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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:40

Un  de mes amis vient d'être hospitalisé pour une intervention relativement bénigne. Rien de bien grave, rien de vraiment angoissant, la vie de tous les jours dans les hôpitaux français. Le ton du témoignage de cet octogénaire est, malgré tout, optimiste, à mes yeux pour deux raisons : ayant longtemps vécu sous les tropiques, il connaît les conditions médicales du tiers-monde et estime qu'on a encore un peu de marge ; par ailleurs, il sait écrire, donc il sait se dire et situer sa parole et son discours au-dessus des contingences de nos misérables vies.

Je ne me prononcerai pas sur les conditions mêmes de ces séjours (j'ai en effet changé d'établissement le quatrième jour) qui m'ont fait vivre des expériences très différentes. Dans le premier cas, dans une clinique dont l'atmosphère était climatisée (car la chaleur était enfin arrivée dans notre Midi), j'ai séjourné dans une chambre très vaste et fort agréable. Le seul inconvénient était qu'elle était située au troisième étage et que des travaux très importants (me semble-t-il la destruction d'un bloc opératoire ancien) menés au-dessus même du plafond de ma chambre, causaient un vacarme insupportable de huit heures du matin à cinq heures de l'après-midi avec une brève pause déjeuner entre 12 et 13 heures ; mon sort était toutefois à coup sûr plus agréable que celui des ouvriers qui trimaient au-dessus de ma tête, au soleil, en plein cagnard, mais cette pensée ne me rendait toutefois pas sourd hélas ! Pour compléter ce décor  sonore, j'avais en plus, juste sous ma fenêtre, un tractopelle  chargé d'évacuer les débris qui étaient sans cesse (à grand bruit), jetés depuis le quatrième étage ! Ce tractopelle était affecté au transfert de ces débris dans un camion mais chacune de ses manœuvres (nombreuses vu l'espace réduit, était agrémentée d'un joyeux "piou piou" qui, au bout de quatre ou cinq heures d'audition, vous mettait les nerfs en pelote au point de vous rendre fou !

Je n'ai fort heureusement subi ce traitement que quatre jours car entre-temps j'avais été transféré dans une autre clinique où j'étais cette fois au rez-de-chaussée mais dans une chambre sans climatisation, exposée plein Ouest, ce qui à Aix-en-Provence signifie le plein soleil jusqu'à 21h30 et en permanence une température voisine des 40° centigrades ! Le vacarme de la chambre précédente était donc remplacé par une température caniculaire que la nuit provençale ne faisait guère baisser !

Bref, cette courte expérience médicale a été d'autant plus désagréable que la brève opération dermatologique (sur le mollet et le bras droits que j'avais dû subir mais que j'imaginais  bénigne s'est accompagnée d'une infection inattendue que, sans le moindre avis médical bien  entendu, je juge « nosocomiale » ; à vrai dire je le fais sur la seule base, probablement incertaine, de la façon dont était fait le ménage de la chambre que j'occupais. 

Au cours de cette opération, j'ai pu observer quotidiennement en effet que la femme de ménage évitait soigneusement chaque jour les pantoufles de mon voisin,  posées au pied de son lit, en se gardant, sans doute par hygiène et pour éviter les déplacements d'air, de les toucher.

Ces détails m'ont amené à méditer moins sur le sens que sur l'étymologie du terme « nosocomial » dont mes études classiques, pourtant longues et assidues, ne m'avaient jamais fait rencontrer chez Démosthène ou Isocrate. J'ai découvert soudain l'étymologie de "nosocomial", beaucoup plus récemment, en 2004 précisément, au cours d'un séjour à Corfou ; en passant devant l'hôpital local, j'ai lu par hasard la pancarte " nosokomion" qui m'a soudain éclairé.

Craignant toutefois de m'avancer sans biscuit, j'ai donc avant d'entreprendre ce blog, consulté ce bon vieux Littré où j'ai lu :  "Nosocomial, ale : (no-zo-ko-mi-al, a-l') adj. Qui est relatif aux hôpitaux. Typhus nosocomial. Fièvre nosocomiale. Les édifices nosocomiaux. Etymologie : Νοσοϰομεῖον, hôpital, de νόσος, maladie, et ϰομεῖν, soigner.".

En somme et pour faire court, de l'hôpital où vous entrez pour vous soigner, vous risquez fort désormais de revenir malade ou infecté et "nosocomial" ne qualifie nullement un type de maladie mais ne désigne que le lieu où on les attrape !

 

Quatre jours d'hospitalisation : même pas mort
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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 05:28

 

 

J’aborde ici un fait divers très troublant concernant des faits de harcèlement d’un professeur des universités à l’encontre de sa doctorante. Je n’ai aucune connaissance directe de ce qui s’est passé mais je sais ce qui a été reproché par l’institution à ce professeur et quelles sanctions ont été prises à son égard. Au sein du corps professoral de l’université Lyon 2, ces sanctions ne font pas l’unanimité et je souhaite, en reprenant un article de Libération  du 9 juillet,  donner le point de vue des enseignants qui contestent les faits reprochés.

 

Le professeur directeur de thèse a été convoqué devant le conseil de discipline de l’université suite à une conversation téléphonique enregistrée par la doctorante avant une réunion de suivi de thèse où il disait ceci : « Et faites comme d’habitude, il faut que vous soyez bien élégante. » Silence gêné. « Non mais c’est important, parce que ça fait partie des règles du jeu. » Libération explique que « L’extrait de cet appel, passé à l’initiative de l’enseignant, est l’une des pièces du dossier qui a abouti à la sanction prononcée par l’établissement le 9 avril 2018 à l’encontre du directeur de thèse, interdit d’exercer et privé de salaire pendant un an ».

 

En des termes que je trouve quelque peu étranges, la section disciplinaire de l’université a condamné un « comportement susceptible de constituer un harcèlement sexuel à l’encontre de [la] doctorante au moyen de propos et de gestes déplacés durant le mois de mars 2017 ». Est-ce qu’un comportement « susceptible de constituer un harcèlement sexuel » est, dans les faits, du harcèlement sexuel ?

 

Libération ajoute ceci : « Lors d’un autre appel, l’enseignant lui aurait dit avoir « bien aimé comment [elle] était en jupe la dernière fois ». Au rendez-vous suivant, il lui aurait caressé l’épaule et l’aurait invitée à s’asseoir à ses côtés « dans un espace contraint », pour « coll[er] sa cuisse à la sienne ». Enfin, il lui aurait conseillé la lecture d’un livre qu’il venait de terminer, Qu’elle aille au diable, Meryl Streep ! L’éditeur de la traduction française de cet ouvrage de Rachid El-Daïf, dont l’histoire se déroule au Liban, le présente ainsi : « Jamais sans doute un romancier arabe n’avait traité les questions du couple et de la sexualité d’une façon aussi directe et décomplexée, pleine d’humour ».

 

Les collègues qui soutiennent le directeur de thèse mettent en avant deux choses que je n’ai pas été à même de vérifier. Dans son bureau, le professeur est assis dans un fauteuil muni de bras, ce qui rend difficile le contact de cuisse à cuisse. Ils ajoutent que l’ouvrage Qu’elle aille au diable, Meryl Streep ! était au programme de l’agrégation d’Arabe. Ce concours n'était pas présenté par la plaignante mais la lecture du livre lui aurait été recommandée par le directeur de thèse « pour sa culture personnelle ». La thèse de la doctorante porte sur la traduction de discours politiques en Syrie, loin de la vie de couple, thème du roman publié par Actes Sud.

 

Le quotidien nous informe que « L’enseignant a fait appel de cette décision devant le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), chargé des arbitrages disciplinaires en seconde instance, faisant valoir son droit à demander un réexamen sur le fond – ce qui peut prendre un ou deux ans – et à bénéficier d’un sursis à exécution – la suspension de la peine en attendant une nouvelle décision ». Je ne sais ce qu’il en est de cet appel.

 

En parallèle aux accusations de harcèlement, une polémique concerne le travail de la doctorante. En Lettres, une thèse est censée être préparée en trois ou quatre ans. Les soutiens du professeurs me disent que la doctorante n’a rédigé que quelques dizaines de pages durant ce laps de temps. Selon le conseil de discipline de Lyon 2, le directeur de thèse « réfute catégoriquement les accusations portées à son endroit en affirmant que sa doctorante a agi ainsi dans le seul but de lui nuire au motif qu’il avait décidé de resserrer le suivi de l’avancement de ses travaux de recherche au moyen d’un "pacte". Il ajoute que cette étudiante se sentait certainement acculée par ce "pacte" puisqu’elle n’avait pas avancé dans sa thèse depuis 2012, tout en ayant besoin parallèlement de se réinscrire chaque année en doctorat pour conserver son titre de séjour […] ».En d’autres termes, l’étudiante ayant fait preuve d’inefficacité, le directeur l’aurait incitée à accélérer le pas.

 

L’avocate de l’étudiante conteste cette interprétation : « Cette jeune fille de nationalité étrangère n’attendait pas un titre de séjour de sa thèse, elle en avait déjà un au motif d’autres études menées en parallèle. Elle est courageuse, érudite, intelligente, elle a envie d’avancer. Son seul frein, c’est justement ce directeur de thèse. Elle s’est retrouvée dans une situation d’emprise, face à un homme qui a eu une attitude déplacée. Or elle vient d’une culture très respectueuse, elle ne veut pas faire de vague. Elle a encaissé, en se demandant si elle devait en parler ». Elle aurait donc constitué, selon l’avocate, « une proie potentielle évidente ».

 

Yannick Chevalier, vice-président « à l’égalité » de l’université, à déclaré à Libération que « Pendant des années, la tolérance sur ces questions de harcèlement a été très élevée à l’université ». Tiens donc ! Dans cette institution qui jouit depuis longtemps d’un prestige mérité, ont donc eu lieu des actes pendables, intolérables mais tolérés et enfouis sous l’immense tapis de l’esprit de corps (j’ai personnellement enseigné pendant vingt ans dans une même institution universitaire ; je n’y ai connu ni harcèlement massif ni « tolérance élevée »). C’est la première fois, écrit Libération, que « depuis la création de l’université en 1973, la section disciplinaire statue sur le sujet ». Toujours selon Yannick Chevalier, « cette culture de la permissivité est en train de reculer car des femmes accèdent aux plus hauts niveaux hiérarchiques, donc on sort de l’entre-soi masculin. Et la société est beaucoup plus vigilante suite au mouvement MeToo ». Si l’on comprend bien, il aura fallu que les responsables de l’université se branchent sur Twitter et Facebook pour faire preuve de « vigilance ». Sauf que l’affaire qui les concerne a éclaté avant la mise en cause de Harvey Weinstein.

 

Selon Libération, la décision de l’établissement s’est accompagnée d’un signalement au procureur. Cela signifie-t-il que ni l’université ni la plaignante n’ont porté plainte, laissant à l’appréciation du parquet le soin de poursuivre ?

 

Pour être complet, Libération écrit que « la doctorante a dénoncé d’autres manquements de son encadrant, qui l’aurait incitée à falsifier une convention de stage et à mentir lors d’un comité de suivi de thèse ». Si ces faits sont avérés, ils sont d’une autre nature mais largement aussi graves que la possibilité de harcèlement.

 

Le professeur incriminé a été suspendu un an. Á quelques mois de la retraite, on lui a coupé son salaire et on lui a interdit l’accès des lieux d’enseignement et de recherche. Avant que l’affaire ait été jugée sur le fond, il s’agit, selon ses défenseurs, de mesures conservatoires particulièrement sévères. De deux choses l’une, ou bien ce professeur est coupable et il mérite d’être sanctionné. Ou bien la doctorante a affabulé, et la vie de ce professeur, tout comme celle de ses proches, ont été brisées. Á jamais. Pour complaire à l’air du temps.

 

Balance ton porc à l’université Lyon 2
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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 05:18

Je ne suis malheureusement pas disponible ces jours-ci pour venir en aide à cette malheureuse personne. Je suis sûr qu'un de mes lecteurs, au moins, aura le cœur de répondre à cette supplique.

Un lecteur peut-il prendre le relais ?
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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 05:16

Je reprends ici un article du blog “ Le Journal du Gers ”. Le drame qui est décrit est une preuve de plus de la férocité de la classe dirigeante au service du capitalisme financier et du délabrement, non seulement du service public, mais de la notion même de service public.

 

Ce lundi 26 mars, Antonin Bridard, 19 ans, jeune magasinier dans le secteur bois, débute sa journée à 7h30 dans l’entreprise condomoise Sarremejean.

 

Alors qu’il travaille sur une scie circulaire radiale, outil d’une dangerosité extrême, sa main gauche est sectionnée par la machine. Seul dans le hangar, il parvient malgré tout à alerter un collègue avant de se diriger vers la boîte à pharmacie. Son diplôme de secouriste lui permet de connaître le protocole de premiers soins, et il a le réflexe de récupérer sa main sectionnée, restée dans le gant, pour la conserver dans les conditions d’hygiène.

 

Son collègue, se rendant alors compte de la situation, appelle les pompiers. Il est 8h30.

 

A 8h34, les pompiers sont sur place.

 

C’est à partir de là que les faits se brouillent dans l’esprit d’Antonin, qui n’a pas perdu connaissance et perçoit en partie ce qui se passe autour de lui. Il entend parler d’hélicoptère, mais celui-ci ne viendra pas.

 

Le SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) de Condom ne peut intervenir. Depuis les nouvelles dispositions imposées par l’Agence Régionale de Santé Occitanie, il est en effet redirigé automatiquement (les nuits, jusqu’à 9 heures du matin) vers le SAMU de Toulouse.

 

Antonin est finalement transporté par les pompiers, avant de changer de véhicule sur le parcours, lui semble-t-il, mais toujours soutenu par la présence rassurante d’une femme pompier qui reste en permanence à ses côtés.

 

Il est pris en charge à Purpan à 12h01.

 

Il s’est donc déroulé trois heures trente entre l’accident et l’arrivée à l’hôpital, durant lesquelles les précieuses minutes vitales, et nécessaires à une rapide intervention, ont été perdues.

 

Le chirurgien de service ce jour-là pratique une greffe de la main durant sept heures. Antonin passera plusieurs jours en soins intensifs. Mais les nécroses qui sont apparues obligent à nouveau l’amputation du pouce, de l’index et du majeur. Durant son séjour de deux mois à l’hôpital, il se rendra douze fois au bloc opératoire, notamment pour des greffes de peau. Il ne lui reste au final que l’annulaire, et une moitié d’auriculaire. Sans parler de la douleur physique. Et psychologique.

 

De retour dans sa famille depuis le 29 mai, Antonin, d’un naturel pourtant volontaire, se retrouve maintenant confronté à la difficulté de retrouver une relative autonomie, et n’envisage pas l’avenir sans une prothèse digne de ce nom. Il sait de plus qu’il va devoir aller à Montpellier pour sa rééducation -et non pas à Toulouse- à partir de septembre, sans le soutien nécessaire de ses amis et ses proches.

 

Quant à la possibilité de reprendre un jour son activité d’ébéniste, elle n’est bien entendu plus envisageable aujourd’hui.

 

Antonin et sa famille entendent porter plainte contre X, pour connaître le déroulé exact des faits entre 8h34 et 12h01, ainsi que le degré de responsabilités de chacun dans sa prise en charge. Il est rejoint dans son combat par la Ligue des Droits de l’Homme, qui envisage de se constituer partie civile si la lettre adressée à la directrice de l’ARS Occitanie (lire ci-dessous) reste sans réponse.

 

De son côté, le syndicat Force Ouvrière (UDR) a rédigé une motion condamnant les politiques de casse de l'hôpital public (HPST de Bachelot, GHT de Touraine, loi santé de Buzyn) qui ont abouti au démantèlement des urgences, et qu'applique rigoureusement l'ARS. FO, qui en appellera aux autres syndicats, exige le rétablissement des urgences de nuit à Condom. Il estime que les dysfonctionnements survenus sont une conséquence de cette politique et seront inévitablement suivis de bien d’autres drames.

 

Combien faudra-t-il de vies brisées par la situation catastrophique des urgences dans le Gers pour que les pouvoirs en place daignent enfin entendre l’inquiétude et la détresse de toute une population, et reconsidèrent leur position ?

 

 

Un Gersois perd une main : une offrande au banquier qui nous gouverne
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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 08:33

 

 

Indéniablement la plus grande figure sportive lyonnaise du siècle, il s’est éteint paisiblement hier à l’âge de 105 ans.

 

Il pratiqua le sport dès l’âge de 9 ans, au patronage de l’église Saint-Louis de la Guillotière. Cet ancien ouvrier lithographe brilla dans de nombreuses disciplines : basket, gymnastique, athlétisme, ski, poids et haltères. En 1948, il est entraîneur national de l’équipe d’athlétisme aux JO de Londres.

 

Proche de Maurice Herzog, il entre en politique aux côtés du maire de Lyon Louis Pradel (dit « Zizi »), le seul maire de France qui imposa de faire passer l’autoroute à l’intérieur de sa ville (sacré « Zizi », pauvres miens poumons !). Délégué aux sports au conseil municipal de Lyon, Tony Bertrand fut vice-président du Conseil général du Rhône.

 

En 2015, la municipalité donna son nom à la grande piscine du Rhône, désormais Centre Nautique Tony Bertrand. Lors de l’inauguration, j’avais été stupéfait par sa vaillance et la clarté de son esprit : il parla sans notes pendant un quart d’heure. Lors du vin d’honneur, je m’approchai de lui et lui demandai : « Tony, ce n’est pas votre prénom ? » « Non », me répondit-il, « c’est Antonin. Mais on m’a fait comprendre qu’il valait mieux changer de prénom pour faire moins ringard dans le sport. » La com’, le buzz ne datent pas d’aujourd’hui.

 

Au milieu des enfants – ici en grande discussion avec Rébecca – il était comme un poisson dans l’eau.

 

Tony Bertrand nous a quittés
Tony Bertrand nous a quittés
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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 05:33

 

Une loi aux États-Unis stipule que tout document consulté, touché, par le président – lettres, courriels, rapports – doit être conservé et envoyé aux Archives nationales. Cette loi, Donald Trump ne la respecte absolument pas, il s’en contrefiche comme de sa première tour. Il archive en balançant dans la première corbeille venue. Pas par méchanceté mais parce qu’il se moque de cette contrainte.

 

 

Ce faisant, il se place hors la loi. Trump n’aime pas les règles. On l’a encore observé lors d’un récent sommet mondial quand, après avoir signé un important accord avec ses partenaires, il l’a dénoncé dans l’heure suivante par un simple tweet. Bien sûr, il ne s’agissait pas que d’un tweet ; l’enjeu et la démarche étaient certainement beaucoup plus complexes que cela. Mais notre banquier a eu l’air bien malin de se retrouver ainsi le bec dans l’eau quelques semaines après avoir mamouré de manière obscène l’actuel titulaire de la Maison Blanche. Lorsque Trump n'était qu'homme d'affaires, il agissait de même. Il signait avec un fournisseur pour une valeur de 100 et payait 70. Le fournisseur était furieux. Trump lui disait alors d'attaquer justice, ça prendrait 10 ans et le type serait sur la paille au bout du compte.

 

 

On peut se demander pourquoi Trump agit de la sorte : son pays domine – encore – le monde, sa monnaie dicte la loi dans tous les domaines et ses centaines de bases militaires quadrillent la planète d’une manière qui est devenue aussi évidente que l’invasion des chaînes de télé du monde entier par des films de série B hollywoodiens. Si Trump triche, c’est parce qu’il y a en amont une conduite, une pulsion qui le poussent à agir de la sorte. Il peut très bien – quoique rarement – viser des objectifs honorables : il préfère les atteindre de manière retorse.

 

 

Alors quid des sportifs italiens ? Chacun le sait : l’Italie est une grande nation sportive. Elle a ainsi remporté plus de médailles aux Jeux olympiques que la France. Par exemple 283 médailles d’or aux JO d’été contre 212. En football, l’Italie a remporté quatre fois la Coupe du monde (la France une seule fois). Pas parce que le football italien fut longtemps l’un des plus dopés de la planète, avec des spécialistes qui ont conseillé Lance Armstrong, le cycliste le plus “ stimulé ” et tricheur de tous les temps. Ils ont gagné parce qu’ils étaient les meilleurs. C’est tout.

 

 

Alors pourquoi, en particulier dans les compétitions qui rassemblent de jeunes sportifs, les Italiens trichent-ils ? Récemment, lors d’une rencontre internationale réunissant des nageurs de 13 à 15 ans, ils ont mis en place, pour la nième fois, un petit stratagème de triche mesquine qui ne servait strictement à rien. Lorsque des nageurs s’inscrivent dans une épreuve, ils donnent un temps d’engagement qui est, 999 fois sur 1000, le temps de leur meilleure performance. Cela permet aux organisateurs de les placer dans les séries par ordre décroissant : les compétiteurs les plus faibles intervenant en début de programme, les meilleurs en fin de programme. Á l’intérieur de chaque série, les couloirs 3, 4 et 5 sont attribués aux plus rapides, les couloirs 6, 7,  1 et 8 aux plus lents.

 

 

Quand les Italiens trichent, ils donnent à leurs nageurs un temps d’engagement plus lent que celui qu’ils  ont déjà réalisé. Les nageurs se retrouvent ainsi dans les lignes extérieures, ils se font oublier des lignes 3, 4 et 5 qui s’observent et ne se rendent pas compte que, près du mur, un ou deux nageurs sont en train de les surclasser.

 

 

Dans la compétition à laquelle je me réfère ici, une nageuse a donné deux temps supérieurs de quatre secondes (ce qui est énorme à ce niveau) à sa vraie valeur. Les autres nageurs ne l’ont absolument pas vue débouler et elle a gagné facilement. Je le répète : elle a gagné parce qu’elle était la meilleure et elle l’aurait, de toute façon, emporté, sans tricher. Mais les épreuves ont été faussées car chaque compétiteur pense sa course en fonction de ses adversaires, soit en « faisant sa course » sans les prendre en compte, soit en calquant ses efforts sur eux. Dans le cas de compétitions de nageurs plus âgés, ces stratagèmes sont impossibles car les compétiteurs se connaissent par cœur et les bases de données n’ont de secret pour personne.

 

 

Les sportifs italiens sont comme Trump : ils sont les plus forts sans tricher, mais il faut qu’ils trichent.

 

 

De la triche : Trump et les sportifs italiens
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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 04:56

 

Rébecca Gensane termine deuxième du 200 4N des championnats méditerranéens (COMEN). Elle rentre à la maison avec une médaille d'argent et trois médailles de bronze.

Rébecca Gensane 2ème du 200 4N des Jeux méditerranéens de Limassol
Rébecca Gensane 2ème du 200 4N des Jeux méditerranéens de Limassol
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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 05:30

 

Il y a sûrement quelque chose de très freudien chez notre banquier. Ce qui n’a rien d’exceptionnel, après tout. Ainsi, il ne faut jamais oublier que ce fils et petit-fils de fonctionnaires, lui-même ancien haut fonctionnaire, a démissionné avec fierté de la Fonction publique. Il s’apprête, incessamment sous peu et peut-être même avant, à mettre en pièce le statut de cette même FP. Avec, on peut le parier, une vraie jouissance qui n’aura d’égale que l’incapacité des agents de l’État à se mobiliser avec une énergie comparable à celle des cheminots dans la lutte.

 

Pour le moment, et depuis quelques temps, c’est – avec grand courage – aux handicapés qu’il s’en prend. Avec l’aide de sa cohorte de godillots à l’Assemblée nationale. Le 1et juin 2018, les députés ont adopté un volet important de la loi ELAN (Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), à savoir la diminution du quota obligatoire de logements neufs accessibles aux handicapés, qui passe de 100% à ... 10%. Le banquier au regard bleu glacé et glaçant n’y va jamais de main morte, en particulier lorsque la résistance est faible. Le processus enclenché par Macron en septembre 2017, qui annonçait vouloir réduire les « normes qui relèvent de très bons sentiments », est parachevé.

Je cite Marianne : « Le raisonnement du gouvernement est simple : jusqu'à présent, tout nouveau logement devait être construit de manière à être accessible aux handicapés. D'après l'exécutif, cette réglementation dissuadait les promoteurs de construire, et faisait partie des causes de la crise du logement en France. L'idée est donc de substituer à “ l'accessibilité ”, considérée comme dogmatique et peu flexible, la notion “ d'adaptabilité ” : 10% seulement des nouveaux logements devront être aux normes handicapés mais les 90% restants seront censés être “ évolutifs ” et pouvoir être rendus accessibles grâce à des travaux simples. »

En l’affaire, l’objectif prioritaire du banquier est de faire plaisir à ses amis les promoteurs immobiliers, qui ont l’oreille des parlementaires. S’il avait pu leur faire plaisir en sens inverse, il ne se serait pas gêné. Le combat des handicapés n’est pas totalement perdu car cette loi ELAN est contraire à la convention internationale des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la France, qui proclame le droit à choisir librement son lieu de vie. Jacques Toubon, le Défenseur des droits, est sur la même ligne qui estime que cette politique est « totalement contraire au droit car susceptible de remettre en cause l'accessibilité universelle ».

On nous a dit et répété que, s’il est une personne qui avait beaucoup compté dans la jeunesse du banquier, c’est sa grand-mère Manette. Un pur produit de l’école de la République. Or “ Manette ” a terminé sa carrière comme directrice d’un des tout premiers collèges d’enseignements secondaires de France (peut-être même le premier) ayant scolarisé des handicapés moteurs (dont certains vraiment lourds) en milieu “ normal ”. L’expérience fut totalement concluante, et pour les handicapés, et pour les non handicapés. Je parierais même qu’elle fit faire des économies à l’Éducation nationale. Cela se passait sous le banquier Pompidou, donc avant la naissance du futur prodige de la finance. Les employés de Rothschild du XXIe siècle sont  beaucoup plus féroces que ceux du XXe siècle…

 

Le banquier et les handicapés
Le banquier et les handicapés
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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:34

 

J’ai passé il y a quelques jours deux nuits dans un adorable gîte à Puget-sur-Argens, à 5 kilomètres de Fréjus (je peux donner les coordonnées à ceux que cela intéresse). Un mas provençal situé en zone rurbaine, à deux pas des champs et à 500 mètres du village.

 

La propriété est sécurisée. On y entre par un lourd portail de bois actionné par une télécommande. La nuit, la moindre entrée par effraction déclenche une alarme et actionne une batterie de projecteurs.

 

Au moment de mon départ, la logeuse me dit : « Je n’ai pas voulu vous perturber mais hier matin mon voisin est entré chez moi en titubant et en se plaignant de violents maux de têtes. Il m'a dit qu’il avait été gazé pendant la nuit dans sa chambre et cambriolé. Comme il n’a rien de précieux chez lui, les malfrats se sont contentés de deux billets de 20 euros après avoir mis le rez-de-chaussée sens dessus dessous. Ils sont entrés dans la maison comme dans du beurre en se jouant très proprement des serrures à barillet d’un coup de tournevis. »

 

Á Puget, comme ailleurs dans le sud-est, on s’approche inéluctablement des mesures de sécurité semblables à celles que l'on connaît en Afrique du Sud. Hors saison, il n’est pas trop recommandé de se promener dans les rues après vingt heures.

 

Je fis observer à ma logeuse qu’il y a une petite cinquantaine d’années à Paris où je vivais, on ne connaissait quasiment pas les digicodes, y compris dans les quartiers bourgeois. Á la même époque, en Grande-Bretagne, on ne fermait pas sa maison à clé si l'on s’éloignait pour faire des courses pendant une paire d’heures.

 

Je sais bien qu’il ne faut pas mettre tous les maux de notre société sur le compte du capitalisme financier. Il n’empêche qu’outre-Manche, pour ne parler que de ce pays, c’est au moment de l’accession de Margaret Thatcher au pouvoir qu’il est devenu obligatoire, dans les faits, d’équiper les maisons d’alarmes sinon les assureurs se défaussaient. C’est également à cette époque qu’on a vu pulluler les caméras de vidéo-surveillance qui n’empêchent pas la criminalité mais qui permettent simplement à la police d’enquêter plus rapidement (et de surveiller la population dans son ensemble). Chez nous, on parle, en langage orwellien et politiquement correct, de “ vidéoprotection ”, comme si, sur la Promenade des Anglais à Nice ou ailleurs, les caméras étaient censées “ protéger ” les gens de tueurs fous en camion.

 

Je souhaite au voisin de ma logeuse de soigner son mal de tête et de vérifier que ses poumons n’ont pas été abimés. En attendant la prochaine fois. Car, malheureusement, il y a toujours une prochaine fois.

 

 

 

De l’insécurité ordinaire
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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 05:34

 

Bernard, tu commences à nous bassiner avec les exploits de ta fille. C’est vrai : je vais donc m’effacer derrière les commentaires de Christophe Frappé, président de Lyon Natation Métropole.

 

 

« Championnat de France élites : jour 5

Rébecca Gensane en finale B cet après-midi sur 200 4 nages !!!!

2 nageuses de Lyon Natation Métropole étaient engagées ce matin sur le 200 4 nages :

- Laura Paquit, dans un jour sans, termine 26eme en 2:26.41

- Rébecca Gensane termine 17eme en 2:24.04 mais nagera tout de même en finale B pour ses premiers championnat de France !

Nous retrouverons donc Rébecca cet après-midi (18h10) ainsi que le relais 4 X 100 4 nages pour les filles.

 

 

Championnat de France élites : finales jour 5

Rébecca impressionne et confirme sur 200 4 nages !

Qualifiée avec le 17éme temps des séries ce matin, et malgré tout qualifiée en finale B [pas par piston mais grâce à un désistement], Rébecca s'est adjugée une superbe 3eme place de cette finale B !!! Soit la 11eme place sur cette spécialité ! Avec une nouvelle meilleure performance personnelle (2:22.64 [quatrième performance de tous les temps des 14 ans]) et record de la Ligue Auvergne Rhône Alpes.

On notera également le très bon chrono sur 4 X 100 4 nages de Rébecca Gensane (dos), Laura Paquit (brasse), Elodie Sinapin (papillon) et Lucile Frappé (crawl), qui finissent à la 9eme place de la compétition (avec également un nouveau record de la Ligue Auvergne Rhône Alpes) en 4:24.21.

 

 

France élites - St Raphaël : dernier jour

5 nageurs étaient concernés par cette matinée. Et une nouvelle fois : des finales !

4 finales en 4 courses !!!

- Rébecca Gensane sur 400 NL se qualifie en finale C en 4:33.33 (plus jeune participante sur cette distance !)

Quentin Loncke sur 100 papillon se qualifie en finale B avec le 10 temps des séries en 54.45 (meilleure performance personnelle)

- Danaëlle Bakhshaei sur 50 brasse se qualifie en finale C en 34.12

Ian Auvray nage le 50 NL en 24.08 et rentre en finale C

- Lucas Gaëtan nage le 50 NL en 23.63 

4 finales encore au menu de cet après-midi ! Allez Lyon Natation Métropole, on donne tout ce qu'il reste !!! »

 

                  *                                                                                                 *

 

Á part cela, j’ai été très impressionné par Mehdi Metella. On a l’impression qu’à chaque brasse, il va vider la piscine. J’ai assisté à l’une de ses prestations, assis à côte de sa mère qui l’encourageait en hurlant comme si son fils participait à huit ans à sa première course. Je lui dis : « Pourquoi criez-vous comme ça, il gagne tout le temps ? » « Je suis sa mère », me répondit-elle. « Ça vient du cœur ».

 

Charlotte Bonnet fut également magnifique. Elle battit son record du 100 NL de 6 dixièmes de seconde, ce qui est énorme pour la distance. Ce faisant, elle établit la meilleure performance européenne de l’année et la troisième mondiale (le service public ne l'a pas mentionné ; peut-être qu'il n'y a plus assez d'argent dans la natation française pour que nos télés et radios nationales s'y intéressent).

 

L'ancien sélectionneur de l'équipe de France de Football, Raymond Domenech (dont le nin-nin est un autobus rempli de joueurs milliardaires et caractériels), et sa compagne, sont venus aux championnats pour soutenir leur fille Victoire, pas mauvaise du tout sur 50 brasse. Direct installés dans une tribune super VIP. Moi pas. Vive la nuit du 4 août !

 

Quant à Philippe Lucas, qui entraîna Laure Manaudou et s'occupe actuellement de la carrière de Sharon Van Rouwendaal, on sent l'autorité mais il a moins de cheveux que moi. Le pôvre ...

 

 

Championnats de France de natation : prestation très prometteuse pour Rébecca Gensane
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