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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 06:58

http://www.attacmadrid.org/wp/wp-content/uploads/bernard-cassen11.jpgPar Bernard Cassen, pour Mémoires des Luttes

Comme on pouvait s’y attendre, tous les dignitaires présents et passés des institutions européennes ont bruyamment salué l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne (UE). Elle leur a permis, au moins pendant quelques jours, de se re-légitimer face à des opinions publiques de plus en plus eurosceptiques. Peine perdue : ces opinions sont largement restées indifférentes ou goguenardes, et parfois scandalisées, tant cette opération de communication leur paraissait à mille lieues de leur réalité vécue des politiques de l’UE. Et encore les médias ont-ils été relativement discrets sur le fait que le président du comité Nobel qui a attribué le prix, le Norvégien Thorbjorn Jagland (dont par deux fois le pays a refusé l’adhésion à l’UE), n’est autre que le secrétaire général de l’autre institution européenne, le Conseil de l’Europe, qui regroupe 47 Etats, dont les 27 membres actuels de l’UE.

Il n’est sans doute pas anodin que cet exercice d’auto-promotion intervienne au moment où ce n’est pas la paix, mais un véritable climat d’affrontement social qui prévaut dans nombre de pays de l’UE. Ainsi, le 9 octobre, soit trois jours avant l’annonce de la décision du comité Nobel, Angela Merkel n’a pu se réunir à Athènes avec le premier ministre grec que sous la protection de 6 000 policiers, face à des manifestants qui brûlaient des drapeaux allemands et qui affublaient d’insignes nazis des portraits de la chancelière.

Deux semaines plus tôt, le 25 septembre, des milliers d’Indignés qui assiégeaient le Parlement avaient été violemment réprimés par la police : 60 blessés et des centaines d’interpellations. Le 15 septembre, plus d’un million de Portugais étaient descendus dans les rues des principales villes du pays pour dire « non » aux plans d’austérité du gouvernement de Pedro Passos Coelho. Parmi les slogans que l’on pouvait lire sur les banderoles des manifestants, l’un résumait bien le sentiment général : « Stop au terrorisme social ». Etaient visées non seulement les dirigeants portugais, mais aussi la funeste troïka - Banque centrale européenne (BCE), Commission européenne et FMI – qui constitue le détachement avancé d’une véritable et toute-puissante force d’occupation à laquelle l’UE a fait serment d’allégeance : la finance.

Pour que les choses soient claires, c’est cette « troïka » qui devrait se rendre à Oslo le 10 décembre prochain pour recevoir le prix Nobel, et non pas l’autre « troïka » prévue : les présidents de la Commission, du Parlement européen et du Conseil européen. Et il appartiendrait alors au « sauveur suprême » de l’Europe, Mario Draghi, de prononcer le discours d’acceptation du prix. Dans son allocution, le président de la BCE pourrait reprendre à son compte la célèbre déclaration du méga-spéculateur Warren Buffet, le deuxième homme le plus riche du monde, qui, le 25 mai 2005, affirmait à la chaine de télévision CNN : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».

A l’époque, ces propos étaient destinés au public américain, et ils avaient valeur de mise en garde car Warren Buffet craignait que le système capitaliste ne s’autodétruise par ses propres excès. Sept ans plus tard, ils s’appliquent parfaitement à la situation européenne. Derrière l’invocation obsessionnelle, par tous les gouvernements, de la nécessité de la « compétitivité » (traduction : baisse de la rémunération du travail et démantèlement de la protection sociale), c’est bien une violente guerre sociale qui est en cours dans l’UE. Et la mascarade du prix Nobel de la paix ne pourra pas dissimuler cette réalité.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 07:18

http://www.partageduprofit.com/wp-content/uploads/2012/06/riche-a-la-super_20.jpgDans sa livraison de novembre 2012, Le Monde Diplomatique publie un très bon article de Christine Jakse, “ Vous avez dit « Baisser les charges » ? ”. Elle revient sur le problème désormais bien connu qui veut que les salaires soient LA variable d’ajustement.

 

Je cite un extrait de cet article qui montre comment la classe dominante exploite et trompe les travailleurs (à propos de travailleurs, dans le « projet de base commune » adopté par le Conseil National du parti communiste, le mot « travailleur » n’apparaît pas une seule fois) :


 Entre 1982, année du « tournant de la rigueur », effectué par la gauche alors au pouvoir, et 2010, la part des salaires (net cotisations sociales) dans la richesse produite chaque année en France – la valeur ajoutée – a reculé de huit points. Cette évolution résulte d’une double décision politique. D’une part, durant cette période, l’augmentation des salaires nets a été très limitée. D’autre part, les taux de cotisations sociales n’ont cessé d’augmenter, alors même que les besoins correspondants ne cessaient de croître. Le gel de la cotisation patronale vieillesse intervient dès 1979 ; celui de la cotisation patronale santé, en 1984. Puis vient le tour de la cotisation patronale chômage en 1993, de la cotisation salariale au milieu des années 1990 et de la cotisation patronale de retraite complémentaire (Agirc et Arrco) en 2001. Parallèlement, les politiques d’exonération ou de réduction des cotisations sociales se sont développées, passant d’un montant de 1,9 milliards d’euros en 1992 à 30,7 milliards en 2008. C’est l’impôt – et donc le contribuable – qui compense le manque à gagner pour la Sécurité sociale. Comme tout malade, chômeur, parent ou retraité l’aura remarqué, le mouvement entraîne une dégradation des prestations correspondantes, c’est-à-dire de son salaire.


Le résultat : un transfert sans précédent. En cumul depuis 1982, la déformation du partage de la richesse a fait basculer l’équivalent de 1100 milliards d’euros de salaire brut et 400 milliards d’euros de cotisations patronales des salaires vers les profits.

 

PS : à propos du fondateur de la Sécurité sociale, qui ne fut pas De Gaulle mais Ambroize Croisat, je me permets de renvoyer à cet article : link

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:52

http://revolution.1789.free.fr/image/marmite_epuratoire.jpgAvec la modération et le sens de la formule qui le caractérisent, Jean-François Copé vient de comparer Hollande à Robespierre (“ avec Hollande, on coupe les têtes et après on discute ”).


Copé devrait avoir la reconnaissance du ventre. En décembre 1789, Robespierre et quelques autres se sont efforcés de faire voter par l'assemblée l'émancipation des Juifs : “ tout accorder aux Juifs comme individus ”. L'opposition des amis naturels de Copé, c'est-à-dire de la droite de l'époque et les cléricaux, entraîna un ajournement de cette décision. Seuls les Juifs portugais et avignonnais furent déclarés citoyens à part entière.


Du côté de sa mère, Copé vient d'une famille juive d'Algérie. Côté paternel, il est issu d'une famille juive de Roumanie (espérons qu'il n'est pas un peu Rom sur les bords). S'il est aujourd'hui un citoyen 100% français, c'est bien parce que des gens comme Robespierre ont fait avancer la cause de son peuple d'origine.


 

En illustration : Robespierre tel que l'aime Copé.

 


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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 15:37

 

Depuis le début de l’année 2012, de plus en plus de maires, pour la plupart UMP, se permettent d’interdire totalement la distribution de tracts et pétitions sur les marchés



Au lieu de les stopper net dans cet abus de pouvoir, le Conseil d’État a rendu le 17 avril une ordonnance surprenante (req. n°358495) considérant que cela « ne porte pas gravement atteinte aux libertés d’expression et de communication ».

 

Pourtant, ce serait réduire les marchés à la seule consommation. Alors qu’ils sont également, depuis l’agora antique, des lieux de débat public, d’échange d’informations et d’expression des contre-pouvoirs qu’ils soient politiques, syndicaux, associatifs…

 

Suite à cette ordonnance, les modifications de règlement des marchés et les arrêtés municipaux ne cessent de se multiplier et menacent de s’étendre grâce à la jurisprudence.

 

C’est pourquoi, par-delà nos différences, nous demandons instamment une modification de la législation pour rendre caduque cette ordonnance contraire à la libre circulation des opinions et des informations et, par conséquent à l’idée même de démocratie, quelle qu’en soit notre conception.

 

Faute de quoi, toute poursuite abusive contre des distributeurs de tracts ou de pétitions sera dénoncée, portée devant le Conseil Constitutionnel et, si nécessaire, la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

 

Nous appelons dans toutes les communes les populations à être vigilantes et à ne pas accepter cette confiscation du pouvoir de s’exprimer librement et de s’informer mutuellement.

 

http://portail.netoyens.info/menacesurlagora/ 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 05:57

http://socio13.files.wordpress.com/2008/10/258746-324521.jpg?w=460Comme disait Umberto Eco, les humains ont inventé le langage pour dire ce qui n’est pas là. Quand je susurre au téléphone à quelqu’un : « je pense à toi », le seul mot qui renvoie à une réalité vraie, c’est « je ». En effet, rien ne dit qu’à ce moment précis je « pense », ni que je pense à « toi ». À partir de là, tout est possible : un arriviste raciste allemand peut se qualifier de socialiste alors qu’il est le pantin des banques et des grands conglomérats de son pays. Un général très étoilé peut montrer au monde entier une capsule de « poison mortel » alors qu’il tient dans la main de la poudre de perlimpinpin. Et puis un surdoué de l’écriture peut aussi nous raconter l’histoire d’un pauvre type qui « dort » dans un « val ».

 

Le langage se nourrit d’expressions toute faites, d’expressions qui figent ou orientent la pensée et font des locuteurs des handicapés conceptuels : « forces vives », « opinion publique », « insécurité », « fracture sociale ». Boudieu disait qu’elles étaient « sémantiquement à peu près indéterminées, banalisées et polies par l’usure d’un long usage automatique, qui fonctionne comme des formules magiques. »

 

En 2009, une équipe d’universitaires a mis au point un Lexique Usuel Critique de l’Idéologie Dominante Economique et Sociale pour l’Institut d’histoire sociale de la CGT dans lequel elle analysait les mots et expressions forgés ou détournés par les idéologues et les politiques au service de la finance et des entreprises multinationales. Je reprends ici quelques exemples de mots qui nomment les maux.

 

Il faut s’« adapter ». C’est en 1964 que l’économiste François Perroux a élargi l’emploi de ce terme aux différentes composantes de l’activité économique qui ne fonctionnent bien que dans « l’adéquation aux besoins de tout en constante évolution. » Certains syndicats, comme la CFDT, se sont adaptés à cette adaptation : « le monde change, changeons le syndicalisme », proclamait la grande centrale. Tandis que ceux qui persistaient à expliquer l’histoire de l’humanité par le biais de la lutte des classes devenaient des dinosaures qui disparaîtraient au profit de ceux qui acceptaient le capitalisme, la flexibilité (et sa forme plus douce, plus scandinave de « flexicurité ») etc. Ces dinosaures étaient bien sûr « archaïques ». La compromission de Bad-Godesberg de 1959 leur faisait horreur parce qu’ils s’accrochaient à des concepts tabous comme les classes sociales ou l’exploitation.

 

En serviteurs zélés du patronat français, les idiots utiles réclament jusqu’à plus soif la disparition des « charges » sociales (feignant en fait d’oublier qu’il s’agit de « cotisations », donc de salaire différé). Ce qui « charge » (du bas latin caricare) est un fardeau. Accoler l’adjectif « social » à ce mot, c’est évidemment remettre en cause la sécurité du même nom. Mais comme cela fait exactement trente ans que les responsables patronaux expliquent que les entreprises sont « exsangues », il est impératif que les charges baissent toujours plus.

 

Pour faire admettre cette aberration, il faut « communiquer ». La différence entre la communication et l’information est simple : lorsque j’informe, je m’adresse à toi, pour toi ; lorsque je communique, je m’adresse à moi, ma parole ne renvoie qu’à moi. Prosaïquement, faire de la com’, c’est déverser sa propagande, mieux, faire de la « pédagogie ». Disons : mentir. Autre détournement scandaleux car dans « pédagogie » il y a pais, enfant. Ce qui revient à dire que l’on prend le receveur de l’acte de parole pour un enfant.

 

http://i.istockimg.com/file_thumbview_approve/4236441/2/stock-illustration-4236441-college-communication.jpg

 

Il n’y a pas si longtemps, l’école préférait les têtes bien faites aux têtes bien pleines. Aujourd’hui, on veut ces têtes « compétentes », « qualifiées ». La qualification est devenue individuelle, alors qu’autrefois elle était collective, définie par des négociations entre syndicats et patronat. Les compétences, dans un monde qui « bouge sans cesse » doivent aujourd’hui être constamment « validées » car le monde du travail est devenu instable, « précaire » même.

 

L’un des maîtres mots du capitalisme financier est « compétitivité ». Les socialistes au pouvoir en France – comme ceux des autres pays – l’ont repris à leur compte. Il a été traduit en 1960 du mot anglais « competitiveness », lui-même forgé au XIXe siècle pendant la révolution industrielle. Chez les idéologues dominants, « compétitivité » est devenu synonyme de baisse des « coûts » (le travail n’est pas un coût mais il a un prix) salariaux et sociaux. Peu importe que cette baisse entrave la demande, la consommation. Le capitalisme transnational trouvera toujours de nouveaux marchés et de nouveaux travailleurs à exploiter.

 

Les « partenaires sociaux » doivent rechercher le « consensus », un compromis « équilibré », le fameux « gagnant-ganant », le win-win anglo-saxon. Ah, ces gentils partenaires sociaux ! Brandis comme des drapeaux de la collaboration, d’une connivence de classe par la CFTC. Tant pis si le compromis débouche sur de la compromission. Le contrat sera préféré à la loi, ne serait-ce que parce que cette dernière est « édictée par une autorité légitimée », alors que le contrat oblitère les rapports de travail. Le contrat place le salarié dans un « rapport de subordination ». L’important reste la pratique du « dialogue social », une expression forgée dans les années cinquante. Le piège de cette pratique est double : « l’illusion d’une communauté de vouloir et l’inéluctabilité de l’entente ». Avec comme corollaire implicite qu’un vrai syndicat est celui qui signe (surtout après une négociation marathon).

 

La croissance est devenue un dogme. Lorsque Sarkozy prétend qu’il ira chercher « la croissance avec les dents », il ne précise pas de quoi cette croissance sera faite. Elle ne sera sûrement pas industrielle puisqu’on aura rarement vu autant de désindustrialisation que durant son mandat.

 

L’expression « plein-emploi » date de 1949 ; la notion de « sous-emploi » date de 1962. Le concept d’« employabilité » date de 1981, en provenance de Grande-Bretagne (via le Canada) où il était apparu dès 1926. Dès lors que le niveau global de l’emploi est inférieur à la demande d’emploi, les travailleurs sont en position d’infériorité et ils doivent accepter, outre la flexibilité, une vision de l’emploi déconnectée des conditions de la productivité. 60% des intentions d’embauche adressées à l’Urssaf sont des CDD de moins d’un mois. Depuis 2008, Pôle Emploi a pour vocation d’« améliorer l’employabilité des personnes ».

 

L’un des fondements de la République française est l’égalité. Sous l’influence anglo-saxonne, il lui est préféré le concept d’équité, dont l’objectif est d’organiser la coopération sociale « selon des principes tenant compte des disparités existantes entre les membres d’une même société. » C’est dire que le principe de différence l’emporte sur le principe d’égalité. Les inégalités sont acceptables si elles permettent d’améliorer le sort des plus pauvres. Mais il ne convient surtout pas de penser que les inégalités ont quelque chose à voir avec l’exploitation.

 

Depuis quelques années, l’idéologie dominante tend à considérer le concept de fin de l’histoire comme une patate chaude. Elle est bien obligée, même si cette philosophie a eu la vie dure, de reconnaître que l’histoire se poursuit, que la lutte des classes est un processus continuel.

 

Dans un article du Monde Diplomatique de 2001, Bernard Cassen mettait en garde contre l’utilisation piégeuse du mot « gouvernance », un vieux mot français remijoté à la sauce libérale anglo-saxonne : « Si peu de citoyens ont une idée précise de ce qu’est cette fameuse « gouvernance », on ne fera pas l’injure aux décideurs de penser qu’ils emploient ce terme sans discernement. Une publication récente, mais on pourrait en citer des dizaines d’autres, atteste qu’il fait partie de leur bagage sémantique ordinaire. Ainsi le Conseil d’analyse économique créé par M. Lionel Jospin vient-il de publier en anglais un ouvrage tiré d’un colloque organisé conjointement avec la Banque mondiale - un partenariat qui met déjà la puce à l’oreille -, et dont la traduction littérale du titre est Gouvernance, équité et marchés globaux. On voit bien dans quel champ lexical se situe le concept... » La gouvernance implique, dans un esprit responsable, l’acceptation du monde tel qu’il est, une gestion (un management ?) rationnelle, de bon sens, selon des procédures ad hoc, maîtrisées. La gouvernance présuppose l’accord de toutes les parties quant aux fondamentaux. L’un d’entre eux, et non le moindre, étant la logique du profit. Donc dans le cadre d’un État réduit à ses fonctions régaliennes et d’une Fonction publique allégée. La gouvernance est bonne fille car elle s’accommode des délocalisations « financières », des parachutes dorés, du suicide au travail (y a-t-il une différence entre le central téléphonique des années soixante et les centres d’appel d’aujourd’hui ?), des stock options et de la précarisation.

 

http://www.punishmentpark.com/nny/propagande/cerveau.png

 

L’individu est le commencement et la fin de la philosophie du capitalisme financier. Margaret Thatcher fut le premier personnage politique à proclamer ouvertement que la société n’existait pas, et qu’il n’y avait que des individus. L’individualisme va donc s’opposer au primat de la société sur l’individu. Pour le dire un peu grossièrement : « c’est mon choix et je t’emmerde ». Les phénomènes collectifs seront expliqués par le biais des comportements individuels. Les champions de la légende individualiste seront l’entrepreneur, l’actionnaire qui prend des risques. Ils seront repérés dès l’école maternelle par des tests individuels. Dans leur vie, ils jouiront de la plus parfaite liberté, liberté économique principalement. Ils seront « modernes », des poissons dans l’eau dans la grande mer de la « mondialisation ».

 

En toute occasion, se prévaloir du « pragmatisme ». Cela nous vaccinera contre le cercle théorie/pratique cher à Marx. Un bon pragmatique n’a que faire de la spéculation, de la théorie, de la révolution. Il sera donc opposé à toute nationalisation, entrave à l’« économie réelle ». Il refusera d’aider les « canards boiteux » sauf s’il s’agit de banques, comme en 2008. Le Monde pourra alors se réjouir que « le pragmatisme l’ait emporté ». Le pragmatique s’en tient au « réel », aux « réalités ». Il s’opposera donc aux « irréalistes », comme ces cheminots français qui ne voyaient pas que leur régime de retraite était « le plus généreux du monde » (Le Point, 2 décembre 1995. Le prurit révolutionnaire (1789, 1830, 1848, 1870) revient à « fuir les réformes et les réalités » (Le Figaro, 1er décembre 1995). Mais ce faisant, comme disait le linguiste Benveniste, le réaliste « se réfère à une réalité qu’il constitue lui-même ».

 

Le pragmatique aime la « réforme », mais uniquement quand elle est à la sauce libérale. Autrefois « réformer » signifiait « améliorer progressivement » afin que les conditions de vie du plus grand nombre s’améliorent. Aujourd’hui, réformer revient à s’adapter aux exigences d’un marché qui, lui, est capable de se réformer tout seul, de s’« autoréguler ». Réformer l’hôpital, autrement dit fermer des unités de soins, est présenté comme une nécessité inéluctable, un devoir pour ne pas avoir à fermer – demain – davantage d’unités de soins. Il n’est plus besoin désormais de se demander si une réforme est bonne. Dès lors que ce terme est employé par les libéraux ou les sociaux-démocrates, c’est qu’elle est mauvaise.

 

René Mouriaux, André Naritsens (coordinateurs) : Lexique Usuel Critique de l’Idéologie Dominante Economique et Sociale, Paris, Institut d’Histoire Sociale, 2009.

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 10:50

À quelques mètres de l’endroit où un gosse de 14 ans a été fauché à scooter par une voiture et en est mort, un nouvel accident s’est produit hier à Toulouse. Un homme de 77 ans a été gravement blessé.

 

Je sais que je vais finir par me lasser, et lasser ceux qui veulent bien me lire, mais cet accident m’amène à revenir sur la politique imbécile et perverse d’aménagement de la voirie par la municipalité de Toulouse. La municipalité n’est évidemment pas responsable des accidents. Les seuls responsables sont ceux qui les causent. Tout individu circulant doit être maître de son véhicule et de sa vitesse. Si une route est mouillée, si elle est mal dessinée, il lui revient d’adapter sa conduite à ces conditions.

 

Hier, un chauffeur en a percuté un autre avec une extrême violence. Un témoin a entendu « un long freinage » qui a laissé une trace de 40 mètres de long. L’automobiliste percuteur n’était pas assuré, un cas de figure désormais banal. L’automobiliste percuté a été rapidement secouru, mais son état est grave.

 

À cet endroit de Toulouse, les conducteurs roulent généralement trop vite. Des riverains ont demandé depuis longtemps la pose de trois ralentisseurs.

 

Au moment où cet accident se produisait, je me trouvais à deux kilomètres de là, allée de l’Île de France, pour prendre les photos qui illustrent cette note. J’emprunte régulièrement (en voiture) cette rue depuis sept ans. J’affirme tranquillement qu’elle ne présente aucun danger car elle est étroite et sinueuse. Y croiser un bus implique qu’on ralentisse franchement. Les pervers incompétents de la municipalité ont estimé que cela était encore trop beau et ont décidé de rétrécir la largeur de la rue. Les riverains m’ont confirmé ce que je savais fort bien, à savoir qu’il n’y a pas eu d'accident dans cette rue depuis au moins dix ans.

 

Encore une fois, la pose des ralentisseurs et le rétrécissement des rues n’ont, 99 fois sur 100, rien à voir avec des problèmes de sécurité. Il s'agit, je l'ai dit et le maintiens, de pourrir la vie de tous, les automobilistes au premier chef.

 

On constate dans la photo ci-dessous à quel point la rue peu large est rétrécie par trois aménagements :

 

5782.ter.jpg

 

et on voit très bien sur l'image qui suit à quel point la conduite est rendue plus dangereuse : un automobiliste qui prendra désormais ce virage à 50 à l'heure sera déporté sur la gauche :

 

5785.jpg

 

Comme me disait un des ouvriers : “ Nous, tant qu'on a du boulot... ”

 

Ce qui est déjà quelque chose.

 

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 09:09

Je reprends ci-dessous un article de Vivian Petit publié par Le Grand Soir.


 http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2011/3/28/1301294984755/Anti-cuts-protesters-marc-007.jpg

 

Nous étions ce samedi 20 octobre environ 200 000 manifestants (150 000 selon la police) à marcher dans les rues de Londres contre l’austérité. Si les perspectives de lutte sont moins ouvertes qu’en Espagne, au Portugal et bien sûr en Grèce, pays qui connaîtront une nouvelle grève générale le 14 novembre, et où les manifestations sont quasi quotidiennes, nous pouvons dire au regard de l’Histoire de la Grande-Bretagne que les mouvements de lutte reviennent de loin.

En effet, à la suite des mesures antisyndicales imposées par Margaret Thatcher et de la défaite du mouvement ouvrier dans les années 80, les luttes ont pendant longtemps quasiment déserté les lieux de travail. Seuls les mouvements de quartier semblaient avoir perduré, que ce soit dans les luttes contre les expulsions, contre le racisme, ou lors d’émeutes aussi impressionnantes qu’éphémères. Pour beaucoup, l’engouement semble être revenu via les manifestations contre la guerre en Irak, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes en 2003. Quant à eux, les étudiants sont passés par l’occupation des universités pour appeler au boycott d’Israël lors du massacre commis à Gaza à l’hiver 2008-2009, avant de les occuper de nouveau et d’être 50 000 à défiler en novembre 2011 contre l’augmentation des frais d’inscription.

 

En Angleterre, le montant des frais d’inscription est passé d’environ 300€ à plus de 1000€ pour une année en licence, entraînant une baisse de 14% du nombre d’inscrits dans les universités. En 2011-2012, l’endettement moyen d’un étudiant à la fin de son cursus est de 33 000€. Un certain nombre des étudiants débiteurs sont conscients de leur future impossibilité à rembourser, et tant pis pour les banquiers. A l’inverse des manifestations étudiantes en France, beaucoup des slogans entendus à l’intérieur du « cortège éducation » visaient directement le capitalisme, l’Etat et la police, et il n’y avait qu’une étudiante du parti travailliste pour brandir sans ironie un panneau avec inscrit « I love responsible capitalism » (« J’aime le capitalisme responsable ») …

Plus globalement, la politique d’austérité a débuté en 2010 par une hausse de la TVA de 17,5 à 20%, et un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 66 ans (auparavant 65 pour les hommes et 60 ans pour les femmes). Ce mois-ci, Georges Osborne, chancelier de l’Echiquier (ministre « responsable des finances et du trésor ») annonçait 12,5 milliards d’euros de coupes dans les aides sociales, à ajouter au 18 milliards de livres étalées de 2010 à 2018. Demandant « Comment l’on peut justifier des aides au logement pour des gens qui n’ont jamais travaillé », Osborne a annoncé la suppression des aides au logement pour les moins de 25 ans, et demandé aux parents de réfléchir au nombre d’enfants qu’ils prévoyaient de faire, prévoyant une réduction des allocations familiales …

 

Parallèlement, au nom de la bien connue « lutte pour la compétitivité », le taux d’imposition sur les entreprises est passé de 50% à 45%, et l’impôt sur les sociétés de 26% à 22%. Sur le chemin de la manifestation, les locaux de Starbucks, entreprise connue pour les conditions de travail désastreuses et son refus de payer ses impôts, étaient particulièrement protégés par les cordons policiers. Un peu avant, des dizaines de jeunes cachant leur visage avec un foulard ou un masque de la mouvance Anonymous (repris du film V pour Vendetta) avaient déjà dévié du cortège, pour aller titiller les flics et les bourgeois en bloquant l’entrée des magasins de la très chic Oxford Street.

Si beaucoup de manifestants défilaient en scandant « Hey ! Ho ! David Cameron’s got to go » (« Hey ! Ho ! David Cameron doit dégager ! »), beaucoup ne semblaient pas résignés à remplacer l’austérité de droite par une austérité de gauche. Lors d’une allocution prononcée à la fin de la manifestation, Ed Miliband, leader du parti travailliste a été copieusement hué lorsqu’il a commencé une phrase par « Je ne promets pas des jours heureux, il y aura des choix difficiles … ». Les allocutions les plus acclamées furent celles des leaders des syndicats du service public et des cheminots, réclamant la préparation par le TUC (Trade Union Congress, la confédération syndicale), d’une grève de vingt-quatre heures.

 

Une partie de l’extrême-gauche semble être dans la même logique. Tout au long du cortège, le Socialist Party faisait signer une pétition appelant à l’organisation d’une grève générale de 24 heures « pour montrer qui fait tourner l’économie ». De son côté, le Socialist Workers Party, principale organisation de la gauche radicale, s’est prononcé en faveur de cette éventualité, tout en appuyant sur le fait que ce n’était « pas suffisant ». Par ailleurs, pour le SWP, il n’y a pas non plus à attendre l’organisation d’une telle journée pour agir, de nombreux conflits en cours dans les entreprises ou les quartiers pouvant pousser des milliers de personnes à la révolte.

Officiellement, les directions syndicales « se penchent sur la possibilité d’une grève générale », bien que les lois antisyndicales imposent de déclarer toute grève deux mois à l’avance, les seules actions spontanées restant la grève étudiante, l’émeute ou le blocage. Si l’on ne semble pas pour l’instant près du blocage généralisé qui pourrait faire sauter le gouvernement, le fait que cette discussion soit à l’ordre du jour symbolise un niveau de conflictualité politique augmentant, la dernière grève générale au Royaume-Uni remontant à 1926 …

Par ailleurs, bien que nous ayons insisté sur les lois antisyndicales rendant difficile le blocage de la production (et la lutte en général), il est évident que si le niveau de conflictualité venait à augmenter, beaucoup de personnes seraient prêtes à s’émanciper de toute référence à un cadre légal.

Vivian PETIT

http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?p=1335

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:11

Quand Ali Baddou (“ La Nouvelle Édition ” sur Canal+) a besoin d’un chroniqueur pour expliquer la politique sociale, économique et financière, il fait régulièrement appel au cynique Marc Fiorentino (link).

 

http://www.futura-sciences.com/uploads/tx_oxcsfutura/img/baleines_a_dents.jpgEn tant qu’expert, Fiorentino n’exprime pas le point de vue des marchés. Il EST les marchés, la finance, la banque, le Medef, ces gens qui nous veulent du bien et à qui, en tant que contribuable, je viens encore de prêter – par l’entremise d’Hollandreou – quelques milliards d’euros.

 

Hier, Fiorentino nous expliquait que la France était dans une situation catastrophique et que les seules solutions seraient de travailler jusqu’à 70 ans, de réduire les retraites et de les privatiser, d’augmenter les « cotisations » des salariés et de baisser les « charges » des entreprises.

 

Je vous voyais, cher Nicolas, bouillonnant intérieurement à côté de cet ennemi du peuple. La prochaine fois que vous êtes sur le point d’exploser, ne vous retenez pas. Dites à ce carnassier qui fut un piètre entrepreneur que ses solutions ne sont pas LES solutions, mais celles de son gang d’hyperbourgeois qui ont fait sécession d’avec le monde des humains et qui leur livrent, comme Warren Buffet, une véritable guerre financière : « There's class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war, and we're winning. » Dites-lui que LA crise n’existe pas. Ce qui existe, c’est LEUR crise, LEURS subprimes, LEUR Goldman-Sachs qui gouverne l’Europe sans vergogne.

 

Je ne partage pas toujours vos positions, mais j’éprouve une grande sympathie intellectuelle pour vous, et je me dis qu’après trente ou quarante ans de journalisme politique, je ne suis pas certain que j’aurais su garder la même distance par rapport à ce milieu que vous observez de si près.

 

Alors, bon sang de bonsoir, la prochaine fois, lâchez-vous. La vérité est révolutionnaire. Donc Fiorentino, Trichet, Draghi etc. ont tort.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 05:56

http://images.lpcdn.ca/641x427/201209/25/593350-marc-labreche-anne-dorval-bobos.jpgPierre Verhas vient de publier sur son blog Uranopole (link) cette réflexion lucide sur les partis socialistes européens :


Assistons-nous au début de la fin des structures politiques appelées partis socialistes ? Au vu du résultat des élections communales du 14 octobre en Belgique, de la faiblesse évidente du nouveau pouvoir de gauche en France, compte tenu du fait que la plupart des partis socialistes ou sociaux-démocrates en Europe se trouvent dans l’opposition et que la probabilité d’une alternance politique est très faible, on peut se poser la question. Et aussi, celle, plus fondamentale : la social-démocratie est-elle encore utile ?

 

Un autre phénomène qui est apparu en Belgique et particulièrement à Bruxelles, est le vote communautaire (ou ethnique, comme on voudra). Et là aussi, le parti socialiste a une responsabilité.

 

 

L’éternel compromis

La faiblesse de la social-démocratie en Europe s’explique par ses compromis avec le camp capitaliste. Depuis une vingtaine d’années, les dirigeants de gauche en Europe cèdent face à l’offensive néolibérale et vont même jusqu’à adopter sa politique. Que ce soit en France ou en Belgique, ce sont des gouvernements à dominante socialiste qui ont procédé aux privatisations. Les coupes sombres dans la sécurité sociale furent aussi l’œuvre de ministres socialistes. En outre, ils ont systématiquement reculé devant les diktats de l’Europe ultralibérale. Ils ont été incapables de proposer un projet cohérent.

 

Vis-à-vis des électeurs, soit ils ont usé de démagogie en promettant des « changements » qui n’eurent jamais lieu, soit ils se sont présentés comme la forteresse « inexpugnable » des acquis sociaux. Ces deux postures ont largement contribué à décrédibiliser les partis socialistes auprès de l’opinion publique et surtout auprès de la classe ouvrière et des allocataires sociaux de plus en plus précarisés.

 

Du social au sociétal

Les trois dernières décennies ont vu un changement profond dans la structure des partis socialistes d’Europe occidentale. Ils se sont de  plus en plus écartés des organisations syndicales et leur sociologie a changé. Il s’est imposé en leurs structures une classe moyenne  formée de fonctionnaires de haut niveau, de cadres moyens, de gens du monde médiatique et culturel et de certaines professions libérales aspirant à une société plus ouverte et se distanciant des revendications du monde du travail tout en n’ayant qu’un faible poids dans la société. Bref, en s’ouvrant à la classe moyenne, les partis socialistes s’éloignaient de la classe ouvrière.

 

Cela a profondément modifié leur poids politiques et leurs orientations. Du social, ils sont passés au sociétal. Certes, cela a eu certains effets positifs. Ainsi, c’est incontestablement la mouvance social-démocrate qui a doté la Justice de l’arsenal légal pour sanctionner le racisme et qui a fait en sorte que la lutte contre ce fléau de l’école à l’ensemble de la société, fasse qu'il ne s’étende plus, même s’il est toujours présent. Mais, en se coupant de la classe ouvrière, les partis socialistes n’eurent plus la force de lutter contre la montée du néolibéralisme.

 

La décennie 1980-90 fut marquée par l’offensive victorieuse  de l’ultralibéralisme en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, sonnant ainsi l’hallali du New Deal et de  l’Etat social qui s’effrite peu à peu. La chute du bloc soviétique qui s’en suivit renforça ce mouvement. La bourgeoisie ne se sentit plus menacée et la social-démocratie était trop faible pour faire barrage, pour autant qu’elle le veuille.

 

Vers le communautarisme

La décennie suivante vit l’émergence d’autres défis. Ce fut essentiellement la cohabitation entre les populations immigrées, essentiellement de religion musulmane, avec la société européenne de tradition judéo-chrétienne. Et la gauche social-démocrate fit – et il le fallait – une priorité de construire une société multiculturelle, mais en écartant la laïcité et en ne s’inscrivant pas dans la lutte des classes. Elle tomba ainsi dans le communautarisme.

 

Pourtant, si cet objectif est indispensable, apparut une évidente confusion idéologique entre le laxisme sur le plan judiciaire, l’antiracisme, la tolérance à l’égard de certaines manifestations politico-religieuses contraires aux principes de base de la société. Cela a rendu la social-démocratie encore plus opaque et, pire, a laissé ainsi un champ fertile à l’extrême-droite. Aussi, le projet d’une société de cohabitation harmonieuse entre différentes cultures a malheureusement échoué.

 

 

La faillite de l’Europe sociale

Sur le plan de la construction européenne, les partis socialistes qui se sont toujours proclamés les champions de l’union des peuples d’Europe n’ont  aucune vision de l’Europe laissant ainsi le terrain à l’ultralibéralisme. Se rappelle-t-on la fameuse parole de François Mitterrand : « l’Europe sera socialiste ou ne sera pas ! ». L’Europe socialiste n’est pas, l’Europe capitaliste est ! Il n’y a ni Europe sociale, ni harmonisation fiscale. Il en est de même avec l’absence de réponses des sociaux-démocrates à la crise financière. Pire, les sociaux-démocrates se sont montrés incapables de répondre au défi des délocalisations qui ruinent des régions entières et jettent au chômage et à la précarité des centaines de milliers de travailleurs. Aujourd’hui, ils accompagnent les politiques d’austérité imposées par des organismes internationaux manifestement au service des intérêts bancaires.

 

Une révolte populaire profonde

 Face à cela on sent la révolte monter. Les manifestations contre l’austérité qui a des conséquences de plus en plus insupportables deviennent de plus en plus dures. Inéluctablement, cela débouchera sur la violence armée, s’il n’y a pas de signes sérieux de changement. Là également, les dirigeants sociaux-démocrates sont incapables de répondre avec efficacité et justice à ce défi.

 

On voit se développer une extrême-gauche et une « gauche de la gauche » qui commencent, en certains endroits, à constituer une sérieuse concurrence aux partis socialistes classiques. À nouveau se pose la question essentielle : la rupture avec le capitalisme. Evidemment, il n’en est pas question dans la nébuleuse social-démocrate. Pourtant, même des esprits modérés pensent qu’il faudra en finir avec le capitalisme d’aujourd’hui qui ne sert qu’une infime minorité ultra-puissante, concentrant les richesses et disposant de tous les leviers de commande.

 

Soit, on en viendra à une sorte de suicide, comme le prévoit Paul Jorion (voir link), le capitalisme financier se trouvant dans l’impasse, soit un mouvement politique et social nouveau naît de cette crise et parvient à créer un rapport de forces suffisant pour renverser ce pouvoir de la finance qui montre, malgré tout, d’incontestables signes d’essoufflement.

 

Mais, si cela se fait, ce sera sans les partis socialistes qui ont définitivement bouclé leur cycle historique.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 13:12

 

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/10/21/7163fc24-1b9c-11e2-a997-026c80e604cc-493x328.jpg

 

Union des Diastasés Invalides ?

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