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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 05:05

 

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En 20 ans, les dividendes distribués aux actionnaires des entreprises françaises du CAC 40 ont augmenté de 269%.

Le projet de loi de finances 2022 (PLF 2022) est en discussion à l’Assemblée et le gouvernement fait des missions régaliennes (police, justice, armées) la priorité de 2022, en concentrant les augmentations de dépenses sur ces ministères. 

Le gouvernement a comme priorité la défense et la protection des intérêts du capital en France et dans le monde. En ce qui concerne le budget de la défense, la hausse de 1,7 milliard d'euros portera la totalité du budget des armées à 41milliards d'euros, un montant « inédit ».
 

A l'inverse, la plupart des autres ministères verront leur budget se stabiliser l'an prochain, le gouvernement multiplie les promesses en faveur des policiers, enseignants, indépendants agriculteurs... au total plus de 11 milliards d'euros de dépenses en plus, il baisse l’ensemble des dépenses de l’Etat de 34,5 milliards (-7,9%) comme le coup de rabot de 3 milliards sur les APL, une fois de plus il fait les poches des plus fragiles.
 

Le projet de loi de finances (PLF) n’inclut ni le plan d’investissement (30 milliards d’euros), qui était présenté mardi, ni le revenu d’engagement pour les jeunes (2 milliards d’euros), sur lequel travaille toujours l’exécutif ou encore les différentes mesures annoncées ces dernières semaines : plan pour les indépendants, coup de pouce à MaPrime¬Rénov, Beauvau de la sécurité, transports publics…).
 

Les principales bénéficiaires du budget : les entreprises :
 

*Le gouvernement a entendu les demandes du patronat en baissant de 10 milliards d’euros par an les impôts de production.


*En 2022, toutes les entreprises françaises verront leurs impôts passés au taux de 25 %, contre 33,3 % en début de quinquennat, pour aller vers l’objectif des 15% .


*La stratégie consiste à poursuivre la politique en faveur des entreprises et du capital lancée sous François Hollande avec le pacte de responsabilité et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE en basculant ce dernier en baisses de cotisations pérennes, et il poursuit la chute de la fiscalité sur le capital : à la fois sur le patrimoine, via le remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), et sur le revenu, avec la flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique, PFU). Le 1 % des plus riches sont les grands gagnants de ses choix budgétaires.
 

Le projet de loi du financement de la sécurité sociale idem: tout pour le capital
 

Depuis 1996 les dépenses de protection sociale sont devenues des lignes budgétaires au sein du budget global. Le gouvernement et le Parlement décident et fixent dorénavant tous les ans l’objectif national d’évolution des dépenses d’assurance-maladie.
 

*Vider les caisses, puis étatiser, privatiser c’est le projet de loi de financement de la Sécurité sociale les gouvernements successifs se sont évertués à en assécher le financement à coups d’exonérations, pour mieux justifier ensuite les tours de vis destinés à rééquilibrer les comptes. Macron compte bien finir le travail de ses prédécesseurs.


*Le banquier éborgneur veut liquider les derniers bastions de paritarisme qui prime encore dans deux organismes, l’Agirc-Arrco (retraites complémentaires) et l’Unédic (assurance-chômage), « la responsabilité du chômage et de la précarité, l’État prendra en charge le système d’assurance-chômage », revendique-t-il. Un changement profond du mode de financement de la Sécurité sociale, la proposition de loi organique défendu par Thomas Mesnier, député LaREM, adoptée par le Sénat. vise à intégrer le financement de l’assurance-chômage au PLFSS. L’État reprendrait entièrement la main, à la place de l’Unédic. 

L’objectif poursuivi par le gouvernement est clair : diminuer la part des cotisations patronales, payées par les employeurs et les remplacer par de la TVA, payée par l’ensemble des ménages. Concrètement, depuis 2018, il a déjà divisé par deux les cotisations patronales d’assurance-maladie.
 

*Pour ce qui est des exonérations, elles atteignaient le montant colossal de 60 milliards d’euros fin 2019. Macron a ajouté sa pierre à l’édifice avec 3,5 milliards d’euros d’allègement de cotisations supplémentaires, principalement au niveau du Smic.
 

*Le gouvernement a décidé de ne plus compenser les allègements, ce qui aboutit mécaniquement à un creusement du « trou » de la Sécurité sociale et a encore contribué à dégrader les comptes en décidant de faire endosser aux organismes sociaux le fardeau de la « dette Covid » constituée de mesures de soutien à l’économie (chômage partiel, report de cotisations, etc). (51 milliards d’euros).
 

Logement, assurance chômage et retraites, l’objectif est de rétrécir la Sécurité sociale, jugée trop coûteuse et inefficace pour le capital. Si la crise sanitaire a conduit le gouvernement à temporiser, il n’a pas tardé à remettre ses réformes sur les rails, la réforme des retraites toujours d’actualité, en pleine épidémie, il a appliqué celle des APL, ainsi que la réforme de l’assurance chômage, qui est entrée en vigueur au 1er octobre.
 

Le budget de la Sécu pour 2022 affiche un objectif de dépenses d'assurance maladie en légère baisse, les assurés vont en faire les frais. A la création du régime général avec 4 branches : maladie, retraite, famille et recouvrement des cotisations, permet une véritable sécurité sociale de la naissance à la mort. Le fait de verser une part de son salaire à une caisse commune fait de l’assurance maladie un salaire socialisé, permettant d’être protégé toute sa vie. 

La moitié de ces cotisations, 50%, étaient prélevées sur les salaires (cotisation salariale) et l’autre moitié, sur le patronat, à partir des richesses produites par les salariés (cotisation dite patronale). La Protection Sociale était gérée par un Conseil d’Administration élu, composé aux ¾ par des représentants des assurés et à ¼ par ceux du patronat. Le patronat n’a jamais accepté ce système. 

Dès 1960, avec le concours actif des gouvernements successifs de droite ou de gauche, il l’a remis en cause. Par décrets et ordonnances, les salariés ont été écartés de sa gestion. Employeurs et gouvernements ensemble ont désengagé progressivement par décrets et ordonnances le patronat, du financement de la Sécurité Sociale. 

Les gouvernements, les uns après les autres, font payer les salariés, les malades, alors que se sont les exonérations patronales qui creusent le « trou » de la Sécurité Sociale, en défiscalisant et désocialisant les heures supplémentaires et la prime exceptionnelle, sans oublier la hausse de la prime d’activité et l’élargissement du nombre de bénéficiaires, qui n’est pas du salaire et n’induit donc pas de prélèvements sociaux, ces choix ont un impact sur le financement de la Sécurité sociale. 

Les exonérations impliquent, par définition, de ne plus verser de cotisations. On retrouve le même principe avec l’activité partielle, l’aide est versée à la place du salaire, les cotisations, et donc les recettes de la Sécurité sociale sont réduites, alors qu’en même temps elle est mise à contribution pour un tiers du coût de l’activité partielle.
 

Le rapporteur du budget Laurent Saint-Martin (LREM) a présenté 2022 comme une "année charnière" pour "acter la fin du quoi qu'il en coûte" et "préparer" à "moyen terme" la maîtrise des dépenses publiques, avec l'objectif d'une baisse du taux d'endettement en 2027". Bercy a promis du sang et des larmes pour les cinq années à venir. « Nous retournerons sous les 3 % de déficit public en 2027, en cinq ans. Nous allons donc faire en cinq ans ce que les autres, à la suite de la crise de 2008, n’ont pas fait en dix ans », menace Bruno Le Maire.


Nous sommes avertis, pas d’autres chemin que la lutte pour bloquer les objectifs du pouvoir et du capital, la lutte est le seul moyen pour parvenir au projet social que le peuple est en droit d’attendre, Tout de suite, il est possible de se rassembler pour des avancées revendicatives et les moyens existent de les satisfaire mais cela, nous l’avons vu ne saurait suffire, le capital veut toujours récupérer ce qu’il a concédé par la lutte, la lutte politique pour un changement radical de société est une nécessité pour une société socialiste débarrassée du capitalisme.

 

Source : Parti Révolutionnaire Communistes.

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 05:03

Hier nous sommes allés nous balader à la foire de Montpellier. Par deux fois la personne qui tenait un stand nous a vanté la qualité de son produit par le fait qu'il était allemand.


Ainsi va le monde dans de nombreux esprits, de bonnes grosses généralisations qu'il est difficile de retourner. Ceci serait insignifiant si elle n'induisait pas souvent du mépris mais aussi, comme dans cet exemple, une sorte de soumission.


J'ose à nouveau le répéter, concernant l'Allemagne, les industriels allemands et sa bourgeoisie ont réussi là où son armée a échoué. Le cas emblématique du sort qu'elle a imposé à la Grèce est le plus parlant. 


Mais il faut bien dans ce cas comme dans le nôtre d'ailleurs des collaborationnistes. Cela se confirme dans les faits mais aussi dans leur idéologie et on comprend alors l'“ en-même-temps ” du jugement porté par Macron à propos de Pétain.


On n'oublie pas, on tait les faveurs considérables qui ont été accordées à l'Allemagne à la fin de la guerre sous la pression des États-Unis. L'annulation de la dette de guerre a été payée 2 fois par les pays agressés : ils ont dû payer sur leurs finances la reconstruction et ils ont hérité, pour la part qui concerne chacun d'eux, de la dette de l'Allemagne. S'y ajoute évidemment l'aide considérable accordée par les EU pour faire contrepoids à ceux d'en face. Donc ce qui est présenté comme un miracle n'est que la conséquence de faveurs.


Dans ces conditions l'Allemagne est devenue la maître de l'Europe. Cette situation ne peut pas être acceptée et par conséquent la confrontation politique est inévitable. S'y ajoute en effet que l'Europe est une machine antidémocratique. Cependant le pilonnage idéologique favorable, non seulement à cette Europe-là, mais aussi à une Europe idéalisée dans laquelle les peuples et leur histoire disparaîtraient par enchantement pour ne faire qu'une seule nation continuent et continueront à empêcher tout discernement par rapport à une réalité qui a mis des siècles à se construire.


Le poids de cette fable est facilement mesurable. Il suffit pour cela d'interroger les lycéens et je suis convaincu que nous obtiendront un recors soviétique pour l'adhésion à cette Europe. Une Europe vague pour eux quant à son contenu mais très bien réfléchie par les maîtres d'œuvre.

Réflexions d'un correspondant (AF 30) à la foire de Montpellier
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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 05:29

Qu’est-ce que l’Union Européenne (UE) ?

L’UE est un processus historique délibérément très lent dont la limite asymptotique est la formation des « États-Unis d’Europe », grand empire capitaliste continental, à tendance de plus en plus oligarchique, sur le modèle réalisé outre-Atlantique, processus dont les peuples concernés ne veulent pas, et dont il s’agit de contourner patiemment la volonté. Mais c’est aussi un processus impossible à mener à terme, parce que l’agenceur de la construction européenne depuis 1948, l’allié américain, qui prend aussi en charge la défense militaire de l’UE, ne veut pas le voir complètement aboutir, car il se satisfait de la satellisation actuelle du continent européen. L'Europe est donc le lieu où on débat de la meilleure formule pour sauver le capitalisme, sans pouvoir jamais conclure.

L’UE est aussi une force expansionniste dans la mesure où l’impérialisme états-unien et le néo-impérialisme allemand qui pousse son dernier couac peuvent se concilier un moment, contre la Russie ou le monde arabo-musulman.

Il y a plusieurs forces nationales, politiques et culturelles européennes qui veulent voir aboutir le projet d’une Europe fédérale: l’Allemagne (et de par l’influence historique du SPD, une partie de la social démocratie européenne) et l’Église catholique qui vise à une longue influence politique future dans un ensemble politique où elle serait, théoriquement, majoritaire, et pendant longtemps une force extérieure non négligeable, la Chine, ou certains secteurs en Chine, qui cherchaient ainsi à dissocier en deux morceaux le bloc occidental de plus en plus menaçant.

Il y a d’autres forces qui veulent immobiliser le statu quo d’une zone de libre échange en déclin économique sous protectorat américain : l’allié et patron états-unien, la bourgeoisie parisienne, les élites de la Grande Bretagne [ où les contradictions internes ont finit par devenir insupportables] , les multinationales du Net et de la finance, parce que cette conjoncture prolongée leur permet de s'approprier une plus grosse part du gâteau.

La petite bourgeoisie de part en part du continent est globalement européiste, par conformisme idéologique, sans bien voir ce clivage.

Les classes populaires sont globalement anti UE car elles ont compris depuis longtemps que l’UE n’est rien d’autre que le nom de marketing du capitalisme du futur, qui ne leur promet en fin de compte que le chômage et l'anomie, non sans verser parfois dans la nostalgie du capitalisme national de papa.

Le Brexit a ouvert la contradiction antagonique entre les deux forces européistes qui représentent deux projets d’avenir différents pour le capitalisme. Ces deux projets sont également dangereux et la tension entre les deux aboutit à une surenchère belliciste extrêmement dangereuse. Car qu’on veuille une Europe allemande ou américaine, elle sera certainement anti-russe.

Pourquoi quitter l’UE ?

  1. Pour des raisons de démocratie

L’UE est un pouvoir politique qui surplombe les institutions nationales de ses pays membres, et qui se trouve entre les mains de personnalités et d’institutions non élues, ou quand elles le sont, non responsables. La logique même de la construction consiste à limiter au maximum l’incidence du suffrage universel. Un des modèles historiques tirés du passé qui peut resservir à penser cette démocratie très limitée est l’Empire austro-hongrois, qu’on nommait avec raison « la prison des peuples ».

  1. Pour des raisons de souveraineté populaire

Les États membres abandonnent par pans entiers leur indépendance, et perdent leur autonomie en matière de politique économique, budgétaire, monétaire, mais aussi sur le plan de la politique étrangère. A quoi sert dans ces conditions de voter pour des élus qui devront rendre compte en plus haut lieu, à Bruxelles ou à Francfort ?

  1. Pour des raisons économiques

Le projet économique européen fixé par l’Allemagne est un projet libéral contrôlé, avec monnaie forte, parce que ce choix monétaire favorise les propriétaires au détriment des travailleurs. Il abouti à une désindustrialisation dans tous les autres pays qui y sont associés. 

A ce projet se superpose la politique globaliste de dérégulation financière qui a les faveurs de la Commission, qui est totalement perméable au lobbying des multinationales. Ces deux politiques également nocives pour l’emploi deviennent catastrophiques pour les travailleurs quand on cherche à les mettre en pratique ensemble. 

La crise du Covid comme celle des Subprime a introduit comme partout une grande incohérence et poussé à l'émission de quantité folles de monnaie, impensables en temps normal, qui ont servi principalement à soutenir les cours des actions.

  1. Pour des raisons sociales

Ces deux projets sont également producteurs d’inégalité et de précarité, le premier étant favorable à une institutionnalisation de la pauvreté, et le second à une spécialisation parasitaire de l’économie dans la division du travail internationale (finance, marketing, spectacle, idéologie) qui ne propose aux classes populaires que des emplois de service déqualifiés.

  1. Pour des raisons patriotiques élémentaires

L’identité psychique élémentaire des individus vivants, dans la mesure où elle excède celle de simples consommateurs de marchandises, est structurée par leur appartenance nationale. L’Europe est même le continent le plus clivé sur ce plan. La disparition des patries européennes signifiera la mise au rancard de peuples entiers et notamment des classes populaires, ceux qui ne possédant rien possédant au moins leur pays. Sans elles, il n’y a plus aucune intégration à rien d’autre qu'au discours de marketing propagateur de la marchandise globale, et cela pour les immigrés comme pour les autochtones.

  1. Pour la Paix

Le projet européen peut bien se faire passer pour la paix éternelle entre la France et l’Allemagne, il signifie bel et bien une attitude fermée et hostile envers les autres continents, un déplacement et un renforcement des barbelés, et une sorte de mise en commun de l’impérialisme et de ses guerres. La guerre exclue de l’intérieur rejaillira aux frontières en des opérations néocoloniales qui prendront prétexte des « valeurs » universelles telles les "droits de l'homme" qui sont appropriées sans vergogne comme patrimoine européen quasi-national.

  1. Parce que l’Europe en fait n’existe pas en tant que puissance souveraine : c’est l’appendice de l’Occident anglo-saxon, dominé par les États-Unis.

Le monde actuel est dominé par une structure impériale en emboitement : les États-Unis d’Amérique et leurs multinationales de la finance, du pétrole et du Net, les pays anglo-saxons homogènes culturellement aux États-Unis et "junior-partners" qui servent d’amplificateur à leur influence mondiale (Grande Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Israël), la zone satellisée de l’Union européenne, et les pétromonarchies du Golfe, sans parler de la classe dirigeante acculturée des écoles de commerce et des pensionnats de luxe partout dans le monde. 

L’UE n’est qu’une pièce rapportée de cette structure dont les ambitions sont dépassées par rapport au processus de domination globale à l’œuvre dans le monde.

 

La suite ici

Quitter l'Union Européenne : une nécessité existentielle (Gilles Questiaux)
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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 04:57

 

Ce nom bizarre, Sojourner Truth, elle se l’est choisie en 1843, à l’âge de 46 ans. On peut le traduire par “ la vérité qui demeure ”. Son nom de naissance était Isabelle Baumfree. Ses parents étaient esclaves et avaient treize enfants. Elle fut vendue à l’âge de 11 ans.

 

Elle est unie contre son gré à un autre esclave dont elle eut cinq enfants. En 1827, après l’abolition de l’esclavage, un de ses enfants est vendu illégalement en Alabama. Elle a le courage d’aller en justice (son procès est le premier intenté par une femme noire) contre un Blanc. Elle gagne.

 

En 1843, elle devient méthodiste. Elle donne des conférences sur l’abolition de l’esclavage, le pouvoir des femmes et l’abolition de la peine de mort. Ses mémoires sont publiés en 1850 sous le titre : Narrative of Sojourner Truth : A Northern Slave.

 

Mesurant 1,80 mètre et douée d’une voix puissante, elle en impose physiquement. Elle collecte des vivres pour les régiments noirs de l’Union pendant la guerre de Sécession et cherche des emplois pour les soldats démobilisés.

 

Elle rencontre le président Lincoln en 1864. Elle réclame pour chaque ancien esclave « 40 acres et une mule ». Elle se prononce pour la création d’un État noir.

 

Quand elle meurt à 86 ans, plus de 1 000 personnes suivent son enterrement. En 2014, le magazine Smithsonian l’élit l’une des 100 personnes les plus importantes de l’histoire des États-Unis.

 

En 1997, le robot de la sonde spatiale “ Mars Pathfinder ” est baptisé “ Sojourner ” en sa mémoire. Sont aussi nommés en son honneur (249521) Truth, un astéroïde, et également un cratère de Vénus.

Femmes au pouvoir (12)
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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 05:10
 

Source

 

Et ce, pour le compte de l'oligarchie financière.

 

En 1926, James « Mac » McKinsey crée à Chicago une compagnie d’experts-comptables qui a pour objectif de réaliser les audits d’autres sociétésEn 1932, la Bourse de New-York oblige les entreprises d’État à fournir des audits indépendants à l’agence fédérale chargée de surveiller le système financier. 

La rencontre de Marvin Bower, futur dirigeant de McKinsey & Company, et de James McKinsey change rapidement le destin de l’entreprise : la firme ne se spécialise non plus uniquement dans l’analyse des comptes financiers d’autres établissements, mais dans la définition et la mise en oeuvre de stratégies de croissance et de réductions de coûts de fonctionnement. McKinsey & Company , souvent dénommée « La Firme », est aujourd’hui devenue un des plus grands cabinets de conseil au monde. L’entreprise emploie plus de 30 000 employés dans soixante-cinq pays tandis que neuf des dix plus grandes multinationales ont un contrat avec la firme.

En 1991, alors que les sociétés de conseil ont de plus en plus d’influence autour du globe, les chercheurs Christopher Hood et Michael Jackson popularisent le terme « consultocratie ». Selon eux, les sociétés de conseil ont acquis un rôle prépondérant au sein des hautes administrations étatiques et du capitalisme mondial. Il est en effet primordial, pour qui veut comprendre la transformation du système économique mondialisé et financiarisé, de mieux connaître ces sociétés en conseil et stratégie.

 

Du capitalisme mondial au néolibéralisme financiarisé

 

Dans son ouvrage Temp: How American Work, American Business, and the American Dream Became Temporary, Louis Hyman (Viking, 2018, non traduit) dresse un tableau chronologique complet du fonctionnement de l’économie américaine. Selon ce dernier, les sociétés de consultants ont eu un rôle particulièrement important au sein du capitalisme américain, participant pleinement au tournant néolibéral des années 1980. Les consultants s’apparentent en effet à de réels diffuseurs d’idéologie : très vite, les sociétés de conseil produisent de multiples journaux, livres et rapports. Ainsi, dès 1939, « La Firme » publie Top Management Notes, puis, l’année suivante, Supplementing Successful Management, qui est envoyé à plus de 2 600 clients.

Les cabinets de consulting sont très vite devenus le relai du mouvement de mondialisation du capitalisme dans les années 1950. À ses débuts, McKinsey & Company ne conseillait que des sociétés sur le sol américain. Certaines entreprises, à l’image d’IBM, ont rapidement demandé à « La Firme » de mieux organiser leurs structures internationales. 

Bientôt, c’est avec des entités européennes – Siemens, Britain’s Imperial Chemical Industries ou encore Renault – que McKinsey & Company s’associe. La société leur conseille d’adopter le modèle économique alors dominant aux États-Unis, c’est-à-dire celui d’une organisation décentralisée des entreprises. 

Si des différences de cultures économiques freinent souvent ce processus d’américanisation – les Allemands privilégiant par exemple plus l’égalité économique que leurs partenaires anglophones – les normes économiques s’homogénéisent rapidement sur le Vieux continent. C’est ce qui fait dire à Louis Hyman que « le management américain des années 1960 allait remodeler le monde et McKinsey allait devenir le filtre par lequel ces idées circulaient. »

John Kenneth Galbraith, économiste americano-canadien de renom, privilégiait la sécurité et la stabilisation des entreprises, en ayant pour objectif principal leur développement à long terme. Durant les années 1970, ce modèle managérial entre en crise, préfigurant une crise intellectuelle globale du capitalisme. 

Très vite, la vision de J. K. Galbraith est éclipsée par des penseurs comme l’avocat Elmer Winter, cofondateur de l’agence d’intérim Manpower. Dans ce nouveau paradigme, les institutions d’après-guerres – syndicats, larges entreprises spécialisées, etc. – sont largement discréditées. La prise de risque devient alors largement valorisée car assimilée à une manière efficace de réaliser de larges profits. Comme le note Louis Hyman, « cette crise a donné naissance à un autre modèle de capitalisme, pensé par des consultants, qui ne célébrait pas la stabilité des entreprises, mais privilégiait au contraire l’instabilité du marché. »

Durant cette période, des sociétés de consulting sont embauchées à tour de bras afin de briser les larges entreprises qui avaient auparavant le vent en poupe. Un nouveau modèle d’investissement est alors pensé par Bruce Henderson et son Boston Cabinet Group (BCG) : les grandes entreprises possédant de larges parts d’un marché, générant de facto de larges profits, mais à la potentialité de croissance faible, ne doivent pas réinvestir leurs bénéfices dans leur propre développement. 

Au contraire, plutôt que de rester sur un marché stable, ces dernières ont tout intérêt à investir leur capital dans de nouvelles sociétés avec de fortes potentialités de croissance. Les filiales d’une entreprise qui ne sont que très peu rentables doivent alors être revendues ou fermées car le modèle de Bruce Henderson ne leur reconnaît aucune utilité.

Le parangon de ce changement de mentalité est l’entreprise américaine General Electric (GE), jusqu’alors spécialisée dans le domaine énergétique. La société avait privilégié jusque dans les années 1970 une approche décentralisée en axant sa stratégie sur une recherche de stabilité. Sous l’influence de consultants, GE diversifie son portefeuille, vend ses filiales les moins rentables et investit dans divers domaines très éloignés de son domaine d’expertise d’origine comme la santé, la télévision ou la finance.

Dans ce modèle, la flexibilité est également perçue comme une solution miracle capable de compresser au maximum les coûts fixes d’une entreprise. Comme le note Louis Hyman, « les intérimaires ne sont plus utilisés uniquement pour répondre à des besoins urgents ou pour soutenir un marché du travail tendu, mais constituent dorénavant une composante planifiée de la main-d’œuvre des entreprises, un dispositif de réduction des coûts formant un second marché du travail qui pourrait effectivement éliminer les sureffectifs. »

Les entreprises de conseil s’apparentent ainsi à des relais efficaces du savoir économique dominant à chaque époque. Ces dernières savent s’adapter aux changements de paradigmes hégémoniques qui fluctuent en fonction des crises que traverse le capitalisme. Depuis la crise économique de 2008, McKinsey & Company s’est ainsi spécialisé dans la data economy et l’intelligence artificielle. Pourtant, si les cabinets de consulting ont joué un rôle clé dans les mutations récentes du capitalisme, ils ont aussi noué des liens durables avec des gouvernements du monde entier.

Oui, les cabinets de conseil gouvernent le monde !

Un État planificateur ou planifié ?

 

En 1952, le président américain Eisenhower demande pour la première fois à McKinsey & Company de le conseiller dans l’attribution de certaines positions au sein de l’exécutif. Les firmes de consultants se sont depuis associées à de nombreuses agences fédérales – de la gestion des flux migratoires au département de la Défense – et représentent un secteur de neuf milliards de dollars chaque année en Amérique du Nord.

Pourtant, l’Oncle Sam n’est pas le seul à faire intervenir les sociétés de conseil dans sa gestion étatique. Le Royaume-Uni dépense chaque année 2,6 milliards d’euros dans le recours aux cabinets de conseil, un chiffre qui monte à 3,1 milliards d’euros pour l’Allemagne. Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’est ainsi fait épingler par la Cour des comptes de son pays. Alors qu’elle était ministre de la Défense en Allemagne, cette dernière a confié à une ancienne salariée de McKinsey, Katrin Suder, le soin de moderniser l’armée allemande pour un coût de plus de 100 millions d’euros chaque année. L’Union européenne a elle aussi largement recours à ces sociétés de conseil : entre 2016 et 2019, la Commission européenne a versé 462 millions d’euros aux sociétés d’audit PWC, KPMG, Deloitte et E&Y.

La France n’est pas non plus en reste dans ce recours aux cabinets de conseil. Comme l’analyse le chercheur Philippe Bezès dans Réinventer l’État (Le Lien Social, 2009), la politique d’adaptation et de réforme de l’État débute dans les années 1960 avec la Rationalisation des choix budgétaires (RCB). À l’époque, cette quête de réforme n’est alors pas dirigée par des intervenants extérieurs comme les sociétés de conseil, mais bien par l’intérieur de l’État lui-même. 

De même, la « modernisation du service public » pensée par Michel Rocard quand il était Premier ministre (1988-1991), fait principalement appel aux acteurs étatiques. La culture administrative française, influencée par les hauts fonctionnaires, est alors largement sceptique et rétive au recours aux sociétés de conseil américaines dans la gestion des affaires publiques. Une première brèche s’ouvre néanmoins durant les années 1980 avec les lois de décentralisation : pour les collectivités locales et administrations affectées, l’aide des cabinets de conseils se révèle précieuse. 

Tout au long des années 1980, les sociétés d’experts en réforme se multiplient et se spécialisent dans la gestion administrative de maîtrise des coûts et d’atteinte d’objectifs. 

Ces sociétés se développent alors principalement de manière autonome vis-à-vis du pouvoir central. « Influencées par les savoirs de management, elles proposent d’agir directement sur le fonctionnement interne de l’administration afin de la moderniser et d’accroître son efficacité. Elles portent en elles une critique de la forme bureaucratique d’administration » indique Philippe Bezès.

Ce n’est qu’en 2001, avec la ratification de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui impose une vision financière de l’action publique, que les sociétés de conseil acquièrent un rôle majeur dans les réformes étatiques. 

Créée en 2007 sous l’impulsion d’Éric Woerth, alors ministre du Budget, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) consolide la position dominante des consultants au sein de l’appareil étatique. À cette initiative succède le Secrétariat général à la modernisation de l’action publique (SGMAP) lors du quinquennat Hollande puis la Direction interministérielle à la transformation publique (DITP) sous Emmanuel Macron. 

L’initiative est dotée d’un budget de 100 millions d’euros pour le quinquennat pouvant être utilisé afin de recourir aux services de sociétés de conseil. Le ministère des Armées dispose quant à lui d’une enveloppe propre de quatre-vingt-sept millions d’euros pour s’associer aux sociétés de conseil.

L’administration française semble donc s’être acclimatée au management américain par la performance sous le prisme du paradigme du New Public Management. Dans un contexte « d’ordre de la dette » hégémonique, où le secteur public est voué aux gémonies et où la réduction des coûts est un objectif primordial, les cabinets de conseil se sont largement développés au sein de l’Hexagone. Comme le montre le sociologue Frédéric Pierru, les consultants ont été particulièrement influents dans la mise en place des politiques hospitalières des dernières années. 

Partant du dogme du « big is beautiful » (les larges entités sont préférables aux petits établissements, NDLR), l’État a ainsi eu recours à des sociétés de conseil, comme Capgemini et le BCG, dans la mise en place des Agences régionales de santé (ARS). Le conseiller chargé de mettre en place ces institutions auprès de la ministre de la Santé d’alors, Roselyne Bachelot, était un ancien partenaire de McKinsey et y a retravaillé par la suite. Plus étonnant encore, Salmon & Partners a été mandaté par l’État afin de recruter… les futurs directeurs de ces ARS.

La crise du coronavirus a également été une réelle occasion pour le déploiement des cabinets de conseil. Le plan de relance européen, d’une valeur de près de 750 milliards d’euros, a permis à des firmes de consulting, comme Deloitte ou PWC, d’être embauchées par les institutions bruxelloises et par les États membres de l’Union européenne. 

Ces entreprises ont eu pour rôle de déterminer comment l’immense manne monétaire dégagée par ces plans devait être utilisée. En Espagne, quatre grands cabinets de consultants ont ainsi conseillé plusieurs ministères dirigés par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) dans le cadre de ce plan de relance européen. Même schéma en Italie où le recours au cabinet McKinsey par le gouvernement de Mario Dragui a créé une large polémique. 

La France ne fait pas figure d’exception : McKinsey a été embauchée à hauteur de 3,4 millions d’euros afin d’aider les services étatiques à mettre en place la logistique de la vaccination. 

Depuis mars 2020, le cabinet Citwell a également été mandaté par la France dans la mise en place d’un schéma de distribution vaccinal dans un contrat d’une valeur de 3,9 millions d’euros. Au total, depuis le début de la pandémie, le ministère de la Santé a signé vingt-huit contrats en lien avec la crise sanitaire, pour un montant supérieur à onze millions d’eurosDes prestations critiquées par certaines personnalités politiques, en raison de leur fréquence, de leur montant et de l’attribution de certains marchés sans appel d’offres.

 

Une dépendance problématique

 

 

Outre ces aspects formels, ce recours massif, voire systématique, aux sociétés de conseil dans la gestion des affaires étatiques pose d’autres problèmes encore plus importants. Les conflits d’intérêts tout d’abord. Comme l’a montré le New York Times, la filiale d’investissement de McKinsey & CompanyMIO Partners, possédée par 1 400 « collaborateurs » ayant travaillé au sein de l’entreprise de conseil et gérant plus de 9,5 milliards de dollars de fonds propres, peut être suspectée de pratiques trompeuses. 

Officiellement, « La Firme » et sa filiale d’investissement sont deux structures distinctes qui ne communiquent pas. Pourtant, plusieurs affaires laissent penser le contraire. Le fonds investit par exemple régulièrement dans des entreprises créées par des anciens salariés de McKinsey, à l’image du fonds d’investissement Northgate ou de la Pacific Alliance Asia Opportunity

De même, certains faits laissent penser que McKinsey & Company utilise sa position de conseiller pour prendre des décisions allant dans l’intérêt de sa filiale MIO Partners. « La Firme » a ainsi été embauchée par Porto Rico pour mettre en place un plan de restructuration de sa dette alors que MIO Partners y avait des intérêts financiers qui auraient pu être remis en cause en cas d’annulation de cette créance. Le New York Times révèle que le plan mis en place par McKinsey « était étonnamment généreux pour les propriétaires de ces obligations de taxe de vente. »

De même, certaines compagnies d’audit ont le double rôle d’éplucher et de vérifier les comptes de grosses entreprises tout en les aidant à optimiser leur fiscalité. À la suite de la faillite d’Enron en 2002, qui a montré les limites d’un tel système, la loi a contraint ces sociétés à séparer leurs activités d’audit et de conseil. 

Pourtant, les Luxembourg Leaks ont révélé que la firme PWC a aidé le géant de l’alimentaire Heinz à réduire ses impôts tout en certifiant ses comptes. Nonobstant la responsabilité de PWC dans l’organisation de l’évasion fiscale au niveau mondial, la société a été mandaté de multiples fois par l’État dans la mise en place de sa stratégie vaccinale. 

De même, dans une sorte de mélange des genres de mauvais goût, alors que le cabinet KPMG a plusieurs fois été épinglé pour avoir aidé de riches fortunes à placer leurs fonds dans des paradis fiscaux, la société conseille 6 000 agglomérations, départements et régions françaises.

Ce double jeu des cabinets de conseil est en fait souvent lié au phénomène des « revolving doors » (le « pantouflage »), qui désigne le fait pour une personne d’évoluer entre secteur public et privé, souvent en exerçant dans les mêmes domaines. 

La force d’entreprises telles que McKinsey repose en bonne partie sur leur capacité à embaucher du personnel ayant un carnet d’adresses conséquent. Ainsi, des personnes travaillant au sein de l’administration publique sont régulièrement employées par ces sociétés de conseil. En quelques années, plus de vingt personnalités politiques espagnoles ont été embauchées par ces entreprises. 

En France, on estime qu’environ cinquante-huit anciens élèves de l’ENA ont eu des expériences professionnelles avec des cabinets de conseil. McKinsey et le BCG ont attiré respectivement dix-huit et dix-sept anciens énarques. La promotion Léopold Sédar Senghor (2002-2004), qui a vu passer Emmanuel Macron et Gaspard Gantzer, concentre quatre diplômés passés par ces entreprises de conseil. D’anciens salariés de ces entreprises peuvent même atteindre des fonctions très importantes au sein des gouvernements. Alexander de Croo, le Premier ministre belge, a ainsi travaillé pour le BCG, tandis que le secrétaire américain des Transports, Pete Buttigieg, est un ancien de McKinsey.

Les firmes de conseil proposent également des missions pro-bono : des prestations gratuites, pour le bien public. Lors de la commission Attali dont Emmanuel Macron était le rapporteur, Eric Labaye (McKinsey) et Pierre Nanterme (Accentureétaient par exemple présents à titre gratuit. 

Pour autant, force est de constater que cette mission n’était pas sans intérêt pour ces firmes : elle a permis à Karim Tadjeddine, alors représentant de McKinsey, de rencontrer le futur Président de la République Emmanuel Macron. Les deux hommes préfacent le livre d’un inspecteur des finances, Thomas Cazenave, devenu directeur adjoint de cabinet d’Emmanuel Macron lorsque ce dernier est nommé ministre de l’Économie (L’État en mode start-up, Eyrolles, 2016). En 2017, lorsque le nouveau Président français crée la Direction interministérielle à la transformation publique (DITP), il nomme alors Thomas Cazenave à sa tête. Cette institution française a notamment pour prestataire McKinsey, dont le co-directeur du département du secteur public n’est autre que… Karim Tadjeddine.

Ce lien entre les trois hommes n’est en réalité que la face émergée de l’iceberg de la consultocratie qui envahit chaque jour un peu plus les organes de l’État. Comme le notent Nicolas Belorgey et Frédéric Pierru dans Une « consultocratie » hospitalière ? , « la présence des grands cabinets de conseil internationaux s’est banalisée dans le secteur public en général ». 

Conquis par les méthodes managériales américaines, les élites étatiques et les hauts-fonctionnaires, justement supposés remplir le rôle d’organisation et de réforme de l’État, ont en réalité largement favorisé cette situation. 

Outre les conflits d’intérêts au profit d’une petite caste mi-privée mi-publique, ce recours excessif au consulting rend de plus en plus l’État incapable de gérer des situations de crise sans l’aide du privé, comme en témoigne la crise du COVID-19. Nicolas Belorgey et Frédéric Pierru notent ainsi que « recourir à leurs (onéreux) services est devenu une sorte de réflexe des élites étatiques, dans un contexte plus global de dévalorisation des compétences internes à l’État et, symétriquement, de célébration de la supposée supériorité des méthodes de gestion du secteur privé ». Les lois de moralisation de la vie publique ou la réforme de l’ENA engagées par le gouvernement suffiront-elles à pallier cette situation ?

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 04:54

Un retraité de France Télécom me fait passer l'analyse suivante, déprimante au possible !

 

C’est à la Libération que le ministre de la Fonction publique, Maurice Thorez, a promulgué le Statut de la Fonction publique. Outre les avancées démocratiques, recrutement sur concours, garantie de l’emploi… Il était prévu un déroulement de carrière et un maintien du pouvoir d’achat.

Aux PTT le déroulement dans chaque grade était le même pour tous. Il était fonction de la note de chacun à l’Éducation nationale. Chaque échelon correspondait à un indice, en principe réactualisé compte tenu de la hausse des prix.

Tout n’était pas parfait, en 22 ans du 1er janvier 1994 au 1er juillet 2016 le point d’indice a augmenté de 19.4 % et l’inflation de 39.15 % soit une perte du pouvoir d’achat de 20 %.

Depuis le début du quinquennat du Président Macron, le point d’indice n’a pas bougé d’un pouce.

Il existe un instrument comptable, le GVT qui mesure l’accroissement normal du montant global des salaires.

G, c’est le glissement, c’est-à-dire la variation de la masse salariale due aux promotions individuelles, aux départs à la retraite, à l’embauche des jeunes.

V, c’est la vieillesse, c’est-à-dire les augmentations à l’ancienneté.

T, c’est la technicité, c’est-à-dire les augmentations dues à l’acquisition des compétences nouvelles.

La somme de toutes ces augmentations donne le GVT positif. Mais il existe le GVT négatif, dû à l’économie salariale que représente le remplacement d’un vieux travailleur qui prend sa retraite, par un jeune dont le salaire est très inférieur.

Le GVT n’est pas autre chose que l’application du statut et ne devrait donc pas intervenir dans le mécanisme des augmentations de salaires.

Les traitements du début étaient faibles. Les anciens disaient qu’il fallait avoir une ancienneté de dix ans pour avoir une rémunération digne de ce nom. À ce jour, compte tenu des options gouvernementales, il est à craindre que la seule « espérance » d’un fonctionnaire soit la paupérisation à vie.

 

A.R.

 

PS (BG) : pour compléter, on pourra lire cet article d'Henri Sterdyniak dans Le Monde sur une forte paupérisation des enseignants et plus généralement des fonctionnaires.

Le pouvoir d’achat des fonctionnaires
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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 05:07

Par Viktor Koulakov (Sputnik France)

 

En 2017, alors que Julian Assange entamait sa cinquième année à l'ambassade d'Équateur à Londres, la CIA a envisagé son enlèvement ou son assassinat, suscitant un débat houleux parmi les responsables de l'administration Trump sur la légalité et la faisabilité d'une telle opération, selon une enquête de Yahoo News.

 

En 2017, des discussions sur l’enlèvement, voire l’assassinat, du fondateur de Wikileaks Julian Assange ont été menées parmi de hauts responsables de la Central Intelligence Agency (CIA) des États-Unis, dirigée à l’époque par Mike Pompeo, et de l’administration Trump, indique un rapport de Yahoo News basé sur les confidences d’une trentaine d’anciens responsables étasuniens.

 

Des projets d’enlèvement ou de meurtre de Julian Assange, réfugié à l’époque depuis plus de quatre ans dans l’ambassade équatorienne à Londres, ont été élaborés "au plus haut niveau" de l’administration Trump, a déclaré au média un ancien haut responsable du contre-espionnage.

 

Ces conversations d’importance faisaient partie d'une campagne sans précédent de la CIA dirigée contre WikiLeaks et son fondateur. Celle-ci comprenait plusieurs volets, notamment l’espionnage des collaborateurs de WikiLeaks, semer la discorde parmi les membres du groupe et voler leurs appareils électroniques..

 

La plus grande fuite de données "de l’histoire de la CIA" à l’origine de ces projets radicaux.

 

Selon Yahoo News, ces plans de guerre totale ont été déclenchés suite à la publication par WikiLeaks d'outils de piratage de la CIA extrêmement sensibles, connus sous le nom de "Vault 7", que l'agence a qualifiée de "plus grande perte de données de l'histoire de la CIA".

 

Le nouveau directeur de la CIA du Président Trump, Mike Pompeo, cherchait à se venger de WikiLeaks et d’Assange. La fureur de la CIA était telle que le nouveau responsable du renseignement étasunien a qualifié publiquement le site de "service de renseignement hostile non étatique ».

 

Dans la foulée de cette déclaration, la CIA avait opté pour des mesures beaucoup plus agressives contre WikiLeaks similaires à celles utilisées contre les services d’espionnage ennemis, ont déclaré d’anciens responsables du renseignement à Yahoo News. Pendant plusieurs mois, ses agents surveillaient les communications et les déplacements de nombreux membres du personnel de WikiLeaks, y compris avec la surveillance audio et visuelle d’Assange lui-même.

 

La CIA a refusé de commenter les déclarations du média et Mike Pompeo, devenu plus tard secrétaire d’État, n'a pas répondu aux demandes de commentaires.

 

Empêcher à tout prix une évasion vers Moscou

 

Fin 2017, des responsables américains ont pris connaissance de ce qu'ils considéraient comme des rapports alarmants selon lesquels des agents du renseignement russe se préparaient à évacuer Assange du Royaume-Uni vers la Russie, avance Yahoo News.

 

Les informations faisant état d'une éventuelle évasion ont été considérées comme crédibles au plus haut niveau du gouvernement américain. À l'époque, les responsables équatoriens avaient pensé à accorder le statut diplomatique à Assange dans le cadre d'un programme visant à lui permettre de quitter l'ambassade et de se rendre à Moscou pour servir dans la mission du pays en Russie.

 

Plusieurs scénarios avaient été alors mis au point par la CIA et la Maison-Blanche pour déjouer les plans de départ d'Assange pour la Russie, selon trois anciens responsables. Ceux-ci prévoyaient, si besoin est, de tirer sur des agents de Moscou dans les rues de Londres, d’écraser un véhicule diplomatique russe transportant Assange pour l’enlever et, en cas d’échec, de tirer sur les pneus d'un avion russe transportant Assange pour l’empêcher de décoller pour Moscou. Les responsables étasuniens ont demandé à leurs homologues britanniques de procéder aux tirs si les coups de feu étaient nécessaires, et les Britanniques ont accepté, selon un ancien haut responsable de l’administration. Les responsables de la Maison-Blanche en ont informé Donald Trump et l'ont averti que l'affaire pourrait provoquer un scandale international.

 

Selon les sources de Yahoo News, des juristes de la Maison-Blanche ont empêché la réalisation de ces projets du renseignement. Elles font savoir que certains membres de l’administration ont révélé les intentions de Mike Pompeo à des comités du Congrès américain. Donald Trump a démenti les informations de Yahoo News.

 

 

 

Enlèvement, assassinat et fusillade à Londres : ce que la CIA aurait envisagé contre Assange
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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 05:08

Il s’agit du cabinet McKinsey. Qui n’en est pas, dans l’hexagone, à son coup d’essai. Il était déjà lourdement intervenu lors des travaux de la commission Attali  « pour la libération de la croissance française » (surprise ?) et ses tristement fameuses « mesures impopulaires » à prendre de toute urgence, lors de la rédaction du programme présidentiel du banquier éborgneur et lors de l’élaboration de la stratégie vaccinale contre le Covid. Depuis de nombreuses années, McKinsey intervient, met en forme, de nombreux dossiers de l’État français. Il en a les moyens : il compte plus de 130 bureaux répartis dans 65 pays et réunissant près de 30000 personnes. Son chiffre d'affaires était de 8 milliards de dollars en 2013.

 

Un des rares hommes politiques qui se soit ému de cette situation scandaleuse est Arnaud Montebourg. Lui ont emboité le pas quelques membres de la représentation nationale. Ainsi le 12 janvier 2021, le ministre OlivierVéran est auditionné par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale pour présenter son plan de vaccination contre le Covid. On lui demande de justifier d’en avoir sous-traité la logistique au cabinet privé de conseil en stratégie McKinsey. Le plus discret de tous, le plus proche du banquier éborgneur et de son entourage. Le député (PS) des Landes Boris Vallaud interpelle : « Pourquoi vous a-t-il fallu recourir à McKinsey ? » Son collègue de la France Insoumise Adrien Quatennens renchérit : « Ne dispose-t-on pas, au sein de l’appareil d’Etat, d’un Haut-Commissariat au plan ni de logisticiens compétents » Ce gros scandale a été révélé par Politico et Le Canard enchaîné. Dans un zozotement dont il a le secret, Véran concède une brève justification : « Il est tout à fait classique et cohérent de s’appuyer sur l’expertise [anglicisme, sic] du secteur privé. » C’est tout.

 

Il faut rendre à Montebourg ce qui est à Arnaud. Déjà, en 2014, il s’était opposé, en tant que ministre de l’Economie, à la vente, décidée par Hollande, de la branche énergie d'Alstom à General Electric. Le 21 septembre 2021, il demande que les cabinets de conseil étasuniens soient interdits de toute collaboration avec l’État, pour de multiples raisons, l’une étant qu’au nom du Patriot Act toutes les communications entre McKinsey et l’État français peuvent être surveillées. La demande de Montebourg était d’autant plus justifiée par le contexte de la rupture par l’Australie d’un contrat pour la fabrication de 12 sous-marins. Montebourg impliquait également les fonds d’investissement, les grandes banques comme Goldman Sachs, elles aussi concernées par le Patriot Act, et donc censées fournir tout renseignement exigé par les pouvoirs publics étasuniens.

 

Les pratiques de ce cabinet ne sont pas d'une  propreté exemplaire : parmi quelques exemples notoires, McKinsey est le cabinet de conseil qui a incité l'entreprise Enron à mettre en place des pratiques comptables douteuses et à orienter la stratégie de l'entreprise vers la vente d'électricité et de matières premières. En 2001, le scandale financier Enron éclate et l'entreprise fait faillite. McKinsey a contribué à la crise économique et financière de 2007 en encourageant les banques à titriser les crédits immobiliers de leurs clients et à augmenter les montants de dette dans leur bilan afin de bénéficier d'effets de levier, contribuant ainsi à augmenter leur exposition au risque.

 

Pire, McKinsey s'est attaqué directement à la santé des Étasuniens. Selon Wikipédia, "En , l'entreprise est impliquée dans le scandale des opioïdes avec Purdue Pharma, qui commercialise l'Oxycontin aux États-Unis et Johnson & Johnson. La société de conseil est notamment accusée d'avoir fait des recommandations marketing à ces fabricants d'opioïdes afin d'accroitre leurs ventes. D'après les documents judiciaires produits par les plaignants, le cabinet de conseil a recommandé au groupe pharmaceutique de se concentrer sur les dosages élevés considérés comme les plus lucratifs. On estime que la consommation de telles substances sur ordonnance a quadruplé entre 1999 et 2018, période visée par ces procédures, et pendant laquelle près de 500 000 Américains sont morts des suites d'un usage abusif d'opioïdes. En février 2021, la presse révèle que McKinsey accepte de verser 573 millions de dollars pour clore les procédures engagées par 49 États des EU. L'entreprise n'a ni reconnu ni rejeté les faits qui lui étaient reprochés.

 

Le zozotant Véran et le banquier éborgneur sont aux pieds de ces gens !

 

 

 

Quand une firme étasunienne façonne la politique de la France
Quand une firme étasunienne façonne la politique de la France
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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 05:10

 

Pendant des années, nos pensions (les pensions des fonctionnaires sont du salaire continué) n’ont pas été revalorisées, alors que les cotisations pour les mutuelles ont augmenté d’environ 2,5%

 

Actuellement, nous sommes attaqués par le biais de la CSG puisqu’un rapport gouvernemental suggère de l’aligner sur celle des actifs. Ce même rapport préconise de réduire l’abattement de 10% pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

 

La crise du COVID a montré de manière éclatante la responsabilité du gouvernement du banquier éborgneur ainsi que celle – reconnaissons-le – de ses prédécesseurs. 115 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux en 25 ans. 100 000 postes de soignants ont été supprimés ces 8 dernières années.

 

Chaque jour plus nombreux sont les retraités qui ne peuvent plus se soigner correctement faute de moyens financiers. 75% des décès dûs au COVID ont  concerné les personnes âgées. Les dépenses contraintes augmentent de manière vertigineuse. De 2008 à 2019, les pensions ont augmenté de 6% (le SMIC 20%), c’est-à-dire deux fois moins que l’indice des prix à la consommation. Pendant ce temps, les entreprises du CAC 40 ont engrangé 57 milliards d'euros de profits lors du 1er semestre 20121. Les entreprises en général ont bénéficié de 80 milliards au titre des niches sociales. Depuis 1993, ces niches se sont montées à 559 milliards d'euros. Ces sommes faramineuses ont donc échappé à la collectivité nationale, à tout un chacun.

 

La crise de COVID a montré qu’il faut déprivatiser tous les brevets – source actuelle de profits faramineux – condition nécessaire pour diffuser les vaccins partout dans le monde.

 

Dans l’optique libérale du banquier éborgneur, la retraite, la pension sont des bonus, des cadeaux. En fait, ce sont des droits acquis. La période de la retraite doit être vécue dans la dignité. C’est de moins en moins le cas puisque les retraités perdent la santé de plus en plus tôt.

 

Dans le discours dominant (politiques, grands médias), les retraités sont des « nantis » qui vivent sur le dos des jeunes. Et il entre petit à petit dans l’esprit de ces mêmes jeunes qu’ils ne bénéficieront pas de la retraite. La classe dominante  attaque donc le peuple par les deux bouts. Pour l’instant, elle l’emporte.

Les retraités de la Fonction publique : toujours dans le collimateur du banquier éborgneur
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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 05:13

 

Moi non plus.

 

Jean-Mimi fait partie de cette cohorte de type et typesses absolument improbables qui ont surgi depuis l’avènement du banquier éborgneur : milliardaires douteux, universitaires ratés, énarques frustrés.

 

Le truc de Jean-Mimi, c’est l’ordre, la police, l’industrie sécuritaire. Ça tombe bien car la bande du banquier éborgneur veut l’utilisation de drones partout, entre les mains des forces de l’ordre, bien sûr. Excipant de sa qualité de député LaREM et de membre du Conseil national du numérique, il laisse libre cours à ses obsessions de technopolice.

 

Ce n’est pas facile car le Conseil constitutionnel, pourtant bien assoupi ces dernières années – Fabius a beaucoup à se faire pardonner – a censuré une partie de la loi Sécurité globale. Cela n’a pas empêché le gouvernement du banquier de présenter un texte qui reprenait à quelques mots près des éléments censurés, en conservant les fondamentaux concernant les drones et les caméras embarquées.

 

Jean-Mimi, qui doit connaître 1984 par cœur, sera responsable du titre III de la loi : « Dispositions relatives à la captation d’images ». Il marche ainsi sur les traces de Jean-Michel Fauvergue, soutien du banquier éborgneur, chef du RAID de 2013 à 2017 et député en Seine-et-Marne depuis. Fauvergue préside à l’Assemblée un Groupe Sécurité. En 2020, avec sa collègue Marcheuse Alice Thourot, rapporteuse pour la loi relative à l'harmonisation de l'utilisation des caméras mobiles par les autorités de sécurité publique, il propose une loi relative à la sécurité globale aux fins de renforcer les pouvoirs des polices municipales et des agents de sécurité privée. La loi prévoit également de limiter la diffusion d’images de policiers qui pouront conserver leurs armes de service en dehors des heures de travail, y compris dans les lieux publics. Á noter qu’Alice Thourot sait faire preuve de douceur : en 2018, lors des débats sur le projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale, elle a demandé – avec quelques autres députés, eux aussi bien doux – la suppression de l’article 7 qui proposait de sanctionner administrativement, par une amende, les cabinets concourant, grâce à leurs conseils, à l’évasion fiscale de leurs clients.

 

Pour revenir à Jean Mimi, il ne cesse de manifester son impatience quant aux « réformes » visant à rendre la police toujours plus technique et la technique toujours plus policière. Il a servi de conseiller dans la préparation du texte sur les drones dans la police ; il a déploré la lenteur du déploiement des caméras piétons ; il s'est fait le chantre de la reconnaissance faciale, des expérimentations biométriques dans la perspective de la Coupe du Monde de rugby en 2023 et des JO de Paris en 2024. Il est soutenu par Cédric O, secrétaire d’État au numérique (dont la grand-mère, aristocrate coréenne, avait une maison tellement vaste qu’elle n’en avait pas visité toutes les pièces) qui, comme lui, veut pouvoir surveiller tout l’espace public, en attendant peut-être l’espace privé.

 

Connaissez-vous Jean-Michel Mis
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