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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 14:01

 

Cela fait quarante ans que les Britanniques (les Français aussi, me direz-vous) votent de plus en plus à droite, que leurs suffrages se portent vers le parti travailliste ou vers le parti conservateur. Alors, la division internationale du travail, ça les connaît et ils en redemandent.

Au début des années soixante, pour manger des lasagnes en Angleterre, il fallait entrer dans un restaurant italien, et ça coûtait la peau des fesses. Les Anglais, comme tous les autres, ont payé au prix fort la démocratisation de l’exotisme.

Si j’ai bien compris cette histoire de lasagnes à la viande de cheval, on a donc un Anglais qui achète des lasagnes surgelées dans son Tesco préféré. Sur l’emballage, il est écrit, puisqu’elles sont à la Bolognaise (my foot !) que ces lasagnes contiennent de la viande de bœuf. Il appert qu’elles contiennent surtout de la viande de cheval. La consommation de la viande de cheval outre-Manche n’est pas interdite : elle est taboue. Comme celle des grenouilles. L’idée de manger du cheval fait gerber les Anglais, ce qui est leur droit.

http://www.decotendency.com/wp-content/uploads/2011/05/table-anglaise-web.jpg

Le produit est de la marque Findus (« Heureusement, il y a Findus ! »), entreprise dont le siège social est situé à Bjuv en Suède. Après avoir été une filiale de Nestlé, Findus appartient au fonds d’investissement Britannique Lion Capital (de quoi se plaignent les Grands-Bretons, ils mangent national, non ?), 4,8 milliards d’euros depuis 2004, excusez du peu.

La viande de bœuf incriminée provenait de Roumanie. Par parenthèse, il va falloir s’habituer de plus en plus à manger roumain (je ne parle pas des Roumains qui vont continuer à crever de faim, je parle de nous) : il s’installe actuellement dans ce pays ravagé une entreprise à capitaux étatsuniens qui va produire cinq millions de cochons par an. Le bœuf est alors conditionné par l’entreprise française Comigel. Non, pas française. Luxembourgeoise. La plaque de l’entreprise est située à Metz, dans le même bâtiment que le consulat du Luxembourg. La filiale locale de Comigel, Tavola, est propriétaire d’une énorme unité de production dans le canton de Capellen au Luxembourg. Comigel est née dans le Grand-Duché en 1972 et elle assure l’approvisionnement de grands distributeurs (Auchan, Cora) ou de grandes marques de la congélation (Findus, Thiriet, Picard). L’entreprise (ses 200 employés) débite chaque année 17 000 tonnes de surgelés par an, envoyés dans une quinzaine de pays. Depuis 2007, Comigel appartient au fonds d’investissement Cerea Capital, après avoir été avalé en 1991, puis cédé par le groupe britannique Perkins Food. Sur la page internet de Cerea Capital, on lit ceci : « Céréa Gestionlève et gère des fonds dédiés aux opérations de transmission ou de financement mezzanine dans l’agroalimentaire et ses secteurs connexes. L’expertise sectorielle et le professionnalisme de ses équipes permettent d’accompagner avec pertinence les managers dans leurs décisions stratégiques et d’en faciliter la mise en œuvre. Céréa Gestion est un acteur engagé en faveur du Développement Durable dans le capital investissement ». « Développement durable » : on respire !

Comigel a annoncé le retrait de « tous les produits liés à son fournisseur », sans le nommer. En soirée, la chaîne de supermarchés Aldi (chaîne allemande, propriété de deux des cinq hommes les plus riches d’Allemagne) a annoncé que deux autres plats préparés distribués au Royaume-Uni par Comigel – des lasagnes et des spaghettis à la bolognaise – de la marque Today's Special contenaient entre 30% et 100% de viande de cheval.

Comigel pensait (croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer) qu’il s’agissait de viande d’origine française mais elle a appris, selon les dires de son président, Erick Lehagre, qu’elle venait en fait de Roumanie. «Il y a huit jours, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un problème, après avoir été alertés par des gens sur le marché britannique. Nous avons identifié le fournisseur en cause: il s’agit de la société Spanghero», basée à Castelnaudary dans l’Aude, a-t-il poursuivi. «Elle nous a indiqué que la viande venait d’un producteur roumain. On a pu voir qu’elle venait d’abattoirs en Roumanie qui abattaient et découpaient du boeuf et du cheval». Ah ! les frères Spanghero : la belle époque du rugby français. Trois géants, petits-fils de Frioulais. Des joueurs magnifiques, une reconversion magnifique. Dans les voitures, la viande, le cassoulet. Des centaines d’employés.

Quand je pense que tout ce beau monde se décarcasse pour que le prolo d’Huddersfield puisse manger des lasagnes à quatre shillings la barquette… More beautiful the life !

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 08:54

Texte délicieux d'Alain Gaudin repris du site Aventi.

 

http://cache.20minutes.fr/img/photos/jdn/2011-10/2011-10-30/article_photo_1319992678186-2-HD.jpgVouloir l’empêcher serait une erreur et une injustice. Le catholicisme n’est pas une maladie.


Bien qu’ils puissent sembler étranges et déplaire à beaucoup, les catholiques sont des êtres normaux et doivent jouir des mêmes droits que la majorité, de la même façon, par exemple, que les informaticiens et les homosexuels.

Nous sommes conscients que beaucoup de traits et d’aspects du comportement des catholiques, comme leur tendance à diaboliser le sexe, peuvent nous sembler bizarres.

Nous savons qu’il pourrait même émerger des questions de santé publique, liées à leur refus dangereux et délibéré de l’usage des préservatifs.

Nous savons aussi que beaucoup de leurs coutumes, comme l’exhibition publique d’images de torturés, peuvent déranger beaucoup d’entre nous.

Cependant tout cela correspond davantage à une image médiatique qu’à la réalité, et cela n’est pas une bonne raison pour leur interdire le droit au mariage.

Certains pourraient arguer qu’un mariage entre catholiques n’est pas un vrai mariage, car il s’agit pour eux d’un rite et d’un précepte religieux engagé devant leur dieu, plutôt que d’un contrat entre deux personnes.

 

http://unionantifascistetoulousaine.files.wordpress.com/2011/11/afp-eric-cabanis.jpg


En outre, étant donné que les enfants nés hors mariage sont lourdement condamnés par l’Église catholique, l’on pourrait penser qu’en permettant aux catholiques de se marier on augmenterait le nombre de mariages « précipités » ou voués à la simple recherche du sexe (prohibé par leur religion en dehors du mariage).

De la même façon, on dit que cela favoriserait les situations de violence familiale et les familles à problème.

 

Mais il faut rappeler ici que cela ne concerne pas seulement les familles catholiques et que, étant incapables de nous mettre dans la tête des autres, nous ne pouvons pas préjuger de leurs motivations.

Dire qu’il ne faudrait pas appeler cela mariage mais d’une autre façon, cela ne revient qu’à détourner le problème – et de manière mesquine – vers des questions lexicales totalement hors de propos.

Même catholique, un mariage reste un mariage et une famille une famille !

Et en parlant de famille, passons à l’autre thème brûlant, dont nous espérons qu’il ne sera pas trop choquant : nous sommes également favorables à l’adoption pour les couples catholiques.

D’aucuns crieront au scandale. Il est probable que l’on nous réponde avec une affirmation du type : « Des catholiques qui adoptent des enfants ?!? Mais les enfants pourraient devenir eux aussi catholiques ! »

Face à ces critiques, nous répondons qu’il est vrai que les enfants de catholiques ont de fortes probabilités de devenir à leur tour catholiques (à la différence des enfants d’homosexuels et d’informaticiens), mais nous avons déjà dit que les catholiques sont des gens comme les autres.

Malgré les opinions de certains et quelques indices en ce sens, il n’existe pourtant pas de preuves que les parents catholiques soient moins préparés que les autres à éduquer des enfants, ni que le climat religieusement orienté d’un foyer catholique ait une influence néfaste sur l’enfant.

Enfin les tribunaux pour mineurs s’expriment sur chaque cas particulier, et c’est précisément leur rôle que de déterminer l’aptitude des potentiels parents adoptifs.

En définitive, malgré l’opposition d’une partie, je crois qu’il faudrait permettre aux catholiques de se marier et d’adopter des enfants. Exactement comme les informaticiens et les homosexuels.

 

http://cache.20minutes.fr/photos/2011/12/21/paris-02-novembre-2011-diaporama.jpg

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 07:05

http://www.metrofrance.com/_internal/gxml!0/r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$gv6fryqbhdemi6af8mooeg95u1ui0li/JB1.jpegAvec la femme politique Jeannette Bougrab, nous ne sommes pas au niveau d’une Morano brut de décoffrage, d’un Lefèbvre plus pâteux qu’un chewing gum usagé, d’une Rama Yade  dont les dents rayent tellement le parquet qu’il n’y a plus de parquet, d’une Fadela Amara qui a trahi les siens et leur cause commune, ni même d’une Pécresse avec son éternel sourire d’hémiplégique.

Bougrab est une authentique universitaire, une personne de réelle qualité. Née dans l’Indre, elle est fille de harki, c’est-à-dire d’un supplétif au service de l’armée coloniale française en Algérie. On ne va pas appuyer là où ça fait mal : autant certains harkis furent des kollabos enthousiastes, autant d’autres furent enrôlés de force. Il n’est, cela dit, pas étonnant qu’étant la fille d’un homme ayant servi un ordre injuste, Jeannette Bougrab ait été repérée (comme Rachida Dati) par des gens influents de droite et qu’elle ait très vite rallié l’hyperbourgeoisie qui nous gouverne avec la férocité que l’on sait.

Après un court passage à la présidence de la Haute Autorité de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Le Canard Enchaîné l’accusa d’avoir doublé son indemnité, le tribunal correctionnel de Paris, où elle porta plainte, estima que les chiffres avancés par l’hebdomadaire satirique n’étaient pas fantaisistes), elle est nommée en novembre 2010 secrétaire d’État à la jeunesse et à la vie associative dans le gouvernement de François Fillon. Avant cela, elle avait reçu une claque retentissante lors des élections législatives de juin 2007. Tentant de ravir au député socialiste Christophe Caresche sa circonscription du quartier très populaire de Barbès et de Clignancourt, elle avait réalisé le plus mauvais score de la droite depuis la guerre. À l’issue du scrutin, mauvaise perdante, elle s’était déclarée déçue d’avoir été cantonnée à un rôle « d’animateur de réunions communautaires ». Et pourtant, Alexandre Adler en personne était venu la soutenir !

Elle s’est consolée de cet échec grâce à une nomination comme maître des requêtes au Conseil d’État au tour extérieur (ah ! ce brave tour extérieur). Elle est aujourd’hui membre d’un cabinet d’avocats étatsunien et animatrice d’un groupe de pression d’assureurs, le Conseil d’orientation et de réflexion de l’assurance. On voit donc où se situent ses intérêts professionnels.

Elle est laïque, républicaine, contre le port du voile et contre la discrimination positive. Elle est pour le mariage des homosexuels et estime qu’il n’y a pas de « charia light »). En janvier 2011, elle déclare, en contradiction avec la position officielle du gouvernement, que Moubarak doit quitter le pouvoir. Elle est rappelée à l’ordre par François Fillon et doit faire un mea culpa officiel.

Bref, c’est une femme de conviction.

De conviction mais, comme elle l’admet sans ambages, elle « doit tout à Nicolas Sarkozy ». Faute de goût, diront certains : tout devoir à l’homme du Fouquet’s, tout devoir à quelqu’un, quel qu’il soit, ça fait tache ! C’est lui, dit-elle, « qui m’a nommée au Conseil d’État, c’est lui qui, quand j’ai quitté la politique, est revenu me chercher pour me nommer à la HALDE et ensuite ministre. Mais en même temps, je ne suis pas une courtisane donc il m’arrive de dire quand je ne suis pas d’accord. Quand je n’ai pas été d’accord avec la droite populaire je l’ai dit publiquement, je suis favorable au mariage des homosexuels et à l’adoption pour les couples homos, je le dis également publiquement. Dès que l’on nuance son propos à l’égard de son patron, on est considéré comme impertinent. Nicolas Sarkozy aurait pu me faire dégager vingt-cinq fois, et pourtant il ne l’a pas fait. Je crois que ce qui a fait ma force c’est que, même quand c’est désagréable, je dis les choses. » Elle affirme avoir aujourd’hui quitté la politique, mais si Sarkozy revient, elle reviendra, elle ne reviendra « que pour lui ».

Jeannette Bougrab vient de publier un livre bilan : Ma République se meurt, chez Grasset. Et là, ses confessions font peine à entendre. Car Jeannette y fait preuve d’une chochottitude de mauvais aloi. Comment peut-elle s’étonner, se plaindre que, dans la bande qu’elle a rejointe, certains la considèrent comme l’Arabe de service et la traitent plus bas que terre. La délicatesse, c’est bien. La fausse naïveté, c’est moins bien. L’aimable Pierre Charron se moque de son nom : « Pierre Charon m’avait affublé d’un surnom charmant croyant faire un jeu de mot hilarant à partir de mon nom de famille : bout de gras, j’en ris encore ». Allons, allons ! Sur les photos, Pierre Charron exsude la gentillesse, l’urbanité, la finesse. Un ancien secrétaire d’État de Raffarin lui aurait dit : « le sang qui coule dans tes veines n’est pas français. » L’Arménien Devedjian était-il l’auteur de cette plaisante raffarinade ? Quant à Valérie Pécresse, élève de Sainte-Marie de Neuilly-sur-Seine et de Sainte-Geneviève à Versailles, elle eut quelque difficulté à comprendre que l’Arabe berrichonne fût sans dieu : « Valérie me présente en précisant que je ne suis pas ‘ leur Arabe de service ’ ». « Les bras m’en tombent mais je ne dis rien. Je reste sans voix. » Valérie Pécresse lui demande alors son appartenance religieuse : « athée », répond Bougrab. Ce à quoi Pécresse répond qu’il ne faudra plus jamais le dire « car selon elle, l’athéisme serait segmentant ». « Je tentais de l’excuser en me disant que cette réflexion devait sans doute lui venir de ses électeurs : les Versaillais » ». Le chti Claude Guéant, pour sa part, fulminera, délicatement lui aussi, contre la prise de position de Jeannette, hostile à Moubarak : « Il n’y a rien à faire avec les gens comme vous » … « J’avais évidemment compris ce qu’il voulait dire. Les Rama, Rachida et Jeannette, toutes les mêmes ».

Quand on naît dans l’Indre, on naît au centre de la France, c’est-à-dire dans un endroit où les nouvelles arrivent plus tard qu’ailleurs, de manière atténuée. La pêche à la ligne est un sport extrême. La lutte des classes est un chapitre dans un livre d’histoire, le racisme n’est jamais ordinaire. Tout est ouaté, même pour une fille de harki. Et quand on est intelligent, le monde n’est que délicatesse à votre égard. Jusqu’à ce que l’on croise un Charon, un Hortefeux, une Pécresse.

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 14:49

Le sexologue anticlérical Théophraste R., du Grand Soir, critique le fait que Madame Nathalie Kosciusko-Morizet se soit retirée (pas très chrétien de se retirer) du débat sur le mariage pour les homosexuels.

 

 

Le cul entre deux chaises, Nathalie Kosciusko-Morizet a tweeté le 4 février : 

 
« #Mariagepourtous : je choisis une abstention militante et engagée ».

Voila qui nous sort du manichéisme électoral du « Pour ou contre ».

 
Il était temps de distinguer les« abstentions militantes et engagées » des :
- abstentions neutres et dégagées, 
- abstentions anarchistes (« Elections, pièges à cons ! »),
- absentions gauchistes (« Il faut pendre le dernier électeur avec le dernier rideau du dernier isoloir »).
- abstentions communistes (« Bonnet blanc et blanc bonnet »). 
- abstentions confusionnistes (« Contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre »),
- abstentions centristes (« L’amour ne peut exister qu’entre un homme et une femme. Ou entre deux femmes. Ou entre deux hommes. »).
- abstentions feignasses (« Le réveil n’a pas sonné »).

 
Bien entendu l’abstention : « Je compte être candidate à la mairie de Paris et j’ai besoin des voix du Marais » reste à inventer.

 

 

Un lecteur du Grand Soir en remet une petite couche :

 

Quel mépris pour les électeurs de Longjumeau, tout de même. Se servir d’eux comme d’un tremplin, pour pouvoir ensuite lorgner sur un poste plus prestigieux (et plus juteux), c’est quand même du mépris à l’état brut. Pareil pour Fillon qui a lâché ses électeurs de la Sarthe pour se faire élire dans le 7ème arrondissement de Paris. Si j’étais un électeur sarthois de Fillon, ou un électeur longjumellois de NKM, je me sentirais vraiment cocu (je ne trouve pas d’autres mots).

Cela en dit long sur le mépris qu’ont nos élites pour le vulgum pecus que nous sommes.

 

Quant à Dwaabala, qui ne peut pas s'empêcher, il moralise :

 

... Faut bien une vesse de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet.
Attention, cependant à ne pas devenir fou entre deux messes !

 

J'ajouterai pour ma part que le contrepet est l'art d'inoculer les encens.


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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 07:59

Pierre Verhas (Uranopole) nous propose ici une analyse du drame de la sidérurgie, vu de Belgique, où la situation est peut-être encore plus alarmante qu'en France.


 

Au Nord, c’était les corons… C’était ! Au Nord, c’était les forges… Ce n’est plus ! Et le ciel reste l’horizon ; les hommes envoyés au fond !

 

 

Un demi-siècle de cupidité et d’erreurs, d’errance et d’hésitations , d’ignorance et de lâcheté, de stupidité et de vanité a anéanti le fleuron du génie industriel d’Europe occidentale. La sidérurgie européenne née il y a près de trois siècles dans les bassins hennuyer,  liégeois et lorrain a disparu en trois décennies.

 

 

arcelor_mittal_Liege.jpg

 Arcelor-Mittal, la phase à froid à Liège va fermer.

 

Cette industrie a connu tous les errements de la gestion des hommes et des biens. Née du génie et de la volonté de quelques-uns qui l’ont mise sur les fonts baptismaux dès la fin du XVIIIe siècle, la sidérurgie se développa grâce à la fermeté de capitaines d’industrie et grâce aussi aux luttes ouvrières pour la conquête d’une place digne au travail. Les guerres lui apportèrent aussi bien un sang neuf  que des destructions. Elles se redressèrent après. La crise charbonnière commencée dès les années 1950 la toucha de plein fouet. Le charbon qui est sa source d’énergie et aussi, par le coke, sa matière première, surenchérit et une compétition mondiale se fit jour. Cependant, on vivait les illusoires « golden sixties » où la consommation était telle que l’on pouvait se permettre de produire au prix fort. Et chacun dormit sur des lauriers ne détectant pas les premiers symptômes de la maladie mortelle de la surproduction.

 

 

 

surproduction_automobiles.jpg

 La surproduction automobile a particulièrement touché la sidérurgie.

 

La décolonisation fut le premier choc. La sidérurgie européenne commença à décliner. Les premières politiques d’austérité frappèrent de plein fouet le monde du travail. Les bassins hennuyer et liégeois connurent la plus importante mobilisation ouvrière de l’après-guerre en décembre 1960. Mais cela ne changea rien. Le déclin se poursuivait inéluctablement.

 

 

Une crise de surproduction

 

 

Dans les années 1970-80, sous la pression des organisations syndicales et des  Socialistes, la sidérurgie fut nationalisée. Cependant, cette nationalisation signifiait aussi politisation. On mit à la tête des entreprises des politiques dont ce n’était pas le métier. À une ou deux exceptions près, ce fut une catastrophe. Il a fallu alors faire appel à un patron français, Jean Gandois. Il remplit sa mission. Il parvint à sauver l’outil, mais il était trop tard. Face à la surproduction, la Commission européenne imposa des quotas. Dans sa vision purement économiste, elle ne tint pas compte des autres aspects. Il y avait les conséquences dramatiques pour l’emploi, mais aussi pour les bassins. Toute une économie tournant autour des aciéries était menacée. Gandois, lui, ne put que préparer un plan de fermetures progressives des outils en Wallonie.

 

 

jean_gandois.jpg

 Jean Gandois finit par prôner la fermeture !

 

De plus, en Belgique, se greffa le problème « communautaire ». Les dirigeants flamands exigèrent la régionalisation des secteurs dits nationaux, c’est-à-dire les secteurs de l’économie belge qui avaient été nationalisés ou qui étaient fortement subsidiés, comme le verre creux d’emballage, ce qui restait des charbonnages du Limbourg et essentiellement la sidérurgie wallonne, la sidérurgie maritime à Gand étant toujours rentable. Quelques syndicalistes wallons étaient même d’accord, ne se rendant pas compte que la fin de la solidarité nationale signifiait une perte considérable pour l’entreprise.

 

 

Robert_Collignon.jpg

Robert Collignon, alors ministre-président de la Région wallonne

aurait bradé Cockerill-Sambre.

 

Aussi, la vente était inéluctable. Le ministre président de la Région wallonne de l’époque, le Socialiste Robert Collignon, négocia avec le groupe français Usinor – Sacilor qui venait d’être privatisé. La session de Cockerill – Sambre fut effectuée en 1998. On reprocha à Collignon d’avoir bradé le sidérurgiste wallon, ce qui mit fin à sa carrière politique. Encore une fois, les politiques n’étaient pas armés pour ce genre de négociation, ou n’avaient pas pris la peine de s’entourer de gens compétents en la matière. De plus, le secteur public était désormais exclu de tout pouvoir en matière de contrôle des outils sidérurgiques. En 2002, Usinor-Sacilor fusionne avec l’Espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed. Ils forment ainsi Arcelor.

 

 

Zorro Mittal est arrivé !

 

 

En 2006, arrive Lakshmi Mittal, propriétaire du deuxième groupe sidérurgique mondial, Mittal Steel Company. Il lance le 29 janvier 2006 une OPA hostile sur Arcelor, donc aussi bien les outils français de l’ex-Usinor, luxembourgeois de l’ex-Arbed et belges de l’ex-Cockerill-Sambre, avec en plus Sidmar à Gand et la Fabrique de Fer à Charleroi. Mittal, 6efortune mondiale, n’était pas un petit nouveau en Europe. Il était connu dans la City londonienne et avait déjà acquis des sites en Roumanie et en Bulgarie et s’était approprié dans des conditions obscures des mines au Kazakhstan. Mittal était encore un « petit » dans le secteur. Et son OPA sur Arcelor qui était alors le premier groupe sidérurgique mondial surprit pas mal de monde.

 

 

 

Lakshmi-Mittal.jpg

 Lakshmi Mittal considéré comme un nouveau Messie !

 

Comment était-il possible qu’un sidérurgiste « moyen » s’attaque au plus grand ? En dehors du fait que les médias ont dressé de Mittal le portrait d’un homme d’affaires de génie – il a toujours soigné sa com’, le bougre – il lui fallait malgré tout de solides moyens pour pouvoir procéder à une telle opération.

 

 

Sauvé : Goldman Sachs est là !

 

 

Et ici, on retrouve nos bons amis de Goldman Sachs. La banque de New Jersey avait prêté à Mittal 7 milliards de dollars pour ses différentes acquisitions.

 

Cependant, le groupe n’était pas certain de récupérer ses billes. Aussi, fidèle à sa stratégie de fuite en avant qui a provoqué la crise financière de 2008, Goldman Sachs estime qu’il faut accoler Mittal à un groupe plus puissant.

 

 

goldman-sachs-jersey.jpg

 Siège de Goldman Sachs dans le New Jersey

 

Arcelor est ainsi devenu la cible. Le groupe était dirigé par des industriels qui ne se souciaient guère de voir ses actions végéter en Bourse. De plus, à l’exception du gouvernement luxembourgeois, les gouvernements belges, espagnols et français ne disposaient plus que de participations symboliques chez Arcelor. Aussi, le groupe européen était une cible idéale. Comme l’écrit Martine Orange dans « Mediapart » du 1er décembre 2012 : « les États européens, épris d’un libéralisme de bon ton, ont décidé de renoncer à avoir tout droit de regard sur le groupe, en dépit des milliards de subventions accordés précédemment et du poids du groupe sur des filières industrielles entières, des répercussions sur l’emploi et dans certaines régions. »

 

siege_Arcelor.jpg

 Siège d'Arcelor à Luxembourg

 

 

En outre en fusionnant le groupe de Mittal et Arcelor, la nouvelle entité contrôlerait plus de 10 % du marché mondial de l’acier. Cela lui donne une taille suffisante pour peser sur les prix mondiaux. C’est l’assurance d’une bonne rentabilité pour Goldman Sachs et d’un bon « trading » en Bourse, autrement dit on pourra spéculer sur les actions Arcelor-Mittal sur les « marchés ». Arcelor s’est très mal défendu face à cette attaque Goldman Sachs – Mittal, il a d’abord cherché à s’associer au Russe Severstal. Cela n’a pas marché. Ensuite, le groupe luxembourgeois a frappé à la porte de l’éternel concurrent allemand, Tyssen Krupp. Peine perdue ici aussi.

 

 

L’extraordinaire puissance de Lakshmi

 

 

Tout le monde est impuissant face à cette offensive qui se règle entre actionnaires. Le gouvernement français envoie à Mittal une lettre de 45 questions concernant les garanties relatives au maintien des outils et sur l’emploi. Lakshmi Mittal calme le jeu : il est d’accord sur toutes les demandes. On sait ce qu’il en a été !

 

L’offre au départ de 18,6 milliards d’euros, passe à 25,6 milliards quelques mois plus tard. L’OPA est réussie. À lui seul, Lakshmi Mittal et sa famille détiennent 41 % du groupe. Il est au sommet de sa gloire. En 2008, il sera nommé administrateur de Goldman Sachs et d’EADS (le groupe aéronautique et d’armement franco-allemand), en signe de reconnaissance. Au début, tout baigne. Les prix de l’acier atteignent des sommets et les fermetures des hauts fourneaux (la phase à chaud) jugés peu rentables par Arcelor qui les avait planifiées sur dix ans, afin d’éviter les drames sociaux, sont oubliées. Il promet même de nouveaux investissements à Charleroi, Liège, Florange, Grandrange et à Fos sur mer.

 

 

 fos_sur_mer.jpg

Fos sur mer : l'acier à la plage. Bientôt, il ne restera que le sable.

 

 

Mittal installe son pouvoir. Il vire l’ancienne haute direction d’Arcelor. Il y place ses proches, avec en tête, son fils âgé de… 23 ans. En 2007, c’est l’année record : le groupe de l’Indien atteint un profit historique de 10,7 milliards. L’action et les dividendes grimpent aux sommets. Cependant, avec la frénésie de rachat de sites, de mines, etc., dans le monde entier, le groupe de Mittal est fortement endetté, grâce aux « largesses » de Goldman Sachs.

 

D’autre part, la production d’acier est par définition très cyclique. Et après 2007, l’on passe à une période descendante. Aussi, Mittal joue, au grand dam des travailleurs et des organisations syndicales, la stratégie dite du « stop and go » qui avait été celle des maîtres de forge européens avant la crise de 1974 : on ferme et on rouvre les hauts fourneaux en fonction de la conjoncture.

 

Les nuages s’amoncèlent.

 

La crise de l’automobile commence à se faire sentir. Ce secteur est le principal client d’Arcelor-Mittal. Très vite, le groupe connaît de sérieuses difficultés. Et c’est la sidérurgie européenne qui sera le plus visée : équipements vétustes à cause du sous-investissement des opérateurs successifs, salaires élevés et les normes environnementales bien plus sévères en Europe qu’ailleurs.

 

La farce des quotas CO2

 

En effet, suite au protocole de Kyoto adopté par l’Union européenne et refusé par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil, a été mis en place les quotas CO2 Les installations les plus émettrices de CO2 ont un certains nombre de quotas à ne pas dépasser. Ces quotas peuvent être vendus sur le marché du carbone. Tout est contrôlé par le journal des transactions de l'UE (CITL). Mais, comme Mittal applique la stratégie du « stop and go » dans ses installations européennes, surtout celle du « stop », il a joué sur les quotas qu’il a touchés puisqu’il n’atteint plus le nombre requis et leur revente lui permet de financer les unités de production hors UE et hors « Kyoto ». C’est ce qu’on a appelé le « permis de polluer ailleurs ».

 

 

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La sidérurgie est très polluante (ici les Forges de Clabecq)

 

 

On arrive même à des situations absurdes. Le journal économique belge « l’Echo » du 2 février 2013 relate qu’Arcelor-Mittal a assigné la Région wallonne en Justice pour non paiement des quotas CO2. En effet, le haut fourneau 6 à Liège qui devait être fermé et qui a continué à produire : lors de l'élaboration du plan d'allocation, le haut-fourneau 6 était à l'arrêt et le second haut-fourneau devait fermer en 2009, en raison d'un projet d'arrêt de la phase liquide. En 2007, l'entreprise a finalement décidé de continuer à utiliser les deux hauts-fourneaux à condition que le site de Liège puisse recevoir l'allocation de quotas de CO2 nécessaire basée sur les prévisions d'émissions durant la période 2008-2012. L'entreprise réclame les quotas concernant sa production réelle, soit 965.000 tonnes de CO2. « Au moment où ArcelorMittal nous a réclamé ces quotas, la Région avait déjà épuisé ses réserves pour les nouveaux entrants: nous n'avons donc pas d'obligation d'allouer ces quotas », déclare le ministre Philippe Henry dans « l'Echo ». Il rappelle qu'il « souhaite soutenir une activité sidérurgique pérenne sur le long terme dans la phase à froid, mais ArcelorMittal ne doit pas continuer à penser que la Wallonie va tout accepter ». Il est presque temps !

 

 

philippe_henry.JPG

 Le ministre wallon écolo Philippe Henry : de la fermeté mais un peu tard !

 

Donc, non seulement, Arcelor Mittal dépasse les quotas requis, mais a aussi l’audace d’attaquer la Région pour refus de paiement de quotas non dus, en outre, elle est l’entreprise qui se taille la part du lion dans les quotas CO2. Cela représente des milliards d’euros empochés ! Ecologie et finances se marient très bien en l’occurrence !

 

 

On ferme !

 

 

Mais dès 2010, Mittal reprend à son compte le plan Gandois de fermetures qui date de 2003 ! Tous les sites européens sont menacés. Il commence par l’ancien site de Carlam à Charleroi, tandis que le haut fourneau de Carsid qui appartient à Duferco est lui aussi fermé « provisoirement » pour être définitivement démantelé le 31 décembre 2012. En France, c’est la phase à chaud de Florange qui est fermée dès 2012. A Liège, les hauts fourneaux sont fermés. C’était prévisible. Aussi bien Gandois, qu’Arcelor, que Mittal lui-même avaient prévu la fermeture du chaud. Et puis, fin 2012, c’est l’annonce de la fermeture définitive, cette fois-ci du froid, de sept lignes pour le moment, avec à la clé 1.300 emplois supprimés, sans compter les emplois indirects. Dunkerke, Sidmar et Brème ne sont pas menacés, mais cela ne pourrait tarder.

 

 

 

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 Arcelor Mittal : c'est l'homme qui trinque !

 

 

Le rapport Laplace

 

 

Le 16 janvier 2012, à la demande du gouvernement wallon, le bureau d’études Laplace conseil remet un rapport sur l’avenir de la sidérurgie à Liège. D’emblée, il annonce la couleur : « La fermeture du Chaud de Liège est irréversible. Le Froid est très menacé et son approvisionnement par Dunkerque ne garantirait pas son équilibre économique. Le financement complet par Arcelor Mittal  des coûts sociaux et surtout environnementaux pour la remise en état des sites fermés n’est pas assuré. » Et il ajoute plus loin : « La fermeture définitive  du Chaud  de Liège  est irréversible, car les retards successifs d’investissements de modernisation, imputables en grande partie au manque de confiance des actionnaires successifs dans la fiabilité sociale de l’entreprise, sont aujourd’hui trop importants pour être comblés de façon économique. » Autrement dit, Laplace est très critique à l’égard des syndicats qu’il accuse de refuser systématiquement tout changement. Cependant, le rapport Laplace recommande une négociation avec Arcelor-Mittal afin de trouver « un équilibre entre le droit d’Arcelor Mittal à réaliser une restructuration de son dispositif industriel européen, même au prix d’une fermeture, et ses devoirs envers la Région qui l’a accueilli et aidé ainsi que les travailleurs qui ont participé à créer la valeur de l’entreprise. » et la création d’un Fonds cogéré entre Arcelor-Mittal, la Région wallonne et les organisations syndicales pour la création d’une filiale industrielle. Celle-ci sécuriserait le froid, construirait une aciérie électrique, créerait une société de « défaisance » pour assainir les sites du chaud fermés et l’indemnisation par Arcelor-Mittal les travailleurs licenciés.

 

 

On sait ce qu’il en est ! Arcelor-Mittal retire ses billes, point barre ! Il se réfugie provisoirement à Dunkerque, à Gand, à Brème et à Fos sur mer, autrement dit la sidérurgie maritime.

 

 

Tout n’est pas si rose chez Mittal.

 

 

Car, tout n’est pas aussi rose qu'on le croit chez Mittal. En effet, certains prétendent qu’Arcelor Mittal empoche des bénéfices. Ce n’est pas exact. Le groupe est surendetté. Il doit rembourser plus de 6 milliards d’euros entre 2013 et 2014. Or, Mittal a les plus mauvaises performances et la plus mauvaise notation des groupes sidérurgiques mondiaux. Il est encore soutenu par Goldman Sachs, et ce, au détriment de milliers de travailleurs qui se retrouvent sur le carreau en France et en Belgique. C’est sans doute la plus grande catastrophe sociale de l’après-guerre : 60.000 emplois supprimés en cinq ans !

 

De plus, Mittal refuse de vendre le moindre site fermé. Il a toujours gardé tous ses actifs, quel qu’en soit le prix. On en revient au temps des années 1970 où les patrons de la sidérurgie empochaient les bénéfices et socialisaient les pertes. Et le politique n’a toujours pas tiré la leçon de cet immense gâchis.

 

La stratégie de Mittal

 

Mittal a une stratégie à long terme. C’est un fameux joueur d’échecs qui use aussi du court-terme ; c’est ce qu’il vient de faire en fermant les sites wallons et lorrains.

 

La stratégie de Mittal est de s’approprier les technologies et de les développer en collaboration avec les Universités, comme celle de Liège. Le gouvernement belge vit en l’arrivée de Mittal une espèce de Messie qui allait sauver l’acier wallon et développer l’outil Sidmar. Mittal, grâce aux énormes moyens dont il disposait, passa outre les réticences des politiques et il reçut un paquet énorme de subsides. En réalité, il effectua un formidable transfert de technologie pour ses projets de développement sous d’autres cieux et ce à cause de l’aveuglement des responsables politiques et économiques belges, français, espagnols et luxembourgeois. Il ne vendra pas ses sites à un concurrent éventuel. De plus, une nationalisation telle qu’elle a été envisagée par les syndicats liégeois et Arnaud Montebourg est impossible : Mittal s’est approprié tous les brevets qui se trouvent dans une société luxembourgeoise qui l’appartient. Nationaliser reviendrait dès lors à doter l’Etat de coquilles vides.

 

 

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 Arnaud Montebourg se trompe : la nationalisation est impossible.

 

Son objectif : dépouiller la sidérurgie européenne et lorsque la demande reviendra produire à bas prix (sans respect des normes sociales et environnementales dans les pays émergents, essentiellement Inde et Brésil). Ainsi, il renouera avec les bénéfices et aura éliminé le principal concurrent qu’il a conquis au préalable.

 

 

La facture sociale sera catastrophique : accroissement du chômage dans plusieurs régions d’Europe, exploitation éhontée de travailleurs précaires et sous-payés en Inde et au Brésil, destruction de l’environnement. C’est aussi la première phase de la désindustrialisation en Europe. En effet, comment feront les nombreux secteurs manufacturiers comme l’industrie automobile et aéronautique qui ont besoin d’acier ? Ils seront contraints, sous peine de disparition, de délocaliser transformant le vieux continent en désert économique et social. Mais, ce scénario catastrophe n’est pas absolument certain : Mittal avec son endettement colossal tiendra-t-il suffisamment longtemps pour atteindre son but ?

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 11:08

 

http://www.lasociologie.fr/wp-content/uploads/2012/04/weber-capitalisme1.jpgCi-dessous un artcle très intéressant tiré du blog de Jean-Luc Mélenchon sur la privatisation totale, à court terme, des részaux ferrés européens. Le libérateur Hollande n'a pas la moindre envie de nous libérer des hystériques de la Commission européenne qui nous guvernent réellement.


Siim Kallas : une catastrophe ferroviaire programmée ?

Siim Kallas c’est le nom de l’Estonien qui est en charge du rail à la Commission européenne. Un enragé dogmatique dans l’offensive contre les services publics. Sa prochaine cible, c'est le TGV et les trains « grandes lignes ». Ainsi que l'ensemble du système ferroviaire et de sa gestion. La Commission doit en effet présenter son "quatrième paquet ferroviaire" le 30 janvier. Elle se propose de détruire ce qu'il reste du service public ferroviaire.

On devine la sacro-sainte motivation de ce nouveau délire. La Commission européenne veut renforcer la concurrence dans les transports ferroviaires. Pour cela, elle veut séparer encore plus strictement qu'aujourd'hui la gestion du réseau ferré et l'exploitation des lignes. Sans être trop technique, je m'explique. Ces deux activités sont séparées et exercées par des entreprises différentes. D'un côté, Réseau ferré de France (RFF) gère l'infrastructure, c'est-à-dire les voies, leur entretien, leur rénovation. RFF attribue aussi les droits de passage aux compagnies ferroviaires : les sillons. De son côté, la SNCF exploite les lignes en proposant des trains parfois en concurrence avec des opérateurs privés pour le fret ou le transport international de passagers. Mais dans les faits, RFF est une coquille presque vide. Pour assurer la gestion quotidienne, RFF a en fait recours à une filiale de la SNCF appelée « SNCF Infra ». C'est dire le degré de bêtise de cette séparation ingérable ! En attendant, c’est cette branche de la SNCF qui effectue la gestion et la maintenance quotidiennes du réseau ferré pour le compte de RFF.

Pour la Commission européenne, c'est une atteinte insupportable au dogme de la "concurrence libre et non faussée" ! Le commissaire européen chargé des transports, l'Estonien Siim Kallas, a donc mijoté un plat très épicé. Son avant-projet de réforme exige une séparation totale entre le gestionnaire du réseau et les exploitants des lignes. C'est "l'Unbundling". Le bon sens montre au contraire que l'efficacité et la qualité du service public exigent de revenir à une intégration beaucoup plus forte entre le gestionnaire et l'exploitant et même, dès que possible, à une entreprise unique. Mais le dogmatisme du commissaire est sans limite. Frédéric Cuvillier lui-même, le ministre des Transports français, a estimé devant deux commissions de l'Assemblée nationale que cette décision « n'a pas de nécessité, ne s'explique pas » et que « le commissaire Kallas doit remettre le métier sur son bureau ». Manifestement, il n'a pas été assez clair. Le fanatique estonien a répondu avec une rigidité absolue : « Notre proposition reste en l'état à ce stade. Nous ne l'avons pas modifié d'un iota. Notre philosophie n'a pas changé sur la séparation ». Philosophie ? Ce type devrait soigner ses traductions. Faux jeton comme pas un, à propos de ses échanges avec le ministre français, il a même ajouté : « Il n'y avait pas de divergences radicales. Les divergences portaient sur des détails, elles peuvent être réglées sans trop de soucis ».

De deux choses l'une. Soit le commissaire européen ment et il s'apprête à fouler aux pieds l'opposition de la France dans une grande brutalité libérale. Soit le commissaire européen dit vrai et la résistance du ministre français n'est en fait qu'un jeu de rôle de pacotille. Nous avons toutes les raisons d'être inquiets. Car le gouvernement Ayrault ne semble s'opposer que très mollement. C'est en tout cas ce que nous enseigne un autre aspect de ce dossier. Car le projet de la Commission européenne prévoit aussi la libéralisation totale du transport ferroviaire avec l'ouverture à la concurrence de l'ensemble des trains grandes lignes dont le TGV. Le journal Les Echos a révélé le 10 janvier dernier les projets de la Commission sur le sujet. Consternant !

Il faut savoir que le fret ferroviaire est déjà ouvert à la concurrence depuis 2006. Les lignes internationales, comme Paris-Turin, sont elles aussi déjà ouvertes à la concurrence depuis 2009. Les lignes régionales sont menacées à brève échéance, d'ici 2019. Seules les grandes lignes desservant uniquement des villes françaises, trains Corail et TGV, étaient jusqu'à présent épargnées. Je dis "épargnées" car le bilan de l'ouverture à la concurrence est effrayant comme après chaque privatisation. Par exemple, dans le fret, la libéralisation et l'ouverture à la concurrence a eu pour conséquence une baisse du transport ferroviaire au profit du transport routier ! Selon les chiffres de l'INSEE, en 2005, dernière année avant l'ouverture à la concurrence, le fret ferroviaire représentait 10,9% du transport de marchandises en France. Depuis l'ouverture à la concurrence, la part du ferroviaire a progressivement chuté à 9,5% en 2011. Et encore, c'est sans compter l'année 2010 où le ferroviaire a atteint un plus bas historique. Cette année-là, à peine 8,6% des marchandises ont été transportées par le rail. Du jamais vu depuis des décennies ! En parallèle, le transport routier est en hausse. Sa part dans le transport de marchandises est passée de 87% en 2005 à près de 89% en 2011. L'ouverture à la concurrence du fret ferroviaire est donc une politique anti-écologique. Elle aboutit à mettre davantage de camions sur les routes !

Il y a tout lieu d'avoir les mêmes craintes pour le transport de voyageurs. Car les mêmes causes produiront les mêmes effets. Pour gagner des appels d'offres, les concurrents de la SNCF vont chercher à casser les coûts. Pour cela, ils rogneront sur la sécurité, la qualité, la régularité, les conditions de travail des salariés et ainsi de suite comme d’habitude. Et les usagers, pardon « les clients », auront de moins en moins envie de prendre le train. S'ils en ont encore la possibilité. Car la Commission propose l'éclatement total du système ferroviaire. Selon « Les Echos », la Commission propose que l'exploitation de chaque ligne fasse l'objet d'un appel d'offre spécifique. Comprenez le désastre. Avec un appel d'offre distinct par ligne, il sera impossible de compenser des pertes sur une ligne par des bénéfices sur une autre. C'est la fin du système qui permet la péréquation entre les lignes. C'est un principe fondamental du service public qui est mis à mal. Bien sûr, les groupes privés ne seront intéressés que par les lignes les plus rentables. Et les autres seront donc progressivement délaissées sinon abandonnées. Ce qui obligera les usagers à se reporter sur la voiture pour leurs déplacements. 

D'autant que la Commission européenne a choisi l'option la plus brutale. Elle a ainsi écarté l'idée d'accorder l'exploitation de plusieurs lignes à la fois, par lots ou par secteurs géographiques au profit d'une vente à la découpe, ligne par ligne. Même le journal « Les Echos » écrit que « les modalités prévues pour cette libéralisation sont propices à faciliter l'arrivée de nouveaux acteurs. Bruxelles prévoit que cette concurrence se fasse en « open access » : tout le marché est ouvert, et chacun vient sur la ligne qui l'intéresse quitte à délaisser les liaisons non rentables. L'exécutif européen n'a donc pas retenu l'autre option envisagée au départ, à savoir les franchises : une entreprise gagne l'exploitation de toute une zone géographique, avec des obligations de desserte ». Pour la Commission européenne, le transport ferroviaire est une marchandise comme les autres. Elle ne s'embête pas avec l'aménagement du territoire, l'égalité d'accès sur tout le territoire, de l'égalité devant les tarifs ni aucune des préoccupations de la conception républicaine de la vie en société.  

Qu'en pense le gouvernement Ayrault ? Interrogé sur l'ouverture à la concurrence des grandes lignes et du TGV, le ministre des Transports a été bien timide. Il aurait dû refuser absolument toute nouvelle ouverture à la concurrence. Devant les commissions des affaires européennes et du développement durable de l'Assemblée nationale, son opposition s'est limitée à « nous avons demandé 2019 et pas avant ». On comprend que le commissaire européen n'ait pas eu très peur. De mon côté, je dis clairement ceci : si la Commission s'entête dans son aveuglement et sa brutalité, la France devra désobéir. Et ne pas appliquer le "quatrième paquet ferroviaire". Avant de revenir sur les trois premiers.

 

Lu dans vos commentaires…

10 – Daneel dit le 

Concernant le terme "Unbundling", c'est un principe qui vient des telecoms. Ceci consiste à obliger les opérateurs historiques des telecoms fixes (France Telecom par exemple) à ouvrir leurs infrastructures à leurs concurrents. Ainsi ces derniers peuvent louer les infrastructures de l'opérateur national à un niveau de prix plafonné par les régulateurs. Dans ce système, les opérateurs historiques n'ont pas le droit de favoriser leur propre entreprise et donc leurs entités qui gèrent la partie « services » doivent payer comme les autres, au prix du marché. Cette démarche bizarre (…) a réduit d'une façon importante la volonté des grands opérateurs (…) à investir dans des nouvelles infrastructures. Ainsi l’Union Européenne accuse un retard considérable dans la modernisation des infrastructures d’internet fixe (fibre optique en particulier) par rapport à d’autres régions du monde. D’autre part, la réglementation au niveau européen et de chaque pays ne touche que rarement les opérateurs de câble qui utilisent une technologie différente non soumise aux restrictions mentionnées. Pur hazard, (ou non ?) des actionnaires nord-américains possèdent la majorité de ces derniers. Ce monsieur Kallas veut apparemment reproduire ce schéma dans les transports…

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:52

http://photo.parismatch.com/media/photos2/actu/societe/accident-de-quad-a-tremblay-en-france/1624905-1-fre-FR/Accident-de-quad-a-Tremblay-en-France..jpgLa ville de Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis a voté une aide de 20.000 euros « pour soutenir financièrement les grévistes » de l'usine PSAPeugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois, a annoncé son député-maire Front de gauche François Asensivendredi 1er février. Cette subvention a été adoptée jeudi « à l'unanimité des membres du conseil municipal, dans leur diversité politique », a précisé François Asensi dans un communiqué. Le conseil municipal compte quatre conseillers de droite.

L'usine, qui doit fermer en 2014 dans le cadre d'un vaste plan de « restructuration » prévoyant la suppression de 8.000 emplois auxquels s'ajouteront 1.500 départs naturels non remplacés, est paralysée depuis le 16 janvier en raison d'une grève à l'appel de la CGT, rejointe par SUD et des militants CFDT.

Selon François Asensi, « à Tremblay-en-France, 62 salariés sont touchés par la fermeture inacceptable du site de PSA-Aulnay, et plus de 250 familles sur l'ensemble de la circonscription ».

Il est clair qu’on ne pourra sortir l’industrie des griffes de la finance sans que l’État s’implique  vigoureusement dans sa reconversion, écologique entre autre, et tant que le Parlement n’aura pas voté une loi interdisant les licenciements boursiers. D’ici là, des actes comme celui de la municipalité de Tremblay-en-France s’inscrivent dans la vraie solidarité et ont une portée symbolique indéniable. Ce soutien officiel coûtera moins cher aux contribuables de Tremblay (qui ont déjà abondé la caisse de grève à hauteur de 80 000 euros) que la balade de Beckham aux contribuables parisiens.

À propos de François Asensi, on note qu’il est né en Espagne, comme Manuel Valls.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 06:51

http://www.eclpf.org/images/vietnam/vietnam2004094.jpgAlain Delon, qui a les moyens de se faire soigner en Suisse ou en Californie, s'est fait soigner à Cuba lors d'un tournage. Ce pays pauvre, qui souffre d’un blocus implacable et inique, possède le meilleur service de santé au monde. Le Grand Soir nous informe qu’il vient de faire faire un grand pas à la recherche médicale en mettant au point plusieurs vaccins visant à stabiliser, à enrayer le cancer du poumon (link).

 

Cuba fournit la preuve, a contrario, que l’industrie capitaliste est un obstacle à la recherche.  Les médicaments sont gratuits. Tout comme l’éducation, avec un taux d’alphabétisation proche de 100%. Tout ceci explique peut-être que la Communauté d’États Latinos-Américains et Caraïbes (CELAC) lui ait tout récemment confié sa présidence.

 

 L’année dernière, Cuba (qui fournit bénévolement le plus grand nombre de médecins à l’ONU pour travailler à l’étranger) a breveté le premier vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon (CIMAVAX-EGF) Ce vaccin a été expérimenté dans 86 pays (link). Il ne soigne pas complètement la maladie mais la stabilise en réduisant les tumeurs. Ceci s’inscrit dans une stratégie de prévention, loin des exigences des groupes de pression de l’industrie pharmaceutique. En particulier dans le domaine des médicaments génériques que Cuba fournit à l’OMS à des prix défiants toute concurrence.

 

Le blocus de Cuba par les USA nuit à la commercialisation des produits pharmaceutiques de l’île, ce qui, ironie dramatique, empêche certains citoyens des États-Unis de se soigner : 80 000 diabétiques n’ont pas accès au vaccin cubain Herpeprot B.

À Cuba, l'espérance de vie à la naissance est de 79 ans (États-Unis  78, Côte d'Ivoire 55, Russie  69).

Cuba compte 6 médecins pour 1000 habitants (Allemagne 4, Arabie Saoudite 1, France 3). Moyenne mondiale : 1,3.

 

Ayant lu ce bref article, un ami médecin, ami de Cuba, m'écrit ceci :

Je pense que le médicaments cubains n'est pas un vaccin, même s'il utilise les techniques d'immunologie. De ce que j'ai lu, il bloque l'action de l'hormone de croissance sur le développement des tumeurs. L'hormone de croissance est indispensable à la croissance des tumeurs cancéreuses. Son blocage arrête cette croissance. C'est un fait connu, il explique l'action du "vaccin" cubain selon moi bien sûr.
 
Mais alors un problème se pose: pourquoi attendre la phase terminale d'un cancer pour l'utiliser ? Il devrait l'être dès le diagnostic et en toute première intention. J'interprète ces faits comme une difficulté pour les biologistes et médecins cubain de critiquer le consensus international sur le traitement des cancers. Le "vaccin " concernant le cancer du poumon (une sorte en fait ) date de 2 ans. Il a été suivi, si j'ai bien compris, par d'autres "vaccins" selon les même conceptions, ce qui renforce mon interprétation.

Bref, il me semble que Cuba a inauguré de façon très importante sur la culture biologique pour être simple, sur de grand domaines de la médecine, etc. En France et dans d'autre pays existent des médecins, des chercheurs marginalisés par l'institution médico scientifique aux ordres et sous la dépendance du complexe pharmaco-industriel (je passe sur les scandales de ces derniers temps ...) et qui ont mis au point, découvert etc des méthodes, données scientifiques de toute première importance. Mon rêve serait de réussir à pouvoir en parler avec les camarades cubains. Il sont en mesure de faire avancer des moyens et théories tout à fait nouvelles et novatrices. Cette coopération serait à l'honneur de tous.

 

 

 

 

 

 


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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 10:38

http://www.ouest-france.fr/photos/2012/08/30/120829160615133_32_000_apx_470_.jpgEn déclarant que la France était totalement en faillite, le ministre Michel Sapin montre qu’il en est réduit à voler à la droite dure ses éléments de langage. Je reproduis ici de larges extraits d’un article que Gérard Filoche vient de publier sur son blog (link).

 

Un état « totalement en faillite » ? Non. La France n’a jamais été aussi riche de son histoire

Le ministre du Travail a affirmé sur Radio J que la France était « un Etat totalement en faillite » avant de préciser plus tard avoir ironisé sur une formule prononcée par François Fillon en septembre 2007. Mais il n’en a pas moins conservé la conclusion qu’il en tirait : « C’est la raison pour laquelle il a fallu mettre en place des programmes de réduction des déficits et aucune sirène ne doit nous détourner de cet objectif de la diminution des déficits, c’est fondamental pour le financement de notre économie et la création d’emplois ». Puis Michel Sapin a corrigé à l’AFP : il ne considérait pas la France comme un « État totalement en faillite ».

La France n’est pas en faillite !

En effet ! Cette expression de François Fillon (celui ci l’avait prononcé AVANT la crise dite des subprimes !) figure dans la panoplie traditionnelle de la droite, du Medef, pour exercer un chantage contre les salaires et tous les droits sociaux des salariés. Cela consiste à mentir éhontément : « Tout va mal, serrez-vous la ceinture.

La vérité, c’est que la France n’a jamais été aussi riche, les profits et dividendes n’ont jamais été aussi importants dans tous les domaines, la finance ne s’est jamais autant goinfrée de produits dérivés, les 500 premières familles ont gagné 271 milliards dans la seule année 2011, 10 % possèdent 50 % du patrimoine, le CAC 40 a distribué 36 milliards de dividendes, les riches font 80 milliards de fraude fiscale, les profits ont pris 10 points par rapport aux salaires…

Et s’il y a le feu, s’il y a urgence sociale, ce n’est pas parce que nous avons des déficits c’est parce que nous les remboursons en priorité !

C’est parce que nous gaspillons des dizaines de milliards à sauver les fraudeurs des banques au lieu de les investir en emplois en urgence dans les écoles, les hôpitaux, les services publics, l’industrie, la recherche !
Le 24 décembre dernier, le ministre des Finances, Pierre Moscovici a versé 2 585 000 000 euros à Dexia SA (programme 731, action 01) J0du 27/12/12 texte 16/127. Dexia a obtenu encore une fois cette somme sans contrepartie en dépit de la gabegie honteuse de ses trafiquants de dirigeants. Des milliards pour les spéculateurs, et pas pour Florange, Petroplus, Goodyear ? Est ce que c’est la bonne façon de « financer notre économie et de créer des emplois » ?

Est ce que la bonne façon de financer notre économie et de créer des emplois c’est de faire 20 milliards de crédit d’impôts aux patrons ? (et de n’augmenter le Smic que de 3 centimes horaires ?) 
Comment une prétendue « France en faillite » peut-elle si mal placer ses ressources ?

Si c’est pour amadouer les marchés et les employeurs, cela échouera, c’est connu, ce genre de politique échoue toujours ! Le patronat n’est pas la solution du problème mais la cause ! C’est lui qui multiplie les plans sociaux parce qu’il préfère la Bourse à l’industrie, des marges de 15 % à des marges de 5 %.

Ce ne sont donc pas les patrons qu’il faut amadouer, au contraire il faut les dominer, contrôler les licenciements, pas les faciliter ! Et pour cela ce sont les salariés qu’il faut mobiliser : la relance viendra de ceux qui travaillent et non pas de ceux qui préfèrent les dividendes, les surprofits, les placements boursiers et les îles Caïman.

Le Medef n’a pas du tout l’intention d’aider la gauche à gagner et s’il a extorqué le maximum de ce qu’il pouvait à la CFDT dans l’ANI du 11 janvier, ce n’est pas par empathie, mais c’est pour faire perdre la gauche, dans l’opinion des salariés et par la multiplication des plans sociaux qui s’en trouveront ensuite facilités !

 

 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 08:04

 

 

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