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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 06:28

 

Les salaires des fonctionnaires de l’Etat ont baissé en 2014 de 0,2 %, en euros constants, mais ont augmenté de 0,3 % en euros courants (sans tenir compte de l’inflation). Le salaire net moyen s’élève à 2477 euros par mois. Dans sa note, l’Insee révèle des disparités significatives d’évolution salariale selon les typologies d’agents.

 

Les statistiques de l’Insee sur les salaires dans la fonction publique interviennent toujours avec un important décalage mais sont révélatrices des tendances lourdes suivies par l’Etat employeur. Les données analysées par l’Insee, et publiées le 21 juillet, sont la photographie, à fin 2014, d’une fonction publique qui connaît un gel du point d’indice depuis 4 ans, et d’un gouvernement qui, tout en poursuivant la doctrine du gel, met en place des mesures partielles, pour les catégories les plus faiblement rémunérées notamment, mais augmente parallèlement les cotisations sociales.

 

Les agents sous statut moins pénalisés

 

Le pilotage salarial de l’Etat fait clairement apparaître des inégalités de traitement selon que l’on est fonctionnaire, sous statut, dans un ministère, ou agent dans un établissement public administratif (EPA). Globalement, les salaires bruts et nets moyens progressent en effet (+0,7% et +0,3%), en euros courants (sans prise en compte de l’inflation, évaluée à + 0,5 % en 2014). L’écart d’évolution entre le brut, qui progresse, et le net, qui baisse, s’explique selon l’Insee par les hausses de cotisations retraites mises en place lors de la réforme de 2010.

 

Mais si l’on dépasse cette approche globale, on constate que ce sont les agents hors statut, et qui ne travaillent pas dans un ministère, qui connaissent les baisses les plus importantes.

 

En 2014, le niveau de salaire moyen est, dès le départ, sensiblement différent selon les catégories d’agents :

 

  • Salaire moyen des Fonctionnaires :
    • Salaire brut : 3 182
    • Salaire net : 2 646
    •  
  • Salaire moyen Autres salariés :
    • Salaire brut : 2 513
      Salaire net : 2 019
    •  
  • Salaire moyen des salariés des ministères :
    • Salaire brut : 3 061
    • Salaire net : 2 531
    •  
  • Salaire moyen des salariés des établissements publics administratifs (EPA) :
    • Salaire brut : 2 821
    • Salaire net : 2 309

 

La part des primes

 

Le salaire moyen des « vrais » fonctionnaires, dans les ministères comme dans les EPA, augmente lui (au passage, l’Insee note que le nombre de ces « vrais » fonctionnaires a diminué de 0,7 point entre 2013 et 2014), de 0,5 % pour le salaire brut, et de 0,2 % pour le salaire net. Là encore, c’est l’effet cotisation sociale, avec une hausse de 2,3 %, qui explique la hausse plus faible du salaire net.

 

La hausse du salaire net moyen est en outre tirée par la progression de 1,2% pour les fonctionnaires de catégorie C, qui ont bénéficié en 2014 d’une revalorisation de l’échelonnement indiciaire.

 

La hausse du salaire moyen s’explique, selon l’Insee, pour partie par une augmentation du traitement indiciaire brut moyen, et pour partie par une augmentation (+1,3%) des primes et rémunérations annexes, qui représentent en moyenne 20% de la rémunération des fonctionnaires dans la fonction publique d’Etat. Et c’est finalement cette part « prime » qui permet une relative dynamique des rémunérations des fonctionnaires.

 

Lire aussi :

 

Ces primes présentent cependant des variations importantes selon les typologies de fonctionnaires.

 

Baisses de salaires pour le bas, et le haut de l’échelle

 

L’examen des salaires des agents de la FPE par tranche fait apparaître des lacunes dans le pilotage des rémunérations par l’Etat. En effet, ce sont surtout les plus petits déciles, et les plus élevés (mais dans une moindre ampleur), qui enregistrent des baisses de salaire net moyen.


Et ce, alors même que les salaires des catégories C, les moins bien rémunérés, ont plutôt plus progressé que les autres. Cette baisse des deux premiers déciles marquent aussi les limites de la garantie individuelle du pouvoir d’achat.

 

Lire aussi :


La garantie individuelle du pouvoir d’achat en 10 questions

 

En effet, L’Insee relève que « les agents de catégorie C ont bénéficié en 2014, davantage que les autres catégories, de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA) versée aux agents dont le traitement indiciaire brut a évolué moins vite que l’inflation sur la période 2009-2013 ».

 

Dans le détail, « le nombre de bénéficiaires de la GIPA augmente sur le champ des ministères et des universités : 161 000 agents, dont près de la moitié avait plus de 55 ans, ont perçu au total 129,3 millions d’euros, contre 105 000 agents en 2013 pour un total de 82,4 millions d’euros.

 

Et encore une fois, cette baisse est quasiment exclusivement assumée par les agents de l’Etat qui ne sont pas fonctionnaires, ou qui travaillent hors des ministères, dans les EPA, dont les effectifs sont en forte croissance.

 

Les écarts de salaires hommes-femmes quasi stables

 

Les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont quasi stables, même si dans sa note, l’Insee préfère la formule : « poursuivent leur tendance à la baisse : en 2014, le salaire net moyen en EQTP des femmes est inférieur de 14,6 % à celui des hommes, après 14,7 % en 2013 ». 0,1 point, ce n’est pas rien, certes, mais ce n’est pas grand-chose non plus… En outre, l’écart grimpe à 17,5 % pour les catégories A, cette distorsion étant en partie due, selon l’Insee, par le poids et la composition de la catégorie des enseignants. « Hors enseignants, l’écart de salaire entre hommes et femmes se réduit nettement pour la catégorie A (13,4 %), mais reste plus élevé que pour la catégorie B (9,9 %) ».

 

Source : La Gazette des communes 

 

PS : Goldman-Sachs conseillait récemment au gouvernement français de baisser les salaires de 30%. Les Solfériniens sont à l'écoute.

 

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 06:03

Dans ce blog, un principe, absolu : jamais d’attaques personnelles. On ne va pas commencer avec Thierry Lepaon même si, d’emblée, on ne l’a jamais trouvé sympathique, affriandant, exaltant. On oublie l’histoire des meubles de fonction luxueux. On s’intéressera à ce qu’il a pu faire, dire et écrire es qualité. Et là, c’est bien malheureux, mais on s’aperçoit, qu’il s’est CFDTïsé, en marchant sur les pas de Notat, de Chérèque ou de Kaspar, ces dirigeants syndicaux prônant un syndicalisme de confort, de “ dialogue ” et qui ont accepté des cadeaux de reconversion à leur main.

 

Lepaon vient donc d’être nommé président de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Pourquoi pas ? Les objectifs de cette agence sont très honorables : lutter contre l'illettrisme dans le cadre des orientations définies par le gouvernement, coordonner l’action des acteurs de la lutte contre l’illettrisme, évaluer l’impact des politiques menées dans ce domaine. Jusqu’alors, la présidence de cette agence (budget annuel : 1 200 000 euros) n’étais pas rémunérée. L’agence avait été fondée en 2001 par Marie-Thérèse Geffroy, ancienne inspectrice générale de l’Education nationale, de sensibilité politique droite chrétienne. Madame Geffroy en avait été sa directrice puis sa présidente (à écouter ici un bref entretien avec elle). Elle a appris son éviction pratiquement en lisant les journaux. Selon Le Canard Enchaîné, l’agence serait refondue pour que le nouveau président puisse être payé. Cela tombe bien, mais, après tout, toute peine mérite salaire. L’agence serait dénommée l’Agence de la langue française pour la cohésion sociale. Il est bien temps, en effet, de comprendre qu’il existe une vraie relation entre la connaissance de la langue française (combien d’heures de français par semaine les collégiens et lycéens ont-ils perdu par la faute de Sarkozy, puis de Hollande ?) et la cohésion sociale.

 

Le problème est que cela fait un bon moment que Lepaon, comme ses collègues de la CFDT, fricote avec le réformisme, loin des idéaux d’un syndicalisme de lutte. Alors qu’il était membre du Conseil économique et social, où il avait été nommé en tant que responsable de la CGT, Lepaon avait cosigné avec Jean-Marie Geveaux, président du Conseil général de la Sarthe et représentant d’une droite très authentique, un rapport concernant l’ouverture à la concurrence des TER. Dans ce rapport, il écrivait ceci :

 

« Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. (…) Nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. »

 

Et également ceci :

 

« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d’un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l’Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J’ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d’appréciation sur ce terme. Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. « Je dois dire que j’ai personnellement considéré comme un challenge [sic; ah, l'illettrisme...] de faire la preuve qu’il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c’est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. »

 

Le simple fait de s’atteler à une telle tâche, de se confronter à une telle thématique était déjà suspect de la part d’un CGTiste, du responsable d’un syndicat qui a fait vivre, des décennies durant, les valeurs du service public dans cette grande entreprise nationale. Mais proposer un « diagnostique partagé » (un cheval, une alouette ?), en contradiction formelle avec l'orientation de la fédération CGT des cheminots (voir ici ce que la CGT pensait de la privatisation des TER britanniques), relevait de la trahison pure et simple, qu’on aurait comprise venant d’un social-démocrate pur sucre. D’autant que le 19 février 2014, Lepaon se confiait longuement au Nouvel Economiste qui avait la bonté de titrer cet entretien « Pour que le consensus émerge, il doit y avoir affrontement ». Mais oui, mais oui !

Thierry Lepaon dans le texte

Dans cet entretien, Lepaon se défendait de toute opposition de principe face aux dirigeants d’entreprise. Il parlait de compromis et de pragmatisme syndical. Il revendiquait l’émergence d’un “ syndicalisme utile ”, capable de réguler. Certes, il déplorait que, pour la première fois, la courbe des dividendes était passée au-dessus de celle des investissements dans l’entreprise. Mais le point d’orgue de cet entretien était ces mamours adressés au patronat : « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose. Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s’inscrit dans les réalités de l’entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C’est pourquoi je considère que la vocation d’un syndicat ne se résume plus aujourd’hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu’on en a à incarner une forme de régulation sociale. »

 

Est-ce la fréquentation de clubs de réflexion regroupant des chefs d’entreprise, des DRH et des syndicalistes, comme le Quadrilatère (fondé par l’ancien journaliste Denis Boissard, aujourd’hui membre de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie) qui ont amené Lepaon à réfléchir à partir des prémices de « l’ennemi de classe » ? Après tout, son camarade Jean-Christophe Le Duigou a traîné son rond de serviette au Siècle (le grand club de réflexion de la bourgeoisie), que Notat présida pendant deux ans.

 

Collaborateur de classe, Lepaon, comme d’autres éminences de la CGT, est au diapason de la Confédération européenne des syndicats – seul regroupement reconnu par l’Union européenne, mais aussi par l’Association européenne de libre-échange – une CES dont la secrétaire générale, la Française Bernadette Ségol est pour une Europe unie « avec une dimension sociale ».

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 06:00

Ci-dessous de larges extraits d’un article de L’Humanité :

 

Selon un chirurgien norvégien venu aider ses confrères à Gaza, l’armée israélienne lance des bombes DIME. Les blessures provoquées sont quasiment incurables et conduisent généralement à l’amputation. Nous l’avons constaté à l’hôpital al-Chifa de Gaza.

 

L’aviation israélienne pilonne sans relâche la bande de Gaza depuis bientôt une semaine. Le bilan s’alourdit de jour. Dimanche, à la mi-journée, 166 Palestiniens avaient été tués dont plus de la moitié serait des civils, selon l’Office de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA). Un déluge de feu sans précédent.

 

 

 


Comme si cela ne suffisait pas, Israël utiliserait à nouveau – comme cela a été le cas au Liban Sud en 2006 et à Gaza lors de l’offensive menée fin 2008 début 2009 – une arme redoutable, baptisée DIME pour Dense Inert Metal Explosive. C’est ce qu’a affirmé ce dimanche une équipe de chirurgiens qui travaillent et opèrent sans relâche à l’hôpital al-Chifa de Gaza city. Parmi eux, un praticien norvégien, professeur à Oslo, Erik Fosse, arrivé vendredi. « Nous opérons jour et nuit, souligne-t-il. Beaucoup de bombardements sur les maisons ont lieu durant la nuit. Nous avons beaucoup de familles qui arrivent ici, avec des blessés beaucoup touchés par des éclats ou parce qu’ils ont été ensevelis sous les décombres. Nous avons également des patients qui présentent des blessures dues à l’utilisation d’armes anti-personnels. Nous en avons vu touchés par des armes conventionnelles, qui présentaient des lésions provenant d’éclats. C’est ce que l’on voit dans toutes les guerres. Il faut souligner qu’à Gaza les gens sont très affaiblis par sept ans de blocus et quand ils sont blessés les effets sont plus graves. Mais il y aussi, comme en 2008/2009, des patients touchés par les bombes DIME qui sont tirées par des drones. Ils transportent ces petites bombes qui ont un effet spécial sur les victimes. »

 

Mis au point au début des années 2000 par les laboratoires de l’US Air Force, le DIME est une munition à base d’une enveloppe en fibres de carbone contenant un explosif mélangé à un alliage de métaux lourds et de poudre de tungstène avec du cobalt, du nickel ou du fer. Les blessures provoquées sont quasiment incurables et conduisent généralement à l’amputation. Le DIME provoque des dommages très importants sur la matière vivante et les tissus mous (le derme, les muscles et les os). Une arme particulièrement utilisée lors des guerres asymétriques officiellement pour éviter les dommages collatéraux. Une arme qui n’est pas interdite mais dont les effets sont atroces.

 

SOURCE

 

Israel utiliserait des bombes DIME, une arme effroyable
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 06:01

On ne dira jamais assez que le coût du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) pour les finances publiques est d'environ 20 milliards d'Euros. En bénéficie, par exemple, Gattaz, le chef du patronat français.

 

Ci-dessous de larges extraits d'un article de la Tribune à ce sujet :

 

Un rapport sénatorial dénonce les incohérences et les défaillances du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) dont le coût annuel est estimé à environ 20 milliards d'euros. Un dispositif dont l'avenir est incertain.

 

Entré en vigueur le 1er janvier 2013 dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) est-il un formidable gâchis ? Les statistiques et les commentaires contenus dans le rapport rédigé par Marie-France Beaufils, la sénatrice communiste de l'Indre-et-Loire, membre de la Commission des Finances de la chambre haute du Parlement en témoignent.

 

Le lecteur se rend compte des multiples défaillances et des incohérences de ce dispositif qui permet aux entreprises d'alléger leur masse salariale pour les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Son taux était de 4% en 2014. Il a grimpé à 6% cette année et culminera à 7% l'année prochaine, comme l'a récemment annoncé François Hollande, le chef de l'Etat.

 

Une baisse du coût du travail

 

Premier point, le CICE, qui devait permettre de favoriser le redressement de la compétitivité de l'industrie française a en grande partie raté sa cible. "Le secteur manufacturier est péniblement le premier secteur à bénéficier de ce crédit d'impôt, captant seulement 19,4% des créances en 2014.

 

L'effet sur la compétitivité, si l'on considère le coût du travail comme l'élément principal de la compétitivité, est-il élevé ? Sur le plan comptable, il n'y a pas de doute. En s'ajoutant aux allègements de charges sur les bas salaires, le CICE a permis l'allègement de la masse salariale des entreprises, réduisant le coût du travail. Est-il responsable du redressement du taux de marge des entreprises ? C'est moins clair. L'entrée en vigueur du CICE coïncide avec la baisse de l'euro face au dollar et à la chute des cours des matières premières et notamment du brut.

 

 

 

 

Le CICE a-t-il permis de dynamiser le commerce extérieur ? Près de 80% des entreprises ayant bénéficié du CICE réalisent moins de 10% de leur chiffre d'affaires à l'international.

 

Pas d'effet significatif sur l'emploi

 

Le CICE a-t-il eu un effet sur l'emploi ? Le rapport du Sénat estime que ce crédit d'impôt a permis de maintenir 125.000 emplois. C'est peu. Mais ce n'est pas surprenant. Pour plusieurs raisons. Après la crise de 2008-2009, les sureffectifs dans les entreprises étaient importants, les licenciements ayant été limités.

 

Une aubaine pour les entreprises en difficulté

 

En fait, comme l'admet le rapport, le CICE a surtout été une aubaine pour les entreprises ayant des difficultés de trésorerie, notamment les plus fragiles d'entre elles, les TPE et les PME. Des difficultés souvent provoquées par les retards de paiement de leurs clients, et notamment des grands comptes publics et privés. "Le CICE a pallié les défaillances des banques commerciales qui ne refusent d'accorder des prêts à court terme pour financer le besoin en fond de roulement des entreprises ayant des tensions de trésorerie ".

 

Le CICE est donc un cadeau sans contrepartie fait aux entreprises, une rentrée financière supplémentaire soumise à aucun contrôle qui aura surtout permis d'atténuer l'envolée des défaillances d'entreprises. L'utilisation du CICE est donc laissée à la discrétion des dirigeants ? Pas tout à fait. Le rapport dévoile la communication internet du ministère de l'Economie - et pas des Finances qui est pourtant en charge de ce dossier ! - concernant les risques de contrôle liés au CICE. Elle indique noir sur blanc que "le suivi de son utilisation repose sur le dialogue social. L'entreprise a une obligation de transparence par rapport à l'utilisation du CICE, vis-à-vis des partenaires sociaux". Pour l'instant, quatre ans après le lancement de ce dispositif, aucune information relative à cette volonté de transparence n'a été dévoilée.

 

La principale dépense fiscale de l'Etat

 

Toutes ces défaillances, tous ces défauts sont à mettre en rapport avec le coût exorbitant de ce dispositif. Celui-ci est estimé à environ 20 milliards d'euros pour les finances publiques à l'horizon 2020. Pour l'instant, le montant des créances pour les exercices 2013, 2014 et 2015 s'élève à 48 milliards d'euros. C'est la plus importante dépense fiscale de l'Etat, très loin devant le crédit impôt recherche dont le coût annuel avoisine les 6 milliards d'euros.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 06:36

Seule une grosse poignés de députés s'est opposée à la prorogation de l'état d'urgence. Dans une lettre adressée au président de la République, le Syndicat de la Magistrature s'inquiète des conditions de cette prorogation :

 

Monsieur le Président de la République,

 

La loi prorogeant l’application de la loi n°55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence et portant mesures de renforcement de la lutte antiterroriste a été définitivement adoptée hier à l’Assemblée nationale et au Sénat.

 

Ce texte ne se borne pas, comme les précédentes prorogations de ce régime exceptionnel, à en prolonger les effets. Non seulement il en modifie significativement la durée de trois à six mois, y ajoute de nouvelles mesures(contrôles et fouilles, abaissement du formalisme des perquisitions par ricochet, extension des possibilités d’interdictions de rassemblements et manifestation, régime de saisie de données informatiques) mais il contient des dispositions pénales et administratives applicables en dehors de l’état d’urgence.

 

Vous n’ignorez pas les conditions dans lesquelles ce texte a été voté : après des débats houleux et peu dignes des circonstances à l’Assemblée, le texte s’est vu adjoindre de très nombreux articles au Sénat, véritables cavaliers législatifs, à peine débattus et définitivement adoptés moins de 24 heures plus tard. Nombre de ces dispositions avaient été soumises et rejetées lors du dernier débat intervenu au Parlement et qui avait abouti à l’adoption de la loi du 3 juin 2016.

 

L’article 61 de notre Constitution vous donne le pouvoir de déférer au Conseil constitutionnel toute loi, avant sa promulgation. Cette saisine s’impose aujourd’hui au regard tant des conditions inédites dans lesquelles s’est déroulé le débat parlementaire que de la nature des dispositions contenues dans ce texte, qui justifie qu’un contrôle préalable de constitutionnalité soit opéré afin d’en assurer la conformité à notre socle fondamental. Une telle saisine ne retardera pas son entrée en vigueur, dès lors que le Conseil constitutionnel peut statuer dans un délai restreint.

 

Vous avez tout récemment réaffirmé votre volonté que la lutte contre le terrorisme s’inscrive dans le respect de l’Etat de droit. Nous vous demandons donc instamment, Monsieur le Président de la République, de saisir le Conseil constitutionnel.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Bientôt l'état de siège ?
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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 06:02

Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde, a dit le philosophe. Alors que dire de l’attentat de Nice quand on est un pouvoir solférinien et que l’on a décidé de mentir alors que ce n’était nullement nécessaire ?

 

Dans les 24 heures qui ont suivi le drame, l’exécutif a excipé de la rapidité de l’acte, de son extrême singularité, pour justifier son incapacité à le prévoir. Dans une première version des choses, l'assassin de masse était un petit délinquant franco-tunisien pas ou peu conscientisé, pas fiché S, donc inconnu des services spécialisés dans l’anti-terrorisme. Ce délinquant aurait agi dans une pulsion soudaine (mais a-t-on déjà vu un malade mental se livrer à un acte aussi pensé et organisé ?).

 

On eut rapidement droit à une deuxième version par un individu qui ne pouvait être ni un paranoïaque ni un psychopathe. Tout avait été minutieusement préparé, prémédité. Après avoir loué un camion dans les règles, le tueur avait fait plusieurs repérages avec son camion. Ce qui impliquait qu’il n’avait pas agi dans une impulsion soudaine et qu’il avait échappé aux centaines de caméras d’Estrosi, cet homme de la droite de la droite que les Solfériniens ont fait élire à la tête de la région PACA et qui n’a pas vraiment eu la reconnaissance du ventre.

 

 

On nous affirma par la suite que le meurtrier s’était radicalisé à la vitesse de l’éclair, ce qui ne s’est pratiquement jamais vu ces trente dernières années, depuis Khaled Kelkal, par exemple.

 

Enfin, contrairement à la thèse implicite du « loup solitaire » qui avait prévalu plusieurs jours durant, il fallut bien se rendre à l’évidence : l’homme avait des complices que les services spécialisés avaient promptement arrêtés.

 

L’habileté de ces flottements solfériniens est manifeste : les pouvoirs publics ont fait ce qu’ils ont pu et ce qu’ils ont dû. Jusqu’à proroger l’état d'urgence de six mois, un état qui avait prouvé son inefficacité dans la Baie des Anges. La drauche et la droite se sont magnifiquement retrouvées au Parlement, même si Valls s’est fait huer à Nice par ce que la France compte de plus rance et de plus réac.

 

La mondialisation a exporté le capitalisme financier de l'ouest vers l'est. Mais elle a aussi exporté les méthodes et l'idéologie de l'extrémisme islamique de l'est vers l'ouest.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 05:47

Il est dommage que les Français ne se mobilisent pas davantage contre le bradage solférinien de nos aéroports, convoités par les Chinois, bien sûr, mais aussi par des rapaces capitalistes bien de chez nous du style Vinci.

 

Ci-dessous un article du site Communistes à ce sujet :

 

Le SERVICE PUBLIC du transport aérien bradé par le gouvernement "socialiste"

 

Le gouvernement socialiste de Hollande brade le service public du transport aérien au profit des grands groupes capitalistes.  C'est l'ensemble des grands aéroports de province qu'il veut privatiser (cf. Communistes Hebdo n° 460 et 463).

Après avoir récemment cédé l'aéroport de Toulouse-Blagnac  à un groupe chinois associé à un fonds d’investissement hongkongais, c'est maintenant les aéroports de Nice et de Lyon qui vont passer aux mains du privé. Après suivront Bordeaux-Mérignac, Montpellier, Marseille, Bâle-Mulhouse, Strasbourg-Entzheim, qui s'ajouteront à la liste des aéroports déjà gérés par des concessionnaires privés (Grenoble, Chambéry, Clermont- Ferrand, Quimper, etc.).

Ce ne sont pas seulement les capitalistes chinois qui sont intéressés par ces concessions juteuses des aéroports, ils ont un grand rival : Vinci Airports qui emploie 190 000 salariés, qui gère 34 aéroports dans le monde, dont 12 en France (il convoite Nice et Lyon), 10 au Portugal, 3 au Cambodge, 1 au Chili, 2 au Japon et 6 en République dominicaine...

Chaque privatisation se traduit par la dégradation des conditions de travail, par des baisses de salaires, des suppressions d'emplois, par un recours massif à la sous-traitance, par la généralisation de la politique low-cost dans la gestion du secteur aéroportuaire.

Pour les entreprises capitalistes concessionnaires c'est l'explosion des bénéfices qui sont grossis par les activités commerciales. Les revenus des boutiques représentent 40 % en moyenne du chiffre d’affaires, auxquels il faut aussi ajouter 10 % générés par les parkings. Soit autant que les redevances aéroportuaires...

Cette politique de pillage systématique du service public offert à bas prix à des sociétés privées concerne tous les transports qu'ils soient aériens, maritimes, ferrés, routiers. La liquidation de la SNCM montre de manière éclatante le  comportement  des entreprises capitalistes avec la complicité du gouvernement à leur service pour surexploiter les travailleurs et  augmenter leurs profits.

Depuis la vente de la SNCM (cf. Communistes Hebdo n°361405432)l'entreprise low-cost Corsica Ferries "a établi un maillage inter-îles qui rayonne sur toute la méditerranée occidentale" et détient 77% des parts de marché du trafic vers la Corse... tandis que la part de marché de Corsica Linea, ex-SNCM, s'est effondrée de trois fois sa valeur et ne représente plus aujourd'hui que 12% !!! Ce qui n'effraie pas Corsica Linea née d'une magouille entre Patrick Rocca, repreneur désigné par le tribunal  de Marseille, et le consortium Corsica Maritima  qui n'avait pas été retenu. Quelques semaines à peine après avoir été désigné repreneur  Patrick Rocca cède ses parts à Corsica Maritima et Corsica Linea est créée... Son objectif : avoir une compagnie navigant sous pavillon international qui permet le recours à des contrats de travail au plus bas niveau et à des emploi de travailleurs extra communautaires. C'est tout simplement ce que la loi travail veut généraliser.

Le service public nous appartient, il a été financé par les travailleurs depuis plusieurs générations. Ce n'est que par la lutte qu'on reprendra les richesses que les capitalistes  nous volent.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 05:48

Lors de son entretien du 14 juillet, François Hollande s'est félicité de la création de 1000 emplois chez Peugeot. FO, CFE, CGC, CFTC, CFDT, GSEA ont récemment signé un accord avec la direction.

 

En 2013, l'entreprise perd de l'argent. L'Etat français et le groupe chinois Dongfeng entrent au capital de l'entreprise à hauteur de 14% chacun. Un effort est par ailleurs demandé aux salariés, accepté par la CFTC, FO et la CGC. Les salaires sont bloqués, le temps de travail augmente, 7 500 emplois sont supprimés sous forme de pré-retraite. De nombreux emplois sont délocalisés à l'étranger (16 sites).

 

En 2015, l'entreprise annonce 900 millions de profits et 1,5 milliard de trésorerie. La CFDT, FO, la CFTC, la CGC et le GSEA (syndicat européen peu représentatif proche du patronat) se satisfont de signer un accord prévoyant 1% d'augmentation de salaire par an pendant que le salaire du PDG passe de 3.230.500 euros en 2015 à 5.200.000 en 2106. En contrepartie de l'augmentation mirobolante de salaire, les employés pourront travailler huit jours de plus par an ou subir douze jours de chômage. En outre, les équipes de nuit percevront le même salaire que les équipes de jour et les usines tourneront à 105% de leur capacité.

 

Les 1000 emplois créés qui ont mis du baume au coeur de Hollande le seront sur trois ans et ne couvriront pas les départs "naturels" dûs aux postes supprimés depuis 2013.

 

 

 

 

 

La CFDT a signé cet accord léonin car elle le trouvait "acceptable". FO s'est dite satisfaite « d’avoir vu les maquettes en cartons des nouveaux véhicules ».

 

Seule la CGT a refusé de signer.

 

Source 

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 06:28

Je reproduis ici un article de la revue de l'Institut d'Histoire Sociale de la Seine Maritime :

 

Face au mouvement social contre la loi Travail dite El Khomri, le gouvernement a brandi la menace de l’interdiction de manifester, et l’a même mise en œuvre. L’occasion d’un retour sur l’histoire pour tâcher de mieux comprendre dans quelle cadre juridique se sont déroulées les manifestations au cours des 19 et 20 ème siècles.


C’est le décret-loi du 23 octobre 1935 qui fixe, pour la première fois, une réglementation d’ensemble sur l’action de manifester sur la voie publique. Avant cela, les textes sont rares et ne donnent pas de véritable statut juridique à la manifestation.

 

« 26 août 1789″: la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dans son article 10, affirme que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi >>.

 

« 27 juillet 1791″: loi qui criminalise, sous les termes d’attroupement séditieux, «tout rassemblement de plus de quinze personnes s’opposant à l’exécution d’une loi, d’une contrainte ou d’un jugement ».

 

« 3 septembre 1791: la constitution garantit aux citoyens « la liberté de s’assembler paisiblement et sans arme, en satisfaisant aux lois de police ».

 

« 10 avril 1838  »: loi qui précise que « toutes personnes qui formeront des attroupements sur la place ou la voie publique seront tenues de se disperser à la première sommation des préfets, sous-préfets, maires, adjoints, magistrats et officiers civils chargés de police judiciaire ».

 

« 7 juin 1848″: loi qui organise la répression des attroupements d’individus armés ou susceptibles de troubler la paix publique.

 

« 1884 et 1907″: débats à la Chambre des députés qui posent la question du droit de manifester. En 1907, Clemenceau refuse le principe d’un droit de manifester mais appelle les organisations syndicales et politiques à mieux les encadrer et à les organiser en lien avec l’autorité publique : « Je ne suis pas bien sûr qu’il y ait un droit de manifestation ; mais je suis d’avis cependant qu’il peut et qu’il doit y avoir une tolérance de manifestation ».

 

C’est dans ce contexte de relatif vide juridique que les manifestations se développent au XIXe siècle.

 

La manifestation apparait moins comme un droit que comme une pratique de fait soumise à tolérance de la part de l’administration. Elle s’inscrit pleinement dans le rapport de force travail/capital.

 

Les pouvoirs publics la regardent avec méfiance, craignant toujours la dérive insurrectionnelle.

 

Les heurts entre manifestants et forces de l’ordre sont en effet quasi-systématiques. Jusqu’à la manifestation « pacifique » du 17 octobre 1909, négociée avec les pouvoirs publics et encadrée par les « hommes de confiance », toutes les manifestations syndicales dans la capitale sont interdites.

 

« 25 octobre 1935″: décret-loi, adopté dans le contexte des manifestations de rue des ligues d’extrême-droite, qui réglemente la manifestation (déclaration préalable notamment).

 

Malgré le décret-loi de 1935, le droit de manifester reste très ambiguë. Du point de vue juridique, si la manifestation n’est pas condamnée, rien ne la consacre et ne la garantie pour autant. La « liberté de manifestation » reste précaire dans son principe et fortement encadrée quant à sa pratique.

 

« 1946 et 1977  »: deux tentatives de constitutionnaliser le droit de manifester échouent.

 

« 4 novembre 1950″: la Convention européenne des droits de l’Homme dispose dans son article 9 que « la liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi,constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

 

« 8 juin 1970″: loi dite « anticasseurs ». L’article 314 de cette loi, souvent appliqué dans les années 1970, porte atteinte à la liberté de réunion et d’expression et au droit syndical.

 

« 23 décembre 1981  »: loi n°81-1134 qui abroge la loi du 8 juin 1970 et ramène le système juridique français à son équilibre traditionnel.

 

« 18 janvier 1995  »: le Conseil constitutionnel reconnaît, dans sa décision n°94-352 DC, que la liberté de manifester est une composante majeure de la liberté d’expression.

 

Tout au long du 20 ème siècle, la manifestation s’est affirmée comme un des modes d’action principaux du mouvement ouvrier et s’est inscrit à part entière dans le fonctionnement démocratique. Si la pratique de la liberté de manifestation s’est située loin des textes, elle s’est inscrite pleinement dans le cadre de la liberté d’expression et dans celui de la lutte des classes.

 

La décision du Conseil constitutionnel de 1995 a apporté toutefois une précision particulièrement importante, qui conforte le droit de manifester.


Note réalisée à partir des travaux suivants :


Hubert G. Hubrecht, « Le droit français de la manifestation », in Pierre Favre (sld), La manifestation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1990, pp. 181-206.


Danielle TartakowskyLes manifestations de rue en France, 1918-1968, Publications de la Sorbonne, Paris, 1997.

Manifester : un droit !
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 06:13

Avec Rocard, comme avec Mitterrand, on n'en aura jamais fini. Face à la classe ouvrière, aux salariés en général, Rocard a frôlé la crapulerie. Ecoutons-le se souvenir (L'Obs, 7 avril 2016) : "Lorsque j'étais à Matignon, j'ai réussi à fusionner Air Inter, Air France et UTA (1), ce qui a sauvé l'entreprise... C'est une négociation qui fut discrète. De la même façon, j'ai cassé en deux le ministère des PTT, 500 000 fonctionnaires {ils étaient en fait moins nombreux, mais casser du fonctionnaire quand on est soi même un haut fonctionnaire, quelle érection !}, dont j'ai fait deux sociétés privatisables, et je n'ai pas eu un jour de grève..."

 

Angel Rossi, qui était responsable CGT dans le Gers à cette époque de trahison faucialiste, se souvient :

 

" C'est après la réforme de l'administration des services publics que le tandem Rocard-Quilès a mis en application le système des classifications. Il est fait nettement référence à l'entreprise. Le document officiel stipule : " La classification des fonctions est la base d'une nouvelle gestion des ressources humaines. Elle permet de reconnaître la contribution de chacun à l'efficacité de l'entreprise. 300 fonctions sont positionnées sur une grille de grades en onze niveaux (de I. à IV).

 

La CFDT a toujours soutenu et impulsé cette réforme, allant même jusqu'à dénoncer auprès des instances supérieures leurs camarades de la CGT qui n'en voulaient pas.

 

La mise en place en 1994 a donné lieu à une foire d'empoigne, chaque cadre voulant être responsable du plus grand nombre de personnes, parfois au détriment de son collègue.

 

Des adhérents de la CFDT ont été promus comme responsables de leur ancien encadrant qui, comme par hasard, n'était pas du bon syndicat.

 

S'en suivirent un peu partout des rétrogradations, de la souffrance au travail, du harcèlement, des dépressions.

 

Comme tout fonctionnaire, nous devions, pour changer de grade, passer un concours, gage d'équité et de non-favoritisme. Dès lors, un simple passage devant un jury suffisait !!!

 

(1) Pauvre Simone Veil dont le mari dirigeait cette dernière et qui pouvait se promener à moindre coût de par le monde !

De Profondis, Rocardibus (2)
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