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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 06:10

 

Hénin-Liétard, 1955. Mes parents ont trente ans. Ils sont instituteurs. Ils louent dans une rue ouvrière (elles le sont presque toutes dans cette ville à l’époque) une maison de taille moyenne. Louison Bobet gagne pour la troisième fois le Tour de France et les problèmes algériens ne sont pour l’instant qu’une affaire de léger maintien de l’ordre.

 

Mes parents ont décidé de se lancer dans la construction. Je ne sais trop si, aujourd’hui, des couples de jeunes d’instituteurs avec trois enfants pourraient faire de même sans la moindre crainte du lendemain. Ils achètent un petit terrain pour y construire une petite maison.  Le soir, je n’entends parler que de « Crédit Foncier » et de « Plan Courant ». Du nom de Pierre Courant, ministre de la Reconstruction et du Logement, qui fit plus pendant six mois que bien des ministres pendant des années, et qui sut naviguer entre l’Ordre de la Francisque et l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

 

Grâce au bon monsieur Courant, nous allons avoir une salle de bain ! Avec une petite baignoire où l’on peut à peine se tenir assis.

 

Trois maçons s’occupent du gros œuvre. Deux ch’tis pur sucre et un Arabe. De temps en temps, je vais tailler une bavette avec eux. L’Arabe me met en joie. Il est exotique (il doit être le seul Arabe habitant à Hénin), il a un accent à couper à la truelle et il est très drôle.

 

Je ne connais rien en maçonnerie mais j’ai repéré qu’il était meilleur maçon que les deux autres. Un jour, tous les trois discutent de manière assez vive. L’Arabe dit :

 

– C’est pas normal : je suis meilleur que vous mais je ne suis que manœuvre alors que vous êtes ouvriers.

 

Les patrons savaient déjà fort bien diviser pour régner.

 

Un jour le chef de l’entreprise vient donner quelques consignes à ses employés. Il termine par :

 

– Et toi Mohammed, il faudrait que tu … etc.

 

Ramassant son courage à deux mains, l’ouvrier arabe répond :

 

– Mais patron, je ne m’appelle pas Mohammed mais Liess.

 

– Pour moi, c’est Mohammed, et puis c’est tout.

 

Racisme social, racisme tout court
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25 décembre 2019 3 25 /12 /décembre /2019 06:17

Nîmes décembre 2019. Un bilan globalement positif pour Rébecca Gensane, avec 2 médailles d'or, une médaille d'argent et une médaille de bronze.

 

Ci-dessous, sa très belle victoire dans le 200 pap.
 

Deux victoires de Rébecca Gensane aux Championnats d'Occitanie
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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 14:40

 

Presque autant de monde que la semaine dernière.

 

Tout se passait très bien depuis une bonne demi-heure lorsqu’un vieux Lyonnais, et vieux manifestant, me dit : « Vu votre âge, vous n’allez pas pouvoir courir assez vite, alors prenez les devants. Les flics vont charger. »

 

— Pourquoi, demandai-je ?

— Parce que la manif’ arrive à un coude, à l’intersection du boulevard Jean-Jaurès et du cours Gambetta. Ils se sont massés là massivement et ils vont charger.

 

Encore une fois, tout baignait. Á l’avant de la manif’, où je me trouvais avec deux de mes chéries, quelques Gilets jaunes, 3 ou 4 types vêtus de noir et une centaine de jeunes lycéens et étudiants.

 

Ce sont ceux-là que les flics ont chargés. Pas les milliers de Cégétistes qui constituaient l’essentiel du milieu de la manif. Courageux, mais pas téméraires, les cognes.

 

Nous respirâmes quelques lacrymos bien poivrées (on dit qu’il y a aussi du cyanure dans ces grenades) et nous nous écartâmes du champ de bataille.

 

Les salauds : les cognes et les responsables qui leur ont soudain donné l’ordre de s’en prendre à une manifestation parfaitement pacifique ! Le prétexte était qu’il fallait protéger une succursale de la Banque Populaire, qui allait être vandalisée par les manifestants. Mensonge éhonté !

 

La police ment

La police ment

La police est Lallemand

 

Les flics chargèrent les pompiers, qui étaient moins d’une dizaine alors qu’eux étaient au moins 200.

 

Finalement, le cortège put progresser jusqu’à la Place Bellecour, but du défilé.

 

 

 

https://www.leprogres.fr/rhone/2019/12/10/lyon-des-gares-presque-desertes-apres-le-passage-des-rares-trains-greve-train-rail-sncf-retraites-manifestation

 

Manif' impressionnante à Lyon, attaquée lâchement par les flics
Manif' impressionnante à Lyon, attaquée lâchement par les flics
Manif' impressionnante à Lyon, attaquée lâchement par les flics
Manif' impressionnante à Lyon, attaquée lâchement par les flics
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 10:46

Je passe de nouveau ça matin, lundi 9 décembre, devant le lycée Ampère de Lyon.

 

Une centaine d'élèves et d'enseignants discutent devant la porte bloquée de l'établissement.

 

La présence policière est légère et discrète.

 

C'est bien la preuve que, dans les conflits sociaux, la violence émane, 99 fois sur cent, de la police. Surtout dans un État de caudillisme.

 

Lycée Ampère, Lyon : où est la violence ?
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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 17:47
 
Le caudillisme quotidien du banquier éborgneur.
 
Je passe après la bataille. Une bonne cinquantaine de flics, pour beaucoup armés de LBD, ont dégagé des lycéens peu nombreux et non violents de l'entrée du Lycée. Un jeune a reçu un projectile de LBD dans la joue, ce qui a nécessité son évacuation par les pompiers. Il a recouvré son intégrité après une opération de plusieurs heures. Une jeune fille a été plaquée au sol sans raison, puis emmenée dans un car de flics où elle a été insultée et giflée avant d'être relâchée. J'ai discuté une demi heure après les faits avec un ado qui pleurait encore. On comprend la stratégie du caudillo banquier : terroriser, humilier pour que les citoyens, les jeunes en particulier, redoutent fortement d'aller manifester. Honte, naturellement, aux cognes qui mettent cela en pratique !
 
L'assaut des CRS a été globalement violent et a duré environ 45 minutes. Il faudra déterminer si ces charges violentes ont été sollicitées par la direction, ou non.
 
Un peu plus tard, je marche sur la rive gauche du Rhône quand, soudain, sur la rive droite, se font entendre des hurlements de sirènes de flics. 50 cars de police passent à toute allure sur la rive droite. 50 ! Allant je ne sais où. Dividendes et camions de CRS, le “ pognon dingue ” du banquier éborgneur.
 
Sur la vidéo ci-dessous, on distingue furtivement une jeune flique qui vaporise à bout portant des lycéens parfaitement calmes et ne présentant aucun danger pour la société. Je me suis retrouvé une demi-heure plus tard à côté de cette flique qui brandissait son vaporisateur en rigolant avec un ou deux collègues du bon tour qu'elle avait joué à des jeunes gens âgés de quatre ou cinq ans de moins qu'elle.
 
J'ai raconté à mes enfants qu'il n'était pas toujours facile de manifester en mai 68. Mais :
 
- les matraques étaient moins dures que celles d'aujourd'hui qui vous cassent un avant-bras comme rien
 
- les lacrymos étaient beaucoup moins concentrées qu'aujourd'hui
 
- il n'y avait pas de LBD.
 
Seule point commun entre les deux époques : la jouissance barbare des cognes, en particulier contre des jeunes totalement inoffensifs car sans armes.
 
Lyon, ce matin 6 décembre, devant le lycée Ampère
Lyon, ce matin 6 décembre, devant le lycée Ampère
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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 06:20

Cette horreur s'est déroulée en Picardie, où la chasse à courre et la chasse en général sont des activités populaires. Le banquier éborgneur est picard. Il soutient les chasseurs.

 

Ci-dessous un article publié par Le Grand Soir.

 

 

Une jeune femme partie promener son chien en forêt et qui est retrouvée morte. La présence d'une chasse à courre à proximité. Une enquête en cours. Et des chasseurs qui, en attendant, font preuve d'une indécence incroyable.

Le déroulement des faits

Samedi 16 novembre, une jeune femme de 29 ans, Elisa Pilarski, se rend en bordure de la forêt de Retz, pour y promener l’un de ses chiens, Curtis. Peu après 13 heures, elle appelle son conjoint Christophe au secours : elle affirme être attaquée par plusieurs chiens (lesquels l’ont déjà "mordue à la jambe et aux bras") et lui demande de la rejoindre au plus vite. Christophe, qui travaille à 70 kilomètres de là (à l’aéroport de Roissy), arrive sur place 3/4 d’heures plus tard, soit environ vers 14 heures. Et vers 15 heures, il découvre "dans un ravin" le corps sans vie de sa compagne, "dénudé et dévoré de partout".

Des détails troublants

Seul témoin déclaré des circonstances entourant ce drame (appel téléphonique, découverte du corps), Christophe précisera devant les médias un certain nombre d’éléments troublants. A commencer par ceux fournis par sa compagne au moment de l’agression : "Elle m’a appelé en me disant que ... qu’elle n’arrivait pas à tenir Curtis car il y avait trop de chiens autour d’elle". Puis par ceux qu’il a pu constater lui-même une fois arrivé sur place : "je l’ai cherchée partout ... j’ai croisé des chiens de chasse dans un premier temps, un cavalier aussi". Et enfin, au moment de la découverte du corps : "Quand je vais pour regarder dans le précipice, je vois une trentaine de chiens arriver sur moi, donc je m’écarte".

Une enquête en cours

En début de semaine suivante, l’autopsie établit que "le décès s’est produit entre 13 h et 13 h 30 et a pour origine une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’à la tête". Dans la foulée, le procureur de Soissons Frédéric Trinh annonce que "des prélèvements sont en cours sur 67 chiens (rectifiant les 93 annoncés au départ, ndr), dont 5 chiens du couple et 62 appartenant à l’association le Rallye de la Passion (la chasse à courre, ndr)". D’abord confiée à la section de gendarmerie de Soissons, l’enquête est finalement prise en charge par celle d’Amiens, la présence d’un lieutenant-colonel de gendarmerie local, Jean-Charles Métras, ayant été révélée parmi les chasseurs.

Aucune piste privilégiée ...

En milieu de semaine, le parquet de Soissons annonce l’ouverture d’une information judiciaire pour "homicide involontaire ... résultant de l’agression commise par des chiens" et confie l’enquête à un juge d’instruction. "Nous n’avons pas de piste privilégiée" explique par ailleurs le procureur Trinh. Trois hypothèses sont étudiées : une attaque de la victime par son propre chien, par ceux ayant participé à la chasse à courre, ou encore par un chien errant. Précisons que le chien d’Elisa, Curtis, a lui aussi été retrouvé avec de nombreuses blessures/morsures (à la tête notamment) et semble donc lui aussi être une victime de l’attaque. Quant à l’hypothèse d’un chien errant capable de dévorer une personne protégée par une sorte de Pit Bull (un American staffordshire) : fortiche !

Connaissez-vous la chasse à courre ?

La chasse à courre (ou vénerie) est un mode de chasse ancestral généralement pratiqué par des notables. Il consiste à utiliser une meute de chiens dits "courants" (Poitevins, Français tricolores ...) afin de poursuivre un animal sauvage (cerf, chevreuil...) jusqu’à son épuisement ; acculé, l’animal est alors tué (à l’arme blanche ou au fusil) par un membre de l’équipage ou déchiqueté par les chiens. Parmi le champs lexical de la chasse à courre, "l’hallali", qui désigne les derniers moments de l’animal (lorsqu’il ne peut plus fuir et commence alors à être attaqué par les chiens) et "la curée", qui désigne le fait de nourrir les chiens avec des morceaux de viande découpés sur place.

Des accidents rares ...

Malgré ces scènes d’une grande violence, on doit à l’honnêteté de reconnaître que les attaques sur humains sont particulièrement rares. Les chiens courants sont habitués à chasser un animal précis et la réussite de leur mission dépend en grande partie de cette particularité. Pour autant, les situations exceptionnelles existent toujours, et avec elles leurs lots "d’accidents". Le monde de la chasse regorge d’ailleurs d’histoires en tout genre : des chasseurs confondant leur collègue avec un animal sauvage (sanglier, renard ...), des chiens de chasse s’en prenant à un animal domestique (teckel, chat...), des chiens courants sautant du haut d’un ravin ...

... mais possibles

Les chiens du Rallye de la passion étaient-ils bien traités ? Dans quelles conditions étaient-ils hébergés ? Etaient-ils bien nourris ? Bref, quelque chose pouvait-il justifier d’une quelconque agressivité ? Par ailleurs, même si un chien est habituellement calme, il peut devenir agressif dans certaines conditions ; à fortiori s’il s’agit d’un animal conditionné et qu’il est placé en meute. Les chiens auraient-ils pu confondre Elisa avec une proie ? Cette dernière aurait-elle adopté un comportement de fuite (et ainsi pu déclencher un comportement de prédation) ? Aurait-elle déclenché l’agressivité de la meute en tentant de défendre son chien ? De simples hypothèses, qui ne sont pas plus absurdes (et en tout cas moins odieuses) que celles qui vont suivre ...

Les arguments fallacieux de la société de vénerie

Antoine Gallon, directeur de la communication de la société de vénerie : "Elisa Pilarski promenait ... un chien de combat ..., dont on ne peut imaginer qu’il ait laissé sa maîtresse se faire dévorer sans la défendre ! Or, des vétérinaires mandatés par les gendarmes ont inspecté les 62 chiens de l’équipage et aucun ne présentait de traces de morsure". Un argument péremptoire autant qu’hasardeux. Un chien attaqué par une meute est-il forcément apte à se battre ? A mutiler ses assaillants ? Et puis, n’a t-on pas pu planquer des chiens ? Au fait, de quelle gendarmerie s’agit-il ? Celle du gendarme-chasseur Métras ? Etrange argumentaire en tout cas que celui qui entérine l’idée d’une attaque massive, tout en dédouanant la seule meute dont la présence est attestée sur place.

Un témoignage douteux

Autre propos hallucinant, le témoignage d’un participant de la chasse, Jean-Michel Camus. Ce dernier rapporte avoir croisé le compagnon d’Elisa ce jour-là et avoir eu avec lui l’échange suivant : "’je (christophe, ndr) cherche mon chien, faites attention à vos chiens car le mien est très dangereux’ ... je lui ai répondu que nos chiens n’étaient pas méchants, mais lui m’a répété que ses chiens étaient ’très très méchants’ et qu’il fallait faire attention ; ’il était avec ma femme et je la cherche’" aurait alors conclu Christophe. Etrange description que voilà : un conjoint appelé au secours par sa femme, mais qui s’inquiète pour la sécurité des gens qu’il croise ...

Entre raccourcis et mauvaise foi

Et enfin, les arguments de Pierre de Roualle, le président de la société de vénerie. Globalement une reprise des arguments précédents (l’absence de blessures sur les chiens de chasse, contrairement à celui d’Elisa "très largement blessé et euthanasié" ; ou encore l’insistance de Christophe, ah tiens ! auprès du maître d’équipage Sébastien Van den Berghe cette fois-ci, sur la dangerosité de son chien) ; mais avec une pépite en plus : l’heure de l’accident, qui serait maintenant en décalage "de presque une heure" avec le passage des chasseurs (d’ailleurs, à quelle heure Christophe les a t-ils croisé hein ?).

Les chasseurs se serrent les coudes

On passera rapidement sur "les chiens répondant parfaitement aux ordres" mais que l’on retrouve parfois sur des routes ou au milieu des habitations ; sur "les chiens ne se détournant pas de la piste de l’animal" mais que des militants anti-chasse déconcentrent parfois avec un simple sachet de croquettes ; ou encore sur "les chiens suivis de près par le maître d’équipage" ... à l’exception du moment où celui-ci croise quelqu’un (Christophe en l’occurrence) ... ; pour conclure sur l’extraordinaire "solidarité" des chasseurs, leur arrogance aussi, au mépris de l’enquête en cours et de la douleur de la famille. Dernier exemple en date, le président de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, affirmant catégoriquement (dans Valeurs actuelles) : "les chiens de chasse à courre ne sont pas impliqués".

Prêts à peser dans la balance

Depuis le début de cette affaire, les chasseurs n’ont de cesse d’occuper l’espace médiatique avec une indécence et un cynisme incroyable. "C’est pas nous, c’est pas nos chiens" claironnent-ils en coeur (certains n’étant même pas présents sur les lieux le jour du drame). D’où vient cette impudence ? De leur proximité avec le président Macron ? Du soutien sans faille apporté par ce dernier depuis le début de sa présidence ? En attendant qu’un jugement ne soit rendu, les chasseurs semblent en tout cas bien décidé à peser dans la balance. Avec toutes leurs incohérences ...

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 07:13
Je n'ai pas l'habitude de faire dans le sensationnel, mais j'ai été bouleversé par le martyre qu'a enduré Sandrine Bonaire il y a une vingtaine d'années. Je n'étais absolument pas au courant.
Sandrine Bonnaire lors de la marche #NousToutes, à Paris le 23 novembre dernier. Une manifestation contre les violences faites aux femmes.
Sandrine Bonnaire lors de la marche #NousToutes, à Paris le 23 novembre dernier. Une manifestation contre les violences faites aux femmes. - BelgaImage

Le témoignage est fort, puissant. Terrifiant aussi. Sandrine Bonnaire s’est livrée au sujet de son passé de femme battue. Elle a témoigné au micro de l’émission de TMC « Quotidien » qui réalisait un reportage au cœur de la marche #NousToutes qui a eu lieu à Paris ce samedi 23 novembre. Les faits remontent à 20 ans, lorsque l’homme avec qui elle partageait sa vie depuis quatre années s’est montré extrêmement violent lors d’une dispute.

Les coups ont plu. Sandrine Bonnaire a aussi été étranglée : « Je suis tombée dans les pommes ». Elle raconte la suite, n’épargnant pas les détails : « Je me suis retrouvée deux mètres plus loin, avec le visage complètement de travers, la langue en lambeau, avec huit dents de cassées (…) Quand je me suis réveillée, j’ai craché plein de morceaux de dents, du sang ». L’actrice ne comprend pas tout de suite qu’elle a été battue : à son réveil, l’homme s’occupe même d’elle en lui tendant une serviette éponge et la convainc qu’elle a fait une mauvaise chute.

35.000 euros de frais de soins dentaires

« Je lui ai dit ‘Qu’est-ce que tu m’as fait ?’, et il m’a dit que j’étais tombée. Comme il m’avait strangulée et que j’étais tombée dans les pommes, je l’ai cru », note la comédienne. C’est finalement une visite chez le médecin qui lui fait prendre conscience de ce qu’il s’est vraiment passé. Le personnel médical assure à Sandrine Bonnaire qu’elle a été frappée. Dans la foulée, elle va alors porter plainte, réflexe salutaire.

Résultat, « la personne en question a pris deux ans de sursis, seulement ». « Avec une condamnation financière importante puisque j’avais 35.000 euros de frais de soins dentaires », pointe l’actrice pour Quotidien, comme le note BFMTV. Cette histoire « traumatisante », Sandrine Bonnaire l’a à nouveau racontée sur France 24 ce lundi 25 novembre.

 

 

Si elle en parle sur les plateaux télé, ce n’est pas pour rien. L’actrice appelle les victimes de violences conjugales à ne pas rester dans la spirale de la violence et à aller porter plainte. « C’est indispensable », tonne-t-elle. Sur le plateau, elle est donc à nouveau revenue sur son expérience personnelle, livrant d’autres informations :

« J’ai été opérée en urgence, j’ai demandé à cet homme de quitter mon domicile. Je suis restée paralysée pendant un moins et demi, avec toute la mâchoire attachée, je devais voir le chirurgien toutes les semaines ».

Tout ça à cause d’un homme violent. Un homme qui, par ailleurs, a nié les faits. Pour se défendre, la seule chose qu’il aura eue à dire était la suivante : « Elle était hystérique, j’ai dû la calmer ». Bref, « un argument d’homme terrible », synthétise parfaitement Sandrine Bonnaire dont le témoignage mérite d’être entendu.

 

 

Repris de soirmag.be

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 06:25

 

 

Dans le monde de 1984, on est (et naît) coupable. En d’autres termes, l’essence précède l’existence. Dans ce monde, on ne parvient pas à se situer dans l’espace-temps. Ainsi les horloges sonnent-elles treize heures (voir mon article “ Espace-temps et langage dans 1984, Poitiers, La Licorne n° 28, 1994).

 

Dans la French start-up du banquier éborgneur, il en va de même. Comme un radar n’est pas un radar mais beaucoup plus qu’un radar, on ne sait pas si on est coupable ou innocent, donc on est coupable même et surtout si on se sent innocent.

 

Le gouvernement du banquier va faire voter par le parlement 190 millions d'euros de dépenses pour un nouveau plan de radars pour verbaliser massivement et traîtreusement. 

 

Les radars fixes actuels vont être remplacés par des “ radars tourelles ” qui flashent 100 mètres devant – avant même qu'on soit conscient de leur existence– et 100 mètres derrière, sur 6 voies en même temps et qui pourront traquer les infractions jusqu'à l'intérieur des voitures.

 

Ces radars seront déplaçables sans préavis. Les flashs de ces radars seront invisibles.

 

Le banquier veut par ailleurs déployer des voitures-radars banalisées, qui nous traqueront jour et nuit dans quatre régions de plus. Ces régions sont gardées secrètes.

 

L’important est que tous les conducteurs sans exception soient constamment en alerte et coupables.

 

Rappelons ces statistiques banales et tellement simples à interpréter : décembre 2015, 2016, 2017, avec les radars fonctionnant normalement, 311 morts en moyenne sur les routes. Décembre 2018, avec 60 % des radars hors service, seulement 292 morts sur les routes. Depuis, la mortalité routière est stable, alors que de nombreux de radars sont toujours hors service.

 

 

Des radars orwelliens
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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 06:20

 

 

C’est plutôt compliqué et, surtout, totalement logique. Je ne l’avais jamais fait mais, comme il y a un début à tout, j’ai contourné une longue file d’attente en utilisant un automate.

 

Mettons que mon numéro de compte soit 0444444W037 59, et que ce compte soit géré par le centre financier de Bordeaux. Fort benoîtement, je tape à l’écran “ Bordeaux ”, et j’entre “ 0484444W037 ” en supputant que mon nouvel ami automate – j'ai l'art de me faire des amis – n’a pas besoin de la clé RIB (59).

 

Kolossale erreur. Le 037 correspond à Toulouse. Donc, autant rentrer chez moi, jamais je ne pourrai déposer le chèque.

 

D’autant que, pour entrer le numéro, il ne faut surtout pas taper “ 0444444W037 ”. Oui, mais, comment aurais-je pu le savoir ?

 

La file derrière moi s’allongeait inexorablement. Je hélai un employé en lui demandant de venir m’aider. Il me dit qu’il était un peu débordé. Je lui répondis que, étant retraité, j’étais près à passer trois heures devant l’automate (le seul de ce bureau habilité à recevoir des chèques) et à laisser s’allonger la file jusque sur le trottoir.

 

L’employé répondit alors favorablement à ma requête. Il me dit tout d’abord qu’il fallait oublier la mention “ Bordeaux ”. Seule celle de Toulouse (037) comptait. Puis il ajouta : « c’est simple : vous tapez 037 puis 0444444 et vous terminez par W.

 

« Comment voulez-vous qu’on puise deviner une chose pareille ? » lui demandai-je. Même en y passant trois jours, c’est pire que le plus difficile des Sudoku.

 

Derrière moi, une cliente qui commençait à trouver le temps long se mit à râler. « Mais, chère Madame », lui dis-je pour l’énerver encore plus, « c’est toute la différence qu’il y a entre une entreprise privée (La Banque Postale) et un service public (les CCP). Dans une entreprise privée, les employés, pardon, les collaborateurs, ne sont pas assez nombreux, sont multi-tâches, courent dans tous les sens et les usagers, pardon, les clients, se débrouillent comme ils peuvent. Dans un service vraiment public, les fonctionnaires sont en nombre suffisant et les usagers n’errent pas comme des âmes en peine entre une grosse boîte et des employés intérimaires fraîchement recrutés qui possèdent le tiers du quart d’une parcelle de savoir. »

 

Déposer un chèque à la Banque Postale
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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 06:15

 

Dans une république comme la République française, la nation est une construction sociale, politique et historique. Ce n’est pas, contrairement à ce que tend à devenir le Royaume-Uni et à ce que veulent nous imposer la finance internationale, des gens proches de Mélenchon ou encore Rokhaya Diallo,  une communauté d’ethnies.

 

Cette forte parole pour “ décrypter ”, comme disent nos journalistes neuneux, un fait divers récent qui a agité une petite ville du nord du Devon en Angleterre. Il s’agit de Bideford, où je suis passé il y a une bonne cinquantaine d’années, à une époque où la population était à 99% britannique. Aujourd’hui, ce pourcentage doit avoir diminué, mais pas sensiblement. Bideford est une ville de classes moyennes et moyennes supérieures. La bourgeoisie établie, autrement dit. Elle est la patrie de Charles Kingsley, un romancier célèbre du XIXe siècle. Ses 17 000 habitants y coulent des jours heureux.

 

Trop heureux pour que ça dure. Depuis des dizaines d’années, Bideford est surnommée “ La petite ville blanche ” (“ The Little White City ”), non en référence à la couleur de la peau de l’écrasante majorité de la population, mais parce qu’une forte proportion de ses habitations sont blanches.

 

Dans un pays ethnique qui consomme du politiquement correct plus souvent que de l’agneau à la sauce menthe, il fallait que ça change. Après en avoir longuement délibéré, le conseil municipal, vota l’effacement de la honteuse mention  “ Little White Town ” des panneaux de signalisation. Le conseiller McGeough rédigea la motion suivante : « Suite à de nombreuses plaintes de paroissiens [que pensent les musulmans de l'utilisation du terme “ paroissien ” et non pas “ concitoyen ” ?] je suggère la suppression des mots “ Petite ville blanche ” de tous les panneaux situés dans la ville et aux entrées de la ville. La formulation “ Petite ville blanche ” peut être prise pour une insulte raciste et n’est pas politiquement correcte. Si cette suppression n’était pas entreprise, le conseil municipal pourrait être qualifié de suprémaciste raciste blanc. »

 

Les débats furent houleux, l’un des conseillers déclarant par exemple, que le politiquement correct versait dans la folie. Un conseiller demanda s’il fallait rebaptiser les anciennes mines d’anthracite locales Bideford Black du nom de Bideford Slightly Dark (légèrement sombre).

 

Un compromis, un peu ridicule, fut trouvé : on dirait désormais “ Charles Kingsley’s Little White Town ”.

 

Un compromis très boiteux qui n’allait pas selon moi au bout du goût de la connerie. J’aurais préféré : “Chauvinist White Dead Charles Kingley’s Vertically Challenged Caucasian Town ”.

 

Qu’en pensent les paroissiens de cette ville de l’Indre dénommée – provisoirement j’espère – Le Blanc ?

 

 

La petite ville blanche
La petite ville blanche
La petite ville blanche
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