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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 14:53

 http://www.famili.fr/data/photo/w220_h220_c18/7d939e1e39_lucet.jpgPar Philippe Arnaud

Les remarques ci-après se rapportent au deuxième sujet (après les  caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo) du journal télévisé de 13 h de France 2 du 19 septembre :  le Traité (ou Pacte) budgétaire européen.

 

Élise Lucet : "Le deuxième grand titre de l'actualité, c'est la loi d'application du traité budgétaire européen, qui a été présentée ce matin en conseil des ministres. Les deux textes seront soumis au Parlement début octobre et ça n'est pas gagné pour Jean-Marc Ayrault. Ce qui est paradoxal, c'est que le Premier ministre va bénéficier du soutien de nombreux élus de droite, alors qu'à gauche la grogne monte et que certains députés affirment déjà qu'ils ne voteront pas pour. Sophie Brunn, Pascal Caron."

 

[Voix off de la journaliste]. "Pas moins de cinq ministres pour accompagner Jean-Marc Ayrault à la tribune. Visiblement il faut faire bloc sur le traité européen. [Présentation du Premier ministre].

 

Jean-Marc Ayrault : "Le vote du Parlement, que je souhaite massif, sera un vote qui donnera encore plus de force à la voix du président de la République dans les prochains rendez-vous européens. Plus le message parlementaire, plus le vote sera fort, plus la voix de la France sera

forte et plus nous pourrons continuer à la réorientation de l'Europe".

 

[Reprise de la voix de la journaliste avec vues de A. Merkel et N. Sarkozy"]. "Paradoxalement, c'est à droite que Jean-Marc Ayrault fera le plein de voix. Car le traité européen a été négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. L'UMP et les centristes n'ont aucune hésitation à le voter".

 

[Vue et propos de F. Fillon]. "C'est le traité que nous avons négocié, qui a été négocié par le gouvernement français dont j'étais le responsable sous l'autorité de Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas une ligne qui a changé, il n'y a pas une virgule qui a été modifiée. Donc nous serions totalement incohérents de ne pas le voter. Bien sûr que nous allons le voter".

 

[Vue et propos de J.-.L. Borloo] "On va évidemment le ratifier. Je ne vois pas où est la difficulté". [Question du journaliste à Borloo : "Pas d'état d'âme ?"  Réponse : "Aucun état d'âme !"]

 

[Vue de F. Hollande et voix de la journaliste] : "C'est bien là le problème pour une partie de la gauche. Même si depuis l'élection de François Hollande un volet croissance a été ajouté au traité, une vingtaine de députés socialistes devrait voter contre, tout comme les communistes et une grande partie des Verts".

 

[Vue et interview du sénateur vert Jean-Vincent Placé] : "Plus d'austérité, plus de rigueur, qui sera durable, d'ailleurs, avec ce traité. Je crois que ça ne correspond pas aux enjeux. Il devait être renégocié, il ne l'a pas été ou pas suffisamment...].

 

[Vue du Parlement et voix off de la journaliste]. "Malgré les défections de certaines voix à gauche, le traité devrait être adopté grâce à la droite, sans difficulté".

 

[Retour à Élise Lucet] "Il faut être honnête : ce traité budgétaire reste un peu obscur pour la plupart d'entre nous. Alors que contiennent ces deux textes qui vont être soumis au Parlement ? Quelles sont les conséquences, les changements qu'ils impliquent pour la France ? Valéry Lerouge nous a rejoints sur ce plateau. Valéry, bonjour, on va essayer d'y voir un petit peu plus clair avec vous. Il y a d'abord le volet discipline budgétaire".

 

Valéry Lerouge. "Oui, avec l'instauration de la fameuse règle d'or, c'est-à-dire que les pays s'engagent à avoir des budgets à l'équilibre, ça paraît évident, mais ça fait 40 ans que ça n'est pas arrivé en France. Alors, il y a une petite tolérance. Le traité fixe un déficit dit structurel, de 0,5 % de son PIB, de la richesse nationale. Structurel, ça veut dire qu'on ne tient pas compte, qu'on exclut les dépenses un peu extraordinaires qui viennent plomber le budget une

année, comme par exemple un plan de sauvetage pour l'automobile. A titre de comparaison, ce déficit structurel est cette année de 3,2 % pour la France, il y a donc du chemin à parcourir. Le traité prévoit, c'est le deuxième point, des sanctions. Si un pays sort des clous, eh bien la

cour de justice européenne prévoit une amende allant jusqu'à 0,1 % du PIB. J'ai calculé, pour la France, ça ferait quand même la coquette somme de 2 milliards d'euros".

 

Élise Lucet : "Valéry, pourquoi certains craignent-ils une perte de souveraineté ? Qui va contrôler le budget du pays si ces deux textes sont votés ?"

 

Valéry Lerouge : "Toujours le gouvernement français. Mais désormais, il sera surveillé [Ici, avec deux doigts de chaque main il esquisse comme des guillemets à ce terme "surveillé" qu'il vient de prononcer] , encadré  par le Haut conseil des finances publiques, une instance indépendante qui sera nommée pour l'occasion. Huit membres, quatre nommés par la Cour des Comptes, quatre autres par le Parlement et ce conseil, eh bien, devra publier une alerte si un pays dépasse la règle d'or, n'en tient pas compte, et le gouvernement sera obligé d'en tenir

compte. En clair, le gouvernement n'a plus tout à fait les mains sur son budget, il sera soumis à ce haut conseil.".

 

Élise Lucet : "Merci, Valéry Lerouge, pour ces explications et ces précisions tout à fait nécessaires".

 

Remarque 1. Le mécontentement de la gauche protestataire est qualifié de grogne, terme débouchant sur deux sens péjoratifs. Le premier est connoté au terme "animal" de groin (museau du porc), qui suggère que les protestataires manifestent à l'égard du traité un mécontentement infrahumain, instinctif, non articulé - et donc non raisonné. Ils sont contre, mais ne savent pas pourquoi : ils sont contre, mais bêtement. Le second renvoie aux "grognards" de la Grande Armée, qui grognaient sans arrêt... mais qui marchaient ! [Et qui marchaient de Madrid à Moscou]. Suggestion implicite : tous ces "grognements", c'est de la comédie : les protestataires finiront par voter le traité, comme les copains...

 

Remarque 2. On ne peut pas dire qu'une part égale ait été laissée aux deux parties. Pour le traité, on nous présente Ayrault, Fillon et Borloo (qui prononcent 133 mots). Contre le traité Jean-Vincent Placé (33 mots). Et, bien entendu, on ne sait pas, à la fin du reportage, pour quelle raison [sûrement pour de la "grogne"...] certains parlementaires ne le voteront pas.

 

Remarque 3. Valéry Lerouge parle de "budgets à l'équilibre", qui devraient être une "évidence", ce qui est tout... sauf, précisément, évident ! Car, avec cette "évidence", Valéry Lerouge essaie de faire passer ce gros mensonge de la droite, qui présente abusivement le budget national sur le modèle du budget familial. On ne doit pas dépenser plus qu'on ne gagne ! Ce qui, pour le budget de l'État est absurde car, précisément, l'État agit au rebours du ménage : il détermine d'abord ses dépenses et adapte ses recettes en conséquence. Ce que vise la droite, ce n'est pas tant "l'équilibre" que les attributions de l'État dont elle estime qu'elles seraient mieux remplies par le privé : à savoir tout, sauf l'armée. Et encore...

 

Deuxième "mensonge" : les budgets sont toujours présentés à l'équilibre. Le total des recettes équilibre toujours celui des dépenses. Ce que ne veut pas la droite – et qu'elle ne précise pas – c'est que ce qui n'est pas couvert par l'impôt est couvert par l'emprunt. [Réflexion d'autant plus étonnante qu'une des activités favorites de la droite au pouvoir est de lancer des emprunts (emprunt Pinay, emprunt Giscard...) qui fonctionnent comme une énorme pompe à aspirer l'argent des classes moyennes et populaires vers les classes riches.]

 

Remarque 4. Lorsque Valéry Lerouge attribue au seul gouvernement français la compétence de surveillance du budget (pour dissimuler la compétence d'instances supranationales), il lâche un gros mensonge... par omission. En effet, c'est non seulement la Cour de justice européenne – comme il l'indique en passant, et comme si de rien n'était – qui surveillera la France (ou n'importe quel pays), mais aussi la Commission européenne, mais aussi le Conseil des ministres, mais aussi tout État qui estime qu'un autre État "sort des clous" et qui peut donc

le dénoncer à la Cour de Justice. Valéry Lerouge dissimule sciemment que ce traité représente une perte de souveraineté du pays auprès d'instances non élues car les citoyens des pays d'Europe n'ont élu ni la Commission, ni le Conseil, ni la Cour de Justice...

 

Remarque 5.  Il m'avait semblé entendre, avant les élections présidentielle et législative, que le Parti socialiste refusait de voter la règle d'or. Mais je devais avoir mal entendu...

 

Remarque 6. Ce traité représente, pour tous les pays d'Europe, une considérable diminution de leurs puissances souveraines. Il est une atteinte à la démocratie. Il va se traduire par une austérité féroce pour les salariés, les retraités, les assurés sociaux. Et une austérité féroce, qui durera des années... et ne fera qu'aggraver encore plus la situation à laquelle il est censé remédier ! [Comme Gribouille qui se jette à l'eau pour ne pas être mouillé]. Mais France 2 ne semble pas faire de grands efforts pour en dévoiler les tenants et aboutissants. Il est vrai que les caricatures de Mahomet ou les seins de la duchesse de Cambridge sont des sujets autrement importants...

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 05:39

http://algoric.pagesperso-orange.fr/img/imgDessin/fisc-resto.jpgFigurez-vous que Bernard Arnault s’acquitte de la CSG. Insupportable. Et scandaleux : seuls les pauvres devraient payer cette dîme.

 

Profitons-en pour revenir sur cette charge qui n’a fait que s’alourdir depuis vingt-deux ans. La CSG fait partie des prélèvements sociaux. Elle a pour but de diversifier le financement de la protection sociale. Par ailleurs, les prélèvements sociaux comportent la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) visant à résorber l’endettement de la sécurité sociale, le prélèvement social pour financer les retraites et le prélèvement RSA pour financer le revenu de solidarité active.

 

La CSG est assise sur les revenus d’activité et de remplacement (pour les trois quarts) et sur les revenus du patrimoine et les produits de placement (pour un quart). Elle frappe également les revenus tirés des jeux.

 

La CSG a été instituée par Michel Rocard (Premier ministre) le 16 novembre 1990. Elle est prélevée à la source. Elle est aujourd’hui affectée à la branche famille, au taux de 1,08% sur les revenus salariaux et allocations chômage et de 1,10% sur les autres revenus ; au fonds de solidarité vieillesse (qui finance le minimum vieillesse) au taux de 1,03 sur les revenus salariaux et de 1,05 sur les autres revenus ; à la branche maladie de la Sécurité sociale à un taux compris entre 3,95% et 7,25% (pour les revenus des jeux) ; à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), au taux de 0,10% sur tous les revenus. La CSG représente au total 7,50% des revenus d’activité, 6,20% des revenus du chômage et 6,60% des retraites (les foyers non imposables sont exonérés), 8,20% des revenus du patrimoine et de placement, 9,50% des revenus des jeux. La CSG est partiellement déductible à hauteur de 5,8% pour les revenus patrimoniaux, 5,10% pour les revenus d’activité, 4,20% pour les allocations de retraite et d’invalidité, 3,80% pour les revenus de remplacement.

 

La taux de la CSG n’a cessé de croître : 1,1% en 1990, 2,40% en 1993, 3,40% en 1995, 7,50% en 2002 sous le gouvernement Jospin. Elle a rapporté en 2008 84,328 milliards d’euros, ce qui représente le premier impôt direct en France, plus que l’impôt sur le revenu (818 milliards la même année.

 

Les cotisations sociales sont automatiquement affectées au financement de la Sécurité sociale, au contraire de l’impôt dont l’affectation est décidée chaque année par le Parlement. Or, depuis une vingtaine d’années, les exonérations compensées par l’État et la création de nouveaux impôts tendent à fiscaliser les ressources. Les cotisations sociales ne représentent aujourd’hui que 59% des recettes du régime général. Cette évolution dévalorise le travail. Les exonérations sur les bas salaires encouragent les entreprises à tirer les rémunération vers le bas.

 

Sources : CGT, FSU, Wikipédia.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 05:23

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/images/2009/03/12/enseignant_dessin.jpgLes socialistes et l’université : crise financière et destruction de l’offre de formation

16 septembre 2012 Par Pascal Maillard pour Mediapart

 

L’université et la recherche françaises sont à la croisée des chemins. Les socialistes aussi, mais ils ne veulent pas le savoir. Les choix politiques des prochains mois seront pourtant décisifs : ou valider et parachever les réformes sarkozistes, ou rompre avec le paradigme de l’excellence et ses conséquences délétères pour impulser une tout autre politique. Les questions qui se posent sont les suivantes : le gouvernement socialiste est-il prêt à conduire une réforme en profondeur de l’enseignement supérieur et de la recherche ? A-t-il la volonté d’initier une politique de rupture avec dix années d’affaiblissement et de déstructuration des universités et des organismes de recherche ? Plus précisément est-il vraiment décidé, ainsi que François Hollande l’a laissé entendre durant sa campagne, à faire de la recherche et des universités une priorité, au service de la jeunesse, de l’emploi et du redressement économique ? Et pour atteindre cet objectif, le gouvernement actuel investira-t-il dans ces secteurs qui sont vitaux à l’avenir de notre pays, les moyens humains et financiers nécessaires au développement d’un service public d’enseignement et de recherche digne de ce nom?

Sans préjuger d’éventuels infléchissements et du poids des Assises dans les prises de décisions – infléchissements, disons-le tout de suite, qui dépendront essentiellement de la capacité de mobilisation des personnels et des étudiants -, force est de constater qu’on ne peut aujourd’hui que répondre par la négative à ces quatre questions. Car les premières orientations et les signaux envoyés par le gouvernement en matière de politique universitaire et de recherche ne sont pas bons. A juste titre, certains les jugent très inquiétants. D’autres, comme l’auteur de cet article, ne s’en étonnent pas. Ces orientations sont dans la droite ligne de l’adhésion et du soutien historiques du Parti socialiste et de ses précédents gouvernements aux politiques universitaires et de recherche les plus libérales : adhésion forte au processus de Bologne, à la SRI (Stratégie Régionale de l’Innovation) imposée par le Traité de Lisbonne et à la politique européenne de recherche ; soutien également à l’autonomie des universités, à l’essentiel de la loi LRU de 2007, au Crédit Impôt Recherche, à la politique d’excellence et au cadre concurrentiel et marchant qu’elle impose, le tout au bénéfice du secteur privé.

Dans tous les cas, ni le choix de Geneviève Fioraso comme ministre de l’ESR, ni la composition de son cabinet, ni ses déclarations, ni même les conditions d’organisation des Assises, ne vont dans le sens d’une rupture profonde avec les orientations européennes et les politiques calamiteuses de la droite qui ont mis un quart des universités françaises en déficit et ont fait régresser notre pays à la 14ème place européenne. Sans procès d’intention et en dehors de tout discours « gauchisant » - argument utilisé par nos socialistes libéraux bon teint pour disqualifier par avance toute prise critique et les débats nécessaires -, les constats sont accablants : le gouvernement socialiste, sous couvert de consultation ou d’attentisme, s’apprête à valider l’essentiel des réformes antérieures alors qu’elles ont mis les établissements d’enseignement supérieur au bord du gouffre financier et que cette rentrée universitaire s’annonce comme l’une des plus calamiteuses de ces dernières années.

Aveugle à la crise profonde que vivent les universités et les universitaires, sourde aux alertes, demandes et appels multiples des organisations syndicales, des associations et même de la coordination des instances du Comité National de la Recherche Scientifique (lire ici le texte remarquable du C3N) ou encore de la CPU qui se réveille tardivement (voir ici la lettre du 12 septembre), Geneviève Fioraso continue de distiller imperturbablement sa prose réconciliatrice dans de multiples entretiens (voir par exemple ici et et encore ici sur Mediapart) qui semblent tenir lieu de politique alors que des mesures d’urgence sont nécessaires. Et des mesures significatives, il n’y en eut aucune avant cette rentrée universitaire. En ira-t-il donc, pour notre gouvernement socialiste, de la politique universitaire et de recherche comme il en va de la politique économique ou de l’adoption du Pacte budgétaire ? Attentisme, renoncements, discours et mesures austéritaires annoncent une forte continuité avec les politiques de droite. Alors, en manière d’alerte, et pour nourrir la vigilance critique, je commence ici une analyse en plusieurs livraisons. La première répond à une urgence : la crise financière des universités et quelques-unes de ses conséquences. Le second volet portera sur les orientations politiques de la ministre. Le troisième traitera des Assises de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

 

1. Crise financière et destruction massive des offres de formation et de l’emploi contractuel

 

Les universités et les organismes de recherche ont aujourd’hui besoin d’un état des lieux. Les Assises semblent vouloir s’en dispenser et miser essentiellement sur des contributions prospectives. Elles ne permettront assurément pas de produire cet état des lieux et certains diront que ce n’est pas leur vocation. S’il n’est pas question de faire un tel bilan en quelques paragraphes, au moins pourra-t-on s’accorder sur quelques constats.

La ministre en convient elle-même : 23 universités sont à ce jour déficitaires et la moitié le seront en 2013 si aucune mesure de refinancement n’est prise. Du jamais vu dans l’histoire de l’université française. La CPU rappelle dans sa lettre du 12 septembre son alerte de début d’année et précise ainsi les choses : « Début 2012, une enquête menée par la CPU révélait, que si la plupart des établissements avaient réussi à préserver leurs postes, en revanche ils avaient été contraints de prendre des mesures drastiques pour réduire la voilure, notamment en matière de politique indemnitaire, de recrutement de contractuels, de limitation des heures complémentaires, de compression de l’offre de formation et de diminution ou d’arrêt de leur politique d’investissement immobilier  et de maintenance des bâtiments. La Ministre reconnait une « incontestable fragilisation de la situation financière des établissements » ; elle indique que près de 40 établissements prévoient d’avoir un fonds de roulement fin 2012 en dessous du seuil de 30 jours de fonctionnement. Dans ce contexte délicat, la CPU a réitéré sa demande  de dégel des crédits mis en réserve (de l’ordre de 
70 M €) ». Il est à craindre que ces 70 millions ne soient une goutte d'eau dans l’océan des déficits. Il manque un zéro à ce chiffre si l’on entend couvrir les besoins financiers immédiats des établissements, recouvrer les créances de l’Etat, palier les retards monstrueux dans le financement du Plan Campus et relancer une politique de recherche digne de ce nom.

Où en est-on aujourd’hui ? Le Plan Campus est gelé quasiment partout faute de versement des intérêts du Grand Emprunt. Des dizaines de milliers de mètres carrés de bâtiments universitaires demeurent hors sécurité, mettant potentiellement en danger les personnels et les étudiants. Les services centraux des établissements (DRH, Informatique, Communication, Finances, etc) qui avaient embauché des personnels administratifs et techniques en CDD pour faire face aux nouvelles charges de l’autonomie ou aux contraintes de la politique d’excellence, se séparent de nombreux contractuels, apportant ainsi leur contribution à l’augmentation du chômage. Les crédits récurrents alloués à la recherche sont partout en baisse et ce sont des colloques et des publications auxquels il faut renoncer. Même les projets d’excellence peinent à se mettre en place en raison de l’incapacité financière des universités à en assumer les coûts indirects qui ne sont pas pris charge par l’ANR. Enfin des centaines de gels de postes (emplois titulaires d’enseignants-chercheurs) viennent contredire l’optimisme relatif de la CPU en la matière.

Devant faire face à des budgets en déficit, les équipes présidentielles ont activé, progressivement ou parfois brutalement, quatre leviers, souvent avant même d’avoir sollicité leur tutelle ou réclamé un peu vigoureusement que l’Etat soutienne financièrement leurs établissements : réduction de la masse salariale sous plafond d’Etat (politique de gels de postes), non reconduction de centaines d’emplois en CDD pour faire baisser la masse salariale sur ressources propres, gel des investissements et dégraissage de l’offre de formation. Sur ce dernier point, particulièrement sensible, des informations multiples et alarmantes montrent que les universités ne se contentent pas de réduire les heures complémentaires ou de fermer telle ou telle spécialité. Ici on choisit de fermer une licence professionnelle ouverte il y a seulement deux ans, là on supprime des masters dont les effectifs ne seraient pas suffisants, ailleurs on réduit la durée du semestre d’une semaine. Le mot d’ordre depuis le printemps est le suivant : « dégraissage des maquettes ». Ce sont alors les conditions d’études qui se dégradent : diminutions des heures de cours, TD surchargés, encadrement réduit et parfois mobilité contrainte des étudiants pour cause de fermeture de formation.

Il faut le dire haut et fort : la formation et la transmission du savoir sont avec la recherche les missions fondamentales de l’université. On ne saurait accepter plus longtemps que les offres de formations de nos établissements, et par conséquent les étudiants, soient les premières victimes de l’irresponsabilité du précédent gouvernement, de l’inaction de l’actuel ou encore, il fait le dire, des gestions financières imprévoyantes ou erratiques. On ne peut prétexter, ainsi que le fait Geneviève Fioraso ou d’autres responsables politiques socialistes, parfois même des universitaires, qu’il y aurait trop de diplômes dans nos universités pour fermer les yeux sur une opération de destruction massive de l’offre de formation. Il ne faut pas confondre une politique raisonnée et concertée de mutualisation et d’harmonisation, certainement nécessaire, avec une entreprise de destruction, conduite dans une précipitation seulement dictée par des urgences budgétaires. Tout ceci est gravissime et requiert certainement que notre ministre s’exprime et agisse vite. Et il y aura peu d’excuses à ne pas le faire. Car la situation critique des universités est connue du gouvernement, de la nouvelle ministre et de notre représentation nationale qui disposent depuis des mois de rapports dont le contenu est tout aussi inquiétant que les alertes lancées par les organisations syndicales ou les associations SLU et SLR. Il suffit pour cela de se reporter au rapport très éloquent du Sénat sur la loi de finance 2012 (voir ici) ou au rapport de la Cour des Comptes (voir ici).

En définitive, il est à craindre que l’attentisme ou le défaut de réactivité du gouvernement socialiste et de la ministre aient bien d’autres raisons qu’un manque d’informations, même si nombreux sont ceux qui sous-estiment encore la gravité de la crise.

 

Par ailleurs, notre collègue Barbara Schapira pousse un cri d'alarme sur la situation des mathématiques dans notre beau pays :

 

En maths comme ailleurs, la recherche se modifie dans une direction que je n'aime pas (individualisation des carrières, via l'ANR entre autres) mais malgré tout, vu que nous n'avons pas besoin de matériel expérimental, nous arrivons encore a travailler   correctement.

 

En revanche, il n'y a plus d'étudiants. Mais alors, vraiment plus d'étudiants. En L1, L2, L3, M1 M2 , plus d'étudiants. Et quasiment partout en France, a quelques  exceptions près. Le jury du Capes de maths ne pourvoit plus les postes (merci la mastérisation!). Nos masters, avec des très bons taux d'embauche et salaires de sortie, ne font pas le plein. Il est difficile, dans ces conditions, dans beaucoup d'universités, de garder nos postes, alors que d'autres collègues d'autres disciplines enchaînent les heures sup et accueillent des cohortes d'étudiants très nombreuses.

 

Du coup, la recherche mathématique française est menacée a moyen terme, faute de vivier d'étudiants et de recrutements futurs. Et l'enseignement mathématique français est dans un cercle vicieux complètement déletère : moins de recrutement d'enseignants de secondaire en maths, moins de maths dans les programmes du secondaire, d'ou moins d'interêt pour les maths de la part des étudiants, donc moins d'étudiants, donc moins de recrutement d'enseignants, etc.

 

En caricaturant un peu, supprimer l'ANR, rétablir de la démocratie et des budgets corrects dans les universités, ce serait un minimum, mais après ?

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 06:21

Lorsque les Anglais et les Français colonisèrent l'Inde, le PNB de ce pays était supérieur à celui de toute l'Europe. C'est dire la puissance de ce pays-continent. Le sort des Indiens devint rapidement calamiteux en raison du colonialisme : la puissance impériale importa du coton d'Inde à vil prix et le transforma dans des usines où elle exploita son propre propre prolétariat. Aujourd'hui, les choses ont bien changé : la répartition des tâches par le capitalisme mondial s'est inversée.

 

En témoigne cet extrait du blog de Jean-Luc Mélenchon.

 

 

La capacité totale de production en France est de 60 millions de tonnes de produits finis. Il vient de s'ouvrir une unité de production en Inde, qui n'est pourtant pas du tout un pays producteur de pétrole, pour une quantité de 67 millions de tonnes. Cette raffinerie n'a pu ouvrir qu'à la condition expresse que pas un litre de ses productions ne soit vendu en Inde. Tout est pour l'exportation. Le grand déménagement du monde montre ici à quel point il est une stratégie pour la profitabilité du capital au détriment de toutes les exigences sociales et écologiques. Pensez aux chemins dangereux que parcourent ces produits indiens. Imaginez les milliers de kilomètres de pipeline, les bateaux pleins à ras bord, dont les cargaisons vont faire le tour de l’Europe en mer et finir dans la Manche au milieu d'une multitude d’autres bateaux pour décharger enfin les produits dans les cuves des… raffineries désaffectées ! Quelle folie ! Autre image : celle des administrateurs chargés de liquider Pétroplus et qui multiplient les embûches pour rendre impossible l'arrivée d'un nouvel acquéreur. A qui le crime va-t-il profiter ? Enfin, ultime spot. En ce moment Pétroplus qui n'a plus ni actionnaire, ni patron a été remis en route par les ouvriers. Ceux-ci ont dû pour y arriver surmonter d'innombrables problèmes techniques. Mais la raffinerie raffine ! Et elle fait en ce moment beaucoup de profit compte tenu de la remontée du prix de l'essence. Quelle drôle d'histoire !

 

http://www.xaviermartin.fr/images/ORGANISATION%20ESPACE%20INDIEN.JPG

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 09:57

 

À l'université d'été du MEDEF : 10 ministres socialistes (dont 1 hué).

 

À la fête de L'Humanité : 1 ministre socialiste (dont 1 hué).

 

http://www.le-media.fr/wp-content/uploads/2009/09/fete-de-l-huma.jpg

 

 


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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 06:44

En opposition totale avec les dogmes de l'ultralibéralisme bruxellois, le célèbre économiste étatsunien John Stiglitz a récemment déclaré ceci :

 

" Ce n'est pas le déficit qui crée la récession, c'est la récession qui creuse le déficit. "

 

 

http://www.londonphotos.org/archives/recession1.jpg

 

Photo prise en Angleterre

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 06:14

Poser la question, c'est déjà y répondre, comme le fait Pierre Verhas sur son blog Uranopole (link), dans un article très documenté : 

 

 

La plus grande « démocratie du monde » montrée en exemple à nos chères petites têtes blondes dans toutes les écoles d’ « Occident » n’élit plus ses représentants et en particulier, le premier d’entre eux, au suffrage universel.

 


 machine_vote_Palm_Beach.jpg

Une machine à voter en novembre 2000, dans le comté de Palm Beach en Floride

 

 

On se souvient de la première élection de George W. Bush en novembre 2000. L’État de Floride, dont le gouverneur, Jeb Bush, était le frère du candidat républicain à la présidence, a fait recompter les votes dans des circonstances rocambolesques. On se souvient de cette scène où l’on voyait des assesseurs  analysant les cartes perforées des machines à voter à la lumière de lampes de bureaux. Résultat : l’État de Floride a permis à Bush d’avoir le nombre suffisant de grands électeurs pour qu’il soit désigné président des États-Unis. Son adversaire, le démocrate Al Gore, vice-président sortant, disposait cependant de bien plus de voix sur l’ensemble de l’électorat états-unien. En outre, on ignore généralement que Jeb Bush avait fait voter une loi interdisant le droit de vote aux électeurs ayant commis des infractions mineures. Cela visait évidemment les Noirs et la population pauvre ! Ainsi, Al Gore a été privé de dizaine de millers de voix, alors que George W. Bush fut déclaré vainqueur avec... 537 voix en plus ! 

 

 

 george_W_Bush.jpg

George W. Bush n'était pas à sa place dans ce bureau !

 

 

Ainsi Bush put, alors qu’il n’avait pas la majorité des suffrages, engager son pays dans des guerres sanglantes et désastreuses, dont l’une d’entre elle fut justifiée par un mensonge, il put porter atteinte aux droits constitutionnels des citoyens américains, il démantela l’économie nord-américaine par une politique ultralibérale insensée qui empêcha de répondre à la crise financière qui s’annonçait.

 

Ce premier traficotage du suffrage universel en annonce d’autres. Ils sont déjà en place pour les élections américaines de novembre prochain. La tricherie s’institutionnalise en quelque sorte. À cela, il y a deux raisons.

 

La première est l’évolution sans doute inéluctable des États-Unis, d’une fédération vers une confédération. En effet, les États américains acquièrent progressivement une plus large autonomie. La Cour suprême américaine crée une jurisprudence qui permet aux États de contourner la loi fédérale en bien des matières. On sait qu’aux États-Unis, les États disposent de larges compétences. Ainsi, ils sont autonomes en matière de justice à condition qu’ils ne soient pas en contravention avec la constitution fédérale. C’est ainsi que plusieurs États appliquent la peine de mort. Leur tentation est d’étendre le champ de ces compétences pour dépendre de moins en moins de Washington.

 

Quant à l’organisation des élections fédérales pour la Chambre, le Sénat et le Président, chaque État procède comme il l’entend.

 

La seconde raison est la progression spectaculaire du conservatisme dans plusieurs États américains, essentiellement dans ceux du Sud. Par exemple, le Tea Party, qui s’inspire de la pensée néo conservatrice et qui est également très autonomiste : « Washington, c’est l’ennemi ! », n’a pas réussi à imposer un candidat, ou plutôt une candidate, qui se réclame de son courant. Néanmoins, à la tête du parti républicain, son poids reste considérable et l’actuel candidat, l'affairiste mormon Mitt Romney, doit en tenir compte. Ce n’est pas pour rien qu’il a choisi comme candidat vice-président pour compléter son « ticket », un ultralibéral acharné.

 

 

 mitt-romney-paul-ryan.jpg

Mitt Romney et Paul Ryan : le ticket Mormon, affairiste, ultralibéral est-il prêt à tricher à nouveau comme son illustre prédécesseur en 2000 ?

 

 

En tout cas, posons la question : les élections de novembre se dérouleront-elles dans les règles ? On peut en douter sérieusement. En effet, dans une douzaine d’États dirigés par les républicains depuis les élections « à mi-mandat » de 2010, le droit de vote des « minorités », c’est-à-dire, les jeunes, les Noirs, les Hispaniques, est menacé par des lois restrictives adoptées dans ces États. Ajoutons que ce sont ces catégories de la population américaine qui ont assuré la victoire d’Obama en novembre 2008.

 

Certes, ce ne sont pas des interdictions de voter qui sont édictées. Ce sont des dispositions réglementant l’inscription sur les listes électorales, ou limitant le nombre de jours d’accès aux bureaux de vote pour le vote anticipé, l’obligation de présenter une pièce d’identité avec photo [la carte d'identité n'existe pas aux États-Unis] – il s’agit du permis de conduire inaccessible à certaines minorités trop pauvres – mais aussi l’interdiction aux associations de défense des droits civiques d’exercer toute activité un an avant les élections. En outre, ces réglementations imposent à ces associations de déposer leurs listes dans  les quarante-huit heures après leur date d’entrée en vigueur, sous peine d’une amende de 1000 dollars par jour de retard ! Et, comme par hasard, c’est en Floride que cette législation officiellement « anti-fraude » a été adoptée (voir Le Monde du 4 septembre 2012).

 

 

 

 tea_party.jpg

Militante du "Tea party", un groupe néo conservateur radical et dangereux

 

 

Cela a un résultat : le nombre d’électeurs démocrates nouvellement inscrits sur les listes électorales en Floride  qui atteignait quelque 260.000 en 2000 est ramené aujourd’hui à 11.325 ! Un juge fédéral s’est inquiété de cette situation et a invalidé cette nouvelle réglementation le 29 août. Cependant, il ne reste plus que cinq semaines avant la clôture des listes, aussi il est quasi impossible d’y changer quoi que ce soit.  

 

Au Texas, une réglementation imposant une pièce d’identité avec photo doit aussi être produite. Cette démarche implique également un extrait d’acte de naissance qui coûte 22 dollars. Mais, ici, étant donné l’immensité du territoire, certains électeurs doivent parcourir 250 miles (400 km) pour accéder à leur bureau électoral ! Enfin, une autre disposition interdit d’ouvrir les bureaux de vote pour le vote anticipé, le dimanche. Or, traditionnellement, les Noirs vont voter après avoir participé à la messe du dimanche. Il est clair qu’au nom de la lutte anti-fraude, on vise en réalité à interdire le vote aux minorités.

 

 

 noirs_US.jpg

Les Noirs et les Hispaniques Etatsuniens plébiscitent Obama. C'est la raison pour laquelle les Républicains vont jusqu'à la fraude électorale organisée pour les empêcher de voter !

 

 

Cela ne s’arrête pas là. Il se constitue dans certains États, comme le Texas, des associations de citoyens qui se chargent d’envoyer des observateurs dans les bureaux de votes afin officiellement de veiller à éviter d’éventuelles fraudes. C’est le cas, entre autres, de l'association True the vote (link) qui est en réalité proche du Tea party. On peut se demander pourquoi cette association qui compte des centaines de sections à travers le Texas contrôlerait ses amis républicains ? Eh bien ! La réponse devient vite claire : True the vote est surtout présente dans les circonscriptions où se trouvent un grand nombre de Noirs et d’Hispaniques. Elle a même réalisé une vidéo montrant des afro-américains et des Latinos prêts à se livrer à des fraudes électorales ! C’était évidemment un faux ! Voilà donc une association anti-fraude qui se livre elle-même à la fraude ! Et ce n’est pas tout : un des dirigeants de True the vote, Ted Poe, est proche du tristement célèbre Ku Klux Klan !

 

Comme l’écrit Le Grand Soir : « La stratégie de True the vote devient subitement plus claire : le droit d’exercer un contrôle démocratique sur le processus électoral cache en réalité la volonté de marquer sa présence en plaçant systématiquement des groupes d’observateurs dans les bureaux de vote connotés racialement, et ce à des fins évidentes d’intimidation. »

 

Ainsi, True the vote fait des alliances avec des notables locaux qui lui permettront de contrôler l’accès au vote. Ainsi, dans le comté de Harris, True the vote a obtenu la liste des électeurs inscrits en 2010, ce que le Parti démocrate n’a pas réussi à acquérir. Si on consulte le site de cette association, on s’aperçoit très vite que son objectif est d’écarter tous les électeurs susceptibles de voter pour Barak Obama. Plus inquiétant, True the vote est implanté dans de nombreux États comme la Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, etc. Ce n’est donc manifestement une manifestation « spontanée » de citoyens. C’est une arme de guerre pour le camp républicain le plus conservateur. Les modérés n’y ont pas leur place !

 

 

ku-klux-klan.jpg     Tea_Party_rassemblement.jpg

Y a-t-il des connivences entre le sinistre "KKK" et certains éléments du Tea Party ?

 

 

Dans ce que certains appellent « la plus grande démocratie du monde », le suffrage universel est menacé. La réélection de Barak Obama est sérieusement compromise, car ces fraudes organisées sont destinées à exclure des centaines de milliers d’électeurs qui feraient certainement la différence en faveur du Président sortant.

 

Cette menace s’étend au-delà des États-Unis. Récemment, un haut fonctionnaire de la Commission européenne faisait part de son dépit : « Cette démocratie parlementaire et ces référendums freinent notre action. Il est temps d’y mettre fin ! » Il n’est manifestement pas le seul à penser ainsi.

 

Mais d’autres seront là pour les empêcher de museler les peuples. Le suffrage universel est menacé, mais il est encore bien vivant. C’est à nous tous de le vouloir !

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 08:43

http://www.sudouest.fr/images/2012/09/08/bernard-arnault-a-dementi-vouloir-s-exiler-fiscalement-en_895264_460x306.jpgLe Bernard et moi, nous avons le même âge, à peu de chose près (mais il fait nettement plus décati que moi, ah! l'argent ne fait pas le bonheur), et nous sommes ch’ti, tous les deux. Et puis, on a le même prénom, qui signifie « ours vaillant ». Il est de Roubaix, et moi d’Hénin-Beaumont. En 1981, craignant les chars soviétiques sur les Champs-Élysées, il émigre à Coblence (ou aux États-Unis, je ne sais plus). Je l’ai devancé : je réside à l’époque en Côte d’Ivoire, où l’essence est deux fois moins chère qu’en France et où l’impôt sur le revenu est 40% moins élevé.

 

Quand j’étais adolescent, le jeudi après-midi, en cachette de mes parents (mouais…), j’enfourchais mon vélo et j’allais faire le plein de cigarettes françaises outre-Quiévrain. Ah, les Gauloises achetées en Belgique, quelle transgression magnifique !

 

Je n’ai pourtant jamais songé à demander la nationalité belge.

 

« Débuque ti'z'aute ! », pourrait être la version ch’ti de ¡Que se vayan todos!

 

À propos de ce cri de guerre, on notera la réaction de Jean-Luc Mélenchon (au Grand Jury RTL/LCI) face à l'initiative d'Arnault :

" C'est très vexant ce qu'il fait. J'ai regardé son argumentaire: il dit que c'est parce qu'il va faire des “ placements sensibles ”.

C'est humiliant pour nous Français, pour nous Européens. La liberté de circulation des capitaux est totale en Europe (...) C'est humiliant pour les Belges. Qu'est-ce que c'est que ce Belge de circonstance qui va avoir une nationalité uniquement pour faire de l'argent ? Moi, je serais belge, ça me vexerait à mort.

Quand on a 40 milliards d'euros de fortune, comme c'est le cas de ce monsieur (...), est-ce que vous ne croyez pas qu'il y a une limite ?

Chez nous, nous avons l'habitude de ça. Les riches, les importants, les puissants n'ont d'autre patrie que l'argent. Ils n'aiment pas leur patrie. Ça suffit. Ces gens sont des parasites, voilà ce qu'ils sont. Et donc, dans l'éco-socialisme auquel nous aspirons, ils n'ont pas leur place.

Donc s'il s'en va, au revoir. Mais sa fortune et ses moyens, ils appartiennent à ceux qui les ont produits par leurs efforts. "

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 14:29

http://images.forum-auto.com/mesimages/624848/Ferrari_California_17.jpgLa chute de la maison Hu Jintao ?

Par Anthony Dufour (pour Aujourd’hui La Chine).

 

Drôle de période pour le président chinois. A quelques semaines de la retraite, le Parti semble déjà vouloir l'oublier...

C'est le South China Morning Post qui ce lundi a lancé l'offensive contre Hu. Le journal revient sur l'accident d'une Ferrari 458 spider noire, le 19 mars dernier vers 4h du matin sur le 4e périphérique de Pékin. Il ne néglige aucun détail. La voiture, à deux places, avait trois occupants, dont deux jeunes filles dénudées, et un jeune homme d'une vingtaine d'années. Les jeunes filles étaient des étudiantes de l'université des minorités. Le jeune homme, qui a perdu le contrôle du bolide en mélangeant sexe et tenue de route, s'appelle Ling Gu. C'était le fils de Ling Jihua, le "directeur de cabinet" de Hu Jintao, l'homme qui tenait tous les rouages du Parti Communiste, et qui semblait tenir la corde pour devenir l'un des 9 dirigeants suprêmes pour les 10 prochaines années. Jusqu'à sa placardisation la semaine dernière. Une placardisation qui s'explique désormais simplement. Le régime souhaite éviter à avoir à expliquer comment la famille d'un de ses dirigeants peut s'offrir des voitures à 700 000 dollars.

Le South China Morning Post, quotidien de Hong Kong, a longtemps été la référence journalistique sur la Chine, statut britannique oblige. Il est aujourd'hui dirigé par un Pékinois qui travaillait auparavant dans les organes de propagande du régime. Et qui continue d'y prendre des ordres, pensent beaucoup des journalistes du quotidien. Conclusion : la publication de cette incroyable affaire a été autorisée au plus haut niveau. Dans le but de faire chuter un allié de Hu Jintao, ce qui limite ainsi son influence dans la recomposition du pouvoir chinois.

Hu Jintao avait pourtant bien début la séquence, selon le langage médiatique. Il avait écarté Bo Xilai, adversaire redoutable, et mis ainsi dans l'ombre ses alliés. Mais l'ancien leader de Chongqing, tombé avec son épouse meurtrière, avait mis sur écoute Hu Jintao lui-même. Des écoutes dont le contenu est resté secret, mais que Wang Lijun, l'ancien fidèle de Bo, aurait pu transmettre aux dirigeants pékinois. Hu Jintao sort-il indemne de leur contenu ?

Le coeur du pouvoir chinois, c'est le comité permanent du bureau politique. Les neufs personnes les plus puissantes du pays. Un chiffre ramené cette année à 7. Et ce sont les alliés de Hu Jintao qui semblent en faire les frais.

A Pékin, on semble croire que la liste est quasi définitive. Et que Hu Jintao n'aurait réussi à placer qu'un seul de ses fidèles parmi les 7 leaders : Li Keqiang, le futur premier ministre. Jiang Zemin, en revanche, compterait 4 alliés dans la place, c'est à dire une majorité. L'ancien leader n'a jamais vraiment décroché du pouvoir. Il avait gardé la présidence de la Commission Militaire deux ans après avoir transmis à Hu la présidence du pays. Et il continuera ainsi à tirer les ficelles.

Hu Jintao, lui, devrait disparaitre rapidement de la photo, transmettant les pleins pouvoirs, y compris militaires, à Xi Jingping, le toujours probable futur président. Deux lectures de cette retraite sont possibles. On peut y voir la volonté d'un homme qui n'a jamais affiché aucune idéologie, mais qui a voulu se montrer intègre dans le fonctionnement du parti. On peut aussi y lire la mise à l'écart de celui qui fut pendant 10 ans le visage du régime chinois.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 05:44

http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/72920/gd/133439878131/un-nouveau-flicage-du-Web.jpgPlus d’un tiers des propriétaires d’iPhone américains sous surveillance du FBI

 Les hactivistes d’AntiSec ont publié un document dénonçant la surveillance du FBI sur plus de 12 millions de propriétaires d’iPhone américains. Le groupe de hacker présente son acte comme éminemment politique.


12.367.232 identifiants uniques d’iPhone, avec parfois de nombreuses informations personnelles, comme des adresses et numéros de téléphones, sont détenues par le FBI. Un agent l’avait sur son ordinateur professionnel, les hacktivistes ont profité d’une faille Java pour le récupérer. Comme preuve, ils ont publié un bon million de ces identifiants, expurgés de toute information trop personnelle.  

  

Ce n’est pas qu’une bravade pour le groupe Antisec, qui justifie leur acte dans un long communiqué politique et bien écrit. A la conférence annuelle des hackers de Las Vegas, un général de l’agence NSA était venu faire la morale aux participants : le hacking oui, mais au service de l’état, pour améliorer la sécurité nationale. C’est, ironiquement, pour se plier à cette injonction que les hackers ont « éprouvé » le système de sécurité du FBI, et trouvé ce fichier. Que font les fédéraux avec plus de 12 millions Identifiants Uniques d'Appareil (UDID) d’Apple ? Ce n’est clairement pas anodin, mais le but de ces données n’est pas sûr. Cela concerne certainement plus la géolocalisation des individus plutôt que les écoutes téléphoniques.


Pour Antisec en tout cas, c’est l’occasion de s’insurger contre les Etats-Unis qui n’acceptent le hacking que si c’est pour participer à leur cyber-guerre. Et de rappeler Bradley Manning, ce soldat américain, emprisonné dans des conditions inhumaines, notamment pour avoir participé à la diffusion d’une vidéo montrant des soldats américains en train de tirer sur des journalistes. A en croire les hackers, cette annonce n’est qu’un début d’un véritable combat, dont le but est de démontrer que le système est criminel, comment il enferme qui pense différemment, mais aussi à quel point il craint la vérité.

 

Source : L'Humanité

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