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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 06:43

Je reprends ici de larges extraits d'un article de Fakir sur l'action politique de la crème de la crème des Solfériniens au service du grand patronat :

 

Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Elysées. De leurs voitures avec chauffeurs, descendent Lindsay Owen-Jones (PDG de L’Oréal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie Générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)…

 
À l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn , trente-cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 F chacun pour son futur « Cercle de l’Industrie  ». Avec l’argent des patrons, il fonde ainsi un nouveau cénacle. À partir de septembre 1993, donc, tous les deux mois, une vingtaine de PDG se retrouvent à dîner. Autour de l’ancien ministre, ils rencontrent les commissaires européens, le président de l’OMC, celui de la Commission. Grâce à ce groupe de pression, une première taxe sur le CO2 est repoussée. D’autres directives sont amendées, celles sur l’énergie se font plus libérales.

 

Qu’y gagne DSK ?


« On lui payait une secrétaire, un chauffeur et un téléphone  », se souvient Raymond Lévy, ancien président de Renault et du Cercle. Via des comptes secrets, sa collaboratrice est payée par Elf. Tandis que lui ne touche rien, en apparence : c’est son bénévolat. « Il est sûr que son travail au Cercle a contribué à asseoir sa popularité parmi les patrons », témoigne Bertrand Collomb, le boss des ciments Lafarge.

Et c’est naturellement cet ami du patronat qui sera choisi, en 1997, comme ministre de l’Économie. Et c’est naturellement que DSK mènera une politique pro-patronale : c’est lui qui convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro, lui qui privatise les services publics à tout-va, lui qui offre Airbus en cadeau à Lagardère, lui qui diminue la fiscalité sur les stock-options, lui qui réclame des « fonds de pension à la française », etc.

DSK et Hollande lobbyistes du patronat

 

«  Perdre les ouvriers, ce n’est pas grave » : voilà la petite phrase que lâchait François Hollande après la fermeture de Florange. C’est qu’à l’Élysée, le président ne s’est pas franchement entouré de prolétaires ni de syndicalistes. Plutôt de financiers… sans doute pour mieux les combattre !

En 2012, François Hollande a ainsi placé à ses côtés Emmanuel Macron , comme « secrétaire général adjoint de la présidence ». Banquier d’affaires pour Rotschild, habitué à fréquenter et à manier les grandes fortunes, c’est lui qui a impulsé le Pacte de responsabilité, le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, avant d’œuvrer comme ministre de l’Économie.

Pour remplacer Emmanuel Macron à l’Élysée, qui François Hollande a-t-il choisi ? Laurence Boone , chef-économiste Europe de Bank of America Merrill Lynch. Rotschild vs Merrill Lynch, c’est une forme de pluralisme…

Et qui était le prédécesseur de Macron à Bercy ? Pierre Moscovici. Vice-président du « Cercle de l’Industrie », il avait pris la relève de DSK à la tête du lobby patronal. C’est donc tout naturellement que François Hollande l’a choisi comme ministre de l’Économie : il avait la confiance des PDG… et avait d’ailleurs épousé « la femme de confiance » d’un PDG, Xavier Niel, patron de Free. Désormais commissaire européen, Moscovici mérite encore toute leur confiance.

Comme « secrétaire général de la présidence de la République », François Hollande a naturellement opté pour son ami de l’Ena, ancien ministre de Nicolas Sarkozy : Jean-Pierre Jouyet . Lui-même marié à Brigitte Taittinger, héritière d’une grande famille française.

C’est ainsi que les dirigeants socialistes sont liés, par mille fibres, par leurs affaires, par leur famille, par leurs amitiés, à l’oligarchie. Plus qu’aux ouvriers…

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:20

Je reprends ici de larges extraits d'un article de Loan Nguyen dans L'Humanité du 17 janvier 2017.

 

Sous le couvert d’évolutions technologiques, les salariés sont de plus en plus nombreux à être confrontés à ces systèmes de contrôle.

 

Vidéosurveillance, géolocalisation, accès aux e-mails, pointage biométrique… Les pratiques de contrôle des salariés permises par les nouvelles technologies se généralisent de l’industrie au commerce en passant par les services. Le but : améliorer la productivité en faisant la chasse aux temps morts et traquer les erreurs des employés. Plus invisibles et moins coûteuses qu’une armée de contremaîtres, ces technologies participent de la transformation de l’évaluation du temps de travail et de la productivité. Désormais, les employeurs ont en effet la possibilité de contrôler en temps réel le travail de l’ensemble de leurs salariés, et de rationaliser toujours plus les temps considérés comme productifs.

 

« Lorsqu’un salarié laisse plus de trois minutes s’écouler entre deux scans d’articles, un supérieur vient nous rappeler à l’ordre », affirme Alain Jeault, délégué syndical central CGT chez Amazon, qui explique que bien que certains entrepôts soient grands comme « sept terrains de foot », les temps de déplacement pour aller chercher les articles ne sont pas pris en compte dans ces trois minutes où la scannette des salariés est inactive.

 

 

 

 

Le système informatique enregistre les« déperditions d’activité »

 

Chez Renault Trucks, fabricant de poids lourds filiale du groupe Volvo, c’est là aussi le rythme de scannage d’articles jugé insuffisant qui a permis à la direction de licencier mi-juillet deux salariés du secteur pièces de rechange sur le site de Vénissieux-Saint-Priest, en région lyonnaise. Soulignant dans la lettre remise à l’issue d’un entretien disciplinaire le nombre de minutes de « déperdition d’activité » enregistrées jour par jour par le système informatique, les ressources humaines du constructeur ont débarqué les deux opérateurs logistiques pour faute grave. « C’est un outil de travail, pas une pointeuse », rappelle pourtant Emmanuel, l’un des deux ex-salariés concernés et syndiqués chez SUD, qui affirme ne jamais avoir été au courant que leur scannette servait à mesurer leur rythme de travail.

 

Un dispositif de géolocalisation que les salariés doivent porter sur eux

 

Chez Mediapost, si le système de surveillance est bien visible et connu des salariés, il n’en est pas moins problématique. « Si on reste trop longtemps sur un secteur ou si on en sort pour aller aux toilettes de l’autre côté de la rue, notre boîtier de géolocalisation envoie une alerte », affirme Jacqueline Saillant, déléguée syndicale régionale Pays de la Loire du syndicat SUD dans cette filiale privée de La Poste. L’entreprise spécialisée dans la distribution d’imprimés en boîtes aux lettres a mis en place en 2015 un dispositif de géolocalisation nommé Distrio, que les salariés doivent porter sur eux pendant leur tournée. Destiné à calculer le temps réel de travail des distributeurs pour remplacer le système de « préquantification » antérieur qui rémunérait les salariés de manière forfaitaire, ce système permet à la direction de suivre les salariés à la trace. Mediapost assure que son boîtier de géolocalisation Distrio peut être désactivé par les salariés, mais ceux-ci en doutent. « Mon supérieur m’a dit un jour : “Tu es allée faire tes courses à Carrefour Market à telle heure” », rapporte Claudine Bringart, déléguée syndicale centrale CFDT chez Mediapost, qui reste favorable au dispositif.

 

En fait, Distrio ne sert pas simplement à enregistrer le temps de travail de manière neutre, mais bien à vérifier que la durée de chaque tâche est conforme aux temps de référence très précis définis par Mediapost. La CFDT, signataire de l’accord permettant la mise en place du boîtier de géolocalisation, nie également l’idée selon laquelle ce système servirait à sanctionner les salariés. Mais SUD affirme que les pressions sont fortes sur les salariés qui mettraient trop de temps à faire leur tournée.

 

Au-delà de cette problématique, l’adoption du Distrio a eu pour effet de porter quelque peu atteinte à l’autonomie des distributeurs. À l’origine conçu comme un job d’appoint pour des retraités modestes, des étudiants ou des travailleurs handicapés, qui pouvaient effectuer leurs tournées un peu quand ils le souhaitaient, la distribution d’imprimés est désormais soumise à des schémas d’organisation plus rigides, puisque les salariés doivent respecter des amplitudes horaires, ne pas travailler ni en soirée ni le week-end. Malgré deux procédures devant le tribunal de grande instance de Lyon puis en appel, SUD a été débouté, la justice estimant que le dispositif était proportionné au but recherché d’enregistrement du temps de travail.

 

 

 

 

Les représentants du personnel confrontés au manque de connaissance de ces dispositifs

 

Pour Jérôme Vivenza, membre de la direction confédérale de la CGT qui planche sur les questions du numérique, s’il est difficile d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène de surveillance technologique, « beaucoup de salariés sont surveillés sans le savoir ». « Dans les grosses boîtes où il y a une implantation syndicale, c’est plus facile de détecter des pratiques de flicage et de régler le problème que dans des petites entreprises », estime le syndicaliste. L’un des problèmes auxquels se retrouvent confrontés les représentants du personnel face à ces nouvelles technologies est le manque de connaissance de ces dispositifs technologiques et le risque que ceux-ci peuvent représenter.

 

Face à ces risques et aux abus potentiels des employeurs, les salariés se tournent d’ailleurs de plus en plus vers la Cnil (Commission nationale informatique et libertés), instance chargée de vérifier la régularité de ces dispositifs. En 2015, l’autorité administrative indépendante a enregistré environ 1 200 plaintes concernant des recueils ou traitement de données individuelles de salariés, soit 16 % du total des plaintes, un nombre en constante augmentation. Mais globalement, seulement 15 % de celles-ci donnent lieu à un contrôle de l’organisme de protection de la vie privée. Au final, sur les dix sanctions prononcées par la Cnil en 2015, aucune ne concerne le lieu de travail. « Les conflits liés au management se règlent plutôt aux prud’hommes », admet d’ailleurs une porte-parole de l’institution, qui rappelle que la Cnil ne dispose que d’une dizaine de contrôleurs.

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 06:41

Dans un récent article sur Trump, j’écrivais que « manifester aujourd’hui aux Etats-Unis, même en très grand nombre (près d'1 million à Washington, 700 000 à Los Angeles, 150 000 à Boston, soutenus par 100 000 manifestants à Londres et 5 000 à Paris), est une entreprise à haut risque, à court, moyen et long termes ». Des lecteurs de gauche n’ont pas trouvé ces obstacles à la liberté scandaleux du tout (en particulier sur le site du Grand Soir où j’avais également publié cet article) et continuent de soutenir Trump qui va, selon eux, impulser un nouvel ordre mondial plus juste pour les peuples et de nouvelles pratiques capitalistes et entrepreneuriales dont bénéficieront les salariés étasuniens.

 

Les élus républicains, eux, m’ont entendu : ils votent des textes pour réprimer plus durement le manifestations pacifiques et pour restreindre considérablement le droit à manifester.

 

Je cite ici longuement un article de Bastamag (Rachel Knaebel, 23 janvier 2017) à ce sujet :

 

Trumpisme et manifestation

Donald Trump n’était pas encore investi président des États-Unis que, depuis quelques semaines, les Républicains de plusieurs États du pays essaient de faire passer des lois pour réprimer très durement les manifestations de rue et blocages de voies publiques.

 

Début décembre, les Sioux de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, ont remporté une importante victoire contre un projet d’oléoduc après avoir bloqué le chantier pendant neuf mois. C’est justement dans cet État du Nord des États-Unis que les Républicains viennent de déposer une proposition de loi qui autoriserait implicitement les automobilistes à renverser accidentellement les manifestants si ceux-ci bloquent une autoroute ! « Nonobstant toute autre disposition légale, le conducteur d’un véhicule automobile qui, par négligence, causerait des blessures ou provoquerait un décès à l’encontre d’une personne qui fait obstacle à la circulation des véhicules sur une voie publique, une rue ou une route, ne pourra être tenu pour responsable des dommages », propose le projet de loi n°1203 déposé à l’Assemblée législative de l’Etat, largement dominé par les Républicains.

 

Dans l’État voisin du Minnesota, une loi proposée par les Républicains début janvier envisage d’alourdir les amendes à l’encontre des personnes qui manifestent sur les autoroutes, et de relever à un an de prison les peines encourues pour avoir participé à ce type d’action. Des projets similaires ont été déposés dans les États de Washington et du Michigan.

 

Ces textes permettraient de réprimer plus durement les blocages et manifestations pacifiques comme celles des Indiens du Dakota du Nord, mais aussi celles du mouvement anti-raciste Black Lives Matter, ou les futures protestations contre Trump.

Trumpisme et manifestation
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 06:40

 

 

La pollution n’est pas qu’un phénomène naturel. Ses causes relèvent de choix économiques, mais aussi politiques.

 

Depuis plusieurs décennies, la classe dominante encourage « les gens » à prendre des mesures individuelles pour contrer les méfaits des pollutions avec des discours du style : « Éteindre sa veilleuse de télévision, c’est bon pour la planète », «Ramasser les crottes de son chien est un acte citoyen », « Tirer la chasse d’eau une fois sur deux préserve les ressources de tous » etc. Nous ne sommes pas encore à la délation, mais cela ne saurait tarder : « Hou, le vilain qui laisse la fenêtre de sa chambre ouverte alors que le chauffage collectif fonctionne à plein régime » ! On a vu sur Facebook des “Sentinelles de la vallée de l’Arve”. Tout ceci permet de ne pas remettre en question le modèle de développement. Combien faut-il de centaines de litres d’eau pour produire une côte de bœuf dans un conglomérat capitaliste transnational ? Combien faut-il dépenser de diesel pour qu’un consommateur allemand mange une salade qui a poussé en Espagne avant d’être conditionnée en Roumanie ? Le bouton veille de nos téléviseurs nous apparaît alors bien dérisoire.

 

D’un côté, acceptation de l’ordre politico-économique, de l’autre dénonciation de « mauvais » comportements, division, frein aux luttes collectives nécessaires. On manque d’oxygène, mais la classe dominante, elle, ne manque pas d’air.

 

La détérioration des conditions de vie dans la vallée de l’Arve et ailleurs a quelque chose à voir avec le recul de l’État et la prise de pouvoir de Bruxelles au service des monopoles capitalistes et financiers. Les habitants de l’Arve (ou ceux du 7ème arrondissement de Lyon, comme moi) continueront de suffoquer tant que les énergies ne seront pas revenus dans le giron d’un pôle d’État démocratique.

 

Ce dont les habitants de la Vallée de l’Arve ont besoin, c’est de la puissance d’un État à leur service et non à celui des monopoles capitalistes et de l'Europe de Bruxelles. Il n’y aura pas d’avancées écologiques sans que l’on s’attaque aux pouvoirs économiques, sans la nationalisation des grandes entreprises, sans la mise au pas de la finance, sans un grand pôle public de l’énergie et du transport, avec une gestion démocratique.

 

Il y a deux ans déjà, Lutte Ouvrière dénonçait les conditions de travail dans l’usine de Chedde :

 

« L’usine faisait anciennement partie du groupe Péchiney et comptait, il y a 30 ans, un millier d’ouvriers. Aujourd’hui, il n’y a plus que 180 travailleurs dans cette usine, qui dépend de SGL Carbon, un groupe allemand qui emploie 6 200 personnes et possède une quarantaine de sites dans le monde.

 

Mais si Chedde a perdu la plus grosse partie de ses effectifs, les conditions de travail ne se sont pas améliorées. Le travail se fait au milieu de la poussière de carbone, avec en plus la chaleur des fours. Le danger y est permanent. Plusieurs postes de travail sont exposés au brai, connu pour ses effets cancérigènes. En 2010, trois ouvriers avaient été intoxiqués par des émanations de gaz carbonique et avaient dû être hospitalisés. En janvier 2015, une explosion provoquée par la formation d’une poche de gaz dans un four a soufflé le toit d’un bâtiment, heureusement sans faire de blessés.

 

Dans ce dernier cas, c’était la conséquence directe d’une course au profit. En construisant des fours plus gros et en réduisant le nombre des cheminées d’évacuation de gaz, la direction voulait augmenter la productivité.

 

À Chedde, la direction essaie d’intimider les travailleurs, leur demande des efforts supplémentaires, laissant entendre que l’usine serait en sursis… Elle cherche même à les dresser contre de prétendus concurrents chinois ou même contre l’usine polonaise du groupe. »

 

Autre moyen pour lutter contre la pollution : une politique ferroviaire nationale volontariste. Les habitants de la vallée de l’Arve sont asphyxiés par une circulation par camions de marchandises qui pourraient et devraient normalement être transportées par le rail. Mais la politique de la SNCF soumise à des logiques de privatisation favorise les entreprises de transport privées et les méthodes du privé, tout en étant devenue le plus grand transporteur routier de France : Geodis-Calberson, Ouibus.

 

La privatisation de l’électricité (les barrages en montagne) va désormais empêcher toute maîtrise de la production et de la consommation au bénéfice des citoyens. Olivier Berruyer, du site Les-Crises.fr a bien résumé le problème :

 

« La grande affaire pour la commission européenne, c’est l’entorse à la concurrence libre et non faussée sur le marché de l’énergie. La France possède le deuxième réseau hydroélectrique européen. Bâti pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il est totalement amorti. Il permet de produire l’énergie renouvelable la moins chère, entre 20 et 30 euros le mégawattheure, contre plus de 50 euros pour le nucléaire, au-delà de 80 euros pour l’éolien et le solaire. Selon la direction générale de l’énergie et du climat, les installations hydroélectriques dégagent un excédent brut d’exploitation de 2,5 milliards d’euros par an. Investissements et rémunération du capital déduits, le bénéfice s’élèverait à quelque 1,25 milliard d’euros par an.

 

De tels résultats suscitent bien des convoitises. Tous les privés en veulent leur part. Dès 2006, date de l’ouverture du marché français de l’énergie à la concurrence, les rivaux d’EDF ont demandé à bénéficier eux aussi des concessions hydrauliques, exploitées jusqu’alors à 80 % par EDF et 17 % par Engie (ex-GDF-Suez) dans le cadre de la nationalisation de l’électricité et de la loi sur l’eau. En 2012, l’association française indépendante de l’électricité et du gaz (Afieg), regroupant l’allemand E.ON, l’italien Enel, le suédois Vattenfall, le suisse Alpiq, s’est à nouveau manifestée pour réclamer d’avoir sa part dans les concessions hydrauliques. Depuis, certains membres semblent s’être beaucoup activés pour porter le dossier devant la commission européenne. »

 

Les privatisations découlent de la logique des traités européens. Pendant ce temps, l’État organise son propre recul : des bureaux de poste vont fermer du côté du Plateau d’Assy après ceux du Pays du Mont-Blanc, alors qu’ils avaient été refaits en 2010.

 

La fermeture de deux antennes de la CPAM à Sallanches a eu lieu en 2014. Des fermetures de lits d’hôpitaux sont planifiées. Tout cela pourrit la vie des gens dont les impôts filent vers le CICE.

 

L’or blanc est synonyme de pollution. Il faut désormais rentabiliser rapidement les stations, donc skier quand il n’y a pas de neige, faire venir un maximum de touristes, donc d’automobilistes.

 

Les incinérateurs sont également source de pollution. Celui de Passy est géré par une filiale de Suez. Il brûle 60 000 tonnes de déchets par an dont 25 000 tonnes seulement sont des ordures ménagères. Le reste sont des déchets industriels, des encombrants qui devraient être recyclés et non incinérés et des ordures ménagères extérieures aux villages concernés. L’effet de couvercle du fond de la vallée empêche un vrai dégagement des fumées.

 

Les habitants de cette vallée ont beaucoup souffert cet hiver. Pourtant, dès 2009, certains avaient sonné l’alarme. En dénonçant, par exemple, la présence beaucoup trop forte de benzopyrène, un polluant persistant, très cancérigène, que l’on trouve en particulier dans la fumée de cigarette. Ce poison à petit feu provient des pots d’échappement, de la combustion domestique, des usines metallurgiques, des centrales électriques fonctionnant au pétrole ou au charbon, des incinérateurs. Il diminue la fertilité et peut provoquer des altérations génétiques.

 

Village au fond de la vallée

Comme égaré presque ignoré

 

Bientôt tous morts dans la vallée ?

 

L’asphyxie politique des résidents de la vallée de l’Arve
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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 06:47

 

 

J’avoue en avoir ras la casquette de ces gens authentiquement de gauche qui se réjouissent de la victoire de Trump au motif qu’il semble avoir adopté vis-à-vis de Poutine une attitude positive sans hostilité préconçue. Poutine, dont chacun sait qu’il n’est pas milliardaire et qu’il dirige une démocratie exemplaire. Pour l’anecdote, si les Russes ont un dossier sexuel sur le roi de l’immobilier aux multiples faillites, ils le tiennent et, quand la CIA l’aura décidé, le président des Etats-Unis sera mis en accusation (« impeached ») et destitué.

 

Que les fascistes polonais et hongrois, Nigel Farage et la famille Le Pen se réjouissent de l’accession à la Maison Blanche (qui n’avait pas été aussi blanche depuis longtemps) de l’imprévisible peroxydé, cela peut s’entendre, mais que des consciences de gauche voient en lui le prodrome d’un équilibre mondial plus juste, cela me laisse perplexe. Á commencer par sa volonté de transférer – en toute illégalité – l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

 

Je lisais tout récemment dans Le Grand Soir un article d’une autrice que j’apprécie habituellement, qui prenait de haut la marche, petite-bourgeoise à ses yeux, des femmes contre Trump (qui aime les spécimens du sexe opposé dès lors qu’il peut les « attraper par la chatte »), oubliant que manifester aujourd’hui aux Etats-Unis, même en très grand nombre (près d'1 million à Washington, 700 000 à Los Angeles, 150 000 à Boston, soutenus par 100 000 manifestants à Londres et 5 000 à Paris), est une entreprise à haut risque, à court, moyen et long termes. Selon cette plume, Trump est « un cadeau de l’Histoire que le peuple des États-Unis vient de faire au monde » car il est, après Poutine, « la première résistance qui s’élève au plus haut niveau, contre les seigneurs de la guerre qui tuent notre monde en accordant à la Finance et aux multinationales, en particulier celles qui vendent des armes, les privilèges les plus absolus ».

 

Commentant cet article, une lectrice apportait l’éclairage suivant : « L’autre jour, je discutais avec une mère de famille qui a été jetée à la rue avec sa fille de 8 ans le 27 novembre passé, soit à la veille de l’hiver, par un promoteur immobilier très connu sur la place de Lausanne, lequel fait l’objet d’une enquête pour harcèlement sexuel à l’encontre d’une de ses ex-employées. Je doute fort qu’il soit inquiété par la justice de classe qui sévit en Suisse. Aucune femme n’a manifesté pour cette mère et sa fille. Aucune femme n’avait manifesté quand, avant de perdre son logement, cette mère avait perdu son travail. » Ce n’est pas une femme que le promoteur Trump a mis à la rue ces trente dernières années mais des milliers de familles qu’il a fait expulser par des mafias dont c’est la spécialité chaque fois qu’il a acheté un vieil ensemble immobilier par le remplacer – après l’avoir rasé – par une tour à lui.

 

Cette fascination trumpiste de gauche n’est pas une spécificité française. En Allemagne, Die Linke joue du même pipeau en prônant la dissolution de l’OTAN (pourquoi pas ?), une alliance militaire avec la Russie (pour quoi faire ?) et en acceptant la réorientation annoncée par Trump de la politique militaire étasunienne.

 

 

 

Alors, de quoi Trump est-il le nom (pardon, Badiou d’utiliser votre questionnement pour un type aussi haïssable) ?

 

Ce n’est pas de sa faute mais celui d’un système institutionnel qui date des Pères Fondateurs : Trump n'a pas été élu au suffrage universel par une majorité de citoyens. Son antagoniste aurait obtenu 3 millions de voix de plus que lui, ce qui n'est pas rien. Avant cela, il n’avait pas payé d’impôts pendant des années, s’en était vanté et l’avait justifié. Une de ses toutes premières décisions fut d'ailleurs une baisse des impôts. Depuis son élection, il transgresse la clause constitutionnelle des émoluments puisqu’il n’envisage pas de se débarrasser des entreprises et propriétés qu’il possède de par le monde, n’étant donc pas gêné le moins du monde par des conflits d’intérêt sans précédent. La fortune des 17 membres du cabinet Trump dépasse celle cumulée de 126 millions d'Étasuniens. Alors, que la politique économique de Trump soit un peu plus protectionniste que celle de ses prédécesseurs ou pas, pas d'inquiétude : elle accroîtra les intérêts des 17 multimilliardaires en question.

 

Dans un autre domaine, il a tenu des propos limites sur l’affection qu’il porte à sa fille : « Si Ivanka n’était pas ma fille, peut-être que je la draguerais ». Mais, plus généralement, il aime à traiter les femmes « comme de la merde ».

 

Une heure après avoir été intronisé, il a rayé d’un trait de plume le système de santé mis en place par Obama. Sa ministre de l’Éducation est une multimilliardaire qui n’a jamais mis les pieds dans une école publique et a milité contre les nouveaux droits des homosexuels. Scott Pruit, le nouveau directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement a milité sa vie durant pour la déréglementation dans ce domaine et s'est montré hostile aux décisions prises par Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et Trump qui, pendant sa campagne, affirmait vouloir rendre la parole au peuple des États-Unis a fait couper la ligne téléphonique qui permet aux citoyens d'appeler  la Maison Blanche.

 

Trump fait l’objet d’une action de groupe de la part d’étudiants qu’il a embarqués dans sa très improbable Université Trump.

 

Il approuve la torture contre les terroristes présumés, les Conventions de Genève étant pour lui « dépassées ». Les militaires tortureront s’il leur en donne l’ordre, a-t-il affirmé pendant la campagne, ce malgré la clause de conscience qui leur permet de s'opposer à un tel ordre.

 

Il estime que le réchauffement climatique est « une invention des Chinois ». La Chine, le nouvel ennemi.

 

En matière de comportement raciste, il se pose là (même si son gendre Jared est un juif très orthodoxe). Il a pratiqué la discrimination raciale pour écarter des locataires. Il a affirmé qu’Obama n’était pas un citoyen des Etats-Unis. Il a mis en cause l’impartialité d’un juge en raison de ses origines hispaniques. Sous les applaudissements frénétiques de ses partisans, il a surnommé “Pocahontas” la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren qui avait évoqué son origine “native américaine. Il l’a accusée d’être une sénatrice très inefficace, juste une « grande gueule ». Il s’est attaqué au physique d’une de ses rivales.

 

Il a suggéré « une certaine forme de punition » pour les femmes qui avortent.

 

Trump est à l’image de la décoration de ses résidences (et désormais du bureau ovale de la Maison Blanche) : obscène, au sens étymologique du terme, indécent, de mauvais présage. Toujours au sens étymologique du terme, c’est un monstre : il sort de l’ordre normal de la nature. On l’a bien vu le jour de son investiture lorsqu’il se dirigeait vers le pupitre : le pas lourd, la mâchoire serrée, la veste et le manteau ouverts, la cravate rouge malveillante. Ce n’était pas le président des Etats-Unis qui s’avançait vers nous. C’était Trump.

 

 

Il faudrait quoi, pour que cesse cette fascination “de gauche” ? Qu'il relance une politique de la canonnière vis-à-vis de la Chine ? Qu'il publie chaque semaine la liste des délits commis par des immigrants ? Qu'il fasse rouvrir les prisons secrètes de la CIA hors des états-Unis ? Qu'il cesse de subventionner les établissements de santé qui pratiquent l'IVG ? Qu'il applique le droit du sang et expulse 6 millions de clandestins ? Qu'ils supprime l'impôt sur les successions ? Qu'il s'obstine à ne pas rendre publique sa déclaration d'impôts ? Qu'il refuse d'appliquer les conclusions de la COP21 ? Qu'il laisse les banques totalement libres de se réguler par elles-même ? Qu'il les laisse gérer seules la dette des étudiants (1000 milliards de dollars) ? Qu'il accorde à tous les citoyens des États-Unis un port d'arme valable pour tout le territoire national ? Qu'il baisse le taux d'imposition sur les sociétés de 35 à 15% ? 

 

Patience, patience, tout cela est dans les tuyaux...

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 05:24

On ne saurait intenter au député René Dosière un procès en oisiveté. Depuis 1997, il siège à l’Assemblée nationale où il s’est dépensé sans compter. Il a droit, comme tous les travailleurs, à une vraie retraite. D’autant que, né en 1941, il a 75 ans (va-t-il rempiler lors des élections législatives du printemps prochain, le suspense est insoutenable ?). René Dosière a cumulé d’autres fonctions : 15 ans conseiller général de l’Aisne, 14 ans maire de Laon, 1 an président du Conseil régional de Picardie.

 

Á l’évidence, il aime ce qui est pour lui un métier : à deux reprises, cet encarté au parti socialiste (depuis 1977) s’est présenté, avec succès, contre les militants de son parti qui lui avaient préféré d’autres candidats. Lors de ces manœuvres, il fut soutenu par l’actuel ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. Il siège à présent sous l'étiquette Divers-Gauche.

 

En tant que député, René Dosière s’est spécialisé dans l’utilisation des finances publiques. Il s’est courageusement opposé au ministre Sarkozy lors de l’affaire de la carte bancaire de Cécilia Sarkozy et au président Chirac lorsqu’il dénonça la forte et très opaque progression du budget de l’Élysée, une enquête qui déboucha sur la publication de L’Argent caché de l’Élysée. Il a également travaillé sur les finances de l’Assemblée nationale, celle des outre-mer, au fonctionnement de la Cour des comptes et à la sécurité routière. Bref, il n’a pas chômé et n’a pas craint de s’exposer.

 

La où le bât blesse c’est quand il justifie le montant des retraites des députés. S’ils peuvent avoir droit à la retraite, c’est parce qu’ils touchent des émoluments. Pour faire vite, un député touche 5 500 euros imposables et une indemnité de fonction de 1 400 euros non imposable. Ils déduisent de ce traitement brut 1 900 euros de cotisations diverses. Ils touchent par ailleurs une contestée “indemnité représentative de frais de mandat” (IRFM) qui s'élève à 5 700 euros par mois, dont il faut déduire la CSG et la CRDS. Elle doit permettre aux députés de « faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice de leur mandat qui ne sont pas directement prises en charge ou remboursées par l'Assemblée ». Mouais…

 

 

 

Le régime des retraites des parlementaires a été récemment réformé (par eux) à leur désavantage : il doivent désormais avoir cotisé 31 ans pour percevoir une retraite à taux plein. Rappelons que les salariés français ”ordinaires” doivent cotiser 42 ans. Après un mandat, ou cinq ans de cotisation, le député touche 1 000 euros de retraite (un salarie du privé qui gagne 7000 euros par mois touchera 542 euros de retraite pour cinq ans d’acticité).

 

Mais un député sur dix, dont René Dosière, continue à bénéficier de l’ancien système, au non de la non-rétroactivité. L’élu picard touchera une retraite a taux plein en ayant cotisé 22 ans et demi, à savoir 6329 euros brut.

 

Si une réforme de 2010 vise à aligner le système des pensions sur celui de la fonction publique, les députés bénéficient toujours d’un régime de retraite généreux. En moyenne la retraite d'un ancien député s'élève à 2 700 euros nets par mois. Jusqu'en novembre 2010, les députés pouvaient profiter de la règle de la double cotisation lors de leurs trois premiers mandats de 5 ans à l’Assemblée.

 

Interrogé par une journaliste de France 2 le 11 janvier 2017 sur ce qu’il est difficile de ne pas appeler un privilège, René Dosière a répondu que, pour être député, il avait « consenti des sacrifices importants ». La journaliste lui a sauté à la gorge pour exiger qu’il détaille ces sacrifices ! J’déconne. En bonne élève de Pujadas, elle n’a pas relancé.

 

Brièvement quelle fut la vie sacrificielle de Dosière ? Fils d’instituteur, il obtient une licence d’histoire et de géographie et un DESS de géographie. Il travaille un an au service départemental d’aménagement rural de l’Aisne puis effectue son service national dans la coopération au Canada. Á partir de 1977, il est élu municipal et régional. Il aura donc mené une vie de travailleur « normal » de 1970 à 1977.

 

On cherchera en vain les sacrifices qu’il a dû accomplir quand il est devenu un élu du peuple, que ses revenus ont doublé ou triplé. Et ce qui justifierait une retraite somptuaire.

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:46

Pas tous les peuples, et pas tout le monde de la même manière. Mais, globalement, le résultat est là.

 

 

Les plus pauvres

 

En 2007, sur 14 pays européens, 9 d’entre eux avaient un premier décile plus élevé que celui constaté en France. Même le Royaume-Uni faisait mieux (indice 106, France = 100), tandis que les Pays-Bas étaient ceux qui traitaient le mieux leurs pauvres (+25 % par rapport à la France). Seuls faisaient plus mal, dans l’ordre décroissant, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Huit ans après, Sarkozy et Hollande sont passés par là, il n’y a plus que cinq pays à faire (un peu) mieux que la France : Danemark et Autriche (106, donc + 6 %), suivis de la Suède (103), puis des Pays-Bas et de la Finlande (102). Le Portugal, où le sort des pauvres n’était guère enviable, a dégringolé un peu plus bas encore (passant de 50 à 41), mais la chute est encore plus impressionnante en Irlande (on passe de 109 à 81), en Espagne (de 68 à 49) et en Grèce (de 60 à 32). Bref, partout, ou presque, les pauvres sont les victimes les plus touchées par la crise. Seuls deux pays font exception : la France et la Finlande.

 

 

 

 

 

Les médians

 

La médiane, c’est-à-dire le niveau tel que moitié de la population dispose d’un niveau supérieur à ce montant et moitié d’un niveau de vie inférieur. En France, cette médiane correspondait à un niveau de vie (mesuré en standard de pouvoir d’achat) de 1 660 euros mensuels en 2015, comme en Belgique, mais un peu moins qu’en Allemagne et au Danemark (1 700 euros, toujours en standard de pouvoir d’achat), seules la Suède (1 770 euros) et l’Autriche (1 815 euros) étant mieux loties. Les Français ne sont pas si mal placés que cela en termes de niveaux de vie médian. Dans le reste de l’Europe, les « médians » ont partout vu leur niveau de vie se dégrader par rapport à celui des Français, la seule exception étant la Suède (où ce niveau de vie médian est passé de 105 à 107, soit + 7 % par rapport au niveau de vie médian en France, alors que la Suède ne le dépassait que de 5 % en 2007). La dégradation (par rapport à la situation française) est de 33 points au Royaume-Uni (qui passe de 122 à 89), de 34 points en Irlande (de 117 à 83), de 32 points en Grèce (de 76 à 44), de 19 points en Italie (de 96 à 77) et aux Pays-Bas (de 116 à 97), etc. Bref, c’est moins la France qui progresse que les autres pays qui régressent, et parfois dans des proportions très élevées.

 

 

Les “riches”

 

On entendra ici par « riches » les personnes dont le niveau de vie est situé entre le huitième décile (2 430 euros mensuels en 2015, en SPA) et le neuvième (3 070 euros). En 2007, la France n’arrivait qu’en huitième position : nos « riches » étaient largement dépassés par les riches britanniques (+ 36 %), irlandais (+ 29 %), allemands (+ 18 %), autrichiens (+ 15 %), néerlandais (+ 14 %), et même italiens (+ 4 %) ou belges (+ 3 %).

 

Mais, huit ans après, le paysage des riches a bien changé par rapport à la France. Celle-ci dispose des riches les mieux lotis d’Europe, juste derrière l’Autriche (+ 2 %) et l’Allemagne (+ 3 %). Tous les autres riches ont subi la “crise” (la gestion de Bruxelles au service du capitalisme financier) bien plus douloureusement qu’en France : - 40 points au Royaume-Uni, - 39 points en Irlande et en Grèce, - 24 points en Italie, - 22 points aux Pays-Bas, - 15 points en Allemagne…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vraiment bien lotis

 

Les vraiment bien lotis sont ceux du 1 % supérieur, les 630 000 personnes dont le niveau de vie (en 2015) est compris entre 5 400 euros et 6 800 euros par mois. Cocorico : c’est en France que ces riches de riches sont le plus riche. Ils battent tout le monde : les Britanniques (au plus 6 270 euros, alors qu’en 2007, ils dépassaient nos très riches de… 54 %) ; les Allemands (au plus 6 040 euros, alors qu’en 2007 ils dépassaient nos riches de 33 %). Et on ne parle même pas de ceux qui établissent leur domicile fiscal hors de France.

 

En France, les très pauvres et les très riches ont supporté la crise mieux qu’ailleurs. Preuve que notre système de protection sociale fonctionne plutôt mieux que dans les autres pays, et notre système fiscal plutôt moins bien. Mais ce que l’on entend dans la médiacratie, ce sont les dénonciations de l’assistanat – les pauvres coûtent trop cher, ce sont des tricheurs ou des fainéants – et les plaintes des nantis – on écrase de charges et d’impôts ceux qui « créent de la richesse ».

 

Bref, au lieu de se réjouir de la cohésion sociale en France, plutôt préservée de la crise jusqu’à présent, il n’est question, dans le discours dominant, que de réduire les impôts, les services publics et les prestations sociales, qui ont permis au pays d’échapper au pire.

 

Source : Alternatives économiques

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 06:32
 

Ce 3 janvier 2017 à 20 h, j’ai suivi, sur le journal télévisé de France 2, un reportage intitulé "Au Royaume-Uni, les chômeurs soumis à un régime drastique". Sous titre : "France 2 a enquêté sur le système dénoncé par le réalisateur Ken Loach dans son film Moi, Daniel Blake, auréolé de la Palme d’or au festival de Cannes.

Reportage :

 

Voix du journaliste : "Beaucoup disent y aller la peur au ventre, comme on répondrait à une convocation du commissariat de police. Le Job Centre, l’équivalent britannique de Pôle emploi, est interdit aux caméras. Ce chômeur est l’un des rares à avoir filmé en caméra cachée son évaluation bimensuelle. Il a écrit noir sur blanc toutes ses recherches d’emploi, mais visiblement cela ne suffit pas, d’autant qu’il a osé postuler à des offres en dehors de son champ de compétence."

 

Voix de l’employée du Job Centre : "Vous n’avez même pas postulé. Vous avez regardé des offres d’emploi qui ne vous correspondant pas. Vous n’avez pas l’expérience nécessaire."

 

Voix du chômeur : "Oui mais vous ne comprenez pas ce que je vous dit. Vous m’avez dit de faire ça..."

 

Voix de l’employée du Job Centre : "Vous n’avez pas utilisé les sites officiels..."

 

Voix du chômeur : "Non, mais, attendez, ce n’est même pas marqué sur le formulaire..."

 

Voix du journaliste : "Il y a 31 règles à respecter. La première d’entre elles : passer 35 heures par semaine sur ce site officiel à chercher du travail. Toutes les connexions et les clics sont enregistrés. Ce jeune chercheur d’emploi n’a pas pu atteindre le quota, ses allocations ont été coupées. "On a l’impression de n’être qu’un numéro. J’ai dû faire 35 heures de recherche d’emploi en ligne par semaine. C’est nettement impossible. Alors ils m’ont coupé les allocations. Je peux comprendre, mais si on me retire l’argent, comment fait-on pour vivre ?", demande-t-il. [Et je note même que le verbe employé, en anglais, est non pas vivre (to live) mais "survive", "survivre"...]. 


"Il est obligatoire, sous peine de sanctions, d’accepter n’importe quel travail fourni par le Job Centre. Autre règle pointilleuse : si vous avez dix minutes de retard à un entretien, vos allocations pourront être coupées. Si, et seulement si, ils respectent toutes les conditions, les chômeurs seront indemnisés. Mais avec une allocation conçue pour les décourager de rester inactifs. L’allocation-chômage ou ARE, s’appelle au contraire allocation de chercheur d’emploi. Elle est limitée à 6 mois maximum. Son montant est de 73 livres maximum par semaine, soit 400 euros par mois. Elle n’est pas indexée sur l’ancien salaire. Peu importe que l’on sorte d’un métier de banquier, de pilote de ligne ou de cadre supérieur. Enfin, cette maigre allocation est encore réduite en fonction des revenus du conjoint."

 

"Sur ce régime très strict, le cinéaste britannique engagé Ken Loach a réalisé un film, Moi, Daniel Blake, auréolé d’une palme d’or à Cannes, le film a suscité un léger débat au Royaume-Uni, vite balayé, quelques semaines plus tard, par le gouvernement britannique. Il croit dur comme fer en son modèle, conforté par le chiffre record de 4,8 % de chômage seulement."

 

Vue d’une salle où parle le ministre du travail, Damian Green : "Il faut veiller à ce que les gens soient toujours mieux dans le marché du travail qu’en dehors. Notre approche de la réforme de l’État-Providence a transformé ce pays. C’est le travail qui doit rapporter et les aides doivent limitées à ceux qui en ont le plus besoin. Il y a aujourd’hui 2,7 millions de personnes de plus qui travaillent qu’en 2010. "

 

Voix du journaliste : "Et il n’y a pas que les politiques. Une bonne partie de la société et les journaux populaires pointent du doigt ces chômeurs qui ont osé partir en vacances après avoir épinglé leur photo sur les réseaux sociaux et parfois la justice s’en mêle, comme avec l’exemple de cette femme qui avait beaucoup voyagé et qui a écopé de trois ans de prison ferme".

 

Remarques sur ce que n’ont pas dit les journalistes

 

Remarque 1. Cette grande dureté (montrée de façon saisissante par Ken Loach dans son film), révèle la persistance de l’ancienne mentalité chrétienne (catholique comme protestante, d’ailleurs) qui considère le non-travail (baptisé oisiveté) comme le vice principal, comme le vice initial, comme le vice-matrice de tous les autres, et qui voit le travail comme le rachat, la rédemption de la faute originelle d’Adam : "Á la sueur de ton visage tu mangeras ton pain" (Genèse 3, 19). Dans cette perspective, ce que rapporte le travail importe peu – et il importe encore moins que sa rémunération permette de vivre : l’essentiel est qu’il y ait travail, et travail comme "punition", comme épreuve douloureuse. Cette notion se retrouvant à la fois dans le nom de la "trabicula" ou chevalet de torture, et l’expression "femme en travail", c’est-à-dire femme dans les douleurs de l’enfantement.

 

Remarque 2. Même si tous les pays tendent à adopter la même attitude à l’égard des chômeurs, il n’est pas anodin que ce reportage ait été effectué au Royaume-Uni, pays qui a mis au point, au XVIIIe siècle, les workhouses (ou, littéralement, les maisons de travail), où les pauvres, en échange d’une maigre pitance, et d’un "logis", étaient astreints à travailler dans des conditions très dures et humiliantes, 18 heures par jour, séparés entre hommes et femmes, et soumis à de dures punitions en cas d’indiscipline ou de manque de rendement. A cet égard, pastichant Lénine, qui disait : "Le communisme, c’est les Soviets plus l’électricité", on pourrait dire, les Job Centres à la britannique, "C’est les workhouses plus Internet".

 

Remarque 3. Il est assez notable que dans l’Histoire de l’Angleterre dite "moderne" (c’est-à-dire à partir du début du XVIe siècle), certains des souverains les plus marquants, ou dont on s’est le plus souvenu, ont été des femmes : Marie Tudor, Élisabeth I, Victoria, et, depuis 1952, Élisabeth II, au point parfois que, de leur nom, a dérivé un adjectif : l’Angleterre élisabéthaine, l’Angleterre victorienne. Or, cette Angleterre victorienne traîne derrière elle des connotations négatives, à la fois du point de vue du social (les workhouses) mais aussi des mœurs (la pudibonderie, l’éducation stricte des femmes, les condamnations d’Oscar Wilde pour homosexualité). 


Peut-être, un jour, si le Royaume-Uni retrouve la voie du progressisme d’avant 1979, parlera-t-on de la seconde époque élisabéthaine (celle qui a débuté avec Élisabeth II) non plus comme celle du folklore royal célébré avec obséquiosité par les Léon Zitrone et Stéphane Bern, mais comme celle d’une ère particulièrement féroce pour les salariés, les pauvres, les malades et les chômeurs.

 

Dans les années trente, George Orwell publie son premier livre : Dans la Dèche à Paris et à Londres. Il y décrit la condition des clochards à Londres et dans le Kent, condition qu'il a volontairement partagée de manière intermittente, et celle des plongeurs dans des restaurants miteux parisiens, où il a travaillé par nécessité pour survivre.

La grande leçon qu'il tire de ses pérégrinations dans le sud-est de l'Angleterre c'est que clochard est un métier à plein temps. Il y a à cette époque au Royaume Uni des millions de chômeurs et il faut les occuper. Les chemineaux sont hébergés dans des foyers minables et insalubres et doivent se soumettre à la règle implacable (même s'ils sont unijambistes, scrofuleux ou tuberculeux) qui interdit de rester plus d'une nuit dans un même lieu. Ils doivent donc le matin vider les lieux et marcher une vingtaine de kilomètres pour rejoindre le foyer suivant, ce qui leur prend la journée.

L'un des centres d'hébergement les plus tristement célèbres se trouvait à Londres dans le quartier de l'Embankment. Les clochards ne dormaient pas sur des lits ou des paillasses mais sur un banc collectif devant lequel on tendait une corde pour qu'ils puissent s'y appuyer. Le matin, le gardien détachait brutalement la corde, les résidents s'écroulaient par terre, bien réveillés.

Au XIXe siècle, en France, on assimilait classes laborieuses à classes dangereuses. Même chose outre-Manche où l'on avait inventé le concept de “Policing the poor", surveiller, fliquer les pauvres. Ce que décrivent Philippe et Arnaud et France 2, c'est tout à fait cela, dans la version orwellienne mâtinée de 1984. Les pauvres sont  pauvres parce qu'ils naissent coupables ; ils doivent alors prouver leur innocence. Ils sont donc surveillés en temps réel, seconde après seconde. Être chômeur est donc un métier qui vous empêche de penser au Grand Soir, de penser collectivement, de vous décentrer.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:39
 

Un article de Benoît Delrue publié par le site Le Bilan le 21 mai 2015. Comme tout les bonnes choses, cet article n'a fait que ... se bonifier. Ici, de larges extraits.

 

La problématique de la dette publique est désormais omniprésente dans le monde politique. Partis et gouvernements se renvoient la balle de la « mauvaise gestion » dans une hypocrisie totale. En réalité, la dette publique reflète les gigantesques pertes de la crise bancaire de 2008, et d’un système financier aux intérêts exclusifs. Cette extorsion de masse, masquée par les politiciens, journalistes et pseudo-experts économistes, est d’une ampleur telle qu’elle en est devenue criminelle.

 

Ces dernières années, la question de la dette publique s’est placée au devant du débat national comme une problématique majeure. Sur les plateaux télé, les économistes – venus presque tous de cabinets de conseil financier, et non de laboratoires de recherche scientifique – s’alarment sur les « proportions » de notre dette. PS, UMP-Républicains et FN sont unanimes : cette situation résulte avant tout d’une « mauvaise gestion » des finances publiques. La majorité socialiste et l’ex-majorité de droite se renvoient la balle.

 

Tous insistent sur la gravité du phénomène. Aucun n’explique clairement d’où vient la dette publique, ni comment, ni à qui elle est remboursée.

 

La dette publique, un fait logique
 

Il convient avant tout de mieux définir ce qu’est la dette publique. Elle est la somme de tous les emprunts contractés par l’Etat, les collectivités territoriales et les organismes publics – notamment la Sécurité sociale. La procédure est des plus courantes : chaque pays, chaque région, chaque ville a besoin de fonds propres pour financer des investissements. De la construction d’infrastructures à l’adaptation aux techniques modernes, l’investissement est le fondement de l’action publique. Pour disposer de ces fonds propres, l’Etat peut attendre d’accumuler une grande trésorerie, par impôts et autres taxes ; mais il prendrait alors un retard préjudiciable. L’équipement, le renouvellement, l’amélioration des structures publiques ont vocation à renforcer les capacités productives, donc à accroître la production nationale, ce qui amène à l’augmentation proportionnelle des impôts levés. L’emprunt est donc la pratique la plus répandue, car elle est la plus efficace.

 

Répandue dès l’Ancien régime et omniprésente aujourd’hui, la dette publique est un fait logique. Elle répond néanmoins à un mécanisme différent selon les âges, et qui nécessite d’être éclairci. Une dette a lieu parce qu’il existe un débiteur et un créditeur. L’endetté et le créancier se rejoignent parce qu’ils trouvent chacun leur intérêt dans l’opération. Le premier, pour jouir d’une somme financière nécessaire à un investissement ou une activité ; le second, pour récupérer au final une somme supérieure à celle qu’il a concédée. Généralement exprimés en pourcentages rapportés à la somme prêtée, les taux sont déterminés d’un commun accord par le débiteur et le créancier. Cependant, leur définition fait l’objet d’un bras-de-fer : celui qui contracte le prêt cherchera le taux d’intérêts le plus bas, celui qui le fournit, le plus haut. Dans ce rapport de force, l’avantage se situe toujours du côté du créditeur : il détient l’argent voulu et décidera, en dernier recours, de le prêter ou non. Une fois l’emprunt signé, c’est lui qui rend le service, c’est donc à lui qu’on est redevable. Cette règle de supériorité se vérifie plus que jamais aujourd’hui.

 

La réalité de l’économie capitaliste
 

Avec l’avènement du capitalisme, la révolution industrielle et le progrès technique réalisé depuis, l’emprunt public s’est largement massifié. Le développement sans précédent du secteur financier est un marqueur du nouveau système de production. Les prêts se multiplient, en nombre et en montants, mais leur remboursement est assuré par les hausses fulgurantes de productivité. Plus encore que la hausse quantitative, c’est la nature même des emprunts qui doit être étudiée. Pour emprunter, l’Etat procède à l’émission de sa dette : il demande pour une période donnée – courte, de quelques mois, ou longue le plus souvent, sur dix ou vingt ans – la somme nécessaire à ses investissements immédiats, qui est divisée en parts égales. Ces dernières, les obligations ou bons du Trésor, peuvent être achetées par tout un chacun – les « petits porteurs » – mais elles sont en immense majorité achetées par de grosses institutions : les banques et fonds de placement (ou hedge funds). Aux emprunts de l’Etat s’ajoutent tous les prêts contractés par les collectivités et organismes publics, tels que les hôpitaux, pour établir la dette publique. Ces prêts sont effectués directement auprès de grandes banques d’investissement.

Le capitalisme est un régime économique fondé, comme son nom l’indique, sur le capital. Ce dernier est un amas de richesses, concrétisé sous formes de titres financiers – les parts de propriété des entreprises. Par extension, les détenteurs de grands capitaux détiennent les grandes entreprises, qui sont toutes-puissantes pour décider de la production nationale, et bientôt transnationale. Dès lors, le monde contemporain se partage en deux catégories : ceux qui détiennent le capital et ceux qui en sont démunis. Les premiers décident de la production, ont façonné les Etats et influencés les lois, possèdent via leurs holdings, maisons-mères, filiales et sous-traitants des moyens de production gigantesques – terres, immeubles, marques, machines, brevets d’invention – et emploient des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes. Les seconds disposent ou d’un maigre capital, leur permettant de « faire tourner » une petite affaire à la sueur de leur front, ou de leur seule force de travail pour subsister. La dernière catégorie, qui n’a pas d’autre choix que de « se vendre » sur le « marché du travail » pour trouver de quoi vivre, est en écrasante majorité sous le système capitaliste. Il s’agit, y compris dans une économie « de services », de la classe ouvrière, composée de tous les travailleurs exécutants assignés à un poste de production, démunis de tout pouvoir décisionnel sur le processus productif – et ce quel que soit leur niveau d’instruction.

Cet éclaircissement est fondamental pour notre problématique : les classes sociales existent, et par leur nature, par leurs rapports vis-à-vis de la production, leurs intérêts sont profondément antagonistes. Ceux qui détiennent le capital possèdent les banques, et donc les dettes. Ceux qui sont dépourvus de capital n’ont d’autre choix que de se financer encore et toujours auprès des institutions bancaires, donc des détenteurs de capital. La position de force de ces derniers explique les mécanismes modernes de la dette publique.

 

La loi de 1973
 

La loi « Pompidou Giscard Rothschild » est souvent citée pour définir le fonctionnement de la dette publique. Votée sous l’égide du ministre de l’Economie et des Finances, Valéry Giscard-d’Estaing, et du président de la République Georges Pompidou, qui a travaillé à la banque Rothschild durant la « traversée du désert » du général, ce texte législatif dépossède la Banque de France d’un pouvoir essentiel : imprimer de l’argent frais à destination directe du Trésor public. Autrement dit, l’Etat ne peut plus se financer par sa propre banque centrale, mécanisme qui lui permettait jusqu’alors de disposer de taux particulièrement bas, et donc d’investir massivement sans devoir s’acquitter d’intérêts élevés. Son seul choix de financement est alors le recours aux marchés financiers, c’est-à-dire aux agents privés. Ces derniers, puisqu’ils sont les seuls à fournir les capitaux, sont en position de force pour négocier les taux d’intérêts les plus avantageux.

 

 

La vérité sur la dette : comment le peuple français se fait piller

 

La loi de 1973 fait l’objet d’un débat féroce entre ceux qui l’accusent de tous les maux financiers actuels, notamment dans la gauche radicale et dans une moindre mesure à l’extrême-droite (non sans quelques accents racistes dans leur dénonciation de la « loi Rothschild »), et ceux qui la dédouanent de tous méfaits, comme les tribunes accordées par Le Monde. La vérité est plus fine. Il est vrai que la loi a été abrogée en 1994, mais c’est pour mieux laisser place aux règles régies par le traité de Maastricht et la nouvelle Banque centrale européenne, qui gravent dans le marbre l’interdiction pour les Etats de se financer eux-mêmes – et l’obligation de se financer sur les marchés à des taux volatiles.

 

Le fait le plus important n’est dit ni par ses détracteurs ni par ses défenseurs : la loi de 1973 n’est que l’expression logique du système capitaliste. Le mécanisme illogique pour le capitalisme est précisément celui qui était en vigueur de la Libération jusqu’à cette date. Après la victoire des forces alliées et de la résistance intérieure contre l’envahisseur hitlérien, la grande bourgeoisie collaboratrice a été purement et simplement expropriée de plusieurs de ses joyaux. Des grandes entreprises nationales, qui étaient depuis toujours la propriété exclusive de quelques familles privées, ont été nationalisées et soumises au contrôle de la nation, sous la pression d’un Parti communiste alors première force politique française. Parmi ces entreprises se trouvait la Banque de France. Dès lors, cette dernière appliqua des taux bas, permettant de financer massivement l’investissement public sans générer des intérêts monstres au profit des créanciers. Le compromis national, basé sur le renoncement de la grande bourgeoisie à des profits gigantesques, n’avait cours que tant que le rapport de force lui était défavorable. A l’aube des années 1970, elle retrouvait tout son pouvoir par les évolutions structurelles que sont la délocalisation de l’appareil industriel, le chômage naissant et la division syndicale. La classe capitaliste put donc, par la force de son influence tentaculaire, rétablir la règle logique de l’économie moderne : chacun est soumis au capital.

 

Le creusement de la dette
 

Les banques, compagnies d’assurance et fonds de placement ont construit, au fil des ans, un rapport de force qui leur est ultra-favorable. Devenus les seuls détenteurs de la dette publique, à l’exception d’autres acteurs au poids quasiment négligeable, ils ont appliqué des taux d’intérêts de plus en plus élevés et soumis à des mécanismes des plus astucieux. Les intérêts ne sont plus seulement une part du remboursement de la dette, mais font l’objet d’un paiement propre, institués par exemple dans les bons du Trésor à intérêts annuels (BTAN). Les obligations assimilables au Trésor (OAT), pour une durée longue de cinq à cinquante ans, ont vu de plus en plus leurs taux fixes remplacés par des taux variables, indexés selon les valeurs du marché, généralement très profitables aux créanciers.

 

Avec l’obligation faite à l’Etat de recourir aux marchés financiers pour se financer, les intérêts de la dette publique ont littéralement explosé. Maintenue inférieure à 2 milliards d’euros jusqu’en1973, la charge annuelle de la dette – les intérêts dont l’Etat doit s’acquitter – a atteint 10 milliards en 1982, puis 20 milliards en 1986, et s’accroche depuis vingt ans autour de 50 milliards d’euros. En deux décennies, l’Etat a dû payer pour les seuls intérêts de la dette, pour le seul coût de l’emprunt, l’équivalent de la moitié du PIB actuel – soit plus de 1.000 milliards d’euros.

 

Le système se mord la queue : plus l’Etat emprunte, plus il paye cher sa dette, et plus il doit réemprunter pour s’acquitter de ses remboursements. La dette publique de la France est passée de 100 milliards d’euros en 1982 à plus de 2.000 milliards en 2015. Le dernier exercice budgétaire bénéficiaire est d’ailleurs celui de l’année 1973, et le dernier excédent budgétaire a été constaté en 1974. Depuis lors, l’Etat a creusé son déficit, selon une courbe en montagnes russes largement déclinante sur le long terme. En 2010, le déficit public annuel s’établissait à 7,1%. Aujourd’hui, tous les « efforts » fournis par les gouvernements successifs pour réduire le déficit ne se concentrent que sur les budgets de fonctionnement de l’Etat. Les postes d’investissements, eux, ne peuvent baisser pour ne pas voir la France distancée dans la modernisation de ses infrastructures. La dette se creuse donc, à mesure que les emprunts se multiplient et que l’Etat se soumet aux règles édictées par le capital.

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Selon un rapport publié par Euroclear, entreprise spécialisée dans la gestion d’obligations, le premier créancier de la France est « Axa Investment Managers ». Allianz, MMA, CM-CIC et la BNP complètent le top cinq. Les cinquante principaux détenteurs de la dette publique française sont tous des établissements financiers privés, établis dans l’hexagone, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Luxembourg ou en Suisse pour la plupart. Eux-mêmes détenus par des fonds de placement, eux-mêmes détenus par les milliardaires de la grande bourgeoisie, le pouvoir du capital est total et s’emploie en permanence à franchir les frontières du raisonnable. Car, si les banques imposent à la France des intérêts aussi lourds, c’est pour assurer leurs propres opérations financières. La pratique est simple : pour financer les prêts qu’on leur demande, les banques demandent elles-mêmes à être financées par les marchés en émettant des nouveaux titres financiers.

 

La complicité des Etats
 

Les conditions d’emprunt sont scandaleuses, mais les propriétaires capitalistes ont un rapport de force tel que la situation garde de beaux jours devant elle avant d’être remise en cause. Le système tient parce que les Etats, et en Europe les institutions supranationales que sont l’Union et la Banque centrale de Francfort, continuent d’appliquer les règles favorables aux banques. Non seulement les banques privées créancières sont en position de force, mais les Etats endettés refusent de leur tenir tête. La législation, notamment au niveau de l’Union européenne, existe pour répondre aux intérêts des puissances financières. Chaque année, les banques dépensent 120 millions d’euros en frais de lobbying à Bruxelles, en salaires et frais de bouche. Aux abords du Parlement européen, les représentants des entreprises financières invitent au restaurant la quasi-totalité des députés pour les convaincre de voter les mesures les plus avantageuses. Des amendements sont proposés, adoptés ou au contraire refusés avec pour seule boussole l’intérêt supérieur des banques privées.

 

Que les chauvinistes de la trempe frontiste se rassurent : la pratique a cours dans l’hexagone. La puissante Fédération bancaire française, dirigée par le président de la Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE) François Pérol, exerce une influence majeure sur l’action du gouvernement. Un membre de la commission des Finances du Sénat explique que « le monde de la banque ne fait pas dans la dentelle. Il n’est pas question de déjeuners chics ni même d’amendements rédigés clés en main », des méthodes courantes dans le lobbying. « Les banquiers détiennent les clés des financements de nombreux projets des collectivités locales. Ils savent nous le rappeler au moment opportun. » Le chantage est permanent, comme le précise Gaël Giraud, économiste chercheur au CNRS : « le seul actif de BNP Paribas représente l’équivalent du PIB français ; lorsqu’il menace le gouvernement, cette menace est extrêmement crédible ».

 

Tracfin, l’institution de lutte « contre les circuits financiers clandestins », l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers font bien rire les établissements privés. Ces trois organismes de contrôle sont, soit dépourvus de moyens pour assurer leurs missions, soit gangrénés de l’intérieur par les complices des banques. Lorsqu’une infraction est finalement constatée et révélée au grand jour, l’Etat n’inflige qu’une amende dérisoire, au grand maximum de l’ordre de quelques dizaines de millions d’euros. En 2013 et en 2014, la Société générale et LCL (le Crédit Lyonnais) ont été pris la main dans le sac pour avoir obligé leurs clients les plus pauvres souhaitant ouvrir un compte bancaire à s’acquitter de prestations payantes, alors qu’elles étaient facultatives. Les deux banques ont écopé d’une amende de 2 millions d’euros. Un montant insignifiant comparé aux gigantesques bénéfices des banques, qui se comptent chaque année en milliards ; donc une « sanction » sans aucune conséquence, malgré le préjudice réel.

 

 
Le grand scandale de la crise financière
 

Les banques françaises ont à peine vacillé durant la crise des subprimes. BNP Paribas, pourtant empêtrée dans ses engagements dans des produits à hauts risques, est certes passée d’un résultat net de 7,82 milliards en 2007 à 3 milliards d’euros en 2008 ; mais elle maintenant alors des profits gigantesques au plus fort de la crise. Dès 2009, la BNP réalisait 5,83 milliards de bénéfices, puis 7,8 milliards en 2010, soit son niveau record d’avant la crise. Si cet exemple est le plus probant, les profits des autres banques ont suivi cette courbe. La dette privée des banques, qui jouent au poker avec des sommes astronomiques, ayant été rachetée par les Etats, les établissements ont pu se maintenir des bénéfices plus que confortables, partagés entre leurs dirigeants et leurs actionnaires. Mais, même si ce ne sont pas les banques qui l’assument, toute cette opération a un prix : l’accroissement sans précédent de la dette publique.

La crise bancaire de 2008 n’aura eu que des dégâts limités pour ceux qui l’ont provoquée, mais provoquera une seconde crise dans son sillage : celle des « dettes souveraines ». Evoquée dès le début de l’année 2010, provoquant une nouvelle tempête boursière à l’été 2011 et continuant de se développer depuis, cette nouvelle crise met en lumière les proportions démesurées qu’ont prises les dettes publiques de certains Etats. En Irlande, en Grèce, en Italie et au Portugal, la dette atteint des sommets, dépassant à chaque fois le produit intérieur brut (PIB).

 

Qui paye la dette publique ?
 

Nous avons vu qui détient la dette publique, combien elle coûte à la France – un prix exorbitant, en hausse constante – et par quels mécanismes elle se creuse. Pour terminer le tableau, il est important d’identifier qui paye la dette. La réponse simple est le contribuable, évidemment : seules les recettes procédées par l’Etat fournissent la manne nécessaire au remboursement de la dette publique. Il convient cependant d’adjoindre à cette vision simpliste une grille de lecture socio-économique autrement plus rigoureuse, basée sur les classes sociales.

siècle contre le travail des enfants, pour la réduction du temps de travail et pour un salaire digne, est parvenue à exercer une pression telle qu’un impôt progressif sur le revenu a été mis en place. Dans ce système, le revenu annuel d’un individu est divisé en tranches présentant chacune un taux d’imposition différent. La tranche inférieure à 6.000 euros (en 2013) n’est pas imposée, celle entre 6.000 et 12.000 euros est imposée à 5,5%, celle entre 12.000 et 27.000 euros est imposée à 14%, et ainsi de suite. Au sortir de la guerre, la classe ouvrière réunie dans une CGT de 5 millions et demi d’adhérents, face à une grande bourgeoisie affaiblie par sa collaboration, a obtenu le système d’imposition le plus progressif de l’Histoire de France. La dernière tranche était imposée à 80%, permettant ainsi de dégager des recettes conséquentes pour l’Etat et ses infrastructures. La reconstruction de ème et tout au long du 20èmeDans l’idée véhiculée, chacun prend sa part à la contribution de l’Etat et les impôts sont progressifs, pour refléter au mieux les revenus. Mais la définition des impôts fait elle-même l’objet d’un rapport de force, tant national que géopolitique. Si les ultra-riches semblent de mieux en mieux acceptés en France, le fait de gagner 1.000, 10.000 voire 100.000 fois plus que le Smicard moyen n’a pas toujours été accepté. La classe ouvrière, qui s’est battue à la fin du 19la France, contrairement à certains de ses voisins européens, a ainsi pu être fulgurante.

 

L’exemple français n’est pas isolé. En 1941, Roosevelt fait adopter un taux d’imposition maximum à 91%, pour la tranche de revenus supérieure à 200.000 dollars, environ un million de nos jours. Le taux est resté en vigueur jusqu’en 1964, avant d’être progressivement abaissé par les administrations successives, pour n’atteindre plus que 28% à la fin de l’ère Reagan – un taux qui a encore diminué aujourd’hui. La France a suivi un mouvement similaire. Désormais, le taux d’imposition maximum sur la dernière tranche est de 45%, en vertu du fameux « bouclier fiscal » de Sarkozy. En 2009, l’économiste Thomas Piketty prenait l’exemple d’ « Antoine Zacharias, patron de Vinci, (qui) a ponctionné 120 millions d’euros de rémunérations à son entreprise. Au nom de quelle folie idéologique devrait-on lui garantir qu’il conservera quoiqu’il arrive 50% de cette somme ? Même avec un taux d’imposition de 90%, cela lui laisserait tout de même 10 millions d’euros d’argent de poche… »

 

 

Les travailleurs français pris à la gorge
 

Depuis un demi-siècle, la progressivité des impôts a fondu tandis que les dettes ont explosé. De plus, les impôts sur les sociétés, initialement eux aussi progressifs, font l’objet d’une armada de crédits d’impôts et autres dégrèvements fiscaux, exemptant de dizaines de milliards les grands groupes chaque année. Dans ces conditions, comment les Etats se financent-ils ? En taxant, tout simplement. En s’appliquant à tous aux mêmes taux et aux mêmes montants, la taxe est l’impôt le plus inégalitaire qui existe. Ses déclinaisons se multiplient : sur l’essence, sur les cigarettes, sur l’ensemble des produits de consommation (taxe sur la valeur ajoutée ou TVA), ou plus récemment sur les sodas. En 2011, sur les 255 milliards d’euros perçus par l’Etat, 51,71% provenaient de la seule TVA, soit 132 milliards. En comparaison, l’impôt sur le revenu (dont l’essentiel provient désormais des ménages les moins riches) s’élevait à 51,5 milliards de recettes, tandis que l’impôt sur les sociétés s’établissait à 39 milliards, moins de trois fois le montant de la taxe intérieure sur les produits pétroliers.

 

Soyons clairs : les milliardaires de la haute bourgeoisie s’acquittent d’un impôt quasi nul en comparaison de leur immense fortune. Ils bénéficient de mécanismes de crédits d’impôts en tous genres, dont leurs conseillers financiers et comptables n’hésitent pas à user et abuser. Si l’imposition s’avère toujours trop lourde pour les plus riches, comme ils continuent de s’en plaindre par la voie des titres médiatiques leur appartenant, ils pratiquent l’évasion fiscale sans cas de conscience aucun. Cette dernière est archi-répandue dans les élites économiques, chacun disposant de ses comptes personnels en banque dans les paradis fiscaux. Le chiffre d’affaires des grandes sociétés eux-mêmes sont trafiqués, une part importante du bénéfice net des groupes réalisé sur le sol français étant transféré immédiatement dans des pays à la fiscalité très faible. Les montages financiers sont des plus astucieux pour permettre aux plus riches de payer toujours moins.

 

Par contre, la petite bourgeoisie – petits commerçants et propriétaires de leur propre affaire – est cernée par les impôts, auxquelles elle ne peut se dérober. Plus encore, ce sont les travailleurs français, qualifiés avec un salaire relativement confortable, au smic, ou au chômage, qui sont touchés de plein fouet par le système fiscal français. Ce sont les simples salariés qui fournissent l’essentiel des recettes liées à la TVA et à l’essence. C’est la classe ouvrière moderne, celle qui travaille dans les chaînes de distribution, de restauration, le télémarketing ou l’administration, qui paye de sa poche l’essentiel des recettes fiscales de l’Etat.

 

La position de François Hollande sur la question prouve la continuité entre le gouvernement socialiste et la précédente majorité de droite sur la question : la dernière tranche d’imposition n’a toujours pas été relevée, tandis que la TVA a été augmentée. L’évolution de la fiscalité ne fait que refléter l’évolution du rapport de force entre les classes sociales : plus la classe ouvrière est désunie et nie elle-même son existence, moins elle est en capacité de faire valoir ses intérêts. La situation ne trouvera donc aucun changement radical tant que le peuple de France ne se relève pas de son atrophie, pour remettre en cause la propagande dominante et le système financier. Sans cette nécessaire prise de conscience, le pillage en règle continuera dans des proportions plus infernales. Les banques, propriétés capitalistes, continueront leur poker permanent avec l’argent des Etats ; et cet argent proviendra toujours davantage du peuple français, qui se laisse cuire à petit feu, trop concentré aujourd’hui sur son voisin musulman pour se rendre compte de l’arnaque générale dont il est victime.

 

Le système financier est opaque, précisément parce qu’il sert les intérêts exclusifs d’une petite caste au détriment du peuple français. Les proportions démesurées de la dette publique sont l’œuvre de la grande bourgeoisie, qui tire de ce mécanisme un profit gigantesque. C’est à elle, la classe des milliardaires, que sont payés les 50 milliards d’euros annuels pour les seuls intérêts de la dette publique. Cet argent est ponctionné dans les poches de la classe ouvrière, toujours plus sévèrement par l’augmentation et la multiplication de taxes à l’application aveugle. Dans son grand tour de passe-passe, la classe dominante fait payer aux travailleurs de France une crise qu’elle n’a en réalité jamais connue. La dette publique n’est qu’un pan de notre régime économique. L’autre pilier, et non des moindres, de la domination de la grande bourgeoisie financière sur les peuples, réside dans les crédits à la consommation. Les ménages sont pris en étau par des emprunts toujours plus nombreux et plus lourds, qui confinent au surendettement général.

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 06:17

Récemment, un proche me demande si, selon moi, on reverra Sarkozy dans le paysage politique. Pour moi, aucun doute. Un exemple canonique : alors qu’il est âge de près de 90 ans, Antoine Pinay, 250 fois ministre, président du Conseil, membre pendant un an du Conseil national de Vichy, est approché par des ingénieurs et un ancien agent du SDECE qui a financé des opérations de déstabilisation dans des pays de l’Europe de l’Est par le biais de communautés religieuses locales (ohé, Wojtyla !). Il s’agit cette foi de promouvoir et de financer les avions renifleurs car, en France, si on n’a pas de pétrole, on a des idées. Se laisse-t-il abuser, est-il complètement excité par le peut-être dernier grand rôle politique de sa vie, Pinay s’embarque dans cette galère ridicule ? Il est vrai qu’il lui reste treize ans à vivre et que le temps passe vite.

 

J’évoquerai ici le cas d’un personnage beaucoup moins connu et qui eut la malchance d’être le cadet d’un frère brillantissime : Olivier Giscard d’Estaing. Á 86 ans, cet homme d’affaires de haute volée (comme Trump, il ne partait pas de rien puisque la famille avait depuis longtemps fait fortune dans les mines puis le nucléaire) s’était montré plutôt discret en politique, se contentant de la mairie du village d’Estaing et d’un siège de député pendant cinq ans dans les Alpes Maritimes. C’est une manie dans la famille : on a toujours besoin d’un hochet. L’aînée des enfants d’Estaing, Sylvie, épouse d’un comte de Las Cases, fut pendant vingt-sept ans mairesse de Prinsuéjols, village de l’Aubrac de 153 habitants.

 

Olivier a soudainement été pris d’un prurit qu’une application d’éosine n’aurait pu soigner : sauver Vierzon du stalinisme. Possédant une maison dans cette sous-préfecture du Cher depuis une cinquantaine d’années, il décida de figurer sur la liste UDI-UMP de Stéphane Mousset lors des élections municipales de 2014 pour mettre fin au « règne » du maire communiste Nicolas Sansu. Promettant de faire jouer ses réseaux au service de la ville, il appela les électeurs à saisir « la chance unique de se débarrasser d'une municipalité communiste qui entraîne Vierzon dans la déchéance ». Olivier appela le maire sortant à « renoncer à la mairie pour se consacrer à son mandat de député ». Dans un tract, il lança ce vibrant appel : « Notre liste mène à Vierzon un combat qui mérite d'être connu de tout le pays. C'est le combat de l'esprit d'entreprise, le combat du libéralisme contre le totalitarisme étatique. Le stalinisme a encore des fidèles ! À Vierzon, c'est Nicolas Sansu, et à Paris, nous avons Marie-Georges Buffet et Jean-Luc Mélenchon. Des dictateurs, qui stérilisent les territoires et dupent les électeursLe mur est tombé à Berlin. Il doit aussi tomber à Vierzon! ».

 

T’as des mecs à particule (“Monsieur Depuipeu”) qui, jusqu'à leur dernier souffle, vivront en 1788 !

 

Las ! Trois fois las ! La liste d’Olivier fut devancée par celle des couteaux entre les dents, par une autre liste de droite et par celle du FN. Que des gueux. Sans pouvoir se maintenir. Par la grâce d'une triangulaire, les Bolchéviques l’emportèrent au second tour.

 

 

En broutant à la recherche d’Olivier et de ses frasques municipales, je suis tombé sur ce désopilant article d’Alex Térieur (un pseudo ?), du blog LerrybéRit en date du 19 mars 2014, preuve qu’il est des manants irrévérencieux :

 

 

 

 

Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la République, se faisait passer pour son frère Olivier à Vierzon

 

Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la République, se faisait passer pour son frère. L'Ex a profité de l'absence d'Olivier Giscard d'Estaing, parti une année entière dans un monastère bouddhiste en Amérique latine, pour prendre sa place et tromper, sans le moindre problème, tout l'entourage d'Olivier. L'ancien président e la République, prit le doigt dans le pot de confiture, a avoué avoir monté ce stratagème, "par ennui" car, a-t-il ajouté aux enquêteurs, "la vie d'ancien président est parfois monotone".

 

Parmi ces faits d'arme, Valéry Giscard d'Estaing a réussi, au nom de son frère Olivier, à rejoindre une liste de droite aux élections municipales de Vierzon dans le Cher. Ainsi, a-t-il fait croire aux trente-quatre autres colistiers, qu'il allait chasser les élus communistes de cette ville. Sa déclaration, au soir de la présentation de la liste sur laquelle Valéry Giscard d'Estaing s'est inscrit au nom de son frère, a même été reprise, via une dépêche de l'Agence france presse, dans de nombreux médias.

 

Ainsi, l'ancien président de la République quittait régulièrement son Puy-de-Dôme pour venir s'installer quelques jours, tout au plus, dans la demeure familiale d'Olivier, située à Vierzon, sur les hauteurs d'un quartier prénommé Chaillot. Dans la peau de son frangin, l'Ex a même fait croire que, grâce à son carnet d'adresses, il pourrait faire venir des entreprises à Vierzon, si sa liste était élue. "J'ai vu que ça marchait super bien alors j'ai continué. Et une fois pris dans l'engrenage, je n'ai pas pu reculer". Tout a été découvert lorsqu'Olivier, revenu de sa retraite bouddhiste, en début de semaine, a découvert, stupéfait, les nombreux articles de presse, tracts de campagne et ses déclarations qu'il n'a jamais faite.

 

Un musée Lady Di à Vierzon

 

C'est dans un brouillon de profession de foi, qu'Olivier a découvert d'où venait la supercherie car il était question de créer, à Vierzon, un musée dédié à la princesse Diana, avec, la reconstitution du pont de l'Alma, l'exposition du carrosse royal et une inauguration en grande pompe avec la reine d'Angleterre. Dans une lettre manuscrite, l'ancien président de la République avait même imaginé léguer le château de son frère à une œuvre caritative de Vierzon.

 

Dans l'impossibilité de joindre Valéry Giscard d'Estaing qui fait dire qu'il est parti en voyage pour six mois, Olivier a donné une conférence de presse dans laquelle, il explique, que pour rendre service, il restera sur la liste de Vierzon pour ne pas la mettre dans les difficultés. Il espère que les colistiers comprendront son désir de ne pas être élu et de n'assumer aucune responsabilité politique.

 

Le 1er avril, Olivier Giscard d'Estaing s'envolera pour trois mois à New York pour une série de conférences sur le thème de la famille. "La difficulté d'être un frère de l'ombre", "Comment vivre avec un nom connu", "si ce n'est donc toi c'est donc ton frère", "mon frère, ce président de la République" seront les quelques thèmes développés pendant ce cycle de conférences. Olivier a même prévu un code se cret avec son proche entourage et ses gensde maison afin que la supercherie ne se reproduise plus.

 

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