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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 06:06

La réponse est évidemment "oui".

 

L'Europe a récemment obligé la France à ouvrir ses concessions hydro-électriques à la concurrence en excluant EDF des appels d'offres. Au nom d'une logique imbécile mais concoctée depuis longtemps : puisqu'EDF n'est plus une entreprise nationale mais une société anonyme, elle doit s'ouvrir au secteur privé. A-t-on, ces dernières années, entendu des politiques français, de droite comme de gauche, protester contre ces nouveaux boulevards ouverts au secteur privé ? Pas vraiment !

 

Les barrages fournissent un peu plus de 10% de notre électricité. Depuis presque un siècle, la collectivité nationale assure les investissements et l'entretien d'édifices aussi imposants que sensibles. J'ai encore personnellement en mémoire le souvenir de la rupture du barrage de Malpasset (je ne me souvenais plus en revanche de la bière Marx) :

 

 

 

 

Le 2 décembre 1959, 50 millions de mètres cube déferlèrent en pleine nuit, en une vague de 40 mètres de haut, sur 70 km jusqu'à la mer. 423 morts.

 

Lorsque nos barrages seront privatisés, comment les actionnaires se payeront-ils ? Les représentants du peuple seront-ils associés à la gestion ? Qu'adviendra-t-il des 6 000 employés affectés à l'entretien ? Pourront-ils garder leur statut ?  La gestion des barrages comprend les ponctions effectuées pour irriguer les cultures et la régulation des lâchers d’eau pour les activités de loisir. Certains barrages sont des réserves d’eau potable. Tous ces services sont actuellement gratuits. On peut douter qu'ils le demeurent. Combien coûtera le refroidissement d'une centrale nucléaire ?

 

Dans le “ Programme national de réformes ” envoyé à la Commission européenne en 2014, la soumission au privé des Solfériniens était totale : « Un renouvellement par mise en concurrence des concessions d’exploitation des installations hydroélectriques sera privilégié. Le périmètre des lots de barrages, le calendrier et les modalités selon lesquels ces lots seront concédés, notamment les modalités de participation des personnes publiques aux entités concessionnaires, sont à l’étude.  Renouvellement après mise en concurrence des concessions hydroélectriques. –  En cours –  Renouvellement progressif par mise en concurrence des concessions d'installations hydroélectriques. »

 

Pour sa part, l'Allemagne a résisté à Bruxelles.

 

Il faut dire que le gâteau est alléchant. Grâce aux investissments payés par plusieurs générations de contribuables français, grâce au savoir-faire des techniciens, l'excédent brut des concessions est de 2, 5 milliards d'euros par an. La rente dépasse 1, 25 milliard d'euros annuellement.

 

Selon Delphine Batho, renvoyée du gouvernement pour cause d'hostilité aux pattes crochues du privé, il aurait été possible d'exclure les barrages lors de la discussion de la directive européenne sur les concessions. Batho ne fut soutenue par aucun de ses collègues solfériniens.

 

Aucun autre pays ne brade son parc hydraulique de manière aussi servile que la France. En Suède, les barrages sont publics, ce qui ne les empêche pas de convoiter les barrages français privatisés. Les Suédois sont décidément très forts : après nos cliniques accaparées par leurs fonds de pension, notre hydroélectricité.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 06:09

 

 

D’abord, deux mots sur les récents événements d’Ajaccio. Les « Arabi Fora » et autres « Il faut les tuer » que l’on a pu entendre proférés par quelques militants hargneux – et que les nouveaux dirigeants ont condamnés – m’ont personnellement ramené à l’époque de mon adolescence, juste après les accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie. Des pieds-noirs arrivèrent alors en masse dans l’île de beauté, apportant dans leur bagage un ou deux employés algériens qui avaient bien voulu les accompagner. Ces nouveaux arrivants vivifièrent l’économie d’un département assoupi, dans le domaine agricole et le tourisme en particulier. Vouloir rejeter les enfants et petits-enfants de ces travailleurs qui changèrent le visage de la Corse signifie pour le moins ne pas avoir la reconnaissance du ventre. Ne pensons même pas à une mesure de réciprocité qui renverrait les dizaines de milliers de Corses, rapatriés d'office, travaillant sur le continent – dans la Fonction publique en particulier – vers leur île d’origine qui ne saurait que faire d’eux.

 

Dans les années 1980, à l’époque des « nuits bleues », quand le nationalisme explosif battait son plein, nous étions nombreux à nous demander où se situaient ces activistes sur l’échiquier politique. Les Talamoni et Simeoni de l’époque (le patriarcat politique est une culture peut-être plus vivace encore que sur le continent) cultivaient l’ambiguïté, laissant entendre qu’ils se trouvaient ailleurs. Ceux d’aujourd’hui ont décidé de conquérir le pouvoir par les urnes, et ils ont parfaitement réussi.

 

Les nouveaux dirigeants de l’île sont-ils d’extrême droite ? La question peut sembler paradoxale dans la mesure où le Front National a réalisé son score le plus faible, justement en Corse. Lisons leur programme. Ils prônent la “ corsisation ” des emplois. Il s’agit d’une préférence régionale, en totale contradiction avec les règles de la Fonction publique, visant à réserver les emplois en priorité aux Corses « de souche ». Ils souhaitent par ailleurs imposer un statut de résident aux continentaux qui seraient contraints d’habiter en permanence dans l’île. Ils justifient les violences passées, comme l’affaire de la cave d’Aléria. En 1975, une cave appartenant à un pied-noir avait été occupée par le médecin Edmond Simeoni et une cinquantaine d’activistes en armes. Le gouvernement français avait facilité l’installation d’anciens viticulteurs de la Mitidja dans des terres en friche, si bien que de nombreux Corses s’étaient sentis « colonisés ». Les responsables politiques de l’époque (Giscard, Chirac, Poniatowski, dont ils faudra bien un jour ou l’autre faire calmement le procès de la politique, celle du diminué mais si populaire Chirac en particulier) réagirent à cette occupation avec une violence hors de proportion. Les occupants refusant de se rendre, l’assaut fut donné. Deux gendarmes furent abattus. Simeoni fut condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Assurément, les nationalistes corses défendaient leur bifteck, mais s’étaient-ils demandé ce qui aurait pu se passer si tous les Français défendant leurs intérêts avaient utilisé leurs méthodes ?

 

 

 

 

Les attentats à l’explosif se multiplièrent pendant deux décennies après cet épisode dramatique, jusqu’à l’assassinat – après plusieurs dizaines d’autres – du préfet Erignac en 1998. Ce crime déconsidéra la cause que les autonomistes prétendaient défendre. En 2003, 51% des Corses votèrent contre le projet de collectivité unique proposé par Sarkozy. Ce vote ric-rac, une participation très faible, montrèrent que les Corses étaient très divisés sur ces questions fondamentales.

 

En 2014, Gilles Simeoni, le fils du « héros » indépendantiste Edmond, emporta la mairie de Bastia avec l’appui de la gauche. Le FLNC déposa les armes.

 

 

Dans Le Monde du 27 juin 2015, la chercheuse (corse) Liza Terrazoni écrivait dans un article intitulé “ Racisme et colonialisme ” :

 

« Etre maghrébin en Corse – mieux vaudrait dire auprès de certains  Corses – c’est être mis à l’écart par une série de dispositifs des plus violents (l’action physique ou la  ratonnade ) aux plus symboliques (être désigné par des tags tels qu’Arabi fora. Rien de bien spécifique à la Corse diraient certains. »

 

« A cela près qu’ici ces dispositifs peuvent aller chercher leur justification dans  la défense du «  peuple corse »…Doit-on voir là le signe d’un  racisme débridé… J’y vois pour ma part les symptômes d’un phénomène plus complexe, produit des dérives locales d’une manipulation politique dangereuse de l’idée de minorité et des « potentialités oppressives » contenues dans tout nationalisme… »

 

« Au centre de l’idéologie nationaliste  corse il y a l’idée selon laquelle « le peuple  corse » serait  une minorité, un groupe opprimé culturellement, politiquement et économiquement par une majorité incarnée par l’Etat français…. On parle sérieusement de « substitution ethnique », de génocide méthodique mis en place par l’Etat français » dans le dessein de « faire disparaitre  le peuple corse » ! Persécution contre les entreprises corses, aliénation de la terre, remplacement des fonctionnaires et des cadres corses par des continentaux, immigration d’étrangers et de continentaux sont dénoncés. »

 

 

De la « substitution ethnique » au « grand remplacement » de Renaud Camus il n’y a qu’un pas. Il est en tout cas un « remplacement » que le nouveau président de la région corse n’a pas hésité à franchir, c’est celui de la langue corse par la langue de la République française lors de son discours d’investiture. Le ministre (breton) Le Foll, porte parole du gouvernement, n’a rien trouvé à redire à cette initiative séditieuse et ô combien identitaire. Il estime peut-être que le nationalisme corse est génétiquement de gauche... On peut en douter lorsque l’on pense à certaines affirmations prononcées (en corse) par Talamoni en cette circonstance :

 

« Nous sommes arrivés ici avec tous ceux qui, comme nous, ont toujours combattu les autorités françaises sur la terre de Corse. Demain, nous obtiendrons l'amnistie des prisonniers [politiques] et des recherchés. Demain, les portes des prisons s'ouvriront car les Corses le veulent et que personne ne pourra s'opposer à cette volonté populaire. […] En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n'était pas un morceau d'un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d'être au monde. »

 

Redisons le une fois encore : le capitalisme financier est hostile aux Etats, aux nations, à des républiques comme celle de la France. Il préfère les régions, les sociétés communautaires où les solidarités sont dissoutes dans des ensembles sans réelle signification, peu démocratiques, prêts à être dévorés par la mondialisation.

 

 

 

PS : face aux récents événements, la réaction des communistes corses m'a semblé frappé au coin du bon sens républicain :

 

 

"Le respect des lois de la République est un devoir pour tous. Une embuscade, visiblement préparée de longue main, pour agresser des pompiers dont l’unique mission est de porter secours à autrui, est un acte criminel. Il ne peut être que le fait d’une bande de voyous qui prétend interdire à quiconque l’accès à un territoire sur lequel elle voudrait exercer impunément ses activités délictueuses. L’indignation générale et la solidarité massive à l’égard des sauveteurs sont parfaitement légitimes.

Elles se sont exprimées avec toute la détermination nécessaire, dans le respect des principes et des lois de la République. Elles ne sauraient dégénérer en représailles antireligieuses et en manifestations racistes. Nul n’a le droit de confondre l’immense majorité des musulmans de Corse, qui ne pose aucun problème à personne, avec une poignée de voyous masqués qui s‘en est pris aux pompiers et aux forces de l’ordre.

Le respect des lois de la République est un devoir pour tous : ce principe vaut pour les agresseurs cagoulés comme pour les « vengeurs » instrumentalisés. C’est aux forces de l’ordre et à elles seules, qui revient de traquer les voyous et de les traduire devant les tribunaux. Le calme doit revenir. Tous, élus, pouvoirs publics et simples citoyens doivent retrouver le chemin d’un vivre ensemble qui tarira, à la source, le recrutement des bandes mafieuses."

 

PPS : à noter que, lors de la manif anti-arabe, il n'y avait que des hommes. Comme en Iran :

 

 

Les nationalistes corses sont-ils proches de l’extrême droite ?
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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 07:00

 

- Un peu de sang caillé d'opposants progressistes ?

 

- Non, je préfèrerais un peu de haggis de Kurdes.

 

- Ouaf !!!

A quand Fabius sur la photo ?
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 09:52

Pour faire plaisir à ses copains assureurs, un de ses frères au premier chef (dirigeant de Malakoff Médéric et viré depuis), mais aussi pour affaiblir encore plus le système de santé républicain, Sarkozy avait lancé le projet de mutuelles d’entreprises. Privées, donc. Les Solfériniens lui ont naturellement emboité le pas et ont parachevé l'esquisse.

 

Le 1er janvier 2016, une couverture complémentaire santé collective obligatoire (mutuelle d’entreprise) doit être proposée par l’employeur du secteur privé à tous les salariés, n’en disposant pas déjà, en complément des garanties de la Sécurité sociale. Cette couverture doit être négociée avec les « partenaires sociaux ». Si les négociations échouent, l’employeur installe, par décision unilatérale, une couverture santé, après mise en concurrence des assureurs.

 

 

La participation de l’employeur doit être au moins égale à 50%. Donc, celle des employés doit être d’environ 50%. Le contrat doit proposer un panier de soins minimum. Là où cela se corse, c’est que ces mutuelles de groupe protègeront avec des garanties « adaptées » aux spécificités des employés. Elles varieront donc d’une entreprise à une autre, d’une branche professionnelle à une autre. Toujours diviser, au nom d’une prétendue équité, la classe salariale pour mieux régner. Les cadres et les non-cadres ne seront pas forcément protégés de la même manière.

 

La touche finale de cette saloperie, c’est que, jusqu’ici, le montant de la cotisation était déduit du revenu imposable du salarié. La loi de finances de 2014 est revenu sur cette modalité : la part payée par l’employeur sera désormais considérée comme un avantage en argent pour le salarié, à déclarer par celui-ci à l’administration fiscale.

   

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 06:27

 

 

La section CGT de Dieppe dresse un bilan terrible des attaques de tous les présidents de la République et les gouvernements qui se sont succédés depuis 50 ans contre la Sécu.

 

REPÈRES (NON EXHAUSTIFS) SUR LE RECUL DES REMBOURSEMENTS DE LA SÉCURITÉ SOCIALE ET DE LA PROTECTION SOCIALE.

 

  • 1967: ordonnances De Gaulle-Jeanneney: suppression des élections à la Sécurité sociale, remplacées par le "paritarisme", pour affaiblir la CGT (mais aussi pour dégrader la Sécurité sociale); réduction du remboursement des actes médicaux (70% au lieu de 80%); les médicaments sont remboursés à 70%; les frais d'hospitalisations sont remboursés à 80%.
  •  
  • 1971: instauration du numérus clausus d'entrée en 2e année de médecine, fixé à 9000 places.
  •  
  • 1975: premières exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires.
  •  
  • 1976: plan Barre; diminution du remboursement des médicaments de «confort» (vignettes bleues).
  •  
  • 1978: plan Veil: cotisation maladie payée par les retraités; réduction du nombre de lit dans les hôpitaux; aggravation du numérus clausus pour l'entrée en 2e année de médecine (sur le principe que moins de médecins, c'est moins de dépenses !)
  •  
  • 1979: plan Barrot : gel du budget des hôpitaux; hausses des cotisations des retraités,
  •  
  • 1981: plan Questiaux : cotisation maladie payée par les chômeurs.
  •  
  • 1982: plan Beregovoy : création du forfait hospitalier (20 francs, soit 3,05 euros), 1258: nouveaux médicaments voient leur remboursement réduit (vignette bleue).
  •  
  • 1983: plan Beregovoy II : taxe sur alcool et tabac; baisse à 6160 étudiants du numerus clausus pour l'entrée en 2e année de médecine, sous prétexte de "limiter les dépenses de santé" par la réduction du nombre de médecins.
  •  
  • 1985: plan Dufoix : hausse du ticket modérateur pour certains soins, 379 médicaments en vignette bleue.
  •  
  • 1986: plan Seguin : limitation du nombre d’affections remboursées à 100%; hausse du forfait hospitalier; impôt exceptionnel.
  •  
  • 1988: plan Evin : déremboursement de certains médicaments; baisse du remboursement des analyses.
  •  
  • 1990: plan Durieux-Rocard: institution de la CSG.
  •  
  • 1991: plan Bianco : augmentation du forfait hospitalier; nouvelle baisse à 3500 étudiants le numérus clausus d'entrée en 2e année de médecine, sous prétexte de "limiter les dépenses de santé" par la réduction du nombre de médecins (chiffre le plus bas chiffre de production de médecins entre 1971 et 2014).
  •  
  • 1993: plan Veil : baisse du taux de remboursement des honoraires médicaux (de 75 à 70%), et des médicaments (de 70 à 65%); augmentation du forfait hospitalier; augmentation de la CSG.
  •  
  • 1995: plan Juppé : lutte contre les prétendus abus et gaspillage; dépenses annuelles de la Sécu plafonnées par décret.
  •  
  • 1996: plan Barrot : création de la RDS, augmentation des taxes sur alcools et tabac.
  •  
  • 1998: plan Aubry : hausse de la CSG des salariés, des chômeurs, et des retraités; plafonnement des dépenses de radiologie; pénalisation des médecins ne respectant pas les quotas.
  •  
  • 1999: création de la CMU (Couverture Maladie Universelle), financée au départ par une taxe de 20% sur les mutuelles, et 80% par l'État (en 2015, c'est 97% par les mutuelles, donc les cotisations des mutualistes).
  •  
  • 2000: baisse de remboursement pour 150 médicaments; devant le risque de désetification médicale, remontée du numérus clausus à 7200.
  •  
  • 2001: plan Guigou : déremboursement de nouveaux médicaments.
  •  
  • 2002: plan Mattéï: déremboursement de 650 médicaments, accélération des fermetures de lits et d’hôpitaux.
  •  
  • 2003: plan Mattéï II : baisse de remboursement de 617 médicaments, de 65% à 30%.
  •  
  • 2004: Création du médecin traitant; création du dossier médical personnel; réforme de la gouvernance de l’assurance maladie et du système de santé; promotion des médicaments génériques; Création du forfait d’1 euro.
  •  
  • 2005: Étatisation de la Sécu : Vote du budget de la sécu par les députés; pluriannualité du financement; obligation d'équilibre des régimes par le rapprochement recettes/dépenses; contrainte objectifs/résultats.
  •  
  • 2005: le forfait hospitalier passe de 13 à 14 euros.
  •  
  • 2006: le forfait hospitalier passe 15 euros.
  •  
  • 2007: le forfait hospitalier passe 16 euros.

  •  
  • 2008: Création d'une franchise de 50 centimes par boîte de médicaments, et 2 euros par transport sanitaire, cette dernière étant plafonnée à 4 euros par jour. Pour l’ensemble des franchises, la participation de l’assuré est limitée à 50 euros par an.
  •  
  • 2010: le forfait hospitalier passe 18 euros; le numérus clause d'entrée en 2e année de médecine est remonté à 7.400 (par rapport à 1971, où il était de 9000, la population française a augmenté de 10 millions).
  •  
  • 2011: création du médicament de confort: 80 médicament sont déremboursés totalement: 18 myorelaxants, 17 vasodilatateurs, 8 produits contre l'ostéoporose, 7 anti rhumatismaux non stéroïdiens, 5 anti-hémorroïdaires en crème, 5 anti-arthrosiques et traitements des crampes, 3 anti parkinsoniens et 2 bains de bouche.
  •  
  • 2011: 600 médicaments.
  •  

A noter: On pourrait faire la même étude sur l'évolution des allocations familiales. En 1946, le revenu salarié d’une famille de trois enfants (la moyenne dans les familles populaires) est constitué pour plus de la moitié par des allocations familiales. Les politiques successives ont réduit les allocations familiales à de l'anecdote, allant même jusqu'à les plafonner pour les plus hautes salaires en 2013.

 

Cliquez pour en savoir plus sur les différents plans de restriction de la Sécurité Sociale sur le site de l'INA (mais ce ne sont que des vidéos d'interview de ministres et jamais de syndicalistes).

 

Lu sur le blog de l'UL CGT de Dieppe.

 

 

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 06:34

130 ouvriers de l’usine Latécoère (Toulouse et Gimont) sont en grève illimitée. C’est la première fois depuis 1972.

 

Au capital de cette entreprise historique (endettée) sont entrés le 30 avril 2015, à hauteur de 25% deux fonds d’investissement anglo-étasuniens : Apollo Global Management (5ème au monde, 22 milliards de dollars en cinq ans) et Monarch Alternative Capital (5 milliards de dollars en 2015), dont l'objectif officiel est de secourir les entreprises en détresse ! Ces fonds ont apuré une dette de 320 millions d’euros. Quant à Apollo, il se qualifie d'« anticonformiste », apte à « libérer les potentialités ».

 

Les premières décisions prises par les nouveaux actionnaires ont mis le feu aux poudres : augmentation de la rémunération des membres du conseil d’administration, attribution d’actions gratuites aux dirigeants pour un montant d’environ 10 millions d’euros. Dans le même temps, les salaires ont été gelés deux fois en cinq ans (la CGT demandait une augmentation générale – phénoménalement scandaleuse – de 50 euros) alors que l’usine tournait à plein régime et que les finances du groupe étaient en très bonne voie d’assainissement.

 

Dans cette entreprise, un ouvrier gagne 1 400 euros net par mois après dix ans d’ancienneté. De nombreux emplois ont été délocalisés au Mexique et au Maroc. Aucun nouveau projet d’avion n’est prévu avant dix ans dans ce bijou de l'industrie française, n° 1 au monde pour les portes d'avions.

 

Le dialogue social a été complètement interrompu, la « mobilité » est encouragée et les travailleurs doivent respecter des « objectifs » dont ils ne comprennent pas le sens. La baisse du pouvoir d’achat est réelle, tout comme les humiliations subies par les employés.

 

FO, syndicat majoritaire, ne s’est pas associé au mouvement (quoique « en colère »), préférant attendre les négociations de début 2016. En 2015, FO, en compagnie de la CGC, avait accepté un gel des salaires « afin de faciliter l'opération de restructuration du capital ».

 

Grève dure chez Latécoère
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 07:52

Il est de bon ton, du côté du patronat et dans les médias dominants à sa botte, d'assimiler en France l'extrême droite et la gauche de gauche (en gros le Front de Gauche). En disant, par exemple, que leurs programmes économiques se ressemblent comme deux gouttes d'eau et qu'il y a, de part et d'autre, une tentation totalitaire. Dans ce blog, j'avais ainsi dénoncé en 2013 une "petite crapulerie" de Jacques Attali à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon.

 

Fort bien construite, cette confusion sert naturellement les intérêts de la classe dominante. Faut-il s'étonner que des esprits faibles (pour ne pas dire des faibles d'esprits), se trompant volontairement d'ennemi, s'attaquent à des individus dont l'engagement pour la vrai gauche date de plus d'un demi siècle ? Malfaisantes, calomniatrices, certaines personnes bien seules s'en prennent depuis des mois au Grand Soir et à ses deux figures de proue Viktor Dedaj et Maxime Vivas. Depuis 2007, j'ai publié sur le site du Grand Soir près de 600 articles. Je ne suis pas plus malin qu'un autre, mais si ce site avait fait preuve de rouge-brunisme, j'aurais tout de même fini par m'en apercevoir, après toutes ces années de collaboration régulière.

 

Je laisse à mon ami Maxime Vivas le soin de décortiquer la très mauvaise graine semée par ces acharnés du procès en sorcellerie.

 

 

 

Je sais que, sur des listes internes d’organisations dont je suis proche, dont j’approuve l’action, dont je relaie les écrits sur mon site legrandsoir.info, circulent des discussions alimentées au fiel de calomnies nées, très précisément un 28 mars 2011.

 

Définitions succinctes

 

Conspiration : entente secrète en vue de renverser un pouvoir établi ou d’attenter à la vie d’une personne d’autorité. Synonymes : complot, conjuration.
Conspirationniste : celui qui voit des complots partout et qui y trouve l’explication de la marche du monde.

Anti-conspirationnisme  : mouvance anonyme se réclamant souvent de l’anarchie pour pervertir ce que leur idéal porte en lui de beau et de généreux.

Confusionniste : mot inventé à partir de confusionnisme et indéfinissable, en forme de massue cloutée, ou de bague à poison, ou de muselière.

Analphabète politique (synonyme d’« anti-conspirationniste » et d’« anticonfusionniste ») : celui qui jure qu’il n’y a jamais eu des conspirations.

Des esprits éclairés prétendent que les conspirations, complots, conjurations, ne sont pas des vue de l’esprit, mais que, cependant, « Ce sont les masses, qui font l’histoire » (Marx).

 

Le fusil à trois coups des « anti-conspirationnistes »

  1. « Effet de halo ». l’adversaire dont le nom est répétitivement associé à « conspirationniste », est discrédité par phagocytose. Et le débat est clos.

 

  1. « La circulation circulaire de l’information » (cf. Pierre Bourdieu). Validation de la sentence précédente par les journalistes qui, se lisant entre eux, la diffusent. L’affaire est entendue.
  2. Jeu du « Cadavre exquis ». On souffle une phrase à l’oreille de

son voisin, qui transmet à un autre en ajoutant quelques mots, et ainsi de suite jusqu’au dernier. Tout est (mal) dit.

La milice des « anti-conspirationnistes » use de ces trois cartouches dont la poudre est un mélange de mensonges, amalgames, erreurs factuelles, troncatures, extrapolations, exigences de l'infaillibilité et généralisations abusives. Elle écrit (la nuit) des lettres de dénonciation non signées comme faisait naguère la France vertueuse et saine du marché noir.

 

Glissements sémantico-idéologiques

Viktor Dedaj, le webmaster du site d’information alternative Le Grand Soir (LGS), explique comment, à chaque grand sujet sera associé un qualificatif « épouvantail », véritable “ taser idéologique ” aux effets paralysants. Il montre comment sont classés les partisans d’une discussion ouverte sur le 11 septembre 2001 (complotistes), l’Europe et l’euro (souverainistes) la politique économique et sociale (nationalistes), les conditions de vie (populistes), l’impérialisme (confusionnistes), le sionisme (antisémites), Israël (négationnistes, révisionnistes) la « guerre des civilisations » (islamistes) et, tous ces sujets groupés : rouges-bruns.

 

Exemples vécus, ou bercement insidieux de la rime

 

Le 28 mars 2011, une pseudo journalise sans honneur et sans morale a publié (sous pseudonyme car elle se disait mon amie) sur un site de « tendance anarchiste » (sic), un brûlot affirmant que le site Le Grand Soir (dont je suis un administrateur) est en pleine « dérive droitière » en raison de « la publication, de plus en plus fréquente et sous couvert de défense de la liberté d’expression, d’auteurs ou de textes ouvertement fascisants et d’extrême-droite ». Aggravé par des centaines de commentaires de lecteurs et d’elle-même, l’article faisait du Grand Soir un site complotiste, conspirationniste, confusionniste, puis (notez le glissement permis par la paronymie ou la rime) : antisioniste, révisionniste, négationniste et, pour tout dire, aux yeux de ceux qui suivirent la flèche lancée : antisémite.

 

Bien entendu sur 10 000 articles publiés alors par Le Grand Soir (21 000 aujourd’hui), aucun (je répète : aucun) n’est, ni « ouvertement », ni insidieusement « fascisants et d’extrême-droite ». Au contraire.

 

N’empêche : des ignares embusqués rebondissent sur les mots infamants dans une fuite en avant diabolisante. Ils saluent mon invitation dans un salon du livre aux cris : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ! », ils nous promettent « des coups de manche de pioche », ils font annuler, en menaçant les organisateurs, une conférence de Viktor Dedaj à Paris, ils rappellent à l’ordre les sites qui nous inscrivent dans leur référencement, ils s’insurgent de notre présence chaque année à la fête de l’Humanité.

 

En juin 2012, sur le site Rue89 (en signant de son vrai nom, son pseudo ayant été percé), la même virago qui lança contre nous la cabale me peint en « rouge-brun ». En août, un journaliste de Charlie Hebdo (qui confesse en privé s’être inspiré d’elle) classe LGS, Viktor Dedaj et moi parmi les « bruns ». Bruns ? Cf. Les Chemises brunes des SA qui s’illustrèrent dans la « Nuit de cristal », pogrom et point culminant de la vague antisémite en Allemagne.

 

Les « anti-conspirationnistes » conspirateurs

 

Ces maccarthystes, ces flics de la pensée, gagnent toujours la première manche.

 Ils perdent les autres.

La première, peut durer une vie d’homme.

Par les accusations infondées qu’ils martèlent (sans se montrer) par l’assemblage à coups de talons des pièces mal assorties d’un puzzle, par le rapprochement de ragots et de semi-vérités, par leur manie de fouiller placards, caves et poubelles, ces émules de la Stasi et ayatollahs masqués se vautrent dans le conspirationnisme qu’il prétendent dénoncer.

 

Ils sont les clones des juges, policiers et journalistes qui ont formaté l’opinion pendant les 4 ans du procès d’Outreau où des présumés coupables par l’accumulation « d’incontestables éléments à charge », ont vécu le martyr : destruction physique et mentale, éclatement de familles, pertes d’emploi, ruine, et jusqu’au suicide.

 

 

Pourquoi les pseudo « anti-conspirationnistes » ont gagné.

Une “ Une ” récente du Grand Soir

 

 

Comment dégarnir le front antiraciste, antifasciste et ouvrir la voie aux Panzers ?

 

Tout à leur procès de Moscou, ces procureurs évitent de s’alarmer d’une droite extrême à qui sourit le verdict des urnes et qui pérorera, demain, sur les marches du pouvoir s’ils nous neutralisent et rendent impossible tout débat d’idées.

 

Dans la charrette que tirent les inquisiteurs sans visage vers la place de Grève pour que la foule conspue leurs prises de guerre, on distingue : Edgar Morin, Daniel Mermet, Pascal Boniface, Charles Enderlin, Alain Ménargues, Bernard Cassen, Jacques Bouveresse, Pierre Bourdieu, José Bové, Stéphane Hessel, Pierre Péan, Umberto Ecco, Yves Calvi, Jean Ferrat, Jean-Luc Godard, Michel Collon, Jean-Luc Mélenchon, Viktor Dedaj, moi-même....

 

La liste folle est lacunaire et elle s’allonge sans cesse. Demain , Christian Delarue y sera aussi pour m’avoir accueilli.

D’abord un bruit léger, dit Beaumarchais : « … il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’oeil… ».

 

Tous ces accusés innocents, que les vrais « bruns » brûleraient en une seule fournée, que les GI’s enfermeraient dans un container exposé au soleil, que les participants aux fêtes bleu-blanc-rouge caresseraient au nunchaku, subissent la conspiration du « mensonge triomphant qui passe », la conjuration des bellicistes dont beaucoup ont applaudi toutes les guerres atlantistes en Europe (Yougoslavie), au Proche et Moyen-orient, c’est-à -dire les massacres de populations, la destruction de pays, la fabrication de haines régionales, ethniques, tribales. Et gare à qui s’alarme du prix payé par les innocents pour remplacer, grâce aux armes ou armées de l’Occident, un dictateur par des dictateurs, l’école par le prêche, la loi civile par la charia, l’oppression des femmes par leur encagement sous niqabs et burkas, les paysans palestiniens par des colons ukrainiens, californiens ou écossais.

 

En mitraillant la tranchée qu’ils prétendent défendre, les « anti-conspirationnistes » cagoulés dégagent un boulevard pour le déferlement des Panzers des pires idéologies.

 

Les pseudo « anti-conspis » ont gagné la première manche

 

L’Histoire nous apprend que les conspirations sont souvent découvertes quand le mal est fait.

 

Et, à me lire, n’auriez-vous pas en tête, en ce moment précis, ce dicton qui dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu ? Et à combien d’antifascistes et antiracistes sincères devrais-je encore m’adresser pour un humiliant plaidoyer pro-domo depuis le pilori où me voila ligoté par des Dupont-la-Joie dont il est difficile de penser qu’ils ne sont activés que par leur inculture ?

 

Maxime Vivas

D’après un article (actualisé) paru sur Le Grand Soir.

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 06:43

Je propose ici une analyse modérée mais lucide et essentielle de Christian Laval, professeur de sociologie à l'université Paris Ouest Naterre La Défense (avoir rebaptisé cet établissement de la sorte, “ POND ”, mare, étang, en anglais, avec la dénotation d'eau stagnante, trahit un souci imbécile de visibilité à tout prix !). Ce texte est paru dans le Mensuel du SNESUP en avril 2013.

 

 

 

 

La régulation nouvelle de la recherche et de l’enseignement supérieur doit être comprise en relation avec les principales dimensions de la « nouvelle condition universitaire » que sont l’hétéronomie, la précarité et l’exploitation.

 

Les conditions de travail en milieu universitaire se sont nettement dégradées, ce constat est presque unanime lorsqu’on écoute ceux qui ont assez de recul pour en juger. Allongement du temps de travail, alourdissement et multiplication des tâches, pression récurrente de l’évaluation et de la mise en concurrence pour l’obtention de crédits : les nouvelles contraintes s’ajoutent les unes aux autres jus- qu’à provoquer lassitude et parfois burn out. Le monde professionnel de l’enseignement supérieur et de la recherche n’échappe pas ou plus à une évolution générale qui voit « le métier » attaqué par des formes d’emploi, des pratiques managériales et des normes qui abîment le « travail », qui nuisent à l’ouvrage bien fait, qui méconnaissent la valeur de l’être et du faire. Le comble de la dégradation est bien sûr atteint avec l’extension de la précarité, et avec toutes les formes d’exploitation du travail gratuit auxquelles est tout particulièrement tenu un nombre toujours croissant de jeunes chercheurs.

 

Mutation du travail universitaire : réduction progressive de l’autonomie du champ scientifique

 

Cette dégradation des conditions est en réalité à ressaisir dans une mutation plus large du travail et du milieu universitaires, qui affecte conduites et subjectivités des professionnels. Hétéronomie, précarité et exploitation, ces trois dimensions de la « nouvelle condition universitaire » sont inséparables de ce qu’on appelle « l’économie de la connaissance », c’est-à-dire l’ensemble des dispositifs et des normes qui composent et imposent peu à peu une régulation nouvelle de la recherche et de l’enseignement supérieur. Certains, qui n’en connaissent ni l’origine ni la portée, ont voulu voir dans cette expression une reconnaissance de la valeur sociale de la connaissance. Elle signifie plutôt que la connaissance doit désormais être regardée comme une valeur strictement économique, de première importance sans doute, mais pour une raison fondamentale qui n’a plus grand-chose à voir, du moins directement, avec la « vérité », un mot d’ailleurs assez désuet dans le lexique officiel du « pilotage ». Cette valeur de la connaissance trouve son fondement non plus dans une meilleure compréhension du monde, comme c’était le cas peu ou prou dans l’ancien « esprit de la science », mais dans son efficacité opératoire, ou mieux dans la performance économique qu’elle permet d’améliorer. L’évolution n’est pas nouvelle, elle n’est pas seulement française, pas plus qu’elle n’est endogène au seul univers des savoirs et de l’enseignement. Cette transformation est profondément liée à la fois aux transformations du capitalisme et aux politiques néolibérales mises en œuvre par les États.

 

Ce qui caractérise, dans la pratique, cette nouvelle régulation de l’université et de la recherche c’est la dépendance politique à l’égard d’instances elles- mêmes soumises aux impératifs de « compétitivité », c’est la réduction progressive de l’autonomie du champ scientifique par les modalités de son financement et de son évaluation, c’est sa normalisation par la mise en œuvre, en son propre sein, des normes du marché et de la logique concurrentielle. On aurait tort de croire en effet que l’hétéronomie, terme qui traduit exactement « l’autonomie » promue par les réformes, s’impose par la seule pression externe des marchés et des politiques qui en relaient les exigences. C’est de l’intérieur, par des normes dites d’excellence, par des dispositifs dits d’auto-évaluation, par la professionnalisation dogmatique des cursus, et évidemment par le contrôle du « transfert de la recherche au monde socio-économique » que se refaçonne le milieu universitaire, en entraînant le plus de monde possible dans cette logique afin que les enseignants et chercheurs contribuent par leurs propres conduites, poussés par la situation de concurrence et/ou de précarité qui leur est faite, à la fabrication de « l’entreprise » universitaire chargée de la production des connaissances utiles et rentables.

 

 

 

 

 

C’est sous cet angle qu’il faut lire la loi Fioraso qui met en musique le « modèle grenoblois » théorisé par Michel Destot et soutenu par la fraction pro-entrepreneuriale du parti socialiste et du gouvernement. Elle prolonge et même accentue très nettement la tendance en promouvant ce que M. Destot appelle l’« écosystème de l’innovation reposant sur le triptyque université/recherche/industrie ». C’est également sous cet angle qu’il faut analyser désarroi, désabusement et colère d’une grande partie du milieu. La liste des maux ne suffit sans doute pas à cerner leur cause. Si les conditions objectives se détériorent, il faut tenir compte aussi des agressions subjectives subies par les professionnels, des conflits éthiques dans lesquels ils sont sans cesse placés, des injonctions et des obligations qui les mettent en contradiction avec eux-mêmes. Pour le dire d’un mot, la régulation néolibérale du champ de la connaissance ne peut qu’abîmer le « cœur » du métier, c’est-à-dire les valeurs collectives partagées qui donnent à chacun le sentiment que son travail et sa vie ont un sens qui dépasse les intérêts et les conforts personnels. Ce sont, je crois, ces subjectivités blessées qui rendent encore plus insupportable la dégradation des conditions objectives.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 06:20

Ouvrier, dessinateur industriel, André Gérin fut maire et député communiste de Vénissieux, banlieue ouvrière de Lyon. Il en choqua certains en déclarant en 2011 que « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui, c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, exploiter, exclure, ghettoïser (...) Aujourd’hui, limiter y compris l’immigration régulière devient vital, face à une situation explosive dans des centaines de villes populaires. C’est la seule manière d’endiguer le FN. »

 

Ci-dessous, une longue lettre adressée à Pierre Laurent. Ce texte a le mérite de nourrir un débat qui risque malheureusement d'être central lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2017. Pour Gérin, si l'on ne veut pas ouvrir un boulevard idéologique au FN, il est des réalités très objectives (ce que sont devenus certains territoires de la République) devant lesquelles il ne faut pas se voiler la face.

 

 

 

 

Le 2 décembre 2015, j'ai adressé un courrier à Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, après que j'aie pris connaissance du communiqué de presse du PCF, diffusé aux lendemains des attaques terroristes de Paris et Saint-Denis.

André Gerin

Cher Pierre,

Y a-t-il oui ou non un ennemi intérieur ? Comment combattre l’idéologie islamiste ? Deux questions qui appellent des réponses.

J’ai pris connaissance de la déclaration du Parti communiste du 17 novembre 2015, en réaction aux attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis. Si je suis stupéfait de la première partie et si je partage pour l’essentiel, les points de vue qui sont exprimés à propos de la situation géopolitique, je lis avec saisissement cette affirmation pour le moins tranchée :

« Nous récusons la notion « d’ennemi de l’intérieur »».
A la lecture de ces quelques mots qui en disent long, je pose les questions suivantes : Comment des enfants français sont-ils devenus des terroristes, des kamikazes et des assassins ? Où cela se passe-t-il et qui bourre le crâne de nos gamins ? Or, depuis les années 1990, l’islamisme, l’idéologie salafiste, les wahhabites et les frères musulmans gangrènent la France et la société française. Je rappelle que le djihad a été mis à jour depuis cette période.

Dans cette déclaration, j’ai relevé trois points importants qui nécessitent un débat :


1. « Pour nous communistes, pas d'équivoque : toute forme de stigmatisation ou de suspicion dans notre pays à l'égard des musulmans doit être condamnée avec fermeté et détermination.»

- Ce à quoi je réponds : « Oui, il faut sortir de l’équivoque. En premier lieu pour démontrer que ce sont les islamistes qui stigmatisent les musulmans et instrumentalisent l’islam spirituel ».

- « Toute agression physique ou verbale raciste et xénophobe ne peut être considérée que comme une agression contre tout le peuple français.»

- Pour ma part, il est plus que jamais nécessaire de clarifier les positions du PCF, notamment à propos du racisme anti-blanc et anti France dont on ne parle jamais ; alors que c’est une notion qui est reconnue. Des territoires de notre pays deviennent invivables pour des populations contraintes de partir si elles le peuvent…
- « Cette authentique unité nationale populaire ne peut se construire que si notre pays affronte toutes les inégalités, discriminations, dominations, racismes et injustices qui le rongent de l’intérieur.»

- Je pense que cette analyse est non seulement insuffisante mais au demeurant, elle ne prend pas en compte tout ce qui s’est produit depuis les années 1990, le basculement de jeunes français qui deviennent des talibans et s’en prennent à la France des Lumières et de la Révolution de 1789. La progression de l’idéologie salafiste, l’enfermement et l’endoctrinement observés et réellement établis, y compris dans la sphère scolaire, se sont ancrés dans certains territoires autour d’imams autoproclamés, de prédicateurs tels que Tariq Ramadan, qui a investi l’agglomération lyonnaise avec des soutiens de gauche et d’extrême-gauche.

 
Khaled Kelkal et les attentats de 1995


Je vais concentrer mon propos sur ce qui s’est passé en France, en revenant sur cette période. C’est indispensable pour comprendre ce qui nous arrive.

La guerre civile en Algérie a eu d’énormes conséquences sur le territoire national du fait, d’une part, de la posture de François Mitterrand et du PS vis-à-vis du Front islamique du salut (FIS), aux portes du pouvoir. Il fallait le ménager ! D’autre part, des membres du Groupe islamiste armé (GIA) sont arrivés en masse dans les banlieues françaises. Pour rappel : les attentats de 1995.

Khaled Kelkal est abattu en septembre 1995 dans cette même région lyonnaise. Son nom est cité dans l’attentat du RER Saint-Michel. C’est lui aussi qui a déposé une bombe devant l’école juive de Villeurbanne. 14 personnes sont blessées. Grâce au feuilleton médiatique de son exécution en direct, Khaled Kelkal est devenu un héros. Or, l’Union des Jeunes Musulmans (UJM) a toujours contesté son islamisme alors qu’il était effectivement membre du GIA. Or, le discours que l’on nous ressasse aussi bien pour Khaled Kelkal que pour Mohamed Merah beaucoup plus tard est le suivant : « c’est la faute au racisme institutionnel, au colonialisme ». En d’autres termes, l’État français serait donc responsable d’avoir laissé se développer les pratiques radicales et terroristes de certains musulmans.

Ce qui se passe en France est directement lié aux questions internationales à travers le rôle d’Al Qaïda et l’attaque du World Trade Center à New York le 11 septembre 2001. Tout s’accélère alors : les défis changent d’échelle.

Depuis, la situation a évolué de manière très inquiétante. La violence est devenue la norme et l’émeute est devenue la règle. De telle sorte que le harcèlement contre la police s’intensifie, les pompiers sont régulièrement pris à partie, les bâtiments publics sont la cible des destructeurs. Des gamins de 8/10 ans sont encouragés à caillasser régulièrement. D’autres, agissent la nuit en bandes avec des adultes, et utilisent pierres et pavés comme projectiles. Nous avons bien compris que « ces actes sont spontanés » (sic).

Nous observons, c’est certain, une montée de la haine de la France, de l’antisémitisme, du racisme anti-blanc qui se traduit par des harcèlements quotidiens dans les bas d’immeubles.

En janvier 2002, deux garçons originaires de Vénissieux se retrouvent emprisonnés à Guantanamo après être passés par les camps d’Al Qaïda en Afghanistan. L’armée américaine les a capturés en octobre 2001 au Pakistan.

 

L’imam Benchellali et les réseaux islamistes


Quant à moi, j’ai déjà voulu savoir qui bourre le crâne de nos gamins, qui sont les têtes de réseaux. En ma qualité de député, j’ai mis tout en œuvre pour que Nizar Sassi et Mourad Benchellali soient rapatriés et jugés par la justice française. Ce qui ne sera effectif qu’après plus de 30 mois d’interventions. A propos du camp de Guantanamo, je me suis heuré à l’indifférence générale de la classe politique. Ce sujet, d’une extrême gravité, me bouleverse. Ces deux gamins du même quartier, sont parfaitement intégrés et travaillent normalement. Ils n’ont rien à voir avec des jeunes paumés.

Avec le recul nécessaire, je prends conscience que le quartier où vivaient ces deux jeunes hommes, une guerre culturelle avait été menée par l’imam Benchellali. Avec ses prêches orientés, il avait non seulement pourri le quartier mais il était certainement allé au-delà. Il a participé aux réseaux islamistes tchétchènes. Je rappelle qu’il était connu depuis 1994 par les renseignements généraux pour ses prêches radicaux. Heureusement, il sera finalement expulsé de France pour « association de malfaiteurs en association avec une entreprise terroriste ». Cette situation montre à quel point les mosquées des caves et des bas d’immeubles constituaient et constituent toujours des lieux où se développent l’idéologie islamiste dont le salafisme qui peut mener au djihad.

Un autre exemple, on-ne-peut-plus explicite, au vu de l’actualité de 2015, est celui de l’imam Bouziane. Cet imam était considéré comme le chef spirituel des groupes salafistes en France. Il s’installe à Vénissieux en 2003 alors que pèse sur lui un arrêté d’expulsion émis par les autorités françaises. Il prononce alors des discours dans lesquels il prône la lapidation des femmes. Il y fait aussi l’apologie du racisme anti-blanc et anti-juif et déverse sa haine de la République.

 

2004 : expulsion de l’imam Bouziane


Dès avoir pris connaissance de la situation, j’ai dénoncé ses propos. Il sera expulsé pour « appeler ouvertement à la violence et à la haine. Apparaissait comme le principal vecteur de l’idéologie salafiste dans la région Lyonnaise, en lien avec des éléments très déterminés de la mouvance intégriste islamiste, en relation avec des organisations prônant des actes terroristes ». J’ai obtenu son expulsion en avril 2004. Pourtant, le Recteur de la Mosquée de Lyon s’est interposé et a présenté cet imam comme une personne respectable sous tous rapports. Lorsque j’ai entamé mes démarches pour le faire expulser, ce même Recteur m’a critiqué de manière virulente, dans une interview au journal Le Progrès du 30 avril alors que les autorités savaient pertinemment que l’imam Bouziane prononçait des prêches violents et exerçait un travail de taupe dans plusieurs quartiers des Minguettes (22 000 habitants).

 

Les émeutes de 2005 et les germes de guerre civile


Revenons aux émeutes de l’automne 2005. Ces trois semaines nous ont donné l’impression d’un début de guerre civile. Le Président Chirac décidait au bout de deux semaines d’émeutes, d’instaurer l’état d’urgence en France. 800 communes étaient concernées. Ces violences urbaines représentaient un changement de nature par rapport à celles que nous avions connues jusque-là. Le 30 octobre 2005, huit jours après la mort accidentelle de deux jeunes, qui, poursuivis par la police, s’étaient réfugiés dans un transformateur électrique, une grenade éclatait à proximité de la mosquée de Clichy-sous-Bois. Dès lors, la situation bascule. Les trafiquants de drogue et d’armes, au côté des fondamentalistes religieux instrumentalisent la colère et l’émotion. Le nombre de voitures incendiées est spectaculaire, mais aussi les cibles multiples visant directement les symboles de la République, avec la multiplication de menaces précises et répétées sur les bâtiments publics, les gymnases, les bus, les écoles.

Ces événements se déroulent sur fond de haine de la France et se reproduisent lors des émeutes de Villiers-le-Bel en novembre 2007, puis de Grenoble en juillet 2010, d’Amiens en août 2013 et des quartiers nord de Marseille de manière récurrente, pour ne citer qu’eux. On dénombre dans plusieurs cas, des tirs à balles réelles contre la police.

Il en est de même pour les attentats terroristes qui ont frappé la rédaction de Charlie-Hebdo en janvier 2015 et la supérette Casher avec déjà un lourd bilan puisque 17 personnes ont froidement été exécutées. La tentative d’attentat avorté à Villejuif le 19 avril 2015, celle de m’usine chimique de Saint-Quentin-Fallavier en juin, qui s’est soldée par la décapitation d’un homme, tout comme le projet d’attentat du Thalys le 21 août 2015…

Il serait donc temps de poser un diagnostic sur cette réalité. Les bien-pensants et les ultragauche cherchent à nous convaincre qu’il s’agit de la réaction « de jeunes humiliés » et que leur djihad se serait rien de plus qu’une révolte identitaire doublée d’une révolte adolescente. Les responsables politiques que nous sommes auraient-ils ignoré des revendications sociales ou des sollicitations politiques ? Je ne le pense pas puisqu’elles n’ont pas d’existence. En revanche prolifère le discours anti occidental, anti français, anti juif, anti police... Il est porté par des Français issus de l’immigration et protégés par les tenants d’une culture de l’excuse qui, misant exclusivement sur le social, ignorent tout de la dimension culturelle de ces évènements, prises de position et passages à l’acte. Pour eux, être Français issu de l’immigration est forcément être une victime, et en particulier une victime du colonialisme. Parallèlement, nombreux sont ceux qui feront silence sur les multiples conversions à l’islam (plusieurs dizaines de milliers, 60 000 disait-on déjà en 2006). Ce sont ces jeunes hommes et femmes que l’on retrouvera en nombre en milieu djihadiste de l’État islamique. Des réalités connues de la police et du renseignement et qui sont aujourd’hui pain béni pour le Front national.

 

L’islamisme remet en cause la paix civile


L’évolution de la société française montre à quel point le communautarisme venu de l’islam politique met en péril la paix civile en France. La rupture sur fond de violences urbaines, est consommée : voitures brûlées, attaques contre la police, les pompiers, les personnes physiques en première ligne comme les médecins, les facteurs, les agents des télécoms, les gardiens d’immeubles… Les grandes enseignes ne sont pas en reste pour exercer une forme de ségrégation en refusant de livrer dans certains quartiers.

L’islamisation radicale des jeunes générations est en marche, c’est une évidence, et c’est ce que montrent plusieurs études culturelles. D’autres paramètres entrent en ligne de compte comme l’homophobie, l’endogamie, la défense de la virginité avant le mariage, la brutalité envers les filles, l’antisémitisme et le sexisme dans les banlieues. Le salafisme joue un rôle prépondérant quant à la surveillance des tenues vestimentaire et de la séparation rigoureuse de l’homme et de la femme. C’est un défi lancé aux normes laïques, et c’est au nom de ce fondamentalisme que se développe une violence sans limites dans une guerre livrée à la société française. Tout compromis avec les idéaux modernes est rejeté. Alors, la charia s’impose dans certains territoires.

Il faut pourtant le dire haut et fort : oui, une partie des Musulmans s’est radicalisée au rythme d’un communautarisme exacerbé par l’abandon par l’État, de territoires entiers, transformés en ghettos sociaux voire ethniques, ce que j’appelle les ghettos de la République.

Nombre de ces jeunes ont le sentiment que la société les méprise, qu’ils sont de trop. Dès lors, les prêches messianiques des gourous islamistes donnent un sens à leur vie. Au final, ils développent un racisme anti occidental, anti français et anti-juif. En définitive, la société paie l’abandon dont elle s’est rendue coupable à l’égard de ces quartiers et de ces populations. Une jeunesse a été ghettoïsée, abandonnée, enfermée dans une misère endémique. Avec un chômage de masse (et des taux qui peuvent atteindre 50 %), son seul horizon est le « no-futur ». Le mal être et l’incompréhension dominent, la haine de la France aussi, une haine qui sert de fonds de commerce au FN. De surcroit, toutes celles et ceux de confession musulmane qui adhèrent pleinement à la Nation française et à la République et qui souhaitent pratiquer leur foi en toute sérénité vivent un véritable drame car ils sont montrés du doigt, victimes d’un odieux amalgame.

 

 

 

 
Des jeunes radicalisés deviennent la proie des salafistes


L’islam instrumentalisé met en avant une revendication ethno-religieuse portée par des jeunes radicalisés devenus la proie des salafistes. Il est mortifère de ne pas le combattre, tout comme ne pas dénoncer les raisons des violences urbaines répétées dont la nature communautaire est évidente. Ce sujet n’est pas un fait divers, il n’y a là rien de spontané mais tout, au contraire, d’un rituel qui presque chaque jour désormais donne lieu à des violences sinon à des émeutes. Notre société renferme des germes de guerre civile, et nous pourrions rapidement y basculer un jour.

Dans ces conditions, on peut se demander si les Français d’origine étrangère ne pourraient pas eux aussi finir par être sensibles à la propagande pro-islamiste. Après tant d’échecs de nos politiques, devant l’inévitable dégradation de leurs conditions de vie due essentiellement au chômage, et devant la montée d’une forme de racisme social et de mal vie, les Français d’origine sont de plus en plus réceptifs aux slogans du FN.

Le combat contre l’idéologie islamiste est indispensable dans notre pays. Il nous faut intervenir pour libérer les territoires des trafics de drogue et d’armes, des mafias et des fondamentalistes, pour rétablir les libertés et les droits essentiels de notre République.

 

Avec les communistes, un débat national s’impose


L’ouverture d’un débat national examinant de manière attentive tous les événements qui se sont déroulés depuis plus de 20 ans, est incontournable.

Je vais sans doute me répéter mais j’estime qu’aujourd’hui, tous les ingrédients d’une guerre civile sont réunis. Or, nous ne voyons que la partie émargée de l’iceberg. Pour ce qui me concerne, il est clair que l’ennemi intérieur est l’islamisme. Il y va de l’avenir de la France républicaine, sociale et laïque. Nous avons une guerre idéologique à mener. Le PCF a un rôle majeur à tenir comme il l’a déjà fait par le passé, lors de moments décisifs pour la France.

Cher Pierre, en tant que communiste, j’ai bien conscience que l’opinion et les convictions que je défends sont très éloignées des discours et orientations stratégiques du PCF. Je sais également que mes propos vont choquer. J’assume.

Il est grand temps pour le PCF d’en finir avec les tabous. Nous devons faire en sorte de renouer avec les attentes populaires et ne laisser aucun espace au Front national et à Marine le Pen.

Reçois, Cher Pierre, mes fraternelles salutations.

 

André GERIN



NB : En 2007, est paru mon livre Les ghettos de la République dans lequel je fais 13 propositions pour en finir avec les ghettos de la misère.


J’ai présidé la mission d’information parlementaire sur le voile intégral qui a débouché sur une loi d’interdiction du port du voile intégral dans l’espace public, en octobre 2010.

 

 

SOURCE : le blog d'André GERIN

 

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 06:39

Idéologiquement parlant, cette publicité est une petite abjection.

 

L’agence de recrutement Proman (à noter le machisme dans ce domaine : « Manpower »), dont la devise, est « Un esprit libre » possède plus de 250 agences en France (3 à Lyon) et se trouve être le recruteur officiel de l’Euro 2016. Selon sa communication, elle pilote « 26 000 intérimaires en mission chaque jour » (son vivier est effectivement constitué principalement d’intérimaires à qui elle ne fournit pas un « emploi » mais qu’elle envoie en « mission »), ce qui la hisse au rang de « 5ème acteur Français sur le marché du travail temporaire et du recrutement CDD/CDI ».

 

Même si Proman (dire : “ Promanne ” ?) entend soutenir la cause des femmes, des handicapés et des personnes issues de la diversité, cette société se situe clairement du côté des employeurs :

 

« Entreprises, Proman est à vos côtés pour vous fournir les solutions qui répondront à l’ensemble de vos problématiques RH : besoins en personnel intérimaire, recrutement CDD/CDI, démarche RSE.

 

Nous mettons également tout en œuvre pour vous apporter les réponses adaptées à vos exigences en termes de souplesse et de flexibilité. »

 

 

Notons la prétention du vocabulaire (« problématiques » au lieu de « problèmes »), la lourde insistance sur la priorité donnée à l’intérim, les réponses aux « exigences » des employeurs face aux travailleurs qui seront « souples » et « flexibles » (quelle est la différence entre ces deux concepts ?).

 

Et puis, il y a cette phrase très ambiguë, aux limites de la compréhension :

 

« Responsable, Proman a développé une méthodologie de travail qui vise à prendre en compte la dimension des risques sociaux, juridiques, techniques et financiers auxquels peuvent être exposés les intérimaires engagés dans leurs missions auprès de nos clients. »

 

Toujours la prétention du vocabulaire (« méthodologie » au lieu de « méthode ») dans une phrase où il est clairement postulé que les « clients » sont les employeurs et non les employés, et où le rôle de Proman est celui d’un facilitateur face aux risques multiples auxquels sont exposés les chargés de « mission », des risques fatalement occasionnés par les employeurs.

 

Et puis il y a cette photo ignoble de roi des cons hilare. Fini les emplois, place aux jobs. Cette substitution est fortement idéologique. L’anglicisme « job » s’est répandu en France au milieu du XXe siècle. Il ne s’agit pas du tout d’un vrai travail dans le cadre d’une vraie relation employeur/employé. D’ailleurs, en anglais (à l’origine car les « Job Centres » ont changé la mise), un job est une petite besogne : « I have a job for you, could you do the washing up ? » = j’ai un petit travail pour toi, peux-tu faire la vaisselle ? Dans le français d'aujourd'hui, un « job » est donc un boulot – certes rémunéré – que seuls les … jobards, considèrent comme un  véritable métier.

 

Il n’y a pas si longtemps, on parlait de « gagne-pain », de « turbin », de « petit boulot », d’« emploi saisonnier ». Mais depuis que s’est répandue l’horrible méthode (méthodologie ?) du « job dating » (de « dating », rendez-vous galant, mais l'emploi n'est qu'amour), un entretien d’embauche limité à 10 minutes, les travailleurs doivent non seulement se contenter d’une relation de travail express, mais en plus ils doivent accepter cela comme le fin du fin, comme la limite indépassable de la félicité béate.

 

 

 

Poile-toi, jobard !
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