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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 05:44

Dénonçant un discours «infantilisant» et une communication «anxiogène» du gouvernement face au Covid-19, Ariel Beresniak, docteur spécialiste en santé publique, se prend à rêver d'une politique sanitaire moins liberticide et plus raisonnée. Malgré les nouvelles injonctions et menaces du ministre de la santé pour gérer l’épidémie de COVID, je me suis surpris à rêver. Ariel Beresniak est docteur en médecine spécialiste en santé publique, docteur en sciences économiques, titulaire d’une habilitation à diriger des recherches, professeur invité à l’université russe d’économie Plekhanov. Auteur de Economie de la Santé (Elsevier-Masson), Dictionnaire commenté d’Economie de la Santé (Masson), Comprendre la Pharmacoéconomie (John Libbey), Dictionnaire raisonné des termes des entreprises du médicament (Flammarion Médecine Sciences).

 

J’ai fait un rêve : que les vols directs et indirects en provenance de la Chine aient été interdits à temps pour ne pas laisser diffuser le coronavirus en Europe.

 

J’ai fait un rêve : que le gouvernement se souvienne de la définition de la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie.

 

J’ai fait un rêve : que le chef d’Etat s’entoure d’experts réellement compétents dans les épidémies à virus respiratoires et en évaluation des mesures de santé publique.

 

J’ai fait un rêve : que la puissance publique privilégie la confiance de la population.

 

J’ai fait un rêve : que les transports en commun, écoles et université ferment trois semaines pendant la phase de flambée épidémique, puis immédiatement rouvrent quand bien même le virus circule encore.

 

J’ai fait un rêve : que les patients vont chez leur médecin au premier symptôme.

 

J’ai fait un rêve : que les médecins traitent leurs patients avec tous les médicaments disponibles, usant librement de leur liberté de prescription sous leurs propres responsabilités d’hommes de l’art.

 

J’ai fait un rêve : que des oxymètres de pouls sont distribués à chaque famille et qu’une prescription médicale d’oxygénothérapie précoce à domicile soit systématique au moindre début d’hypoxie.

 

J’ai fait un rêve : que chaque événement épidémique soit une opportunité de renforcer le système de santé et l’hôpital.

 

J’ai fait un rêve : qu’aucun enfant ne se suicide parce qu’on l’a empêché de sortir.

 

J’ai fait un rêve : qu’aucun de nos ainés ne puisse quitter notre monde sans être entouré de ses proches.

 

J’ai fait un rêve : d’aller boire un verre sans avoir à justifier de ma santé auprès du garçon de café.

 

J’ai fait un rêve : que les nouveaux vaccins et traitements soient prescrits par les médecins en fonction des situations individuelles.

 

J’ai fait un rêve : qu’on connaisse pour chaque département l’évolution du nombre de personnes contaminées symptomatiques (morbidité), du nombre personnes décédées à cause du Covid (mortalité) et du nombre de personnes immunisées naturellement (séroprévalence).

 

J’ai fait un rêve : que les politiques s’abstiennent de faire de la médecine.

 

J’ai fait un rêve : que les médecins se contentent de parler aux médias de ce qu’ils connaissent, soit que les réanimateurs parlent de réanimation, les urgentistes parlent de soins urgents, les néphrologues parlent de reins, les urologues parlent de prostates et que les généralistes parlent de ce qui se passe au sein de leurs cabinets.

 

J’ai fait un rêve : que chacun soit considéré avec respect quel que soit son statut de santé ou vaccinal, et que les non-vaccinés ne soient pas considérés comme des empoisonneurs.

 

J’ai fait un rêve : que les jeunes enfants ne considèrent pas l’autre comme une menace mais comme une promesse. Le réveil n'en est que plus brutal. Le ministre de la santé, trop jeune pour la fonction et trop ignorant en santé publique, persiste par sa morgue à convaincre ceux qui l’écoutent encore que l’épidémie se pilote comme un avion à grands coups de manche à balai de mesures coercitives dont l’impact néfaste sur la santé de la population demeure plus important que celui du virus. Ayant coutume d’afficher une traduction simultanée en langue des signes afin d’être certain que les sourds-muets ne ratent pas un seul mot de son discours infantilisant, le ministre de la santé semble se conforter avec jouissance du soutien résigné d’une majeure partie de la population assommée par sa communication anxiogène.  Il n’est toutefois pas certain que l’état de sidération de cette majorité flottante soit suffisant pour que celle-ci se taise jusqu’aux prochaines élections présidentielles. Les troubles actuels dans les départements d’Outre-mer en sont la meilleure démonstration.

 

Le rêve du Docteur Ariel Beresniak
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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 06:21
 

« Celui qui aime tuer doit aimer mourir ! » Proverbe créole. Depuis le mois de janvier 2020, au moment même où les chinois avertissaient le monde de la dangerosité du virus du COVID, le gouvernement était encore « rassuriste » au point de qualifier la pandémie de simple grippette. Depuis, sont passés des mois d’erreurs et de décisions incohérentes aboutissant à des scandales et à la mise en danger permanente des citoyens et des soignants. Les rares scientifiques ou intellectuels qui ont eu la lucidité de s’interroger, voire de critiquer, ont connu le bannissement social.

La dernière trouvaille magique de nos apprentis sorciers dirigeants est l’essai clinique à base d’ARN messager ou à vecteur viral – nouvelles biotechnologies ultra rentables financièrement mais nous plongeant dans l’inconnu sanitaire - que l’on nous a présenté comme étant la solution ultime à plus de 90% dès le début, puis à moins de 50% jusqu’à advenir juste une « protection des formes graves » et finalement mutant en obligation absolue pour les soignants et, de manière à peine voilée, habilement « conseillé » à tout un chacun.

Le problème est que, voulant aller trop vite pour imposer cette « nouvelle technologie vaccinale », les autorités de tous les pays occidentaux ont commis l’erreur d’interdire à la médecine de faire ce qu’elle sait faire depuis toujours, soigner. Nous faisons face à une véritable gestion idéologique tant sur le choix économique de la réponse thérapeutique que sur le choix des contraintes de mise en place pour faire passer la pilule. En Guadeloupe, la situation est bien plus complexe et noble que ne laisse entrevoir le mépris néocolonialiste au travers des propos qui nous qualifient de vodouïsants ou d’alcooliques pour expliquer notre rétivité. La situation est complexe parce que les événements sont multifactoriels, et noble parce que nous avons à faire à une population dans une rectitude qui surprend même les plus révolutionnaires. Nous avons connu bien plus par le passé et nous nous en sommes toujours sortis. L’effet sidération terminé, l’ile a repris goût à la vie contre les pulsions de mort covidiennes nonobstant toutes les tentatives officielles de lui maintenir la tête sous l’eau.

Depuis le 17 juillet, et chaque samedi, des organisations syndicales – politiques et associatives diverses ont pris le pari de marcher dans les quatre coins de l’ile et de s’expliquer face à la population, seul moyen massif pour contrebalancer la propagande et les mensonges officiels. D’ailleurs, tous les tenants de la parole officielle n’en reviennent toujours pas de cette extraordinaire réussite qui déconstruit leurs puissants moyens : les sondages tordus, les publicités "vaccinales" et les attaques médiatiques hors normes. C’est tout un système propagandiste qui est mis en échec, c’est la raison pour laquelle les mensonges de bas étage fusent désormais, démasquant les autorités.

Ainsi, nous faut-il prendre les faits par le commencement pour bien comprendre la colère populaire et le mouvement social en Guadeloupe. Notre économie est fondée sur les mêmes modalités coloniales et post-esclavagistes depuis 1848, ce qui induit un fonctionnement social qui respecte les mêmes lois d’antan en termes, non seulement de classes, mais aussi de races en dépit des tentatives libérales et néo-gauchistes à faire croire qu’il suffit de supprimer les termes de l’ancien pour qu’apparaissent le nouveau.

Le décor étant planté, il faut rappeler les luttes et autres tentatives du passé qui ont été menés, successivement, par le marronnage, la résistance solidaire et hermétique des sociétés noires, le « socialisme noir » mené par Hégésippe Légitimus (1868-1944), arrière-grand-père du comédien connu, la dissidence plurielle qui rejoignit les forces françaises libres (FFL) pour libérer la France des Nazis, le mouvement communiste, le mouvement autonomiste, le mouvement indépendantiste et, bien-entendu, le mouvement syndical divers qui commença avec la « fraternité ouvrière ».Tous ces mouvements et actions collectives conditionnent le comportement rebelle, tant sur le point collectif qu’individuel, de la Guadeloupe. Ce n’est pas un roman national mais un constat sociologique qui doit conduire à ne pas considérer la Guadeloupe comme un enfant râleur mais comme une terre de résistance à l’injustice, d’ailleurs le terme créole – Pwofitasyon – est la traduction par excellence de cet état de fait. Ce terme exprime ce qu’il y a de plus détestable dans l’imaginaire locale : l’abus du plus fort sur le plus petit.

A ce propos, le mouvement populaire de 2009, lancé presque dans les mêmes conditions, s’était donné pour but de mettre un terme à la pwofitation du système néocolonial qui perdurait à l’encontre de l’intérêt général de l’ile. Ce mouvement a été très long, 44 jours, et a abouti à un accord avec une liste très longue de points sociaux à régler urgemment, préliminaire à un vrai plan de développement du territoire. Mais c’était trop beau pour être vrai, chasser le naturel et il revient au galop puisque les responsables politiques locaux et nationaux n’ont jamais respecté l’essence même de cet accord. Le déni de la parole donnée et de la signature apposée fera germer une frustration légitime, surtout dans la tête des enfants de ceux qui ont milité et marché... Beaucoup de ces enfants sont sur les barrages.

Les derniers évènements qui ont focalisé la colère collective sont la vie chère (mouvement de 2009), le scandale de l’eau potable inaccessible (toujours d’actualité), le scandale sanitaire du chloredécone (toujours d’actualité mais qui risque de bénéficier d’un non-lieu judiciaire), le scandale du manque de moyens sanitaires et des restructurations hospitalières sur un archipel à multirisques, et enfin la gestion hasardeuse et mortifère de la pandémie du COVID. Ceux qui ont réduit cette colère à un état d’esprit magico-religieux ont fait montre d’une inculture et d’un mépris de classe-race équivalents à la fameuse réplique de Marie-Antoinette.

En 1851, un médecin étasunien a cru bon de qualifier de « Drapétomanie » l’envie de liberté des Noirs mis en servilité. Pour le Dr Samuel Cartwright – aliéniste convaincu – « la folie de l’esclave qui s’enfuit », définition du terme, était la seule explication des comportements rebelle des Noirs de l’époque. En psychiatrisant un fait naturel et humain, ce médecin faisait déjà le lit de ceux qui utilisent la science comme champ de bataille utilitaire. De nos jours, c’est la « folie des citoyens refusant la vaccination ARNm », sous le concept fourre-tout de « complotiste », qui est pointée du doigt par des individus de même stature cachant leur opportunisme ou leurs liens d’intérêts derrière la science et la médecine.

Peu nous en chaut ! La Guadeloupe n’a jamais attendu d’être notée par l’extérieur pour penser, parler et agir n’en déplaise à ses propres enfants qui vont brailler sur les médias nationaux pour tenter de cacher leurs indignités en discréditant leurs compatriotes. C’est ainsi que nous avons pu assister à un incroyable déballage d’un sénateur Guadeloupéen du Parti Socialiste, oubliant de préciser avant toutes choses que son parti avait été financé par l’un des laboratoires ayant intérêt à la vaccination obligatoire.

Le refus de la vaccination obligatoire et du passe sanitaire, par la très grande majorité de la population Guadeloupéenne, n’est pas donc pas un ultime « caca nerveux » d’enfants gâtés mais un positionnement réfléchi et rationnel qui surprend l’ingénierie sociale systémique. Ce qui surprend le système c’est l’autodétermination sanitaire de cette population qui regarde, amusée mais vigilante, passer les mensonges et les erreurs du gouvernement. Les autorités ont pris du temps à comprendre ce phénomène et ont perdu, désormais, leur sang-froid localement mais aussi leur rationalité, si tant est ils en ont jamais eu, sur le plan national.

Il faut, maintenant, faire un petit rappel de près de deux années de gestion idéologique de cette pandémie :

- Ils se sont moqués des avertissements des chinois au début du COVID, dès le mois de Décembre 2019 et tout le mois de janvier 2020, en minimisant le virus, traitant de « grippette » le COVID et de « complotistes » les rares personnes sensées qui craignaient le pire, dont les organisations syndicales et les soignants sur le terrain.

- Ils ont interdit toutes initiatives des médecins de ville voire hospitaliers – avec le renfort de l’Ordre des Médecins – alors qu’il fallait dépister et traiter en amont. Aujourd’hui, ils vont jusqu’à interdire d’excellents médecins d’exercer s’ils n’acceptent pas l’injection ARN (14% des médecins de l’ile en dépit du manque cruel de médecins).

- Ils ont obligé les soignants, accompagnants médicosociaux et aides à domicile à prendre des risques inconsidérés dans les vagues précédentes, sans moyens, sans protections, combien ont été contaminés et ont transmis ou sont morts ? Aujourd’hui ils les suspendent quoiqu’il en coûte aux travailleurs, aux familles et à la société. Pourtant, l’injection ARN n’empêche pas la transmission du virus, même si les professionnels l’acceptent cela ne protégera en rien les patients, contredisant l’argument officiel.

- Ils ont triché en présentant, dans un journal scientifique de renommée internationale, un faux en écriture sur le traitement proposé par un éminent virologue de renommée internationale. Aujourd’hui, tous les pays qualifiés de "sous-développés" – et même la Chine – utilisent des molécules repositionnées et gagnent la bataille contre la pandémie. Dans les pays de la Caraïbe et d’Amérique centrale, un simple kit de molécules repositionnées est distribué aux patients positifs... Le résultat est que la Guadeloupe paye le plus lourd tribut de la région, largement devant Haïti malgré le dernier tremblement de terre.

- Ils ont imposé un dangereux médicament (le Remdésivir), 500 000 doses à 2300 $ c’est-à-dire des milliards pour un de leurs financeurs électoraux (GILEAD), qui a dû être retiré en vitesse, après avoir tué nombre de patients.

- Ils ont continué à fermer des lits en pleine crise sanitaire, c’est-à-dire 5 700 lits sur toute la France rien qu’en 2020, les réformes néolibérales doivent continuer à leurs yeux.

Aujourd’hui, ils s’amusent à offrir des séjours "all inclusive" à des soignants de l’hexagone pour "remplacer" des soignants du pays suspendus... 3500 € pour une I.D.E. débutant, contre toute logique statutaire.

-  Ils ont menti en affirmant que la « vaccination ARN » ne pouvait être obligatoire et que le laissez-passer ne pouvait interférer avec la vie sociale. Aujourd’hui, l’étau se resserre sur tout le monde pour imposer un contrôle des citoyens digne de la dictature de Pinochet au Chili.

- Ils font pression sur les plus faibles pour augmenter leurs statistiques vaccinales, bafouant tout principe. Ainsi, affirment-ils sans sourcilier que 85% des soignants seraient « vaccinés ». Pourquoi alors faire appel à des soignants extérieurs et imposer, contre la réglementation, des plannings en 12 heures ?

- Ils ne respectent même pas leur signature apposée sur des traités et conventions internationaux, quand on sait que le Conseil de l’Europe et l’OMS ont refusé l’obligation vaccinale.

- Ils mentent en se référant aux vaccins obligatoires existants mais qui ne sont pas à l’ARN et qui ont eu besoin de 15 à 20 ans de recul avant cette obligation.

- Face aux réserves exprimées par les sceptiques à l’inclusion dans un essai clinique de phase III à grande échelle, ils ont martelé sur les ondes que les essais étaient terminés et que le “vaccin”, dans le cas contraire n’aurait pas obtenu d’AMM, misant ainsi sur la crédulité des personnes ayant le respect des discours officiels, en veillant à omettre de préciser qu’il s’agissait d’une AMM conditionnelle délivrée en l’absence d’autres thérapeutiques sûres.

- Ils mentent en affirmant que l’injection ARN (qui ne répond pas à la définition du vaccin conventionnel et qui fait appel à la thérapie génique) est la seule porte de sortie.

-  Ils ont bafoué les règles du consentement éclairé en faisant abstraction de certaines informations concernant liées aux protocoles d’essais cliniques, notamment sur la notion d’essais en double-aveugle incluant la présence de placébo.

-  Ils parlent déjà d’une troisième dose voire plus pour ceux qui l’ont déjà pris, ce qui démontre l’inefficacité de ce produit qui coûte très cher à la dépense publique pour peu d’effet.

- Des vaccins conventionnels existent déjà ou sont en passe de l’être (Cubains, Chinois, Russes, indiens et même Européens), mais ils refusent de les homologuer alors que c’est la solution la plus efficace et la moins coûteuse. Ils préfèrent mener une guerre économique pour imposer la thérapie génique comme "avancée technologique" sur la Chine, notamment, qui a fait le choix de vaccins conventionnels. C’est donc une gestion idéologique au profit de l’argent pour un petit nombre et non de la santé pour tous.

- Il est désormais et scientifiquement reconnu que l’injection ARN n’est pas efficace comme attendu, que l’immunité collective est un leurre et que l’immunité naturelle de ceux qui ont eu le COVID est de loin bien meilleure que celle acquise par injection ARN. Pourtant, même ceux qui ont eu le COVID devraient avoir une dose d’ARN, où est la science dans cette terrible absurdité ?

- Sur le plan international, des constats scientifiques sérieux ont contraint des gouvernements à revoir leur politique de "vaccination" à base d’ARN. Le Royaume-Uni a même financé un vrai vaccin français (Valnéva) et libérer la population des mesures contraignantes.

- Pour nous convaincre, ils affirment qu’il y a 5 milliards d’individus vaccinés, mais oublient sciemment de préciser que dans le lot, il y a 2 milliards de Chinois et 2 autres milliards d’autres pays qui ont fait le choix de vaccins classiques ou à vecteur virale (avec adénovirus humain, bien loin d’Astrazeneca qui utilise un adénovirus de chimpanzé) : Cuba – Russie – une partie de l’Inde – Iran – Plusieurs iles de la Caraïbe – Plusieurs pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et autres... Bien entendu, ces chiffres concernent en grande partie les premières injections !

- Contrairement à leurs affirmations, il n’y a aucun consensus scientifique sur ces produits ARN, il y a même un dissensus grandissant sur le plan international. La science et la médecine ont été utilisées plus à des fins financières qu’à des fins sanitaires.

- La Guadeloupe a perdu entre 400 et 800 de ses enfants, non pas parce qu’ils n’étaient pas « vaccinés » mais par manque de moyens sanitaires que nous dénonçons depuis tantôt, par manque de soins précoces, par manque d’anticipation de l’ARS et surtout par la volonté farouche de ce gouvernement de nous punir d’être méfiants envers l’ARN. Parmi ces morts, la majorité avait des comorbidités sévères et beaucoup avaient pris l’injection ARN, selon les croisements d’informations que nous avons en notre possession et contrairement aux affirmations officielles. Des soignants de l’hexagone, venus en "renfort", ont témoigné de sélection à la vie et de maltraitance sanitaire.

- Ils tentent d’opposer ceux qui ont fait le choix de prendre l’ARN à ceux qui refusent, cela prouve qu’ils ne sont pas confiants mais nous avons réussi à ne pas tomber dans leur piège en divisant nos familles et nos amitiés sur un choix strictement personnel. Il est vrai qu’une part infime et opportuniste-hédoniste de la Guadeloupe, très active aux côtés du discours officiel, a tenté de nous y ramener sans succès.

- Nul ne connait les conséquences à moyens et/ou à long terme de cette expérience génique à grande échelle... "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !".

- Ils n’ont tiré aucune leçon de leurs erreurs, bien au contraire ! Ils continuent et ont décidé de reconduire l’entrée en masse du virus, comme en juin et juillet, en ouvrant grande la saison touristique aux "vaccinés" alors que l’on sait que ces derniers peuvent contracter, véhiculer, transmettre ce virus et même en tomber malade. Ce n’est donc pas un hasard si la population s’est mobilisée au début de la saison touristique. Ceux qui y voient un « suicide économique » sont incapables de comprendre la douleur qui a été la nôtre aux mois de juillet et août face à l’importation du virus.

- Pour passer en force, ils n’ont que le mépris et le peloton d’exécution médiatique contre nous. Il fallait entendre les bien-pensants nous traiter de vodouisants, d’alcooliques. Mais malgré tout, nous sommes à la verticale et ils en deviennent fous de colère.

- Nos politiciens sont d’une inanité lamentable, se cachant soi-disant derrière l’avis de "scientifiques" qui nous font tourner en rond depuis près de deux années. Leur faut-il être plombier pour différencier un bidet d’une cuvette de W.C. ?

- Aujourd’hui, nous ferions pire en une semaine de barrages qu’eux en près de deux ans de désintégration sociale. Ils se focalisent sur des incidents sur les barrages pour « dénoncer » notre irresponsabilité... Du culot au kilo !

Dès le début de la pandémie, ce sont les organisations syndicales, d’abord dispersées puis unitaires, qui ont pris la charge du combat contre toutes les dérives et toutes leurs analyses et avertissements ont été confirmés par les faits. Le problème fondamental est la technocratie au pouvoir, on constate bien que l’engagement des syndicats insupporte de manière terrifiante les technocrates malgré l’évidence, d’autant que ce que nous disions se vérifient et arrivent à percer la propagande officielle jusqu’à mobiliser la grande majorité de la population.

Ce n’est pas, en soit, une spécificité Guadeloupéenne que des technocrates vouent une méfiance, voire une haine, envers les syndicalistes et singulièrement ceux qui jouent leur rôle de défenseurs des masses laborieuses.

Il faut se rappeler de l’extraordinaire création institutionnelle qu’est la sécurité sociale, un Etat dans l’Etat pensé par des syndicalistes ouvriers qui étaient motivés par leur seule volonté d’émanciper leurs pairs de leurs problématiques sanitaires. Cette institution, toujours malmenée par l’élite politique et financière mais encore debout, est désormais en grand danger si l’abonnement à la « Box-Vax » reste inscrit dans l’esprit des citoyens.

Depuis fort longtemps, les organisations syndicales n’ont eu de cesse de dénoncer la marche forcée vers la falaise. Ce sont les réformes, prétendument nécessaires, et la « prise d’otage » technocratique des services qui relevaient de l’engagement associatif (social et médicosocial) ou du service public (hôpitaux) qui nous ont conduits à l’impasse d’aujourd’hui. Une véritable crise systémique, au profit du capitalisme sauvage qui se présente sous le doux nom de « néolibéralisme », générée par la cupidité et l’avidité de politiciens et de hauts fonctionnaires plus ou moins corrompus.

Les pseudos décentralisations locales, dans un premier temps, suivis des recentralisations déguisées au niveau de l’Union Européenne via le démantèlement progressif des services déconcentrés, dans un deuxième temps, en sont les armes fatales. La création des A.R.S. en est l’exemple suprême de cette orientation malfaisante envers l’intérêt général. L’esprit D.D.A.S.S n’est plus de mise et ce sont, donc, de véritables préfectures de santé mais sous le modèle étasunien, qui agissent désormais pour restructurer la politique sanitaire locale selon les critères définis par les tenants du libéralisme économique.

Ce n’est pas un hasard si l’on retrouve les mêmes, politiciens et hauts fonctionnaires (Enarques ou Polytechniciens), depuis trois décennies à la manette et, quelques fois, par osmose. L’arrivée de Macron à la présidence en est emblématique quand on connait son parcours et son non-encrage politique sur le terrain. Il y a, donc, très longtemps que la République – chose publique – est prise en otage par des intérêts privés mais toute révolte populaire est qualifiée d’antirépublicaines par ceux qui ont organisé et qui tirent profit de cette prise d’otage.

L’éloignement de la Guadeloupe du centre de décision politique, plus de 7000 km, a toujours produit des contradictions d’intérêts et des incohérences décisionnelles mais dans le cas du COVID, c’est la goutte de trop. Il faut rappeler que nous sommes balayés régulièrement par des épidémies virales, Grippe – Dengue – Zika – Chikoungounia, la peur du COVID n’a donc pas été de même nature qu’en Europe. Ce constat est identique pour quasiment tous les pays tropicaux et plus particulièrement pour l’Afrique. Notre perception relativiste mais aguerrie peut surprendre au point d’inciter certains au jugement, cependant elle nous instille un comportement d’affrontement même face à un « ennemi invisible » l’on qualifie le COVID.

L’erreur de l’ingénierie sociale, qui se cache derrière ce gouvernement et ses relais locaux, est d’insister à nier notre capacité de nous suffire de peu pour être libre, à rester unis et à résister. Nous n’avons besoin ni de cinémas, ni de restaurants, ni de cafés pour enfin nous sentir libres. Ils nous ont confiné et reconfiné, sans compter les couvre-feux, sans aboutir à leur fin. Beaucoup de tentatives de division ont été entreprises, à commencer par le clivage « provax » contre « antivax » qui a fonctionné un temps, mais le travail du collectif a mis des mots sur les interrogations légitimes et le vent a tourné. Il y a même des individus d’origine Européenne qui nous vomissent des propos injurieux, racistes et néocoloniaux sur les réseaux. Mais la force de ce mouvement est d’être très hétéroclite, ce qui rend difficile de nous conduire sur des terrains glissants.

Pourtant, les revendications n’ont jamais été aussi claires dès le départ :

- Nous ne sommes pas anti-vaccins, ce qui serait le comble pour des soignants. Nous sommes prudents sur l’essai clinique à base d’ARN que l’on qualifie de « vaccin ». Et l’actualité nous a donné raison quand on se rend compte que deux « vaccins » sur quatre homologués restent en piste mais avec une efficacité limitée à la « protection des formes graves » et à six mois de péremption que l’on qualifie d’immunité.

-  Nous sommes pour qu’advienne un vaccin qui réponde à la définition connue et des essais prometteurs sont en cours.

-  Nous sommes pour la liberté de chacun d’accepter ou non l’essai clinique à base d’ARN ou le vecteur viral.

-  Nous sommes contre la division de la population entre vaccinés et non-vaccinés ou pro-vaccins et anti-vaccins. Nous devons respecter l’avis de chacun et ne pas tomber dans le piège de Macron : « Diviser pour mieux régner ». Nous devons mobiliser tout le monde sur un principe.

-  Nous sommes contre le passe sanitaire qui est une attaque aux libertés publiques après les attaques aux droits sociaux.

-  Nous sommes pour les précautions sanitaires, les moyens et les traitements éprouvés et moins couteux, notamment les repositionnements de molécules connues et éprouvés qui fonctionnent, contrairement aux affirmations officielles.

-  Nous dénonçons l’amalgame fait avec la solidarité pour nous culpabiliser, ceux qui font cet amalgame sont les mêmes qui sont partisans des réformes qui détruisent les moyens pour les hôpitaux. Ce sont surtout les mêmes qui ne payent pas leurs impôts et leurs cotisations sociales pour financer la solidarité nationale et les hôpitaux publics.

La demande est donc très explicite, mais rien à faire, il faut faire croire que ce qui est, n’est pas et que ce qui n’est pas, est. La dernière rencontre entre des élus locaux et le gouvernement a démontré les limites du « pouvoir » des premiers et la perversion des seconds. Il en est sorti, entre autres, que le gouvernement s’engage à mettre à disposition des « vaccins » autres qu’à ARN messager... Sauf que La substitution se fera avec les deux produits, à vecteur viral, qui ont déjà posé problème dont l’Astrazénéca. Deux produits, aussi acheté à la hâte, qu’il faut apparemment liquidé coûte que coûte.

Nous constatons, malgré tout, que les autorités persistent à nous refourguer ces produits au nom de la vaccination obligatoire, soit ! Mais s’il y a vaccination obligatoire, pourquoi ces autorités n’offrent-ils pas une panoplie plus large en y incluant les vaccins conventionnels plus efficaces et moins chers ? C’est bien la première fois, depuis des années, que le choix est porté sur le plus disant alors qu’on nous rétorque toujours qu’il faille faire des économies. C’est aussi la première fois que l’on fait une obsession sur un produit peu, voire non-efficace en définitive.

Évidemment, exiger les vaccins du voisin Cubain, plus sûr et plus efficace, serait un caprice. De même, qu’exiger des traitements en amont comme dans les autres pays de la Caraïbe, serait un une marque de « sous-développement ». Bref, il ne nous appartient pas de choisir après près de deux années d’erreurs gouvernementales. Mais c’est justement le centre de la question, nous devons négocier autour d’une table et non dialoguer. Le syndicalisme ne connait que la négociation, la notion de « dialogue sociale » étant une escroquerie néolibérale.

Parce qu’ils connaissent bien cette escroquerie, les travailleurs de l’hexagone auraient tort de croire que c’est un combat circonscrit à la Guadeloupe. Si les ingrédients de la résistance sont endémiques, la cause elle-même ne l’est pas au regard du caractère international du positionnement du Gouvernement. Il y a eu trois options principales de gestion de cette pandémie en fonction des pays, certains ont eu les moyens de la gérer comme on a toujours gérer une pandémie, d’autres ont fait avec les moyens du bord et, enfin, le dernier tiers a fait le choix délibéré d’en profiter pour restructurer économie et société. Ce dernier tiers est principalement constitué par le bloc dit occidental, dont la France.

Les deux premiers groupes ont réussi, vaille que vaille, à sortir de la pandémie même avec les moyens du bord. Le bloc occidental tente de se refaire une santé impériale en sacrifiant sa population sur l’hôtel de la nouvelle biotechnologie, en en faisant des cobayes dans un laboratoire à ciel ouvert. Il y a dans le choix des autorités, une volonté manifeste de positionnement économique et technologique, peu en importe le coût financier si ce n’est humain. Car, en effet, tout est fait pour minimiser ou cacher les effets secondaires de ces produits malgré des faits plus que troublants dont une mortalité inquiétante.

Il fut un temps où c’était la raison d’État qui dominait même avec ses graves erreurs, il semble que l’État soit désormais le bras armé de la raison économique, avec de plus graves erreurs. Dire qu’aux Philippines, le Dengvaxia fut banni après 600 morts pour seulement 250 Millions d’habitants. C’est précisément là que les travailleurs de l’hexagone doivent cesser de croire que le gouvernement prend des décisions sur des bases scientifiques pour « protéger » la population. Tout est fait pour déconstruire définitivement l’action collective sous quelque forme que ce soit et le système hérité du C.N.R., au nom d’un virus facilement traitable.

Notre réaction et notre détermination n’était certainement pas au programme mais elles posent problème. La rage les gagne, désormais, au point que nous serions de grands manipulateurs du peuple et de la jeunesse... Éléments de langage qui prouvent que leurs auteurs sont enfermés dans leur bulle aseptisée et présomptueuse. En fait, ils ont misé sur l’essoufflement du mouvement qui dure depuis le 17 Juillet dernier, mais sont surpris de sa croissance pour employer leur concept fétiche.

La peur gagne le pouvoir central qui craint l’effet « boule de neige » jusqu’à l’hexagone au point qu’il tergiverse à annoncer l’obligation et la généralisation vaccinale, déjà prévue dans le calendrier envers et contre l’avis de l’OMS. Se cacher derrière une « communauté scientifique », bien absente du vrai débat scientifique, rappelle les guerres destructives menées contre la Libye, entre autres, au nom d’une autre « communauté » dite internationale mais composée de 5 ou 6 pays voyous.

Alors les chiens de garde ont pris le relai, comme d’habitude, pour marteler des insanités sur la Guadeloupe et l’outre-mer en général. Il faut les entendre affirmer que nous devrions être contents de bénéficier des impôts des Français pour avoir le vaccin gratuit. Ces déclarations de haines néocolonialistes ne sont pas nouvelles, nous les avons connus en 2009, mais ce continuum raciste et stupide démontre à quel point la propagande systémique paye très cher pour des vomissures.

Mais nous avons, aussi, droit à des affirmations officielles qui relèvent purement de la désinformation et de la propagande pour justifier les choix et erreurs des autorités, tout en se focalisant sur ce qu’elles prétendent relever de « grave » au sein du mouvement populaire et social. C’est ainsi que nous avons droit à des déclarations de chiffres dont nul ne peut vérifier la véracité mais qui contredisent la réalité dysfonctionnelle des établissements.

On affirme que plus de 90% du personnel hospitalier serait « vacciné » sans préciser que la grande majorité de ce personnel répertorié est en première dose, pour un quart, ou rétabli du COVID, pour deux-quarts, les « schéma complet » faisant le quart restant. Ce dernier quart est lui-même constitué de convaincus, certes, mais surtout de contraints pour raisons économiques. Par contre, la conséquence du manque de personnel que l’on masque par ces chiffres est qu’on ferme des services et on impose, illégalement, les 12 heures de travail continue pour pallier au manque de personnel mais, un coup, tout vas très bien et, un autre coup, c’est à la faute au mouvement.

Ces soignants suspendus se sont donné, corps et âmes et sans protections, lors des premières vagues pendant que nos technocrates se planquaient par peur de mourir. Il semble même que beaucoup ont, soit simuler d’avoir le COVID pour faire fun, soit ont été soignés à coup de molécules repositionnés, dont l’ivermectine. Mais ça, c’était avant qu’arrive le Dieu « ARN ». Depuis, nos technocrates ont décidé de passer l’arme à gauche et de tirer sur tout ce qui bouge contre leur nouveau Dieu. Les mauvaises langues disent même que la Directrice de l’ARS serait « bloquée » à Paris... En attendant que les sauvages se pacifient quelque peu, mais ce ne sont que de mauvaises langues.

Nous avons vu, de nos propres yeux, comment nos technocrates ont géré la vague de juillet – août et nous craignons le pire pour l’avenir. Contrairement à ce qui est dit et répété dans les médias, et après analyses des faits par croisements d’informations notamment venant des familles des décédés, il ne s’agissait pas que de personnes « non-vaccinés ; 95% des cas avaient des comorbidités, sachant que c’est le cas pour environ un quart de la population. » Par ailleurs, nous avons pu constater la chasse qui a été faite contre les traitements tant chez les médecins de ville que des officines de pharmacie. Ces éléments nous permettent de récuser la version officielle qui n’a pas hésité à mettre en scène les morts et l’arrivée de « soignants sauveurs » de l’hexagone pour, vraisemblablement brouiller les pistes.

Heureusement que nous sommes un peuple qui a su mettre en place des mécanismes de défense, ce qui nous permet de résister au nez et à la barbe des impétueux dirigeants politiques qui ne semblent avoir comme boussole que l’argent. Nous, ce qui nous intéresse, c’est l’humain avant tout et l’avenir de nos enfants. Des incertitudes sont prégnantes pour nous dans la programmation gouvernementale, voilà pourquoi nous disons haut et fort non à l’insignifiance individuelle et au non-sens commun. Nous exigeons des négociations pour redéfinir une gestion sanitaire adaptée et cela passe par une dérogation législative, du même genre que celle utilisée pour nous imposer le Chlordécone.

Cette gestion a accéléré la déliaison sociale, de par les confinements et la litanie sémantique du genre « gestes-barrières » ou « distanciation sociale » et, bien-entendu, la sidération produite par les injonctions politiques paradoxales. Pourtant, le C.T.I.H. (organisme très officiel en France) vient de nous affirmer que le COVID n’a occupé que 2% des hospitalisations en 2020 et Eudravigilance (organisme très officiel en Europe) souligne une propension exponentielle d’effets secondaires graves et de mortalités dus à ces produits.

Il va pourtant falloir qu’un tribunal – pourquoi pas exceptionnel et populaire – se prononce, tôt ou tard, sur cette gestion idéologique, scabreuse et funeste. Aujourd’hui, la justice est expéditive avec la jeunesse mobilisée dans la rue et sur les barrages mais elle est d’une lenteur à traiter l’affaire Jean-Pierre – cet homme mort entre les mains de deux gendarmes il y a tout juste un an. De même, plainte a été déposée par une des organisations syndicales contre les responsables de cette gestion sanitaire, cette plainte est restée pour l’heure sans suite. En tout, les responsabilités doivent clairement être déterminées car « Celui qui aime tuer doit aimer mourir ! » et Drapétomaniaques ou complotistes, à la guise de chacun, nous ne lâcherons rien !

Nos revendications sont :

-  La non-application de la loi du 5 août 2021.
-  La réintégration de tous les professionnels du publics, du paramédical et du libéral.
-  La liberté de soigner pour les médecins de ville.
-  La mise à disposition de traitements existants (ivermectine...).
-  La mise à disposition de vaccins conventionnels (soberana...).
-  L’arrêt des poursuites judiciaires des militants et citoyens.
-  Un véritable plan sanitaire tenant compte de la réalité archipélagique et des risques multiples de la Guadeloupe.
-  Un véritable plan de développement territorial plaçant la jeunesse au centre du projet.

Philippe BELAIR

Secrétaire Général de la FSAS-CGTG 
(Fédération Santé et Action Sociale – Confédération Générale de Travailleurs de la Guadeloupe)

Basse-Terre, le 22 Novembre 2021

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 06:01

Selon le géographe Christophe Guilluy (entretien accordé au Figaro)

 

La question de délocalisation n’est pas seulement économique. Ce que les tenants de l’économisme n’ont toujours pas compris, c’est que les classes populaires et moyennes, non seulement étaient le ressort du modèle économique (ils portaient le modèle économique et social, ils finançaient l’État-providence par leur travail), mais ils portaient également un mode de vie majoritaire qui était la référence culturelle pour la classe politique, le monde culturel et les nouveaux arrivants. La question de l’intégration et de l’assimilation n’est pas une question abstraite à laquelle il suffirait de répondre par: «réaffirmons les valeurs républicaines». Si c’était le cas, on n’aurait pas exactement la même question posée en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou aux Pays-Bas.

 

Si l’autochtone a un travail et qu’il est respecté culturellement – deux conditions qui ont explosé dans les années 1980 -, alors il serait naturel que le nouvel arrivant se conforme à ce mode de vie. Malheureusement, les classes moyennes et populaires ne sont plus intégrées économiquement et géographiquement ni respectés par le monde politique et le monde culturel. L’essentiel des précepteurs d’opinion considère ces catégories comme des losers, des «déplorables». Quand on débarque de l’autre bout du monde, et qu’on nous dit que notre voisin est raciste, à moitié débile, à fond dans la consommation, son objectif de vie étant de bouffer et de regarder la télé, on ne va pas épouser ses valeurs.

 

L’impasse politique du moment c’est qu’on a un monde politique et médiatique qui ne veut pas lâcher le modèle des grandes métropoles et de la globalisation économique. Ils nous expliquent depuis le Covid qu’il est possible de concevoir qu’ils soient allés trop loin sur le libre-échange. La main sur le cœur, ils ont honte de détruire la planète. Je dis toujours que la première mesure écologique est d’arrêter de faire venir des produits de Chine en cargo. Or les écolos ne sont pas en faveur de la fin du libre-échange.

(…)

Ce qui me fascine autour de cette interrogation sur l’exode urbain, c’est le biais qu’il révèle. On se fiche de savoir ce qu’est le devenir de ceux qui vivent déjà dans la France périphérique (entre 60 % et 70 % des Français). Les élites pensent que l’avenir de ces territoires dépend de l’arrivée du bobo parisien, bordelais ou lyonnais. En réalité, l’arrivée de CSP+ par exemple sur les littoraux et dans les beaux villages de France fait qu’aujourd’hui les jeunes issus de milieux populaires ne pourront pas vivre là où ils sont nés. Ils sont obligés de se délocaliser le plus loin possible du littoral dans ce qu’on nomme le rétro-littoral, voire plus loin encore. Propriétaire à la mer, c’est fini pour les classes populaires. La vue sur la mer sera demain réservée aux catégories supérieures qui se seront rendues propriétaires de l’ensemble des littoraux. Cette violence invisible, cette appropriation, rappelle celle qu’ont connue les grandes villes hier et il n’y aura pas de retour en arrière.

Les conséquences du laminage des classes moyennes et populaires

Et pendant que les Antilles sont en effervescence, on trinque au ministère des Outre-mer, et on se contamine.

https://www.mediapart.fr/journal/france/231121/le-gouvernement-oublie-les-gestes-barrieres

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:00
 
Parce qu'ils n'ont pas oublié l'affaire du chlordécone par lequel la métropole a empoisonné les Antilles françaises pour des dizaines d'années.
 
 

Entre 1972 et 1993, le chlordécone utilisé malgré sa toxicité connue

La toxicité du chlordécone et son pouvoir persistant dans l'environnement sont connus depuis les années 1960. Néanmoins, explique la chaîne la 1re, le chlordécone a été utilisé pendant deux décennies pour sauver la monoculture de la banane aux Antilles, menacée par les charançons. Avec des effets notables sur l'environnement et la santé des habitants : "Cet insecticide utilisé pendant plus de 20 ans, de 1972 à 1993, dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique a empoisonné les sols, les rivières et la mer pour des siècles. Sans oublier les conséquences sanitaires sur la population, dont les scientifiques commencent peu à peu à mesurer la gravité", détaillent nos confrères dans cette vidéo.

 

Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, relève une étude de Santé publique France publiée en 2018. Les populations antillaises présentent un taux d'incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.

En 2006, une plainte pour "mise en danger d'autrui"

Le chlordécone s'était fait oublier un temps, mais, "au début des années 2000, Eric Godard, fonctionnaire de la santé en charge des eaux potables à la DDASS (ARS aujourd'hui) s'intéresse au sujet. Il découvre des traces de chlordécone dans l'eau, à des doses élevées", raconte ainsi la 1re. Parallèlement, des associations écologistes dénoncent régulièrement, elles aussi, la présence de pesticides dans l'eau. Les plaintes suivront.

En 2006, plusieurs associations de Martinique et de Guadeloupe déposent plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui", après des années d'empoisonnement de leurs îles au chlordécone. Ils dénoncent, entre autres, les nombreuses dérogations accordées par l'Etat aux planteurs, pour continuer à polluer les Antilles avec ce pesticide. "En 1990, le chlordécone est interdit en France, mais certains planteurs demandent à nouveau une dérogation", explique la 1re"Jusqu'en 1993, le chlordécone continue d'être utilisé dans les bananeraies, sans que la question de sa dangerosité ne soit officiellement posée."

Janvier 2021, le risque de la prescription

Alors qu'elles sont auditionnées les 20 et 21 janvier en visioconférence par deux juges d'instruction du pôle santé du Tribunal de grande instance de Paris, les associations martiniquaises et guadeloupéennes apprennent que leur plainte pour empoisonnement au chlordécone pourrait tomber sous le coup de la prescription. "L'une des juges d'instruction" a évoqué "des obstacles juridiques" tout en restant "ouverte encore quelques semaines à la démonstration qu'il ne pouvait pas y avoir prescription", a expliqué le 21 février à l'AFP Harry Durimel, avocat des parties civiles guadeloupéennes et maire écologiste de Pointe-à-Pitre.

Ce risque de prescription a suscité l'indignation des parties civiles. "Ça fait 14 ans que ça traîne devant leurs tribunaux et aujourd'hui on nous dit que les faits sont prescrits ? Ce n'est pas de notre fait !" s'est emporté Pascal Tourbillon, représentant l'Association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (Assaupamar) au micro de la radio RCI.

Quant à Me Louis Boutrin, avocat de l'Association pour une écologie urbaine basée en Martinique cité par l'AFP, il a estimé que "des rapports de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes qui n'ont pas été pris en compte" et "qui sont des infractions commises en 2006" "permettent de repousser les limites de la prescription".

Février 2021, "non à l'impunité"

Pour s'opposer au non-lieu qu'entraînerait la prescription, une quarantaine d'associations, de syndicats, de partis politiques martiniquais, ainsi que des personnalités, comme le chanteur Joey Starr, appellent à manifester pour dire "non à l'impunité". Des milliers de personnes manifestent à Fort-de-France, du jamais-vu depuis la grève générale contre la vie chère en 2009.

Entre 10 000 et 15 000 personnes selon les organisateurs, 5 000 selon la police, ont défilé. "Ils nous empoisonnent, ils nous tuent", proclame une banderole de la CGT. "Aujourd'hui, je crois qu'on a tous les éléments pour montrer que certains magistrats ont une drôle de façon de traiter les dossiers", regrette un manifestant auprès de France 3.

 

La mobilisation est plus timide en Guadeloupe, où 300 personnes, selon la CGT locale, ont participé à une manifestation à Capesterre-Belle-Eau. Le secrétaire général du syndicat guadeloupéen CGTG Jean-Marie Nomertin se montre néanmoins ferme au micro de franceinfo : "Ceux qui ont pollué, ceux qui sont dans le secteur de l'import-export, qui de manière consciente, voulue et organisée, nous ont empoisonnés et qui nous tuent à petit feu, ces gens-là doivent être mis en examen, jugés et condamnés à la prison ferme. Ils doivent indemniser chaque salarié."

 

A Paris, lieu d'une troisième manifestation simultanée le même jour, un peu plus de 200 personnes se sont rassemblées, place de la République. "L'ensemble de la société française devrait prendre fait et cause pour qu'il n'y ait pas de prescription", a déclaré à l'AFP Toni Mango, responsable du Kolèktif Doubout Pou Gwadloup, pour qui la menace de prescription va servir de catalyseur à la mobilisation. "C'est un premier appel, une première manifestation depuis le Covid et on ne s'arrêtera pas là".

 

Si la plainte n'aboutit pas, les associations mobilisées en Martinique, comme l'Association médicale de sauvegarde de l'environnement et de la santé, l'Assaupamar et l'Association pour une écologie urbaine, envisagent de saisir les juridictions européennes, et notamment la Cour européenne des droits de l'homme.

Pourquoi les Guadeloupéens s'opposent-ils à la vaccination obligatoire ?

 

Petite nouvelle de chez nous 

 

Castex, qui a postillonné sans masque en serrant des mains toute la semaine, fait la morale aux Guadeloupéens en les traitant d’irresponsables. Un quart d'heure après, on apprend qu’il est positif au COVID malgré ses 2 doses. Pauvre clown!

Pourquoi les Guadeloupéens s'opposent-ils à la vaccination obligatoire ?
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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 05:08

Je suis tombé ce 26 octobre sur une manifestation CGT, rue Garibaldi à Lyon, au pied de la tour qui abrite le siège de la SNCF (je persiste à dire « la SNCF » contre la dénomination « SNCF » imposée par des technocrates de droite). Une manifestation malheureusement bien maigrelette.

 

Comme je demandai au militant qui m’avait, après un exposé clair de la situation, affirmé que la SNCF n’existait plus, ce qui existait donc désormais, il me répondit : « des produits pour des consommateurs ».

 

En effet, la SNCF, ce n’est plus que cela : des tarifs segmentés à l’infini en fonction de paramètres et d’algorithmes mystérieux, des concurrences entre les trains (TGV, Ouigo, TER), des recrutements de non-statutaires, la fin de la notion de service public, des licenciements et un accueil du public indigent.

 

Je citerai simplement ici le cas le cas de la réorganisation de la vente – des billets – pas des produits cosmétiques, des boissons ou des fringues prétentieuses – dans les Alpes du Sud.

 

La Société avait décidé que l’accueil et la vente ne seraient possibles dans les gares que de 9 heures à 17 h 30. Contrairement à la volonté de la région qui souhaitait plus d’amplitude. « SNCF » avait reculé. Mais des guichets furent fermés dans certaines gares, comme Chorges ou Sisteron les week-ends et jours fériés. « SNCF » fit preuve d’une maléfique perversité :  il fut demandé aux cheminots de rester cachés derrière le rideau sans utiliser la machine de vente alors que les agents étaient présents du premier au dernier train. Les cheminots ne furent plus autorisés à vendre et à renseigner les voyageurs en dehors d’horaires bien précis.

 

L’objectif ultime et proche – dans la mesure où les clients ne réagissent pas en masse et ne se sentent pas solidaires des cheminots en lutte – étant que la vente des billets et des abonnements ne se fasse que sur internet.

 

Je vais re-re-re-regarder La bataille du Rail

 

La SNCF n’existe plus
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27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 05:06

AF 30, un de mes plus fidèles lecteurs, mais surtout contributeurs à ce blog, narre ici une mésaventure récente avec Free.

 

Je n'y avais pas pensé mais “ bunkerisation ” est bien le mot juste qui définit la situation actuelle des services auxquels nous avions accès physiquement il y a quelques années.

 

N'est-ce pas la conjonction de deux logiques ? Celle de la gestion de la société sur le mode entreprise, on pourrait même dire sur le mode tayloriste, et la mise en distance de plus en plus grande, par sécurité, entre des agents chargés de la mise en œuvre de mesures de plus en plus coercitives et une population dont la seule option est de les subir.

 

On constate d'ailleurs que le téléphone suit la même pente et restera réservé aux échanges familiaux ou amicaux. Doctolib est un bon exemple car si dans les petites communes ou moyennes (relativement) la prise de RDV reste encore sur le mode ancien, dans les villes le système interdit toute autre option que le sien. Doctolib est ainsi au service du choix politique du numerus clausus dans les études médicales : vous serez contraint d'accepter un RDV à une semaine de distance quelque soit votre état. Il faut ajouter que si vous avez la malchance de plus avoir de médecin, le nouveau médecin référent que vous sollicitez vous accordera de faire partie de ses patients comme une faveur.

 

Le sytème est kafkaïen, exemple : 

 

Suite à un orage (nous en avons quelques-uns dans la région de Nîmes) la box Free est hors service. J'appelle Free assistance au n° que j'avais noté. Bon, après avoir tapé 1 ou 2 comme demandé, 2 fois parce qu'il y avait une seconde question, puis l'identifiant (que j'avais noté aussi ) puis le code d'accès ( que j'avais aussi prudemment relevé).Après deux échecs de mise en relation, on (? ) me rappelle. J'explique.

 

On vérifie à distance. Diagnostic : la boxe est HS et le free-plug (le machin qui fait le lien entre la boxe et la prise) idem. Donc envoi programmé des deux trucs avec rappel de rendre les deux appareils HS. Deux jours après, nous sommes informés qu'un colis est à récupérer au bureau de tabac du coin. On remet notre colis avec les deux machins usagers et on récupère le colis. Sauf que celui-ci ne contient que la box. On appelle et on nous dit que le second suit. Il arrive, on se présente mais on ne veut pas nous le remette au prétexte que nous ne ne remettons pas le nôtre. On explique que nous pensions recevoir en une seule fois le tout et que par conséquent nous avons fait de même. Mais non, c'est ainsi et nous sommes partis sans rien. On appelle, plusieurs fois pour expliquer. Sans résultat. Entre temps nous recevons des rappels qui nous informent que si nous récupérons pas avant telle date, le colis sera renvoyé à l'expéditeur. Enfin j'ai un correspondant au téléphone qui me conseille de faire un colis avec n'importe quoi dedans pour faire l'échange. Nous le faisons et au bout la victoire. trois allers-retours quand même.

 

Je raconte tout ça pour prévenir toute personne qui viendrait à se trouver dans la même situation.

 

Free, Doctolib et la bunkerisation d'AF30
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26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 05:06

 

Dans la doxa de la classe dominante, la dette est le mal absolu. Un mal sournois dont nous sommes tous responsables, donc coupables.

 

En fait, on évoque la dette surtout depuis Giscard/Barre (l’homme le plus intelligent au monde et le meilleur économiste de France). Avec eux, il allait falloir se serrer la ceinture, nous les salariés. Pas les actionnaires dont les dividendes n’avaient pas encore explosé. Puis nous eûmes François Fillon (condamné à cinq ans de prison, dont deux ans ferme et à des amendes faramineuses, et qui remboursait des dettes fiscales grâce à l’aide de sa fille). Un homme exemplaire qui nous faisait la leçon en nous expliquant que la France était en faillite.

 

Sciemment, la classe dominante politique et médiatique nous faisait prendre des vessies pour des lanternes en nous faisant confondre dette publique et dette privée.

 

En France, ou ailleurs, la dette publique n’est pas celle d’un État dilapideur, prodigue jusque’à la débauche, celle d’un héros de Balzac ruinant sa famille jusqu’à la dixième génération. La dette publique, ce sont des investissements à long terme. Certes, nos descendants devront rembourser ce que nous avons emprunté mais ils bénéficieront des écoles, des hôpitaux, des routes que nous avons construits pour nous et pour eux.

 

En France, la dette publique est très alléchante pour les opérateurs financiers qui en redemandent et qui disposent de tous les relais politiques pour voir leurs impôts minorés. Mais le peuple n’a pas fini de ployer : 130 milliards de la dette Covid seront transférés au budget de la Sécurité sociale. Et l’important demeurera que les « ménages » – le peuple, en d’autres termes – continueront à financer toute nouvelle baisse des cotisations patronales, pardon des « charges des entreprises ».

Quelques remarques sur la dette
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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 04:52

Cela fait des années que l'on parle du camp de Guantánamo, où les États-Unis détiennent, dans des conditions barbares, pour des périodes indéterminées, des individus qu'ils considèrent comme leurs ennemis, ce en marge des législations nationale et internationale.

 

La question que se pose le premier béotien venu – moi, par exemple – n'est pas : pourquoi ce non-droit effrayant (dans l'ombre portée de la statut de la Liberté, bien sûr) mais pourquoi à Cuba ? En m'aidant de Wikipedia, je peux – à peu près – répondre à la question.

 

Le camp de Guantánamo est un centre de détention militaire situé sur la base navale étasunienne de Guantánamo dans le sud-est de Cuba. Les prisonniers sont, selon la qualification des autorités étasuniennes, des “ combattants illégaux ”. Ils sont tous, prétendument, des “ terroristes islamistes ”. Le président George W. Bush a justifié l'incarcération de ces combattants à Guantánamo afin de fonder juridiquement la décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral des États-Unis, Guantánamo jouissant d'un statut d'exterritorialité. En d'autres termes, Bush appliqua à ces combattants un statut particulier en décrétant a priori qu'ils relèvaient d'une spécificité juridique. Un décret présidentiel autorisa la détention sans limite et sans chef d'accusation, sur un territoire ne relevant pas (théoriquement) de la législation des EU, de tous les  “ combattants illégaux ” capturés. L'administration Bush justifia la détention extra-judiciaire (sans chef d'accusation) en affirmant que les membres d'Al-Qaïda et les talibans n'étaient pas des combattants réguliers respectant les lois de la guerre.

 

Á l'automne 2001, Guantánamo comptait 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays différents. Entre 2001 et 2004, plus de 200 furent relâchés. Un sur trois environ, ce qui est considérable comme “ erreur ”. Certains – dont six Français – ont été jugés dans leurs pays respectifs, d'autres ont été amnistiés. Tout cela sans qu'on connaisse les tenants et les aboutissants de ces décisions. En 2010, il ne restait plus “ que ” 192 détenus à Guantánamo. Le président Obama promit un décret présidentiel ordonnant la fermeture de Guantánamo, décret qui n'est jamais venu. Le président Biden a dit souhaiter la fermeture du centre avant la fin de son mandat mais, pour l'instant, on n'a rien vu venir.

 

Difficile de dire l'horreur de ce centre. On sait que neuf personnes s'y sont suicidées et que soixante détenus y ont été incarcérés alors qu'ils étaient mineurs. Nombreux, depuis 19 ans, ont été les témoignages décrivant des cas de torture ou de traitements dégradants. En septembre 2015, le secrétaire à La Défense des États-Unis affirmait que certains détenus devraient rester à Guantánamo indéfiniment.

 

En janvier 2018, le président Trump ordonna au Pentagone de maintenir les installations de Guantánamo ouvertes.

 

Qu'est-ce qui permet aux États-Uniens de jouir de ce site de 121 km2 ? Il a été loué par Cuba au gouvernement des États-Unis en 1903. Un loyer de 4085 dollars a été payé chaque année par chèque. Sauf la première année de la Révolution cubaine en 1959, Fidel Castro a toujours refusé d'encaisser ces chèques car il n'acceptait pas qu'un ennemi de son pays disposât d'une base militaire sur son territoire. La location est incessible sauf par consentement des deux parties. Les États-Unis peuvent donc rester à Guantánamo jusqu'à la fin des temps.

 

La classe dirigeante étasunienne est partagée face à ce camp du non-droit. En 2006, la Cour suprême annonce que les tribunaux militaires créés pour juger les prisonniers sont illégaux. La même année, le secrétaire-adjoint à la Défense estime que les prisonniers de guerre sont protégés par les Conventions de Genève, donc qu'ils ont droit à un procès équitable. Le 5 juin 2005, Joseph Biden, alors sénateur démocrate,  membre de la Commission des affaires étrangères du Sénat, demande la fermeture de Guantánamo qui, selon lui, est un danger pour les Américains dans le monde, car elle stigmatise et amplifie la haine existante du monde musulman contre les États-Unis. En juin 2006, la Cour suprême estime que George W. Bush a outrepassé ses droits en instituant des tribunaux militaires d'exception, violant ainsi les Conventions de Genève.

 

La communauté internationale conteste le statut de “ combattant illégal ” considéré comme la création d'un vide juridique artificiel, destiné à priver les détenus des droits prévus par la IIIe Convention de Genève (prisonniers de guerre) ou de la IVe Convention de Genève (civils). En juin 2004, la Cour suprême des EU a autorisé les prisonniers à contester ce statut mais elle n'a pas, pour autant, statué sur la légalité de ce statut ou sur les procédures et conditions de détention à Guantánamo. L'armée a créé des « Tribunaux d'examen du statut d'ennemi combattant ». Mais le 31 janvier 2005, la juge fédérale Joyce Hens Green, déclare inconstitutionnels ces tribunaux d'examen. Elle juge que le fait que l'armée empêche les suspects d'être assistés d'un avocat et que les suspects ne puissent connaître les chefs d'accusations qui sont portés contre eux est anticonstitutionnel. Mais quelques jours auparavant, un autre juge fédéral avait prononcé un verdict opposé à celui de la juge Joyce Hens Green. Il y a de fortes chances que le verdict final soit à nouveau rendu par la Cour suprême.

 

Le 25 mai 2005, Amnesty International qualifiait Guantánamo de « goulag moderne ». Amnesty évoquait également les nombreux centre de détentions clandestins que le gouvernement des États-Unis a mis en place en Irak et en Afghanistan.

 

Le 22janvier 2009, deux jours après son investiture comme nouveau président des États-Unis, Barack Obama signa un décret ordonnant la fermeture du camp. Mais cette fermeture posait des problèmes de nature juridique comme le fait que des aveux avaient été obtenus « sous contrainte », créant ainsi un vice de procédure, ce qui aurait pu conduire la justice étasunienne à libérer des condamnés, dont Khalid Cheikh Mohammed, jugé responsable des attentats du 11 septembre 2001.

 

Mais fin janvier 2009, un juge militaire siégeant à l'une des commissions militaires de Guantánamo, refusa l'ordre du président des États-Unis requérant la suspension des procès militaires jusqu'à nouvel ordre. Devant l'opposition du Congrès (à majorité républicaine) à ce que les détenus extra-judiciaires de Guantanamo soient jugés devant des juridictions fédérales, en partie en raison de la possibilité que ce dernier déclare nulles et non avenues les « preuves » obtenues sous la torture et libère par conséquent les détenus, Obama fut confronté à l'impossibilité de fermer Guantánamo. En conséquence, il tenta de libérer les détenus jugés les moins « dangereux » en passant des accords avec d'autres pays, notamment européens, où ceux-ci obtinrent le statut étrange d'“ asile sous surveillance ”.

 

Un mot pour finir sur les conditions de détention à Guantánamo. Les détenus, lors de l'ouverture de la prison, ont passé la majorité de leur temps dans des cellules individuelles de 2 mètres sur 2, éclairées continuellement. Les détenus peuvent être interrogés à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit. Lorsqu'ils sont déplacés, les détenus ont les mains et les pieds menottés et un sac de toile est placé sur leur tête pour les empêcher de voir. Les visites sont limitées (y compris celles des familles et des avocats).

 

 

 

Á propos de Guantánamo
Á propos de Guantánamo
Á propos de Guantánamo
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 04:01
Quand, selon Reporterre, le système a barre sur nos vies, individuellement et collectivement, grâce au numérique.

 

Accélérée par la crise du covid, la numérisation de la vie quotidienne se poursuit, brutalisant quotidiennement les dépassés et les réfractaires sur l’air du « c’est ainsi ». Cette violence mériterait pourtant de trouver écho sur la place publique, explique notre chroniqueuse, d’autant plus que les services publics ne sont pas épargnés.

 

Imaginez que l’État et les entreprises aient décidé que tout se ferait, désormais, dans une autre langue. En anglais, mettons. Pour remplir sa déclaration d’impôts, refaire sa carte grise, ouvrir une ligne de téléphone, acheter un billet de train — ce serait en anglais. La décision aurait été motivée par d’alléchantes perspectives de profit pour les multinationales, qui pourraient licencier une bonne partie du personnel servant d’interface avec le pays hôte tout en s’épargnant les coûts de traduction de tout le marketing, des procédures techniques et de la gestion client. 
 
L’État, lui, aurait investi dans les « procédures anglicisées » pour faciliter sa mise en conformité avec les institutions européennes et internationales. On aurait considéré qu’une bonne partie de la population — en réalité uniquement les couches les plus favorisées — maîtrisait cette langue, que les jeunes élevés aux séries et à la musique américaines la parlaient de plus en plus, et que le reste des gens allait s’y mettre. Ou plutôt, les sphères dirigeantes ne se seraient même pas posé la question. Elles seraient parties du principe que c’était un progrès, évident et consensuel, qu’il fallait s’aligner sur les pratiques du secteur privé et que de toute façon tous les pays européens faisaient pareil. Et le président de la République aurait annoncé que l’administration serait anglicisée à 100 % d’ici 2022.
 
Quant à vous, lassé de recevoir des courriers incompréhensibles et de ne pouvoir y répondre, vous auriez poussé la porte du Pôle emploi avec la ferme intention de régler enfin votre dossier. Mais la personne au guichet vous rappellerait d’un air désolé qu’elle n’a pas le droit de parler français. Elle vous indiquerait un stand improvisé devant lequel s’étirerait une queue de plusieurs mètres et d’où partiraient des éclats de voix courroucés. Une hôtesse surmenée traduirait les courriers tendus par les usagers, sans pouvoir intervenir sur leurs dossiers. Postés dans le hall, les vigiles se tiendraient prêts à intervenir, car bizarrement, depuis l’anglicisation des services, les agressions sur le personnel auraient augmenté, et des pancartes rappelleraient les peines encourues pour outrage à une personne chargée d’une mission de service public.
 
Impossible d’attendre deux heures pour accéder à la traduction. Il ne vous resterait qu’à déranger encore votre nièce qui a étudié aux États-Unis pour qu’elle fasse vos démarches. Vous rentreriez avec votre lassitude, votre exaspération. À nouveau, vous vous étonneriez que l’anglicisation des services n’ait pas déclenché un tollé et qu’elle ne suscite que des commentaires agacés en privé, sans effet.
 
Que devient toute cette colère ? Depuis des années, tout cela se déroule dans une ambiance de faux engouement et d’autocensure. L’employée du Pôle emploi, de la CAF ou des impôts déteste probablement autant que vous cette nouvelle norme qui détruit son travail. Mais ni elle, ni ses collègues, ni son syndicat n’ont émis la moindre critique en public, de peur de passer pour des anglophobes réactionnaires fermés au reste du monde.
 
Treize millions de personnes pour qui la vie est devenue impossible 

 

Cette histoire m’est venue quand j’ai dû à nouveau effectuer les démarches en ligne de mes parents. Malgré leur âge, ils ne font pas partie des 23 % de la population adulte qui se disent « mal à l’aise avec le numérique » [1]. Ils possèdent des ordinateurs personnels depuis des décennies, et je me souviens que mon père m’a montré comment envoyer un courriel en 1995. Mais, bien qu’ils soient privilégiés et disposent de tout le matériel nécessaire, il leur est impossible de jongler avec une dizaine d’espaces personnels et des codes confidentiels envoyés par SMS. 
 
Le problème à résoudre ce jour-là, la résiliation d’un abonnement Free, fait sans doute partie des cas extrêmes auxquels ils pouvaient être confrontés : pour obtenir l’adresse à laquelle renvoyer sa box, il faut composer le numéro d’un serveur vocal et passer sans encombre toutes les procédures de vérification automatisées. 
 
À ce stade déjà psychédélique, l’entreprise dont le fondateur est copropriétaire du quotidien dit de référence [le journal Le Monde] de ce pays a décidé de vous tendre un piège : le robot vous demande votre « code hotline », un code dont vous n’avez jamais entendu parler, qui n’est ni votre identifiant ni votre code secret. Il est caché dans la rubrique « Mon assistance » de votre espace personnel, mais pour le savoir, j’ai dû aller enquêter sur des forums d’usagers en ligne. Ensuite, il fallait encore repasser par la plate-forme téléphonique sans se tromper à aucune de ses étapes, récupérer le formulaire de résiliation actualisé que le serveur vous fait envoyer par courriel, l’imprimer, puis se débrouiller pour trouver un point relais affilié à une entreprise bien spécifique, là encore en allant le chercher sur internet. Mes parents n’avaient tout simplement aucune chance d’y arriver. Aucune.

 

Officiellement, nous avons donc 23 % de la population française, c’est-à-dire plus d’un adulte sur quatre, c’est-à-dire treize millions de personnes, pour qui la vie est devenue impossible. Treize millions de personnes qui ne peuvent même plus s’acheter un billet de train, qui se sentent incompétentes et humiliées, font la queue dans les Maisons des services publics et n’ont aucune chance de trouver un emploi par les voies officielles, de percevoir les allocations auxquelles elles ont droit ou de toucher les subventions à la rénovation thermique. 
 
C’est le résultat de la numérisation des services : plus d’un adulte sur cinq est devenu illettré parce que l’État et les entreprises, en vingt ans, ont imposé l’équivalent d’une nouvelle langue. Pour quelqu’un qui n’a jamais possédé d’ordinateur et ne se connecte jamais, son apprentissage est hors de portée — pas plus qu’on peut maîtriser l’anglais, le chinois ou le norvégien en quelques mois, à moins d’y consacrer absolument tout son temps. C’est l’une des transformations sociales les plus radicales et les plus absurdes qui ait jamais été menée ; et les élites ont réussi à faire en sorte qu’on s’oblige à la considérer comme une évidence, un détail pratique dont toute personne de bonne volonté peut très bien s’accommoder (« Il va falloir vous y mettre »).
 
La numérisation du quotidien, une violence inouïe et ordinaire

 

L’État ne devrait pas pouvoir exiger l’achat d’un ordinateur, d’un « smartphone », d’une imprimante, d’un scanneur et d’un abonnement internet 

 

Mais les discours misérabilistes sur la « fracture numérique » ignorent un point essentiel : c’est le fait que parmi ces treize millions d’individus, une bonne partie pense peut-être que l’État ne devrait pas pouvoir exiger d’eux qu’ils achètent un ordinateur, un smartphone, une imprimante, un scanneur et un abonnement internet (le parc électronique de base) ; qu’ils aident des entreprises privées à faire du data mining ; qu’ils transforment leur vie pour se consacrer à ces systèmes addictifs et envahissants ; qu’ils contribuent à la suppression des fonctionnaires et aux licenciements induits par la numérisation. Une partie d’entre eux pense aussi qu’on ne peut pas les obliger à polluer en achetant toutes ces machines « dématérialisantes »
 
Qu’on veuille les aider ou leur botter les fesses, on présente toujours ceux et celles qui répugnent à numériser leur vie comme des gens qui n’ont pas encore compris, alors que, bien au contraire, ils ont souvent très bien compris. La question n’est pas celle de l’aptitude personnelle mais celle de la liberté.
 
La numérisation des commerces et des administrations a en elle-même des conséquences plus directes et décisives que les résultats des élections de ce mois de juin. Elle est pourtant totalement absente du débat public. Hormis le collectif Écran total [2], qui rassemble depuis une dizaine d’années des professionnels confrontés à la déshumanisation de leurs métiers par le numérique et des chômeurs en lutte contre la « bunkérisation » des services publics, rares sont ceux qui ont le courage d’en tirer les conclusions politiques.

 

Source : Reporterre.
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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 05:07

La réponse de Gilles Pichavant :

 

Depuis sa privatisation, EDF vends à perte 25% de sa production à 35 intermédiaires qui revendent l'électricité à leurs clients en prenant leur commission au passage. Ces 35 prédateurs ne produisent rien, ils sont un coût supplémentaire sur les factures de leurs clients. D’où une augmentation de 50% de l'électricité pour tout le monde, depuis la privatisation d’EDF-GDF.
 
Or EDF-GDF avait fait ses preuves sur plus de 70 ans, et avait été financée par nos parents et grands parents.
Le but d'une entreprise nationalisé n'est pas de gaver des actionnaires, mais de vendre au moindre coût sa production aux habitants. Le but d’une entreprise privée est d’escroquer le client au profit de ses actionnaires.
L'énergie, comme les télécoms, doit redevenir un service public !
Comment EDF-GDF nous arnaque-t-elle ?
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