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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 05:39

Coralie Delaume publie des articles dans Le Figaro (personne n’est parfait). Elle est souverainiste et a créé le blog L’Arène nue (http://l-arene-nue.blogspot.fr). Elle est l’autrice de Europe. Les Etats désunis (Michalon, 2014).

 

Ci-dessous, de larges extraits d’un article publié le 26 mai 2016 sur la soumission du gouvernement français aux désidérata de Bruxelles sur le droit du travail.

 

 

Jean-Claude Juncker a déclaré que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu'il faut faire». Pour Coralie Delaume, l'économie de notre pays est depuis longtemps l'application des orientations de l'Union européenne.

 

 

La loi El Khomri est un produit d'importation made in Union européenne. Les « Grandes orientations de politique économique », dont l'existence est posée par les traités, et le « Programme national de réformes, qui s'inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 «pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive», prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale.

 

Dans même temps, la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union, n'a de cesse de promouvoir l'ordre concurrentiel et la dérégulation. Elle œuvre à saper le droit du travail dans les pays membres, et à affaiblir la capacité de négociation des salariés dans les conflits sociaux.

 

Enfin, l'appartenance à l'euro interdit toute dépréciation de la monnaie. Dès lors, elle conduit les pays de l'eurozone non à renforcer leur coopération, non à développer entre eux la solidarité, mais à se mener les uns aux autres une véritable « guerre de la désinflation salariale» (Steve Ohana).

 

Face au caractère scandaleux de l'affaire, face à la blessure d'orgueil que ne peut manquer d'occasionner, chez n'importe quel peuple encore un peu conscient de lui-même, l'idée d'être «gouvernancé» depuis Bruxelles, Francfort ou Luxembourg au lieu d'être normalement gouverné par les dirigeants qu'il a élus, on pourrait s'attendre à ce que les «Européens de métier» fassent profil bas. Par décence. Par souci de ne pas attiser la colère. Parce que le fait de bénéficier de pouvoirs exorbitants dont ils ne doivent la titulature qu'à une série d'erreurs d'aiguillage de l'Histoire, devrait suffire à les contenter.

 

Mais non. Il faut encore qu'ils portent en bandoulière leur bonheur niais d'être là où ils sont, et qu'ils l'ouvrent à tout propos. Sans se rendre compte qu'à la fin, « les gens » commencent à comprendre. Et à s'agacer.

 

L'ouvrir très grand, c'est l'une des choses que Jean-Claude Juncker fait le mieux. Aussi a-t-il trouvé judicieux, dans un récent entretien au journal Le Monde, de formuler ces quelques regrets : «à voir les réactions que suscite la « loi travail », je n'ose pas m'imaginer quelle aurait été la réaction de la rue, à Paris ou à Marseille, si votre pays avait dû appliquer des réformes comme celles qui ont été imposées aux Grecs ».

 

Ceci dit, rien n'est jamais perdu pour qui sait s'armer de patience. Durant l'été 2015, au cœur de la «crise grecque», le ministre hellène Yanis Varoufakis avait donné quelques clés pour comprendre la dureté des créanciers vis-à-vis de son pays. Selon lui, la véritable cible des « Européens » (et de l'Allemagne, plus encore que de l'Europe institutionnelle) était en fait l'Hexagone. « La Grèce est un laboratoire de l'austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d'être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins », avait-il osé. Pour lui, les vraies cibles étaient l’Etat-providence et le droit du travail français.

 

Autre grand bavard : Pierre Moscovici, ce commissaire apatride qui s’adresse en anglais à des officiels français pour leur passer un savon. Dans un entretien publié le 18 mai, le commissaire aux Affaires économiques faisait connaître sa volonté. Il rappelait qu'il lui appartenait bien d’exiger la loi travail : «Tout ce que je peux dire, c'est que la réforme est indispensable et qu'y renoncer serait une erreur lourde (…) les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente : celui de s'y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n'est pas nécessaire et qu'elle ne doit pas être menée (…) En outre, je pense que la volonté du peuple doit s'exprimer dans les élections, pas dans les sondages ».

 

 

Évidemment, si les choses en sont là, et Moscovici le dit fort bien, c'est en raison « des traités que les gouvernements et les Parlements de l'Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés ». C'est là l'argument dont les européistes se prévalent sans cesse, car il n'y a plus que ça en magasin. Au passage, ils se hâtent d'oublier que le dernier des traités, celui de Lisbonne, a tout de même nécessité pour être signé que l'on s'assoie en 2005 sur les résultats de deux référendums, le néerlandais et le français. Tout comme on s'est assis sur le résultat de la consultation grecque de juillet 2015. Autrement, c'était le début du détricotage de la zone euro.

 

Au sujet du mouvement social actuellement en cours, Myriam El Khomri a eu ces mots très contestés : « il n'est pas question que l'économie de notre pays soit prise en otage ». Ils sont pourtant incontestables: l'économie de notre pays est, depuis longtemps, en situation de captivité. Simplement, les rançonneurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:32

Cette image a été jugée anti-flics par les pouvoirs publics, les grands médias et les flics eux-mêmes :

Anti-flics, ou pas ?

Cette photo n'a soulevé l'indignation de personne chez les flics, dans les médias et chez ceux qui nous gouvernent :

Anti-flics, ou pas ?
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 05:23
Et si, partout, on se réappropriait l'eau robinet ?

 

 
L’EAU en Ile-de-France : ATTAC propose « d’en finir avec VEOLIA » …
 

« Eau publique ou privée ? »

Action le mardi 28 juin 2016 à 19h à la mairie de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) lors d'une réunion du Conseil Territorial. L'objectif est de faire passer le Conseil Territorial T12 à une régie publique de l'eau, et d'en finir avec Véolia.

5 bonnes raisons pour un audit indépendant de l'eau !

5 bonnes résolutions pour sortir du SEDIF au 1er janvier 2018

 

1 - reprendre la main sur la décision du mode de gestion de l'eau...

 

FAUX ! Le SEDIF n'est pas un « service public » comme il le prétend : il délègue le service public de l'eau à l'entreprise privée VEOLIA !

 

VRAI ! 12 villes du Territoire 12 s'étaient positionnées « pour » une gestion publique de l'eau en 2010 : Arcueil, Cachan, Chevilly-Larue, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Kremlin-Bicêtre, L'Haÿ-les- roses, Orly, Villejuif, Vitry-sur-Seine, Villeneuve St Georges !

 

2 - faire que tous les acteurs locaux décident du mode de gestion de l'eau...

 

VRAI ! Au SEDIF l'avis des usagers n'est que consultatif alors qu'ils payent 92% du coût de l'eau (assainissement, desserte et infrastructures) !

 

VRAI ! Au SEDIF les 149 élu-es qui représentent les 149 villes adhérentes ne décident pas de la priorité des débats, c'est le Bureau et le président André SANTINI (14 élus) qui en décident !

 

3 - privilégier l'intérêt général et non les intérêts des multinationales de l'eau...

 

VRAI ! Le SEDIF délègue son service de l'eau à la multinationale VEOLIA adepte de l'évasion fiscale : VEOLIA Environnement (Eau) possède 106 filiales offshores !

 

VRAI ! La multinationale VEOLIA est peu respectueuse de ses salariés : ils n'ont pas eu de prime en 2015 mais son PDG a augmenté son salaire de 9,3% soit 2,31 millions d'euros !

 

4 - appréhender tous les risques et trouver des solutions...

 

FAUX ! Le SEDIF pourra-t-il maintenir le service de l'eau en cas de crue décennale : «L'exercice SEQUANA permettra de tester les interdépendances avec les autres opérateurs : le service étant maintenu sous réserve d'une alimentation électrique des installations » ?!!

 

VRAI ! Le SEDIF n'a pas la maîtrise du risque ni à l'usine de Méry-sur-Oise où aucune solution n'est trouvée contre un éventuel nuage toxique ni à l'usine d'Annet-sur-Marne où l'eau polluée reste chargée d'éthylène glycol !

 

5 - gérer au plus près les enjeux du Territoire 12...

 

VRAI ! Le SEDIF n'exerce aucune pression pour faire appliquer le droit d'accès à l'eau aux plus démunis lorsqu'il est bafoué par la multinationale VEOLIA !

 

FAUX ! Le SEDIF n'a pas de politique concrète en vue du changement climatique qui s'opère : qu'a-t-il prévu lorsque l'étiage de la Seine sera au plus bas, pour y prélever et traiter la moitié de la consommation d'eau potable d'1,5 millions de franciliens en 2030 ?

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 05:13

 

 

 

Un ami et néanmoins collègue m’écrit : « Avant, les Anglais avaient un pied dedans et un pied dehors ; maintenant c’est le contraire. Ils n’ont pas fini de nous emmerder! ».

 

Je suis bien d’accord, mais je crois que ce qui se joue va bien au-delà des vapeurs grandes-bretonnes.

 

Quand nous étions jeunes (et que nous n’avions nullement besoin de visa pour traverser la Manche dans des ferry-boats poussifs), les référendums avaient quelque chose d’impérieux, de sacré. Le mot “ référendum ” contient la notion de gouvernement direct. Souvenons-nous des consultations historiques lancées par De Gaulle, sur l’indépendance de l’Algérie, sur l’élection du président de la République au suffrage universel, jusqu’à celle, fatale, qui le verra démissionner dans l’heure avant qu’il aille marcher sur les plages irlandaises et rendre visite à Franco cinq mois avant sa propre mort (l’hagiographie – qui a retenu les plages mais qui a peu retenu la complicité monarcho-militaire – a oublié que De Gaulle fut à la fois majestueux et satrape).

 

Chirac, qui avait pris chez son illustre prédécesseur le peu qui l’arrangeait, avait proclamé, avant le référendum de 2005 pour lequel il s’était engagé corps et âme, qu’il ne démissionnerait pas si le peuple le désavouait. Il tint cette magnifique promesse.

 

Aujourd’hui, le déni démocratique se joue au niveau européen. Le non des Français et des Néerlandais en 2005 contourné par les classes politiques dans leur ensemble, les suffrages des Grecs balayés par la Troïka, les peuples qu’on a fait voter et revoter jusqu’à ce qu’ils deviennent raisonnables, tout cela va dans le même sens : jamais Bruxelles et ses fonctionnaires surpayés, surprotégés, hors-sol, n’accepteront une expression populaire démocratique qui ne leur convient pas et qui est hostile au capitalisme financier. Les grandes figures médiatiques servent quasiment toutes de relais. Fille de syndicaliste indépendantiste, Audrey Pulvar méprise les ploucs rosbifs : « Les gens qui vivent dans la modernité ont voté contre le Brexit ». L’icône aux lunettes d’écaille a raison : les prolos sans-dents (appliquée aux Britanniques, l’expression “sans-dents” est à prendre au premier degré) se nourrissent de fish and chips bien gras alors que les bobos de la Tamise se délectent de sushis. En plein abattement détumescent, l’européiste hystérique Quatremer fait dans le sadomaso : « Pour éviter l’effet de contagion, il faut que le départ soit douloureux ».

 

Si Obama, Wall Street et la Cité de Londres n’ont pas réellement paniqué, c’est que rien n’est acquis de par ce référendum car de nombreuses stratégies ont été mises en œuvre pour contourner le vote du 23 juin. Cameron a montré l’exemple quelques heures après sa défaite en proposant un calendrier dilatoire permettant toutes sortes de manœuvres secrètes entre Bruxelles, Merkel (accessoirement Hollande) et le Royaume-Uni. Il faut à tout prix que l’oligarchie mondiale (ceux que le discours dominant appelle « les élites ») garde la main, empêche l’enrayement d’une intégration européenne au service de ses intérêts. Même si le si propre Juncker, président de la Commission pour qui “ il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ”, a prévenu : « Le Royaume-Uni devra accepter d’être considéré comme un État tiers que l’on ne caressera pas dans le sens du poil ».

 

Encore une fois, tout référendum présente un grand risque : celui qui le propose risque d'être battu. Mais il y a pire : l'électorat peut se l'approprier, peut en discuter les tenants et les aboutissants, peut lui donner un autre sens. Bref, cet électorat peut devenir intelligent, sachant. C'est ce qui s'est passé en 2005 en France avec cette formidable campagne, impulsée, entre autres, par ATTAC. Le politique fut alors déjudiciarisé et détechnocratisé. 

 

Les Anglais et les Gallois qui ont si mal voté vont-ils être traités plus bas que terre, c’est-à-dire comme des Grecs ? Ce n’est pas exclu, mais cela m’étonnerait. On ne leur imposera pas de visa – ce qui serait contre-productif – mais on les intimidera en bridant leurs exportations et en alourdissant la charge de leurs importations. Et puis, on va donner du temps au temps, créer de l’incertitude, instaurer un mini-chaos pour que les Anglais eux-mêmes finissent par demander un nouveau vote, en créant de la sorte leur propre humiliation. Une pétition pour un deuxième vote (lancé sur le site du Parlement !) a rassemblé plus de 2 000 000 de signatures en quelques heures. Des djeuns principalement, issus du sud-est du pays.

 

De quoi l’assassinat de Jo Cox fut-il le nom ?

 

 

Sortis les Britanniques ? Ça m’étonnerait !
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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 05:38

Les mêmes, ou leur grands frères, s'étaient déjà illustrés en 2005 lors du référendum sur le Traité constitutionnel qui avait vu la déroute de leurs désirs pris pour des réalités, leur “ wishful thinking ”, comme auraient dit Cameron et Corbyn réunis.

 

Ils ont continué à nous bassiner avec leurs prédictions fulgurantes : 

 

Arnaud Leparmentier, journaliste génial et européiste hystérique : " On ne défait pas une omelette pour retrouver des œufs. Le Brexit est matériellement impossible ".

 

Jacques Attali, notre génial conseiller national de tous les princes : « La City a tellement d’influence sur la GB, je pense que cela se terminera par le fait qu’ils vont rester ».

 

BHL, notre génie génial absolu : " Défaite probable du Brexit. Déroute, donc, des souverainistes, des xénophobes, des racistes. "

 

Tout cela n'est que pipi de chat comparé à la prédiction du financier George Soros qui a envisagé une chute de 15% de la livre sterling en cas de Brexist. Le même vautour qui avait fait perdre l'équivalent d'un milliard d'euros à l'économie britannique en spéculant contre sa monnaie.

 

 

 

Ces génies qui pensent pour nous et nous gouvernent
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 05:46

Les Solfériniens n'ont cessé de mentir à propos de la privatisation des aéroports français, bijoux de famille qu'il convenait bien sûr de brader au privé. Je reprends ici des extraits d'un article récent de Laurent Mauduit pour Mediapart à propos de la prise de pouvoir d'intérêts privés chinois dans l'aéroport de Toulouse.

 

 

Les investisseurs chinois qui gèrent depuis un an l'aéroport de Toulouse-Blagnac veulent siphonner la trésorerie de l'entreprise pour se servir un dividende exceptionnel. Emmanuel Macron, qui avait juré qu'il ne s'agissait pas d'une privatisation mais avait passé entre eux et l'État un pacte d'actionnaires secret, se retrouve piégé par son mensonge. 

 

Mais ce ne sera possible que si l’État, à l’occasion d’une assemblée générale des actionnaires convoquée pour le 28 juin prochain, y consent. Voici donc le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, piégé par le retentissant mensonge qu’il avait commis lors de la privatisation. À l’époque, il avait en effet promis publiquement que la société resterait contrôlée par ses actionnaires publics, la société chinoise restant minoritaire. Mais avec ces investisseurs chinois, l’État avait au même moment conclu un pacte d’actionnaires secret, aux termes duquel il lui donnait l’assurance qu’il voterait à ses côtés toutes les résolutions qu’il présenterait.

 

Pour comprendre dans quel pétrin s’est mis de sa propre initiative le ministre de l’économie, il faut d’abord se souvenir des conditions stupéfiantes dans lesquelles la privatisation de la Société de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB) a été conduite. À la fin de l’année 2014, Emmanuel Macron a en effet décidé que l’État céderait à la société Casil, contrôlée par des investisseurs chinois, 49,9 % de la SATB. Et, à l’époque, il avait vivement dénoncé ceux qui dénonçaient cette privatisation, en faisant valoir que, précisément, cela… n’en était pas une ! En clair, l’opinion avait été invitée à comprendre qu’avec leur 49,9 % les investisseurs chinois seraient des actionnaires importants mais minoritaires ; et que la société resterait contrôlée en majorité par des actionnaires publics français, soit 25 % pour la chambre de commerce et d’industrie (CCI), 5 % pour la Région Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, 5 % pour le département de la Haute-Garonne, et 5 % pour Toulouse Métropole ; le solde, soit 10,1 % étant détenu par l’État français. Cette promesse-là, Emmanuel Macron l’avait donc répétée en boucle : « Il ne s’agit pas d’une privatisation. »

 

Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron avait même haussé le ton pour clouer le bec encore plus méchamment à ses détracteurs : « Celles et ceux que j'ai pu entendre, qui s'indignent de cette cession minoritaire de la société de gestion de l'aéroport de Toulouse, ont pour profession d'une part d'invectiver le gouvernement et d'autre part d'inquiéter les Français », avait-il déclaré, en marge du congrès de l'Union nationale des professions libérales.

 

 

 Il était prévu que la SATB serait supervisée par un conseil de surveillance de 15 membres, dont 2 désignés par l’État et 6 désignés par l’investisseur chinois, selon la disposition « 2.1.2 » du pacte. Autrement dit, ces 8 membres du conseil de surveillance, liés par le pacte, devaient garantir aux investisseurs chinois minoritaires de faire strictement ce qu’ils voulaient et d’être majoritaires au conseil de surveillance. Le point « 2.1.3 » du pacte consolidait cette garantie offerte aux investisseurs chinois puisqu’il y était précisé que « l’État s’engage à voter en faveur des candidats à la fonction de membres du conseil de surveillance présentés par l’Acquéreur, de telle sorte que l’Acquéreur dispose de six (6) représentants au Conseil de surveillance ». Mais il y avait encore plus grave que cela. Au point « 2.2.2 », l’État donnait la garantie quasi formelle à l’investisseur chinois, aussi minoritaire qu’il soit, qu’il pourrait décider strictement ce qu’il voulait et que la puissance publique française ne se mettrait jamais en travers de ses visées ou de ses projets. C’était consigné noir sur blanc – et c’était la clause la plus stupéfiante : « L’État s’engage d’ores et déjà à ne pas faire obstacle à l’adoption des décisions prises en conformité avec le projet industriel tel que développé par l’Acquéreur dans son Offre et notamment les investissements et budgets conformes avec les lignes directrices de cette Offre.»

 

Depuis cette révélation par Mediapart, le ministère des finances a continué de garder le secret sur ce pacte et ne l'a jamais rendu public dans sa version intégrale. Et puis, à ce premier scandale est ensuite venu s’en greffer d’autres. On a ainsi appris, entre autres, que le principal dirigeant du consortium chinois contrôlant la société Casil, un dénommé Mike Poon, était impliqué en Chine dans un retentissant scandale de corruption et qu’il était en fuite.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 05:14

Quelques crétins ont cassé plusieurs vitres de l'hôpital Necker devant une poignée de flics qui sont restés curieusement impassibles. Le gouvernement et les médias en ont profité pour stigmatiser une infamie plus grave, sûrement, que le bombardement de la bande de Gaza.

 

Ci-dessous le témoignage et la prise de parole d'un parent d'enfant hospitalisé :

 

 

Hier, il y avait des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Paris. En tête, des milliers de personnes, cagoulées ou non, syndiquées ou pas, se sont retrouvées pour tenir la dragée haute à un dispositif policier hors norme.

Je comprends facilement ce qu’il peut y avoir de désespérant là-dedans pour le gouvernement. Alors que l’on pouvait imaginer qu’au fil des semaines et des mois, la rue se fatigue et la violence soit de plus en plus isolée, c’est tout le contraire qui se passe : la peur de la police ne dissuade pas.

Hier, les manifestants ont commis de nombreuses dégradations. Pour celles que j’ai pu constater, elles étaient toutes « ciblées » : banques, assurances et publicités. Je ne suis pas sûr que cela nécessite beaucoup de débat. Il n’est pas certain que le monde de la finance tremble à chaque fois qu’un distributeur de billet est vandalisé mais que la jeunesse y voie un symbole, je le comprends parfaitement. Qu’une assurance doive appeler son assureur et demander le coût de la franchise, je dois avouer que lorsque j’y ai pensé, ça m’a fait rigoler. Ces gens engrangent des milliards en ponctionnant la solidarité. Quant aux publicités détruites, c’est — malgré la méthode—, la meilleure chose qui puisse leur arriver.

Au milieu de tout cela, quelques vitres de l’hôpital Necker ont été brisées. Bien que les vitres en question n’aient pas d’autre rôle que celui d’isolant thermique : j’en conviens grandement, ce n’est pas très malin.

Certes, briser les vitres d’un hôpital, même par mégarde, c’est idiot ; mais sauter sur l’occasion pour instrumentaliser la détresse des enfants malades et de leurs parents pour décrédibiliser un mouvement social, c’est indécent et inacceptable. Et c’est pourtant la stratégie de communication mise en œuvre depuis hier, par MM. Cazeneuve et Valls. Allègrement reprise par la droite et relayée sur un plateau doré par tous les médias.

Je le dis d’autant plus volontiers que l’hôpital Necker, j’y ai passé beaucoup de temps et que la détresse et l’angoisse des parents d’enfants très malades, je vois particulièrement bien ce que c’est. Instrumentaliser cette souffrance à des fins aussi bassement politiciennes est abjecte.

Cette indécence est d’autant plus choquante lorsque l’on connaît la situation de l’hôpital public aujourd’hui. MM. Valls et Cazeneuve, « révoltés » du fond du cœur par cinq vitres brisées, le sont-ils autant par les conditions de travail effarantes des personnels hospitaliers ? Lorsqu’un généticien clinique doit travailler 70h par semaine car la direction de son hôpital n’a pas les moyens d’employer un nouveau docteur ni même une secrétaire, quelles en sont les conséquences sur tous ces gentils petits enfants malades au chevet desquels nos ministres accourent depuis hier ? Quand les aides-soignantes et les infirmières sont épuisées, usées jusqu’à la moëlle et rémunérées au minimum, qu’en est-il de la qualité des soins et de l’attention nécessaires à ceux qui passent des mois voire des années dans des couloirs d’hôpitaux ?

Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ? Et tous ces journalistes qui ont titré sur cet horrible assaut contre l’hôpital des « enfants malades », prennent-ils la mesure du sens de leurs mots ?

La palme de l’infamie revient évidemment à M. Cazeneuve qui a tout de même réussi à ajouter à l’équation le fils des deux policiers tués avant-hier.

Des centaines de milliers de personnes défient le gouvernement dans la rue. Une ou deux cassent le double vitrage d’un hôpital. Une ordure tue deux policiers à l’arme blanche. Leur fils de trois ans est en soin à Necker. M. Cazeneuve établit un rapport émotionnel, affectif et psychique entre ces deux séries de faits : la lutte contre la Loi Travail et son gouvernement, le choc produit par la brutalité de ce double meurtre et la situation dramatique de cet enfant. Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots,MM. Valls et Cazeneuve, eux, sont obscènes.

Plutôt que de courir les plateaux télés pour dire des conneries pareilles, retirez la loi travail, financez correctement les hôpitaux et épargnez aux enfants et à leurs parents votre ignoble instrumentalisation. Merci d’avance.

Un parent d’enfant très malade de l’hôpital Necker.

 

Le larmoyant Michel Cymes en a profité pour écrire une note de blog sans intérêt.

 

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 05:30

 

Seulement, je vous préviens, bande de CFDTistes déplumés, si les opposants à la loi El Khomri l'emportent, vous n'aurez pas le droit de bénéficier des nouveaux droits conquis éventuels.

 

 

Je Soussigné NOM : ---------------- Prénom ------------------------



Je demande à ne pas bénéficier des améliorations que les travailleurs  en grève pourront obtenir, par exemple :

·         Je demande à travailler au moins jusqu'à 67 ans

·         Je veux pouvoir être licencié plus facilement, qu'il  s'agisse d'une incapacité due à un accident du travail ou à une  diminution des bénéfices de mon entreprise

·         Je souhaite que mes indemnités soient réduites en cas de  licenciement, y compris en cas de licenciement abusif

·         Je suis favorable à ce qu'il y ait un droit du travail par  entreprise et non plus les mêmes droits pour tous

·         Je ne souhaite plus passer de visite médicale du travail

·         Je veux que mes horaires de travail (durée et répartition)  puissent être modifiés n'importe quand

·         Je veux pouvoir travailler jusqu'à 60 heures par semaine et  même sans limite en cas de forfait jour

·         Je souhaite que mes heures supplémentaires soient moins bien  rémunérées et je suis d'accord pour qu'elle ne me soient payées que  tous les trois ans

·         Je suis d'accord pour que mes dates de départ en congé  puissent légèrement être modifiées moins d'une semaine avant mon départ

·         Je souhaite que tous les conquis sociaux soient remis à zéro  tous les cinq ans

·         Je suis favorable à l'étouffement des services de  l'inspection du travail



Merci de me répondre favorablement à mes demandes

Date signature

 

 

Source 

 

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 05:24

Sous ce titre, l'anthropologue Scott Atran vient de publier un livre important sur notre perception largement erronée des visées de l'EI.

 

Il a accordé un entretien à L'Humanité :

 

 

Dans un ouvrage qui vient de paraître, L’État islamique est une révolution, ce spécialiste du terrorisme, qui travaille depuis des années sur le terrain au Moyen-Orient et en Europe, entend montrer ce qui compose la force d’attraction de l’« EI » aux yeux de dizaines de milliers d’individus issus d’une centaine de nations. Et appelle en conséquence à développer une nouvelle stratégie, militaire, politique et psychologique, adaptée à la réalité d’une menace devenue globale.

HD. Qu’est-ce qui fait de l’« État islamique » une révolution et en quoi participe-t-il de la modernité ?

Scott Atran. Malgré des éléments régressifs associés à la recherche d’une voie vers l’avenir dans un passé mythique, l’« EI » est complètement moderne dans sa méthode visant à unir les individus dans une guerre totale – idéologie, économique, culturelle, militaire – pour sauver l’humanité. Cependant, l’« EI », contrairement à la plupart des mouvements révolutionnaires sociaux et à al-Qaida, mais de manière similaire au mouvement national-socialiste, est aussi porteur d’une vision apocalyptique selon laquelle il peut être nécessaire de détruire le monde pour le sauver. On peut alors se rappeler que les États-Unis et l’URSS adhéraient à cet état d’esprit génocidaire dans la doctrine de « destruction mutuelle assurée » (ou « équilibre de la terreur ») : l’annihilation mutuelle nucléaire si nécessaire.

HD. Quelles erreurs pointez-vous dans les analyses du phénomène « État islamique » ?

S. A. Définir l’« État islamique » comme une simple déclinaison du terrorisme ou de l’extrémisme violent, insister sur le fait que sa brutalité serait seulement « immorale » ou « nihiliste » et, partant, autodestructrice, ou encore refuser de l’appeler par le nom que lui-même s’est donné dans le vain espoir de le délégitimer : tout cela est contre-productif et constitue une profonde erreur. En occultant sa capacité d’attraction et en ne mettant pas en lumière son caractère révolutionnaire, on masque la véritable menace qu’il représente. L’« EI » offre la perspective d’une société utopique, qui rachète et sauve l’humanité à travers l’action violente qui doit briser les chaînes de l’ordre mondial des États-nations imposé à l’issue de la Première Guerre mondiale par les vainqueurs européens. Au Moyen-Orient, la coalition anti- « EI », Russie comprise, vise à réparer ce système. Or, c’est précisément celui-ci que l’« EI », mais aussi beaucoup au Moyen-Orient considèrent comme la cause première de leur souffrance et de leurs malheurs.

HD. Que nous apprennent les parallèles que vous faites entre les actions de l’« EI » et certaines périodes de l’histoire de l’Occident ?

S. A. Une entité politique prêchant et mettant en pratique des idées radicalement différentes de celles des autres nations et mouvements de masse, qui n’avait pas de territoire substantiel il y a deux ans, peut aujourd’hui se targuer d’avoir la force combattante composée de volontaires étrangers, issus d’une centaine de nations différentes, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale. L’« EI » contrôle des centaines de milliers de km² et des millions d’habitants, et a réussi à défendre une ligne de front de 3 000 km contre une coalition internationale d’armées, ce qui rappelle, de plusieurs manières, la Révolution française. Si les analogies historiques sont d’une utilité limitée, elles restent le seul moyen de déceler ce qui est nouveau. Dans l’histoire des révolutions modernes, on peut faire des parallèles entre le printemps arabe et son effondrement, et les soulèvements populaires à travers l’Europe en 1848 et leur suite, l’ascension d’al-Qaida à la fin du XXe siècle et l’anarchisme à la fin du XIXe siècle. Enfin, l’actuel affaiblissement d’al-Qaida par rapport à l’« EI » fait écho à la rivalité entre anarchistes et bolcheviques, les seconds ayant absorbé et presque annihilé les premiers car ils savaient mieux gérer leur ambition politique sur les plans opérationnel, militaire et territorial, et disposaient d’une vision morale et spirituelle convaincante, positive et cohérente (un sentiment exprimé lors des entretiens avec des membres de Jabhat al-Nosra, affilié à al-Qaida, combattant l’« EI » en Syrie).

 

 

HD. Qu’est-ce qui attire des jeunes issus de pays européens vers l’« EI » et que nous ne comprenons pas ?

S. A. Contrairement aux membres fondateurs d’al-Qaida, les aspirants djihadistes d’aujourd’hui sont, la plupart du temps, de jeunes adultes qui se cherchent, à des étapes transitoires de leur vie – immigrés, étudiants, entre deux jobs ou deux relations, ayant quitté le foyer parental et cherchant une nouvelle famille, de nouveaux amis ou des compagnons de voyage. La majorité d’entre eux n’ont pas reçu d’éducation religieuse traditionnelle et se sont convertis, à la fin de leur adolescence ou vers l’âge de 20 ans, dans une vocation radicale, via l’attrait exercé par une cause qui apporte du sens, la camaraderie, l’aventure et la gloire… des choses qui attirent particulièrement les jeunes gens.

HD. À quelles causes attribuez-vous l’échec dans « la guerre contre le terrorisme » ?

S. A. D’abord, on avance l’idée qu’il faut s’attaquer à ce qui est considéré comme les causes profondes : la marginalisation, les problèmes d’identité… Mais combien de millions de jeunes musulmans en France, ou de jeunes Français plus généralement, se sentent marginalisés ou ont des problèmes d’identité ? Développer des programmes pour lutter contre ces vastes problèmes et empêcher quelques milliers de personnes de se radicaliser est comme lancer un bombardement massif contre une mouche – et la mouche pourra toujours s’échapper… Ensuite, il y a cette croyance dans le besoin de « contre-récits », qui ont échoué pour plusieurs raisons. Ils sont un message général négatif qui ne cible personne en particulier, quand l’« EI », lui, personnalise ses messages. Des messages intimes, qui poussent à l’engagement : différentes histoires de vie, de frustrations, qui finissent par épouser une histoire du monde cohérente, aussi fausse et terrible qu’elle puisse nous apparaître. Enfin, il y a ces appels à promouvoir un « islam modéré », aussi séduisants aux yeux de jeunes assoiffés d’aventure, de gloire, d’idéaux et d’importance que la promesse éternelle de centres commerciaux…

HD. En quoi votre méthode est-elle différente des autres enquêtes ?

S. A. Mon équipe de recherche est constituée de personnes venant de différents domaines : anthropologie, psychologie, science politique, littérature, philosophie. Certaines sont d’anciens militaires ou responsables politiques. Nous allons sur les zones de conflit, là où le fossé disparaît entre ce que les individus disent qu’ils vont faire et ce qu’ils font réellement, pour mener des entretiens en utilisant des techniques comme la neuro-imagerie, afin de cerner des schémas de pensée et de comportement qui pourront plus tard être testés, confirmés ou infirmés par d’autres.

HD. Vous affirmez qu’il est possible de prédire scientifiquement qui a la volonté de se battre…

S. A. Oui, deux facteurs principaux émergent : la fusion totale avec le groupe et la volonté de se sacrifier pour chaque membre, et la dévotion à des valeurs sacrées non négociables, quelles que soient les potentielles récompenses ou conséquences.

HD. Que faire, sinon la guerre ?

S. A. Oublier les « contre-récits » et se concentrer sur les « contre-engagements » avec la jeunesse. Plus de 80 % de ceux qui rejoignent l’« EI » et al-Qaida le font via des amis et en groupe, presque jamais individuellement. Mais, bien que la plupart des radicalisés le soient devenus via leurs amis, la plupart des amis de radicalisés ne se radicalisent pas. Au lieu de se contenter d’isoler ces réseaux d’amis et ces communautés de soutien, nous devons aider les jeunes sur la voie d’un engagement personnel via le développement d’une expression concurrente d’idéalisme, portée sur le terrain par de jeunes militants bien formés, afin de trouver des modalités concrètes d’actions pour la paix.

 

 

« L’État islamique est une révolution », de Scott Atran. Éditions Les Liens qui libèrent, 2016, 155 pages, 14 euros.
Réduire l’« État islamique » à une « simple » forme de terrorisme, à un nihilisme ultra-violent et à un projet passéiste, c’est, veut montrer Scott Atran, l’exclure de notre modernité, se tromper fondamentalement en privilégiant le prisme des problématiques de nos propres sociétés et finalement se priver des moyens de le combattre. L’auteur, qui base son analyse en particulier sur des enquêtes de terrain menées dans les zones de conflit – des notes de recherche lors d’une bataille dans le nord de l’Irak sont également publiées – et en Europe, appelle les acteurs de la communauté internationale – des extraits de son allocution au Conseil de sécurité des Nations unies closent l’ouvrage – à accepter de prendre en compte la réalité révolutionnaire de l’« EI », sous tous ses aspects. Saisir ce qui rend l’« EI » si attirant est la clé de la compréhension du danger qu’il constitue et, partant, de la perspective de sa disparition.

 

 

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 05:15

Cette loi El Khomri rime décidément avec saloperie.

 

A l’heure où l’excellent Berger (l’heure du berger !) vient de déclarer qu’il ne faut surtout pas que le gouvernement recule sur la loi “ Travail ” (évidemment, puisque la CFDT en est l’autrice),  un député PS vient de commettre la bourde de sa vie en rendant public un document technique de la commission des Affaires sociales. Rédigée après l’utilisation du 49.3, cette note très détaillée fait le point sur le projet de loi qui vise, rappelons-le, à protéger « les entreprises et les actif-ves-s » (depuis le temps que je dis que le politiquement correct est de droite : c’est ainsi que l’on écrit le français quand on est au service du patronat !).

 

Au moment où, par ailleurs, le gouvernement belge tente d’imposer le même type de législation imposé par l’Union européenne, cette note en date du 17 mai 2016 exprime clairement qu’El Khomri termine le travail impulsé par Sarkozy en 2008.

 

Le député du Nord rappelle que la loi du 4 mai 2004 « autorise les accords d’entreprise, notamment en matière de durée du travail, à déroger aux conventions de branches dans un sens moins favorable aux salariés ». Sauf dans les domaines « sanctuarisés » des salaires minima, des classifications, des garanties collectives et de la mutualisation des fonds de la formation professionnelle. Cette disposition, reconnaît le député solférinien, fut « la première entorse importante au “ principe de faveur ” selon laquelle un accord de rang inférieur ne pouvait déroger à un accord de rang supérieur que dans un sens plus favorable au salarié. »

 

Le Solférinien de service explique sans aucune vergogne que la nouvelle loi « achève ce processus en accordant désormais un primat généralisé à l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, y compris pour fixer des règles moins favorables aux salariés, pour l’ensemble des règles applicables à la durée du travail, au repos et au congés payés. »

 

Ah, ces “ congés payés ” et leur tente de camping, s’ils étaient restés à leur place en 1936, la vie eût été plus douce pour nos bons maîtres, on ne saurait même pas ce qu’est un “ domaine sanctuarisé ” et il n’y aurait même pas eu besoin de CFDT !

 

Loi El Khomri : l’aveu
Loi El Khomri : l’aveu

Photos Albert Facelly

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