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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 04:56

 

Rébecca Gensane termine deuxième du 200 4N des championnats méditerranéens (COMEN). Elle rentre à la maison avec une médaille d'argent et trois médailles de bronze.

Rébecca Gensane 2ème du 200 4N des Jeux méditerranéens de Limassol
Rébecca Gensane 2ème du 200 4N des Jeux méditerranéens de Limassol
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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 05:30

 

Il y a sûrement quelque chose de très freudien chez notre banquier. Ce qui n’a rien d’exceptionnel, après tout. Ainsi, il ne faut jamais oublier que ce fils et petit-fils de fonctionnaires, lui-même ancien haut fonctionnaire, a démissionné avec fierté de la Fonction publique. Il s’apprête, incessamment sous peu et peut-être même avant, à mettre en pièce le statut de cette même FP. Avec, on peut le parier, une vraie jouissance qui n’aura d’égale que l’incapacité des agents de l’État à se mobiliser avec une énergie comparable à celle des cheminots dans la lutte.

 

Pour le moment, et depuis quelques temps, c’est – avec grand courage – aux handicapés qu’il s’en prend. Avec l’aide de sa cohorte de godillots à l’Assemblée nationale. Le 1et juin 2018, les députés ont adopté un volet important de la loi ELAN (Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), à savoir la diminution du quota obligatoire de logements neufs accessibles aux handicapés, qui passe de 100% à ... 10%. Le banquier au regard bleu glacé et glaçant n’y va jamais de main morte, en particulier lorsque la résistance est faible. Le processus enclenché par Macron en septembre 2017, qui annonçait vouloir réduire les « normes qui relèvent de très bons sentiments », est parachevé.

Je cite Marianne : « Le raisonnement du gouvernement est simple : jusqu'à présent, tout nouveau logement devait être construit de manière à être accessible aux handicapés. D'après l'exécutif, cette réglementation dissuadait les promoteurs de construire, et faisait partie des causes de la crise du logement en France. L'idée est donc de substituer à “ l'accessibilité ”, considérée comme dogmatique et peu flexible, la notion “ d'adaptabilité ” : 10% seulement des nouveaux logements devront être aux normes handicapés mais les 90% restants seront censés être “ évolutifs ” et pouvoir être rendus accessibles grâce à des travaux simples. »

En l’affaire, l’objectif prioritaire du banquier est de faire plaisir à ses amis les promoteurs immobiliers, qui ont l’oreille des parlementaires. S’il avait pu leur faire plaisir en sens inverse, il ne se serait pas gêné. Le combat des handicapés n’est pas totalement perdu car cette loi ELAN est contraire à la convention internationale des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la France, qui proclame le droit à choisir librement son lieu de vie. Jacques Toubon, le Défenseur des droits, est sur la même ligne qui estime que cette politique est « totalement contraire au droit car susceptible de remettre en cause l'accessibilité universelle ».

On nous a dit et répété que, s’il est une personne qui avait beaucoup compté dans la jeunesse du banquier, c’est sa grand-mère Manette. Un pur produit de l’école de la République. Or “ Manette ” a terminé sa carrière comme directrice d’un des tout premiers collèges d’enseignements secondaires de France (peut-être même le premier) ayant scolarisé des handicapés moteurs (dont certains vraiment lourds) en milieu “ normal ”. L’expérience fut totalement concluante, et pour les handicapés, et pour les non handicapés. Je parierais même qu’elle fit faire des économies à l’Éducation nationale. Cela se passait sous le banquier Pompidou, donc avant la naissance du futur prodige de la finance. Les employés de Rothschild du XXIe siècle sont  beaucoup plus féroces que ceux du XXe siècle…

 

Le banquier et les handicapés
Le banquier et les handicapés
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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:34

 

J’ai passé il y a quelques jours deux nuits dans un adorable gîte à Puget-sur-Argens, à 5 kilomètres de Fréjus (je peux donner les coordonnées à ceux que cela intéresse). Un mas provençal situé en zone rurbaine, à deux pas des champs et à 500 mètres du village.

 

La propriété est sécurisée. On y entre par un lourd portail de bois actionné par une télécommande. La nuit, la moindre entrée par effraction déclenche une alarme et actionne une batterie de projecteurs.

 

Au moment de mon départ, la logeuse me dit : « Je n’ai pas voulu vous perturber mais hier matin mon voisin est entré chez moi en titubant et en se plaignant de violents maux de têtes. Il m'a dit qu’il avait été gazé pendant la nuit dans sa chambre et cambriolé. Comme il n’a rien de précieux chez lui, les malfrats se sont contentés de deux billets de 20 euros après avoir mis le rez-de-chaussée sens dessus dessous. Ils sont entrés dans la maison comme dans du beurre en se jouant très proprement des serrures à barillet d’un coup de tournevis. »

 

Á Puget, comme ailleurs dans le sud-est, on s’approche inéluctablement des mesures de sécurité semblables à celles que l'on connaît en Afrique du Sud. Hors saison, il n’est pas trop recommandé de se promener dans les rues après vingt heures.

 

Je fis observer à ma logeuse qu’il y a une petite cinquantaine d’années à Paris où je vivais, on ne connaissait quasiment pas les digicodes, y compris dans les quartiers bourgeois. Á la même époque, en Grande-Bretagne, on ne fermait pas sa maison à clé si l'on s’éloignait pour faire des courses pendant une paire d’heures.

 

Je sais bien qu’il ne faut pas mettre tous les maux de notre société sur le compte du capitalisme financier. Il n’empêche qu’outre-Manche, pour ne parler que de ce pays, c’est au moment de l’accession de Margaret Thatcher au pouvoir qu’il est devenu obligatoire, dans les faits, d’équiper les maisons d’alarmes sinon les assureurs se défaussaient. C’est également à cette époque qu’on a vu pulluler les caméras de vidéo-surveillance qui n’empêchent pas la criminalité mais qui permettent simplement à la police d’enquêter plus rapidement (et de surveiller la population dans son ensemble). Chez nous, on parle, en langage orwellien et politiquement correct, de “ vidéoprotection ”, comme si, sur la Promenade des Anglais à Nice ou ailleurs, les caméras étaient censées “ protéger ” les gens de tueurs fous en camion.

 

Je souhaite au voisin de ma logeuse de soigner son mal de tête et de vérifier que ses poumons n’ont pas été abimés. En attendant la prochaine fois. Car, malheureusement, il y a toujours une prochaine fois.

 

 

 

De l’insécurité ordinaire
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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 05:34

 

Bernard, tu commences à nous bassiner avec les exploits de ta fille. C’est vrai : je vais donc m’effacer derrière les commentaires de Christophe Frappé, président de Lyon Natation Métropole.

 

 

« Championnat de France élites : jour 5

Rébecca Gensane en finale B cet après-midi sur 200 4 nages !!!!

2 nageuses de Lyon Natation Métropole étaient engagées ce matin sur le 200 4 nages :

- Laura Paquit, dans un jour sans, termine 26eme en 2:26.41

- Rébecca Gensane termine 17eme en 2:24.04 mais nagera tout de même en finale B pour ses premiers championnat de France !

Nous retrouverons donc Rébecca cet après-midi (18h10) ainsi que le relais 4 X 100 4 nages pour les filles.

 

 

Championnat de France élites : finales jour 5

Rébecca impressionne et confirme sur 200 4 nages !

Qualifiée avec le 17éme temps des séries ce matin, et malgré tout qualifiée en finale B [pas par piston mais grâce à un désistement], Rébecca s'est adjugée une superbe 3eme place de cette finale B !!! Soit la 11eme place sur cette spécialité ! Avec une nouvelle meilleure performance personnelle (2:22.64 [quatrième performance de tous les temps des 14 ans]) et record de la Ligue Auvergne Rhône Alpes.

On notera également le très bon chrono sur 4 X 100 4 nages de Rébecca Gensane (dos), Laura Paquit (brasse), Elodie Sinapin (papillon) et Lucile Frappé (crawl), qui finissent à la 9eme place de la compétition (avec également un nouveau record de la Ligue Auvergne Rhône Alpes) en 4:24.21.

 

 

France élites - St Raphaël : dernier jour

5 nageurs étaient concernés par cette matinée. Et une nouvelle fois : des finales !

4 finales en 4 courses !!!

- Rébecca Gensane sur 400 NL se qualifie en finale C en 4:33.33 (plus jeune participante sur cette distance !)

Quentin Loncke sur 100 papillon se qualifie en finale B avec le 10 temps des séries en 54.45 (meilleure performance personnelle)

- Danaëlle Bakhshaei sur 50 brasse se qualifie en finale C en 34.12

Ian Auvray nage le 50 NL en 24.08 et rentre en finale C

- Lucas Gaëtan nage le 50 NL en 23.63 

4 finales encore au menu de cet après-midi ! Allez Lyon Natation Métropole, on donne tout ce qu'il reste !!! »

 

                  *                                                                                                 *

 

Á part cela, j’ai été très impressionné par Mehdi Metella. On a l’impression qu’à chaque brasse, il va vider la piscine. J’ai assisté à l’une de ses prestations, assis à côte de sa mère qui l’encourageait en hurlant comme si son fils participait à huit ans à sa première course. Je lui dis : « Pourquoi criez-vous comme ça, il gagne tout le temps ? » « Je suis sa mère », me répondit-elle. « Ça vient du cœur ».

 

Charlotte Bonnet fut également magnifique. Elle battit son record du 100 NL de 6 dixièmes de seconde, ce qui est énorme pour la distance. Ce faisant, elle établit la meilleure performance européenne de l’année et la troisième mondiale (le service public ne l'a pas mentionné ; peut-être qu'il n'y a plus assez d'argent dans la natation française pour que nos télés et radios nationales s'y intéressent).

 

L'ancien sélectionneur de l'équipe de France de Football, Raymond Domenech (dont le nin-nin est un autobus rempli de joueurs milliardaires et caractériels), et sa compagne, sont venus aux championnats pour soutenir leur fille Victoire, pas mauvaise du tout sur 50 brasse. Direct installés dans une tribune super VIP. Moi pas. Vive la nuit du 4 août !

 

Quant à Philippe Lucas, qui entraîna Laure Manaudou et s'occupe actuellement de la carrière de Sharon Van Rouwendaal, on sent l'autorité mais il a moins de cheveux que moi. Le pôvre ...

 

 

Championnats de France de natation : prestation très prometteuse pour Rébecca Gensane
Championnats de France de natation : prestation très prometteuse pour Rébecca Gensane
Championnats de France de natation : prestation très prometteuse pour Rébecca Gensane
Championnats de France de natation : prestation très prometteuse pour Rébecca Gensane
Championnats de France de natation : prestation très prometteuse pour Rébecca Gensane
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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 05:16

 

 

Que se passe-t-il dans la tête d’une adolescente de 14 ans qui, depuis l’âge de 7 ans, a consacré la plupart de son temps non scolaire à la pratique de la natation, lorsqu’elle se retrouve, par la grâce de ses performances, qualifiée pour les championnats de France élite ?

 

Á dire vrai, et par expérience personnelle, je n’en sais rien. Dans ma famille, comme dans celle de la maman de Rébecca, si l’on remonte jusqu’à Vercingétorix ou à Jules César, il n’y a pas un seul compétiteur. Naturellement, je n’oublie pas le cousin Philippe Presti, double champion du monde de Finn et double vainqueur de la  Coupe de l’America en tant que barreur. Et je n’oublie naturellement pas non plus Raphaëlle, la sœur aînée de Rébecca, qui n’a jamais aimé la compétition mais qui nage toujours, régulièrement et de manière exigeante. Rébecca ne partage avec Philippe que 12,5% de gènes italiens et il y a bien longtemps qu’elle a dépassé sa sœur en termes d’implication et de performances.

 

Yannick Agnel disait que « la natation, ça n’est jamais que des allers-retours dans une baignoire ». C’est justement là que réside la difficulté de cette activité. En sport collectif, un entraînement ne ressemble jamais à un autre entraînement. En sport individuel (tennis, athlétisme, boxe, escrime etc), les conditions ne sont jamais les mêmes. En natation, les petits carreaux de la piscine sont désespérément identiques et l’eau est toujours à la même température, à un ou deux degrés près.

 

Á six ans, Rébecca nageait deux fois 45 minutes par semaine avec les Dauphins du TOEC de Toulouse (dont je salue les entraîneurs). Elle en est aujourd’hui à 12 heures hebdomadaires, auxquelles s’ajoute une heure et demie de préparation physique générale : pas de musculation mais des “ pompes ”, du gainage et autres joyeusetés. Á l’occasion des petites vacances, quand les autres enfants se dispersent dans la nature, Rébecca et ses camarades doublent le régime, sachant que lors d’une séance de deux heures, ils nagent 4 500 à 6 000 mètres. J’admire profondément tous ces enfants.

 

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Rébecca a appris récemment que la Fédération Française de Natation l’avait sélectionnée avec six autres collègues pour les championnats méditerranéens des jeunes. Cette première sélection internationale l’emmènera en juin à Chypre.

 

Il est important pour Rébecca et pour tous les autres enfants qu’ils puissent s’épanouir dans d’autres domaines que le sport de haut niveau. Question d'équilibre. Pour sa part, elle a la bosse des maths (elle a consacré – il fallait le faire – son rapport de stage de 3ème à un institut de recherches en  mathématiques !) et s’efforce de s’asseoir le plus souvent possible devant son piano. Après les incontournables “ Marche Turque ” et “ Lettre à Elise ”, elle travaille actuellement la valse de Chopin opus 69, n° 2.

 

Tous derrière Rébecca Gensane !

 

Aux Championnats de France de Saint-Raphaël, outre sa participation à deux relais, Rébecca s’alignera dans la course individuelle du 200 4 Nages car elle a satisfait aux temps de sélection (elle compte parmi les six plus jeunes nageuses de la compétition.). C’est son épreuve de prédilection : elle n’y a jamais été battue par une enfant de son âge. Le 4 Nages est, comme son nom l’indique, l’épreuve des nageurs très complets. Si l’on est surclassé dans le 50 brasse, on est irrémédiablement défait car on ne revient pas dans la dernière longueur en crawl. Rébecca détient à ce jour la deuxième performance nationale de l’année sur 50 mètres brasse. C’est là qu’elle fait la différence (on pourra consulter ses meilleurs temps de 2017-2018 ici).

 

Un de ses atouts majeurs, outre sa régularité aux entraînements, c’est qu’elle prend une course après l’autre, avec des nerfs d’acier (que ne lui ont pas transmis ses parents). Si demain on lui disait : « Tiens, tu vas nager contre Michael Phelps » (toute proportion gardée, c’est ce qui va se passer), cela ne la tourmenterait pas plus que de raison. Elle monterait sur le plot de départ et se lancerait. Avec la volonté d’aller au bout du goût.

 

C’est ce qu’elle fera aux Championnats de France, contre des dames de 20-25 ans. Advienne que pourra, mais ce sera formidable. J’espère que mon cœur de récent septuagénaire tiendra.

 

Vas-y, ma chérie, on est tous derrière toi !

 

Rébecca nage ici.

 

Photos : Lyon Natation Métropole (Jean-Luc Guégan).

 

 

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 09:50
Cannes : Harvey Weinstein avait-il des excuses ?
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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 05:38

 

Une interview de Jacques Testart dans le journal Le Monde

 

Père scientifique d’Amandine, le premier bébé-éprouvette français né en 1982, le biologiste Jacques Testart n’a cessé depuis lors de dénoncer les risques d’eugénisme de la procréation médicalement assistée (PMA). Alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique, il nourrit le projet de rendre les choix de la science plus démocratiques. Et dénonce, dans son dernier ouvrage, « les promesses suicidaires des transhumanistes ».

 

Je ne serais pas arrivé là si…

 

Si je n’avais pas été, enfant, un trappeur de banlieue. J’adorais capturer les animaux vivants. On vivait dans le « 9-3 », à Pierrefitte. À cette époque, il y avait à côté de chez nous un grand terrain vague avec des vaches, et je passais mes journées à y pister les hannetons, les mésanges ou les mulots. Parfois seul, parfois avec le fils du boucher du coin. On était un peu sadiques avec ces bestioles, j’ai presque honte quand j’y repense : on pouvait guetter les merles pour voir où ils faisaient leur nid, attendre que les petits soient assez gros, les tuer et les amener à ma mère pour lui demander de les faire cuire ! Elle était horrifiée ! Mais je ne serais pas non plus arrivé là si je n’avais pas commencé, vers 12 ans, à lire Jean Rostand. Il m’a aidé à faire des choix.

 

De trappeur, Rostand vous a rendu naturaliste ?

 

Il m’a permis de comprendre que ce que je voulais faire, c’était m’occuper du vivant. J’ai enchaîné avec La Vie des abeilles, de Maurice Maeterlinck, puis avec Jean-Henri Fabre et sa merveilleuse écriture. Mais ce que Rostand avait de plus à mes yeux, c’est qu’il était athée. Je m’y retrouvais. Je n’ai jamais eu d’éducation religieuse, je ne suis pas baptisé… Pour moi, Dieu, c’était un rigolo !

 

Vous avez grandi avec sept frères et soeurs… Famille nombreuse, famille heureuse ?

 

Les rapports étaient assez froids entre nous, on n’était ni affectueux ni démonstratifs. On s’entraidait éventuellement, on faisait des blagues ensemble, mais nous n’avons pas construit grand-chose. La preuve : j’ai 78 ans, ma soeur aînée en a 90, la plus jeune doit en avoir 60, et on ne se voit quasiment jamais. Mon père était directeur commercial d’une petite boîte qui vendait du matériel de travaux publics, ma mère avait été couturière avant de devenir femme au foyer. Ce n’était pas des gens qui lisaient, qui écoutaient de la musique. Mais ils étaient très exigeants sur nos résultats scolaires, le calcul, l’orthographe – surtout mon père. Comme nous étions tous plutôt bons élèves, ils nous laissaient tranquilles.

 

Un événement marquant durant cette enfance ?

 

Mon arrivée au lycée – ou plutôt ma sortie ! On nous appelait les Testart, mon frère aîné et moi, comme on dit les Dalton… Au bout de trois mois, on s’est fait virer : mon frère avait pris le chapeau du prof de maths et avait dansé dessus après avoir mis de l’acide sur la chaise de la prof de musique. Au psychologue scolaire qui me demandait ce que je voulais faire, j’ai répondu : « Je veux être trappeur. » C’est comme ça que je me suis retrouvé en pension dans le Var, à l’Ecole pratique d’agriculture de Hyères. J’étais l’un des rares de la promo à ne pas être fils de paysans… J’avais de très bons résultats, mais là encore, ce fut un peu compliqué.

 

Vous faisiez toujours les 400 coups ?

 

J’avais voulu reproduire en grand une expérience de chimie faite par notre prof, et ça a donné une explosion qui s’est entendue à 3 km alentour…

Heureusement, il n’y a pas eu de blessé, mais l’amphi n’avait plus de carreaux. Et j’ai à nouveau été viré.

Je ne sais pas comment il s’est débrouillé, mais mon père a réussi à obtenir un rendez-vous au ministère, avec le directeur de l’enseignement agricole, pour expliquer mon cas. Et voilà que celui-ci, je ne sais pas non plus pourquoi, lui dit : « Mais c’est formidable, Monsieur, vous avez un fils qui a un talent de chercheur ! Il a voulu pousser plus loin l’expérience ! » C’est grâce à lui que j’ai été réintégré dans l’école. Deux ans plus tard, j’en sortais avec un diplôme de jardinier-horticulteur-arboriculteur-apiculteur. J’ai alors préparé les écoles nationales d’ingénieur agronome, et je suis entré à l’Ecole supérieure d’agriculture d’Alger – une des seules auxquelles j’avais droit en n’ayant pas le bac. On était en 1958, et c’était la guerre.

 

A 19 ans, vous débarquez en pleine guerre d’indépendance algérienne : quels souvenirs en gardez-vous ?

 

Dans un pays en guerre, on ne parle pas politique : on relate les faits divers, les horreurs qui arrivent aux uns et aux autres. Plus de la moitié de ma promotion était des Français d’Algérie. J’entendais donc surtout le son de cloche des pieds-noirs, mais je tombais parfois sur des tracts du FLN et je ne savais pas trop quoi penser… Et puis, au bout d’un an, j’ai rencontré Danièle, une juive pied-noir qui est devenue ma femme. Ses parents étaient commerçants à Alger, ils sont partis comme tout le monde en 1962 et je suis rentré avec eux. Je me suis marié avec Danièle – la première de mes trois épouses, celle avec qui je n’ai pas eu d’enfants. Nous nous sommes très vite inscrits au PCF, que j’ai quitté après Mai 68 pour adhérer à la Ligue communiste.

 

Et l’agriculture, dans tout ça ?

 

De retour en France, j’ai d’abord gagné ma vie en enseignant les sciences-nat, à Paris, dans une boîte privée. S’est alors posée la question du service militaire. Après ce que j’avais vu en Algérie, je ne voulais le faire à aucun prix ! J’ai réussi à être réformé pour un ulcère que je n’avais pas – mon cordonnier, qui s’était fait réformer pour de vrais maux d’estomac, m’avait prêté ses radios. Et à nouveau, cela a provoqué un déclic : j’avais gagné deux ans, je me suis dit qu’il fallait que j’essaye d’entrer dans la recherche. A la fac de biologie cellulaire où je suivais des cours, un prof qui s’appelait Charles Thibault m’avait à la bonne. Il m’a proposé de venir travailler sous contrat dans son labo de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), à Jouy-en-Josas (Yvelines). J’y suis entré en 1964, j’étais ravi !

 

Jouy-en-Josas, haut lieu de la reproduction in vitro des mammifères… Qu’y faisiez-vous précisément ?

 

L’idée était de trouver un moyen de multiplier rapidement les vaches de haute qualité laitière. J’ai mis au point une méthode pour extraire des embryons de l’utérus de vaches « donneuses », puis pour les transplanter dans celui de « receveuses » – autrement dit de mères porteuses. Et en 1972, au moment où sont nés les premiers veaux issus de ces techniques, je me suis aperçu que c’était complètement idiot : la surproduction de lait européen provoquait la ruine des éleveurs, et on me payait pour augmenter la production laitière ! Je suis allé voir le directeur de l’INRA pour lui dire que j’étais scandalisé par ce qu’on m’avait fait faire.

 

Votre première colère contre la technoscience…

 

Plus encore qu’être en colère, j’avais honte. Pour les paysans. Et pour la science, qui s’écrivait pour moi avec un grand S. La science, cela se rapprochait de la philosophie, c’était une compréhension du monde. En fait, ce que j’aurais voulu faire, c’est le travail de Jane Goodall, observer les grands singes… C’est

magnifique, ça ! Mais faire faire des petits à des vaches pour avoir plus de lait ? C’était de la technique, pas de la science.

 

 

Comment passez-vous des vaches à Amandine ?

En ayant la chance de rencontrer Emile Papiernik, le patron du service de gynécologie de l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, qui montait un laboratoire de recherche sur la stérilité. Il m’a proposé de venir travailler avec lui. Cela me permettait de fuir la recherche productiviste ! On était en 1977, et personne ne parlait alors de fécondation in vitro.

 

Et l’année suivante, en Grande-Bretagne, on annonce la naissance de Louise Brown, le premier « bébé-éprouvette »…

 

Et les gynécologues de Béclère, René Frydman au premier chef, me demandent de mettre au point la fécondation in vitro (FIV) chez l’humain, en m’appuyant sur mes connaissances en reproduction animale. J’ai dit oui tout de suite ! Utiliser la FIV pour pallier certaines stérilités, cela me semblait une belle mission. Dans ces années-là, j’ai publié comme jamais dans ma vie, jusqu’à deux articles par mois !

Mais déjà, il commençait à y avoir des tensions entre Frydman et moi. Il essayait de s’approprier le laboratoire comme si j’étais son technicien, ce que je ne supportais pas du tout. Et puis, il y a eu la grossesse d’Amandine. Et l’accouchement, je ne l’ai pas vécu. Je l’ai appris à 3 heures du matin par un coup de fil de Frydman, qui m’annonce que le bébé est sorti, que ça s’est très bien passé et qu’on a une conférence de presse à midi ! C’est comme ça que j’ai appris la naissance d’Amandine.

 

Vous lui en avez beaucoup voulu de ne pas vous avoir associé à cet événement ?

 

Au début, pas tant que ça. Le battage médiatique qui a suivi la naissance d’Amandine nous a transformés – abusivement – en héros. On en rigolait ensemble, on allait dans des congrès à l’autre bout du monde… C’était assez confortable, bien sûr – sortir de la masse, c’est quelque chose qui fait plaisir à tout le monde. Mais en même temps, je trouvais que ce n’était pas mérité. Entre Frydman et moi, les choses ont continué de se dégrader au fil des ans. Nous avions monté un vrai laboratoire hospitalier, avec du bon matériel, mais nous étions de moins en moins souvent d’accord. Frydman voulait qu’on congèle les ovules, moi j’étais contre car, à l’époque, cela créait des anomalies chromosomiques… Nous avions beaucoup d’autres sources de conflits. Jusqu’à ce que j’apprenne, en 1990, que j’étais viré de l’hôpital Béclère.

 

Où en sont, aujourd’hui, vos relations avec René Frydman ?

 

On ne s’est pas reparlé depuis 1990. Mais je vous raconte la dernière ! C’était il y a un an, on s’est retrouvé tous les deux dans un congrès organisé par l’Académie de médecine du Maroc – avion première classe, guide, hôtel magnifique… D’habitude, on ne nous inscrit pas sur les mêmes programmes, mais là, nous y étions tous les deux. Je monte donc dans mon avion, j’étais en avance. La seule place déjà occupée, c’était la mienne : il y avait Frydman dessus ! Et après, on dira que l’acte manqué n’existe pas !

 

Vous vous êtes aussi retrouvés récemment, dans nos colonnes, à l’occasion d’une tribune que vous avez cosignée avec une quarantaine de personnalités contre la gestation pour autrui (GPA). Quand avez-vous commencé à vous inquiéter des retombées de la procréation médicalement assistée (PMA) ?

 

Presque tout de suite après la naissance d’Amandine. J’ai été effaré du bruit qu’a fait cette naissance, je trouvais ça très exagéré. A la même époque, il y avait des recherches sur des souris ou des mouches beaucoup plus importantes ! Nous avions fait du beau boulot, cela nous avait demandé beaucoup de dévouement et un peu de jugeote, d’accord. Mais au niveau de la science, cet événement ne valait rien, d’autant que Robert Edwards l’avait fait quatre ans avant nous avec Louise Brown.

Je me suis donc mis à cogiter. Et j’ai compris que l’événement, c’était de pouvoir voir ce futur bébé neuf mois avant sa naissance. De pouvoir voir à l’intérieur de l’oeuf et d’intervenir au stade le plus précoce, avec la possibilité de modifier ou de trier les enfants à naître. J’ai écrit L’OEuf transparent (Flammarion, « Champs », 1986) pour raconter cela. Pour dire que ce que nous venions de réussir ouvrait la voie à un nouvel eugénisme, consensuel et démocratique.

 

Comme avec les vaches laitières à l’INRA, vous découvriez a posteriori que vous aviez joué à l’apprenti sorcier ?

 

C’est vrai, je me suis fait avoir deux fois de suite. J’avais travaillé pour des femmes dont les trompes étaient bouchées de manière irréversible, j’avais fait de la plomberie, et je n’avais pas réfléchi aux perspectives que cela ouvrait : faire naître des enfants qui non seulement n’ont pas certaines maladies graves, mais qui sont éventuellement choisis parmi plusieurs embryons pour certaines qualités.

Je me suis alors mis à lire des ouvrages sur l’eugénisme. Pas l’eugénisme bête et méchant du nazisme, mais un eugénisme « intelligent » à la Francis Galton, tel qu’il fut promu durant le premier tiers du XXe siècle en Scandinavie et aux Etats-Unis, avec la stérilisation massive d’individus considérés comme déviants… Cela faisait un peu froid dans le dos. Mes craintes n’étaient pas très partagées, beaucoup considéraient comme impossible de réaliser un diagnostic génétique sur un embryon de quelques cellules, mais l’avenir se chargea vite de leur donner tort : le diagnostic préimplantatoire fut mis au point par les Britanniques en 1990, et fut accepté par la première loi française de bioéthique dès 1994 !

 

 

 Nous allons vers une humanité à deux vitesses

 

De chercheur, vous êtes alors devenu lanceur d’alerte…

 

Mais je n’ai pas arrêté la recherche pour autant ! Je l’avais très clairement écrit dans L’OEuf transparent : je voulais continuer à aider les couples fertiles à avoir l’enfant qu’ils ne parvenaient pas à faire tout seuls, mais pas contribuer à faire autre chose que des bébés du hasard. Après 1990, je me suis installé à plein temps dans l’unité de recherche que je dirigeais en plus de ma fonction hospitalière – le bâtiment était situé à 200 mètres de l’hôpital, dans l’impasse menant à la morgue –, où j’ai continué d’étudier les mécanismes fondamentaux de la fécondation.

Mais en parallèle, j’ai mené mon éducation éthique avec des personnes qui m’avaient sollicité : des psychanalystes, des sociologues, des juristes. On a créé un groupe de réflexion, dont est né notamment Le Magasin des enfants (Gallimard, « Folio », 1994), un livre collectif dans lequel nous tentions de dessiner les contours éthiques de la procréation médicalement assistée.

 

Vous avez arrêté la recherche depuis dix ans, mais vous avez continué de réfléchir aux retombées de la science. Dans Rêveries d’un chercheur solidaire (La Ville brûle, 2016), vous écrivez ceci : « Ma dernière paillasse, la paillasse citoyenne, m’a ouvert un chemin de cohérence… » Il vous a conduit où, ce chemin ?

 

A travailler en complicité avec des collègues d’autres disciplines. En 2002, nous avons créé l’association Fondation sciences citoyennes (FSC) – où je suis toujours très actif –, afin d’essayer d’inscrire la science dans des règles démocratiques. Je dis bien « essayer », car lorsqu’on tente de soumettre la science aux règles de l’éthique, on s’aperçoit très vite que, du fait des intérêts financiers et de pouvoir en jeu, ça fuit de partout.

 

Pour définir le « bien commun » hors de toute influence des lobbys, vous prônez la mise en place de conventions de citoyens. N’est-ce pas ce que font actuellement les Etats généraux de la bioéthique avec leurs conférences citoyennes ?

 

Le principe est assez proche, mais les conventions de citoyens que je défends vont beaucoup plus loin. C’est une façon de mettre les gens dans des conditions psychologiques qui les amènent à s’approprier un sujet – un peu comme chez les jurés d’assises –, avec un protocole très précis : formation préalable des citoyens, expertise indépendante de tout conflit d’intérêts, débat contradictoire, etc.

Je suis convaincu par ces conférences depuis que j’ai assisté à l’une d’entre elles, en 2002, sur le changement climatique. De manière générale, je n’ai pas un immense respect pour mon semblable. Mais là, j’ai été frappé de voir comment de simples citoyens, tirés au sort et investis sur plusieurs mois d’une réelle mission, étaient capables du plus haut niveau d’intelligence collective. Et d’altruisme. Et d’empathie. A moi qui suis plutôt pessimiste, cela a confirmé qu’il y a chez tout un chacun un potentiel d’humanité qui est gâché la plupart du temps. C’est une expérience qui m’a réconcilié avec l’homme, et qui propose un vrai projet de société. Je le reconnais, je suis devenu un obsédé des conventions de citoyens !

 

Peut-être aviez-vous besoin d’espérance ?

 

Sans doute. J’ai peut-être trouvé là ma forme de croyance… Mais comme pour le tri des embryons et mes craintes de dérive eugéniste, j’ai peu d’alliés (à l’exception des cathos intégristes, mais pour d’autres raisons : eux estiment qu’on n’a pas le droit de détruire des embryons, alors que ce qui me gêne, c’est celui qui survit et qu’on met dans une case). Ce que je trouve bizarre dans ma trajectoire, c’est que je défends toujours des causes où je me retrouve seul. Comme si je m’entêtais à m’isoler davantage. Mais il faut bien que je croie en quelque chose. En une bataille politique.

 

Votre dernier ouvrage, Au péril de l’humain, dénonce les risques que le transhumanisme fait peser sur notre espèce et sur la démocratie. Une nouvelle cause ?

 

Non, c’est la même ! Le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. C’est l’amélioration de l’espèce par d’autres moyens que la génétique. C’est la perspective de fabriquer de nouveaux humains plus intelligents qui vont vivre trois siècles, quand les autres deviendront des sous-hommes. Et cette perspective, qui créera une humanité à deux vitesses, est en passe d’être acceptée par la société.

 

Propos recueillis par Catherine Vincent

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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:27

 

J’ai fait récemment l’objet d’une tentative d’arnaque autour des recharges TONEO. Vous me connaissez : je suis un homme du XXe siècle. C’est dire que, jusqu’à tout récemment, je ne connaissais pas l’existence des cartes TONEO. Pire, je ne savais rien des cartes de crédit prépayées.

 

Je reçois donc ce premier courriel :

 

« Bonjour

Comment vas-tu ? Bien j'espère.

De mοn côté, quelques pépins liés à des sοucis de santé.

As-tu du temps à me consacrer par mail ? Car j'ai une faveur à te solliciter dans l'immédiat.

PS : Je suis temporairement injoignable par tél. A.

 

Ce courriel est plausible. « A. » est un de mes amis, âgé d’une cinquantaine d’années. Qu’il ait des ennuis de santé relève du possible. Je suis un peu étonné par cette « injoignabilité ». Mais comme « A. » est un intermittent du spectacle, je me dis qu’il est peut-être à l’autre bout du monde et que, comme tout bon artiste tête en l’air, il a dû égarer son téléphone. Je ne me méfie pas. Le courriel est correctement rédigé et n’a rien à voir avec ceux que l’on reçoit d’Afrique ou d’Africains en Europe qui vous demandent de l’aide pour toucher un énorme héritage ou d'accortes créatures plus ou moins slaves qui recherchent un amour sérieux et l'homme de leur vie.

 

Je lui réponds que je peux peut-être l’aider.

 

 

Une heure plus tard, je reçois le courriel circonstancié suivant :

 

« Je te remercie pour ta réponse rapide, Pour tout te dire ces dernières semaines n'ont pas été faciles pour moi. J'ai quelques pépins de santé...Des crampes intestinales et des douleurs abdominales que je n'arrive pas à canaliser depuis un certain temps. Je m'interroge sans cesse sur ce qui va bien arriver ? Et quelles seront les conséquences ? Ce sont toutes ces interrogations qui m'ont poussé à avoir un autre avis extérieur en consultant un spécialiste en la matière pour des analyses plus poussées. Nous avons eu un premier contact. Et demain, nous devons nous revoir pour les résultats d'analyses. J'espère que mes doutes ne seront pas confirmés et que tout ceci sera un souvenir lointain ... Bref je t'en dirai plus dès la sortie des examens. Ne t'inquiète pas avant la sortie des résultats s'il te plaît. Mais je t'écris car j'ai une sérieuse demande à te faire, j'ai du mal à trouver des (RECHARGES-TONEO) comme je le fais habituellement, c'est devenu un vrai casse-tête ici impossible d'en trouver et les points de vente inscrits sur le site sont à proximité de toi. Ces recharges sont vendues chez les buralistes (TABAC) où dans les kiosques à journaux. Il suffit juste de demander ils sauront de quoi il est question. J'en ai vraiment besoin dans l'immédiat.

 

J’ai s'il te plaît besoin de 04 (RECHARGES-TONEO) de 250E chacune pour ma carte prépayée que j'utilise pour mes déplacements et mes achats Internet. En fait, ce sont des recharges que j'utilise pour mes achats via le net et régler certaines dépenses. 

 

Une fois que tu les as, il faudra me faire parvenir les codes de chaque recharge qui y figurent par mail ou si possible me faire un scan.

 

NB : Pour le remboursement joint-moi ton RIB je te ferai un virement demain, promis.

 

Je t'appellerai dès que mon portable sera en service.

 

Je compte sur ta discrétion. Tu y vas rapidement stp ? Merci pour ta confiance.

 

Prends bien soin de toi. »

 

 

Cette fois, plus d’hésitation : on essaie de se payer ma tête (et mon porte-feuille). Le français est toujours correct, voire élégant. Les douleurs décrites, je les ai connues et « A. » le sait fort bien. Et puis, l’argumentation est logique et progressive. Mais l’énormité de la somme (1 000 euros) et l’appel à mon RIB me font bien rigoler.

 

Je transmets cet échange à la société TONEO qui me réponds ceci :

 

« La crédulité des gens est infinie, et ce malgré nos avertissements sur notre site. Malheureusement, nous-mêmes sommes victimes de ces arnaques comme nos concurrents confrères. »

 

Depuis, mon médecin de famille a fait l'objet de la même tentative d'arnaque. Avec les mêmes crampes intestinales et les mêmes douleurs abdominales.

 

 

 

 

Drôle d’époque.

 

 

Une arnaque autour des recharges Toneo
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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 05:23

 

Il n'y a pas à dire, nous les chtis, on a le sens de l'humour et de la fête. Quand je pense que j'ai connu cette place pleine de bagnoles au début des années soixante !

 

Une histoire sympa filmée à Lille ! 


On laisse un gobelet dans la rue et on attend que quelqu'un le ramasse et le jette dans une poubelle à proximité, mais regardez ce qui se passe après !

 

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 05:39

 

 

Á ce qu’on en sait, l’acte héroïque du colonel Beltrame n’est pas survenu par hasard. Officier de gendarmerie, Arnaud Beltrame intègre à l’âge de 30 ans l’Escadron de parachutistes d’intervention de la Gendarmerie nationale, une formation d’élite chapeautée par le Groupement de sécurité et d’intervention. Il y sert comme “ chuteur ”, parachutiste sautant de 8 à 10 000 mètres d’altitude, le plus souvent de nuit. En 2005, il assure – au péril de sa vie – l’exfiltration d’une ressortissante française en Irak, ce qui lui vaut la croix de la Valeur militaire.

 

Homme qui se veut complet, il est diplômé de l’École européenne d’intelligence économique. Chrétien, il est également franc-maçon, membre de la Grande Loge de France de rite écossais, que l’on peut qualifier de plutôt progressiste (cette obédience joua un rôle important dans l’acceptation de la contraception en France).

 

Une semaine avant sa mort tragique, le colonel Beltrame avait connu un drame personnel très éprouvant. Il avait enterré son père, âgé de 71 ans, mort d’une noyade en mer en août 2017. Son embarcation avait été récupérée un mois plus tard mais son corps n’avait été retrouvé qu’en février 2018 dans les filets d’un bateau de pêche.

 

Lorsqu’Arnaud Beltrame décide seul, de son plein gré, de risquer le tout pour le tout, y compris sa vie, pour sauver une employée du supermarché, il n’est pas mû par une impulsion soudaine de tête brûlée. Il se lance en connaissance de cause, avec une arme de poing – dont il ne pourra se servir – et un téléphone portable qu’il pourra laisser branché pendant tout le temps de la négociation. Sa tentative sera couronnée de succès, mais il y perdra la vie.

 

Lors d’un hommage national, le président de la République Emmanuel Macron a qualifié Arnaud Beltrame de « héros français ». Autant je crois savoir ce qu’est un héros, une personne de grand courage, auteur de hauts faits, autant j’ai du mal à concevoir ce qu’est un héros « français ». Tout comme j’éprouverais quelques difficultés à cerner ce qui distingue un héros belge d’un héros portugais. Sophie Scholl et Lucie Aubrac n’avaient pas la même nationalité mais elles menèrent, avec héroïsme, le même combat contre le nazisme. Se lever à mains nues contre la barbarie n’a pas fait de l’une une héroïne « allemande » et de l’autre une héroïne « française ».

 

Macron et les siens peuvent – sincèrement, j’imagine – admirer la geste du colonel Beltrame, tout dans leur parcours, dans leurs pratiques et dans leurs visées indiquent qu’ils sont aux antipodes du héros de Trèbes. Lorsque l’on casse ce qui appartient et sert à tous pour le seul profit d’une infime minorité, on est des destructeurs de civilisation, contrairement au colonel qui tenta, par des heures de discussion, de ramener un fanatique dans la sphère des humains. Lorsque l’on soumet La Poste aux exigences d’Amazon, lorsque France Télécom cesse d'œuvrer pour le bienfait des usagers et devient une pourvoyeuse d’objets au service de clients, lorsque l’on oblige la SNCF à entrer en compétition avec des sociétés privées qu’elle a dû elle-même créer et qu'on la fait fonctionner selon un logiciel mis au point par une entreprise privée étasunienne, on n’a plus que faire de l’intérêt général et de la République. On soumet le bien public à la convoitise du privé qui ne connaît que les égoïsmes et l’immédiat. Lorsque l’on fractionne le peuple des travailleurs (« Vous les anciens de la SNCF gardez votre statut, vous les nouveaux entrants, débrouillez-vous sans »), on tue la fraternité sans laquelle des héros comme Aubrac ou Beltrame n’auraient pu exister.

 

Je dirai que ce qui rassemble les héros, c’est qu’au nom d’idéaux, de grandes valeurs qui peuvent parfois les dépasser, ils agissent pour l’intérêt général contre les intérêts particuliers, le leur au premier chef.

 

La sécurité des citoyens n’est pas un service. C’est un droit. Comme l’éducation ou la santé. C’est en conformité à cette éthique qu’Arnaud Beltrame, pour l’employée du supermarché, mais aussi pour nous tous, est allé, en pleine conscience et en pleine lumière, à la rencontre de son destin tragique.

 

 

Le colonel Beltrame, Macron et le statut des cheminots

 

PS : je ne suis bien sûr pas le seul à connaître cette phrase de Brecht : « Malheureux les peuples qui ont besoin de héros », tirée de sa pièce La vie de Galilée, qui met en scène la lutte entre la science et la théocratie, entre la raison et l'obscurantisme.

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