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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 14:54

ont brillé lors du championnat de France UNSS des collèges : médaille de bronze.

Rébecca Gensane et ses camarades du Collège Vendôme de Lyon...
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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 08:09

Á Oradour. Où elle était invitée avec sa classe de collège de Lyon.

 

Voyage payé par l'Éducation nationale. Mais l'Éducation nationale est pauvre. Alors, il y eut un tirage au sort, très tendance aujourd'hui dans l'Éduc Nat. 40% des élèves furent laissés sur le carreau.

 

Raph et Manu ici à 56 min. 35.

Raphaëlle Gensane vole au secours de Macron
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 05:37

J’admire les nageurs de haut niveau : les carrières sont courtes, les rigueurs de l’entraînement sont dures. Á de très rares exceptions près, ils ne gagnent pas un centime et ils entrent dans la vie active, éventuellement comme entraîneurs avec des salaires tournant autour du SMIC, quand ils n’exercent pas de manière bénévole.

 

Les jeunes de haut niveau sont des gosses formidables : en plus de leur scolarité, ils nagent, dès l’âge de 12 ans, 12 à 20 heures par semaine, sans compter la préparation physique générale (pompes, gainage, assouplissement, course à pied, etc.). Pendant les vacances de Noël ou de Pâques, au lieu, comme leurs camarades de classe, de se reposer à la maison ou chez papi et mamie, ils doublent les entraînements et nagent de 80 à 100 km en deux semaines. Récemment, je visionnais une vidéo avec Christine Caron, qui battit le record du monde du 100 mètres dos en 1964 à l’âge de 16 ans. Son entraîneuse, la légendaire Suzanne Berlioux, y expliquait que, lorsque Christine effectuait un entraînement dur, elle nageait 3 000 mètres. Lorsque nos nageurs de 12-13 ans effectuent en entraînement léger (un décrassage après une compétition), c’est alors qu’ils nagent 3 000 mètres. Ces efforts sont accomplis tandis que, par ailleurs, ils sont en pleine croissance, de sorte que les machines sont à la fois surpuissantes et en même temps fragiles.

 

Parmi les ennemis implacables que comptent les nageurs, le chlore et les chloramines sont certainement les plus invasifs. Quand un pays comme l’Allemagne mène une politique de « déchlorification » de ses piscines, la France continue plus que jamais de les chlorer. Ainsi, dans le grand Lyon, il n’y a, à ma connaissance, qu’une piscine sans chlore.

 

Rébecca, ma petite dernière, est championne de haut niveau depuis qu’elle a commencé la compétition à l’âge de huit ans. Il se trouve – je n’en tire aucune gloriole ou fierté mais j’en suis très heureux pour elle – que, dans le département du Rhône et, au-delà, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle gagne tout ce qu’elle veut, dans toutes les distances et dans toutes les nages.

 

Tout barbotait pour le mieux pour elle dans le meilleur des mondes jusqu’à sa rencontre violente avec le chlore. Cela se passa le 11 février 2017 à la piscine de Chassieu. Lorsque nous entrâmes dans le hall de cet établissement, nous fûmes pris à la gorge par une forte odeur de produits chlorés. Ceux qui, comme moi, n’étaient jamais venus dans cette piscine réalisèrent qu’elle avait été construite par des donneurs d’ordre et des architectes de manière particulièrement imbécile : le public – les parents, donc – étaient séparés de leurs enfants nageurs par une vitre épaisse ne permettant même pas d’entendre ce qui se passait autour du bassin. Lorsque j’en fis la remarque au président du Comité du Rhône, il me répondit qu’être séparé par une vitre « est assez inconfortable pour les parents mais c’est plutôt un bénéfice pour toutes les personnes au bassin (nageurs, éducateurs et officiels) ». Si j’ajoute à cela que les gradins permettent l’accueil d’une cinquantaine de spectateurs alors que nous étions une centaine de parents et que ce genre de compétition dure environ quatre à cinq heures, on imaginera le confort qu’offrait ce bocal surchauffé et insonorisé !

 

J’avais bien remarqué que les responsables de la piscine n’avaient ouvert aucune porte-fenêtre pour aérer les lieux mais il m’avait échappé que, par négligence, les nageurs avaient déposé leurs sacs de sport sur les aérations. Ce petit détail avait également échappé à tous les entraîneurs, ainsi qu’aux responsables de la piscine et aux organisateurs de la compétition.

 

Durant la première course, un 400 mètres 4 nages que ma fille remporta, je me rendis compte que quelque chose n’allait pas la concernant. Elle était moins vive, moins “saignante” que d’habitude. Lorsqu’elle sortit du bassin, je la vis trembler, suffoquer. Un de ses entraîneurs l’aida à respirer, pour ce que j’en vis à 50 mètres de distance. Au bout de dix minutes, je parvins à entrer en communication – téléphonique ! – avec elle. Je lui suggérai de se couvrir et de me retrouver dehors pour marcher et respirer. Elle tremblait toujours, avait des nausées et me dit – ce qui m’inquiéta sérieusement – qu’elle ressentait des picotements dans tout le corps. Je crus – à tort heureusement – que ce symptôme pouvait être associé à un problème cardiaque. Á aucun moment, on ne proposa à ma fille de l’oxygène, on ne lui prit sa tension, on ne vérifia son taux d’oxygénation. On ne s’enquit pas non plus de la présence d’un médecin. En six ans de compétition et plus de 200 épreuves, ma fille n’avait jamais éprouvé ce type de malaise spectaculaire.


 

 

 

Les enfants chlorés du Rhône

Le lendemain, en discutant avec plusieurs parents, je m’aperçus que de nombreux enfants avaient eu des problèmes de toux, de vomissement et de respiration dans la soirée et au cours de la nuit. Ce jour-là (la compétition durait deux jours), conscients ou pas de leur bévue, les organisateurs de Chassieu ouvrirent deux portes vitrées, ce qui aéra les lieux.

 

Dans un courriel que j’adressai le 13 février au président du Comité du Rhône, je suggérai que la piscine de Chassieu ne fût plus jamais requise à des fins de compétition. Le président me répondit que « le comité manque cruellement de bassins mis à sa disposition de façon gratuite ou payante, pour pouvoir se passer de l’aide d’une municipalité bienveillante ». Il ajouta : « Je transmets toutefois votre courriel à tous les membres du conseil d’administration du comité car il soulève des questions qui méritent d’être débattues lors de notre prochaine réunion le 9 mars et vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments ». Je n’ai eu aucun suivi à ce jour.

 

Il me restait à savoir avec précision de quoi souffrait ma fille. Je lui fis consulter deux spécialistes qui, après les tests bien connus consistant à faire vider ses poumons au patient avant et après prise de Ventoline, en arrivèrent à la même conclusion : Rébecca ne souffrait pas d’asthme mais ses bronches et le haut des poumons avaient été attaqués. Il convenait d’attendre patiemment et sans aucun traitement que les choses rentrent dans l’ordre.

 

Si je puis dire, ma femme et moi, nous respirâmes. De fait, il y eut du mieux. Y compris début mai lorsque ma fille s’aligna dans le 200 mètres 4 nages du Championnat de France des Régions à Besançon. Je craignais le pire : pour l'emporter, il lui faudrait se donner à fond. Elle gagna, sans problème de ventilation. Dès le lendemain, les ennuis recommencèrent, à l’entraînement, puis en compétition les 28 et 29 mai.

 

Dans la piscine de Décines, parfaitement aérée et sans odeur de chlore particulière, ma fille était engagée dans six épreuves du Championnat du Rhône où elle était largement favorite. Elle en remporta quatre, trois fois en suffoquant, et dut abandonner la compétition lors d’un 400 mètres nage libre où elle menait largement.

 

Contrairement à ceux de Chassieu, les officiels de Décines furent irréprochables : ils l’installèrent sur une civière, appelèrent ses parents qui étaient dans les tribunes, prirent sa tension, son rythme cardiaque, son taux d’oxygénation et firent venir les pompiers. Trente minutes plus tard, Rébecca avait retrouvé toutes ses facultés.

 

Je ne suis ni médecin ni psychologue mais j’imagine qu’à la base de ses crises, il peut y avoir une part de somatisme.  L’attaque subie par son organisme a peut-être débouché sur des problèmes de mauvais stress, de diaphragme qui ne fonctionne plus comme il devrait. Il lui reste deux compétitions importantes dont un championnat de France à la mi-juin. Comme elle est une battante, elle veut en être. Elle va subir de nouveaux examens, radios, test d’effort et autres.

 

Nous avons revu hier une pneumologue qui, après le test à la Ventoline, pense que Rébecca souffre d'un asthme à l'effort. C'est guérissable : en un mois, un an, trois ans. Elle ne peut se prononcer.

Les enfants chlorés du Rhône
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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 05:29

Régulièrement, des messages tel que celui ci-dessous sont déposés sur mon blog. Dans la rubrique des commentaires. L'internet permet de toucher des milliers de gens sans gros efforts. Pour quel résultat ? Le doute m'habite...

 

Mon nom est Adriana Camacho Perez. Il y a de cela 2 ans j'étais une femme malheureuse et malchanceuse. J'avais divorcé avec mon homme il y a longtemps pourtant je l'aimais. Et j'ai parlé de ça sur internet pour avoir des conseils. Parmis tous les conseillés que j'ai reçu, il y a une femme du nom Martinez qui m'a conseillée de contacter un marabout suivie de son mail pour lui expliquer mon cas. Au début je n'avais pas confiance parce que j'ai déjà contacté beaucoup de marabout qui m'ont pas satisfait et quand je l'ai contacté, je lui ai expliqué toute la situation de mon homme et moi. Vous savez quoi?


Le Marabout m'a dit qu'il va me faire quelque chose pour que mon homme revienne. Et j'ai passé à quelque rituel. Et bizarrement dans les sept jours à suivre mon homme est revenu en me suppliant de remarier avec lui, c'est un miracle pour moi en plus de ça j'avais des soucis au travail avec mon directeur tout ces problèmes sont finir et je suis en paix au travail et dans mon foyer. C'est le premier miracle que j'ai vu dans ma vie.


Voici son E-mail:maitre.razack@gmail.com ou marabout.razack@hotmail.com

NB: Je voudrais bien vous dire de faire attention sur le net, car j'ai rencontré beaucoup de marabout qui m'ont escroqué avant ma prise de contacte avec celui dont je te parle.

Revoici son E-mail:maitre.razack@gmail.com ou marabout.razack@hotmail.com

Bonne chance a vous.........

Bouteilles à la mer
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 09:00

Bien sûr puisque c'est Rébecca !

Ceci n'est pas un avion
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 05:43

Sandwichs vides, sauces immondes, viande non cuite, produits indescriptibles. L'ordinaire de la restauration rapide. On connaît les enseignes.

Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
Á manger vite avant de vomir vite
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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 05:42

Nous sommes à l'école maternelle Loubet. J'ai retrouvé cette vieille photo de ma mère, qui est l'institutrice. La ville s'appelait Hénin-Liétard à l'époque, mais nous, nous disions “Hénin”.

 

En 1953, j'avais cinq ans, ma sœur deux. Mon frère n'était pour l'instant que dans le désir de ses géniteurs. Nous étions encore au lit quand mes parents partaient au travail. Ma mère nous disait simplement : “ Marie ne va pas tarder ”. Et Marie ne tardait pas. Á l'époque, un couple d'instituteurs de moins de trente ans pouvait se payer – un salaire y passait – un femme de ménage à plein temps, déclarée en toute légalité.

 

Si je compte bien, la classe comptait 56 élèves. Bien sûr, pas d'ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles).

Hénin-Liétard, 1953
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:36

La scène se passe à Chamonix. Quelque skieurs descendent d'un véhicule utilitaire de sport (SUV, comme il faut dire). De luxe. De location, j'imagine. Ils sont indiens. De l'Inde (capitale, Châteauroux, comme le prétendait Francis Blanche). De la graine de Mittal. Ils portent des tenues de ski dernier cri, ultra chic.

 

Ils prennent le téléphérique et s'envolent vers les pentes neigeuses. Bardés d'appareils photo et d'I Phones 7. Chacun avec sa paire de skis. Une heure plus tard, ils redescendent, les combinaisons complètement sèches. Par internet, ils ont déjà dû envoyer de par le monde des dizaines de photos d'eux dans le décor mythique du Mont Blanc.

 

Ils sont heureux. Demain, ils vivront un autre bonheur fugace à Vérone ou à Istanbul.

La mondialisation heureuse
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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 05:33

Un ami a vécu la mésaventure suivante :

 

 

La police ferroviaire sert à quoi ? A permettre le dialogue ? J’en doute ! A déranger (le mot est faible !) les citoyens ? J’en suis sûr !

 

 

Hier soir, mardi 4 avril, un peu avant 21 h, j’étais en gare de Lille dans l’attente du train qui me ramènerait à Douai.

 

 

Je lisais et un homme s’est approché de moi ; bien esquinté du côté du nez. Il a commencé à parler … C’est alors que les Zorros de la police ferroviaire sont intervenus. Ils étaient en force : trois ! Ils voulaient absolument que la personne qui s’était approchée de moi sorte de la gare. J’ai commencé par dire à ce trio que cet homme me parlait, comme tout un chacun peut normalement le faire dans un pays normal. Ils ont répondu en indiquant que la mendicité était interdite. Sur le moment, je n’ai pas su quoi répondre !

 

 

Je me doutais qu’il y aurait une suite. Quelques instants après, je me dirigeais pour monter dans le train. Les héros de la police ferroviaire, pensant avoir affaire à un dangereux fraudeur, si ce n'est un terroriste, formèrent un barrage pour m’empêcher de passer. Le chef de la troupe de protection des citoyens honnêtes me demanda d’ouvrir mes sacs. Il jeta un coup d'œil rapide et « vit » peut-être des livres, livres que je venais d’acheter et que je recommande :

 

 

- Quand je serai grande, je changerai tout d'Irmgard Keun

- Urgence antiraciste

- Ce qui compte vraiment de Fabrice Nicolino

- Les animaux nuisibles, bouc émissaires de la République des privilèges de Jean Marc Sérékian

 

 

Mon charmant détective ne put évidemment pas voir les titres des livres, étant donné que le trio faisait cela uniquement par représailles. Ils ne fouillèrent même pas suffisamment pour voir si j'avais éventuellement des objets contondants ou une bombe.

 

 

Bien entendu, cela ne s’est pas limité à cette inspection folklorique. Ils me demandèrent mon titre de transport. J'ajoute que cette garde protectrice était accompagnée de deux « contrôleurs ». L’un d’entre eux a vérifié la validité du billet de transport. Chance pour moi : j’étais en règle !

 

 

Naturellement, je ne leur ai pas dit que j’étais certainement fiché S. Car je pouvais risquer une fouille au corps.

 

 

J’en ai profité pour féliciter ces cinq personnes d’être les zélés serviteurs d’un pouvoir au service de la répression, du pays de la Révolution et des droits de l’Homme. Je leur ai aussi dit qu’il était évident que le Monsieur qui m’avait parlé était dans le hall de la gare pour jouir pleinement de la vie et en profiter totalement pour éventuellement faire la mendicité. Je leur ai également dit qu'eux ne risquaient pas de faire la mendicité car ils étaient payés par l’État, c'est à dire par moi, entre autres !

 

 

Par ailleurs, dans le courant de cette conversation de très haut niveau, un contrôleur crut bon de me dire que je n’étais pas obligé de prendre le train. Sciant ainsi la branche sur laquelle il se trouvait !

La police ferroviaire nous protège !

 

Pendant que l'homme qui m’avait parlé dans le hall de la gare essayait éventuellement de récupérer un peu de quoi se sustenter, j’ai donc eu affaire à cinq forçats du boulot bien fait dans une gare presque vide : il n’y avait pas de danger que les « policiers de la voie ferrée » soient entourés par une foule hostile à leurs méthodes.

 

 

Inutile de préciser que j’ai été le seul à être « contrôlé ». C’est d’ailleurs la première fois que je vois la police ferroviaire travailler ainsi !

 

 

Pour la petite histoire, l’un des contrôleurs m’a dit que je pourrais encore être contrôlé dans le train. Sur ce point, il bluffait car, à cette heure-là, il y a très peu de contrôles, les agents ayant besoin d'une nuit réparatrice !

 

 

Soyez donc assurés : la police rassure et contrôle la situation ! Les djihadistes ont de quoi avoir peur. C’est tout de même réconfortant en ces temps tellement moroses.

 

 

 

Une dernière remarque qui permet de voir qu'on est dans une France apaisée. Quand on arrive en gare de Lille, on sent que tout se passe bien. Il y a des déplacements de soldats (avec fusils, bien entendu) ; il y aussi la police en nombre assez conséquent. Il y a enfin la police ferroviaire !

 

 

Tout cela fait prendre conscience que l'état d'urgence n'est pas un vain mot et que l'on aboutit, en ce moment, à une France pacifiée. Vive la République, vive la France etatdurgentisée.

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 05:24

Je ne sais plus quel généalogiste a dit que toute famille compte un roi et un pendu. Peut-être est-ce Jean-Louis Beaucarnot, qui avait écrit un livre formidable sur les ascendants de nos politiques, dont j’avais rendu compte il y a six ans de cela.

 

Alors, aujourd’hui, je propose une note très personnelle qui complète une plus ancienne de 2011. La généalogie ne m’intéresse pas particulièrement. Je ne me suis jamais plongé dans les registres poussiéreux des paroisses du Pas-de-Calais et de l’Oise, départements d’origine de mes parents. Je ne suis non plus jamais allé me perdre sur internet grâce aux sites spécialisés en la matière.

 

Dans la famille de ma grand-mère paternelle, il y a toujours eu quelque chose de bizarre. Pas un secret de famille, plutôt un questionnement. Juste après la Première Guerre mondiale, ma grand-mère convole avec un rescapé de la grande boucherie, récent instituteur, fils de paysans très modestes. Nous sommes dans le Boulonnais, plus précisément dans le canton de Desvres, une petite ville connue pour sa faïence, sa métallurgie et son ciment (depuis 1982, la ville s’est fortement désindustrialisée, perdant plus de 60% des employés de son secteur secondaire). Il s'agit d'une région de bocages, un peu vallonnée. Il n’y a pas de grandes exploitations agricoles comme on en trouve dans la Picardie toute proche. Or mes arrière-grands-parents sont des paysans riches. Vraiment riches. Dans les années 1930, mon arrière-grand-père possède une automobile. Ma grand-mère, née en 1900, reste à la maison après avoir réussi brillamment le certificat d’études (soixante-dix ans plus tard, elle écrira toujours dans un français précis, sans la moindre faute), dans l’attente (patiente) d’une demande en mariage, mais un précepteur vient plusieurs fois par semaine lui donner des cours de français et de mathématiques. Enfant, cette même grand-mère n’a jamais lavé une cuiller ou fait un lit. Vivaient à demeure dans la ferme une cuisinière, une femme de ménage et un commis. Lorsqu’elle épousera mon grand-père, elle apportera en dot un corps de ferme et une bonne dizaine d’hectares. Et elle assumera, seule, toutes les tâches ménagères, les courses, sans oublier sa part de jardinage.

 

Je me demandais parfois d’où venait cette richesse mais je n’osais interroger quiconque de peur de froisser ou de faire sortir un énorme squelette du placard. Et puis, pour ajouter un questionnement en second au grand questionnement, il y avait la fameuse Dina, la grand-mère maternelle de ma grand-mère, d’origine portugaise. Que diantre des Portugais seraient-ils allés faire dans le Boulonnais ? Personne, parmi mes aïeux mâles, n’avait à son actif la moindre campagne coloniale africaine, portugaise, brésilienne, que sais-je ? d’où il aurait ramené ce fruit exotique. J’informerais donc mes enfants qu’ils avaient quelques gouttes de sang portugais dans les veines. En tout état de cause, ma grand-mère corroborerait ces faits qui me turlupinaient quelque peu : aisance et Portugal.

 

Il y a quelques années, une cousine, qui possède de nombreuses archives familiales, m’envoie une photo de Dina. En la découvrant, je me dis que, décidément, quelque chose cloche. Bien sûr, il ne faut pas trop se fier aux phénotypes, aux « races », mais Dina fait davantage penser à une citadine de de Hooch qu’à une paysanne de l’Algarve. Et, assurément, sa coiffe est d’un certain prix.

 

Une étrange histoire

Cette cousine me fait également parvenir quelques photos de notre arrière-grand-mère – la fille de Dina – jeune et moins jeune. Á l’évidence, il ne s’agit pas d’une paysanne de base mais d’une dame plutôt distinguée. La photo d’elle à l’âge avancé rend compte que l'arthrose n'empêchait pas le tricot.

Une étrange histoire
Une étrange histoire

Quant à mon arrière-grand-père – Dieu soit loué, il ne nous a pas transmis son strabisme convergent, les mystères de la génétique sont insondables pour les profanes ! – il fait plus penser à un directeur d'école ou un clerc de notaire qu'à un brave paysan.

Une étrange histoire

 

Bref, je ne suis guère plus avancé, d’autant que tous les membres de la famille qui auraient pu savoir quelque chose sont décédés.

 

Un miracle se produisit tout récemment. Un généalogiste, amateur mais obstiné, et qui m'était très vaguement apparenté, m’écrivit pour me demander un petit renseignement sur mes parents. En échange, il m’envoya une masse de documents sur mes ancêtres grâce auxquels le mystère allait être résolu.

 

D’abord, pas plus de Portugaise que de beurre en broche. Le nom de jeune fille de mon aïeule était tout simplement Flahaut, un patronyme courant dans le nord de la France, d’origine germanique et qui signifie gouverner dans la pureté (flets, waldan). Et le nom de sa mère était tout bêtement Roussel. Pourquoi ma grand-mère, mais aussi mon père nous avaient-ils raconté ce bobard pendant des dizaines d’années ? Mystère et boule de gomme. Mais le plus époilant (comme écrivait Proust dans Le Côté de Guermantes) c’est que la brave Dina, qui mourra en 1936 à l’âge de 84 ans, était noble ! Petite noblesse, assurément, mais tout de même. Son père était Jacques Marie Amédée Flahaut de la Barre (1823-1858), fils de Jean-Marie Flahaut de la Barre né en 1793. Et Jean-Marie était le fils de Jean-Marie (quelle originalité !) Flahaut de la Barre, sieur de la Barre, de la Houssoye, d’Évion, Tumière. Le registre d’état-civil faisait de lui un « propriétaire, cultivateur ». Son père n’était autre que Bartélémi Flahaut de la Barre, « Écuyer, sieur de la Barre, de la Houssoye [La Houssoye est un petit village de l’Oise], d’Évion, Tumière et autres lieux » (1708-1786), lui-même fils de Jean-Baptiste Flahaut, « Sieur de La Houssoye » (1662-1741). Jean-Baptiste était le fils de Jean Flahaut, « Sieur de La Houssoye », mort en 1675, lui-même fils de Pierre Flahaut, né en 1590, mais pas sieur pour deux sous.

 

Nous basculâmes donc de la roture à la lumière au XVIIe siècle. Pourquoi avoir caché cela ? Pourquoi ces petits quartiers de noblesse ? Je ne le saurai jamais. L’explication du paysan riche (en fait, sa femme plus que lui) était toute simple : une patiente accumulation de richesses par la terre (la famille compta un notaire en son sein au XIXe siècle, ce dont je n'avais jamais entendu parler). Enrichissement classique, et non, comme je l’avais fantasmé et redouté, un trafic de je ne sais quoi (des épices, du tabac, pas des esclaves, tout de même !) vers les Flandres ou l’Angleterre.

 

C’est donc parce que la bonne Dina épousa un roturier, un Auguste Bernard mort à 35 ans en 1886, que nous nous sommes séparés de la branche des Flahaut de la Barre.

 

J’aimerais énormément que nous fussions apparentés à l’héroïque chevalier François-Jean Lefebvre de la Barre mais il ne faut peut-être pas trop en demander. Je n’ai pour l'instant aucune preuve tangible d'une relation aussi prestigieuse. Je suis sûr que Jean-Louis Beaucarnot va me renseigner.

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