient dire ici, aux dirigeants du capital, et elle choisit son lieu, c’est : « Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas d’aventure. »

Ce que son « Projet présidentiel » confirme, de la première à la dernière ligne : pas un mot sur les multinationales, sur les paradis fiscaux, sur la finance MacKinsey, sur les actionnaires – dont les dividendes n’ont jamais, jamais été aussi élevés. Non, elle veut créer un « ministère dédié à la lutte contre la fraude », mais c’est la fraude sociale ! Ceux qui « volent la France », d’après elle, ce sont les assistés et, bien sûr, les émigrés… pas les firmes qui se sont goinfrées durant la crise sanitaire, pas les hecto-milliardaires qui échappent à l’impôt. Rien, rien, rien, sur les inégalités. Ni redistribution, ni partage. Ces mots n’y figurent pas. Pas plus que dans le programme d’Emmanuel Macron.
 

C’est là l’essentiel, l’essentiel pour les dominants du système : nous n’aurons pas à partager. Pas à encadrer les profits. Pas à réguler le capital.

A peine élus, à peine entrés à l’Assemblée, que les députés RN ont apporté des gages de « sérieux ». La veille, le dimanche, dans toutes les circonscriptions, sur tous les tracts, ils étaient « la seule opposition à Macron », et elle serait, se disait-on, ferme, énergique, de tous les instants, par tous les moyens.

Le lendemain, lundi la cheffe l’assurait : « Nous incarnerons une opposition ferme, c’est-à-dire sans connivence, mais une opposition responsable c’est-à-dire respectueuse des institutions et toujours constructive. » « Constructive », c’était l’adjectif du jour, plutôt que « combative » : « Nous ne sommes pas dogmatiques, nous sommes une opposition constructive », renchérissait Laure Lavalette, et Sébastien Chenu, etc. Ce mercredi, à la sortie de Matignon, Marine Le Pen se refusait à entraver le tandem Borne-Macron : «Nous n’usons pas des mentions de censure avec légèreté. » Le signe, sans doute, d’une opposition toujours plus « constructive »…

Gardons-nous du « crétinisme parlementaire » (comme causait Marx), de prendre la vie de l’Assemblée pour celle de la société, de rétrécir notre champ de vision à des péripéties d’hémicycle. Néanmoins. Dans cette même semaine, ce mardi, pour la présidence de l’Assemblée nationale, le RN retirait sa candidature au second tour, laissant le champ libre à Yael Braun-Pivet, la macroniste. Et le lendemain, retour d’ascenseur, pour la vice-présidence : LREM apportait ses voix aux deux candidats RN, Sébastien Chenu et Hélène Laporte, élus avec 280 voix.
C’est l’avenir, cette complicité.

C’est par là que sera débloquée, je le crains, une France divisée en trois blocs, en trois projets : « autoritaire », « libéral », « social-écolo ». Les deux premiers sont en voie de fusionner. Tous les tenants du système, qui en tire profit, des profits gigantesques, des patrons de grands médias aux dirigeants des fonds d’investissements, aux cumulards des conseils d’administration, aux banquiers d’affaires, aux éditorialistes comme il faut, mille bouches, dans mille cercles, vont, chacun à leur façon, dans les mois, les années à venir, vont œuvrer à ce rapprochement, à en faire la voie de la raison, le chemin rationnel – c’est-à-dire celui de leur porte-monnaie, de leurs intérêts : « Que tout change pour que rien ne change. »

Que faire, alors, nous, dans cette histoire ? C’est du judo : Marine Le Pen se « notabilise », pour se rapprocher du pouvoir ? C’est un risque, évident. Mais c’est aussi une chance pour nous : la voilà qui appartient à l’ « establishment » que dénonçait son père. La voilà toute fière, on le sent, d’être reconnue parmi les gens sérieux, d’avoir son rond de serviette chez les bourgeois. Parviendront-ils, elle et ses collègues, en même temps, à incarner une colère populaire contre ce même « establishment » ?  A nous de montrer, re-montrer, démontrer, que le Rassemblement national n’est pas « le vote anti-système », mais la roue de secours du système. Que les intérêts qu’ils défendent, au fond, sont ceux de « la France d’en haut », de l’oligarchie, de la Caste, qu’on appelle ça comme on voudra, et qu’ils nouent des alliances avec eux. A nous de nous bagarrer, partout, pour s’imposer d’évidence comme le vrai recours contre Macron et son monde. Pour ramener les fâchés, les résignés, les découragés, les énervés, les éloignés, pour en faire un bloc majoritaire. A nous de trouver le chemin des cœurs, et vite.

Je vous écris depuis le front de la Somme, depuis un bassin industriel que la gauche a mainte fois trahi, depuis une Picardie où 8 députés sur 17 sont passés au RN le 19 juin. Je vous écris, donc, habité par une inquiétude, et inquiet aussi, depuis dix jours, par l’apathie de notre camp, de nos partis, de nos intellectuels, à réagir, à poser un diagnostic, à ouvrir des pistes d’action. Quand, il n’y a pas si longtemps, la moindre mairie tombée au FN suscitait tribunes et manifs : des indignations morales qui ne m’apparaissaient pas comme le meilleur des remèdes, mais la résignation, l’accoutumance, le silence, ne vaudront pas mieux. La bataille n’est pas perdue, mais il nous faut la mener, avec les bonnes armes, la bonne stratégie.

RN-LREM : Après le flirt, bientôt un enfant ?
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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 05:01
 

Je lis ceci dans un article de Marianne :

“ La pratique du ramadan par les élèves vient malgré tout compromettre le calendrier de son établissement. « On intériorise le ramadan comme si c’était un évènement officiel : "on ne peut pas à cette période-là car ce sera le ramadan", "il vaut mieux éviter d’organiser les portes ouvertes tel jour, ce sera l’Aïd" », rapporte la gestionnaire, excédée. Interrogé, Bruno Bobkiewicz, proviseur et secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat de chefs d'établissements et ancien proviseur à Saint-Denis et à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), confirme : « Faire glisser une date de réunion parents profs d’un jour à l’autre permet aux gens de fêter leur religion car une fête religieuse ne peut se déplacer. Le bulletin officiel prévoit d’ailleurs une journée d’absence pour fête religieuse quelle que soit la confession. Quant aux examens, le baccalauréat national n’a jamais été déplacé même s’il tombait durant le ramadan ».”

On peut rapprocher cela, même si comparaison n'est pas raison, de ce qui se passe dans certains lycées allemands :

“ Allemagne – Dans un lycée de Bavière, à Ebersberg, malgré les températures estivales, les jeunes filles ne sont pas autorisées à porter des robes courtes ou des shorts. Par considération pour les autres cultures/religions, ce vêtement n’est pas approprié.

Certains camarades de classe issus de l’immigration et des enseignants étrangers seraient gênés par les jupes courtes et les hauts courts. Il faut être attentif à toutes les cultures, “les droits de l’individu s’arrêtent là où les autres se sentent dérangés”, précise le directeur. “Il faut tenir compte de toutes les cultures”, ajoute-t-il, sans se demander si les élèves allemands d'origine se sentent dérangés, ou pas, par le comportement agressif et les exigences des élèves musulmans.

Des enseignants se sont plaints de la tenue vestimentaire de certaines élèves, explique Schmidl, le directeur, qui indique que son école est synonyme de “société ouverte sur le monde”.

Les parents de certaines élèves sont indignés : ils n’ont même pas été informés. “D’habitude, nous recevons une communication pour chaque petite chose”, déclare une mère au quotidien Merkur. Selon elle, il est étrange que les enseignants soient “sexuellement excités” lorsque les filles sont vêtues avec des habits courts."

Revenons à nos problèmes de cantine. J'ai enseigné de longues années en Côte d'Ivoire. Á l'époque, la population du pays était au tiers musulmane. Elle est aujourd'hui à plus de 40%. Les examens, dans les collèges, dans les lycées, à l'université, tombaient quand ils tombaient. Jamais des étudiants n'ont demandé (exigé) de repousser une épreuve parce qu'elle survenait en plein ramadan, d'autant que c'est le ramadan qui se déplace, pas les épreuves du baccalauréat. J'ai le souvenir d'étudiants musulmans extrêmement courageux qui composaient quatre heures d'affilée le ventre vide. D'autres étudiants musulmans tiraient profit d'une règle de l'islam qui dit qu'en cas d'absolue nécessité il est permis de rompre le jeune. Par exemple en cas d'examen, en cas de voyage qu'il n'est pas possible de reporter et, bien sûr, en cas de maladie.

On ne voit pas au nom de quoi ce qui existait dans un pays passablement musulman comme la Côte d'Ivoire, ou largement musulman comme le Sénégal ne pourrait pas être appliqué par les musulmans de France.

Ces musulmans donnent raison à l'extrême droite quand elle dit que le voile – qui n'existait quasiment pas il y a quarante ans – est politique. Tout comme les menées de lycées musulmans qui arborent, par défi, des tenues islamiques : abayas, kamis.

 

Pour ceux qui comprennent l'italien : c'est l'Union européenne qui accepte l'islamisme comme un fait accompli.

 

 

Le ramadan est parmi nous
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