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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 05:29

Ça s'est passé aux États-Unis mais cela aurait pu se passer partout ailleurs dans le monde. Une femme se fait méchamment tabasser. Des badauds la prennent en photo sans lui adresser le moindre mot.

Porter secours à une personne ou prendre des photos ?

 

Ici, la vidéo.

 

Source : Daily Mail

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:39

 

 

Ces dernières années, il fut, si je puis dire, le correspondant de mon blog en Côte d’Ivoire et dans le Lot-et-Garonne. Il m’envoyait des textes savoureux, à l’écriture élégante et précise, celle des bons instits’ de la IVe République. Je les publiais anonymement car il ne souhaitait pas que son nom apparaisse. Comme celui-là, ou celui-ci. Sans parler de ces deux textes formidables sur le rugby “ profond ”, le premier, et le second.

 

Nous nous connaissions depuis le milieu des années cinquante. Mes grands-parents avaient acheté la maison de ses parents à Monclar d’Agenais. La famille Cauet avait alors emménagé dans l'appartement de la Poste de Monclar, dont la mère de Bernard était la receveuse. Deux ou trois fois par semaine, Bernard se rendait auprès de mon grand-père, directeur d’école d’application en retraite, pour réviser ses maths. Comme mon aïeul était très bavard, il avait fini par connaître ma famille aussi bien que la sienne ! Bernard fréquenta l’école primaire du village, puis le collège de Villeneuve-sur-Lot.

 

 

Il se dirigea très naturellement vers la profession d’instituteur. Lorsqu’il s’est agi de satisfaire aux obligations du service militaire, il partit comme VSNA en Côte d’Ivoire. Il fut conquis par ce pays, qui devint sa vraie patrie, et par ses habitants qui l’adoptèrent, et que lui-même adopta.

 

 

Je le retrouvai en Côte d’Ivoire au milieu des années soixante-dix. Il occupait un poste très sensible à la Direction des Examens. Nous partagions régulièrement un tiep bou djien ou un poulet yassa. Je savais qu’il ne rentrerait plus jamais en France, sauf pour les vacances. D’autant que, plus tard, il épouserait une enseignante ivoirienne qu’il aiderait à gérer une école primaire dans un quartier populaire d’Abidjan.

 

 

Nous étions restés quelques années sans correspondre. La vie, quoi ! Un soir, il me téléphone d’Abidjan. « J’ai découvert ton blog », me dit-il. « Je viens de passer la semaine à lire tous les articles, sans exception, du début jusqu’à aujourd’hui. » Cela représentait au moins deux mille pages. On ne s’est plus lâchés depuis.

 

 

En mars dernier, sa sœur cadette rencontra Pierre Lemaitre lors d’une séance de signature à Barcelone. Elle lui dit ce qui nous liait dans ce tout petit monde. Surprise de Lemaitre, bien sûr.

 

 

Fin octobre, comme je n’avais pas eu de ses nouvelles depuis quelques temps, je lui envoyai un très bref « Quoi de neuf, ça va bien ? » qui resta bizarrement sans réponse. Bernard était mort, frappé par une maladie foudroyante. Il avait 74 ans.

 

 

Ma mémoire est pleine de lui, de la lumière du Lot-et-Garonne, des habitants de Monclar – les Guyennais pur sucre comme les immigrés – qu’il racontait comme personne en en faisant des personnages de roman, de la touffeur de la lagune Ébrié, des « 166 logements » à Cocody où il aura passé la plus grande partie de sa vie.

 

 

Il repose chez lui, en paix car c’était un homme de paix, dans le grand cimetière de Williamsville, au nord d’Abidjan.

 

 

 

Bernard Cauet
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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:25

       

J’ai beaucoup aimé ce texte d’Elaine Ambrose (en anglais et en français) par le Huffington Post même si, bien qu’ayant subi deux ou trois IRM dans ma vie, je n’ai pas été confronté à ce douloureux problème.

 

 

Je partage cette anecdote aussi vraie que pathétique en témoignage de ma sympathie pour d'autres âmes damnées qui, comme moi, traversent et survivent à des épreuves extrêmement humiliantes. Nous faisons partie de ces empotés régulièrement confrontés à des situations traumatisantes pour le commun des mortels. Difficile de faire pire que ce qui m'est arrivé cette semaine: j'ai pété dans une IRM.

 

 

En termes médicaux, je m'étais déchiré le ménisque, ce cartilage qui sert à amortir les chocs entre le fémur et le tibia. En termes que n'importe quelle femme d'âge mûr est à même de comprendre, deux démons avaient envahi mon corps et mis mon genou à feu et à sang, en s'acharnant sur mes nerfs avec leurs fourches électriques. La douleur était insupportable, et j'avais tellement mal que je ne pouvais plus me tenir debout, marcher ou même ramper jusqu'au bar le plus proche.

 

Après cinq jours passés à me gaver de médicaments, j'ai fini par obtenir un rendez-vous chez un chirurgien orthopédiste. Il m'a manipulé le genou jusqu'à ce que j'en pleure et que je menace de lui casser les deux bras s'il n'arrêtait pas (les morceaux de la table d'examen que j'avais arrachés un à un laissaient entendre que j'avais quelque chose de sérieux). Je me suis promis de faire de lui un des sales types de ma prochaine nouvelle. En fin de compte, une véritable sainte m'a prescrit des analgésiques. Ma jambe ravagée s'est rapidement muée en un gros bandage hilarant, et le seul fait de la regarder me faisait hurler de rire.

 

Quelques jours plus tard, je suis allée faire une IRM, une procédure d'imagerie par résonance magnétique qui aide à visualiser les ligaments et les joints déchirés. Un très beau jeune homme m'a aidé à pénétrer dans le tube de la terreur, avant de m'immobiliser la jambe. Un peu stressée, je lui ai fait remarquer que je demandais généralement le prénom de mon partenaire avant de me laisser attacher. Ça ne l'a pas fait rire, mais il m'a ordonné de ne pas bouger pendant 45 minutes. J'étais donc seule avec ma douleur lancinante, de plus en plus claustrophobe tandis qu'un tapis roulant m'emmenait vers cette chambre de torture d'un blanc immaculé, priant pour rester immobile. Pour ne rien arranger, mon auditoire n'était pas du tout réceptif à mon humour.

 

Ne pétez pas pendant une IRM

Au bout d'une vingtaine de minutes, j'ai commencé à m'inquiéter. J'étais attachée dans un tunnel et je n'entendais que des bips et des grincements bizarres. Après tout, ils étaient peut-être en train d'établir la liste des organes qu'ils allaient m'enlever pour les revendre au marché noir. Soudain, j'ai été envahie par un sentiment nauséeux, qui précède généralement le moment où je pète. Je me suis mordu la langue, je me suis pincée, et j'ai essayé de me concentrer sur l'image d'une scène champêtre avec une prairie et le murmure d'un ruisseau. J'ai revu ma mère me disant de serrer les fesses. Je me suis tortillée dans tous les sens.

 

"Restez immobile, s'il vous plaît", a dit une voix à l'extérieur du tunnel de la honte.

 

Je me suis concentrée sur les lumières et les chiffres qui indiquaient le temps restant. Trois minutes. Je pouvais le faire! Mais mon corps m'a trahie, littéralement à la dernière minute. J'étais coincée, impuissante, et il a fait ce qu'il sait faire de mieux: il a lâché une perle. J'ai pété avec toute la puissance et la détermination d'une équipe de sumo après un dîner dans un restau mexicain. Dans cet espace confiné, on aurait dit qu'une douzaine de cornes de brumes s'étaient mises à sonner. Je ne savais plus si je devais en pleurer ou en rire, ou si je devais prévenir mon fils que j'avais, pour une fois, fait bien mieux que lui dans ce domaine.

 

"Je crois que nous avons suffisamment d'images comme ça", a dit le beau jeune homme en se retenant de rire.

 

Le lit magique est ressorti vers la liberté en baignant dans une odeur nauséabonde. J'étais mortifiée: ma prairie bucolique était devenue un champ de fumier. Qu'est-ce que j'avais bien pu manger? J'ai évité de croiser le regard du timide technicien et je suis retournée m'habiller en clopinant. Une fois de plus, je devais me résoudre à ma condition de clown perpétuel et involontaire, d'excentrique, celle qui pète pendant une procédure médicale complexe.

 

Ce que je sais, c'est que si je dois refaire un IRM, j'irai au Texas. Là-bas, tout le monde pète.

 

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 06:27
Un exemple de machisme fou
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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 05:37

Le site RichMeetBeautiful (des riches rencontrent des belles personnes) met en contact des jeunes étudiantes (“ sugarbabies ”) et des hommes d'âge mûr et friqués (“ sugardaddies ”). Ça marche aussi dans le sens cougars aisées/étudiants fauchés. Le site a fait un tabac en Belgique où plus de 100 000 personnes se sont déjà inscrites. Aux États-Unis (à qui nous devons tout et où les études coûtent un bras – ou une verge), le site SeekingArrangement (recherche d'un arrangement) compte plusieurs millions d'abonnés depuis 2006.

 

Ce commerce n'est rien d'autre que de la prostitution mais les Norvégiens de RichMeetBeautiful sont des malins, comme l'explique le sociologue Renaud Maes : « Ils nient qu'il s'agit de prostitution et interdisent par exemple des discussions liées à la tarification sur leur plateforme… Tout en sachant très bien que ces discussions se font hors ligne. Ils ont parfaitement conscience des types de jeunes qu’ils recrutent – à savoir des étudiant(e)s en difficulté financière ou en rupture avec leurs parents – et de l’impact que cela peut avoir. » Ajoutons que la plate-forme est basée à Malte, ce qui peut toujours servir …

 

Le patron du site, Sigurd Vedal, avance que son entreprise est parfaitement légale, que les relations sont toujours consenties, que depuis Cinquante nuances de gris, il contribue à la libération des femmes. Renaud Maes ne partage pas cette analyse : « systématiquement, il s’agit à un moment de trouver très rapidement de l’argent pour faire face à une situation de précarité. Ensuite, les revenus peuvent devenir très importants et des mécanismes d’affiliation se mettent en place. Les jeunes ont alors des difficultés à revenir à un niveau de vie inférieur… »

 

Un tout récent sondage laissait entendre que les Français étaient désormais en faveur  de la sélection à l'entrée de l'Université. Un peu de vaseline aura permis ce grand retournement. C'est bien sûr prendre le problème par le mauvais bout (sic). La prostitution en milieu étudiant est due, de par le monde, à la précarisation grandissante des jeunes. Mal nécessaire, elle peut devenir un habitus, dès lors que les étudiants se seront détournés des études et auront été happés par un autre mode de vie.

 

Dans la France de Macron, les étudiants peuvent toujours se prostituer …
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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 05:32

Le site Révolution permanente publie un entretien de Flora Carpentier avec le frère de Yannick Sansonetti, suicidé le 29 mai 2015 dans une chambre froide de l’entrepôt LIDL de Rousset dans les Bouches-du-Rhône. Larges extraits.

 

 

 

Au terme d’un combat acharné de sa famille pour faire reconnaître la responsabilité de LIDL, le 1er septembre dernier, l’inspection du travail rendait des conclusions « accablantes pour l’entreprise », dénonçant « des agissements répétés de harcèlement moral à l’encontre de M. Yannick Sansonetti », une « surcharge de travail », des « propos dénigrants » et des « ordres inatteignables ».

                       

 

Depuis mai 2015, toi et ta famille vous êtes battus pour faire reconnaître la responsabilité de Lidl dans le suicide de ton frère Yannick. Peux-tu nous dire où vous en êtes aujourd’hui ?

 

Le 1er septembre dernier, l’inspection du travail des Bouches-du-Rhône a déposé ses conclusions. Elles sont très difficiles pour nous à entendre et à accepter. Selon l’enquête menée par la DIRECCTE 13, mon frère a subi depuis l’arrivée d’une nouvelle direction sur ce site, un harcèlement moral sans précédent.

 

Notre but depuis le décès de Yannick, n’est pas d’obtenir à n’importe quel prix une condamnation, mais de connaître la vérité, d’avoir accès à toutes les pièces du dossier et de rendre à mon frère son honneur qu’il semblait avoir perdu.

 

 

On apprend dans le reportage que tu étais sur place quand Yannick a été retrouvé pendu sur son lieu de travail. Peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ?

 

Le soir du drame, la compagne de mon frère m’a contacté par téléphone, en m’informant du fait qu’elle n’avait pas de nouvelles de Yannick, qu’il restait injoignable et qu’il n’était pas allé chercher son fils chez sa nounou.

 

Lorsque je me suis rendu chez lui, j’ai pu avoir accès à son IPad, sur lequel étaient encore ouvertes des pages sur les différentes méthodes de strangulation. J’ai malheureusement commencé à comprendre qu’une course à la montre s’engageait et qu’il ne fallait plus perdre de temps pour le retrouver. Après avoir contacté tous les hôpitaux, les forces de l’ordre et enfin son employeur la société LIDL, je me suis rendu au dépôt de LIDL à Rousset car on m’avait confirmé que sa voiture y était.

 

Une fois arrivé sur place, un ami m’a rejoint car j’étais paniqué et affolé. Les employés de la société LIDL ne nous ont pas pris au sérieux de suite et n’ont pas mesuré la gravité de la situation. On nous a laissés le chercher seuls, et on nous a fait comprendre que seule la productivité était importante (« On a du travail, désolé Monsieur »).

 

Ce n’est qu’à l’arrivée de la brigade de gendarmerie de Rousset que LIDL a pris, je pense, la mesure de la gravité de la situation ; après que nous ayons cherché en vain mon frère toute la soirée, sans l’avoir trouvé. J’ai alors vu une personne qui m’avait réconforté toute la soirée, un vigile, venir vers moi en pleurs et me dire : « je ne peux pas te le dire ». J’ai alors compris.

J’ai donc appris le suicide de Yannick, en direct et je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai pu vivre ce soir-là, avec l’espoir d’arriver à temps. 

 

 

Quand tu as appris le suicide de ton frère, qu’est-ce ce qui t’a fait avoir cette certitude que ses conditions de travail étaient en cause ?

 

Les conditions de travail de mon frère étaient souvent un sujet de discussion lorsque l’on se voyait ou lorsque l’on échangeait par téléphone. Il se plaignait régulièrement d’un changement de cap depuis l’arrivée d’une nouvelle direction, je crois début 2014. Il avait été heureux d’être pris par LIDL en 2008, du temps de l’ancienne direction alors qu’il travaillait pour l’un de ses sous-traitants Il en parlait de manière positive. En 2014, lors d’un changement profond opéré au sein de la société LIDL, de nouvelles têtes sont arrivées avec de nouvelles méthodes. Il a vu les choses changer, les conditions de travail se dégrader.

 

Il nous disait régulièrement n’avoir que deux bras et deux jambes, mais faire le travail de trois personnes. Sur d’autres entrepôts, sur le même poste que lui, ils étaient trois.

 

Les audits étaient très réguliers et leur redondance était insupportable à ses yeux car à chaque fois, les reproches arrivaient derrière. Son travail était rendu très difficile par la vétusté des lieux : les infiltrations, inondations et incidents étaient récurrents. Un nouvel entrepôt devait voir le jour.

 

Bien que convaincus depuis son décès que ses conditions de travail étaient la cause de son suicide, nous voulons savoir, qu’on nous explique. C’est la raison pour laquelle, depuis deux ans, nous faisons toutes les démarches possibles pour obtenir l’accès à certains éléments que la société LIDL ne souhaite pas nous communiquer. Cette volonté de justice et non de condamnation, s’est confirmée avec nos dépôts de plainte avec constitution de partie civile.

 

 

Quelle a été la réaction de ses collègues après le drame ?

 

Nous souhaitons avant de nous exprimer sur ce point, remercier tous les employés de la société LIDL. Bien que ses obsèques aient été très difficiles à vivre, il a été important pour nous, de voir combien il était apprécié par ses collègues, de pas leur nombre, ce jour-là.

 

Bien que très marqué par ce que j’avais vécu le vendredi soir du drame sur l’entrepôt, je me suis rendu de nouveau à l’entrepôt, le lundi, alors que tous les salariés étaient sous le choc et que l’entrepôt ne tournait pas. Yannick devait être enterré le mercredi. Je suis allé à la rencontre de tous les salariés présents pour les remercier de leur soutien et leur montrer que malgré le drame que ma famille venait de traverser, nous étions encore debout et que nous serions derrière eux pour que les choses changent désormais. Ils ont tous été d’un soutien sans faille et nous les en remercions.

 

C’est à ce moment que ma famille et moi-même avons pu nous rendre compte de la souffrance de chacun, par les pleurs, les discussions que j’ai eu ce jour-là avec pas mal d’entre eux. Ils étaient perdus, ébahis, sans âme, sous le choc et ils ne comprenaient pas. Ce jour-là, nous avons pris conscience de la gravité de la situation dans la société LIDL et plus particulièrement sur l’entrepôt de Rousset.

 

 

Quels sont les obstacles que vous rencontrez dans votre combat pour obtenir justice et vérité ?

 

« Les obstacles pour obtenir justice et la vérité sur ce drame ont été nombreux et à tous les niveaux. Nous avons d’une part engagé une procédure auprès du tribunal de sécurité sociale de Marseille, en vue d’obtenir une reconnaissance de la faute inexcusable de la société LIDL. Nous nous sommes également portés partie civile dans le volet pénal qui est suivi par le parquet d’Aix en Provence.

 

Après le décès de Yannick, la société LIDL a répondu dans un premier temps à nos sollicitations pour que l’on obtienne le dossier salarial, nécessaire au règlement de sa succession. Dans un second temps, dès que nous avons commencé à demander certains éléments, ils ont refusé de communiquer avec nous, et nous ont fait part de leur refus par courrier. Cette volonté de leur part, de mettre fin à leur collaboration, a été confirmée lorsque le bureau d’étude Cateis a rendu son rapport demandé par les membres du CHSCT en réunion. Malgré nos demandes officielles et le fait que LIDL ait répondu à ce rapport dans un courrier adressé aux membres du CHSCT, LIDL a toujours refusé de nous le communiquer, arguant qu’il s’agissait d’un rapport interne. Toutes nos demandes pour les autres éléments du dossier ont elles aussi été refusées. Nous avons également demandé à avoir accès une dernière fois au local, lieu du drame. LIDL n’a jamais répondu.

 

 

Quelles conclusions tirez-vous du rapport de l’inspection du travail et quelles sont les conséquences pour Lidl ?

 

Le rapport est très difficile à lire, à accepter sans que l’on ait une pensée pour ce qu’a pu vivre Yannick. Il est rare de voir dans la jurisprudence salariale de telles conclusions. Je pense que ce sont les premières en France qui vont aussi loin. Cela confirme la position prise par la sécurité sociale en reconnaissant l’accident de travail immédiatement après le décès de Yannick, ainsi que les conclusions du rapport sur les risques psycho-sociaux chez LIDL Rousset établi par Cateis.

 

Les conséquences pour LIDL sont immédiates. Déjà d’un point de vue médiatique, car les conclusions ont été rendues publiques, mais aussi d’un point de vue juridique. Le parquet vient de nommer un juge d’instruction sur ce dossier pénal, et ce dès le dépôt des conclusions de l’inspection du travail. Il y a donc aujourd’hui beaucoup de chances qu’il y ait un procès au pénal pour Yannick.

 

Par ailleurs, notre famille ne se bat pas pour obtenir des réparations pécuniaires, même si ce sera sûrement le cas, mais pour qu’une réponse judiciaire soit donnée à nos demandes. Nous voulons qu’une jurisprudence naisse, suite au procès de Yannick, pour toutes ces familles qui souffrent comme les nôtres.

 

 

Le reportage met en lumière la souffrance au travail vécue par ton frère mais aussi dans d’autres magasins Lidl, à Free… pour toi ce sont des cas isolés ou le problème est plus large ?

 

Ce reportage est encore très symptomatique de la souffrance au travail. Il a pris l’exemple de deux sociétés qui connaissent un succès retentissant en France, pour montrer l’envers du décor et le prix de la réussite industrielle. Et ce n’est pas le cas que dans ces deux sociétés : pour avoir discuté énormément avec des salariés de la grande distribution, on retrouve cette souffrance dans toutes les enseignes, avec différents degrés, mais de partout. Connaissant un autre milieu professionnel que celui de la grande distribution, et très intéressé par ce sujet, je peux même dire que ce ressenti se retrouve dans toutes les sociétés et parfois même là où l’on ne s’en doute pas, comme les services publics.

 

La productivité est mise en avant, au détriment de l’être humain, en cassant des familles entières. Les cas de burn-out sont de plus en plus nombreux. Les suicides, insupportables pour ma famille, sont trop présents au travail.

 

 

Sterben für Lidl

 

Quel message souhaites-tu porter aux travailleurs qui souffrent de mauvaises conditions de travail ?

 

Nous devons travailler pour vivre et non vivre pour travailler. Le travail n’est pas une fin en soi, et ne doit pas être la cause de drames tels qu’on peut les voir. Une prise de conscience collective doit voir le jour, et chacun doit prendre conscience de ce mal qui nous détruit tous les jours. Nous devons prendre notre destin en main et faire changer les choses. Rome ne s’est pas fait en un jour, seul nous ne sommes pas grand-chose mais ensemble et avec une prise en compte de tout ce que l’on voit, ce que l’on vit, on ne peut plus laisser la situation perdurer.

 

La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle doit passer par une loi. Cela doit devenir une priorité nationale, pour toutes ces familles qui souffrent, pour toutes les personnes qui sont touchées par cette maladie. Ce n’est que grâce à la mobilisation de chacun, que cela sera possible. J’ai d’ailleurs lancé une pétition en ligne sur ce sujet, qui recueille à ce jour plus de 1400 signatures. J’invite tout le monde à en prendre connaissance et à la signer.

 

 

Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre lutte ? Pensez-vous qu’elle doit aller plus loin ?

 

« A ce jour, la sécurité sociale a reconnu l’accident de travail, l’inspection du travail a déposé ses conclusions. Au niveau de la procédure pénale, un juge d’instruction vient d’être nommé par le Procureur de la République suite au dépôt des conclusions de l’inspection du travail. Au niveau de la procédure civile, une prochaine audience statuera sur le dossier au tribunal de sécurité sociale sur la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur.

 

 

Quel est ton souhait le plus cher aujourd’hui ?

 

Je souhaite que la justice passe, le plus rapidement possible pour qu’il puisse enfin partir en paix.

 

A quelques jours du suicide de Yannick en 2015, nous écrivions que sa mort n'était pas “ un simple acte de souffrance subjective mais démontrait plutôt toute une logique propre au capitalisme ”. Nous publions cette interview avec cette certitude renouvelée que c’est au nom du combat pour nos vies que nous devons lutter contre ce système d’oppression et d’exploitation.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 05:45

 

 

Une mésaventure, qui aurait pu très mal tourner.

 

Un de mes proches se tord de douleur. Cela fait 12 heures qu’il n’a pas uriné. Il ne s’affole pas : on lui a déjà fait passer un calcul.

 

En vrai homme de gauche, il se rend à l’hôpital Joseph Ducuing. Joseph Ducuing, autrefois « Varsovie », fut créé par l'état-major de l’Agrupacion de guerilleros españoles FFI de Toulouse en septembre 1944. Il s’agissait de soigner les blessés guérilleros qui s'étaient battus en France contre les nazis aux côtés de la Résistance. Je ne sais ce qu'il reste de ce glorieux passé.

 

Á l’accueil, on signifie à l’homme en souffrance qu’il n’y a pas de service d’urologie à Ducuing. Qu'à cela ne tienne : il suffirait, à titre préventif, de diriger le malade aux services des urgences pour qu’on lui pose une sonde urinaire. Hé bien non ! Il est dit au malheureux qui se tord de plus en plus de chercher un autre hôpital à Toulouse.

 

Il prend sa voiture, avec tous les risques que cela comporte (il y en a quand on trimballe un litre et demi d'urine dans la vessie), et trouve un hôpital qui veut bien l'accueillir. Une sonde est posée. L’hôpital qui l’a soulagé lui signifie qu’on lui fera une échographie « dans 15 jours ». Pourquoi ce délai ? Mystère. Ce proche est un travailleur de force qui va connaître deux semaines d'un confort très relatif sur les chantiers où il intervient.

 

Á Toulouse, quatrième ville de France, c’est ainsi que l’on soigne. Enfin, que l’on ne soigne pas.

Quand ta vessie explose à Toulouse
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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 05:39

Maurice Goldring, un de mes anciens collègues de Paris VIII, a récemment pris l'Eurostar puis un train bien anglais.

 

Dans la salle d’attente, vous déjeunez d’un croissant et d’un café assis sur une banquette en moleskine qui baigne encore du café précédent, recouverte des miettes de viennoiserie du train de 9.58. Une averse crève le toit de l’espace voyageur protégé par une bâche, des flaques d’eau reflètent le ciel gris. Des employés entourent les lacs d’indicateurs jaunes pour prévenir les glissades ; d’autres employés aspirent l’eau avec des serpillières. La file zigzague entre les points d’eau vers l’entrée des wagons de 1 à 10. L’Eurostar, ce n’est pas n’importe quel train, un groupe de jeunes parle à voix basse, on n’entend pas leurs tablettes, ils ne mettent pas les pieds sur les sièges. Je vous jure que c’est vrai.

 

 

Les valises ont été rangées, les journaux déployés, les feuilles à garder arrachées, la bouteille d'eau décapsulée, les vestes allongées sur le porte-bagages, nous sommes serrés comme dans un avion locauste et nous entendons un message urgent. D'habitude, on n'écoute pas les messages, qui vous disent le train où vous avez pris place se dirigent vers Saint-Pancras et mettez des étiquettes au bagage, depuis le temps qu'on voyage, on sait tout ça. Mais le message dit autre chose. Il dit que pour des raisons de sécurité, à la suite d'une "intrusion", tous les voyageurs, donc aussi Brigitte et moi, tous les voyageurs doivent prendre leur valise, descendre du train, ne rien laisser à bord, sortir du train, recommencer tout comme si on venait d'arriver, et qui est décrit plus haut, je ne vais pas recommencer, tout se passe une seconde fois, billets contrôlés, passeports aplatis, comme dans ce film avec Bill Murray, Un jour sans fin où chaque jour tout recommence pareil. Tout pareil.  Y compris un coup de téléphone avec arrêt. Sauf le petit déjeuner. Tout ça prend une heure et demi, une heure et demi de retard, on va avoir une sacrée compensation.

 

 

À partir de là, tout se déglingue. Arrivée à Saint-Pancras avec une heure et demie de retard, nous allons acheter des billets pour Liverpool à la gare de Euston. Environ un kilomètre de marche, le trottoir est en plus mauvais état que les trottoirs de Biarritz, mais Londres, c’est une capitale tout de même. Les roulettes se coincent, les poussettes dérapent, les chaussures trébuchent. Une demi-heure, le soleil brille. Nous demandons notre chemin vers la gare de Euston, les gens sont aimables et nous montrent la direction. Nous devions être à Liverpool à 19 heures pour un repas chinois. Le temps est mesuré. Nous ne pourrons pas manger le fish and chips dont je rêvais. Nous reprenons une place dans la queue pour les guichets sur un chemin marqué par des rubans bleus. Vingt minutes d'attente, canne et roulettes. L’employée du guichet nous explique que les trains de Londres à Liverpool et retour, selon l'horaire, selon qu’il est direct ou avec changement, selon la compagnie, le tarif varie de 80 livres à 600 livres. Vous avez bien lu. De 1 à 8. Donc évidemment nous prenons les billets à 80 livres, à ce prix, ce n'est pas direct, il faut changer à Statford. Le train part dans une demi-heure, sans déjeuner, à cause de l'intrusion Gare du Nord, sans doute un clandestin qui voulait se rendre en Angleterre. À lui tout seul, il a fait descendre près de mille personnes du train. On a les billets, on prend le train,  Mille personnes qu'il a dérangées ce jour-là. Malgré la perturbation, il me reste suffisamment de cœur pour penser à ce clandestin qui a dû maintenant quitter l’Eurostar pour le bitume de la Gare du Nord. Je ne vérifie pas la liste des gares, je regarde juste l’heure, il faut descendre à Statford. On prend le train, le train démarre, et nous descendons à Stegford parce que Statford n’est pas sur la liste des arrêts. On descend à ce qui est phonétiquement le plus proche, ce qui est d’une absurdité sans nom, et témoigne d’une certaine nervosité collective du groupe ensemble embarqué,  elle et moi, qui dans l’adversité tient bon, se tape sur l’épaule, mais comment peut-on descendre à une gare phonétique pour changer de train ? Stegford ou Statford. Pour aller à Vichy, descendez à Clichy. On se retrouve à Stegford, nous étions les seuls à descendre, Stegford est la petit gare d’un village desservi trois par semaine par une navette et c’est tombé sur nous. Personne ne descend avec nous qui aurait pu nous renseigner, pas une boutique à l’horizon pour une boisson et un biscuit, je rappelle au lecteur négligent que nous n’avions pas eu le temps de déjeuner en garde de Euston. Le quai est désert. Une rampe d’escalier aussi haute que les pyramides Incas est la seule issue. Brigitte monte les marches, je reste en bas avec les valises à roulettes immobiles. Là-haut, Brigitte discute avec un employé aimable, excité comme un pou, une telle aventure, une histoire qu’il pourra raconter le soir au pub, pendant des semaines, un couple de voyageurs égarés, affamés, à qui il a donné un verre d’eau, qui ont confondu Statford et Stegford. J’ai cherché sur mon ordinateur et j’ai trouvé un train pour Birmingham où ils devraient changer pour Liverpool et changer encore une fois à Statford. Ils ne seraient pas à Liverpool avant neuf heures du soir et pour le resto chinois, c’était râpé. Le monsieur disait à la dame, on s’est trompé de train et on aurait pu lire le sous-texte de ses paroles que la dame aurait pu mieux vérifier, ou bien qu’ils n’auraient pas dû descendre à Stegford et on pouvait entendre, tu t’es énervée et du coup on est descendu où il ne fallait pas, mais le verre d’eau a tout calmé et on sentait malgré tout, malgré un énervement passager (c’est le mot juste), malgré une irritation compréhensible, que entre ces deux-là, c’était du solide.  À Birmingham, le train pour Statford ne nous a pas permis d’acheter un paquet de biscuits, nous avons demandé au contrôleur si le train allait bien à Statford, cette fois, la prudence n’était pas excessive, il a regardé la liste et nous a d’abord dit non, et j’ai cru alors que ma compagne de voyage allait s’effondrer, puis il a vérifié encore une fois et il a dit, oui, effectivement. Vous changez à Statford, il faut prendre l’ascenseur et monter sur le quai numéro un, vous avez quinze minutes, vous n’aurez pas le temps d’acheter une bouteille d’eau et un paquet de biscuit, mais à neuf heures, nous dit le contrôleur à qui on a rien demandé, la plupart des hôtels servent une collation. Une petite gare de village, avec nos roulettes et la canne, et en reprenant un train pour Birmingham, on finit par arriver à LiverpooL. On a trouvé des places assises.

Prendre un train en Angleterre

À partir de là, tout se déglingue. Arrivée à Saint-Pancras avec une heure et demie de retard, nous allons acheter des billets pour Liverpool à la gare de Euston. Environ un kilomètre de marche, le trottoir est en plus mauvais état que les trottoirs de Biarritz, mais Londres, c’est une capitale tout de même. Les roulettes se coincent, les poussettes dérapent, les chaussures trébuchent. Une demi-heure, le soleil brille. Nous demandons notre chemin vers la gare de Euston, les gens sont aimables et nous montrent la direction. Nous devions être à Liverpool à 19 heures pour un repas chinois. Le temps est mesuré. Nous ne pourrons pas manger le fish and chips dont je rêvais. Nous reprenons une place dans la queue pour les guichets sur un chemin marqué par des rubans bleus. Vingt minutes d'attente, canne et roulettes. L’employée du guichet nous explique que les trains de Londres à Liverpool et retour, selon l'horaire, selon qu’il est direct ou avec changement, selon la compagnie, le tarif varie de 80 livres à 600 livres. Vous avez bien lu. De 1 à 8. Donc évidemment nous prenons les billets à 80 livres, à ce prix, ce n'est pas direct, il faut changer à Statford. Le train part dans une demi-heure, sans déjeuner, à cause de l'intrusion Gare du Nord, sans doute un clandestin qui voulait se rendre en Angleterre. À lui tout seul, il a fait descendre près de mille personnes du train. On a les billets, on prend le train,  Mille personnes qu'il a dérangées ce jour-là. Malgré la perturbation, il me reste suffisamment de cœur pour penser à ce clandestin qui a dû maintenant quitter l’Eurostar pour le bitume de la Gare du Nord. Je ne vérifie pas la liste des gares, je regarde juste l’heure, il faut descendre à Statford. On prend le train, le train démarre, et nous descendons à Stegford parce que Statford n’est pas sur la liste des arrêts. On descend à ce qui est phonétiquement le plus proche, ce qui est d’une absurdité sans nom, et témoigne d’une certaine nervosité collective du groupe ensemble embarqué,  elle et moi, qui dans l’adversité tient bon, se tape sur l’épaule, mais comment peut-on descendre à une gare phonétique pour changer de train ? Stegford ou Statford. Pour aller à Vichy, descendez à Clichy. On se retrouve à Stegford, nous étions les seuls à descendre, Stegford est la petit gare d’un village desservi trois par semaine par une navette et c’est tombé sur nous. Personne ne descend avec nous qui aurait pu nous renseigner, pas une boutique à l’horizon pour une boisson et un biscuit, je rappelle au lecteur négligent que nous n’avions pas eu le temps de déjeuner en garde de Euston.

 

Le quai est désert. Une rampe d’escalier aussi haute que les pyramides Incas est la seule issue. Brigitte monte les marches, je reste en bas avec les valises à roulettes immobiles. Là-haut, Brigitte discute avec un employé aimable, excité comme un pou, une telle aventure, une histoire qu’il pourra raconter le soir au pub, pendant des semaines, un couple de voyageurs égarés, affamés, à qui il a donné un verre d’eau, qui ont confondu Statford et Stegford. J’ai cherché sur mon ordinateur et j’ai trouvé un train pour Birmingham où ils devraient changer pour Liverpool et changer encore une fois à Statford. Ils ne seraient pas à Liverpool avant neuf heures du soir et pour le resto chinois, c’était râpé. Le monsieur disait à la dame, on s’est trompé de train et on aurait pu lire le sous-texte de ses paroles que la dame aurait pu mieux vérifier, ou bien qu’ils n’auraient pas dû descendre à Stegford et on pouvait entendre, tu t’es énervée et du coup on est descendu où il ne fallait pas, mais le verre d’eau a tout calmé et on sentait malgré tout, malgré un énervement passager (c’est le mot juste), malgré une irritation compréhensible, que entre ces deux-là, c’était du solide.  À Birmingham, le train pour Statford ne nous a pas permis d’acheter un paquet de biscuits, nous avons demandé au contrôleur si le train allait bien à Statford, cette fois, la prudence n’était pas excessive, il a regardé la liste et nous a d’abord dit non, et j’ai cru alors que ma compagne de voyage allait s’effondrer, puis il a vérifié encore une fois et il a dit, oui, effectivement. Vous changez à Statford, il faut prendre l’ascenseur et monter sur le quai numéro un, vous avez quinze minutes, vous n’aurez pas le temps d’acheter une bouteille d’eau et un paquet de biscuit, mais à neuf heures, nous dit le contrôleur à qui on a rien demandé, la plupart des hôtels servent une collation. Une petite gare de village, avec nos roulettes et la canne, et en reprenant un train pour Birmingham, on finit par arriver à LiverpooL. On a trouvé des places assises.

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 15:36
Rébecca a beaucoup appris chez Alain
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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 05:49

 

 

Sur une aire d’autoroute du sud-est. Je viens de conduire 250 kilomètres. Il fait une chaleur post-trumpienne. Je suis un peu abruti par cette canicule et les deux heures de volant. J’ai le cerveau lent (ouaf !).

 

 

Un type d’une cinquantaine d’années tenant une gamine par la main s’approche poliment de moi. Il me demande si je parle espagnol. Je réponds que non. Il s’adresse alors à moi dans un français compréhensible. Il me montre sa voiture, garée à côté de la mienne, une Laguna immatriculée en Haute-Garonne. Il m’explique qu’elle est tombée en panne sèche, qu’il aimerait rejoindre ses fils à Lyon et me demande 10 euros pour commencer à faire le plein de sa voiture.

 

 

Un habitué de cette aire d’autoroute me regarde d’un air amusé. Je flaire désormais l’arnaque.

 

 

Un Polonais se gare de l’autre côté de la voiture de l’Espagnol. Celui-ci lui met le grappin dessus. Il lui sert le même boniment. Le Polonais, qui ne parle que polonais et anglais, ne comprend pas. Je lui explique l’embrouille. L’Espagnol ne comprend pas un mot d’anglais. Malgré cela, le Polonais donne 5 euros à l’arnaqueur et va se désaltérer.

 

 

L’Espagnol croit que j’ai plaidé sa cause auprès du Polonais, me remercie chaleureusement et taille la route au volant de sa Laguna qui était en panne sèche…

 

 

Je m’informe sur le truand ibérique. Je peux expliquer au Polonais qu’il fait partie d’un petit gang de truands à la sauvette qui résident à demeure sur l’autoroute.

 

 

Le Polonais me dit qu’il a fait l’aumône, tout en flairant la combine, car il craignait, au retour de la cafétéria, de voir sa voiture rayée par l’Espagnol.

 

Sur une aire d’autoroute, j'étais attendu...
Sur une aire d’autoroute, j'étais attendu...
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