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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:58
La lutte contre le chômage est héroïque !
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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 06:30

 

C’est parti pour une généralisation abusive : politiquement parlant, les Lyonnais sont d’extrême centre. Lorsque vous démontrez à un universitaire de cette ville (dont Jean Moulin n'était pas originaire) qu’il accomplit une charge d’enseignement 40 à 50% plus élevée que ses collègues du reste du pays et qu’il serait peut-être bon de faire quelque chose,  la réaction la plus violente, la plus concernée sera : « C’est trop tard ». Si nos ancêtres de 1789 avaient raisonné de la sorte, notre bon roué Hollande embastillerait qui il voudrait à coups de lettres de cachet.

 

Aussi ai-je été très surpris de croiser tout récemment une manif’ imposante (environ 5 000 personnes), bien organisée, bruyante et originale à souhait, en plein centre de Lyon. A dire vrai, je l’ai d’abord entendue, dans le lointain, de l’autre côté du Rhône. Des hurlements très concertés m’intriguèrent. Je me rendis dans la direction des manifestants et découvrit, stupéfait, qu’ils marchaient en défense de la cause des loups. Ils avaient préparé des dizaines de pancartes, ma préférée étant : « Un pays qui tue ses loups ne mérite pas ses légendes », et ils marchaient derrière de vrais loups, pas empaillés, tenus en laisse, heureusement (ben quoi, Bernard, c'est gentil les loups !). Dans le paquet de la protection des animaux, certains défendaient les oiseaux, les ours et les taureaux livrés en pâture aux toréadors. Tous les âges étaient représentés, avec une nette majorité de quadras et de quinquas, tout de même. Il ne manquait qu’Hélène Grimaud.

 

Je vais vous faire un aveu : je ne suis pas un défenseur acharné des loups mais je suis sensible à la protection de tous les animaux, au nom de la biodiversité. Après tout, nous descendons tous (y compris Zemmour) du même poisson hideux dont j’ai oublié le nom. Au nom de quoi nous arrogerions-nous le droit de faire disparaître des espèces selon notre vouloir (qui n’est même pas bon) ? Lecteur de La Fontaine, je suis très sensible au sort de l’agneau, mais je sais fort bien que les loups lui ont causé beaucoup moins de souffrances que l’industrie agro-alimentaire. Loups ou pas loups (on en compte moins de 300 sur notre territoire national, il y en avait 400 000 du temps de Néanderthal et zéro en 1930), l’élevage français ovin est, de toute façon, en crise. En revanche, l’Espagne est autosuffisante à 129% (nous le sommes à 45%) avec 14 millions de moutons et l’on trouve environ 2 000 loups dans ce pays.

 

Pour en revenir à la population lyonnaise, peut-être un peu moutonnière, j’observe que, la manif’ pour Charlie Hebdo exceptée – manif’ dont, dans cent ans, sociologues et historiens parviendront peut-être à établir le sens – je n’avais pas encore vu, entre Rhône et Saône, une mobilisation identique à celle-ci en faveur de l’emploi, des libertés, ou suggérant de renvoyer Hollande et Valls à leurs chères études. La cause des loups : un podrome ?

 

Les défenseurs du loup se retrouvent sur ce site.

 

 

Photos : BG

 

Les Lyonnais ont vu le loup
Les Lyonnais ont vu le loup
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 11:55

La nette augmentation des impôts n'est pas prise en compte.

 

Z'avaient qu'à être actionnaires !

Perte de salaire des fonctionnaires depuis 1983
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:04

Responsables : la droite, les Solfériniens et, en fin de compte, nous-mêmes !

EDF : le scandale de la privatisation
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 06:41

L’arrogance et la cruauté de la bourgeoisie anglaise et ses relais sont sans limite. Il y a quelques semaines, Stephen Taylor, fusilier marin de 60 ans, a vu son allocation chômage de 71 livres suspendue une semaine après avoir vendu des bouquets de coquelicots pour une œuvre de charité au profit de la Légion royale britannique, à la mémoire de ses camarades tombés au combat. Il a, pour ce faire, travaillé 24 heures sur une période de deux semaines.

 

Au chômage, Taylor percevait en effet une allocation hebdomadaire de 71 livres (environ 350 euros mensuels). Par honnêteté, il a prévenu son pôle emploi local qu’il avait accepté ce petit boulot. Le versement de son allocation cessa immédiatement au motif qu’il ne recherchait pas un vrai emploi. De fait, il était en recherche depuis novembre, y compris au supermarché où il a vendu ses coquelicots.

 

Il a cessé de payer son loyer.

 

Pour un de ses anciens supérieurs hiérarchiques, « il est inacceptable de traiter de la sorte un homme qui a risqué sa vie pour son pays. » Je dirais que, même s’il ne l’avait pas risqué, c’eût été tout aussi inacceptable.

 

Un porte parole du ministère du travail et des pensions a recadré l'infortuné Stephen : “ Il est parfaitement justifié que les gens mettent tout en œuvre pour trouver du travail dès lors qu'ils reçoivent des allocations. Nous expliquons très clairement aux bénéficiaires quelles sont les règles et les avertissons qu'ils risquent de perdre leurs allocations s'ils ne les respectent pas. Nous appliquons des sanctions uniquement en dernier ressort et les gens qui sont  réellement dans la gêne peuvent solliciter des indemnités exceptionnelles. Toute personne en désaccord avec une décision prise par l'administration peut faire appel.

 

 

Source 

L’ignoble Cameron et le vaillant soldat
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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 06:33

Mieux vaut se faire prendre en photo devant un ado palestinien assassiné par l'armée israélienne (il faut dire que ce gosse représentait un danger effroyable) que devant un lion mort au Kenya.

Le dernier selfie où l'on cause
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:46

Je reprends ici un article de lagazette.fr 

 

Les députés ont adopté, en première lecture, un long amendement gouvernemental au projet de loi de finances 2016 qui met en œuvre plusieurs dispositions prévues dans le texte « PPCR » et qui touchent notamment à la rémunération des fonctionnaires, à l'avancement dans la FPT...

 

450 modifications de textes statutaires ou indiciaires seront nécessaires pour mettre en œuvre, dans les trois versants, les dispositions prévues par le texte « PPCR » (parcours professionnels, carrières et rémunérations). Le calendrier est donc serré, et le gouvernement a choisi de passer par voie d’amendement au projet de loi de finances 2016.

 

Fin de l’avancement au minimum dans la FPT

 

Autre mesure de taille : la fin de l’avancement d’échelon au minimum pour la FPT. Toujours dans une visée d’équité, a insisté la ministre en séance publique. Cette harmonisation des durées d’échelon permettra une « moindre dépense » estimée à 46 millions d’euros pour la territoriale.

 

« Nous voulons remplacer la carrière minimale par un nouveau dispositif permettant de reconnaître de manière plus significative nos meilleurs agents. C’est aussi (…) un moyen de donner aux employeurs l’outil managérial dont ils ont besoin pour motiver nos fonctionnaires. Ce nouvel outil fera l’objet d’une concertation avec les organisations syndicales avant la fin de cette année », a indiqué Marylise Lebranchu.

 

Le calendrier d’application prévu diffère selon les catégories :

 

         1er janvier 2016 pour les fonctionnaires de catégorie B ainsi que les paramédicaux et sociaux de catégorie A,

         1er janvier 2017 pour les autres.

 

« La mesure ne s’appliquera qu’à mesure que les augmentations de rémunération entreront en vigueur. On évitera ainsi les injustices : personne ne souhaite que des fonctionnaires, en particulier de catégorie C, puissent perdre du pouvoir d’achat dans le cadre de ce dispositif », a également souligné la ministre.

 

 

 

 

 

Textes « rétroactifs » à venir

 

Face au nombre de textes nécessaires pour la mise en œuvre du protocole « PPCR », le gouvernement prend en outre les devants en faisant voter par le Parlement une habilitation à la rétroactivité. Ce qui lui permettra de publier des textes réglementaires, etc., applicables aux 1er janvier 2016 ou 2017 après ces dates.

 

L’expérimentation du contrôle des arrêts maladie prolongée

 

Enfin, une nouvelle tentative de rétablir le jour de carence dans la fonction publique a échoué. En revanche, un autre amendement gouvernemental prolonge l’expérimentation du contrôle par les caisses primaires d’assurance maladie des arrêts maladie des fonctionnaires jusqu’au 31 décembre 2018 au lieu du 31 décembre 2015.

 

La ministre a indiqué qu’elle souhaitait obtenir des résultats plus fins que ceux dont elle dispose : les taux d’arrêts injustifiés seraient de 6,2 % dans le public contre 7,9 % dans le privé. « Les chiffres sont donc bons, mais nous préférons les confirmer », a-t-elle précisé.

 

 

Pour ou contre la rupture conventionnelle ?

 

Lors de la discussion, Marylise Lebranchu a rappelé que le statut de la fonction publique ne garantit pas l’emploi : il garantit simplement la carrière. « Si l’on supprime des emplois, ce qui sera le cas et ce que vous n’avez pas manqué de me rappeler en commission, dans telle région, dans tel département ou au sein de l’Etat – et l’on sait que certaines directions connaîtront des suppressions massives –, il faudra que le fonctionnaire dont l’emploi est supprimé accepte d’aller ailleurs. Le choix ne lui est pas laissé. N’ayant pas droit à la rupture conventionnelle, il lui faut accepter la mobilité », a-t-elle également indiqué.

 

Le député Alain Tourret (Radical, républicain, démocrate et progressiste, Calvados) a à cette occasion proposé l’application du principe de la rupture conventionnelle dans le secteur public. « Lui seul permettrait de faire respecter les droits de l’agent et de lui assurer une indemnisation suffisante. En effet, une rupture conventionnelle sous le contrôle de l’inspection du travail entraîne pour le salarié des indemnités supérieures à ce qu’il obtiendrait normalement. C’est pourquoi nous devons étendre le principe de la rupture conventionnelle à la fonction publique. »

 

« S’agissant de l’extension de la rupture conventionnelle, je vous le dis comme je le pense : nous n’en avons pas les moyens », a répondu Marylise Lebranchu.

 

 

PS : J'ai eu beaucoup de mal à trouver une illustration pour ce texte. Lorsque l'on tape "fonctionnaires photos" sur un moteur de recherche, on a environ 4 dessins hostiles aux fonctionnaires pour un favorable. Pour l'article, j'ai retrouvé avec émotion ce dessin de Charb, paru dans L'Humanité.

 

Ci-dessous, quelques exemples de caricatures poujadistes :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit PS qui n'a rien à voir … encore que tout se tient, évidemment. J'ai lu hier sur le site de la Voix du Nord qu'à Hénin-Beaumont des parents d'élèves de l'école Michelet s'étaient violemment battus. Tout cela avait fini par un caillassage en règle de voitures.

 

Il se trouve que je suis né dans cette école (tout le monde ne peut pas naître dans une étable). Après la guerre, dans le Nord copieusement bombardé, les logements étaient rares. Mon grand-père, qui dirigeait l'école Michelet, avait prêté une pièce de son logement de fonction à mes parents. J'y suis né car, en ce temps, les mères accouchaient chez elles. Et puis, en cette période de forte natalité, les maternités ne pullulaient pas.

 

A Hénin, nous sommes, on le sait bien désormais, en terre lepéniste, en terre ravagée par la “ crise ” et par son corollaire de plus en plus inévitable : le communautarisme. Cette déliquescence se sera réalisée en moins d'une vie d'homme. Comme toutes les écoles de France, j'imagine que Michelet est désormais bouclée à quatre tours, avec peut-être des caméras de surveillance qui, comme toutes les autres ne servent à rien, si ce n'est, éventuellement, à trouver plus vite les auteurs des délits une fois que ceux-ci ont été commis. L'Ecole de la République ne sert même plus de rempart face à la violence individuelle, collective, communautariste. Et ce n'est pas le nouveau président de région, très profondément de droite sous ses airs d'enfant de chœur, qui empêchera la libanisation rampante de notre société.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 11:12
Attentats contre Charlie Hebdo : les questions du Canard Enchaîné
Attentats contre Charlie Hebdo : les questions du Canard Enchaîné
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 06:06

La réponse est évidemment "oui".

 

L'Europe a récemment obligé la France à ouvrir ses concessions hydro-électriques à la concurrence en excluant EDF des appels d'offres. Au nom d'une logique imbécile mais concoctée depuis longtemps : puisqu'EDF n'est plus une entreprise nationale mais une société anonyme, elle doit s'ouvrir au secteur privé. A-t-on, ces dernières années, entendu des politiques français, de droite comme de gauche, protester contre ces nouveaux boulevards ouverts au secteur privé ? Pas vraiment !

 

Les barrages fournissent un peu plus de 10% de notre électricité. Depuis presque un siècle, la collectivité nationale assure les investissements et l'entretien d'édifices aussi imposants que sensibles. J'ai encore personnellement en mémoire le souvenir de la rupture du barrage de Malpasset (je ne me souvenais plus en revanche de la bière Marx) :

 

 

 

 

Le 2 décembre 1959, 50 millions de mètres cube déferlèrent en pleine nuit, en une vague de 40 mètres de haut, sur 70 km jusqu'à la mer. 423 morts.

 

Lorsque nos barrages seront privatisés, comment les actionnaires se payeront-ils ? Les représentants du peuple seront-ils associés à la gestion ? Qu'adviendra-t-il des 6 000 employés affectés à l'entretien ? Pourront-ils garder leur statut ?  La gestion des barrages comprend les ponctions effectuées pour irriguer les cultures et la régulation des lâchers d’eau pour les activités de loisir. Certains barrages sont des réserves d’eau potable. Tous ces services sont actuellement gratuits. On peut douter qu'ils le demeurent. Combien coûtera le refroidissement d'une centrale nucléaire ?

 

Dans le “ Programme national de réformes ” envoyé à la Commission européenne en 2014, la soumission au privé des Solfériniens était totale : « Un renouvellement par mise en concurrence des concessions d’exploitation des installations hydroélectriques sera privilégié. Le périmètre des lots de barrages, le calendrier et les modalités selon lesquels ces lots seront concédés, notamment les modalités de participation des personnes publiques aux entités concessionnaires, sont à l’étude.  Renouvellement après mise en concurrence des concessions hydroélectriques. –  En cours –  Renouvellement progressif par mise en concurrence des concessions d'installations hydroélectriques. »

 

Pour sa part, l'Allemagne a résisté à Bruxelles.

 

Il faut dire que le gâteau est alléchant. Grâce aux investissments payés par plusieurs générations de contribuables français, grâce au savoir-faire des techniciens, l'excédent brut des concessions est de 2, 5 milliards d'euros par an. La rente dépasse 1, 25 milliard d'euros annuellement.

 

Selon Delphine Batho, renvoyée du gouvernement pour cause d'hostilité aux pattes crochues du privé, il aurait été possible d'exclure les barrages lors de la discussion de la directive européenne sur les concessions. Batho ne fut soutenue par aucun de ses collègues solfériniens.

 

Aucun autre pays ne brade son parc hydraulique de manière aussi servile que la France. En Suède, les barrages sont publics, ce qui ne les empêche pas de convoiter les barrages français privatisés. Les Suédois sont décidément très forts : après nos cliniques accaparées par leurs fonds de pension, notre hydroélectricité.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 06:09

 

 

D’abord, deux mots sur les récents événements d’Ajaccio. Les « Arabi Fora » et autres « Il faut les tuer » que l’on a pu entendre proférés par quelques militants hargneux – et que les nouveaux dirigeants ont condamnés – m’ont personnellement ramené à l’époque de mon adolescence, juste après les accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie. Des pieds-noirs arrivèrent alors en masse dans l’île de beauté, apportant dans leur bagage un ou deux employés algériens qui avaient bien voulu les accompagner. Ces nouveaux arrivants vivifièrent l’économie d’un département assoupi, dans le domaine agricole et le tourisme en particulier. Vouloir rejeter les enfants et petits-enfants de ces travailleurs qui changèrent le visage de la Corse signifie pour le moins ne pas avoir la reconnaissance du ventre. Ne pensons même pas à une mesure de réciprocité qui renverrait les dizaines de milliers de Corses, rapatriés d'office, travaillant sur le continent – dans la Fonction publique en particulier – vers leur île d’origine qui ne saurait que faire d’eux.

 

Dans les années 1980, à l’époque des « nuits bleues », quand le nationalisme explosif battait son plein, nous étions nombreux à nous demander où se situaient ces activistes sur l’échiquier politique. Les Talamoni et Simeoni de l’époque (le patriarcat politique est une culture peut-être plus vivace encore que sur le continent) cultivaient l’ambiguïté, laissant entendre qu’ils se trouvaient ailleurs. Ceux d’aujourd’hui ont décidé de conquérir le pouvoir par les urnes, et ils ont parfaitement réussi.

 

Les nouveaux dirigeants de l’île sont-ils d’extrême droite ? La question peut sembler paradoxale dans la mesure où le Front National a réalisé son score le plus faible, justement en Corse. Lisons leur programme. Ils prônent la “ corsisation ” des emplois. Il s’agit d’une préférence régionale, en totale contradiction avec les règles de la Fonction publique, visant à réserver les emplois en priorité aux Corses « de souche ». Ils souhaitent par ailleurs imposer un statut de résident aux continentaux qui seraient contraints d’habiter en permanence dans l’île. Ils justifient les violences passées, comme l’affaire de la cave d’Aléria. En 1975, une cave appartenant à un pied-noir avait été occupée par le médecin Edmond Simeoni et une cinquantaine d’activistes en armes. Le gouvernement français avait facilité l’installation d’anciens viticulteurs de la Mitidja dans des terres en friche, si bien que de nombreux Corses s’étaient sentis « colonisés ». Les responsables politiques de l’époque (Giscard, Chirac, Poniatowski, dont ils faudra bien un jour ou l’autre faire calmement le procès de la politique, celle du diminué mais si populaire Chirac en particulier) réagirent à cette occupation avec une violence hors de proportion. Les occupants refusant de se rendre, l’assaut fut donné. Deux gendarmes furent abattus. Simeoni fut condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Assurément, les nationalistes corses défendaient leur bifteck, mais s’étaient-ils demandé ce qui aurait pu se passer si tous les Français défendant leurs intérêts avaient utilisé leurs méthodes ?

 

 

 

 

Les attentats à l’explosif se multiplièrent pendant deux décennies après cet épisode dramatique, jusqu’à l’assassinat – après plusieurs dizaines d’autres – du préfet Erignac en 1998. Ce crime déconsidéra la cause que les autonomistes prétendaient défendre. En 2003, 51% des Corses votèrent contre le projet de collectivité unique proposé par Sarkozy. Ce vote ric-rac, une participation très faible, montrèrent que les Corses étaient très divisés sur ces questions fondamentales.

 

En 2014, Gilles Simeoni, le fils du « héros » indépendantiste Edmond, emporta la mairie de Bastia avec l’appui de la gauche. Le FLNC déposa les armes.

 

 

Dans Le Monde du 27 juin 2015, la chercheuse (corse) Liza Terrazoni écrivait dans un article intitulé “ Racisme et colonialisme ” :

 

« Etre maghrébin en Corse – mieux vaudrait dire auprès de certains  Corses – c’est être mis à l’écart par une série de dispositifs des plus violents (l’action physique ou la  ratonnade ) aux plus symboliques (être désigné par des tags tels qu’Arabi fora. Rien de bien spécifique à la Corse diraient certains. »

 

« A cela près qu’ici ces dispositifs peuvent aller chercher leur justification dans  la défense du «  peuple corse »…Doit-on voir là le signe d’un  racisme débridé… J’y vois pour ma part les symptômes d’un phénomène plus complexe, produit des dérives locales d’une manipulation politique dangereuse de l’idée de minorité et des « potentialités oppressives » contenues dans tout nationalisme… »

 

« Au centre de l’idéologie nationaliste  corse il y a l’idée selon laquelle « le peuple  corse » serait  une minorité, un groupe opprimé culturellement, politiquement et économiquement par une majorité incarnée par l’Etat français…. On parle sérieusement de « substitution ethnique », de génocide méthodique mis en place par l’Etat français » dans le dessein de « faire disparaitre  le peuple corse » ! Persécution contre les entreprises corses, aliénation de la terre, remplacement des fonctionnaires et des cadres corses par des continentaux, immigration d’étrangers et de continentaux sont dénoncés. »

 

 

De la « substitution ethnique » au « grand remplacement » de Renaud Camus il n’y a qu’un pas. Il est en tout cas un « remplacement » que le nouveau président de la région corse n’a pas hésité à franchir, c’est celui de la langue corse par la langue de la République française lors de son discours d’investiture. Le ministre (breton) Le Foll, porte parole du gouvernement, n’a rien trouvé à redire à cette initiative séditieuse et ô combien identitaire. Il estime peut-être que le nationalisme corse est génétiquement de gauche... On peut en douter lorsque l’on pense à certaines affirmations prononcées (en corse) par Talamoni en cette circonstance :

 

« Nous sommes arrivés ici avec tous ceux qui, comme nous, ont toujours combattu les autorités françaises sur la terre de Corse. Demain, nous obtiendrons l'amnistie des prisonniers [politiques] et des recherchés. Demain, les portes des prisons s'ouvriront car les Corses le veulent et que personne ne pourra s'opposer à cette volonté populaire. […] En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n'était pas un morceau d'un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d'être au monde. »

 

Redisons le une fois encore : le capitalisme financier est hostile aux Etats, aux nations, à des républiques comme celle de la France. Il préfère les régions, les sociétés communautaires où les solidarités sont dissoutes dans des ensembles sans réelle signification, peu démocratiques, prêts à être dévorés par la mondialisation.

 

 

 

PS : face aux récents événements, la réaction des communistes corses m'a semblé frappé au coin du bon sens républicain :

 

 

"Le respect des lois de la République est un devoir pour tous. Une embuscade, visiblement préparée de longue main, pour agresser des pompiers dont l’unique mission est de porter secours à autrui, est un acte criminel. Il ne peut être que le fait d’une bande de voyous qui prétend interdire à quiconque l’accès à un territoire sur lequel elle voudrait exercer impunément ses activités délictueuses. L’indignation générale et la solidarité massive à l’égard des sauveteurs sont parfaitement légitimes.

Elles se sont exprimées avec toute la détermination nécessaire, dans le respect des principes et des lois de la République. Elles ne sauraient dégénérer en représailles antireligieuses et en manifestations racistes. Nul n’a le droit de confondre l’immense majorité des musulmans de Corse, qui ne pose aucun problème à personne, avec une poignée de voyous masqués qui s‘en est pris aux pompiers et aux forces de l’ordre.

Le respect des lois de la République est un devoir pour tous : ce principe vaut pour les agresseurs cagoulés comme pour les « vengeurs » instrumentalisés. C’est aux forces de l’ordre et à elles seules, qui revient de traquer les voyous et de les traduire devant les tribunaux. Le calme doit revenir. Tous, élus, pouvoirs publics et simples citoyens doivent retrouver le chemin d’un vivre ensemble qui tarira, à la source, le recrutement des bandes mafieuses."

 

PPS : à noter que, lors de la manif anti-arabe, il n'y avait que des hommes. Comme en Iran :

 

 

Les nationalistes corses sont-ils proches de l’extrême droite ?
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