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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 07:00

Par Philippe Arnaud

 

http://www.alterinfo.net/photo/rubrique-19608.png?v=1290679652J’ai regardé le journal télévisé de France 2 de 13 h de ce mardi 6 mars. Je propose quelques remarques qui constitueront une analyse des omissions, des manques, de l’implicite. C’est-à-dire une analyse des “ creux ”.

 

 

De la présentation, j’extrais ces quelques phrases :


1. "Il était le fils spirituel de Fidel Castro. Il n’a cessé, comme le Lider Maximo, de montrer du doigt les États-Unis et le modèle capitaliste..."


- Remarque. Cette phrase laisse penser que la mise en accusation des États-Unis par Hugo Chavez est un rituel, une plaisanterie éculée, sans raison, sans fondement (comme on rit des cocus ou des belles-mères, bêtement, parce que ça s’est toujours fait). Où est le creux, où est l’omission ?


- L’omission, c’est celle du rappel de toutes les interventions violentes des États-Unis en Amérique latine depuis les années 1850, et dont l’énumération prendrait plusieurs pages. Je dis "violentes" pour englober à la fois les interventions directes de l’armée américaine par bombardements (Cuba, 1961), pilonnages, débarquements (Argentine, 1853), parachutage (La Grenade, 1983), mais aussi les complots contre des gouvernements légaux (Arbenz, au Guatemala, en 1954, Allende, au Chili, en 1973), les blocus, l’entraînement à la torture des polices et des armées latino-américaines dans la sinistre "Écoles des Amériques" de la zone du canal de Panama, le soutien et le financement de groupes armés (par exemple à la Contra, au Nicaragua, contre le gouvernement sandiniste). Chacun, en se reportant à ses archives ou à Internet, pourra étoffer cette liste. Et ô combien...


Ces interventions ne remontent pas à un lointain passé : en juin 2009, le gouvernement de Manuel Zelaya, président du Honduras, a été renversé violemment par l’armée, avec la complicité tacite des États-Unis. Hugo Chavez avait donc toutes les raisons de se méfier des États-Unis.


- L’omission, à propos du "modèle capitaliste", c’est celle des conditions de travail des salariés locaux dans les compagnies bananières. (United Fruit, Chiquita), majoritairement nord-américaines. Mais c’est aussi celle des conditions de travail dans les maquiladoras, usines de sous-traitance (pas seulement nord-américaines, d’ailleurs), implantées dans des zones franches dans toute l’Amérique centrale, conditions d’autant plus abominables et indignes que les salariés sont souvent des femmes, donc plus férocement exploitées. L’accusation du régime capitaliste ne repose pas sur une simple lubie...


2. "Du jour au lendemain, Chavez écarte les patrons des sociétés pétrolières, en direct, à la télévision". [Là, on voit Chavez sifflant comme un arbitre : hors jeu !]. Puis le journaliste reprend : "L’opposition libérale descend dans la rue".


- Où est l’omission ? Elle est très grosse, énorme même ! Elle laisse penser que l’opposition libérale est descendue dans la rue, comme, par exemple, la droite, en France, est descendue dans la rue, en janvier dernier, pour s’opposer au mariage pour tous. En fait, l’opposition n’a pas fait que cela : elle a fomenté un coup d’État, le 11 avril 2002, qui a duré deux jours, et durant lequel Hugo Chavez a été détenu. Le coup d’État échoue au bout de 48 h, grâce au loyalisme de l’armée et à une mobilisation énorme des quartiers populaires. [Et l’on notera – signe révélateur – que le très provisoire président durant le putsch fut Pedro Carmona, le président du Medef local...].


- Après l’échec du coup d’État, Hugo Chavez reçut – comme c’est l’usage – des télégrammes de félicitation de la plupart des gouvernements du monde... sauf de celui des États-Unis, qui s’étaient tenus derrière les putschistes, et qui n’exprimèrent que des paroles de dépit et des paroles de rancœur. Hugo Chavez avait donc de fortes raisons de "montrer du doigt" les États-Unis.


3. Hugo Chavez et ses fréquentations considérées comme sulfureuses, l’Iranien Ahmadinejad, le Syrien Bachar Al-Assad, Kadhafi, qu’il défendra jusqu’au bout et Fidel Castro, allié de toujours, son mentor en politique."


- Où est l’omission ? Elle est dans le fait que les intéressés Ahmadinejad, le Syrien Bachar Al-Assad, Kadhafi, n’ont pas eu de "bons" rapports qu’avec Hugo Chavez et qu’il fut un temps où des dirigeants occidentaux consentaient à toutes les flagorneries, à toutes les bassesses pour décrocher des marchés auprès de ces dirigeants. Elle est aussi dans l’aide inappréciable apportée aux Occidentaux par Hafez Al-Assad, père de Bachar (et pas moins sanguinaire), lors de la première guerre du Golfe, en 1991, en se rangeant dans la coalition occidentale anti-Saddam Hussein. A l’époque, on n’était pas trop regardant, en Occident, sur les alliés...


- L’omission tient aussi à ce que les dirigeants occidentaux n’ont jamais eu trop de scrupules à entretenir des relations cordiales avec des chefs d’État tels que Ferdinand Marcos, aux Philippines, Mobutu, au Zaïre, Hassan II, au Maroc, Pinochet au Chili, Suharto, en Indonésie,  Moubarak en Egypte, qui souvent ont emprisonné, torturé, tué, bien plus qu’Ahmadinejad, Bachar Al-Assad ou Kadhafi ou qui se sont enrichis bien plus scandaleusement. Mais comme le disait cyniquement un dirigeant américain : "Ce sont des salopards, mais ce sont les nôtres"...


- Autre omission : compte tenu des rapports de force mondiaux, dans les années 2000-2013, auprès de qui peuvent se tourner les opposants aux États-Unis, après la disparition de l’URSS ? Ahmadinejad, Bachar Al-Assad, Kadhafi sont présentés comme les incarnations du mal, les méchants caricaturaux des films hollywoodiens. En 1941, Staline avait, depuis plusieurs années, opéré les purges de 1937. Il avait liquidé les officiers polonais dans la forêt de Katyn. Il était le représentant honni de ce régime que les Occidentaux avaient combattu en s’engageant dans la guerre civile russe contre les "Rouges", puis en édifiant le "cordon sanitaire". Tous ces Occidentaux, souvent férocement anticommunistes (Churchill), ont-ils chipoté, en 1941, pour s’allier avec Staline ?

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 15:11

J'ai toujours pensé que, même s'il me l'avait demandé poliment (pas en me disant "amène-toi, pauv' con !" ) je ne serais pas parti une semaine en camping avec Sarkozy. Même pas une heure, d'ailleurs. Un de ses propos récents me conforte dans mon inappétence :


 

 

Quand on pense que le sujet du moment, c'est la traçabilité du bifteck ! Tout le monde veut savoir s'il y a du cheval dans ce qu'on mange. Mais la traçabilité des enfants, qu'est ce qu'on en fait ? C'est tout de même plus important. Avec leur 'mariage pour tous', la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, bientôt, ils vont se mettre à quatre pour avoir un enfant. Et le petit, plus tard, quand il demandera qui sont ses parents ? On lui répondra : 'Désolé, il n'y a pas de traçabilité.'

Sarkozy a été marié trois fois. Ses enfants ont pères, mères et beaux-pères. Sa troisième épouse n'est pas la fille de son père. Quant à lui, il n'a découvert sa “ traçabilité ” juive qu'à l'âge adulte. Il était donc très bien placé pour donner des leçons pas poujadistes du tout.

 

http://www.wordsintoapapercup.com/images/uploads/beatles-yesterday-today-butcher.jpg

 


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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:40

http://data0.eklablog.com/quartierslivres/mod_article46441761_4fb8f407024e7.png?6803Laurence Parisot, la patronne des patrons, et François Hollande ont clairement intimé aux députés (socialistes en particulier) de ne pas toucher un cheveu de l’Accord national interprofessionnel ratifié par trois syndicats minoritaires : la CFDT, la CFTC et la CGC.

Cette démarche est anticonstitutionnelle. En effet, selon la Constitution française, la loi prime sur le contrat. Ce que la bande du Fouquet’s n’avait pas eu le temps de vraiment tenter, le parti socialiste est en passe de le réussir. Faire passer un rapport de force devant le droit, c’est encourager la voie à une certaine forme d’anarchie sociale. On l’a vu récemment avec l’arbitrage privé qui a outrageusement favorisé Tapie.

En 1984, le Conseil constitutionnel avait consacré la « compétence exclusive du législateur » en matière de droit :

« Considérant que la désignation d'une autorité administrative indépendante du Gouvernement pour exercer une attribution aussi importante au regard de la liberté de communication que celle d'autoriser l'exploitation du service radio-télévision mis à la disposition du public sur un réseau câblé constitue une garantie fondamentale pour l'exercice d'une liberté publique et relève de la compétence exclusive du législateur ; que la loi, ayant confié à la Haute Autorité de la communication audiovisuelle le soin de délivrer les autorisations d'exploitation des réseaux locaux, a méconnu sa compétence en renvoyant au décret le soin de définir un tel réseau par la fixation de ses limites maximales, abandonnant par là même au pouvoir réglementaire la détermination du champ d'application de la règle qu'elle pose ; »

Un député qui, en la matière, renoncerait à ses prérogatives, agirait donc de manière inconstitutionnelle.

L'article 34 de la Constitution stipule que la loi détermine les principes fondamentaux en matière de droit du travail : « La loi fixe les règles en matière de droit du travail, de droit syndical et de sécurité sociale ».

Ni Madame Parisot, ni Monsieur Hollande ne peuvent imposer un texte et empêcher le législateur d’amender un texte ayant trait au droit du travail.

Avant de céder la place à Gérard Filoche qui, depuis des mois, se bat avec énergie et compétence contre cet ANI qui veut du mal aux salariés, je ferai observer que cet accord signé par des syndicats minoritaires contient dans son intitulé la source même de l’aliénation à venir des salariés : « POUR UN NOUVEAU MODELE ECONOMIQUE ET SOCIAL  AU SERVICE DE LA COMPETITIVITE DES ENTREPRISES … » Vient ensuite (et seulement) « la sécurisation de l’emploi ». Il est clair que les conditions de travail, de recrutement et de licenciement des salariés seront soumises aux bénéfices des actionnaires. J’ajoute également – et cela fera énormément plaisir au frère de Sarkozy qui évolue dans le milieu de l'assurance privée, que cet accord va détruire la sécurité sociale « nationale » en les mettant en concurrence avec les champions du CAC 40 en ce domaine : « les partenaires sociaux de la branche laisseront  aux entreprises la  liberté de retenir le ou les organismes assureurs de leur choix. Toutefois, ils pourront,  s’ils le souhaitent, recommander aux entreprises de s’adresser à un ou plusieurs  organismes assureurs ou institutions pouvant garantir cette couverture  après mise en œuvre d’une procédure transparente de mise en concurrence. »

 

 

Analyse des reculs sur filoche.net :

 

1/ Acceptation, déjà dans le titre de l’accord, d’un changement de « modèle économique et social » qui dit son nom : « au service de la compétitivité des entreprises ». On ne peut mieux dire que la vie, le salaire, les conditions de travail des salariés seront subordonnés aux bénéfices des actionnaires.

2/ Acceptation de démanteler toujours plus la sécurité sociale en réservant au passage au CAC 40 (AXA, Allianz…) le gâteau des cotisations d’une nouvelle complémentaire santé (4 milliards d’euros), payé à moitié par les salariés et les petites entreprises (article 1). Anticipation de la « mise en concurrence de la sécurité sociale », préparation pour 2016 de la mise  en cause du monopole de l’URSSAF de collecter les cotisations.

3/ Acceptation que la seule chose qu’on peut, sans trop y regarder, oser mettre en avant pour dire qu’on n’a pas tout perdu dans cet accord « historique » (l’extension de la complémentaire santé ci-dessus évoqué) soit un engagement conditionnel : si le gouvernement touchait un tant soit peu aux exonérations de cotisations sociales des contrats en question. (article 1)

4/ Acceptation d’une simple promesse d’engagement de…négociation…dans un délai d’un an (couverture santé) ou deux (prévoyance) pour « améliorer l’effectivité de la portabilité de la couverture santé et prévoyance pour les chômeurs » (article 2) Alors que précédents ANI sur le même sujet de 2008 et 2009 pour allonger cette « portabilité » n’ont toujours pas donné lieu au bilan qui y était prévu.

5/ Acceptation d’une simple promesse d’engagement de …négociation…sans délai (« sans tarder ») des « droits rechargeables » à l’assurance-chômage, et à condition que cela ne coûte rien (« au fil de l’eau ») Les partenaires sociaux veilleront à ne pas aggraver ainsi le déséquilibre financier du régime d’assurance chômage ») (article 3) Laurence Parisot réclame déjà la « dégressivité » des indemnités dans la négociation UNEDIC prévue.

 

6/ Acceptation d’un cadeau de 45 millions d’euros au patronat, solde positif entre augmentation très légère de la cotisation d’assurance-chômage d’une petite minorité de CDD contre une exonération pendant trois ou quatre mois sur toutes les embauches en CDI des jeunes de moins de 26 ans. Et cela aux dépends de la sécurité sociale (article 4)

7/ Acceptation de la création, par accord collectif dans la branche du travail temporaire, d’un nouveau contrat : l’intérim permanent (bonjour les femmes et hommes à tout faire, adieu les conventions collectives) ! Et les « partenaires sociaux » pourront remplacer le législateur en élargissant « le champ de recours aux missions d’intérim » ! (article 4)

8/ Acceptation de considérer comme un progrès le fait d’inscrire dans un accord ce qui existe déjà dans la loi (l’acquisition d’un nombre d’heures de formation – 20 heures par an) et dans un accord interprofessionnel de 2003 (un « compte-épargne temps » pour la formation) (article 5)

9/ Acceptation, par ces temps où le droit à la formation s’est transformé en devoir permanent de formation (sinon…), d’instaurer sur celle-ci un contrôle total par l’employeur grâce à un « compte personnel de formation », « dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à son départ à la retraite »… (article 5)

10/ Acceptation de considérer comme un progrès un « assouplissement des conditions d’accès des salariés de moins de 30 ans en CIF-CDD » alors que, d’une part ce droit est virtuel (quel jeune de moins de 30 ans en CDD va demander un CIF à son employeur ?), d’autre part l’ampleur de l’« assouplissement » de l’ancienneté (4 mois en CDD sur les 28 derniers mois au lieu des 12 derniers…) laisse d’autant plus songeur que les restrictions de l’article D.6322-21 du Code du travail, précisément sur les CDD les plus fréquents pour les jeunes, demeurent. (article 6)

11/ Acceptation de l’impensable : une mobilité « volontaire » (!) du salarié. (le volontariat cela n’existe pas en droit du travail ! Le contrat de travail se caractérise par « un lien de subordination juridique permanent ») ) L’accord prétend qu’il s’agit d’un droit alors qu’il faut l’accord de l’employeur. Pour le reste, une lecture attentive du texte montre de la façon la plus nette que ces mobilités « volontaires » sont des licenciements pour motif économique : le motif supposé des salariés est « développer leurs compétences » (sic) ; la mobilité se fait dans une autre entreprise ; le retour dans l’entreprise avant la fin de la période de mobilité décidée n’est pas garantie faute d’avenant en ce sens ; si le salarié décide de revenir, il n’est pas sûr de retrouver son travail, mais seulement un « emploi similaire » ; s’il décide de ne pas revenir, l’accord, au mépris de la séparation des pouvoirs et de la jurisprudence, décide qu’il s’agira d’une « démission » ( !) et, aveu incroyable, stipule que « l’entreprise est exonérée, à l’égard du salarié concerné, de l’ensemble des obligations légales et conventionnelles qui auraient résulté d’un licenciement pour motif économique » ( !) (article 7)

12/ Acceptation de faire la promotion des « contrats de sécurisation professionnelle » issus d’un autre accord interprofessionnel (ANI 31 mai 2011) repris sans sourciller par la loi (28 juillet 2011) qui a fusionné les « conventions de reclassements personnalisés » et les « contrats de transition professionnelle », camouflé les licenciements pour motif économique en « rupture d’un commun accord des parties » et transformé les chômeurs en « stagiaires de la formation professionnelle » qui alternent travail et formations bidons – « pré-bilan » de compétences, puis « bilan de compétences », « préparation aux entretiens d’embauche » qui engraissent les « opérateurs » sous-traitants de Pôle-emploi (article 8)

13/ Acceptation de faire la promotion de la « préparation opérationnelle à l’emploi » qui légalise le travail clandestin sous forme de période d’essai gratuite, camouflée sous forme de «formation » dispensée dans l’entreprise… (article 9)

14/ Acceptation de considérer comme un progrès le simple rappel des engagements financiers déjà prévus (12 novembre 2012) par l’Union des Entreprises et des Salariés pour le Logement (UESL, présidée par le MEDEF, qui met en œuvre l’ex 1 % logement) « prioritairement aux primo-entrants sur le marché du travail, aux salariés sous contrats courts et aux salariés en mobilité professionnelle ». De surcroît, le faible montant et la nature des logements financés (logements précaires) auraient dû inciter les organisations syndicales à se dispenser de ce rappel. (article 10)

15/ Acceptation de prétendues avancées sur le temps partiel, alors que dans cet article de l’accord (à la rédaction étonnante tant on ne peut faire la part de ce qui relève de la technique du brouillard ou d’un manque de rigueur dans l’écriture), ce qui pourrait être positif reste à négocier et que les considérants peuvent a contrario laisser présager de nouveaux reculs.
Ainsi, l’instauration d’une limite inférieure au temps partiel (24 h) : la première partie de l’article dit qu’il pourra y avoir des dérogations à cette limite, la deuxième partie dit que non mais ajoute qu’il y en aura pour les « salariés des particuliers employeurs et les salariés de moins de 26 ans et poursuivant des études » et achève de ruiner l’ « avancée » en indiquant que le salarié pourra demander une durée inférieure (en note, l’accord ajoute même que cette demande n’est pas requise pour les salariés embauchés avant l’accord !)…L’expérience de limites inférieures au temps partiel, déjà prévues par des accords de branches, montre que, de dérogations et d’exceptions en chantages, ces limites ne sont pas respectées.
Ainsi pour la rémunération des heures complémentaires, une lecture rapide pourrait faire penser à un progrès (paiement d’une majoration de 10 % dès la première heure complémentaire, alors qu’actuellement la majoration n’intervient qu’au-delà du quota d’1/10ème de la durée prévue au contrat de travail) mais l’accord prévoit cette majoration de 10 % jusqu’au quota qui peut être porté par accord collectif à 1/3 de la durée prévue au contrat et ne fait pas référence à l’article L.3123-19 qui, lui prévoit une majoration de 25 % au-delà du quota d’1/10ème ! On peut raisonnablement penser que cette interprétation (10 % – de majoration de 1/10ème à 1/3 de dépassement – au lieu de 25 %) est la bonne car la rédaction du premier projet d’accord du MEDEF était explicite. Pire, la troisième partie de l’article laisse entrevoir la possibilité, une fois de plus avec l’ « accord » du salarié, d’ajouter des « compléments d’heures » par avenant au contrat de travail qui, malgré le projet de loi qui dit 25 %, pourraient être payées sans majoration (majoration « éventuelle ») !
Pour le reste, l’accord renvoie à des négociations de branches professionnelles le soin de discuter de nouvelles régressions pour les salariés à temps partiel : nombre et durée des périodes d’interruption d’activité (limités actuellement par la loi à une interruption de 2 h maximum) ; délai de prévenance préalable à la modification des horaires (actuellement 7 jours par la loi et 3 jours par accord collectif) ; et surtout la possibilité (jusqu’ici interdite par la loi et la jurisprudence) de conclure des avenants modifiant à volonté (de l’employeur) la durée du travail par des « compléments d’heures » (8 fois par an !) (article 11)

16/ Adhésion (le mot est dans l’accord) à l’idéologie patronale. On ne peut mieux l’illustrer qu’en citant un extrait de l’accord : « Comprendre la stratégie de l’entreprise, les leviers et contraintes qui la déterminent, constitue une étape nécessaire aux salariés pour se l’approprier. Savoir que les conséquences de cette stratégie pour leur emploi, leur carrière, leurs conditions de travail sont anticipées et que leur avenir est sécurisé, c’est une condition de leur adhésion et de leur performance. » (préambule du titre II de l’accord) ; on pourrait compléter par l’annexe de l’accord sur le « document unique », caricature de la collaboration de classes : « partager les options stratégiques de l’entreprise » … « lui permettant d’associer agilité et résilience à 3 ans », partager la seule question de l’amélioration pour l’entreprise de la « compétitivité face à ses concurrents » et la seule réponse : « décliner les impacts organisationnels et financiers des options stratégiques partagées »

17/ Acceptation de limiter à un seul document les informations économiques et sociales fournies par les employeurs aux institutions représentatives du personnel (DP, CE, CHSCT), document dont le contenu décrit en annexe de l’accord est un empilement de chiffres non utilisables qui supprime en outre une partie importante des informations qui doivent actuellement être transmises ; contenu auquel l’employeur pourra en outre déroger par accord d’entreprise ! Et acceptation que tant le contenu que les conditions d’utilisation de ce document unique soient « adaptés » (par la loi ? par accord collectif ?…) pour les entreprises de moins de 300 salariés (article 12. 1)

 

18/ Acceptation, en contrepartie de la diminution d’information que constitue le document unique ! , de faire preuve de « responsabilité » dans la « diffusion » des informations si généreusement données ! et de ne pas « empêcher la bonne marche de l’entreprise » ni même « le fonctionnement des organes de gouvernance » (article 12. 3 et 12. 4)

19/ Acceptation d’avoir un minimum de temps (« délai préfixe ») pour digérer le document unique et donner un avis ; acceptation qu’à la fin du délai en question l’absence d’avis émis par le comité d’entreprise vaille avis négatif, alors que le refus d’un avis peut être, pour cause d’informations insuffisantes, un préalable à la saisine du juge (article 12. 4)

20/ Acceptation pour le recours à un expert-comptable, de faire payer 20 % du coût par le comité d’entreprise alors qu’actuellement ces frais sont pris à 100 % par l’employeur (article 12. 5)

21/ Acceptation de limiter le droit à l’expertise des CHSCT, en en limitant le nombre (une seule expertise quand il y a plusieurs établissements et plusieurs CHSCT) et les délais (encore un « délai préfixe », le même que pour l’expert-comptable) (article 12. 7)

22/ Acceptation de subordonner le plan de formation à la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) qui est l’antichambre des « mobilités » diverses et des licenciements (article 14. 2) (une autre mort des suicidés de France Télécoms, de La Poste… )

23/ Acceptation d’engager les organisations syndicales signataires de l’accord à assurer auprès des TPE et PME la propagande sur les « besoins en compétences », alors que ces « compétences » patronales sont des « compétences » individuelles que le patronat, après un matraquage de plus de 20 ans, a réussi à imposer en remplacement des qualifications collectives. (article 14. 5)

24/ Acceptation du dessaisissement des prud’hommes pour la qualification de la rupture du contrat de travail : l’accord (les députés iront-ils jusqu’à l’inscrire dans la loi ?) décide qu’en cas de refus d’une mutation interne imposée (changement de poste ou de lieu de travail, et avec maintien non pas de la rémunération mais – la formulation ambigüe laisse une marge d’interprétation – du « niveau de la rémunération »), le licenciement qui s’en suivra ne sera pas pour motif économique mais pour motif personnel (ce sera la faute du salarié !) (article 15)

25/ Acceptation de la création d’un fumeux « conseil en évolution professionnelle », nouveau fromage pour les boîtes privées déjà nourris par Pôle-emploi, pour multiplier « bilans de compétences » et autres leurres qui permettent de culpabiliser les salariés et les chômeurs rendus responsables de ne pas trouver le travail qui n’existe pas. Au passage, ce « service » payant anticipe la mort des C.I.O, programmée par la décentralisation prévue et évoquée dans l’accord, et la soumission des conseillers aux stricts intérêts des entreprises locales. (article 16)

26/ Acceptation de réduire encore le nombre de délégués du personnel et de membres de comité d’entreprise avec l’instauration, d’un cynisme achevé (« les entreprises se voient accorder » -sic -) de délais pour la mise en place dans les entreprises de ces représentants du personnel : alors que ces institutions existent depuis 1936 et 1945, il faudrait laisser, après le franchissement du seuil de 11 ou 50 salariés un délai de 3 mois de plus pour organiser les élections (en plus du délai de 12 mois, consécutifs ou non, nécessaires pour franchir le seuil !) et ensuite un délai d’un an pour « la mise en œuvre des obligations complètes »)…(article 17)

27/ Acceptation de travailler plus longtemps pour moins cher pendant deux ans contre… la promesse de l’employeur de ne pas licencier (l’annexe à l’accord indique explicitement que cette promesse peut ne pas être tenue !), le tout par des accords d’entreprise qui sont (l’expérience est déjà longue) signés le revolver sur la tempe (article 18)

28/ Acceptation que les baisses de salaires des salariés aillent de pair, pour leur « acceptabilté », avec « le respect d’une certaine symétrie des formes à l’égard de la rémunération des mandataires sociaux et des actionnaires » (ici, la symbiose parfaite entre cynisme et pommade est bien éclairée par l’annexe qui décrit l’étendue de la « symétrie » : les actionnaires devront endurer une « information sur le contenu de l’accord » !) (article 18)

29/ Acceptation, une fois encore, du dessaisissement des prud’hommes pour la qualification de la rupture du contrat de travail : un salarié qui refuse la baisse de salaires et/ou l’augmentation du temps de travail serait licencié pour un motif économique dont la légitimité serait « attestée par l’accord » d’entreprise (article 18)

30/ Acceptation que ces licenciements pour motif économique qui échapperaient au contrôle des prud’hommes échappent aussi à « l’ensemble des obligations légales et conventionnelles qui auraient résulté d’un licenciement collectif pour motif économique » ! (article 18)

31/ Acceptation de nommer le chômage partiel « activité partielle » (article 19)

32/ Acceptation de l’accroissement des aides financières à l’employeur (Etat et Pôle-emploi) pour cette « activité partielle » (article 19)

33/ Acceptation que, dans certains cas, l’indemnisation du salarié en chômage partiel soit diminué par rapport à la situation actuelle (article 19 et annexe)

34/ Acceptation que le contingent annuel d’heures de chômage partiel passe de 1000 h à 1820 h (article 19 et annexe)

35/ Acceptation de la suppression de fait du contrôle de l’inspection du travail sur la réalité des heures chômées indemnisées (article 19)

36/ Acceptation d’une formation obligatoirependant les périodes d’ « activité partielle » (article 19 et annexe)

37/ Acceptation que les licenciements collectifs pour motif économique (dénommés « sauvegarde de l’emploi »… !) de plus de 10 salariés soient avalisés par simple accord collectif d’entreprise (le revolver sur la tempe : vous voulez 30 % de licenciés ou 100 %, vous êtes libres de ne pas signer) (article 20)

38/ Acceptation qu’en l’absence de l’accord d’entreprise ad hoc, les licenciements pour motif économique de plus de 10 salariés soient validés par un simple document de l’employeur « homologué » par le DIRECCTE (Directeur Régional des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi, sans indépendance par rapport au gouvernement) (article 20)

39/ Acceptation que l’accord collectif d’entreprise (37/) dérogent aux accords régressifs déjà dérogatoires pour la procédure de licenciements pour motif économique de plus de 10 salariés, tant sur le nombre et le calendrier des réunions de consultation des représentants du personnel, que sur la liste des documents à produire et sur l’ordre des licenciements : en résumé licencier encore plus vite et qui on veut

40/ Acceptation, contrairement à la jurisprudence, de la confusion dans l’accord collectif d’entreprise entre la procédure et le plan de licenciement (« plan de sauvegarde de l’emploi ») (article 20)

41/ Acceptation de fixer dans l’accord collectif d’entreprise des délais « préfixes » : licencier plus vite et sans possibilité de ralentir (article 20)

42/ Acceptation de limiter à 3 mois, au lieu de 12 actuellement, le délai pour contester la validité de l’accord collectif d’entreprise (article 20)

43/ Acceptation de limiter à 12 mois, au lieu de 5 ans !, la possibilité pour les salariés de contester devant les prud’hommes, le motif économique du licenciement (article 20)

44/ Acceptation, en cas du choix par l’employeur de la procédure d’ « homologation » des licenciements pour motif économique par le DIRECCTE, d’une limitation par l’employeur du nombre de réunions, des délais de convocation, de la liste des documents produits (article 20)

45/ Acceptation de la réduction du délai de réponse du DIRECCTE à 21 jours au lieu de 21, 28 ou 35 jours actuellement en fonction du nombre de licenciements et acceptation que la réponse puisse être tacite et en plus, en ce cas, positive pour l’employeur ! (article 20)

46/ Acceptation que le délai de contestation de l’homologation soit limité à 3 mois (et, sans doute, que le recours éventuel aux prud’hommes soit suspendu à la décision du tribunal administratif…) (article 20)

47/ Acceptation d’étendre aux entreprises de moins de 50 salariés la possibilité pour l’employeur de recruter avec des contrats de travail « intermittent » (un vieux rêve du patronat) (article 22)

48/ Acceptation que le salaire des salariés sous contrat de travail « intermittent » soit « lissé » (indépendant de l’horaire réel, ce qui reviendra à ce que le salarié fasse des avances de trésorerie à son employeur, et que le contrôle des hures faites et de la rémunération correspondante relève des coulisses de l’exploit) par une simple mention « obligatoire » ! dans le contrat de travail, alors que, jusqu’ici pour les entreprises qui y étaient autorisées, il fallait un accord collectif (article 22)

49/ Acceptation, un des plus lourds reculs de l’accord, que pour l’ordre des licenciements collectifs, l’employeur soit « fondé à privilégier la compétence professionnelle » ! Avant les charges de famille et avant l’ancienneté ! Et avec tout l’arbitraire qu’on imagine sans peine (article 23)

50/ Acceptation de demander au législateur d’entériner le dessaisissement des prud’hommes qui auraient trop tendance à confondre des « irrégularités de forme » avec des « irrégularités de fond » ! On imagine là aussi sans peine les conséquences d’un tel piétinement de la séparation des pouvoirs (article 24)

51/ Acceptation que les litiges aux prud’hommes sur les motifs du licenciement puissent se solder, en conciliation, par une « indemnité forfaitaire » !, dont l’accord tiroir-caisse fixe en outre les montants !, très faibles, en fonction de l’ancienneté (ici prise en compte avant la compétence professionnelle) ! (article 25)

52/ Acceptation que cette « conciliation » ne puisse être contestée (« autorité de la chose jugée en dernier ressort ») alors que la jurisprudence considère que la conciliation est un acte judiciaire impliquant la possibilité de le contester par exemple si les droits des salariés n’ont pas été préservés par les juges conciliateurs (article 25)

53/ Acceptation de signer une déclaration disant que les prud’hommes doivent former leur conviction « au vu des éléments fournis par les parties » sans mentionner d’une part le pouvoir des prud’hommes de prendre des mesures d’instruction complémentaires et d’autre part qu’en cas de doute, il doit profiter au salarié. (article 25)

54/ Acceptation, enfin, de limiter les délais pour saisir les prud’hommes à 2 ans pour les licenciements, 3 ans pour les salaires ( 3 ans en arrière calculés à partir de la date du dépôt de la plainte au lieu de 5 ans pour les heures supplémentaires), alors que, dans la plupart des cas, le délai de prescription actuel est de 5 ans ! (article 26)

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:00

http://medias.lepost.fr/ill/2007/11/10/h-20-1049842.jpgIl paraît qu’il est désormais mentalement très diminué, complètement gaga en langage populaire. Donc on ne tire pas sur une ambulance, et toutes ces sortes de choses. Oui, mais les ambulances ne sont pas forcément des saintes. Ainsi, en 2011, Chirac fut condamné à deux ans de prison dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

 

Pendant des dizaines d’années, sa femme et lui ont vécu à nos dépens, dans les plus beaux appartements de la République. Nous leur avons payé des frais de bouche qui auraient nourri des régiments entiers. Nous avons contribué à la restauration de leur château (où ils n’ont pratiquement jamais séjourné), une modeste demeure qu'il avait qualifié, dans sa déclaration patrimoniale, de “ résidence secondaire elevée sur caves ”. La surveillance de ce château par la gendarmerie nous coûte 400 000 euros par an. Le musée Chirac à Sarran coûte 1 million 500 000 euros par an aux Corréziens. Nous avons engraissé ces deux faisans d’une manière qui dépasse l’entendement.

 

On pouvait penser qu’une fois sa vie politique active achevée, Chirac (et Madame) auraient rejoint l’une des nombreuses demeures dont ils sont propriétaires. Et bien non. Comme ils étaient un peu justes – c’est du moins ce qu’ils ont avancé – ils se sont installés dans un superbe appartement du quai Voltaire à Paris, appartenant à la famille la plus riche du Liban. Prêté gratuitement.

Ils étaient effectivement un peu justes car, figurez-vous que la fortune de Jacques Chirac a stagné de manière ridicule durant ses deux mandats présidentiels, sans que cela n'alarme personne. En 1995, il avait estimé (et officiellement déclaré) ses avoirs à 8,2 millions de francs (1 million 300 000 euros). En 2002, la valeur de son patrimoine avait atteint 1 million 700 000 euros avant de chuter de manière dramatique à 1 million 400 000 euros en 2007. Cela dit, n'exagérons rien : les Chirac coûtent moins cher que la famille royale anglais (les Windsor). Mais ils rapportent beaucoup moins en vente de tasses à café et de t-shirts.

Je ne suis pas un spécialiste de l’immobilier parisien, donc, très prudemment, j’évaluerai à 10 000 euros par mois le loyer d’un tel appartement. Cela fait bientôt soixante-dix mois que Jacques et Bernadette résident quai Voltaire. Ils ont donc économisé, au bas mot, 700 000 euros. Lorsque Chirac était encore en fonction au Conseil constitutionnel, ses revenus d'État étaient d'environ 30 000 euros par mois. Ses bons amis libanais lui ont donc fait économiser près de deux ans de salaire.

En échange de quoi la famille Hariri leur a-t-elle fait ce cadeau ?

 

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 16:19

Le décès d'Hugo Chavez est une triste nouvelle pour tous les progressistes du monde. En treize ans de présidence, il a changé la face du Venezuela et il a puissamment contribué à réorienter le cours de l'histoire en Amérique latine. Nous aurons, ces prochains jours, l'occasion de dresser un premier bilan de son action et des perspectives qu'il a ouvertes.


 Ce soir, je voudrais simplement rappeler qu'il fait aussi un peu partie de l'histoire du mouvement altermondialiste, et d'Attac en particulier.


 En janvier 2003, il était venu à Porto Alegre lors du FSM. Il avait reçu une délégation des Attac du monde (voir photo) en arborant notre badge (voir également photo).


 Cette même année, il avait facilité la venue et le séjour à Caracas, pour un "sommet" régional, de représentants des différents Attac d'Amérique latine qu'il avait reçus à déjeuner à la présidence.


 En janvier 2005, à nouveau à Porto Alegre, il s'était adressé à des milliers de participants au FSM dans le grand gymnase de la ville.


En janvier 2006, il avait fait dégager les moyens matériels nécessaires pour la tenue à Caracas de l'un des 3 FSM "polycentriques". A cette occasion, il avait dialogué longuement avec les représentants d'une centaine de mouvements sociaux des quatre continents.


 La figure de Chavez n'a pas fini d'inspirer les mouvements d'émancipation du monde entier.


 

Cassen.jpg

 


  

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 15:49

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/Walcourt_-_Miséricorde_-_Les_excréments_manipulés.JPGIkea a toujours été à la pointe du combat capitaliste. Dès les années soixante, l'entreprise avait externalisé une bonne partie de sa production en Pologne. Elle offre aujourd'hui une nourriture, certes pas en kit, mais sûrement d'avenir.


Elle a fait retirer de ses cafétérias dans 23 pays des croquants au chocolat. Après la découverte, par les douanes chinoises, de bactéries d'origine fécale.


Ikea avait tout récemment retiré ses boulettes de cheval. Au tour maintenant de ses délicieux choklakrokant où les Chinois ont trouvé un “ niveau excessif de bactéries coliformes ”. Le coliforme est une grosse bactérie qui fermente le lactose avec production de gaz. Rien que de très naturel, dans le fond. Les coliformes, qui ne provoquent pas d'intoxication, sont très présents dans les eaux usées (donnez de l'eau de vaisselle à vos cochons, ils péteront).

 

Ça risque de fausser les examens colorectaux.


Je me souviens que dans les années 1970, le génial Fournier, dans Charlie-Hbdo avait envisagé le recyclage de nourriture en merde et de merde en nourriture.


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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 14:37

http://www.onbeing.org/sites/onbeing.org/files/migrate/programs/twonarratives/images/checkpoint-strip.jpgOn se souvient de la blague de Coluche : dans l’Afrique du Sud d’avant Mandela, les autorités ont décidé d’abolir l’apartheid, dans les transports publics en particulier. Biko prend son bus et entend le chauffeur fournir l’explication suivante :

 

     Aujourd’hui, y’a plus de Blancs, y’a plus de Noirs, y’a que des Bleus. Alors, les Bleus clairs devant, les Bleus foncés derrière !

 

Jusqu’à présent, l’apartheid en Israël était illégal. Il est désormais toléré. Selon le quotidien Haaretz du 4 mars 2013, la société de bus Afikim affrète désormais des bus réservés aux Palestiniens souhaitant se rendre de la rive occidentale du Jourdain vers Israël pour gagner leur pain quotidien. D’autres bus seront réservés aux Israéliens effectuant le même trajet.

Cette mesure était à l’étude au ministère des Transports depuis novembre dernier, après des plaintes d’Israéliens estimant que les passagers palestiniens représentaient un risque pour eux.

Tout Palestinien muni d’une autorisation d’entrer dans le territoire israélien a le droit d’utiliser les transports publics. Selon Haaretz, des passagers palestiniens ont été, ces derniers mois, débarqués de bus qu’ils avaient empruntés. Après qu’on leur eut confisqué leurs papiers d’identités, ils ont dû terminer leur trajet à pied.

Les autorités démentent toute discrimination. Selon le ministère des Transports, cette ségrégation va soulager « la détresse des Palestiniens ». En particulier en offrent des billets meilleur marché (10 shekels contre 40).

Jessica Montell, directrice du groupe de défense des droits de l’homme B’Tselem, se déclare « révoltée ». La sécurité ou l’affluence des voyageurs « ne justifie pas ce type de décision ».

 

Source : (link)

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:11

Par Philippe Arnaud

 

http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2013/02/15/893969/images/ressource/cheval%20roumanie.jpgDepuis plusieurs jours, à la suite du scandale révélé dans l'entreprise Spanghero (de la viande de cheval vendue comme étant du boeuf), il n'est bruit que de nouveaux scandales, découverts dans d'autres entreprises de la grande distribution ou de l'agro-alimentaire.

 

Je constate que les médias traitent de ces scandales comme elles traitaient, il y a quelques semaines, du dopage de Lance Armstrong : en se focalisant sur tel ou tel individu, considéré comme tricheur, malhonnête, profiteur, mafieux, etc.

 

Or, de même que ce n'était pas seulement l'individu Lance Armstrong qui était coupable, mais toute une idéologie (propagée – si ce n'est suscitée – par les médias eux-mêmes) : l'idéologie de la compétition, de la performance, qui pousse à grappiller des dixièmes, des centièmes, des millièmes de seconde, à enchaîner des épreuves – gagnantes, cela va de soi – à un rythme délirant, de même, ce n'est pas tel ou tel "pourri", qui met de la viande de cheval à la place de la viande de boeuf, ou de l'huile de palme à la place de l'huile d'olive, ou tel additif plus ou moins toxique. L'origine, la cause première de la fraude alimentaire se situent bien au-delà, bien plus haut...

 

Je veux, à cet égard, rappeler un article (on peut le dire aujourd'hui prémonitoire) paru dans Le Monde diplomatique en décembre 2002, soit il y a plus de 10 ans : "Racket dans la grande distribution à la française", de Christian Jacquiau, article lui-même issu d'un livre écrit en 2000 et portant le titre voisin de Les coulisses de la grande distribution (Albin Michel, Paris, 2000).

 

À l'époque, déjà, Christian Jacquiau décrivait l'hyper-concentration de la grande distribution (cinq centrales d'achat géantes), qui par leur poids, par leur position d'oligopole, par leur puissance financière, pesaient sur les fournisseurs en leur imposant des prix sans cesse plus bas, qui n'étaient pas (loin de là !) répercutés auprès des consommateurs...

 

Lorsqu'on étrangle des fournisseurs avec des exigences qui les font passer au-dessous du seuil de rentabilité, il ne faut pas s'étonner qu'un grand nombre de ces fournisseurs se tournent vers des sous-traitants, qui à leur tour, font appel à d'autres sous-traitants, hors de France, en Roumanie, ou en Asie...

 

Il ne faut pas s'étonner si les marques de la grande distribution ne cherchent pas trop à connaître l'origine et la qualité de leurs produits, la manière dont ceux-ci ont été élaborés, les conditions de travail et les salaires des agriculteurs, éleveurs ou ouvriers travaillant dans l'agro-alimentaire. Il suffit simplement que l'étiquette de l'enseigne soit apposée, et le tour est joué...

 

Ce qui est étonnant, c'est qu'il ait fallu plus de 10 ans pour que le système décrit par Christian Jacquiau dévoile toute sa perversité.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 14:50

http://p5.storage.canalblog.com/50/62/105722/56526849.jpgSelon un récent sondage IFOP pour le JDD, les quatre femmes préférées des Français sont, dans l’ordre, Christine Lagarde, Marine Le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade.

 

Quatre femmes de droite et d’extrême droite.

 

Suivent Aubry, Taubira, Dati, Royal, Pécresse, Vallaud-Belkacem, Duflot, Filipetti, Hidalgo. Cette dernière est trois fois moins populaire que Le Pen.

 

Bien sûr, tout est construction. Demain, on pourrait faire figurer au sommet de cette liste, grâce à une habile campagne publicitaire, une femme qui n’existerait même pas.

 

Ce classement devrait quand même faire réfléchir les féministes à tous crins. Ça change quoi que le FN soit dirigé par une femme et non un homme ? Ça change quoi que le FMI soit dirigé par une femme et non un homme ? Absolument rien.

 

Une vague campagne se déroule actuellement dans les médias télévisuels, parmi les professionnels de la profession, comme disait Godard, afin que des femmes soient plus présentes à l’écran. Elles y sont massivement. Dans les émissions d’information, elles ne sont ni meilleures ni pire que les hommes. Dans les variétés, elles font généralement du Guy Lux sauce XXIe siècle.

 

 

Le problème n’est pas là et ne l’a jamais été. Quand bien même le 20 Heures de France 2 serait présenté par une Noire, juive, lesbienne et unijambiste…

 

 

P.S. : Au fait, l'actionnaire majoritaire de l'Ifop, à qui nous devons ce sondage, est Madame Parisot, la patronne des patrons. Une actionnaire et patronne douce, parce que c'est une femme, n'est-ce pas ?


 

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:16

Sur toutes les chaînes de télé passe actuellement  une pub du Crédit Agricole mettant en scène quatre ou cinq clients qui ne savent pas qu'ils sont bêtes et que tout message publicitaire est mensonge. Ces gogos demandent à un cadre de la banque où celle-ci investit leur argent. Sans se démonter, le cadre répond que le CA investit dans leur propre région. Le soulagement des gogos fait peine à voir.

 

D'après France Uncut (link), le Crédit Agricole a 114 filiales dans les paradis fiscaux et a escroqué 2860 millions d'impôts en 2010 et 2011. À l'État, donc à nous.

 

http://www.achetermonappart.com/wp-content/uploads/2009/12/paradis-fiscaux.jpg

 

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/07/Paradis-Fiscaux.jpg

 

http://iturria.blogs.sudouest.fr/media/00/01/375666544.jpg

 

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