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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 22:43

Bien que deux de mes enfants fassent de la natation en compétition, je ne peux pas dire que ce monde me soit très familier (un peu plus, cependant, que celui de la danse classique, dont il faudra que je parle un de ces jours).

 

Il m’a été donné récemment de passer quelques heures dans le cercle des Nageurs de Marseille, un des temples de la natation française. Tant en nage qu’en water-polo, le palmarès de ce club est éblouissant. Il compta en son sein Alex Jany, Robert Christophe, Alain Mosconi, Laure Manaudou. Aujourd’hui, Camille Lacourt, Fabien Gilot, Grégory Mallet ou Florent Manaudou font le bonheur de ce club prestigieux.

 

Le CNM organisait cette année une “ quadrangulaire ” qui rassemble depuis plusieurs années de très bons clubs français, dont les Dauphins du TOEC de Toulouse, auxquels mes filles sont affiliées. Les entraîneurs de mes enfants étaient très confiants, sûrs que Toulouse allait l’emporter. Ce qui advint sans le moindre problème. D’où ma surprise de néophyte : comment un club où brillent de tels champions peut-il se reposer sur un vivier aussi faiblard ? Dans les épreuves qui attestent la valeur globale d’un club – les relais, le CNM fut ridiculisé par le TOEC.

 

C’est que le CNM attire de brillants éléments qui viennent d’ailleurs. Ces dernières années, William Meynard était le seul authentique Marseillais. À Toulouse, c’est l’inverse. Le TOEC met le paquet sur le vivier, ce qui n’empêche pas, dans le club de Nakache, de Marchand, d’Alexiane Castel ou de Malia Métella, l’émergence de grandes individualités.

 

La remise des prix fut à la fois grandiose et grotesque. Pour des gamins et des gamines de neuf à onze ans, rencontrer la fille de Laure Manaudou, mais surtout recevoir des cadeaux des mains de champions olympiques et du monde, avait quelque chose de vertigineux. Mais la cérémonie confina au sordide quand les champions en herbe découvrirent qu’ils ne recevraient pas de médaille car, dans ce club où l’argent coule à flots (cotisation annuelle de 1 250 euros, en plus d'un droit d'admission de 1 600 euros), « on avait oublié de les commander ». Or, pour les enfants comme pour les adultes, il n’y a pas de jeux sans enjeux. Une médaille, même en chocolat, procurera toujours un authentique ravissement à un enfant méritant. Les maillots ou lunettes offerts en cadeau n’offraient pas la même charge symbolique que des médailles, voire une coupe. Quelle qu’elle soit, une médaille honore. Elle marque une reconnaissance : la valeur faciale de la médaille de la Résistance n’est rien en comparaison des actes de bravoure qui la justifient. Une médaille ne vaut rien, et c'est ce qui fait son prix. Le mot « médaille » vient de « maille » (« avoir maille à partir avec quelqu’un »). C’est donc une broutille, une breloque. Un demi-setier, quand on n'a ni sou ni maille, mais que de la metallia moneta, de la monnaie en métal.

 

Les dirigeants du CNM parvinrent au sublime lorsqu’ils décidèrent que, pour les relais, il n’y aurait pas de vainqueurs car « tout le monde avait gagné ». À titre personnel, je ne suis pas du tout un adepte de la compétition. Mais je dirai que, dès lors qu’on adhère à ses valeurs, on ne peut y déroger selon l’humeur ou l’opportunisme du moment.

 

 

 

Le Cercle des Nageurs de Marseille : les stars contre les enfants
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 20:40
Un très beau départ
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:23

Mardi 28 mai sur France 2, un documentaire lourd, pesant, terrifiant : “ Meurtre en famille”. Dans une famille nucléaire de cinq unités où tout semble couler de source – même aux yeux des plus proches – le père, dans un acte de folie, tue ses trois enfants à l’arme blanche, puis se pend.

 

Rien de soudain dans cette crise de démence puisque, précédemment, il avait tenté, à deux reprises, d’étrangler sa femme à l’aide d’une corde à sauter.

 

Parce qu’elle ne voulait pas que « le père de [ses] enfants » se retrouve en prison, Odile Zuliani n’avait pas porté plainte contre son mari, se contentant d’un signalement.

 

Bruno Zuliani souffre en fait d’une extraordinaire paranoïa. Il accepte d’être suivi. Aucun séjour en hôpital psychiatrique n'est ordonné, ni même recommandé.

 

 

Après le second étranglement, Odile décide de quitter son foyer. Bruno mûrit alors une vengeance effroyable, décidant d’assassiner ses enfants le jour de l’anniversaire de leur mère. Une fois l’irréparable accompli, il macule les murs de la maisons de phrases délirantes qui rendent sa femme responsable de ce qui vient de se produire. Puis il se supprime.

 

Après l’enterrement de ses enfants, puis la crémation de son mari à laquelle elle tient à assister, Odile souhaite rencontrer la psychologue qui a eu à connaître de Bruno. Dans un premier temps, ce médecin lui laisse entendre qu’il n’a aucune obligation à son égard. Après plusieurs semaines d’attente et de relances au téléphone, la spécialiste finit par accepter de recevoir Odile.

 

Elle refuse la présence de l’équipe de télévision. Odile se rend chez la psychiatre munie d’un micro caché. La psychologue s’exprime de manière hachée, et ses propos sont sans intérêt. Odile finit par lui demander comment elle peut faire le deuil de ses enfants.

 

— Je ne sais pas, moi. Tenez. Vous perdez un stylo à bille. Vous en faites le deuil. Pour vos enfants, c’est pareil.

 

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 16:09

Les récents soldes chez Virgin ont donné lieu à des scènes hallucinantes. Dans la Rome décadente, les lions peuvent désormais être lâchés à tout moment. Merci au capitalisme financier d’avoir engendré un monde sans repères, sans foi ni lois, sans solidarité et avec une conscience de classe qui se réduit à une peau de chagrin.

 

Ci-dessous, des extraits d’un article de Mister Gutsy repris de son blog :

 

Hier, le 13/05/13 à minuit, le Virgin Megastore, à l'agonie, annonce -50% sur la quasi-totalité du magasin. Les détenteurs de cartes de fidélité bénéficient de 20% supplémentaires.

 

L'enseigne Champs-Elysées ouvre à 10H, et les choses se compliquent déjà. Les gens dehors, des centaines (dont certains sont là depuis 7 heures du matin), s'impatientent, et tentent d'ouvrir eux-mêmes la  gigantesque porte métallique. Ils tentent, ils tentent, les charognards. La tension est déjà là, quelque chose ne tourne pas rond. Une ambiance, une attitude.

 

Le service de sécurité fait grincer les gonds. Sésame ouvre-toi.

 

Les chiens sont lâchés, le chaos peut commencer.

 

Des centaines d'humains, visages déformés, hagards, montent en courant au premier étage, se poussent les uns les autres. Une femme chute dans le grand escalier. Personne ne l'aide à se relever.

 

Objectif : le rayon numérique. L'ipad à 700€ devient un ipad à 350. Alors ils en prennent 2, 3, 4, car même à 600€, les tablettes numériques se revendent illico sur Ebay ou Leboncoin. Mais il n'y a pas que ça à récupérer, et certains ont prévu le coup : ils sont venus avec des grands sacs. D'autres ont carrément ramené des valises.

 

Au téléphone, un homme hurle, plié d'un rire nerveux  : "J'y crois pas, ici c'est l'apocalyyypse !!! "

 

Dans un premier temps, les employés trouvent ça hallucinant, positivement parlant. 

Mais ils vont déchanter très vite.

 

Les consoles Xbox, de 250€, passe à 175. Prenons en une, non deux, non trois. Durant  l'heure suivant l'ouverture du magasin, les vendeurs, complètement désemparés, sont suivis, pris à partie, traqués, insultés, secoués par des clients devenus fous. Certains employés montent sur des tabourets, et hurlent des ordres  aux gens afin de contenir, de canaliser la foule en furie. En vain. Des clients leur hurlent dessus, et l'attention sera – semble-t-il – à qui criera le plus fort. Alors qu'ils ont commencé leur journée depuis moins de 2h, certains salariés s'échappent littéralement pour aller pleurer au stock, loin du chaos. Pour atterrir, pour se rendre compte de ce qu'il se passe, et reprendre un poil de force. La fermeture du magasin, le néant d'informations depuis plusieurs mois concernant un quelconque plan social, Pôle Emploi s'approchant, et maintenant ça, ça fait beaucoup.

 

En moins de 30 minutes, le rayon numérique est vide. Plus rien, à part de la poussière et des déchets sur les rayonnages (restes de menus McDo, cannettes vides, emballages divers). Des gens ont sous les bras des trucs sans savoir de quoi il s'agit. Ils ne savent même pas ce que c'est. "Vous pensez que je peux en tirer combien ?" osent-ils même demander. Mais même sans savoir, plus besoin de les mettre sur Priceminister. 

Car la vente n'a jamais été aussi sauvage, et des enchères commencent dès lors dans les files d'attente. Je n'ai pas eu d'ipad, je rachète le votre. Non moi, non moi, non moi, qui dit mieux ? On dégaine le cash, des billets passent discrètement de mains en mains. On se croirait en plein deal généralisé.

 

La magasin a en stock 184 cartouches du dernier jeu Nintendo DS "Professeur Layton". 

Un revendeur de jeux vidéos, venu avec des amis porteurs, les prend toutes. Les 184.

 

Ceux qui sont arrivés trop tard au Saint Premier Étage - ou qui n'ont pas eu accès aux enchères sauvages - prennent alors TOUT ce qui passe à hauteur de panier. TOUT : peluches, Dvd au hasard, magnets, écouteurs, jeux de société, cartouches d'imprimantes. Ils n'ont pas le temps de choisir, sinon d'autres leur voleront leur butin. Alors ils prennent, ils prennent, se gavent sans peur de vomir. Ils prennent pour empêcher d'autres de prendre.

 

Et pourtant – forcément – ils vomissent, quand le coup de sang est passé. Où ?  Aux caisses.

 

La moyenne d'attente dans la file est de 1h30. Derrière les caissières, des centaines de produits divers s'entassent en dizaines de colonnes, trop rapidement dégueulés pour être rangés convenablement. Alors out  le traditionnel classement Fantastique / Horreur / Comédie : on prend tout et on repose tout en tas au rayon Dvd. Obligé. Les clients, pour une fois, ne se plaignent pas.

 

Une employée sort fumer une clope, par une sortie privée qui mène dans la rue d'à côté. Elle a bien pris soin d'enlever son gilet rouge, chose qu'elle ne fait jamais. Elle n'a même pas allumé sa cigarette que les gens repèrent sans pitié le petit logo sur son badge et l'accaparent : "Vous pouvez me mettre ça de côté ? Il vous reste des ipad ? Achetez en un pour vous, et je vous le rachète !"

L'employée leur répond que non. Leurs bouches se déforment alors, deviennent méchantes : "Non mais sérieux on croit rêver... Pffff !! "

 

Même aux livres, rare rayon sur lequel les soldes n'ont pas lieu (loi oblige), les gens remplissent des paniers en prenant – là encore – tout ce qui leur passe sous la main. Lorsque les employés leur précisent que les livres ne bénéficient pas de réductions : "Non mais vous auriez pas pu le dire? " – et reposent tout tel quel, n'importe où, avant de partir bon train vers des rayons plus juteux.

 

- "Vous devriez être contents, on rachète vos indemnités"

- "C'est scandaleux, les vendeurs se sont servis avant nous ! "

- "Vous n'allez pas vous plaindre d'être bientôt au chômage : vous vendez aujourd’hui, et je contribue en achetant.”

 

Pour ajouter au chaos ambiant, au rez-de-chaussée comme au premier étage, des centaines de boîtiers vides de Dvd et jeux vidéo jonchent le sol. Ouverts de force, volés dans la cohue. On marche comme sur des œufs de peur de glisser, en poussant du pied les cadavres d'une culture qui semble avoir été violée. A la sortie, les bornes antivol hurlent au point qu'on ne les entend même plus.

 

Alors que le magasin ferme normalement ses portes à 22h, aujourd'hui, extinction des feux à 19h30.  Ordre de ce qui reste de la direction : ne plus faire entrer personne pour mieux gérer la horde présente (pour la plupart des salariés cependant, la journée ne se terminera vraiment que 5h plus tard). Les vigiles, sous une pluie d'insultes et de huées, font leur job. Les gens dehors deviennent fous, les en empêchent, retiennent la porte. Ce qu'ils ne savent pas, les chacals, c'est que le magasin a déjà été pillé. Chacun de ses os a été sucé méthodiquement. Avidement.

 

Avec difficulté, les agents de sécurité, qui n'ont JAMAIS vu ça de leur vie, parviennent à refermer sésame. Ouf.

 

Un délicat client qui n'a probablement pas eu sa part du gâteau se plaindra quand même en commentaire sur je sais plus quel site :

 

Durant les derniers mois, depuis l'annonce de la fermeture de la chaîne Virgin, pas un seul de ces "clients" là n'a évidemment levé le petit doigt pour soutenir (de quelque manière que ce soit) les 1000 salariés, futurs chômeurs dans quelques semaines.

 

 

Le temps d'une matinée, oubliant Amazon, oubliant "La Crise", ils étaient là en chair et en os, en masse, les rats, les nécrophiles, dansant joyeusement sur les cadavres de milliers de salariés, amassant leur "butin", comme certain le disaient à 11 heures sur Twitter.

 

 

Faire des bonnes affaires, c'est une chose. Mais à ce prix là?

 

"Eh oui" avez-vous tous répondu en chœur, "A ce prix là",  justement. Et ce prix là, c'était -50%.

C'est ce que vous répétiez tous, vous, les charognards, la salive pâteuse aux commissures des lèvres.

 

Pour ce prix là, vous avez poussé aux larmes des travailleurs qui, peu importe ce qu'on peut penser de Virgin, ont mis toute leur énergie et leur amour durant des années dans un job qui les a passionnés.

 

Pour un simple rabais, vous les avez insultés, méprisés et violentés.

 

Vous avez montré sans masque qu'un vulgaire ipad avait à vos yeux plus de valeur que leur travail et leurs passions.

 

Pour ce prix là, putain, vous êtes devenus des bêtes.  

 

A prix cassés, dignité soldée ? La vôtre on s'en doutait, mais également la leur dans la foulée ? Vous ridiculiser ne suffisait donc pas ? Il fallait également les écraser, les traîner dans la boue ? 

 

Vous vous êtes battus comme des chiens. Bravo, c'est bien.

 

Mais vous n'êtes pas des chiens, les chiens n'agiraient pas ainsi.

 

Mais vous n'êtes pas non plus des êtres humains, car un humain il me semble, n'agit pas non plus de la sorte.

 

Non.

 

Pour vous être comportés ainsi, vous n'êtes simplement – et clairement – que des sales pourritures.

 

 

Lire ici l’article original avec des photos édifiantes .

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 13:05

Une petite tranche de vie qui m’a été racontée par une amie parisienne.

 

 

Marine Le Pen a trois enfants, dont l’un est scolarisé dans un établissement catholique d’une ville du centre-Ouest. En fin de semaine, il rentre à Paris.

 

 

Cette fois-ci, comme d’autres fois, sa mère l’attendait à la descente du train. Mon amie a alors la surprise d’assister à la scène suivante. Des clients de la SNCF, reconnaissant la présidente du Front national, se sont soudain mis à crier :

 

 

– C’est Marine, c’est Marine !

 

 

Avec infiniment de sympathie dans la voix. Les yeux écarquillés, comme s’ils avaient vu passer Madonna.

 

 

Aucune hostilité ne se fit entendre. C’est peu dire que cette femme politique et son parti sont largement banalisés. Marine Le Pen jouit d’une réelle popularité dans le peuple.

 

 

J’imagine Le Pen, il y a trente ans, attendant l’une de ses filles sur un quai de gare. Il se serait fait copieusement insulter.

C’est Marine, c’est Marine !
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 06:00

La réponse est oui. Il y a six ans, Adwaitya, âgée de 255 ans, a rendu son dernier soupir (peut-on parler d'âme pour les tortues ?) au zoo de Calcutta. Elle fut la reine de ce zoo pendant 131 ans.


Elle avait été amenée des Seychelles en 1875 par le célèbre impérialiste anglais Robert Clive qui fut plus doux avec elle qu'avec les populations locales.


Elle péta de santé sa vie durant, à l'exception des huit dernières années, durant lesquelles elle souffrit d'un infection aux pattes.


Ce que je trouve absolument dingue, c'est que, si elle s'était rendue à Salzbourg, elle aurait connu et inspiré Mozart, de cinq ans son cadet.

 

 




 

http://www.futura-sciences.com/uploads/tx_oxcsfutura/George-Tortue-Galapagos_putneymark-Flickr_03.jpg

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 10:27

 

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2013/03/23/c3d4f6b8-93c7-11e2-93a3-a3f17e70abae-493x328.jpg

 

L'hélico aussi.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 07:13

http://www.arlingtoncemetery.net/ridgway-life-cover-1951-002.jpgNous sommes sept ou huit attablés dans un restaurant du Sud-Ouest autour de Pierrette. Je suis le plus jeune. C’est dire !

 

Pierrette est une figure de légende dans le coin. 89 ans. Physiquement, on lui en donnerait 70. Mentalement, 50. Son visage est très mobile, souriant, peu ridé. Son débit est vif, elle ne cherche jamais ses mots. Ses souvenirs remontent sans peine à la surface en des phrases très construites. Elle n’est peut-être qu’à mi-vie. Un vrai miracle.

 

Communiste depuis toujours. Elle est de toutes les manifs, de toutes les rencontres militantes, gueuletons y compris.

 

Soudain, je l’écoute avec plus d’attention car elle nous dit avoir vécu en Côte d’Ivoire dans les années cinquante. Dans des petites villes que j’ai moi-même un peu connues. Son mari était médecin militaire. Elle nous parle de sa fille née en 1954. Je l’interromps :

 

-       Dis-donc, Pierrette, ce n’était pas un peu tard, pour l’époque, d’avoir son premier enfant à 32 ans ?

 

-       Figure-toi que nous n’étions même pas mariés.

 

-       Tu aurais fêté Pâques avant les Rameaux ?

 

-       La faute à Ridgway !

 

-       Ridgway « la peste », le « général microbien » ?

 

Ça ne rigolait pas à l’époque. Lors de la guerre de Corée, les troupes de l’ONU étaient commandées par Matthew Ridgway. Les communistes l’avaient accusé d’utiliser des armes bactériologiques en Corée et en Chine, ce que le Pentagone avait contesté (on sait que le Pentagone ne ment jamais). Un peu plus tard, Jacques Duclos, alors numéro un du parti communiste français, avait été incarcéré quelque temps pour avoir transporté dans sa voiture des pigeons – voyageurs selon le ministre de l’Intérieur Charles Brune – alors qu’ils étaient morts et qu’il ne manquait que les petits pois. En 1957, le général allemand Hans Speidel, proche de Rommel, membre du complot de 1944 contre Hitler et ayant passé sept mois dans les geôles de la Gestapo, fut nommé chef des forces terrestres de l’OTAN pour l’Europe. Des fils de déportés français refusèrent d’effectuer leur service militaire sous ses ordres et les murs des villes se couvrirent de « Non à Speidel ».

 

Mais revenons à Pierrette. Elle travaille aux PTT. Elle est fichée comme mauvaise citoyenne : elle est allée manifester un jour à Meulun contre la présence des troupes étasuniennes en France. La Military Police a chargé : deux morts. Les RG l'ont bien repérée. Mais la vie continue. Elle et le futur père de son enfant veulent se marier. Oui, mais lui est officier de l’armée française. À ce titre, il va subir, des mois durant, toutes sortes de pression de la part de sa hiérarchie pour quitter cette femme communiste. Il résistera, convolera tout de même. En représailles, l’armée l’enverra dans des villes un peu perdues de Côte d’Ivoire, puis au Tchad.

 

Moralité : on a toujours intérêt à écouter les vieilles dames dignes. Elles ont des choses à nous dire.

 

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 06:36

http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02011/wendy-houses_2011511i.jpgDécidément, il s’en passe des choses dans cette école élémentaire de Toulouse que je connais bien.

 

Cette semaine, une de mes filles avait pour responsabilité de faire l’appel des élèves pour la cantine. Fort bien, il faut responsabiliser les enfants. De retour à la maison, ma fille me dit :

 

-       C’est toi qui payes les repas le plus cher dans la classe, avec les parents de X et ceux de Y.

 

-       Que veux-tu dire par là ?

 

-       Oui, tu payes 3 euros 70 le repas, certains parents payent 2 euros 50, d’autres 1 euro 20. Il y en a même qui ne payent rien.

 

-       Mais comment sais-tu cela ?

 

-       C’est marqué sur la feuille d’appel.

 

Donc, grâce à cette feuille d’appel comme il en existe tant, on peut deviner indirectement les revenus des parents, qui sont les riches (ma femme et moi, par exemple : une retraite de l’Éducation nationale et un salaire d’universitaire) et qui sont les « moyens » et qui sont les très pauvres.

 

Cela fait soixante ans que je fréquente le système éducatif. Je n’avais jamais vu cela.

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