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1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 05:01

En croisant ce pauvre hère dans une artère bourgeoise de Lyon, j'ai – je ne dirai pas pensé – mais réagi en me disant que nous nous approchions, non pas de la fin du monde, mais de la fin d'un monde.

 

Bien que relié à ce monde par l'ombilic d'un téléphone portable, est-ce que ce malheureux sait, au moment où je le prends en photo, ce qu'il adviendra de lui dans une heure ?

 

Ce qui m'a bien sûr le plus frappé, c'est l'ironie, la dérision, le désespoir de son carton. Sur une échelle de 0 à 20, il se situe à moins 10.

 

Dans le renfoncement de cette porte, il a la misère discrète et il pense peut-être, à côté de cette bouche d'incendie, au grand embrasement qui surviendra fatalement.

 

La fin d'un monde
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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 04:44

Pas-Bas/Belgique, États-Unis/Canada, Etats-Unis/Mexique

Des Frontières
Des Frontières
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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 05:04

Toujours donner le lieu d’où l’on parle : je ne suis nullement climato-sceptique. L’âge aidant, j’ai eu le temps d’observer que les hivers rigoureux – en France pour ne parler que de notre pays – étaient de plus en plus espacés et que les étés caniculaires étaient de plus en plus rapprochés. J’ai eu également la possibilité d’observer, en effectuant à de nombreuses reprises, autour de 1985, la randonnée pour moi mythique du Glacier blanc, que celui-ci reculait annuellement de 50 à 60 mètres.

 

Ainsi donc, en juillet 1947, il fit 40°4 à Paris. Mes parents, qui se marièrent en ce beau mois dans le nord de la France, ont dû sentir passer la chaleur, bien plus accablante qu’à Alger ou Ajaccio. Mais lorsque je naquis en mai 1948, le printemps pourri annonçait un été encore plus pourri, limite froid.

 

Fait chaud ! Rien de neuf sous le soleil…

Ne me demandez pas d’expliquer les aberrations climatiques, qui ne datent pas d’hier apparemment. Je n’ai aucune compétence en la matière. Mais je me souviens, par exemple, très nettement, de l’hiver 1970. Il neigea de manière très inhabituelle à Poitiers où il fit -11° début janvier, avant un redoux exceptionnel en février. Á Val d’Isère, le chalet de l’UCPA fut enseveli par une avalanche. On compta 39 morts. Au même moment, venue de Belgique et du nord du pays, une tempête d’une extrême violence balaya des régions entières. Le vent avait une force telle que des vaches se retrouvèrent au sommet d’arbres. Mars et début avril connurent des giboulées comme personne n’avait vues de son vivant. Mi-avril, il fit 25 degrés en pays de Loire. La fonte des neiges provoqua des glissements de terrain en montagne. Le sanatorium du plateau d’Assy s’effondra et 71 personnes dont 56 enfants périrent dans leur lit. Pour beaucoup, sans se rendre compte de quoi que ce soit.

 

Il se trouve qu’au début des années 1980, il y a donc 40 ans, j’enseignais à l’Université nationale de Côte d’Ivoire, à Abidjan où il n’a jamais fait froid, et que j’avais pour amis et collègues une joyeuse bande de physiciens de l’atmosphère. De météorologues, pour parler simplement. Ils étaient tous bardés de doctorats divers et variés et étudiaient, de manière très pointue, des phénomènes climatiques dans la région.

 

On parlait déjà à l’époque de réchauffement, de l’effet de serre (greenhouse effect, comme on disait dans les publications scientifiques), de fonte de la calotte polaire (l’arctique, en attendant pire). Me souvenant qu’une des causes de la Révolution française était que, des dizaines d’années durant, le peuple avait crevé de faim en raison, tantôt d’hivers glaciaux, tantôt d’hivers pourris, je leur demandai un jour si le réchauffement était structurel ou conjoncturel. Ils étaient six ou sept devant moi et j’obtins six ou sept réponses différentes : du conjoncturel péremptoire au structurel accablé.

 

Nous étions fin juin et je leur posai une question de rattrapage : qu’elles étaient leurs prévisions pour l’été dans le nord de la France ? Ils me répondirent qu’ils étaient capables de prévoir le temps à cinq jours avec 95% de réussite. Au-delà, il fallait s’en remettre aux prévisions de la grenouille d’Albert Simon à Europe 1. C’est dire que, pour eux, les prévisionnistes à un ou deux mois étaient des foutriquets. Ils prévoiraient aujourd’hui, grâce aux progrès scientifiques, à dix jours. Pas plus.

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 05:01
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes
Névroses familiales zuniennes

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 04:25
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
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Quand il y a de la gène...
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Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...
Quand il y a de la gène...

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 04:52

Un texte de Nathalie Bianco, repris de son compte Facebook. Ce texte nous dit tout simplement, en creux, que le paradigme de l'islam, qui ne cesse de se déplacer, l'a emporté. De concert avec les modèles qui nous viennent d'outre-Atlantique. Comme quand des militants de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis déplorent, en regardant la photo des candidats de leur formation aux élections législatives à venir, qu’il n’y ait qu’un seul Noir en présence (contre une dizaine de Blancs). Comme si la valeur de l’activité militante se mesurait à la couleur de la peau... Et ce, même dans un département où les Français d’origine sont désormais minoritaires. Je pense aussi à ce vieux professeur d’université qui candidate comme suppléant d’une jeune femme voilée. Lui, ce pur produit de la méritocratie républicaine ! Je pense aussi à ces écoles de la République où l'on enseigne ce qu'est l'Aïd mais pas ce qu’est la Pentecôte (c’est un athée, je l’ai déjà dit, qui vous parle). Je pense enfin à cet enseignant, médecin militaire, catholique, professeur agrégé, chevalier de l'ordre national du mérite, égorgé par un trafiquant de drogue devant ses deux enfants qu’il était venu chercher à l’école, enterré en catimini sans aucun hommage de la Nation. Cet homme était ce que la France fait de mieux, en matière scientifique et humaine. On en est désormais à se rendre sur des sites bien à droite pour trouver des analyses raisonnables de son martyre.

 

 

Inévitablement, nos regards vont finir par se croiser. Je suis une fille polie, je vais tout faire pour essayer de ne pas trop te dévisager mais à un moment ou à un autre, quand je vais sortir de l’eau, quand tu vas y rentrer, en haut de l’échelle ou au bout de la ligne de nage on va se rencontrer. Si mon œil s’attarde sur toi bien malgré moi ne le prends pas mal : c’est ton étrange tenue, ta « burka de bain » qui m’interpelle. Pas toi. Alors bien sûr, je détournerai le regard. Peut-être même que l’amie avec laquelle je serai venue me poussera du coude : « c’est sa religion » me murmurera-t-elle. C’est une amie adorable, elle nage super bien le crawl mais question réflexion, parfois, elle est larguée ; parce que ça m’étonnerait qu’un dieu, il y a 1400 ans de ça, se soit préoccupé de savoir dans quelle tenue les femmes devaient aller à la piscine municipale. Il a donné des consignes sur le taux de chlore aussi ? Sur la crème solaire ? Indice 30 ou 50 ?

 

Bref. Il faut que tu saches que je n’ai rien contre toi. Je ne te suis pas hostile. Tu fais ce que tu veux. Si tu tiens absolument à te baigner dans cet accoutrement, quand on sait à quel point c’est difficile et désagréable de nager avec des vêtements mouillés, c’est ton problème. Le truc qui me dérange, c’est tout le bordel que vous avez foutu, toi et tes copines militantes, pour faire changer une règle que tout le monde respectait, au nom d’un communautarisme religieux dont personne n’a rien à faire, y compris la plupart de tes coreligionnaires, qui ne demandent qu’à ce qu’on leur foute la paix. (La plupart de ceux que je connais sont d’ailleurs plutôt très gênés de ces gesticulations).

 

Parce que, dis-moi, nouvelle-copine-de-piscine, tu es comme moi, tu as des enfants ? Tu fais de ton mieux pour les éduquer ? Comme moi tu t’échines à leur apprendre qu’en société, pour bien vivre ensemble, il faut respecter les règles communes ? A la piscine comme ailleurs. Alors, oui, on va sous la douche, même si elle est froide. Non, on ne fait pas pipi dans l’eau même si personne ne le voit. Oui, on met un bonnet de bain, même si c’est moche. Non, on ne peut pas faire le kéké avec ce caleçon à fleurs, même s’il est propre, il faut mettre un maillot. Non, on ne court pas autour du bassin etc… Je me dis que ça va être difficile de leur expliquer, à tes gamins, que toi, au nom de ton rigorisme politico-religieux, tu as exigé de t’affranchir des règles communes. Que tu as fait pression, avec tes copines, jusqu’à faire évacuer les bassins les années précédentes, jusqu’à ce qu’on cède à tes caprices. « Les règles c’est pour tout le monde, sauf pour nous ». C’est un message étonnant que tu envoies à tes enfants. Et c’est un message dérangeant que recevront les miens : chaque partie du corps d’une femme, du coude au genou, en passant par le ventre, est potentiellement un objet de tentation et d’excitation sexuelle et il est normal qu’elle doive le couvrir en entier, même pour nager.

 

Je te vois venir… tu vas me parler de liberté et de discrimination. Tu vas me citer Rosa Parks… Pardon, mais Rosa Parks était empêchée de monter dans un bus à cause de sa couleur de peau. Un prétexte scandaleux sur lequel elle ne pouvait pas agir. Toi, tu n’as jamais été « discriminée », il t’était juste demandé, comme à tous les usagers, de respecter le règlement. Personne ne contrôle les origines, les opinions politiques ou la religion des gens à l’entrée des piscines municipales et c’est heureux.

 

Après, tu vas peut-être aussi me sortir des photos de nos arrières grand-mères qui se baignaient avec d’étranges tenues. Sous mes lunettes de natation, je lèverai les yeux au ciel : C’était en 1900 ! Il y a 120 ans. Les femmes n’avaient même pas le droit de vote !

 

Lettre à une copine de la piscine

Bon, là, je te dis tout ça dans ma tête, parce que, à ce stade de ma réflexion, forcément j’aurai arrêté de te regarder pour ne pas te gêner. Je serai repartie essayer de nager ce putain de crawl sans me noyer. Ma copine se marrera. Elle me donnera des conseils et bien sûr, je n’arriverai pas à respirer au moment où je sors la tête de l’eau. Un battement sur trois …Pff… Je ne suis jamais synchronisée. Toi non plus d’ailleurs, t’es pas très synchrone avec l’époque. Parce que la banalisation d’un dogme qui prône l’obligation de pudeur pour les femmes et qui considère que celles-ci doivent dissimuler la totalité de leur corps, on ne peut pas parler d’un grand « progrès ». Les pseudos féministes qui validez cette connerie, je vous donne rendez-vous dans quelques années, quand ces idées auront progressé au point d’être majoritaires dans certains endroits. Cette fois-ci, pas question de détourner les regards : c’est dans les yeux qu’il faudra fixer celles qui n’oseront plus se mettre en maillot de peur d’être considérées comme « impudiques ». C’est les yeux dans les yeux qu’il faudra leur expliquer que vous les avez abandonnées, au nom d’une prétendue tolérance et « inclusivité ». J’extrapole ? Je fantasme ? Qu’est ce qui se passe quand une idéologie minoritaire se développe petit à petit jusqu’à devenir une nouvelle norme ? Chère nouvelle copine de piscine, tu peux me citer beaucoup d’endroits dans le monde prônant la pudeur féminine où les « rebelles » peuvent se baigner sans risque en bikini ?

 

Et puis, dis-moi, de toi à moi, depuis quand des injonctions sexistes libèrent -elles les femmes ?

 

Parce qu'aucun homme ne devra jamais se conformer à ces préceptes répressifs. Pendant que toi, pendant que tu marines dans ta burka de bain, ton mari promène librement son torse poilu et son gros ventre nu, sans problème. Il profite du soleil, de la douceur de la petite brise, de la fraicheur de l’eau sur sa peau. Serein. Pas un mollet, pas un genou, pas un centimètre de peau féminine impure pour le troubler. Il est tranquille. Toi aussi. Tu as choisi librement tes chaines. C’est le moment de relire La servitude volontaire de La Boétie. Ce n’est pas une lecture de vacances ou de plage. Mais c’est une lecture d’actualité.

 

Alors d’avance, pardon, nouvelle copine de piscine, si je te contemple avec un peu d’insistance et de tristesse. Ce n’est pas toi que je fixe.

 

C’est ma liberté et celle de nos filles que je regarde prendre l’eau, petit à petit.

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 05:01
Dans le métro de New York
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 05:01

La nouvelle première ministre est favorable à un abaissement de la vitesse sur les autoroutes à 110 Km/h. On aura intérêt à mettre la musique des Doors à fond les décibels pour ne pas s'endormir. Nous allons être fliqués comme jamais d'autant que le principe de la boîte noire dans les voitures de tourisme est acquis depuis le 2 mai 2022 pour les véhicules neufs, en attendant très bientôt les véhicules d'occasion.

 

Cette boîte enregistrera de nombreux paramètres tels que la vitesse, le freinage, l’accélération, la vitesse d’impact en cas de choc, le port de la ceinture de sécurité, les coordonnées GPS ou encore aux émissions polluantes du véhicule. Le boîtier ne pourra pas être désactivé par l’usager.

 

Il est clair que, grâce à cette boîte, les autorités demeureront 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans nos habitacles, de manière virtuelle mais parfaitement efficace. Alors qu'aujourd'hui il ne leur est même pas possible d'ouvrir nos coffres de voiture !

 

Bruxelles estime que l’installation d’une boîte noire dans toutes les voitures permettrait de réduire de 20 % le nombre de décès sur les routes. Mais pour Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes », cela est aberrant :

 

« En dissimulant un enregistreur de données dans les voitures, on espère dissuader les mauvais comportements et ainsi limiter les accidents. Mais il ne faut pas prendre les automobilistes pour des imbéciles : ils sont parfaitement conscients que tel qu’il est conçu, ce genre de dispositif ne peut avoir aucun impact sur les infractions et les comportements réellement accidentogènes que sont par exemple le refus de priorité (16 % des accidents mortels), l’usage du téléphone au volant (environ 10 %), la somnolence et la perte d’attention (10 à 15 %). De plus, les données enregistrées ne sont conservées et éventuellement analysées qu’en cas de choc, 30 secondes avant et 30 secondes après l’événement. L’outil ne peut donc en aucun cas prévenir ou empêcher l’accident ».

 

Comme le dit un vigoureux petit parti politique, ce ne sont pas nos vies qui comptent mais leurs profits.

Á quand une boîte noire dans nos guidons de vélo ?
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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 05:07

En broutant récemment sur Facebook, je tombe sur quelqu'un de ma génération s'appelant Charles Humez. Mon sang ne fait qu'un tour et je lui demande s'il est de la famille de … Charles Humez, ancien grand champion de boxe français. La réponse est oui ! Né en 1927, le grand boxeur était de la génération de mes parents. Originaire de la ville minière de Méricourt, il s'entraîna longtemps à Hénin-Liétard, dans la salle des sport de Louis Sion, à trente mètres de l'école primaire où mon père exerçait et où j'étais moi-même élève. C'est ainsi que mon père, ancien athlète de bon niveau, et lui firent connaissance. Et c'est ainsi que je fis la connaissance de Mona, la fille très mignonne des époux Humez. Sur la photo du milieu, on peut voir Charles réparé par le docteur Deltombe, qui était notre médecin de famille et qui aida ma mère, en 1953, à mettre au monde mon frère en lui racontant toute la nuit des histoires de carabin...

 

Charles Humez disputa 300 combats en tant qu'amateur en plus de 100 chez les professionnels (94 victoires dont 47 avant la limite). Il fut champion du monde amateur, champion de France professionnel et champion d'Europe des poids moyens.

 

Sur le ring, c'était un sacré dur à cuire. Dans la vie, il était affable et modeste. Quant à Mona...

 

Il décéda, trop jeune, d'une congestion cérébrale, à Bois-Bernard,  là où mon arrière-grand-mère paternelle, vers 1948-1949, me promenait tous les jours parce qu'il y avait un bois où mes poumons d'enfant prématuré pouvaient s'oxygéner. 

 

Je reprends ici de larges extraits de la page Wikipedia qui lui est consacré.

 

Charles Humez nait en 1927, à Méricourt dans le Pas-de-Calais. Ses parents tiennent une boucherie qui nourrit péniblement la famille de cinq personnes. Les revenus sont modestes puis le commerce doit fermer. En 1933, la famille s'installe à Fouquières-lès-Lens. Charles suit les cours de l'école communale. Le 19 avril 1941, son père décède. Charles doit quitter l'école pour travailler afin de contribuer à l'existence de la famille. Il est aide-cimentier puis entre aux Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais à la fosse 7 de Fouquières.

 

C'est en 1941, à lace de 14 ans, qu'il entre dans une salle de boxe. Il se révèle doué, réceptif aux conseils professeur Jean-Baptiste Tornu. C'est une force de la nature qui s'est endurcie à la mine où il déchargeait des wagons remplis de terre. Payé à la pièce, 12 francs les dix tonnes. Il déchargeait 100 tonnes par jour en s'étant fabriqué" une pelle sur mesure nettement plus large que le modèle officiel de la compagnie.

 

Au début de sa carrière de boxeur, il continue de travailler sur le terril, de 7 heures du matin à 17 heures.

 

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le ravitaillement manque souvent. Son frère Désiré, prisonnier évadé, doit se présenter deux fois par semaine à la Kommandantur de Lens. Malgré son jeune âge, Charles intègre les FFI, dont il porte la carte en septembre 1944.

 

Il se marie à Fouquières en 1945, à l'âge de 18 ans. Il entre la même année à la centrale électrique d'Haynes (où mon père va occuper son premier poste d'instituteur) et travaille jusque'à son passage chez les professionnels en 1948.

 

Après avoir mis fin à sa carrière de boxeur à 32 ans, en 1959, il revient à Hénin-Liétard, dirige une entreprise de transports, reprend un café et gère trois laveries automatiques.

 

Il s'exhibe dans quelques combats de catch pour mettre du beurre dans les épinards.

 

On l'a considéré à juste titre comme le meilleur boxeur français de l'après-guerre, derrière Marcel Cerdan. Après Georges Carpentier, né à deux pas, qui sera le premier français champion du monde de boxe anglaise et qui mènera par la suite une carrière mondaine ébouriffante (fréquentant l'Aga Khan, Louis Renault, Maurice Maeterlinck, Nijinski, Charlie Chaplin, Mistinguett, la Belle Otero), Charles marqua les esprits par sa carrière exemplaire.  

 

Charles Humez n'a pas atteint les sommets de popularité des deux boxeurs cités ci-dessus, en raison de sa réserve naturelle, et d'un style de boxe, moins marqué par la beauté des gestes que par le souci de l'efficacité, il boxe sans finesse, sans gestes élégants, il boxe pour asséner des coups et gagner. Il est dur au mal et se montre solide encaisseur. De plus, il ne participe pas à la vie parisienne, et préfère, après ses combats, rejoindre sa région natale pour se ressourcer.

 

Après quelques combats, il; s prend dans le club de boxe déHénin-Liétard, où l'entraîneur est l'ancien boxeur  Louis Sion qui va lui apprendre le métier.

 

En 1945, il obtient son premier titre de champion de France en amateur. En 1948, il remporte le tournoi de Chicago, championnat du monde officieux des amateurs. Il est également sélectionné pour les JO de Londres. En 1950, il est champion de France des poids welters en professionnel. En 1952, il devient champion d'Europe dans cette catégorie. En 1954, il devient champion d'Europe des poids moyens. En mars 1958, il bat le champion allemand Gustav Scholz. Lors de la revanche, Charles, sérieusement blessé à la bouche, abandonne. Le seul abandon, avant la limite, de toute sa carrière.

 

Il met fin à une carrière de 16 ans. Il avouera plus tard ressentir une certaine frustration : il aurait voulu au moins une fois « boxer pour le titre mondial, même gratis, puis rentrer à Hénin-Liétard, satisfait. »

 

Le nom du boxeur a été donné à de nombreuses installations sportives et de rues dans la région Nord-Pas-de-Calais. Charles Humez, sa fierté et son courage, ont suffisamment marqué les esprits pour que plusieurs livres, romans ou témoignages, jusqu'à récemment, évoquent explicitement son nom, jusqu'à Frédéric Dard qui cite son nom dans un de ses San Antonio.

 

Á la mémoire de Charles Humez
Á la mémoire de Charles Humez
Á la mémoire de Charles Humez
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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:01
 

Dans une autre vie, j'ai utilisé Swissair pour rallier la Côte d'Ivoire à la France. De préférence à UTA ou Air Afrique. Á l'époque, Swissair, c'était quelque chose. La compagnie s'est écrasée (pardon : s'est crashée) dans des conditions rocambolesques. Existe aujourd'hui la compagnie Swiss.

Je reproduis ici un article de Béatrice Riand, de l'1dex, sur un vol Genève-Lisbonne à bord de cette compagnie suisse qui, elle aussi, file un mauvais coton.

 

Vol Genève-Lisbonne, LX 2092, jeudi 12 mai 2022

Choisir la compagnie nationale pour bénéficier de la qualité swiss made semblait à l’origine une excellente idée. 
Trois Valaisans ont eu l’immense honneur de bénéficier de l’expérience SWISS dès leur arrivée à l’aéroport. Pas de chichis, avec SWISS, non, on informe les futurs passagers qu’ils sont partie prenante dans le processus d’embarquement, et ceci malgré le fait qu’ils ont déjà subi toutes les contraintes liées à un bug informatique durant la journée précédant leur vol. Bug informatique dont ils ignorent la cause mais qui les a empêchés de valider leur billet. Une petite personne très autoritaire les dirige donc vers une machine, avec force soupirs leur imprime le Saint-Graal et leur fournit enfin trois étiquettes pour les valises. Les passagers en question n’étant pas titulaires d’un doctorat ès collages d’étiquettes, ils se débrouillent tant bien que mal avec les informations quelque peu lacunaires en leur possession, un schéma qui ressemble aux schémas de montage des meubles en kit de chez Ikéa. Et, ô rage, ô désespoir, c’est le crash, ils se débrouillent plutôt mal que bien et ils se trompent. La sanction ne tarde pas : la petite personne autoritaire déploie aussitôt un petit doigt tout aussi autoritaire et leur désigne une longue, très longue file de malheureux qui attendent que le check in commence. L’un des passagers spécifie alors un peu sèchement que le bug informatique de Swiss de la veille a bloqué son secrétariat pendant quelques bonnes dizaines de minutes, sans succès aucun, et que l’attente, cela suffit, tout cela accompagné d’un geste de mauvaise humeur. La petite personne autoritaire appelle aussitôt une autre personne en renfort – peut-être craignait-elle une attaque sauvage à l’arme blanche ?  – et dirige les trois passagers vers un service d’aide qui les prend rapidement en charge, ceci après avoir dûment chapitré les incapables, vous auriez dû savoir coller les étiquettes, Madame, c’est à la portée de tout le monde, des centaines de passagers y parviennent mais pas vous, c’est un fait, oui, Madame, vous n’avez pas réussi, la preuve.

 

C’est cela, l’expérience SWISS, le sentiment que le client est roi.
Voilà à présent nos trois Valaisans installés dans l’avion. Le vol décolle à 12h20 et l’arrivée est prévue à Lisbonne à 13h55, heure locale. Le hasard s’en mêle une nouvelle fois : comme si le bug informatique de SWISS n’avait pas suffi à faire perdre assez de temps à nos trois passagers, voici qu’un petit jet privé se trouve en difficulté sur une piste d’atterrissage de l’aéroport lisboète. Après avoir amorcé la descente, l’avion reprend brusquement de l’altitude, la tour de contrôle lui interdit d’atterrir. Le commandant de bord annonce alors aux passagers qu’il ne peut pas tourner en rond très longtemps au-dessus de l’aéroport de Lisbonne et qu’il préfère aller se poser à Faro pour ne pas manquer de kérosène. En bref, les avions ne disposent pas de réserves suffisantes pour faire face à un événement imprévu sans que les passagers en soient fortement impactés.

 

C’est cela, l’expérience SWISS, le sentiment que le client est au centre des préoccupations de la compagnie. 
Nous avons donc un avion qui se dirige vers la pointe du Portugal, des passagers peu informés (on leur dit pourquoi, mais pas quand, ni comment) et quelques pointes de mécontentement ici et là, une femme qui s’agite, un homme qui juge que SWISS est très peu professionnelle. Les Suisses sont très consensuels, la compagnie le sait et en profite sans vergogne. Le temps s’écoule lentement, une demi-heure, il fait chaud, et puis une autre, il fait très chaud, on décolle dans vingt minutes, et puis on décolle dans une heure, et puis rien ne se passe si ce n’est que SWISSS offre très généreusement une petite bouteille d’eau à ses gentils passagers, qui devraient tous être en train de folâtrer à Lisbonne en lieu et place d’attendre, stoïques, vissés à leurs sièges depuis des heures, avec en face, à quelques centaines de mètres à peine, un petit aéroport où ils auraient pu choisir une autre boisson pour se désaltérer et faire quelques pas. Lorsque l’un des trois passagers fait remarquer à une hôtesse à la fière queue de cheval qu’une petite bouteille d’eau, ce n’est pas grand-chose pour toutes ces heures d’attente, celle-ci tique et le reprend vertement, on n’y peut rien, ce n’est pas notre faute et si vous voulez quelque chose, vous n’avez qu’à payer !

 

C’est aussi cela, l’expérience SWISS, le sentiment que la compagnie ne lésine sur rien en ce qui concerne le confort de ses clients. 
Avec le temps qui passe, l’agacement pointe son nez. L’un des trois passagers se décide à se lever pour savoir pourquoi les passagers ne sont pas débarqués à l’aéroport de Faro et pourquoi le chargement en kérosène prend autant de temps. Grave erreur, souvenez-vous, le passager SWISS se doit d’être gentil et consensuel et on ne pose pas de questions gênantes quand on est gentil et consensuel, la dame aurait dû le savoir. La queue de cheval s’insurge, et pourquoi vous voulez débarquer ? Et bien, pour me dégourdir les jambes, pour voir autre chose qu’une carlingue d’avion, pour manger une pâtisserie portugaise, pour m’occuper ou pour fumer une cigarette. La jeune hôtesse oublie commodément les premiers éléments de la réponse qui lui a été fournie et, certaine de son bon droit, rétorque vertement à la cliente, parce que vous, vous voulez fumer une cigarette à côté d’un avion rempli de kérosène ? Et la cliente de lui faire remarquer benoîtement, pardon, mais je pensais qu’on s’était posé justement parce qu’on manquait de kérosène, alors il faudrait vous déterminer… et puis, tant qu’on y est, dites-moi, j’aimerai savoir si le chargement en kérosène se fait pour la distance Faro-Lisbonne ou pour Faro-Lisbonne-Genève ? Et pourquoi vous posez cette question, s’énerve la queue de cheval, et bien parce que cela m’agace qu’on ne soit pas du tout prévoyant avant que j’embarque et très prévoyant quand je suis bloquée à bord, lui répond la cliente. La réponse fuse, oui, le plein se fait pour la totalité du trajet à venir, soit jusqu’à Genève. En bref, SWISS ne s’occupe pas de ses passagers qui n’en peuvent plus d’attendre, leur propose une misérable bouteille d’eau mais rien pour se restaurer, se refuse à les débarquer pour des raisons qui lui appartiennent mais prend de l’avance sur son retard pour que ce triste épisode n’ait pas une trop grande incidence sur le montant des dividendes de ses actionnaires.

 

Oui, c’est encore cela, l’expérience SWISS, le sentiment que le confort du passager est une véritable religion pour la compagnie.
L’hôtesse à queue de cheval semble débordée et incapable de contenir son impatience face à des interrogation qui paraîtraient légitimes à n’importe quel quidam, même doté d’une intelligence très limitée. La cliente a payé pour un service, la seconde est payée pour lui offrir un service mais cette évidence est balayée par un agacement grandissant, et pourquoi toutes ces questions, parce que vous croyez que moi je ne perds pas de temps, que moi je ne suis pas énervée, dit-elle à la cliente, qui lui demande de se renseigner pour connaître l’heure approximative d’arrivée à Lisbonne. Pourquoi ces questions, et bien parce que je suis en train de perdre un après-midi, voilà pourquoi. La queue de cheval se redresse, altière, vous n’êtes pas en vacances, vous ? Que voilà un merveilleux service coup de poing, n’est-ce pas ?

 

C’est cela encore, l’expérience SWISS, le sentiment que certaines hôtesses connaissent parfaitement l’étymologie du mot qui définit leur profession et en toutes circonstances font preuve de la plus exquise des politesses.
L’avion se pose enfin à Lisbonne, les valises sont récupérées à 17h36. L’avion s’est posé avec plusieurs heures de retard. Les trois passagers ont perdu une demi-journée de vacances, ont vécu ce retard dans l’énervement par la faute de l’attitude déplorable de l’hôtesse en charge de leur confort et de la ladrerie de la compagnie qui l’emploie. Sans compter qu’ils ne peuvent que s’interroger, si un simple retard de quelques heures, la colère somme toute relative de deux passagers et les questions légitimes posées par une passagère met une hôtesse dans un tel état de nerf, que se passerait-il en cas d’avarie importante ? L’hôtesse à queue de cheval saurait-t-elle réellement faire appliquer des consignes de sécurité dans une situation stressante si elle-même ne résiste pas au stress ? Le doute semble ici raisonnable.

 

 
L’expérience SWISS : “the little big differences”
C’est cela, l’expérience SWISS, la certitude qu’en cas d’incident grave tous les membres de l’équipage sauront garder leur calme. 
Certes, un bug ne se prévoit pas. Certes, un jet privé qui bloque l’accès à la piste d’atterrissage est un incident rare. Comment réagissent les autres compagnies dans un tel cas de figure ? Nos trois passagers peuvent vous répondre. En effet, ce premier groupe en attendait un second, qui devait décoller jeudi soir, avec TAP, la compagnie portugaise, et qui a vu son vol annulé suite au même événement. Et là, miracle, ô miracle, la sainte Parole est cette fois délivrée, nous sommes navrés, dites-nous, nous sommes là pour vous aider, oui, évidemment, une nuit d’hôtel vous est offerte sur place, à Genève, oui, évidemment, nous vous offrons le repas, et le taxi pour l’aéroport, nous sommes navrés, croyez-le. La comparaison se passe de commentaires.
Pour le vol de retour, avec TAP, les trois premiers passagers ne s’en sortent pas mieux avec les étiquettes mais une charmante hôtesse leur sourit, ce n’est pas grave, je suis là pour vous aider, ne vous inquiétez pas. Ici encore, la comparaison se passe de commentaires.
TAP n’était pas plus responsable que SWISS des problèmes générés par le jet privé, mais leur politique est radicalement différente. Avec TAP, le client est pris en charge avec le sourire, on lui offre de l’aide, on tient compte de son confort et on ne le laisse pas en rade en ayant le toupet de le moraliser de surcroît.
On se pose donc la question de savoir quelle est la politique de SWISS, on se rend sur leur site et là, croyez-moi, on découvre de très belles pépites. En 2016, la compagnie SWISS a lancé une campagne publicitaire, avec un slogan MADE OF SWITZERLAND, qui met en avant les qualités du swiss made, tout ceci à partir d’un concept pour le moins créatif, the Little big differences. La compagnie veut une nouvelle identité, axée plus que jamais sur les besoins et souhaits de ses clients. Elle souhaite mettre à l’honneur les passagers, agir de sorte qu’ils se sentent comme chez eux pendant toute la durée de leur voyage, à commencer par l’accueil réservé par les hôtesses dans l’avion sans oublier la qualité de la restauration à bord. Edifiant, n’est-ce pas ? Parfois les gens parlent et ne disent rien et bien souvent les slogans sont des mots vides de toute substance.
Suite au prochain épisode, avec une lettre de SWISS qui s’excuse pour tous ces désagréments, qui se désole de l’attitude inappropriée de certaines de ses employées et qui enfin propose le remboursement des billets en question. Peut-être est-ce trop demander, n’est pas TAP qui veut, with armes Wide open, c’est certain, mais soyons fous, osons espérer un peu de bonne foi, après tout, ils l’ont écrit, n’est-ce pas, ils font la différence.

En attendant l’improbable, moi je dis, VIVE LE PORTUGAL !

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