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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 04:56
Pour ceux qui en douteraient encore, cet événement lamentable, honteux et scandaleux, confirme qu'il existe une alliance objective entre le sommet de l'État (le banquier éborgneur et emmerdeur, pour ne pas le nommer) et les cailleras.

Lorsqu'il s'agit de flinguer des Gilets Jaunes, ou des manifestants en général, l'employé de Rothschild sait employer la police à qui il donne des ordres d'extrême fermeté. Au Stade de France, il n'y avait pas assez de policiers et les présents couraient et gigotaient dans tous les sens dans la plus totale inefficacité.

Des centaines de millions de spectateurs ont été témoins de l'impéritie des forces de l'ordre, mais aussi de leur rage.

Il faut se rendre sur les sites anglais pour comprendre à quel point le banquier et ses alliés objectifs ont, hier, sali à jamais l'image de la France.

Je citerai d'abord ce supporter anglais :

“L’après-match d’hier soir était le plus effrayant que j’ai jamais vécu. Des gangs organisés se sont mis à agresser les fans qui partaient. Nous avons été poursuivis par un gang de voyous sur le chemin du métro. Pas un policier en vue. J’ai été témoin de tant d’embuscades contre des spectateurs sans méfiance. Scandaleux ”.

Écoutons Jim Beglin, commentateur télé et ancien footballeur professionnel :

“L’après-match d’hier soir était le plus effrayant que j’ai jamais vécu. Des gangs organisés se sont mis à agresser les fans qui partaient. Nous avons été poursuivis par un gang de voyous sur le chemin du métro. Pas un policier en vue. J’ai été témoin de tant d’embuscades contre des spectateurs sans méfiance. Scandaleux”.

Le témoignage d'Amaury Brelet, journaliste web est saisissant :

"En plusieurs années de Saint Denis, je n'ai jamais vu un tel acharnement sur des victimes et une telle multitude d'actes de délinquance. C'était vraiment un carnage."

Á noter également le témoignage d'un député espagnol : « Je retranscris ce qui m’a été relaté par l’une de mes connaissances, qui me dit toujours qu’on a tendance à trop criminaliser l’immigration : “Ce que j’ai vécu aujourd’hui à Paris m’a fait penser différemment. La police n’a rien fait. Indescriptible. Des voleurs nous ont attaqués deux fois. Nous allons bien mais nous sommes traumatisés. A l’entrée et à la sortie. Avec des enfants de 9 et 5 ans. Ils ont gâché notre fête. »

Une petite dernière pour la route : le journaliste Steve Douglas a été contraint par la sécurité d’effacer ses vidéos de la bousculade, sous peine de se voir interdire l’accès au stade.

Pour notre ministre de l'Intérieur, les responsables sont les fraudeurs anglais avec leurs faux billets d'entrée. Dans Darmanin, il y a nain.

 

PS : Pendant ce temps-là, l'équipe de Rugby de La Rochelle remportait un titre européen dans la joie et la ferveur communicatives. Il y a une soixantaine d'années, un Anglais forgea une définition qui est restée dans les mémoires, d'une part parce qu'elle reflétait peu ou prou la réalité, d'autre part parce qu'elle avait à voir avec la société de classes : “Football is a gentleman's game played by ruffians ; rugby is a ruffian's game played by gentlemen ” (le football est un sport de gentilshommes joué par des voyous ; le rugby est un sport de voyous joué par des gentilshommes). Á noter qu'on peut être les deux, comme le remarquait Joseph de Maistre à propos de Napoléon : “ Il a usé de la victoire d'Iéna bien autrement qu'à Vienne où il avait fait le gentilhomme. À Berlin, il a été barbare à l'excès ”.
Dans l'école privée d'Eton une compétition grotesque datant de 1766 combine le rugby et le football : le wall game (le jeu de mur). Il a été qualifié par certains comme le sport le plus con du monde : “ Peut-on imaginer un sport plus exclusif et élitiste ? Un seul terrain, pas de ligue ni de fédération, et un seul match qui compte réellement dans la «saison», le samedi précédant la Saint-Andrew (le 30 novembre) ” (Laurent Favre). Avant Harold Macmillan et Boris Johnson, George Orwell y a joué une fois en 1921. On le voit ici (quatrième en partant de la gauche) se rendant à la compétition. Ce très court film est historique et pour moi très émouvant car c'est le seul film sur lequel apparaît le futur auteur de 1984.
 
Sur la photo, Orwell est en 3 1.
Stade de France : une honte française
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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 05:07

En broutant récemment sur Facebook, je tombe sur quelqu'un de ma génération s'appelant Charles Humez. Mon sang ne fait qu'un tour et je lui demande s'il est de la famille de … Charles Humez, ancien grand champion de boxe français. La réponse est oui ! Né en 1927, le grand boxeur était de la génération de mes parents. Originaire de la ville minière de Méricourt, il s'entraîna longtemps à Hénin-Liétard, dans la salle des sport de Louis Sion, à trente mètres de l'école primaire où mon père exerçait et où j'étais moi-même élève. C'est ainsi que mon père, ancien athlète de bon niveau, et lui firent connaissance. Et c'est ainsi que je fis la connaissance de Mona, la fille très mignonne des époux Humez. Sur la photo du milieu, on peut voir Charles réparé par le docteur Deltombe, qui était notre médecin de famille et qui aida ma mère, en 1953, à mettre au monde mon frère en lui racontant toute la nuit des histoires de carabin...

 

Charles Humez disputa 300 combats en tant qu'amateur en plus de 100 chez les professionnels (94 victoires dont 47 avant la limite). Il fut champion du monde amateur, champion de France professionnel et champion d'Europe des poids moyens.

 

Sur le ring, c'était un sacré dur à cuire. Dans la vie, il était affable et modeste. Quant à Mona...

 

Il décéda, trop jeune, d'une congestion cérébrale, à Bois-Bernard,  là où mon arrière-grand-mère paternelle, vers 1948-1949, me promenait tous les jours parce qu'il y avait un bois où mes poumons d'enfant prématuré pouvaient s'oxygéner. 

 

Je reprends ici de larges extraits de la page Wikipedia qui lui est consacré.

 

Charles Humez nait en 1927, à Méricourt dans le Pas-de-Calais. Ses parents tiennent une boucherie qui nourrit péniblement la famille de cinq personnes. Les revenus sont modestes puis le commerce doit fermer. En 1933, la famille s'installe à Fouquières-lès-Lens. Charles suit les cours de l'école communale. Le 19 avril 1941, son père décède. Charles doit quitter l'école pour travailler afin de contribuer à l'existence de la famille. Il est aide-cimentier puis entre aux Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais à la fosse 7 de Fouquières.

 

C'est en 1941, à lace de 14 ans, qu'il entre dans une salle de boxe. Il se révèle doué, réceptif aux conseils professeur Jean-Baptiste Tornu. C'est une force de la nature qui s'est endurcie à la mine où il déchargeait des wagons remplis de terre. Payé à la pièce, 12 francs les dix tonnes. Il déchargeait 100 tonnes par jour en s'étant fabriqué" une pelle sur mesure nettement plus large que le modèle officiel de la compagnie.

 

Au début de sa carrière de boxeur, il continue de travailler sur le terril, de 7 heures du matin à 17 heures.

 

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le ravitaillement manque souvent. Son frère Désiré, prisonnier évadé, doit se présenter deux fois par semaine à la Kommandantur de Lens. Malgré son jeune âge, Charles intègre les FFI, dont il porte la carte en septembre 1944.

 

Il se marie à Fouquières en 1945, à l'âge de 18 ans. Il entre la même année à la centrale électrique d'Haynes (où mon père va occuper son premier poste d'instituteur) et travaille jusque'à son passage chez les professionnels en 1948.

 

Après avoir mis fin à sa carrière de boxeur à 32 ans, en 1959, il revient à Hénin-Liétard, dirige une entreprise de transports, reprend un café et gère trois laveries automatiques.

 

Il s'exhibe dans quelques combats de catch pour mettre du beurre dans les épinards.

 

On l'a considéré à juste titre comme le meilleur boxeur français de l'après-guerre, derrière Marcel Cerdan. Après Georges Carpentier, né à deux pas, qui sera le premier français champion du monde de boxe anglaise et qui mènera par la suite une carrière mondaine ébouriffante (fréquentant l'Aga Khan, Louis Renault, Maurice Maeterlinck, Nijinski, Charlie Chaplin, Mistinguett, la Belle Otero), Charles marqua les esprits par sa carrière exemplaire.  

 

Charles Humez n'a pas atteint les sommets de popularité des deux boxeurs cités ci-dessus, en raison de sa réserve naturelle, et d'un style de boxe, moins marqué par la beauté des gestes que par le souci de l'efficacité, il boxe sans finesse, sans gestes élégants, il boxe pour asséner des coups et gagner. Il est dur au mal et se montre solide encaisseur. De plus, il ne participe pas à la vie parisienne, et préfère, après ses combats, rejoindre sa région natale pour se ressourcer.

 

Après quelques combats, il; s prend dans le club de boxe déHénin-Liétard, où l'entraîneur est l'ancien boxeur  Louis Sion qui va lui apprendre le métier.

 

En 1945, il obtient son premier titre de champion de France en amateur. En 1948, il remporte le tournoi de Chicago, championnat du monde officieux des amateurs. Il est également sélectionné pour les JO de Londres. En 1950, il est champion de France des poids welters en professionnel. En 1952, il devient champion d'Europe dans cette catégorie. En 1954, il devient champion d'Europe des poids moyens. En mars 1958, il bat le champion allemand Gustav Scholz. Lors de la revanche, Charles, sérieusement blessé à la bouche, abandonne. Le seul abandon, avant la limite, de toute sa carrière.

 

Il met fin à une carrière de 16 ans. Il avouera plus tard ressentir une certaine frustration : il aurait voulu au moins une fois « boxer pour le titre mondial, même gratis, puis rentrer à Hénin-Liétard, satisfait. »

 

Le nom du boxeur a été donné à de nombreuses installations sportives et de rues dans la région Nord-Pas-de-Calais. Charles Humez, sa fierté et son courage, ont suffisamment marqué les esprits pour que plusieurs livres, romans ou témoignages, jusqu'à récemment, évoquent explicitement son nom, jusqu'à Frédéric Dard qui cite son nom dans un de ses San Antonio.

 

Á la mémoire de Charles Humez
Á la mémoire de Charles Humez
Á la mémoire de Charles Humez
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17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 05:01

M., une camarade de club de Rébecca, a rédigé ce texte à l'âge de 13 ans. Magnifique !

 

Hé oui je passe ma vie dedans, oui je pue la piscine, oui je ne peux pas rester après les cours parce que j'ai entrainement, oui je nage pendant les vacances et deux fois par jour. Oui je m'entraine 8 fois par semaine, mais tout ça je m'en fous car nager me permet de m'évader dans ce monde inconnu qui m'attire tel un aimant, je suis peut-être folle de faire tout ça à mon âge. Mais cette passion ne me prive pas de la vie : au contraire elle l'embellit. Toutes ces montées d'adrénaline me plaisent, ces douleurs aux entrainements, cette façon de se surpasser comme jamais juste pour pouvoir toucher le mur en premier et pouvoir par la suite sauter de joie et me dire que je n'aurai pas fait tout ça pour rien.

 

La natation est surement un des pires sports... On se tape des bornes et des bornes juste pour nager quelques secondes. Le week-end on se lève a 6 heures du mat' pour aller nager... On est fou. Je suis folle !

 

Tu sais ce qu'est une série en zone 5, on te demande si tu as gagné après une compet’. Tu sens le chlore même après t’être lavé, relavé. On te demande comment tu fais pour faire la galipette pour repartir. T’as pas le temps de faire tes devoirs parce que t’as entraînement. T’as pas envie de nager mais t’y vas quand même. T’as cru que t’allais mourir sur cette série et quand tu l’as fini t’étais plutôt fière. Tu sais dissocier le sprint du fond. On t’a déjà dis « Encore en compet’ ! ». Tu nages toute la semaine pendant que d’autres sortent, mais tu aimes ça. En compet’ tu te lèves à 6h pour aller nager. Tu pars au moins une semaine par an, en stage. Toi, tes vacances, c’est 4 heures de natation par jour. Tu sais ce qu’est un meeting. Tu sais dans quel sens se met un bonnet ! Tu aimes la douche bien chaude après l’entraînement. On t’a déjà dit « Ah la future Laure Manaudou » et tu t’es dit « ils sont loin du compte ». Tu fais la commère dans les vestiaires. Après les vacances d’été, tu dois te défoncer pendant 1 mois et demi avant de récupérer ton niveau. Après qu’on t’a dit : « Pourquoi tu prends un gros sac alors que t’as rien à mettre dedans ? » Tu réponds : « Plaquettes, pull, palmes, serviette, maillot, bonnet, lunettes, claquettes. Et après ça j’ai rien à mettre dedans ? ». T’es crevé après l’entraînement mais t’y retournera le lendemain, surlendemain. Tu dis que la natation ce n’est pas un sport mais une passion. Tu rencontres des gens formidables au bord des bassins. Tu sais ce qu'est un « grand bac ». Tu as toujours une musique dans la tête quand tu nages. Tu sais ce que sont les Suédoises. Tu connais Pmr, La Boutique Du Nageur, Akoah. Tu n’achètes plus tes maillots à Décathlon. Tu connais Swans et Tyr. Tu as déjà eu des putains de crampes. Tu sais que quand le coach s’énerve, c’est pour ton bien. Tu as déjà eu le droit à «T’as les épaules carrées ! ». Tu connais les « Et hop » du coach, par cœur. Tu sais ce que c'est une série en spé. Tu ne peux pas t’empêcher d'aller voir les stands Arena/Speedo/Tyr pendant les compet'. Tu as déjà nagé dans de l’eau gelée. On t'a déjà proposé une sortie pour le weekend et tu as dit : « Peux pas, j'ai compet ». Tu as déjà compté sur celui/celle qui était devant pour compter les longueurs parce que toi ça te les cassait. On t’a déjà demandé comment tu fais pour pas être morte après avoir fait 50m « aussi vite ». Tu sais ce qu’est un “ 400 quatre ” et un “ 200 pap ”. Tu as une marque de maillot une pièce toute l‘année. Tu sais ce qu'est une chambre d'appel. Tu as déjà dit « Oui, je connais cette ville… Enfin, la piscine de cette ville ». Tu sais à quoi sert l'horloge murale avec les 4 aiguilles de couleur différentes. Tu sais que 3 bornes c'est un entraînement facile. Tu sais que partir premier dans une série, c'est plus dur.

 

Bref, tu sais que la natation c'est bel et bien ta passion.

 

 

La natation, forcément une passion
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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 14:14

Bravo, ma Reb !

Championnats de France universitaires 2022
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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 05:01

La Fédération française du sport universitaire se lance (enfin !) dans l’écriture inclusive. Avec quelques déplorables ratés, malheureusement :

 

  1. Si un nageur.se est qualifié.e
  2. Au vu du nombre de qualifiés
  3. un nageur ou nageuse extérieur.e est autorisé.e à condition que ce.tte dernier.e soit licencié.e
  4. le licencié extérieur
  5. Il ne devra pas avoir participé
  6. Les officiels en formation
  7. est considéré comme officiel, un étudiant titulaire
  8. Une équipe de 10 à 20 nageurs maximum
  9. chaque équipe doit fournir un juge

Plus sérieusement, malgré une mononucléose qui l'handicape encore, Rébecca a remporté deux titres de championne de France universitaire, en relais avec l'équipe de l'université de Lyon (4X50 4 nages et 12X50 mixte). Bravo à elle et à ses camarades !

Natation et écriture inclusive
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17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 05:08

En broutant sur la toile, je me suis souvenu du match de football France/Algérie en octobre 2001. Et cela m’a rappelé “ The Sporting Spirit ”, un article d’Orwell publié en décembre 1945 dans Tribune, un hebdomadaire de la gauche socialiste (pour les grincheux et les gens de mauvaise foi, Orwell était, en 1945, un socialiste de gauche) où l’auteur de La ferme des animaux ne faisait pas dans l’angélisme : « Le sport pratiqué sérieusement n’a rien à voir avec l’acceptation loyale des règles (le fair-play). Il est contraint par la haine, la jalousie, la vantardise, le mépris pour toutes les règles et un plaisir sadique à être le témoin de scènes de violence : autrement dit, le sport, c’est la guerre sans les fusillades. Si l’on voulait enrichir le vaste fonds de malveillance qui existe dans le monde en ce moment, on ne pourrait guère faire mieux qu’en organisant une série de matchs de football entre Juifs et Arabes, Allemands et Tchèques, Indiens et Britanniques, Russes et Polonais, Italiens et Yougoslaves, chaque match devant être regardé par 100 000 spectateurs des deux camps. »

 

Depuis longtemps, et en particulier depuis la victoire de l’équipe de France de football “ Black-Blanc-Beur ” lors de la Coupe du monde de 1998, il est de bon ton de penser que des compétitions sportives policées rendent les gens, les peuples, plus solidaires, plus bisounours, plus policés. Mais le contexte conditionne tout. J’ai longtemps vécu dans un pays d’Afrique où une finale de coupe nationale de football n’opposait pas tel et tel club mais telle et telle ethnie. Dans ce cas, comme dans tout autre d’ailleurs, le sport de compétition ne créait pas du « vivre ensemble », mais il révélait, bien au contraire, les différences, les rivalités plus ou moins sourdes. D’une manière générale, on joue pour gagner, pour « battre » l’adversaire.

 

Mais revenons à ce match France/Algérie de 2001. Avec Zinédine Zidane, encore auréolé de son ballon d’or gagné en 1998 après sa contribution inoubliable à la victoire de l’équipe de France en Coupe du Monde. Par parenthèse, quatre français seulement ont remporté ce ballon d’or. Un Français originaire du Pas-de-Calais depuis au moins le XVIe siècle (Jean-Pierre Papin) et trois Français d’origine étrangère : Kopa (polonais), Platini (italien, trois fois) et Zidane (algérien).

 

Ce match était a priori impossible, quasi tabou. Un match Algérie/France n’avait pas pu se disputer en 1999, sans cesse reporté pour des raisons de sécurité. Ce match, à Paris, fut fortement suggéré par la ministre des Sports Marie-George Buffet, avec l’appui du gouvernement français et de la Fédération française de football.

 

Malgré le lourd passé colonial et guerrier encore brûlant, une vraie fraternité existait entre les joueurs des deux rives de la Méditerranée. Cheville ouvrière de la rencontre, Gilles Smadja, un ancien journaliste de L’humanité, juif, communiste, né en Algérie en 1954, fils de footballeur, chef de cabinet de Marie-George Buffet. Comme tout le monde, il avait vibré lors du défilé historique des Bleus sur les Champs-Élysées en 1998.  

 

Tout commença mal. Dans un stade de 80 000 spectateurs, la “ Marseillaise ” fut couverte par les sifflets de plusieurs milliers de Français d’origine algérienne. Des observateurs avertis avaient recommandé de ne pas jouer les hymnes nationaux. Et tout s’acheva avant terme après l'invasion du terrain par une supportrice algérienne (ou, en tout cas, vêtue d’un maillot algérien), rapidement suivie par des centaines de spectateurs.

 

Le joueur Thierry Henry avait eu ce commentaire glaçant, mais ne manquant pas d'esprit : en battant l’Algérie au Stade de France, l’équipe de France avait « gagné à l’extérieur ». Lors de la présentation des joueurs, Zidane fut hué par une bonne partie du public algérien ou d’origine algérienne jalousant sûrement la réussite extraordinaire de l’un des leurs qui, né à Marseille, avait tout naturellement choisi la France.

 

C’est donc à la 76ème minute qu’une jeune lyonnaise franchit les barrières de sécurité pour se ruer vers la pelouse en hurlant. Les personnels de sécurité ne peuvent empêcher des centaines de supporters de la suivre. Sentant le mauvais vent, le gardien de but Fabien Barthez se réfugie dans les vestiaires, suivi par ses coéquipiers. Le seul à rester sur le terrain, Lilian Thuram, bloque dans son élan un jeune de 17 ans :  « Je lui ai pris le bras et je lui ai dit : “ Est-ce que tu te rends compte de ce que tu fais ? ” Il m’a regardé et il m’a dit simplement : “ Désolé. ” Tu réalises le tort que tu es en train de causer à des milliers de gens ? » Les CRS libèrent la pelouse des envahisseurs.


 

Le match de football France/Algérie 2001

Dans la tribune officielle, le premier ministre Lionel Jospin est tétanisé. Marie-George Buffet prend le micro d’ambiance et hurle : « Je suis Marie-George Buffet, je suis la ministre de la Jeunesse et des Sports, respectez ce match, respectez la joie ! » Sa supplique est huée par la foule.

 

Pour la première fois, un match de l’équipe de France est interrompu, en France, par des éléments aux motivations peu claires. Gêné aux entournures, l’ambassadeur d’Algérie calme les esprits : « Ce match a été victime de sa propre densité passionnelle. » Pas du terrorisme, assurément, mais quoi donc, sinon des pulsions, des sentiments mêlés, formidablement complexes, quarante ans après la fin d’une guerre remportée, ne l’oublions pas, par l’Algérie, par un peuple qui avait gagné son indépendance au prix de plusieurs centaines de milliers de morts ?

 

En 2021, Smadja admettra avoir commis une lourde erreur : « Ce fut une erreur majeure. La célébration d’une amitié avait du sens en Algérie. En France, ça prenait un tout autre sens, qui nous échappait, nous ramenait aux enjeux de politique intérieure, aux questions sociales, d’intégration. On le savait. »

 

Dès lors, le discours dominant – avec ses outrances comme lorsque le banquier éborgneur et emmerdeur qualifia la guerre d'Algérie de « crime contre l’humanité » – rendit la jonction des mémoires impossibles et transforma une dette parfaitement compréhensible et comprise en une dette moralement imprescriptible pour la France. Fernand Braudel, qui avait enseigné en Algérie avant la Seconde Guerre mondiale et qui était très avare de commentaires sur l’actualité, évoqua les conséquences à court terme de ce raté : « pour la première fois, l’immigration pose à la France un problème colonial, mais cette fois planté à l’intérieur d’elle-même », et il appréhenda « le rôle angoissant de l’immigration étrangère dans l’équilibre, présent et à venir, de la population française ».

 

Comme disait Coluche, « La France et l'Algérie ont divorcé en 1962. Visiblement, c'est la France qui a obtenu la garde des enfants ! v

Pour terminer sur une note plus légère et réconfortante : la photo du meeting du banquier éborgneur et emmerdeur à Marseille. Un franc succès !

Il avait commencé son discours par ces mots : “ Marseille est là ! ” Il voulait dire trois cars (et trois quarts) de militants professionnels...

Le match de football France/Algérie 2001
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1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 05:01
Sport et esthétique
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15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 06:00

C'était un chti d'origine italienne, né à Vimy à quelques kilomètres d'Hénin-Liétard. Son père était un briquetier du Frioul. Á Hénin, on évoquait souvent ce jeune homme foudroyé à 20 ans par les nazis car il avait été un combattant très actif du groupe Manouchian. Avant d'être fusillé en 1944, il avait eu le temps de faire un éphémère passage au Red Star de la grande époque, club de football de tradition prolétarienne et antifasciste, fondé par Jules Rimet.

 

Les éditions Libertalia publient sa biographie. Bonnes feuilles.

 

Sportif exceptionnel mort à 20 ans, alors qu’il venait d’être recruté par le prestigieux club du Red Star (fondé en 1897), Rino Della Negra n’a jamais pu exprimer tout son talent de footballeur. Réfractaire au service du travail obligatoire (STO), membre du groupe de résistance Manouchian (FTP-MOI), martyr de la liberté fusillé par les nazis au Mont-Valérien le 21 février 1944, le jeune homme plaçait les valeurs d’antifascisme et de solidarité au-dessus de tout. Loin d’une conception surannée de « l’identité nationale », la biographie de Rino Della Negra s’intègre dans l’histoire d’un pays qui a su accueillir l’étranger, se construire grâce aux échanges multiples, et dont les membres des FTP-MOI ont pu écrire l’une des pages les plus lumineuses. Dans Rino Della Negra, footballeur et partisan, les historiens Dimitri Manessis et Jean Vigreux retracent la vie et la mort du jeune sportif.

Le chapitre que nous publions ici suit le début de la carrière de footballeur de Rino Della Negra, avant son entrée dans la clandestinité.

En ce début de saison 1943-1944, le Red Star Olympique recrute le jeune joueur. « Avec Rino Della Negra qui opérait la saison dernière à Thiais, nous possédons un avant-centre d’une réelle valeur. » Fondé en 1897 par Jules Rimet, qui passe à la postérité comme « l’inventeur » de la Coupe du monde de football, le club vit des années fastes dans l’entre-deux-guerres. Dans les années 1940 et malgré les bouleversements liés au conflit, des joueurs de haut niveau se déploient sur la pelouse du Stade de Paris à Saint-Ouen, comme l’attaquant Fred Aston.

Surnommé le « Feu follet », il arrive au club en 1932 et le retrouve en 1940, après un passage au RC Paris à partir de 1938. En 1941, le club remporte le championnat de la zone occupée et se qualifie en finale de Coupe de France, où il s’incline face aux Girondins de Bordeaux. Victoire l’année suivante en championnat de zone occupée face à Reims, puis victoire au championnat inter-zones face au RC Lens. La « grande finale » de la Coupe de France 1942 est remportée pour la cinquième fois par le Red Star, qui bat le FC Sète, le 17 mai, sur le score de 2-0.

Si Rino Della Negra fut bien engagé par le club, signe évident de son talent footballistique, il n’eut pas le temps de figurer dans l’équipe première, professionnelle. En 1943 en effet, le Red Star, à l’image d’autres clubs, est démantelé et ses joueurs éparpillés dans des équipes dites « fédérales ». Le gouvernement de Vichy, sous la férule du colonel Joseph Pascot, devenu commissaire général à l’Éducation et au Sport dans le gouvernement de Pierre Laval, en remplacement de Jean Borotra auprès duquel il était directeur des sports, réorganise le championnat de football français en 16 équipes de province.

Il s’agit à la fois de s’attaquer au professionnalisme, honni par le gouvernement de Vichy car s’éloignant du caractère « aristocratique » du sport, et de tenter de réveiller l’esprit d’Ancien Régime. De nombreux joueurs de « l’Étoile rouge » évoluent désormais dans l’entité dénommée « Équipe fédérale Paris-Capitale » ou encore dans celle de « Paris-Île-de-France ». Dans une allocution radiophonique du 31 décembre 1942, le commissaire général à l’Éducation et au Sport exprimait ainsi sa philosophie : « Jamais le sport n’a été plus utile. Le sport, jusqu’à présent, pouvait être un luxe. Sa pratique, maintenant, devient un devoir. »

Enfilant le maillot vert aux manches blanches, Rino s’entraîne les mardis et jeudis aux côtés d’autres amateurs ou d’anciens pros maintenus dans l’effectif et qui évoluent désormais en division d’honneur de Paris. Le type d’entraînement, dispensé par un professeur d’éducation physique, a dû mettre à l’aise le footballeur qui n’était pas effrayé par les exercices multiples, en particulier la course. Le capitaine de l’équipe d’alors, Léon Foenkinos, lui-même ancien de l’équipe pro, interviewé bien des années plus tard par Claude Dewaele, se souvient d’un « garçon extraordinaire ! D’une gentillesse ! Lui jouait ailier droit. […] Il venait au stade, il se déshabillait, il faisait l’entraînement et il repartait. Il nous serrait la main. Il nous disait toujours bonjour, mais il ne pouvait pas nous parler ! ». Et d’ajouter : «Heureusement, vous savez, car j’ai appris après que notre entraîneur était un collaborateur ! »

Roger Vuillemin, directeur sportif du club, un collaborateur ? Rien ne permet en l’état actuel des sources de confirmer ce jugement. L’homme vient de passer par l’École des cadres d’Uriage, où il s’est illustré par d’intenses séances de « décrassage » matinal qui laissèrent d’amers souvenirs aux élèves. Il continuera après-guerre sa carrière au Red Star. Une photographie, envoyée après la guerre à sa famille, nous montre Rino Della Negra sous les couleurs du club, posant aux côtés de ses coéquipiers. C’est la seule photographie que nous connaissons de Rino sous les couleurs audoniennes. S’agit-il d’une photographie prise avant un match amical, un match de coupe, ou tout simplement d’un entraînement ? Il est impossible de trancher, mais sa présence est signalée sur les feuilles de match, lors de la Coupe de France, comme le relate le journal L’Auto (16 octobre 1943) à Saint-Ouen, lors d’une rencontre contre Maisons-Laffitte.

Au tour précédent, le 26 septembre, le Red Star avait joué à Meaux. Rino Della Negra fait bien partie du club, comme l'attestent cette photographie, les témoignages, sa licence retrouvée dans les archives privées de la famille, ainsi que l’article de L’Auto mentionnant son recrutement. En championnat de France des amateurs de la région parisienne, il a joué les premiers matchs de la saison 1943-1944 : Stade français CAP-Red Star le 18 septembre 1943, où l’équipe de Saint-Ouen est battue 3-2 ; le 2 octobre contre Avia ; puis le 24 octobre le Red Star bat Enghien 6-0 et, le 31 octobre, inflige un score de 8-2 au Vésinet. Entretemps, en coupe de France, il brille dans l’effectif de l’équipe aussi bien contre Meaux (60), Maisons-Laffitte (6-0) – « le Red Star en verve » titre L’Écho des sports – et Granville (5-1).

Surtout, le journaliste Jean Leroux insiste sur le fait qu’en trois matchs les Audoniens ont marqué 18 buts « avec un style qui ne déplairait pas aux grandes équipes. En particulier, les dirigeants audoniens possèdent en l’aile droite Gomez-Delva Negra [sic], deux joueurs de classe certaine […]. Les buts furent marqués par Julien, Pascaud sur coups francs ; Julien, Foenkinos, Delva Negra [sic], Foenkinos. Meilleurs joueurs : Gomez, Delva Negra [sic], Mour, Vattaire et Victoria ». Ainsi, tous les témoignages ou récits donnent à voir l’importance de ses qualités sportives : la vitesse de l’ailier, le sens du placement, le dribble affuté et le buteur affirmé qui sait tirer des deux pieds…

Longtemps, son passage sera oublié, voire refoulé, car le Red Star est réorganisé et surtout parce que son engagement résistant lui est fatal quelques mois à peine après son arrivée au club. […]

Le club n’a pas encore fait le lien avec le jeune résistant arrêté… Au-delà de son itinéraire particulier au sein du monde sportif marqué par la culture ouvrière, le terrain du sport n’est pas abandonné par les militants communistes durant la guerre. Malgré la clandestinité et les purges dont ils sont victimes au sein de la nouvelle FSGT, la résistance là aussi s’organise. Ainsi, dès 1941 dans son bulletin clandestin Le Trait d’union, la Fédération de la jeunesse communiste de la région parisienne, évoquant le « beau champ d’action » que constituent les clubs sportifs, écrit : « Il vous faut d’abord reconstruire partout où cela n’a pas encore été fait le club de la FSGT […]. Il nous faut à l’intérieur de ces clubs être les défenseurs des sportifs […] contre la Charte des sports, pour un sport libre et indépendant. » 

Si la propagande des Jeunesses communistes clandestines n’est pas en reste, c’est dans le réseau « Sport libre » que s’organiseront les sportifs de la mouvance communiste. Lancé notamment par Auguste Delaune (ancien secrétaire général de la FSGT) et Robert Mension (ancien secrétaire général de la région parisienne) en 1941-1942, Sport libre dénonce la politique sportive de Vichy, l’antisémitisme et l’autoritarisme du gouvernement collaborateur. Il s’intègre en 1943 au Front patriotique de la jeunesse.

 

Rino Della Negra évolue donc au Red Star au début de la saison 1943-1944. La chronologie est ici importante et mérite qu’on l’explicite. […] Rino est réfractaire au Service du travail obligatoire (STO) dès janvier 1943. Cela signifie que, tout au long de sa clandestinité comme réfractaire au STO, mais aussi comme résistant, avec de faux papiers et une nouvelle adresse, il fut recruté, s’est entraîné, a joué… sous son vrai nom dans deux clubs différents, sans être repéré. Étonnante vie clandestine, prise de risques inconsidérés ? Risques inconsidérés qui, en fin de compte et de manière assez incroyable, n’attirèrent pas l’attention des forces de surveillance et de répression.

 

 

Rino Della Negra, footballeur et partisan, Dimitri Manessis, Jean Vigreux, Libertalia, 246 pages, 10 euros.

 

Dimitri Manessis est docteur en histoire ; Jean Vigreux est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne-Franche-Comté.

 

Source Bastamag

 

Rino Della Negra, histoire d’un footballeur antifasciste
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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 06:06

Il nous a donné le meilleur de lui-même, comme joueur de tennis (le dernier français à remporter Roland-Garros), entraineur et sélectionneur au plus haut niveau, et comme chanteur et musicien. Il a eu cinq enfants de trois mariages. Sa seconde épouse a mené, depuis leur séparation, une vie particulièrement sulfureuse.

 

Sa carrière d’artiste a connu des hauts et des bas. Il a joué devant des salles peu remplies. Il a cessé d’être une des personnalités préférées des Français, chutant à la 23ème place. Il a peut-être pâti de ses soutiens contradictoires : François Hollande en 2012 et Dieudonné.

 

Á soixante ans passés, il semble avoir décidé de se réinstaller au Cameroun, le pays de son père où il a passé une partie de son enfance.

 

Yannick est le fils du footballer professionnel Zacharie Noah, né en 1937 à Yaoundé et décédé dans cette même ville en 2017. Zacharie était lui-même le fils de Simon Noah, combattant du 1er régiment de tirailleurs du Cameroun lors de la Seconde Guerre mondiale. Il mourra assassiné à 84 ans d’une balle dans le dos lors d’une tentative de coup d’État au Cameroun en 1985.

 

Zacharie commence sa carrière de footballeur au Stade Saint-Germain en 1956 avant de rejoindre Sedan en 1960, alors une des meilleures équipes françaises. C’est dans cette ville qu’il aura trois enfants : deux filles, puis Yannick. Malheureusement victime d’une fracture du bassin, il est contraint de mettre un terme à sa brillante et prometteuse carrière en 1962, à l’âge de 25 ans.

 

La mère de Yannick, Marie-Claire Perrier, est née à Sedan. Jeune fille, elle est très sportive : elle pratique le tennis et le basket à un bon niveau. Elle entre dans l’enseignement comme institutrice. Entre elle et Zacharie, le coup de foudre est réciproque. Ils se marient très discrètement dans une auberge des Ardennes. Après la grave blessure de Zacharie, la famille part s’installer à Yaoundé. Marie-Claire est institutrice avant de fonder sa propre école.

 

Dans un pays qui ne compte que huit courts de tennis, le jeune Yannick découvre ce sport où il brille rapidement. En tournée en Afrique, le grand champion Arthur Ashe (premier joueur noir à remporter un tournoi du Grand Chelem) le repère. Á 11 ans, Yannick part pour Nice pour suivre un stage avec l’ancien champion Patrick Beust. Il rentre au Cameroun à Noël où il aimerait rester. Mais il repart définitivement pour la France, déchiré par l’éloignement de sa famille.

 

Avant la brillante carrière et les honneurs mérités, on a donc une vie familiale en demi-teintes : un père qui passe du statut de vedette sportive à celui d’employé de banque et un fils qui brillera dans son sport au prix de la perte du Cameroun qu’il a fait sien où il était arrivé à l’âge de trois ans.

 

C’est en tant que Français que Yannick deviendra une vedette internationale du sport, mais c’est en tant qu’Africain qu’il créera de la musique. Son premier album s’intitule Black & What, avec des chansons principalement en anglais. Et quand il chante en français, il s’inspire fortement du français de « là-bas»:

 

Hey là, le type-là
Oui oui, petit blanc
Paris-Yaoundé
Connexion mais venez
Allons ambiancer
Ambiance soukouss
Ambiance makossa
Ou l'ambiance du bikutsi
Ambiance assiko
Mouvement partout
Et mouvement droite
Mouvement à gauche
Roulement de pecos
Direction à l'hôpital
Docteur, c'est mauvais
Attention a cheu

Saga Africa
Ambiance de la brousse
Saga Africa
Attention les secousses

 

Le site Brut publie une promenade de Yannick dans le Yaoundé de son enfance où il retourne après 48 ans. Des observateurs de ce reportage se sont offusqués du fait que l’ancien champion parle en quasi petit nègre. Mais, justement, « In Rome do as the Romans do ». S’il parlait dans son français usuel, on dirait de lui que « son chorobi est haut ». Et on lui demanderait d’arrêter de « chorobiter ». D’autres observateurs s’indignent du fait que Yannick puisse se parachuter comme chef de village. Oui mais, on n’élit pas, dans l’Afrique traditionnelle, selon le modèle du suffrage universel. Yannick succèdera ainsi à son père, trop tôt disparu, selon des procédures que je ne connais pas mais qui existent et qui conviennent forcément aux habitants du cru. Á soixante ans passés, j’imagine que Noah est dans la bonne “ classe d’âge ” pour être intronisé chef.

 

Maintenant, pour ce qui est de son retour aux sources, on ne sait rien de ses motivations profondes, de la sincérité de son élan. Tout ce qu’on constate c’est qu’il est métis, donc à la fois français et camerounais. Et même si, à ma connaissance, il n’a jamais fait preuve de racisme en France – pas plus qu’au Cameroun, cela dit – c’est son droit le plus strict de quitter l’Occident (il a beaucoup vécu aux États-Unis), peut-être pour toujours.

 

 

Yannick Noah : de la difficulté d’être
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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 06:07

Champion exceptionnel, Novak Djokovic est, dans sa tête, quelqu'un d'un peu à part. Comme quand, par exemple, il affirme qu'on peut « transformer l'eau la plus polluée en eau la plus purificatrice par la prière ou une pensée positive ». Il affirme : « J'ai vu et je connais des gens capables, par des transformations énergétiques, par le pouvoir de la prière, de transformer la nourriture la plus toxique ou l'eau la plus polluée en eau la plus pure. Parce que l'eau réagit à nos émotions. » Il prétend que « des scientifiques ont démontré que les molécules présentes dans l'eau réagissent à nos émotions, à ce qui est dit ».

Il est sous l'influence, depuis des années, d'un ancien joueur de tennis espagnol, Jose Imaz Ruiz, dit « Pepe Imaz ». Ensemble, très « peace and love », ils sont en quête de pyramides au pouvoirs régénérants et de diverses formes d’ésotérisme. Il voit dans une mystérieuse “ pyramide" ”de Bosnie le « paradis sur terre ». En se rendant deux fois en 2020 sur un site qui domine le village de Visoko, près de Sarajevo, Djokovic a excité la curiosité du public pour le lieu, une simple colline et une ancienne mine d'or pour les archéologues, une pyramide aux tunnels "énergétiques" pour lui.

Djoko est par ailleurs adepte d’une nourriture sans gluten à base de plantes.

Lui et sa famille ont beaucoup souffert de la destruction de la Yougoslavie. Enfant, il a fait la queue pour obtenir du pain et du lait.

Résidant aujourd’hui à Monaco, détenant le record des gains sur le circuit ATP avec 137 millions d’euros, il est resté néanmoins proche de ses racines serbes. En Serbie, il est une idole, d’autant qu’il se consacre à de réelles activités humanitaires et qu’il fait des dons d’argent important comme quand l’ex-Yougoslavie a été ravagée par des inondations en 2014. Au début de la pandémie du Covid, il a envoyé des respirateurs en réanimation au Monténégro.

 

Homme de convictions, il a mis en pratique son hostilité à la vaccination. En juin 2020, après avoir été contrôlé deux fois positif au Covid, il organisa une tournée dans les Balkans qui déboucha sur un gros foyer d’infection (“ cluster ”) après qu’il eut participé, sans masque, à divers événements à Belgrade. 

 

Tout récemment, il s’est opposé, comme la majorité de la population serbe, à l’ouverture d’une mine de lithium en Serbie, un projet soutenu par le gouvernement. Or ce projet est piloté par le groupe minier anglo-australien Rio Tinto dont le chiffre d’affaires annuel est de 40 millions de dollars. Rio Tinto étant enregistré en Australie, on comprend l’hostilité du gouvernement de Camberra à l’égard de Djoko. Hostilité d’autant plus tatillonne qu’une vingtaine d’autres joueurs de tennis sont entrés en Australie avec l’exemption et le visa que réclamait le champion. John Kunkel, le chef de cabinet du Premier ministre australien et son plus proche collaborateur, était le conseiller en chef de Rio Tinto pour les relations avec le gouvernement après avoir été directeur-adjoint du Minerals Council of Australia, une association industrielle représentant les entreprises qui génèrent la majeure partie de la production minière australienne.

 

Bref, l’interdiction faite à Djokovic de participer au tournoi de Melbourne cache des enjeux qui lui sont supérieurs.

 

PS : Á propos des vaccins, et sans dédouaner Djokovic, écoutons ce qu'en dit Christian Perronne, autorité mondialement reconnue en la matière :

https://rumble.com/vsjm63-wow-la-bombe-de-christian-perronne-.html?fbclid=IwAR2sEUdQdu0yMEqR6jPkhHpZqS9ZR8acvTdkvQpRpfzEAmFvc57FO53O2RY

 

Pourquoi Djokovic a été sanctionné par l'Australie
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