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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 11:48

Le Grand Soir a tout récemment publié ce texte savoureux de TGB, inspiré par la décision ignoble du maire d'Angoulême (après de nombreux autres maires de France) d'empêcher les clochards, mendiants et autres miséreux (j'ai expulsé l'acronyme "SDF" de mon langage) de s'assoir sur certains bancs publics de sa ville.

 

Xavier Bonnefont, maire UMP d’Angoulême a un foutu talent. C’est Marcel Duchamp revisité, Magritte réincarné, l’homme politique étriqué reconverti en génie de l’absurde.

 

Oui, une société productiviste qui invente le banc sur lequel il est interdit de s’asseoir ne peut que mériter le respect. Marque lucide d’une civilisation à son apogée ; matérialisation de l’intelligence humaine, dans toute sa quintessence.

 

Déjà en termes économiques c’est prodigieux. Non seulement on produit des bancs, mais ensuite on produit du grillage pour annuler le banc. Faire et défaire étant toujours faire, ça ne peut que mériter le respect.

 

Dans ce registre visionnaire et d’envergure on pourrait facilement décliner le concept et imaginer d’interdire la route aux véhicules, le train aux voyageurs et concevoir un téléphone qui n’appelle personne comme exposer un plug anal géant qu’on ne peut se carrer dans l’oignon.

 

Le boulot sans salaire mais avec expulsion existant déjà.

 

Car il est évident que dans l’histoire du banc, le problème central EST le SDF. Pas la société, ce monde sans pitié qui en fabrique par paquets de mille, pas la cause du désastre social mais bien sa conséquence directe : le pauvre.

 

Faites disparaître le pauvre et vous aurez éradiqué la misère. CQFD.

 

Car toute personne rationnelle et logique vous le dira : si vous voulez supprimer un problème il suffit d’en faire disparaître les conséquences, d’où l’invention de l’homo politicus, cet animal pragmatique de l’hyper compétitif libre et non faussé.

 

Oui s’attaquer aux symptômes paraît autrement plus urgent que de s’attaquer à la maladie.

 

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                                                            Oeuvre de Jeppe Hein

Inventer un banc sur lequel on ne peut s’asseoir c’est comme inventer un monde dans lequel on ne peut ni vivre ni survivre mais où l’on rassure les marchés : le capitalisme.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 06:40

Ne soyons pas alarmistes mais lucides.

 

Récemment, les États-Unis, le Canada et l’Ukraine, ont voté contre une résolution de l’ONU condamnant la glorification du nazisme. Les membres de l’Union européenne se sont abstenus. 

 

La passivité de l’Union européenne face aux nazis, aux cryptos nazis et aux sympathisants nazis quand ils tiennent le haut du pavé ne doit pas surprendre. Un tropisme d’extrême droite s’est installé sur un vieux continent dont on aurait pu penser qu’il était vacciné contre la barbarie fasciste. Parmi les signes qui ne trompent pas, la création d’une force d’intervention militarisée de 3 000 hommes destinée à réprimer brutalement toute contestation populaire ne laisse pas d’inquiéter dans un ensemble qui compte des dizaines de millions de chômeurs et de pauvres.

 

Le rapport de forces mondial est malheureusement très clair. En mai 2013, la banque JPMorgan Chase – qui, comme Warren Buffet, sait qui a gagné la guerre des classes – pouvait se permettre de demander l’abrogation des constitutions démocratiques établies en Europe après 1945. La banque enjoignait l’Europe d’éradiquer les droits sociaux, les droits des travailleurs, leur liberté d’expression en particulier. La « mondialisation libérale », c’est aussi cela. Supprimer l’expression démocratique pour que les grandes banques, les fonds d’investissements puissent spéculer et engranger. L’austérité n’est pas une fatalité ou une douloureuse nécessité mais une arme pour faire taire les oppositions à l’hyperbourgeoisie.

 

Pour que l’ordre règne, pour que le capitalisme puisse mener sa guerre en paix, l’Union européenne s’est donc dotée d’une force d’intervention militarisée de 3 000 hommes, une gendarmerie européenne plus connue sous le nom de EuroGendFor. Elle est basée en Italie, à Vicence. Sa langue de travail est la langue des Parties mais, dans les faits, le Wall Street English.

Union Européenne : la dérive fascisante

On ne pourra pas éternellement jouer à faire revoter les peuples qui ont mal voté ou à contourner des référendums par des voies législatives honteuses. La démocratie formelle étant régulièrement bafouée, les expressions populaires seront de plus en plus radicales, violentes, désespérées. D’où la nécessité de prévoir des moyens de répressions coordonnés, européens quoi !

 

En 1935, Georgi Dimitrov définissait le fascisme comme la dictature terroriste ouverte de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste monopoliste. Il distinguait le fascisme de la dictature réactionnaire classique, l’élément discriminant étant le modernisme et le caractère de masse. On verra plus tard Franco désarchaïser l’économie espagnole avec les technocrates de l’Opus Dei, et surtout Pinochet être le premier expérimentateur des idées de Hayek et de Friedman. En tout état de cause, pour la bourgeoisie, le fascisme est le moyen le plus sûr de spolier les travailleurs, ce que mes concitoyens héninois finiront peut-être par comprendre.

 

Selon ses statuts, l’EuroGendFor, seule ou conjointement avec d’autres forces répressives, doit être capable d’effectuer toutes les missions de police durant toutes les phases d’une opération de gestion de crise. L’EuroGendFor peut être subordonnée à des autorités civiles ou militaires. Il est fait appel à elle pour des missions de sécurité et d’ordre public ;
 pour surveiller, conseiller, encadrer et superviser les polices locales dans leur travail quotidien ;
 pour surveiller l’espace public, régler la circulation, contrôler les frontières et effectuer des missions générales de renseignement ;
 pour effectuer des enquêtes criminelles, notamment découvrir des délits, retrouver les délinquants et les livrer aux autorités judiciaires compétentes ;
 pour protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics.

 

Comme le jour viendra sûrement où les Grecs en auront assez de s’entendre dire par les Allemands qu’ils prennent trop de vacances, où les Français seront lassés d’entendre ces mêmes Allemands critiquer leurs services publics « pléthoriques » ou d’entendre les Britanniques leur reprocher leur code du travail trop rigide, une saine colère risque d’exploser. D’où la nécessité de déployer cette force européenne, pensée par l’ancienne ministre de la Défense Alliot-Marie après les batailles de rue dans les « quartiers » en 2005.

 

L’EuroGendFor cumule les fonctions de police, police judiciaire, gendarmerie (armée) et services secrets. Dans son langage, réprimer des révoltes se dit garantir la « sécurité en territoires de crise européens ». Plus cette police européenne sera nombreuse et compétente moins les États auront à utiliser leurs propres forces de répression.

Union Européenne : la dérive fascisante

C’est le Traité de Velsen (septembre 2012) qui règle les interventions d’EuroGendFor. Un « conseil de guerre », sous forme de comité interministériel composé des ministres de la Défense et de la Sécurité des pays membres de l’UE participants, décide de la stratégie d’intervention. La troupe peut être mise en marche soit sur demande, soit après décision de l’UE.

 

« EuroGendFor » est une troupe policière paramilitaire et des services secrets. Ne peuvent rejoindre EuroGendFor que les États disposant d'une police à statut militaire (la grande majorité des pays européens, donc). Elle unit tous les pouvoirs et moyens militaires, policiers et de services secrets qu’elle peut exercer en collaboration avec des troupes nationales de police et d’armée, après être mandatée par une cellule de crise interministériel dans chaque lieu pour la lutte contre des troubles, contre des révoltes et contre de grandes manifestations. Le ministère fédéral de la Défense a salué l’EuroGendFor en ces termes : « Police ou Armée : Une gendarmerie européenne promet la solution. »

 

De même que l’armée française affiche des slogans particulièrement creux (« Devenez vous-même », « Pour moi, pour les autres, s’engager »), que l’armée britannique met l’accent sur la formation des esprits (« Mind the gap »), la devise de la gendarmerie européenne est très rassérénante : « Lex Paciferat » (la loi apportera la paix). Cela dit, même si ses soldats doivent respecter le droit en vigueur de l’Etat dans lequel ils interviennent, tous les bâtiments et tous les terrains pris par les troupes sont exterritorialisés et ne sont plus accessibles, y compris pour les autorités nationales. Mais, pour les responsables européens, ne pas devoir utiliser leurs propres forces de répression sera un atout, d’autant qu’on imagine mal les « eurogendarmes » retourner leurs fusils contre leurs supérieurs.

 

La création de cette gendarmerie européenne sans état d’âme peut être replacée dans le contexte plus général du mercenariat. On peut se dire que, quand les Romains ont utilisé de plus en plus de mercenaires, ce fut le commencement de la fin de l’Empire …

 

PS : Les pays membres fondateurs de ce corps furent la France (Gendarmerie nationale), 
l’Espagne (Guardia Civil),  le
 Portugal (Guarda Nacional Republicana), l’Italie (Carabinieri), les
Pays-Bas (La Marechaussee royale – Koninklijke Marechaussee). La Roumanie a rejoint cette force d’intervention (Jandarmeria Romana). Sont partenaires : la Pologne (Gendarmerie militaire – Żandarmeria Wojskowa) et la Lituanie (Viesojo Saugumo Tarnyba). La Turquie a un statut d’observateur (Jandarma).

 

 

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 06:11

Nigel Farage, le chef du parti d’extrême droite UKIP, descend d’un huguenot français et a du sang allemand dans les veines. Normal qu’il soit suspicieux des immigrés.

 

Il dit ne plus reconnaître un pays dans lequel il est de plus en plus difficile d’entendre des gens parler anglais.

 

Il assimile les immigrés porteurs du virus du sida à des meurtriers. Il estime par ailleurs que si la tuberculose se propage au Royaume-Uni, la faute en est aux immigrés d’Europe du Sud et de l’Est.

 

Selon Farage, le pays est victime d’une « vague de criminalité sans précédent » de la part des Roumains. 92% des délits commis contre les distributeurs de billets sont commis par des Roumains. Selon lui, ces derniers pénètrent dans le pays à raison de 10 000 par semaineEn revanche, Farage est favorable à une immigration irlandaise plus forte.

 

Les immigrés sont la cause du chômage des jeunes (22%). Il s’oppose aux prestations sociales pour les immigrés. Selon lui, la politique sociale en France est « du communisme moderne ». Il estime qu’en Grèce, Espagne et Portugal la révolution est pour demain et impliquera de nouvelles vagues d’immigration au Royaume-Uni.

 

Farage impute aux immigrés qui se ruent sur les logements sociaux (même ceux qui sont sans emploi et n’ont pas d’affiliation à la sécurité sociale) et … à « l’argent des Grecs » l’augmentation du prix de l’immobilier à Londres.

 

Farage estime que la montée de l’antisémitisme est due à l’influence des musulmans dans le pays.

 

Il est cependant un domaine dans lequel les immigrés « exotiques » trouvent grâce aux yeux de Farage : la nourriture, bien meilleure depuis qu’ils ont envahi le pays.

 

C’est amusant, mais je m’étais fait la remarque dans le dernier paragraphe d’un livre que j'avais publié en 1971. Farage avait sept ans. Le Farage de l’époque était Enoch Powell. Nettement plus sinistre, mais infiniment plus cultivé. Il fut nommé professeur de grec à l’université de Sidney à l’âge de vingt-cinq ans, déçu de ne pas avoir battu le record de Nietzsche, son idole, professeur à 24. Il connaissait l’urdu, le gallois et le portugais.

 

Farage est un ancien agent de change. Il a quitté l’école à l’âge de 16 ans. Autres temps, autre mœurs.

La faute aux immigrés, selon Nigel Farage
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 06:19

Tout ce qui est important pour la vie des Français, des travailleurs et des retraités en particuliers, et qui relève du pouvoir exécutif, est désormais conseillé, impulsé, décidé par Bruxelles.

 

Sous l'autorité de son patron-voyou qui a organisé une évasion fiscale à très grande échelle pendant plus de vingt ans, Bruxelles est tout à fait favorable au crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Elle demande un accroissement de la réduction des cotisations patronales et, si possible, le maintien au plus bas niveau des salaires déjà les plus bas. Cela ne peut être réalisé qu’en diminuant la protection sociale.

 

Bruxelles est défavorable à la « rigidité du marché du travail ». Elle souhaite une « réforme » de l’assurance-chômage, une « libéralisation » du code du travail et des procédures de licenciements, une baisse des cotisations sociales et des prestations pour les chômeurs.

 

La Commission souhaite également une réduction des dépenses en matière de sécurité sociale : soins de santé, dépenses pharmaceutiques, ce qui contribuera à légitimer une médecine des riches et une médecine des pauvres.

 

Bruxelles veut supprimer tous les régimes de retraite spéciaux et « réformer » les régimes complémentaires. Alors que l’espérance de vie stagne, quand elle ne diminue pas, et que la productivité augmente régulièrement, la volonté est, par exemple, d’augmenter l’âge de la retraite et de supprimer les statuts des intermittents du spectacle et des employés de la SNCF.

 

Bruxelles s’est félicitée du « plan de simplification » cher à Hollande. Elle encourage à revoir les critères de tailles fixés dans la réglementation dans le but « d’éviter les effets de seuils ». Elle souhaite la pérennisation du crédit impôt recherche.

 

 

Bruxelles s’est réjouie de la réforme territoriale française qui va rendre possible une véritable mise en concurrence des régions, et qui vise à terme à la fin de la puissance étatique. Cette réforme réduira également les dotations de l’État. Les régions seront pilotées par Bruxelles et, l’État se désengageant, les inégalités interrégionales ne feront que croître.

 

Bruxelles souhaite que la France continue de s’engager hardiment dans la déréglementation de professions réglementées (taxis, notaires, pharmaciens) pour que celles-ci ouvrent leurs activités lucratives aux monopoles. Elle souhaite également qu’elle dérégule plus encore les horaires des commerces de détail et qu’elle supprime l’interdiction de vente à perte.

 

Pour ce qui est de l’énergie, chacun devrait être autorisé à vendre tout et n’importe quoi : il est bon que les gaziers puissent vendre de l’électricité, que les électriciens puissent vendre du gaz, que les postiers puissent vendre des communications téléphoniques et que les fabricants de serviettes puissent vendre des torchons. Ceci en permettant la concurrence « libre et non faussée » en provenance de l’Europe qui fera rouler les trains allemands en France et les trains français au Danemark.

 

A-t-on vraiment besoin d’un gouvernement pour appliquer tout cela ? Une bonne police et une bonne gendarmerie avec grenades devraient suffire à empêcher le peuple de s'égarer face à des gouvernants à bout de souffle et qui renient les rares promesses qu'ils s'autorisent.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 07:34

L'absinthe. La "fée verte", qui connut le succès que l'on sait au XIXè siècle (voir L'Assommoir de Zola, Van Gogh qu'elle ne contribua pas à calmer) fut interdite en France de 1915 à 2011. C'est d'ailleurs pour pallier cette interdiction que Jules-Félix Pernod créa le pastis en 1918. Il y a un peu d'absinthe dans la Jenlain, cette excellente bierre du Nord. Pour ceux qui n'en n'ont jamais bu, l'absinthe, c'est délicieux. Un peu fort, certes …

 

Les Kinder Surprise. Depuis 1938. Le Federal Food Dry and Comestic Act interdit «  la vente de toute sucrerie contenant en son sein un jouet ou tout autre babiole (“ trinket ”) ». Cela fait bientôt 80 ans que Ferrero essaie vainement de faire abolir cette loi.

 

La panse de brebis farcie. Le haggis, cher à Jacques Baudoin. Il est interdit de manger du poumon aux États-Unis car il contient trop de bactéries.

 

Le Petit chaperon rouge. Pas pour ses connotations sexuelles mais parce que la petite fille porte une bouteille d'alcool dans son panier. Ici, d'autres classiques interdits, pour un temps, aux États-Unis.

 

Le foie gras est interdit en Californie. Mais il n'est pas interdit de se gaver de Burgers.

 

L'abattage des chevaux dans tous les États-Unis et leur consommation dans l'Illinois et en Californie.

 

La balle au prisonnier dans le New Hampshire car c'est un sport “ intimidant ”.

 

Après l'assassinat d'un enfant de 12 ans qui jouait bêtement avec un pistolet en plastique, on peut penser que ces jouets seront interdits avant les vraies armes de la mort qui tue.

Aux États-Unis, on interdit …
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 11:27

On se les encadre et on retient bien leur nom.

 

L'Assemblée nationale a voté, ce mercredi 26 novembre, sur une proposition de résolution "visant à réaffirmer le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse en France. Le texte était présenté 40 ans jour pour jour après l'ouverture des débats sur la loi Veil, le 26 novembre 1974. 

143 députés ont voté pour, sept contre, donc cinq élus UMP : Xavier Breton, Nicolas Dhuicq, Yannick Moreau, Jean-Frédéric Poisson et Olivier Marleix. Les quatre premiers faisaient partie des plus farouches opposants au mariage pour tous.

Deux autres députés ont voté contre : l'UDI Jean-Christophe Fromantin et l'élu d'extrême droite Jacques Bompard.

Gilbert Collard, député affilié FN du Gard, s'est quant à lui abstenu.

Sept députés hostiles au droit à l'IVG
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 06:37

Je hais cette phrase de Pétain : « Français, vous avez vraiment la mémoire courte ». Un avertissement lancé par ce collaborateur égrotant qui a senti que l’opinion publique avait commencé à se détourner de lui. Heureusement qu’il lui restait – n’est-ce pas Zemmour ?, la tâche de sauver des Juifs.

 

De toute façon, si les Français ont la mémoire courte, ils ne sont pas les seuls au monde. Et puis l’enseignement de l’histoire, de plus en plus congru, y est sûrement pour quelque chose. Un enseignement qui ne hiérarchise plus et qui ne met plus en perspective.

 

Cela dit, je suis tout de même un peu étonné – voir les sondages – par l’engouement que suscite Alain Juppé dans la population. Dans les médias, c’est normal. Les « idiots utiles » ont toujours besoin de se mettre une personnalité de droite sous la dent. On les a vus aux basques de Balladur, de Villepin, de DSK, à la recherche du meilleur serviteur de l’hyperbourgeoisie. Tous ont sombré. Même s’il est plus malin que la moyenne (« le meilleur d’entre nous », pas vrai ?), à la place de Juppé, je me méfierais.

 

Juppé part avec un gros avantage. Il a face à lui, non pas Hollande, mais Sarkozy. Un type usé qui n’est plus que la caricature de la caricature qu'il était déjà, qui est redevenu le simple apparatchik qu’il n’aurait jamais dû cessé d’être, qui se contredit tous les deux jours en raclant ce qu’il y a de plus âcre dans l’opinion publique de droite et d’extrême droite. Il suffira donc à Juppé de ratisser plus large vers le centre (d’où son rapprochement avec Bayrou) pendant que Sarkozy s’efforcera en vain de capter un électorat fermement acquis à Le Pen. Face aux gesticulations du kleiner Mann, Juppé va la jouer tranquille, solide et cohérent. Entre un anxiogène bling-bling et un vieux sage rassurant (l’âge va devenir un atout), les Français de droite – et ceux perdus pour la gauche – n’hésiteront pas.

 

Mais, bon sang de bonsoir, comment les Français peuvent-ils s’emballer pour un tel politique ?

 

Revenons brièvement sur son parcours. En 1986, Juppé, qui a su habilement louvoyer entre Chirac et Balladur (« Je soutiens Édouard Balladur mais je suis fidèle à Jacques Chirac »), est ministre délégué au Budget, ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation, également porte-parole du gouvernement. Il met en œuvre une baisse de la fiscalité, en particulier la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes. Il fait passer l’impôt sur les sociétés de 50 à 42% et supprime la taxe sur les frais généraux. En contrepartie, si je puis dire, il abaisse les différents taux de TVA. Aux entreprises, il offre par ailleurs la loi dite « Aicardi », ce que les spécialistes appellent le « rescrit fiscal ». Ce procédé, inspiré de nos voisins britanniques, permet au contribuable de consulter l’administration à propos du montage juridique – forcément original et favorable à ses intérêts – qu’il souhaite mettre en œuvre, et de se mettre à l’abri d’une éventuelle poursuite.

 

Lors de la deuxième cohabitation, Juppé, ministre des Affaires étrangères, joue un rôle indéniablement positif dans le processus d’Oslo. En 1995, Chirac le nomme Premier ministre. Dans son discours d’investiture, Juppé assure que son objectif prioritaire est – vous l’auriez deviné – l’emploi. Dans un premier temps, il féminise le gouvernement. 12 des 43 membres, dont 4 ministres de plein exercice et 8 secrétaires d’État, sont des femmes, que les médias surnomment, de manière un peu sexiste, les « juppettes ». Lors du second gouvernement Juppé, elles sont toutes virées, six mois plus tard, à part quatre d’entre elles. La féminisation chiraco-juppéiste montrait ses limites.

 

Juppé est rattrapé par une première affaire, dans laquelle il ne sert pas de paravent à Chirac mais où il est pleinement responsable. En janvier 1993, Philippe Lafouge, délégué général au logement à Paris, et qui a lui-même bénéficié pendant des années d’un bel appartement loué à prix d’ami, rédige, pour Alain Juppé, adjoint aux finances de la ville, une note sur le loyer fixé pour un appartement municipal rue Jacob. Lafouge propose 6913,28 francs pour 88 m2. Juppé corrige : « Arrondi à 6 000 francs ». Le futur locataire n’est autre que son fils Laurent. Juppé va justifier cette baisse par le « souci d’éviter un dérapage généralisé des loyers de la ville de Paris. » Un avocat d’à peine trente ans conseille l’Association de défense des contribuables parisiens : Arnaud Montebourg qui estime que l’homme politique confond intérêt public et intérêt privé. Il demande au procureur de Paris, Bruno Cotte (qui n’est pourtant pas un tendre : en 2002, il rejettera la requête en révision du procès d’Omar Raddad, puis en 2004 celle de Cesare Battisti), de poursuivre Alain Juppé. Une semaine plus tard, un temps record pour la justice, Cotte estime que Juppé n’a commis aucun délit d’ingérence puisqu’il n’avait aucun intérêt personnel dans l’attribution du logement de son fils. Pour que son fils se sente bien dans cet appartement, la Ville de Paris fait procéder à 381 390 francs de travaux. À ce moment précis (janvier 1993), rien n’indique qui sera le locataire des lieux. Mais en avril, une note du chef de cabinet de Jacques Chirac, à la Mairie, indique à Lafouge: « J'ai l'honneur de vous informer qu'il y a lieu d'attribuer le logement de trois pièces de 88m2 situé au troisième étage de l'immeuble communal rue Jacob à Paris VIe à M. Laurent Juppé. »

 

En quelques mois, la popularité de Juppé passe de 63 à 37%. Les Français ont peut-être la mémoire courte, ils ne sont en rien des blaireaux. Comme il n’est guère dans la nature de Juppé d’avoir tort et de faire preuve de souplesse, il déclare, on s’en souvient : « Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France ».

 

L’impopularité croît avec le tristement célèbre « Plan Juppé » de « réforme » de la Sécurité sociale défendu à l’Assemblée nationale le 15 novembre 1995. Ce plan annonce un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les fonctionnaires afin de l'aligner sur celle du secteur privé déjà « réformé » en 1993, l'établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladie et la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l'accroissement des frais d’hospitalisation, des restrictions sur les médicaments remboursables et le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies, enfin l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs, ainsi que le gel du salaire des fonctionnaires. Pour sa part, Juppé va bénéficier dans le même temps, en toute légalité, d’une retraite à 57 ans et demi (comme Claude Goasguen). La réaction populaire ne se fait pas attendre. Malgré le soutien de la CFDT de Notat (la future présidente du Siècle est systématiquement favorable au nivellement par le bas), les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 font plier le « droit dans ses bottes » qui cède sur l’extension au régime public des mesures décidées deux ans plus tôt par Balladur pour les retraites du secteur privé.

 

Juppé poursuit les mesures de privatisation entamées en 1986 : Péchiney, Usinor-Sacilor, la Banque française du commerce extérieur, la Compagnie générale maritime, les Assurances générales de France, Bull, d’autres encore. 40 milliards de francs tombent dans l’escarcelle de l’État. Juppé, « le meilleur d’entre nous », le plus intelligent, décide de vendre au groupe Daewoo (qui se porte fort mal) Thomson Multimédia, l'un des fleurons de l’industrie française, pour 1 franc après recapitalisation par l’État. Thomson Multimédia détient alors les brevets et licences de la totalité des supports numériques sur disque (CD, CD-Rom, LaserDisc, DVD, disques magnéto-optiques, disquettes) qui rapportent un énorme paquet de royalties. Heureusement, la vente n’a pas lieu.

 

Juppé a également dû quitter son propre appartement, bien sûr loué à un prix d’ami. Le procureur de la République de Paris, l’incontournable Bruno Cotte, a considéré que le délit de « prise illégale d'intérêts » était établi. Ce dernier annonce cependant son intention de classer le dossier si Alain Juppé libère les lieux. Le procureur général près la cour d’appel de Paris, Jean-François Burgelin, publie alors un communiqué, approuvé par le ministère de la Justice, affirmant que l’infraction n’est pas constituée et qu’elle est de toute façon prescrite. Juppé déménage.

 

 

En 1999, va lui tomber dessus l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. La magouille vient de Chirac, mais Juppé va tout organiser et tout couvrir. Il est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du RPR et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. La justice considère que Juppé est au centre d’un système d’emplois financés par la mairie de Paris et des entreprises souhaitant passer des contrats publics. Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité. La cour juge qu’il a « délibérément recouru à des arrangements illégaux » pour favoriser son parti, que la nature des faits était « contraire à la volonté générale exprimée par la loi » et qu'il avait « trompé la confiance du peuple souverain ». La condamnation est inscrite à son casier judiciaire. Juppé interjette un appel suspensif. La cour d’appel réduit la condamnation à 14 mois de prison avec sursis (un président de la République condamné à 14 mois de prison !), mais, surtout, elle ramène l'inéligibilité à un an. Ce qui n’obère pas sa carrière politique.

 

La cour d'appel indique : «  Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés. Toutefois, M. Juppé s'est consacré pendant de nombreuses années au service de l’État, n’a tiré aucun enrichissement personnel de ces infractions commises au bénéfice de l'ensemble des membres de son parti, dont il ne doit pas être le bouc émissaire.  »

 

Le bouc émissaire, sûrement pas. Un organisateur complice qui a mis ses très grandes « qualités intellectuelles » au service de la corruption, cela ne souffre aucun doute. Chirac, pour qui Juppé a peut-être payé, sera condamné à deux ans de prison avec sursis en 2011. Malgré, nous disent les médias, sa très grande popularité dans l’opinion publique française.

 

Juppé démissionnera de son mandat de maire de Bordeaux, puis sera réélu dans un fauteuil après un an d’enseignement au Canada et des mois de « tentation de Venise ».

 

Le privatiseur, le casseur de Sécu, a adopté ces dernières années un profil plus centriste : contre le bouclier fiscal, pour la taxe carbone, contre la déchéance de la nationalité française.

 

Posture…

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 08:04

Non, pas celui-là, l'autre.

 

Construit dans l'illégalité la plus totale. On n'entend guère les grands de ce monde protester contre cette horreur qui, pour finir, ne sert pas à grand-chose.

 

Comparé à ce mur, celui de Berlin était petit bras.

Le Mur de la honte

Parfois, des brèches …

Le Mur de la honte
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 06:13

En avril 2012, j’avais consacré une chronique aux mensonges éhontés de Sarkozy), au fait que, chez ce Pinocchio peu sympathique, le mensonge était une seconde nature. À mes yeux, la pire de ses hâbleries, quasiment un baiser de Judas, avait été son affirmation, devant un ouvrier complètement désarmé, que jamais il ne privatiserait Gaz de France, alors qu’en sous-main il étudiait la question au profit de quelques copains à lui bien choisis.

Ses impostures, qui confinent à la mythomanie, nous sont revenues avec son entrée en campagne. En m’aidant du blog d’Arnaud Mouillard, je reviens sur les douze principaux mensonges du kleiner Mann.

 

 

HEURES SUP

«Les heures sup faisaient gagner entre 150 et 300 euros de plus par mois à neuf millions de Français.»

Les chiffrages de Nicolas Sarkozy sur ce point, frisent systématiquement le n’importe quoi : jusqu’à 300 euros par mois pour tout le monde à Toulouse, 150 à 200 à Marseille… En fait, c’était plutôt autour de 500 euros… par an.

 

SUCCESSIONS

«On a supprimé l’impôt sur les successions pour 95% des familles françaises.»

La loi Tepa de 2007 (Travail, emploi et pouvoir d’achat), encore elle, a effectivement permis que plus de 90% des successions soient exonérées d’impôts. Mais ce que l’ancien président omet systématiquement de préciser, c’est que c’était déjà le cas avant cette loi… pour 75% des succession.

 

AIDE MÉDICALE D’ETAT (AME)

«L’Aide médicale d’Etat a augmenté de 50% entre 2012 et 2013. On est passé de 500 à 800 millions d’euros.»

L’ancien président de la République s’est fermement opposé à l’Aide médicale d’Etat, dispositif d’urgence pour les sans-papiers. En 2012, il le défendait au nom de «l’honneur de la France» ; désormais, c’est «un trou dont on ne sait même pas à quoi il sert».

 

SYNDICATS

«En 2012, tous les syndicats ont appelé à voter François Hollande.»

En fait, la plupart avaient refusé de donner des consignes de vote.

 

ABSENTÉISME DANS LA FONCTION PUBLIQUE

«Depuis que le jour de carence a été supprimé, les statistiques sur l’absentéisme dans la fonction publique ont disparu.»

Nicolas Sarkozy jure que, comme par hasard, les statistiques sur l’absentéisme dans la fonction publique ont disparu en même temps… En réalité, les statistiques n’ont jamais été aussi à jour, mais il est simplement trop tôt pour avoir des données sur 2014…

 

 

COMPTES DE CAMPAGNE

«"Deux notes de Bercy" ou "le Conseil constitutionnel" récuse(nt) tout reproche à mes comptes de campagne de 2012.»

Ni le Conseil constitutionnel, ni le ministère de l’Economie et des Finances ne règlent, de près ou de loin, la question. N’en déplaise à l’ex-président-candidat

 

 

AGRESSIONS SEXUELLES

«J’ai fait scandale en créant le fichier des empreintes génétiques pour les délinquants sexuels. Il permet d’élucider un viol sur deux.»

En fait, ce n’est pas lui qui a créé le fichier; les critiques n’ont jamais porté sur son existence en tant que telle et on élucide plus d’un viol sur deux depuis bien plus longtemps que tout cela n’existe.

 

ASSISTANAT

«Il y a des gens qui gagnent davantage avec les allocations et l’assistanat que ceux qui travaillent.»

C’est faux, et c’est même son ancienne ministre Rosine Bachelot qui en avait apporté la preuve

 

GESTATION POUR AUTRUI (GPA)

«Il n’y a qu’un seul moyen d’éviter la GPA : il faut revenir sur le mariage pour tous.»

Nicolas Sarkozy paraphrase… Eric Zemmour, en affirmant que la jurisprudence française et européenne rend ce lien de cause à effet inéluctable, ce qui est faux.

 

FONCTION PUBLIQUE

«On a supprimé 160 000 postes de fonctionnaires entre 2007 et 2012. Les collectivités locales de gauche en ont recréé autant.»

Non seulement la moitié de la hausse des effectifs des fonctionnaires territoriaux, sur la période, est due aux transferts liés à la décentralisation, et non à des embauches.

 

DÉLINQUANCE

«5% des délinquants font 50% de la délinquance.»

L’ancien président de la République adore cette statistique qui ne se fonde pourtant sur absolument rien de concret. En fait, il transforme une étude de 2001 sur 2 300 jeunes de 13 à 19 ans dans des collèges et lycées de Saint-Etienne et Grenoble en vérité générale absolue, tout en gonflant les chiffres au passage. Admirable.

 

GENRE

«Lors de la journée de la femme, la gauche a dit aux garçons de s’habiller en filles.»

Surfant sur la vague de la prétendue « théorie du genre », Nicolas Sarkozy accuse la gauche d’avoir fait s’habiller les garçons en fille, transformant la journée de la femme en « journée de la jupe ». Tant pis s’il ne s’agit que d’une initiative lycéenne isolée et peu suivie dans la région nantaise. Rappelons ce que le peu cultivé Sarkozy ne peut savoir : l’expression « théorie du genre » est une contamination de l’anglo-étasunien. En français, une théorie est une construction de caractère hypothétique. En anglais, theory a également le sens de simple hypothèse : « My theory is… ».

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 08:42

 

PAS DE TÉLÉPHONES PORTABLES !

Sans le travail de ces enfants …
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