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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 05:28

 

Après avoir écouté “ Tutto va bene quando facciamo l'amore ” de mon ami et vieux camarade Alex Rossi, des esprits chagrins m'ont dit : “ il ne s'est pas trop fatigué au niveau des paroles. ” Je leur ai répondu qu'Alex, musicien professionnel ayant travaillé avec Dick Rivers ou Jean-Jacques Goldman, avait derrière lui une œuvre importante, même si elle n'était pas très connue. Comme ce récit inspiré par Bukowski et publié par le magazine Gonzaï.

Le 9 mars 1994 décédait le plus bukowskien des Charles. Pour fêter les 24 ans de ce retour à la poussière, Alex Rossi vous offre une nouvelle initialement publiée dans le recueil collectif "Demande à Bukowski", en 2008. Où il est question des souvenirs de l'auteur le jour de la mort de Hank, mais aussi de poing américain et d'errances à Paris. Ou dans le corps des étudiantes en fac de lettres.

Quand les flics m’ont invité à vider mes poches, je n’avais presque rien, plus un rond, juste une cassette audio de mes chansons que je gardais en permanence sur moi, au cas où, et Women de Bukowski c’est tout.

Avant qu’ils ne me flanquent tout comateux en cellule de dégrisement, j’avais passé la journée à pleurer et à boire, à pleurer un peu et à boire beaucoup. Le matin même, je venais de prendre de plein fouet la mort de Bukowski via France Info (oui, je me réveille ou me couche tous les matins avec France Info), ce qui me laissa pour une fois sans érection. J’en avais mal au bide et tout ce qu’elle a trouvé à dire c’était : «Oui bon c’était quand même pas Dostoïevski!». Petite conne, me suis-je dit, mais je n’avais pas envie de la ramener.

Bukowski est un des mecs qui m’a sorti de mon adolescence merdique, d’un avenir tracé par des adultes qui n’en avaient plus, de la colle à rustine mais aussi des petites bourgeoises provinciales auxquelles nous roulions des pelles et mettions des doigts le mercredi après-midi. Ce qui, je reconnais n’était pas franchement le pire.

 


La première fois que j’ai lu ses poèmes, je m’en souviens très bien, c’est Pierre qui me les a tendus ou Philippe peut-être. Pierre et Philippe de 10 ans mes aînés, j’avais 15 ou 16 ans. Ils étaient tous les deux issus de cette génération qui avait pris la vague Punk en pleine gueule. Les grands frères spirituels et spiritueux que je n’avais jamais eus puisque j’étais unique comme fils: «Tiens petit écoute ça et tu verras… tiens petit lis ça, si tu veux…». En un temps record, le Velvet Underground, Hemingway, Lou Reed, Georges Bataille, (désolé la liste n’est pas exhaustive), Bowie, Henri Miller, The Clash, Walt Whitman, Patti Smith, Louis Calaferte, Mickey Rourke, Carver, The Buzzcocks, Marquis De Sade, John Fante, Gainsbourg, T-Rex, Bukowski et j’en passe, squattaient ma tête en pension complète, elle était prête à exploser, ne demandait que ça. «S’il te plaît, dessine-moi la panthère des Stranglers». Mais je n’étais pas le Petit Prince.

 

« On ne choisit pas sa famille » me direz-vous, « surtout la mienne » me répétais-je. Famille fan de Dallas et d’exploits sportifs en tous genres (je déteste Gérard Holtz depuis). Et donc, pour fuir ce mortel ennui, je m’enfermais des heures dans ma chambre avec Journal d’un vieux dégueulasse plutôt que de tondre le gazon de la maison, quand je n’arrachais pas les fleurs exotiques fraîchement plantées par mon beau-père, tellement j’avais la tête ailleurs. Et tant pis si je me prenais des baffes de ses mains de rugbyman, à force je ne sentais plus rien. J’étais comme une herbe folle dont le mari de ma mère voulait se débarrasser, couper ras pour que rien ne dépasse, c’était ça ou une tête au carré:

«Ma mère me frappait, le soleil me frappait, la lune me frappait, les flics me frappaient, le monde entier me frappait, je frappais ma mobylette.»

Jusqu’au jour où je fis le mur en sautant par la fenêtre pour ne plus jamais revenir. Le risotto de ma grand-mère m’accueillit à bras ouverts.

 

 

Parfois en pleine nuit, on prenait la caisse de Pierre ou de Philippe, on la remplissait de bières, de livres, de leur fiancée du moment, de compilations de cassettes pour s’arrêter dans un champ sur les hauteurs de la ville. L’autoradio recrachait Love is lies des Buzzcocks à plein volume tandis que je déclamais haut et fort des passages de L’amour est un chien de l’enfer. J’étais ivre de tant de liberté. C’était le pied, le paradis Au sud de nulle part, même si à vol d’oiseau on était assez loin des palmiers de San Pedro.

 

C’était juste une époque où on parlait sans complexe de losers, de losers magnifiques, une époque où le mot winner n’était pour moi qu’une sous-marque de sweat-shirt ou de paire de baskets à la con. Mais stop la nostalgie! Comme disait mon grand-père qui venait de Campomolino : «La nostalgie c’est pour les fascistes!»

Quand j’ai commencé à écrire des poèmes de jeune homme avant de passer à la chanson pour plaire aux filles, Hank me suivait partout, ou plutôt c’est moi qui essayait de le suivre, jusqu’à Montpellier où je partis à la fac de cinéma pour Faye Dunaway et De Niro mais surtout pour ne rien foutre. J’épiais chaque sortie ou réédition en poche de Charles, j’attendais ça avec la même impatience que la bourse universitaire dont je bénéficiais tous les trimestres grâce au divorce de mes parents. Je la claquais en disques, verres, verres pour filles et livres. Oui j’attendais Charles comme un type au bord d’une falaise qui avait envie de vivre et dieu sait que j’en avais envie.

Bukowski toujours sur ma table de chevet quand je faisais l’amour avec une étudiante en lettres modernes, toujours dans une main quand mon colocataire le faisait dans la pièce d’à côté, tandis que de l’autre je me masturbais.

Bukowski m’a poussé à écrire, n’importe quoi, n’importe qui, mais toujours écrire :

«La cloison tremblait/La maison chantait/Des p’tits cris montaient/Partout résonnaient/C’étaient tous les soirs/Moi seul dans le noir/J’caressais l’espoir l’idée de les voir/Lui était sur elle/Elle était sous lui/Elle elle s’appelait Annabelle et lui s’appelait Henri…»

 

 

Des textes de chansons dérisoires où je fais mourir des types, baiser des couples, de bons prétextes pour raconter des histoires. Et qu’importe si c’est rock ou pas, si je flirte avec la variét’ ou pas : «l’important c’est la chanson » me glissa Patrick Eudeline.

 

Un répertoire de femmes fatales, de messalines, où le désir, la passion et l’instinct jouent un rôle décisif sur des mélodies en boucle dans la bouche :

«J’ai roulé des hommes dans la farine/J’ai payé la somme que l’on devine/Eraflé des corps jusqu’à l’échine/En posant le pied sur quelques mines/J’ai planté un homme pour une fille/Vous pensiez que je partais en vrille/Caché dans Sodome tapi sous les ruines/En attendant que dorme la concubine/Comme une fleur du mal couchée dans le val sur l’épine dorsale/Et quand elle se taille perd dans la bataille deux ou trois pétales comme une fleur du mal…»

Tous les gens que je connais qui écoutent du rock en long et en large ont lu Bukowski. Ses histoires collent à la peau comme les médiators aux doigts du rock’n roll, ses phrases sont des gimmicks, des riffs ravageurs, ses nouvelles sont 3 minutes 30 de chansons parfaites qui vous traversent  la tête, vous bottent le cul  pour remonter jusqu’au coeur! Vous ne trouverez aucune issue de secours si votre cerveau est en flamme, juste une envie folle de sombrer corps et biens dans le sexe de votre femme! Imparable.

Cela faisait à peine un an que je vivais à Paris, j’étais monté pour elle qui habitait un charmant 2 pièces à Ménilmontant. Ses parents payaient le loyer et je sortais beaucoup. Les bars kabyles saturaient de mecs comme moi jusqu’à 2 heures du matin, des artistes en devenir avec des milliers de projets à rêver debout. Une vraie marée noire qui noyait son QI et les cacahuètes dans la bière bon marché. Je partais 36 fois aux chiottes en écrasant une fois sur deux un cafard en travers de mon chemin. Un an déjà et une centaine de fêtes plus loin où nous étions rarement invités mais on y rentrait quand même, où l’on se faisait virer avec pertes (pour nos hôtes) et fracas (pour nous).

Le jour ou plutôt en fin de journée, j’envoyais des cassettes de chansons aux directeurs artistiques de la place de Paris. Je rêvais de signer chez Virgin, le label le plus classe des années 80 qui abritait ce qui se faisait de mieux en pop française: Daho, Louise Féron, Les Rita Mitsouko, Taxi Girl, Graziella De Michele ou le Cheyenne Autumn de Murat… On me renvoyait en personne des lettres de refus très polies le mois suivant: «Ce n’est pas ce que nous cherchons en ce moment bla bla bla…». Ça tombait bien, moi aussi je me cherchais, alors j’écrivais deux fois plus :

«Lucioles et pâquerettes sous la lune éveillée/carrioles que je guette au bord de la chaussée/ça roule comme des bêtes ça frôle le bas côté/et la roue de la charrette est venue me chercher/sous un semi-remorque je suis passé près de chez toi/sous un semi-remorque j’vais y passer ça va de soi/à demi-mort dans le décor/à demi-mort dans le décor si près de toi…».

Je me rappelle très flou, la nuit où je me suis fait exploser les dents du haut. Une virée parmi tant d’autres, je crois que nous étions 4 ou 5, à la sortie d’un bar à putes de Pigalle, on partait sans payer. Dix gars nous attendaient sans un mot. J’ai pris un coup de poing américain en pleine face en guise de présentation, KO couché trou noir direction hosto avec 2 dents en moins cisaillées de haut en bas.

 

 

J’avais dormi comme un bébé, je me sentais chez moi, mais c’était juste avant d’ouvrir les yeux car cette chambre n’était pas la mienne. Quand elle est arrivée elle n’a rien dit, juste un air écoeuré puis désolé à la vue de ma tête, j’en menais pas large quand elle m’a tendu son paquet cadeau: HANK : La vie de Charles BUKOWSKI par Neeli Cherkovski. Pas pu lui dire merci ni lui sourire à cause des points de suture cousus sur ma lèvre supérieure. J’engloutis cette vie en quelques heures, cette preuve d’amour (du moins je croyais) qui m’aidait à panser mes plaies. En écrivant ces lignes me revient comme un boomerang le poème de Linda, sa femme, page 268 (j’ai vérifié), tout est dit. Allez-y sur le champ chers lecteurs, c’est un ordre !

 

J’essayais de bosser dans le cinéma mais sans grande conviction, j’engrangeais les places de stagiaire, grouillât, chauffeur, larbin sur des films courts dont la carrière des réalisateurs le fut tout autant, mais aussi gardien de nuit, serveur, bref j’avais du temps pour lire écrire, chanter et écrire :

«Les boxeurs sont des chiens fous/Frappent leur visage d’enfants doux/Les boxeurs sont des amants saouls qui s’étreignent sur un lit chaud/Les boxeurs s’enroulent pour nous dans la nuit s’offrent en cadeau/Ils s’enfoncent des clous dans leur corps et saigne saigne la peau...».

Le vendredi soir après 2 heures, je traînais généralement au Globo (l’ancien Eldorado), un lieu bourré de filles avec ses lampions de baloche et sa musique aussi variée qu’une disco mobile de campagne. Ce soir-là, je buvais des verres à l’oeil avec Jean-Henri, réalisateur et prof de cinéma de son état (le meilleur). On sirote on sirote et je le branche sur la mort de Bukowski survenue la veille en comptant le décalage horaire : « Bukowski ? C’est ce que je vis tous les jours! Partons bouffer j’ai faim viens on en reparle après! » qu’il me répond. J’avais deux verres dans les mains.

Il zigzaguait sévère au volant de sa caisse les yeux comme des jumelles qui n’y voyaient pas à deux mètres et moi, à la place du mort. Il lui restait ce qu’il faut de lucidité pour s’arrêter aux feux rouges enfin, je croyais. Quand les flics nous ont embarqué dans le panier à salade je gueulais comme un veau qu’ils étaient en train de faire une grave erreur mais ils ne m’ont pas cru. Après la prise de sang l’affaire était dans le sac et nous au grisou, chacun dans deux commissariats différents.

Combien de temps j’y suis resté? Je n’en sais foutre rien! Huit heures peut-être mais très longues alors. J’étais sec des pieds à la tête surtout ma bouche, bordel que j’avais soif, d’eau et d’oasis sans dormir une seule seconde, tendus les nerfs. J’aurai bien voulu prendre un avion, décollé pour Los Angeles, assisté aux obsèques, soutenir sa femme Linda dans cette épreuve, boire des bières sur son canapé mais j’étais au trou et je n’avais jamais pris l’avion de ma vie.

Finalement je ramassais 500 francs d’amende pour ivresse manifeste sur la voie publique.

Je suis sorti, la pluie sur le visage et le crâne à l’envers sans un rond, avec mes lacets à moitié dans les trous, ma cassette de chansons dans une poche et dans l’autre…putain, les flics avaient gardé mon Women de Bukowski.

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 05:25

 

Une attaque contre les pauvres sans précédent, par le biais de l’assurance chômage. Les conditions d’accès sont durcies, la prolongation des allocations est rendue plus difficile. Mais – soyons équitable, comme on dit à la CFDT – l’indemnisation des plus hauts salaires est diminuée au bout de sept mois.

 

Ces mesures visent à réduire de 150 000 à 250 000 le nombre de demandeurs d'emploi et à atteindre 3,4 milliards d'euros d'économies sur la période 2019-2021.

 

Á partir du 1ernovembre 2019, il faudra avoir travaillé six mois sur les deux dernières années, au lieu de quatre sur les 28 derniers mois dans les conditions actuelles.

 

Les conditions de « rechargement » des droits seront également durcies. Plus un demandeur d’emploi travaille avant d'atteindre l’épuisement de son droit à l’allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE), plus il acquiert de droits à l’assurance chômage dans la durée. A partir du 1er novembre 2019, le seuil de rechargement sera rehaussé :il faudra avoir travaillé au minimum six mois, au lieu d'un seul actuellement, pendant sa période d'indemnisation pour pouvoir prolonger celle-ci de l'équivalent du temps travaillé.

 

Pour les salariés “ aisés ”, s’ils gagnaient plus de 4 5000 euros brut avant d'être au chômage, l’indemnisation diminuera à l'avenir de 30% à partir de sept mois sans emploi.

 

Bonus-Malus : plus les salariés d'une entreprise sont nombreux à s'inscrire à Pôle emploi, plus l'entreprise se verra attribuer un malus. À l'inverse, plus une entreprise fera des efforts, plus ses cotisations vont baisser.

 

Pour l’immonde Christophe Barbier, ces mesures drastiques ne sont pas assez violentes car les chômeurs ont le droit de choisir leur travail. Qu’ils nous fassent donc des propositions !

 

 

 

 

La vie sous le banquier éborgneur (12)

 

Le délinquant qui a fauché deux enfants d’origine turque (un tué, un blessé grave) et qui roulait sans permis au volant d’une voiture qui n’était pas la sienne après avoir refusé un contrôle de police, me semble être très emblématique de notre époque. Dans notre pays déglingué, des millions de gens n’ont plus aucun repère. On sort les couteaux pour un regard, on vend de la drogue à 12 ans, la conduite sans permis ni assurance est banale. Il n’y a plus de sentiment d’appartenance à une communauté nationale qui disparaît.

 

Ce chauffard criminel avait été en infraction à la législation sur les stupéfiants, avait déjà été condamné pour avoir roulé sans permis et sous l’emprise de stupéfiants (ce que tous ses voisins savaient). Au lieu de se retirer – justement – des voitures, au lieu de chercher du travail, il menait une vie de glandeur professionnel au sein d’une bande d’une vingtaine de trafiquants qui tiennent le marché du shità Lorient entre leurs mains (et qui l’ont certainement aidé dans sa cavale de neuf jours). Ce jour-là, comme les autres jours, il a considéré comme normal de rouler à vive allure sur une voie réservée aux bus. Il ne s’est, normalement pas, arrêté après avoir percuté une voiture à la sortie d’un rond-point.

 

 

Le parquet a, normalement, ouvert une information judiciaire pour « homicide involontaire aggravé », « blessures involontaires aggravées », « conduite sans permis en récidive », et « défaut d’assurance et de refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui ». Il risque 10 ans de prison. Il en fera 5 ou 6. Il sera condamné à des dommages et intérêts. Il est insolvable. Son permis de conduire lui sera retiré. Il n’en a pas.

 

 

 

La vie sous le banquier éborgneur (12)

 

Dans une optique que l’on peut qualifier de pétainiste, le banquier éborgneur a décidé d’embrigader la jeunesse. Un rassemblement du nouveau service national universel a eu lieu récemment à Évreux. Le prétexte étant l’inauguration d’une statue du général De Gaulle pour célébrer les 79 (sic) ans de l’appel du 18-Juin. Le soleil cognait. Le soleil tapait dur. 29 djeuns’ sont la centaine présents ont fait un malaise, tout comme la sénatrice Nicole Duranton. Une personne a été évacuée vers l’hôpital le plus proche. Les agents de sécurité ont commencé à rapatrier ceux qui se sentaient mal à l’intérieur du bâtiment. Personne ne s’est occupé d’eux.

 

Le lendemain matin, le maire de la ville, médecin-urgentiste de profession qui n’a pas fait grand chose pendant les faits, a indiqué à France Bleu Haute-Normandieque « deux ou trois [volontaires] ont été plus sérieusement touchés, dont l’un a dû être évacué ».

 

Le macronisme à l’état pur : de l’image, de l’esbroufe, un mépris souverain des gens.

 

 

 

Affaire Dettinger. Le juge des référés n’a pas donné suite à la demande de provision formulée par la famille du «boxeur de gendarmes», qui réclamait le versement des 145 000 euros récoltés pour le soutenir début janvier, après son interpellation pour avoir frappé deux gendarmes. L’affaire devrait être réexaminée le 9 décembre devant le tribunal de grande instance de Paris. La cagnotte de 145 000 euros, demeure bloquée par la plateforme de financement Leetchi, dont on sait désormais qu’elle est proche du banquier éborgneur. Cette plateforme a été sommée par la Justice de donner les noms des donateurs. Elle a obtempéré. Dans un courriel, un officier de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) a convoqué plus d'une centaine de donateurs pour venir témoigner.Ceux qui ne pouvaient pas venir se ont reçu deux questions auxquelles ils devaient répondre par écrit: « Pour quelles raisons avez-vous souscrit un don à la cagnotte Leetchi en soutien à Christophe Dettinger ? » et « À quelle date avez-vous souscrit et quel était le motif de la cagnotte sur le site ? ».

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 05:17

Elle intègrera le groupe dominante 200m et +.

 

C'est une grande joie pour Rébecca, une expérience nouvelle et très stimulante. Des exigences aussi !

Rébecca Gensane admise au Pôle de natation de Font-Romeu

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 05:30
 

Je reproduis ici un texte de l'association Charlotte Mathieu Adam. Rédigé en mémoire de Charlotte Landais, tuée par un chauffard le 22 décembre 2012.

 

Après 6 ans 5 mois et 5 jours d'attente

 

- 4 procès au pénal, 

 

- une instruction encore en cours et une mise en en examen contre l'établissement de nuit ayant permis aux chauffards de notre fille de s'abreuver encore et encore, avant de prendre le volant d'une voiture qui deviendra une arme par destination,

 

Et c'est donc plus de 6 longues années après le drame que le tribunal de Montpellier examinera nos préjudices lors d'une audience d'un procès civil qui aura lieu le 27 mai prochain. 

 

Après la peine immense de la perte de notre être cher, de notre fille, à jamais disparue pour sa famille et ses amis, la double peine des procès au pénal et de l'enfer de cette justice qui broie et anéantit les rescapés du massacre routier,

 

et bien nous voilà donc au moment d'évoquer le "prix" à mettre sur notre douleur, un "prix" sur la souffrance endurée, et à endurer.

 

Une douleur constante, quotidienne, qui ne vous quitte jamais, qui vous réveille la nuit, qui vous poursuit ou que vous soyez.

 

Tout cela lors d'une audience civile attendue depuis une éternité.

 

Une audience qui durera tout au plus.... une heure.

 

Alors que notre calvaire se prolongera lui..... toute une vie.

 

Verrons-nous donc arriver lors de ce procès la triple peine ? Celle qui saccage un peu plus le moral, qui enfonce encore un peu plus, qui donne raison à la négligence, à l'immoralité,
à l'irrespect ?

 

Nos demandes ne feront par revenir Charlotte, mais nous, ce que l'on exige, c'est la reconnaissance de notre souffrance à la hauteur de ce que l'on endure.


Et cela, ça n'a pas de prix.

 

Et puisque nous étions obligés de nous pencher sur la question, nous avons pris connaissance avec horreur et dégoût qu'un "barème", une "grille", " un chiffrage" était communément appliqué à cette souffrance.

 

Il nous a semblé important que vous soyez au courant de ce que peuvent endurer les victimes par ricochet, et d'apprendre comment notre Etat considère "nos cas".

 

On apprend que perdre un enfant "vaut" entre 20 000 euros et 30 000 euros, mais que s'il était majeur et parti de la maison, ce serait plus 20 000 que 30 000 car il s'éloigne du domicile familial, donc d'après leur logique, on doit sûrement moins "l'aimer" !

 

Idem pour les frères et sœurs : un frère ou une sœur de la victime qui côtoyait celle-ci au domicile familial se verra "attribuer" 12 000 euros, mais si la victime est partie pour étudier, ou vivre ailleurs, et bien le frère ou la sœur ne percevra plus que 8000 euros !


En résumé de ce macabre montage de nos assureurs pervers et perfides, plus on s'éloigne du domicile familial, plus on rompt l'amour et le lien de parenté avec sa famille !


Inutile de vous expliquer notre réaction devant tout cela..

 

On apprend donc aussi qu'il y a une certaine "omerta" une "gêne" de notre justice sur la question. 

 

La souffrance d'une mère et d'un père pour la perte de leur enfant vaut donc, d'après le pseudo barème couramment établi 20 000 euros !


Mais qu'à contrario, en creusant la question, la souffrance morale de Mr Bernard Tapie vaut elle 45 millions d'euros dans l'affaire Crédit Lyonnais ( jugement rendu en 2016) !

 

A vomir, on vous laisse juges..

 

En lien avec ce sujet, la note de presse ci-jointe illustre parfaitement le malaise, et le manque de considération de nos pouvoirs publics à l'égard des victimes des chauffards de la route qui perdent un enfant ou un proche, le décalage et l'irrespect de nos dirigeants capables d'attribuer des sommes faramineuses injustifiées en laissant "des miettes" aux oubliés que nous sommes.

 

Alors pas seulement pour nous, mais pour la reconnaissance de toutes les victimes, espérons que le tribunal prendra en compte notre souffrance à sa juste valeur.

 

La vie d'un enfant n'a pas de prix, mais le devoir de notre société et de nos dirigeants est un devoir de décence, de soutien et de respect envers ses victimes.

 

D'autant plus qu'à la lueur de notre combat, nos responsables ne sont pas en mesure de prévenir, de sanctionner, et d'anéantir ces chauffards qui brisent des vies et des familles entières.

 

Anne Pineau
Stéphane Landais

 

Association Charlotte Mathieu Adam
https://www.charlotte-mathieu-adam.org/

 

 

Combien vaut un enfant tué par un chauffard ?
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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 05:20

Un ami, ancien cadre de La Poste, me fait parvenir le témoignage suivant :

 

 

 

Je suis parti en 2003, avant que ne sévisse Didier Lombard. J'en ai un soulagement rétrospectif. J'étais ce qu'on appelle un “ cadre supérieur ” (certes peu payé). Mais j'aurais passé des moment difficiles car j'ai fait toute ma carrière à XXX et toute ma carrière dans le même service (pas des plus prestigieux, puisqu'il s'agissait de la logistique) et même toute ma carrière dans le même bâtiment !

 

 

Or, ne pas bouger, pour un cadre, c'était une tare rédhibitoire. Et on te le faisait bien comprendre. Tant et si bien qu'un jour une collègue a demandé : “ Si vous m'incitez à partir, vous consentez aussi à me payer mon divorce ? ” Parce que les séparations physiques, pour causes de promotion étaient parfois fatales aux couples...

 

 

 

 

Je m'étonne aussi que Lombard ne se soit pas reçu un pain sur la gueule. Dire que le suicide était une mode était une insulte aux morts, une provocation. Un ami de CHSCT (qui milite avec moi à Attac) a été le premier à dépendre un collègue qui s'était pendu dans le central téléphonique d'A. Quand tu écoutes les déclaration du PDG, il te vient des envies de meurtre. Mais ce même collègue m'a fait remarquer que Lombard n'était qu'à demi-coupable. Car qui lui a donné les ordres de “ nettoyer ” France Télécom ? Qui, sinon les politiques au pouvoir – et qui obéissaient aux ordres des banques, de l'Europe – qui, sinon Sarkozy et Fillon ?

 

Souvenir de Didier Lombard
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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 05:26

 

 

Le député européen du MoDem Robert Rochefort, interpellé fin août pour s'être masturbé dans un magasin de bricolage des Yvelines, a reconnu les faits et accepté la peine que lui proposait la justice. Il s'est réjoui d'une décision qui « fait du bien » (sic).

 

Robert Rochefort évitera un procès public. L’eurodéputé a fait le choix « (d’accepter) la peine proposée » par le parquet de Versailles dans l’affaire d’exhibition sexuelle dans un magasin de bricolage de Vélizy-Villacoublay. La nature de cette peine pourrait prendre la forme d’une amende. La procédure le visant a donc « été classée sans suite », précise le parquet. Cette option est prévue par la loi et s’applique lorsque la personne a reconnu des faits. Elle lui permet d’éviter un procès public.

 

L’eurodéputé de 61 ans avait été interpellé à la fin du mois d’août après avoir été surpris dans un magasin de bricolage en train de se masturber à proximité d’enfants. Il avait reconnu les faits en garde à vue en expliquant avoir « besoin de se masturber » quand il « était en situation de stress ».

 

François Bayrou l’avait écarté du MoDem après la révélation de l’affaire. Il occupait le poste de vice-président du parti.

 

 


 

La vie sous le banquier éborgneur (10)

 

Les facteurs de Cherbourg (Manche) sont en colère ! Suite à une réorganisation, la distribution des colis ne sera plus assurée par les facteurs, mais par des sous-traitants. Les syndicats comprennent d’autant moins cette décision que le courrier a tendance à diminuer et celui de paquets à augmenter. La Poste préfère prendre des sous-traitants alors qu’il faudrait recruter des personnels statutaires. C’est tout un pan de l’activité postale qui disparait.

 

 

Le 12 mars dernier, Mediapart révélait que plusieurs « obligations de quitter le territoire français » (OQTF) avaient été délivrées, les mois précédents, à des personnes séropositives brésiliennes, souvent transgenres. Parmi elles, certaines vivaient en France depuis plusieurs années en bénéficiant d’un « titre de séjour pour raisons de santé ».

 

Depuis 1998, il existe en France un dispositif garantissant l’accueil et la régularisation de personnes étrangères gravement malades et ne pouvant pas recevoir les soins adéquats dans leur pays d’origine. Chaque année, ce sont environ 30 000 personnes qui obtiennent cette « Carte de séjour vie privée et familiale pour soins ».

 

 

 

Les 82 wagons qui amenaient fruits et légumes de Perpignan à Rungis vont être supprimés et remplacés par des camions. 20 000 par an. Un autre exemple de la politique “ écologiste ” du banquier éborgneur.

 

 

 

Ils avaient...

25ans (interne, suicide)

44ans (vendeur en boulangerie)

52ans (Jérôme Amis, ouvrier)

54ans (ouvrier du BTP)

59ans (Hervé Tarride, agriculteur)

.?. ans (Miguel Silva, cheminot, suicide)

 

..et sont décédés cette semaine dans un accident du travail.

 

La vie sous le banquier éborgneur (10)
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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 05:30

Je reprend ici un entretien, publié par le site Ballast, avec la fille de Zineb Redouane,  tuée par les “ forces de l'ordre ”.

 

Yeux crevés, mains arrachées, journalistes matraqués : c’est le bilan, en à peine deux ans, d’un président élu pour « faire barrage à l’extrême droite ». Et quand le pouvoir ne cogne pas, il ment. Il ment par la voix de son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Lorsqu’un auditeur l’interpelle un jour de mars 2019, sur France Inter, et lui demande ce qu’il en est de Zineb Redouane — morte à Marseille le 1er décembre 2018 des suites d’un tir de grenade lacrymogène en plein visage —, le ministre répond : « Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane, parce que c’est faux. Elle est morte d’un choc opératoire après […] avoir, semble-t-il, reçu une bombe lacrymogène qui avait été envoyée, qui arrivait sur son balcon. » Puis il conclut : « Il faut arrêter de parler des violences policières. » À Marseille, nous rencontrons sa fille, Milfet Redouane. Avec d’autres, elle se bat pour que toute la lumière soit faite sur le décès de sa mère, qui fermait les volets de sa fenêtre pour se préserver des gaz que la police répandait sur les habitants, rejoints par des gilets jaunes et des syndicalistes, révoltés par la mort de huit personnes dans l’écroulement de deux immeubles de la rue d’Aubagne.

Comment fut tuée Zineb Redouane

 

Vous étiez au téléphone avec votre mère lorsqu’elle a reçu la grenade en plein visage…

 

J’ai assisté en direct à tout ça. On se parlait, on riait ensemble au téléphone ; elle m’a dit : « Attends, je vais fermer les fenêtres, il y a trop de gaz. » En tendant sa main vers la fenêtre, elle a croisé le regard de deux policiers armés — ça, elle me l’a raconté après. Et un d’eux a tiré vers elle. Le tir l’a atteint en plein visage, la grenade a explosé, ça l’a défigurée et fait saigner abondamment. Par voie de conséquence, ça a causé sa mort. Elle a vu le policier partir avec son collègue. Moi, j’étais au téléphone sans pouvoir rien faire, sans pouvoir lui porter secours. J’ai entendu ses cris… Heureusement, son amie Imen a pu l’aider par téléphone en appelant les pompiers, et la voisine est montée. Les pompiers ne sont pas intervenus tout de suite à cause de la manifestation — il a fallu les rappeler plusieurs fois pour leur dire que ma mère perdait du sang, que c’était urgent, qu’ils devaient venir à pied. Ils sont arrivés plus d’une heure après. Imen a attendu à l’hôpital de la Timone jusque 22 heures, avant qu’on lui permette de la voir, des points de suture à la mâchoire, tuméfiée de partout.

 

Elle parlait encore ?

 

Oui. Sans la voir de face, il n’était pas possible, d’après Imen, de s’imaginer la violence reçue : elle avait le visage déformé, je l’ai vu en photo. Les infirmières ont expliqué à Imen qu’ils étaient en attente d’un verdict du chirurgien pour une opération. À 4 heures du matin, elle a été transférée à l’hôpital de la Conception pour se faire opérer. Jusqu’au lendemain midi, elle était consciente. Imen a parlé avec le chirurgien, qui lui a expliqué la nécessité de l’opération : il y avait des risques d’étouffement, un déplacement de son maxillaire : son palais était en train de descendre. Elle est entrée au bloc à 14 heures. C’est Imen qui m’a appris son décès. Je n’ai pas pu le croire, jusqu’à ce que je la voie mise en cercueil… Ta tête n’accepte pas. Elle était consciente jusqu’à la dernière minute ! Et en colère contre les policiers. Elle se demandait quoi faire ! À son amie, elle a dit être capable de reconnaître le visage du tireur. Ma mère avait une très bonne vue. À 80 ans, elle ne portait pas de lunettes. Je suis arrivée en France en février [2019] : je veux vraiment savoir la vérité, mettre la lumière sur le décès de ma mère. Je n’ai rien contre personne, mais je crois que c’est un droit de savoir la vérité. Son décès m’a choqué, je n’arrive toujours pas à réaliser. La manière dont elle est décédée, tout le silence qui règne autour de cette histoire, ce n’est pas normal. Ce silence est complice à mes yeux.

 

 

Comment était-elle, votre mère ?

 

Elle ne passait pas inaperçue, tout le monde l’aimait. Elle était très généreuse, et présente pour son entourage, ses voisins. En venant à Marseille, j’ai découvert beaucoup de choses que je ne savais pas sur elle, sur ses liens, ses amitiés ici. Je ne réalisais pas qu’ici aussi, en France, elle était respectée. Ma mère était une personne très aimée, cultivée. Elle parlait volontiers de politique, de religion, de société. Elle aimait même le foot ! C’était une bonne vivante, elle aimait beaucoup rire. On avait programmé beaucoup de choses pour cette année. La façon dont elle est partie est anormale. Elle avait longtemps travaillé ici, avec mon père ; ils étaient arrivés dans les années 1980, ils avaient travaillé dans des hôtels, des librairies. Quand mon père est mort à Marseille, ma mère a géré l’Hôtel Européen plusieurs années après. Puis elle a tout vendu, et loué un appartement. Elle avait un statut de résidente en France et faisait des aller-retours entre la France et l’Algérie, pour des soins. Ça faisait cinq ans qu’elle habitait cette adresse. Elle était revenue en France en septembre 2018 pour des rendez-vous, et devait rentrer à Alger le 7 décembre : elle a dû rester à cause d’un souci d’électricité à gérer dans sa maison.

 

Comment êtes vous entrée en contact avec le Collectif du 5 novembre, qui lutte aux côtés des habitants délogés ?

 

Quand j’ai créé la page de soutien, Flora Carpentier — de Révolution Permanente — m’a contactée dès le premier jour. Ils ont été les premiers à parler du sujet sur leur page. Elle m’a beaucoup aidée et m’a présentée à des personnes du collectif à Marseille, qui nous soutiennent aujourd’hui inconditionnellement dans ce combat. Nous avons aussi eu beaucoup de soutien de gilets jaunes et de personnes mutilées pendant les manifestations. J’étais très émue à la Bourse du Travail de Paris.

 

Un « combat », c’est désormais le mot…

 

Je commence à réaliser que ça va être un long chemin, pas facile. Il va falloir avoir du courage et de la force. Elle me manque : j’essaie de tenir, mais parfois je flanche.

 

Qu’espérez-vous, vous et ceux qui vous épaulent ?

 

 

Nous voulons la reconnaissance du crime qui a eu lieu. Il est indigne de parler de la « santé fragile » de ma mère. Bavure ou tir volontaire : ce doit être reconnu. Ma mère a croisé le regard de celui qui a tiré, je le redis. Je ne vais pas la démentir. Elle n’avait aucun intérêt à mentir.

 

Santé ou non, ce n’est pas la question : la police doit être la seule à assumer sa mort.

 

C’est en effet une affaire de responsabilité à assumer. Il faut des démentis, de la lumière sur tout ça. On n’a reçu aucune excuse de personne. Aucunes condoléances pour une citoyenne de nationalité algérienne résidente à Marseille, qui a travaillé presque 40 ans ici en payant ses impôts… Si un citoyen français était touché de la même façon, et mort en Algérie dans le cadre d’une manifestation, il y aurait des réactions ! L’Europe exigerait des excuses, comme le Maroc a dû le faire dans le cadre de la mort de deux jeunes Européennes sur son sol ! Ma mère était quelqu’un, elle avait une place dans la société. Comment fermer les yeux ? Elle n’était pas dans la manifestation mais chez elle. Personne n’a cherché à savoir ce qui était arrivé à cette dame. Mais les condoléances, nous les avons reçues de milliers de Français, de toutes les régions du pays : des messages, des témoignages.

 

La mort de votre mère s’inscrit, en plus, en pleine répression du mouvement des gilets jaunes. On ne compte plus les blessés, les éborgnés, les mutilés…

 

En Algérie, les répressions policières existent depuis des années, mais c’est peut-être la première fois que ça se passe ainsi, en France… Il n’y a aucune sagesse, aucune dignité dans les déclarations qui sortent de la bouche des responsables. Ils n’ont aucune empathie, aucune honte. Ils continuent de dire que la police ne touche personne. Quand j’entends ça, j’ai envie de monter sur la tour Eiffel et de lui dire : Castaner, ma mère est morte à cause de vos armes ! Vous faites semblant !


 

 

Comment fut tuée Zineb Redouane

 

Vous avez fait le choix de changer d’avocat. Quelle tournure prend l’enquête, avec Yacine Bouzrou à vos côtés ?

 

On a commencé par démentir les premières déclarations du procureur, affirmant que la mort de ma mère n’avait aucun lien avec le tir reçu au visage. L’avocate précédente n’avait rien fait : aucune plainte n’avait été déposée, aucune enquête engagée. Je l’ai su par le juge. Le corps de ma mère autopsié a été laissé pendant 22 jours à la morgue, sans aucun motif, sans formuler de demande de rapatriement. Si je n’avais pas fait une demande par lettre, elle y serait encore. L’autopsie avait été faite. C’est une négligence de notre ancienne avocate. J’ai bon espoir en ce changement d’avocat. Je voudrais que l’histoire de ma mère permette de faire avancer l’interdiction de l’usage de ces armes. Quand on se renseigne, on voit que ce sont des armes vraiment dangereuses. Les utiliser sur des personnes qui manifestent sans rien dans leurs mains… D’autres habitants ont vu les policiers tirer sur les façades, alors que le tir doit normalement former une cloche, ne pas viser les habitations ! Ils n’ont pas le droit de tirer vers les façades et les fenêtres. Ce n’était pas un hasard.

 

Une dernière chose à dire ?

 

L’histoire de ma mère n’est pas compliquée, elle est même très claire. Celui qui veut vraiment le voir a juste à ouvrir les yeux. On va essayer de les ouvrir à ceux qui les ferment.

 

 

Photographie de vignette : Les Squales

Photographie de bannière : NnoMan

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28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 05:39

 

 

En ce 27 avril, la manifestation à Lyon ne fut pas franchement massive. En revanche, la manif des flics, elle, fut grandiose. Lorsque l’on déploie des centaines de CRS et gendarmes mobiles, armés jusqu’aux dents, face à quelques centaines de manifestants qui marchent là où ils peuvent parce que quantités de rues sont bloquées, on voit bien de quel côté se situe la provocation.

 

En particulier, les flics ont barré le pont qui mène au tunnel de Fourvière. Ce qui a forcément créé un immense embouteillage au nord et dans le tunnel, dans la direction Paris-Lyon.

 

Je m’installe quelques minutes à côté des CRS qui bloquent le pont. Je sens bien qu’eux- mêmes ne savent pas très bien quel est le sens de leur mission en cet après-midi, sous un ciel vraiment bas. Un couple d’Allemands, disons de mon âge, qui est descendu d’un des bateaux qui offrent des croisières de luxe sur le Rhône, me demande s’il y a des terroristes parmi les manifestants. Je ramasse le peu d’allemand qui me reste et leur balance :

 

« Der zweite Weltkrieg ist beendet » (la Seconde Guerre mondiale est terminée).

 

Des terroristes à Lyon ?
Des terroristes à Lyon ?
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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 05:32

 

Supposez que vous assistiez à la finale de la Coupe de France de football au Parc des Princes. Imaginez qu’une demi-heure avant le coup d’envoi de la partie, puis pendant tout le match – mi-temps comprise – vous receviez dans les oreilles, tantôt les commentaires débiles d’un didgi (comme on dit) payé pour cela par la FFF, tantôt une musique assourdissante avec des basses à vous décrocher l’estomac, tantôt – le fin du fin – les deux à la fois.

 

C’est ce que j’ai enduré, plusieurs jours durant, dans la fort belle piscine olympique de Rennes, à l’occasion des championnats de France élite de natation.

 

Á ma connaissance, ce sport est le seul à éprouver une sainte trouille du silence. Un tel pandémonium sonore serait inconcevable à Roland-Garros, dans une salle de gymnastique ou de judo, lors d’un match de volley-ball, lors d’une épreuve de tir à la carabine, dans des régates.

 

Dans le monde de la natation, faut qu’ça gueule. Faut qu’un didgi balance dans le public des cadeaux à deux balles en criant « Faites du bruit », truc sonore (pardon : “ gimmick ”) qu’il a piqué à Nagui.

 

Mais, cette fois, nous eûmes droit à la totale. Normalement, la musique de boîte de nuit cesse durant les épreuves mêmes. Donc, pendant un 100 mètres, nous avons une minute de silence. Á Rennes, la musique n’a jamais cessé. Je me suis même demandé si, en un moment d’une petite trentaine de secondes, le didgi n’avait pas fumé la moquette quand il nous balança un court extrait d’une valse de Strauss dans la version originale et pas remixée, donc avec orchestre symphonique.

 

Une conséquence de ce bruit lancinant et insupportable est qu’il n’est pas possible de déposer des vidéos sur Youtube, sauf pour lecture privée. La raison de cette interdiction est que la bande son n’est pas libre de droit.

 

Vous connaissez mes qualités de père. Je vous propose Rébecca remportant la quatrième place de la finale B du 200 4 nages. En espérant que cela marchera...

 

 

 

https://youtu.be/plziHVJZtBQ?fbclid=IwAR0nDtH3jFASEoacOYE4JTp2RPpv8JPtMAceqZPhUvO_qlCiTGO807VIBxg

Natation et bruit
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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 05:23

 

Juan Branco est l’un de nos rares auteurs radicalement de gauche. Il explique ici comment l’oligarchie française a tenté de lui mettre des bâtons dans les roues suite à la publication de son livre Crépuscule :

 

 

« La première tentative d'éviction de l'espace social bourgeois, "l'enquête" de l'Expressqui, suivant de quelques jours mon signalement par le pouvoir auprès de la justice, avait plongé dans les tréfonds de mon adolescence pour tenter de m'éliminer, n'avait rien donné.

 

Alors sont venues les salissures pures et dures. Après l'accusation en homophobie, puis celle encore plus risible de néofascisme, on a basculé sur la question de l'intégrité personnelle, ironisant sur le RSA, harcelant pour alimenter l'excitation, multipliant les rumeurs infondées.

 

Cela aurait pu suffire dans l'ancien monde, effrayant les grands éditeurs parisiens, de Laffont à Fayard (dont on appréciera la dernière compromission avec Emelien, et ce plan comm' délirant organisé avec Lagardère... pour rien). Mais cela n'a, cette fois, pas suffit.

 

A l'Elysée, d'où proviennent en fait ces rumeurs, l'heure est à la machination. La stratégie d'étouffement ne prenant pas, les faux comptes créés pour me harceler restant sans effet (coucou @winniah), le conseiller presse de Macron, commence à s'énerver. 

 

Leur obsession, s'assurer que l'ouvrage ne pénètre pas l'espace social bourgeois, quitte pour cela à tout détruire, commence à vaciller. La technique qui, depuis des décennies fonctionnait, l'omerta médiatique accompagnée de campagnes de dénigrement, se prend un mur violent.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: le livre est un carton. L'ouvrage, enfin publié, arrive à point nommé pour faire jonction entre ceux qui ne supportaient plus d'être instrumentalisés et ceux qui sont enfin prêts à leur donner les clefs. »

 

 


 

La vie sous le banquier éborgneur (7)

 

C’est la fin d’une courte aventure à l’école élémentaire Georges Valbon de Bobigny. Ouverte à la rentrée 2014, la seule classe bilingue en langue des signes française - français écrit fermera ses portes en juin, sur décision de l’Education nationale. Cette classe bilingue LSF étant la seule du département, les familles seront contraintes de s’exiler pour permettre à leur progéniture de poursuivre leur scolarité.

 

 

 

Le constat est sans appel. La France est coupable de violations des droits de l’homme dans sa gestion des sans-abri, a déclaré, ce vendredi 12 avril, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit au logement, Leilani Farha, lors d’une conférence de presse. A l’issue d’une visite de dix jours en France, au cours de laquelle cette juriste canadienne a visité de nombreux campements, squats et logements insalubres, la représentante de l’ONU dresse un bilan sévère de l’état du droit au logement en France :

 

« En France, le système est tel que de nombreuses personnes n’ont même pas accès aux services d’hébergement d’urgence les plus basiques. »

 

 

L’infirmière secouriste Marion Dietrich a été rouée de coups lors d’une manifestation. Elle témoigne : 

«  Un policier m’amis à terre et m'a donné plusieurs coups de pied dans le dos et le ventre, puis j'ai reçu un coup sur le visage. Puis j'ai ressenti une très vive douleur derrière le crâne qui m'a fait tomber à terre, complètement sonnée. Le policier qui me frappait m'a attrapé par mon sac, et m'a traîné au sol alors que j’étais presque inconsciente. Il m'a jetée à terre en dehors du cordon de sécurité qu'avait formé ses collègues autour de nous... 


J'ai immédiatement été mise en sécurité par les gilets jaunes, et pris en charge par d'autres équipes de secouristes (j’en profite pour encore les remercier), on m'a emmenée au Quick (qui avait accepté de servir de QG des secouristes, merci à eux également). Je ressentais une vive douleur dans le dos, ma tête allait exploser, j'ai perdu connaissance quelques minutes, puis j’ai été prise en charge par les pompiers qui m'ont emmené aux urgences.


Au bilan, multiples contusions dans le dos et au ventre, fracture du nez, traumatisme crânien avec contusion cérébrale, plaie au crâne recousue. Plus de peur que de mal, mais un certains traumatisme d'avoir été tabassé de cette façon par des forces de l'ordre, alors que je n'avais absolument rien fait, que j'étais identifiée secouriste, et que j'étais au sol incapable de me défendre face à cet agent. »

 

 

PS : Je pars quelques jours mais le blog continue tout seul !

 

 

 

 

 

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