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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 05:38

Les mêmes, ou leur grands frères, s'étaient déjà illustrés en 2005 lors du référendum sur le Traité constitutionnel qui avait vu la déroute de leurs désirs pris pour des réalités, leur “ wishful thinking ”, comme auraient dit Cameron et Corbyn réunis.

 

Ils ont continué à nous bassiner avec leurs prédictions fulgurantes : 

 

Arnaud Leparmentier, journaliste génial et européiste hystérique : " On ne défait pas une omelette pour retrouver des œufs. Le Brexit est matériellement impossible ".

 

Jacques Attali, notre génial conseiller national de tous les princes : « La City a tellement d’influence sur la GB, je pense que cela se terminera par le fait qu’ils vont rester ».

 

BHL, notre génie génial absolu : " Défaite probable du Brexit. Déroute, donc, des souverainistes, des xénophobes, des racistes. "

 

Tout cela n'est que pipi de chat comparé à la prédiction du financier George Soros qui a envisagé une chute de 15% de la livre sterling en cas de Brexist. Le même vautour qui avait fait perdre l'équivalent d'un milliard d'euros à l'économie britannique en spéculant contre sa monnaie.

 

 

 

Ces génies qui pensent pour nous et nous gouvernent
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 05:46

Les Solfériniens n'ont cessé de mentir à propos de la privatisation des aéroports français, bijoux de famille qu'il convenait bien sûr de brader au privé. Je reprends ici des extraits d'un article récent de Laurent Mauduit pour Mediapart à propos de la prise de pouvoir d'intérêts privés chinois dans l'aéroport de Toulouse.

 

 

Les investisseurs chinois qui gèrent depuis un an l'aéroport de Toulouse-Blagnac veulent siphonner la trésorerie de l'entreprise pour se servir un dividende exceptionnel. Emmanuel Macron, qui avait juré qu'il ne s'agissait pas d'une privatisation mais avait passé entre eux et l'État un pacte d'actionnaires secret, se retrouve piégé par son mensonge. 

 

Mais ce ne sera possible que si l’État, à l’occasion d’une assemblée générale des actionnaires convoquée pour le 28 juin prochain, y consent. Voici donc le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, piégé par le retentissant mensonge qu’il avait commis lors de la privatisation. À l’époque, il avait en effet promis publiquement que la société resterait contrôlée par ses actionnaires publics, la société chinoise restant minoritaire. Mais avec ces investisseurs chinois, l’État avait au même moment conclu un pacte d’actionnaires secret, aux termes duquel il lui donnait l’assurance qu’il voterait à ses côtés toutes les résolutions qu’il présenterait.

 

Pour comprendre dans quel pétrin s’est mis de sa propre initiative le ministre de l’économie, il faut d’abord se souvenir des conditions stupéfiantes dans lesquelles la privatisation de la Société de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB) a été conduite. À la fin de l’année 2014, Emmanuel Macron a en effet décidé que l’État céderait à la société Casil, contrôlée par des investisseurs chinois, 49,9 % de la SATB. Et, à l’époque, il avait vivement dénoncé ceux qui dénonçaient cette privatisation, en faisant valoir que, précisément, cela… n’en était pas une ! En clair, l’opinion avait été invitée à comprendre qu’avec leur 49,9 % les investisseurs chinois seraient des actionnaires importants mais minoritaires ; et que la société resterait contrôlée en majorité par des actionnaires publics français, soit 25 % pour la chambre de commerce et d’industrie (CCI), 5 % pour la Région Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, 5 % pour le département de la Haute-Garonne, et 5 % pour Toulouse Métropole ; le solde, soit 10,1 % étant détenu par l’État français. Cette promesse-là, Emmanuel Macron l’avait donc répétée en boucle : « Il ne s’agit pas d’une privatisation. »

 

Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron avait même haussé le ton pour clouer le bec encore plus méchamment à ses détracteurs : « Celles et ceux que j'ai pu entendre, qui s'indignent de cette cession minoritaire de la société de gestion de l'aéroport de Toulouse, ont pour profession d'une part d'invectiver le gouvernement et d'autre part d'inquiéter les Français », avait-il déclaré, en marge du congrès de l'Union nationale des professions libérales.

 

 

 Il était prévu que la SATB serait supervisée par un conseil de surveillance de 15 membres, dont 2 désignés par l’État et 6 désignés par l’investisseur chinois, selon la disposition « 2.1.2 » du pacte. Autrement dit, ces 8 membres du conseil de surveillance, liés par le pacte, devaient garantir aux investisseurs chinois minoritaires de faire strictement ce qu’ils voulaient et d’être majoritaires au conseil de surveillance. Le point « 2.1.3 » du pacte consolidait cette garantie offerte aux investisseurs chinois puisqu’il y était précisé que « l’État s’engage à voter en faveur des candidats à la fonction de membres du conseil de surveillance présentés par l’Acquéreur, de telle sorte que l’Acquéreur dispose de six (6) représentants au Conseil de surveillance ». Mais il y avait encore plus grave que cela. Au point « 2.2.2 », l’État donnait la garantie quasi formelle à l’investisseur chinois, aussi minoritaire qu’il soit, qu’il pourrait décider strictement ce qu’il voulait et que la puissance publique française ne se mettrait jamais en travers de ses visées ou de ses projets. C’était consigné noir sur blanc – et c’était la clause la plus stupéfiante : « L’État s’engage d’ores et déjà à ne pas faire obstacle à l’adoption des décisions prises en conformité avec le projet industriel tel que développé par l’Acquéreur dans son Offre et notamment les investissements et budgets conformes avec les lignes directrices de cette Offre.»

 

Depuis cette révélation par Mediapart, le ministère des finances a continué de garder le secret sur ce pacte et ne l'a jamais rendu public dans sa version intégrale. Et puis, à ce premier scandale est ensuite venu s’en greffer d’autres. On a ainsi appris, entre autres, que le principal dirigeant du consortium chinois contrôlant la société Casil, un dénommé Mike Poon, était impliqué en Chine dans un retentissant scandale de corruption et qu’il était en fuite.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 05:14

Quelques crétins ont cassé plusieurs vitres de l'hôpital Necker devant une poignée de flics qui sont restés curieusement impassibles. Le gouvernement et les médias en ont profité pour stigmatiser une infamie plus grave, sûrement, que le bombardement de la bande de Gaza.

 

Ci-dessous le témoignage et la prise de parole d'un parent d'enfant hospitalisé :

 

 

Hier, il y avait des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Paris. En tête, des milliers de personnes, cagoulées ou non, syndiquées ou pas, se sont retrouvées pour tenir la dragée haute à un dispositif policier hors norme.

Je comprends facilement ce qu’il peut y avoir de désespérant là-dedans pour le gouvernement. Alors que l’on pouvait imaginer qu’au fil des semaines et des mois, la rue se fatigue et la violence soit de plus en plus isolée, c’est tout le contraire qui se passe : la peur de la police ne dissuade pas.

Hier, les manifestants ont commis de nombreuses dégradations. Pour celles que j’ai pu constater, elles étaient toutes « ciblées » : banques, assurances et publicités. Je ne suis pas sûr que cela nécessite beaucoup de débat. Il n’est pas certain que le monde de la finance tremble à chaque fois qu’un distributeur de billet est vandalisé mais que la jeunesse y voie un symbole, je le comprends parfaitement. Qu’une assurance doive appeler son assureur et demander le coût de la franchise, je dois avouer que lorsque j’y ai pensé, ça m’a fait rigoler. Ces gens engrangent des milliards en ponctionnant la solidarité. Quant aux publicités détruites, c’est — malgré la méthode—, la meilleure chose qui puisse leur arriver.

Au milieu de tout cela, quelques vitres de l’hôpital Necker ont été brisées. Bien que les vitres en question n’aient pas d’autre rôle que celui d’isolant thermique : j’en conviens grandement, ce n’est pas très malin.

Certes, briser les vitres d’un hôpital, même par mégarde, c’est idiot ; mais sauter sur l’occasion pour instrumentaliser la détresse des enfants malades et de leurs parents pour décrédibiliser un mouvement social, c’est indécent et inacceptable. Et c’est pourtant la stratégie de communication mise en œuvre depuis hier, par MM. Cazeneuve et Valls. Allègrement reprise par la droite et relayée sur un plateau doré par tous les médias.

Je le dis d’autant plus volontiers que l’hôpital Necker, j’y ai passé beaucoup de temps et que la détresse et l’angoisse des parents d’enfants très malades, je vois particulièrement bien ce que c’est. Instrumentaliser cette souffrance à des fins aussi bassement politiciennes est abjecte.

Cette indécence est d’autant plus choquante lorsque l’on connaît la situation de l’hôpital public aujourd’hui. MM. Valls et Cazeneuve, « révoltés » du fond du cœur par cinq vitres brisées, le sont-ils autant par les conditions de travail effarantes des personnels hospitaliers ? Lorsqu’un généticien clinique doit travailler 70h par semaine car la direction de son hôpital n’a pas les moyens d’employer un nouveau docteur ni même une secrétaire, quelles en sont les conséquences sur tous ces gentils petits enfants malades au chevet desquels nos ministres accourent depuis hier ? Quand les aides-soignantes et les infirmières sont épuisées, usées jusqu’à la moëlle et rémunérées au minimum, qu’en est-il de la qualité des soins et de l’attention nécessaires à ceux qui passent des mois voire des années dans des couloirs d’hôpitaux ?

Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ? Et tous ces journalistes qui ont titré sur cet horrible assaut contre l’hôpital des « enfants malades », prennent-ils la mesure du sens de leurs mots ?

La palme de l’infamie revient évidemment à M. Cazeneuve qui a tout de même réussi à ajouter à l’équation le fils des deux policiers tués avant-hier.

Des centaines de milliers de personnes défient le gouvernement dans la rue. Une ou deux cassent le double vitrage d’un hôpital. Une ordure tue deux policiers à l’arme blanche. Leur fils de trois ans est en soin à Necker. M. Cazeneuve établit un rapport émotionnel, affectif et psychique entre ces deux séries de faits : la lutte contre la Loi Travail et son gouvernement, le choc produit par la brutalité de ce double meurtre et la situation dramatique de cet enfant. Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots,MM. Valls et Cazeneuve, eux, sont obscènes.

Plutôt que de courir les plateaux télés pour dire des conneries pareilles, retirez la loi travail, financez correctement les hôpitaux et épargnez aux enfants et à leurs parents votre ignoble instrumentalisation. Merci d’avance.

Un parent d’enfant très malade de l’hôpital Necker.

 

Le larmoyant Michel Cymes en a profité pour écrire une note de blog sans intérêt.

 

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 05:30

 

Seulement, je vous préviens, bande de CFDTistes déplumés, si les opposants à la loi El Khomri l'emportent, vous n'aurez pas le droit de bénéficier des nouveaux droits conquis éventuels.

 

 

Je Soussigné NOM : ---------------- Prénom ------------------------



Je demande à ne pas bénéficier des améliorations que les travailleurs  en grève pourront obtenir, par exemple :

·         Je demande à travailler au moins jusqu'à 67 ans

·         Je veux pouvoir être licencié plus facilement, qu'il  s'agisse d'une incapacité due à un accident du travail ou à une  diminution des bénéfices de mon entreprise

·         Je souhaite que mes indemnités soient réduites en cas de  licenciement, y compris en cas de licenciement abusif

·         Je suis favorable à ce qu'il y ait un droit du travail par  entreprise et non plus les mêmes droits pour tous

·         Je ne souhaite plus passer de visite médicale du travail

·         Je veux que mes horaires de travail (durée et répartition)  puissent être modifiés n'importe quand

·         Je veux pouvoir travailler jusqu'à 60 heures par semaine et  même sans limite en cas de forfait jour

·         Je souhaite que mes heures supplémentaires soient moins bien  rémunérées et je suis d'accord pour qu'elle ne me soient payées que  tous les trois ans

·         Je suis d'accord pour que mes dates de départ en congé  puissent légèrement être modifiées moins d'une semaine avant mon départ

·         Je souhaite que tous les conquis sociaux soient remis à zéro  tous les cinq ans

·         Je suis favorable à l'étouffement des services de  l'inspection du travail



Merci de me répondre favorablement à mes demandes

Date signature

 

 

Source 

 

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 05:24

Sous ce titre, l'anthropologue Scott Atran vient de publier un livre important sur notre perception largement erronée des visées de l'EI.

 

Il a accordé un entretien à L'Humanité :

 

 

Dans un ouvrage qui vient de paraître, L’État islamique est une révolution, ce spécialiste du terrorisme, qui travaille depuis des années sur le terrain au Moyen-Orient et en Europe, entend montrer ce qui compose la force d’attraction de l’« EI » aux yeux de dizaines de milliers d’individus issus d’une centaine de nations. Et appelle en conséquence à développer une nouvelle stratégie, militaire, politique et psychologique, adaptée à la réalité d’une menace devenue globale.

HD. Qu’est-ce qui fait de l’« État islamique » une révolution et en quoi participe-t-il de la modernité ?

Scott Atran. Malgré des éléments régressifs associés à la recherche d’une voie vers l’avenir dans un passé mythique, l’« EI » est complètement moderne dans sa méthode visant à unir les individus dans une guerre totale – idéologie, économique, culturelle, militaire – pour sauver l’humanité. Cependant, l’« EI », contrairement à la plupart des mouvements révolutionnaires sociaux et à al-Qaida, mais de manière similaire au mouvement national-socialiste, est aussi porteur d’une vision apocalyptique selon laquelle il peut être nécessaire de détruire le monde pour le sauver. On peut alors se rappeler que les États-Unis et l’URSS adhéraient à cet état d’esprit génocidaire dans la doctrine de « destruction mutuelle assurée » (ou « équilibre de la terreur ») : l’annihilation mutuelle nucléaire si nécessaire.

HD. Quelles erreurs pointez-vous dans les analyses du phénomène « État islamique » ?

S. A. Définir l’« État islamique » comme une simple déclinaison du terrorisme ou de l’extrémisme violent, insister sur le fait que sa brutalité serait seulement « immorale » ou « nihiliste » et, partant, autodestructrice, ou encore refuser de l’appeler par le nom que lui-même s’est donné dans le vain espoir de le délégitimer : tout cela est contre-productif et constitue une profonde erreur. En occultant sa capacité d’attraction et en ne mettant pas en lumière son caractère révolutionnaire, on masque la véritable menace qu’il représente. L’« EI » offre la perspective d’une société utopique, qui rachète et sauve l’humanité à travers l’action violente qui doit briser les chaînes de l’ordre mondial des États-nations imposé à l’issue de la Première Guerre mondiale par les vainqueurs européens. Au Moyen-Orient, la coalition anti- « EI », Russie comprise, vise à réparer ce système. Or, c’est précisément celui-ci que l’« EI », mais aussi beaucoup au Moyen-Orient considèrent comme la cause première de leur souffrance et de leurs malheurs.

HD. Que nous apprennent les parallèles que vous faites entre les actions de l’« EI » et certaines périodes de l’histoire de l’Occident ?

S. A. Une entité politique prêchant et mettant en pratique des idées radicalement différentes de celles des autres nations et mouvements de masse, qui n’avait pas de territoire substantiel il y a deux ans, peut aujourd’hui se targuer d’avoir la force combattante composée de volontaires étrangers, issus d’une centaine de nations différentes, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale. L’« EI » contrôle des centaines de milliers de km² et des millions d’habitants, et a réussi à défendre une ligne de front de 3 000 km contre une coalition internationale d’armées, ce qui rappelle, de plusieurs manières, la Révolution française. Si les analogies historiques sont d’une utilité limitée, elles restent le seul moyen de déceler ce qui est nouveau. Dans l’histoire des révolutions modernes, on peut faire des parallèles entre le printemps arabe et son effondrement, et les soulèvements populaires à travers l’Europe en 1848 et leur suite, l’ascension d’al-Qaida à la fin du XXe siècle et l’anarchisme à la fin du XIXe siècle. Enfin, l’actuel affaiblissement d’al-Qaida par rapport à l’« EI » fait écho à la rivalité entre anarchistes et bolcheviques, les seconds ayant absorbé et presque annihilé les premiers car ils savaient mieux gérer leur ambition politique sur les plans opérationnel, militaire et territorial, et disposaient d’une vision morale et spirituelle convaincante, positive et cohérente (un sentiment exprimé lors des entretiens avec des membres de Jabhat al-Nosra, affilié à al-Qaida, combattant l’« EI » en Syrie).

 

 

HD. Qu’est-ce qui attire des jeunes issus de pays européens vers l’« EI » et que nous ne comprenons pas ?

S. A. Contrairement aux membres fondateurs d’al-Qaida, les aspirants djihadistes d’aujourd’hui sont, la plupart du temps, de jeunes adultes qui se cherchent, à des étapes transitoires de leur vie – immigrés, étudiants, entre deux jobs ou deux relations, ayant quitté le foyer parental et cherchant une nouvelle famille, de nouveaux amis ou des compagnons de voyage. La majorité d’entre eux n’ont pas reçu d’éducation religieuse traditionnelle et se sont convertis, à la fin de leur adolescence ou vers l’âge de 20 ans, dans une vocation radicale, via l’attrait exercé par une cause qui apporte du sens, la camaraderie, l’aventure et la gloire… des choses qui attirent particulièrement les jeunes gens.

HD. À quelles causes attribuez-vous l’échec dans « la guerre contre le terrorisme » ?

S. A. D’abord, on avance l’idée qu’il faut s’attaquer à ce qui est considéré comme les causes profondes : la marginalisation, les problèmes d’identité… Mais combien de millions de jeunes musulmans en France, ou de jeunes Français plus généralement, se sentent marginalisés ou ont des problèmes d’identité ? Développer des programmes pour lutter contre ces vastes problèmes et empêcher quelques milliers de personnes de se radicaliser est comme lancer un bombardement massif contre une mouche – et la mouche pourra toujours s’échapper… Ensuite, il y a cette croyance dans le besoin de « contre-récits », qui ont échoué pour plusieurs raisons. Ils sont un message général négatif qui ne cible personne en particulier, quand l’« EI », lui, personnalise ses messages. Des messages intimes, qui poussent à l’engagement : différentes histoires de vie, de frustrations, qui finissent par épouser une histoire du monde cohérente, aussi fausse et terrible qu’elle puisse nous apparaître. Enfin, il y a ces appels à promouvoir un « islam modéré », aussi séduisants aux yeux de jeunes assoiffés d’aventure, de gloire, d’idéaux et d’importance que la promesse éternelle de centres commerciaux…

HD. En quoi votre méthode est-elle différente des autres enquêtes ?

S. A. Mon équipe de recherche est constituée de personnes venant de différents domaines : anthropologie, psychologie, science politique, littérature, philosophie. Certaines sont d’anciens militaires ou responsables politiques. Nous allons sur les zones de conflit, là où le fossé disparaît entre ce que les individus disent qu’ils vont faire et ce qu’ils font réellement, pour mener des entretiens en utilisant des techniques comme la neuro-imagerie, afin de cerner des schémas de pensée et de comportement qui pourront plus tard être testés, confirmés ou infirmés par d’autres.

HD. Vous affirmez qu’il est possible de prédire scientifiquement qui a la volonté de se battre…

S. A. Oui, deux facteurs principaux émergent : la fusion totale avec le groupe et la volonté de se sacrifier pour chaque membre, et la dévotion à des valeurs sacrées non négociables, quelles que soient les potentielles récompenses ou conséquences.

HD. Que faire, sinon la guerre ?

S. A. Oublier les « contre-récits » et se concentrer sur les « contre-engagements » avec la jeunesse. Plus de 80 % de ceux qui rejoignent l’« EI » et al-Qaida le font via des amis et en groupe, presque jamais individuellement. Mais, bien que la plupart des radicalisés le soient devenus via leurs amis, la plupart des amis de radicalisés ne se radicalisent pas. Au lieu de se contenter d’isoler ces réseaux d’amis et ces communautés de soutien, nous devons aider les jeunes sur la voie d’un engagement personnel via le développement d’une expression concurrente d’idéalisme, portée sur le terrain par de jeunes militants bien formés, afin de trouver des modalités concrètes d’actions pour la paix.

 

 

« L’État islamique est une révolution », de Scott Atran. Éditions Les Liens qui libèrent, 2016, 155 pages, 14 euros.
Réduire l’« État islamique » à une « simple » forme de terrorisme, à un nihilisme ultra-violent et à un projet passéiste, c’est, veut montrer Scott Atran, l’exclure de notre modernité, se tromper fondamentalement en privilégiant le prisme des problématiques de nos propres sociétés et finalement se priver des moyens de le combattre. L’auteur, qui base son analyse en particulier sur des enquêtes de terrain menées dans les zones de conflit – des notes de recherche lors d’une bataille dans le nord de l’Irak sont également publiées – et en Europe, appelle les acteurs de la communauté internationale – des extraits de son allocution au Conseil de sécurité des Nations unies closent l’ouvrage – à accepter de prendre en compte la réalité révolutionnaire de l’« EI », sous tous ses aspects. Saisir ce qui rend l’« EI » si attirant est la clé de la compréhension du danger qu’il constitue et, partant, de la perspective de sa disparition.

 

 

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 05:15

Cette loi El Khomri rime décidément avec saloperie.

 

A l’heure où l’excellent Berger (l’heure du berger !) vient de déclarer qu’il ne faut surtout pas que le gouvernement recule sur la loi “ Travail ” (évidemment, puisque la CFDT en est l’autrice),  un député PS vient de commettre la bourde de sa vie en rendant public un document technique de la commission des Affaires sociales. Rédigée après l’utilisation du 49.3, cette note très détaillée fait le point sur le projet de loi qui vise, rappelons-le, à protéger « les entreprises et les actif-ves-s » (depuis le temps que je dis que le politiquement correct est de droite : c’est ainsi que l’on écrit le français quand on est au service du patronat !).

 

Au moment où, par ailleurs, le gouvernement belge tente d’imposer le même type de législation imposé par l’Union européenne, cette note en date du 17 mai 2016 exprime clairement qu’El Khomri termine le travail impulsé par Sarkozy en 2008.

 

Le député du Nord rappelle que la loi du 4 mai 2004 « autorise les accords d’entreprise, notamment en matière de durée du travail, à déroger aux conventions de branches dans un sens moins favorable aux salariés ». Sauf dans les domaines « sanctuarisés » des salaires minima, des classifications, des garanties collectives et de la mutualisation des fonds de la formation professionnelle. Cette disposition, reconnaît le député solférinien, fut « la première entorse importante au “ principe de faveur ” selon laquelle un accord de rang inférieur ne pouvait déroger à un accord de rang supérieur que dans un sens plus favorable au salarié. »

 

Le Solférinien de service explique sans aucune vergogne que la nouvelle loi « achève ce processus en accordant désormais un primat généralisé à l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, y compris pour fixer des règles moins favorables aux salariés, pour l’ensemble des règles applicables à la durée du travail, au repos et au congés payés. »

 

Ah, ces “ congés payés ” et leur tente de camping, s’ils étaient restés à leur place en 1936, la vie eût été plus douce pour nos bons maîtres, on ne saurait même pas ce qu’est un “ domaine sanctuarisé ” et il n’y aurait même pas eu besoin de CFDT !

 

Loi El Khomri : l’aveu
Loi El Khomri : l’aveu

Photos Albert Facelly

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 05:30

Par Maurice Lemoine 14 mai 2016

 

Quand ils sont venus chercher Hugo Chávez,

Vous n’avez rien dit,

Vous n’êtes pas Vénézuéliens.

Quand ils sont venus chercher Manuel Zelaya,

Vous n’avez rien dit,

Vous n’êtes pas Honduriens.

Quand ils sont venus chercher Fernando Lugo,

Vous n’avez pas protesté,

Vous n’êtes pas Paraguayen.

Quand ils sont venus chercher Nicolas Maduro,

Vous n’avez pas protesté,

Vous n’êtes toujours pas Vénézuéliens.

Puis ils sont venus chercher Dilma Rousseff,

Et vous ne comprenez rien à ce qui se passe,

Et vous êtes totalement pétrifiés…

 

D’après le poème du pasteur

et théologien allemand Martin Niemöller (1892-1984)

Quand ils sont venus...
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 05:58
Qui mange le pain des Français ?
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 05:49

 

L'article qui suit (par Marie-Estelle Pech) a été publié en mai 2015 par Le Figaro. Oui, je sais... Il décrit une France de la grande pauvreté, que nous connaissons tous, en sortant de chez nous et en faisant moins de 500 mètres. Une France fragmentée, la France du désespoir qui alimente, entre autre, la tentation et la pratique salafistes. On ne le répètera jamais assez : il ne faut pas confondre les victimes (ces pauvres gens plus ou moins à la rue) et les responsables (le capitalisme financier et ses complices politiques). Même au Figaro on sait cela.

 

        

 

La France compte 1,2 million d'enfants vivant dans la précarité.

 

Des enfants sans chaussettes l'hiver, qui dorment dans des squats, ne mangent pas à leur faim... Un rapport dévoilé ce mardi raconte la détresse à laquelle sont souvent confrontés les professeurs.

 

À l'école Valmy du Havre, les professeurs observent que, pour beaucoup de parents, «la fin du mois commence le 10, les gens mettent des T-shirts dans les trous du plancher pour que les rats ne rentrent pas, certains enfants nous disent: à quoi ça sert d'apprendre, plus tard je serai chômeur».

 

Dans son rapport sur la «grande pauvreté et réussite scolaire» publié ce mardi, une enquête menée dans dix académies, Jean-Paul Delahaye, l'ancien directeur général de l'enseignement scolaire formule 68 recommandations. Mais c'est d'abord la multitude de témoignages bouleversants des professeurs confrontés de plein fouet à cette misère que l'on retient. Une situation aggravée par la crise économique.

 

En France, sixième puissance économique mondiale, 1,2 million d'enfants, soit un enfant sur dix, sont des enfants de familles pauvres. Une famille est considérée comme pauvre quand son revenu mensuel est inférieur à 1739 euros (soit la moitié du niveau de vie médian) pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, explique le rapport. En voici quelques extraits.

 

Des élèves qui ont faim, qui volent des goûters, qui font des réserves de pain

 

Dans des écoles de Stains (Académie de Créteil), on explique que «pour un enfant, une matinée le ventre vide jusqu'à 12h30, c'est long et cela peut compromettre l'investissement de l'élève dans son travail scolaire ; malgré le coût des repas réduits, pour certaines familles, c'est encore trop, les enfants ne mangent pas à la cantine mais ne mangent pas correctement chez eux».

 

Même constat à Nancy et à Maxéville ou à Arras où «des enfants ont faim et l'expriment spontanément ou se manifestent par des vols réguliers de goûters. Certains énoncent spontanément le fait de ne pas avoir déjeuné le matin. Face à certaines situations et difficultés observées, la directrice invite les familles à inscrire l'enfant à la cantine (prix du repas 70 cts d'euros) en utilisant des moyens de contournement et promouvant le fait d'être avec ses camarades».

 

Dans une cité scolaire de Metz, les impayés de cantine se montent à 15 000 euros pour plusieurs dizaines de familles et le nombre, dit un proviseur, a triplé en 10 ans. Les enseignants d'une école de la Somme en éducation prioritaire remarquent que «les régimes «mono-aliment» sont souvent révélateurs d'un grand état de pauvreté.

 

Des témoignages de chefs d'établissement signalent que certains élèves prennent beaucoup de pain à la cantine le vendredi, afin de faire des réserves pour le week-end. Dans cet établissement de l'Académie de Grenoble, «des repas copieux avec féculents sont servis le lundi car beaucoup d'élèves ne prennent pas de repas structuré le week-end et le jeudi car l'existence d'un forfait 4 jours fait que certains élèves n'ont pas de repas structuré du mardi midi au jeudi midi. Les rations servies ces jours sont importantes et il n'y a guère de restes».

 

Ces quartiers de «non blancs»

 

Dans une école du centre de Saumur, qui accueille une forte proportion d'élèves de familles demandeurs d'asile, d'allophones et de gens du voyage, les enseignants décrivent ainsi leur situation: «Il n'y a plus de mixité ici, on est dans un autre monde». Comme le précisent les personnels d'écoles visitées au Havre, les familles d'ouvriers «ont peu à peu quitté le quartier, laissant la place à des familles en plus grande détresse sociale: femmes seules avec un ou plusieurs enfants et immigration. Il nous semble que le quartier s'est paupérisé lors des quinze dernières années. Actuellement certains de nos élèves vivent dans des squats sans eau, sans électricité ; une autre partie de la population vit dans des logements insalubres. La destruction du foyer Sonacotra et l'arrivée massive dans des squats de familles non francophones nous a fait perdre certains élèves issus d'une immigration traditionnelle remplacée par une immigration clandestine et l'arrivée d'immigrés issus de pays européens en crise».

 

Les ghettos sont aussi ethniques, comme dans des écoles des quartiers nord de Marseille où les seules personnes non issues de l'immigration sont essentiellement les personnels de l'éducation nationale. Si l'on considère divers quartiers dont nous avons une connaissance directe, on observe en effet dans les rues, les écoles, les centres sociaux, les commerces, les transports qu'une large part de la population est d'origine immigrée, et/ou composée de «non-Blancs». Cette réalité, trop souvent sous-estimée par une partie des élites et des sociologues, est toutefois omniprésente dans l'expérience et le discours des habitants des cités. Un tel décalage participe ainsi au sentiment de ces derniers d'être parqués dans des «ghettos».

 

La précarité des conditions de logement: marchands de sommeil, locaux insalubres…

 

Dans une ville de Seine-Saint-Denis, les enseignants observent comme indices de pauvreté: «les adresses communes à plusieurs familles, les factures de cantine, l'absence de papiers, des difficultés à se tenir aux horaires de rentrée. On trouve des situations irrégulières (squat de marchands de sommeil, sous location, locaux insalubres…).

 

Dans un collège de Thionville, «plusieurs familles qui sont originaires d'un même pays résident à la même adresse,jusqu'à 22 personnes dans un F2».

 

Comment un enfant peut-il bien apprendre à l'école quand il est hébergé à l'hôtel avec 6 personnes de sa famille dans une pièce de 15m2? La plupart de ces hébergements collectifs peuvent être considérés comme surpeuplés et privés de confort. Par exemple, dans 21 % des cas, il n'est pas possible de cuisiner ni dans les parties privatives ni dans les parties collectives de l'hébergement. Quelque 41 % de ces enfants doivent partager le même lit qu'un de leur parent.

 

L'école comme refuge

 

Cet exemple dans une école de l'académie de Créteil est révélateur: «Pas d'absentéisme,mêmes malades les enfants viennentcar ils vivent dans de meilleures conditions d'accueil à l'école que dans leur logement: Il y a un lieu d'accueil près du bureau du directeur avec un lit pour les deux écoles». L'école est devenue un refuge. Les écoles d'Aulnay-sous-Bois le vivent quotidiennement: «L'école est devenue le seul service public dans certains quartiers. Il y a une méconnaissance des services sociaux. Les familles trouvent refuge à l'école, en premier lieu car ils «ont confiance». L'école est à leurs yeux le service de proximité en capacité de leur fournir une aide adaptée. Ils n'osent pas ou plus pousser la porte du service social car il y a trop souvent des craintes (dues à une méconnaissance de ce service): placement des enfants, expulsion…».

 

Des problèmes de santé

 

Des enfants et des adolescents de familles en situation de précarité ont des problèmes de santé non résolus et de très grandes disparités existent dans l'accès aux soins. Parmi les innombrables témoignages, celui d'une principale d'un collège de Seine-Saint-Denis: «Nous constatons que de nombreux enfants n'ont aucune hygiène de vie: pas de petit déjeuner, peu de sommeil (10 % arrivent en retard le matin), un manque d'hygiène corporelle, aucune activité physique (plus d'un quart de nos élèves sont en surcharge pondérale)».

 

Dans les écoles REP du Havre visitées par la mission, 40 % des caries dentaires ne sont pas soignées. Les médecins de l'Éducation nationale et les infirmières témoignent que le lundi est un jour très chargé car les jeunes viennent se faire soigner à l'école, n'ayant pu le faire le week-end. En zones urbaines comme en zones rurales, on est «souvent dans l'urgence, on oriente vers». En outre, ces familles, sans ressources, n'ont pas souscrit de mutuelle et sont souvent dans l'impossibilité de faire face à l'achat de lunettes, aux soins dentaires.

 

Des enfants sans chaussettes et parfois sans chaussures

 

Les services de la vie scolaire des établissements de l'académie de Nancy-Metz repèrent les enfants en état de grande pauvreté à plusieurs signes. «Les absences/retards, les bourses, le recours aux fonds sociaux (mais aussi de cantine), les impayés. L'aspect vestimentaire dégradé ou inadapté aux saisons, l'hygiène et la santé. Il est également question des informations liées à des déménagements fréquents et/ou à des changements récurrents de coordonnées.

 

Outre l'absence et le mauvais état du matériel scolaire, la difficulté voire l'impossibilité à obtenir une attestation d'assurance scolaire peut aussi être significative. Le comportement global d'un élève peut également constituer un indicateur: son isolement par rapport aux autres, mais aussi son inhibition voire sa visible tristesse.

 

Une équipe d'école maternelle de Seine-Saint-Denis le confirme, «les vêtements de remplacement (distribués en cas de fuite urinaire ou souci gastrique) ne sont pas restitués par les familles» mais conservés et utilisés comme vêtement principal, et «le repas pris à la cantine constitue souvent le seul apport nutritionnel de la journée. De nombreux enfants viennent à l'école sans chaussettes et parfois sans chaussures (chaussons) même en hiver».

 

 

1 million d'enfants dans la misère : des enseignants témoignent

Propositions du rapport

 

Pour remédier à «l'incompréhensible effondrement des crédits destinés aux fonds sociaux» observé sur le terrain, divisés par deux en dix ans, Jean-Paul Delahaye préconise d'augmenter et de sanctuariser les fonds sociaux des établissements scolaires à leur niveau de 2001 (70 M€) afin de «réduire l'impact des difficultés rencontrées par les enfants des familles pauvres et faciliter ainsi leur vie quotidienne à l'école».

 

L'ancien directeur général de l'enseignement scolaire, artisan de la réforme sur les rythmes scolaires menée par Vincent Peillon accuse le système scolaire: «Si, en dépit des réformes conduites , les inégalités sociales pèsent encore autant sur ledestin scolaire de la jeunesse de notre pays , c'est que l'échec scolaire des plus pauvres n'est pas un accident. Il est inhérent à un système qui a globalement conservé la structure et l'organisation adaptées à la mission qui lui a été assignée à l'origine: trier et sélectionner.»

 

Il examine les marges de manœuvre budgétaires à explorer pour «engager un effort supplémentaire de solidarité» et propose par exemple de «réaffecter une partie des économies réalisées» par la suppression du redoublement au financement «d'actions pédagogiques d'accompagnement des élèves les plus en difficulté».

 

Il suggère de concentrer les moyens disponibles en direction des écoles primaires, de mieux doter les collèges et lycées qui accueillent des élèves en difficultés sociales. Et de diminuer les effectifs des classes des écoles primaires et ses collèges en REP +, ceux qui accueillent le plus d'enfants en difficulté.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 05:45

 

 

Dans un entretien accordé à Il Manifesto et repris en partie par L’Obs, Frédéric Lordon propose quelques mots d’orde pour en finir avec « l ‘empire du capital » :

 

« En France, les dénégations du clivage droite-gauche ont de très mauvais échos. On entend ça soit dans la bouche de ce que j’appelle la droite générale, à savoir la droite classique et cette nouvelle droite qu’est le parti socialiste – la droite générale, si vous voulez, c’est le parti indifférencié de la gestion de la mondialisation néolibérale, soit à l’extrême-droite. En France, quelqu’un qui dit qu’il n’est "ni de droite ni de gauche" est immanquablement de droite, ou finira à droite.

 

La vraie question n’est pas celle des inégalités de revenus ou de fortune, c’est la question de l’inégalité politique fondamentale qu’instaure le capitalisme même : les salariés vivent sous des rapports de subordination et d’obéissance. Le rapport salarial, avant d’être au principe d’inégalités monétaires, est un rapport de domination, et ceci est le principe d’une inégalité fondamentale qui est une inégalité politique. C’est bien de cela, les gens l’ont parfaitement compris, qu’il est question avec la loi El Khomri : cette loi approfondit comme jamais l’arbitraire souverain des patrons, qui peuvent désormais faire exactement ce qu’ils veulent de la force de travail. »

 

Le 14 avril dernier, le parlement européen a voté une directive sur la protection du secret des affaires. En plein scandale des Panama Papers, on verra plus bas qui s’est opposé à ce renforcement du pouvoir des grands patrons, à cette attaque contre la démocratie dans l’entreprise.

 

Ce vote vient de loin. Il avait précédemment reçu le feu vert du Conseil européen. Il devra être traduit, dans les deux ans, dans les législations nationales.

 

En théorie, cette directive lancée fin 2013 par le commissaire français Michel Barnier vise à protéger les entreprises de l’espionnage industriel, en constante augmentation semble-t-il (une entreprise sur quatre selon les députés européens de droite). Le problème est que la protection du secret des affaires s’effacera devant le droit à la liberté d’informer, de la part des journalistes ou des lanceurs d’alerte. Selon le groupe des députés “ verts ”, la définition du secret d’affaires est trop large. Les Verts regrettent vivement que le texte ne précise pas expressément que les journalistes ne peuvent pas être condamnés pour avoir fait leur travail. Il demande un statut juridique pour les « vigies citoyennes » au niveau européen.

 

 

Qui est de gauche ? L’exemple de la directive sur le secret des affaires
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