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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 05:26

La différence entre le PDG de Ryanair et ceux des autres grandes sociétés mondiales est qu’il n’y a pas de différences. Michael O’Leary dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Un peu comme le PDG d’Air France, Alexandre de Juniac, qui s’est récemment lâché contre les conquêtes sociales des travailleurs de la compagnie. On en vient à se demander s’il n’y aurait pas un tropisme légèrement facho dans le monde de l’aviation. Mermoz le Croix-de-Feu, c’est un peu loin, tout de même !

 

Ce type, qui a raté ses examens à Trinity College, est l’un des fleurons les plus flamboyants du libéralisme et de l’individualisme forcenés. Un exemple anecdotique : en 2004, il a acheté une licence de taxi pour sa Mercedes pour pouvoir utiliser les voies réservées aux bus dans Dublin afin de gagner du temps dans les embouteillages.

 

Il est régulièrement condamné pour viol des lois européennes (qui sont pourtant douces pour lui et les siens). Il paye les amendes quand il a le temps. Son discours est aussi violent et cynique que celui d’un (faux) baron Sellière qui, lui, est suffisamment malin, pour ouater quelque peu la forme de sa férocité lorsqu'il évoque, avec un mépris d'acier pour l'État qui l'a subventionné et les travailleurs qu'il a ruinés, la financiarisation de ses sociétés. O’ Leary s’est entretenu avec Felix Gillette de Bloomberg Business. Ses propositions pour fracasser toujours davantage les travailleurs constitueront très bientôt le bréviaire des bonnes écoles de gestion (pardon : de management). Macron et Valls en rêvent la nuit.

 

À quoi servent les compagnies à bas coût (pardon : low cost) ? À gagner beaucoup d’argent évidemment en faisant en sorte que le facteur humain disparaisse de la surface de la terre, mais aussi à tirer vers le bas les compagnies “ normal cost ”. Quand ils ne meurent pas, les passagers de Germanwings permettent à ceux de la Lufthansa de voyager dans un grand confort tandis que les personnels de la maison mère rament tant est plus pour que leurs conditions de travail et leurs salaires restent décents.

 

Quant à Ryanair, désormais troisième compagnie européenne en Europe,  c’est toutes les compagnies qui sont dans son collimateur. De dérogations en captation de subventions publiques, de non respect des droits des travailleurs en économie sur les coûts d’entretien, c’est la première place que la compagnie vise désormais. Sans état d’âme : « Si personne ne m'aime, je m'en fous. Je n'aime ni les nuages ni les avions, je n'ai jamais voulu être pilote ! » Franche profession de foi du PDG.

 

Lorsqu’on verse des salaires médiocres, lorsqu’on exige de l’argent des petits aéroports pour que la compagnie veuille bien y faire escale, lorsqu’on facture aux clients tout ce qui ne relève pas strictement de la prestation aérienne (1 euro pour aller aux toilettes, par exemple), on peut effectivement obtenir un prix moyen par billet de 45 euros, contre 250 pour Air France. Pour O’Leary, un avion, c’est un bus avec des ailes. Ce en quoi il a tort car ce pourrait être un char à bœufs : il suffirait de remplacer les fauteuils par de la paille, où même les pilotes pourraient venir se soulager.

 

En septembre 2012, donc bien longtemps avant le désolant suicide du jeune Allemand dépressif, O’Leary déclarait qu’un seul pilote était suffisant puisque, grâce à l’informatique, les avions étaient de plus en plus faciles à piloter. Son neveu de 14 ans avait d’ailleurs réussi un vol sur simulateur. Le dynamique PDG proposait en outre d’abolir le droit de grève pour les pilotes (ce qu’avait accompli de facto Reagan dans les années 1980) et de remplacer les grévistes par des militaires ou des contrôleurs du ciel. N’hésitant pas à faire appel à l’économie du troc, O’Leary déclarait qu’il accepterait de se faire payer dans n’importe quelle monnaie, y compris « des chèvres grecques ». Taxer les obèses relève pour lui de la facétie anecdotique et de l'évidence. Tout comme la non fourniture d’une chambre d’hôtel aux passagers bloqués pour annulation de vol.

 

Géopoliticien différent, le PDG de Ryanair souhaite une crise économique radicale : « Une bonne récession de 12 à 18 mois, profonde et sanglante serait la bienvenue. Cela permettrait de comprendre l'absurdité de la lutte pour l'environnement. Et surtout, après 10 ans de croissance, cela permettrait aux entreprises de merde déficitaires de céder leurs avions à bas coût ».

 

Pour la bonne bouche, la meilleure proposition d’O’Leary reste tout de même les pipes gratuites en classe affaires (pardon : business class) :

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 09:32
De la fraude
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 05:24

La peur... la peur est un outil incroyablement puissant. Les récents attentats terroristes ont exacerbé ce sentiment, donnant ainsi la possibilité à nos gouvernants de proposer une loi qui, sous couvert de mieux protéger contre le terrorisme, va en réalité être une des plus liberticides jamais votées depuis celle sur l'état d'urgence.

 

Utilisant ainsi les gens qui sont morts pour la liberté d'expression, ou en raison de leur religion, un gouvernement de gauche (!) veut faire passer une loi qui ne va pas seulement concerner le terrorisme, la prolifération d'armes de destruction massive ou encore la contre-ingérence, mais qui va se glisser dans des domaines plus variés tels que les "intérêts majeurs de politique étrangère" et les "violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique".

 

Que viennent faire ces deux catégories dans la lutte contre le terrorisme? Quel rapport ont-elles avec la mort de journalistes, de personnes en raison de leur religion ou de nos collègues?

 

Qui va définir la nature de ces "intérêts majeurs" ou décider de ce qu'on doit considérer comme "violences collectives"? Une simple manifestation ne pourrait-elle pas être classée dans cette catégorie, vu le "risque" inhérent de ce genre de rassemblement qu'il tourne mal?

 

Toute personne participant à un rassemblement pourrait être mise sur écoute? Réalisez-vous ce que ça implique quant au respect de la vie privée?

 

Sans parler du flou juridique total qui entoure les outils qui seront ainsi à disposition des services de renseignements.

 

La CGT-POLICE comprend qu'il soit nécessaire de lutter activement contre toute forme de terrorisme, mais cela ne doit pas se faire au prix des libertés publiques !

 

Car c'est ce que cette loi est : une atteinte grave à ces libertés !

 

Et tout cela dans les mains d'une seule personne : le Premier ministre, qui décidera qui doit être surveillé ou non. Et on s'étonne que l'opposition annonce qu'elle va voter cette loi !

 

De l'avis même de Marc TREVIDIC, juge spécialisé dans le terrorisme, il s'agit de donner des pouvoirs exorbitants aux services de renseignements dans des domaines biens plus larges que la seule lutte contre le terrorisme, parlant de notions particulièrement vagues. Il précise que : "Ces pouvoirs exorbitants se feront sans contrôle judiciaire". Ne mentons pas aux Français en présentant ce projet comme une loi antiterroriste. Il ouvre la voie à la généralisation de méthodes intrusives, hors du contrôle des juges judiciaires, pourtant garants des libertés individuelles dans notre pays."

 

La CGT-POLICE, en mémoire notamment de nos collègues tombés pour protéger une liberté individuelle qu'est la "liberté d'expression", demande l'abandon de cette loi telle qu'elle a été présentée et en demande une nouvelle non seulement recentrée sur le terrorisme, mais dotée de garde-fous beaucoup plus importants qu'une simple commission administrative qui serait, comme à l'accoutumée, privée des moyens et personnels nécessaires à la mise en oeuvre de sa mission de surveillance.

 

ENSEMBLE, NE LAISSONS PAS LE TERRORRISME GAGNER : LUTTONS POUR PRÉSERVER NOS LIBERTÉS.

 

Paris le, 22 mars 2015

 

cgt.police.paris@gmail.com

Liberté d’expression : une mise en garde de la CGT-Police
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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 07:13

Je vais vous parler d’une région chère à mon cœur : le Yorkshire (en plus, ça rime !). La première fois que j’ai mis les pieds en Angleterre (en 1962), c’était dans un petit village près de Leeds. Mes plus vieux amis habitent un autre petit village près de York. En écrivant ces lignes, je pense au Wensleydale, et j’en salive. Ce que les habitants du Yorkshire ne savent pas tous, c’est que les premiers habitants de ce grand comté furent les Brigantes et les Parisii, des Celtes originaires de la région parisienne et des Alpes. Puis vinrent les Romains (qui firent long feu) et les Vikings (York vient du danois Jórvík). Raison pour laquelle les habitants du Yorkshire ont une bonne taille et sont de complexion d’un blanc presque laiteux.

 

Allez vous promener dans le bon air cinglant des Moors et dans la douceur des Dales, vous n’en reviendrez pas. Longez les murs de pierres à perte de vue. Allez vous geler sur les plages de Whitby et de Scarborough (la ville de Charles Laughton), plus toniques encore que celle de Bray-Dunes. Une fois dans votre vie, poussez jusqu’au petit village de Haworth, celui des sœurs Brontë, à quelques encablures de Leeds, où le vent des Hauts de Hurlevent souffle directement depuis l’Oural et vient se fracasser sur la maison sinistre qui surplombe le cimetière du village où furent rédigés les chefs-d'œuvre que l'on sait.

 

Ce grand comté de 12 000 km2 est une terre de contrastes. Quel rapport entre Bradford, ville désormais largement pakistanaise, Harrogate, ville de termes et petit bijou conservateur, Leeds et sa place financière, Sheffield et ses aciéries, Huddersfield qui symbolise à elle seule le déclin de l’industrie lainière et où naquit Harold Wilson, Doncaster où naquit la subtile Diana Rigg et où, autrefois, le charbon poussait mieux que les mauvaises herbes, York, cette merveille historique, la ville du conspirateur Guy Fawkes, du chocolatier Rowntree et du grand écrivain Auden. Aucun. Et je ne vous parle pas de la petite ville de Tadcaster, célèbre pour ses brasseries et son lycée que j’ai trop brièvement fréquenté et où j’ai connu Ed Bicknellle batteur et futur producteur de Dire Straits.

 

Pourquoi ces divagations personnelles ? Parce que j’ai appris récemment que le comté du Yorkshire – cinq millions d’habitants – avait créé plus d’emplois que la France entre 2010 et 2013 : 76 000 contre 66 000.

 

Est-ce que cette hirondelle yorkshirienne fera le printemps britannique, je n’en sais rien. Le fait est que l’emploi est reparti outre-Manche, avec la création, l’année dernière, de 143 000 postes, tandis que le chômage baissait de 0,3% (le pays compte actuellement 5,3% de chômeurs).

 

Pour encourageante qu’elle puisse être, la situation n’est pas totalement rose puisque les travailleurs britanniques gagnent aujourd’hui 1 600 livres de moins par an qu’en 2010 tandis que le nombre de ceux ne touchant qu’un salaire minimum vital a augmenté de 44%.

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 11:53

On rirait de ce bêtisier si nos vies, celles de nos enfants et petits-enfants n'avaient pas été en jeu.

 

Merci à la facétieuse Coralie Delaume d’avoir exhumé les âneries débitées en tranche lorsqu’il s’est agi de nous faire croire que l’infâme traité nous offrait le paradis pour les siècles à venir.

 

 

On a parfois la chance de tomber, en fouillant dans les recoins de certaines bibliothèques familiales, sur quelques perles dont on soupçonnait pas l'existence. 

 

C'est ainsi que je suis récemment tombée sur ce petit bouquin hilarant paru en 1997 et que je n'avais pas encore eu le bonheur de feuilleter : Le Bêtisier de Maastricht. Il recense les âneries les plus épaisses ayant été proférées pendant la campagne référendaire de 1992 par les partisans du « oui ». 

 

Parce que ça semble plus actuel que jamais et parce qu'il vaut mieux en rire, voici quelques extraits ! 

 

 

« L’Europe est la question d'avenir à la question du chômage (…) en s'appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde, sur une monnaie unique, la plus forte du monde, sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois » - Michel Sapin, 2 août 1992.

* Au bout du compte, Sapin a commencé très tôt à rencontrer des problèmes dans la réalisation de l’œuvre de sa vie : l'inversion de la courbe. Courage Michel, avec un peu de bol, dans 20 ans, on y est !

 

 

« Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d'humanisme et de lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé » - Michel Sapin, 6 mai1992.

* Magnifique ! Dommage que sa carrière de poète ait été si courte. Et que sa carrière de ministre soit si longue....

 

« Maastricht permettra d'équilibrer une réalité financière par une réalité politique et sociale » Laurent Fabius, 16 septembre 1992.

* Dommage que sa carrière de prophète ait été si courte. Et que sa carrière de ministre, etc.(cf.supra). Il votera non au traité suivant.

 

« On ne peut dire que oui : oui à la paix, oui à la compréhension entre les peuples, oui à l'union qui fait a force ». Jacques Delors, 24 août 1992.

* On dirait les dialogues d'un film pour adultes : oh oui, oh oui, oh ouiiiiiiiiiiiii !

 

« Le oui étant majoritaire chez les jeunes, faut-il inventer une gériatrie du non ? ». Bernard Kouchner, 31 août 1992.

* Quid d'une gériatrie spécifique pour les types tellement séniles qu'ils ne savent plus s'ils sont socialistes ou sarkozystes ?

 

« Peut-être que le Président considérera que sa tâche est accomplie et que, le oui l'ayant emporté, il préférera arrêter son mandat. (…) Je n'ai aucune information me permettant de penser cela ». Dominique Strauss-Kahn, 15 septembre 1992.

* Parfois, il y en a qui préfèrent ne même pas le commencer, leur mandat.

 

« Le monde entier a les yeux fixés sur la France ». Jacques Delors, 18 septembre 1992.

* Nationaliste !

 

« Ce traité lutte contre la bureaucratie. Le Parlement européen va désormais mieux contrôler la Commission ». Laurent Fabius, 26 août 1992.

* C'est vrai : vingt ans plus tard, la bureaucratie est terrassée.

 

« Il faut expliquer, expliquer, expliquer pour convaincre, convaincre, convaincre ». François Mitterrand, 26 août 1992.

* Tout à fait : il faut faire de la pédagogie, de la pédagogie, de la pédagogie.

 

« La traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l'expérience socialiste pure et dure ». Alain Madelin, 4 septembre 1992.

* Ça en revanche, c'était bien vu. On aurait pu aller plus loin, et y voir un torpillage définitif de toute idée de gauche.

 

Au sujet du « non » danois au référendum du 2 juin : « Ce ne sont tout de même pas ceux qui ont laissé en Europe que les traces dévastatrices des Vinkings et les petits contes d'Andersen qui vont arrêter une construction aussi grandiose que celle de la Communauté européenne ». Patrick Devedjian, 3 juin 1992.

* Les Scandinaves, de toute façon, tous des barbares....

 

« Nous aurons l'Allemagne que nous méritons (…) Otto von Bismark est mort. Le 20 septembre, en refusant de ratifier le traité de Maastricht, nous pouvons le ressusciter, pour notre plus grand désagrément ». Franz-Olivier Giesbert, 15 septembre 1992.

* Germanophobie, quand tu nous tiens....

 

« Moi aussi, j'ai peur. Peur de l'Allemagne. De ce que deviendrait l'Allemagne dans une Europe désagrégée où, dégagée des contraintes de la Communauté, elle se déploierait. Il ne faut pas prendre l'Allemagne pour un gros chien dressé parce qu'elle a été irréprochablement démocratique depuis 45 ans ». Françoise Giroud, 3 septembre 1992.

* Oui : la France a peur. Car les Teutons, de toute façon, tous des barbares....

 

« Je suis persuadé que les jeunes nazillons qui se sont rendus odieux à Rostock votent non à Maastricht ». Michel Rocard, 17 septembre 1992.

* Et qu'on se le tienne pour dit : c'est soit l'Europe, soit les nazillons.

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:12

La France est un pays où le PDG d’une entreprise nationale (quoique largement privatisée), Air France pour ne pas la nommer, peut se permettre, devant un aéropage (sic) de patrons qui gloussent discrètement leur approbation, de se prononcer contre l’interdiction du travail pour les enfants et pour des peines de prison pour les grévistes.

 

Du temps de De gaulle, un tel butor aurait été mis à pied dans les deux heures.

 

Cela ne semble pas gêner nos sociaux-traîtres. Et ce ne sont pas les rodomontades hystériques de Valls en campagne électorale – même si le piteux Guedj voit en lui un « rebelle », qui y changeront grand-chose.

 

Aujourd’hui, les entreprises privées peuvent tout se permettre. Comme certains présidents d’université qui précarisent volontairement leurs personnels ouvriers et de service alors que rien ne les y oblige.

 

Sur les murs de Lyon, on peut voir actuellement une campagne publicitaire déclinée par la mutuelle Adréa. Je ne connais pas vraiment cette société mais j’imagine qu’elle est plutôt locale. Je n’en avais jamais entendu parler dans d’autres régions de France que le Lyonnais. Elle semble s’adresser en priorité aux employés des entreprises privées. À ce titre, elle sait leur parler.

 

Le message de l’affiche qui suit est très clair : dans un pays qui n’est que contraintes et obligations, Adréa « agit ». Les pouvoirs publics ne sont que bureaucratie et amorphisme, mais leur mutuelle les « libère ».

À qui font peur Hollande et Valls ?

L’affiche suivante nous affirme qu’Adréa « agit » « quand les Français sont inquiets pour leur santé ». Cette formulation massue est ambiguë. Y a-t-il des moments où les Français ne sont pas inquiets pour leur santé ? Est-ce qu’Adréa n’agit pas lorsque les Français ne sont pas dans l’inquiétude ? Ceci n’est pas clair, contrairement aux yeux de la personne qui nous regarde sagement et intensément. Et ce, même si des remboursements « fortifiés » (qu’est-ce à dire ?) nous sont proposés.

À qui font peur Hollande et Valls ?

Le message de la dernière affiche que j’ai croisée est franchement politique. Il part du principe que la collectivité n’offre pas de couverture santé optimale et que la mutuelle Adréa pallie les déficiences du système, se substitue à l’État (qui n’agit pas, comme de coutume) en proposant une « surcomplémentaire » (qu’est-ce à dire, one more time ?).

À qui font peur Hollande et Valls ?

Cette campagne d’une entreprise privée défie clairement les pouvoirs publics. Elle critique ses déficiences, mais avec la subtilité d’« Omo lave plus blanc ». Nous ne sommes jamais dans la dialectique ou la mise en perspective. L’important étant à mes yeux qu’elle peut se le permettre et que son message recouvre sans peine le discours quasi inexistant du pouvoir (vous avez dit « pouvoir » ?) solférinien.

 

PS : Ici, le durcissement dans l'austérité et la précarité que préparent Hollande et Valls selon Mélenchon (je doute qu'il se trompe) pour le lendemain des élections départementales.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 08:31

Récemment, le kleiner Mann critiquait le port de la cravate chez Emmanuel Macron : «Vous savez pourquoi il est moderne? Il enlève sa cravate juste avant d’aller à la télévision. Ca fait jeune, ça fait chic, ça fait décontracté».

 

Il faut dire qu'en matière d'élégance, le mari de l'ancien mannequin se pose là :

Sarkozy, arbitre des élégances
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 12:12

Les médias français, y compris les médias de drauche (Libération, Le Monde) nous ont expliqué pendant des années que Chavez était un dictateur. Il faut dire qu'en 16 ans, il organisa 19 élections ou référendums qualifiés de libres et équitables par les principaux observateurs internationaux (UE, OEA, Centre Carter, etc..). L'ancien président Jimmy Carter, le maoïste anarchiste bien connu, qualifia les élections au Venezuela de “système de vote vraiment extraordinaire.”

 

Sous Chavez, la presse, qui était très largement hostile, fut libre. Libre de le caricaturer de la manière la plus ordurière qui fût. Sans que cela gêne nos grands journaux de drauche.

Chavez caricaturé de manière ordurière

D'autant que ces journaux n'ont cessé de colporter des mensonges insensés, à coups de truquages parfois, contre la révolution bolivarienne.

Chavez caricaturé de manière ordurière

Documents extraits d'un long article publié publié par Le Grand Soir (qui en profite pour revenir sur le menteur invétéré Pujadas – heureusement que le pouvoir solérinien l'a viré du JT !), auquel vont s'abreuver nos grands médias progressistes.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 06:30

Ci-dessous un article très alarmant d'Esther Vivas (pour Le Grand Soir) sur les conséquences pour notre santé et notre vie de tous les jours des négociations secrètes entourant le Traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne (UE).

 

 

 

TTIP, ôtez vos pattes de notre nourriture !

Un nouveau tour de vis vient d’être donné aux politiques agroalimentaires en Europe. Il s’agit du Traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne (UE), plus connu sous le nom de TTIP (son sigle en anglais pour Transatlantic Trade and Investment Partnership), l’ombre grandissante de l’agroalimentaire qui s’étend des champs à l’assiette. Comme des vampires assoiffés de sang, les multinationales du secteur attendent pour se sucrer, et ce beaucoup, grâce à ces nouvelles mesures de libéralisation commerciale.

 

Mais en quoi consiste le TTIP ? Il s’agit d’un traité négocié en secret durant des mois, divulgué au public, attendant l’approbation du Parlement européen, bénéficiant d’une campagne marketing en cours et qui a pour objectif final d’harmoniser à la baisse les législations des deux côtés de l’Atlantique, au seul profit des grandes entreprises. Ses conséquences : plus de chômage, plus de privatisations, moins de droits sociaux et environnementaux. En définitif, il apporte sur un plateau nos droits au capital.

 

Et en ce qui concerne l’agriculture et l’alimentation ? Les entreprises du secteur, des sociétés de semences en passant par l’industrie de la biotechnologie, des boissons, de l’élevage, de l’alimentaire, ou encore du fourrage… sont celles qui ont le plus fait pression en sa faveur, dépassant même le lobby pharmaceutique, de l’automobile et financier. L’enjeu est important pour les multinationales comme Nestlé, Monsanto, Kraft Foods, Coca Cola, Unilever, Bacardi-Martine, Cargill, entre autres. Sur les 560 réunions consultatives de la Commission européenne pour l’approbation dudit traité, 92% ont été réalisées avec des groupes d’entreprises, le restant avec des collectifs d’intérêt public, comme l’indique un rapport du Corporate Europe Observatory.

 

Si le Traité de libre échange entre les États-Unis et l’Union européenne devait être approuvé, quel impact aurait-il dans nos assiettes ?

 

Plus d’OGM (Organismes Génétiquement Modifiés)

 

L’entrée massive des OGM en Europe sera une réalité. Bien qu’aujourd’hui nous importons déjà un nombre considérable d’aliments transgéniques – je pense en particulier pour le bétail et à beaucoup de produits transformés contenant des dérivés du soja et du maïs transgéniques, comme la lécithine, l’huile et la farine de soja, ou le sirop et la farine de maïs, l’approbation du TTIP signifiera une augmentation desdites importations, notamment des premières, y compris l’entrée d’OGM actuellement non autorisés par l’UE.

 

Il faut tenir compte du fait que la législation aux États-Unis est beaucoup plus permissive que celle de l’Europe, aussi bien en qui concerne le mode de culture que la commercialisation des Organismes Génétiquement Modifiés. Aux États-Unis par exemple, l’étiquette qui identifie un aliment comme génétiquement modifié, n’existe pas, contrairement à l’Europe, où malgré les limitations, les lois obligent théoriquement à cette identification. De plus, dans l’Union Européenne, un seul aliment transgénique est cultivé à des fins commerciales : le maïs MON 810 de Monsanto, malgré l’impact environnemental négatif de celui-ci, qui contamine d’autres champs de maïs aussi bien conventionnel que biologique. 80% de sa production est réalisée en Aragon et en Catalogne, alors que la majeure partie des pays européens l’interdit. Aux États-Unis, au contraire, le nombre de cultures est beaucoup plus élevé. C’est pourquoi l’Europe est un gâteau alléchant pour les multinationales comme Monsanto, Syngenta, Bayer, Dupont... et le TTIP peut permettre que cela devienne une réalité.

 

Porc, bœuf et lait aux hormones

 

Le véto à la viande et aux produits dérivés d’animaux traités aux hormones et aux techniques favorisant leur croissance, jusqu’à présent interdits en Europe, sera levé tout comme l’utilisation desdites substances, avec l’impact qui en découle sur notre santé.

 

Aux États-Unis, les porcs et les bovins, peuvent se voir prescrire des médicaments comme la ractopamine, un médicament utilisé comme additif alimentaire pour obtenir un meilleur engraissement de l’animal, et plus de bénéfice financier pour l’industrie de l’élevage. Dans l’UE, l’utilisation de ce produit et l’importation d’animaux traités par celui-ci est interdite, de même que dans 156 autres pays comme la Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie, l’Égypte, qui considèrent qu’il n’y a pas de données suffisantes qui permettent d’écarter les risques pour la santé de l’Homme. 26 autres pays, comme les États-Unis, l’Australie, le Brésil, le Canada, l’Indonésie, le Mexique, ou les Philippines, l’utilisent.

 

La même scénario va se produire avec l’utilisation de l’hormone somatotropine bovine, utilisée principalement chez les vaches laitières afin d’augmenter leur productivité et obtenir entre 10 et 20% de lait supplémentaire. Cependant, les effets secondaires associés à son utilisation sur les animaux sont nombreux (stérilité, inflammation des pis, augmentation de l’hormone de croissance…) et son impact sur les êtres humains (certaines études la relient à une augmentation du risque de souffrir d’un cancer du sein ou de la prostate, et à la croissance des cellules cancéreuses). C’est pourquoi l’Union européenne, le Canada et d’autres pays interdisent son utilisation et son importation, alors que d’autres pays l’utilisent, notamment les États-Unis. De plus, l’entreprise américaine Monsanto, numéro 1 des semences génétiquement modifiés, est la seule du marché à commercialiser cette hormone, sous le nom commercial de Posilac. Quelle coïncidence !

 

Les poulets chlorés

 

La viande de poulet "désinfecté", avec du chlore, arrivera aussi dans nos assiettes. Si en Europe, une méthode de contrôle des maladies des volailles d’élevage – allant de son élevage jusqu’à sa commercialisation, en passant par son abattage – est utilisée de manière préventive, les États-Unis ont choisi d’optimiser les coûts en baissant les standards de sécurité alimentaire. Ainsi, les volailles élevées et abattues sont désinfectées uniquement à la fin de la chaîne, par immersion dans une solution chimique antimicrobienne généralement à base de chlore, c’est-à-dire par "un bain de chlore", point final. Ainsi les poulets sont "propres", sans bactéries, bien chlorés et le traitement revient beaucoup moins cher. Une fois encore, tout pour le fric.

 

Mais, quelles conséquences tout cela peut-il avoir sur notre santé ? Dans l’UE, depuis 1997, il est interdit de faire entrer de la viande de volaille de basse-cour nord-étasunienne, en raison de ces traitements et des résidus de chlore ou autres substances chimiques utilisées pour leur désinfection qui peuvent persister dans la viande que nous consommons ensuite. L’industrie bovine nord-étasunienne affirme que ces traitements permettent d’éliminer les micro-organismes pathogènes. Cependant les infections ne diminuent pas de manière significative, pire, l’utilisation continue de désinfectants peut finir par générer des résistances.

 

On nous dit que les standards de sécurité alimentaire nord-étasuniens sont les plus sûrs. Des rapports ne vont pas dans le même sens qui constatent qu’une personne sur quatre par an aux États-Unis, c’est-à-dire 76 millions de personnes, tombe malade à cause de maladies provoquées par la consommation d’aliments. Parmi ces millions de personnes, 325 000 sont hospitalisées et 5 000 meurent. Les experts signalent que la majorité des cas pourrait être évitée avec des améliorations dans le système de contrôle alimentaire. Tirez-en vos conclusions.

 

Il est grand temps que nous le disions au TTIP : ôtez vos sales pattes de notre nourriture !

 

Esther Vivas

http://esthervivas.com/francais/ttip-otez-vos-pattes-de-notre-nourriture/

*Traduit en français par Clémence Tavernier pour Ritimo.

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 06:07

 

 

 

Depuis deux ans, les coupures d’eau étaient interdites en France, comme dans de nombreux autres pays. Le principe du droit à l’eau a été reconnu par l’ONU en 2010. Le Sénat, par un vote furtif en pleine nuit, a décidé de remettre en cause ce principe de dignité humaine.

 

En 2013, le député socialiste Brottes avait fait ratifier le principe du droit à l’eau. Les grands distributeurs d’eau s’en étaient tamponné le coquillard jusqu’à ce que France Libertés (fondée par Danielle Mitterrand) et la Coordination Eau Île-de-France estent en justice. Ainsi, la Lyonnaise des Eaux fut condamnée pour avoir coupé l’eau à un usager qui n’avait pas payé ses factures. La loi lui interdisait de le faire. La société fut condamnée à payer 5 000 euros de dommages et intérêts. Selon la Coordination Eau Île-de-France, les coupures ne concernaient pas que des personnes en situation de précarité. C’était le cas, par exemple, des personnes de retour d’un séjour à l’hôpital.


Il va der soi que si l’eau, ce bien essentiel, « naturel », n’avait pas été privatisée, nous n’en serions pas là. Trois grands groupes se partagent la gestion déléguée de ce bien (les infrastructures, ce qui coûte cher à entretenir et à changer restant à la charge de l’État) : Vivendi, Suez et Bouygues-Saur. En gros, une bonne partie de notre eau appartient à des banquiers. Ces trois groupes offrent aux élus locaux (le premier qui me parle de pots de vin – sic – lorsqu’un élu local privatise l’eau dont il avait la charge, je le noie) des services qui leur rapportent gros comme de l’ingénierie financière ou de la gestion d’équipements, des maisons de retraite médicalisée, du câble. Notre eau appartient à des multinationales qui se jouent de l’État, des lois, des règles fiscales et qui interviennent dans le monde entier.

 

On comprend que ces mastodontes en aient eu ras la gouttière de se voir condamner pour trois francs six sous (à leur échelle), les juges donnant presque toujours raison à David contre Goliath. Ils ont donc demandé à leur meilleur ami au Sénat, le sénateur-maire UMP de Saint-Maurice (dans le Val de Marne) Christian Cambon, vice-président du Syndicat des eaux d’Île-de-France (le plus important du pays), à ce titre très proche de Veolia, d’intervenir. Cambon nage de concert dans l’eau potable puisque son dauphin désigné à la mairie de Saint-Maurice est le directeur des relations extérieures de la Lyonnaise des Eaux (Suez) et trésorier de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E).

 

Cambon a proposé un amendement au projet de loi sur la transition énergétique (quel joli nom pour une loi !) autorisant de nouveau les coupures d’eau, sauf pour les bénéficiaires d’aides sociales. Nos bons maîtres sont trop bons. Y compris Ségolène Royal qui s’est rangée du côté du sénateur. Pour justifier ce revirement, Cambon et les siens ont avancé un argument à leurs yeux imparable : parmi les non payeurs, de mauvais citoyens pourraient payer mais ils se soustraient à cette obligation. Je parierais ma dernière gourde que Cambon sera volontaire pour trier le bon grain de l’ivraie, à savoir les vrais cas sociaux des tricheurs. Il ira de maison en maison avec sa baguette de coudrier, et alors, gare aux buveurs d’eau !

 

Il n’y a pas qu’à Bruxelles que les lobbies écrivent les lois.

 

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