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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 06:03

 

 

Ça nous est tombé dessus, ma femme et moi, alors que nous ne nous y attendions vraiment pas. Nous avions pris toutes les précautions possibles. Avec notre fille Raphaëlle, nous ne mangions pas ensemble, nous aérions l’appartement en permanence, nous passions de l’eau de Javel (le remède miracle selon Trump, on s’en souvient) trois fois par jour dans la cuisine, j’en passe et des meilleures. La cadette Rébecca était très surveillée à Font-Romeu.

 

Nathalie travaillant à l’Université Lyon 2 – où le port du masque était très globalement respecté – et prenant régulièrement le métro lyonnais où ce port était respecté à 90%, elle encourait malheureusement la malchance d’être infectée. Pour ma part, je prenais le métro le moins possible, mais une fois suffit, et je faisais mes courses de nourriture chez trois commerçants irréprochables.

 

Nathalie ressentit des symptômes trois jours avant moi. Ce qui ne veut pas dire que j’héritai mon Covid du sien. Je m’étais fait vacciner contre la grippe quelques jours avant de ressentir les symptômes. J’avais alors pu penser que j’avais mal réagi au vaccin. Après avoir reçu les résultats d’un test malheureusement positif, je demandai à deux médecins si ce vaccin anti-grippal était un facteur aggravant. L’un me dit que c’était possible, l’autre qu’il n’en savait rien.

 

Nous entrions à petits pas dans les mystères de cette maladie insensée où chaque personne atteinte est en fait une nouvelle maladie à elle toute seule. Ma femme ressentit des maux de tête réguliers, moi non. Elle perdit 95% du goût et de l’odorat, moi non. Elle eut un peu mal aux articulations, moi non. En revanche, le Covid réactiva légèrement chez moi un vieux zona dont j’avais oublié l’existence.

 

Ni ma femme ni moi n’éprouvâmes la moindre gêne respiratoire, symptôme à prendre très au sérieux, on le sait. J’avais lu et entendu qu’à 70 ans et plus on était une personne à risque. Un médecin m’expliqua que l’âge ne faisait rien à l’affaire. Ce qui importait selon lui – à tous les âges – c’était une pathologie préexistante au Covid : problèmes cardiaques, pulmonaires, articulatoires, obésité, diabète. Le virus faisait alors des ravages chez les personnes souffrant déjà de maux chroniques.

 

Comme tout le monde, nous grapillâmes des “ informations ” plus ou moins fiables. On nous assura que les personnes O positives étaient plus armées que les autres. On nous dit que la perte du goût et de l’odorat était un facteur de meilleure résistance au mal. On nous recommanda de dormir sur le ventre pour drainer les poumons.

 

Pendant ces dix jours, nous pensâmes en permanence aux centaines de milliers de victimes d’une forme grave du Covid, à toutes ces personnes mortes dans des souffrances terribles ou qui ne s’étaient pas réveillées d’un coma artificiel.

 

Nous fûmes soutenus moralement par notre cousine Édith Cariou-Nouvellon, médecin à la retraite, qui nous prodigua des conseils précieux et nous proposa des liens vers des informations utiles. Nous fûmes entourés.

 

Dans la maladie, un facteur aggravant est la solitude.

 

PS : Raphaëlle fut testée positive le 29/10/2020.

 

Notre Covid et nous

Ma cousine Édith me précise ceci :

 

Dans le doute de cette maladie inconnue qui a à voir avec le système immunitaire, on déconseille de vacciner contre la grippe:
-les sujets qui viennent de se savoir « contacts » 
-les sujets symptomatiques
L'idéal serait de faire un test PCR 72 h avant le vaccin anti-grippal.
 
Après la contamination, l’incubation dure 3 à 5 jours et peut aller jusqu’à 14 jours. La contagiosité silencieuse apparaît deux jours avant les symptômes. Tu as pu être contaminé deux jours avant l’apparition des symptômes de Nathalie.
 
Imaginons que tu te sois vacciné contre la grippe à J1. 
Tu as besoin de 2 à 3 semaines pour fabriquer des anticorps qui rendront le vaccin efficace. 
Ton système immunitaire bosse de J1 à J14/ J21. 
Imaginons que tu attrapes la Covid à J4, tu es contagieux à J7 ou J9, symptomatique à J9 ou J11. A J14 ou J16 tu abordes le virage immunitaire redouté par les urgentistes (orage citokynique ou tsunami immunitaire parfois fatal). Tu en as sans doute fini de fabriquer les Ac contre la grippe. 
 
Tu auras surmené ton système immunitaire sans qu’on sache si l’entraînement anti-grippal a boosté ou perturbé les défenses anti-Covid. Le pic de fièvre au 7 e jour est-il un signe? En tous cas, l’histoire se termine très bien. 
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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 06:12
Bizarreries estivales
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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 04:48
Maxime Vivas est taquin. Dans un récent commentaire, il me suggérait de consacrer une note de blog au restaurant fondé par ses fils. Je ne suis pas du genre à me complaire dans les démarches publicitaires. Mais dans le cas présent, nous sommes en présence d'un restaurant dont j'aime la différence (rue des Blanchers, quartier de la Daurade). Je me lance donc avec plaisir.
 
Depuis la pandémie, ils ont beaucoup souffert. Ils ont dû s'acquitter, comme devant, de 10 000 euros de cotisations diverses par mois mais les recettes n'ont pas été à la hauteur, d'autant qu'ils ne pouvaient disposer que de cinq tables espacées d'un mètre. Ils ont donc diversifié leurs activités. Frédéric a donné des cours de cuisine in situ, ce qui n'a pas compensé la perte de buffets dans les facultés, bien pratiques pour renflouer la trésorerie. Ils se sont également transformés en rôtisserie.
 
Ce Bateau aura marqué la rue à jamais. Nos amis ont créé une association de restaurateurs, à qui ils ont appris à se rencontrer, à se connaître, à être solidaires (et non adversaires) face à la mairie, à revendiquer pour tous, à s’envoyer des clients. Ils ont fait de leur rue un village.
 
Outre Mélenchon, ils ont accueilli des Gilets Jaunes, des militants communistes et France Insoumise. Ils ont inventé le repas «menu fretin » du mercredi pour les pauvres et les étudiants, à prix bradé. Ils ont tout récemment livré 40 repas complets et gastronomiques à 10€ (payés par une association de soutien) pour des GJ  désargentés. Il n'ont jamais refusé de donner à manger à des SDF qui viennent mendier.
 
Ils travaillent presque exclusivement avec des producteurs locaux (dont leur père !). Autant que possible des produits bios. Pas de congelé.
 
Le restaurant fournit la CGT depuis le début et à prix d’ami. Il est assuré est la Matmut cégétiste. Son électricité vient d’un fournisseur « vert » et elle est plus chère que la moyenne nationale. Il réserve  le restau gratuitement  un jour par semaine dans la journée à un maraicher du Lot.
 
Et il leur est arrivé parfois de ne pas se payer.
 
L’aîné a une émission sur Radio Mon Païs sur le thème du travail. Ils ont milité pour les GJ (voir le livre La rue était noire de Jaune), le cadet Raphaël a connu arrestation, GAV et procès lors des manifestations GJ. Il fut relaxé dans les grandes largeurs.
 
Connaissez-vous le Bateau-Lavoir à Toulouse ?
Connaissez-vous le Bateau-Lavoir à Toulouse ?
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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 05:18

 

Le mot « maladresse » peut surprendre mais je le justifierai en fin d’article.

 

Samuel Paty, un père de famille de 47 ans, ancien étudiant à l’université Lyon 2, professeur d’histoire décrit comme «discret et bienveillant » et nullement islamophobe, a été égorgé car le contenu d’un de ses cours n’avait pas plus à des parents d’élèves musulmans. Je ne sais, au moment où j’écris ces lignes, si l’assassin a agi de sa propre gouverne ou s’il a été commandité par des parents.

 

Cet assassinat, dont la logique est celle de la charia (reconnue de facto et de jure dans plusieurs pays européens), fut d'une sauvagerie extrême. Un témoin a cru d'abord que la victime était un mannequin tellement la scène était violente. Avec un couteau très long et très aiguisé, l'assassin s'est acharné sur le professeur jusqu'à lui trancher la tête. Quelques minutes plus tard, il publia sur son compte Twitter un texte de revendication et une photo de la tête coupée (j'ai la photo et le tweet, pour ceux que cela intéresse).

 

 

Comme tous ses collègues, le professeur d’histoire avait à cœur d’enseigner le respect d’autrui, les valeurs de la République, la liberté d’expression au premier chef. Ce qu'il n'est pas possible de faire si on ne se plonge pas dans l’histoire de notre pays, donc dans l’actualité, mais aussi dans le droit, dans l’étude de ce qu’est la démocratie.

 

Ces valeurs sont en recul, attaquées à la fois par le capitalisme financier pour qui elles sont un obstacle à la bonne marche des affaires et par l’extrémisme islamiste – complice objectif ou pas – pour qui la France n’est pas une terre d’intégration mais un espace de mécréants à conquérir.

 

L’école de la République, c’est la République. Et vice-versa. Cette réalité historique qui coule dans nos veines est déjà bien difficile à comprendre pour un Anglais ou un Allemand. Pour des esprits abreuvés de salafisme, c’est un état de fait inacceptable. Depuis une quarantaine d’années, la laïcité ne cesse de subir les coups de boutoir de parents d’élèves rigoristes. Des parents protestent contre l’arbre de Noël ou la galette des rois. On n’ose plus parler de « vacances de Pâques ». Des médecins complaisants accordent à des filles musulmanes des dispenses de piscine pour des raisons non médicales quand ils ne reconstituent pas des hymens. Des élèves boycottent des cours sur Voltaire ou Rousseau. On en a vu qui refusaient de jouer de la flûte. Et on ne se scandalise même plus que, dans telles banlieues parisiennes, des élèves juifs fuient l’école publique.

 

 

L’école de la République est donc attaquée soit de front – l’assassinat d’un enseignant étant, pour l’instant, l’exemple limite – soit dans les interstices que permettent la liberté et la démocratie française. J’en donne deux exemples vécus.

 

J’étais membre d’un jury de thèse. Très bonne thèse, très bon candidat ayant travaillé sur un sujet n’ayant rien à voir avec la religion. Mention TB avec félicitations du jury. Comme il est d’usage un “ pot de thèse ” est offert par le nouveau docteur aux membres du jury et à ses proches ayant assisté à la soutenance. Comme boisson, il nous est offert un jus d’orange chimique.

 

— Moi au jeune docteur : « La coutume veut qu’il y ait du champagne. »

— Lui : « Je suis musulman ».

— Moi : « Moi pas, au revoir Monsieur. »

 

Je pensais être suivi par d’autres membres du jury. Ce ne fut pas le cas. Cette soutenance se passait il y a une vingtaine d’années.

 

Vers 2015, j’assiste à un goûter dans une école primaire. Je sais que 40% des élèves ne sont pas d’origine européenne. Or très peu de mères – disons musulmanes pour simplifier – sont présentes. Je m’en étonne auprès d’une institutrice qui m’explique qu’elles tournent les talons dès qu’elles voient des coupelles de bonbons Harribo sur les tables, cette chimie allemande confectionnée avec de la gelée de porc. Rien n’oblige ces femmes à consommer ces sucreries mais cette proximité leur est insupportable. L’institutrice me dit : «Nous sommes allés au bout des effort d’intégration. On ne pourra aller au-delà. »

 

Dès le lendemain du cours contesté, l'enseignant fut harcelé. Son numéro de téléphone fut rendu public par le père d'une élève musulmane qui n'était même pas l'élève de Samuel Paty mais qui avait entendu parler de ce qui s'était passé en classe.  Il signala les menaces qu’ils subissait à une hiérarchie qui lui demanda de ne pas faire de vagues. Il déposa plainte mais aucun procureur ne s'y intéressa (1). Le SNES réagit de manière mollassonne. Des enseignants de l’établissement prirent le parti des parents agresseurs. Avant de se déjuger et de condamner le “ meurtre barbare ”, la Grande Mosquée de Pantin relaya une prise de parole du Conseil des imams de France avant la décapitation. L’enseignant fut traité de « voyou» par des gens soutenus par le CCIF derrière lequel Mélenchon, Coquerel et Martinez avaient manifesté en 2019.

 

Il n’y a malheureusement rien de neuf sous le soleil. En 2015, un professeur avait été suspendu quatre mois pour avoir montré les caricatures de Mahomet à ses élèves. Et puis, il y a les réflexes munichois d’aujourd’hui : la député Modem des Yvelines estime que l’idée du professeur était « mauvaise ».

 

Il faut bien s’interroger sur la personnalité de l’assassin. 18 ans, arrivé en France enfant, avec ses parents.  L'administration avait refusé à la famille le statut de réfugié mais la Cour nationale du droit d'asile avait cassé cette décision. Déjà connu de la police pour des petits faits de droit commun. Après trois ans de séjour, seulement,  dans notre pays. Ce jeune était perdu avant même de naître. Du pain béni pour les innéistes de droite qui établissent un rapport automatique entre immigration et délinquance. Sa famille a sûrement subi l’horrible guerre qui fit 120 000 victimes sur une population de 800 000 personnes, écrasée par un Poutine qui avait décidé de « buter les combattants jusque dans les chiottes ». Contrairement au postulat de Danton, on emporte toujours sa patrie à la semelle de ses souliers. Ceux qui, chez eux, ont vécu dans et par la violence, amènent très souvent la violence dans leurs bagages.

 

Un mot sur la maladresse de l’enseignant martyr. Par prévenance, par gentillesse, l’enseignant avait proposé aux élèves musulmans de quitter la classe au moment où il allait montrer des caricatures de Mahomet. C’était une double erreur qu'il avait immédiatement reconnue. D’abord, l’école de la République ne connaît pas d’élèves “ musulmans ”. Ensuite, il est interdit de faire sortir des élèves d’une classe. J'ose même me demander si ce cours avait été bien préparé. Comme l’ironie, la caricature est une thématique très difficile à enseigner. Il faut remonter le cours des siècles le plus loin possible, montrer par exemple ce que fut la caricature au temps de la Révolution française, expliquer Daumier, montrer des pages du Charivari, du Canard Enchaîné, pour enfin arriver à Charlie Hebdo. Faire ce travail, naturellement, avec tous les élèves, et constater alors comment ils réagissent. Il aurait fallu expliquer que les caricatures publiées par Charlie Hebdo n’étaient pas de Charlie Hebdo mais d’un organe de presse danois. Que des pays comme l’Algérie, qui ne connaissent pas une vraie liberté d’expression, s’étaient crus autorisés à affirmer le primat de la religion sur la société en ces termes : « Le ministère des Affaires étrangères algérien affirme : « Les égarements inqualifiables d'organes de presse ne sauraient absoudre les gouvernements, autorités judiciaires ou déontologiques des pays concernés d'une obligation de protection du caractère saint et inviolable des symboles des religions monothéistes révélées. » Il aurait pu également mentionner la complicité de grands groupes capitalistes dans ce bâillonnement de la liberté d’expression, le groupe suisse Nestlé  faisant publier à la une du quotidien Asharq al-Awsat une publicité précisant que son lait en poudre n'était « ni produit au Danemark, ni importé du Danemark ». Ou encore la chaîne Carrefour cessant de distribuer des produits danois dans les pays du Moyen-Orient où elle était implantée et installant des panneaux dans ses supermarchés et dans les rues de nombreuses villes arabes annonçant : « Chers Clients, Nous exprimons notre solidarité avec la communauté islamique égyptienne. Carrefour ne vend pas de produits danois ».

 

Cette maladresse ne justifie en aucun cas la barbarie d’un acte qui dépasse l’« ensauvagement » auquel nous avions fini par nous habituer.

 

(1) Cette situation fait forcément penser au cas de Mila. Un jour, cette jeune fille de 16 ans insulte Mahomet. Elle reçoit en retour des horions et des menaces de mort par milliers. Refusant de s'excuser, elle est forcée de quitter son lycée sans obtenir le soutien des enseignants et de la hiérarchie de l'Éducation nationale. Elle quitte le lycée mais n'est admise dans aucun autre établissement public. Elle déménage et intègre un établissement privé. Á ce jour, son adresse est demeurée secrète. Dans un premier temps, le procureur avait entamé des poursuites contre elle. Face aux soutiens innombrables reçus par Mila, il se rétracta.

Égorgé pour une maladresse
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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 04:30

Je l'ai connu comme professeur de psychologie à l'Université Nationale de Côte d'Ivoire vers 1980. J'avais autour de trente ans et lui un peu plus de quarante. L'Université avait confié à Michel la grave et lourde responsabilité de fonder les enseignements et la recherche de psycho, tâche dont il s’était admirablement acquitté. Avec l’estime et la reconnaissance, et des collègues ivoiriens, et des collègues français. Avant cela, il avait longuement enseigné la sociologie. Sa “ cause célèbre ”, d'universitaire et de militant, avait été la dénonciation des camps de regroupements – nos camps de concentration à nous la France – pendant la guerre d'Algérie. Á cette occasion, il s'était opposé à son aîné Pierre Bourdieu qui, à ses yeux, avait fait preuve d'une attitude indigne, en tant qu'universitaire et militant.

 

Je reproduis ci-dessous un article publié en 2018 à l'occasion de la publication de son livre La guerre d'Algérie n'a pas eu lieu : du déni à l'oubli, chronique d'une tragédie.

 

 

 

Bon, je ne vous cacherai rien : je connais Michel Cornaton depuis une petite quarantaine d’années. Nous fûmes collègue à l’Université nationale de Côte d’Ivoire, ce lointain proche où des amitiés très solides pouvaient se nouer entre expatriés. Michel est l’une des personnalités les plus singulières, les plus riches et les plus attachantes qu’il m’a été donné de côtoyer.

Il est l’auteur d’une œuvre importante, dans les deux acceptions du terme. Entre autre d’une étude sur les camps de regroupement en Algérie dont j’ai rendu compte ici. Dans sa dénonciation de ces camps, il s’opposa à Pierre Bourdieu, dont la démarche, ou plutôt l’absence de démarche, fut une faute grave.

Toutes les vies sont des romans. Á condition de savoir les raconter, c’est-à-dire de partager ce postulat de Roland Barthes selon lequel le monde a été créé pour se terminer dans un livre. Avec Michel Cornaton, nous sommes servis. Trop bien, dirais-je. Avec le volumineux récit qu’il nous fournit, il aurait pu écrire deux ouvrages. Le titre est en effet un peu trompeur car la Guerre d’Algérie, qui fut la grande affaire de sa vie, n’occupe en gros que la moitié du livre.

Né dans un milieu modeste de la région de Bourg-en-Bresse, Cornaton fut tout : fils, petit-fils, écolier, séminariste, sportif de bon niveau, soldat, père de famille, travailleur en usine, professeur des universités, syndicaliste, sociologue, psychologue.

Il y a chez Cornaton une force intellectuelle tranquille et désarmante – à laquelle je me suis frotté pendant des années à Abidjan – quand il introduit mine de rien un argument, une réflexion dans la conversation, avec humour et en soulevant, en un effort feint, des montagnes d’esprit qui désarçonnent. « Parler c’est vivre », disait Claude Halmos. Dans cette Guerre d’Algérie n’a pas eu lieu, Cornaton libère la parole, le discours et le langage dont il dénonce la « dénaturation » : « Á leur retour au pays, la plupart des deux millions de jeunes hommes enrôlés n’ont rien pu dire sur l’enfer vécu en Algérie ».

Pour retrouver et dire les mots de ses souvenirs – il a la chance (?) d’être hypermnésique – il a installé dans son récit un double de lui-même qu’il observe avec une distance légère. Mais avec la précision et les exigences d’un entomologue, à la recherche des « vies obscures » (Virginia Woolf) ou des « vies minuscules» (Pierre Michon). Dans le monde bressan du petit Michel, on va au cinéma (le Vox) une fois par an. Alors on en parle avant, pendant et après, pendant des jours. Des cousines s’appellent Anthelmette. On écoute « La famille Duraton » grâce à Radio Luxembourg (ah ! Ded Rysel, Jean Carmet jeune…). On vibre au “Quitte ou double ” de Zappy Max et au “ Radio Crochet ” de Jean Nohain. Au séminaire, chacun est tétanisé par le crime monstrueux de l’abbé d’Uruffe. Mais « Face au “ S ” du Scandale, la stratégie des trois “ S ”, Silence-Sacré-Secret, a parfaitement opéré. » Quant à la vie militaire, c’est « un monde du “ je ne veux pas le savoir ”, du “ marche ou crève ”, le mieux étant, une nouvelle fois, de rentrer dans sa coquille et de brancher le pilotage automatique. » Un monde où, dans les dortoirs, un muret sépare les vrais Français des FSNA (Français de souche nord-africaine). Un monde de conditionnement, de harcèlement dont on s’échappe un instant en allant voir Et Dieu créa la femme (avec « Brigitte Bardot à poil »).

Quant à la sale Guerre d’Algérie qui n’a jamais dit son nom (on parlait d’« événements », de «pacification»), cette horreur traumatisa à jamais Michel : 1500 condamnations à mort, « en ne comptabilisant que ceux qui eurent droit à un procès, sans que figurent non plus dans les statistiques tous ceux qui furent pendus, étranglés, jetés d’avion ou d’hélicoptère, et nombre de ceux qui furent exécutés à l’occasion des “corvées de bois ”. Il y eut 222 hommes guillotinés [et non fusillés car ils ne s’agissait pas de soldats en guerre mais de bandits de grand chemin] entre 1956 et 1962, l’équivalent du quart de l’épuration officielle de la Seconde Guerre mondiale. Sur ces 222, les quarante-cinq premiers le furent sous la responsabilité de François Mitterrand qui, du temps où il fut Garde des sceaux, refusa systématiquement le recours en grâce. » Sans parler des prisonniers abattus en campagne d’une balle dans le dos parce qu’il fallait faire du chiffre. Chaque jour de cette guerre durant laquelle Michel parvint à ne jamais tirer sur un adversaire, dix soldats français moururent, cent furent blessés. La France officielle écrivit l’histoire de la Guerre d’Algérie avec une gomme. Par exemple, en amnistiant en 1962 les coupables d’infractions commises dans le cadre de la répression contre l’insurrection algérienne et en effaçant en 1968 toute peine pénale en lien avec la Guerre d’Algérie.

Cornaton retourna en Algérie pour y étudier, en vue d’une thèse, les centres de regroupement, zones où les occupants français concentrèrent des centaines de milliers de civils. Il trouva sur son chemin Pierre Bourdieu, pour qui l’Algérie était un peu une chasse gardée : « L’histoire ne m’intéresse pas. L’urgence que vous évoquez n’est pas là. Vous pouvez me dire l’intérêt d’étudier des centres de regroupement qui n’existent plus ? Les habitants en sont partis et ils n’y remettront pas les pieds. » Ce à quoi Cornaton répondit : « Ce n’est peut-être plus le cas. Je viens seulement de redécouvrir le pays et m’apprête à y retourner prochainement. Sans les rechercher particulièrement, j’ai pu apercevoir nombre de regroupements habités. Vous avez les nouveaux arrivants qui ont pris la place de ceux qui s’étaient dégroupés.  Vous avez des milliers, pour ne pas dire des millions d’Algériens qui continuent à vivre en marge de leur société. » Michel (ou son double d’écriture ?) fut alors à deux doigts de flanquer une grosse baffe dans la figure du prestigieux sociologue. Il eut, en fin de comptes, le grand mérite de soutenir, en France, la première thèse sur la Guerre d’Algérie.

Le négationnisme de la France officielle poursuivra Cornaton jusqu’à l’université de Lyon 2 où il sera nommé professeur et terminera sa carrière universitaire. Par une ironie dramatique dont la France a le secret, c’est dans la ville de Marc Bloch où s’est illustré Jean Moulin qu’a fleuri le pire des négationnismes. Á Lyon 1 et Lyon 3, l’établissement que la bourgeoisie lyonnaise considère comme « son » université, de manière militante, et à Lyon 2 de manière moins ostentatoire mais pas moins efficace. Dans une page très courageuse, Michel Cornaton fait le tour de la question : « Lyon a revêtu les deux aspects d’une capitale de la résistance et de la collaboration puis du révisionnisme. L’Université Claude Bernard Lyon 1 s’est empêtrée toute seule dans l’affaire de l’eugéniste Alexis Carrel, dont la Faculté de médecine portera le nom avant d’être rebaptisée Laennec, sous la pression de l’opinion publique. L’Université Lyon 3, paradoxalement nommée Jean Moulin, au moment où elle réussissait à se défaire d’une partie de ses oripeaux de la honte, n’a pas été capable de régler par elle-même la question Notin, un enseignant négationniste. Quant à Lyon 2, elle n’a rien trouvé de mieux, en 1987, que de choisir comme parrains deux Bisontins, les frères Auguste et Louis Lumière, au long passé pétainiste [et admirateurs du fascisme italien]. Le palmarès révisionniste de Lyon 2 ne manque pas d’être éloquent lui aussi : Robert Faurisson en lettres, Pierre Zind, un frère mariste enseignant en sciences de l’éducation, plus tard François Robert, un ex-collaborateur d’une revue négationniste. »

Malgré l’utilisation d’un double, d’un intercesseur (ou peut-être grâce à), on peut dire qu’il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre l’œuvre et l’homme. Michel Cornaton ne reconstruit pas son passé : il le déconstruit pour en offrir une vision construite bourrée de sens. L’empathie qu’il éprouve pour son double est contagieuse. Comme Montaigne, c’est lui-même qu’il peint mais il n’a pas besoin d’avertir son lecteur que son œuvre est « de bonne foi ». Comme Montaigne  il « forge son âme ». Il quête ce que les Allemands appellent Erfahrung, c’est-à-dire l’expérience accumulée, et il nous en donne l’origine. Et comme son écriture est aussi précise que limpide, on sort enrichi et heureux de l’avoir lu.

 

 

Suite à mon article, Michel m’envoya ces quelques remerciements qui m’allèrent droit au cœur :

 

 

« Je te le redis mon ami : dans le désert médiatique qui entoure la guerre d'Algérie et encore plus les camps de regroupement ton compte rendu a  été longtemps la seule manifestation d'intérêt pour cette question et  pour mon livre. Ça ne peut pas s'oublier. Même si, depuis peu, pour  reprendre l'expression éculée, les lignes commencent à bouger. J'ai envoyé le texte de ton blog à mes destinataires, par petits paquets. Apparemment cela a marché. Je n'en reviens pas de découvrir à quel point tu m'as soigné. Grazie mille. Je savais que j'avais un ami avec toi, cette fois j'ai découvert un frère – je n'ai eu que des demi-frères jusqu'à présent ! Tout y est dans ton compte rendu. Et en plus l'inattendu, dont je te remercie infiniment. Comment as-tu eu l'idée d'y associer Roger Vailland et, encore plus émouvant, l'homme avec qui je n'ai passé que trois petites journées, le poète Jean Tardieu, qui m'a laissé un souvenir inoubliable ? En trente ans à peine, j'ai en effet rencontré le pire des hommes, Pierre Bourdieu, en 1964, et la crème des hommes, Jean Tardieu, en 1991. Malgré la rime riche, rien de plus antithétique que ces deux êtres, le sociologue et le poète. Je connaissais ton courage et ta générosité mais, à travers ce compte rendu j'ai mieux pris conscience de ta grande sensibilité. J'ai le sentiment que ce compte rendu facilitera beaucoup la diffusion de l'ouvrage. Or, l'histoire de la guerre d'Algérie a bien été en effet mon principal combat. Je te redis enfin ma grande reconnaissance. »

 

 

 

J’aurais aimé que l’on puisse se voir un peu plus ces deux dernières années mais Michel était très handicapé par diverses maladies. Le téléphone et le courriel ne furent pas la panacée.

 

Sur son lit funéraire, j’ai vu le visage d’un homme serein, en paix avec lui-même.

 

Avec ma fille aînée et mon gendre

 

 

Michel Cornaton n'est plus
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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 05:17

Le groupe Jean-Pierre Vernant (une soixantaine de scientifiques) propose cette réflexion très hygiénique :

 

La probabilité qu’une personne saine soit contaminée croit avec

  • la concentration en particules virales, possiblement avec un effet de dose (non-linéarité), voire un effet de seuil
  • le temps de présence dans l’atmosphère contaminée

Chaque personne a un système immunitaire spécifique qui implique que cette probabilité de contamination — pour grossir le trait, le seuil de concentration virale — varie entre individus. De plus, les données actuelles suggèrent que l'infection par le SARS-CoV-2 accroitrait la production du récepteur du virus ACE2 par les cellules pulmonaires, favorisant la fixation ultérieure d'autres virus sur ces cellules, ce qui augmenterait la probabilité de contamination. Toutefois cette probabilité n'est pas connue, même en moyenne.

 

En résumé, on peut agir sur la ventilation, qui permet de maintenir la concentration virale la plus basse possible, sur la dénaturation ou le piégeage des particules virales, sur la qualité des masques et sur la détection préventive de personnes atteintes.

 

Ventilation (quantification, contrôle et mesures effectives)

 

Les gouttelettes exhalées de taille inférieure à 5 µm (aérosols) se maintiennent en suspension dans l’air pendant plusieurs heures. Le renouvellement de l’air est donc requis pour éviter une transmission aéroportée par ces aérosols potentiellement chargés en virus. Pour quantifier le renouvellement de l’air dans une salle, on peut mesurer la concentration de CO2 dans l’air à l’aide de capteurs infra-rouge. Dans l’hypothèse basse de linéarité entre probabilité d'infection et concentration virale, la concentration de CO2 dans l’air, une fois soustraite celle du milieu extérieur, détermine directement la probabilité de contamination, indépendamment du nombre de personnes dans la pièce et de son volume, quand une personne sécrétant du virus s’y trouve. Des modèles hydrodynamiques plus fins peuvent être produits si besoin.

 

Il convient d’aérer le plus possible, en conservant une température permettant de travailler confortablement. La mesure la plus simple consiste à exiger que les portes des salles soient ouvertes et d’aérer 5 minutes en grand toutes les 30 ou 45 ou 60 minutes, et plus longtemps en début de matinée, à la pause déjeuner et en fin d’après-midi. Il est nécessaire d’aérer très fortement les lieux de restauration, où la transmission est extrêmement rapide et efficace. Il convient aussi de demander aux élèves et aux étudiants de se vêtir chaudement (pulls, polaires, etc) pour pouvoir aérer. Le chauffage doit être réglé pour prendre en compte l’aération. Ces consignes doivent faire l’objet d’une circulaire envoyée à tous les personnels et l’information communiquée à tous les usagers, lesquels seront invités à s’en saisir et à les adapter localement. Il convient d’inverser la logique d’intervention de l’Etat, appelé à fournir une aide effective, y compris matérielle, et une boîte à outils d’aide à la décision aux composantes des établissements universitaires.

 

La seconde mesure consiste à équiper tous les établissements de capteurs de CO2 de sorte à optimiser la ventilation de chaque pièce :

  • fenêtre entrebâillée en permanence ou ouverte périodiquement en grand
  • révision des systèmes de ventilation forcée, quand ils existent, et réglage des vitesses de ventilation
Aérez, aérez !
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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 05:08

 

Si ce qui est raconté ici est vrai (source BFM-TV), honte à la Justice et aux services sociaux français !

 

 

Cette mère dénonce les dysfonctionnements de l'aide sociale à l'enfance et du système judiciaire qui, selon elle, l'ont privée de ses enfants, confiés à son ex-mari qu'elle accuse de violences.

 

Elle n'a toujours pas revu ses enfants. Ahlame Azzimani, qui assure avoir été victime de violences conjugales pendant une dizaine d'années de la part de son ex-mari et père de ses deux enfants, se dit pour BFMTV.com "désespérée". Cette mère d'un adolescent de 15 ans et d'une fille âgée de 13 ans a l'impression de se heurter à un mur.

 

"C'est une torture au quotidien"

 

La dernière fois qu'elle les a vus, c'était en décembre 2019. Depuis, néant. "Je ne sais même pas comment s'est passée leur rentrée scolaire. En quatre ans et demi, je ne les ai vus que vingt-quatre heures dans le cadre de visites médiatisées (c'est-à-dire encadrées et sous contrôle, NDLR)", précise-t-elle. Bien que détruite par la privation de ses enfants, elle se tient "encore débout", pour eux.

 

 

Tout remonte au jour où son ex-mari, dans un nouvel accès de violence alors que le couple vivait encore ensemble, l'aurait jetée dans les escaliers, explique-t-elle. Elle voit sa vie défiler.

 

"Tout ce à quoi je pensais, c'était mes enfants."

 

Car il y en aurait eu d'autres, des scènes, des menaces, des cris, des coups. Des certificats de médecin attestant des violences, des visites des policiers alertés par les voisins et des plaintes déposées.

 

Mais ce jour-là, elle décide de partir pour protéger ses enfants. Le couple était en train de déménager, elle récupère leur ancien appartement et y emmène ses enfants. Elle se croit sauvée, imagine qu'elle pourra se reconstruire, offrir sécurité et tranquillité à ses enfants. Mais le cauchemar ne fait que continuer.

 

"Il n'a pas supporté que je le quitte, il a voulu me le faire payer. D'ailleurs il me l'a dit: 'tu finiras à la rue et tu ne reverras jamais tes enfants'."

 

Elle dénonce des dysfonctionnements

 

Le père de ses enfants entame des démarches pour restreindre ses droits. Il l'accuse de l'empêcher de les voir - ce qu'elle dément – et de mauvais traitements – sans pour autant fournir de preuves, assure-t-elle. Elle est mal ou pas défendue, faute de ressources financières – son mari l'aurait empêchée de travailler durant leur vie conjugale. D'audiences en référés, les enfants finissent par être placés en foyer, à la demande de leur père. Le divorce est prononcé quatre ans plus tard. À l'issue du placement des enfants, ces derniers sont confiés au père. Inadmissible pour leur mère.

 

Quant aux plaintes qu'elle a déposées contre son ex-mari pour violences ainsi que viols qui auraient eu lieu après leur séparation, elles n'ont toujours rien donné. "Je n'ai plus rien à perdre, on m'a pris mes enfants, on m'a tout pris." Après huit années de procédure, cette femme assure vivre un calvaire. Elle n'accuse pas que son ex-mari de la priver de ses enfants. Mais tout le système judiciaire et la protection de l'enfance d'y contribuer.

 

"Les services sociaux n'ont pas mis en place les visites auxquelles j'ai pourtant droit. Le juge a dissimulé les preuves de violences de mon ex-mari. Lui a passé son temps à transgresser la loi et on l'a protégé. Pourtant, quand on regarde mon dossier, on les voit les dysfonctionnements. La cour d'appel a même rappelé en 2018 que le père se rendait à ses visites avec un couteau. Mais le juge a décidé de ne pas faire figurer cet élément. Pourquoi? Le fait qu'il vienne armé aux visites aurait dû les suspendre. Maintenant, l'impression que j'ai, c'est que la justice et les services sociaux veulent dissimuler leurs fautes. Et ils prennent les enfants en otage."

 

 

Le calvaire d’Ahlamane Azzimani

 

"Les violences n'ont pas été attestées dès le début"

 

Ahlame Azzimani a écrit à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, à Marlène Schiappa qui était alors la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, alerté le défenseur des droits, le président du tribunal d'Evry et le procureur de la République. Mais rien ne bouge, son dossier reste englué dans des questions de procédure.

 

"Il y a quelque chose que je ne comprends pas, s'interroge-t-elle. Dès le placement de mes enfants, leur père a eu des droits de visite et d'hébergement alors que moi, je n'ai eu que des visites sous surveillance. Pourtant, il y avait des preuves de ses violences, notamment à l'encontre de mes enfants. Lors d'une audience, ma fille a évoqué le fait que son père était armé d'un couteau. Elle a d'ailleurs été reconnue en état de stress post-traumatique lors d'une expertise psychologique mandatée par le procureur. On n'écoute pas leur parole et on leur apprend que les violences sont une chose normale, comme d'être privée de leur mère."

 

Aujourd'hui, elle demande que le jugement qui lui accorde des droits de visites soit appliqué et souhaite également y ajouter des week-ends. Une audience devait justement se tenir au mois de mars, mais la crise de la Covid-19 l'a reportée à juillet. Au final, rien n'est réglé : le tribunal n'a pas souhaité statuer. Elle envisage également de contester la garde, confiée au père, mais ne le peut pas – l'appel du jugement de divorce étant toujours en cours. Car ce dernier n'évoque pas les violences dont elle se dit victime, ce qui aurait biaisé toute la suite de la procédure, expliquait son avocate à BFMTV.com lorsque nous l'avions interrogée en mars.

 

"Le gros problème dans ce dossier, c'est que les violences n'ont pas été attestées dès le début, regrettait Anne-Claire Le Jeune. S'il avait été reconnu que monsieur était violent, y compris en présence des enfants, l'affaire aurait pris une toute autre coloration (...) Il y a eu des loupés dès le début et les magistrats ne sont pas revenus dessus. C'est ensuite très difficile de renverser l'image d'une mère présentée comme néfaste pour ses enfants et de revenir à zéro."

 

"Je veux leur dire que je les aime"

J'ai dénoncé et on m'a sévèrement sanctionnée pour avoir parlé. C'est mon violeur, celui qui m'a violentée, qui continue de me violenter en me privant de mes enfants qui a tous les pouvoirs. Il lui suffit de parler pour être cru. Pourquoi, moi, on ne me croit pas?"

 

Elle ne cesse de penser à ses enfants qu'elle estime en danger, "à mon fils, qui a vu son père frapper sa mère". Et craint des dommages irréversibles. "On leur a fait comprendre, quand ils évoquaient ces violences devant les policiers ou les juges, que leur parole n'avait aucune valeur. Et aujourd'hui, ils doivent faire comme si cela n'avait jamais eu lieu. Cela va briser tous leurs repères." Elle souhaite ainsi adresser à ses enfants un message :

 

"Je veux leur dire que je les aime très fort, que je me bats pour eux et que je ne cesserai jamais de me battre. Malgré tout ce qu'on a pu leur dire, je n'ai jamais renoncé à les voir et je ne les ai jamais abandonnés."

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 05:10
Souvenirs des années 40 et 50
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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 04:44

Ma petite dernière, Rébecca, vient d’être opérée de la mâchoire. Une opération prévue de longue date. Son orthodontiste nous avait prévenus il y a plus de deux ans que son travail risquait d’être entièrement anéanti sans opération car le maxillaire inférieur poussait vers le bas.

 

Il ne s’agissait en aucune manière d’une opération à des fins esthétiques ou de confort. Rébecca ne pouvait pas – naturellement – fermer la bouche normalement, elle ne pouvait pas respirer par le nez, ce qui était embêtant pour une sportive de haut niveau et ce qui la faisait ronfler comme une chaudière la nuit. Cela créait par ailleurs – plusieurs ostéopathes et kinés nous l’ont confirmé – des tensions dans la tête et dans les épaules.

 

Rébecca fut opérée dans un hôpital privé de Lyon. Pas par affection idéologique particulière pour ces établissements qui ont désormais le droit de s’appeler « hôpital » mais parce que notre fille était suivie par un chirurgien spécialisé dans les opérations maxillo-faciales, particulièrement renommé et compétent, qui pratiquait dans cet établissement. Nous avions évidemment transmis le dossier à notre “chère mutuelle ”.

 

L’opération s’est parfaitement déroulée, tout comme le suivi. En se pliant très scrupuleusement aux consignes de son chirurgien, Rébecca s’est progressivement remise à l’eau (elle fait partie de la sélection préolympique pour les Jeux de Paris) et elle devrait retrouver la plénitude de sa forme d’ici deux à trois mois.

 

Alors, pas d’histoire d’argent entre nous, me direz-vous, mais enfin tout de même.

 

Á la sortie de l’hôpital, nous avons réglé un chèque de 3156 euros, correspondant, à trois sous près (les 20 euros dont on doit s’acquitter parce qu’on quitte l’établissement !), au devis qui nous avait été fourni. La MGEN vient de nous rembourser 594 euros. En gros cinq fois moins que ce que nous avions déboursé.

 

Je suis à la MGEN par tradition familiale. Depuis un demi-siècle. Mes parents, un de mes grands-pères y étaient. La mère de Rébecca y est également depuis trente-cinq ans environ. Mais il y a bien longtemps que je ne conseille plus aux jeunes enseignants d’en devenir adhérents lorsqu'ils me demandent mon avis. Je ne le déconseille pas non plus. Qu’ils se débrouillent ! Il se trouve qu’un membre de ma famille – qui ne s’appelle pas Gensane – siégea autrefois dans les plus hautes instances de la mutuelle. Je sais donc en gros ce qui s’y passe. Je sais aussi, à la décharge de la MGEN, que dans l’Europe de Bruxelles, les mutuelles à la française sont une spécificité qui gêne. Mais comme les dirigeants de la mutuelle n’ont jamais remis en cause cette Europe, ils pataugent dans leurs contradictions. Et nous à leur suite.

 

L’important est que Rébecca aille bien et qu’elle soit contente du résultat d’une opération qu’elle souhaitait ardemment. Et qu'elle soit encore plus belle qu'avant...

 

Chère MGEN…
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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 05:00
Commentaires
 
Á titre personnel, j'ai adopté le principe de sécurité le plus exigeant. Pour les miennes (et pour moi, étant une personne à risques).
Nous en avons porté alors que le banquier éborgneur – qui passera devant le tribunal de l'Histoire pour cela – interdisait aux pharmaciens et aux grandes surfaces d'en vendre. J'avais réussi à m'en procurer clandestinement un lot d'une centaine.
Nous portions les masques à l'intérieur des magasins et même des marchés ouverts alors que ce n'était nullement obligatoire. J'ai longtemps porté des gants lorsque j'allais faire des courses. J'en suis même venu à me demander si les gants n'étaient pas aussi utiles que les masques. Nous ne portions pas de masque dans les rues ou dans les parcs publics. Nous avons évité le plus possible les réunions familiales ou entre amis.
Nous avons donc été surpris lorsque le banquier éborgneur décida que la ville de Lyon dans son ensemble (ainsi que celle de Villeurbanne) serait masquée nuit et jour.
Je marche énormément dans Lyon. je peux dire que la densité de piétons dans la ville intra muros n'est pas supérieure à celles de Rennes, Tours, Hénin-Beaumont, Agen etc. Le quartier du Vieux-Lyon avec ses rue piétonnes est passant. Pas plus que le centre historique de Poitiers ou la Cité de Carcassonne.
Depuis plusieurs semaines, j'ai publié sur mon blog plusieurs articles, pas écrits par moi mais par des spécialistes, tendant à prouver que s'il y a bien un réel problème de santé, non résolu à ce jour et qui est en train de s'aggraver, le banquier éborgneur se fout de nous en gérant le problème sanitaire comme un amateur mais en n'oubliant pas d'imposer tout un arsenal de lois, décrets, ordonnances visant à réduire nos libertés et à appauvrir les plus pauvres. La dernière ânerie qu'il a commise est de commander en catastrophe des masques transparents pour les enseignants qui exercent devant des publics difficiles : autistes, sourds et muets. Il ne pouvait pas y penser plus tôt !
Á propos, un masque Louis Vuitton, ça vous irait ?
 
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A propos des masques
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