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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 07:05

 

 

Ce n’est pas pour des raisons personnelles que notre Fion national souhaite abolir l’ISF. Son château – que nos médias déjà serviles dénomment « grande maison », à la rigueur « manoir » – étant sa résidence principale, il n’entre pas en compte pour l’ISF. Mais c’est « pour l’emploi » que Fion veut diminuer le pouvoir d’achat des trois-quarts de la population d’au moins 10%, défonctionnariser la Fonction publique et casser la protection sociale mise en œuvre après la Deuxième Guerre mondiale par le député communiste Ambroise Croizat (et non par le haut fonctionnaire Laroque, comme se plaisent à le faire croire les médias mentionnés ci-dessus).

 

Cela fait désormais 35 ans que Fion (dont la seule action subversive aura été de jeter une ampoule lacrymogène dans son collège) a entamé, discrètement mais obstinément, une carrière antisociale. Comme ministre de l’Enseignement supérieur au début des années 90, il avait tenté de donner aux universités leur autonomie pleine et entière (en d’autres termes, les privatiser), ce qu’avait refusé le Conseil constitutionnel. Il réussit son coup comme ministre de la Poste en organisant la fin de son monopole, en transformant cette administration en entreprise publique, mutation achevée par le solférinien Lionel Jospin. En 2002, il est nommé ministre des Affaires sociales du gouvernement Raffarin (Nicole Notat, patronne de la CFDT l’avait chaudement recommandé à ce poste auprès de l’éminence du Poitou). Dans cette fonction, il va « réformer » les retraites (avec la complicité de la CFDT) et «assouplir» la loi sur les 35 heures en modifiant le calcul des heures supplémentaires au détriment des travailleurs.

 

On ne s’étonnera pas que Fion soit un admirateur de Thatcher et de Schröder, deux grands démolisseurs  des systèmes sociaux de leurs pays. Il approuva toutes les mesures réactionnaires prises dans les années 90, comme les ordonnances Balladur : augmentation de 150 à 160 trimestres pour avoir droit à une pension à taux plein, calcul de la retraite sur les 25 et non plus 10 meilleures années, décrochage des revalorisations à partir de l’indice des prix à la consommation au lieu des salaires.

 

Il veut aujourd’hui « sauver la sécurité sociale » alors que celle-ci n’est pas du tout en péril. Il veut revenir au système d’avant la Deuxième Guerre mondiale quand dominaient les assurances privées, quand – donc – seuls les riches pouvaient se soigner correctement, quand le Conseil National de la Résistance n’avait pas encore pensé la solidarité entre assurés sociaux et un système de retraite par répartition.

 

Rappelons que l’universalité de la sécurité sociale, voulue par Ambroise Croizat   ne fut jamais appliquée à cause de l’hostilité des hobereaux, des gros agriculteurs, des commerçants et des artisans qui, pour ces derniers, se plaindraient trente ans plus tard de ne toucher que des retraites de misère.

 

Il est parfaitement logique que, dans le discours de Fion, l’attaque contre la sécurité sociale occupe la première place : ce qui fait la spécificité progressiste de la société française tourne autour de la sécu, de la solidarité en synchronie et en diachronie. Le système de sécu nationale deviendrait un « panier » dont seraient même exclus les soins dentaires ou l’hypertension, maladies de « confort ».

 

 

La sécurité social de Croizat est un bloc que Fion et ses acolytes veulent pulvériser pour déboucher sur un système minimal à plusieurs vitesses. Déjà, sous les Solfériniens 35% au moins de malades renoncent à des soins professionnels. Il faut dire que depuis le temps que les malades de condition modeste sont «responsabilisés» … beaucoup moins que les entreprises pharmaceutiques, il est vrai! L’objectif ultime de la droite fionesque est de libérer les entreprises des contributions sociales en remplaçant les contributions patronales par une « TVA sociale » pour la majorité de la population pendant que les riches bénéficieront des meilleures assurances privées.

 

Il n’est pas certain que la majorité des travailleurs, obligés de s’escrimer jusqu’à 70 ans pour toucher une retraite à taux plein, arrivera en bonne santé à cet âge dès lors canonique.

 

Avec Fion, nous serons désormais dans un système totalement inégalitaire que même des libéraux de droite pur sucre du style Madelin dénoncent dans un des organes préférés de la bourgeoisie française : « C'est du Robin des bois à l'envers : prendre de l'argent aux pauvres pour le donner aux riches ! ».

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 06:42
Par Évariste
 
 
 

Nous avons largement présenté, dans les colonnes de ReSPUBLICA, l’enchaînement de la période néolibérale : la forte baisse des taux de profit dans l’économie réelle à la fin des années 60 et au début des années 70, l’incapacité des nouvelles technologies à y faire face contrairement aux séquences précédentes, l’éclosion de la financiarisation mondialisée comme seul remède permettant la croissance forte des taux de profit, le processus de gonflement et d’éclatement des bulles financières privées, l’utilisation de l’argent public pour combler des dettes privées impossibles à rembourser, le développement des dettes publiques, le renforcement obligatoire des politiques d’austérité pour financer les dettes publiques, la nécessité pour le capitalisme et son oligarchie de comprimer de plus en plus la masse des salaires, donc d’entrer dans le cercle vicieux de remplacement des fonctionnaires par des CDI, de remplacement des CDI par des CDD, de remplacement des CDD par des contrats de plus en plus précaires (par l’uberisation entre autres). 

 

Outre les reculs sociaux, l’entrée dans le processus de recul continu de la démocratie – lire et relire la fin de l’intervention de Pierre Mendès-France du 18 janvier 19571 – est une nécessité pour le capitalisme. De plus, ce processus s’assortit du recul continu de la laïcité car le développement de cette séquence demande de satisfaire les principaux alliés des néolibéraux que sont les communautaristes et intégristes, instrumentalisés par le capitalisme pour remplacer auprès des perdants de la mondialisation la partie de la sphère de constitution des libertés (école, protection sociale, services publics) que l’on marchandise et privatise ! Et dire qu’une partie de la gauche dite radicale joue les idiots utiles en soutenant les principaux alliés communautaristes et intégristes des néolibéraux !

  

Les conséquences de la « rupture Fillon » 

 

Or, dans cette période néo-libérale, nous venons d’entrer dans une nouvelle séquence. Non sans une certaine analogie avec les années 30, ce qui devrait faire un peu mieux réfléchir l’ensemble des gauches. Pour la première fois depuis la Libération, un candidat de la droite de gouvernement a scellé une alliance politique avec l’extrême droite catholique. Là réside l’explication principale de la poussée Fillon au sein de la droite. Après les rassemblements très puissants de la Manif pour tous, les dirigeants de celle-ci ont encastré « la Manif », qui d’après les journalistes des médias dominants ne ferait pas de politique, et Sens Commun qui en serait l’organe politique. Chez les catholiques, le rêve démocrate-chrétien s’éloigne des perspectives d’avenir et la poussée Fillon s’explique en grande partie par la mobilisation exceptionnelle d’une extrême droite catholique qui ne rêve que de revanche.


Si Fillon gagne l’élection présidentielle, accédera au pouvoir une droite conservatrice défendant le projet sociétal de l’extrême droite catholique du XXIe siècle. Sur le plan économique et social, on vérifiera la loi du mouvement réformateur néolibéral, à savoir que depuis 1983 chaque gouvernement fait pire que le précédent : avec l’accélération de la casse de la Sécurité sociale, le renforcement de la privatisation du profit et de la socialisation des pertes, la continuation du projet Kessler de suppression des conquis sociaux de la Libération et le recul de la laïcité seraient programmés.

 

Au sein du FN, cela devrait renforcer le courant de l’extrême droite politique au détriment de celui de l’extrême droite catholique. D’ailleurs, dès le soir de la victoire de Fillon à la primaire de la droite, en témoignait le discours de Philippot sur l’Union européenne, la zone euro, l’immigration, la xénophobie, ses vagues promesses de protection des couches populaires et des couches moyennes déclassées, etc.

 

Emmanuel Macron se sent pousser des ailes en espérant fortifier un électorat allant de la droite de l’électorat socialiste aux déçus de la défaite d’Alain Juppé, comme si on peut être progressiste sur le plan sociétal et néolibéral décomplexé et brutal sur le plan économique et social. On verra si Bayrou lui laisse cet espace.

 

Le spectacle de la gauche solférinienne est affligeant, prise qu’elle est au piège des primaires du PS stricto sensu et obligée de bafouiller près de deux mois encore devant les micros tendus par les journalistes avec un sourire narquois.

 

Du côté de la France insoumise, les choses avancent avec le vote légèrement majoritaire des adhérents du PC pour le soutien à Jean-Luc Mélenchon. Restent la discussion souhaitée par le PCF sur la signature de ses élus et un futur accord sur les législatives.

 

 

Avec le durcissement, voulu par les solfériniens, des règles de parrainage, la recherche de signatures n’a jamais été aussi difficile pour les autres petits candidats.

 

Il est aujourd’hui tout à fait possible, vu le triste spectacle des « hollando-vallsistes » et le bilan catastrophique pour les couches populaires et les couches moyennes intermédiaires des gouvernements Ayrault et Valls, que Jean-Luc Mélenchon passe devant le candidat solférinien au premier tour de l’élection présidentielle. Il pourra alors revendiquer le vote utile à gauche. Mais pour pouvoir atteindre les 20-25 % nécessaires pour être présent au second tour, il faudra alors qu’il puisse toucher les couches populaires et les jeunes qui, ces dernières années, s’abstiennent à 60 %. Cela demande une inflexion de la campagne sur ce point.

 

  1. «…  L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale… » []

 

Source

 

Question : Fillon a-t-il payé les béquilles avec ses sous (bobologie) ou les a-t-il fait prendre en charge par sa mutuelle (affection de longue durée) ?

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 06:37

Cette petite saloperie-là, elle manquait à leur tableau de chasse. Non contents d’offrir les autoroutes pour presque pas un rond aux intérêts privés, les Solfériniens sont en train de privatiser des nationales.

 

La RN 154 relie Rouen à Orléans. 260 millions d’euros d’argent public ont déjà été investis sur cet axe. Sa partie Nord (Louviers-Nonancourt) est aménagée en 2x2 voies. Environ 60 km des 91,5 km de l’itinéraire situé entre Nonancourt et l’A10 restent à aménager.

 

Les Solfériniens ont choisi la mise en concession autoroutière de la RN 154 entre Nonancourt et Allaines et de son tronc commun avec la RN 12.

 

Au cours des débats publics organisés dans des salles de cinéma (le privé, toujours le privé), le gouvernement a présenté un projet de 6 millions d’euros. Sans compter les 13 millions d’euros déjà dépensés pour la réalisation d’une sortie d’autoroute A11 traversant l’Eure et Loir.

 

Jolis cadeaux offerts à Cofiroute par l’État mais aussi par le Conseil départemental d’Eure et Loir qui a contribué à l’achat des terrains permettant la réalisation des travaux.

 

Les sociétés d’autoroute réalisent d’énormes profits et n’en redistribuent qu’une infime partie pour l’entretien des infrastructures ou pour le développement d’autres modes de transports moins émetteurs de gaz à effet de serre.

 

Si un tel projet de privatisation devait se réaliser, ce serait la population, et particulièrement les salariés, qui subiraient une double peine avec :

 

  • ·Le prix des péages sur la RN 154 (coût d’un trajet par mois pour se rendre (et aller travailler) de Dreux à Chartres : 120 euros A/R, soit 1440 euros : l’équivalent d’un SMIC par an).
  • ·Le coût du projet de mise en 2 x 2 voies déjà payé par les impôts et les contribuables.
  •  

Une manifestation a eu lieu le 17 novembre 2016 à Chartres devant la Préfecture. 200 manifestants sont venus dénoncer ce projet pharaonique et la méthode de l’enquête publique. En effet les enquêtes publiques sont effectuées en Mairie, mais en journée pour éviter l’affluence des salariés et des usagers.

 

À leur disposition, un document de 5 000 pages et des commissaires acquis à la cause pour savoir si ce projet est réellement d’utilité publique. 

Quand les Solfériniens privatisent les routes nationales

Les syndicats, la CGT en particulier, s’opposent à toute forme de privatisation : externalisation des missions, partenariats Publics Privés (PPP), concessions qui ne font qu’augmenter les profits des SCA et leurs filiales du BTP.

 

Tout ceci se fait au détriment du service public, du service rendu aux usagers, des agents des routes qui subissent les restructurations et voient leurs conditions de travail se détériorer.

 

Il faut cesser de considérer que la route est une marchandise.

 

 

Source : CGT 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 06:47

Ci-dessous un article de Mark Lilla (New York Times du 6 novembre 2016), transmis par l'ami Jean-Charles Khalifa et ses étudiants.

 

 

L’espoir, disait le philosophe Francis Bacon est un bon petit déjeuner, mais un méchant souper. Il y a seulement un quart de siècle, l’espoir était une force motrice sur la scène politique internationale. La Guerre Froide avait pris fin de manière pacifique et des démocraties constitutionnelles en bonne et due forme avaient commencé à s’enraciner en Europe de l’est. L’Union européenne était une réalité institutionnelle, et l’adhésion à cette dernière s’était progressivement étendue vers l’est. Les accords d’Oslo entre Israël et la Palestine avaient été signés, et Nelson Mandela était devenu président d’Afrique du Sud après avoir passé trente ans en prison. 

 

C’est à se demander si nous savons même encore ce qu’est l’espoir. Aujourd’hui, dans le monde entier, c’est bien plutôt la colère, le désespoir et le ressentiment qui sont les moteurs de la vie politique. Et par-dessus tout, la nostalgie. « Rendre sa grandeur à X » est le slogan démagogique de notre temps, et ceci n’a pas commencé avec la candidature présidentielle de Donald J. Trump aux Etats-Unis. Qu’est-ce que l’islamisme politique, sinon la concrétisation violente d’un fantasme de retour, en l’occurrence vers une ère imaginaire de pureté religieuse et de puissance militaire ? Le Premier Ministre d’Inde, Narendra Modi, a fait carrière en faisant la propagande de l’Hindutva, une forme de nationalisme hindou fantaisiste qui glorifie la civilisation indienne avant l’arrivée des musulmans. Dans toute Europe, les partis d’extrême droite font commerce de passés imaginaires semblables.  

 

Nous vivons une époque réactionnaire. Les révolutionnaires sont des marchands d’espoir. Ils croient, et souhaitent que tout le monde croie, qu’une rupture radicale avec le passé est possible et qu’elle marquera l’avènement d’une nouvelle ère pour l’expérience humaine. Les réactionnaires estiment qu’une telle rupture a déjà eu lieu et que les conséquences en ont été désastreuses. Alors que, pour un œil profane, le fleuve de l’histoire semble couler, identique, comme depuis la nuit des temps, le réactionnaire voit passer sous ses yeux, à la dérive, les décombres du paradis. Le révolutionnaire voit l’avenir radieux, et cela le grise. Le réactionnaire songe au passé dans toute sa splendeur et lui aussi en est grisé. À ses yeux, il est le gardien de ce qui s’est réellement passé, et non le prophète de ce qui  pourrait advenir. Cela explique ce désespoir curieusement exaltant qui traverse la littérature et la rhétorique réactionnaire, le sentiment tangible d’être investi d’une mission. Comme les rédacteurs du magazine droitier National Review l’ont expliqué dans son tout premier numéro, la mission est de « prendre le contre-pied de l’histoire, en hurlant stop. »

 

Les réactionnaires ne sont pas des conservateurs. C’est la première chose à comprendre sur eux. Les conservateurs ont toujours vu la société comme une sorte d’héritage, quelque chose que l’on reçoit et dont on est responsable. Aux yeux des conservateurs, la façon la plus salutaire d’instaurer le changement passe par la concertation et des mutations lentes en matière de coutumes et les traditions, et non pas par des annonces de programmes audacieux de réformes ou l’invention de droits individuels prétendument inaliénables. Mais le conservateur accepte également le fait que l’histoire connaît toujours des soubresauts et que nous n’y sommes que de passage. Le conservatisme cherche à instiller l’idée toute simple selon laquelle l’histoire est porteuse de progrès pour l’homme, et non l’inverse. Et que des tentatives radicales de la maîtriser par la seule force de la volonté n’apporteraient que le désastre.

 

Les réactionnaires rejettent cette vision conservatrice. Ils sont, à leur manière, tout aussi radicaux que les révolutionnaires et tout aussi destructeurs. Les fables réactionnaires commencent toujours par un état du monde heureux, bien ordonné, où les gens partageaient volontairement un destin commun. Puis, des idées allogènes, promues par des intellectuels et des individus extérieurs au système (écrivains, journalistes, professeurs, étrangers) sont venues ébranler cette harmonie. (La trahison des élites est un élément central de tous les mythes réactionnaires.) Bientôt, la société tout entière, y compris le petit peuple, allaient se trouver dupés. Seuls ceux qui ont préservé la mémoire des traditions (les réactionnaires, eux-mêmes, donc) ont conscience de ce qui s’est produit. Seule leur résistance décidera si la société fait machine arrière ou continue sa course vers son désastre ultime.

Nous vivons une époque… réactionnaire

Qu’on ne s’y trompe pas, les réactionnaires ne se trouvent pas seulement à droite. Depuis l’effondrement de l’URSS et des rêves révolutionnaires pour le monde post-colonial, la gauche européenne a troqué la rhétorique de l’espoir pour celle de la nostalgie. La nostalgie pour sa propre puissance d’antan. L’histoire avec laquelle la gauche réactionnaire se berce commence avec les révolutions des siècles passés, les révoltes et les grèves générales. Puis vint la chute, avec Margaret Thatcher et Ronald Reagan. À qui la faute ? Une fois encore, aux intellectuels, et dans ce cas précis, à une cabale internationale d’économistes « néolibéraux ». Ils ont, d’une manière ou d’une autre, réussi à convaincre les gouvernements et les anciens électeurs de milieux ouvriers que s’enrichir était signe de prestige. Et lorsqu’ils virent qu’ils ne deviendraient jamais riches, des responsables politiques racistes les persuadèrent de rendre les immigrés et les minorités responsables de leurs maux. Cette illusion ne peut être dissipée que si l’on Rend sa Grandeur à la Gauche (ce qui ne dit pas ce qu’une gauche ayant retrouvé toute sa vitalité ferait au pouvoir). Pas un seul des nouveaux partis anti-mondialisation en Europe (Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, le Mouvement 5 étoiles en Italie) n’a proposé le moindre programme crédible pour l’avenir.

 

Il y a un rapport entre la popularité de ces partis, le vote en faveur du Brexit et l’enthousiasme de l’Amérique profonde pour M. Trump. La mondialisation économique et la paralysie des institutions démocratiques ont laissé se développer un sentiment d’abandon chez les peuples des sociétés occidentales, tout comme le fait qu’aucun parti ou mouvement sur l’ensemble de l’échiquier politique n’ait proposé de vision crédible de l’avenir à partir des réalités actuelles, qui connaissent des mutations toujours plus rapides. Aujourd’hui, vivre une vie moderne, dans quelque partie du monde que ce soit, soumise à des mutations sociales et technologiques perpétuelles, c’est ressentir l’équivalent psychologique d’une révolution permanente. Face à ce processus, c’est l’angoisse qui fait désormais figure de sentiment universel ; et voilà pourquoi les idées réactionnaires attirent des partisans qui n’ont pas grand-chose en commun sinon leur sentiment de trahison historique.

 

Toute mutation sociale de grande ampleur abandonne un nouvel Éden pouvant servir d’objet à la nostalgie de certains, et les réactionnaires de notre époque ont découvert que la nostalgie peut être une force politique mobilisatrice puissante, peut-être même plus puissante que l’espoir. Les espoirs peuvent être déçus. La nostalgie, elle, est irréfutable.

 

Traduit de l’anglais (EU) par Pierre-Jean PICHOURON et Geoffrey SAMSON, sous la supervision de Jean-Charles KHALIFA

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 06:39

Ils sont au vert, ces comptes, et ils vont permettre au fils de notaire non pas de réanimer la lutte des classes mais de déclarer la guerre des classes.

Les comptes de la France de Fillon
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 06:14

L'éditorialiste du Grand Soir, Théophraste R., a réagi avec humour et sérieux à la mort de Fidel Castro :

 

Se promenant sur le Malecón, Fidel ramasse une lampe d’Aladin, qu’il ouvre. En jaillit un Génie qui, pour le remercier de l’avoir délivré, l’invite à faire un vœu.

 

Je veux, dit Fidel, être enterré près de mes ancêtres. Mais, je suis malade en bateau et je déteste l’avion. Construis un pont entre La Havane et Láncara, en Galice.

 

Hou, la, la ! se désole le génie en se grattant la tête. Un pont de Cuba jusqu’en Espagne… Ecoute, je t’autorise à faire plutôt un autre vœu.

 

Bon, dit Fidel, je voudrais que le jour de ma mort, les médias français disent enfin la vérité sur ma vie et mon œuvre.

 

Mouais, dit le génie en se grattant la tête, le pont, tu le veux en bois ou en pierre ?

 

Théophraste R. (Adaptateur d’histoires drôles en fonction de l’actualité).

 

PS. Depuis qu’Obama a donné son feu vert, les médias ne font plus systématiquement précéder le nom de Castro du mot « dictateur ». Titre du New York Times de 26 novembre 2016 :  « Fidel Castro, Cuban Revolutionary Who Defied U.S., Dies at 90 ». En traînant la patte et avec des retours de fiel incontrôlés, notre presse suit la consigne implicite, sauf la plus bête qui n’a pas encore compris pourquoi elle décline.

 

Fidel et la mort d'Aladin
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 06:35

Faire du commerce en anglais ne fait pas gagner un centime d'euro. La démarche est purement idéologique. Nous sommes dans une adhésion, une soumission au capitalisme financier.

 

Cela sert à quoi de coller sur le postérieur des Peugeot 307 “sw” ? Quand j'étais enfant, on parlait de voitures “commerciales”. Le paysan transportait des œufs, du beurre et des poulets dans sa Frégate (Renault) au marché de la ville. Plus tard, on dénomma ces voitures “Break”, en utilisant un terme anglais que les Anglais n'utilisaient pas. On voulait dire par là que la ligne de la voiture était “brisée” à l'arrière. Maintenant, on a “sw”. Pas un Français sur cent ne sait ce que cela veut dire.

Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
Á Lyon comme ailleurs, l'anglais nous enfume
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 06:29
Un point de vue communiste sur une question qui n'est pas simple.
 

De nombreux réfugiés et sans-papiers se retrouvent en France dans une situation humaine et matérielle très difficile, qui suscite la sympathie des militants, des actes de solidarité, de soutien, et la mobilisation des associations d’aide.

 

Mais faut-il aller au delà, et passer du soutien particulier à des personnes en difficulté, à un soutien politique, qui approuve et valide leur démarche de rechercher à tout prix et dans l’illégalité l’installation en France ou dans d’autres grands pays capitalistes ? Un tel soutien signifie que l’on adhère implicitement mais sans équivoque à une revendication politique, exposée clairement d’ailleurs par certaines organisations gauchistes comme par les organisations patronales : une liberté totale de circulation internationale des personnes dans le monde, qui implique du même coup la liberté totale de mouvement de la main d‘œuvre.

Faut-il soutenir politiquement les sans-papiers et les réfugiés ? Sinon, que faire ?
 

Il apparaît certain que la revendication de la mobilité internationale de la main d’œuvre est celle du patronat. Il s’agit d’un des piliers du néo-libéralisme. Le but est de mettre en concurrence les travailleurs entre eux, de faire baisser les salaires, et aussi de déstructurer le prolétariat en le divisant en communautés ethniques adverses.

 

Il est douteux, malgré les apparences du fait qu’utilisent abondamment l’extrême droite dans sa propagande que l’immigration cause le chômage (car les immigrés sont aussi des consommateurs et pour produire leur consommation il faut du travail). Mais il est certain que cette perception explique en grande partie la montée électorale de l’extrême droite qui est contemporaine de l’installation durable du chômage de masse dans ce pays, dans les années 1980. Soutenir politiquement les migrations provoque une réaction populaire hostile qui est donc utile électoralement à l’extrême droite.

 

Il est par contre indiscutable que les migrations font pression à la baisse des salaires et des conditions de travail. Je rappelle que cette application de la loi de l’offre et la demande est parfaitement conforme à l’économie marxiste, il suffit de lire le Capital pour s’en rendre compte : l'immigration est le moyen le plus simple d'augmenter les effectifs de l'armée de réserve du capital qui sert précisément à cela. Soutenir politiquement les migrations est donc nuisible à la classe ouvrière considérée comme un tout (y compris aux ouvriers immigrés déjà installés).

 

Je pense que les droits de l’homme (dans leur version limitée, bourgeoise, de 1789, sans les droits réels de 1948) sont aujourd’hui détournés pour faire passer en fraude cette exigence, pour maquiller une revendication du patronat en revendication des travailleurs.

 

Sans-papiers et réfugiés sont des travailleurs, au moins potentiels, et il est donc normal que les organisations de défense des travailleurs s’occupent de leur cas. Mais ils ne sont pas à ce stade des travailleurs en lutte organisée, et leur but reste individuel et individualiste : leur rêve n’est pas la promotion de leur classe mais leur promotion individuelle. Leur rêve n’est pas de lutter contre l’exploitation, mais de devenir riche, ou au moins d’être exploité dans des conditions meilleures, pensent-ils, que dans leur pays d’origine. Ces migrants économiques dans le cas le plus général cherchent non à fuir des pays en guerre mais à passer d'un pays en paix à un autre, estimé plus favorable à leur projet, d'où leur présence à Calais, très loin d'Alep ou de Kaboul.

 

Leur individualisme se voit aussi très souvent dans le fait qu’ils considèrent que les efforts pour leur éducation et leur santé qui ont été faits par leur pays d’origine ne leur donnent aucune obligation envers lui. Or les migrations sont dans les faits un élément central du pillage du Tiers-Monde : pillage de sa « ressource humaine ». Les sans-papiers et les réfugiés dont il est actuellement question sont loin d’être recrutés parmi les plus pauvres et les plus misérables de leurs compatriotes, ils appartiennent au contraire à la classe moyenne ou au groupe des diplômés et des travailleurs qualifiés. La migration actuelle est une spéculation sur l’avenir, ou des individus concernés, ou des communautés dont ils sont issus, qui ont misé un capital sur l'expatriation (et il est vrai qu'ils en ont souvent été spoliés par les mafias qui sont les principales gagnantes de la situation).

 

En ce qui concerne les réfugiés syriens, qui sont la majorité de ceux qui ont fait l’actualité tragique de 2015, il faut aussi savoir qu’ils ne viennent pas directement de Syrie, mais de Turquie, où ils étaient censés être en sécurité dans des camps de réfugiés, et que leur envoi en Europe se comprend comme une pression de ce pays sur l'Europe pour accélérer une intervention militaire. Et l’organisation par la terreur de masse de l’exode syrien est une arme stratégique pour faire plier l’État Syrien, dans la guerre d’agression que lui mène l’impérialisme, notamment l'impérialisme français, depuis 2011.

 

Le sentiment d'humanité élémentaire qu'on doit ressentir pour ceux qui se retrouvent à la rue dans le froid hiver européen ne dispense pas de recul critique. Aider les personnes en détresse oui, soutenir l'impérialisme et le pillage du Tiers Monde, non. Certains militants humanitaires ont d'ailleurs acquis sur le terrain cette conscience politique critique et refusent de se laisser manipuler dans le spectacle compassionnel.

Le soutien à la cause des migrants comme telle (c'est-à-dire au principe même de la libre migration) n'est pas seulement une erreur politique. Elle finit par se retourner directement contre la sécurité même des migrants, car elle a pour effet pervers d’encourager les départs et la prise de risque. Si on appliquait strictement la loi, les migrants recueillis en Méditerranée devraient être expulsés ; or la pression des associations, et la prégnance du libéralisme moral dans les mouvements sociaux aboutissent à faire de la migration illégale un jeu dangereux mais avantageux, roulette russe où l’on peut le plus souvent gagner : pour un migrant illégal renvoyé au pays d’origine (ce qui est impossible pour les réfugiés), vingt ou trente installations définitives. Pour un mort, cent passages réussis.

 

Aucun pays ne peut abandonner sa souveraineté au point de laisser complètement libre le passage de ses frontières, mais il peut accepter le compromis bancal qui consiste à régulariser a posteriori tous ceux qui ont pris le risque mortel de franchir les obstacles. Les gauchistes et/ou humanitaires deviennent alors la main gauche de l’État bourgeois qui accueille les migrants après leur avoir empêché l’entrée de la main droite, par sa police. Selon le fameux principe des "pieds secs, pieds mouillés" qui caractérise la politique migratoire des États-Unis, à l'encontre de Cuba, depuis 1959 : les États-Unis ne délivrent pas de visa à la Havane aux candidats à l'émigration, mais régularisent les naufragés, quand ils arrivent vivants sur les plages de Floride.

 

Pour terminer un dernier point : le droit de l’homme inaliénable, concernant la liberté de circulation, est celui de pouvoir sortir et revenir dans son propre pays ; ce n’est pas celui de pouvoir entrer dans tous les autres pays.

G.Q.

Le 4 janvier 2016

PS : Il ne faut pas confondre le militantisme humanitaire, qui est altruiste, mais qui ne vise pas à changer le monde, avec le militantisme politique qui ne l'est pas. Sans être égoïste non plus, le militant politique défend sa propre cause en défendant celle des autres, il se défend individuellement en défendant collectivement sa classe, dans la solidarité des égaux.

 

PPS, Le 7 février-26 mars 2016

Des argumentaires circulent sur FB, abondamment illustrés d'images atroces d'enfants noyés en Mer Egée, qui plaident l'ouverture des frontières pour résoudre la crise humanitaire. Avec un mauvais goût certain, ils enchainent et vendent la mèche en expliquant à quel point ces réfugiés (diplômés, qualifiés ...) s'ils étaient intégrés en Europe, seraient un "plus" et une source de prospérité. Il s'agit d'un message émotionnel pervers, exhibitionniste et malhonnête, qui compare le sort des migrants à celui des déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale, afin de culpabiliser le public. Cette assimilation est inacceptable, d'abord parce qu'elle "banalise le mal" nazi encore mieux qu'Hannah Arendt, mais surtout pour la simple raison que les migrants ne sont pas des déportés, ils ont choisi eux-même de prendre le risque de la traversée clandestine, et de le faire prendre à leurs enfants. En effet, même si de nombreux migrants viennent à l'origine de pays en guerre, ils ne s'embarquent pas dans ces pays, mais cherchent à passer d'un pays d’accueil à un autre, de la Turquie à la Grèce, de la France à l'Angleterre. Lorsque des naufragés se trouvent en perdition, il est impératif sur tous les plans de les secourir, mais cela ne doit pas conduire à les approuver quand ils se sont eux-mêmes placés dans cette situation. C'est sans doute dur à entendre, mais c'est la réalité.

 

Quant à la solution à apporter à la crise humanitaire, ce ne sera pas l'ouverture des frontières qui n'est pas une option : la même opinion que l'on manipule maintenant par sa compassion le sera dans une heure en sens inverse par sa peur du terrorisme, et elle va implorer pour des frontières partout. La bourgeoisie aime les migrants, à condition qu'ils n'en demandent pas trop, et qu'ils restent clandestins.

 

La solution véritable du drame mondial des migrants est de faire cesser les ingérences politiques et militaires occidentales dans les pays du Sud et leur action contre leur gouvernement légitime. Et nous le pouvons ! Mais trop oublient de ce coté-ci de la mer que la légitimité d'un gouvernement n'est en rien liée à son caractère prétendument démocratique ou à des critères décernés arbitrairement par des ONG occidentales dont l’indépendance est factice. Un gouvernement est légitime vis à vis de l'extérieur (c'est à dire nous) quand il s'est fondé en légalité de manière interne et qu'il n'émane pas de forces étrangères à son territoire. Aussi déplaisante qu'elle soit, la tyrannie saoudienne est légitime, à ce titre, et tous les autres gouvernements internationalement reconnus le sont aussi, dont le gouvernement syrien que cette monarchie cherche à faire tomber en vain depuis cinq ans. A la racine de la question des réfugiés syriens, il y a donc la guerre sale menée à l'aide du terrorisme par l'Occident coalisé avec les intégristes wahhabites, contre le gouvernement légitime de la Syrie, et d'autres gouvernements arabes légitimes, dans le silence assourdissant de la gauche bien pensante!

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 05:44

Je reprends ici un article de Daniel Gluckstein (La Tribune des Travailleurs du 5 octobre 2016)

 

 
source : Facebook - Elisabeth Pochon

source : Facebook - Elisabeth Pochon

 

Mme Pochon (Élisabeth de son prénom) couvre sa circonscription d’affiches proclamant que « depuis 2012 la gauche agit ». Pour preuve : « Maintenant, dans l’industrie, le coût du travail est moins élevé en France qu’en Allemagne. »
On se frotte les yeux. Et pourtant, c’est bien là, imprimé blanc sur fond rouge : le coût du travail a baissé – c’est-à-dire que les salaires des travailleurs, directs et indirects, ont diminué – et… la députée « socialiste » s’en réjouit. Il est vrai que les 50 milliards d’euros du pacte de responsabilité offerts aux patrons, le pillage incessant de la Sécurité sociale, le blocage des salaires, la déréglementation des droits par la réforme El Khomri, tout cela, c’est l’œuvre de son gouvernement de « gauche » !


L’affaire n’est pas nouvelle. Elle est aussi vieille que l’Europe de Maastricht. Nous le rappelons dans ces pages : à l’origine de la mortifère « loi de financement » qui enferme la Sécurité sociale dans un budget destiné à l’asphyxier, se trouve le plan Juppé imposé en 1995 en application du traité de Maastricht.


C’était la droite, certes. Mais qui, en 1997, fut le premier à mettre cette loi en application? Lionel Jospin, qui dirigeait alors un gouvernement PS-PCF-Verts (1). Jospin aurait pu abroger cette réforme inique qui avait dressé contre elle des millions de travailleurs et de jeunes. Mais il aurait fallu faire un pas sur la voie de la rupture. Jospin s’y est refusé. Acceptant docilement de faire voter la première loi de financement de la Sécurité sociale par sa majorité PS-PCF, il répéta la chose d’année en année, imité en cela par les gouvernements de droite qui lui ont succédé puis par le gouvernement Hollande-Valls succédant au gouvernement de droite.


C’est un ainsi que, de gouvernement en gouvernement, de gauche en droite et de droite en gauche, les gouvernements successifs défont la Sécurité sociale de 1945 et le droit à la santé qui y est attaché. Tout cela au nom de la baisse du coût du travail et du traité de Maastricht.


Et maintenant ? Les coups les plus terribles ont été portés contre la Sécurité sociale de 1945. Mais aussi longtemps que subsiste un segment de ce qui fut arraché il y a soixante-dix ans, ce segment constitue le socle auquel s’accroche le combat ouvrier pour la reconquête de toute la Sécurité sociale de 1945. Et cela est vrai, tout autant, pour l’école et le Code du travail.


S’appuyer sur ce qui n’a pas été détruit pour reconquérir ce qui l’a déjà été : cela passe par l’indépendance du mouvement ouvrier. Autrement dit : par la rupture avec les diktats de Maastricht, Bruxelles et de la Banque centrale européenne, la rupture avec l’Union européenne, la Ve République et la dictature de la classe capitaliste.

 

(1) Avec pour ministres, notamment : Martine Aubry, Ségolène Royal et Pierre Moscovici pour le PS (rejoints en 2000 par Jean-Luc Mélenchon) ; Marie-George Buffet et Jean-Claude Gayssot pour le PCF ; Dominique Voynet pour les Verts…

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 05:40

Ci-dessous, un article de Robert Gil, repris par Le Grand Soir, sur une des initiatives les plus aberrantes (et les plus contraires aux intérêts du peuple) du pouvoir solférinien :

 

 

LE CICE : véritable gâchis d’argent public !

 

 

Le CICE, c’est quoi ?

 

 

C’est un crédit d’impôt sur les sociétés accordé à toutes les entreprises disposant d’employés, et dont le montant est calculé sur la base de leur masse salariale. Il équivaut, en 2013, à 4 % de l’ensemble des salaires versés, dans la limite des rémunérations inférieures à 2,5 fois le Smic. Il est ensuite passé à 6 % en 2014, avant d’être augmenté à 7 % à compter de l’année prochaine. Objectif du dispositif, décidé à l’automne 2012 dans la foulée du rapport Gallois : permettre aux entreprises de restaurer leurs marges afin, au choix, de conquérir de nouveaux marchés en baissant leur prix, de créer de l’emploi ou encore d’investir.

 

A-t-il permis de créer de l’emploi ?

 

Pour la « Tepp », oui, le CICE aurait créé ou sauvegardé entre 45 000 et 115 000 emplois. Avec cette étrangeté, cependant : ces chiffres ne concernent que l’année 2013, c’est-à-dire le moment où le CICE prenait à peine son envol. En revanche, en 2014, où la quasi-totalité de l’argent est réellement versée aux entreprises, la montée en puissance du dispositif « n’aurait pas induit une progression supplémentaire de l’emploi cette année-là ». Explication de France stratégie : « On peut penser qu’il s’agit surtout d’emplois sauvegardés plus que créés. Les entreprises prenant connaissance du CICE en 2013 auraient en effet renoncé à licencier ». Mais sans forcément générer de nouveaux emplois. Quant au Liepp, il ne relève, pour sa part, aucune création d’emplois. « L’évaluation indique que [le CICE] n’a pas incité les entreprises les plus intensément ciblées à investir ou à embaucher plus que les [autres] entreprises. »

 

Le leurre du million d’emplois

 

Le million d’emplois promis par Pierre Gattaz apparaît bien à posteriori comme un leurre, un leurre malheureusement prévisible faute de débouchés suffisants pour la production. Pourquoi les entreprises auraient-elles embauché, alors que l’austérité demeurait l’alpha et l’oméga des politiques économiques ? Le minimum aurait été de conditionner l’aide publique à la création d’emplois de qualité. Mais chacun se souvient combien cette idée simple a été ­combattue, l’exécutif préférant les déclarations d’amour quelque peu naïves envers l’entreprise.

 

Un million de subvention par emploi créé

 

Quel a été l’effet du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en 2014 sur l’emploi ? Selon nos informations, la réponse se situe entre « zéro » et « 80 000 emplois créés ou sauvegardés », d’après les travaux des deux laboratoires de recherche en économie qui ont remis mercredi leurs conclusions à France Stratégie, l’organisme dirigé par Jean Pisani-Ferry, rattaché à Matignon. C’est toutefois une fourchette plus haute qui a été retenue : le CICE a probablement permis de créer ou de sauvegarder entre 50 000 et 100 000 emplois en 2013 et en 2014.

 

Au final, près de 45 milliards, pour quoi faire ?

 

L’année 2013, avec la mise en œuvre d’une politique économique qui, sous couvert de compétitivité, est essentiellement axée sur le soutien à la rentabilité des entreprises, aura été le tournant du quinquennat de ­François Hollande. Cette stratégie que l’on peut assimiler à une fusée à trois étages est désormais totalement déployée. Le premier étage de la fusée aura été le crédit d’impôt compétitivité emploi, le fameux CICE : 24 milliards. Le second étage est constitué du pacte de responsabilité : 20 milliards. Le troisième étage consiste en une mesure de suramortissement de 40 % des investissements des entreprises dont l’effet fiscal se répartit sur l’ensemble de la vie du bien correspondant. Au final, le taux de marge des entreprises fait un bond, les profits s’accroissent de 16%... sans que la situation de l’emploi ne s’améliore... on nous aurait menti ?

 

Financer des grands travaux ou créer des emplois dans la fonction publique

 

Plutôt que de jeter l’argent dans les poches du patronat, l’on pourrait très bien par exemple, utiliser ces sommes colossales pour relancer l’emploi et l’économie via des grands travaux financés par l’état. Ce ne sont pas les chantiers qui manquent : écoles, universités, hôpitaux, logement sociaux ... tout cela donnerait du travail à de nombreuses entreprises du BTP et autres. Evidemment, dans les appels d’offre, l’Etat pourrait très bien y incorporer un volet social et vérifier les coûts véritables, souvent en décalage flagrant avec les coûts surfacturés. Rappelons que, sinon, embaucher un millions de fonctionnaires de base, catégorie C, ne nous couterait que 30 milliards ... à mettre en perspective avec les milliards distribués sans contrepartie aux grosses entreprises sans que cela ne créer des emplois Et je suis sûr que même ceux d’entre vous qui n’aiment pas les fonctionnaires n’aurait rien contre si l’un de ses proches réussissait un concours de la fonction publique.

»» http://2ccr.unblog.fr/2016/10/12/le-cice-veritable-gachis-dargent-public/
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