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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 17:47
 
Le caudillisme quotidien du banquier éborgneur.
 
Je passe après la bataille. Une bonne cinquantaine de flics, pour beaucoup armés de LBD, ont dégagé des lycéens peu nombreux et non violents de l'entrée du Lycée. Un jeune a reçu un projectile de LBD dans la joue, ce qui a nécessité son évacuation par les pompiers. Il a recouvré son intégrité après une opération de plusieurs heures. Une jeune fille a été plaquée au sol sans raison, puis emmenée dans un car de flics où elle a été insultée et giflée avant d'être relâchée. J'ai discuté une demi heure après les faits avec un ado qui pleurait encore. On comprend la stratégie du caudillo banquier : terroriser, humilier pour que les citoyens, les jeunes en particulier, redoutent fortement d'aller manifester. Honte, naturellement, aux cognes qui mettent cela en pratique !
 
L'assaut des CRS a été globalement violent et a duré environ 45 minutes. Il faudra déterminer si ces charges violentes ont été sollicitées par la direction, ou non.
 
Un peu plus tard, je marche sur la rive gauche du Rhône quand, soudain, sur la rive droite, se font entendre des hurlements de sirènes de flics. 50 cars de police passent à toute allure sur la rive droite. 50 ! Allant je ne sais où. Dividendes et camions de CRS, le “ pognon dingue ” du banquier éborgneur.
 
Sur la vidéo ci-dessous, on distingue furtivement une jeune flique qui vaporise à bout portant des lycéens parfaitement calmes et ne présentant aucun danger pour la société. Je me suis retrouvé une demi-heure plus tard à côté de cette flique qui brandissait son vaporisateur en rigolant avec un ou deux collègues du bon tour qu'elle avait joué à des jeunes gens âgés de quatre ou cinq ans de moins qu'elle.
 
J'ai raconté à mes enfants qu'il n'était pas toujours facile de manifester en mai 68. Mais :
 
- les matraques étaient moins dures que celles d'aujourd'hui qui vous cassent un avant-bras comme rien
 
- les lacrymos étaient beaucoup moins concentrées qu'aujourd'hui
 
- il n'y avait pas de LBD.
 
Seule point commun entre les deux époques : la jouissance barbare des cognes, en particulier contre des jeunes totalement inoffensifs car sans armes.
 
Lyon, ce matin 6 décembre, devant le lycée Ampère
Lyon, ce matin 6 décembre, devant le lycée Ampère
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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 06:20

Cette horreur s'est déroulée en Picardie, où la chasse à courre et la chasse en général sont des activités populaires. Le banquier éborgneur est picard. Il soutient les chasseurs.

 

Ci-dessous un article publié par Le Grand Soir.

 

 

Une jeune femme partie promener son chien en forêt et qui est retrouvée morte. La présence d'une chasse à courre à proximité. Une enquête en cours. Et des chasseurs qui, en attendant, font preuve d'une indécence incroyable.

Le déroulement des faits

Samedi 16 novembre, une jeune femme de 29 ans, Elisa Pilarski, se rend en bordure de la forêt de Retz, pour y promener l’un de ses chiens, Curtis. Peu après 13 heures, elle appelle son conjoint Christophe au secours : elle affirme être attaquée par plusieurs chiens (lesquels l’ont déjà "mordue à la jambe et aux bras") et lui demande de la rejoindre au plus vite. Christophe, qui travaille à 70 kilomètres de là (à l’aéroport de Roissy), arrive sur place 3/4 d’heures plus tard, soit environ vers 14 heures. Et vers 15 heures, il découvre "dans un ravin" le corps sans vie de sa compagne, "dénudé et dévoré de partout".

Des détails troublants

Seul témoin déclaré des circonstances entourant ce drame (appel téléphonique, découverte du corps), Christophe précisera devant les médias un certain nombre d’éléments troublants. A commencer par ceux fournis par sa compagne au moment de l’agression : "Elle m’a appelé en me disant que ... qu’elle n’arrivait pas à tenir Curtis car il y avait trop de chiens autour d’elle". Puis par ceux qu’il a pu constater lui-même une fois arrivé sur place : "je l’ai cherchée partout ... j’ai croisé des chiens de chasse dans un premier temps, un cavalier aussi". Et enfin, au moment de la découverte du corps : "Quand je vais pour regarder dans le précipice, je vois une trentaine de chiens arriver sur moi, donc je m’écarte".

Une enquête en cours

En début de semaine suivante, l’autopsie établit que "le décès s’est produit entre 13 h et 13 h 30 et a pour origine une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’à la tête". Dans la foulée, le procureur de Soissons Frédéric Trinh annonce que "des prélèvements sont en cours sur 67 chiens (rectifiant les 93 annoncés au départ, ndr), dont 5 chiens du couple et 62 appartenant à l’association le Rallye de la Passion (la chasse à courre, ndr)". D’abord confiée à la section de gendarmerie de Soissons, l’enquête est finalement prise en charge par celle d’Amiens, la présence d’un lieutenant-colonel de gendarmerie local, Jean-Charles Métras, ayant été révélée parmi les chasseurs.

Aucune piste privilégiée ...

En milieu de semaine, le parquet de Soissons annonce l’ouverture d’une information judiciaire pour "homicide involontaire ... résultant de l’agression commise par des chiens" et confie l’enquête à un juge d’instruction. "Nous n’avons pas de piste privilégiée" explique par ailleurs le procureur Trinh. Trois hypothèses sont étudiées : une attaque de la victime par son propre chien, par ceux ayant participé à la chasse à courre, ou encore par un chien errant. Précisons que le chien d’Elisa, Curtis, a lui aussi été retrouvé avec de nombreuses blessures/morsures (à la tête notamment) et semble donc lui aussi être une victime de l’attaque. Quant à l’hypothèse d’un chien errant capable de dévorer une personne protégée par une sorte de Pit Bull (un American staffordshire) : fortiche !

Connaissez-vous la chasse à courre ?

La chasse à courre (ou vénerie) est un mode de chasse ancestral généralement pratiqué par des notables. Il consiste à utiliser une meute de chiens dits "courants" (Poitevins, Français tricolores ...) afin de poursuivre un animal sauvage (cerf, chevreuil...) jusqu’à son épuisement ; acculé, l’animal est alors tué (à l’arme blanche ou au fusil) par un membre de l’équipage ou déchiqueté par les chiens. Parmi le champs lexical de la chasse à courre, "l’hallali", qui désigne les derniers moments de l’animal (lorsqu’il ne peut plus fuir et commence alors à être attaqué par les chiens) et "la curée", qui désigne le fait de nourrir les chiens avec des morceaux de viande découpés sur place.

Des accidents rares ...

Malgré ces scènes d’une grande violence, on doit à l’honnêteté de reconnaître que les attaques sur humains sont particulièrement rares. Les chiens courants sont habitués à chasser un animal précis et la réussite de leur mission dépend en grande partie de cette particularité. Pour autant, les situations exceptionnelles existent toujours, et avec elles leurs lots "d’accidents". Le monde de la chasse regorge d’ailleurs d’histoires en tout genre : des chasseurs confondant leur collègue avec un animal sauvage (sanglier, renard ...), des chiens de chasse s’en prenant à un animal domestique (teckel, chat...), des chiens courants sautant du haut d’un ravin ...

... mais possibles

Les chiens du Rallye de la passion étaient-ils bien traités ? Dans quelles conditions étaient-ils hébergés ? Etaient-ils bien nourris ? Bref, quelque chose pouvait-il justifier d’une quelconque agressivité ? Par ailleurs, même si un chien est habituellement calme, il peut devenir agressif dans certaines conditions ; à fortiori s’il s’agit d’un animal conditionné et qu’il est placé en meute. Les chiens auraient-ils pu confondre Elisa avec une proie ? Cette dernière aurait-elle adopté un comportement de fuite (et ainsi pu déclencher un comportement de prédation) ? Aurait-elle déclenché l’agressivité de la meute en tentant de défendre son chien ? De simples hypothèses, qui ne sont pas plus absurdes (et en tout cas moins odieuses) que celles qui vont suivre ...

Les arguments fallacieux de la société de vénerie

Antoine Gallon, directeur de la communication de la société de vénerie : "Elisa Pilarski promenait ... un chien de combat ..., dont on ne peut imaginer qu’il ait laissé sa maîtresse se faire dévorer sans la défendre ! Or, des vétérinaires mandatés par les gendarmes ont inspecté les 62 chiens de l’équipage et aucun ne présentait de traces de morsure". Un argument péremptoire autant qu’hasardeux. Un chien attaqué par une meute est-il forcément apte à se battre ? A mutiler ses assaillants ? Et puis, n’a t-on pas pu planquer des chiens ? Au fait, de quelle gendarmerie s’agit-il ? Celle du gendarme-chasseur Métras ? Etrange argumentaire en tout cas que celui qui entérine l’idée d’une attaque massive, tout en dédouanant la seule meute dont la présence est attestée sur place.

Un témoignage douteux

Autre propos hallucinant, le témoignage d’un participant de la chasse, Jean-Michel Camus. Ce dernier rapporte avoir croisé le compagnon d’Elisa ce jour-là et avoir eu avec lui l’échange suivant : "’je (christophe, ndr) cherche mon chien, faites attention à vos chiens car le mien est très dangereux’ ... je lui ai répondu que nos chiens n’étaient pas méchants, mais lui m’a répété que ses chiens étaient ’très très méchants’ et qu’il fallait faire attention ; ’il était avec ma femme et je la cherche’" aurait alors conclu Christophe. Etrange description que voilà : un conjoint appelé au secours par sa femme, mais qui s’inquiète pour la sécurité des gens qu’il croise ...

Entre raccourcis et mauvaise foi

Et enfin, les arguments de Pierre de Roualle, le président de la société de vénerie. Globalement une reprise des arguments précédents (l’absence de blessures sur les chiens de chasse, contrairement à celui d’Elisa "très largement blessé et euthanasié" ; ou encore l’insistance de Christophe, ah tiens ! auprès du maître d’équipage Sébastien Van den Berghe cette fois-ci, sur la dangerosité de son chien) ; mais avec une pépite en plus : l’heure de l’accident, qui serait maintenant en décalage "de presque une heure" avec le passage des chasseurs (d’ailleurs, à quelle heure Christophe les a t-ils croisé hein ?).

Les chasseurs se serrent les coudes

On passera rapidement sur "les chiens répondant parfaitement aux ordres" mais que l’on retrouve parfois sur des routes ou au milieu des habitations ; sur "les chiens ne se détournant pas de la piste de l’animal" mais que des militants anti-chasse déconcentrent parfois avec un simple sachet de croquettes ; ou encore sur "les chiens suivis de près par le maître d’équipage" ... à l’exception du moment où celui-ci croise quelqu’un (Christophe en l’occurrence) ... ; pour conclure sur l’extraordinaire "solidarité" des chasseurs, leur arrogance aussi, au mépris de l’enquête en cours et de la douleur de la famille. Dernier exemple en date, le président de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, affirmant catégoriquement (dans Valeurs actuelles) : "les chiens de chasse à courre ne sont pas impliqués".

Prêts à peser dans la balance

Depuis le début de cette affaire, les chasseurs n’ont de cesse d’occuper l’espace médiatique avec une indécence et un cynisme incroyable. "C’est pas nous, c’est pas nos chiens" claironnent-ils en coeur (certains n’étant même pas présents sur les lieux le jour du drame). D’où vient cette impudence ? De leur proximité avec le président Macron ? Du soutien sans faille apporté par ce dernier depuis le début de sa présidence ? En attendant qu’un jugement ne soit rendu, les chasseurs semblent en tout cas bien décidé à peser dans la balance. Avec toutes leurs incohérences ...

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 07:13
Je n'ai pas l'habitude de faire dans le sensationnel, mais j'ai été bouleversé par le martyre qu'a enduré Sandrine Bonaire il y a une vingtaine d'années. Je n'étais absolument pas au courant.
Sandrine Bonnaire lors de la marche #NousToutes, à Paris le 23 novembre dernier. Une manifestation contre les violences faites aux femmes.
Sandrine Bonnaire lors de la marche #NousToutes, à Paris le 23 novembre dernier. Une manifestation contre les violences faites aux femmes. - BelgaImage

Le témoignage est fort, puissant. Terrifiant aussi. Sandrine Bonnaire s’est livrée au sujet de son passé de femme battue. Elle a témoigné au micro de l’émission de TMC « Quotidien » qui réalisait un reportage au cœur de la marche #NousToutes qui a eu lieu à Paris ce samedi 23 novembre. Les faits remontent à 20 ans, lorsque l’homme avec qui elle partageait sa vie depuis quatre années s’est montré extrêmement violent lors d’une dispute.

Les coups ont plu. Sandrine Bonnaire a aussi été étranglée : « Je suis tombée dans les pommes ». Elle raconte la suite, n’épargnant pas les détails : « Je me suis retrouvée deux mètres plus loin, avec le visage complètement de travers, la langue en lambeau, avec huit dents de cassées (…) Quand je me suis réveillée, j’ai craché plein de morceaux de dents, du sang ». L’actrice ne comprend pas tout de suite qu’elle a été battue : à son réveil, l’homme s’occupe même d’elle en lui tendant une serviette éponge et la convainc qu’elle a fait une mauvaise chute.

35.000 euros de frais de soins dentaires

« Je lui ai dit ‘Qu’est-ce que tu m’as fait ?’, et il m’a dit que j’étais tombée. Comme il m’avait strangulée et que j’étais tombée dans les pommes, je l’ai cru », note la comédienne. C’est finalement une visite chez le médecin qui lui fait prendre conscience de ce qu’il s’est vraiment passé. Le personnel médical assure à Sandrine Bonnaire qu’elle a été frappée. Dans la foulée, elle va alors porter plainte, réflexe salutaire.

Résultat, « la personne en question a pris deux ans de sursis, seulement ». « Avec une condamnation financière importante puisque j’avais 35.000 euros de frais de soins dentaires », pointe l’actrice pour Quotidien, comme le note BFMTV. Cette histoire « traumatisante », Sandrine Bonnaire l’a à nouveau racontée sur France 24 ce lundi 25 novembre.

 

 

Si elle en parle sur les plateaux télé, ce n’est pas pour rien. L’actrice appelle les victimes de violences conjugales à ne pas rester dans la spirale de la violence et à aller porter plainte. « C’est indispensable », tonne-t-elle. Sur le plateau, elle est donc à nouveau revenue sur son expérience personnelle, livrant d’autres informations :

« J’ai été opérée en urgence, j’ai demandé à cet homme de quitter mon domicile. Je suis restée paralysée pendant un moins et demi, avec toute la mâchoire attachée, je devais voir le chirurgien toutes les semaines ».

Tout ça à cause d’un homme violent. Un homme qui, par ailleurs, a nié les faits. Pour se défendre, la seule chose qu’il aura eue à dire était la suivante : « Elle était hystérique, j’ai dû la calmer ». Bref, « un argument d’homme terrible », synthétise parfaitement Sandrine Bonnaire dont le témoignage mérite d’être entendu.

 

 

Repris de soirmag.be

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 06:25

 

 

Dans le monde de 1984, on est (et naît) coupable. En d’autres termes, l’essence précède l’existence. Dans ce monde, on ne parvient pas à se situer dans l’espace-temps. Ainsi les horloges sonnent-elles treize heures (voir mon article “ Espace-temps et langage dans 1984, Poitiers, La Licorne n° 28, 1994).

 

Dans la French start-up du banquier éborgneur, il en va de même. Comme un radar n’est pas un radar mais beaucoup plus qu’un radar, on ne sait pas si on est coupable ou innocent, donc on est coupable même et surtout si on se sent innocent.

 

Le gouvernement du banquier va faire voter par le parlement 190 millions d'euros de dépenses pour un nouveau plan de radars pour verbaliser massivement et traîtreusement. 

 

Les radars fixes actuels vont être remplacés par des “ radars tourelles ” qui flashent 100 mètres devant – avant même qu'on soit conscient de leur existence– et 100 mètres derrière, sur 6 voies en même temps et qui pourront traquer les infractions jusqu'à l'intérieur des voitures.

 

Ces radars seront déplaçables sans préavis. Les flashs de ces radars seront invisibles.

 

Le banquier veut par ailleurs déployer des voitures-radars banalisées, qui nous traqueront jour et nuit dans quatre régions de plus. Ces régions sont gardées secrètes.

 

L’important est que tous les conducteurs sans exception soient constamment en alerte et coupables.

 

Rappelons ces statistiques banales et tellement simples à interpréter : décembre 2015, 2016, 2017, avec les radars fonctionnant normalement, 311 morts en moyenne sur les routes. Décembre 2018, avec 60 % des radars hors service, seulement 292 morts sur les routes. Depuis, la mortalité routière est stable, alors que de nombreux de radars sont toujours hors service.

 

 

Des radars orwelliens
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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 06:20

 

 

C’est plutôt compliqué et, surtout, totalement logique. Je ne l’avais jamais fait mais, comme il y a un début à tout, j’ai contourné une longue file d’attente en utilisant un automate.

 

Mettons que mon numéro de compte soit 0444444W037 59, et que ce compte soit géré par le centre financier de Bordeaux. Fort benoîtement, je tape à l’écran “ Bordeaux ”, et j’entre “ 0484444W037 ” en supputant que mon nouvel ami automate – j'ai l'art de me faire des amis – n’a pas besoin de la clé RIB (59).

 

Kolossale erreur. Le 037 correspond à Toulouse. Donc, autant rentrer chez moi, jamais je ne pourrai déposer le chèque.

 

D’autant que, pour entrer le numéro, il ne faut surtout pas taper “ 0444444W037 ”. Oui, mais, comment aurais-je pu le savoir ?

 

La file derrière moi s’allongeait inexorablement. Je hélai un employé en lui demandant de venir m’aider. Il me dit qu’il était un peu débordé. Je lui répondis que, étant retraité, j’étais près à passer trois heures devant l’automate (le seul de ce bureau habilité à recevoir des chèques) et à laisser s’allonger la file jusque sur le trottoir.

 

L’employé répondit alors favorablement à ma requête. Il me dit tout d’abord qu’il fallait oublier la mention “ Bordeaux ”. Seule celle de Toulouse (037) comptait. Puis il ajouta : « c’est simple : vous tapez 037 puis 0444444 et vous terminez par W.

 

« Comment voulez-vous qu’on puise deviner une chose pareille ? » lui demandai-je. Même en y passant trois jours, c’est pire que le plus difficile des Sudoku.

 

Derrière moi, une cliente qui commençait à trouver le temps long se mit à râler. « Mais, chère Madame », lui dis-je pour l’énerver encore plus, « c’est toute la différence qu’il y a entre une entreprise privée (La Banque Postale) et un service public (les CCP). Dans une entreprise privée, les employés, pardon, les collaborateurs, ne sont pas assez nombreux, sont multi-tâches, courent dans tous les sens et les usagers, pardon, les clients, se débrouillent comme ils peuvent. Dans un service vraiment public, les fonctionnaires sont en nombre suffisant et les usagers n’errent pas comme des âmes en peine entre une grosse boîte et des employés intérimaires fraîchement recrutés qui possèdent le tiers du quart d’une parcelle de savoir. »

 

Déposer un chèque à la Banque Postale
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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 06:15

 

Dans une république comme la République française, la nation est une construction sociale, politique et historique. Ce n’est pas, contrairement à ce que tend à devenir le Royaume-Uni et à ce que veulent nous imposer la finance internationale, des gens proches de Mélenchon ou encore Rokhaya Diallo,  une communauté d’ethnies.

 

Cette forte parole pour “ décrypter ”, comme disent nos journalistes neuneux, un fait divers récent qui a agité une petite ville du nord du Devon en Angleterre. Il s’agit de Bideford, où je suis passé il y a une bonne cinquantaine d’années, à une époque où la population était à 99% britannique. Aujourd’hui, ce pourcentage doit avoir diminué, mais pas sensiblement. Bideford est une ville de classes moyennes et moyennes supérieures. La bourgeoisie établie, autrement dit. Elle est la patrie de Charles Kingsley, un romancier célèbre du XIXe siècle. Ses 17 000 habitants y coulent des jours heureux.

 

Trop heureux pour que ça dure. Depuis des dizaines d’années, Bideford est surnommée “ La petite ville blanche ” (“ The Little White City ”), non en référence à la couleur de la peau de l’écrasante majorité de la population, mais parce qu’une forte proportion de ses habitations sont blanches.

 

Dans un pays ethnique qui consomme du politiquement correct plus souvent que de l’agneau à la sauce menthe, il fallait que ça change. Après en avoir longuement délibéré, le conseil municipal, vota l’effacement de la honteuse mention  “ Little White Town ” des panneaux de signalisation. Le conseiller McGeough rédigea la motion suivante : « Suite à de nombreuses plaintes de paroissiens [que pensent les musulmans de l'utilisation du terme “ paroissien ” et non pas “ concitoyen ” ?] je suggère la suppression des mots “ Petite ville blanche ” de tous les panneaux situés dans la ville et aux entrées de la ville. La formulation “ Petite ville blanche ” peut être prise pour une insulte raciste et n’est pas politiquement correcte. Si cette suppression n’était pas entreprise, le conseil municipal pourrait être qualifié de suprémaciste raciste blanc. »

 

Les débats furent houleux, l’un des conseillers déclarant par exemple, que le politiquement correct versait dans la folie. Un conseiller demanda s’il fallait rebaptiser les anciennes mines d’anthracite locales Bideford Black du nom de Bideford Slightly Dark (légèrement sombre).

 

Un compromis, un peu ridicule, fut trouvé : on dirait désormais “ Charles Kingsley’s Little White Town ”.

 

Un compromis très boiteux qui n’allait pas selon moi au bout du goût de la connerie. J’aurais préféré : “Chauvinist White Dead Charles Kingley’s Vertically Challenged Caucasian Town ”.

 

Qu’en pensent les paroissiens de cette ville de l’Indre dénommée – provisoirement j’espère – Le Blanc ?

 

 

La petite ville blanche
La petite ville blanche
La petite ville blanche
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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 05:14

 

Un inspecteur de l’URSSAF contrôle un restaurant. Contrôle de routine qui se passe normalement. Juste avant de partir, l’inspecteur, avec l’air de ne pas y toucher, demande au restaurateur où il mange le midi. «Ici même » répond le restaurateur. S’il avait anticipé une question aussi perverse, il aurait répondu : « je ne mange pas » ou « j’apporte ma gamelle ».

 

L’URSSAF réclame 14 000 euros à ce restaurateur comme redressement fiscal pour les trois dernières années en se basant sur la dépense moyenne par client, soit 107 euros. Pour l’URSSAF, il s’agit d’un avantage en nature soumis à cotisations sociales et à impôt. Dans son infinie bonté, l’URSSAF accepte un échelonnement sur trois ans.

 

Le restaurateur tente alors d’expliquer au crétin urssafien ce que tout le monde sait, à savoir que les propriétaires, gérants, chefs,  employés, ne mangent pas la même chose que les clients. Ils achètent des produits plus simples pour se faire une cuisine de base : steaks, pâtes, frites, salades etc. Le restaurateur explique ainsi qu’il retient 6 euros par repas (et non 107) à ses employés.

 

Ce n’est pas la première fois que l’URSSAF tombe sur le poil d'un restaurateur. Dans sa logique, elle aurait pu – ce qu'elle a déjà tenté de faire – ajouter aux 107 euros le coût de l’énergie pour préparer des pâtes et des frites, celui de la main d’œuvre, d’une partie du loyer  payé par l’entreprise, et même de majorer ces coûts de la TVA en vigueur. On imagine alors un crétin de l’URSSAF passant chez Bocuse !

 

Des litiges ont été plaidés ces dernières années. La justice s’est montrée plus intelligente que les crétins de l’URSSAF en estimant que la valeur réelle d’un avantage en nature ne peut pas s’apprécier par rapport au coût d’un repas pris dans un restaurant mais par rapport au coût d’un repas pris à domicile.

 

Je conseille à deux cuistots toulousains de ma connaissance de se munir de goudron et de plumes en prévision de la visite d'un crétin urssafien.

 

Pendant ce temps-là, Patrick Balkany mange gratuitement en prison. Á nos frais. Et à ceux du crétin de l'URSSAF. Il y a une justice !

 

Au fait, et si un électricien change une prise dans sa cuisine, il se passe quoi ? Et si un professeur d'anglais donne un cours particulier d'une heure à son fils ? Et si un cultivateur se fait une omelette sur le pouce avec les œufs de sa ferme ? Et sui une retraitée de l'enseignement privé mange à l'œil tous les jours dans un palais présidentiel ? Et si une prostituée couche gratuitement avec son souteneur ?

 

 

Un restaurateur lourdement taxé par l’URSSAF car il mange dans la cuisine de son resto.
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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 05:19

 

Au bord d’une route du sud-ouest, j’ai croisé récemment ce panneau : « Agents en intervention. Levez le pied ».

 

Imaginons un Anglais ou un Allemand ayant une connaissance raisonnable de notre langue et faisant du tourisme dans notre beau pays. En fait, pour l’Anglais, ça ne marche pas : une toute petite minorité d’Anglais connaît très bien le français tandis que le reste de la population n’en connaît rien. Alors, gardons notre Allemand. Comment voulez-vous que ce Teuton comprenne quoi que ce soit à ce panneau qui ne signifie rien d’autre que « Travaux, ralentir » ?

 

Par ce langage aussi prétentieux que stupide, les technocrates des services idoines ont voulu contribuer – consciemment ou non – à effacer les travailleurs, la classe ouvrière, du paysage. Un « agent en intervention » n’est pas un type muni d’une pelle et d’une pioche se décarcassant sous le soleil ou dans le froid pour rendre nos routes plus sûres. C’est une abstraction administrative, tout comme les employés qui ne sont plus des em-ploy-és, employés par des employeurs, mais des collaborateurs.

 

Ce panneau surréaliste m’a ramené plus de cinquante ans en arrière quand j’étais jeune conducteur outre-Manche. Longtemps je me suis demandé ce que pouvait bien vouloir « Hard Shoulder », surtout précédé d’un comminatoire « No ». Cette épaule dure n’était rien d’autre qu’une bande d’arrêt d’urgence. La DDE de là-bas nous informait donc qu’il n’y avait pas de BAD, ce dont on s’était un tout petit peu rendu compte.

 

Franchement jouissif pour un français était en outre l’indication « Soft Verge » qui, non non, n’était pas une verge molle mais qui signifiait que l’accotement n’était pas stabilisé !

 

Mais, pas d’inquiétude ni d’ambiguïté, un radar pompe à fric (en anglais “ money pump ”) est un radar pompe à fric.

 

Sur un panneau signalétique énigmatique et prétentieux

Et puis, pour vous récompenser par un dessert lyonnais,  il y a ce restaurant lyonnais. J'ai failli entrer pour demander la signification de cette enseigne d'autant que le patron s'appelle Christian Têtedoie! J''ai préféré rester dans le mystère...

Sur un panneau signalétique énigmatique et prétentieux
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5 septembre 2019 4 05 /09 /septembre /2019 05:28

 

 

Il y a une quinzaine d’années, je me trouvais du côté de Cosnes-sur-Loire (qui s’appelle désormais Cosnes-Court-sur-Loire, les connes du pays ne devaient peut-être pas aimer). Un dimanche, je me blesse sans gravité. Je cherche un lieu où me faire soigner. Le vrai binz! Il me fallut au moins deux heures pour trouver un endroit médicalisé idoine où l’on m’expliqua qu’en effet je me trouvais en plein désert.

 

La situation ne s’est pas améliorée. Avec Sarkozy, Hollande et Macron, il ne fallait surtout pas rêver !

 

Je viens de lire les mésaventures d’un couple de sexagénaires qui auraient pu finir tragiquement. En rentrant de chez des amis, l’épouse se plaint d’horribles maux de têtes, quelques jours après avoir été prise en charge pour un AVC. Elle vomit, au bord de l’évanouissement. Son mari appelle les pompiers qui le redirigent vers le SAMU.

 

Il patiente quinze minutes au bout du fil. Il est alors informé que les services d’urgence ne peuvent s’occuper de son cas et il lui est demandé d’emmener lui-même son épouse à l’hôpital. Affolé, il prend la route vers les urgences de l’hôpital de Nevers en dépassant certainement les 80 kms chers à notre Premier ministre. Á quarante kilomètres de l’endroit où il se trouve. “En arrivant, je me suis fait engueuler” explique-t-il, “car je m’étais garé n’importe comment”.

 

Très vite, l’épouse subit un scanner qui révèle un AVC hémorragique. Les médecins présents ne peuvent intervenir alors que la situation de la malade est d’une urgence totale car elles risque des complications gravissimes, voire la mort. Ils stabilisent son état. La pauvre dame est héliportée le lendemain vers Dijon.

 

De retours à l’hôpital de Nevers, elle souffre d’une phlébite, de pertes de mémoires et ne peut marcher.

 

Interrogé sur ce que vient de subir ce couple, l’hôpital de Bourges estime que tout s’est déroulé normalement et que les désagréments ne sont qu’un “non-événement”.

 

Le cas de parents de malades qui se transforment en ambulanciers n’est pas rare dans ce coin enclavé de notre pays. La ruralité, la rase campagne deviennent des souffrances en soi. La pauvreté aussi. Dans cette région, on a pu noter la fermeture d’une maternité au Blanc, les parturientes ayant le “choix” entre Poitiers et Châteauroux. Á Pithiviers, qui dispose d’une gendarmerie très importante – de ce côté tout va bien, le service d’ambulances du SMUR a été suspendu pendant 18 jours en août.

 

 

 

Dans le centre de la France, mourir, la belle affaire. Souffrir...
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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 05:27

Je n’ai pas connu de près des femmes battues violemment. La seule qui se soit confiée à moi dans la durée, et dont je vais relater l’histoire, n’a pas subi de violences physiques à proprement parler. Avant cela, deux remarques préliminaires : une femme battue dur dix est un homme, battu par sa conjointe ou par ses enfants. Par ailleurs, les femmes battues appartiennent à toutes les classes, à tous les milieux culturels, et non, comme on le disait rapidement et à voix basse quand j’étais gosse, à des milieux populaires où le vin coulait d’abondance.

 

Au moment où j’écris ces lignes (la mi-août), 90 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint depuis le 1er janvier. J’ai toujours dit à mes filles que le premier coup, la première menace de coup, étaient inexcusables et qu’elles devaient partir, quelles qu’en soient les conséquences matérielles. Ce départ ne serait pas une défaite ou une démission mais le moyen de réagir sur des bases à peu près solides.

 

J’en vient à mon histoire “banale”. Un couple d’enseignants amis, la petite quarantaine, une fille d’une dizaine d’années. Vu de l’extérieur, strictement aucun problème. Dans le lycée où ils enseignent ensemble, ils sont bien perçus. Elle est plutôt réservée, lui est extraverti et fait preuve de beaucoup d’humour. Á l’école, la petite  n’a pas de comportement qui pourrait alerter les enseignants.

 

Un jour, je dois remettre des documents à mon amie. Je l’appelle en lui disant que je déposerai une enveloppe dans sa boîte aux lettres. N’en fais rien, me dit-elle, car “ J’ai déménagé ”. Elle me donne sa nouvelle adresse et me suggère de passer la voir. Je sonne et je découvre un T2 où elle réside désormais avec sa fille. Le dialogue suivant s’engage :

 

— Pourquoi as-tu quitté Julien ?
— Il me battait.
— Je n’ai jamais remarqué la moindre trace de coups sur toi.
— En effet, il se contentait de me taper sur le dos de la main ou sur l’avant-bras.
— En quelles occasions ?
— Quand ça lui prenait : j’avais trop salé la soupe, j’avais oublié d’acheter ceci ou cela.
— Il te battait en présence de la petite ?
— Pas systématiquement, mais si elle était là, cela ne lui posait pas de problème.

 

Est-ce parce que j’étais sidéré, je fis alors une remarque d’une grande bêtise :

 

— Une tape sur le dos de la main, ce n’est pas si terrible que cela, non ?


— On voit bien que tu es un homme. Á chaque fois, j’étais humiliée, niée, ridiculisée. Cela durait depuis des années. Je me suis enfin résolue à partir avec ma fille et j’ai engagé une procédure de divorce. Tu peux me croire : ce n’est pas facile. Devant le juge, il n’a nié aucun fait. Il m’a demandé pardon, mais c’est trop tard.

 

Je luis souhaitai beaucoup de courage. Quand je la revis six mois plus tard, je m’attendais à ce qu’elle me décrive sa nouvelle existence. En fait, après plusieurs séances de conciliation avec le juge et les avocats, dont certaines en présence de leur fille, mes amis avaient décidé de reprendre la vie commune.

 

— Tout est rentré dans l’ordre, me dit-elle.

 

Le mot “ordre” me glaça. J’avais tort. Vingt ans après, ils sont toujours ensemble. La gamine a poursuivi des études normales et le mari n’a plus jamais tapé la main de sa femme.

 

On constate que les adultes battants ont souvent été des enfants battus. Ce n’était pas son cas. Alors pourquoi ces chiquenaudes ? Je ne l’ai jamais vraiment su.

Femmes battues : un exemple “banal”
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