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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 15:46

 

 

 

http://astrologie-autrement.com/wp-content/gallery/galerie_celebrites/hollande.jpg

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 08:06

http://journaldesgrandesecoles.com/wp-content/uploads/112-Ignacio_Ramonet-e1316632272169-240x300.jpgPour Mémoires des luttes (link)

"La meilleure forteresse des puissants,c’est l’inertie des peuples."
Machiavel


Comme un sentiment d’étouffement. C’est ce que ressentent, dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE), de nombreux citoyens étranglés par tant de restrictions, de réductions et de coupes claires. Un sentiment accentué par la constatation que l’alternance politique ne modifie pas la "fureur austéritaire [1]" des gouvernants.

En Espagne, par exemple, la société avait été durement brutalisée par les remèdes de cheval ordonnés, dès mai 2010, par le président du gouvernement (socialiste) José Luis Rodriguez Zapatero. Aussi, lors des élections législatives du 20 novembre dernier, Mariano Rajoy, candidat du Parti populaire (PP, conservateur), promit-il le "changement" et le "rétablissement du bonheur". Rien de moins. Mais dès le lendemain de son élection, la hache à la main, il se lança à son tour dans la plus dévastatrice destruction d’acquis sociaux de l’histoire d’Espagne.

On peut citer d’autres exemples, le Portugal notamment. Dans ce pays, en juin 2011, après avoir imposé quatre programmes très impopulaires de "discipline fiscale" et avoir dû se soumettre à un "plan de sauvetage" de la "troïka" [2], le premier ministre socialiste José Socrates perdit logiquement les élections. Bien qu’ayant violemment critiqué les mesures d’ajustement des socialistes, le nouveau premier ministre conservateur, Pedro Passos Coelho, affirma pourtant, dès son élection, qu’il respecterait les exigences de l’UE et appliquerait "une dose encore plus forte d’austérité"... [3]

A quoi servent alors les élections si, dans des domaines essentiels - les questions économiques, financières et sociales -, les nouveaux gouvernants font la même politique que leurs prédécesseurs ? Comment ne pas en venir à douter du système démocratique lui-même ? Car chacun constate que, dans le cadre de l’UE, il n’y a pas de contrôle citoyen sur toute une série de décisions qui déterminent la vie des gens. Et que les exigences - considérées comme prioritaires - des marchés, des agences de notation ou des spéculateurs limitent sérieusement les principes de base de la République [4]. Trop de gouvernants (de droite comme de gauche) sont désormais convaincus que les marchés ont toujours raison, quelles qu’en soient les conséquences pour les citoyens. A leurs yeux, les marchés sont la solution, c’est la démocratie le problème.

Les gens sont de plus en plus convaincus qu’il existe, au sein de l’UE, une sorte d’ "agenda caché", dicté par les marchés, avec deux objectifs concrets : 1) réduire au maximum la souveraineté des Etats (en matière budgétaire et fiscale) ; 2) démanteler ce qui reste de l’État providence (pour transférer au secteur privé éducation, santé et retraites). Preuve de l’existence d’un tel "agenda", les récentes déclarations de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE) : "Le modèle social européen est mort - affirme-t-il - et quiconque ferait marche arrière dans la réduction des budgets sociaux serait immédiatement sanctionné par les marchés... Quant au Pacte budgétaire européen [5], il s’agit en réalité d’une avancée politique majeure parce que, grâce à ce Pacte, les Etats perdent une partie de leur souveraineté nationale [6]." Impossible d’être plus clair.

En fait, nous vivons sous régime de despotisme éclairé. Telle qu’elle fonctionne, la démocratie se définit moins par le vote ou la possibilité de choisir que par le respect obligatoire de règlements et de traités (Maastricht, Lisbonne, MES [7], Pacte budgétaire...) adoptés depuis longtemps ou en voie de ratification dans l’indifférence quasi générale. Ces textes sont devenus de véritables "prisons juridiques" d’où s’évader devient quasiment impossible.

A quoi cela sert-il donc de voter si nous sommes condamnés à élire des gouvernants dont la mission se borne à appliquer des consignes et des traités définis une fois pour toutes [8] ?

Nous avons sous les yeux un cas de "dissimulation démocratique" : celui précisément du Pacte budgétaire européen. Pourquoi n’y a-t-il pas un large débat public sur le contenu de ce Pacte (actuellement en voie de ratification dans le huis clos parlementaire) qui va conditionner notre vie ? Même chose pour le Mécanisme européen de stabilité (MES), dont il dépend. Ces deux dispositifs constituent pourtant des attaques frontales contre les droits des citoyens. Ils contraindront pour toujours les pays signataires, dont la France, à réduire encore le périmètre de l’Etat (en matière de budgets sociaux, d’aide aux services publics ou de montant des pensions de retraite). Ils placeront sous l’autorité de l’UE les politiques budgétaires des Etats membres. Et raboteront les compétences des Parlements nationaux, transformant parfois des pays en crise en simples protectorats européens [9].

Peut-on sortir de cette "oppression austéritaire" ? L’élection présidentielle française ouvre peut-être des perspectives. Non pas en raison des millions d’électeurs qui, exaspérés ou désespérés, ont voté au premier tour pour une extrême droite xénophobe. Mais parce que le candidat socialiste, François Hollande - favori selon la plupart des sondages - a promis à cet égard du "changement".

Conscient du fait que cette élection peut signifier une nouvelle donne pour l’Europe, Hollande réclame d’ajouter au Pacte budgétaire un volet de mesures en faveur de la croissance [10]. Il demande également que la BCE prête directement aux Etats en difficulté (et pas aux banques privées) pour ouvrir au plus vite le chemin du redressement. Il propose aussi le financement d’infrastructures par des euro-obligations spécifiques (project bonds), le renforcement de la Banque européenne d’investissement (BEI), une véritable taxe sur les transactions financières (taxe Tobin), et la réaffectation des fonds structurels européens non dépensés.

Même si ces demandes sont minimales, certainement insuffisantes et toujours accompagnées d’un discours ambiguë sur la « flexibilisation du marché du travail » et sur la « modération sociale », Hollande égratigne le dogme établi par la chancelière allemande Angela Merkel et la Bundesbank, à l’origine des politiques d’ajustement de l’UE. Le socialiste français a par ailleurs averti que, s’il est élu et si l’Allemagne n’accepte pas de renégocier le Pacte budgétaire (et sans doute le MES), Paris ne le ratifiera pas. C’est un changement non négligeable, si on compare cette position à l’attitude de soumission de Nicolas Sarkozy, décrit par une partie de la presse internationale comme "le chef d’Etat français qui a le plus cédé à l’Allemagne depuis Pétain [11]".

Mais comment les marchés réagiront-ils si, une fois élu, Hollande maintient son idée de stimuler à tout prix la croissance ? Deux scénarios sont possibles. 1) La spéculation, comme Mario Draghi l’annoncé, se déchaîne et attaque immédiatement la France [12] ; Hollande fait marche arrière, finit par céder devant les marchés comme ses amis sociaux-démocrates Zapatero, Socrates et Papandréou, et, comme eux, il devient le dirigeant de gauche le plus détesté de l’histoire de France.

2) Persuadé que, au sein de l’UE, rien ne peut se faire sans la France, deuxième économie de l’eurozone (et cinquième du monde), Hollande maintient sa position et engage l’épreuve de force. Il décide de s’appuyer sur la mobilisation des forces populaires (à commencer par celles, enthousiastes, rassemblées autour du Front de gauche) et reçoit alors le soutien - implicite ou explicite - de plusieurs gouvernements européens (de gauche comme de droite) également partisans de politiques de relance et de croissance. L’Allemagne et la Bundesbank cèdent. La spéculation bat en retraite. La volonté politique l’emporte. Prouvant que, dans une démocratie, quand cette volonté rejoint le mandat du peuple, nul objectif n’est hors de portée.

 

NOTES

[1] Lire Christophe Ventura, "Dettes souveraines, mécanisme européen de stabilité, pacte budgétaire. L’Europe dans la mâchoire austéritaire", Mémoire des luttes, http://www.medelu.org/Dettes-souveraines-mecanisme.

[2] La "troïka" est constituée de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

[3]  Jornal de Noticias, Lisbonne, 29 février 2012.

[4] Lire Bernard Cassen, "La honte", Mémoire des luttes, 
http://www.medelu.org/La-honte.

[5] Promu par l’Allemagne, le Pacte budgétaire européen ou Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG), a été signé le 2 mars 2012 à Bruxelles par 25 Etats de l’UE (le Royaume Uni et la République tchèque n’ayant pas accepté d’y souscrire). Ce Pacte oblige chaque pays signataire à inscrire dans sa Constitution une limite – la fameuse « règle d’or » - au déficit public fixée à 0,5% du produit intérieur brut, et prévoit de lourdes sanctions contre les Etats qui dépasseraient les 3%. Son entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2013. Dans tous les pays, il est prévu une ratification par les Parlements nationaux. Seule l’Irlande, pour des raisons constitutionnelles, a prévu de l’adopter par referendum (le 31 mai 2012). Aux Pays-Bas, le gouvernement néerlandais, l’un des plus fermes partisans de la discipline fiscale, est tombé le 23 avril faute d’appui suffisant à la Chambre basse de La Haye pour voter un plan d’économies indispensable pour atteindre le déficit de 3% voulu par Berlin.

[6]  The Wall Street Journal, New York, 24 février 2012.

[7] Mécanisme européen de stabilité, organisme intergouvernemental créé par le Conseil européen (les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE) en mars 2011. Il entrera en vigueur le 1er juillet 2012. Il remplace le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF).

[8] Lire Christophe Deloire et Christophe Dubois, Circus politicus, Albin Michel, Paris, 2012.

[9] Lire Ignacio Ramonet, "Nouveaux protectorats", Le Monde diplomatique en español, mars 2012.

[10] Depuis, d’autres gouvernants, dont Mario Monti en Italie et Elio di Rupo en Belgique, ont également réclamé des assouplissements et des mesures favorisant la croissance. Le président de la BCE, Mario Draghi a lui aussi plaidé, devant les eurodéputés, mercredi 25 avril à Bruxelles, en faveur d’un "pacte de croissance" (growth compact). Mais derrière l’expression "pacte de croissance", le président de la BCE entend surtout la mise en place de ce qu’il appelle des "réformes structurelles", libéralisant davantage le marché du travail par exemple, et en aucun cas des mesures de relance par la dépense publique. De son côté, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annoncé, le 26 avril, que le Conseil européen des 28 et 29 juin pourrait être précédé d’un Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement consacré à la question de la croissance "principale priorité des dirigeants européens".

[11]  El País, Madrid, 26 avril 2012.

[12] Voir à cet égard cette vidéo de 10 minutes où un cadre influent de la finance spéculative mondiale s’explique avec franchise, le 19 mars 2012, sur un document qui aurait dû rester secret. Ce financier, Nicolas Doisy, « chief economist » de Cheuvreux, filiale mondialisée du Crédit Agricole, est interrogé par François Ruffin pour l’émission de Daniel Mermet, « Là-bas si j’y suis » (France Inter). Voici le lien :
http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2012/04/19/hollande-la-finance-et-langoisse-finale-du-banquier-227236

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 08:02

http://www.jeunesdemocrates33.fr/wp-content/uploads/2010/09/kouchner-300x292.gifCi-dessous un délicieux vade mecum pour les minutes qui suivront la victoire de François Hollande proposé par Rue 89 (en grande forme) :

 

 

 

 

 

Trouver Manuel Valls sympa et Laurent Wauquiez ambitieux – dans cinq ans ce sera l’inverse ;

 

rendre hommage aux victimes du sarkozysme, en particulier Faudel ;

 

apprendre à situer la Corrèze sur la carte de France ;

 

arrêter le jogging, tellement ancien régime ;

 

apprendre à écrire « Trierweiler » ;

 

s’entraîner à prononcer « Trierweiler » ;

 

cesser de s’engueuler avec les gens qui disent que Bayrou, ça se prononce « Baillerou » (ou l’inverse) ;

 

choisir votre camp : vous dites « hollandais » ou « hollandiste » ;

 

imaginer les jeux de mots de Libération les plus nuls pour les cinq ans à venir : « A la sauce hollandaise », etc ;

 

prendre rendez-vous chez votre notaire ;

 

chercher où vous avez planqué vos disques de Carla Bruni ;

 

si vous possédez un brin de plume, vous mettre à la rédaction de votre autobiographie : « Mes années Sarkozy », et contacter un éditeur ;

 

prévenir vos enfants que vous êtes est contre l’euthanasie pour vous-même ;

 

vous procurer le trombinoscope de la promotion Voltaire de l’ENA, les maîtres de demain y figurent ;

 

dégoter un char et un drapeau soviétiques et tenter de descendre les Champs-Elysées. Quart d’heure de célébrité assuré ;

 

si vous avez très peur, respirer profondément et répéter comme Jean-François Copé : « Je sens un engouement inouï. » ;

 

repérer la fréquence d’Europe 1, désormais radio d’opposition ;

 

ne pas vous raconter d’histoires : non, Ellkabach ne sera pas viré ;

 

faire signer un bail aux Maliens qui louent votre sous-sol ;

 

si vous êtes une femme, jeune, à la peau colorée, prendre contact avec un parti politique pour les législatives. Ils ont besoin de vous ;

 

rompre avec avec Philippe Val ;

 

devenir pote avec Stéphane Guillon ;

 

re-follower Nadine Morano sur Twitter ;

 

prendre contact avec les agences immobilières alsaciennes. Fessenheim va devenir « hype » et « safe » ;

 

glisser à vos amis que de toute façon, Martine Aubry, vous n’y aviez jamais cru ;

 

si vous n’avez pas confiance en vos proches, prévenir votre notaire que vous êtes profondément opposé à l’euthanasie 

 

enregistrer les derniers passages d’Audrey Pulvar à la télé ;

 

réserver une villa cool au cap d’Antibes pour fêter le départ de Sarkozy avec Jean-François Copé ;

 

savoir que Ridan se prononce comme Zidane ;

 

si vous êtes prof de droit, proposer vos services à Jean Sarkozy pour lui remettre le pied à l’université ;

 

creuser le trou de l’Urssaf en faisant 48 heures supplémentaires défiscalisées  ;

 

si vous avez plus de 40 ans et étiez plutôt de gauche en 81, ne pas commencer à raconter vos souvenirs de guerre ;

 

faire votre coming-out à vos parents (tout rentrera dans l’ordre, vous pourrez vous marier) ;

 

louer une garçonnière dans les quartiers des ministères (il s’en libère des dizaines par jour depuis quelques semaines) ;

 

vous avez toujours rêvé d’un jet personnel ? Air Sarko One sera bientôt en vente, Hollande préfère le train ;

 

si vous êtes la vendeuse de Kookai virée grâce à Nadine Morano, vous préparer à retrouver votre poste ;

 

préparer la playlist du 6 mai : Barbara (« Un homme une rose à la main » dans « Regarde ») et Gilbert Bécaud (« L’Important c’est la rose ») ;

 

acheter des places pour l’Euro en Ukraine et faire un tour sur un site de paris en ligne :

 

l’équipe de France de football est grande quand la gauche est au pouvoir (1982, 84, 86, 98, 2000) ;

 

faire vos courses pour ce dimanche. Au menu : caviar, ortolans, et carottes râpées ;

 

acheter un « Zipad » avant que la France ne tombe en faillite, comme la Grèce, l’Espagne, la France en 82, etc ;

 

répéter que vous tenez de la sœur de Moscovici que ça sera Montebourg à la Justice, et Le Drian à la Défense ;

 

découper les titres du Figaro tels que « Le gouvernement, courageux face au chômage et à l’opposition indigne » – ça ne se répétera pas d’ici au moins cinq ans ;

 

vous décider vite avant la fermeture des fleuristes : œillet ou rose ?

 

si vous êtes de droite, acheter du tatziki, du tarama et de la feta pour vous mettre au plus vite au régime grec ;

 

vous mettre à l’allemand. Si Jean-Marc Ayrault est Premier ministre, vous le comprendrez mieux. Et ça sert toujours ;

 

appeler Le Fouquet’s, réserver une table pour douze au nom de François H. ;

 

ne plus vous garer sur la place de vos voisins immigrés : bientôt, ils auront le droit de vote ;

 

 profiter de votre dernier week-end tranquille : tous vos amis homos vont commencer à se marier ;

 

penser à relever les noms de ceux qui seront absents au bureau lundi matin ;

éventuellement, aller voter.

 

Blandine Grosjean avec Baptiste Rossi et Mathieu Deslandes

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 13:57

http://4.bp.blogspot.com/-xbD5_C4dl2E/T0ohuhQQ7xI/AAAAAAAAGcc/hhNplF-fBRQ/s640/vérité5.jpgIl en va du Véritomètre (ce nouvel instrument au service des médias et des citoyens) comme des sondages : il peut se tromper à la marge, mais ses tendances lourdes sont dignes de confiance.

 

i-Télé s’appuie sur les travaux de vérification (le fact checking – on ne pense plus en français désormais) de la société OWNI (pour Objet Web Non Identifié)  pour donner des notes de crédibilité aux hommes politiques. OWNI se présente comme un laboratoire d’idées numérique (pardon : un digital think tank).

 

Chaque jour, en temps réel, OWNI a mesuré la crédibilité de six candidats à l’élection présidentielle en vérifiant chacune de leurs déclarations. À la minute où j’écris ces lignes, le classement est le suivant :

 

En tête, Jean-Luc Mélenchon (je n’y peux rien) avec 63,3% (malgré la photo hideuse du candidat du Front de gauche placée par OWNI sur son site). Puis :

Eva Joly : 58,7%

François Hollande : 55,3%

Nicolas sarkozy : 46,3%

Marine Le Pen : 44,9%

François Bayrou : 44,7%

 

À noter que le Véritomètre sanctionne toute erreur, même si elle est commise dans le bon sens. Ainsi, lors du débat Hollande/Sarkozy, le candidat PS a reproché à Sarkozy d’avoir supprimé 80000 postes dans l’Éducation nationale. De fait, il en a supprimé plus de 100000.

 

Deux remarques : le candidat qui se veut le plus moral de la bande (Bayrou) est celui qui commet – sciemment ou non, c’est un autre débat – le plus d’erreurs. Par ailleurs, la gauche est largement plus précise, plus véridique, donc plus crédible que la droite.

 

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:44

 

http://4.bp.blogspot.com/-Qxb1nMpKBbw/TsFvLMlRhvI/AAAAAAAABi0/bfYnemjhiok/s1600/censure1.jpgDans une autre vie, j’ai été censuré par nouvelobs.com. Je n’y reviens pas. Si, une petite seconde, tout de même. Les godelureaux et godelurettes qui gèrent ce site m’avaient appliqué la censure de Marcellin sous Pompidou contre Charlie Hebdo : une mesure perverse qui consistait, non pas à me censurer complètement, mais à m’interdire d’affichage. La lisibilité de mes écrits en fut donc considérablement amoindrie. Du jour au lendemain, je suis passé de 8 à 900 lecteurs à environ 250.

 

Dans un livre que j’ai publié il y a une bonne décennie – sur la censure justement (on est jamais aussi bien servi que par soi-même), j’écrivais ceci :

 

« Le censeur n’interdit pas au nom d’une règle précise, sinon il serait facilement attaquable. Il ne situe pas clairement les limites du dit, il se cantonne à l’essence des choses, l’au-delà de l’énonciation ou de la création, et il parle au nom d’un sujet jamais franchement posé. Il prétend se situer hors de l’Histoire, hors de l’énoncé des lois. Il ne juge pas au nom de ce qui est légal ou illégal, mais en fonction de ce qui est à ses yeux acceptable ou inacceptable. Ce faisant, il pense et dit agir dans l’intérêt de la communauté qu’il protège contre toute conduite scandaleuse réelle ou à venir. »

 

En termes plus prosaïques, je dirai que la censure est à la fois un scandale et une bêtise. J’en offre dans ce qui suit un nouvel exemple. Une de mes amies vient de se faire gronder pan-pan cucul par les godelureaux et godelurettes de nouvelobs.com. Cette personne est une vaillante septua, qui n’a certes pas sa langue dans sa poche, mais qui, comme les gens de sa (donc ma) génération, s’exprime avec retenue et ne laisse guère déraper la souris de son ordinateur sur le tapis afférant. Dans un commentaire sur l’élection présidentielle en cours, elle exprime qu’il n’est pas question pour elle de voter pour Sarkozy, « qui nous a fait tant de mal », dit-elle :

 

« Je suis allée voir ce que signifiait le “ syndrome de Stockolm ”, ouf, je suis rassurée ; n'en étant pas atteinte, je ne voterai pas pour celui qui nous a fait tant de mal. »

 

Il se trouve qu’un ouvrier du bâtiment de sa connaissance, payé trois francs six sous, couvert de dettes (crédits revolving) et  qui a donné son suffrage au  FN, se prépare à voter pour Sarkozy ou, au pire, blanc ! "Mais pourquoi ? lui demande-t-elle ? Ben , j'aime pas Flamby ". Pauvre cervelle que 20 ans de télé-réalité a réduite à la portion congrue !

 

Mon amie septua s’interroge donc, sur le site du nouvelobs.com :

 

« Il n'en est pas de même hélas pour d'autres victimes, prêtes à reconduire au pouvoir celui qui se dit capable de les délivrer d'un péril pire que celui dans lequel il les a lui-même jetées. Tout s'embrouille dans leur tête. Sont-elles masos  ?  Moi , je renonce à  les comprendre, en ce qui me concerne :  quand on me frappe sur la joue droite , je ne tends pas la gauche  mais rends le coup ! Et puis ....j'en ai ma claque. »

 

On qualifiera cette réaction de passionnée, mais surtout de politique, au vrai sens du terme. Les godelureaux et godelurettes ont envoyé à notre vaillante septua le sermon (il n’y a pas d’autre terme) suivant :

 

« Nous tenons à vous assurer que nous faisons tout notre possible pour accepter le plus grand nombre de messages et que tous nos modérateurs sont tenus à une stricte obligation d'impartialité. La neutralité de leur analyse est d'ailleurs régulièrement vérifiée par un superviseur.

 

Toutes les opinions sont acceptées dans la limite des règles définies dans la charte éditoriale et sous réserve de les exprimer de manière courtoise, argumentée, et sans agressivité.

 

Le motif de retrait de votre participation est : Prosélytisme religieux. La charte du site n'autorise pas les contenus (textes, images, vidéos) publiés à des fins de prosélytisme religieux ou sectaire.

 

Il est autorisé de débattre autour des religions, d'en donner des appréciations positives ou de revendiquer son appartenance à un mouvement religieux. En revanche il n'est pas permis de conseiller de façon insistante de rejoindre un mouvement, ou de fournir des indications précises permettant  de le faire ou de tenter de convaincre les autres utilisateurs des bénéfices de sa religion. »

 

« Prosélytisme religieux ! » À la lecture de ce sermon, je crois pouvoir dévoiler un scoop de première importance : Jean Daniel est mort. Le problème est que cet homme était tellement content d’être Jean Daniel qu’il a interdit à son entourage privé et professionnel de divulguer l’info. Je suis sûr de ce que j’avance. Sinon, comment expliquer le capharnaüm, la zone de non-droit, qu’est devenu nouvelobs.com ?

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 05:26
 
http://www.medioscomunitarios.org/img/TitoNehruNasser.jpgMerci à Pierre Verhas (link) de me transmettre ce lien.
 
Nous sommes en Egypte, en 1953, il y a près de 60 ans. Lors d'une conférence, Nasser, le raïs, rigole très franchement avec l'assemblée d'une demande des Frères musulmans de rendre le port du voile obligatoire... Il interpelle en particulier l'un de leurs dirigeants dont la fille, étudiante en médecine, ne porte pas le voile à l'université.

Incroyable la modernité du discours et la réaction du public, tous apparemment ouvert et plein de bon sens.

Que de chemin parcouru !!!...En marche arrière !!!
Vidéo de 2 minutes à voir absolument :
 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 14:52

Pourquoi est-il important de bloquer Sarkozy ?

 

LGS : voici un texte publié par le Grand Soir en avril 2007. Nous le publions à nouveau en remplaçant "Ségolène Royal" par "François Hollande".



Beaucoup de gens de la « gauche de gauche » semblent hésiter à se mobiliser à fond pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, ou, à tout le moins, à limiter les dégâts, c’est-à-dire en pratique, à voter et à encourager à voter pour François Hollande.

 

Je ne peux pas le prouver, mais je suis convaincu que l’immense majorité des progressistes et des amis de la France à l’étranger, de la Russie au Venezuela, en passant par le Moyen-Orient, sont atterrés par cette attitude, et cela pour une raison très simple : ils ont en face d’eux, dans leur pays, une droite qui sait ce qu’elle veut et qui veut Sarkozy. Les gouvernements américains et israéliens veulent Sarkozy. Bien sûr, ils s’accommoderont de François Hollande, mais, s’il gagne, ce ne sera pas leur victoire. La victoire de Sarkozy sera une nouvelle révolution « colorée », après la Serbie, le Liban, l’Ukraine, une victoire obtenue par une manipulation médiatique massive-sur les thèmes de l’insécurité et du déclin. (Sarkozy - Liban : "De combien de temps l’Etat d’Israël a-t-il besoin pour terminer le travail ?")

 

Il y a trois facteurs qui empêchent la mobilisation contre Sarkozy : une sous-estimation de la dimension symbolique des luttes, une vision essentialiste des partis politiques et une attitude quasi-religieuse vis-à-vis du vote. Commençons par le premier point, qui est le plus important et le plus long à discuter.

 

En gros, on peut dire que la gauche, lorsqu’elle n’a pas de projet politique autonome, et elle n’en n’a plus depuis le tournant de la rigueur sous Mitterrand en 1983, fait la même politique que la droite, mais en traînant les pieds et avec moins d’éclat. L’inconvénient de la gauche au pouvoir, c’est qu’elle réussit souvent mieux que la droite à museler le mouvement social. C’est pourquoi il est souvent légitime de dire « blanc bonnet et bonnet blanc » lors d’une confrontation gauche-droite et de s’abstenir. Ce serait sans doute le cas si on avait affaire à un affrontement Chirac-Hollande, par exemple. Mais, bien que ce soit impossible à prouver, il est probable que, si Gore avait été élu à la place de Bush en 2000, des centaines de milliers d’Irakiens seraient encore vivants, ce qui n’est pas un détail. La question du « blanc bonnet et bonnet blanc » ou du « vote utile » dépend des circonstances, et ne peut pas être tranchée a priori.

 

Ce qui caractérise Sarkozy, c’est qu’il sort du cadre habituel des politiciens de la 5ème République, comme Le Pen si on veut, sauf qu’il est un Le Pen éligible. Aucun politicien « normal » n’a sa vulgarité (racaille, Karscher etc.), digne d’un Berlusconi. Aucun politicien « normal » ne fait à ce point allégeance aux États-Unis et à Israël. Aucun politicien « normal » ne parle de Jeanne d’Arc ou du christianisme comme il le fait. Aucun politicien « normal » n’a fondé à ce point sa carrière sur les médias, ainsi que sur l’exploitation des thèmes de la sécurité et du déclin. Il faut aussi comprendre que si tant de gens de droite le craignent et voudraient l’arrêter (de Chirac à Bayrou), c’est parce que, contrairement à beaucoup de gens de gauche, ils le connaissent personnellement, et qu’en termes d’ambition personnelle et de caractère, il est aussi hors norme. On peut très bien être de droite et hésiter à confier à Sarkozy le feu nucléaire.

 

Ce qui caractérise aussi Sarkozy, et c’est ici que la lutte se joue au niveau des symboles, c’est qu’il est l’espoir de la réaction au niveau mondial. Les Français, vivant dans un pays capitaliste et « mondialisé », en réalité pas très différent des autres, ne comprennent pas toujours bien comment la France est perçue à l’étranger. Elle y est vue comme le seul pays européen important qui résiste à l’hégémonie culturelle et politique américaine, qui continue à considérer l’égalité comme un idéal, et qui est un bastion de la laïcité. Bien sûr, comme toutes les images, celle-ci est à la fois surfaite et basée sur des réalités historiques. Néanmoins, la victoire de Sarkozy sera vue comme la victoire de la France de la Restauration, de Versailles et de Vichy sur l’autre France, celle de la Révolution, de la Commune et de la Libération, que les bourgeoisies du monde entier détestent.

 

Bien sûr Hollande ne fera pas une « autre politique », et certainement pas une politique progressiste. Mais c’est lui le candidat de la continuité, et Sarkozy celui du bouleversement (réactionnaire) et c’est bien pour éviter le pire qu’il faut voter Hollande. Il faut également situer le problème dans un cadre plus général - celui de la crise du néo-libéralisme au niveau mondial et de l’échec du projet néo-conservateur au Moyen-Orient. Même la banque mondiale ne défend plus le consensus de Washington, et, en Amérique Latine, le rejet populaire du néo-libéralisme est général. Aux États-Unis les seules questions que l’on se pose, parmi les dirigeants, c’est comment quitter l’Irak sans perdre trop de plumes, arrêter le déclin du dollar et stopper la crise de l’immobilier.

 

Évidemment, vu que la politique néo-libérale a été verrouillée au niveau européen par le Traité de Maastricht, aucune autre politique n’est possible, à moins de changements bien plus radicaux que ce qu’une élection peut produire. Mais ce qui est important, et qui donne un certain espoir pour l’avenir, c’est que les mouvements populaires en Amérique Latine, le mouvement altermondialiste, et les résistances au Moyen-Orient ont provoqué une crise dans l’offensive pro-capitaliste et pro-impérialiste commencée avec Reagan et Thatcher à la fin des années 70, et à laquelle la gauche européenne (toutes tendances confondues) n’a jamais trouvé de réponse. En France, la droite comme la gauche ont essentiellement suivi un mouvement réactionnaire global, mais sans véritable enthousiasme et certainement sans en prendre l’initiative ou la direction. En France, le seul vrai croyant, le seul analogue français de Reagan, Thatcher, Blair ou Bush, c’est Sarkozy. Il serait paradoxal, et catastrophique pour les luttes dans le reste du monde, que le « modèle » ultra-réactionnaire qui domine le monde depuis près de trente ans, finisse par triompher en France, au moment même où il fait eau partout ailleurs.

 

Beaucoup de gens invoquent les diverses « trahisons » du parti socialiste (guerre d’Algérie, Mitterrand, guerre du Kosovo) pour ne pas voter Hollande. Mais le parti socialiste, comme les autres partis et comme d’ailleurs les parlements, est une « caisse d’enregistrement » qui réagit aux mouvements idéologiques et sociaux qui se passent en dehors de lui. Le parti socialiste a aussi participé au Front Populaire et à la création de la sécurité sociale. Bien sûr, il ne fera rien d’aussi progressiste aujourd’hui, parce que les circonstances ne l’y contraignent pas, mais un vote Hollande sans illusions permettrait d’éviter le pire, surtout vis-à-vis de l’étranger, et de continuer à reconstruire un véritable mouvement social, en dehors du PS.

 

Finalement, il est curieux de remarquer que ce sont souvent ceux qui dénoncent le plus violemment les « illusions du cirque électoral », et qui en tirent argument pour ne pas voter, qui sont en fait les principales victimes de ces illusions. En effet, si la démocratie représentative, combinée à la concentration des moyens d’information entre des mains privées, est effectivement très imparfaite, c’est une raison de plus pour ne pas sacraliser le vote et, par conséquent, pour voter. Il ne faut pas voir le vote comme une délégation (ou abdication) de pouvoir (comme le veut le discours dominant sur la démocratie), mais comme une forme de lutte parmi d’autres, au même titre que signer une pétition ou manifester. Il est parfaitement cohérent de voter pour X demain, comme « moindre mal », et de lutter contre sa politique après-demain.

 

La « gauche de gauche » doit utiliser le 1er mai pour lancer une gigantesque mobilisation contre Sarkozy, non pas en effrayant les gens par des discours radicaux, comme elle aime tant le faire, mais en expliquant patiemment que sa politique non seulement ne va pas sauver la France, mais, au contraire, va en faire le dernier pays à subir l’expérience amère d’une thérapie de choc et d’un alignement sur Washington qui sont peu à peu rejetés partout ailleurs.

 

Jean Bricmont

(avril 2007 - revu et republié en avril 2012)

 
URL de cet article 16543
http://www.legrandsoir.info/pourquoi-est-il-important-de-bloquer-sarkozy,16543.html
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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 05:34

http://static1.purepeople.com/articles/2/55/94/2/@/410197-les-freres-bogdanoff-a-la-soiree-637x0-2.jpgCes immenses scientifiques développent une argumentation imparable :


« Nous voterons Sarkozy. Parce qu’il y a quelque chose d’indéplaçable en lui. Parce qu’il pose franchement cette question : de quelle vérité l’homme est-il capable ? Et puis, finalement, parce que c’était nous, parce que c’était lui, comme disait autrefois, sans détour, Montaigne à propos de La Boétie. »

 

Leur appréciation de François Hollande (n'insultons pas l'avenir) est tout aussi scientifique et imparable :

   
« Nous aimons bien aussi François Hollande. Peut-être pour sa francité, sa manière de s’inscrire, en douceur, dans des souvenirs de campagnes plus anciens que lui. D’ailleurs, on le voit sur ces vieilles photos de classe, prises à l’ombre des platanes, en blouse de maître d’école, et on aime ça. »

 

Des esprits chagrins avancent que les jumeaux soutiennent Sarkozy par solidarité pour Carla : ils ont en effet subi autant d'opérations esthétiques que l'ancien mannequin. Petits esprits que ces esprits-là !

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 09:24


En 2009, j'ai vécu 9 mois au chômage. Tous les matins, à la fenêtre je regardais ma compagne partir à son travail, j'éprouvais un lourd sentiment de culpabilité, je refermais la fenêtre comme on renferme ces sentiments.

 

 Tous les jours à quémander du travail , même le travail le plus dur et le moins rémunéré, je n'avais qu'un seul but  retravailler.

 

Aujourd'hui , quand j'apprends que M. Sarkozy organise un 1er Mai pour le vrai travail, j'ai l'impression de recevoir un coup de poing à la figure.

 

Cette fête où seront exclus les chômeurs, les précaires , tous ceux qui vivent du RSA, d'allocation pour une période  de leurs vies  difficile à vivre.

 

Comme si toutes ces personnes n'avaient aucune dignité, la dignité d'un homme ne se mesure pas à sa situation sociale , on peut être pauvre et digne.

 

Faire la fête du vrai travail pour des gens habitués au Fouquets , au Crillon c'est pas banal.

 

Faire la fête du vrai travail pour un Président qui a accentué le chômage (1000 chômeurs par mois ),  le travail précaire, c'est insultant.

 

Je ne ferais pas la fête du vrai travail pour le 1er Mai simplement j'espère que le 6 Mai je ferais la fête pour un vrai Président , pour de vrais salaires , pour une vraie France celle de la solidarité , de l'égalité , de la fraternité et du partage.

 

Le blog de Ben Boukhtache : link

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 06:31

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/5/2/9/9782253156925.jpgLe 22 avril dernier, une correspondante me transmet la lettre que le comédien Philippe Torretton vient d’écrire à Jean Ferrat. Je trouve ce texte très courageux, mais surtout très beau. Je décide immédiatement de le publier dans mon blog (link).

 

Depuis que je suis actif dans la blogosphère (d’abord chez nouvelobs.com qui m’a censuré et que j’ai quitté, puis chez overblog qui ne m’a pas censuré – et pourtant, comme disait Julio, « je n’ai pas changé »), j’ai eu pour politique de publier ma prose, mais aussi des textes que j’aurais aimé écrire moi-même, mais que je n’ai pas écrits, par manque de temps ou, je l’avoue, de compétence.

 

Chez overblog, j’ai entre 3 et 400 lecteurs réguliers. J’en avais plus du double chez nouvelobs.com, mais je me sens beaucoup mieux là où je suis désormais. Il est arrivé, assez exceptionnellement, que telle ou telle de mes interventions soient lue par 900 à 1000 personnes. Près de 30000 personnes ont lu la lettre de Torretton sur mon blog !

 

Cette lettre a été publiée par de nombreux autres sites. Il est assuré que plusieurs centaines de milliers de lecteurs en ont pris connaissance, l’ont aimée et l’ont transmise à d’autres.

 

De nombreux correspondants m’ont écrit. Presque tous ont partagé mon enthousiasme. Mais pas tous. J’ai été surpris par quelques réactions chagrines et acrimonieuses. De trois ordres :

 

-       les plus stupides, à mon sens : « Torretton est pété de tunes ; quelle est donc sa légitimité lorsqu’il produit un discours de gauche ? » Il s’agit là d’un questionnement de droite aussi poujadiste que « nous n’avons pas de leçons à recevoir des bobos qui habitent Boulevard Saint-Germain ».

 

-       Des réactions de purs et durs du style : « voilà un rosâtre qui ose invoquer les mânes de Jean Ferrat, un vrai rouge. »

 

-       Des réactions de chercheurs de petites bêtes du style : «ce proche de Delanoë racole pour le PS à Paris alors qu’il n’assiste quasiment jamais aux réunions du conseil municipal dont il est l’élu. »

 

La plupart de ces gens qui réagissent à brûle-pourpoint, de manière très épidermique, ne signent pas de leur nom. C’est donc qu’ils ne savent pas ce qu’écrire signifie, ce qu’implique s’engager dans l’écriture. Je ne sais ce que sera la destinée du texte de Torretton. Il est possible que dans trois mois, un clou chassant l’autre, il finisse oublié au fond de nos disques durs ou du nuage de iMac. Mais il n’est pas exclu que des esprits exigeants et toujours rebelles le citent encore dans cent ans, dans une Europe S.A., totalement soumise à une oligarchie financière et fascistoïde.

 

Pour le moment, j’observe que ce texte a été repris par de nombreux sites de la vraie gauche. Vu le parcours artistique de Torretton, cela n’étonne pas. Si je devais, pour l’instant, ne retenir qu’un seul film de cet artiste, ce serait Ça commence aujourd’hui de Bertrand Tavernier (link). Il raconte le vécu de Dominique Sampiero, instituteur et écrivain, à l’époque gendre de Tavernier. Dans le film, le personnage principal est un fils de mineur qui dirige une école maternelle près de Valenciennes. Un soir, une mère d’élève vient chercher sa fille avec beaucoup de retard. Elle s’écroule ivre morte, en abandonnant sa fille et son bébé. Le directeur, joué par Torretton, raccompagne les enfants chez eux, malgré le règlement qui l’interdit et qui stipule que, dans ce cas, les enfants doivent être remis à la police. Cet incident dramatique contribue à une prise de conscience encore plus forte chez l’enseignant. La fille de Tavernier a raconté ce qui a amené l’écriture de ce film : « Un jour, Dominique réclame à une mère de famille sa cotisation de 30 francs pour la coopérative. C'était un rappel à l'ordre discret. La femme répond : “ Moi, monsieur, avec ces 30 francs je dois terminer le mois. ” ». Dans la cinquième puissance du monde, le 23 du mois, une mère de famille devait nourrir quatre enfants pendant une semaine avec des gros biscuits trempés dans du lait.

 

C’est à cette histoire, à cette cause qu’en 1999 Philippe Torretton a apporté son talent et sa foi.

 

Maintenant, si l’on veut s’intéresser aux vrais problèmes de vrais artistes bien dans leur tête et dans leurs santiags, nous avons Johnny Halliday. Ceux de ma génération le suivent depuis une cinquantaine d’années. Depuis ce demi-siècle, chaque année a apporté son lot de nouvelles chansons et, systématiquement, de tracasseries causées par l’administration des impôts à cette immense vedette. Johnny doit, cette année, 9 millions d’euros au fisc, c’est-à-dire à nous. Selon Le Canard Enchaîné, son fondé de pouvoir, Pierric Carbonneau Le Perdriel, ancien de l’École supérieure de commerce de Rouen, est sur le point d’abandonner ses fonctions dans les sociétés du chanteur. Il ne s’y retrouve plus dans le réseau complexe des sociétés libériennes, luxembourgeoises du mari de Laetitia. Ah que la vie est cruelle !

 

À propos de Libéria : il y a une trentaine d’années, je faisais escale dans l’aéroport de la capitale Monrovia. Je me dirigeai vers les toilettes pour constater que des excréments humains de toutes sortes recouvraient le sol sur des dizaines de mètres carrés. Je ne pus m’empêcher de penser : « Ce pays est dans la merde ! » Le pays, oui. Ses immigrés fiscaux, non.

 

PS : Halliday a eu le front de déclarer que s'il devait effectivement 9 millions, le fisc devrait attendre, car “ les neuf millions, je ne les ai pas ”.

   Mais bien sûr qu'il les a ! Il n'a qu'à vendre soit son chalet en Suisse, soit son propriété de Marnes-la-Coquette, soit celle de Los Angeles, soit celle de Saint-Barth.

 

Depuis des années, Halliday a un mal fou à s'acquitter de ses impôts. Résumé de la situation par Le Nouvel Obs :

 

1977 : Il a été condamné pour fraude : 10 mois de prison avec sursis et 20.000 francs d’amende.

1995 : Johnny Hallyday doit au trésor public une trentaine de millions de francs correspondant à des retards de paiement. En plus des impayés, le fisc lui réclame plusieurs millions de pénalités et de majorations de retard.

2000 : Le chanteur a bénéficié de 2,8 millions de francs de dégrèvement et de 3,7 millions d’annulations de pénalités. Au terme de la négociation fiscale d’une remise de l’ordre de 6,5 millions, il a payé ses 20 millions d’impôts.

 Janvier 2005 : André Boudou, le beau-père de Johnny est mis en examen pour "fraudes fiscales". Le fisc lui réclame depuis plus d’un an plusieurs dizaines de millions d’euros pour sa gestion de la discothèque Amnésia du Cap d’Agde en 1995-1997.

2006 : Johnny devient résident de Gstaad en Suisse après avoir déclaré qu’il ne voulait plus être "un mouton qui se fait tondre". Il bénéficiera d’un régime fiscal bien plus avantageux qu’en France où il économisera prés de quatre millions d’euros par an. Le chanteur se plaignait de payer 72 % de ses revenus en impôts, donc aux alentours de 5 millions d’euros et avec le "bouclier fiscal" (60 %), la somme est de 4,2 millions. Mais en Suisse, il ne devra s’acquitter seulement de 300 000 euros. Le "forfait fiscal" suisse bénéficie à plus de 3.000 étrangers installés dans le pays.

Décembre 2011 : Des perquisitions ont eu lieu dans les bureaux et domicile de proches de Johnny, notamment à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine, chez le fondé de pouvoir du chanteur et au cabinet de son ancien conseiller fiscal à Marseille. Johnny Hallyday est soupçonné de fraudes et d’évasions fiscales vers une société domiciliée au Luxembourg.

Nébia Bendjebbour

 

 

 

 

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