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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 04:52

Un texte de Nathalie Bianco, repris de son compte Facebook. Ce texte nous dit tout simplement, en creux, que le paradigme de l'islam, qui ne cesse de se déplacer, l'a emporté. De concert avec les modèles qui nous viennent d'outre-Atlantique. Comme quand des militants de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis déplorent, en regardant la photo des candidats de leur formation aux élections législatives à venir, qu’il n’y ait qu’un seul Noir en présence (contre une dizaine de Blancs). Comme si la valeur de l’activité militante se mesurait à la couleur de la peau... Et ce, même dans un département où les Français d’origine sont désormais minoritaires. Je pense aussi à ce vieux professeur d’université qui candidate comme suppléant d’une jeune femme voilée. Lui, ce pur produit de la méritocratie républicaine ! Je pense aussi à ces écoles de la République où l'on enseigne ce qu'est l'Aïd mais pas ce qu’est la Pentecôte (c’est un athée, je l’ai déjà dit, qui vous parle). Je pense enfin à cet enseignant, médecin militaire, catholique, professeur agrégé, chevalier de l'ordre national du mérite, égorgé par un trafiquant de drogue devant ses deux enfants qu’il était venu chercher à l’école, enterré en catimini sans aucun hommage de la Nation. Cet homme était ce que la France fait de mieux, en matière scientifique et humaine. On en est désormais à se rendre sur des sites bien à droite pour trouver des analyses raisonnables de son martyre.

 

 

Inévitablement, nos regards vont finir par se croiser. Je suis une fille polie, je vais tout faire pour essayer de ne pas trop te dévisager mais à un moment ou à un autre, quand je vais sortir de l’eau, quand tu vas y rentrer, en haut de l’échelle ou au bout de la ligne de nage on va se rencontrer. Si mon œil s’attarde sur toi bien malgré moi ne le prends pas mal : c’est ton étrange tenue, ta « burka de bain » qui m’interpelle. Pas toi. Alors bien sûr, je détournerai le regard. Peut-être même que l’amie avec laquelle je serai venue me poussera du coude : « c’est sa religion » me murmurera-t-elle. C’est une amie adorable, elle nage super bien le crawl mais question réflexion, parfois, elle est larguée ; parce que ça m’étonnerait qu’un dieu, il y a 1400 ans de ça, se soit préoccupé de savoir dans quelle tenue les femmes devaient aller à la piscine municipale. Il a donné des consignes sur le taux de chlore aussi ? Sur la crème solaire ? Indice 30 ou 50 ?

 

Bref. Il faut que tu saches que je n’ai rien contre toi. Je ne te suis pas hostile. Tu fais ce que tu veux. Si tu tiens absolument à te baigner dans cet accoutrement, quand on sait à quel point c’est difficile et désagréable de nager avec des vêtements mouillés, c’est ton problème. Le truc qui me dérange, c’est tout le bordel que vous avez foutu, toi et tes copines militantes, pour faire changer une règle que tout le monde respectait, au nom d’un communautarisme religieux dont personne n’a rien à faire, y compris la plupart de tes coreligionnaires, qui ne demandent qu’à ce qu’on leur foute la paix. (La plupart de ceux que je connais sont d’ailleurs plutôt très gênés de ces gesticulations).

 

Parce que, dis-moi, nouvelle-copine-de-piscine, tu es comme moi, tu as des enfants ? Tu fais de ton mieux pour les éduquer ? Comme moi tu t’échines à leur apprendre qu’en société, pour bien vivre ensemble, il faut respecter les règles communes ? A la piscine comme ailleurs. Alors, oui, on va sous la douche, même si elle est froide. Non, on ne fait pas pipi dans l’eau même si personne ne le voit. Oui, on met un bonnet de bain, même si c’est moche. Non, on ne peut pas faire le kéké avec ce caleçon à fleurs, même s’il est propre, il faut mettre un maillot. Non, on ne court pas autour du bassin etc… Je me dis que ça va être difficile de leur expliquer, à tes gamins, que toi, au nom de ton rigorisme politico-religieux, tu as exigé de t’affranchir des règles communes. Que tu as fait pression, avec tes copines, jusqu’à faire évacuer les bassins les années précédentes, jusqu’à ce qu’on cède à tes caprices. « Les règles c’est pour tout le monde, sauf pour nous ». C’est un message étonnant que tu envoies à tes enfants. Et c’est un message dérangeant que recevront les miens : chaque partie du corps d’une femme, du coude au genou, en passant par le ventre, est potentiellement un objet de tentation et d’excitation sexuelle et il est normal qu’elle doive le couvrir en entier, même pour nager.

 

Je te vois venir… tu vas me parler de liberté et de discrimination. Tu vas me citer Rosa Parks… Pardon, mais Rosa Parks était empêchée de monter dans un bus à cause de sa couleur de peau. Un prétexte scandaleux sur lequel elle ne pouvait pas agir. Toi, tu n’as jamais été « discriminée », il t’était juste demandé, comme à tous les usagers, de respecter le règlement. Personne ne contrôle les origines, les opinions politiques ou la religion des gens à l’entrée des piscines municipales et c’est heureux.

 

Après, tu vas peut-être aussi me sortir des photos de nos arrières grand-mères qui se baignaient avec d’étranges tenues. Sous mes lunettes de natation, je lèverai les yeux au ciel : C’était en 1900 ! Il y a 120 ans. Les femmes n’avaient même pas le droit de vote !

 

Lettre à une copine de la piscine

Bon, là, je te dis tout ça dans ma tête, parce que, à ce stade de ma réflexion, forcément j’aurai arrêté de te regarder pour ne pas te gêner. Je serai repartie essayer de nager ce putain de crawl sans me noyer. Ma copine se marrera. Elle me donnera des conseils et bien sûr, je n’arriverai pas à respirer au moment où je sors la tête de l’eau. Un battement sur trois …Pff… Je ne suis jamais synchronisée. Toi non plus d’ailleurs, t’es pas très synchrone avec l’époque. Parce que la banalisation d’un dogme qui prône l’obligation de pudeur pour les femmes et qui considère que celles-ci doivent dissimuler la totalité de leur corps, on ne peut pas parler d’un grand « progrès ». Les pseudos féministes qui validez cette connerie, je vous donne rendez-vous dans quelques années, quand ces idées auront progressé au point d’être majoritaires dans certains endroits. Cette fois-ci, pas question de détourner les regards : c’est dans les yeux qu’il faudra fixer celles qui n’oseront plus se mettre en maillot de peur d’être considérées comme « impudiques ». C’est les yeux dans les yeux qu’il faudra leur expliquer que vous les avez abandonnées, au nom d’une prétendue tolérance et « inclusivité ». J’extrapole ? Je fantasme ? Qu’est ce qui se passe quand une idéologie minoritaire se développe petit à petit jusqu’à devenir une nouvelle norme ? Chère nouvelle copine de piscine, tu peux me citer beaucoup d’endroits dans le monde prônant la pudeur féminine où les « rebelles » peuvent se baigner sans risque en bikini ?

 

Et puis, dis-moi, de toi à moi, depuis quand des injonctions sexistes libèrent -elles les femmes ?

 

Parce qu'aucun homme ne devra jamais se conformer à ces préceptes répressifs. Pendant que toi, pendant que tu marines dans ta burka de bain, ton mari promène librement son torse poilu et son gros ventre nu, sans problème. Il profite du soleil, de la douceur de la petite brise, de la fraicheur de l’eau sur sa peau. Serein. Pas un mollet, pas un genou, pas un centimètre de peau féminine impure pour le troubler. Il est tranquille. Toi aussi. Tu as choisi librement tes chaines. C’est le moment de relire La servitude volontaire de La Boétie. Ce n’est pas une lecture de vacances ou de plage. Mais c’est une lecture d’actualité.

 

Alors d’avance, pardon, nouvelle copine de piscine, si je te contemple avec un peu d’insistance et de tristesse. Ce n’est pas toi que je fixe.

 

C’est ma liberté et celle de nos filles que je regarde prendre l’eau, petit à petit.

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5 juin 2022 7 05 /06 /juin /2022 05:01

Le réponse de l'Oakland Institute  (extraits):

 

Un paysan ukrainien travaille dans son champ de blé. Crédit : IAEA Imagebank (CC BY-SA 2.0)

Bien que l’Ukraine possède de vastes terres agricoles parmi les plus fertiles du monde, la richesse du secteur agricole ukrainien est longtemps restée hors de portée des petits agriculteurs du pays. Dans le pays connu comme la « grenier à blé de l’Europe », l’agriculture est dominée par des oligarchies et des multinationales depuis la privatisation des terres publiques qui a suivi l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991. Ces 30 dernières années, aucun gouvernement n’a réussi à remettre en question cet ordre établi.

Cela va-t-il changer, maintenant qu’une loi controversée créant un marché des terres est entrée en application le 1er juillet 2021 ?

Les partisans de cette loi affirment qu’un marché foncier est une condition nécessaire pour attirer les investissements étrangers qui permettront à l’agriculture ukrainienne d’atteindre son plein potentiel économique. Cependant, de nombreux Ukrainiens pensent que cette loi aura pour effet de renforcer la corruption et la mainmise des plus puissants sur le secteur agricole.

La loi « modifiant certaines lois concernant les conditions de renouvellement des terres agricoles » (loi 552-IX), est un élément clé du plan de libéralisation défendu par le président Volodymyr Zelensky et les institutions internationales occidentales qui soutiennent son gouvernement. Adoptée par la Verkhovna Rada – le parlement ukrainien à chambre unique – en mars 2020, cette loi était, pour un gouvernement alors en détresse financière, la condition d’obtention d’un prêt de 5 milliards de dollars accordé par le Fonds monétaire international (FMI).

L’histoire compliquée de la propriété foncière en Ukraine

Quand l’Ukraine faisait encore partie de l’Union soviétique, toutes les terres appartenaient à l’État, et les agriculteurs travaillaient dans des exploitations collectives et publiques. Dans les années 1990, poussé et soutenu par le Fonds monétaire international et d’autres institutions internationales, le gouvernement privatise la plupart des terres agricoles de l’Ukraine, et distribue aux ouvriers des coupons leur permettant de devenir propriétaire d’une parcelle agricole délimitée. Cependant, dans un contexte d’effondrement économique à l’échelle nationale, beaucoup revendent leurs coupons, ce qui mène à une concentration progressive des terres entre les mains d’une nouvelle oligarchie.

Autour de 68%, soit 28 millions d’hectares, des terres appartiennent à 7 millions propriétaires privés.

Le pays a également vendu aux enchères des baux de terrains nationalisés à prix élevé. Le gouvernement du président Zelenskya déclaré qu’au moins 5 millions des 10 millions d’hectares de terres publiques ont été illégalement privatisés sous les administrations précédentes.

Le premier détenteur de terres agricoles est Kernel, propriété d’un citoyen ukrainien mais déclarée au Luxembourg, avec environ 570 500 hectares ; suivi par UkrLandFarming (570 000 hectares), la société d’investissement privée étasunienne NCH Capital (430 000 hectares), MHP (370 000 hectares), et Astarta (250 000 hectares). Les autres principaux acteurs comprennent le conglomérat saoudien Continental Farmers Group avec 195 000 hectares (Saudi Agricultural and Livestock Investment Company, société appartenant au fonds souverain d’investissement d’Arabie saoudite, en est l’actionnaire majoritaire), et la société agricole française AgroGénération  avec 120 000 hectares.

Ouverture du marché des terres agricoles

Les personnes physiques et morales (c’est-à-dire les entreprises) pourront acheter jusqu’à 10 000 hectares à partir du 1er janvier 2024. Les banques pourront saisir une terre en cas de loyer impayé, mais devront la vendre aux enchères pour un usage agricole dans un délai de 2 ans maximum. Les personnes physiques ou morales qui louent un terrain actuellement devraient en théorie être prioritaires pour l’achat du terrain en cas de mise en vente (« droits de préemption »). Une interdiction de longue date qui empêche les particuliers et les entreprises étrangères d’acquérir des terres en Ukraine sera maintenue, bien que les louer soit toujours possible.

Le gouvernement et les institutions internationales ont présenté la réforme agricole comme un moyen de « libérer » le plein potentiel des terres agricoles ukrainiennes en rendant le secteur plus attractif pour les investisseurs internationaux. Pour Arup Banerji, directeur de la Banque mondiale d’Europe de l’Est, la réforme « permettra à l’Ukraine de jouir de son potentiel économique et d’améliorer la vie des Ukrainiens. » Mais selon un sondage d’avril 2021, cette rhétorique rencontre l’opposition d’une grande partie du peuple ukrainien, avec plus de 64%  de la population se déclarant contre la création d’un marché agricole.

La loi de réforme agricole rendra l’accès aux terres plus difficile pour les agriculteurs

De nombreux petits agriculteurs ne pourront pas acheter beaucoup de terres avant 2024, à cause des prix élevés, mais aussi parce que beaucoup ont déjà des difficultés financières et des dettes. Bien que les agriculteurs espèrent peut-être bénéficier du droit de préemption garanti par la nouvelle loi aux locataires actuels, cette clause peut en fait encourager la concentration de terres aux mains des plus grands, puisque de nombreux locataires sont aussi de grandes entreprises agricoles.

De plus, selon le Réseau ukrainien de développement rural – une organisation civile et universitaire basée à Kiev – « la plupart des terres privatisées sont louées par de grandes exploitations commerciales agricoles pendant les années à venir », de telle sorte que la terre ne sera même pas disponible à la vente au profit des agriculteurs indépendants jusqu’en 2024, quand ils commenceront à faire face à la concurrence de grands groupes – sachant que ces derniers auront toujours la capacité financière de l’emporter.

Pour beaucoup de citoyens, la principale inquiétude face à cette loi est qu’elle puisse permettre aux étrangers  d’acquérir illégalement des terres, par exemple en créant une entreprise ukrainienne qui servirait de façade, profitant des failles du cadre judiciaire et réglementaire. Plusieurs des contrats les plus importants passés en Ukraine récemment ont été conclus par des entreprises étrangères qui pourraient essayer de contourner la nouvelle loi afin d’obtenir un titre de propriété.

De plus, si l’on examine cette nouvelle loi sous l'angle légal, l’interdiction pour les étrangers d’acquérir des terres ne s’applique pas aux créditeurs en cas de saisies de terres pour défaut de paiement d’une dette – ce qui veut dire qu’une banque étrangère pourrait, potentiellement, saisir la terre d’un petit agriculteur et la vendre aux enchères, là où les grands exploitants auraient un avantage certain.

Les géants du secteur agricole ukrainien ont reçu beaucoup d'argent de la part d’institutions financières internationales telles que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d’investissement (BEI), sans compter les aides  régulières du gouvernement ukrainien sous la forme d’exonération d’impôts et de subventions. Parmi les bénéficiaires de ces dernières années, Kernel, MHP, Astarta, toutes dans les 5 plus grandes entreprises agricoles ukrainiennes si l’on considère la surface totale des terres possédées. À titre d’exemple, Kernel a reçu 248 millions des dollars en plusieurs prêts de la BERD depuis 2018, MHP a reçu environ 235 millions de dollars de la BERD depuis 2010 et environ 100 millions de la BEI en 2014, et Astarta a reçu 95 millions de dollars de la BERD depuis 2008 et environ 60 millions de la BEI en 2014. Ce faisant, non seulement les institutions financières étrangères comme la BERD et la BEI financent les entreprises ukrainiennes agricoles les plus puissantes et les plus gros propriétaires de terres, mais elles financent également les entreprises aux mains des personnes parmi les plus riches du pays – le fondateur de MHP, Yuri Kosyuk, a en effet été classé 11e Ukrainien le plus riche en 2019, tandis qu’Andriy Verevskiy, le fondateur de Kernel, était classé 19e.

La réforme agricole, en bonne voie pour atteindre les objectifs de ses instigateurs
L’analyse développée ici montre clairement que la création d’un marché des terres agricoles en Ukraine permettra aux oligarques et aux grandes entreprises agricoles de continuer d’accaparer la terre, tout en satisfaisant les intérêts des investisseurs étrangers et des banques. Malheureusement, ce sera la grande majorité des petits exploitants agricoles et des citoyens ukrainiens qui devra payer les pots cassés.

Lire l’article original en anglais sur le site d’Oakland Institute

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 05:00

L'immigration coûte-t-elle ou  est-elle bénéfique à la fois aux immigrés et aux population d'accueil ? 

 

C'est une question à laquelle il est très difficile d'apporter une réponse objectivement satisfaisante, d'autant que les économistes qui étudient ces questions de près ne sont pas d'accord entre eux.

 

Tant qu'on utilisera les travailleurs immigrés pour tirer les salaires des travailleurs d'origine vers le bas, on contribuera à l'appauvrissement général des populations et de nos pays. Malheureusement, la spirale est toujours aussi infernale.  On va ainsi bientôt voir arriver des travailleurs asiatiques via la Roumanie... Pour qu'il y ait enrichissement, il faut, au contraire, que le niveau moyen de qualification des travailleurs immigrés soit supérieur au niveau moyen de qualification des travailleurs du pays d'accueil. Et ce, dans la durée, car, on le sait bien, une forte proportion d'immigrés ne retourne pas au pays. Il faut donc que ce qui est valable pour eux soit également valable pour leurs enfants et petits-enfants.

 

Si l'immigration de masse n'a pas posé de graves problèmes des années cinquante jusqu'au milieu des années soixante-dix, c'est parce qu'il n'y avait quasiment pas de chômage et donc parce que les immigrés venaient soulager des mains-d'œuvre autochtone pléthoriques. Voir l'exemple des usines Renault et, avant cela, des Polonais dans les mines de charbon.

 

Aujourd'hui, les travailleurs immigrés qui parviennent à trouver un vrai emploi sont bénéficiaires. Les employeurs de même. En revanche, les pays d'origine sont dans l'ambiguïté : ils perdent des forces vives, ce qui est très regrettable à terme mais, dans le même temps, ils se soulagent d'une démographie excédentaire et de jeunes, parfois turbulents et intenables dont ils ne savent plus quoi faire. Dans les deux cas : un gâchis.

 

Si le regroupement familial est, humainement, une très bonne chose, il a souvent pour conséquence un afflux de mères et d'adolescents sans vraie qualification, difficilement adaptables au monde de l'emploi des pays développés. Et on ne parle même pas des demandeurs de faux asiles ou des clandestins qui occupent désormais dans nos sociétés la majorités des postes ubérisés.

 

Quant à la question de savoir, si les immigrés payent ou vont payer les retraites des locaux, la réponse fait débat. Elle ne pourrait être positive que si les immigrés repartaient immédiatement à la fin de leur période d'activité professionnelle.

 

Aujourd'hui, des économistes et démographes de gauche pensent que le besoin d'immigration n'est pas vital pour faire tourner la machine économique car les sociétés du Nord disposent de réserves d'activité considérables : chômeurs, femmes, robots. Par ailleurs, la main d'œuvre issue de l'immigration est sous-employée. Les enfants sont majoritairement peu ou mal éduqués. Cette sous-éducation crée du chômage chez les jeunes issus de l'immigration, ce qui débouche, là encore, sur une baisse généralisée des salaires, facteur d'appauvrissement général et sur une stagnation de la productivité. Sans parler du développement d'une économie parallèle.

 

Comme tout individu, comme tout être social, l'immigré représente un coût pour la collectivité. Il doit être soigné, logé, ses enfants éduqués etc. Ce qui pose problème quand il paye très peu d'impôts ou qu'il transfère une partie de ses revenus vers son pays d'origine. L'immigré n'est pas responsable de la saturation des services publics car le système a été organisé avant lui et sans lui. S'il n'y avait pas d'immigrés dans les cellules de prison ou dans les rames de métro, c'est d'autres prolétaires – blancs pour parler vite – qui encombreraient ces lieux.

 

L'économiste Maurice Allais posait en son temps les problèmes dûs, en France, à une soudaine immigration de masse, suite à l'indépendance de l'Algérie, par exemple : “ Sans entrer dans les différents types d’immigration (immigration de travail, de peuplement, regroupement familial…), les principaux effets de l’immigration apparaissent clairement : 

 

L’arrivée d’immigrants ne modifie pas immédiatement le niveau du PIB. Le PIB doit alors être partagé entre les citoyens et les nouveaux arrivants. 

 

L’arrivée des immigrants nécessite des investissements supplémentaires qui réduisent la part de la consommation de tous les ménages (construction de logement, infrastructures…). Elle conduit donc, au moins temporairement, à un appauvrissement de la population locale dont la valeur est supérieure à la contribution directe de l’immigration au taux d’accroissement de la population (à long terme 3 à 4 fois ce taux d’immigration). L’arrivée de nouveaux travailleurs ne peut être valorisée qu’à long terme.

 

Pour autant, il ne faudrait pas en conclure que l’immigration est nuisible en elle-même. L’arrivée d’immigrants en Amérique du Nord a indiscutablement contribué à l’essor de l’économie du nouveau monde, même si cela s’est fait au détriment des premiers habitants, les Indiens.

Une immigration temporaire peut permettre de faire face à un manque temporaire de main d’œuvre ou à un déséquilibre de la pyramide des âges. Toutefois, celle-ci est évidemment contre-indiquée dans un pays qui, comme la France, souffre d’un important chômage de masse. ”

Allais observait que, dans le contexte de la mondialisation, les employeurs étaient contraints d'embaucher des travailleurs immigrés : “ Pour l'employeur, il est transitoirement préférable d'embaucher un immigré, moins exigeant qu'un citoyen. Il est naturel qu'il fasse ce choix. qui lui est quasiment imposé par une concurrence exacerbée par la mondialisation. Cet employeur peut même délocaliser sa production et ainsi éviter de payer les salaires nationaux et les charges sociales associées. Il contribuera ainsi au déséquilibre des comptes sociaux, au déficit de la balance commerciale et à la désindustrialisation de la nation. ” Et Allais estimait à 32 milliards de biens publics à produire chaque année pour accueillir les immigrés et leurs familles dans des conditions normales.

La question est de savoir si l'accueil des immigrés sera toujours compatible avec l'esprit et la lettre de l'État social que la France a connu depuis l'après-Deuxième Guerre mondiale. 

 

Pour que l’immigration soit un facteur de prospérité
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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 05:01

D'abord, quelques statistiques, qui – comme c'et presque toujours le cas avec les statistiques – ne clarifient pas forcément la question. Selon l’INSEE, en 2021, la France comptait 7 millions d’immigrés sur une population de 67,8 millions, soit 10,3 % de la population totale. 2,5 millions d'immigrés, soit 36 % d'entre eux, ayant acquis la nationalité française. 

 

La population étrangère  vivant en France s'élève à 5,2 millions de personnes, soit 7,7 % de la population totale. Elle se compose de 4,5 millions d'immigrés n'ayant pas acquis la nationalité française et de 0,8 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

 

1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l'étranger. Avec les personnes immigrées (7 millions), au total, 8,7 millions de personnes vivant en France sont nées à l'étranger, soit 12,8 % de la population.

 

L’assimilation et l’intégration sont des concepts théoriques. Le concept d'assimilation (dans assimilation, il y a “ semblable ”) implique l'effacement de la culture d'origine. Ainsi les Juifs, après des siècles d'incertitudes de leur part et d'errements de la société française, finirent par devenir en droit de vrais citoyens dans le respect de la laïcité. L'intégration, quant à elle, permet de rester attaché à la culture d'origine.

 

Il est difficile d'évaluer avec précision le pourcentage d'immigrés assimilés à un instant précis. On notera que le concept d'assimilation tend à disparaître des travaux scientifiques, en France mais pas, par exemple, aux États-Unis où l'assimilation est, selon Dominique Schnapper, “ la réinterprétation spontanée et libre, par des migrants, de leurs traditions d'origine à l'intérieur du cadre légal et politique de la nation démocratique ”.  Les spécialistes évaluent l'assimilation en France à 10 à 15%.

 

Deux facteurs empêchent une assimilation de masse réussie : la religion – l'islam principalement – et la démographie. Alors que les immigrations européennes (Portugal, Italie, Espagne, Belgique, Pologne) et asiatiques (Vietnam) se sont quasiment éteintes, l'immigration en provenance d'Afrique du Nord n'a pas cessé depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler. Pour de nombreuses familles maghrébines, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine. Le regroupement familial, à partir du milieu des années soixante-dix, a induit une transmission forte des traditions culturelles comme l'endogamie, donc un recul de l'assimilation. Les immigrés européens, pour leur part, ont connu une séparation radicale avec les modes de vie, voire les religions d'avant l'immigration. Pour les Polonais, dans les années cinquante, le rideau de fer a isolé ceux qui avaient émigré dans les années trente et quarante. Ils ont dû s'assimiler rapidement, créer d'autres racines. Les Italiens ont cessé d'émigrer vers 1960 quand leur pays a décollé économiquement avant de devenir rapidement une terre d'immigration. Même chose pour les Espagnols et les Portugais, un peu plus tard, avec la fin des dictatures dans leurs pays. Á noter que l'émigration portugaise, la dernière en date à avoir rejoint la France, a à la fois donné de nombreuses preuves d'assimilation tout en conservant le plus de liens avec le pays d'origine. Les Vietnamiens, sans parler des “ boat people ” contraints à un exil soudain, se sont bien intégrés en France, malgré leur religion, leur langue, leur culture très différentes, donc malgré leur visibilité.

 

En 2021, 47% des immigrés vivant en France était nés en Afrique (Algérie et Maroc 12%, Tunisie 4%). 32% en Europe (Portugal 8%, Italie 4%, Espagne 3%). Il réside actuellement en France environ 850 000 personnes d'origine et de nationalité algériennes. Le flot migratoire annuel étant de 30 à 40 000. Ces chiffres sont peut-être sous-estimés car l’INSEE donne le nombre d’immigrés et de descendants d’immigrés, mais seulement pour les première et deuxième générations (mais le propos, en 2020, du président algérien selon lequelle 6 millions d'Algériens vivaient en France est fortement sujet à caution).  Les personnes d'origine maghrébine représentaient 8,7% de la population française des moins de 60 ans en 2011, et 16% des enfants nés en 2006-2008 avaient au moins un grand-parent maghrébin. En 2015, la démographe Michèle Tribalat estimait à au moins 4,5 millions le nombre de personnes d'origine maghrébine sur trois générations. Selon l'historien Pierre Vermeren, il y avait environ 15 millions de personnes d'origine maghrébine en Europe de l'Ouest en 2016. Á noter que l'Union européenne cautionne d'autres chiffres : 19 millions en 2010, 25 millions en 2016 (5% du nombre total de musulmans dans le monde), et une augmentation a minima – sans immigration – de 7% en 2050 (“ Guidelines to Train Media Circles on Inclusiveness and Preventing Gender Islamophobia ”).

 

L'INSEE estime qu'à partir de la troisième génération les immigrés sont assimilés mais il n'a rien à répondre  – sûrement parce que ce n'est pas sa vocation – lorsqu'on lui fait observer que le terrorisme en France (ou en Belgique) est l'œuvre de descendants d'immigrés de la troisième voire de la quatrième génération, et qu'ils sont nés en France. Les meilleures statistiques démographiques tiennent difficilement compte du retour d'un refoulé qui fait que 57% des jeunes musulmans considèrent que la charia est plus importante que les lois de la République



 

 

Assimilation ou intégration ? (I)
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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 04:56
Pour ceux qui en douteraient encore, cet événement lamentable, honteux et scandaleux, confirme qu'il existe une alliance objective entre le sommet de l'État (le banquier éborgneur et emmerdeur, pour ne pas le nommer) et les cailleras.

Lorsqu'il s'agit de flinguer des Gilets Jaunes, ou des manifestants en général, l'employé de Rothschild sait employer la police à qui il donne des ordres d'extrême fermeté. Au Stade de France, il n'y avait pas assez de policiers et les présents couraient et gigotaient dans tous les sens dans la plus totale inefficacité.

Des centaines de millions de spectateurs ont été témoins de l'impéritie des forces de l'ordre, mais aussi de leur rage.

Il faut se rendre sur les sites anglais pour comprendre à quel point le banquier et ses alliés objectifs ont, hier, sali à jamais l'image de la France.

Je citerai d'abord ce supporter anglais :

“L’après-match d’hier soir était le plus effrayant que j’ai jamais vécu. Des gangs organisés se sont mis à agresser les fans qui partaient. Nous avons été poursuivis par un gang de voyous sur le chemin du métro. Pas un policier en vue. J’ai été témoin de tant d’embuscades contre des spectateurs sans méfiance. Scandaleux ”.

Écoutons Jim Beglin, commentateur télé et ancien footballeur professionnel :

“L’après-match d’hier soir était le plus effrayant que j’ai jamais vécu. Des gangs organisés se sont mis à agresser les fans qui partaient. Nous avons été poursuivis par un gang de voyous sur le chemin du métro. Pas un policier en vue. J’ai été témoin de tant d’embuscades contre des spectateurs sans méfiance. Scandaleux”.

Le témoignage d'Amaury Brelet, journaliste web est saisissant :

"En plusieurs années de Saint Denis, je n'ai jamais vu un tel acharnement sur des victimes et une telle multitude d'actes de délinquance. C'était vraiment un carnage."

Á noter également le témoignage d'un député espagnol : « Je retranscris ce qui m’a été relaté par l’une de mes connaissances, qui me dit toujours qu’on a tendance à trop criminaliser l’immigration : “Ce que j’ai vécu aujourd’hui à Paris m’a fait penser différemment. La police n’a rien fait. Indescriptible. Des voleurs nous ont attaqués deux fois. Nous allons bien mais nous sommes traumatisés. A l’entrée et à la sortie. Avec des enfants de 9 et 5 ans. Ils ont gâché notre fête. »

Une petite dernière pour la route : le journaliste Steve Douglas a été contraint par la sécurité d’effacer ses vidéos de la bousculade, sous peine de se voir interdire l’accès au stade.

Pour notre ministre de l'Intérieur, les responsables sont les fraudeurs anglais avec leurs faux billets d'entrée. Dans Darmanin, il y a nain.

 

PS : Pendant ce temps-là, l'équipe de Rugby de La Rochelle remportait un titre européen dans la joie et la ferveur communicatives. Il y a une soixantaine d'années, un Anglais forgea une définition qui est restée dans les mémoires, d'une part parce qu'elle reflétait peu ou prou la réalité, d'autre part parce qu'elle avait à voir avec la société de classes : “Football is a gentleman's game played by ruffians ; rugby is a ruffian's game played by gentlemen ” (le football est un sport de gentilshommes joué par des voyous ; le rugby est un sport de voyous joué par des gentilshommes). Á noter qu'on peut être les deux, comme le remarquait Joseph de Maistre à propos de Napoléon : “ Il a usé de la victoire d'Iéna bien autrement qu'à Vienne où il avait fait le gentilhomme. À Berlin, il a été barbare à l'excès ”.
Dans l'école privée d'Eton une compétition grotesque datant de 1766 combine le rugby et le football : le wall game (le jeu de mur). Il a été qualifié par certains comme le sport le plus con du monde : “ Peut-on imaginer un sport plus exclusif et élitiste ? Un seul terrain, pas de ligue ni de fédération, et un seul match qui compte réellement dans la «saison», le samedi précédant la Saint-Andrew (le 30 novembre) ” (Laurent Favre). Avant Harold Macmillan et Boris Johnson, George Orwell y a joué une fois en 1921. On le voit ici (quatrième en partant de la gauche) se rendant à la compétition. Ce très court film est historique et pour moi très émouvant car c'est le seul film sur lequel apparaît le futur auteur de 1984.
 
Sur la photo, Orwell est en 3 1.
Stade de France : une honte française
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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 04:54

Pour Respublica, la nomination d’une nouvelle Première ministre est un non-événement : « Cela va-t-il changer la donne par rapport au quinquennat qui s’est achevé ? Un quinquennat marqué par de fortes régressions sociales, de grandes lacunes dans la lutte pour préserver les grands équilibres écologiques, des mesures lors de la pandémie qui ont accentué les défauts majeurs de la Ve République.

 

 Le parcours politique d’Élisabeth Borne ne peut qu’inquiéter celles et ceux qui, à gauche, souhaitent une politique sociale et écologique à la hauteur des enjeux actuels. Certes, elle n’est pas responsable seule des réformes régressives du dernier quinquennat, réformes antisociales qui viennent de loin. Il n’empêche que, de la période « Hollande » à la période « Macron », elle a été à la tête des secrétariats d’État et/ou des ministères : de l’Écologie où elle n’a pas brillé d’un volontarisme transcendant, des Transports où elle a mené une politique de déstabilisation et de fragilisation de la SNCF. Elle a accompagné les anti-réformes du droit du travail qui précarisent les salariés et tenu des propos provocateurs sur l’assistanat supposé de la majorité des chômeurs. L’assistanat aux subventions publiques des grandes entreprises n’est guère évoqué.

 

Sous la présidence de Hollande, Élisabeth Borne s’est distinguée pour contribuer à gruger et les contribuables et les usagers au profit des actionnaires autoroutiers. En effet, tout a été fait sous le patronage de ces personnages pour prolonger les concessions attribuées aux sociétés d’autoroutes à des conditions excessivement avantageuses.

 

Pour la Macronie, Élisabeth Borne coche toutes les cases. Elle sera un bon soldat du président et incarnera parfaitement le système macronien. Cela n’est pas de bon augure pour les salaires, les pensions des retraités, les services publics, l’écologie, la justice sociale et la lutte contre les inégalités ! Le nouveau gouvernement Macron/Borne qui vient d’être formé avec vingt-sept membres se caractérise par un ancrage fort à droite et montre par ailleurs une forte tendance technocratique, avec plusieurs anciens « sherpas » ou anciens chefs de cabinet. La nomination au ministère de l’Éducation nationale de Pap Ndiaye, spécialiste de l’histoire des minorités et de l’histoire sociale des États-Unis, peut faire craindre la montée en puissance d’une pseudo laïcité fondée sur les dérives du wokisme.

 

 

 

Selon le World Socialist Website, le chancelier britannique Rishi Sunak, milliardaire, ancien de Goldman Sachs et possible successeur de Boris Johnson, a annoncé aujourd’hui au Parlement des « mesures de soutien au coût de la vie » de 15 milliards de livres sterling en réaction à la situation désespérée à laquelle font face des dizaines de millions de personnes.

 

Sunak a effectivement déchiré sa déclaration budgétaire de printemps, présentée il y a à peine deux mois, qui refusait tout répit aux personnes plongées dans une pauvreté abjecte.

 

Sunak a été forcé de reconnaître les difficultés profondément ancrées dans un pays où 14,5 millions de personnes vivent dans la pauvreté, et où 250 000 autres ménages devraient « glisser vers la misère » en 2023.

 

Huit millions de ménages qui avaient déjà des revenus suffisamment bas pour que l’État prenne en charge leur coût de la vie par le biais du système d’aide sociale recevront un versement unique de 650 livres sterling au titre du coût de la vie. Plus de huit millions de ménages de retraités qui reçoivent l’allocation de chauffage d’hiver parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs factures recevront une allocation de subsistance pour retraités unique de 350 livres. Six millions de personnes qui perçoivent des prestations d’invalidité sans conditions de ressources recevront un paiement unique au titre du coût de la vie pour les personnes handicapées, d’une valeur de 150 livres.

 

​​​Alors même que Sunak annonçait ses mesures sur le coût de la vie, les travailleurs des télécommunications de BT se préparent à lancer leur première grève nationale en 35 ans. Ils vont voter pour une grève le mois prochain après avoir rejeté l’offre salariale inférieure à l’inflation d’une entreprise qui réalise 1,3 milliard de livres de bénéfices annuels.

 

 

Revue de Presse 408
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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 04:56

Quand la technique se met au service de la politique, quand elle se confond avec elle.

 

Cet article démolit le mythe d’un royaume libéral, parlementaire, berceau des libertés de l’Occident moderne. Alors que ce pays est corseté drastiquement par quantités de lois, règles, règlements qui en font, au contraire, l’une des“ démocraties ” les moins libres qui soit. Depuis au moins le XVIIIe siècle, époque où l’on pendait un adolescent ayant volé un mouchoir de soie (en fait un pauvre qui avait volé un riche), et surtout depuis le XIXe siècle et la montée en puissance de la classe ouvrière et de ses représentants dans le paysage syndical et politique.

 

Très immodestement, je rappelle que j’ai publié en 2001 un livre sur ce sujet : Censure et libertés au Royaume-Uni (Ellipses). Il m’avait été beaucoup plus facile de traiter de la censure que des libertés. Dans tous les domaines…

 

J’avais relevé que le “ comité ” dont parle l’auteur, dont étaient membres des représentants de la presse sur la base du volontariat (ah ! ces braves gens volontaires pour se passer des chaînes et pour considérer comme légales des obligations qui ne le sont pas…), avait été fondé en 1912, dans la foulée de la loi sur les Secrets Officiels de 1911, mais que son existence n’avait été révélée au public qu’en 1952.

 

 

 
Membres du Comité consultatif des médias pour la défense et la sécurité de 2021 (Photo tiré du site gouvernemental du DSMA et libre de droits)
 

Le 20 avril, un juge britannique a approuvé l’extradition du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, vers les États-Unis, où il sera jugé en vertu de l’Espionage Act. La ministre de l’Intérieur, Priti Patel, va maintenant décider si elle approuve la décision.

 

Des groupes de défense des droits et des citoyens inquiets du monde entier ont exhorté Mme Patel à mettre un terme à l’extradition, au motif que le procès intenté par Washington à Assange revient à criminaliser des activités journalistiques tout à fait légitimes et met en péril la liberté de la presse dans le monde.

 

Ces demandes risquent de tomber dans l’oreille d’un sourd. Une caractéristique frappante de la décision de janvier 2021 sur l’extradition d’Assange, ainsi que du jugement sur l’appel de Washington, est que les considérations de liberté de la presse n’ont pas du tout été prises en compte par le tribunal.

 

La juge de district Vanessa Baraitser a accepté les arguments sous-jacents à chaque accusation américaine au pied de la lettre, tandis que la Haute Cour de justice a rejeté toute suggestion selon laquelle l’extradition d’Assange serait "injuste".

Cet oubli troublant est peut-être symptomatique de la culture britannique du secret d’État, sans doute la plus stricte et la plus draconienne du monde occidental - et c’est pourquoi on peut présumer que Patel approuvera l’extradition d’Assange en mai prochain.

 

Présentation de la DSMA

Peu connu et rarement discuté par l’establishment médiatique, le Royaume-Uni maintient depuis des décennies le très secret Defense and Security Media Advisory Committee (DSMA), qui impose à la presse une forme de censure très britannique. Il décide des sujets et des événements qui peuvent être couverts, et comment, d’une manière chevaleresque mais foncièrement malhonnête.

 

Le comité DSMA est un organe géré par le ministère de la Défense, composé de représentants des services de sécurité, de vétérans de l’armée, de hauts fonctionnaires, de chefs d’associations de presse, de rédacteurs en chef et de journalistes, qui se réunit tous les six mois.

 

Selon Declassified UK, des représentants des diffuseurs ITV, BBC et Sky News font partie de ce comité. "Le directeur de la rédaction du Times et du Sunday Times et le rédacteur en chef adjoint du Telegraph" sont également présents.

 

Souvent, le comité émet des notifications D comme une demande officielle aux journalistes de ne pas publier ou diffuser des informations particulières sur des sujets liés à la sécurité nationale, ou demande la suppression de certains détails dans les reportages sur des sujets supposés sensibles.

 

Depuis 2017, il existe cinq notifications permanentes, concernant : les opérations, plans et capacités militaires ; les systèmes et équipements d’armes nucléaires et non nucléaires ; les opérations, activités et méthodes et techniques de communication des forces militaires antiterroristes, des forces spéciales et des agences de renseignement ; les biens et actifs physiques ; le personnel et leurs familles qui occupent des postes sensibles.

 

Si le secrétaire du Comité estime qu’un article qui relève d’un ou de plusieurs de ces cinq domaines sera bientôt publié, ou a été publié, des courriels sont envoyés aux rédacteurs en chef de toutes les publications grand public, portant généralement la mention "privé et confidentiel : ne pas publier, diffuser ou utiliser sur les médias sociaux".

 

La DSMA fait tout son possible pour empêcher la publicité des notifications D liées à des violations présumées.

 

Le procès-verbal de la dernière réunion du comité de la DSMA, en novembre 2021, indique que de mai à novembre, son secrétariat a reçu 78 demandes de renseignements et de conseils, soit une augmentation de 44 % par rapport à la période précédente. Le total était "à peine inférieur à la moyenne historique sur 10 ans" de 88.

 

Aucune notification D n’a été émise, et le document cite trois "bons exemples" du "bon fonctionnement du système dans la pratique" au cours de cette période, notamment des articles concernant des opérations militaires, "la divulgation en ligne par inadvertance de documents sensibles relatifs aux marchés publics" et "la perte de documents classifiés".

 

Le procès-verbal note également que les représentants des médias au sein du Comité "ont souligné l’importance pour les journalistes et les rédacteurs en chef de poser eux-mêmes des questions sur les implications de ce qui est publié."

 

On peut supposer que la presse grand public a demandé en bloc des conseils sur ces sujets, et qu’elle a été laissée tranquille après s’être conformée aux règles.

 

Demander l’avis de la DSMA, sinon...

Les lettres du comité de la DSMA se terminent généralement par des questions polies telles que "Puis-je vous demander de demander mon avis avant de le faire ?". Cette civilité cache un paradoxe sinistre au cœur du système.

 

Sur le papier, cela peut sembler consultatif, et les journalistes ne sont pas légalement obligés de se conformer aux demandes du Comité de solliciter des conseils avant de publier un article ou de garder certaines informations secrètes. Pourtant, les journalistes savent pertinemment que s’ils ne s’y conforment pas, ils peuvent être poursuivis en vertu de la loi sur les secrets officiels.

 

Sinon, ils risquent au moins d’être mis sur une liste noire ou de ne plus avoir accès aux briefings, interviews et informations privilégiées des fonctionnaires, qu’ils soient officiels ou non.

 

Il existe très peu d’exemples de violation de notifications D, et les lettres sont rarement envoyées. Entre 1997 et 2008, la commission n’a écrit aux organes de presse qu’à 30 reprises.

 

Un exemple palpable de l’efficacité du système a été donné en novembre 2010, lorsqu’une notification D fut émise à la suite des premières publications de câbles du département d’État américain par WikiLeaks.

 

L’avis prévenait que la publication des fichiers "pourrait déclencher des réactions locales violentes" contre des citoyens britanniques "travaillant ou vivant dans des régions instables".

 

En clair, l’implication était que les journalistes qui osaient publier quoi que ce soit sur ce matériel explosif pouvaient avoir du sang sur les mains. L’écrasante majorité des médias britanniques ont donc ignoré les câbles.

 

Consulter la DSMA "tous les jours ouvrables"

Le fonctionnement de l’organisme a un effet paralysant sur les journalistes britanniques.

 

Selon les chiffres cités dans le livre de Ian Cobain, The History Thieves, paru en 2016, le Comité estime que 80 à 90 % des articles que les journalistes soupçonnent de pouvoir faire référence à des documents faisant l’objet de l’une des cinq notifications D sont volontairement soumis à un examen officiel avant leur publication.

 

Le vice-président du comité DSMA s’est vanté : "En moyenne, un journaliste consulte le secrétariat tous les jours ouvrables".

 

Peu de Britanniques, si tant est qu’il y en ait, sont conscients de cet état de fait pervers, sans parler du fait qu’il a pour conséquence que l’écrasante majorité de la couverture médiatique des questions de sécurité nationale est bridée et dictée directement par décret gouvernemental.

 

Pourtant, il existe de rares exemples de journalistes et de rédacteurs en chef qui ne se sont pas concertés avec le Comité avant de publier leurs articles.

 

L’exemple le plus significatif concerne la série d’articles publiés par The Guardian en 2013, basée sur des documents sensibles partagés par le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden, qui a exposé les excès du réseau d’espionnage mondial secret "Five Eyes" dirigé par Washington et Londres.

 

Le 7 juin 2013, le lendemain des premiers reportages du Guardian, le Comité a envoyé une notification D aux rédacteurs en chef des journaux, déclarant que si ses directives n’avaient pas été violées, les services de renseignement étaient "préoccupés par le fait que d’autres développements de ce même thème" pourraient compromettre la sécurité nationale. Les révélations de Snowden ont donc été largement ignorées par les médias britanniques, la plupart d’entre eux ne mentionnant pas du tout les révélations explosives.

 

Le Comité a également déployé des efforts considérables pour se rapprocher du Guardian et le neutraliser. En juillet de la même année, au moment précis où les techniciens du GCHQ assistaient à la destruction solennelle des ordinateurs portables contenant les fichiers de Snowden, le journal a demandé l’avis de la commission sur les documents et a ensuite refusé de publier certaines informations qu’ils contenaient.

 

Cet engagement n’a cessé de croître au cours de l’année, jusqu’à ce que le rédacteur en chef adjoint du Guardian, Paul Johnson, qui a dirigé la destruction symbolique des ordinateurs portables, soit nommé au comité DSMA.

 

Trois ans plus tard, l’équipe d’investigation du Guardian a été dissoute et la couverture des questions militaires, de sécurité et de renseignement par le Guardian a connu un déclin précipité. En fait, à l’heure actuelle, de nombreux correspondants clés du Guardian en matière de sécurité nationale ont peu d’expérience dans ce domaine.

 

En février 2022, Declassified UK a reçu un courriel du capitaine de vaisseau à la retraite Jon Perkins, qui est un secrétaire adjoint du comité DSMA. Il demandait à l’organe de presse de retirer le nom du lieutenant-colonel "Sid" Purser, un conseiller militaire supérieur britannique, de sa couverture du soutien britannique à la dictature au Cameroun.

 

"La publication de ce nom... met en péril la sécurité personnelle de l’officier et peut même compromettre sa famille", a affirmé M. Perkins. "Ce détail va donc à l’encontre des termes de l’avis 5 de la DSMA (informations personnelles sensibles). Puis-je donc vous demander de supprimer le nom de l’article et de faire référence à "un officier britannique" ?

 

Comme les demandes DSMA précédentes, l’e-mail semblait très poli, mais pour Declassified UK, il était déroutant. S’agissait-il d’une demande informelle ou d’un avis plus formel ? 

 

Mark Curtis, rédacteur en chef de Declassified UK, a déclaré que le média avait refusé de supprimer le nom de Purser.

 

Declassified UK a publié un reportage sur le Cameroun deux semaines auparavant "qui a révélé pour la première fois les détails de la façon dont l’armée britannique soutient son régime répressif, dirigé par Paul Biya, le plus ancien dictateur d’Afrique, qui règne d’une main de fer depuis 1982. Il a eu 89 ans dimanche."

 

"Notre reporter en chef Phil Miller a découvert que non seulement la Grande-Bretagne entraîne l’armée de Biya, qui est accusée de torture et d’exécutions, mais qu’un officier des forces spéciales britanniques a même rédigé une doctrine de "gestion de crise" pour le dictateur", ajoute Curtis.

 

En 2020, un membre du bureau de presse du ministère de la Défense a proposé que Declassified UK soit "inscrit sur une liste d’organisations avec lesquelles le ministère ne souhaite pas collaborer." (Par la suite, le ministère de la Défense a présenté des excuses).

 

Un avertissement "urgent" aux rédacteurs en chef

L’empoisonnement apparent à l’agent neurotoxique de l’ancien agent double Sergei Skripal et de sa fille Yulia dans la ville anglaise de Salisbury, le 4 mars 2018, fournit un autre exemple de la fonction du Comité.

 

Deux jours plus tard, le média russe Meduza a publié un article décrivant les antécédents de Skripal en tant qu’espion, ainsi que ceux de son recruteur et responsable du MI6, Pablo Miller. L’article mentionnait que le compte LinkedIn de Miller indiquait qu’il résidait également à Salisbury.

 

Miller a supprimé ce profil compromettant, mais le 7 mars, le Daily Telegraph a révélé qu’il travaillait désormais pour Orbis Intelligence, la célèbre société de sécurité privée dirigée par l’ancien espion du MI6 [service de renseignement britannique - NdT] Christopher Steele, auteur du dossier Trump-Russie largement discrédité.

 

Bien que la publication ait volontairement refusé de nommer M. Miller, le secrétaire de la DSMA publia en l’espace de quelques heures une autre note "urgente" mettant en garde les rédacteurs en chef contre la divulgation de l’identité du personnel des services de sécurité et de renseignement britanniques. Il a exhorté les médias à consulter le Comité s’ils "envisagent actuellement de publier de tels documents".

 

Le lendemain, Gordon Corera, de BBC News, et Luke Harding, du Guardian, qui sont connus pour être des sténographes de la sécurité nationale, se sont rendus sur Twitter et ont fermement nié que Miller ait jamais travaillé pour Orbis. Ils ont également affirmé – sur la base de sources anonymes – qu’il n’y avait aucun lien entre Skripal et Steele. (M. Harding a affirmé à tort que les résultats de Google attestant d’un tel lien étaient le produit d’une manipulation diabolique du moteur de recherche).

Le Daily Telegraph a finalement publié un article désavouant son précédent article, qu’il considérait comme le produit d’une "tentative d’opération secrète" des services de renseignement russes visant à jeter le doute sur le dossier Steele, citant des "sources bien placées" qui "soupçonnaient" le profil LinkedIn auquel il avait initialement fait référence – "s’il a réellement existé" – d’avoir été créé par les services de renseignement militaires russes.

 

Un système pour réprimer le journalisme

L’essor d’Internet a posé d’importants problèmes au système DSMA. Après tout, il est incroyablement difficile, voire impossible, pour Londres d’empêcher les publications et les journalistes situés en dehors du pays de diffuser des informations que le gouvernement britannique ne souhaite pas voir tomber dans le domaine public.

 

Cela pourrait expliquer, du moins en partie, pourquoi les autorités britanniques prévoient d’étendre considérablement leur capacité à emprisonner les lanceurs d’alerte, les auteurs de fuites et les journalistes.

 

Comme l’a rapporté The Dissenter le 9 février, les autorités britanniques s’efforcent d’étendre les lois sur les secrets officiels afin de refléter la nature orwellienne de la loi américaine sur l’espionnage [Espionage Act].

 

La législation actuelle prévoit que tout "fonctionnaire de la Couronne" (gouvernement, employé ou contractant) qui divulgue des informations classifiées à quelqu’un d’autre – ou les journaux ou journalistes qui publient des secrets qui leur ont été divulgués par ces personnes – peut être emprisonné pour une durée maximale de deux ans.

 

Ni les auteurs de fuites ni les éditeurs ne peuvent invoquer l’"intérêt public" comme défense, et les peines peuvent être alourdies par la suite si un juge estime que les sanctions initiales n’étaient pas suffisamment sévères.

 

Cette loi est l’une des principales raisons pour lesquelles les fuites provenant des agences de sécurité ou de renseignement britanniques, ou même des ministères, sont rares. En fait, lorsque des fuites se produisent, elles proviennent généralement d’agences qui veulent que l’information soit rendue publique pour une raison politique ou trompeuse.

 

Cette tendance est d’autant plus inquiétante que la commission DSMA et son système de notification D constituent déjà un mécanisme de censure du journalisme aux effets dévastateurs.

 

Le procès-verbal de novembre 2021 montre que les opérations de la direction antiterroriste de la police métropolitaine seront bientôt couvertes par le système. Cela signifie que les journalistes locaux, souvent les premiers sur les lieux lors d’incidents terroristes et "moins susceptibles d’être familiers avec les notifications permanentes", seront les cibles d’un "travail de proximité."

 

"Les membres du secteur des médias pourraient apporter leur contribution à cet égard", indique le procès-verbal, précisant que les journalistes et les rédacteurs en chef sont appelés à aider activement le Comité à endiguer le flux de vérités dérangeantes et les informations préjudiciables dans les médias.

 

Le public britannique n’est pas au courant du rôle joué par le comité DSMA pour décourager les médias de poursuivre les reportages liés à la diffamation de Julian Assange par Washington. Mais pour une affaire sans précédent qui a fait les gros titres, la couverture médiatique a été particulièrement molle.

 

En juin 2021, Stundin, un bihebdomadaire islandais, a révélé qu’un nouvel acte d’accusation contre le chef de WikiLeaks reposait en grande partie sur le faux témoignage d’un fraudeur, diagnostiqué sociopathe et condamné pour pédophilie, que le FBI avait recruté pour miner l’organisation de l’intérieur. Les détails provenaient d’une interview de l’informateur lui-même, mais pas un seul journaliste britannique [ni Français - NdT] n’en a parlé.

 

Trois mois plus tard, Yahoo ! News a révélé les "plans de guerre secrets" de la CIA visant à kidnapper, voire à assassiner Assange au cas où il s’échapperait de l’ambassade d’Équateur à Londres. BBC News n’a mentionné qu’une seule fois l’exposé qui a fait l’effet d’une bombe, dans sa section en langue somalienne. Le Guardian et l’Independent ont mentionné l’histoire une fois, tandis que tous les autres médias britanniques ont ignoré le reportage.

 

De nombreux journalistes des médias britanniques sont indifférents à la souffrance d’Assange. Pourtant, les professionnels des médias qui reconnaissent les enjeux sont soumis à un système qui vise à décourager le type d’enquêtes de suivi qui pourraient permettre de démêler cette poursuite dont la nature politique est flagrante.

 

Kit Klarenberg 

Cet article a été financé par les abonnés payants de la lettre d’information The Dissenter. Devenez un contributeur mensuel pour nous aider à poursuivre notre journalisme indépendant. 

Traduction " et en France ?... " par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

 

Publié par Le Grand Soir

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 05:01

La nouvelle première ministre est favorable à un abaissement de la vitesse sur les autoroutes à 110 Km/h. On aura intérêt à mettre la musique des Doors à fond les décibels pour ne pas s'endormir. Nous allons être fliqués comme jamais d'autant que le principe de la boîte noire dans les voitures de tourisme est acquis depuis le 2 mai 2022 pour les véhicules neufs, en attendant très bientôt les véhicules d'occasion.

 

Cette boîte enregistrera de nombreux paramètres tels que la vitesse, le freinage, l’accélération, la vitesse d’impact en cas de choc, le port de la ceinture de sécurité, les coordonnées GPS ou encore aux émissions polluantes du véhicule. Le boîtier ne pourra pas être désactivé par l’usager.

 

Il est clair que, grâce à cette boîte, les autorités demeureront 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans nos habitacles, de manière virtuelle mais parfaitement efficace. Alors qu'aujourd'hui il ne leur est même pas possible d'ouvrir nos coffres de voiture !

 

Bruxelles estime que l’installation d’une boîte noire dans toutes les voitures permettrait de réduire de 20 % le nombre de décès sur les routes. Mais pour Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes », cela est aberrant :

 

« En dissimulant un enregistreur de données dans les voitures, on espère dissuader les mauvais comportements et ainsi limiter les accidents. Mais il ne faut pas prendre les automobilistes pour des imbéciles : ils sont parfaitement conscients que tel qu’il est conçu, ce genre de dispositif ne peut avoir aucun impact sur les infractions et les comportements réellement accidentogènes que sont par exemple le refus de priorité (16 % des accidents mortels), l’usage du téléphone au volant (environ 10 %), la somnolence et la perte d’attention (10 à 15 %). De plus, les données enregistrées ne sont conservées et éventuellement analysées qu’en cas de choc, 30 secondes avant et 30 secondes après l’événement. L’outil ne peut donc en aucun cas prévenir ou empêcher l’accident ».

 

Comme le dit un vigoureux petit parti politique, ce ne sont pas nos vies qui comptent mais leurs profits.

Á quand une boîte noire dans nos guidons de vélo ?
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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 05:01

Repris du site IDJ

 

Le cabinet noir de Matignon : des socités privées, des organismes européens et mondialisés.

 

On l’aura remarqué, le gouvernement de la Première ministre Elisabeth Borne a fait l’impasse sur de nombreux ministères traditionnels. En effet, il n’y a pas de ministère du Logement, pas de ministère des Transports, pas de ministère du Tourisme ou encore du ministère du Numérique. Ce qui fait hurler les professionnels de ces secteurs.

 

Non pas qu’ils aient été « oubliés » par la Première ministre et, surtout, par le Président de la République, mais parce que ces ministères, comme bien d’autres, sont remplacés depuis belle lurette par un cabinet fantôme qui agit en lieu et place de nombreux ministres. Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, a préféré, par discrétion, ne pas les nommer publiquement.

 

En fait, au Quai d’Orsay, siège du ministère des Affaires étrangères, est nommé l’OTAN. A la Santé : l’OMS et McKinsey. A Bercy, les super-ministres de l’Économie s’appellent l’OMC, (organisation mondiale du Commerce) et la Banque centrale européenne (BCE). Aux Fiances et aux Affaires sociales : McKinsey, branche Pfeizer. A l’Education : Open Society. A l’Environnement, le World Economic Forum.

 

Avec cette équipe de choc, citoyens, dormez tranquilles : la mondialisation va s’occuper de vous !

Le gouvernement privatisé : c'est en bonne voie

PS : à propos de la nième tuerie dans une école étasunienne, mon ami Michel Taupin a proposé cette brève réflexion sur Facebook :

 

“ L'AMERICAN WAY OF LIFE : Nouvelle tuerie dans une école du Texas ! 21 morts dont 19 enfants. Et ce ne sera pas la dernière !

 

Un pays bâti sur l'un des pires génocides de l'histoire, où les armes à feu sont le prolongement des névroses de ses habitants, où la liberté se pèse en dollars, où l'individualisme forcené a détruit toute solidarité, où la compétition engendre la haine bestiale de l'autre, où le capitalisme guerrier triomphant a brûlé toute forme de pensée, étouffé toute résistance, illusionné et escroqué toute une population, un tel pays ne peut engendrer que des monstres, des psychopathes de plus en plus nombreux. En vérité, les États-Unis sont l'expression même de la violence, de l'inhumanité et devenus à ce titre le chancre de la planète Terre. ”

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24 mai 2022 2 24 /05 /mai /2022 05:01

Pour la municipalité écolo de Lyon, la ville de Lyon n’existe plus. Le département du Rhône non plus. La France encore moins.

Lyon n’est plus une ville, c’est une métropole. Au nom d’une synecdoque facile. En effet, la métropole de Lyon, ou encore le grand Lyon, ce n’est pas Lyon mais une collectivité créée en 2015 et comportant 59 communes regroupant 1 400 000 habitants.

 

La métropole de Lyon possède les compétences à la fois d’un département et d’une métropole. La commune de Lyon (37% des 1 400 000 habitants) est le siège de cette métropole.

 

Désolé, mais la métropole de Lyon est française. Pas « européenne ».

 

Nous sommes ici dans une phraséologie typiquement bruxelloise, avec des mots pleins d’emphase au service d’un discours creux (ou l’inverse, car tout se vaut).

 

La République française est constituée de citoyens égaux en droits. Elle est daltonienne car elle fait fi de la couleur. Elle ne connaît pas la diversité. Elle n’est pas un assemblage disparate d’individus différents subissant une injonction d’union. Dans un bureau de vote, il n’y a que des électeurs. Il n’y a pas de Blancs, de Noirs, de Jaunes et de Verts.

 

Quant au “ programme ” (« pour la démocratie, l’éducation, la citoyenneté, le climat l’égalité »), c’est un gloubi-glouba de bouillie dans la tête : un mélange de programme politique pour demain, de constitutionnalité, d’idéal républicain. Quant à être « tous unis pour le climat », je ne vois pas vraiment ce que cela veut dire. Á moins qu’à Lyon nous soyons capables de dicter notre volonté aux éléments naturels…

Lyon capitale des Gaules, deuxième ville de France ? Vous voulez rire…
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