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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 06:16

Il paraît que les Algériens sont jaloux des Marocains. Le gouvernement de la République française compte, selon eux, trois binationales franco-marocaines. 3 à 0, c'est pas possible !

 

L’important, ce n’est pas la représentation numérique mais ce que les ministres, qu’ils soient marocains ou pas, font de leur maroquin (difficile de ne pas la placer, celle-là). Avec les Français, les Marocaines et le Coréen, nous allons être servis en matière de condition de travail. Depuis la publication du rapport Badinter, la situation a été déverrouillée : il y aura toujours plus de travail le dimanche, une plus grande liberté pour licencier et « négocier » à la base, dans le poulailler où le renard et les poules sont à égalité. D'autant que la « Marocaine » Myriam El Khomry a eu la bonne idée d’annoncer le plafonnement des indemnités prud’homales et que les procédures dans ces tribunaux ne font que s'allonger.

Ce qui attend les salariés

Le DRH de Solvay, 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, s’est félicité que « le mouvement de décentralisation vers les accords d'entreprise est amorcé, reste à repréciser la hiérarchie des normes qui permettra de désigner, selon les sujets, les niveaux appropriés de la négociation, la branche ou l'entreprise ». Une petite déception, cela dit, pour nos grands entrepreneurs : ils désirent « des avancées sur la simplification du Code, mais aussi de la stabilité et de la lisibilité de la réglementation ». Ils souhaitent la fin définitive des 35 heures et un alignement sur la durée moyenne du travail en Europe, environ 42 heures. En tout cas, la possibilité pour toute entreprise de se caler sur 39 heures. Dans la plus parfaite « concertation » avec les travailleurs, bien sûr. Le rôle du législateur serait simplement de fixer la durée maximale du travail et les temps de repos minimum. La loi permet d'ores et déjà de s'affranchir des 35 heures hebdomadaires via des conventions de forfait jours. Mais la Cour de cassation en a récemment annulé plusieurs, plongeant les entreprises dans une forte insécurité juridique. Les pôvres !

 

Les patrons demandent également un contrat de travail « réaliste », c’est-à-dire un contrat unique permettant de sortir de la « jungle » des contrats aussi contraignants les uns que les autres, un contrat permettant de clore de façon « souple » une relation contractuelle. Ce concept de contrat unique est défendue par le (faux) prix Nobel d’économie Jean Tirole et a été mis en œuvre par le gouvernement italien dans le cadre du Job Act (quand Renzi exploite les travailleurs il le fait en anglais) qui autorise le licenciement sans motif. Les conditions de licenciements devraient être assouplies en fonction des aléas économiques, dont les conséquences devraient être infligées aux travailleurs exclusivement, et surtout pas aux entrepreneurs ou aux actionnaires.

 

Pour répondre aux fluctuations économiques, il conviendra également de généraliser à tous les travailleurs le « contrat de chantier » réservé au BTP. Ce contrat autorise, sans engagement sur la durée, à se séparer du salarié embauché après la pose de la dernière pierre, et ce sans recourir au licenciement économique.

 

Les formations professionnelles devront être cofinancées par les entreprises et les salariés, dans le secteur numérique en particulier. Dans les jeunes pousses (sart-up), où tant de projets échouent, la période d’essai de trois mois renouvelables est trop risquée pour l’entrepreneur. Il conviendra de l’allonger à quatre mois, renouvelables une fois.

 

Bref, El Khomry et Macron ont encore du pain sur la planche. Avec la CFDT en soutien, comme d’hab’.

 

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 06:14

Sa vie est un roman. De gare. De triage. Quelques repères :

 

Placé est un être fin et délicat. Il “ sait toujours se placer ”, selon Hollande (immédiatement après la victoire de Hollande à la présidentielle, Placé est le seul non socialiste sur la photo).

Jean-Vincent Placé

Il a d'abord été proche du PS, puis a rejoint le PRG et la franc-maçonnerie (sous l'influence de Michel Crépeau).


Jean-Michel Baylet a dit de lui ( Le Nouvel Observateur du 28 novembre 2013) :


« Ce type est sans foi ni loi ! Il vendrait père et mère, son cynisme est total […] Tu lui prête un euro, non seulement il ne te le rend pas, mais il te pique ton portefeuille. […] Je le connais bien c’est moi qui l’ai formé ! »

 

Il doit pour 118 000 euros de PV. Pour lui une "simple négligence" (après 250 rappels et autres majorations d'huissier).

 

En novembre 2013, il affirme être l'un des hommes "les plus influents de la République". L'un des plus modestes aussi.



Il fréquente les riads de Marrakech. C'est un grand ami d'Israël.


Après la mort de Crépeau, Placé rejoint les Verts.


Lorsque Cécile Duflot devient secrétaire nationale des Verts, en grand partie grâce à ses talents d'apparatchik à lui, il lance à Bruno Le Roux : « T’as vu qui est secrétaire nationale ? Ma meuf ! C’est moi le patron maintenant. »


Il copine avec Karoutchi, Dassault, Pierre Charon.


Quand il prend la parole à la Mutu dans un meeting antifasciste devant toutes les huiles de la gauche qu'il remercie pour leurs "acclamations", il fait rigoler tout le monde.


Auditeur financier, il n'a presque jamais travaillé au sens propre du terme.


En 2015, il signe un essai autobiographique : Pourquoi pas moi !. Il y écrit :


" Je suis devenu père il y a un peu moins de dix-huit mois. Un heureux bouleversement qui m'a aussitôt fait ressentir les limites de l'image que je peux encore renvoyer auprès des médias. Je ne pense pas en effet être un affreux politicard seulement motivé par des "coups tordus", comme beaucoup me présentent. Maintenant, peut-être suis-je un peu coupable d'avoir laissé s'installer dans les journaux cette image pour la moins caricaturale de ce que je suis réellement. Je n'aimerais pas que, dans dix ou quinze ans, ses amis disent à ma fille que son père n'est qu'une sorte de politicien sans conviction. Je pense, en toute modestie, mériter mieux."

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 06:25

Il s'agit d'un phénomène bien connu. Mais il est d'heureuses exceptions. C'est le cas de Dieppe, comme nous l'explique un article de la CGT locale que je reprends ici.

 

Dieppe, une fois n’est pas coutume, n’apparait pas dans le palmarès, paru dans le journal le Monde du 11 janvier dernier, des centres villes en voie à la désertification.

 

 

Dans une quantité d’autres villes moyennes de la taille de Dieppe, les chiffres sont implacables. « La vacance commerciale – la proportion de magasins vides – progresse d’année en année depuis quinze ans. En 2014, le taux atteint en moyenne 8,5 % pour les 300 plus grandes villes de France», d’après le directeur de Procos, une fédération patronale qui rassemble 260 enseignes du commerce spécialisé.

 

Selon l’étude Le taux moyen de vacance commerciale atteint 10,2 % dans les villes de 50 000 à 100 000 habitants. Béziers dans l’Hérault (24 %), Vierzon dans le Cher (23,4 %) et Calais (20,7 %) occupent les trois premières places de ce sinistre podium.

Centre ville et désertification

En outre, d’après cette étude, les habitants qui continuent de vivre en ville sont plus pauvres que ceux qui ont élu domicile dans les communes environnantes. Dans un « portrait social » publié en novembre 2014, l’Insee mettait en évidence ce décalage. Une carte de France dessinée par les services de la statistique présente, commune par commune, les revenus fiscaux des ménages. Les villes moyennes y apparaissent dans une couleur plus claire que leur périphérie immédiate, signe d’un revenu moyen moins élevé. Le phénomène est nettement observable à Saint-Quentin (Aisne), Lons-le-Saunier ou encore Châteauroux. Les salariés en CDI, et les cadres quittent les cœurs historiques, qui ne sont plus assez attractif à leurs yeux, pour habiter des maisons situées à guère plus que 2 kilomètres.

 

Dieppe subit de la même manière les pressions qui s’exercent sur les autres villes moyennes — on sait le niveau de pauvreté de ses habitants —, mais elle n’est même pas dans les 75 premières villes sur 300 ; elle n’est même pas dans la carte publiée dans le journal « Le Monde ». Dire que la situation du centre-ville de Dieppe est idyllique serait exagéré, mais le fait est qu’il est toujours animé. La Grand-rue a toujours des commerces, de même la rue de la Barre, et la rue Saint-Jacques.

Centre ville et désertification

Pourquoi les centres-villes se dévitalisent-ils ? L'étude pointe au moins trois raisons :

 

La baisse de la population, dont l’origine est en partie dû au fait qu’au-dessus des magasins de Centre-ville les logements sont souvent vides car inaccessibles, ce qui fait qu’il a moins de population sédentaire à consommer sur place. Dans de nombreuses villes cela touche jusqu’au commerce de bouche (même les boulangeries !).

 

L’existence d’un stationnement payant, souvent très cher, qui crée une situation de déséquilibre concurrence en faveur les grandes surfaces installées en périphérie des villes, qui disposent de vastes aires gratuites, au détriment des commerces de centre-ville.

 

Des revenus moyens en baisse, dont l’origine est souvent le départ des administrations (Banque de France, services des impôts, fermeture de maternités voire d’hôpitaux, le centre des impôts, mais aussi EDF, France Telecom Orange, La Poste, etc.)

 

Sur ces trois points, la ville de Dieppe a conservé deux atouts :

 

Premier atout : des politiques publiques de lutte pour le maintien de la population en centre-ville, ce que n'ont fait aucune des 75 villes pointées du doigt.

 

Le maintien de zones de stationnement gratuites à proximité du centre-ville.

 

S'ajoute à cela que Dieppe a une attractivité touristique non négligeable, qui suscite des apports de clientèle non négligeable. Et sur ce point, l'existence de la Ligne Dieppe-Newhaven est fondamentale.

 

Concernant le logement en centre-ville, il est à noter que depuis le début des années 1970, la Ville a travaillé à la rénovation de son centre historique : reconstruction de l’Ilot Saint-Jacques en HLM (1974-1976), rénovation de l’ilot Sainte-Catherine en HLM (1980-82), rénovations en HLM d’un ilot du bout du quai (1988), et surtout plusieurs plans successifs de rénovation du centre-ville dans le cadre de l’OPAH (depuis 1997) qui a permis de réhabiliter 1000 logements dont l'immense majorité était soit inaccessible, soit tellement dégradée qu’on ne pouvait même plus les considérer comme des logements. Cette politique est d'ailleurs tellement atypique et tellement contraire à celles qui ont été mises en œuvre dans les 75 villes pointées du doigt, que plusieurs écoles d'architectures prestigieuses mettent dans leur programme l'expérience dieppoise en matière de rénovation, et que des responsables de la rénovation de la célèbre ville chinoise touristique de Tongli se sont intéressés à Dieppe.

 

Ensuite, si — contre l’avis de la CGT à l’époque — la Ville a cédé à la mode comme dans toutes les 75 villes pointées du doigt, en instaurant le stationnement payant, celui-ci reste encore limité au centre ancien. Il faut se féliciter que les municipalités successives aient toujours résisté aux pressions de leurs gestionnaires privés, qui n’ont comme objectif, comme chacun sait, que  de « faire de l’argent » , pour satisfaire les appétits de leurs actionnaires: la plage, l’ile du Pollet, le parking de DSN, et la zone autour de la gare SNCF sont restés gratuits, ce qui permet réduire la concurrence des grandes surfaces. La CGT restera attentive pour que ces zones restent gratuites.

 

Rehausser d'urgence le pouvoir d'achat

 

Mine de rien, cette étude pose la question du pouvoir d'achat, puisqu'elle révèle la paupérisation des centres villes des villes moyennes !

 

Le pouvoir d'achat est globalement et massivement en baisse, et cela a des effets accélérateurs sur la désertification des centres villes. Il a des effets parce que cette question du pouvoir d'achat ne se pose pas seulement en terme individuel, mais en terme de masse. Or les politiques d'austérité ne cessent de réduire cette masse salariale, et donc la dépense commercialisable, ce qui accroit le déséquilibre entre le petit commerce et les grandes surfaces.

 

Les politiques gouvernementales sont en cause, qui s'expriment par les gouvernements successifs de donner des coups de pouces au Smic, le blocage des salaires dans la fonction publique, la réduction du nombre de fonctionnaires, la fermetures de services publics dans les villes moyennes, etc. combinés à leur refus de contrôler l'utilisation de l'argent public par les entreprises (exemple: le puits sans fond du CICE, du pacte de responsabilité, etc.) tout cela a des effets dévastateurs sur la survie les centre-ville, ce qui fait que les villes française connaissent le décrochage que celui qu'ont connu les villes américaines depuis le début des années 1980.

 

Source

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:09

On peut tenter d’infléchir une dynamique historique et trouver les moyens de s’y adapter, mais cela implique de ne pas en nier l’existence et de l’appréhender de manière rationnelle en se fondant sur les travaux scientifiques. La question de l’immigration est de celles où ces principes sont les moins respectés, au point d’occulter toutes les autres dans la vie politique de la plupart des pays européens.

Les images des réfugiés dont les bateaux font naufrage en Méditerranée ou qui, en longues colonnes, tentent de rejoindre un pays d’accueil provoquent des réactions contradictoires dans les opinions publiques : compassion et solidarité dans certains secteurs ; peur panique d’une « invasion » dans d’autres. Dans le premier cas, le discours dominant – implicite ou explicite – qui est celui d’une partie de la gauche, mais pas exclusivement, consiste à dire que l’accueil de millions de nouveaux immigrants ne pose pas de problèmes majeurs et que les frontières européennes doivent rester ou redevenir ouvertes. Dans le second cas, qui se généralise, l’accent est mis exclusivement sur les mesures sécuritaires : installation de barrières de barbelés ; renforcement drastique des contrôles pour l’accès aux Etats membres de l’Union européenne (UE) et singulièrement ceux de l’espace Schengen ; expulsion des réfugiés en situation irrégulière (immigrés économiques sans papiers, déboutés du droit d’asile, etc.).

L’Europe, terre d’immigration, par Bernard Cassen

Ni la première de ces attitudes (angélisme bien intentionné, mais à courte vue) ni son opposée (dramatisation tout aussi myope de la situation) ne permettront de faire face dignement et pacifiquement à un phénomène que toutes les données rendent inéluctable : l’impossibilité, pour l’Europe, d’empêcher des arrivées massives d’immigrants dans les décennies à venir.

Les énormes écarts démographiques et économiques entre pays de départ et pays d’arrivée sont parfaitement connus. Pour simplifier, on peut dire que l’Europe est un continent riche et à la population vieillissante et stagnante, alors que les populations de l’Afrique et du Proche-Orient sont plus jeunes, plus pauvres et en forte croissance. Même au péril de leur vie, les jeunes de ces régions voudront fuir la misère et l’insécurité pour rejoindre ce qu’ils croient être un Eldorado qui, pour beaucoup d’entre eux, a autrefois été leur puissance coloniale. A cela s’ajoutent les millions de réfugiés des zones de guerre et des Etats en faillite et, sur une échelle encore plus vaste, les futurs réfugiés climatiques.

 

Lire la suite sur le site de Mémoire des Luttes

 

 

Illustration : Vasco Gargalo

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 06:20

 

J'estime depuis un bon moment que la fureur de l'expression "le vivre ensemble" cache quelque chose de pendable : la disparition du politique de l'espace public, l'impossibilité d'envisager une organisation radicalement différente de la société et, bien sûr, car ils sont toujours là en embuscade et dans la facilité, un pompon que les médias agitent devant notre nez pour nous empêcher de penser (si tant est qu'on pense avec le nez).

 

Je propose ici une réflexion du philosophe Robert Redeker sur cette question, publiée par Le Nouveau Journal Toulousain.

 

 

Robert Redeker
Robert
REDEKER
 
 
 

Un nouveau leitmotiv est repris depuis quelques mois par les politiciens, certaines associations, et une partie des médias : le vivre ensemble. L’objet de la politique serait d’organiser le vivre ensemble. L’École n’aurait d’autre mission que de l’enseigner. Les valeurs elles-mêmes se récapituleraient dans ce vivre ensemble. Cette expression est dans toutes les têtes et dans toutes les bouches. Mais cette mode sémantique signifie-t-elle quelque chose ?

En relisant les philosophes, les moralistes, les écrivains des temps passés, la vérité se fait jour : jamais le vivre ensemble n’a été inscrit au rang des valeurs, jamais même il n’a été énoncé sous cette forme. S’il a le sens de l’ironie, tout un chacun fera observer que le vivre ensemble a fait une entrée récente dans le monde des valeurs.  Le vivre ensemble parvient à se faire passer pour un impératif universel, incontestable et même indiscutable, tout le temps que l’on ne prend pas conscience qu’il est né de la dernière pluie.

« Le vivre ensemble est une illusion verbale »

Affirmer qu’il faut vivre ensemble est aussi plat qu’affirmer qu’il faut respirer. C’est affirmer que l’homme est un être social et rien d’autre. Ce truisme ne peut constituer ni un programme politique ni un fil conducteur pour l’éducation. Si le vivre ensemble s’impose comme valeur, c’est que l’espace politique a été détruit. Plus : c’est que toute perspective collective a été détruite. On brandit le vivre ensemble quand on n’a rien à dire, ou plus rien à dire, sur la société ou la politique, sur les instituions ou l’École.  Ce pseudo concept n’est pas un étouffe-pensée, mais plutôt un vain mot qui ne germe et ne fleurit qu’au jour où toute pensée s’est évanouie. Le vivre ensemble ne peut croître ailleurs que dans le désert de l’intelligence.

Notre époque discourt sur le vivre ensemble pour ne pas parler de la cité. Elle fait du vivre ensemble un projet politique alors que c’est la cité qui devrait en être un. Le vivre ensemble est tout le contraire de la cité : c’est la cité éclatée en une nébuleuse de communautés et d’individus isolés dont il s’agit d’empêcher qu’ils empiètent les uns sur les autres. C’est la juxtaposition pacifique proposée comme idéal collectif. Bref, le vivre ensemble est l’exact opposé de la politique qui exige non pas une juxtaposition, mais une fusion.  De ce fait, il est impossible de voir dans ce vivre ensemble un autre nom de la fraternité, ou une modernisation de celle-ci.

Le vivre ensemble est une illusion verbale, un vain mot agité pour masquer le néant intellectuel et politique d’une époque à la dérive.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 06:47
De la misère ordinaire (21)
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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 06:00

Je ne sais pas vous, mais je trouve que, depuis quelques temps, notre Premier ministre a très mauvaise mine. Il a maigri, fait face aux caméras de manière hagarde, hallucinée, les joues creuses, les jambes flageolantes. Peut-on penser que dans son cas le pouvoir rend malade ? Serait-il usé avant d’avoir trop servi ? Par comparaison, Hollande est toujours aussi fringuant et enrobé.

 

L’invraisemblable affaire Mezzadri nous a remis en mémoire un Valls s’essayant à l’humour, décontracté, marchant d’un pas ample et assuré dans la ville dont il était le maire .

Bernard Mezzadri et l'étrange regard de Valls

Bernard Mezzadri, un universitaire d’Avignon, a été poursuivi pour deux phrases où il ironisait, dans un courriel interne à l’université, sur les propos “ Blancos ” prononcés par Emmanuel Valls à Evry. Ce en mai 2015, sur une liste de discussion interne réservée aux personnels de son établissement. A l’occasion de la rencontre d’une délégation de l’université avec le premier ministre, il rappela ironiquement les propos de Manuel Valls sur le marché d’Évry, des propos assumés au nom de la « lutte contre la ghettoïsation » : « J'espère qu'en cette grande occasion la délégation de l’université comptera suffisamment de “ blancos ” (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement. » Il qualifiait par ailleurs Valls de « chasseurs de Roms ». Il a fait l’objet d’un signalement (autrement dit : il a été dénoncé) à la Justice par le président de son université. Bien que n’ayant pas fait l’objet d’une plainte, Mezzadri a été poursuivi devant le tribunal correctionnel pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale.

 

Rappelons incidemment qu’en décembre 2013 deux plaintes pour provocation à la haine raciale déposées par le MRAP contre le ministre de l’Intérieur Manuel Valls pour des propos très controversés sur les Roms avaient été classée sans suite par la commission des requêtes de la Cour de justice de la République.

 

La démarche du président de l’université d’Avignon (promus recteur depuis) s’assimilait à une vraie tentative d’intimidation. La décision du procureur de répondre à la démarche présidentielle fut infâmante car elle attribuait à l’universitaire des idées contraires à celles qu’il avait toujours défendues. Mezzadri fut accusé d’avoir « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard […] d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance […] à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Il risquait jusqu’à 1500 euros d’amende.

 

Au beau milieu de l’été, Mezzadri fut entendu par la police. « Je me suis expliqué et j’ai avancé que je n’avais fait que reprendre les propos de Valls lui-même. » En décembre, il reçut une citation à comparaître. Une pétition en faveur de cet homme de gauche, descendant d’immigrés italiens (mezzadri sigifie métayer) fut signée par plus de 8 500 personnes, parmi lesquelles Etienne Balibar, Susan George et Toni Negri.

 

 

En 2009, Mezzadri s’était mobilisé contre la loi Pécresse renforçant l’autonomie des établissements (la LRU), la présence de plus en plus active du monde de l’entreprise, la professionnalisation des savoirs. Sa dénonciation par le président (qui se préparait à être recteur) peut donc être vue comme la volonté de faire tomber tout ce qui bouge, d’obliger les universitaires à rester dans le rang. Mezzadri écarte l'idée d'un règlement de comptes.

 

Le 27 janvier, une amende de 2 000 euros assortie d’un sursis simple fut demandée par le tribunal.

 

Le monde de Valls l’efflanqué au regard de songe-creux devient très inquiétant. A Roissy comme à Amiens, des travailleurs sont criminalisés, risquant ou étant condamnés à de la prison ferme pour avoir voulu défendre leur travail. Des familles sont déjà brisées. Ce gouvernement accable les gens qui luttent. Et il veut des universitaire qui ne pensent à rien, sauf à mettre en conformité le contenu de leur enseignement avec les exigences de “ l’employabilité ” des étudiants.

 

 

Petit PS personnel : Il y a 47 ans, j’étais étudiant à Amiens. Nous étions déjà un certain nombre à manifester en solidarité avec les travailleurs de Goodyear. Difficile de ne pas désespérer.

 

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 06:10

… ou des mouches, ou de ma concierge.

 

Ainsi donc, pour la première fois depuis bien longtemps, l’espérance de vie en France a baissé. De 0,3 année pour les hommes et 0,4 pour les femmes. Officiellement, cela serait due à une hausse de la mortalité et à une baisse de la fécondité en 2013 et 2014. La France est désormais quatorzième dans le monde, derrière l’Italie et l’Espagne. Les Etats-Unis sont trente-cinquième, derrière le Costa Rica, qui n’a pas d’armée, ceci expliquant peut-être cela.

 

Il est vrai qu’en 2015, 600 000 personnes sont décédées, soit 40 000 de plus que l’année précédente. Lors de la première campagne de droite contre les retraites, la classe dominante, relayée par la plupart des médias, nous expliquait que, comme nous allions continuer à vivre de plus en plus vieux, il fallait repousser l’âge de la retraite pour assurer son financement. On parle aujourd’hui de 67 ans. Il est très étrange que les dirigeants solfériniens ne se soient pas exprimés sur ce recul de l'esparance de vie. Les médias de droite, quant à eux, nous ont assuré qu’il s’agissait d’un recul conjoncturel dû à la grippe et à la canicule.

 

Tous les démographes le disent : les changements structurels sont très profonds, viennent de très loin, sont difficiles à repérer, à analyser et, comme les glaciers dans leur marche lente, presque impossible à contrecarrer. Souvenons-nous, par exemple, de la chute spectaculaire de la natalité dans des pays catholiques « pondeurs » comme l’Irlande, l’Italie ou l’Espagne. Il n’est pas exclu que nous soyons dans une tendance structurelle très lourde. D’où le mutisme des dirigeants.

 

 

 

 

Une question qui n’a pas été posée par nos médias est de savoir si le recul de l’espérance de vie n’aurait pas tout simplement un rapport avec les conditions de vie et de travail des Français depuis 40 ans. Ceux-ci passent de plus en plus de temps dans les transports, la pollution dans les villes est chaque année plus présente, nos aliments sont de plus en plus infestés par la chimie et, comme le niveau de vie baisse dans de larges fractions de la population, de nombreux Français ont de plus en plus recours à de la « malbouffe » conditionnée industriellement. Les travailleurs sont banalement victimes d’épuisement professionnel (il n’y a que les présidents d’université pour ne pas se rendre compte qu’un tiers au moins de leurs collègues sont burnoutés). Par ailleurs, les Français d’aujourd’hui dorment une heure de moins que ceux de 1950 et deux heures de moins que ceux de 1900 (à cause des écrans, et du travail de nuit qui se généralise). Il n’y a guère plus de deux salariés sur dix qui prend des vacances normales, en continu, réellement réparatrices.

 

Et puis, il faut bien parler de la santé, en tant que donnée institutionnelle. Assurément, la science progresse chaque jour et des maladies autrefois mortelles sont vaincues facilement. Mais des centaines de médicaments sont déremboursés, les tarifs des mutuelles augmentent, le numerus clausus dans les maladies médicales est une aberration qui empêche de nombreux jeunes (issus des classes populaires en particulier) d’exercer la médecine, des spécialités comme l’ophtalmologie (un an d’attente dans de nombreux cabinets) seront bientôt rayées de la carte. Un nombre croissant de Français – les jeunes notamment – ne se soignent plus ou ont recours à l’automédication par internet.

 

Tout cela se paye et se payera, comme se payera le fait que des centaines de milliers de jeunes de dix à trente ans seront sourds à cinquante ans après quelques dizaines de milliers d’heures d’écoute de musique par des oreillettes.

 

Tant que les travailleurs seront perçus comme un « coût » facteur de « charges », cette situation continuera à se dégrader.

 

 

Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) établit un Indice composite du développement humain (IDH) qui prend en compte la richesse par habitant, l’éducation et la santé (espérance de vie incluse). Le PNUD établit un classement des pays selon la valeur de leur IDH. 


En 1995, la France était au 2ème rang derrière le Canada. Et puis, patatras ! Elle se situait au 12ème rang en 2000, au 20ème en 2012, derrière le Royaume-Uni, l’Islande, la Corée du Sud, Israël, le Luxembourg, le Japon, et la Belgique.

 

Au Japon, l’espérance de vie continue d’augmenter. Le seul pays qui fait mieux est … Monaco. Vous m’en direz tant !

La baisse de l’espérance de vie, c’est la faute du vent.
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 06:51

 

 

Pour chaque salarié rémunéré au SMIC, les contribuables français payent, à la place de l’employeur, 416 euros par mois. Cette réduction des contributions patronales a été décidée par Sarkozy/Fillon. L’Etat reverse une somme équivalente au budget de la sécurité sociale pour compenser cette réduction.

 

Depuis le 1er janvier 2016, les contribuables payent en plus 132 euros par mois via la CAF à chaque salarié au SMIC. Au total, 548 euros par mois que les patrons n’ont pas à débourser.

 

 

 

 

Pendant ce temps, l’ancien salarié de la MGEN (20 ans) et ancien mis en examen Jean-Marie Le Guen estime nécessaire la baisse de la durée des indemnités chômage et de leur montant. Je doute que ce Solférinien orthodoxe ait trouvé cela tout seul. Il faut, selon lui, aborder les prochaines négociations « avec courage ». Il faut « un petit peu [sic] changer les paramètres de notre assurance-chômage », même s’il est « extrêmement difficile de diminuer les aides aux chômeurs pendant une période où le chômage est encore très élevé. » Tu l’as dit, bouffi.

 

Aujourd’hui, il faut avoir travaillé quatre mois pour pouvoir bénéficier de l’assurance-chômage. La durée maximale d’indemnisation est de 24 mois pour les moins de 50 ans et de 36 moins pour les plus de 50 ans. L’indemnité est de 57% du salaire de référence brut.

 

Mais le parlementaire médecin qui n’a jamais vraiment exercé la médecine veille au grain.

 

PS : autre spécialiste du vrai travail, la ministre du Travail. Cette personne, qui n'a pratiquement jamais travaillé réellement de toute sa vie professionnelle, vient de déclarer que "les milliards versés aux entreprises ne constituaient pas un cadeau". Pauvre fille !

Qui assiste qui ?
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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:58
La lutte contre le chômage est héroïque !
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